Archive pour le Tag 'Lemaire'

LEMAIRE, MACRON, BORNE EN COL ROULÉ, DOUDOUNE ET BIENTOT EN UN PASSE-MONTAGNE ?

LEMAIRE, MACRON, BORNE EN COL ROULÉ, DOUDOUNE ET BIENTOT EN UN PASSE-MONTAGNE ?

IL FAUT VRAIMENT QUE LE GOUVERNEMENT MANQUE DE CONVICTION POUR QUE LES PLUS HAUTS RESPONSABLES POLITIQUES DU PAYS S’AFFICHENT DEVANT LES CAMERAS EN COL ROULE. DEMAIN SANS DOUTE EN PASSE-MONTAGNE . DE QUOI RELANCER AUSSI EN FRANCE L’INDUSTRIE DU PULL-OVER EN LAINE. POURTANT LA RENTREE POURRAIT ETRE CHAUDE AVEC D’UNE PART LES CONTRADICTIONS DU BUDGET ET DE LA REFORME DES RETRAITES. ON ATTEND DES POLITIQUES QU’ILS SE METTENT PLUTOT EN BRAS DE CHEMISE POUR FAIRE UNE VERITABLE REFORME EQUITABLE AU LIEU D’UNE REFORMETTE INJUSTE ET INEFFICACE. CETTE MISE EN SCENE EN COL ROULE ET DOUDOUNE DEVANT LES CAMERAS EST EVIDEMMENT PATHETIQUE AUTANT QUE RIDICULE. POURQUOI AUSSI NE PAS PRENDRE LA TEMPERATURE EN PUBLIC DES INTERESSES. ON OBJECTERA QUE LE SPECTACLE POURRAIT TUTOYER LA PORNOGRAPHIE MAIS CETTE DERNIERE N’A PAS BESOIN DE MONTRER LE CUL POUR ETRE QUALIFIEE COMME TELLE. LES PROPOS AUTANT QUE LE DEGUISEMENT DES RESPONSABLES SUFFISENT A LA RECONNAITRE.

Macro en col roulé et Élisabeth Borne, elle, en doudoune lors d’un échange avec le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet sur la sobriété énergétique, où elle s’est rendue vêtue d’une veste matelassée avec des papillons.
Le lendemain, rebelote dans l’Oise. La cheffe du gouvernement porte alors une doudoune bleu à motif marron tout comme sa ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. La communication de l’exécutif laisse dubitatif les oppositions.

« Si la situation n’était pas tragique, ce serait comique, leur histoire », a ironisé Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, invité sur BFMTV ce dimanche.
« Le président de la République qui vous fait une allocution officielle pour dire qu’il faut régler son chauffage à 19°C, ou les membres du gouvernement qui vous recommandent la doudoune, c’est du dernier chic », a poursuivi l’ancien candidat à l’investiture LR pour la présidentielle.

Le discours hypnotisant de Bruno Lemaire

Le discours hypnotisant de Bruno Lemaire

 

Si de toute évidence Bruno Lemaire ne dispose pas d’un charisme mobilisateur par contre il possède d’énormes qualités d’hypnotiseur qui permettent d’endormir ses interlocuteurs. Ainsi nombre de ses prévisions sont très approximatives sur fond d’optimisme un peu béat. La révolution « anthropologique » qu’il observe n’a sans doute pas encore pénétré le milieu politique qu’il représente. Bref beaucoup de langue de bois, lardée de vérités et d’évidences dans un emballage de promesses douteuses . Bref une interview « somnifèrique ». NDLR

 

Dans un entretien avec le ministre de l’Economie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique, réalisé à Bercy mardi 13 septembre lors du T-Day organisé par EY et La Tribune, Bruno Le Maire décrypte les enjeux de la crise actuelle de la mondialisation. Il reste optimiste sur la croissance française en 2023 malgré les risques de récession. Pour passer l’hiver, il veut réunir à Bercy les dirigeants des plus grandes entreprises françaises pour parler de l’adaptation de la consommation d’énergie. Fermement opposé à une taxe sur les superprofits, il est en revanche favorable à ce que les rentes des énergéticiens qui profitent de la hausse des prix de l’électricité soient redonnés à l’Etat.

A partir du 23 septembre, la Tour Eiffel va s’éteindre plus tôt pour faire des économies. Et à Bercy aussi, on va chasser le gaspi ?

Nous faisons très attention à notre consommation énergétique et nous la diminuons.

La mondialisation est en plein bouleversement. Dans quel monde sommes-nous en train d’entrer ? Est-ce le retour des blocs et de la fermeture ?

Je ne crois pas. Nous sommes effectivement face à un moment de transformation que je qualifierai d’anthropologique. Pas seulement économique, ni financier. Nous avons un nouveau rapport à la mondialisation. Chacun a compris qu’il valait mieux produire les choses chez soi. Tout simplement parce que c’est trop risqué de les produire ailleurs. Ce qui est en train de se passer entre l’Ukraine et la Russie amène chacun à se dire que si demain il se produit la même chose entre la Chine et Taiwan, nous allons nous retrouver coupés de chaînes d’approvisionnement complètes. Il vaut mieux produire nos batteries électriques et nos semi-conducteurs chez nous. Nous le faisons. Il vaut mieux produire tout ce qui est essentiel et stratégique à la vie de la nation sur le territoire, au moins à l’échelle européenne. C’est le premier changement, qui est un changement de rapport au monde.

 

Et il y a aussi un changement de rapport à la nature. La nature, nous l’avons exploitée durant des décennies. Quand on regarde sur le temps long, c’est spectaculaire de voir que l’humanité, jusqu’au début du 19e siècle, a assez peu usé, abusé, utilisé la nature. Puis, comment avec la révolution industrielle, qui se termine maintenant, on a exploité de manière démesurée, irresponsable les ressources de la planète. Et comment la révolution nouvelle qui nous attend, la révolution technologique, doit nous amener à préserver cette ressource et à changer ce rapport au monde. Le monde n’est pas à notre disposition. La nature n’est pas à la disposition de l’Homme. Nous devons la respecter pour vivre, ou survivre. Car si nous nous affranchissons des barrières entre l’humain et l’animal, cela donne le Covid et les épidémies que nous avons connues récemment. C’est un deuxième changement de nature anthropologique. Et nous changeons aussi de rapport à nous-mêmes et aux autres avec la révolution digitale. Vous le voyez avec vos enfants. Nous pensions que le numérique était un facteur d’ouverture, de connexion entre les uns et les autres, c’est aussi un facteur de repli.

Ce sont ces trois révolutions qu’il faut appréhender ensemble. Ce sont des révolutions anthropologiques. Un nouveau rapport au monde, un nouveau rapport à la nature et un nouveau rapport à nous-mêmes. Cela fait beaucoup pour des responsables politiques qui n’arriveront pas à gérer ces révolutions sans l’aide des citoyens.


L’écran fait écran. Les grands patrons de la Silicon Valley ont affirmé ne pas donner d’écrans à leurs enfants. Les nôtres, cela les dérange moins…

Il y a derrière un enjeu social absolument majeur. Il est évident que ce sont ceux qui ont le niveau d’éducation le plus élevé qui sont ceux qui s’affranchissent le plus des écrans, qui savent maîtriser une culture, des liens différents. Moi je pense qu’il y a un enjeu culturel et d’égalité sociale absolument fondamental dans le nouveau rapport que nous entretenons avec nous-mêmes, à travers les écrans et le digital. Et du point de vue de la démocratie, cela pose un problème majeur. Il n’y a pas de démocratie sans vérité, sans diagnostic commun, pas de démocratie possible sans échanges de faits, de réalité.

Mais à partir du moment où tout se vaut, où le mensonge vaut la vérité, où l’approximation vaut la précision, il n’y a plus de démocratie possible. Et on court le risque de voir s’affirmer petit à petit des régimes totalitaires. C’est un des gros enjeux que nous avons devant nous. Les démocraties ne sont plus majoritaires dans le monde. Il faut réaffirmer la valeur, la force des démocraties libérales.

Pour en revenir à la situation économique et aux conséquences que nous allons vivre à court ou moyen terme, vous avez annoncé pour 2023 une prévision de croissance de 1%. C’est un sacré ralentissement, mais pas une récession. Pensez-vous que l’on puisse conjuguer la désinflation et maintenir la croissance ?

Je reste, et je le dis avec beaucoup de force, très confiant et très volontariste pour l’économie française. Je ne crois pas au scénario catastrophe. Peut-être que les faits me donneront tort. Mais je crois, chiffres et statistiques à l’appui, en regardant ce que me disent les chefs d’entreprises, que le pire n’est pas certain et que nous pouvons passer ce cap difficile. Il faut juste prendre un peu de recul.

D’abord, pour l’année 2022, j’avais fait des prévisions de croissance pour la France à 2,5%. Un institut très célèbre m’avait dit : « Ce n’est pas possible. Ce sera 2,3% au mieux ».

Pour d’autres, c’était 2%. Nous ferons mieux que 2,5% en 2022. Il y a eu de la demande, de la consommation, il y a des entrepreneurs qui se sont retroussés les manches. Je constate simplement que la croissance est là, que l’investissement est là et que les créations d’emplois sont là. Il y a un ralentissement, oui, bien sûr. Quand on a la guerre en Ukraine, l’Allemagne qui risque de rentrer en récession, les Etats-Unis qui, techniquement, ont été en récession et un marché chinois fermé, il est normal que cela soit un choc économique sur notre économie qui est intégrée à ces autres grandes économies.

Mais 1% de croissance, cela reste une croissance positive pour 2023. Et j’ai la conviction qu’au-delà, l’économie française va retrouver progressivement des couleurs, car nos fondamentaux ont été assainis par la politique de la majorité et du président de la République. Oui, aujourd’hui c’est intéressant d’investir en France et nous sommes la première destination pour les investissements étrangers en Europe. Oui, il y a des créations d’emplois et des besoins de main-d’œuvre partout sur les territoires français. Oui, nous investissons, nous innovons et nous sommes devenus attractifs du point de vue fiscal. Je crois véritablement que la politique que nous avons mise en œuvre commence à porter ses fruits et nous permettra, dans les années qui viennent, d’atteindre notre objectif : la prospérité pour tous les Français et le plein emploi en 2027. Une situation inédite depuis un demi-siècle.

On n’a jamais vu un ministre de l’Economie annoncer la récession dans son projet de Budget, vous êtes dans votre rôle. Mais il y a de l’inquiétude. On a un problème avec les prix de l’énergie. On avait l’avantage d’avoir une énergie pas chère. On l’a perdu pour des tas de raisons. Est-ce que cela ne remet pas en cause toute la stratégie de réindustrialisation que vous essayez de mettre en œuvre ? Quel est votre diagnostic face à la gravité de la situation et qu’allez-vous faire pour aider les entreprises ?

Je vous rejoins sur le fait que le point de bascule est autour de l’énergie, de sa disponibilité et de son prix. C’est le point de bascule entre une croissance qui va résister, ce que je crois, et une croissance qui pourrait s’effondrer, parce qu’il n’y aurait plus d’énergie ou de l’énergie à des prix stratosphériques pour les entreprises. Pourquoi je crois plus à la première option ? Parce que je crois que nous allons tous être responsables. La meilleure façon de passer l’hiver dans les meilleures conditions, c’est de faire preuve de sobriété énergétique, c’est-à-dire de réduire tout, tout de suite notre consommation d’énergie.

Je réunirai dans les prochaines semaines, à Bercy, tous les dirigeants des plus grandes entreprises françaises, avec les responsables de la production énergétique française. Dès qu’il y aura un signal d’alerte sur un pic de consommation, nous devrons faire en sorte de ralentir notre consommation pour passer collectivement ce moment dans les meilleures conditions. C’est quelque chose de radicalement nouveau, auquel nous ne sommes pas habitués, qui va nous aider l’hiver prochain. Je ne sais pas s’il sera rigoureux ou doux, mais je sais que la première des réponses, rappelée par le Président de la République et la Première ministre, c’est la sobriété. Cela veut dire concrètement que lorsqu’il fera très froid et que la production électrique sera moindre, on saura anticiper la réduction de notre consommation.

La deuxième chose, c’est d’éviter que les prix n’explosent. On a pris des décisions fortes, dont celle prise par le Conseil européen de l’énergie de plafonner les prix pour le lendemain. Aujourd’hui, les marchés peuvent faire exploser la demande pour le lendemain. Le petit kilowattheure dont vous avez besoin peut atteindre un coût exorbitant, des milliers d’euros le mégawattheure. Nous l’avons plafonné. C’est un signal prix très puissant. De même, quand nous disons que nous allons faire des achats en commun sur le gaz, quand nous disons que sommes prêts à plafonner le prix du gaz, c’est un signal prix très puissant. J’ai la conviction qu’avec toutes ces décisions européennes, nous allons avoir des prix énergétiques qui vont être moins délirants, moins spéculatifs, que ce que nous avons connu précédemment.

La troisième condition pour passer cet hiver correctement, c’est évidemment de produire plus. Cela nécessite que nos réacteurs nucléaires, à l’arrêt pour maintenance ou pour des questions de corrosion, redémarrent le plus vite possible. Cela nécessite que la production d’énergie nucléaire retrouve le niveau que, de vous à moi, elle n’aurait jamais dû quitter. Nous y veillons. Avec tout cela, parce que nous ne restons pas les bras croisés et que nous sommes collectivement mobilisés comme nation, comme peuple, je pense que nous pouvons passer l’hiver prochain sans que cela ne se solde par une catastrophe énergétique.

A plus long terme, n’y a-t-il pas matière à s’inquiéter ? On va payer l’énergie beaucoup plus chère que nos concurrents, notamment aux Etats-Unis. Ne risque-t-on pas d’avoir un choc de compétitivité majeur, négatif, avec un euro faible. Ne sommes-nous pas en train de nous appauvrir ? Certains groupes envisagent de délocaliser à cause du prix de l’énergie. Que fait le ministre de la Souveraineté pour affronter cette situation ?

Il y a d’abord les aides immédiates. Nous prenons le problème à bras-le-corps. Pour toutes les PME qui ne peuvent plus payer leurs factures d’électricité ou de gaz, nous avons simplifié le mécanisme de soutien, l’accès aux 2 millions d’euros de subvention. Je leur dis : « vous pouvez utiliser ce mécanisme. Cela va vous aider à passer les semaines qui viennent ». Même chose pour les énergo-intensifs, tous ceux qui ont des consommations importantes. Je le dis devant les chefs d’entreprise : les critères sont trop compliqués. La Commission européenne a mis sur pied un dispositif qui ne fonctionne pas. Je le dis aussi librement que je l’ai dit à la Commission européenne. Cette manie de faire toujours compliqué, toujours trop subtil, toujours trop complexe, en se disant « ça ne marchera pas et ça ne nous coûtera rien », ce n’est pas la bonne réponse à la crise énergétique actuelle. Nous obtiendrons la simplification des aides financières pour les énergo-intensifs dans les semaines ou les mois qui viennent.
Sur le plus long terme, la réponse tient en un seul mot : investir. Et investir plus vite. Investir dans le nucléaire. On va construire 6 nouveaux EPR dans les années qui viennent. Investir dans les énergies renouvelables, en accélérant drastiquement les procédures. On ne peut pas continuer à mettre 11 ans pour mettre sur pied un champ éolien offshore. Ce n’est pas possible. Regardez la manière dont les Allemands ont accéléré les procédures pour réaliser, par exemple, un terminal de GNL en Allemagne. Nous devons être plus rapides dans la réalisation d’infrastructures industrielles et d’infrastructures énergétiques, notamment sur le renouvelable.

Enfin, il y a une promesse particulièrement porteuse d’avenir : c’est l’hydrogène. Nous avons investi plusieurs milliards d’euros là-dessus. Nous y travaillons avec l’Allemagne et je considère que tous les industriels français doivent s’engager dans cette perspective de l’hydrogène. Ce n’est pas la recette miracle, mais c’est un des éléments qui doivent nous permettre de décarboner notre industrie et d’offrir d’autres perspectives du point de vue énergétique. Nous ne sommes pas désarmés. Je considère que tous ceux qui font confiance uniquement aux énergies fossiles pour les années à venir seront pris de court à leur tour dans 5 ans, dans 10 ans, lorsque nous aurons basculé dans un autre mix énergétique. C’est là que la France et l’Europe peuvent jouer leur carte.

Vous avez annoncé 55 milliards de recettes fiscales sur l’impôt sur les sociétés en 2023. Cela n’est-il pas trop optimiste ?

Cela prouve que lorsqu’on baisse le taux de l’impôt sur les sociétés, les recettes augmentent. Nous avons baissé l’impôt sur les sociétés à 25%, moyennant quoi les recettes ont augmenté. Au passage, je veux dire aux chefs d’entreprises inquiets au sujet de la suppression des impôts de production, de la CVAE, qu’ils peuvent s’inquiéter de beaucoup de choses, mais pas des promesses du ministre des Finances. Nous avions promis que nous baisserions les impôts sur les sociétés de 33,3 à 25%, nous avons tenu parole. Nous avions promis que nous baisserions de 10 milliards d’euros les impôts de production, nous avons tenu parole. Quand je dis que nous supprimerons les 8 milliards d’euros de la CVAE, on le fera. Pas en une seule fois, mais en deux ans pour tenir compte des difficultés de finances publiques. Vous pouvez me croire sur parole.

Taxer les superprofits lors du vote du projet de budget 2023, ce serait une ligne rouge pour le ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté ?

Je ne suis pas prix Nobel d’économie, mais je les lis. J’ai lu une interview remarquable de Jean Tirole dans Le Point. Il dit que c’est très difficile de savoir ce que sont les superprofits. Il dit la même chose que moi. Je ne sais pas ce que c’est ou, en réalité, je sais que cela veut dire taxer tous les profits de toutes les entreprises. C’est une ligne rouge. En revanche, aller récupérer l’argent des rentes des énergéticiens qui font du renouvelable, à qui on avait dit « Investissez dans le renouvelable, dans les panneaux solaires », à qui l’Etat a garanti un prix d’achat pendant des années car les prix étaient bas, je serai le premier à le faire. Je ne veux pas de rente. Ni rente, ni taxe, mais un mécanisme de marché pour que, dès que le prix dépasse ce qui était garanti pendant des années, les électriciens reversent l’intégralité des recettes supplémentaires à l’Etat, qui en a bien besoin.

Prix de l’énergie : hausses « contenues » (Lemaire)

Prix de l’énergie : hausses « contenues »  (Lemaire)

 

 Les hausses de facture d’énergie des Français seront « contenues », continue d’affirmer Bruno Le Maire, qui assure ne pas être « pris de court » sur le terrain budgétaire.

 

Le seul problème , c’est que le gouvernement ne dispose pas des mêmes moyens selon qu’il s’agit du pétrole, du gaz ou de l’électricité. Pour le pétrole, les prix dépendront en réalité surtout de la croissance mondiale et de l’attitude de l’OPEP.  Pourb le gaz l’action du gouvernement sera limitée aux tarifs réglementés mais sera impactée par les cours mondiaux. Enfin pour l’électricité, le gouvernement va continuer de diminuer les hausses d’EDF dont l’avenir pourrait être assuré davantage par le contribuable que par l’utilisateur.

La hausse des tarifs d’électricité et de gaz pour les consommateurs sera « contenue » en 2023 malgré l’envolée des prix sur les marchés de gros, a assuré samedi à Metz ce samedi le ministre de l’Économie et des Finances.

« Le plafonnement à 4% (du tarif réglementé, NDLR) sera maintenu jusqu’à la fin 2022, il n’y aura pas de rattrapage sur ce plafonnement en 2023, et les hausses dont a parlé le président de la République et la Première ministre seront des hausses contenues », a précisé le numéro deux du gouvernement en marge d’une réunion des cadres de la majorité.

Ces « hausses contenues » à venir en 2023 devraient aussi toucher le tarif du gaz, sans plus de précisions. Sur les marchés de gros, les prix de l’électricité pour 2023 ont franchi vendredi la barre record de 1.000 euros le mégawatt/heure (MWh), alors même qu’il coûtait le MWh coûtait 85 euros il y un an. Il en est de même du gaz qui atteint des sommes historiques à plus de 300 euros le MWh.

 

Inflation : un phénomène temporaire pour Lemaire qui ne veut pas augmenter les revenus

Inflation : un phénomène temporaire pour Lemaire qui ne veut pas augmenter les revenus

 

Le ministre de l’économie utilise une lapalissade pour considérer que l’inflation cessera quand la crise se terminera. Il en tire la conclusion que l’inflation actuelle est temporaire. Par parenthèse , exactement le contraire de ce que vient de dire la présidente de la Banque centrale européenne qui, elle, pense que l’inflation va s’installer de manière durable. Les autorités européennes prévoit pour l’Europe comme pour la France une inflation de l’ordre de 5 % en 2022 au moins.

Le raisonnement du ministre de l’économie vise surtout à freiner les velléités de réajustement des revenus et à récupérer par l’inflation les ressources fiscales destinées à amortir l’énorme dette.

À la sortie de cette crise, «je pense que nous reviendrons à un niveau de prix plus raisonnable», a estimé le locataire de Bercy. Et d’indiquer que cela pourrait être «durant l’année 2023», lorsque les chaînes de valeurs seront réorganisées et que des substituts à l’approvisionnement de pétrole et de gaz venant de Russie auront été trouvés.Le seul problème est que l’organisation de chaîne de valeur de ce traduira certainement pas par des baisses de prix mais plutôt le contraire..

«Il faut donc absorber le choc maintenant et c’est ce que nous faisons maintenant. Ce n’est pas un changement de politique structurel pour les années qui viennent», a-t-il insisté. Quant à l’idée de réindexer les salaires sur les prix, Bruno Le Maire a averti sur le risque, justement, d’engager une «spirale inflationniste».

Quant à la croissance, le ministre a bien conscience que le gouvernement devra revoir à la baisse sa prévision initiale d’une progression de 4%, «mais il y a trop d’incertitudes pour le faire aujourd’hui. La croissance française est solide, on parle d’un ajustement».Un ajustement qui pourrait bien pris à la France de la moitié de sa croissance prévue en 2022.

Restaurant : une augmentation de 5 % du chiffre affaire d’après Bruno Lemaire ?

Restaurant : une augmentation de 5 % du  chiffre d’affaire d’après Bruno Lemaire ?

 

 

Visiblement les membres du gouvernement ont décidé de faire preuve de volontarisme en matière de prévision économique. Curieusement le ministre de l’économie annonce une augmentation de 5 % du chiffre d’affaires dans la restauration. Pourtant une enquête menée dans la profession avait démontré que ce d’affaires était globalement en baisse de 30 %. Pour avancer ce chiffre de 5 %, le ministre se fonde les factures de carte bleue  qui auraient augmenté de 5% lors de la semaine du 9 au 15 août par rapport à la même période en 2019. Une période d’abord bien trop courte pour mesurer l’évolution de l’activité et fondée sur les seules cartes bleues qui ne constituent pas à elles seules un élément pertinent

Les professionnels du secteur pointent quant à eux une baisse de la fréquentation. «La baisse de fréquentation est une certitude», a affirmé au Figaro Laurent Fréchet, président de la Branche Nationale des Restaurateurs au sein du GNI-HCR. Pour lui, le résultat est sans appel : «c’est un coup de frein à une saison qui semblait tenir ses promesses».

Le temps de l’assainissement financier n’est pas venu (Bruno Lemaire)

Le temps de l’assainissement financier n’est pas venu (Bruno Lemaire)

 

Bruno Lemaire, le ministre de l’économie, estime dans une interview au JDD que le temps de l’assainissement financier n’est pas encore venu. Au plus tôt la problématique ne reviendra pas avant le début 2022 c’est-à-dire avant la constatation d’une véritable reprise. En attendant le ministre de l’économie entend soutenir les entreprises dans la reconquête de leur développement. Le ministre de l’économie par ailleurs n’évacue pas les indispensables réformes structurelles comme celle des retraites qui sera sans doute renvoyée après les élections présidentielles d’après le président de la république lui-même.

Interview

 

Le déficit public est désormais attendu à 9,4% du PIB, la dette à 117,2%. Comment les diminuer?
Par la maîtrise des finances ­publiques! Dans les trois premières années de ce quinquennat, nous avons réduit le déficit - passé sous la barre des 3% pour la première fois en onze ans -, sorti la France de la procédure de déficit excessif et stabilisé la dette. La maîtrise des finances publiques est donc dans l’ADN de notre majorité et je veux en être le garant. Mais le temps de l’assainissement n’est pas encore venu. Se précipiter dans la consolidation budgétaire, ce serait refaire les erreurs de 2009 et briser la croissance. Avec les ministres de la zone euro, en accord avec la Banque centrale européenne, nous avons convenu que le soutien économique serait maintenu tant que nous ne serions pas revenus à la normale. Soit au plus tôt au début de 2022.

Comment y parvenir le moment venu?
Le moyen le plus efficace reste la croissance, qui passe par des investissements massifs, prévus dans France Relance. Il faudra aussi une vision à plus long terme de nos finances publiques, sur la base de décisions pluriannuelles. Puis poursuivre les réformes structurelles : la priorité, ce sont les retraites. Nos compatriotes ont parfaitement compris que l’avenir de notre système de répartition en dépendait. En 2025, nous stabiliserons puis nous commencerons à réduire la dette. En 2027, nous repasserons sous la barre des 3%.

Concernant la réforme des ­retraites, faudra-t-il repartir de zéro?
Le président de la République a été clair : la réforme des retraites ne peut pas être reprise en l’état. Ce qui n’exclut pas de tenir compte de la situation individuelle de ­chacun. Ce n’est pas la même chose de ­commencer sa vie professionnelle à 17 ou à 25 ans, sur un chantier ou dans un bureau. Nous devons concilier efficacité et justice.

D’où un système par points?
Ma responsabilité de ministre des Finances est de garantir que nous puissions équilibrer notre système de retraite par répartition.

 

Réforme des retraites:  » après la crise  » déclare Lemaire

Réforme des retraites:  » après la crise  » déclare Lemaire

 

De façon un peu intemporelle et mécanique, le ministre de l’économie a rappelé l’importance de reprendre les grandes réformes mais après la crise. Le problème évidemment c’est de s’entendre sur le concept de crise. En effet si l’on tient compte de l’évolution probable de la situation économique et sociale, il faudra plusieurs années et pas avant 2023 pour vraiment retrouver des niveaux d’activité économique comparable à ceux de fin 2019. Notons aussi qu’une perspective de réforme va se heurter au calendrier électoral avec pour les plus proches les élections départementales et régionales

 

Il y a bien entendu l’échéance centrale de l’élection présidentielle en 2022 et il paraît évident que les réformes les plus stratégiques seront mises entre parenthèses dans la perspective de cet élection.

 

Du coup, on a un peu de mal à comprendre ce rappel du ministre de l’économie à la nécessité des réformes surtout pour dire des banalités . Mais l’objectif est peut-être surtout pour Bruno Lemaire de soigner son image de marque tout autant que de rassurer Bruxelles sur le sérieux de la gestion française.

 

Au plan de la politique intérieure, les propos de Bruno Lemaire font un peu tomber à plat car ils ne trouveront pas d’écho dans les orientations à moyen terme du gouvernement. Des propos par ailleurs trop généraux comme  «La réalité a la vie dure et il y a un certain nombre de choses qui doivent rester dans nos grandes orientations politiques», a déclaré le ministre sur BFM TV.

 

«Une dette, ça se rembourse. Des finances publiques, ça doit être bien tenu», a-t-il souligné. «Aujourd’hui, on protège les Français, on protège les salariés, on protège les entreprises, mais il faudra le moment venu qu’on retrouve des finances publiques qui soient saines.» «Sur le travail c’est la même chose: nous sommes (…) le pays développé qui travaille le moins. Et dans le même temps, nous sommes le pays qui a le système de protection sociale qui est parmi les plus généreux. Ce n’est plus tenable», a-t-il poursuivi, «et les Français le savent.»

Garder un système de protection sociale généreux et efficace «a un coût», «et si on veut collectivement arriver à se le payer sans que ça pèse sur les retraites des Français (…), il faut qu’on accepte tous ensemble de travailler davantage», a expliqué Bruno Le Maire.

Un rejet du rachat de Carrefour: qui prend à revers les libéraux…. y compris Lemaire ?

Un rejet du rachat de Carrefour: qui prend à revers les libéraux…. y compris Lemaire ?

 

 

Laurent Izard évoque longuement dans le Figaro la problématique du rachat de Carrefour par une société canadienne. Un rachat refusé par le gouvernement qui surprend sans doute les plus libéraux y compris peut-être Lemaire  lui-même qui a milité pour ce refus!

 

 

Laurent Izard  sst normalien et agrégé de l’Université en économie et gestion. Diplômé en droit de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, professeur de chaire supérieure, il est l’auteur de nombreux manuels d’enseignement supérieur en économie et gestion. Il est l’auteur deLa France vendue à la découpe (L’Artilleur, janvier 2019). Au mois de mars il publiera l’ouvrage À la sueur de ton front (Éditions de l’Artilleur), qui analyse les conséquences de la mondialisation sur l’emploi et la souffrance au travail.


Le géant français de la distribution Carrefour a été sollicité par le groupe d’alimentation canadien Couche-Tard pour un «rapprochement », ont indiqué mardi dernier les deux sociétés dans des communiqués distincts. Qu’en est-il plus précisément?

 

 

Laurent IZARD. - Pour le moment, on ignore les modalités exactes de l’offre proposée par le groupe canadien qui évoque une «lettre d’intention non-engageante en vue d’un rapprochement amical». En réalité, tout porte à croire qu’il s’agit purement et simplement d’une offre publique d’achat, pas nécessairement amicale. Celle-ci, sur la base d’un prix départ de 20 euros par action, valoriserait le groupe Carrefour à environ 16 milliards d’euros hors dettes.

Ce projet de grande ampleur comporte des enjeux de pouvoir et de souveraineté évidents. Précisons tout d’abord que cette offre s’inscrit dans un contexte géopolitique et économique particulier: la douloureuse ratification du CETA tout d’abord, un accord de libre-échange avec le Canada, contesté aussi bien pour des raisons écologiques qu’économiques et même de santé publique.

L’incertitude économique qui pèse sur la grande distribution ensuite: la montée en puissance des géants de l’e-commerce et la crise sanitaire ont déstabilisé de nombreux groupes et Carrefour est de surcroit financièrement fragilisé par les conséquences d’une stratégie d’expansion internationale aventureuse qui a contraint la nouvelle équipe dirigeante à se désengager de plusieurs pays dont la Chine en 2019.

On ne peut s’empêcher de voir dans l’offre de Couche-Tard une stratégie opportuniste

Sous la présidence d’Alexandre Bompard, le groupe Carrefour est parvenu à réduire son endettement mais sa valorisation boursière reste faible et l’un de ses principaux actionnaires, le Groupe Arnault, a clairement annoncé en septembre 2020, son intention de céder la majorité des actions Carrefour qu’il détient, ouvrant ainsi la voie à l’arrivée de nouveaux investisseurs.

Dans ce contexte, on ne peut s’empêcher de voir dans l’offre de Couche-Tard une stratégie opportuniste, d’où une première réaction prudente de la direction de Carrefour qui précise dans une note interne qu’elle va «examiner le projet qui lui est soumis par Alimentation Couche-Tard», afin de «déterminer si un projet peut être conçu dans l’intérêt» du groupe…

 

«Carrefour est un chaînon essentiel de la souveraineté et la sécurité alimentaire des Français, qui est en jeu dans cette opération» a souligné Bruno Le Maire sur France 5. Le ministre de l’Économie n’est «a priori pas favorable à l’idée que carrefour se fasse racheter par un groupe étranger.» Doit-on s’attendre à ce que Carrefour reste français ou est-ce simplement une opération de communication?

Le ministre de l’Économie et des Finances a effectivement immédiatement réagi après l’annonce de l’offre de Couche-Tard et a adopté un ton particulièrement offensif: il s’oppose à titre personnel à ce rapprochement, en évoquant les risques que cette opération représente pour la sécurité et la souveraineté alimentaires des Français. Une attitude qui contraste avec l’enthousiasme de ce même ministre à l’égard du traité CETA et interroge sur la cohérence de la politique du gouvernement…

D’autre part, Bruno Le Maire affirme que Bercy dispose des outils juridiques pour bloquer ce projet dans le cadre des dispositifs de contrôle des investissements étrangers visant nos entreprises stratégiques. C’est tout à fait exact: depuis un décret du 31 décembre 2019, la liste des secteurs soumis à la procédure d’autorisation préalable inclut la «sécurité alimentaire», un terme certes imprécis, mais qui ne saurait exclure la question de la logistique et de la distribution.

Il est toutefois difficile de savoir si la déclaration spontanée de Bruno Le Maire traduit réellement sa pensée ou s’il s’agit d’une simple posture destinée à se positionner favorablement en vue de futures négociations sur les modalités du rapprochement. Car les enjeux sont multiples: Carrefour, ce sont plus de 1200 magasins et 320 000 salariés à travers le monde, dont 100 000 en France.

Par le passé, la plupart des fusions ont donné lieu à d’importantes compressions d’effectifs. C’est d’ailleurs l’une de leurs finalités: les fusions ne visent pas qu’à atteindre des objectifs de dimension ou de complémentarité industrielle ou commerciale: il s’agit aussi, dans le cadre d’une démarche stratégique, de rationnaliser l’activité, ce qui se traduit notamment par la fermeture ou le repositionnement des sites non rentables et une inévitable chasse aux «doublons» même si, dans le cas présent, l’absence de recoupement territorial limite les risques. On comprend dès lors l’inquiétude d’Élisabeth Borne, la ministre du Travail, qui a elle aussi immédiatement exprimé son opposition à ce projet en mentionnant les risques d’une évolution de l’actionnariat de Carrefour, notamment pour l’emploi des jeunes…

Notre pays (…) risque très prochainement de ne plus être, pour la première fois de son Histoire, en situation d’autosuffisance alimentaire

Et on peut d’autre part légitimement s’interroger sur la capacité financière de Couche-Tard à accompagner le développement du groupe Carrefour en tenant compte des intérêts des différentes parties-prenantes. Quant à la question de la souveraineté alimentaire, elle reste au cœur du débat: notre pays, souvent qualifié de «grenier de l’Europe» risque très prochainement de ne plus être, pour la première fois de son Histoire, en situation d’autosuffisance alimentaire, les spécialistes affirmant qu’à partir de 2023, nos importations alimentaires dépasseront nos exportations.

Enfin, faut-il rappeler que notre indépendance politique repose sur notre indépendance économique? Plus les centres de décisions économiques s’éloignent de notre pays, plus les marges de manœuvre de nos dirigeants se réduisent.

Carrefour est le premier employeur privé du pays. Si même un gros poisson comme Carrefour est susceptible de se faire racheter, qu’est-ce que cela veut dire pour nos autres fleurons? Sommes-nous capables de freiner ce mouvement?

Il convient d’abord de rappeler qu’en quelques décennies, nous avons perdu le contrôle de nos principaux fleurons industriels: Péchiney, Arcelor, Rhône-Poulenc, Alstom Power, Lafarge, Alcatel, Technip… et que, ces opérations ont parfois conduit au démantèlement ou à la disparition pure et simple du groupe racheté. L’appétit des investisseurs internationaux est sans limite et concerne tous les secteurs de notre économie. Le capital des entreprises du CAC 40 est d’autre part contrôlé à 50 % par des investisseurs étrangers.

Et ceux-ci s’intéressent également à nos ETI et PME/PMI, particulièrement lorsqu’il s’agit de s’approprier nos innovations dans le domaine de la haute technologie ce qui explique, entre autres, les acquisitions d’Altis (semi-conducteurs), d’Aldebaran Robotics (robots pédagogiques), de Savoye (solutions logicielles, conception de systèmes automatisés), de Latécoère (pionnière de la technologie Lifi), de Souriau (spécialiste de l’interconnexion pour la défense), de HGH (expert des technologies infrarouges civiles et militaires), de Tronics (microsystèmes électromécaniques utilisés dans l’aéronautique, la défense ou le médical), de SCPS (spécialiste des batteries électriques) ou encore de Linxens (leader mondial de la fabrication de circuits gravés flexibles et spécialiste des paiements sans contact), absorbée par l’entreprise d’État chinoise Tsinghua Unigroup avec l’approbation de Bercy…

Pour freiner ce mouvement, il faut en premier lieu une volonté politique. Car au niveau micro-économique, chaque opération d’absorption peut se justifier, par une stratégie de croissance commune, une logique de filière ou encore la préservation de l’emploi voire le sauvetage d’une entreprise menacée.

Or, jusqu’à présent, ce processus s’inscrit dans un contexte mondial de libre circulation des capitaux, avec une volonté politique assumée d’intégrer davantage la France dans le processus de mondialisation, ce qui nous interdit par principe de contrôler les prises de participation étrangères ou les fusions-acquisitions.

Pour freiner la perte de contrôle de notre patrimoine économique, il faut trouver de nouvelles sources de financement pour nos entreprises

Au contraire, nous déployons des efforts considérables pour attirer les investisseurs étrangers sans opérer de distinction entre ceux qui contribuent réellement à la croissance de notre pays et ceux qui adoptent des comportements de prédateurs. C’est pourquoi le dispositif juridique de contrôle des investissements internationaux en France s’est jusqu’à présent révélé peu efficace: il n’a pas abouti au blocage d’appropriations de nos entreprises, même stratégiques, par des investisseurs étrangers, et a davantage servi à imposer aux repreneurs des engagements qu’ils n’ont, en pratique, que rarement respectés.

Mais le vrai problème n’est pas là: pour freiner la perte de contrôle de notre patrimoine économique, il faut trouver de nouvelles sources de financement pour nos entreprises et proposer des garanties permettant de surmonter la frilosité des investisseurs français. Car sinon, il sera difficile de résister à la pression des investisseurs internationaux.

Lors de ses allocutions présidentielles pendant les divers confinements, le Président de la République s’est soudainement mis à insister sur la notion de «souveraineté», thème que reprend depuis son ministre de l’Économie. Pensez-vous que nous assistons à un changement d’ère sur cette question ou alors à une simple mode éphémère?

Il me semble que les Français sont de plus en plus sensibles à la question de notre souveraineté économique et politique. Il est vrai que la crise sanitaire, qui était tout a fait prévisible, a révélé notre incapacité à disposer des équipements de base indispensables comme les respirateurs, les blouses, les gants, le gel hydro-alcoolique ou même les masques, sans parler des vaccins. Cette crise a mis en lumière notre déclassement économique et génère une prise de conscience de notre dépendance à l’égard de puissances étrangères potentiellement hostiles.

Dans un tel contexte, on voit bien qu’il est particulièrement hasardeux de dépendre d’importations étrangères: les contraintes logistiques sont fortes, les règles du jeu économiques bouleversées, et la logique du chacun pour soi peut primer sur les intérêts commerciaux ou diplomatiques. Le principe de précaution implique donc de pouvoir fabriquer en France les produits vitaux pour notre économie et en particulier ceux nécessaires à la lutte contre les risques épidémiques. Il est même de notre devoir de pouvoir aider les pays dont l’économie ne permet pas de réaliser de tels investissements.

Mais plus généralement, il s’agit de tirer les conséquences de la fragilité des chaînes de valeur mondiales et de notre dépendance à l’égard de la Chine et des USA. Le Président de la République et les membres du gouvernement, tout en s’inscrivant dans une logique mondialiste libérale, évoquent de plus en plus l’impératif de souveraineté économique et ont envoyé certains signaux forts en ce sens: on peut par exemple citer le renforcement de notre arsenal juridique sur le contrôle des investissements étrangers en France, les nouvelles ambitions de Bpifrance, la nationalisation provisoire des Chantiers de l’Atlantique, ou le blocage, après de multiples rebondissements, du rachat de Photonis, notre spécialiste des systèmes de vision nocturne, par l’américain Teledyne.

S’agit-il d’un virage politique? Il faudrait davantage de cohérence stratégique et de décisions courageuses de cet ordre pour en être vraiment convaincus.

Événement du Capitole : alerte démocratique pour Lemaire

Événement du Capitole : alerte démocratique pour Lemaire

 

«Ce genre d’événement devrait être une sorte d’alarme pour toutes les démocraties européennes et occidentales.»

Pour le ministre de l’économie les événements du capital constituent une alerte démocratique pour le monde moderne. La France tient une élection présidentielle au printemps 2022. Le principal challenger le plus probable du président Emmanuel Macron sera Marine Le Pen, chef du parti d’extrême droite Rassemblement national).

Pendant des années, Le Pen a épousé une marque de nationalisme économique qui est anti-Europe, anti-immigration et anti-mondialisation.

Elle a été durement battue par Macron lors du second tour du scrutin présidentiel de 2017, mais son mandat a été embourbé dans des troubles sociaux, et les sondeurs prévoient un concours plus serré l’année prochaine si les deux se disputaient à nouveau.

Le Pen a vanté la victoire électorale de Trump en 2016 et le Brexit comme un signe avant-coureur de la montée du populisme en France ailleurs en Europe, et n’avait pas reconnu la victoire électorale du président élu Joe Biden avant la prise du Capitole – une scène qu’elle a décrite comme choquant ».

Le Maire a déclaré qu’il faisait pleinement confiance aux institutions démocratiques américaines et à la capacité du pays à surmonter ses difficultés.

«Les démocraties sont fragiles», a-t-il averti. «Nous devons en être conscients.»

Bruno Lemaire soutient l’économie comme la corde soutient le pendu

Bruno Lemaire soutient l’économie comme la corde soutient le pendu

 

Changement de discours chez le ministre de l’économie il y a encore quelques semaines, Lemaire annonçait la fin du soutien indéfectible du gouvernement à l’économie et la remise à l’ordre du jour de la rigueur. Mais la pandémie version troisième phase est passée par là et le discours change encore.

 

À demi-mots Bruno Lemaire celui qui critiquait le slogan quoi qu’il en coûte de Macron revient sur ses déclarations antérieures récentes et annonce un prolongement des aides  économiques. Mais une aide  qui ressemble à la corde qui soutient le pendu.

 

La troisième vague explique sans doute ce nouveau revirement gouvernemental. On pensait en effet que 2021 serait l’année du redressement en tout cas d’un certain rattrapage. Le gouvernement avait même fixé une perspective d’augmentation de la croissance à 6 %. Un objectif plutôt en dessous de 5 % d’après des institutions internationales.

 

Un objectif qui pourrait être atteint sans mesures de confinement. Mais on s’oriente de plus en plus vers des mesures davantage respectives voire vers un confinement total en raison notamment de la progression du virus britannique.  Partout autour de la France, on reconfirme d’une manière ou d’une autre. C’est vrai en Allemagne, surtout en Grande-Bretagne, en Espagne. On voit mal pourquoi la France serait à l’abri le moment venu.

 

Du coup, de  nombreux d’activités vont continuer d’être interdites, paralysées ou en tout cas freinées. Pour l’hôtellerie restauration on escomptait au début de la crise un taux de défaillance de 30 % maintenant on envisage les 50 %. Les mêmes taux de faillite sont à prévoir dans nombre d’autres activités fortement touchées par les mesures respectives du gouvernement.

 

Il y a aussi et peut-être surtout la question du moral des investisseurs et des consommateurs. De ce point de vue, on vient de prendre connaissance que la la consommation avait chutée de 20 % en novembre. Un véritable plongeon qui ne rassure pas sur les résultats de 2021 mais surtout indique une tendance structurelle à la baisse pour la croissance. Tous les observateurs s’attendent à une vague de faillites sans précédent mécaniquement accompagnée d’une vague de licenciements qui va tuer le moral des acteurs économiques.

 

Alors que le soutien financier devait s’arrêter fin 2020 voire début 2021, le dispositif est prolongé voire amplifié aussi bien par exemple pour le chômage partiel, que pour le fonds de solidarité ou même la prolongation des délais pour le remboursement des emprunts type PGE.

 

La poursuite du soutien à ces entreprises se décline en plusieurs axes. D’abord, le maintien du dispositif de chômage partiel à 100 % aussi longtemps que les fermetures le nécessiteront. Le fonds de solidarité s’apprête ensuite à être, une nouvelle fois, musclé. « Il est évident que le plafond d’aides de 200.000 euros n’est pas suffisant pour les petites chaînes hôtelières, les groupes de restauration ou les salles de sport, a ainsi concédé Bruno Le Maire. Je souhaite que toutes ces entreprises puissent, au-delà de la subvention pour la perte de chiffre d’affaires, si elles ont des charges lourdes non couvertes, cocher une case supplémentaire et que cette compensation puisse aller jusqu’à 3 millions d’euros sur la période de crise. ». Le dispositif est en cours de négociation à Bruxelles et devrait être annoncé dans les prochains jours.

Le remboursement des prêts garantis par l’État (PGE) sera enfin assoupli. La Fédération bancaire française (FBF), que le ministre a applaudie, se déclarant prête à décaler automatiquement à 2022 la première année de remboursement de tous les prêts des secteurs fermés. « Nous aimerions que le différé de remboursement de deux ans puisse être automatique pour les entreprises du commerce, plaide Yohann Petiot, délégué général de l’Alliance de commerce, qui représente de grandes enseignes de l’habillement et des grands magasins. Mais ensuite, les difficultés à rembourser seront grandes… »

 

Quelle que soit l’issue des prochaines semaines, la France sortira de cette vaste épreuve passablement surendettée. Bercy table pour fin 2021 sur une dette équivalente à 122,4 % du PIB. Le ministre ex-LR, qui se présente depuis le début du quinquennat comme la vigie des finances publiques, est attendu sur ce point. Mais il assume là aussi ne pouvoir s’engager sur aucun calendrier. « Le rétablissement des finances publiques ne se fera que quand la crise sanitaire sera derrière nous », s’est-il contenté d’avancer, remettant donc l’effort de rationalisation des dépenses publiques à l’après-présidentielle de 2022.

«Pas de hausses d’impôts» ! la promesse de coiffeur de Bruno Lemaire

 «Pas  de hausses d’impôts» !  la promesse de coiffeur de Bruno Lemaire

 

 

Encore davantage que l’autre pays, la France va se heurter un mur de dettes ingérables. Pour l’instant autour de 200 milliards ,chiffre sans doute sous-estimé puisque la dette représentait  autour de 100 % du produit intérieur brut en 2019 mais qu’elle va passer à 120 % du produit intérieur brut fin 2020. Une différence de 250 milliards !

 

Une dette évidemment qui ne pourra être amortie en quelques années y compris avec des augmentations d’impôts. On objectera que les taux d’intérêt sont presque nuls et qu’emprunter aujourd’hui ne fait pas flamber les charges financières. Le problème c’est qu’il faudra bien rembourser un jour le capital et que l’inflation et les taux d’intérêt ne seront sans doute pas les mêmes qu’aujourd’hui. Un tel volume de dettes ne pourra être remboursé que sur une période de 20 à 30 ans et il risque  de se passer pas mal de choses dans le paysage financier notamment un envol de l’inflation, des taux d’intérêt et des dévaluations de fait. Les promesses de Bruno Lemaire, ministre de l’économie ressemble donc à celle d’un coiffeur.

 

Au Parisien, Bruno Le Maire a précisé les chiffres des aides économiques. «Les aides de l’État, comme le chômage partiel, les exonérations de charges et le fonds de solidarité représentent 86 milliards d’euros de dépenses. Les prêts garantis par l’État s’élèvent à 130 milliards d’euros. Ce soutien à l’économie tricolore est le plus important depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais ces dépenses sont des investissements sur le capital humain et matériel de notre pays et lui permettront de repartir très rapidement.», a-t-il déclaré.

«Non, nous ne reviendrons pas sur les baisses d’impôts décidées depuis 2017. Le président de la République est très clair sur ce point. Nous n’augmenterons pas les impôts. Les propositions ont fleuri ces dernières semaines, mais nous les avons toutes refusées.», a ajouté le ministre de l’Économie.

Pour le ministre de la Santé, «L’ensemble des soins Covid, la vaccination demain, etc. creusent le déficit de la Sécurité sociale à près de 50 milliards d’euros en 2020. Je suis aussi le ministre de la Sécurité sociale, très attaché à un équilibre de nos comptes sociaux. Il n’y aura pas de hausses d’impôts, mais il va falloir identifier d’autres solutions.»

 

Le ministre de l’Économie se veut optimiste. «L’État remboursera sa dette d’abord grâce au retour de la croissance, ensuite par une maîtrise de nos dépenses de fonctionnement et, enfin, par des réformes structurelles comme celle des retraites, qui doit être la priorité absolue. C’est une conviction forte.»

 

Réforme Retraites: opposition entre Borne et Lemaire

Réforme Retraites: opposition entre Borne et Lemaire

 

L’opposition entre Lemaire et Borne est nette. Le ministre de l’économie veut profiter de la réforme des retraites  pour rembourser une partie de la dette du Coronavirus.

À l’inverse la ministre du travail estime que «la priorité absolue, c’est de sortir la crise sanitaire économique» finalement les deux positions classiques qui s’affrontent entre ce qui veulent une réforme de nature paramétrique c’est-à-dire de réduction des coûts pour rapprocher les dépenses des recettes et ceux qui veulent limiter pour l’instant la réforme à une évolution systémique de nature universelle passant notamment par le nouveau système à points.

De toute manière, en l’état de la conjoncture et de l’opinion ce débat paraît assez suranné et obsolète. On voit mal le pouvoir créer un nouveau foyer d’opposition non seulement entre la majorité et  l’opposition mais aussi à l’intérieur de la majorité. Une reprise des discussions sur ce sujet devrait en effet s’étaler sur des mois presque jusqu’aux élections présidentielles de 2022.

Décaler le Black Friday (Lemaire)…… et reporter Noël en juillet !!!

Décaler le Black Friday (Lemaire)…… et reporter  Noël en juillet !!!

 

 

La mode est au décalage calendaire un peu partout. On peut le comprendre dans le sport et dans quelques autres activités. Exemple, on a également décalé la date des élections départementales et régionales auxquelles d’ailleurs peu de monde attachent de l’importance tellement l’abstention sera importante. Par contre, imaginer -comme le fait le ministre de l’économie- de reporter  le Black Friday normalement prévu le 27 novembre à une date ultérieure paraît pour le moins surprenant.

Dans la même logique, comme le gouvernement ne cesse d’hésiter sur les conditions d’organisation des fêtes de fin d’année, on pourrait lui suggérer de reporter Noël et le jour de l’an en juillet. Bien sûr, les traditionalistes ne manqueront pas de protester avec véhémence en soulignant notamment l’absence d’un élément essentiel : la neige. Justement un argument complètement obsolète puisqu’il y a longtemps qu’il n’y a plus de neige dans la plupart des régions à Noël du fait du réchauffement climatique.

La proposition du ministre de l’économie présente un air de ressemblance avec son report des difficultés du budget 2021. Avec les nouvelles mesures de soutien décidées récemment, le projet de budget 2021 voté par le Parlement est complètement obsolète. Bruno Lemaire en a convenu tout en considérant qu’on traitera plus tard les conséquences. Bref un report de plus.

Bien sûr la période de juillet est plus favorable aux activités balnéaires. Il sera impossible de skier en plein été sur les pentes de nos montagnes. Pourquoi dès lors  ne pas créer un immense chantier de production de neige artificielle, ce qui permettrait de relancer la croissance. Cette production de neige artificielle pourrait occuper au moins 5 millions de chômeurs voire davantage car avec le soleil la neige va fondre et il faudra régulièrement la renouveler.

Bref une sorte de croissance vertueuse qui au lieu de faire des trous financiers pour reboucher d’autres trous consiste au contraire à développer le nouveau concept de montagne augmentée. De montagne intelligente même, puisque tout doit être intelligent –sauf certains individus notamment dans le milieu politique–.

Certains grincheux vont encore objecter que l’activité de ski est réservée à certains ménages assez favorisés. Pourquoi alors ne pas recouvrir les plages populaires de neige également pour lier les plaisirs de la glisse à ceux du bain. Bref ce concept de report calendaire ouvre d’énormes horizons pour des activités nouvelles notamment pour résoudre le chômage.

La Cour des Comptes par contre pourrait s’inquiéter de la dérive financière de ce soutien à la nouvelle économie de neige artificielle. Les experts patentés du monde financier pourront sans doute comme ils le font en ce moment proposer de résoudre la question avec de la monnaie artificielle , artificielle comme la neige. Et d’expliquer qu’il n’y a rien à craindre puisqu’on a aussi décalé dans le temps aussi l’inflation et les taux d’intérêt. Enfin on l’espère !

Un retour douteux de la croissance au niveau d’avant crise en 2022 ( Lemaire)

Un retour douteux de la croissance au niveau d’avant crise en 2022 ( Lemaire)

 

Même les propos du ministre de l’économie font douter de la reprise en 2022 de la croissance quand il déclare «Il faudra attendre au moins 2022 pour revenir à un niveau d’activité comparable à 2019», a-t-il expliqué. Mais le défi reste immense: «la crise sera longue, dure (…) C’est une prévision très volontariste. Il faut en avoir conscience», a admis le ministre.

Pourtant les chiffres sont têtus; en effet, pour l’année 2020 la France fera partie des pays modernes les plus touchés par la baisse d’activité. La régression du produit intérieur brut va atteindre au moins 11 %. L’année prochaine, les institutions financières internationales prévoient seulement une croissance de 5 %. Il faudrait donc un taux de croissance assez exceptionnelle en 2022 pour revenir au niveau de 2019. Cela d’autant plus que si la crise sanitaire a affecté évidemment très fortement la conjoncture économique, déjà en  2019 s’amorçait une baisse tendancielle de la croissance en fin de cette année. En outre ,il faut aussi prendre en compte le fait que lorsque la crise sanitaire sera enfin maîtrisée peut-être précisément début 2022 commenceront les mises en œuvre de politiques budgétaires destinées à assainir les comptes financiers qui dérivent complètement actuellement. Ainsi par exemple la dette est-elle passée de 100 % du PIB  à 120 % en quelques mois. Les déficits sont énormes pour le budget comme pour les comptes sociaux, sans parler de ceux des entreprises notamment des secteurs très fragilisés. Il y au ra sans doute une reprise à partir de 2022 mais elle sera très progressive car il faudra absorber le choc thérapeutique de l’enflure de l’endettement.

Le remboursement de cette dette passera par «la croissance, la responsabilité et les reforme», selon le ministre. «Nous ferons de la croissance avec le plan de relance qui fonctionne déjà bien. Il faudra sans doute compléter encore des mesures de soutien. Nous mettons de l’argent pour investir. Il faut enfin des réformes de structure, la première étant celle des retraites. On n’a rien abandonné. C’est clairement le premier chantier», prévient-il. La vérité c’est que le gouvernement est certainement dans le brouillard quant à l’avenir économique et financier cela d’autant plus que la crise de l’endettement concerne une grande partie du monde et qu’il faudra bien un jour ou l’autre payait le prix de la prodigalité de la machine à billets.

Suez-Veolia-Engie: » débrouillez-vous » ! ( Lemaire)

Suez-Veolia-Engie: » débrouillez-vous » !  ( Lemaire)

Ce n’est pas exactement ce que dit le ministre de l’économie mais cela y ressemble quand il affirme : « que chacun prenne ses responsabilités ». Autrement dit, il ne fixe aucune perspective, aucun cadre et démontre que l’État ne sert à rien dans une opération de mécano capitalistique qui touche l’intérêt général puisqu’il s’agit de la gestion de l’eau et des déchets notamment. Dans le Figaro, Bruno Lemaire fait la démonstration de son impuissance alors qu’il pouvait parfaitement bloquer les actions que possède Engie dans Suez puisque l’État français est très dominant dans le capital d’Engie. L’interview de Bruno Lemaire le Figaro:

L’État a été mis en minorité chez Engie et n’a pas pu empêcher la vente de sa participation dans Suez à Veolia. Est-ce un échec personnel?

Bruno LE MAIRE. - Il n’y a rien de personnel dans des décisions qui engagent des dizaines de milliers de salariés, l’industrie française et la place de l’État. Ce vote résulte de l’arithmétique: l’État a trois voix sur treize au conseil d’administration d’Engie. Il a exprimé son choix, la majorité du conseil en a exprimé un autre. Cela est déjà arrivé dans d’autres occasions, notamment sur les rémunérations de dirigeants d’entreprise.

Dans le dossier Suez, c’était le rôle de l’État d’affirmer que les décisions stratégiques d’une entreprise ne peuvent pas être prises sur la seule base de ses intérêts financiers. La responsabilité du conseil allait au-delà du prix payé à Engie pour sa participation dans Suez. Avions-nous des assurances suffisantes sur l’emploi? Non. Avions-nous des assurances fermes sur la préservation de la concurrence? Non.

Il est clair pourtant que l’État avait possibilité de geler la vente immédiate des actions Suez possédées par Engie. En cas de refus, il suffisait de changer le patron d’Engie qui s’est aussi précipitée dans cette opération douteuse afin d’affirmer son autorité avant l’arrivée de la nouvelle directrice générale chargée de remettre de l’ordre dans une entreprise dont la stratégie est pour le moins confuse et les résultats insuffisants.

1234



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol