Archive pour le Tag 'l’emploi'

Une politique climatique est favorable à l’emploi

 Une politique climatique est favorable à l’emploi

 

La sociologue Dominique Méda montre, dans une tribune au « Monde », que le changement de modèle économique qu’exigent les crises environnementale et sociale actuelles créera plus d’emplois qu’il n’en détruira.(extrait)

 

 

 

Tribune.
 Le XIXe siècle avait produit une condition ouvrière misérable, mais aussi son antidote : une profusion d’utopies sur le travail, dont témoignent les innombrables projets de phalanstères, d’ateliers sociaux ou de communautés de « producteurs associés ». Depuis, les conditions de travail se sont considérablement améliorées – même si, en France, la moitié des actifs associent travail et mal-être. En revanche, toute trace d’utopie a disparu. Au contraire, l’espace public est saturé de prédictions anxiogènes et d’annonces glaçantes : disparition de l’emploi sous les coups de l’automatisation, fin des professions, polarisation accrue… Tout se passe comme si nous n’avions pas notre mot à dire et comme si toutes les innovations technologiques susceptibles d’augmenter le profit de quelques-uns et de détruire l’emploi de tous devaient être adoptées coûte que coûte. 

Cette doxa occulte surtout l’absolue priorité qui devrait désormais être la nôtre : engager au plus vite nos sociétés dans la reconversion écologique et reconstruire de fond en comble notre économie. Les guerres, rétorquera-t-on, ont été les seuls moments où des restructurations massives ont pu être engagées. Certes, mais nous sommes bien en guerre contre le réchauffement climatique et nous avons peu de temps pour reconvertir notre économie. Prendre cette menace au sérieux et s’engager dans cette voie dessine paradoxalement un tout autre paysage pour l’avenir du travail.

La mise en œuvre d’un tel scénario exige un certain nombre de conditions : rompre avec l’obsession de la croissance (mais pas avec les activités utiles mises au service de la satisfaction des besoins essentiels de tous) ; encadrer notre production dans des limites sociales et environnementales strictes traduites dans quelques indicateurs (empreinte carbone, indice de bio-diversité, indice de santé sociale) ; investir massivement pendant au moins vingt ans dans la rénovation thermique des bâtiments, les infrastructures ferroviaires, cyclables et fluviales, mais aussi la santé, l’éducation et la recherche ; faire de l’Etat le chef d’orchestre intelligent d’une planification souple intégrant les territoires ; développer la dimension emploi des scénarios issus de la Stratégie nationale bas carbone.

A toutes les étapes et dans toutes les variantes de ce scénario, nous aurons besoin de plus de travail humain : d’une part parce que les secteurs dont la production doit être réduite emploient moins de main-d’œuvre que ceux qui doivent être développés, mais aussi parce que nous devrons réduire le recours à des adjuvants chimiques et mécaniques générateurs de pollution et consommateurs d’énergie. Certes, il y aura des suppressions d’emplois – dont l’ampleur et les conséquences dépendront des choix collectifs que nous ferons. Mais dans tous les cas, nous assisterons de façon quasi certaine à une forme d’« d’antidéversement » – Alfred Sauvy parlait de « déversement » des emplois du secteur primaire dans le secondaire puis le tertiaire à mesure de l’augmentation des gains de productivité – et à de nombreuses créations d’emplois dans l’agriculture, le bâtiment, les travaux publics et l’énergie.

Économie États-Unis: les mauvaises statistiques de l’emploi plombent la bourse et le moral

Économie États-Unis: les mauvaises statistiques de l’emploi plombent la bourse et le moral

 

 

Au-delà de la baisse enregistrée dans les valeurs boursières, ce sont surtout les mauvais chiffres de l’emploi qui sont inquiétants pour l’économie des États-Unis et même mondiale. Selon l’enquête mensuelle de la firme ADP, les créations d’emplois ont été de moitié à ce qui était prévu, soit 330.000 seulement.

En outre le vice président de la Fed a parallèlement laissé entendre que les taux pourraient à nouveau augmenter à partir de 2023, ce qui a aussi refroidi investisseurs et acteurs économiques. Pour Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services, il y a le sentiment parmi les investisseurs que «les beaux jours sont derrière nous». «Les marchés actuellement punissent même des compagnies qui arrivent à surprendre en bien ou en très bien au niveau de leurs résultats», soulignait le gérant de fonds. «Cela veut dire que les investisseurs considèrent qu’on est arrivé à un sommet des bonnes nouvelles, une crête au niveau des profits et que cela annonce des jours plus difficiles», a-t-il ajouté.

États-Unis : mauvais résultats de l’emploi

États-Unis : mauvais résultats de l’emploi

 

Les créations d’emplois aux Etats-Unis ont été décevantes en avril avec 266.000 emplois ont été créés le mois dernier contre 770.000 en mars et très loin du million attendu. «Cela a dissipé les craintes d’une hausse des taux d’intérêt, ce qui laisse plus de marge pour la poursuite de la reprise et une hausse de la demande de pétrole», a indiqué Phil Flynn de Price Futures Group.

Mutation vers la voiture électrique : un impact important sur l’emploi

 

 Mutation vers la voiture électrique : un impact important sur l’emploi

 

Quand vous abandonnez une technologie pour une autre [le thermique pour l'électrique], qui utilise sept fois moins de composants que pour la fabrication d’un moteur et qui nécessite trois fois moins d’ouvriers, évidemment ça a des conséquences sur l’emploi », détaille sur notre antenne Luc Chatel, président de la PFA. ( Organisation qui regroupe l’ensemble des constructeurs ) : de ce faite 100 000 emplois seraient menacés dans la filière

Certains métiers « vont disparaître dans la forge, dans la fonderie, dans la mécanique. D’autres vont se transformer et émerger », assure Luc Chatel. Concrètement, il souhaite que l’Etat aide les « entreprises qui vont rencontrer de grandes difficultés, dans la sous-traitance notamment ».

Selon celui qui fut porte-parole du gouvernement sous la présidence de Nicolas Sarkozy, « ce ne sont pas les industriels de l’automobile qui ont décidé du jour au lendemain de faire des batteries« .

La France « a un rôle à jouer dans l’automobile du futur », croit l’ancien politique. Pour cela, le pays doit attirer de grands projets industriels pour revenir dans la course, plaide le président de la PFA. A l’heure actuelle, l’Europe compte 25 projets de giga factories dont dix en Allemagne et « seulement un en France », selon Luc Chatel.

« L’entrepreneuriat réponse à l’emploi  » ! (Pepy)

« L’entrepreneuriat réponse à l’emploi  » !  (Pepy)

Guillaume Pepy, le patron du réseau associatif de financement des entreprises Initiative France, veut mettre la création d’entreprises au coeur de la relance économique. L’ex-PDG de la SNCF souhaite en 2021 accélérer la réorientation de l’économie vers la transition écologique et le numérique. En attendant, les associations membres d’Initiative France doivent encore faire face à « des situations personnelles dramatiques ».

 

On peut quand même se demander de quel légitimité jouit Guillaume Pépy  jouit pour parler d’entreprenariat, lui qui a surtout exercé ses fonctions dans le secteur public et à la SNCF ! NDLR  

Interview dans la Tribune

 

- Plus d’un an après l’arrivée du virus en Europe, quel bilan tirez-vous pour les entreprises accompagnées par le réseau Initiative France ?

GUILLAUME PEPY- Depuis le début de la crise, nous avons assisté à un double mouvement. D’un côté, une réduction des créations d’entreprises de l’ordre de 15%, qui correspond aux deux confinements. Et, en parallèle, une explosion de l’activité de l’accompagnement des jeunes entreprises en difficulté. L’activité du réseau a crû de 70% en 2020. 32.000 entreprises ont été accompagnées durant cette période.

Pour les entreprises créées avant le Covid, le choc a été rude. Elles ont avant tout tout fait pour survivre avant de pouvoir rebondir. De ce point de vue, l’Etat, les régions et Bpifrance ont vraiment fait leur travail. Nos 21.000 bénévoles et 1.000 salariés ont déployé toute leur énergie pour rencontrer les entrepreneurs et les soutenir. Nous avons pu rééchelonner leur prêt, les aider à repositionner leur activité, les orienter parmi les nombreuses mesures qui ont été prises. Toutes ces jeunes entreprises ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé et humain déterminant. Les jeunes entreprises qui ont pu résister doivent maintenant construire l’avenir.

Quelles sont les principales difficultés exprimées par les entrepreneurs depuis un an ?

La situation personnelle des entrepreneurs à la tête de jeunes entreprises a été dans certains cas dramatique. Un sur trois n’a reçu aucune rémunération, un autre tiers a connu une baisse de rémunération réduite et seul un tiers a pu s’assurer une rémunération normale. Les sujets de trésorerie ont été très lourds et complexes à gérer. Les plans garantis par l’Etat (PGE) et les rééchelonnements de prêts ont permis de sauver l’essentiel des entreprises. Mais, ce qui a le plus compté, c’est la capacité des entrepreneurs à repositionner leur activité. Beaucoup d’entreprises développaient des activités à l’international. Certaines étaient sur des marchés qui ont tout simplement disparu avec la pandémie. Je pense, par exemple, à des entrepreneurs qui s’étaient lancés dans des activités de tourisme à l’étranger, qui ont su pivoter vers du tourisme de proximité. Ou encore, à ce jeune restaurateur parisien qui s’est lancé dans la préparation de plats pour les professionnels, pour pallier les effets de la crise. Grâce à la crise, certaines personnes ont créé des activités de circuit-court ou dans l’économie circulaire. Les grands vainqueurs de cette crise sont le local et les activités de proximité.

La crise a mis en lumière la fragilité du statut des indépendants. Comment faire pour améliorer leur accompagnement ?

Avec les réformes menées depuis une dizaine d’années comme celle des auto-entrepreneurs, les conditions de création des nouvelles entreprises sont devenues favorables. Des problèmes de bureaucratie existent toujours mais beaucoup d’acteurs, et notamment les banques, jouent le jeu, contrairement à certaines idées reçues. Les grands réseaux comme BNP Paribas, Société générale, Crédit Agricole ont fait des efforts pour accompagner ces entreprises. Les régions et les intercommunalités ont également joué un rôle important en faisant preuve de souplesse sur les différés de loyer, par exemple. Certaines communes ont aidé les entrepreneurs à identifier de nouveaux circuits de commercialisation. Les très petites entreprises et les indépendants ont été aidés grâce à cette mobilisation.

La crise a aussi montré que l’accompagnement par des réseaux comme le nôtre avait une très forte valeur ajoutée sur la pérennité des nouvelles entreprises. Les porteurs de projet qui créent ou reprennent leur entreprise avec le réseau Initiative France ont plus de 9 chances sur 10 de voir leur entreprise encore en activité, après trois ans. Quand ces porteurs de projet travaillent de manière isolée, ils n’ont que 6 chances sur 10 d’être là au bout de trois ans.

 

Quelle est votre feuille de route pour l’année 2021 ?

La priorité de notre réseau en 2021 est de retrouver le niveau de créations d’entreprises d’avant la crise. On est assez optimiste. Les premiers résultats de créations pour le premier trimestre 2021 sont très encourageants. On constate un vrai engouement pour la création ou la reprise d’entreprise. L’entrepreneuriat est l’une des réponses à la relance et au problème de l’emploi. En 2020, nous allons aussi poursuivre l’accompagnement des entreprises en difficulté. Beaucoup de secteurs sont encore fermés et les entrepreneurs ont besoin de nous.

La troisième priorité est de participer à la réorientation de l’économie autour de la transition écologique et numérique et du retour au local. Dans les deux années qui viennent, nous allons soutenir les entreprises à impact sociétal, environnemental ou territorial, en octroyant 3.000 Labels « Initiative Remarquable ».

Cette feuille de route, nous allons la mettre en œuvre avec nos partenaires, aussi bien l’Etat, les Régions, les intercommunalités et Bpifrance, que les entreprises privées, qui sont de plus en plus nombreuses à s’engager pour la création d’entreprises dans notre pays.

Quel regard portez-vous sur le plan de relance du gouvernement ?

Nos associations sur le terrain l’ont de manière générale trouvé concret et assez complet, avec des ambitions fortes sur l’entrepreneuriat, la transition écologique ou encore la transformation numérique. Il reste que la demande des entrepreneurs n’est pas d’être soutenus à bout de bras par de l’argent public. Leur première demande est de pouvoir travailler à nouveau, dans des conditions respectueuses des consignes sanitaires mais qui leur permettent de retrouver leurs clients et leur chiffre d’affaires. Plus vite la campagne de vaccination avancera, plus les jeunes entreprises pourront redevenir autonomes.

Beaucoup d’économistes redoutent une levée trop rapide des mesures d’urgence. Comment doit s’opérer une telle transition pour limiter les faillites et les destructions d’emplois ?

Cette crise sanitaire, économique et sociale a fait apparaître de nouveaux besoins et des préoccupations nouvelles, comme les services à domicile, les services médico-sociaux, les services de proximité, de l’économie circulaire et les circuits courts. Il y a de nouvelles opportunités d’entreprendre aujourd’hui. A l’autre extrême, des commerces, des activités culturelles attendent toujours de pouvoir rouvrir. Les aides doivent donc être très ciblées et adaptées à la situation de chaque secteur et de chaque entreprise. Un surcroît d’aides pourrait amener certaines entreprises à un niveau d’endettement excessif. L’essentiel, c’est le retour à l’activité et à la consommation, qui permettront aux entreprises de vivre et aux emplois d’exister.

États-Unis : un plan de 2000 milliards stratégique pour les infrastructures et l’emploi

États-Unis : un plan de 2000 milliards stratégique pour les infrastructures et l’emploi

 

 

Pour l’économiste John Plassard, le plan Biden est l’occasion de reconstruire le pays, de créer de l’emploi et de ramener la croissance (interview dans l’Opinion)

 

Le plan pour les infrastructures et l’emploi que le président américain Joe Biden devait présenter mercredi comporte des dispositions visant à réduire la dépendance des Etats-Unis aux énergies fossiles et à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. D’un montant d’environ 2 000 milliards de dollars, son objectif est de rénover les infrastructures et de soutenir l’emploi aux Etats-Unis pendant huit ans.

John Plassard est spécialiste des investissements pour le groupe bancaire et financier Mirabaud.

Les Etats-Unis ont-ils besoin d’un méga-plan d’investissement dans les infrastructures comme celui présenté par Joe Biden ?

Oui, car elles sont dans un état catastrophique. Chaque année, la société américaine du génie civile, l’American Society of Civil Engineers (ASCE), dresse l’état des lieux des infrastructures nationales. Ses notes vont de A à F. Or, depuis 1998, la note moyenne ne dépasse pas le D. Aucun secteur n’a jamais eu de A aux Etats-Unis. C’est un vrai problème structurel. La meilleure note du dernier rapport a été accordée au transport ferroviaire et cela a été un B. Globalement, les réseaux routiers et électriques, l’eau, les aéroports, les établissements scolaires etc. sont dans un état déplorable. Dans la foulée de sa grande réforme fiscale, Donald Trump avait essayé de faire voter un plan d’investissement de 1 000 milliards de dollars qui n’était pas aussi « vert » et aussi tourné vers les énergies renouvelables que celui de Joe Biden. Mais entretemps, Trump a perdu les élections de mi-mandat de 2018 et ne disposait donc plus de majorité au Congrès. L’ambition, aujourd’hui, est de refaire les routes, de mettre en place des réseaux électriques intelligents, de généraliser la 5G et d’installer des bornes pour les véhicules électriques, quasiment inexistantes actuellement. Il faut vraiment le faire. C’est l’occasion de reconstruire le pays, de créer de l’emploi et de ramener la croissance.

Quel en sera l’impact ?

C’est un champ énorme qui répond au programme électoral de Joe Biden. C’est aussi un moyen assez « facile » de faire revenir la croissance, même si ce n’est pas pour demain, vu les délais d’application que cela va nécessiter. Mais pour les entreprises, les carnets de commandes qui se remplissent sont un facteur très important. Sachant que politiquement, l’administration actuelle doit faire voter ce paquet avant les élections de mi-mandat de 2022 qu’elle risque de perdre. Ce sera sans doute plus compliqué si le parti républicain reprend le contrôle du Sénat ou de la Chambre des représentants, même s’il est d’accord sur quelques points du plan.

« Si le mot “impôt” n’est pas prononcé, le plan a des chances de passer, car tout le monde est d’accord sur la nécessité de moderniser les infrastructures »

Le débat va porter sur le financement avec notamment l’idée de relever l’impôt sur les sociétés…

Il y a la piste de partenariat public-privé ou l’introduction en Bourse de certains actifs comme des aéroports… Le plus simple serait d’augmenter les impôts sur les entreprises et d’effacer les réductions de 28 % à 21 % réalisées par Donald Trump. Certains à gauche, comme Bernie Sanders, poussent Joe Biden à utiliser cette arme. Mais ce serait mal venu dans une période de récession et de graves difficultés. S’il y a une quatrième vague pandémique malgré la campagne de vaccination, cela pourrait être dramatique, tant politiquement qu’économiquement. Cela peut se faire dans un deuxième temps quand la situation se sera améliorée et qu’il faudra rembourser les dettes. On peut envisager d’ailleurs deux paquets. Dans un premier temps, un plan classique portant sur les infrastructures classiques et, dans un second temps, un plan dit d’infrastructure humaine d’un même montant de 2 000 milliards de dollars visant les étudiants ainsi que tous les travailleurs et chômeurs durement touchés par la crise. Il y a quand même une dizaine de millions d’Américains qui ont perdu leur emploi du fait de la Covid. C’est là qu’il serait possible d’évoquer des hausses d’impôt si les démocrates conservaient la majorité des sièges dans les deux chambres du Congrès.

Le premier volet a-t-il des chances d’être adopté durant cette législature ?

Cela va se négocier en sous-main avec les républicains. Ce sera du donnant-donnant sur des sujets n’ayant pas forcément à voir avec le plan. Si le mot « impôt » n’est pas prononcé, il a des chances de passer, car tout le monde est d’accord sur la nécessité de moderniser les infrastructures. C’est la promesse de créations d’emploi et d’un retour à un taux de croissance autour de 3 % à 4 %, histoire de pouvoir concurrencer la Chine.

N’y a-t-il pas un risque supplémentaire de réveiller l’inflation ?

Non. C’est une menace déjà évoquée après l’adoption du dernier plan de relance de 1 900 milliards de dollars. Or, je n’y crois pas du tout. Car sur cette somme, 405 milliards sont destinés à abonder les chèques envoyés aux ménages américains. Or, très peu de cette enveloppe sera dévolue à la consommation réelle. On l’a vu avec le précédent chèque envoyé par l’administration Trump. Une bonne partie ira au remboursement des dettes et une autre à l’épargne. Ce qui est compréhensible tant que la confiance ne sera pas totalement rétablie et le retour à la normale acquis. Et l’inflation est surtout entraînée par la hausse des salaires, ce qui n’est pas le cas actuellement aux Etats-Unis. On pourrait éventuellement assister à une baisse du dollar du fait d’un nouveau dérapage des déficits publics, mais cela n’ira pas au-delà.

Etats-Unis : comme l’économie, le retour de l’emploi pas avant 2023

Etats-Unis : comme l’économie,  le retour de l’emploi pas avant 2023

 

Le président de la Réserve fédérale de Chicago, Charles Evans, membre aussi de la Fed considère que le redressement économique américain interviendra mais pas avant 2023. À noter que l’expert n’exclut pas une amélioration parallèle du chômage mais aussi une hausse de l’inflation.

«Je pense que le taux de chômage reviendra près de son niveau pré-pandémique de 3,5% d’ici fin 2023. Concernant l’inflation, le chemin est encore long», a détaillé le président de la Fed de Chicago lors d’une conférence virtuelle de l’université d’Oakland (Michigan).

La consommation devrait pourtant bondir, notamment au printemps, lorsque l’activité repartira avec la vaccination d’une large partie de la population. Les prix devraient donc grimper, d’autant plus que ceux de mars et avril 2020, auxquels ils seront comparés, étaient en chute à cause des premiers confinements. L’inflation sur un an pourrait alors dépasser les 2%, mais cela ne sera que temporaire. «Je m’attends à ce que l’inflation se stabilise et termine l’année dans une fourchette de 1,5% à 1,75%», a indiqué Charles Evans. En 2020, l’inflation annuelle était de 1,3%, en ralentissement par rapport à 2019, selon l’indice PCE, utilisé par la Fed.

Inventer de nouvelles solutions pour l’emploi

Inventer de nouvelles solutions pour l’emploi

Les consultantes en ressources humaines Marie Bouny et Marine Roussannes détaillent, dans une tribune au « Monde », les alternatives aux plans sociaux qui se profilent massivement à l’horizon des entreprises.

Tribune. Après l’activité partielle, le chômage de masse ? Pour éviter le recours au plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) – autrement dit aux licenciements –, les entreprises disposent aujourd’hui de nombreux outils qui permettent de répondre à des crises conjoncturelles ou à des évolutions structurelles. Choisir les dispositifs adaptés à chaque situation suppose de s’appuyer sur un dialogue social fort et transparent. Tous les acteurs de l’entreprise ont à y gagner.

Actuellement, les entreprises des secteurs les plus exposés à la crise ont placé la quasi-totalité de leurs salariés en activité partielle. Une respiration artificielle qui ne peut être que temporaire. Comment les entreprises vont-elles survivre au choc de son arrêt ?

La reprise d’activité sera réduite dans certains secteurs, et les entreprises qui n’avaient pas su se réorganiser au cours des dernières années auront du mal à retrouver leur niveau de performance antérieur. Pour d’autres, une partie des difficultés conjoncturelles pourraient devenir structurelles.

Solution de facilité

Certains observateurs craignent une multiplication des PSE, qui accroîtrait un chômage déjà en hausse de 10 % depuis le début de la crise. Cela semble être la solution de facilité : les entreprises savent qu’elles peuvent l’imposer, même sans signature d’un accord, et atteindre leurs objectifs de réorganisation dans un délai précis. Mais c’est aussi le choix le plus radical, car il implique des départs contraints, et aussi le plus onéreux pour les entreprises.

D’autres dispositifs peuvent être mobilisés, comme l’accord de performance collective (APC) et l’activité partielle de longue durée (APLD)

Face à une crise inédite, l’Etat a su prendre ses responsabilités. En 2020, le coût de l’activité partielle pour l’Etat et l’Unédic devrait atteindre 29 milliards d’euros, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Le « quoi qu’il en coûte » est un lourd investissement que la collectivité devra assumer tôt ou tard. Les entreprises doivent aussi jouer leur rôle. Certaines prennent conscience que le PSE n’est pas la seule solution. En accroissant son chômage, le pays ne pourra pas se redresser et les entreprises en pâtiront inévitablement. Et quand la croissance reviendra, les compétences perdues manqueront.

Lire la chronique : Dominique Méda : « Territoire zéro chômeur : pour la généralisation d’un dispositif d’utilité sociale »

Beaucoup d’autres outils existent et peuvent être combinés pour répondre à des enjeux souvent multiples dans une même entreprise.

Pour éviter les départs contraints du PSE, on peut bien sûr choisir des dispositifs de départs volontaires, comme le plan de départs volontaires (PDV) ou la rupture conventionnelle collective (RCC) créée récemment. Ou encore, si le calendrier le permet, la gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP), qui favorise les mobilités et les reconversions professionnelles.

Banques : hécatombe de l’emploi au plan mondial

Banques : hécatombe de l’emploi au plan mondial

En France mais partout dans le monde le secteur bancaire fait succéder les plans de réduction d’effectifs au motif d’une part que les postes  des activités d’investissement doivent se réduire en raison de la crise mais que les activités générales, sont affectés d’une part par le traitement numérique des données, les habitudes des consommateurs mais aussi par la moindre rentabilité des banques du fait de la faiblesse des taux d’intérêt.

D’une certaine manière le secteur bancaire connaît à peu près le même phénomène de transformation que l’industrie automobile par exemple.

. En 2020, le secteur, touché par la crise sanitaire, a supprimé plus de 80.000 postes à travers la planète. Soit un tout petit peu plus qu’en 2019, année déjà noire. Une fois encore, l’Europe paie le plus lourd tribut, concentrant 80% des réductions d’effectifs selon Bloomberg. Santander, la première banque espagnole, prévoit, elle, de supprimer 4000 emplois, soit davantage que les néerlandaises ABN Amro (2500) et ING (1000). Plus marquant, HSBC, qui est en pleine réorganisation, s’apprête à réduire la voilure en supprimant 35.000 postes en trois ans à l’échelle mondiale.

 

 

En Allemagne, Deutsche Bank prévoit donc de fermer 20% de ses agences en Allemagne “aussi rapidement que possible” pour tirer parti des changements d’habitude de ses clients pendant la crise du coronavirus, au-delà de ses efforts de réduction des coûts, a dit

Ces fermetures sont décidées alors que Deutsche Bank est déjà engagée depuis 2019 dans une vaste réorganisation de ses activités internationales après des années de pertes.

Les banques en Allemagne disposent traditionnellement de plus d’agences que dans d’autres pays d’Europe comme les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne, où la clientèle est moins réticente à l’utilisation des outils numériques pour la gestion de leurs comptes. Avec la crise du coronavirus et les confinements de population, les banques à travers l’Europe ont engagé une réflexion sur leur présence géographique avec les agences.

Commerzbank, deuxième banque d’Allemagne derrière Deutsche Bank, a récemment annoncé la fermeture de 200 de son millier d’agences. Elle a prévenu qu’elle pourrait en fermer des centaines d’autres.“Le coronavirus a accentué l’évolution de la demande envers les services de conseil et l’activité de détail”, a dit Deutsche Bank.

“Même les clients qui auparavant n’étaient pas très à l’aise avec la banque en ligne effectuent désormais beaucoup de transactions bancaires de base de chez eux, sur leur ordinateur ou leur iPad”, a-t-il ajouté.

Le phénomène est mondial il est à la fois conjoncturelle du fait de la crise sanitaire mais surtout structurel  compte tenu de la transformation des relations entre les structures bancaires traditionnelles et le consommateur.

Trump : un bilan dramatique pour l’emploi

Trump : un bilan dramatique pour l’emploi

Comme l’a rapporté vendredi le ministère du Travail, l’emploi total aux États-Unis a chuté de 140000 à 142,6 millions en décembre, soit environ 10 millions d’emplois de moins qu’avant le déclenchement de la pandémie de coronavirus.

On constate un écart d’environ 3 millions d’emplois entre le niveau de décembre 2020 et celui de janvier 2017, lorsque Trump a pris ses fonctions.

La dernière année au pouvoir de Trump a été ponctuée de superlatifs économiques, tous provoqués par le COVID-19 et la vague de restrictions sur les affaires et l’activité imposées pour essayer de contenir sa propagation rapide et mortelle.

L’épidémie – qui a maintenant infecté près de 21,5 millions de résidents américains et tué plus de 365 000 personnes – a déclenché la récession la plus rapide et la plus profonde de l’après-guerre.

Le taux de chômage est passé d’un creux d’un demi-siècle de 3,5% en février 2020 à 14,8% en seulement deux mois, alors que plus de 22 millions de personnes ont été mises au chômage. Bien qu’il soit descendu depuis à 6,7%, il est de 2 points de pourcentage plus élevé qu’il ne l’était lors de son assermentation.

Sur ce front, au moins, Trump a de la compagnie: il est le troisième président républicain d’affilée à quitter ses fonctions avec un taux de chômage plus élevé que lors de son investiture. Le président George W. Bush et le président George HW Bush ont supervisé la hausse des taux de chômage pendant leur mandat.

« Face au chômage : L’emploi public garanti : la solution » ?

« Face au chômage : L’emploi public garanti : la solution » ?

 

Trois économistes, Aurore Lalucq, Dany Lang et Pavlina Tcherneva, constatent dans une tribune au « Monde » l’échec du contrôle des chômeurs et des subventions à l’embauche dans le privé, alors que des besoins sociaux restent insatisfaits. Pourquoi ne pas créer les emplois publics qui y répondront, à moindre coût ? Une vision qui pourrait bien être contestée d’autant que la France compte déjà le plus grand nombre de fonctionnaires et assimilés des pays développés. Faire des chômeurs des fonctionnaires est-ce vraiment la solution ?

 

Tribune.

 

Dix millions de pauvres, trois cent mille personnes sans domicile fixe. Telle est la situation sociale à laquelle la France doit faire face à court terme suite à l’aggravation de la situation économique et à l’explosion du chômage, qui devrait toucher huit millions de personnes d’ici à la fin de l’année.

Une situation qui risque de se dégrader encore à terme, avec les effets probables du deuxième épisode de confinement et la mise à l’arrêt de l’activité des secteurs « bruns », tels que l’aérien ou l’automobile, dont la transition indispensable vers un modèle bas carbone n’a toujours pas été préparée.

En plus de la perte de revenu, le chômage inflige aux individus et à leurs familles des coûts considérables allant des conséquences de la faible estime de soi à la détérioration de la santé mentale et physique, et même à une mortalité accrue. Face à ce constat et à ces perspectives dramatiques, il est plus qu’urgent de repenser nos politiques d’emploi pour passer d’une politique de l’incitation et de l’offre à une politique de l’action.

En effet, c’est un paradoxe bien documenté que coexistent, au sein du capitalisme financiarisé, un chômage de masse et des besoins sociaux insatisfaits. Cela n’a pourtant rien d’une fatalité, et résulte très largement des politiques mises en œuvre depuis plus de quatre décennies.

Ces politiques se sont essentiellement concentrées sur les incitations à la reprise d’emploi, comme si le chômage résultait avant tout de la fainéantise des personnes sans emploi ; et sur les politiques de l’offre, en premier lieu les coûteuses subventions à l’embauche. Leur échec est flagrant.

C’est ainsi que le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), censé redonner des marges de manœuvre aux entreprises pour leur permettre de regagner en compétitivité et d’embaucher, a coûté plus de 90 milliards d’euros en cinq ans et n’a permis de créer qu’environ 100 000 emplois. Sur les entreprises en ayant bénéficié, seul un quart a effectivement embauché, les trois quarts restants se contentant de bénéficier de cette manne !

Il est donc temps de renoncer à ces politiques de gâchis d’argent public, si précieux en temps de crise, et avec elles au fatalisme et à la résignation.

Les urgences auxquelles nous faisons face nous invitent à investir dans les filières d’avenir, à remettre en place une véritable politique industrielle, à s’engager dans la formation et la reconversion massive des travailleurs des industries les plus touchées. Et à proposer un emploi correspondant aux besoins de la société afin notamment de lutter contre la dégradation de notre patrimoine écologique et social. Autrement dit une politique de « garantie d’emploi ».

Très fort rebond de l’emploi au T3 !!!

Très fort rebond de l’emploi au T3 !!!

De façon presque unanime les grands médias titrent que l’emploi a enregistré un fort rebond au troisième trimestre. En fait il s’agit d’une progression de 1,8 % mais à comparer avec la suppression de 700 000 emplois pour les trois premiers trimestres de l’année.

L’emploi salarié dans le secteur privé a augmenté de 1,8% avec 344.000 emplois créés entre fin juin et fin septembre. Il s’agit selon les statisticiens de la plus forte hausse trimestrielle depuis le début de la série débutée en 1970. Le déconfinement et la levée progressive des mesures drastiques pour limiter la propagation du virus ont entraîné un boom des embauches après une paralysie sévère de l’économie tricolore. Cette levée a en quelque sorte provoqué un rebond mécanique des créations d’emplois. En faite il ne s’agit pas vraiment de nouvelles créations d’emplois mais d’emplois qui avaient été gelés en quelque sorte notamment au second trimestre. Des emplois réveillés avec le déconfinement.

 

Évolution sur un an au troisième trimestre et niveau

données CVS en milliers en fin de trimestre.

évolution sur un an

T3

T3

Agriculture

-6,6

286,6

Industrie

2020

3 074,8

Construction

24,3

1 438,6

Services marchands

-197,4

12 136,5

intérim (*)

-76,9

713,9

hors intérim

-120,5

11 422,7

Services non marchands

9,6

2 505,6

Ensemble privé

-214,0

19 442,1

 

Quartiers : hausse de la prime pour l’emploi à 7000 €

Quartiers : hausse de la prime pour l’emploi à 7000 €

 

Les emplois dits francs vont bénéficier d’une hausse de la prime pour les quartiers difficiles. La prime qui était fixée jusqu’ici à 5.000 euros pour un recrutement en CDI sera relevée à 7.000 euros pendant un an, puis de nouveau fixée à 5.000 euros pour les deux années suivantes.

Elle s’élèvera à 5.500 euros la première année pour un CDD d’au moins six mois, puis 2.500 euros les deux années suivantes.

Le dispositif, qui devait expirer au 31 décembre, a également été prolongé d’un an.

“C’est la promesse que chacun doit pouvoir trouver sa place dans la République”, a déclaré jeudi matin la ministre du Travail Elisabeth Borne sur France 2. “Je ne peux pas accepter qu’un jeune ne trouve pas de travail parce qu’il n’a pas la bonne adresse ou qu’il n’a pas les bons codes.”

Ces “emplois francs” ont été mis en place à titre expérimental en 2018 avant d’être étendus en 2020 à l’ensemble des quartiers prioritaires.

« Petites entreprises: un enjeu central pour l’emploi »

« Petites entreprises: un enjeu central pour l’emploi »

Le sociologue Philippe Trouvé constate, dans une tribune au « Monde », que l’effondrement de l’économie a généré des mesures de soutien indiscriminé aux entreprises, englobant de fait les PME dans la politique économique.

Tribune. A la différence des grandes crises qui ont secoué l’économie mondiale au cours des dernières décennies, celle liée à la pandémie de Covid-19 éclaire d’un jour nouveau le rôle vital des très petites et des petites et moyennes entreprises (TPE et PME), qui pouvaient passer jusqu’ici, à l’heure de la « start-up nation », de la « révolution numérique » et du grand jeu de la « compétitivité mondiale », pour un poids mort.

Lire aussi  Patrons de PME éprouvés par la crise, témoignez

Les crises précédentes – crises asiatiques ou sud-américaines des années 2000, des subprimes en 2008, de la dette en 2010 – se sont surtout déployées dans le noyau dur du capitalisme financier : il s’agissait, pour reprendre la célèbre tripartition de l’économie inventée jadis par l’historien Fernand Braudel (Civilisation matérielle, économie et capitalisme, Armand Colin, 1979), d’un « phénomène d’altitude », touchant les relations commerciales « au loin ». En revanche, la crise présente, déclenchée par des mesures sans précédent de confinement des populations, a affecté en priorité les deux autres étages « braudéliens » de l’économie. D’une part, celui des « structures du quotidien », de « la vie matérielle » des populations qui tentent de satisfaire leurs besoins élémentaires (vie domestique, alimentation, santé…) ; d’autre part, celui des « échanges marchands de voisinage » et de « l’économie d’usage », domaine de la petite production artisanale, commerciale et servicielle.

Dès lors, le maintien de l’activité des plus petites entreprises, souvent les moins visibles et considérées comme les moins productives, est devenu brutalement un enjeu central pour les politiques publiques, habituées jusqu’alors à favoriser la compétitivité des entreprises considérées comme les mieux armées pour s’inscrire dans les chaînes de valeur mondialisées, ou offrant le plus fort potentiel de développement, d’innovation et de création d’emplois – les championnes de la French Tech, les PME insérées dans les « pôles de compétitivité », les « champions nationaux »…

A l’inverse des traditionnelles politiques publiques de soutien à la compétitivité ou à l’innovation, promptes à livrer les canards boiteux aux forces impitoyables du marché, il a fallu adopter un train de mesures plus prosaïques, frapper fort et tous azimuts. D’où le recours à des aides individualisées – là où les mesures de soutien étaient plutôt conditionnées à la capacité de se constituer en réseau, à des interventions à plusieurs niveaux – local, territorial, sectoriel et national –, quand les politiques antérieures prétendaient « cibler » des objectifs macroéconomiques, et enfin au resserrement des « critères d’éligibilité », auparavant complexes et illisibles, sur la sécurisation de la trésorerie à court terme (subventions salariales par l’activité partielle, reports de charges, d’impôts et de cotisations, prêts garantis par l’Etat, fonds de solidarité, etc.).

 

États-Unis : amélioration de l’emploi

États-Unis : amélioration de l’emploi

Pour la banque fédérale américaine (Fed) ,la politique monétaire très accommodante notamment le taux d’intérêt très bas va continuer sans doute encore pendant plusieurs années. L’objectif est en effet de soutenir à tout prix l’activité économique et l’emploi. Une orientation de politique monétaire qui semble donner des résultats puisque le recul du taux de chômage a été plus marqué qu’attendu en août, à 8,4%, après 10,2% en juillet.

« Je dirais que les chiffres d’aujourd’hui sur l’emploi sont de bons chiffres », a estimé le président de la Fed. « Au fil des mois de mai et de juin, nous n’avions eu que peu de personnes de retour au travail. »

« Nous pensons que l’économie va avoir besoin de taux d’intérêt bas, qui soutiennent l’activité économique, pendant une période prolongée. Elle se mesurera en année », a-t-il ajouté.

Politique monétaire : l’emploi , objectif de la Fed ?

Politique monétaire : l’emploi , objectif de la Fed ?

La Banque centrale américaine a décidé de mettre la pédale douce sur l’inflation qui pourrait dépasser l’objectif de 2 %. Par contre elle déclare faire de l’emploi sa priorité. Pourtant on voit mal le lien entre sa politique monétaire et la question du chômage notamment via l’instrument de l’inflation. La Fed comme d’ailleurs d’autres banques centrales et les différents gouvernements dans la période ont surtout recours à la méthode Coué. La vérité sans doute c’est qu’ils sont assez désarmés face à une crise non seulement conjoncturelle du faît du Corona virus mais aussi par des changements plus structurels notamment concernant la consommation des ménages. La Fed espère que sa tolérance vis-à-vis de l’inflation permettra  de créer davantage d’emplois. Et profiter ainsi à de nombreux foyers, y compris ceux à faibles revenus, très affectés par la crise. « La nouvelle stratégie de la Fed pourrait la conduire à maintenir des taux quasi nuls plus longtemps encore qu’anticipé jusqu’à présent », explique John Plassard, de Mirabaud.

Ce changement de politique est toutefois moins une recette magique qu’un signal adressé aux marchés pour souligner la réactivité de la Fed face à la crise. L’inflation a, en effet, rarement atteint les 2 % depuis 2012 et son lien avec le plein-emploi est ambigu. Le chômage, très bas aux États-Unis ces dernières années (3,5 % avant la pandémie), ne s’est pas accompagné, contrairement aux attentes des économistes, d’une remontée de l’inflation. D’autres banques centrales pourraient suivre la Fed. En particulier la BCE, qui a engagé une revue stratégique incluant une révision de sa cible d’inflation, fixée aussi à 2 %. Quoi qu’il en soit, il paraît « exagéré d’espérer un dépassement de l’inflation », tempère Samy Chaar, le chef économiste de Lombard Odier. Si la Fed veut atteindre sa cible, elle doit déjà « amener les banques à prêter à l’économie réelle », insiste-t-il.

Economie-La situation de l’emploi nourrit l’ épargne de précaution (Rexecode)

Economie-La situation de l’emploi  nourrit l’ épargne de précaution (Rexecode) 

L ‘incertitude sur l’évolution du marché de l’emploi risque d’encourager les Français à conserver le matelas d’épargne qu’ils ont constitué pendant le confinement d’après Pour Denis Ferrand, directeur général de Rexecode. Il propose une conversion de la dette des entreprises vis-à-vis de l’Etat en quasi-fonds propres. ( Interview les Échos)

Les Français ont continué en juillet à placer plus d’argent sur leur Livret A que les autres années. Ils restent prudents?

On assiste à la transformation d’une épargne forcée en une épargne de précaution . Pendant le confinement, on a observé une épargne qui n’en n’était pas une en réalité: elle était contrainte par l’impossibilité de consommer. Celle qu’on observe aujourd’hui reflète avant tout des inquiétudes face à l’évolution attendue du marché de l’emploi et en particulier de la part de ceux qui ont un emploi mais redoutent que leur situation personnelle ou celle de leurs enfants ou de leurs proches ne se trouve dégradée. Cette inquiétude est très forte.

Donc il n’y a pas de transfert de l’épargne vers la consommation?

Il y a en effet un peu de transfert. La consommation des ménages en biens durables était supérieure en juin à ce qu’elle était en janvier en particulier. Il y a eu un peu de déblocage de cette épargne accumulée pour pouvoir faire des achats qui avaient été reportés pendant le confinement. Maintenant, une fois cet effet de récupération dissipé, on peut se retrouver durablement avec un niveau de consommation plus faible que ce qu’il n’était avant le confinement.

Cette prudence se retrouve aussi sur les dépôts à vue des ménages…

Tout à fait. Et ce comportement de recherche de liquidités n’est pas propre aux ménages. Les entreprises ont aussi des dépôts très garnis. Il y a eu des situations où des entreprises levaient un prêt garanti par l’Etat (PGE) sans en avoir un usage immédiat. Les ménages comme les entreprises se constituent chacun sa ceinture et bretelles.

C’est un sujet récurrent mais qui devient plus urgent avec la crise: comment orienter cette épargne vers les entreprises?

C’est en effet un peu un serpent de mer. Combien de dispositifs ont été inventés pour essayer de réorienter l’épargne vers le financement de l’entreprise? Mais l’Etat est un peu schizophrène car l’orientation de l’épargne vers les fonds en euros d’assurance-vie est aussi un excellent moyen pour lui assurer des conditions de financement les plus faibles possibles. Bien entendu, désormais, la Banque centrale européenne a un rôle très important pour tirer les taux à la baisse, mais ceux qui sont les principaux financeurs de l’Etat restent les épargnants, parce que cette épargne est fléchée à destination de titres publics.

L’Etat réfléchit à des instruments de quasi – fonds propres pour aider les PME. Pourquoi ne pas utiliser cet afflux d’épargne?

Peut-être qu’on peut d’abord penser à ce qui s’est passé pendant le confinement et au changement de structure de bilans des entreprises. Beaucoup d’entre elles ont recouru à des PGE , mais aussi à des facilités de trésorerie comme les délais de cotisations sociales ou de versements d’impôts. De ce fait, elles se sont fabriquées une dette vis-à-vis de l’Etat. Le taux de non recouvrement des cotisations sociales atteint 35%, ce qui est tout à fait exceptionnel. En 2008 et 2009, ce taux était monté au maximum à 1,8%. Est-ce qu’on ne pourrait pas imaginer la transformation de cette créance de l’Etat…

…en quasi- fonds propres?

Oui. Pour le secteur du tourisme, on a dit que cette dette était tellement repoussée qu’on l’annulerait. Mais pour les autres, on pourrait la transformer en quasi-fonds propres sous forme de prêts participatifs qui ont la vertu de n’être remboursés qu’à partir du moment où il y a un retour à bonne fortune de l’entreprise. Ce serait peut-être plus rapide que d’inventer un nouveau dispositif.

On aurait un Etat actionnaire de milliers de sociétés ?

Justement, les chefs d’entreprises ne sont pas prêts à ouvrir leur capital. Là justement, ce n’est pas le cas car c’est un quasi fonds propre dans le sens où il n’y a pas de droit de propriété sur l’entreprise. On est bien sur un droit à percevoir des fonds à partir du moment où il y a du résultat.

Faire du cas par cas pour le soutien à l’emploi (OCDE)

Faire du cas par cas pour le soutien à l’emploi (OCDE)

 

Pour l’économiste, les gouvernements des économies avancées comme la France doivent relancer leurs économies avec la menace du virus toujours présente, et modifier leurs aides publiques pour faire du cas par cas (interview dans l’Opinion)

 

Laurence Boone est chef économiste de l’OCDE.

 

Laurence Boone est la chef économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Qu’est-ce qui pourrait limiter l’impact des plans de relance des économies avancées ?

C’est très bien et important de faire ces plans de relance qui sont nécessaires, et doivent être bien ciblés. On va devoir vivre avec la menace du coronavirus tant qu’il n’y aura pas de vaccin ou de traitement efficace, et il faut que les personnes comme les entreprises puissent reprendre une vie aussi normale que possible. Pour cela, je vois deux défis principaux. D’abord, il faut que les personnes consomment et que les entreprises investissent, et donc qu’elles aient confiance dans la capacité collective à gérer la vie avec le virus. Il faut que les citoyens respectent les mesures d’hygiène, de port du masque et de distanciation physique, mais aussi que les gouvernements aient des stratégies de test, traçage et isolement des malades pour contenir les éventuelles remontées du virus, et des confinements plus locaux si nécessaires.

Et le second défi ?

Il est d’arriver à protéger les personnes les plus vulnérables tout en faisant en sorte que celles travaillant dans les secteurs durablement impactés par le virus puissent retrouver un emploi, et que les capitaux des entreprises de ces secteurs soient réalloués à des domaines plus en croissance. C’est un équilibre difficile à trouver : si on protège trop, on risque de maintenir en vie des entreprises qui ne survivraient pas sans les aides publiques, mais si on ne protège pas assez, on risque de mettre beaucoup de personnes dans une situation précaire. Il faudrait en particulier regarder comment adapter les dispositifs de soutien à l’emploi suivant l’impact de la Covid et l’évolution de la reprise dans chaque secteur. Pour aider à la réallocation de l’emploi, il faut mettre des incitations en place et si nécessaire, prendre les gens par la main pour les aider à trouver un nouveau travail, changer de secteur, recevoir des qualifications et des formations dans le numérique ou la transition énergétique par exemple. Ce n’est pas souhaitable de geler des pans entiers de l’économie pendant un à quatre ans, il faut plutôt aider les personnes et les entreprises à se réinventer ailleurs.

Les échanges commerciaux internationaux sont en baisse. Est-ce que ce sera un frein au rebond des économies ?

Les échanges commerciaux ralentissaient déjà structurellement, avant la crise du coronavirus, à cause des tensions commerciales et de facteurs plus structurels. Mais ce qui a été peut-être plus surprenant avec cette crise, c’est que l’on a vu une grande résilience des chaînes de valeur et de production mondialisées. Elles n’ont pas été si perturbées, ce qui est plutôt rassurant. Il y a très peu d’endroits totalement fermés, où l’approvisionnement n’a pas pu se faire ailleurs. Les pénuries de masques ou de médicaments n’étaient pas dues à un problème de chaîne de production, mais au fait que la demande était massivement supérieure à l’offre, l’épidémie heurtant tout le monde à peu près en même temps. Si désormais les confinements sont plus localisés et moins concomitants, on pourra veiller à ne pas bloquer des nœuds cruciaux des chaînes de production. Il faudrait diversifier les sources d’approvisionnement et, pourquoi pas, développer certaines productions essentielles que l’on n’avait pas.

Les plans de relance des différents pays doivent-ils être synchronisés pour être efficaces ?

A l’OCDE, nous avons toujours plaidé pour la coordination, car il y a de tels effets d’entraînement d’un pays sur l’autre, tellement d’intégration, que si la demande ralentit dans un pays, les effets sur les pays avec lequel celui-ci échange sont importants. C’est particulièrement le cas en Europe : par exemple, un ralentissement en Allemagne a un effet sur les exportations françaises et italiennes, et vice-versa. Plus on s’accorde, mieux c’est calibré, et plus l’impact est important. Quand il y a un effort de coordination des pays du G20, comme à Londres durant la crise financière, cela dope la confiance des entreprises et des personnes, et cela contribue à la vigueur de la reprise. Le plan de relance européen est très positif pour cette raison. Au G20, il y a aujourd’hui un très fort appétit pour bénéficier des expériences des autres et que tout le monde accélère sa reprise en même temps. En outre, il y a eu la décision de reporter le service de la dette des pays pauvres, ce qui revient à une aide fiscale. Ce n’est pas la coordination de la crise financière, mais elle est là néanmoins, et c’est important.

 

La situation de l’emploi nourrit l’ épargne de précaution (Rexecode)

La situation de l’emploi  nourrit l’ épargne de précaution (Rexecode) 

L ‘incertitude sur l’évolution du marché de l’emploi risque d’encourager les Français à conserver le matelas d’épargne qu’ils ont constitué pendant le confinement d’après Pour Denis Ferrand, directeur général de Rexecode. Il propose une conversion de la dette des entreprises vis-à-vis de l’Etat en quasi-fonds propres. ( Interview les Échos)

Les Français ont continué en juillet à placer plus d’argent sur leur Livret A que les autres années. Ils restent prudents?

On assiste à la transformation d’une épargne forcée en une épargne de précaution . Pendant le confinement, on a observé une épargne qui n’en n’était pas une en réalité: elle était contrainte par l’impossibilité de consommer. Celle qu’on observe aujourd’hui reflète avant tout des inquiétudes face à l’évolution attendue du marché de l’emploi et en particulier de la part de ceux qui ont un emploi mais redoutent que leur situation personnelle ou celle de leurs enfants ou de leurs proches ne se trouve dégradée. Cette inquiétude est très forte.

Donc il n’y a pas de transfert de l’épargne vers la consommation?

Il y a en effet un peu de transfert. La consommation des ménages en biens durables était supérieure en juin à ce qu’elle était en janvier en particulier. Il y a eu un peu de déblocage de cette épargne accumulée pour pouvoir faire des achats qui avaient été reportés pendant le confinement. Maintenant, une fois cet effet de récupération dissipé, on peut se retrouver durablement avec un niveau de consommation plus faible que ce qu’il n’était avant le confinement.

Cette prudence se retrouve aussi sur les dépôts à vue des ménages…

Tout à fait. Et ce comportement de recherche de liquidités n’est pas propre aux ménages. Les entreprises ont aussi des dépôts très garnis. Il y a eu des situations où des entreprises levaient un prêt garanti par l’Etat (PGE) sans en avoir un usage immédiat. Les ménages comme les entreprises se constituent chacun sa ceinture et bretelles.

C’est un sujet récurrent mais qui devient plus urgent avec la crise: comment orienter cette épargne vers les entreprises?

C’est en effet un peu un serpent de mer. Combien de dispositifs ont été inventés pour essayer de réorienter l’épargne vers le financement de l’entreprise? Mais l’Etat est un peu schizophrène car l’orientation de l’épargne vers les fonds en euros d’assurance-vie est aussi un excellent moyen pour lui assurer des conditions de financement les plus faibles possibles. Bien entendu, désormais, la Banque centrale européenne a un rôle très important pour tirer les taux à la baisse, mais ceux qui sont les principaux financeurs de l’Etat restent les épargnants, parce que cette épargne est fléchée à destination de titres publics.

L’Etat réfléchit à des instruments de quasi – fonds propres pour aider les PME. Pourquoi ne pas utiliser cet afflux d’épargne?

Peut-être qu’on peut d’abord penser à ce qui s’est passé pendant le confinement et au changement de structure de bilans des entreprises. Beaucoup d’entre elles ont recouru à des PGE , mais aussi à des facilités de trésorerie comme les délais de cotisations sociales ou de versements d’impôts. De ce fait, elles se sont fabriquées une dette vis-à-vis de l’Etat. Le taux de non recouvrement des cotisations sociales atteint 35%, ce qui est tout à fait exceptionnel. En 2008 et 2009, ce taux était monté au maximum à 1,8%. Est-ce qu’on ne pourrait pas imaginer la transformation de cette créance de l’Etat…

…en quasi- fonds propres?

Oui. Pour le secteur du tourisme, on a dit que cette dette était tellement repoussée qu’on l’annulerait. Mais pour les autres, on pourrait la transformer en quasi-fonds propres sous forme de prêts participatifs qui ont la vertu de n’être remboursés qu’à partir du moment où il y a un retour à bonne fortune de l’entreprise. Ce serait peut-être plus rapide que d’inventer un nouveau dispositif.

On aurait un Etat actionnaire de milliers de sociétés ?

Justement, les chefs d’entreprises ne sont pas prêts à ouvrir leur capital. Là justement, ce n’est pas le cas car c’est un quasi fonds propre dans le sens où il n’y a pas de droit de propriété sur l’entreprise. On est bien sur un droit à percevoir des fonds à partir du moment où il y a du résultat.

Reprise économique mondiale : un choc terrible pour l’emploi

Reprise économique mondiale : un choc terrible pour l’emploi

Contrairement au discours un peu trop volontariste des politiques et des experts qui voient déjà la sortie de la crise pour 2021, les experts du fonds monétaire international se montrent beaucoup plus prudents et même inquiets. Ils constatent  que la croissance mondiale chutera autour de 5% pour 2020. Quant à la prévision l’année à venir, il faut s’attendre à un rebond moins important que prévu (-0,4) par rapport à la prévision initiale, soit seulement 5,4 % au lieu des presque 6 % prévus en avril . Au contraire, l’organisme basé à Washington revoit sévèrement à la baisse ses prévisions par rapport à ce qu’il avait annoncé en avril. Et le rebond anticipé en 2021 sera moindre, à 5,4 %, contre 5,8 % attendus en avril. La crise du Covid-19 a provoqué un plongeon plus fort que prévu, notamment du fait de la sévérité et de la longueur des confinements. Du côté sanitaire le virus est encore loin d’être maîtrisé. Il se déplace plutôt vers les États-Unis, l’Amérique latine et Amérique du Sud mais le nombre d’infectés ne cesse d’augmenter. Par ailleurs et surtout craint maintenant une deuxième vague de Corona virus pour l’automne qui contraindrait sans doute à des confinements mortels non de branches économiques. Comme on sait que tout les prévisions économiques sont toujours un peu… optimiste autant convenir qu’il faudra plusieurs années pour retrouver le niveau de croissance de l’année 2019. Du coup situation qui va générer une plus grande prudence de la part des investisseurs, des acteurs économiques et des ménages qui va faire se succéder une crise de la demande à une crise de la, l’une alimentant l’autre évidemment et  réciproquement.

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