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«L’ écologique et la démographique : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

«L’ écologique et la démographique : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

Dominique Boulbès  , estime que l’évolution future de l’économie devra prendre en compte de paramètres majeurs à savoir l’écologie et la démographie (interview dans l’opinion)

Dominique Boulbès  Président du groupe Indépendance Royale, vice-président de la filière « Silver économie », en charge du volet croissance des entreprises, administrateur du Synapse, la fédération des entreprises spécialisées, président du pôle « Télémédecine et longévité » de l’Académie francophone de télémédecine et de eSanté, Dominique Boulbès est un entrepreneur engagé. Il est l’auteur de Vieillir – Le grand vertige (PhB Editions) et, en collaboration avec Serge Guerin, de La Silver économie – 60 acteurs de l’économie des 60 + (La Charte). Il milite pour une « approche holistique de l’économie des seniors. »

Interview

Un sondage Odoxa de novembre 2019 indique que la prise en charge du vieillissement est une préoccupation prioritaire pour 90 % des Français. L’inquiétude est-elle le carburant de la Silver économie ?

Ce sentiment traduit avant tout la puissance des évolutions démographiques et sociologiques qui transforment nos sociétés. C’est de ces changements structurels profonds que découle l’émergence de l’économie relative aux seniors. L’histoire des filières économiques est le miroir des évolutions socio-historiques. Le développement de l’électroménager a été concomitant de la libération de la femme, le boom de la voiture particulière de l’exode rural des ménages…

Quels sont les fondements socio-historiques de la Silver économie ?

A l’origine de tout, il y a un facteur démographique mondial. Peu de gens en ont conscience mais, à l’exception de l’Afrique, tous les continents sont engagés dans un processus de baisse des populations. Il prend sa source dans la diminution du nombre des jeunes et dans l’explosion du nombre des seniors. Nous sommes entrés dans l’ère de la post-transition démographique. Cette évolution a démarré chez les Européens il y a deux siècles, sous l’impact de l’amélioration des conditions de vie, qui ont fait reculer les taux de mortalité. Elle s’est accélérée ensuite avec le changement de mentalité vis-à-vis des femmes et la baisse du taux de fécondité. Aujourd’hui, sur le Vieux Continent, le seuil du renouvellement des générations, fixé à deux enfants par femme, n’est plus atteint partout.

Que prévoient les projections mondiales ?

La moitié de la population du globe est touchée. Les prévisions centrales de l’ONU étaient jusqu’alors l’atteinte d’un pic de 10,8 milliards d’habitants en 2100. Une étude scientifique publiée en juillet par l’université de Seattle prédit 9,7 milliards en 2064, puis un déclin jusqu’à 8,8 milliards en 2100. Elle rejoint le scénario bas de l’ONU : 7,3 milliards en 2100 – ce qui serait moins qu’aujourd’hui. La plupart des économies développées ont commencé à perdre de la population. En 2050, l’Italie aura fondu de 6 millions d’habitants, la Russie de 10 millions, le Japon, où l’évolution est la plus avancée, de 21 millions.

Qu’en est-il en France, où le taux de fécondité (1,87 enfant par femme en moyenne) résiste mieux ?

Notre pays ayant été l’un des premiers à entrer dans cette transition démographique, il a été le pionnier des politiques natalistes pour compenser sa faible densité de population. La France devrait passer de 67,8 millions d’habitants en 2020 à 74 en 2050, puis 76,4 en 2070, soit 12,7 % d’augmentation. Ce qui est peu connu est que ce supplément de 8,6 millions d’habitants enrichira uniquement la tranche d’âge des plus de 60 ans. Ils passeront de 17,8 à 26,4 millions. Les moins de 20 ans (16,5 millions aujourd’hui) stagneront, tout comme les 20-59 ans (33,5 millions). Ce rééquilibrage des masses en faveur des personnes âgées s’accompagne de l’apparition d’une nouvelle culture. Elle est un puissant carburant pour la Silver économie.

Qu’entendez-vous par « nouvelle culture » ?

Il se passe le même phénomène que lors de l’apparition de la culture « ado » aux Etats-Unis dans les années 1950-1960. Avant cette période, la figure de l’adolescent n’existait quasiment pas. L’élévation du niveau de vie a créé une classe moyenne importante. Progressivement, les enfants arrêtent de donner un coup de main aux champs, allongent leurs études. S’ouvre pour eux une nouvelle période de vie un peu déresponsabilisée entre 12 et 18 ans. « Nous, les ados », disent aujourd’hui les jeunes pour se distinguer du monde des adultes actifs. Ils revendiquent une culture à part : ce à quoi ils consacrent leur vie quotidienne, ce qu’ils consomment, les valeurs qu’ils revendiquent. Le même phénomène d’émergence d’une culture spécifique se produit depuis quelques années pour les seniors. Traditionnellement, un senior se définissait par rapport à sa vie passée. Ils commencent à mettre en avant leur nouvel état. Lors de la crise des Gilets jaunes, on a entendu sur les ronds-points : « nous, les seniors ; « nous, les retraités ». Une culture homogène est en train d’apparaître.

Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète

La crise sanitaire n’a-t-elle pas accéléré la prise de conscience de ce fait socio-culturel ?

Cette crise lui donne du relief et l’accélère. Historiquement, c’est la première épidémie qui touche quasiment uniquement les personnes âgées : 91 % des victimes ont plus de 65 ans, l’âge moyen des décès est de 84 ans. Aujourd’hui, on constate que les débats se résument à l’équation suivante : cela vaut-il le coup de confiner toute une économie pour sauver une tranche d’âge à l’espérance de vie faible ? La Covid-19 pose brutalement et précisément une question jusqu’alors latente et globale. En témoigne la viralité de l’apostrophe « OK boomer ». En France, pour la première fois, un gouvernement a remis en cause le dogme de l’indexation des pensions sur l’inflation. La génération ayant endetté le pays et sacrifié l’environnement doit payer, a-t-on entendu dans les rangs de la majorité pour justifier ce tournant. Au Japon, l’opposition au « senior power » est encore plus vive. Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète.

Mais le concept de « senior » apparaît encore assez flou…

Vous avez raison. Pour les hommes du marketing, ce sont les plus de 50 ans. Pour les Ehpad, ce sont les personnes âgées dépendantes, souvent des plus de 80 ans. Pour ma part, j’ai pris le parti de retenir l’âge de 60 ans. Car le « vieillissement » débute réellement avec le départ à la retraite. A ce moment-là, un vrai changement de vie s’opère et l’on se retrouve face à soi-même. Une rupture ontologique survient avec le monde des actifs dont les valeurs sont dominantes. En se focalisant sur le présent, en capitalisant sur l’expérience et les acquis, les seniors détonnent dans nos sociétés postmodernes très fortement inscrites dans le futur, où l’on se définit beaucoup plus par ce qu’on fait que par ce qu’on est, où le mythe de l’innovation est devenu central.

Ce choc n’est-il pas paradoxal alors que les innovations contribuent à améliorer la vie des seniors ?

On associe sans doute trop la Silver économie à la seule innovation numérique. Les seniors tirent d’abord profit des auxiliaires de vie à domicile et de l’aménagement de leurs logements : des fauteuils électriques pour monter l’escalier, des baignoires à porte. A l’exception de la téléassistance, devenue courante, le numérique, qui sera effectivement clé dans les années qui viennent, pose encore la question centrale des usages. Les seniors à l’aise avec les outils numériques n’expriment pas de besoins spécifiques. Les autres s’y convertiront-ils ?

L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple)

Quels sont les vrais gisements de la Silver économie ?

Trois cercles cohabitent. Le premier se compose des entreprises qui s’adressent aux 700 000 personnes âgées dépendantes. C’est le noyau historique. Le second, dont fait partie Indépendance Royale, regroupe les spécialistes du marché des seniors. Dans le troisième cercle, figurent tous les produits et services non estampillés « seniors » mais dont une partie croissante de la clientèle l’est. L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple). Quoi qu’il en soit, des pans entiers de l’activité vont se grisonner progressivement. La mue du secteur des banques et des assurances est déjà très avancée. Les groupes industriels Legrand et Saint-Gobain ont nommé des référents seniors et inaugurent de gammes spécifiques. Il se passe avec la Silver économie le même mouvement que pour la révolution numérique. Hier, c’était l’apanage de quelques mastodontes et start-up. Aujourd’hui, le commerce de proximité l’exploite pour survivre aux géants de l’e-commerce et au confinement.

L’avenir de la croissance passerait donc par la Silver économie ?

Les économies de demain sont celles qui prendront le virage des deux transitions majeures du XXIe siècle : la transition écologique et la transition démographique. Bonne nouvelle : le plan de relance français y fait référence. C’est pourquoi je milite pour une approche holistique de la Silver économie, incluant son troisième cercle et la puissance publique ; sans elle, il n’y aurait pas eu de Silicon Valley aux Etats-Unis.

BCE: de nouvelles mesures pour l’économie

BCE: de nouvelles mesures pour l’économie

La  banque centrale européenne prépare sans doute les esprits à une politique encore plus accommodante qui passerait notamment par un accroissement du volume d’actifs ou un prolongement de la maturité des emprunts. Bref, il s’agirait de créer encore davantage de liquidités. La BCE constate en effet que la reprise espérée au cours de l’été est loin d’être au rendez-vous du quatrième trimestre. Pire, la récession devrait affecter l’union européenne au quatrième trimestre.

Les très mauvais résultats pourraient créer une dynamique très négative avec une longue liste de plans de licenciement, de perte de l’emploi et de dégradation consécutive des comptes sociaux. Une situation de nature à peser sur le moral des consommateurs qui constituent dans nombre de pays le moteur de la croissance. Bref le contraire du cercle vertueux.-

Les membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) se sont donc accordés lors de leur réunion de fin octobre sur le constat qu’ils ne pouvaient pas s’autoriser la moindre complaisance face à la deuxième vague de la pandémie de coronavirus, préparant ainsi le terrain à de nouvelles mesures de soutien, montre le compte rendu publié jeudi.

La BCE avait déçu les marchés en mars pendant la première vague pandémique, les investisseurs jugeant trop timide sa réaction initiale à la crise.

“Tout signe de complaisance, même par inadvertance, pourrait être nuisible dans les circonstances actuelles”, explique le compte rendu des débats. “Des risques nets sur la croissance du PIB ont émergé pour le quatrième trimestre.”

La BCE a laissé sa politique monétaire inchangée le 29 octobre tout en ouvrant la voie à de nouvelles mesures de soutien au crédit et à l’économie en décembre.

États-Unis : Trump sabote le fonds de soutien à l’économie

États-Unis : Trump sabote le fonds de soutien à l’économie

 

Trump  continue la politique de terre brûlée dans tous les domaines ainsi il vient de demander l’annulation de 455 milliards destinés à la Fed pour soutenir l’économie.

La Fed a été prise de court par cette annonce qui intervient alors que la reprise économique marque le pas et que l’épidémie de coronavirus connaît un regain dans le pays.

“Je demande à la Fed de restituer au Trésor les fonds inutilisés”, a écrit Steven Mnuchin à Jerome Powell, refusant au passage de prolonger un programme que la Réserve fédérale juge crucial pour soutenir l’économie.

Dans un communiqué, la Fed a déploré la décision de Steven Mnuchin, disant qu’elle aurait souhaité “que l’ensemble des dispositifs d’urgence instaurés au cours de la pandémie de coronavirus continuent de jouer leur rôle de filet de sécurité pour une économie qui reste fragile et vulnérable”.

“Dans l’état dans lequel se trouve l’économie, (…) il est prudent de maintenir ces dispositifs”, a commenté Raphael Bostic, le président de la Fed d’Atlanta et possible secrétaire au Trésor de Joe Biden, dans une interview accordée à Bloomberg.

L’annonce faite jeudi par Steven Mnuchin est clairement une mauvaise nouvelle pour Joe Biden et risque de compliquer sa tâche quand son administration entrera en fonction.

“Une résiliation surprise (…) lie prématurément et inutilement les mains de l’administration entrante, et ferme la porte à d’importantes options de liquidités pour les entreprises au moment où elles en ont le plus besoin”, a déclaré Neil Bradley, directeur de la politique de la Chambre de commerce américaine.

Il s’agit également d’un revers pour les marchés financiers, très dépendants des mesures de soutien monétaire mais également budgétaire.

“Pendant environ trois semaines en janvier, les marchés fonctionneront sans le soutien dont ils bénéficient depuis le printemps”, a déclaré Michael Feroli, analyste de JPMorgan, en faisant référence au délai entre l’expiration des programmes de la Fed et l’intronisation le 20 janvier de Joe Biden, dont le secrétaire au Trésor pourrait décider de relancer les programmes en question.

L’annonce faite par Steven Mnuchin a fait baisser les contrats à terme sur les indices de Wall Street et les rendements de référence du Trésor américain.

L’élu démocrate James Clyburn, président de la commission à la Chambre des représentants sur la crise du coronavirus, a déclaré qu’il n’y avait “absolument aucune justification” pour Steven Mnuchin de suspendre ces programmes en pleine crise sanitaire et lui a demandé de revenir sur sa décision.

Le sénateur républicain Pat Toomey a de son côté salué la décision du secrétaire au Trésor.

« »Eviter l’effondrement de l’économie par un transfert des ressources ? »

« »Eviter l’effondrement de l’économie par un transfert des ressources ? »

 

L’économiste Antoine Monserand propose, dans une tribune au « Monde », un programme de transferts de revenus des ménages et des entreprises dont l’épargne ou l’activité a augmenté, vers ceux qui ont au contraire l’ont vu fortement réduite

Tribune.

 

Réticent à l’idée de perturber de nouveau l’économie après l’été 2020, l’exécutif a pris des mesures au compte-gouttes et trop tardives. Il a ainsi rendu le reconfinement inévitable, mené le pays droit à la saturation des services de réanimation, obligé les soignants à devoir bientôt choisir de nouveau à qui ils sauveront (ou non) la vie. Même lors de son allocution, le président de la République Emmanuel Macron a maintenu ce mot d’ordre : « L’économie ne doit ni s’arrêter ni s’effondrer ».

Pourtant, il existe une solution pour que l’économie s’arrête momentanément sans s’effondrer, sans augmenter ni les faillites, ni la pauvreté, ni le déficit. Pour le comprendre, il faut cesser de considérer l’économie comme une abstraction faisant magiquement apparaître – ou disparaître – des revenus et des emplois, mais plutôt examiner les flux et les stocks de monnaie.

Les revenus des uns ne sont rien d’autre que les dépenses des autres, et vice versa. Si les revenus de certains diminuent ou disparaissent pendant un confinement, ce n’est pas qu’ils se sont « évaporés », comme les centaines de milliards de dollars de valorisation boursière lors de la crise de 2008. C’est simplement que cet argent n’est pas passé d’un compte à un autre en échange de biens et services comme il l’aurait fait en temps normal.

Une grande solidarité nationale de crise

Lorsque la circulation de l’argent est bloquée, une partie du corps social est asséchée, pendant qu’une autre accumule les liquidités. Les inégalités explosent. En témoignent les chiffres de la Banque de France : entre mars et août 2020, les 20 % des Français les plus pauvres se sont endettés pendant que le reste des Français accumulait 86,6 milliards d’euros, dont environ 54 % pour les 10 % les plus riches.

Depuis septembre, le gouvernement n’a cessé d’envoyer des signaux et injonctions contradictoires. Il aurait été de la responsabilité – et même du devoir – de chacun de réduire les contacts au minimum… tout en consommant un maximum. Il fallait à tout prix « relancer la machine ». Mais n’y avait-il pas d’option moins absurde que de demander aux Français de se ruer dans les magasins, d’aller au restaurant trois fois par jour et en escapade en avion tous les week-ends ?

Qu’il s’agisse de la période de l’entre-deux confinements ou des confinements eux-mêmes, il faut faire circuler l’argent pour éviter que les inégalités et la crise sociale empirent. Le canal de la consommation est obstrué ? Utilisons celui de la fiscalité pour organiser une grande solidarité nationale de crise.

 

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Fluctuations cycliques de l’économie pourquoi ?

 Fluctuations cycliques de l’économie pourquoi ?

 

Frédéric Gonand est professeur à l’Université Paris-Dauphine explique les facteurs explicatifs des fluctuations cycliques -notamment psychologiques- de l’économie dans une tribune de l’Opinion.,.

Le tassement des indicateurs d’activité industrielle sur les derniers mois inquiète les opérateurs de marché qui réclament des mesures de relance monétaire – comme s’il n’y en avait déjà pas eu assez dans le passé. En réalité, cette évolution des données de production manufacturière ne fait que prolonger le ralentissement de l’activité mondiale à l’œuvre depuis déjà plusieurs trimestres. La singularité de la situation vient du fait que les marges de manœuvre monétaire et budgétaire sont aujourd’hui très faibles.

Plutôt donc que de réaliser une prévision pour savoir si un cycle se retourne ou pas (il s’est déjà en bonne partie retourné), il peut être plus intéressant et plus fiable de regarder ce que la littérature économique des années 2010 a produit comme réflexions en matière de cycles économiques. La littérature publiée dans les meilleures revues scientifiques internationales délivre deux messages importants : l’importance du crédit hypothécaire dans les cycles (plutôt que le crédit aux entreprises) et l’importance des facteurs psychologiques dans les fluctuations cycliques.

Les facteurs psychologiques chez les agents pourraient expliquer jusqu’à la moitié des fluctuations cycliques de l’économie

Prêts hypothécaires. Des études ont montré que la part des prêts hypothécaires dans les crédits bancaires avait doublé au cours du XXe siècle, de 30 % à environ 60 % aujourd’hui. L’intermédiation entre l’épargne des ménages et l’investissement des entreprises contribue significativement moins au métier des banques qu’auparavant. Surtout, une étude sur trente pays au cours des 50 dernières années montre que l’expansion et la contraction de l’offre de crédit immobilier au ménage a été un facteur important des cycles : ce qui était vrai lors de la précédente récession de 2009 expliquerait aussi la plupart des cycles dans pas mal de pays depuis 50 ans. Il s’agit là d’un résultat nouveau. La littérature antérieure s’intéressait peu à la dette des ménages comme facteur de cycle et beaucoup plus aux chocs de technologie ou de revenu permanent. Aujourd’hui, dans la plupart des pays développés (sauf la France), la dette des ménages reflue et la dette des entreprises (sauf la France) n’est pas à des niveaux très élevés.

Le deuxième sujet évoqué par la littérature académique récente est l’influence croissante sur le cycle économique des anticipations et facteurs psychologiques. Les études montrent que le fonctionnement des médias, qui survalorisent des événements peu communs, peut avoir des effets significatifs sur le cycle économique. De même la recherche économique récente intègre les variables psychologiques pour étudier l’impact d’anticipations pas complètement rationnelles mais plutôt extrapolatives sur les fluctuations de l’économie. Plusieurs articles récents parus dans les meilleures revues internationales suggèrent ainsi que les facteurs psychologiques chez les agents pourraient expliquer jusqu’à la moitié des fluctuations cycliques de l’économie. Voilà qui constitue un résultat important à l’heure ou la politique monétaire joue un rôle plus central que jamais dans l’évolution de l’économie et notamment le façonnement des anticipations des agents.

Frédéric Gonand est professeur à l’Université Paris-Dauphine

Ce confinement ne tue pas l’économie ( Pr Olivier Joannes-Boyau)

Ce confinement ne tue pas l’économie  ( Pr Olivier Joannes-Boyau)

 

Le professeur Olivier Joannes-Boyau , chef du service de réanimation de l’hôpital Magellan au CHU de Bordeaux défend le confinement dans les Échos et estime que « laisser filer l’épidémie serait bien pire ».

 

Le Pr Olivier Joannes-Boyau est réanimateur du CHU de Bordeaux et il préside le comité réanimation de la société française d’anesthésie-réanimation.

« La deuxième vague de l’épidémie n’est pas une utopie . Elle est bien là et elle est plus compliquée à gérer que la première car nous souhaitons préserver le plus longtemps possible les soins des patients atteints d’autres pathologies que le coronavirus.

En Nouvelle-Aquitaine, qui n’est pas la région la plus touchée, le CHU de Bordeaux a vu son nombre de patients Covid doubler en quelques jours. Ils sont déjà 40 en réanimation sur les 150 places habituellement disponibles.

Covid ou non Covid , tous nos lits de « réa » sont occupés. Chaque jour, nous nous livrons à un jeu de chaises musicales pour trouver des lits. Nous essayons de soulager les hôpitaux d’ Auvergne-Rhône-Alpes en accueillant des patients de Chambéry.

Il ne faut pas se leurrer : pour y arriver, on va transformer les unités de surveillance continue en « réa » et on a déjà gagné des lits sur la réanimation chirurgicale en annulant des opérations.

Ce week-end, nous avons quand même réussi à faire une greffe de foie sur un patient atteint de cancer. Et j’espère que nous arriverons à maintenir cette filière le plus longtemps possible car toutes les greffes sont urgentes. Pour le moment, nous déprogrammons les opérations les moins urgentes en essayant que personne n’ait de perte de chance.

Mais dans d’autres régions, ils n’en sont plus là. Comme président du comité réanimation de la Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR), je sais qu’en Auvergne-Rhône-Alpes et en Paca, ils doivent déprogrammer des chirurgies plus importantes pour faire face à l’afflux de patients Covid en réanimation.

Alors quand j’entends des gens dire que le confinement tue l’économie, j’ai envie de leur répondre que si on laisse filer l’épidémie, ce sera bien pire. Car le système hospitalier sera dépassé, il y aura beaucoup de morts et pas que chez les personnes âgées.

Il faut savoir qu’une personne jeune atteinte de Covid peut garder pendant de longs mois une fatigue et des difficultés respiratoires qui l’empêchent de travailler. Nous avons aussi des cas de fibrose, où la fonction respiratoire est définitivement diminuée.

Ces incapacités durables sont non seulement dommageables pour les gens atteints, mais aussi pour leur activité économique. »

 

Biden : soigner aussi l’économie

Biden : soigner aussi l’économie

 

Jon Hilsenrath du Wall Street Journal estime que Biden devra aussi soigner une économie en convalescence et qui aura du mal à retrouver son niveau de fin 99

 

Joe Biden risque fort de passer les quatre prochaines années à essayer de reconquérir le terrain économique perdu.

Même si l’économie américaine a effacé une grande partie des dégâts provoqués au printemps par la pandémie et le confinement, il reste du chemin à parcourir. Et pour beaucoup d’économistes, les prochaines étapes s’annoncent difficiles. Après un rebond au moment du déconfinement, l’économie semble marquer le pas et, si l’on se fie à l’histoire récente, les reprises ont souvent été plus poussives que fulgurantes.

Par ailleurs, la pandémie entraîne des évolutions structurelles qui risquent de bouleverser à tout jamais la manière dont les Américains dépensent leur argent et les entreprises fonctionnent, avec à la clé des ajustements pour l’économie et des bouleversements pour les salariés.

« Nous avons fait la moitié du chemin, estime Nicholas Bloom, professeur d’économie à Stanford. Il faudra probablement au moins deux années de plus pour faire le reste. »

C’est le défi qui attend la présidence Biden. Le nouveau Président américain entend lancer de colossaux programmes d’investissement dans l’énergie propre et les infrastructures, ambitionne d’augmenter la fiscalité des ménages aisés et souhaite renforcer la réglementation de l’énergie et d’autres secteurs. Mais les débats avec les républicains sur la politique budgétaire la plus efficace pour une économie convalescente s’annoncent houleux.

Depuis 1982, période pendant laquelle les Etats-Unis ont été dirigés à la fois par des démocrates et des républicains, il a fallu en moyenne plus de 46 mois pour recréer les emplois perdus pendant les récessions. Avant cette date, il fallait en moyenne moitié moins longtemps. Après le ralentissement de 2007-2009, l’emploi a mis plus de six ans à retrouver son meilleur niveau. Le deuxième mandat de Barack Obama était alors bien entamé.

Le cycle actuel est différent en ce qu’il a été provoqué par un choc externe qui a brutalement mis l’économie à l’arrêt, avant que l’activité ne reparte presque aussi vite avec le déconfinement. La promesse d’un vaccin contre le coronavirus pourrait accélérer la reprise, mais des signes indiquent que les forces traditionnellement à l’œuvre lors des récessions (la montée du chômage de longue durée, par exemple) se mettent en place.

En septembre, le chômage était certes retombé à 6,9 %, contre 14,7 % en avril, mais restait loin de son point bas historique de février, à 3,5 %. Dans les premiers mois de la pandémie, ce ne sont pas moins de 22 millions d’emplois qui ont été supprimés, et seulement 12 millions ont été recréés.

Selon un sondage de The Wall Street Journal réalisé en octobre, plus de la moitié des économistes du secteur privé interrogés estimaient que le marché du travail ne retrouverait pas son niveau d’avant-crise avant 2023, au plus tôt.

Joe Biden a déclaré que la maîtrise du Covid-19 était la première étape vers la reprise économique et annoncé lundi la mise en place d’une cellule qui planchera sur une stratégie fédérale. « L’hiver sera très difficile, a déclaré le nouveau Président. Le défi qui nous attend reste colossal et grandissant. »

Le prochain locataire de la Maison Blanche est favorable au versement de nouvelles aides aux petites entreprises, ainsi qu’aux Etats et aux collectivités locales.

Il prévoit d’investir 2 000 milliards de dollars sur les quatre prochaines années dans le climat, les infrastructures, la santé et d’autres projets.

Le Président-élu veut aussi faire passer l’impôt sur les sociétés de 21 % à 28 % et augmenter la fiscalité des ménages qui gagnent plus de 400 000 dollars par an. Son projet fiscal, censé rapporter plus de 2 000 milliards sur une décennie, doit compenser l’accroissement des dépenses fédérales.

Joe Biden « va avoir du mal à concrétiser sa liste au Père Noël avec un Sénat républicain », prédit Brian Riedl, membre du Manhattan Institute for Policy Research, un institut de recherche classé à droite, et ancien assistant d’un sénateur républicain.

Il faudra attendre le mois de janvier et le second tour du vote en Géorgie, pour savoir qui, des démocrates ou des républicains, aura la majorité au Sénat.

Les dépenses se sont envolées pendant la présidence Trump, mais les parlementaires ont peiné à débloquer de nouvelles aides en faveur des entreprises, des ménages, des Etats et des collectivités locales avant la présidentielle. Sur l’exercice clos au 30 septembre, le déficit fédéral atteignait 3 100 milliards de dollars et les républicains étaient de plus en plus réticents à le creuser davantage.

Dans les premières années de la reprise qui a suivi la récession de 2007-2009, après une avalanche de dépenses et d’allègements fiscaux pendant la première année de mandat de Barack Obama, la politique budgétaire a entravé l’économie. Les accords (négociés pour l’essentiel par Joe Biden, alors vice-président, et Mitch McConnell, président républicain du Sénat, poste qu’il occupe encore aujourd’hui) ont limité les dépenses discrétionnaires à partir de 2010. En proportion du produit intérieur brut (PIB), le déficit budgétaire a reculé entre 2009 et 2015, ce qui, selon certains économistes, a freiné la croissance.

Pourtant, le gouvernement fédéral ne doit pas s’inquiéter de l’accroissement de la dette qui découle du creusement du déficit, affirment certains économistes, car le service de la dette ne coûte presque rien tant que les taux d’intérêt sont bas. Cela étant, alerte Brian Riedl, « les conditions sont réunies pour un refus clair et net des dépenses » au sein du Parti républicain.

Après le choc de la récession de 2007-2009, les Etats et les collectivités locales avaient également opté pour une réduction des dépenses et un relèvement des taxes afin d’assainir leurs finances, ce qui a entravé la reprise.

Cette année, c’est avec des poches déjà vides que les Etats ont dû affronter la pandémie de coronavirus, qui a parfois provoqué un choc plus brutal que la crise financière. C’est donc un coup de frein budgétaire qui s’annonce dans les Etats et peut-être au niveau local en 2021. Parce qu’il provoquera des réductions de coûts, des suppressions des postes et une hausse des taxes, il risque de pénaliser l’économie.

« Les Etats et les collectivités locales s’en sortent mieux que l’on pensait, mais ce n’est pas terminé », commente Emily Raines, vice-présidente de Moody’s en charge des notes de crédit des Etats. Depuis le mois de mars, les Etats et les collectivités locales ont réduit leur masse salariale de 1,4 million de dollars, et la baisse se poursuit alors que le secteur privé a amorcé un rebond.

L’avenir de l’économie dépend des mois qui viennent : évolution de la Covid-19, réouverture complète des entreprises et des écoles ou encore retour à la vie d’avant (sorties au restaurant ou au cinéma, voyages en avion…).

Les Etats n’ont pas encore imposé de reconfinement malgré la nouvelle flambée du nombre de cas de coronavirus, mais les Américains ne sont pas très enclins à sortir. Les données mobiles d’Apple ont ainsi révélé que les trajets en voiture avaient reculé de 9 % aux Etats-Unis depuis début octobre et la deuxième vague de Covid, contre une baisse de 9 % pour les transports en commun et de 7 % pour les déplacements à pied.

Celles de Google montrent que les trajets vers les magasins et les restaurants s’effondrent dans les Etats particulièrement touchés depuis octobre, notamment le Wisconsin, l’Iowa, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud et le Montana.

« Si nous n’arrivons pas à maîtriser le virus, il est très peu probable que l’économie réussisse à se redresser d’elle-même », affirme Austan Goolsbee, professeur d’économie à la Chicago Booth et ancien conseiller de Barack Obama. Il dit s’inquiéter d’une nouvelle vague incontrôlable qui provoquerait un regain de tension sur les marchés financiers et des difficultés supplémentaires pour les entreprises, donc des dégâts durables sur l’économie.

En revanche, si le virus est maîtrisé, il pense qu’il est possible que l’économie connaisse un rebond fulgurant, bien loin des reprises poussives qui ont marqué les précédents cycles.

Les économistes évoquent le concept de « demande latente », c’est-à-dire de l’argent que les ménages veulent dépenser s’ils en ont l’occasion. De fait, ils économisent depuis des mois (en moyenne 20 % de leur salaire après impôt depuis le mois d’avril) et sont donc fin prêts à consommer.

L’annonce des progrès réalisés sur le plan des vaccins pourrait inciter les particuliers et les entreprises à prévoir des déplacements, des vacances et des investissements, estime Torsten Slok, économiste en chef chez Apollo Global Management, dans une note aux clients.

Mais d’autres facteurs indiquent que la pandémie et la récession pourraient avoir des effets durables.

Entre avril et octobre, le nombre d’Américains se déclarant sans emploi depuis au moins 27 semaines est passé de 939 000 à 3,6 millions, son plus haut niveau depuis 2014. Cinémas, commerces, restaurants, compagnies aériennes : des pans entiers de l’économie se demandent comment fonctionner dans un monde post-pandémie et de combien de salariés ils auront besoin, une réflexion qui pourrait déboucher sur une refonte durable du marché du travail semblable à celle d’autres reprises économiques de l’ère moderne.

Avant les années 1980, les récessions étaient brèves. En règle générale, la Réserve fédérale américaine relevait ses taux directeurs pour enrayer l’inflation puis les abaissait rapidement : les cycles des secteurs sensibles aux taux, notamment le logement et l’immobilier, étaient donc plutôt courts. Les usines fermaient temporairement, le temps d’écouler leurs stocks, puis rouvraient et réembauchaient les salariés qu’elles avaient licenciés. En moyenne, des années 1950 aux années 1970, seuls 10 % des chômeurs mettaient plus de six mois à retrouver du travail, les autres reprenant rapidement le chemin du bureau ou de l’usine.

A partir des années 1980, le pourcentage de chômeurs de longue durée a grimpé à 20 %, et même à 45 % lors de la reprise qui a suivi la dernière récession.

Après la crise de 2001, le secteur technologique et beaucoup de grands groupes ont été ébranlés par l’effondrement de leurs bénéfices, tout comme les secteurs de la finance et du bâtiment l’ont été après la récession de 2007-2009. Après les restructurations, les salariés ont subi d’interminables périodes d’inactivité. Les vagues d’importations chinoises ont également entraîné la fermeture définitive de nombreuses usines.

Même si la reprise est plus rapide que prévu, Studio Movie Grill, une chaîne présente dans 10 Etats, dont le Texas, la Californie, la Géorgie et la Floride, ne sortira pas de la crise actuelle dans la même situation qu’elle y est entrée, déplore son président Brian Schultz. Dans ses 36 cinémas de luxe, les clients des salles peuvent dîner tout en regardant les films à l’affiche.

En mars, Brian Schultz a décidé de passer à la vitesse supérieure : il a lancé une application mobile qui permet aux clients d’acheter leurs tickets, réserver leurs places et choisir leur repas, puis de régler le tout en ligne. En réduisant les interactions avec les salariés, cette innovation technologique sert un objectif qui ne date pas d’hier : doper la productivité et limiter le nombre de serveurs, contrôleurs de tickets et autres salariés. Une bonne nouvelle pour l’efficacité et les affaires, une moins bonne pour certains travailleurs.

« Je pense qu’à l’avenir, les clients préféreront faire les choses eux-mêmes », estime-t-il, évoquant les questions de praticité et de sécurité.

Voilà pour le côté positif. Mais aujourd’hui, c’est toujours pour sa survie que l’entreprise se bat. Avant la crise, Studio Movie Grill employait 7 200 personnes, contre 350 à 400 aujourd’hui. Les clients n’ont plus envie de se retrouver autour d’une table et Hollywood renâcle à sortir des films qui seront diffusés dans des salles vides. Le mois dernier, Studio Movie Grill s’est déclarée en faillite. Pour Brian Schultz, le secteur a besoin d’une aide publique immédiate pour survivre.

« Le chiffre d’affaires de la plupart des cinémas est tombé à 5 % à 10 % de celui de 2019, raconte-t-il. Dans un secteur où les frais sont très élevés, personne ne peut survivre très longtemps comme ça. Pour que le secteur ne disparaisse pas, il nous faudra de l’aide. »

RMR Group, une société immobilière installée à Newton, dans le Massachusetts, possède un portefeuille évalué à 32 milliards de dollars, dont plus de 250 stations-service. Emblèmes des routes américaines, les restaurants routiers n’étaient pas une activité très rentable avant la crise, explique Adam Portnoy, son directeur général.

Depuis la pandémie, l’entreprise envisage des changements permanents. Certains restaurants RMR ne rouvriront peut-être pas leurs portes et les ressources seront réallouées aux fast-foods, pompes à essence et supérettes que comprennent aussi ces « truck stops ».

« Faut-il rouvrir tous ces restaurants ? Sans la pandémie, nous n’aurions jamais eu ce genre d’interrogation, raconte-t-il. Cela ne nous était jamais arrivé de fermer tous les restaurants. »

Nicholas Bloom, le professeur de Stanford, explique que le télétravail a aussi un impact profond sur l’économie. Pendant la pandémie, il a interrogé des salariés et des entreprises. Selon les statistiques du département du Travail, avant la crise sanitaire, les salariés passaient en moyenne une dizaine de jours par an en télétravail. Après la pandémie, selon lui, ce chiffre devrait passer à 65 jours.

Les répercussions sur l’économie sont colossales et inégales, ajoute-t-il. Pour les salariés très qualifiés du tertiaire, déchargés du poids des trajets quotidiens, le télétravail sera une bénédiction. Mais pour les chauffeurs de bus ou les salariés des cafés et des restaurants, il sera synonyme de moins de travail.

La reprise pourrait donc avoir une forme en K : les personnes diplômées et aisées et certaines entreprises auront le vent en poupe, tandis que les salariés peu qualifiés et moins bien payés et d’autres entreprises, notamment celles qui sont liées au tourisme et à la vie sociale, supporteront les dégâts à long terme de la crise.

La dernière expansion en date a démontré que les travailleurs peu qualifiés ne profitaient de la reprise que lorsque le chômage tombait à des niveaux extrêmement bas et que les entreprises devaient se battre pour recruter, donc augmenter les salaires et faire appel à des travailleurs souvent délaissés. Une période durable de chômage élevé serait particulièrement difficile pour ces personnes.

«Un vaccin qui va guérir l’économie américaine » (Gregori Volokhine)

«Un vaccin contre le coronavirus qui va guérir la pandémie et l’économie américaine » (Gregori Volokhine)

 

Gregori Volokhine, président de Meeschaert Financial Services, estime que l’annonce de Pfizer est plus importante que toutes les conjectures concernant la nouvelle administration (interview dans l’opinion

 

 La Bourse de New York a inscrit des records dès l’ouverture lundi, profitant d’un regain d’espoir sur le développement d’un vaccin efficace contre le COVID-19 et de la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle américaine. Pfizer a annoncé que son vaccin expérimental contre le COVID-19 était efficace à plus de 90% pour prévenir la maladie due au coronavirus, selon les premières données d’une vaste étude, marquant une avancée majeure dans la lutte contre la pandémie qui a été immédiatement saluée par une envolée des Bourses mondiales.

Gregori Volokhine est président de Meeschaert Financial Services, gérant par délégation de MAM Sustain USA.

Comment voyez-vous la situation ?

L’annonce de Pfizer est plus importante que toutes les conjectures sur la nouvelle administration Biden. Les marchés s’étaient positionnés sur la victoire de Joe Biden, mais ils n’attendaient pas si rapidement des résultats positifs sur un vaccin. On va moins s’inquiéter désormais de la manière dont le nouveau président va réussir à faire voter son programme. Les investisseurs vont se dire qu’ils peuvent se permettre de réinvestir.

Les électeurs de Biden ont voté pour lui en pensant qu’il allait contrôler le coronavirus. Ceux de Trump ont voté en sa faveur en pensant que laisser l’économie ouverte malgré la pandémie était la meilleure chose pour les Etats-Unis. Si Pfizer avait publié ses résultats il y a une semaine, Trump n’aurait-il pas gagné ? On peut se poser la question. Pfizer est un cadeau du ciel pour Biden. Cette promesse de vaccin enlève l’urgence d’un plan de soutien à l’économie. La relance est en marche mais on a besoin de soutenir les chômeurs et les petites entreprises en difficulté qui, sinon, ne pourront pas passer l’hiver.

Mais les Républicains ne veulent pas de plan de soutien…

Il y a un débat mais sur les chiffres. Prenons les versements aux chômeurs, les démocrates prônent 600 dollars de plus par semaine, les républicains 300. Biden étant un homme de consensus, on pourrait arriver à un accord autour de 400 dollars. Maintenant, avec la promesse d’un vaccin, une banque sollicitée par un commerçant se sentira plus à l’aise pour lui prêter de l’argent sachant que l’horizon économique s’éclaircit progressivement.

« Le programme de Joe Biden est précis, mais il est basé sur une majorité dans les deux chambres »

Que va-t-il se passer pour le reste de son programme ​?

Le programme de Joe Biden est précis, mais il est basé sur une majorité dans les deux chambres. Si ce n’est pas le cas au Sénat, il devra composer. Prenons l’environnement. Dès le 21 janvier, les Etats-Unis vont réintégrer les accords de Paris, c’est une promesse de campagne. Certes, la Maison Blanche pourra remettre en vigueur par décret, les normes de pollution automobile que Donald Trump avait suspendues ou annulées. Mais pour mettre en place un plan d’infrastructures afin de produire et distribuer les énergies nouvelles, elle va devoir négocier avec les républicains. Qui, sans doute, réclameront des normes pas trop sévères pour les compagnies pétrolières, ou pour empêcher les forages partout. Pour chaque programme il y aura une sorte de donnant-donnant. Joe Biden obtiendra moins que ce qu’il espérait.

Quid de la hausse du salaire minimum à 15 dollars de l’heure et de celle des impôts ​?

Beaucoup d’entreprises et d’Etat ont déjà voté des hausses de salaire minimum, Target, Cosco, WallMart, Amazon. Même l’Etat de Floride, qui a voté pour Trump. Je pense qu’au moment où cette mesure sera adoptée sur l’ensemble du pays, on y sera pratiquement déjà, sans avoir besoin de l’inflexion du président.

Quant aux hausses d’impôts pour ceux qui gagnent plus de 400 000 dollars par an, personne ne va s’y opposer. Pour ce qui est des entreprises, quand Trump a baissé l’IS à 21 %, la moyenne d’imposition des entreprises était déjà de 18 %. Si Biden monte ce taux à 28 % la moyenne s’établira vers 24 %. Il n’y a pas une entreprise aux Etats-Unis qui en souffrira.

Et la régulation de certains secteurs, style Gafa ​?

Cela va être un épouvantail. Je crois qu’au lieu de casser les Gafa, l’administration Biden va investir plus dans la protection des consommateurs. Elle devrait redonner vie au Consumer Financial Protection Bureau créé par Elizabeth Warren mais laissé en déshérence par Donald Trump. Le démantèlement d’Amazon ou de Google ne protégerait en rien le consommateur américain.

« Avant la pandémie, les choses allaient très bien. On peut donc penser que l’on retrouvera ce niveau une fois éloigné le spectre d’une économie qui se ferme tous les trois mois »

Quel est le sujet le plus sensible ​?

La chance qu’il a c’est que, d’un côté, la Réserve fédérale ne va pas changer sa façon d’agir et tout faire pour garder autant de liquidité dans le système et que de l’autre le contexte économique est très favorable. D’autant plus si un nouveau confinement semble exclu ! Joe Biden ne se trouve pas face à un pays exsangue. Le chômage a été réduit de moitié en l’espace de trois mois. Avant la pandémie, les choses allaient très bien. On peut donc penser que l’on retrouvera ce niveau une fois éloigné le spectre d’une économie qui se ferme tous les trois mois. L’économie a beaucoup moins besoin du programme de Biden depuis l’annonce de Pfizer. Il va se retrouver dans un cycle favorable qui n’aura pas besoin de mesures anticycliques. Au contraire, des hausses d’impôt ou une re-réglementation pourraient casser la reprise. Si mesures il y a, elles devraient être extrêmement modérées.

Qui est le favori des milieux d’affaires comme secrétaire au Trésor ​?

Cette nomination sera le signe le plus important et le plus symbolique que Biden va envoyer aux milieux économiques. On entend beaucoup circuler le nom de Lael Brennard, gouverneur de la Réserve fédérale très proche de Jerome Powell, son président. C’est quelqu’un d’extrêmement qualifiée ayant fait ses preuves dans l’administration Obama. Ce serait un signe de collaboration avec la banque centrale qui plairait aux marchés. L’autre nom évoqué est celui de Michael Bloomberg. Ce serait le signe d’une collaboration avec Wall Street mais sans que cela soit comparable à celle nouée par Goldman Sachs avec Donald Trump.

Elizabeth Warren, qui est candidate, serait donc hors jeu ​?

Pas pour les raisons auxquelles vous pensez. Sa nomination serait évidemment un signe négatif envoyé aux marchés mais enlever un membre du Sénat alors que les démocrates ne sont pas assurés d’y être majoritaire ne paraît pas très judicieux. S’il y avait eu un raz-de-marée démocrate aux élections générales avec d’importants gains de sièges au Congrès, elle aurait eu des chances de décrocher un poste proéminent dans l’administration mais là, on en est très loin ! Joe Biden a été plébiscité, cela n’a pas été le cas du parti démocrate. Ce qui va lui permettre de gouverner au centre et trouver une majorité avec une dizaine de sénateurs républicains.

Finalement, vous êtes plutôt optimiste…

Je l’étais déjà avant les élections. Il n’y a pas de raisons d’être pessimiste. On a vu la résilience de l’économie américaine pendant la pandémie même si certains secteurs comme le transport aérien et les loisirs ont particulièrement souffert mais d’autres se sont adaptés très rapidement avec le télétravail qui n’entraîne pas une perte de compétitivité.

Écroulement de la monnaie et de l’économie turque : Erdogan limoge encore le gouverneur de la Banque centrale

Écroulement de la monnaie et de l’économie turque : Erdogan limoge le gouverneur de la Banque centrale

Du fait des politiques agressives et improductives d’Erdogan, la Turquie subit une très grave crise économique interne qui se traduit notamment par un écoulement de sa monnaie et de son économie. La livre turque a clôturé vendredi à 8,5445 pour un dollar après avoir touché un point bas record de 8,58. Elle a plongé de 30% depuis le début de l’année, de 10% au cours des deux dernières semaines. Pour remédier à cette crise économique et financière Erdogan prend encore une mesure radicale en remplaçant un nouveau le patron de la banque centrale turque. Le quatrième changement de titulaire en cinq ans.

Les analystes considèrent Naci Agbal, bien que proche de Recep Tayyip Erdogan, comme un gestionnaire capable qui pourrait adpoter une approche plus orthodoxe de la politique monétaire que son prédécesseur.

Murat Uysal avait été nommé à la tête de la banque centrale en juillet 2019 par le chef de l’Etat, mécontent que cette dernière ne baisse pas les taux d’intérêt pour stimuler l’économie.

“La gestion d’Uysal a été catastrophique. Agbal, ça pourrait être pire, évidemment”, a commenté sur Twitter Timothy Ash, de BlueBay Asset Management. “Il a une réputation de technocrate décent et il paraît qualifié pour le poste”, a-t-il toutefois ajouté.

Recep Tayyip Erdogan ne cesse de réclamer l’abaissement des taux d’intérêt. Le week-end dernier, il a affirmé que la Turquie livrait une guerre économique contre ceux qui tentent de l’enfermer “dans le triangle diabolique des taux d’intérêt, des taux de change et de l’inflation”.

A la dépréciation de la devise turque s’ajoute une inflation de près de 12%, bien au-dessus de l’objectif d’environ 5% fixé par la banque centrale. Le pays avait réussi l’an dernier à sortir de la récession mais la pandémie de coronavirus a tout remis en cause.

Le mois dernier, la Banque de Turquie n’a pas procédé à un relèvement de ses taux d’intérêt contrairement aux attentes, les maintenant à 10,25%, ce qui a contribué à une nouvelle baisse de la livre sur les marchés des changes. Un mois plus tôt, elle avait au contraire surpris les marchés en relevant ses taux.

Les opérateurs s’inquiètent de la baisse des réserves de change, des atteintes à l’indépendance de la banque centrale et du risque toujours latent de sanctions occidentales contre le pays en raison de sa politique étrangère et de défense.

Pour Erik Meyersson, économiste à Handelsbank, même si Murat Uysal était à blâmer pour sa gestion, la banque centrale est pieds et poings liés à Recep Tayyip Erdogan et son gouverneur “n’est qu’une marionnette”.

L’économie française ira plus mal au quatrième trimestre déclare l inutile Banque de France

L’économie française ira plus mal au quatrième trimestre déclare l’inutile Banque de France

On pourrait sans doute utilement remplacer  les avis de la Banque de France par ceux d’un concierge d’ immeuble qui permettrait par parenthèses de sérieuses économies compte tenu des rémunérations faramineuses des cadres de l’établissement public financier.

On peut légitimement se demander pourquoi subsistent des banques nationales alors que c’est la banque centrale européenne qui désormais gère la monnaie. La Banque de France veut aussi traditionnellement un rôle de prévisions économiques. Et la dernière sortie du gouverneur de l’établissement, c’est d’annoncer que le dernier trimestre enregistrera une croissance moins forte qu’espéré. En clair qu’il y aura  une récession. Ce que tout le monde sait évidemment depuis toutes les enquêtes menées depuis un mois au moins.

“Le Covid a provoqué une chute sans précédent du PIB français aux premier et deuxième trimestres et sa deuxième vague déclenchera une nouvelle contraction au quatrième trimestre, moins grave espérons-le”, a dit le gouverneur de la Banque de France .

Merci madame soleil !

Reconfinement : les bourses enterrent l’économie

Reconfinement : les bourses enterrent l’économie

 

Un peu partout les bourses ont dévissé en raison de l’aggravation de la situation sanitaire. La chute n’est certainement pas terminée même si on va assister à quelques rebonds haussiers des spécialistes qui vont prendre leurs bénéfices. La tendance générale sera baissière avec des sursauts à la hausse. Une tendance qui pourrait durer maintenant pendant plusieurs mois tant que ne pointera pas à l’horizon l’existence d’un traitement voire d’un vaccin efficace contre le Coron virus.

Le pire évidemment c’est l’atteinte portée au moral des entreprises et des ménages qui va peser sur les dépenses notamment d’équipement.

À la clôture, le CAC 40 a lourdement chuté de 3,37% à 4.571,12 points, accusant sa pire séance depuis plus d’un mois. Au même moment, le Dax allemand lâchait 4,17% tandis que Londres a terminé sur une chute de 2,55%. «Tous les voyants sont au rouge : la présidentielle américaine induit son regain d’aversion au risque habituel, les chiffres économiques sont en général mauvais, à part en Asie, et surtout le reconfinement à l’œuvre en Europe» fait craindre pour la reprise économique, explique Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

La Bourse de New York plongeait, elle aussi, dans le rouge à l’ouverture mercredi à moins d’une semaine de l’élection présidentielle, les investisseurs redoutant l’impact économique de la remontée des cas de coronavirus dans le monde. Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, qui évoluait à son plus bas niveau en un peu plus d’un mois, plongeait de 3,43% à 26.520,97 points, selon des résultats provisoires à la clôture, tandis que le Nasdaq reculait de 3,73% à 11.004,86 points et l’indice élargi S&P 500 de 3,53% à 3.271,03 points, soit leur plus lourde chute depuis le mois de juin. «

Reconfinement : le risque de mort de l’économie

Reconfinement : le risque de mort de l’économie

 

Le reconfinement national plus ou moins total dans l’espace et dans le temps pourrait porter un coup mortel à une économie déjà chancelante. La crise sanitaire a déjà provoqué un choc qui  va entraîner la diminution du PIB de 10 % en 2020 sur la tendance actuelle. Un reconfinement selon son ampleur, aussi sa durée, pourrait faire plonger davantage encore l’activité. Surtout,  cela pourrait faire basculer définitivement nombre d’entreprises actuellement sur un chemin de crête entre maintien et liquidation.

 

Cela va aussi installer un climat déplorable dans le monde économique et se traduire notamment non seulement par des difficultés supplémentaires de trésorerie mais aussi par un écroulement total des investissements. Au-delà de l’incidence sur 2020, avec un PIB en recul de plus de 10 %, c’est aussi une hypothèque posée sur les perspectives de 2021.

Rien n’indique en effet qu’en fonction de l’évolution de la crise sanitaire le gouvernement ne sera pas condamné à alterner périodes de dé confinement avec d’autres périodes restrictives.  Le choc sera difficilement supportable dans plusieurs secteurs sensibles notamment du commerce.. «Si on reconfine totalement comme en mars, on va vers un écroulement de l’économie française, on risque de ne pas s’en remettre», a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux, .

Veolia Suez : non au diktat de Veolia (ministre de l’économie)

Veolia Suez : non au diktat de Veolia (ministre de l’économie)

 

Il semble bien que le président de Veolia se soit engagé dans une voie dangereuse d’une part en fixant un ultimatum à Engie  pour racheter ses parts dans Suez, d’autre part en refusant la concertation organisée par le gouvernement. Un gouvernement un peu pris au piège dans cette affaire dont il n’a pas tout de suite saisi la problématique. Pour preuve le premier ministre au départ a déclaré que la fusion Veolia Suez « faisait sens « . Une appréciation un peu précipitée et pas forcément très fondée car de toute évidence cette fusion renforcerait la position hégémonique du groupe face à des collectivités locales bien armées  pour négocier avec ces mastodontes.

 

Bilan à terme une nouvelle hausse des prix comme cela a été le cas quand on est passé à la privatisation des réseaux d’eau. En outre et surtout l’existence d’un groupe quasi hégémonique découlant de la fusion Veolia Suez contraindrait les collectivités locales à ouvrir les appels d’offres à des opérateurs étrangers et à retenir en retenir. Le même phénomène pourrait se passer à l’international alors que Veolia et Suez sont actuellement bien placés. Un regroupement fragiliserait leur position.

 

Du coup le gouvernement a pris du champ avec cette question objet de beaucoup de polémiques quant à son intérêt économique. À cette fin,  le gouvernement avait prévu une réunion avec les deux entreprises intéressées mais Veolia a refusé d’y participer. Pire, Veolia a lancé une sorte d’ultimatum au gouvernement en indiquant qu’il exigeait une réponse sa proposition d’achat des actions d’Engie dans Suez . Engie dans l’actionnaire principal est l’Etat. Un ultimatum mal apprécié par le gouvernement .

“L’Etat ne cédera à aucune pression. Et l’Etat ne se fera pas dicter son calendrier”, a dit le ministre de l’Economie à des journalistes, en rappelant que le gouvernement avait des conditions en termes d’emplois, d’empreinte industrielle et de capital majoritairement français avant d’accepter tout rapprochement entre Veolia et Suez.

“Nous prendrons tout le temps nécessaire pour que cette opération se déroule dans les meilleures conditions, se fasse sans brutalité et dans l’intérêt des deux parties prenantes”, a-t-il ajouté.

Bruno Le Maire positif au coronavirus…. et pour l’économie !

Bruno Le Maire positif au coronavirus…. et pour l’économie !

Le ministre de l’économie Bruno Le Maire a annoncé lui-même qu’il était positif au Coronavirus et qu’il ne présentait aucun symptôme. Il sera donc contraint à l’isolement pendant une période de sept jours. On pourrait dire aussi que Lemaire  est aussi positif pour l’économie française quand il voit déjà des signes de redressement et qu’il  annonce que la situation sera moins pire que prévue. En réalité aucun indicateur sérieux ne peut fonder cet optimisme qui relève surtout de la méthode Coué. La perspective de baisse de la croissance est fixée à 10 % pour la France en 2020, en 2021 la hausse sera limitée à 8 %. En clair en 2022 n’est pas sûr qu’on retrouve le niveau de 2019 ou alors tout juste. Ce dont on est sûr c’est que 800 000 emplois ont déjà été supprimés depuis début de l’année, toutes ne sont pas la conséquence directe de la crise sanitaire, elle découle de la tendance baissière déjà observée 2019. Au total en 2021 on devrait malheureusement observer d’une part une vague de faillites de près de 100 000 entreprises et une autre vague liée à la précédente de 1 million à 1,5 millions de chômeurs supplémentaires. Le gouvernement n’annonce d’ailleurs pour 2021 que la création de 300 000 emplois. Notons que la baisse d’activité en France est beaucoup plus importante que dans la plupart des pays comparables. En cause,  notamment une gestion catastrophique de la crise sanitaire avec en particulier ses nombreuses contradictions sur le masque au départ et maintenant sur les tests par exemple.  Dernier exemple en date quand le ministre de l’économie annonce des solutions pour Bridgestone, des promesses comme pour les entreprises dans la fermeture a été très médiatisées, malheureusement sans lendemain

Tourisme : un effondrement catastrophique pour l’économie

Tourisme : un effondrement catastrophique pour l’économie

 

Deux indicateurs mettent en lumière l’ampleur de la catastrophe économique du tourisme et ses conséquences sur l’économie. Il y a d’abord l’écroulement du transport aérien qui a perdu 80 % de sa clientèle. En outre , les recettes touristiques internationales se sont effondrées de 49,4%, passant de 33,1 milliards d’euros, en 2019, à 16,7 milliards d’euros cette année sur la même période, a annoncé le secrétaire d’État chargé du dossier, Jean-Baptiste Lemoyne.

 

L’activité touristique représente grossièrement 180 milliards et environ 7 % du PIB . Le secteur emploie 2 millions de salariés soit 10 % du total du privé.

 

Comme pour beaucoup d’activités il est bien difficile de donner des chiffres très précis de l’influence du tourisme international sur l’économie compte tenu des doubles comptes possibles. Il est évident cependant que le tourisme international pèse aussi lourdement sur l’hôtellerie, la restauration, la consommation de biens et de services.

 

La France a beaucoup misé sur l’axe touristique comme moteur économique avec la construction automobile et la construction aéronautique. Or ces secteurs aussi subissent une crise sans précédent et vont largement fournir les contingents de la nouvelle vague de chômage qu’on évalue à un million supplémentaire d’ici la fin d’année.

 

 

Choisir entre l’écroulement de l’économie et l’endettement excessif

Choisir entre l’écroulement de l’économie et l’endettement excessif

 

Si le plan de relance de 100 milliards d’euros annoncé par l’Etat pour faire face aux conséquences de la pandémie est bien calibré, il reflète néanmoins un pari sur l’avenir, prévient dans sa chronique au Monde l’économiste Jean Pisani-Ferry

 

Chronique. Personne n’imaginait il y a six mois que l’Etat puisse engager 100 milliards dans un programme de relance. De l’annonce qui vient d’être faite, c’est d’abord cet effort massif qu’il faut retenir : de l’ordre de quatre points de PIB, en principe sur deux ans. Le plan est à la mesure de la commotion subie par l’économie. Il est, aussi, crédible, parce qu’il s’agit essentiellement de dépenses publiques et de baisses d’impôts pérennes, financées les unes et les autres par endettement, et non pas d’un de ces affichages associant recyclage de lignes budgétaires existantes et enveloppe de prêts à des conditions voisines de celles du marché. Comme au printemps, avec la réponse économique d’urgence au choc sanitaire, le calibrage est bon.

Ce plan reflète néanmoins des choix, et ceux-ci méritent discussion. Le plus saillant est à l’évidence celui de l’investissement. Sur les 100 milliards, quelque 55 milliards lui sont directement consacrés, auxquels il faut ajouter les 20 milliards de baisse des impôts de production et les 3 milliards pour les fonds propres des entreprises, dont la finalité est la même. A l’évidence, l’exécutif est habité par une double conviction : cette crise doit être l’occasion d’engager le pays dans la transition écologique ; il faut immédiatement contrer la menace d’un affaissement économique et industriel persistant. Ces deux priorités se conjuguent d’ailleurs l’une avec l’autre à travers le choix de soutenir la décarbonisation des sites industriels et le développement des technologies vertes.

Sur ces deux points, le gouvernement a raison. En France comme ailleurs, l’irruption de la pandémie a été un révélateur des vulnérabilités de l’anthropocène. Elle a précipité la prise de conscience de ce que l’urgence climatique appelle un changement de trajectoire. Parallèlement, le choc a mis au jour la fragilité d’une économie nationale en voie de marginalisation sur ses points forts d’hier, comme l’automobile ou la pharmacie, et brutalement privée de perspectives dans des domaines d’excellence comme l’aéronautique ou le tourisme. Le risque d’une contraction de notre potentiel économique l’emporte sur celui d’un endettement public excessif.

A certains égards, le plan de relance apparaît d’ailleurs court. Trois milliards pour renforcer les fonds propres des PME, c’est peu, car les entreprises ont subi un choc très violent : selon l’Insee, leurs profits (l’excédent brut d’exploitation) ont chuté de 43 milliards au deuxième trimestre et, en dépit de coupes claires dans les investissements, leur besoin de financement a augmenté de 27 milliards. Bien sûr, elles ont largement fait usage des prêts garantis par l’Etat, ce qui leur a permis d’améliorer leur trésorerie. Mais, si les problèmes de liquidités ont été ainsi traités, les problèmes de solvabilité demeurent. Une litanie de faillites va émailler les mois à venir, avec une amplification probable au printemps, à l’échéance du prêt garanti. Pour indemniser les PME des coûts fixes encourus pendant le confinement, l’Allemagne a prévu 25 milliards. Certes, il est possible de faire à moins, en faisant participer les créanciers bancaires au sauvetage des entreprises viables, mais l’ampleur du sujet ne doit pas être sous-estimée.

L’euro porté par l’économie allemande

L’euro porté par l’économie allemande

Une fois de plus l’Allemagne porte l’économie européenne à bout de bras. Les chiffres de la croissance allemande ont suscité une «réaction positive» de l’euro, a noté Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank. Le PIB allemand s’affiche en recul de 9,7% par rapport au précédent trimestre sur la période d’avril à juin, a indiqué mardi l’Office de la statistique Destatis, qui évoquait jusqu’alors -10,1%. À comparer à la France qui a vu son activité générale diminuer de près de 14 %.

L’euro montait ce mardi face au dollar, aidé par des chiffres sur la croissance allemande au deuxième trimestre et un moindre intérêt des investisseurs pour le billet vert.

Vers 19H00 GMT (21H00 à Paris), l’euro gagnait 0,39% face au billet vert, à 1,1834 dollar. «Le dollar américain recule, pénalisé par des choix plus risqués de la part des investisseurs», a estimé Lee Hardman, analyste de MUFG, qui en veut pour preuve le record atteint lundi par le S&P 500, l’indice boursier élargi de Wall Street. Cet appétit pour le risque est également alimenté par la reprise des discussions entre les États-Unis et la Chine sur leur accord commercial, a-t-il ajouté.

 «Le marché s’attend plus ou moins à ce que M. Powell se montre plutôt en faveur d’un assouplissement de la politique dans son discours, mais plutôt en se focalisant sur le contrôle de l’inflation que sur une éventuelle baisse des taux en tant que telle», ont souligné les analystes de Scotiabank.

Une posture d’équilibriste du gouvernement entre l’économie et la santé

Une posture d’équilibriste du gouvernement entre l’économie et la santé

De toute évidence, la posture d’équilibriste du gouvernement entre les préoccupations économiques et sanitaires demeure très fragile. Sur le plan économique, les scénarios s’obscurcissent avec la remontée des contaminations. On espérait une croissance en baisse de 11 % en 2020 mais la remontées du virus fait craindre maintenant une croissance en diminution de 14 % d’après les institutions d’études économiques. Le gouvernement a donc décidé très récemment de renforcer encore les mesures de prévention sanitaire mais dans le même temps ne peut pas tuer complètement économie.

En même temps, le gouvernement est bien contraint de prendre en compte la remontée significative de la vague virale. Les hésitations du gouvernement se vérifient  par exemple à travers ses positions très hésitantes quant à la généralisation du port du masque à l’extérieur. Le problème c’est qu’en sectorisation et en décentralisant les règles sanitaires, le pouvoir risque d’alimenter les incohérences et les contradictions.

 Attendues ce mardi, les propositions du gouvernement pour renforcer les règles sanitaires suscitent déjà les réserves du patronat. Prévue dans deux semaines, la rentrée scolaire provoque de son côté l’appréhension chez les enseignants et les parents d’élève. Ancien « Monsieur Déconfinement », Jean Castex connaît là sa première épreuve de vérité, un mois et demi après son arrivée à Matignon .

La semaine dernière, un Conseil de défense s’est tenu sur la question du rebond de l’épidémie. Depuis, les données ne se sont pas améliorées et l’exécutif adopte un ton de plus en plus ferme pour faire respecter les gestes barrière. Mardi dernier à Montpellier, Jean Castex a appelé à une réaction vigoureuse des Français. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a enchaîné sur le même ton le lendemain sur France 2.

 

La remontée de l’économie française plus lente , pourquoi ? :

La remontée de l’économie française plus lente , pourquoi ? :

La banque de France constate le redressement de l’activité économique en juillet mais à un rythme plus ralenti qu’en juin . Cette activité s’établit 7 % en dessous de ses niveaux habituels, contre – 9 % en juin, selon les derniers chiffres de la Banque de France.  Pour certains secteurs, les affaires sont presque au niveau habituel quand il s’agit des biens essentiels des consommateurs comme par exemple l’alimentaire. Par contre pour certains services (tourisme, restauration etc.) et pour certains biens (automobiles par exemple) la conjoncture est marquée par un attentisme certain. Les ménages continuent d’ailleurs d’épargner au détriment de la consommation qui plus que jamais en France soutient la croissance du fait  de la dégradation du commerce extérieur et des investissements.

 

L’activité économique a donc continué de se redresser en juillet en France mais à un rythme moins rapide qu’en juin, pour s’établir 7% en dessous de ses niveaux habituels, observe la Banque de France (BdF) dans son enquête mensuelle de conjoncture pour juillet, publiée lundi 10 août.

A titre de comparaison, la perte d’activité par rapport à la normale sur fond d’épidémie de COVID-19 s’établissait à 9% en juin et à environ 32% au début du confinement en mars.

Les témoignages recueillis auprès de 8 500 entreprises suggèrent que le mois d’août devrait être marqué par une stabilisation ou une très légère amélioration de l’activité, mais ces perspectives sont « à prendre avec prudence en ce milieu d’été », souligne la BdF.

Cette prudence s’impose d’autant plus que la France fait actuellement face à une résurgence des cas de contamination par le nouveau coronavirus.

Pour le mois de juillet, la reprise progressive et ralentie de l’activité s’est manifestée à la fois dans l’industrie, les services et le bâtiment, dans un contexte de levée progressive des mesures de restrictions liées à la crise sanitaire.

Le niveau d’activité apparaît très hétérogène selon les secteurs. Si dans le bâtiment, l’activité se rapproche désormais de son niveau d’avant-crise, la situation est différente dans l’industrie et les services, où la reprise n’a pas encore permis de compenser le déficit d’activité accumulé pendant le confinement entre la mi-mars et la mi-mai, note la BdF.

Par exemple, l’agroalimentaire et la pharmacie évoluent désormais à des niveaux d’activité proches de ceux d’avant-crise alors que l’activité reste très dégradée dans la métallurgie et l’automobile.

Et dans les services, l’activité reste très inférieure à la normale dans l’hébergement-restauration, la location (matériel, automobiles) ou encore la publicité et les études de marché.

Pour la Banque de France, ces différents constats confirment « le scénario d’une reprise ‘en aile d’oiseau’ (…) avec une première phase de rebond marqué de l’activité à la faveur du déconfinement, suivie d’une deuxième phase de reprise plus lente ».

 

Hausse de l’or à près de 2000 $ l’once : un mauvais signe pour l’économie

Hausse de l’or à près de 2000 $ l’once : un mauvais signe pour l’économie

 

L’or  retrouve des niveaux historiques, ce qui constitue un mauvais signe pour l’économie. Cela veut dire que certains épargnants préfèrent la valeur refuge que les investissements menacés par la chute de l’économie. En août 2018 , l’once d’heures était environ à 1194 $ aujourd’hui il est à près de 2000 $. L’or a atteint lundi un record historique à 1.930,48 dollars l’once, confirmant son statut de valeur refuge en temps de pandémie, alors que la baisse du billet vert contribue aussi à le faire grimper. L’or, qui gagnait plus de 1% dans les échanges en Asie, devrait prochainement dépasser la barre des 2.000 dollars, selon des analystes.

Les mesures d’assouplissement monétaire décidées par la Réserve fédérale mais aussi par les autres banques centrales encouragent l’attractivité de l’or.

«Des gains forts sont inévitables au moment où nous entrons dans une période semblable à l’environnement apparu après la crise financière mondiale, où les prix avaient atteint des niveaux records du fait des quantités d’argent injectées par la Fed dans le système financier», a déclaré Gavin Wendt, analyste chez MineLife.

Libellé en billet vert, une baisse de la devise américaine rend le métal précieux moins onéreux pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Son précédent record historique, à 1.921,18 dollars l’once, avait été atteint en septembre 2011.

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