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Sondages législatives : le camp de Macron en tête du nombre de députés

Sondages législatives : le camp de Macron en tête du nombre  de députés

 

Pas de changement significatif des prévisions pour le second tour dans un  sondage Ifop-Fiducial pour LCI et Sud radio. Le camp de Macron obtiendrait la majorité mais pas forcément absolue. La gauche radicale, elle, confirme sa percée mais sans remettre en cause la majorité de Macron. Ce sondage confirme aussi que la NUPES de Mélenchon est handicapée par le manque de potentiel de réserves de voix. À l’inverse de Macron qui peut compter au moins sur le report de certaines voies qui s esont portées sur les Républicains au premier tour. 

La coalition présidentielle obtiendrait donc entre 265 et 300 sièges au second tour des législatives, contre 180 à 210 pour la Nupes.

Cette enquête marque un très léger recul pour la coalition de la majorité réunie sous la bannière Ensemble! par rapport au précédent sondage Ifop-Fiducial, publié le 10 juin, qui lui donnait entre 270 et 305 sièges. Les projections sont inchangées en ce qui concerne la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes).

Dans le sondage publié ce mercredi, Les Républicains, l’UDI et les Centristes obtiendraient 40 à 65 sièges et le Rassemblement National entre 20 et 40 sièges dimanche au second tour.

Le sondage Ifop-Fiducial pour LCI et Sud radio a été réalisé les 14 et 15 juin par questionnaire auto-administré en ligne sur un échantillon de 1400 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Elections Législatives : des députés non représentatifs

Elections Législatives : des députés non représentatifs

 

Une nouvelle fois le taux d’abstention met en cause le fonctionnement démocratique. Ainsi ce taux d’abstention autour de 50 % se traduit par l’élection de députés qui n’auront obtenu en moyenne que 12,5 % des inscrits.

Globalement le taux d’abstention est même supérieur à 50 % car il faut ajouter autour de 15 % de non-inscrits ou de mal inscrits.

Si l’on tient seulement compte de la population inscrite sur les listes électorales chaque député en moyenne ne pourra revendiquer premier tour qu’un peu plus de 10 %. Au soir du premier tour la majorité est à peu près et à égalité avec la gauche avec chacun 25 % environ des voix des inscrits soient effectivement en moyenne un peu plus de 10 %. La question s’était déjà posée pour d’autres élections avec des élus qui ne sont absolument pas représentatifs. C’était en particulier le cas lors des dernières élections locales et les dernières élections régionales. C’est le résultat du système à deux tours en France. La question de la représentation via  des élections proportionnelles est posée depuis longtemps, promise mais jamais mise en œuvre.

Certes le système français assure une certaine stabilité politique. Le problème c’est que d’une part les élus ne sont pas représentatifs en moyenne et qu’au deuxième tour ils doivent leur élection aux voix d’un parti opposé. C’était le cas y compris lors de l’élection présidentielle de Macron qui a bénéficié du soutien de Mélenchon. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner de l’ambiguïté des politiques poursuivies puisque en réalité le mandat des élus demeure particulièrement flou en plus d’être très minoritaire.

Elections législatives : entre abstention et recomposition

Elections  législatives : entre abstention et recomposition 

ANALYSE. Abstention record, coalition de gauche bien installée face à la coalition présidentielle : ce qu’il faut retenir de ce premier tour des législatives. Par Julien Robin, Université de Montréal.

Au soir du premier tour des élections législatives, la majorité présidentielle (Ensemble) recueille la majorité des suffrages (25,75 %), au coude à coude avec la NUPES (Nouvelle union populaire écologique et sociale) obtenant 25,66 % des suffrages et devant Rassemblement avec 18,68 % des voix. Alors, au regard de ces résultats, quelles sont les clefs de lecture de ce premier tour ?

Le premier tour de ces élections législatives se solde d’abord par une forte abstention, atteignant les 52,61 %, soit 1,3 point de plus qu’en 2017. Ce niveau d’abstention s’inscrit dans une tendance de fond, avec une hausse continue depuis les élections législatives de 1993.

Une des raisons de la croissance abstentionniste aux législatives peut être institutionnelle. La réforme du quinquennat en 2000, alignant les mandats présidentiels et législatifs, conjuguée à l’inversion du calendrier électoral (la présidentielle précédant les législatives) ont renforcé la présidentialisation du régime et affaiblit la place du Parlement.

Une autre raison peut être conjoncturelle. Comme le rappelle le journaliste Gérard Courtois, depuis 1981, la logique politique voulait que dans la lignée de l’élection présidentielle, il fallait donner une majorité à l’Assemblée nationale pour le président nouvellement élu (François Mitterrand ayant dissout l’Assemblée nationale après ses deux élections présidentielles en 1981 et en 1988). Or, cette année, les deux camps arrivés en tête à la présidentielle (LREM devenu Renaissance et le Rassemblement national) ont mené une campagne législative quasi inexistante.

D’un côté, le président Macron semble avoir opté pour une « stratégie du chloroforme » en se faisant discret lors de cette campagne, mais aussi en temporisant la nomination d’un nouveau gouvernement (trois semaines après sa réélection). De l’autre, Marine Le Pen semblait s’avouer déjà vaincue en ne visant qu’une soixantaine de députés RN à l’Assemblée et était devenue moins visible dans les médias, à tel point que l’on s’est demandé où elle était passée.

En conséquence, cette campagne législative n’aura intéressé que 15 % des Français et n’aura pas été marquée par un thème central lors des débats.

La création de la NUPES a rappelé les grandes heures de la gauche unifiée (le Front Populaire de 1936 ou le Programme Commun de 1972) et a tenté d’insuffler une nouvelle dynamique pour ces législatives. Le slogan « Jean-Luc Mélenchon Premier ministre » adopté par la coalition aura personnifié et nationalisé ces élections et la stratégie du « troisième tour » suit finalement la logique de présidentialisation du régime.

La forte mobilisation (notamment médiatique) de la NUPES conjuguée à une campagne en demi-teinte de la majorité présidentielle peuvent alors expliquer la surprise de cette élection : pour la première fois sous la Ve République, le camp présidentiel n’obtient pas une franche majorité des suffrages exprimés lors du premier tour des élections législatives. Dès lors, il se pourrait que la « macronie » ne dispose pas de la majorité absolue au soir du second tour de cette élection.

Elections Législatives : tous perdants

Elections  Législatives : tous perdants

 

On ne peut pas dire qu’il y avait un grand enthousiasme dans les déclarations des différents leaders politiques à la suite du résultat premier tour des législatives. La vérité oblige à dire qu’il n’y a pas de vrai vainqueur. On peut même considérer qu’il n’y a que des perdants. Le premier perdant est évidemment le camp de Macron qui ne réalise même pas son score du premier tour présidentiel  et se trouve tout juste à égalité avec l’union de Mélenchon. Ce dernier n’a pas non plus gagné son pari il visait à contraindre Macron à le choisir comme premier ministre. On est loin du compte dans toutes les hypothèses mêmes s’il faut reconnaître le redressement très significatif de la gauche radicale. De son côté le rassemblement national a perdu sa place de premier parti d’opposition avec un peu moins de 19 %.

Au total, la plupart des grands partis sont perdants. Ils ne sont d’ailleurs guère représentatifs puisqu’en moyenne chaque député n’aura réuni que de l’ordre de 10 % au premier tour.

Avec de tels résultats, la crise démocratique ne pourra que s’amplifier. Une crise d’ailleurs générale puisque l’abstention de l(ordre de 50 % montre le désintérêt de la plupart des citoyens pour les élections aussi  bien législatives que régionales ou locales. (il faut ajouter les non-inscrits et les mal inscrits soient 10 à 20 %)

La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a obtenu 25,66% des voix, dimanche 12 juin, lors du premier tour des élections législatives 2022, selon le ministère de l’Intérieur. L’alliance de gauche est au coude-à-coude avec celle de la majorité présidentielle, Ensemble !, qui récolte 25,75% des suffrages. Le  Rassemblement national arrive troisième avec 18,68% des voix. Le parti d’extrême droite est suivi par la droite : Les Républicains, l’UDI et les divers droite récoltent 13,62% des suffrages.Quant à Eric Zemmour, il  disparaît du champ politique.

 

Législatives : Enjeux du second tour

Législatives : Enjeux du second tour

 

 

Le premier enjeu est sans doute démocratique dans la mesure l’abstention risque encore d’être historique. Plus d’un Français sur deux et 60 à 70 % si on tient compte aussi des non-inscrits n’ont pas répondu à la sollicitation électorale de dimanche dernier. Il serait très étonnant que le taux de participation du second tour soit supérieur à celui du premier. En effet nombre d’électeurs attend l’élimination du candidat choisi au premier tour ne se déplaceront pas au second. Conclusion le taux d’abstention risque d’être encore supérieur.

Ce taux d’abstention pose un problème démocratique majeur dans la mesure où les députés en moyenne vont être élus après avoir recueilli tout juste un peu plus de 10 % des seuls inscrits au premier tour

Au total, plus d’un électeur sur deux a déserté les urnes (52,49%) selon les résultats encore provisoires du ministère de de l’Intérieur. La proportion d’abstentionnistes est légèrement plus forte qu’il y a cinq ans lorsqu’elle avait atteint la barre des 51,4%. Au second tour, elle avait même atteint 57,36%.

Le second enjeu est sans doute  de savoir si la majorité dite ensemble aura une majorité absolue ou relative à l’assemblée. Cet objectif de majorité absolue semble bien difficile à atteindre et il vraisemblable que le parti de Macron devra passer des accords avec les Républicains.

De son côté la gauche NUPES devrait conforter son résultat  mais son problème et surtout son absence de réservoir de voix ( sauf report assez hypothétique des Républicains, d’Ensemble ou du Front National ) et la perspective d’une majorité à l’assemblée paraît assez illusoire.

Le leader de cette alliance, Jean-Luc Mélenchon, qui avait présenté les législatives comme le  »troisième tour de la présidentielle », a aussitôt appelé les électeurs de gauche « à déferler dimanche prochain » pour le second tour. A ce stade, il est difficile de tabler sur une victoire tranchée de cette union compte tenu du faible report de voix possible en faveur de la Nupes.

En revanche, le poids de la gauche au sein de l’hémicycle devrait changer les rapports de force après la déroute des socialistes de 2017. « En se positionnant désormais au centre de gravité de la gauche, LFI pourrait prendre les commandes de la première force d’opposition à l’Assemblée nationale. 

Elections Législatives : des députés non représentatifs

Elections Législatives : des députés non représentatifs

 

Une nouvelle fois le taux d’abstention met en cause le fonctionnement démocratique. Ainsi ce taux d’abstention autour de 50 % se traduit par l’élection de députés qui n’auront obtenu en moyenne que 12,5 % des inscrits.

Globalement le taux d’abstention est même supérieur à 50 % car il faut ajouter autour de 15 % de non-inscrits ou de mal inscrits.

Si l’on tient seulement compte de la population inscrite sur les listes électorales chaque député en moyenne ne pourra revendiquer premier tour qu’un peu plus de 10 %. Au soir du premier tour la majorité est à peu près et à égalité avec la gauche avec chacun 25 % environ des voix des inscrits soient effectivement en moyenne un peu plus de 10 %. La question s’était déjà posée pour d’autres élections avec des élus qui ne sont absolument pas représentatifs. C’était en particulier le cas lors des dernières élections locales et les dernières élections régionales. C’est le résultat du système à deux tours en France. La question de la représentation via  des élections proportionnelles est posée depuis longtemps, promise mais jamais mise en œuvre.

Certes le système français assure une certaine stabilité politique. Le problème c’est que d’une part les élus ne sont pas représentatifs en moyenne et qu’au deuxième tour ils doivent leur élection aux voix d’un parti opposé. C’était le cas y compris lors de l’élection présidentielle de Macron qui a bénéficié du soutien de Mélenchon. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner de l’ambiguïté des politiques poursuivies puisque en réalité le mandat des élus demeure particulièrement flou en plus d’être très minoritaire.

Législatives 2022 : leçons du scrutin

Législatives 2022 : leçons du scrutin

 

Marqué par un nouveau record d’abstention, le premier tour des élections législatives est un indéniable revers pour Emmanuel Macron, dont le score est inférieur à celui de sa réélection et dont l’assise électorale se retrouve, pour l’heure, plus étroite que celle de tous ses prédécesseurs, analyse le directeur du « Monde », Jérôme Fenoglio.

 

Une seule majorité aura émergé du premier tour des élections législatives, dimanche 12 juin. Celle, très nette, des non-votants. Pour la seconde fois de l’histoire de la Ve République, le nombre des abstentionnistes y excède la moitié du corps électoral : 52,48 % pour ce nouveau record établi après les 51,30 % de 2017.

A ce désastre démocratique, plusieurs causes ont été identifiées depuis longtemps. Il suffit de suivre l’effondrement de la courbe de participation depuis la mise en place du quinquennat, il y a vingt ans, pour s’assurer qu’avec cette réforme la présidentialisation de notre régime pèse d’un poids encore accru, qui dévitalise le scrutin parlementaire. Plus récemment, la crise de la représentation a encore accentué le trouble sur la figure du député, dont la place intermédiaire, entre enracinement local et rôle national, paraît de moins en moins comprise.

A l’étude de ces facteurs de longue durée, les politologues pourront ajouter celle du phénomène très particulier qui vient de se produire, au cours des semaines qui ont suivi la réélection d’Emmanuel Macron. Le président, et les responsables de son camp, ont eux-mêmes choisi de s’abstenir… d’argumenter, de clarifier, de débattre, bref, de jouer un rôle central d’animateurs de cette campagne électorale. Peut-être par confiance excessive dans l’ordre des choses : jusqu’à présent, les législatives ont accordé une prime aux vainqueurs de la présidentielle, et rien à ses perdants. Sans doute aussi par calcul, une faible participation ne constituant pas forcément une mauvaise nouvelle pour une formation politique qui peut compter sur des électeurs plus aisés, plus diplômés, plus âgés, toutes catégories plus enclines à se déplacer pour voter.

Cette tactique s’est retournée contre ses promoteurs, frappés, au soir du premier tour, par la démobilisation de leur camp. C’est un indéniable revers pour Emmanuel Macron, dont le score est inférieur à celui de sa réélection, et dont l’assise électorale se retrouve, pour l’heure, plus étroite que celle de tous ses prédécesseurs. C’est une victoire provisoire pour la coalition qui s’est formée autour de Jean-Luc Mélenchon, qui a réussi à créer la dynamique inverse : puiser dans son élimination au premier tour de la présidentielle un élan pour ces législatives. L’union des partis de gauche autour de sa personne ne leur vaut pas un score supérieur à l’addition de leurs voix obtenues en 2017. Mais leur unité a fait sauter le verrou du scrutin majoritaire, en leur ouvrant les portes de près de 400 seconds tours dimanche prochain.

En l’état des projections de vote, il est très peu probable que l’issue de ces duels offre à M. Mélenchon le poste de premier ministre de cohabitation qu’il revendique depuis huit semaines. Sa coalition, qui devrait constituer une puissante force d’opposition, n’en menace pas moins de contraindre la taille de la majorité présidentielle. Comme si l’avantage donné par la position centrale du « en même temps » commençait par être érodé par une résurgence inattendue du clivage droite-gauche. Attaqué sur sa gauche, le parti présidentiel pourrait se retrouver fort dépendant de sa droite. Au sein même de sa coalition Ensemble !, si une majorité absolue étroite plaçait les formations d’Edouard Philippe et de François Bayrou en position de force. Voire vis-à-vis du groupe que formeront les députés LR, en passe de sauver nombre de leurs sièges, si la majorité ne devait être que relative.

Ces mouvements souterrains n’ont pas pour autant fissuré le troisième bloc de la présidentielle. Avec le record d’abstention, c’est l’autre source d’inquiétude de ce scrutin : le Rassemblement national de Marine Le Pen progresse significativement par rapport à son score de 2017. En dépit de sa campagne nonchalante, la candidate d’extrême droite ne voit pas, pour la première fois, sa formation retomber lourdement. Et la présence de 208 de ses candidats au second tour impose une clarté dont a malheureusement manqué le parti présidentiel, dimanche soir, en laissant entendre qu’il ne donnerait pas de consigne de vote nationale contre le RN, à rebours de la position prise par certains de ses membres. Lundi matin, il semblait évoluer sans pour autant appeler clairement au front républicain.

Entre partis républicains, la mobilisation contre l’extrême droite ne saurait être invoquée au gré des circonstances. Le parti de M. Macron ne peut appeler à lui faire barrage pour accéder ou se maintenir au pouvoir, puis ne pas s’appliquer à lui-même cet impératif, sauf à renier son identité et les valeurs qu’il prétend siennes. Dans le paysage mouvant de cet entre-deux-tours, cette clarification, et ce rejet sans ambiguïté de tout cynisme électoraliste, s’imposent sans délai.

Elections Législatives: une claque pour Macron et changement de gouvernement en vue

Elections Législatives: une claque  pour Macron et changement de gouvernement en vue

Un papier de Challenge souligne l’humiliation subie par le chef de l’État, un fait sans précédent sous la Ve République ; en effet le chef de l’État ne retrouve même pas son score du premier tour des présidentielles. Du coup, il devrait être contraint pour obtenir une majorité à l’assemblée de passer des alliances avec les Républicains. Et il pourrait être amené à changer du gouvernement d’autant que la première Ministre n’a pas réussi  à marquer de son empreinte la vie politique

 

Ce n’est pas une bérézina. Quoiqu’il arrive, le 20 juin, au lendemain du second tour des élections législatives, le parti présidentiel devrait disposer du premier groupe au Parlement. Avec une courte majorité. Ou pas. Dans le premier cas, il sera à la merci de ses alliés du Modem ou d’Horizons. Dans le deuxième cas, il devra faire appel à des supplétifs, sans doute des élus LR. Emmanuel Macron pourra alors bénéficier des services de l’agent recruteur Nicolas Sarkozy. Dans les deux hypothèses le président se prépare à des jours difficiles. Le voilà placé sous tutelle, dès le début de son deuxième quinquennat. Ce n’est pas glorieux.

Pas une bérézina, donc, mais une gifle, une claque, une baffe… Quelque chose d’humiliant. Administré par plus fort que soi. Qui vous laisse un peu chancelant. Il est vrai que le score est humiliant. 25,2% contre 25,6% contre pour la Nupes au dernier décompte de 21h30. Même s’il s’agit de quelques déciles, se faire doubler par une coalition brinquebalante bricolée en deux temps trois mouvements au lendemain de la présidentielle, et dirigée par un homme fantasque, est pour le moins mortifiant, pour Emmanuel Macron. Surtout quand on se souvient qu’en 2017, au lendemain de son élection, il avait 350 députés sur 577.

LIRE AUSSIRetrouvez les temps forts de la soirée électorale

 

Des ballotages difficiles en vue

Jamais, jamais dans l’histoire de la Vème République, au lendemain d’une victoire à la présidence de la République, le parti présidentiel n’a été défait. A force de ne rien dire, de peur de donner des arguments à leurs adversaires, les macronistes ont disparu de l’écran politique. Le catenaccio (du mot italien verrou), tactique de jeu utilisée en football pour bloquer l’attaque adverse, ne fonctionne que si l’équipe à des bases défensives solides. Or qu’y avait-il de solide dans cette équipe? La réforme des retraites? Oui, mais non, peut-être pas 65 ans. Réduire les déficits? Oui, mais en faisant des chèques énergie, des chèques pouvoir d’achat, en revalorisant l’indice des traitements de la fonction publique… Réformer les institutions  Oui certainement mais en réunissant un nouvel organe consultatif pas encore constitué. Rien n’a été verrouillé, en somme. Par peur de heurter ou l’électorat de gauche ou l’électorat de droite. Le résultat est là.

Pas une bérézina, donc, mais une gifle car nombre de personnalités de premier plan comme Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologiste, Clément Beaune, ministre des Affaires européennes, Ricard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, ou Christophe Castaner, président du groupe LREM doivent affronter un ballotage difficile. Jean-Michel Blanquer, étoile du premier quinquennat a, lui, été éliminé sèchement dès le premier tour.

 

Certes, Gabriel Attal, Olivier Véran, Gérald Darmanin, Olivier Dussopt, Frank Riester, tirent bien leur épingle du jeu. Et le second tour peut réserver des surprises. Mais si au second tour, le président n’obtient pas la majorité, il devra repenser son gouvernement, car il sera difficile de rallier des élus Républicains, avec une Première ministre venue du PS.

Elections Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

Elections Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

 

Malgré des prévisions de croissance à la baisse, le retour de l’inflation et la remontée des taux, les responsables politiques ont fait abstraction de ce changement de conjoncture et affichent des programmes coûteux. (papier du Monde)

 

La fête est finie. Mais qui le sait ? Bercés par les illusions du « quoi qu’il en coûte », de l’argent gratuit, d’un endettement sans douleur, d’une reprise économique vigoureuse qui laissait espérer des lendemains qui chantent, les Français doivent se préparer à un atterrissage compliqué.

Depuis quelques mois, les nuages s’amoncellent. Les prévisionnistes sont à l’unisson pour réviser franchement à la baisse les perspectives de croissance, avec, à la clé, des recettes budgétaires moins importantes que prévu. L’inflation fait un retour fracassant en dévorant le pouvoir d’achat des plus fragiles. La Banque centrale européenne (BCE), qui s’est laissé surprendre par la vigueur de la hausse des prix, est poussée à agir. Jeudi 9 juin, l’institution monétaire a annoncé son premier relèvement des taux directeurs depuis une décennie, augurant une soutenabilité de la dette plus compliquée. Mais qui s’en soucie ?

A aucun moment durant cette étrange campagne des élections législatives, les responsables politiques n’ont voulu évoquer ce changement de conjoncture. Ils ont fait comme si les hypothèses économiques qui sous-tendaient la campagne présidentielle tenaient encore. Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas eu un mot pour évoquer le risque de renchérissement de la dette publique, qui dépasse actuellement 110 % de la richesse nationale. Ils continuent de s’accrocher à l’idée que les milliards d’investissements publics nécessités par la transition écologique, le nouveau contrat pour l’école ou la remise à flot de l’hôpital public pourront être financés sans hausse d’impôt, pourvu que les Français acceptent de travailler plus. Et, jour après jour, ils dévoilent de coûteuses mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat.

Certes, le gouvernement français peut se targuer d’avoir, par un train de mesures ponctuelles et rapides, mieux contenu la hausse des prix que ses voisins. La plupart de ses annonces sont en outre calibrées de façon à éviter une spirale prix-salaires qui viendrait nourrir durablement l’inflation. Mais, en n’osant pas insister sur l’état réel de la conjoncture, en mettant exclusivement le focus sur le pouvoir d’achat, il donne l’impression d’être électoralement sur la défensive. Le flou persistant autour de son très impopulaire projet de réformes des retraites vient encore accroître le malaise.

En face, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) menée par Jean-Luc Mélenchon s’est imposée comme la principale force d’opposition. Son projet économique repose sur la relance de la consommation populaire, la taxation des plus riches et la réduction du volume de travail. Les 250 milliards d’euros de dépenses supplémentaires prévues chaque année sont censés faire rentrer dans les caisses de l’Etat 267 milliards d’euros. Le chiffrage est cependant contesté par la majorité des économistes, qui soulignent en outre deux dangers : une aggravation du déficit commercial par accroissement massif des importations et le risque d’explosion de la dette à un niveau inacceptable pour nos partenaires européens.

L’incontestable dynamique de la Nupes a conduit le chef de l’Etat à concentrer le tir sur le projet de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a qualifié de « désordre et de soumission ». Le durcissement de ses critiques est aussi un aveu de faiblesse. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron expliquait que, pour faire accepter leur action, les gouvernants devaient impérativement les expliquer. Plus la conjoncture s’assombrit, plus l’indispensable pédagogie se révèle difficile à assumer.

Législatives : des députés non représentatifs

Législatives : des députés non représentatifs

 

Une nouvelle fois le taux d’abstention met en cause le fonctionnement démocratique. Ainsi ce taux d’abstention autour de 50 % se traduit par l’élection de députés qui n’auront obtenu en moyenne que 12,5 % des inscrits.

Globalement le taux d’abstention est même supérieur à 50 % car il faut ajouter autour de 15 % de non-inscrits ou de mal inscrits.

Si l’on tient seulement compte de la population inscrite sur les listes électorales chaque député en moyenne ne pourra revendiquer premier tour qu’un peu plus de 10 %. Au soir du premier tour la majorité est à peu près et à égalité avec la gauche avec chacun 25 % environ des voix des inscrits soient effectivement en moyenne un peu plus de 10 %. La question s’était déjà posée pour d’autres élections avec des élus qui ne sont absolument pas représentatifs. C’était en particulier le cas lors des dernières élections locales et les dernières élections régionales. C’est le résultat du système à deux tours en France. La question de la représentation via  des élections proportionnelles est posée depuis longtemps, promise mais jamais mise en œuvre.

Certes le système français assure une certaine stabilité politique. Le problème c’est que d’une part les élus ne sont pas représentatifs en moyenne et qu’au deuxième tour ils doivent leur élection aux voix d’un parti opposé. C’était le cas y compris lors de l’élection présidentielle de Macron qui a bénéficié du soutien de Mélenchon. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner de l’ambiguïté des politiques poursuivies puisque en réalité le mandat des élus demeure particulièrement flou en plus d’être très minoritaire.

Législatives : la majorité de Macron dérape

Législatives : la majorité de Macron dérape

 

L’élément le plus significatif de ces législatives résident sans doute dans le dérapage de la majorité de Macon. Une majorité qui passe de 32 % obtenus aux Législatives de 2017 à 26 %, autant que Mélenchon.

Après une campagne atone et dans un contexte d’abstention record de 52,49 %, Ensemble (25,81 %) est même  légèrement devancé par la Nupes (26,10 %), selon les résultats du premier tour du scrutin.

Emmanuel Macron avait choisi la « stratégie du chloroforme », selon ses opposants, pour tenter d’amortir l’impact d’un scrutin que les stratèges de la majorité sortante abordaient la boule au ventre explique France Info

A l’exception d’un texte sur le pouvoir d’achat, promis pour le début de l’été, le chef de l’Etat s’est volontairement rendu immobile pendant les sept semaines qui ont séparé le second tour de la présidentielle du premier tour des législatives, esquivant les points clivants de son programme, à commencer par la réforme des retraites. Ce n’est que dans les derniers jours que Macron a sorti de son chapeau un nouveau gadget le « Conseil national de la rénovation ». Une proposition qui n’a guère enthousiasmé la classe politique et d’une façon plus générale la société. D’une certaine façon avec cette propositions Macron réinventait l’eau chaude. Une curieuse proposition faisant doublon avec le Parlement qui justement a pour rôle de décider des nouvelles orientations pour le pays. Cela n’a pas suffi à endiguer la dynamique de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), qui dépasse, avec 26,10 % des voix au niveau national, les troupes macronistes d’Ensemble ! (25,81 %) selon les résultats définitifs.

 

Selon les projections d’Ipsos-Sopra Steria, la coalition présidentielle risque, avec 255 à 295 députés, de ne pas bénéficier de la majorité absolue à l’issue du second tour, le 19 juin, dont le seuil est fixé à 289 sièges.

Un dévissage précoce

La déconvenue est d’ores et déjà manifeste si l’on compare le score des macronistes aux 32,33 % qu’ils avaient obtenus au premier tour des législatives de 2017. Les candidats d’Ensemble ! ne parviennent même pas à égaler le résultat du chef de l’Etat au premier tour de la présidentielle, il y a moins de deux mois (27,85 %). Un dévissage précoce, qui envoie un signal d’alarme au locataire de l’Elysée sur la conduite des cinq années à venir. Symbole de cette mauvaise soirée, l’ancien ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, est éliminé dans la 4e circonscription du Loiret, où il s’était parachuté.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Elections législatives 2022 : le parachutage compliqué du candidat Blanquer dans le Loiret

Cette configuration est à mettre au crédit de Jean-Luc Mélenchon, qui est parvenu à allier autour de lui des forces de gauche jusque-là moribondes. Le troisième homme de la présidentielle, qui a uni le Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti communiste français à La France insoumise (LFI) autour du mot d’ordre « Mélenchon premier ministre », a créé une dynamique dans cette élection. La seule, en vérité, tant personne n’a semblé s’intéresser à ce scrutin pourtant déterminant dans l’équilibre politique du second quinquennat d’Emmanuel Macron.

Législatives : tous perdants

Législatives : tous perdants

 

On ne peut pas dire qu’il y avait un grand enthousiasme dans les déclarations des différents leaders politiques à la suite du résultat premier tour des législatives. La vérité oblige à dire qu’il n’y a pas de vrai vainqueur. On peut même considérer qu’il n’y a que des perdants. Le premier perdant est évidemment le camp de Macron qui ne réalise même pas son score du premier tour présidentiel  et se trouve tout juste à égalité avec l’union de Mélenchon. Ce dernier n’a pas non plus gagné son pari il visait à contraindre Macron à le choisir comme premier ministre. On est loin du compte dans toutes les hypothèses mêmes s’il faut reconnaître le redressement très significatif de la gauche radicale. De son côté le rassemblement national a perdu sa place de premier parti d’opposition avec un peu moins de 19 %.

Au total, la plupart des grands partis sont perdants. Ils ne sont d’ailleurs guère représentatifs puisqu’en moyenne chaque député n’aura réuni que de l’ordre de 10 % au premier tour.

Avec de tels résultats, la crise démocratique ne pourra que s’amplifier. Une crise d’ailleurs générale puisque l’abstention de l(ordre de 50 % montre le désintérêt de la plupart des citoyens pour les élections aussi  bien législatives que régionales ou locales. (il faut ajouter les non-inscrits et les mal inscrits soient 10 à 20 %)

La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a obtenu 25,66% des voix, dimanche 12 juin, lors du premier tour des élections législatives 2022, selon le ministère de l’Intérieur. L’alliance de gauche est au coude-à-coude avec celle de la majorité présidentielle, Ensemble !, qui récolte 25,75% des suffrages. Le  Rassemblement national arrive troisième avec 18,68% des voix. Le parti d’extrême droite est suivi par la droite : Les Républicains, l’UDI et les divers droite récoltent 13,62% des suffrages.Quant à Eric Zemmour, il  disparaît du champ politique.

 

 

Elections Législatives: le choix entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale !

Elections Législatives: le choix entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale !

 

Selon  les sondages, le premier parti politique en France, et de très loin, devrait encore être celui de ceux  qui ne votent  pas. C’est-à-dire ce qui ne se rendent pas aux urnes et ceux qui sont mal inscrits ou pas du tout. Soit 60 à 70 % des Français. Rien d’étonnant à cela car si les Français ne sont pas sans reproche comte  tenu notamment de leurs contradictions, la crise politique est cependant imputable à une offre politique un peu surréaliste.

 

Il s’agit en effet de choisir lors de ces législatives de juin 2022 entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale. Les autres courants de pensée sont complètement marginalisés ou en voie d’extinction.

Il y a d’abord évidemment le courant majoritaire représenté par Macron, c’est-à-dire cette espèce de néo ultralibéralisme qui considère que la régulation du marché peut résoudre seule  l’offre  et la demande non seulement dans le domaine marchand mais aussi dans les champs d’intérêt régalien. Juste une preuve quand on sollicite  de façon aussi massive à des cabinets privés sur la question centrale de l’évaluation et l’orientation  des politiques publiques. En plus avec une dimension quasi évidente de retours financiers pour le parti du président. Et la découverte pour compenser d’un accord de non-imposition du fameux cabinet d’expertise . C’est cette politique ultralibérale qui a rendement favorisé l’affaiblissement de la France concernant sa situation industrielle et la décomposition de l’État. Une décomposition de l’État constaté dans de nombreux secteurs stratégiques comme la santé, la sécurité, la recherche, l’éducation.

En face,  les principales forces d’opposition sont celles d’un Front National toujours aussi caricatural qui n’a jamais sérieusement travaillé son programme. À gauche, on trouve son équivalent avec le projet communiste de Mélenchon. Un projet également caractérisé par une incompétence totale sur le plan économique et de graves incertitudes sur les valeurs républicaines voire démocratiques. Un programme qui connaîtrait le sort de celui de 1981: quelques mois d’existence avant le retour à l’austérité. Notons au moins que ces trois forces ont en commun de préférer Poutine au président d’Ukraine.  Ce qui témoigne à l’évidence d’un amateurisme géostratégique , d’une grande cécité politique autant que d’une irresponsabilité vis-à-vis de l’enjeu majeur de la liberté dans le monde et en Europe en particulier

Finalement une énorme majorité de Français ne se retrouvent pas dans ces principales candidatures .

Enfin comment ces trois courants parviennent-ils à faire autant de promesses dans une conjoncture économique, écologique et géopolitique qui tournent à la catastrophe. Pas un mot ou presque sur ce retournement dramatique de situation qui pourrait nous conduire à la stagflation, à la crise climatique et même à une crise de la faim.

 

Politique-Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

Politique-Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

 

Malgré des prévisions de croissance à la baisse, le retour de l’inflation et la remontée des taux, les responsables politiques ont fait abstraction de ce changement de conjoncture et affichent des programmes coûteux. (papier du Monde)

 

La fête est finie. Mais qui le sait ? Bercés par les illusions du « quoi qu’il en coûte », de l’argent gratuit, d’un endettement sans douleur, d’une reprise économique vigoureuse qui laissait espérer des lendemains qui chantent, les Français doivent se préparer à un atterrissage compliqué.

Depuis quelques mois, les nuages s’amoncellent. Les prévisionnistes sont à l’unisson pour réviser franchement à la baisse les perspectives de croissance, avec, à la clé, des recettes budgétaires moins importantes que prévu. L’inflation fait un retour fracassant en dévorant le pouvoir d’achat des plus fragiles. La Banque centrale européenne (BCE), qui s’est laissé surprendre par la vigueur de la hausse des prix, est poussée à agir. Jeudi 9 juin, l’institution monétaire a annoncé son premier relèvement des taux directeurs depuis une décennie, augurant une soutenabilité de la dette plus compliquée. Mais qui s’en soucie ?

A aucun moment durant cette étrange campagne des élections législatives, les responsables politiques n’ont voulu évoquer ce changement de conjoncture. Ils ont fait comme si les hypothèses économiques qui sous-tendaient la campagne présidentielle tenaient encore. Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas eu un mot pour évoquer le risque de renchérissement de la dette publique, qui dépasse actuellement 110 % de la richesse nationale. Ils continuent de s’accrocher à l’idée que les milliards d’investissements publics nécessités par la transition écologique, le nouveau contrat pour l’école ou la remise à flot de l’hôpital public pourront être financés sans hausse d’impôt, pourvu que les Français acceptent de travailler plus. Et, jour après jour, ils dévoilent de coûteuses mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat.

Certes, le gouvernement français peut se targuer d’avoir, par un train de mesures ponctuelles et rapides, mieux contenu la hausse des prix que ses voisins. La plupart de ses annonces sont en outre calibrées de façon à éviter une spirale prix-salaires qui viendrait nourrir durablement l’inflation. Mais, en n’osant pas insister sur l’état réel de la conjoncture, en mettant exclusivement le focus sur le pouvoir d’achat, il donne l’impression d’être électoralement sur la défensive. Le flou persistant autour de son très impopulaire projet de réformes des retraites vient encore accroître le malaise.

En face, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) menée par Jean-Luc Mélenchon s’est imposée comme la principale force d’opposition. Son projet économique repose sur la relance de la consommation populaire, la taxation des plus riches et la réduction du volume de travail. Les 250 milliards d’euros de dépenses supplémentaires prévues chaque année sont censés faire rentrer dans les caisses de l’Etat 267 milliards d’euros. Le chiffrage est cependant contesté par la majorité des économistes, qui soulignent en outre deux dangers : une aggravation du déficit commercial par accroissement massif des importations et le risque d’explosion de la dette à un niveau inacceptable pour nos partenaires européens.

L’incontestable dynamique de la Nupes a conduit le chef de l’Etat à concentrer le tir sur le projet de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a qualifié de « désordre et de soumission ». Le durcissement de ses critiques est aussi un aveu de faiblesse. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron expliquait que, pour faire accepter leur action, les gouvernants devaient impérativement les expliquer. Plus la conjoncture s’assombrit, plus l’indispensable pédagogie se révèle difficile à assumer.

Législatives: L’abstention encore gagnante (Bruno Cautrès, CNRS)

Législatives: L’abstention encore gagnante (Bruno Cautrès, CNRS)

  Le chercheur au CNRS et spécialiste de la vie politique française, Bruno Cautrès estime dans la Tribune que, dans un contexte de campagne électorale atone, la Nupes va qualifier au second tour beaucoup de candidats issus de la gauche. Ce qui pourrait amplement compliquer la tâche du gouvernement. Toutefois, le profil des abstentionnistes pourrait profiter à l’actuelle majorité.

À la veille du premier tour des élections législatives, quel est l’état des rapports de force politiques ?

BRUNO CAUTRÈS - La Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) et la coalition de la majorité présidentielle Ensemble sont au coude-à-coude. Cela fait plusieurs semaines qu’il y a presque match nul entre ces deux mouvements. Ces deux formations tournent respectivement autour de 27%-28% des intentions de vote. Du côté du Rassemblement national (RN), les intentions de vote se situent autour de 20%. Il y a un décrochage entre les deux coalitions et le RN.

Pour l’instant, le scénario est très différent de 2017. Très tôt après le second tour de la présidentielle, la République en Marche avait dominé les intentions de votes et les projections en sièges. Il faut néanmoins rappeler que les rapports de force en intentions de vote ne se traduisent pas forcément de la même manière en projections de sièges à l’Assemblée nationale. Les projections de sièges continuent de donner davantage de députés à la coalition Ensemble qu’à la coalition Nupes. Cet avantage est en train de se réduire. Quand on regarde les projections de la plupart des sondeurs aujourd’hui, la situation est moins favorable qu’il y a deux ou trois semaines.

Les Français ont boudé les urnes à la dernière présidentielle alors que c’est un scrutin traditionnellement mobilisateur. Doit-on s’attendre à une forte abstention dimanche prochain au premier tour des élections législatives ?

Oui, la plupart des indicateurs annoncent une forte abstention, même s’il est difficile de bien estimer son niveau avec des sondages préélectoraux. Même si la campagne est aujourd’hui davantage polarisée sur les tirs de barrage de la majorité contre Jean-Luc Mélenchon, et inversement, le désintérêt des Français pour cette campagne est visible dans les enquêtes, même s’ils la suivent. L’abstention devrait être nettement plus importante qu’à la présidentielle.

À qui pourrait profiter cette abstention ?

La sociologie des abstentionnistes donnerait un avantage à la majorité. Son électorat est composé de seniors, de catégories sociales favorisées. Ces deux caractéristiques sociologiques favorisent la participation. Ce qui est plus difficile à mesurer, c’est le degré de mobilisation dans certaines catégories de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.

La part des Français indécis est-elle encore importante à deux jours du scrutin ?

Elle reste importante. Plus que l’indécision, c’est la difficulté pour les électeurs à bien comprendre le thème principal de cette campagne électorale qui se réduit aujourd’hui à un combat entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.

Le président a accéléré le tempo sur le thème « il me faut une majorité absolue ». Jean-Luc Mélenchon a insisté sur le thème « qu’il ne fallait pas laisser les coudées franches à Emmanuel Macron ». Les Français voient surtout cette campagne comme une simple déclinaison de la campagne présidentielle.

Quel bilan tirez-vous de cette campagne électorale ?

C’est une non-campagne. Il n’y a pas vraiment eu de campagne au sens traditionnel. Nous n’avons pas été submergés d’images de candidats en train de faire campagne. Les candidats n’ont pas vraiment mis en avant des axes de politique publique. La Première ministre, Élisabeth Borne, fait campagne dans une circonscription du Calvados. Le pilote de cette campagne a bien été Emmanuel Macron.

Du côté de la Nupes, il y a eu une vraie dynamique. La mise en œuvre de cette coalition a créé un événement politique de très grande importance. Cette coalition va être un vrai marqueur de ces élections législatives. Cette coalition va qualifier au second tour beaucoup de candidats issus de la gauche. Ce sera sans doute un des résultats spectaculaire de dimanche soir.

Dans un récent billet, vous affirmez que, « si Jean-Luc Mélenchon a incontestablement réussi à transformer une élection de confirmation de la présidentielle en élection à enjeu (imposer une cohabitation à Emmanuel Macron), il lui reste à faire la démonstration que le soufflé n’est pas retombé et que les effets mobilisateurs escomptés auront bien lieu à gauche ». Faut-il s’attendre à une forte mobilisation des électeurs de gauche au premier tour des élections législatives ?

Les sympathisants de la France insoumise (LFI) et ceux de Jean-Luc Mélenchon sont très mobilisés. Dans les électorats de centre gauche du Parti socialiste ou des Verts, c’est un peu moins le cas.

Le Rassemblement national peut-il faire une percée à l’Assemblée nationale ?

Oui, le Rassemblement national aura sans doute plus de députés en 2022 qu’en 2017. Il y a 5 ans, le RN avait fait élire 8 députés au Palais Bourbon. Les députés RN ne devraient pas avoir de mal à former un groupe à l’Assemblée nationale [pour former un groupe à l'Assemblée, il faut au minimum 15 députés élus, Ndlr]. Cela pourrait être un événement très important – ce serait une première depuis les élections législatives de 1986.

Emmanuel Macron a-t-il sous-estimé ses adversaires après les résultats de l’élection présidentielle ?

Emmanuel Macron a voulu faire la même campagne qu’à la présidentielle, c’est-à-dire une non-campagne. Il a tout misé sur le fait que les Français voulait lui donner une majorité. Le chef de l’État s’est sans doute impliqué un peu tard dans cette campagne. La nomination de la Première ministre et la mise en place du gouvernement ont pris beaucoup de temps. Il y a eu une forme d’inertie post-présidentielle.

L’inversion du calendrier entre la présidentielle et les législatives il y a 20 ans a toujours donné une majorité confortable au chef de l’État. Que pourrait-il se passer si Emmanuel Macron n’obtenait pas la majorité absolue ?

Tout dépendra du nombre de sièges qu’il lui manquerait à ce moment-là pour obtenir la majorité absolue, fixée à 289 sièges. S’il ne lui manque que quelques sièges, il pourra sans doute compter sur des rapprochements individuels de députés de centre-droit. Du côté du centre-gauche, ces rapprochements me semblent plus compliqués.

Les députés socialistes qui seront élus seront issus en grande majorité de la coalition de la Nupes. S’il lui manque beaucoup plus de sièges pour former cette majorité, le chef de l’État sera sans doute obligé de faire un accord électoral avec une autre formation politique.

Cette annonce peut signifier la volonté de donner un nouveau souffle à cette campagne et de donner de la perspective en rappelant que le chef de l’État réformateur est toujours là. Ce n’est plus la « start-up nation » de 2017 mais un « changement profond de modèle » basé sur les fondamentaux de l’action publique (santé, école, écologie, production et emploi), nous explique le chef de l’État. Je pense que cette annonce est passée inaperçue chez beaucoup d’électeurs.

Propos recueillis par Grégoire Normand

Élections-Législatives : la grande indifférence !

Élections-Législatives : la grande indifférence !

 

Un article de France Info rend compte de la grande indifférence de l’opinion publique vis-à-vis des prochaines élections législatives. Un constat même partagé au sein de la majorité .

 

 

Quand on les interroge, ils partagent tous le même constat : les législatives n’intéressent pas« Sur le terrain, tout le monde se fout des législatives, il va y avoir une abstention de folie », alerte Sereine Mauborgne, députée LREM sortante du Var, qui se retrouve  »à marteler d’aller voter ». Après l’abstention record de 2017, l’édition de 2022 risque aussi d’être marquée par une faible participation. Selon le baromètre d’Ipsos-Sopra Steria du 23 mai, 47% des interrogés ont l’intention d’aller voter. « C’est un pensum d’accueillir de nouveau les tracts pour les gens, ça ne va pas déplacer les foules », assure encore le député LREM de l’Eure, Fabien Gouttefarde, lui aussi candidat à sa réélection.

Ces élections des 12 et 19 juin sont cruciales pour le parti présidentiel : sans majorité absolue (289 sièges), il sera difficile pour Emmanuel Macron de mettre en œuvre ses promesse de réforme. Or, à moins de dix jours du scrutin, le manque d’implication du président et d’annonces concrètes à distiller sur le terrain inquiètent la majorité« On aimerait bien que le président descende de nouveau dans l’arène et impulse des messages structurants pour cette campagne », souffle un député en campagne.

Emmanuel Macron n’est sorti sur le terrain que mardi avec un déplacement à Cherbourg (Manche) sur le thème de la santé, puis jeudi à Marseille pour parler éducation. Sa précédente apparition remontait au 29 avril dans les Pyrénées. Si aucun des candidats contactés ne doute de remporter ce scrutin, beaucoup constatent un manque d’enthousiasme des électeurs. « Il n’y a pas d’envie, d’appétence pour Macron dans le sens où les gens se diraient : ‘Il va changer nos vies’. On est plutôt dans une forme de continuité avec la présidentielle », observe un candidat LREM.

Un président longtemps absent et une Première ministre, cheffe de la majorité, dont l’implication dans la campagne, déçoit.  »Il nous manque un référent et Borne n’a pas cette ambition. Lors de la première réunion en visio, elle nous a parlé dix minutes », raconte un député sortant, qui dit regretter Edouard Philippe. « Borne ne fait pas beaucoup de déplacements de terrain », juge un autre candidat. La Première ministre, elle-même candidate dans le Calvados, s’y est mise sur le tard. Elle était, par exemple, jeudi, en visite dans trois circonscriptions de l’Essonne pour soutenir les candidats de la majorité.

 

Ce même candidat ajoute : « Surtout qu’il ne se passe rien. » Aucune mesure d’envergure – excepté des annonces sur l’éducation, jeudi – n’a encore été dévoilée sur les thématiques chères aux Français, que sont l’inflation, la santé ou l’écologie. Il faudra attendre, notamment sur le volet pouvoir d’achat, l’après-législatives pour le détail des mesures. Ce qui laisse certains candidats sur leur faim. « J’aimerais bien qu’une mesure forte soit annoncée avant le premier tour », lance ainsi Catherine Osson, députée sortante de la 8e circonscription du Nord. Dans ce département marqué par des difficultés socio-économiques, elle verrait d’un bon œil  »une mesure symbolique et politique » sur le pouvoir d’achat« Ça me manque sur la circo mais bon, après, c’est à moi de porter ces sujets », ajoute-t-elle.

A quelques kilomètres de là, sa collègue de la 12e circonscription, Anne-Laure Cattelot, préfère au contraire que  »le gouvernement nous attende pour travailler ». « Cela permet d’éviter les erreurs type la TVA sociale de Borloo [qui avait coûté des sièges à la droite en 2007] et puis il y a toujours des surinterprétations sur les mesures… Si elles sont de droite, de gauche… »

Faute du détail des mesures du programme présidentiel, les candidats doivent improviser. « Dans les réunions publiques où il n’est déjà pas évident de faire venir du monde, quand on m’interroge sur des mesures concrètes comme le leasing social à 100 euros pour des voitures électriques, on me demande si c’est batterie comprise, rapporte un député sortant. J’ai tendance à dire oui mais on est obligé d’extrapoler. » Un autre candidat acquiesce. « On n’a pas les modalités que ce soit sur la réforme du RSA ou sur le chèque alimentaire. Certes, ce sera à nous de les voter mais on sent que ce n’est pas prêt côté gouvernement. »

A défaut de parler du fond des mesures, la campagne s’est polarisée autour de deux dossiers embarrassants pour le gouvernement : les accusations de viol qui visent le ministre des Solidarités, Damien Abad et la polémique qui a suivi les incidents au Stade de France lors de la finale de la Ligue des champions.  »Les affaires nous polluent un peu, c’est comme ça, il faut gérer et soutenir son gouvernement », assure Catherine Osson. Mais de l’avis de ceux interrogés, ces polémiques, si elles polluent le débat politique dans les médias, ne gênent pas sur le terrain.

« Les gens n’en ont rien à cirer d’Abad ou du Stade de France. »

« On ne m’en a jamais parlé, les gens me parlent de leurs problèmes ou de Macron qui continue à polariser sur sa personne que ce soit en bien ou en mal », abonde Fabien Gouttefarde.

En 2017, la campagne des législatives avait aussi été marquée par des affaires comme celle des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen. Elles avaient conduit, après le scrutin, à la démission de trois ministres, dont François Bayrou. Pourtant, cela n’avait pas empêché Emmanuel Macron d’obtenir une large majorité à l’Assemblée nationale. L’époque était alors au renouvellement de la classe politique avec des candidats venus de différents horizons dont beaucoup n’avaient jamais fait de politique.

L’ambiance est différente à présent.  »Il y a cinq ans, il fallait un nouveau souffle, il y avait un enthousiasme. Cette année, d’un point de vue national, il y a assez peu d’intérêt », note le député de Paris candidat à sa réélection Sylvain Maillard. « En 2017, on était dans le dépassement politique avec des personnalités venues de la droite, de la gauche et de la société civile, relativise Victor Albrecht, candidat LREM dans l’Yonne. On ne peut pas refaire la même chose, les gens savent qui est Macron, on est dans une fidélisation ».

Pour cette génération Macron qui aspire à un second mandat elle aussi, la flamme des débuts n’est plus tout à fait aussi brillante. « Le pouvoir use, lâche un député sortant. Il y a cinq ans, on était facilement affublé du statut du candidat de la réforme. Là, c’est beaucoup plus compliqué. »

Législatives 2022 : Un Parlement sans majorité souhaitable ?

Législatives 2022 :  Un Parlement sans majorité souhaitable ? 

 

La perspective d’une Assemblée nationale dépourvue de majorité « n’est plus de l’ordre de la politique-fiction », explique dans une tribune au « Monde » le polytechnicien et chercheur François Hublet. Pour lui, la nécessité de former des coalitions postélectorales ou de compromis ne peut que renforcer le jeu démocratique.

Une vision évidemment très optimiste car il n’y a guère de points communs idéologiques entre les trois blocs, le bloc néolibéral, le bloc nationaliste et le bloc communiste. Le plus vraisemblable en cas de faiblesse de la majorité c’est qu’on parvienne à un Parlement ingérable. Compte tenu par ailleurs de la crise très grave qui s’annonce sur le plan économique, du climat et de ressources alimentaires, on peut d’ores et déjà faire l’hypothèse que ce gouvernement- comme même l’assemblée nationale- ne pourra pas tenir 5 ans . NDLR

 

Le scénario a longtemps été ignoré des analystes. Trop invraisemblable, trop insolite, trop hypothétique dans un système politique français si longtemps coutumier de la bipolarisation. Et pourtant. Après la publication, ces derniers jours, d’une série de sondages rendant cette issue plausible, la perspective d’une Assemblée nationale dépourvue de majorité n’est plus de l’ordre de la politique-fiction.

La situation, très rare dans l’histoire de la Ve République, mérite qu’on s’y arrête. Les élections législatives des 12 et 19 juin pourraient ne déboucher ni sur une majorité du parti présidentiel ni sur une cohabitation, mais sur un Parlement divisé en quatre blocs dont aucun ne disposerait à lui seul de la majorité des sièges. Ainsi, alors que la majorité s’élève à 289 sièges, une enquête publiée le 1er juin [sondage Elabe pour BFM-TV, L’Express et SFR] permet d’envisager un scénario dans lequel l’alliance présidentielle Ensemble ! obtiendrait 275 élus, contre 180 au mieux pour la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et environ une centaine au total pour la droite et l’extrême droite.

Il va de soi que le Parlement acquerrait, dans ce contexte, un rôle bien plus considérable que lors des législatures passées, y compris celles marquées par une cohabitation. A défaut d’accords politiques structurés, un gouvernement d’une seule force politique s’exposerait à tout instant à la motion de censure d’une opposition supérieure par le nombre. Toute réforme visant à supprimer cette instabilité échouerait probablement pour la même raison. Une dissolution serait hasardeuse, car potentiellement nuisible au parti présidentiel – l’exemple chiraquien le prouve – ou susceptible de reproduire le statu quo. La promesse du chaos ?

En réalité, les Parlements sans majorité « naturelle » sont la norme dans les démocraties européennes. Dans l’Union européenne (UE), seuls six Etats sur vingt-sept (la France, la Grèce, la Hongrie, Malte, la Pologne et le Portugal) voient une unique alliance électorale disposer, à elle seule, d’une majorité parlementaire. Les vingt et un autres Etats membres connaissent des gouvernements de coalition formés sur la base d’accords postélectoraux, voire, pour sept d’entre eux, des gouvernements minoritaires. Dans ce dernier cas, le gouvernement s’appuie sur la tolérance d’une partie de l’opposition parlementaire et noue des alliances ad hoc pour chacun de ses projets de réforme.

Or, une telle concertation interpartisane apparaît plus que jamais nécessaire. Alors que le président français, même largement réélu au second tour, ne dispose pas d’une majorité dans l’opinion pour mener ses réformes – 64 % des personnes interrogées se disaient, à la suite de sa réélection, opposées à la réforme des retraites [sondage Elabe publié le 27 avril], et seules 35 % souhaitent qu’Emmanuel Macron obtienne une majorité parlementaire [sondage BVA du 3 juin] –, la société ne donne carte blanche à aucune force politique. En conséquence, faute d’imposer des compromis, le fait majoritaire peine à produire des décisions disposant d’une base solide dans la population. En plaçant les gouvernants face à la nécessité de la négociation, l’élection d’un Parlement sans majorité viendrait briser cette logique, sans nécessiter pour cela une révision de la Constitution ou du système électoral.

Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

 

Malgré des prévisions de croissance à la baisse, le retour de l’inflation et la remontée des taux, les responsables politiques ont fait abstraction de ce changement de conjoncture et affichent des programmes coûteux. (papier du Monde)

 

La fête est finie. Mais qui le sait ? Bercés par les illusions du « quoi qu’il en coûte », de l’argent gratuit, d’un endettement sans douleur, d’une reprise économique vigoureuse qui laissait espérer des lendemains qui chantent, les Français doivent se préparer à un atterrissage compliqué.

Depuis quelques mois, les nuages s’amoncellent. Les prévisionnistes sont à l’unisson pour réviser franchement à la baisse les perspectives de croissance, avec, à la clé, des recettes budgétaires moins importantes que prévu. L’inflation fait un retour fracassant en dévorant le pouvoir d’achat des plus fragiles. La Banque centrale européenne (BCE), qui s’est laissé surprendre par la vigueur de la hausse des prix, est poussée à agir. Jeudi 9 juin, l’institution monétaire a annoncé son premier relèvement des taux directeurs depuis une décennie, augurant une soutenabilité de la dette plus compliquée. Mais qui s’en soucie ?

A aucun moment durant cette étrange campagne des élections législatives, les responsables politiques n’ont voulu évoquer ce changement de conjoncture. Ils ont fait comme si les hypothèses économiques qui sous-tendaient la campagne présidentielle tenaient encore. Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas eu un mot pour évoquer le risque de renchérissement de la dette publique, qui dépasse actuellement 110 % de la richesse nationale. Ils continuent de s’accrocher à l’idée que les milliards d’investissements publics nécessités par la transition écologique, le nouveau contrat pour l’école ou la remise à flot de l’hôpital public pourront être financés sans hausse d’impôt, pourvu que les Français acceptent de travailler plus. Et, jour après jour, ils dévoilent de coûteuses mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat.

Certes, le gouvernement français peut se targuer d’avoir, par un train de mesures ponctuelles et rapides, mieux contenu la hausse des prix que ses voisins. La plupart de ses annonces sont en outre calibrées de façon à éviter une spirale prix-salaires qui viendrait nourrir durablement l’inflation. Mais, en n’osant pas insister sur l’état réel de la conjoncture, en mettant exclusivement le focus sur le pouvoir d’achat, il donne l’impression d’être électoralement sur la défensive. Le flou persistant autour de son très impopulaire projet de réformes des retraites vient encore accroître le malaise.

En face, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) menée par Jean-Luc Mélenchon s’est imposée comme la principale force d’opposition. Son projet économique repose sur la relance de la consommation populaire, la taxation des plus riches et la réduction du volume de travail. Les 250 milliards d’euros de dépenses supplémentaires prévues chaque année sont censés faire rentrer dans les caisses de l’Etat 267 milliards d’euros. Le chiffrage est cependant contesté par la majorité des économistes, qui soulignent en outre deux dangers : une aggravation du déficit commercial par accroissement massif des importations et le risque d’explosion de la dette à un niveau inacceptable pour nos partenaires européens.

L’incontestable dynamique de la Nupes a conduit le chef de l’Etat à concentrer le tir sur le projet de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a qualifié de « désordre et de soumission ». Le durcissement de ses critiques est aussi un aveu de faiblesse. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron expliquait que, pour faire accepter leur action, les gouvernants devaient impérativement les expliquer. Plus la conjoncture s’assombrit, plus l’indispensable pédagogie se révèle difficile à assumer.

Législatives : vers une abstention massive

Législatives : vers une abstention massive

 

 

En raison du caractère insipide de la campagne électorale, le risque est grand de tenir une assemblée non représentative après le vote des législatives d’avril 2022.

Une double explication sans doute ; d’une part la grande fatigue démocratique après cette interminable campagne électorale depuis les présidentielles d’autre part le fait assez surréaliste que les principales forces ignorent complètement une conjoncture économique, sgéopolitique et climatique qui risque de devenir dramatiques.

Le taux d’abstention pourrait être proche d’environ 50 %; il conviendrait par ailleurs d’y ajouter les 10 à 20 % de non-inscrits ou mal inscrits.

Le niveau de participation est estimé dans les dernières enquêtes entre 45 et 49 %. Cela signifie que le record de la Ve République, atteint en 2017 (48,7 %), pourrait de nouveau être battu.

Dans le détail, si l’on prend l’ultime enquête de chaque institut parue cette semaine, le taux de participation est estimé entre 45 et 49 % par Ipsos et Elabe, et à 46 % par l’Ifop et Odoxa. Fait important à signaler : le désir de se mobiliser n’a pas connu de sursaut ces derniers jours. L’Ifop, par exemple, mesurait ce taux à 48 % à la fin du mois de mai, deux points de plus que le niveau désormais constaté.

Des élections qui peuvent se jouer à des centaines de voix

Par ailleurs, la faible participation attendue jouera directement sur le seuil de qualification. Il faut en effet obtenir 12,5 % des suffrages parmi les électeurs inscrits, et non les voix exprimées, pour accéder au second tour, faute de quoi celui-ci ne sera disputé qu’entre les deux candidats sortis en tête du premier tour (dans l’hypothèse ou le premier ne franchit pas la barre des 50 % des suffrages). Plus la participation sera basse, plus les chances de se qualifier seront donc faibles. A

Législatives: le choix entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale !

Législatives: le choix entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale !

 

D’après les sondages, le premier parti politique en France, et de très loin, devrait encore être celui de ceux  qui ne votent  pas. C’est-à-dire ce qui ne se rendent pas aux urnes et ceux qui sont mal inscrits ou pas du tout. Soit 60 à 70 % des Français. Rien d’étonnant à cela car si les Français ne sont pas sans reproche comte  tenu notamment de leurs contradictions, la crise politique est cependant imputable à une offre politique un peu surréaliste.

 

Il s’agit en effet de choisir lors de ces législatives de juin 2022 entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale. Les autres courants de pensée sont complètement marginalisés ou en voie d’extinction.

Il y a d’abord évidemment le courant majoritaire représenté par Macron, c’est-à-dire cette espèce de néo ultralibéralisme qui considère que la régulation du marché peut résoudre seule  l’offre  et la demande non seulement dans le domaine marchand mais aussi dans les champs d’intérêt régalien. Juste une preuve quand on sollicite  de façon aussi massive à des cabinets privés sur la question centrale de l’évaluation et l’orientation  des politiques publiques. En plus avec une dimension quasi évidente de retours financiers pour le parti du président. Et la découverte pour compenser d’un accord de non-imposition du fameux cabinet d’expertise . C’est cette politique ultralibérale qui a rendement favorisé l’affaiblissement de la France concernant sa situation industrielle et la décomposition de l’État. Une décomposition de l’État constaté dans de nombreux secteurs stratégiques comme la santé, la sécurité, la recherche, l’éducation.

En face,  les principales forces d’opposition sont celles d’un Front National toujours aussi caricatural qui n’a jamais sérieusement travaillé son programme. À gauche, on trouve son équivalent avec le projet communiste de Mélenchon. Un projet également caractérisé par une incompétence totale sur le plan économique et de graves incertitudes sur les valeurs républicaines voire démocratiques. Un programme qui connaîtrait le sort de celui de 1981: quelques mois d’existence avant le retour à l’austérité. Notons au moins que ces trois forces ont en commun de préférer Poutine au président d’Ukraine.  Ce qui témoigne à l’évidence d’un amateurisme géostratégique , d’une grande cécité politique autant que d’une irresponsabilité vis-à-vis de l’enjeu majeur de la liberté dans le monde et en Europe en particulier

Finalement une énorme majorité de Français ne se retrouvent pas dans ces principales candidatures .

Enfin comment ces trois courants parviennent-ils à faire autant de promesses dans une conjoncture économique, écologique et géopolitique qui tournent à la catastrophe. Pas un mot ou presque sur ce retournement dramatique de situation qui pourrait nous conduire à la stagflation, à la crise climatique et même à une crise de la faim.

 

 

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