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BCE: une politique monétaire qui fait baisser l(Euro

BCE: une politique monétaire qui fait baisser l’ Euro

La Banque centrale européenne est actuellement sur une ligne de crête avec d’un côté un objectif de lutte contre l’inflation et de l’autre un objectif de soutien à la monnaie unique.

Du coup, cette position intermédiaire nuit à l’E uro qui recule en particulier par rapport au dollar. En cause aussi et peut-être surtout les fondamentaux de l’Europe qui ne sont pas bons.

L’euro baisse, car la BCE a tardé d’intervenir et les données macroéconomiques récentes montrent que l’économie de la zone euro ne se porte pas bien. D’après Eurostat, le taux d’inflation est à 10,7%, le taux de chômage à 6,6%, le PIB en hausse uniquement de 0,2% et le déficit public de 5,1% du PIB. Dans une période d’incertitude, les investisseurs recherchent une monnaie refuge plus sûre pour leurs placements. Normalement la baisse de l’euro devrait faciliter les exportations. Or dans ce domaine aussi la tendance est baissière en raison de l’environnement international et des faiblesses internes de l’Europe.

Le principal avantage d’un euro faible est la possibilité d’exportation plus importante. Une exportation plus élevée signifie une augmentation de la production et une plus forte croissance de l’économie. Mais d’après Eurostat : « la zone euro a enregistré un déficit des échanges de biens avec le reste du monde de 50,9 milliards d’euros en août 2022, contre un excédent de 2,8 milliards d’euros en août 2021″. Il semble que pour la zone euro cet avantage soit effacé par des inconvénients plus importants.

Le principal inconvénient d’un euro en baisse par rapport à d’autres monnaies est l’importation d’inflation via les importations qui réduit le pouvoir d’achat des ménages. L’inconvénient aussi de la politique monétaire actuelle, c’est que les taux d’intérêt plus faibles qu’aux États-Unis opèrent un transfert de capitaux outre atlantique où ils sont mieux rémunérés. D’où des difficultés supplémentaires en Europe pour le financement des investissements.

Comme déjà indiqué, tout n’est pas lié à la politique monétaire mais aussi des politiques budgétaires trop disparates selon les pays.

La question n’est pas simple d’autant que les philosophies budgétaires sont assez opposées au sein de l’union économique

Chute de l’euro : Inconvénients et atouts

Chute de l’euro : Inconvénients et atouts

L’euro a atteint cette semaine son plus bas niveau face au dollar en 20 ans. Cette dépréciation de la devise européenne a des répercussions très concrètes sur le prix des importations en France. Beaucoup d’entreprises dépendantes de l’étranger doivent faire face à une explosion de leurs coûts et répercutent une partie de ces hausses sur les prix à la consommation. Résultat, le pouvoir d’achat des Français risque encore une fois de se réduire par Grégoire Normand dans la Tribune.

 

Un papier intéressant qui met en parallèle inconvénients et avantages de la baisse de l’euro par rapport au dollar. Parmi les inconvénients,  évidemment le renchérissement des importations et les conséquences sur l’inflation et le pouvoir d’achat des ménages. Par contre,  un atout pour la compétitivité et l’emploi. Notons d’ailleurs que les Chinois pour redresser leur  croissance agissent de manière artificielle pour faire baisser la monnaie. Le problème est de trouver le point d’équilibre afin que l’inflation ne tue pas complètement la croissance et le pouvoir d’achat. 

 

Les nuages s’amoncellent au dessus de l’économie européenne. Après un coup de frein des indices des directeurs d’achats (PMI) au mois d’août, la monnaie européenne continue d’évoluer sous la parité avec le dollar ce jeudi 25 août. Au plus bas depuis 20 ans, l’euro a remonté brièvement face au billet vert mardi soir et mercredi, sans vraiment retrouver de la vigueur. En juin 2021, l’euro était au plus haut face au dollar, dans le contexte du fort rebond post-pandémie mais depuis, la monnaie unique n’a cessé de s’effondrer.

L’éclatement de la guerre en Ukraine il y a six mois jour pour jour a précipité cette chute de l’euro alors que l’inflation continue de flamber partout en Europe. « L’euro s’est fortement déprécié par rapport au dollar mais il s’est maintenu par rapport aux autres monnaies. Ce n’est pas une dépréciation générale », a déclaré l’économiste d’ING Charlotte de Montpellier en charge de la zone euro interrogée par La Tribune. « La politique monétaire agressive de la Réserve Fédérale (Fed) explique une partie de cette dépréciation. Le choc énergétique touche plus particulièrement l’Europe. Il y a une fuite des capitaux vers les Etats-Unis. Tous ces éléments ont des conséquences importantes en zone euro », a-t-elle ajouté. En effet, il faut rappeler que le dollar s’est fortement apprécié dans le même temps. Bien que contestée, l’hégémonie du billet vert demeure dans une grande partie des échanges sur la planète.

 

Cette faiblesse de l’euro a des répercussions désastreuses sur l’économie française. Sur le front du commerce extérieur, la dépréciation de l’euro est clairement une mauvaise nouvelle pour les entreprises importatrices. En effet, beaucoup de biens et services importés en France sont libellés en dollar. C’est par exemple le cas dans le domaine de l’énergie. Une grande part des importations de pétrole, de gaz, de matières premières sont facturées en devise américaine en France et dans la zone euro.

«En zone euro, près de 50% des biens importés sont libellées en dollars. Cela rend le coût des importations pour les ménages et les entreprises plus élevé. Les entreprises qui doivent importer se retrouvent dans une situation difficile, voire dramatique parfois. Ces coûts sont répercutés sur les prix à la consommation. L’inflation risque de rester élevée dans les prochains mois », anticipe l’économiste.

En revanche, la chute de l’euro peut être aussi une aubaine pour la compétitivité hexagonale. Beaucoup d’industries peuvent ainsi exporter leurs produits à moindre coût. C’est par exemple le cas dans l’aéronautique, l’automobile, le luxe ou encore l’agroalimentaire. Dans le tourisme, les ventes de services ont bondi à l’étranger en parallèle de la levée des mesures de restriction sanitaires. Résultat, un flot de touristes américains est venu en France cet été après les deux années catastrophiques de pandémie. «Le résultat de cette dépréciation sur les exportations est encore difficile à mesurer mais les gains de compétitivité ne vont probablement pas compenser la hausse des coûts liée à l’énergie», relativise Charlotte de Montpellier.

« Sur le papier, la dépréciation de l’euro est plus favorable pour les exportations mais cela va dépendre de la composition des coûts de production. En Europe, les coûts de la main d’œuvre ne se sont pas envolés par rapport aux Etats-Unis. Le grand problème en ce moment pour les entreprises est le coût de l’énergie. Les gains de compétitivité liés à la chute de l’euro ne sont pas compensés par la hausse des coûts de l’énergie », poursuit l’économiste.

 

Du côté des ménages, la dépréciation de l’euro pèse sur le pouvoir d’achat. En effet, une grande partie des produits importés et consommés par les ménages en zone euro sont d’abord facturés en dollars. Les produits importés perdent en compétitivité et sont donc plus chers. Cela contribue à pousser l’indice des prix à la consommation vers des sommets. En France, l’inflation a atteint 6,1% en juillet selon l’Insee. Et il n’y a pas d’amélioration à prévoir avant début 2023, d’après Bercy. «Le choc inflationniste est très important. Le pic d’inflation est probablement encore devant nous. La hausse de l’indice des prix harmonisé à la consommation pourrait atteindre 10% à l’automne dans la zone euro », a récemment déclaré Hélène Baudchon, économiste chez BNP-Paribas à La Tribune.

Même si le gouvernement a fait voter un paquet pouvoir d’achat cet été pour limiter cette flambée, la désindexation des salaires (hormis le SMIC) a entraîné une chute des revenus réels depuis le début de l’année. Résultat, le niveau de vie des Français recule, miné par l’explosion des factures d’énergie. Beaucoup de ménages sont obligés de se serrer la ceinture.

Sur le plan énergétique, cette dépréciation de l’euro a aussi mis en lumière la forte dépendance de l’économie européenne aux énergies fossiles. En Allemagne, les mauvais signaux s’accumulent depuis la guerre en Ukraine. L’industrie allemande est prise au piège d’une forte dépendance au gaz russe. Une coupure de gaz dans les prochaines semaines plongerait la première économie de la zone euro dans de vastes difficultés.

Plus largement, toute l’économie du Vieux continent pourrait être déstabilisée par une telle décision au cours de l’hiver prochain. Beaucoup d’économistes redoutent des effets en cascade sur l’industrie et les services alors que la zone euro sort de deux ans et demi de pandémie. Cette épée de Damoclès va obliger les Etats a accélérer leur transition énergétique s’ils ne veulent pas continuer à subir les effets de cette forte dépendance.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé à la fin du mois de juillet un resserrement de sa politique monétaire en annonçant une hausse de taux de 50 points de base. La BCE a été plus agressive que prévu au mois de juillet pour tenter de limiter cette faiblesse de l’euro. «Cette annonce a eu lieu avant la flambée des prix du gaz. Cela n’a pas permis de limiter un affaiblissement de l’euro », souligne Charlotte de Montpellier.

En septembre, l’institution de Francfort pourrait à nouveau dégainer une hausse de 50 points de base mais les marges de manœuvre sont limitées. En effet, de plus en plus d’économistes évoquent le risque d’une récession en Europe dans les mois à venir. Une normalisation très agressive de la politique monétaire pourrait plonger l’économie européenne dans un épais brouillard.

Nouvelle chute de l’euro à 0,9941 dollar, un plus bas depuis 2002

L’euro dégringole encore face au dollar

 

Nouvelle chute de l’euro à  0,9941 dollar, un plus bas depuis 2002

 

En cause,  des perspectives économiques peu  rassurantes en  2023 en raison de la crise énergétique notamment (les États-Unis sont autonomes du point de vue énergie). Les prix du gaz continuent d’atteindre des sommets  à pré s de 300 $ le mégawatt heure. Le cours du gaz européen (contrat à terme du TTF néerlandais) a bondi de plus de 20% ce lundi pour s’élever à 295 euros le mégawattheure (MWh), s’approchant des records historiques atteints dans les premiers jours de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. S’attendre aussi  à une hausse considérable des prix de l’électricité qui pourraient doubler.

Par ailleurs la hausse du dollar rend les importations plus coûteuses, notamment pour les matières premières comme le pétrole dont le cours est fixé en dollars, accentuant une inflation déjà dévastatrice pour les consommateurs et les entreprises.

Et la semaine pourrait être douloureuse pour l’euro. Pour l’instant, en 2022, la devise s’était ressaisie après avoir flirté avec le seuil de la parité, mais « de mauvais indicateurs PMI mardi pourraient suffire à ancrer l’euro sous un dollar », prévient, Kit Juckes, analyste chez Société Générale.

Car de l’autre côté de l’Atlantique, malgré un léger affaiblissement de l’inflation américaine en juillet, la Réserve fédérale américaine (Fed) assure qu’elle va continuer de resserrer sa politique monétaire.

L’euro numérique : L’inquiétude des banques

L’euro numérique : L’inquiétude des banques

. Par Pierre-Edouard Batard, directeur général de la Confédération nationale du Crédit Mutuel.

 

 

Pour Pierre-Edouard Batard, directeur général de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, la BCE ne doit pas se positionner comme concurrente des banques. D’une certaine manière, Pierre Édouard Batard exprime l’inquiétude existentielle des banques vis-à-vis de la banalisation d’une monnaie digitale européenne ( Dans la Tribune)

La monnaie digitale créée et hébergée par la Banque centrale européenne (BCE) sera de facto concurrente des moyens de paiement des banques commerciales. On aura beau penser – et rappeler au public ! – que ces monnaies se valent exactement et qu’elles répondent aux mêmes besoins des entreprises et des particuliers, le fait que la BCE garantisse « son euro » distillera le sentiment, conscient ou non, que les monnaies scripturales et électroniques tenues dans les comptes des banques commerciales, pourtant surveillées par la même BCE, ne présenteraient pas le même degré de confiance.

Prêts à fournir les efforts nécessaires de pédagogie et de communication, nous attendons de l’Europe qu’elle prenne sa part de ce travail en faveur de la clarté.

La confusion, si elle devait amener les usagers à privilégier la nouvelle monnaie digitale, provoquerait la fuite des dépôts au profit de la BCE et menacerait la rentabilité de l’activité des banques, les amenant à durcir l’accès au crédit. Pour les derniers réseaux bancaires qui, à l’instar du Crédit Mutuel, persistent à investir dans la proximité et porter leurs services au cœur des territoires, cette tension sur la santé du secteur peut avoir de graves conséquences stratégiques.

Alors que la BCE place l’inclusion bancaire au rang de ses priorités, il serait pour le moins paradoxal que l’accès des usagers au crédit et le financement des projets économiques soient les victimes collatérales de l’euro numérique. Là encore, toutes les parties prenantes doivent rappeler au public et aux citoyens qu’ils disposent d’ores et déjà, sous la supervision de la Banque de France, de la garantie d’utiliser l’euro sous toutes ses formes sans exclusion de population et sans tarification. Ne laissons pas s’installer l’idée selon laquelle l’euro numérique viendrait en sauveur d’un système défaillant : le système actuel fonctionne et il est protecteur.

L’anonymat des transactions est une attente légitime des citoyens européens : elle ne sera pas satisfaite par une technologie blockchain ; elle doit l’être dans la garantie du secret bancaire et la préservation de l’intimité numérique.

Par ailleurs, la détection des agissements des filières de blanchiment ou de financement du terrorisme et les procédures de contrôle qui la permettent ne sauraient connaître de relâchement. Hors ces cas de fraude, les banques traditionnelles protègent la confidentialité des usages bancaires du quotidien vis-à-vis des instances publiques, par le respect strict de plusieurs cadres réglementaires (RGPD, cybersécurité, non-monétisation des données…) et le Crédit Mutuel a même inscrit dans ses statuts le principe de leur défense.

Demain, quand nos transactions courantes seront directement opérées par la BCE, nos clients doivent bénéficier des mêmes garanties et disposer des mêmes recours. Sur ces deux terrains délicats, les banques françaises appliquent les dispositions en vigueur sous le contrôle de la DGCCRF, elles constituent un rempart efficace pour le consommateur et une force de proposition fiable pour la BCE.

Je forme le vœu qu’en parallèle du lancement de l’euro numérique, l’Europe monétaire en quête de souveraineté s’attaque à la régulation des cryptomonnaies, chantier primordial et crucial. Il est urgent d’imposer aux acteurs de leur émission et leur circulation ce même cadre réglementaire qui nous incombe pour l’émission et la circulation de l’euro et/ou des instruments financiers : que la vente de bitcoins soit moins encadrée que celle des actions du CAC 40 est sidérant, voire délirant !

D’autre part, alors que la BCE vient d’affirmer la prépondérance des critères climatiques et environnementaux dans ses décisions stratégiques, il devient indispensable que soit clairement estimé, annoncé et débattu le coût environnemental de cette nouvelle monnaie digitale à l’échelle du continent.

Les plus pessimistes vont jusqu’à formuler l’hypothèse d’une BCE, pourtant régulateur et superviseur bancaire, qui se positionnerait en concurrente voire en remplaçante des banques commerciales, devenues alors ses supplétives. Pire : le reliquat serait confié à des acteurs extra-communautaires, un comble pour ce projet annoncé au renfort de la souveraineté européenne. Ces craintes ne relèvent pas de la science-fiction.

Pour toutes ces raisons économiques, stratégiques et éthiques, le Groupe bancaire Crédit Mutuel contribuera activement aux réflexions et aux débats qui vont marquer les mois à venir.

Nous y défendrons notre capacité d’innovation technologique face aux acteurs du numérique, notamment sur la protection de la vie privée et la création de solutions aux défis du paysage européen des paiements. Nous réaffirmerons également ces principes du mutualisme qui nous portent et demeurent une saine boussole pour tout notre secteur.

La baisse de l’Euro plombe la croissance ?

La baisse de l’Euro plombe la croissance ?

 

L’euro a atteint un plus bas depuis près de vingt ans. En renforçant le coût de l’énergie importée par les économies de la Zone euro, cette baisse représente un risque supplémentaire qui pèse sur les perspectives à la fois d’inflation et d’activité économique. Cela représente donc une difficulté complémentaire pour la BCE. Par Clémentine Gallès, Cheffe Economiste et Stratégiste de Société Générale Private Banking. ( La Tribune)

 

En effet, le dollar connaît un important mouvement d’appréciation contre l’ensemble des devises depuis le début de l’année (+15% contre l’euro et la livre britannique, et +22% contre le yen). Cette progression du dollar s’explique par différents facteurs. Tout d’abord la Réserve fédérale a annoncé dès la fin de l’année 2021 une progression de ses taux d’intérêt en réaction à une inflation américaine particulièrement élevée. Cette hausse des taux a incité les investisseurs en quête de rendements à acheter des obligations américaines libellées en dollars. Cette tendance a par la suite été accentuée par l’annonce de la Guerre en Ukraine. Les investisseurs ont en effet renforcé leur préférence vers des investissements en dollars dans ce nouveau contexte de risque touchant particulièrement l’Europe.

Enfin, l’appréciation de matières premières habituellement échangées en dollar a mécaniquement fait augmenter le recours à cette devise. Donc, si l’euro a baissé face au dollar, c’est avant tout lié à la forte demande de dollars. D’ailleurs l’euro n’a pas beaucoup évolué sur la période récente quand on le regarde contre un panier de devises plus large.

 

Cette nouvelle baisse augmente encore davantage le coût des énergies libellées en dollars, impliquant des nouvelles tensions à venir sur l’inflation de la Zone euro mais surtout une nouvelle dégradation des perspectives d’activité. La forte progression des prix de l’énergie depuis quelques mois a déjà impliqué une nette dégradation de la balance commerciale allemande, qui vient de basculer en territoire négatif pour la première fois depuis 1991 ).

L’accentuation récente des tensions sur l’approvisionnement en gaz russe fait dorénavant craindre une récession en Zone euro. Dans ce contexte la progression du dollar face à l’euro devient une difficulté complémentaire pour la BCE : si elle augmente beaucoup ses taux d’intérêt, elle prend le risque de provoquer une récession, mais si elle n’augmente pas assez ses taux d’intérêt, l’euro pourrait continuer de baisser et mécaniquement renforcer le risque d’une inflation durable.

Clémentine Gallès

Baisse de l’euro : l’inflation encore aggravée

Baisse de l’euro : l’inflation encore aggravée

 

 

L’euro ne cesse de s’affaiblir notamment vis-à-vis du dollar avec une baisse de leur de 20 % depuis le début de l’année. Mécaniquement puisque la plupart des importations notamment énergétiques sont réglés en dollars, la facture pour les utilisateurs des produits importés progresse d’autant et ajoute encore à l’inflation.

À l’inverse, la baisse de l’euro donne un certain avantage de compétitivité aux exportations. Le problème pour la France c’est que les importations l’emportent et de loin sur les exports puisque la balance commerciale est dramatiquement déficitaire

 La zone euro se retrouve  donc avec une devise affaiblie pour régler, en dollars, ses achats d’énergie et de matières premières dont les prix flambent. Par Eric Dor, IÉSEG School of Management 

 

Ces derniers mois, l’euro s’est progressivement déprécié jusqu’à atteindre la parité avec le dollar, le 12 juillet. La devise européenne a ainsi décroché de 19 % depuis son haut récent du 6 janvier 2021, et de 37 % depuis son record absolu du 22 avril 2008, lors de la crise financière.

Cette dépréciation reflète en partie la forte appréciation du dollar, car l’euro se maintient mieux en termes de la plupart des autres devises. Ainsi, au cours des mêmes périodes, la dépréciation du taux de change effectif de l’euro s’est limitée à 8 % depuis le 6 janvier 2021, et 17,5 % depuis le 22 avril 2008 à l’époque de la crise financière. Cette tendance résulte d’une combinaison de plusieurs causes.

 

D’abord, le décalage de politique monétaire est très grand, avec un différentiel de taux d’intérêt très en faveur du dollar. La Réserve fédérale (Fed) avait déjà moins baissé les taux que la Banque centrale européenne (BCE), et a évité jusqu’alors les taux négatifs. Mais ensuite, la Fed a commencé à resserrer la politique monétaire bien avant la BCE, qui ne va qu’initier la hausse de ses taux directeurs le 21 juillet. La Fed a déjà augmenté ses taux directeurs de 0,25 point le 17 mars, de 0,5 le 5 mai puis de 0,75 le 16 juin, soit une intensité supérieure à ce que la BCE suggère jusqu’à présent (une première hausse de 0,25 point puis une deuxième, de 0,25 ou 0,5 point, en septembre).

Ensuite, il y a des dissensions connues entre les membres du conseil des gouverneurs à propos de l’ampleur et du rythme du resserrement monétaire, entre ceux qui veulent être très prudents et ceux qui veulent une réponse très forte pour juguler l’inflation. En raison de ces dissensions, les perspectives de taux d’intérêt restent assez incertaines en zone euro, alors que la Fed affiche une détermination très claire pour augmenter ses taux directeurs aussi forts que nécessaire. Encore une fois, cette divergence entre la BCE et la Fed plaide en faveur du dollar.

Les dissensions entre les membres du conseil des gouverneurs de la BCE portent aussi sur la nécessité d’instaurer un nouvel instrument contre la fragmentation de la zone euro, donc un programme d’achats sélectifs d’obligations publiques des pays très endettés pour comprimer les écarts entre les taux de financement des différents États membres de la zone euro, les « spreads ». Le gouverneur de la Bundesbank a montré clairement son opposition à ce qu’un tel programme soit de grande ampleur et de longue durée.

Il a indiqué que la BCE devait se concentrer sur la lutte contre l’inflation, et que les pays surendettés devaient mener la politique d’austérité budgétaire nécessaire pour limiter leurs déficits et dettes et comprimer ainsi les spreads. Pour les marchés, les possibilités pour la BCE de contrôler les spreads, et ainsi maintenir l’intégrité de l’union monétaire, restent donc incertaines. Une nouvelle crise des dettes souveraines de la zone euro reste possible. Cela entretient une défiance des marchés envers l’euro.

Enfin, une autre source de défiance envers l’euro vient des risques de récession et surtout des problèmes de l’Allemagne. L’Allemagne reste le moteur de la zone euro mais est menacée de graves problèmes. Son secteur industriel est très affecté par les pénuries de composantes importées à cause des confinements en Asie et maintenant avec les problèmes d’approvisionnement en gaz et pétrole russes. Les exportations vers l’Asie décélèrent également. Dans le même temps, la valeur des importations d’énergie par l’Allemagne augmente énormément.

En conséquence, le surplus commercial en valeur de l’Allemagne s’est effondré. Le poids de l’Allemagne est tel que c’est toute la zone euro qui est menacée de récession. De toute manière, l’extrême dépendance de la zone euro aux importations d’énergie issue de Russie rend ses perspectives très incertaines, comparées à celles des États-Unis bien davantage autosuffisants. Cela conduit les marchés à préférer le dollar à l’euro.

Il y a une forte probabilité de récession aux États-Unis comme en zone euro. Mais la récession outre-Atlantique est susceptible d’être moins forte et moins longue. Les causes de la dépréciation de l’euro contre le dollar ont donc une forte probabilité de persister. À moins qu’un choc asymétrique affecte par surprise les États-Unis, les fondamentaux vont rester assez longtemps en faveur du dollar et en défaveur de l’euro.

Globalement, la dépréciation de l’euro contre le dollar implique une détérioration des termes de l’échange pour les pays de l’union monétaire. En effet, pour obtenir les dollars nécessaires à l’achat d’une même quantité de biens et services produit par la zone dollar, la quantité de biens et services à produire et vendre par la zone euro augmente. Autrement dit, une même quantité de biens et services de la zone euro s’échange contre de moins en moins de biens et services de la zone dollar. Du point de vue inverse, une même quantité de biens et services de la zone dollar s’échange contre une quantité croissante de biens et services de la zone euro.

Pour de mêmes prix de vente en euros, il y a une baisse des prix de vente en dollars des biens et services produits par les pays de la zone euro. Pour des acheteurs de la zone dollar, il y a donc une hausse de l’attractivité des biens et services de la zone euro et donc sur sa compétitivité. Cela peut donc stimuler les exportations des pays de la zone euro vers la zone dollar. En ce qui concerne les services, il y a par exemple le tourisme. Pour de mêmes prix en euros, les pays de l’union monétaire sont moins chers en dollars pour des touristes américains, par exemple.

Il convient évidemment de relativiser cet avantage car il concerne uniquement les exportations vers la zone dollar. Or la plupart des pays de la zone euro exportent beaucoup vers d’autres pays de la zone euro. Néanmoins, la dépréciation de l’euro contre le dollar peut fort favoriser les exportations de biens de l’Allemagne (qui exporte 37,61 % de ses biens et 33,56 % de ses services vers la zone euro), mais moins celles du Portugal (65,77 % et 51,93 %).

 

Il n’en reste pas moins qu’au bilan, la dépréciation de la monnaie européenne face à la devise américaine ajoute de l’inflation à l’inflation. En effet, la zone euro subit déjà fortement l’augmentation des prix en dollars du pétrole et des matières premières alimentaires, métalliques et autres.

Les prix en dollars de toute une série de composantes industrielles en pénurie, ainsi que du fret maritime, augmentent aussi déjà fortement depuis l’année passée. Lorsque ces prix en dollars sont convertis en euro, la hausse est encore supérieure à cause de la dépréciation de la monnaie unique. Les coûts en euros des entreprises européennes augmentent donc très fortement, et elles doivent le répercuter sur leurs prix de vente aux consommateurs.

Les consommateurs subissent une forte augmentation des prix en euros des biens et services de consommation importés directement de la zone dollar. Mais les prix des biens et services de consommation produits dans l’union monétaire augmentent aussi très fortement à cause de la hausse des coûts en euros des matières premières et composantes importées qui sont transformées.

Normalement, la dépréciation de l’euro contre le dollar, parce qu’elle est inflationniste, doit impliquer le renforcement du resserrement de politique monétaire. Comme cette dépréciation augmente encore les perspectives d’inflation de la zone euro, la BCE devrait donc resserrer fortement la politique monétaire. Les hausses successives des taux directeurs qui sont planifiées à partir de ce mois pourraient finalement être d’une ampleur supérieure à ce qui a été initialement considéré.

Pour éviter que des hausses exagérées des « spreads » empêchent la BCE de procéder à des augmentations des taux directeurs assez fortes, il reste néanmoins essentiel qu’un instrument contre la fragmentation, sous forme d’achats sélectifs d’obligations publiques des pays très endettés moyennant une conditionnalité légère, soit instauré.

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Par Eric Dor, Director of Economic Studies, IÉSEG School of Management.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

L’euro au plus bas face au dollar, pourquoi ?

L’euro au plus bas face au dollar, pourquoi ? 

 

Par Clémentine Gallès, Cheffe Economiste et Stratégiste de Société Générale Private Banking. (La Tribune)

L’euro a de nouveau nettement baissé cette semaine contre le dollar, atteignant un plus bas depuis près de vingt ans. En renforçant le coût de l’énergie importée par les économies de la Zone euro, cette baisse représente un risque supplémentaire qui pèse sur les perspectives à la fois d’inflation et d’activité économique. Cela représente donc une

En effet, le dollar connaît un important mouvement d’appréciation contre l’ensemble des devises depuis le début de l’année (+15% contre l’euro et la livre britannique, et +22% contre le yen). Cette progression du dollar s’explique par différents facteurs. Tout d’abord la Réserve fédérale a annoncé dès la fin de l’année 2021 une progression de ses taux d’intérêt en réaction à une inflation américaine particulièrement élevée. Cette hausse des taux a incité les investisseurs en quête de rendements à acheter des obligations américaines libellées en dollars. Cette tendance a par la suite été accentuée par l’annonce de la Guerre en Ukraine. Les investisseurs ont en effet renforcé leur préférence vers des investissements en dollars dans ce nouveau contexte de risque touchant particulièrement l’Europe.

Enfin, l’appréciation de matières premières habituellement échangées en dollar a mécaniquement fait augmenter le recours à cette devise. Donc, si l’euro a baissé face au dollar, c’est avant tout lié à la forte demande de dollars. D’ailleurs l’euro n’a pas beaucoup évolué sur la période récente quand on le regarde contre un panier de devises plus large .

Cette nouvelle baisse augmente encore davantage le coût des énergies libellées en dollars, impliquant des nouvelles tensions à venir sur l’inflation de la Zone euro mais surtout une nouvelle dégradation des perspectives d’activité. La forte progression des prix de l’énergie depuis quelques mois a déjà impliqué une nette dégradation de la balance commerciale allemande, qui vient de basculer en territoire négatif pour la première fois depuis 1991 .

L’accentuation récente des tensions sur l’approvisionnement en gaz russe fait dorénavant craindre une récession en Zone euro. Dans ce contexte la progression du dollar face à l’euro devient une difficulté complémentaire pour la BCE : si elle augmente beaucoup ses taux d’intérêt, elle prend le risque de provoquer une récession, mais si elle n’augmente pas assez ses taux d’intérêt, l’euro pourrait continuer de baisser et mécaniquement renforcer le risque d’une inflation durable.

BCE : comment éviter une crise de l’euro ?

BCE : comment éviter une crise de l’euro ?

 Pour éviter une nouvelle crise de l’euro quelles seraient les options possibles ? Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière. ( Dans la Tribune, extraits)

 

 

Fermer les yeux. En forte hausse en Europe, l’inflation annuelle dans l’Union européenne atteint 8,1% en avril 2022. En mars 2020, avant la pandémie le taux était en baisse à 0,7%. Jusqu’à présent, la position de la BCE a été de prendre du recul et d’affirmer que cette inflation est « temporaire » pour éviter la « fragmentation » de la zone euro.

Pour gérer l’inflation, le taux d’intérêt directeur est le principal outil utilisé par les Banques centrales. Quand la BCE augmente son taux directeur, les taux des prêts sur le marché grimpent et la capacité d’emprunt est abaissée. Les dépenses sont diminuées et la pression sur les chaînes de production est réduite.

Depuis quelques mois, alors que les taux directeurs de la Banque centrale européenne restent stables, les taux d’intérêt des prêts immobiliers augmentent et suivent la tendance de l’inflation et sont moins influencés par les taux directeurs. L’argent perd de sa valeur et les banques commerciales rehaussent leurs taux d’intérêt pour continuer à gagner de l’argent. De même au fur et à mesure que l’éventualité d’une hausse des taux directeurs se confirme, l’écart entre les coûts d’emprunts de l’Allemagne et les autres pays européens se creuse. Les détenteurs des obligations anticipent cette hausse et mettent en vente leurs anciennes obligations moins avantageuses. Cette vente surprend les décideurs économiques qui ne pensaient pas que les conditions actuelles équivalaient à une « fragmentation ». La BCE ne peut plus fermer les yeux mais les moyens disponibles sont limités.

 

Dans le cas où un accroissement des écarts des coûts d’emprunts devient alarmant, la BCE pourrait tout simplement reprendre son principal outil de soutien au crédit et à l’économie depuis la crise de la dette dans la zone euro qui est le l’assouplissement quantitative. Cette décision estelle probable étant donné que la BCE vient de mettre fin à l’achat d’obligations ? Il y a un précédent lorsque l’épidémie de COVID19 a brièvement fait passer les spreads (l’écart qui existe entre deux taux) obligataires italiens/allemands audessus de 300 points de base. La Banque d’Italie a alors intensifié ses achats d’obligations pour le compte de la BCE. Plus tard la BCE a lancé son programme d’urgence PEPP (programme d’achats d’urgence face à la pandémie). En réalité, la BCE n’envisage pas une éventuelle réduction de son bilan qui a atteint 8.700 milliards d’euros en mars 2022, mais de le maintenir constant. Dans ce contexte comment créer un nouveau programme d’achat des actifs sans augmenter son bilan ?

 

Pour garder son bilan stable, lorsqu’une obligation arrive à échéance ou maturité, la BCE va acheter une autre obligation sur le marché secondaire avec l’argent perçu au moment du remboursement. Dans ce cas, la BCE prolonge les effets de son programme en gardant la même liquidité sur les marchés. Avec une inflation forte et la fin du programme PEPP, la BCE s’est engagée à acheter des obligations des pays les plus faibles, Italie et Grèce, pour éviter la « fragmentation ». Mais réinvestir les achats acquis pendant la période de pandémie estelle suffisante pour empêcher les divergences des coûts d’emprunt dans la zone euros ? « Nous sommes frappés par le poids que la BCE accorde au canal de réinvestissement comme moyen d’empêcher la fragmentation, car nous pensons qu’il s’agit du canal le plus faible de soutien des flux (d’assouplissement quantitatif)« , a déclaré Rohan Khanna, stratégiste d’UBS. Cette approche n’est pas suffisante il faut réinventer un nouveau système.

 

Un prêt direct de la BCE aux États est interdit par les traités européens relatifs à la Banque centrale. Avec un euro numérique, l’idée serait de reprendre partiellement une pratique établie avant les années 70 en Europe.

« En 1974, on a eu une loi stupéfiante [...]. On a obligé l’État à aller se financer sur le marché financier privé à 4% ou 5%, et, du coup, notre dette est maintenant à 90% du produit national brut. » Michel Rocard, Europe 1, 22 décembre 2012.

Si la BCE ne peut pas financer directement les dettes publiques des États membres de la zone euro, alors elle le fait indirectement avec les programmes de rachats d’actifs. La BCE rachète sur le marché secondaire les obligations souveraines des États de la zone euro. Avec l’euro numérique ne seraitil pas souhaitable d’autoriser chaque européen à détenir des euros numériques sur des comptes ouverts directement à la BCE ? Une partie des économies des ménages européens se retrouvera automatiquement au passif du bilan de cette banque et réduirait son bilan. Avec ces dépôts, il n’y a pas de création de liquidités, pas d’inflation. La Banque centrale européenne pourra financer directement les dettes publiques des États les plus faibles de l’Union économique et monétaire.

D’après le traité de Rome, il n’est pas possible de forcer l’épargne privée à financer directement la croissance des dettes publiques. Mais voilà, avec la pandémie, la France a déjà dévié ces règles. « L’ensemble constitué des banques commerciales et de la Banque centrale a donc recyclé l’épargne des ménages pour prêter à l’État« , explique Agnès BénassyQuéré, Chef économiste de la DG trésor. Cependant, un tel écart par rapport à « l’orthodoxie monétaire » pourrait s’avérer un point de conflit, en particulier de la part de la Cour constitutionnelle allemande.

 

Après le NextGenerationEU, qui a été accepté par la Cour constitutionnelle Allemande, ce plan sera bien plus qu’une relance : un plan de croissance pour éviter la stagflation (croissance faible et forte inflation). C’est un nouvel endettement commun des VingtSept et une nouvelle création de liquidité. C’est une seconde occasion pour l’Europe d’établir une autre perspective des règles de gouvernances et de transformer les économies des pays les plus faibles. Il s’agit d’accélérer la reprise tout en participant à la reconstruction de l’Ukraine. Il est urgent de rendre l’Europe plus homogène et d’investir massivement dans une économie verte.

 

L’inflation actuelle est en grande partie liée à des phénomènes extérieurs comme les prix de l’énergie, la guerre en Ukraine. Les taux directeurs de la BCE ont peu d’influence sur le niveau des prix des événements extérieurs.

Autrement dit, si l’offre du bien peut toujours répondre à la demande, il n’y aura pas de place pour l’inflation. Cela signifie une production plus élevée pour un coût et des prix inférieurs. Il faut des investissements rapides pour ralentir l’inflation en poussant la croissance à la hausse, tout en rendant les budgets européens plus homogènes.

 

La BCE dispose d’autres outils comme le programme d’opérations monétaires sur titres (OMT). Conçu au plus fort de la crise de la dette dans la zone euro, ce programme permet à la Banque centrale d’acheter directement de la dette souveraine d’un pays donné sans aucune limite. Mais la Banque centrale européenne n’envisage pas de recourir à ce programme, pourquoi ?

 

Suspendu pour cause de pandémie, le pacte de stabilité budgétaire sera de nouveau en vigueur en 2024 au lieu de mars 2023. Alors d’ici fin 2023, estil possible d’éviter une « fragmentation » sans règles strictes entre tous les pays Européens. Tous les pays de la zone euro présentent des taux d’endettement, d’inflation, de croissance, etc. tous différents. Ceci confirme que les niveaux de développement sont éloignés, les dynamiques économiques sont divergentes et la régulation des marchés du travail nationaux discordante. La Présidente de la BCE admet que l’Europe pourrait davantage agir sur « les modalités d’interprétation » des règles qui reviendront en 2024 au lieu de 2023, mais « ce ne seront certainement pas les mêmes règles« .

La situation actuelle estelle comparable à celle des années 1970 ? Les mêmes causes sont présentes : des perturbations persistantes de l’offre qui alimentent l’inflation à cause de la pandémie, précédées d’une période prolongée de politique monétaire très accommodante et une faible croissance, etc.

Dans les années 70, il n’y avait pas de guerre aux portes de l’Europe, pourtant « à l’époque, peu d’économistes comprennent que ces indices annoncent l’entrée des pays industrialisés dans une crise économique qui durera plus de vingt ans » .

Dette : amortissement par l’inflation et la baisse de l’euro

Dette : amortissement par l’inflation et la baisse de l’euro

Comme c’était prévisible, la dette va progressivement s’amortir en Europe par l’inflation et la baisse de l’euro. En effet, l’euro s’est de nouveau replié vendredi 1er avril face au dollar américain.

Les deux phénomènes conjoints constitue de fait une sorte de fiscalité qui vient pomper le pouvoir d’achat des ménages, des entreprises et des épargnants.

Précédemment avant l’euro les crises financières ce régulaient surtout par des processus de désolation. Avec l’euro, les dettes des membres de l’union européenne sont mutualisées et se régulent par les taux de change et l’inflation

Vers 21H00 en France, la monnaie unique abandonnait 0,17% face au «greenback», à 1,1048 dollar pour un euro. Le dollar gagnait aussi du terrain sur le franc suisse, le yen ou la livre sterling. 

L’euro n’a, lui, pas profité de la publication d’un indicateur d’inflation en zone euro, qui s’est inscrit à 7,5% en mars, sur un an, un record. «L’inflation élevée va encore augmenter la pression sur la BCE (Banque centrale européenne) pour qu’elle intervienne et monte ses taux», a réagi, dans une note, Joe Manimbo, de Western Union, «mais les prévisions de croissance en zone euro sont en train de mal tourner avec la guerre en Ukraine.»

L’euro: bénéfices et handicaps pour la France

L’euro: bénéfices et handicaps pour la France 

Selon la dernière enquête de la Commission européenne, les deux tiers des Français considèrent que l’euro est « une bonne chose » pour leur pays. C’est aussi l’avis du ministre de l’Economie. « L’euro a été adopté par les Français. Notre monnaie unique est un bouclier pour l’économie française, nos épargnants et nos entreprises », estime Bruno Le Maire. Un papier intéressant des échos évoque les bénéfices et les handicaps de la monnaie européenne pour la France (extrait)

Il y a eu un autre avantage à la mise en place d’une politique monétaire au niveau de la zone euro : « la BCE a une capacité à mettre en place des programmes de rachats d’actifs qui entraînent une baisse des taux », rappelle Mathilde Lemoine, cheffe économiste du Groupe Edmond de Rothschild. Or, lors de la crise des dettes souveraines, Bercy a eu des vraies craintes que l’état des finances publiques françaises inquiète les investisseurs, ce qui aurait précipité le pays dans une crise.

Quand on prend les cinq premières économies de la zone euro – l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas -, l’Hexagone est dans la moyenne en ce qui concerne la croissance du PIB par habitant. Mais pour le reste, la France est en queue de peloton.

Enfin, l’euro a surtout stimulé le commerce intra-européen. 

Ll’euro a favorisé les exportateurs, les entreprises dynamiques, innovantes et qui investissent. « L’euro a renforcé les forts et affaibli les faibles ». Pas faux et c’est bien tout le problème. . En ce sens, l’euro a d’abord profité aux industriels les plus forts, notamment les Allemands », explique François Geerolf.

Quand on prend les cinq premières économies de la zone euro – l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas -, l’Hexagone est dans la moyenne en ce qui concerne la croissance du PIB par habitant. Mais pour le reste, la France est en queue de peloton. C’est le pays dans lequel la part de l’industrie dans le PIB a le plus reculé, celui qui a perdu le plus grand nombre d’emplois dans le secteur manufacturier – un million en moins -, celui dont la balance commerciale s’est le plus dégradée. C’est aussi le pays dont la dette publique a le plus augmenté, juste derrière l’Espagne.

« La France n’a pas fait de folies mais elle n’a pas redéfini sa politique économique dans un cadre transformé par l’euro. Et maintenant se pose une question à long terme à laquelle il va bien falloir répondre : comment le pays peut-il reconstituer une offre compétitive au sein de la zone euro ? », selon l’économiste Jean Pisani-Ferry. Bruno Grandjean est plus dur : « Il y a eu pendant quinze ans chez les responsables politiques français une absence complète de compréhension des mécanismes économiques d’ajustement qui prévalent dans une union monétaire ». Là se trouve le ratage français.Contrairement à une opinion répandue outre-Rhin, l’Allemagne est probablement un des pays qui a le plus gagné avec l’introduction de l’euro en termes de développement économique


En 1998, le commerce extérieur français est excédentaire alors que l’Allemagne affiche un déficit commercial. Notre voisin est alors « l’homme malade de l’euro », selon l’hebdomadaire «The Economist» en 1999. Trois ans plus tard, l’économiste très orthodoxe Hans-Werner Sinn titrait son livre « Peut-on encore sauver l’Allemagne ? » En 2021, les rôles sont inversés. « Contrairement à une opinion répandue outre-Rhin, l’Allemagne est probablement un des pays qui a le plus gagné avec l’introduction de l’euro en termes de développement économique », juge Jean Pisani-Ferry. « Sa rigueur salariale dans les années 2000, au cours desquelles l’Europe du Sud s’autorisait une expansion du crédit, lui a permis de rétablir un avantage concurrentiel qui lui faisait défaut au début de l’euro ».

On pensait que l’euro permettrait aux Etats-membres de converger. C’est l’inverse qui s’est passé. La monnaie unique a accru les divergences entre les économies du Nord et du Sud de l’Europe. En l’absence de risque de change, les activités de certains secteurs industriels ont tendance à se concentrer dans les zones les plus productives. Et il est bien difficile de contrer ce mouvement.

D’autant que, comme le dit François Geerolf, « l’euro a, pour la France, les inconvénients de ses avantages. Sans la monnaie unique, l’Hexagone aurait probablement eu des difficultés à financer le déficit de sa balance courante. Le revers de la médaille, c’est que cette facilité à vivre avec ce déficit, qui n’est que l’autre face de la désindustrialisation, n’a pas incité le pays à prendre les mesures pour rétablir un certain équilibre », poursuit-il. Alors qu’en mars 1983, Jacques Delors, alors ministre des Finances, avait annoncé des mesures d’austérité, sous le nom de « rigueur », c’est la baisse du franc qui avait provoqué cette décision.

Avec l’euro, il n’y a pas de corde de rappel. Pas de chute de la devise, pas de hausse des taux d’intérêt, l’euro est, en ce sens un anesthésiant. D’ailleurs, le gouverneur de la Banque de France a récemment été obligé de le dire clairement : « la BCE n’agit pas pour permettre à l’Etat français de financer ses déficits ». Comprendre : l’euro n’est pas une assurance tout risque. Sauf que, jusqu’à présent, la conséquence de cette absence de corde de rappel, « c’est la diminution de la croissance potentielle et les tensions qui iront croissantes avec nos partenaires qui ne pourront pas accepter éternellement l’absence de réformes des administrations françaises », estime Mathilde Lemoine.

 

Des réformes bienvenues

« Finalement, ce n’est pas tant l’euro en lui-même que son architecture et sa gouvernance déficiente pendant la crise des années 2010 qui sont les vrais problèmes, d’où les efforts pour les réformer. Il ne faut pas oublier les avancées récentes : le plan de relance européen et la décision de le financer par une dette commune étaient impensables il y a seulement quelques années. On voit tout de même que tout cela va dans le bon sens », considère Philippe Martin.

Le plan de relance de 750 milliards d’euros , dont environ 200 milliards iront à l’Italie, est en effet une façon de faire converger les économies du Nord et du Sud. « L’Espagne a tenu bon avec un taux de chômage de 25 % et s’est réformée. L’Italie, qui a décroché dans les années 2000, a stabilisé son appauvrissement relatif. Le pays a les moyens de s’en sortir avec Draghi et le plan d’investissements européen. La France a mis quinze ans à s’adapter mais elle est sur la bonne voie », veut croire Xavier Ragot, président de l’OFCE.

Finalement, la zone euro apprend quand même de ses erreurs, rectifie le tir, même si le processus n’est jamais un long fleuve tranquille. D’ailleurs, « l’Europe s’est aussi francisée depuis quelques années, la crise du Covid ayant accéléré le mouvement. Car l’idée d’une zone euro organisée autour d’un clone de la Bundesbank et d’un encadrement des politiques économiques par les règles a échoué. Elle a été démentie par les faits », affirme Jean Pisani-Ferry.

Une zone euro un peu plus française et un peu moins allemande, c’est ce que les politiques de l’Hexagone ont toujours vendu aux Français. Reste à savoir si, à terme, les autres en voudront.

Zemmour ,Le Pen, Mélenchon contre l’Europe mais pour l’euro !

Zemmour ,Le Pen, Mélenchon contre l’Europe mais pour l’euro !

 

 Il y a évidemment quelque chose de paradoxal à entendre les critiques acerbes de Zemmour, Le Pen et de Mélenchon qui n’ont pas de mots assez durs pour condamner l’Europe. Le seul problème et pas des moindres c’est qu’aucun n(ose maintenant s’attaquer et même parler de la monnaie unique qui constitue pourtant l’axe central de la construction européenne. Il est vrai qu’en 2017 l’attaque frontale contre l’euro n’avait pas réussi politiquement et pour cause la majorité des Français veulent conserver cette unique monnaie unique qui nous garantit contre les dévaluations successives enregistrées précédemment le franc.

Certes l’Europe n’est pas sans défauts elle souffre en particulier justement d’une insuffisance de contenu politique dans nombre de secteurs régaliens. D’une manière générale, elle se limite trop aux dimensions économiques et financières. La protection de son économie est aussi insuffisante en particulier face à la pénétration chinoise.

La multiplication des discours eurosceptiques aurait pu en faire douter, mais la cote d’amour de l’euro est toujours aussi forte. Selon un baromètre annuel de la Commission européenne,auprès d’un échantillon représentatif de 17.500 citoyens des 19 pays de la zone euro, deux tiers des sondés (64 %) jugent que la monnaie unique est « une bonne chose » pour leur pays. Un niveau équivalent au sommet déjà atteint l’an passé. Les avis négatifs, avec seulement un sondé sur quatre jugeant que l’euro est une « mauvaise chose », atteignent à l’opposé un point bas historique.

Sur fond de Brexit ou encore de crise avec l’Italie, ce sondage vient ainsi confirmer une forme de résurgence du sentiment européen face aux difficultés qui fragilisent l’UE. Il fait écho à un autre baromètre de la Commission, qui notait en mai dernier que 67 % des citoyens européens pensent que leur pays tire profit de l’appartenance à l’UE, un autre record historique.

En France, ce taux atteint 59 % mais 29 % des sondés sont encore opposés à la monnaie unique et commune.Il est vrai que la culture économique et financière de la France n’atteint pas les hauts sommets parmi les pays européens. Le cas de l’Italie est intéressant à l’aune de ses rebondissements politiques. En un an, à rebours de la bascule d’un gouvernement europhile à un gouvernement eurosceptique, le soutien à l’euro y a bondi de 12 points pour redevenir majoritaire (57 %). Globalement, l’étude relève que le soutien à l’euro est plus fort chez les jeunes, chez les plus qualifiés et chez les personnes en emploi.

 

l’Euro 2020 : « L’Italie et l’Angleterre, Deux exemples de « non-starification »

 l’Euro 2020 : « L’Italie et l’Angleterre, Deux exemples de  « non-starification »

 

D’une certaine manière Arsène wenger  le célèbre entraîneur de Monaco mais surtout d’Arsenal met en cause le phénomène de starification ( Ces vedettes qui ont la grosse tête) qui sans doute a coûté cher à l’équipe de France. Il observe en effet que deux équipes ont évité ce piège et se retrouvent en finale à savoir l’Angleterre et l’Italie. (Interview dans le JDD). En creux, on peur voir  une certaine critique de l’équipe de France qui sur le papier comportait  sans doute les plus grandes stars du football européen mais qui sur le terrain sauf contre l’Allemagne a été plutôt pitoyable.

Une finale Angleterre-Italie à Wembley : est-ce la meilleure issue possible pour cet Euro?
Oui, ce sont les deux équipes qui ont eu les performances les plus constantes. Elles ont été très fortes défensivement, et c’est ce qui permet de survivre. Au-delà de ça, le tournoi a révélé l’extraordinaire force du football européen. Des quatre demi-finalistes de la Coupe du monde 2018, il ne restait que l’Angleterre dans le dernier carré de cet Euro. Un tel turnover dans un intervalle aussi court, c’est très rare. Ça prouve que l’Europe est sur le toit du monde. Le fossé se creuse avec les autres. En tant que responsable du développement du football à la Fifa, je trouve ça inquiétant.

L’euro monte face au dollar

L’euro monte face au dollar

Plus haut niveau de l’euro face au dollar en plus de cinq mois.  «L’euro se renforce alors même que le PIB allemand a reculé au premier trimestre de 1,8%. Mais les indicateurs plus récents sont plus positifs», a expliqué Neil Wilson, analyste chez Markets.com. Après un début d’année difficile, la zone euro devrait bénéficier de l’accélération de la campagne de vaccination, espèrent les cambistes qui privilégiaient jusque-là le dollar. Alors que la Fed promet pour l’instant de maintenir sa politique monétaire inchangée pour soutenir la reprise, les investisseurs se demandent désormais si la Banque centrale européenne (BCE) ne va pas durcir sa politique monétaire avant, ce qui rendrait l’euro plus attractif. Mais rien n’est sûr dans ce domaine.

Hausse de l’euro ou baisse du dollar ?

Hausse de l’euro ou baisse du dollar ?

La monnaie européenne enregistre une hausse qui pourrait bien être que l’effet mécanique des problèmes de transmission de pouvoir au États-Unis. En effet,  l’économie européenne a été beaucoup plus affectée par la crise sanitaire qu’aux États-Unis ou la croissance pourrait diminuer seulement 3 à 4 % en 2020. En Europe,  la baisse devrait tourner autour de 7 %.

Par ailleurs les déficits européens n’ont rien à envier aux déficits américains eux aussi très importants. Le problème pourrait n’être que conjoncturel. En effet les américains espèrent vite effacer la difficile période de transition et la politique de terre brûlée de Trump. Depuis des semaines traîne dans les tiroirs un plan de relance nouveau que Trump avait refusé jusqu’à hier. Le handicap des États-Unis se situe cependant dans l’accélération des victimes du Coronavirus et l’insuffisance des mesures sanitaires. À noter aussi ces derniers jours, un léger tassement de l’emploi.

Une fois la transition politique réalisée aux États-Unis, le dollar devrait reprendre des couleurs par rapport à l’euro.

L’euro a franchi mercredi le seuil de 1,21 dollar pour la première fois depuis plus de deux ans et demi, profitant d’un nouvel accès de faiblesse de la monnaie américaine.

Vers 15h25 GMT, la monnaie unique européenne se traitait autour de 1,2095 dollar après être montée à 1,2108.

L’euro en hausse face au dollar

L’euro en hausse face au dollar

Les espoirs d’un nouveau plan de relance aux États-Unis mais aussi l’inquiétude concernant l’instabilité politique résultant des élections américaines profitent  à l’Euro. Il y a sans doute aussi la différence de posture des banques centrales. En effet la banque centrale américaine, la Fed, a réitéré son intention de soutenir sans condition la croissance et l’emploi en développant une politique encore beaucoup plus accommodante. Bref de faire tourner la machine à billets.

À l’inverse au sein de la BCE émerge désormais des critiques sur l’éventualité d’une nouvelle phase de politique, elle aussi, plus accommodante. L’Allemagne a fait savoir en particulier qu’elle n’était pas favorable à un nouveau plan de rachat d’actifs qui ferait s’engager les pays en situation financière dans la voie d’un plus grand endettement encore. Plus globalement,  il y a les incertitudes sur la réalité du redressement économique mondial qui ne semble pas aussi assuré que ce qui était prévu en août. Certes le redressement est là mais on est encore loin de retrouver le niveau de fin 2019. Il faudra encore deux ou trois ans. Du coup, les détenteurs d’actions qui s’interrogent tentent  pour certains de trouver des valeurs refuge comme actuellement l’euro mais aussi la livre sterling.

L’euro porté par l’économie allemande

L’euro porté par l’économie allemande

Une fois de plus l’Allemagne porte l’économie européenne à bout de bras. Les chiffres de la croissance allemande ont suscité une «réaction positive» de l’euro, a noté Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank. Le PIB allemand s’affiche en recul de 9,7% par rapport au précédent trimestre sur la période d’avril à juin, a indiqué mardi l’Office de la statistique Destatis, qui évoquait jusqu’alors -10,1%. À comparer à la France qui a vu son activité générale diminuer de près de 14 %.

L’euro montait ce mardi face au dollar, aidé par des chiffres sur la croissance allemande au deuxième trimestre et un moindre intérêt des investisseurs pour le billet vert.

Vers 19H00 GMT (21H00 à Paris), l’euro gagnait 0,39% face au billet vert, à 1,1834 dollar. «Le dollar américain recule, pénalisé par des choix plus risqués de la part des investisseurs», a estimé Lee Hardman, analyste de MUFG, qui en veut pour preuve le record atteint lundi par le S&P 500, l’indice boursier élargi de Wall Street. Cet appétit pour le risque est également alimenté par la reprise des discussions entre les États-Unis et la Chine sur leur accord commercial, a-t-il ajouté.

 «Le marché s’attend plus ou moins à ce que M. Powell se montre plutôt en faveur d’un assouplissement de la politique dans son discours, mais plutôt en se focalisant sur le contrôle de l’inflation que sur une éventuelle baisse des taux en tant que telle», ont souligné les analystes de Scotiabank.

Baisse du dollar, hausse de l’euro

Baisse du dollar, hausse de l’euro

D’une certaine façon,  les taux de change évoluent en même temps que le taux de pénétration du Coronavirus. Au début de la crise sanitaire l’euro avait souffert aussi du dollar car les États-Unis étaient encore peu touchés par le virus. Depuis, la situation s’est nettement inversée. Maintenant les États-Unis ne parviennent pas à se dépêtrer d’une crise sanitaire de plus en plus dramatique et qui affecte les perspectives économiques. De son côté, l’union européenne à mieux maîtrisé la situation même si on constate aujourd’hui des possibilités de nouvelles détériorations virales. En outre, le plan de relance européen a surtout rassuré sur la cohésion européenne davantage que l’ampleur de l’enveloppe financière finalement de l’ordre de 400 milliards.

Alors que la plupart des grandes économies sont désormais sorties du confinement, l’Amérique semble à la traîne. « Les flux de capitaux qui s’étaient portés sur le dollar en tant qu’actif sûr lors de la crise du Covid pourraient commencer à se retourner, alors que le reste du monde semble plus attrayant », constate Barclays.

Face à ces perspectives peu encourageantes, les marchés estiment que la Réserve fédérale américaine – qui réunit mardi et mercredi son Comité de politique monétaire – pourrait peut-être décider de baisser à nouveau ses taux directeurs. Réduisant ainsi un peu plus l’appétit des investisseurs pour les placements en dollars.

« Nous nous attendons à ce que le dollar américain réduise progressivement sa domination sur le long terme », envisagent les stratégistes de Nomura. Un mouvement de fond qui s’explique en grande partie par l’essor de l’Union européenne. Pour la banque japonaise, les Etats européens devraient - sous la pression des pays du Nord – chercher à réduire plus rapidement les déficits exceptionnels liés à la crise du Coronavirus.

. L’annonce du plan de relance européen a propulsé l’euro à son plus haut niveau en deux ans . « C’est une avancée significative qui réduit les craintes d’une désintégration de la zone euro, et qui va permettre à l’Europe de bénéficier simultanément d’une relance monétaire et budgétaire, analyse Nomura. Nos économistes prévoient un rebond en 2021 plus fort en zone euro, qu’aux Etats-Unis. »

L’euro poursuit, pour sa part, sa progression face au billet vert. Il a dépassé 1,178 dollar pour la première fois depuis septembre 2018.

 

Hausse de l’euro

Hausse de l’euro

 

 

On ne sait pas si la hausse de l’euro constatée des dernières séances découle de perspective plus optimiste pour la région européenne notamment à travers son plan de relance qui pourrait être arrêté d’ici quelques jours ou bien si cela est à imputer à la catastrophe sanitaire des États-Unis qui va aussi tirer vers le bas l’économie américaine.

 L’euro progressait, ce mercredi 15 juillet, face au dollar, atteignant en cours de séance un niveau plus vu depuis quatre mois, à deux jours d’un sommet européen qui s’annonce tendu et divise les analystes. Vers 19H20 GMT (21H20 à Paris), l’euro prenait 0,04% face au billet vert, à 1,1405 dollar. La monnaie unique européenne est montée vers 13H30 GMT jusqu’à 1,1452 dollar, un niveau plus vu depuis la mi-mars.

Cette hausse de l’euro est alimentée par «les espoirs que le plan de relance (européen) sera accepté après que la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez se sont engagés à aller de l’avant» sur ce projet, explique Fiona Cincotta, analyste pour City Index. Sceptique au début, Antje Praefcke de Commerzbank, indique dans une note ne pas exclure que Mme Merkel «sorte le lapin du chapeau samedi en présentant au marché un compromis». Au contraire pour Derek Halpenny, analyste chez MUFG, une approbation dès le sommet européen de cette semaine, qui aura lieu vendredi et samedi, reste «peu probable», au vu des informations de presse.

En début de semaine, la chancelière allemande s’était dite incertaine que les dirigeants des 27 pays de l’UE parviennent à un accord sur ce plan de 750 milliards d’euros proposé par la Commission. Selon M. Halpenny, le regain de vitalité de l’euro s’explique aussi par de «meilleures attentes concernant la croissance, comparé aux États-Unis», confrontés à la flambée des cas de coronavirus.

Le pays est le plus touché par la pandémie, aussi bien en nombre de décès que de cas (respectivement 136.000 pour 3,43 millions), avec une forte progression en particulier dans les États du Sud et de l’Ouest. Les dernières actualisations de modèles épidémiologiques prévoient une augmentation du nombre journalier de morts avec un bilan qui devrait augmenter de 15.000 morts d’ici le 1er août, selon la moyenne de modèles de 23 groupes de recherche publiée mardi par une équipe de l’université du Massachusetts.

L’Europe est encore loin d’avoir surmonté la crise sanitaire et la crise économique. Toutefois après il est vrai qu’après beaucoup d’hésitations les Etats qui la composent ont pour la plupart (Grande-Bretagne exclue ) ont pris des mesures pour limiter la mortalité et adapter le système sanitaire. À l’inverse, aux États-Unis,( aussi ailleurs comme au Brésil), on en est encore à la contestation du danger que peut représenter le Coronavirus. Pire, par cette contestation on favorise l’expansion du virus et la situation devient catastrophique dans nombre de zones. Finalement la hausse de l’euro et peut-être davantage à imputer à l’incurie de TRump qu’aux perspectives de rétablissement de l’Europe

L’euro en hausse grâce à la BCE

L’euro en hausse grâce à la BCE

 

 

D’une certaine manière la BCE a prit le pouvoir en Europe; en tout cas elle anticipe les décisions prises tant par l’union européenne que par les Etats eux-mêmes. ( Il faudra cependant être attentif aux réactions généralement négatives de la Bundesbank) L’euro grimpe à un plus haut de trois mois après les annonces de la Banque centrale européenne (BCE) sur une nouvelle augmentation de son soutien à l’économie de la zone euro face au choc provoqué par la pandémie de coronavirus. Les marchés ont pris en compte la décision de la BCE d’augmenter de 600 milliards d’euros, pour le porter à 1.350 milliards, le montant du “Programme d’achats d’urgence pandémique” (PEPP), un plan d’achats de dettes sur les marchés visant à faire baisser les coûts de financement des Etats, des entreprises et des ménages.

La BCE n’a ainsi pas déçu les fortes attentes des investisseurs, au contraire. “Les marchés s’attendaient à une augmentation de 500 milliards”, a déclaré à Reuters Valentin Bissat, économiste senior chez Mirabaud. “On vit une situation extraordinaire (…) qui appelle une réponse exceptionnelle à la fois de la BCE et des gouvernements européens et c’est ce à quoi s’attelle la banque centrale actuellement. Les marchés d’actions sont bien soutenus, même s’ils marquent un peu le pas aujourd’hui, mais ce programme de rachats d’actifs va dans la bonne direction.”

De son côté, le gouvernement allemand a annoncé que les partis membres de la coalition avaient conclu un accord sur un plan de relance de 130 milliards d’euros, qui prévoit entre autres une baisse temporaire de la TVA sur de nombreux produits.

France : le massacre de l’industrie notamment par l’euro et la fiscalité

France : le massacre de l’industrie notamment par l’euro et la fiscalité

 

 

La France a été doublement victime d’une sorte de crime contre son industrie d’une part de la part de l’euro d’autre part fait de la fiscalité. À cela s’est ajouté le manque d’offre technique. La première responsabilité en incombe sans doute à la surestimation de l’euro plus proche des préoccupations allemandes que des réalités françaises. Comme si cela n’était pas suffisant,  en interne on a poursuivi une politique fiscale assommant le reste de compétitivité. Ne parlons pas des 35 heures qui ont fait plonger la productivité surtout des entreprises à fort pourcentage de main-d’œuvre et ont surtout porté une atteinte mortifère à la valeur travail. En fait, la France a connu un véritable massacre de son industrie confirme   une note de la Fabrique de l’industrie publiée en  novembre. En même temps, cet écroulement de l’industrie a vidé nombre de territoires de leur substance économique. Une sorte de processus irréversible de désaménagement du territoire. Le résultat d’un manque général de compétitivité, d’une insuffisance de l’offre technique aussi des visions illusoires de certains experts qui pensaient que la France se transformerait complètement dans des activités de services commercialisant des productions fabriquées à l’étranger. Le problème, c’est que ces productions ont bien été délocalisées mais que les pays de production se sont réappropriés la commercialisation et la valeur ajoutée tout en progressant en technicité. Dans le même temps, la France perdait certaines compétences techniques et certaines qualifications. 4/5 des zones d’emploi que compte la France ont subi des destructions d’emploi dans le secteur industriel entre 2009 et 2015. Le déclin industriel français ne date pas d’hier.

Au niveau national, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée entre 1980 et 2018  a clairement chuté pour passer de 29% à 16% selon de récentes données de la Banque mondiale. En parallèle, l’industrie a détruit près de 2,2 million d’emplois, réduisant ces effectifs de 43% sur la même période, selon de récents chiffres cités par l’Observatoire français des conjonctures économiques dans l’ouvrage consacrée à  »L’économie française en 2020″. En outre, le poids de l’emploi industriel dans l’emploi marchand est passé de 29,2% en 1980 à 14,6% en 2018.

Résultat, en 2017, le niveau de production de l’industrie manufacturière française est inférieur de 13% à son pic de la fin 2000. Pire, il est inférieur de 12% à celui du début des années 90, il y près de 30 ans ! Il a fallu tout ce temps pour que l’on prenne conscience de l’exigence d’une politique de l’offre.

 

L’appareil industriel a ainsi connu « sa pire chute d’activité depuis la Seconde Guerre mondiale, perdant près de 10% de sa valeur ajoutée au cours des années 2008-2009″, ajoutent les économistes de l’observatoire rattaché à Sciences-Po Paris. Outre les délocalisations massives vers des pays à bas coût, de nombreux industriels ont  externalisé une partie de leurs services chez des sous-traitants implantés dans le tertiaire. La branche des services aux entreprises a connu une expansion majeure depuis le début des années 1980.

 

« Les activités scientifiques, et techniques, services administratifs et de soutiens ont crée de plus de 2,8 millions d’emplois, soit une hausse de 181%, sous l’effet notamment du recentrage des activités industrielles sur leur coeur de métier », soulignent les auteurs de l’ouvrage précité.

 

L’un des enseignements important de cette étude est que la variation de l’emploi industriel est d’abord déterminée par des conditions macroéconomiques favorables. La composante nationale explique environ 52% des variations locales de l’emploi dans l’industrie. Les chercheurs citent entre autres la productivité dans l’industrie, la concurrence internationale ou les structures de dépenses des consommateurs.

En outre, les conditions locales peuvent également être des facteurs déterminants pour la santé de l’emploi dans des territoires fortement industrialisés. La qualité des infrastructures de transport, le prix du foncier, la disponibilité de la main d’oeuvre, le climat, la géographie, la présence d’établissements d’enseignement supérieur ou de centres de recherche sont cités par les économistes. L’effet local comme la forte spécialisation sectorielle explique des variations d’emploi dans 122 zones d’emploi (environ 40% de l’échantillon ).  »Les zones à effet local positif se retrouvent le plus souvent à l’ouest, dans le sud et en Rhône-Alpes, tandis que celles qui présentent un effet local négatif sont majoritairement localisées dans le nord et le centre de la France » expliquent les auteurs de la note.

Le gouvernement a lancé en novembre 2018 le dispositif des 144 territoires d’industrie bénéficiant d’un appui spécifique de l’Etat et des collectivités locales. Sous la coupole du Grand Palais, le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné de plusieurs ministres, avait lancé en grande pompe cette initiative au moment du salon de l’industrie du futur devant un parterre de chefs d’entreprise et de décideurs. Un an après, la conjoncture s’est fortement dégradée. La plupart des grandes économies de la zone euro frôlent les récessions techniques dans le secteur industriel. Et si la France tente de résister en raison justement d’un poids plus faible de l’industrie et d’une moindre exposition au ralentissement du commerce mondial, les dernières enquêtes de conjoncture n’annoncent pas de perspectives vraiment optimistes. La plupart des instituts de statistiques ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance de l’économie française pour 2020.

 

Le discours macronien: une diarrhée verbale

Dans un article récent, nous nous  interrogions sur la consistance idéologique du macronisme. Un courant politique dont on peine à saisir la philosophie exacte et dont l’incarnation se résume à un seul homme. Le macronisme  n’a pas d’autre porte-parole que Macron lui-même et ne réussit pas à pénétrer la culture et le système politique français. En outre, eu  égard à ses nombreuses contradictions Macron peine à donner une lecture accessible de son projet politique. Pour schématiser, on  pourrait convenir que le en même temps permet de penser et de dire tout et son contraire. On pourrait multiplier les exemples. Le plus récent concerne la laïcité. Macron a d’abord défendu  une conception assez humaniste pour maintenant hystériser le débat et se rapprocher des thèses de Le Pen. Certains supporters de Macron pourraient le contester en ressortant quelques phrases récentes prouvant le  contraire. En fait souvent des banalités, des évidences pour rééquilibrer une orientation un peu trop droitière. On pourrait prendre un autre exemple celui des retraites. Cette question devait être traitée en 2019; les décisions à ce sujet ont été habilement reportées après l’échéance des municipales. Le réformisme de Macron s’est d’abord heurté à des difficultés  méthodologiques qu’il a complètement estimées car la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Le régime universel cherche un contenu opérationnel. Pour l’instant, il se résume à  des slogans : un euro versé aura la même valeur ou encore la retraite à points. Une retraite à points n’a guère de sens si on ne connaît pas précisément la valeur de ce point et la date à laquelle pourra prétendre à bénéficier de la pension. Pour tenter de la justifier, la majorité a d’abord considéré que c’était l’occasion de supprimer les régimes spéciaux. Or très rapidement ,on s’est aperçu que dans certaines professions ce serait impossible en regard des spécificités ( armées, police, enseignants, certains services publics) qu’en outre,  il conviendrait de tenir compte de la pénibilité dans certaines professions. Évidemment, on a aussi intégré les réticences corporatistes et le Premier ministre a pratiquement déclaré qu’il abandonnait le concept d’universalité laissant le temps nécessaire aux régimes spéciaux rejoindre le régime général. Macon lui-même, il y a quelques jours, en contradiction avec Jean-Paul Delevoye,  ministre des retraites, a déclaré qu’il adhérait au principe du droit grand-père. En clair, la réforme ne s’appliquerait qu’aux nouveaux entrants pour les régimes spéciaux. Du coup, on reporte de 45 ans les effets de cette réforme. Initialement, la réforme devait être mise en application en 2035 mais pour des considérations financières Macron voulait anticiper la mise en œuvre en 2025. Désormais, il la reporte de 45 ans. Évidemment son contenu dépendra surtout du mécontentement social et des formes que cela prend. On peut dire que dans ce domaine comme dans bien d’autres le macronisme se  réduit à un opportunisme politique de nature très électorale. Autre contradiction, celle de l’environnement où le chef de l’État veut apparaître comme l’un des grands leaders mondiaux sur ce terrain de la nouvelle modernité mais à côté des grands discours prononcés dans les cercles internationaux, la pratique ne change guère et la France est toujours accusée par l’Europe de ne pas respecter ses propres objectifs. On pourrait multiplier les exemples. Dès lors,  on peut se demander comment Macron parvient quand même à donner une apparence de cohérence à son projet politique. Tout simplement par le déversement continu d’un verbiage véhiculé par les grands médias.

Macron est le seul à pouvoir s’expliquer sur sa philosophie et son projet, il multiplie donc les déplacements, les interventions et les interviews. Mais le fleuve du verbe présidentiel ressemble surtout à une sorte de diarrhée verbale. Des propos souvent contradictoires, des mots, des phrases, des périphrases en forme de torrent qui inonde et saoule l’auditoire. Des exemples, le premier concernant le fameux débat avec les intellectuels qui avaient fini par user les intéressés vers une heure du matin au point que certains dormaient et que d’autres ont  rejoint leur lit avant la fin du monologue. Dernier exemple, l’interview fleuve dans le très droitier magazine valeurs actuelles où finalement Macon ne dit rien clairement ou plus exactement dit tout, son contraire aussi, cela noyé dans des propos d’une grande banalité et des évidences. La vérité, c’est que Macron n’a pas vraiment de philosophie ni de projet politique autre que celui de son maintien pouvoir. Il n’y a pas non plus de mouvement ni même de personnel politique susceptible d’expliquer le macronisme et encore moins de l’incarner. La seule personnalité qui lui ressemble c’est sans doute la responsable la porte parole du gouvernement Sibeth Ndiaye; elle aussi  verse dans une diarrhée verbale impossible à supporter , un flot inarrêtable de mots pour masquer le vide total de la pensée. Macron, lui a au moins l’avantage de donner une enveloppe pseudo intellectuelle à ses discours verbeux.

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