Archive pour le Tag 'L’économie'

Les menaces sur l’économie française

Les menaces sur l’économie française

 Un papier de France Info souligne les risques importants de détérioration de la situation économique de la France.( extraits)
L’enquête de la Banque de France, menée auprès de 8 500 entrepreneurs du 26 juin au 3 juillet, en pleines élections législatives, fait ressortir les craintes des chefs d’entreprise qui constatent que leurs clients temporisent et préfèrent pour l’instant « épargner plutôt que consommer ». Au lendemain du second tour, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a également regretté l’absence de majorité claire dans l’hémicycle, « qui n’est pas de nature à rassurer les entrepreneurs ».

Depuis l’annonce de la dissolution, « on est entré dans une période de glaciation », juge pour sa part le patron du Medef, Patrick Martin, auprès des Echos. L’indicateur d’incertitude, qui reste néanmoins en dessous des seuils franchis durant la crise sanitaire, « progresse dans tous les secteurs, et particulièrement dans les services (notamment le travail temporaire, l’hébergement-restauration, le transport, la publicité) où il était initialement le plus bas », pointe l’enquête de la Banque de France.

Les chefs d’entreprise mentionnent par ailleurs auprès de la Banque de France « un gel des recrutements, faute de visibilité sur les évolutions possibles des coûts salariaux ». Une tendance confirmée par le directeur délégué de la plateforme de recrutement Hellowork, qui fait état auprès de L’Express d’un recul du volume d’offres d’emploi de 5,5% en juin 2024 par rapport à juin 2023, principalement parmi les contrats en CDD et dans une moindre mesure les missions d’intérim.

« Chez les petites et moyennes entreprises particulièrement, on observe des décisions d’attendre avant d’embaucher, le temps de voir quels seront les programmes économiques appliqués », confirme l’experte Anne-Sophie Alsif auprès de franceinfo. Certaines mesures, comme la hausse du smic à 1 600 euros défendue par le Nouveau Front populaire, « génèrent de l’appréhension », étaye la cheffe économiste au cabinet d’audit BDO France.

D’après l’Insee, l’économie française devrait croître de 1,1% en 2024 contre 0,9% en 2023, et bénéficier de l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques. L’évolution de la situation politique constitue cependant « un aléa important du scénario », nuance l’institut, qui publiera fin juillet sa première estimation de la croissance au deuxième trimestre.
Du côté des marchés financiers, « il y a eu un petit effet sur les taux d’intérêt souverains, c’est-à-dire les taux auxquels la France s’endette », dans les jours qui ont suivi la dissolution, « mais ça s’est calmé », ajoute Sylvain Bersinger. L’expert estime que les créanciers de la France redoutaient la perspective d’une majorité nette pour le Rassemblement national ou l’union de la gauche. A l’inverse, « la pagaille politique, qui éloigne la perspective de mesures radicales, est presque de nature à rassurer les marchés. On a aussi vu un petit effet sur le CAC 40 qui a un peu baissé, complète l’économiste, mais c’est aussi en train de se normaliser. »
L’examen du projet de loi de finances à partir de la rentrée s’annonce crucial, alors que la Commission européenne a placé la France en procédure de déficit excessif, en juin dernier. Après un dérapage du déficit à 5,5% l’année dernière (au lieu des 4,9% anticipés), le gouvernement sortant s’était engagé à assainir les finances publiques pour ramener le déficit à 5,1% en 2024, puis progressivement sous la cible de 3% en 2027.

Or, ces « objectifs peu réalistes » reposent sur des hypothèses de croissance « trop optimistes » et supposent des économies « sans précédent », tout comme « des hausses importantes des prélèvements obligatoires qui ne sont pas précisées », a alerté lundi la Cour des comptes. « Quel que soit le prochain gouvernement, il devra s’emparer de cette situation des finances publiques, il devra réduire notre endettement », a de son côté averti sur France Inter le premier président de l’institution, Pierre Moscovici. « Sans ajustement sérieux » de la trajectoire budgétaire, « il va être difficile d’atteindre les objectifs d’un retour du déficit à 3% du PIB pour 2027″, a renchéri mardi le chef économiste du Fonds monétaire international, Pierre-Olivier Gourinchas.

Un examen qui sera particulièrement scruté par les agences de notation. « L’approche des finances publiques et des réformes économiques et budgétaires par le nouveau gouvernement sera déterminante pour le crédit de la France », a d’ores et déjà prévenu l’agence Standard & Poor’s, qui avait dégradé, en mai dernier, la note française concernant l’évolution la dette publique, passant de « AA » à « AA- ».

L’adoption d’un budget pourrait s’avérer difficile dans une Assemblée fragmentée. De son côté, l’agence de notation Moody’s s’attend à ce qu’un budget soit voté, mais relève un « risque élevé qu’il contienne des mesures de dépenses supplémentaires, aggravant les défis budgétaires ». L’entreprise de gestion des risques, qui a attribué la note « Aa2″ au pays fin avril avec une perspective stable, pourrait abaisser sa perspective à « négative » en fonction de l’impact des tractations politiques sur la trajectoire budgétaire ou de croissance.

Les dangers de l’économie française

Les dangers de l’économie française

 

Un papier de France Info souligne les risques importants de détérioration de la situation économique de la France.( extraits)

 

L’enquête de la Banque de France, menée auprès de 8 500 entrepreneurs du 26 juin au 3 juillet, en pleines élections législatives, fait ressortir les craintes des chefs d’entreprise qui constatent que leurs clients temporisent et préfèrent pour l’instant  »épargner plutôt que consommer ». Au lendemain du second tour, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a également regretté l’absence de majorité claire dans l’hémicycle,  »qui n’est pas de nature à rassurer les entrepreneurs ».

Depuis l’annonce de la dissolution,  »on est entré dans une période de glaciation », juge pour sa part le patron du Medef, Patrick Martin, auprès des Echos. L’indicateur d’incertitude, qui reste néanmoins en dessous des seuils franchis durant la crise sanitaire,  »progresse dans tous les secteurs, et particulièrement dans les services (notamment le travail temporaire, l’hébergement-restauration, le transport, la publicité) où il était initialement le plus bas », pointe l’enquête de la Banque de France. 

Les chefs d’entreprise mentionnent par ailleurs auprès de la Banque de France  »un gel des recrutements, faute de visibilité sur les évolutions possibles des coûts salariaux ». Une tendance confirmée par le directeur délégué de la plateforme de recrutement Hellowork, qui fait état auprès de L’Express d’un recul du volume d’offres d’emploi de 5,5% en juin 2024 par rapport à juin 2023, principalement parmi les contrats en CDD et dans une moindre mesure les missions d’intérim.

« Chez les petites et moyennes entreprises particulièrement, on observe des décisions d’attendre avant d’embaucher, le temps de voir quels seront les programmes économiques appliqués », confirme l’experte Anne-Sophie Alsif auprès de franceinfo. Certaines mesures, comme la hausse du smic à 1 600 euros défendue par le Nouveau Front populaire,  »génèrent de l’appréhension », étaye la cheffe économiste au cabinet d’audit BDO France. 

 D’après l’Insee, l’économie française devrait croître de 1,1% en 2024 contre 0,9% en 2023, et bénéficier de l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques. L’évolution de la situation politique constitue cependant  »un aléa important du scénario », nuance l’institut, qui publiera fin juillet sa première estimation de la croissance au deuxième trimestre.

Du côté des marchés financiers,  »il y a eu un petit effet sur les taux d’intérêt souverains, c’est-à-dire les taux auxquels la France s’endette », dans les jours qui ont suivi la dissolution,  »mais ça s’est calmé », ajoute Sylvain Bersinger. L’expert estime que les créanciers de la France redoutaient la perspective d’une majorité nette pour le Rassemblement national ou l’union de la gauche. A l’inverse,  »la pagaille politique, qui éloigne la perspective de mesures radicales, est presque de nature à rassurer les marchés. On a aussi vu un petit effet sur le CAC 40 qui a un peu baissé, complète l’économiste, mais c’est aussi en train de se normaliser. » 

L’examen du projet de loi de finances à partir de la rentrée s’annonce crucial, alors que la Commission européenne a placé la France en procédure de déficit excessif, en juin dernier. Après un dérapage du déficit à 5,5% l’année dernière (au lieu des 4,9% anticipés), le gouvernement sortant s’était engagé à assainir les finances publiques pour ramener le déficit à 5,1% en 2024, puis progressivement sous la cible de 3% en 2027.

Or, ces  »objectifs peu réalistes » reposent sur des hypothèses de croissance  »trop optimistes » et supposent des économies  »sans précédent », tout comme  »des hausses importantes des prélèvements obligatoires qui ne sont pas précisées », a alerté lundi la Cour des comptes.  »Quel que soit le prochain gouvernement, il devra s’emparer de cette situation des finances publiques, il devra réduire notre endettement », a de son côté averti sur France Inter le premier président de l’institution, Pierre Moscovici.  »Sans ajustement sérieux » de la trajectoire budgétaire,  »il va être difficile d’atteindre les objectifs d’un retour du déficit à 3% du PIB pour 2027″, a renchéri mardi le chef économiste du Fonds monétaire international, Pierre-Olivier Gourinchas. 

Un examen qui sera particulièrement scruté par les agences de notation.  »L’approche des finances publiques et des réformes économiques et budgétaires par le nouveau gouvernement sera déterminante pour le crédit de la France », a d’ores et déjà prévenu l’agence Standard & Poor’s, qui avait dégradé, en mai dernier, la note française concernant l’évolution la dette publique, passant de « AA » à « AA- ».

L’adoption d’un budget pourrait s’avérer difficile dans une Assemblée fragmentée. De son côté, l’agence de notation Moody’s s’attend à ce qu’un budget soit voté, mais relève un  »risque élevé qu’il contienne des mesures de dépenses supplémentaires, aggravant les défis budgétaires ». L’entreprise de gestion des risques, qui a attribué la note « Aa2″ au pays fin avril avec une perspective stable, pourrait abaisser sa perspective à  »négative » en fonction de l’impact des tractations politiques sur la trajectoire budgétaire ou de croissance.

Chine: L’économie administrée en cause

Chine: L’économie administrée en cause

 

La politique économique de la Chine est en  question du fait du net ralentissement de la croissance et notamment de la consommation interne. De plus en plus en cause, l’efficacité de la mainmise du parti communiste et du président sur une économie  qui manque sérieusement de flexibilité et d’innovation. Comme d’habitude la Chine privilégie toujours les grands plans  d’infrastructures alors que son commerce extérieur est menacé par le protectionnisme des pays importateurs et que la dynamique de la consommation interne ne reprend pas. L’économie chinoise sous la chape de plomb du parti communiste est menacée par les lourdeurs traditionnelles et notamment par la tutelle du parti communiste sur les dirigeants d’entreprise, Notamment les plus grandes dont on craint le contre-pouvoir vis-à-vis du parti communiste.

 

Chine: L’économie administrée en question

Chine: L’économie administrée en question

La politique économique de la Chine est en  question du fait du net ralentissement de la croissance et notamment de la consommation interne. De plus en plus en cause, l’efficacité de la mainmise du parti communiste et du président sur une économie  qui manque sérieusement de flexibilité et d’innovation. Comme d’habitude la Chine privilégie toujours les grands plans  d’infrastructures alors que son commerce extérieur est menacé par le protectionnisme des pays importateurs et que la dynamique de la consommation interne ne reprend pas. L’économie chinoise sous la chape de plomb du parti communiste est menacée par les lourdeurs traditionnelles et notamment par la tutelle du parti communiste sur les dirigeants d’entreprise

Les dirigeants chinois ont donc  ouvert, ce lundi, le troisième plénum, un rendez-vous clé autour du président Xi Jinping, qui doit définir les grandes orientations économiques du pays pour les cinq prochaines années. Pour autant, aucune réforme radicale n’est attendue. Et ce, alors que la publication de chiffres décevants suggère une croissance qui ralentit et une consommation toujours en berne.

Le Troisième Plénum, qui s’achèvera jeudi, organisé à huis clos par le Parti communiste chinois (PCC), s’ouvre en effet au moment où tombent des indicateurs tous aussi préoccupants les uns que les autres.
« Les bases d’une reprise et d’une croissance économiques saines doivent être consolidées », a ainsi admis le Bureau national des statistiques (BNS).

Et pour cause, les ventes de détail, principal indicateur des dépenses des ménages, sont décevantes, à +2% sur un an en juin, soit leur rythme le plus faible depuis décembre 2022, tandis que la production industrielle marque également le pas, à +5,3% en juin contre +5,6% un mois plus tôt.

La seconde économie mondiale, selon le BNS, a vu sa croissance se tasser au deuxième trimestre à 4,7% sur un an, à un rythme bien inférieur aux attentes des analystes. Le rythme du PIB est aussi inférieur à celui du premier trimestre (5,3%).

Par rapport au premier trimestre, comparaison plus fidèle de la conjoncture, le PIB a plus fortement ralenti (+0,7%). Pékin s’est fixé cette année un objectif « d’environ 5% », loin des progressions à deux chiffres des dernières décennies. Un an et demi après la levée des restrictions sanitaires qui pénalisaient l’activité, la reprise post-Covid tant espérée a été brève et moins robuste qu’escomptée. « Les bases d’une reprise et d’une croissance économiques saines doivent être consolidées », a d’ailleurs admis le BNS.

 

Elle est surtout disparate, avec des secteurs qui en bénéficient, comme par exemple les services, portés par le retour des clients dans les restaurants, les transports et les lieux touristiques. D’autres restent à la peine, notamment l’immobilier, qui a longtemps représenté au sens large plus du quart du PIB de la Chine et constituait un important vivier d’emplois. Les principales villes du géant asiatique ont d’ailleurs de nouveau enregistré en juin une baisse des prix de l’immobilier sur un an. Les autorités souhaitent depuis plusieurs années baser la croissance sur l’innovation, les hautes technologies et la consommation intérieure, et non plus sur les grands investissements étatiques dans les infrastructures. Mais les dirigeants chinois sont sur une ligne de crête car « des changements majeurs de politique pourraient être vus comme un aveu d’échec » des mesures actuelles, mettent en garde les analystes de Moody’s Analytics.

Législatives : les grands groupes inquiets pour les risques de l’économie

Législatives :  les grands groupes inquiets pour les risques de l’économie


C’est le cri d’alarme des grandes sociétés. L’Afep, qui réunit les 117 plus grandes entreprises françaises, a mis en garde ce lundi contre un « risque majeur » de « décrochage durable » de l’économie française et européenne, selon l’issue des élections législatives anticipées en France, appelant les partis politiques à la « responsabilité budgétaire ».« Le vote des Français déterminera aussi la capacité des grandes entreprises et leurs millions de salariés à poursuivre leur développement, à innover et à maintenir l’emploi et le pouvoir d’achat, contribuant ainsi à la prospérité de notre pays », a déclaré l’Association française des entreprises privées, dans un communiqué.

 

Les législatives anticipées font craindre aux acteurs économiques français l’arrivée des extrêmes au pouvoir. Signe de cette crainte, les marchés ont sévèrement sanctionné la semaine dernière la Bourse de Paris, qui a enregistré sa pire semaine depuis début 2022. Les taux d’emprunt de l’Etat français ont également augmenté, renchérissant le coût de la dette du pays.

Déjà la semaine dernière, les organisations patronales ont montré leurs inquiétudes face à la possible percée du Rassemblement national, arrivé en tête lors des dernières élections européennes, s’il remporte les législatives.

Mardi dernier, dans un communiqué qui ne cite aucun parti, tout en visant clairement des projets du RN et, pour faire bonne mesure, de LFI, le Medef a dit redouter les propositions de « certains », « allant du retour de la retraite à 60 ans à l’indexation automatique des salaires sur l’inflation, en passant par la sortie du nucléaire ou de l’énergie éolienne ».

La CPME a évité également de citer le RN dans son propre communiqué, tout en rappelant ses priorités : poursuite de la politique de l’offre, décarbonation de l’économie et réforme du système de protection sociale.

Alors que le parti d’extrême droite place le patriotisme économique et le pouvoir d’achat des Français au cœur de son programme, « sur de multiples sujets de politique économique essentiels, la position du RN manque de clarté », avec des mesures « à la fois floues et changeantes », constate dans une note Sylvain Bersinger, économiste chez Asterès.

Ainsi, quoique critique envers l’accroissement de la dette publique, aujourd’hui supérieure à 3.000 milliards d’euros (environ 110% du PIB), le RN prévoit de nombreuses dépenses, loin d’être compensées par des recettes supplémentaires.

Parmi les principales propositions, la formation de Marine Le Pen veut abaisser à 5,5% la TVA sur les produits énergétiques, restaurer une retraite à 60 ans dans certains cas, exonérer d’impôt sur le revenu les moins de 30 ans, lancer un plan de 20 milliards d’euros pour la santé, construire 100.000 logements sociaux par an…

« Ce n’est pas la couleur politique des uns et des autres qui préoccupe les marchés, mais la solvabilité de la dette France : un programme qui n’est pas financé donne des risques de dérapage des finances publiques », souligne Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.

Pour rappel, le déficit public s’est creusé à 5,5% du PIB en 2023 (presque 154 milliards d’euros) en raison de recettes plus faibles qu’escompté, valant à la France d’être dans le viseur des agences de notation et de la Commission européenne pour déficit excessif. Le gouvernement actuel ambitionne de passer sous le seuil de 3% du PIB en 2027, dans les clous européens.

De son côté, le programme du Nouveau Front populaire s’engage entre autres à augmenter le Smic, bloquer les prix des biens de première nécessité, faire renaître l’ISF ou encore fixer un objectif de retraite à 60 ans. Présentées vendredi dernier, les marchés n’ont pas accueilli avec bienveillance ces mesures « de rupture ».

«Réagissant à une semaine de fortes turbulences pour la France sur les marchés financiers, le président de la République a déclaré : « Ça vous donne en quelque sorte un avant-goût de ce que serait en effet l’avènement de programmes économiques totalement irréalistes ». Selon lui, les projets de l’alliance de gauche ou du Rassemblement national « coûtent par an entre 100 et 400 milliards d’euros ».

 

 

Politique-« L’économie de guerre » : une comédie française

Politique-« L’économie de guerre » : une comédie française

 Face au conformisme de bon aloi du monde politico-médiatique qui prospère sur l’économie de guerre, le groupe de réflexions Mars estime que les gesticulations de l’exécutif ne sont que de la poudre de perlimpinpin. Car au niveau national, un déficit budgétaire est plus important que prévu avec un retour des coupes budgétaires en Europe dès 2025 à cause du nouveau pacte de stabilité auquel la France a dûment adhéré. Par le groupe de réflexions Mars.

« L’économie de guerre, c’est trois choses : des crédits, de l’argent et des fonds. L’économie de guerre, c’est la reconversion de la population active et la mobilisation de la population jusqu’alors inactive pour produire du matériel de guerre, c’est-à-dire des engins motorisés, des armes et des munitions » (Le groupe Mars).

Faut-il prendre pour argent comptant les chiffres et les affirmations d’un dossier de presse, quand, du point de vue de la réflexion stratégique, on tangente le zéro kelvin ? Il n’y a plus guère (plus guerre ?) que dans les tribunes de libres opinions que s’expriment, parfois, quand elles ne sont pas convenues, des idées, sinon nouvelles, du moins un peu stimulantes. Nous en retiendrons deux parues récemment dans la grande presse, sous la plume de deux commentateurs autorisés : Le diplomate Gérard Araud et le journaliste spécialisé des questions de défense Jean-Dominique Merchet.

Le premier parvient à élever le niveau de la réflexion stratégique en rappelant l’évidence que la France n’est pas en première ligne contre la Russie. Le second se hasarde à proposer des idées nouvelles sur le partage nucléaire. Ce faisant, les deux prennent le risque de heurter certaines convictions établies et de déplaire au petit monde politico-médiatique qui prospère sur un conformisme de bon aloi.

Car, évidemment, ces idées entrent avec difficulté dans le « plan com » (pour comédie) de l’exécutif sur « l’économie de guerre », dont on rappelle que le slogan a été lancé pour la première fois au salon Eurosatory en juin 2022, il y a près de deux ans, avec l’efficacité que l’on sait. Nul doute que le prochain salon donnera une nouvelle fois l’occasion à nos médias préférés d’emboucher les trompettes de Jéricho qui donneront l’illusion de faire trembler les murs du Kremlin. Mais tout cela n’est qu’illusion et poudre aux yeux, comme le titre justement l’hebdomadaire satirique Le Canard Enchainé. N’y a-t-il donc plus que le palmipède du mercredi dans le paysage médiatique français pour apporter un peu d’esprit critique à l’offensive médiatique du gouvernement sur « l’économie de guerre » ?

Entendons-nous bien. Il y a tout lieu d’applaudir la pièce de théâtre « Eurenco de Bergerac », et même de se tenir les côtes à lire sous certaines plumes renommées la confusion entre corps d’obus et affût de canon, charge militaire et poudre propulsive. Tout cela est plaisant. Nous nous montrerons à nouveau bon public quand tombera (pour Eurosatory ?) l’annonce officielle du retour en France de la production de munitions de petit calibre : la presse confidentielle a déjà vendu la mèche, si l’on ose dire. Ces annonces, qui ne se concrétiseront pas avant l’an prochain, sont de toute façon de bonnes nouvelles. Ne boudons pas notre plaisir. Mais ces mesures de bon sens, qui ne font que revenir sur des errements antérieurs, n’ont rien à voir avec l’économie de guerre.

Alors, à l’occasion de la publication du décret d’application d’une mesure législative de la LPM sur les réquisitions, on accroît l’intensité dramatique de la pièce avec une nouvelle formule magique : « pouvoir de police » ! On n’oublie simplement de dire que, si réquisition rime avec expropriation, il convient de ne pas les confondre, alors même que, dans les deux cas, il existe une contrepartie sonnante et trébuchante. Et surtout, à quoi servent ces « pouvoirs de police » quand il n’y a plus rien à réquisitionner ? Car pour qu’il reste des stocks intermédiaires ou de produits finis, il eût fallu que ces stocks fussent financés par l’État client. Mais cela fait belles lurettes que le « management par la performance » a vidé les stocks*. D’où la difficulté à aider l’Ukraine. Autrement dit, on amuse la galerie avec de la poudre de perlimpinpin quand il suffirait de décider d’augmenter les crédits destinés à la constitution de stocks.

Et voilà, le mot interdit est lâché : des crédits ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! L’économie de guerre, c’est trois choses : des crédits, de l’argent et des fonds. L’économie de guerre, c’est la reconversion de la population active et la mobilisation de la population jusqu’alors inactive pour produire du matériel de guerre, c’est-à-dire des engins motorisés, des armes et des munitions. Et le débouché de toute cette production est assuré par les achats du gouvernement. Et quand on dit « achat », cela demande des fonds et des crédits, donc beaucoup d’argent public. Est-ce que la réduction envisagée de la durée du chômage indemnisé entre dans cette politique ? Il est permis d’en douter.

Au contraire, qu’observe-t-on « en même temps » ? Au niveau national, un déficit budgétaire plus important que prévu et « le retour des coupes budgétaires en Europe » (1) dès 2025 à cause du nouveau pacte de stabilité auquel notre pays a dûment adhéré. Les masques tombent, on ne rigole plus.

A force de « faire la guerre » au moindre microbe et à n’importe quoi, de « réarmer » tout et son contraire, nul ne prête plus attention au mauvais plaisantin qui joue à crier « au loup ». La fête du « quoi qu’il en coûte » est finie, il faut passer à la caisse. Telle est la réalité budgétaire qui attend nos armées. Alors, pour continuer à faire semblant, on joue à « l’économie de guerre ». Mais personne n’y croit.

Sous couvert de « revue des dépenses », l’inspection générale des finances est déjà en train de passer au peigne fin chaque ligne de la LPM, dans le but de réaliser ce que le jargon des consultants appelle des « quick wins », des « victoires rapides », c’est-à-dire des économies budgétaires de court terme. Comment ? Mais c’est très simple, la technique est éprouvée depuis la grande époque des « dividendes de la paix » : bourrage et décalage sont les deux mamelles de la régulation budgétaire.

D’un côté, pour montrer que je ne touche pas aux dimensions de la « valise » LPM (promis, juré), je « bourre » l’édredon avec tout un tas de (très coûteuses) mesures qui n’étaient pas prévues : trois milliards par ci promis aux Ukrainiens, deux milliards par là pour le SNU, etc. Et si l’OTAN décide effectivement d’un nouveau fonds de cent milliards pour aider l’Ukraine, qui paiera d’après vous ? De l’autre, je m’engage aussi tardivement que possible auprès de mes fournisseurs : c’est la fameuse « bosse » que le bousier pousse devant lui depuis trente ans. Tout le contraire de « l’économie de guerre », qui impliquerait de tout accélérer. Et, pour ne pas faire de jaloux, on rabote tout ce qui dépasse, à commencer par la trésorerie « dormante ».

Pas grave, entend-on, la LPM garantit à nos armée un financement historiquement haut. C’est vrai. Alors, où est le problème ? En fait, il n’y en aurait pas si l’espace médiatique n’était pas saturé par l’appel à la guerre pour protéger l’empire du bien des forces du mal qui le menace. De deux choses, l’une : soit il faut se préparer à la guerre pour rester en paix, et alors l’effort budgétaire est dramatiquement insuffisant, surtout dans l’hypothèse d’un retrait américain ; soit l’effort est suffisant par rapport à la réalité des menaces (ce que semble indiquer la LPM qui décale de cinq ans, donc à 2035, le modèle d’armée 2030 défini en 2017), mais alors, pourquoi hurler au loup ?

Au fond, comme le groupe MARS l’écrivait il y a un an (2) , le problème de cette LPM n’est pas le niveau des crédits promis, c’est l’absence de réelle réflexion stratégique permettant de répondre à la question : des armées, pour quoi faire ? C’est pourquoi les rappels de bon sens de Gérard Araud et les idées « disruptives » de Jean-Dominique Merchet interviennent à point nommé.

La France n’est pas en première ligne face à la Russie et le chef d’état-major de l’armée de terre vient de rappeler qu’elle était capable de projeter une division en appui de ses alliés (une brigade logistique est d’ailleurs créée à cet effet). Point. En effet, l’horizon stratégique de notre pays ne se limite pas aux rives du Boug et au marais du Pripiat : la France a des intérêts à défendre sur tous les continents et tous les océans, ou presque. Et ce n’est faire injure à personne que de penser que la « FR DIV » otanienne, quelle que soient les qualités de ses quelque 20.000 soldats et de ses équipements, n’emporterait pas la décision face aux centaines de milliers d’hommes que l’armée russe est capable de mettre en ligne.

Alors, si la formule « gagner la guerre avant la guerre » est autre chose de plus sérieux qu’un slogan, c’est ailleurs qu’il faut investir. La France est en effet le seul « État doté » parmi les 27 États membres de l’Union européenne. C’est à la fois notre spécificité stratégique au sein de l’UE et notre « avantage comparatif » au sein de l’OTAN. C’est en outre, depuis exactement 60 ans, le moyen le plus économique d’assurer notre défense et de garantir la paix à l’horizon de tous nos intérêts vitaux, sans mobiliser (loin s’en faut !) toute l’économie au service de l’effort de défense.

C’est là que l’idée de Jean-Dominique Merchet est intéressante, même si tout est discutable dans sa proposition de « partage nucléaire » de la dissuasion française sur le modèle de la « double clé » de la bombe américaine B61-12. A l’évidence, si la France a un rôle à jouer dans la défense d’une Europe privée de la protection américaine, c’est dans la redéfinition de nos intérêts vitaux à l’échelle européenne, et non dans un effort conventionnel qui restera toujours insuffisant même si « l’épaulement stratégique » impose de redimensionner convenablement notre corps de bataille afin de garantir un continuum entre dissuasion conventionnelle et dissuasion atomique. Mais ce continuum est déjà assuré par nos alliés, Polonais en tête.

Ouvert à la notion de dissuasion élargie, le groupe MARS considère néanmoins que le « sceptre nucléaire » ne se partage pas. La dissuasion repose sur la crédibilité technique des têtes nucléaires, opérationnelle des unités de mise en œuvre et politique de sa chaîne de commandement qui remonte in fine jusqu’au chef des armées. Cela ne se partage pas. On peut toujours imaginer des gadgets : un renfort de sous-mariniers alliés pour armer nos SNLE, des pilotes, mécaniciens et artificiers alliés dans nos escadrons nucléaires, voire (soyons fous !) des pilotes « Top gun » alliés sur notre porte-avions. Mais à la fin des fins, celui qui donne l’ordre ultime, c’est le président français.

L’idée de Jean-Dominique Merchet est intéressante et généreuse, mais, en ralliant le « groupe des plans nucléaires » de l’OTAN, elle supposerait d’abandonner notre doctrine de « l’ultime avertissement » pour endosser celle de la guerre nucléaire limitée que servent (en ont-ils seulement conscience ?) nos alliés certes britanniques, mais aussi allemands, belges, néerlandais, italiens et turcs. Il n’existerait pas de consensus politique en France pour un tel changement de doctrine.

 

Alors, comment élargir le parapluie nucléaire français ? La toute première mesure consisterait, si l’on est sérieux et qu’on ne se contente pas de confondre « signalement stratégique » et gesticulation théâtrale, à conforter la crédibilité de la dissuasion française en investissant tous azimuts dans toutes ses composantes (et leur environnement) afin d’augmenter le nombre et la performance de nos armes atomiques et de nos vecteurs. Investir dans la stratégie des moyens, c’est se donner, dans le temps long, les moyens de sa stratégie.

Une fois garantie la capacité de frappe en second, c’est-à-dire l’assurance de faire payer à l’adversaire le prix fort de son agression, les alliés viendront d’eux-mêmes se placer sous le parapluie français. A nos conditions. C’est certes plus modeste et beaucoup moins visible que la tonitruante « économie de guerre », mais c’est aussi beaucoup plus efficace pour faire face aux temps difficiles qui attendent une Europe désarmée, menacée et sur le point d’être abandonnée par son protecteur historique.

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1 Cf. Alternative économique n°444, mars 2024

 

* Le groupe Mars, constitué d’une trentaine de personnalités françaises issues d’horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l’industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

« L’économie de guerre » : une comédie française

« L’économie de guerre » : une comédie française

 Face au conformisme de bon aloi du monde politico-médiatique qui prospère sur l’économie de guerre, le groupe de réflexions Mars estime que les gesticulations de l’exécutif ne sont que de la poudre de perlimpinpin. Car au niveau national, un déficit budgétaire est plus important que prévu avec un retour des coupes budgétaires en Europe dès 2025 à cause du nouveau pacte de stabilité auquel la France a dûment adhéré. Par le groupe de réflexions Mars.

« L’économie de guerre, c’est trois choses : des crédits, de l’argent et des fonds. L’économie de guerre, c’est la reconversion de la population active et la mobilisation de la population jusqu’alors inactive pour produire du matériel de guerre, c’est-à-dire des engins motorisés, des armes et des munitions » (Le groupe Mars). 

Faut-il prendre pour argent comptant les chiffres et les affirmations d’un dossier de presse, quand, du point de vue de la réflexion stratégique, on tangente le zéro kelvin ? Il n’y a plus guère (plus guerre ?) que dans les tribunes de libres opinions que s’expriment, parfois, quand elles ne sont pas convenues, des idées, sinon nouvelles, du moins un peu stimulantes. Nous en retiendrons deux parues récemment dans la grande presse, sous la plume de deux commentateurs autorisés : Le diplomate Gérard Araud et le journaliste spécialisé des questions de défense Jean-Dominique Merchet.

Le premier parvient à élever le niveau de la réflexion stratégique en rappelant l’évidence que la France n’est pas en première ligne contre la Russie. Le second se hasarde à proposer des idées nouvelles sur le partage nucléaire. Ce faisant, les deux prennent le risque de heurter certaines convictions établies et de déplaire au petit monde politico-médiatique qui prospère sur un conformisme de bon aloi.

Car, évidemment, ces idées entrent avec difficulté dans le « plan com » (pour comédie) de l’exécutif sur « l’économie de guerre », dont on rappelle que le slogan a été lancé pour la première fois au salon Eurosatory en juin 2022, il y a près de deux ans, avec l’efficacité que l’on sait. Nul doute que le prochain salon donnera une nouvelle fois l’occasion à nos médias préférés d’emboucher les trompettes de Jéricho qui donneront l’illusion de faire trembler les murs du Kremlin. Mais tout cela n’est qu’illusion et poudre aux yeux, comme le titre justement l’hebdomadaire satirique Le Canard Enchainé. N’y a-t-il donc plus que le palmipède du mercredi dans le paysage médiatique français pour apporter un peu d’esprit critique à l’offensive médiatique du gouvernement sur « l’économie de guerre » ?

Entendons-nous bien. Il y a tout lieu d’applaudir la pièce de théâtre « Eurenco de Bergerac », et même de se tenir les côtes à lire sous certaines plumes renommées la confusion entre corps d’obus et affût de canon, charge militaire et poudre propulsive. Tout cela est plaisant. Nous nous montrerons à nouveau bon public quand tombera (pour Eurosatory ?) l’annonce officielle du retour en France de la production de munitions de petit calibre : la presse confidentielle a déjà vendu la mèche, si l’on ose dire. Ces annonces, qui ne se concrétiseront pas avant l’an prochain, sont de toute façon de bonnes nouvelles. Ne boudons pas notre plaisir. Mais ces mesures de bon sens, qui ne font que revenir sur des errements antérieurs, n’ont rien à voir avec l’économie de guerre.

Alors, à l’occasion de la publication du décret d’application d’une mesure législative de la LPM sur les réquisitions, on accroît l’intensité dramatique de la pièce avec une nouvelle formule magique : « pouvoir de police » ! On n’oublie simplement de dire que, si réquisition rime avec expropriation, il convient de ne pas les confondre, alors même que, dans les deux cas, il existe une contrepartie sonnante et trébuchante. Et surtout, à quoi servent ces « pouvoirs de police » quand il n’y a plus rien à réquisitionner ? Car pour qu’il reste des stocks intermédiaires ou de produits finis, il eût fallu que ces stocks fussent financés par l’État client. Mais cela fait belles lurettes que le « management par la performance » a vidé les stocks*. D’où la difficulté à aider l’Ukraine. Autrement dit, on amuse la galerie avec de la poudre de perlimpinpin quand il suffirait de décider d’augmenter les crédits destinés à la constitution de stocks.

Et voilà, le mot interdit est lâché : des crédits ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! L’économie de guerre, c’est trois choses : des crédits, de l’argent et des fonds. L’économie de guerre, c’est la reconversion de la population active et la mobilisation de la population jusqu’alors inactive pour produire du matériel de guerre, c’est-à-dire des engins motorisés, des armes et des munitions. Et le débouché de toute cette production est assuré par les achats du gouvernement. Et quand on dit « achat », cela demande des fonds et des crédits, donc beaucoup d’argent public. Est-ce que la réduction envisagée de la durée du chômage indemnisé entre dans cette politique ? Il est permis d’en douter.

Au contraire, qu’observe-t-on « en même temps » ? Au niveau national, un déficit budgétaire plus important que prévu et « le retour des coupes budgétaires en Europe » (1) dès 2025 à cause du nouveau pacte de stabilité auquel notre pays a dûment adhéré. Les masques tombent, on ne rigole plus.

A force de « faire la guerre » au moindre microbe et à n’importe quoi, de « réarmer » tout et son contraire, nul ne prête plus attention au mauvais plaisantin qui joue à crier « au loup ». La fête du « quoi qu’il en coûte » est finie, il faut passer à la caisse. Telle est la réalité budgétaire qui attend nos armées. Alors, pour continuer à faire semblant, on joue à « l’économie de guerre ». Mais personne n’y croit.

Sous couvert de « revue des dépenses », l’inspection générale des finances est déjà en train de passer au peigne fin chaque ligne de la LPM, dans le but de réaliser ce que le jargon des consultants appelle des « quick wins », des « victoires rapides », c’est-à-dire des économies budgétaires de court terme. Comment ? Mais c’est très simple, la technique est éprouvée depuis la grande époque des « dividendes de la paix » : bourrage et décalage sont les deux mamelles de la régulation budgétaire.

D’un côté, pour montrer que je ne touche pas aux dimensions de la « valise » LPM (promis, juré), je « bourre » l’édredon avec tout un tas de (très coûteuses) mesures qui n’étaient pas prévues : trois milliards par ci promis aux Ukrainiens, deux milliards par là pour le SNU, etc. Et si l’OTAN décide effectivement d’un nouveau fonds de cent milliards pour aider l’Ukraine, qui paiera d’après vous ? De l’autre, je m’engage aussi tardivement que possible auprès de mes fournisseurs : c’est la fameuse « bosse » que le bousier pousse devant lui depuis trente ans. Tout le contraire de « l’économie de guerre », qui impliquerait de tout accélérer. Et, pour ne pas faire de jaloux, on rabote tout ce qui dépasse, à commencer par la trésorerie « dormante ».

Pas grave, entend-on, la LPM garantit à nos armée un financement historiquement haut. C’est vrai. Alors, où est le problème ? En fait, il n’y en aurait pas si l’espace médiatique n’était pas saturé par l’appel à la guerre pour protéger l’empire du bien des forces du mal qui le menace. De deux choses, l’une : soit il faut se préparer à la guerre pour rester en paix, et alors l’effort budgétaire est dramatiquement insuffisant, surtout dans l’hypothèse d’un retrait américain ; soit l’effort est suffisant par rapport à la réalité des menaces (ce que semble indiquer la LPM qui décale de cinq ans, donc à 2035, le modèle d’armée 2030 défini en 2017), mais alors, pourquoi hurler au loup ?

Au fond, comme le groupe MARS l’écrivait il y a un an (2) , le problème de cette LPM n’est pas le niveau des crédits promis, c’est l’absence de réelle réflexion stratégique permettant de répondre à la question : des armées, pour quoi faire ? C’est pourquoi les rappels de bon sens de Gérard Araud et les idées « disruptives » de Jean-Dominique Merchet interviennent à point nommé.

La France n’est pas en première ligne face à la Russie et le chef d’état-major de l’armée de terre vient de rappeler qu’elle était capable de projeter une division en appui de ses alliés (une brigade logistique est d’ailleurs créée à cet effet). Point. En effet, l’horizon stratégique de notre pays ne se limite pas aux rives du Boug et au marais du Pripiat : la France a des intérêts à défendre sur tous les continents et tous les océans, ou presque. Et ce n’est faire injure à personne que de penser que la « FR DIV » otanienne, quelle que soient les qualités de ses quelque 20.000 soldats et de ses équipements, n’emporterait pas la décision face aux centaines de milliers d’hommes que l’armée russe est capable de mettre en ligne.

Alors, si la formule « gagner la guerre avant la guerre » est autre chose de plus sérieux qu’un slogan, c’est ailleurs qu’il faut investir. La France est en effet le seul « État doté » parmi les 27 États membres de l’Union européenne. C’est à la fois notre spécificité stratégique au sein de l’UE et notre « avantage comparatif » au sein de l’OTAN. C’est en outre, depuis exactement 60 ans, le moyen le plus économique d’assurer notre défense et de garantir la paix à l’horizon de tous nos intérêts vitaux, sans mobiliser (loin s’en faut !) toute l’économie au service de l’effort de défense.

C’est là que l’idée de Jean-Dominique Merchet est intéressante, même si tout est discutable dans sa proposition de « partage nucléaire » de la dissuasion française sur le modèle de la « double clé » de la bombe américaine B61-12. A l’évidence, si la France a un rôle à jouer dans la défense d’une Europe privée de la protection américaine, c’est dans la redéfinition de nos intérêts vitaux à l’échelle européenne, et non dans un effort conventionnel qui restera toujours insuffisant même si « l’épaulement stratégique » impose de redimensionner convenablement notre corps de bataille afin de garantir un continuum entre dissuasion conventionnelle et dissuasion atomique. Mais ce continuum est déjà assuré par nos alliés, Polonais en tête.

Ouvert à la notion de dissuasion élargie, le groupe MARS considère néanmoins que le « sceptre nucléaire » ne se partage pas. La dissuasion repose sur la crédibilité technique des têtes nucléaires, opérationnelle des unités de mise en œuvre et politique de sa chaîne de commandement qui remonte in fine jusqu’au chef des armées. Cela ne se partage pas. On peut toujours imaginer des gadgets : un renfort de sous-mariniers alliés pour armer nos SNLE, des pilotes, mécaniciens et artificiers alliés dans nos escadrons nucléaires, voire (soyons fous !) des pilotes « Top gun » alliés sur notre porte-avions. Mais à la fin des fins, celui qui donne l’ordre ultime, c’est le président français.

L’idée de Jean-Dominique Merchet est intéressante et généreuse, mais, en ralliant le « groupe des plans nucléaires » de l’OTAN, elle supposerait d’abandonner notre doctrine de « l’ultime avertissement » pour endosser celle de la guerre nucléaire limitée que servent (en ont-ils seulement conscience ?) nos alliés certes britanniques, mais aussi allemands, belges, néerlandais, italiens et turcs. Il n’existerait pas de consensus politique en France pour un tel changement de doctrine.

 

Alors, comment élargir le parapluie nucléaire français ? La toute première mesure consisterait, si l’on est sérieux et qu’on ne se contente pas de confondre « signalement stratégique » et gesticulation théâtrale, à conforter la crédibilité de la dissuasion française en investissant tous azimuts dans toutes ses composantes (et leur environnement) afin d’augmenter le nombre et la performance de nos armes atomiques et de nos vecteurs. Investir dans la stratégie des moyens, c’est se donner, dans le temps long, les moyens de sa stratégie.

Une fois garantie la capacité de frappe en second, c’est-à-dire l’assurance de faire payer à l’adversaire le prix fort de son agression, les alliés viendront d’eux-mêmes se placer sous le parapluie français. A nos conditions. C’est certes plus modeste et beaucoup moins visible que la tonitruante « économie de guerre », mais c’est aussi beaucoup plus efficace pour faire face aux temps difficiles qui attendent une Europe désarmée, menacée et sur le point d’être abandonnée par son protecteur historique.

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1 Cf. Alternative économique n°444, mars 2024

 

* Le groupe Mars, constitué d’une trentaine de personnalités françaises issues d’horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l’industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

De l’économie de paix à l’économie militarisée ?

De l’économie de paix à l’économie militarisée ? 

 En France le déficit public atteint 5,5% en 2023, « Il va falloir faire des choix ». Ce choix doit-il être la réduction de la dépense de l’État ou créer une croissance forte sans inflation ? Une économie militarisée peut-elle sauver le soldat croissance ? Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière.(dans la Tribune)

Économie de paix, dettes et déficits publics ! des trente glorieuses, on a retenu une expansion sans précédent dans une économie de paix du lendemain de la Seconde Guerre mondiale jusqu’au choc pétrolier de 1973. Dans cette phase on a observé un développement massif des dépenses d’armement et de l’économie militarisée. Depuis les années 1970, la dette de la France se dégrade. Elle s’est aggravée avec la crise de 2008. Elle atteint un record avec la pandémie. La dette publique française a dépassé 100 milliards d’euros en 1981, 500 milliards en 1993, 1 000 milliards d’euros en 2003 puis 2 000 milliards en 2014. Cette dette est passée de 15% du PIB en 1974 à 110,6% du PIB fin 2023 (3 101,2 Md€). Il faut noter qu’entre 1959 et 1974, la France n’a connu que trois années de déficits publics qui n’ont jamais dépassé 1,4% du PIB. Peu de gens se rappellent l’inflation des années 70 et la chute des taux de croissance.

Bien que décrié par plusieurs économistes, le PIB est utilisé, car son analyse permet de suivre la croissance française depuis 1950. De 1960 à 1999, date de création de l’euro, on observe quatre décennies pour le taux de croissance annuel moyen de la France : 1960-1970 il était de 5,9% ; de 1979-1980 il passe à 4,1% ; entre 1980 et 1990, il atteint 2,4% ; entre 1990 et 2000, il se positionne à 2%. Les taux de croissance français sont de plus en plus faibles depuis les années 1960. Après le lancement de l’euro le premier janvier 1999, en moyenne, les taux stagnent à 1,5% par an. Deux années de récession sont à noter en 2009 (-2,2%) dues à la crise financière mondiale de 2008. En 2020 (-7,9%) ce taux est dû à l’année de pandémie mondiale. L’année 2023 se termine avec une croissance de 0,9%. Pourquoi la croissance de 1960 à 1970 était-elle quatre fois plus importante que la décennie 2010-2020 (1,4%) ?

À la Libération, le développement industriel a été fortement façonné par l’action des pouvoirs publics. Le développement des entreprises nationalisées et les aides au développement ont largement participé à la remise sur pied du système productif, donc au renforcement du processus de croissance. Il est largement admis que la période de reconstruction, qui s’est achevée au début des années 1950, a contribué à renforcer cette croissance, sous l’impulsion aussi de l’action de l’État. Il reste que le développement des systèmes d’armement pendant les « trente glorieuses » a joué un rôle déterminant dans les performances de croissance enregistrées au cours des années 1950 et 1960. En 1960, la France a consacré 5,4% de son PIB aux dépenses militaires (9% pour les États-Unis), en 1970 3,5% et en 2022 1,9% (3,5% pour les États-Unis) d’après les données de la Banque mondiale. Après la pandémie, et plus de deux ans après le début de la guerre à la porte de l’Europe, la France et l’Europe se réveillent et admettent qu’il faut se réarmer pour gagner la guerre en Ukraine. Les moyens consacrés à la défense doivent être augmentés pour sauvegarder les dividendes de la paix.

La Seconde Guerre mondiale a commencé le 1er septembre 1939 avec l’invasion allemande de la Pologne Les États-Unis ont évité d’entrer en guerre pendant deux ans jusqu’à ce que le Japon les attaque sur la base navale de Pearl Harbor, Hawaii, le 7 décembre 1941. Grâce à une augmentation des dépenses publiques et à des efforts de mobilisation industrielle, l’industrie de la défense a connu une augmentation sans précédent de la production pendant que les usines sont rapidement passées des produits civils à la production d’armements. Cette conversion a créé des emplois pour des millions d’Américains qui étaient auparavant au chômage en raison de la Grande Dépression. Cette guerre a suscité des investissements massifs dans des avancées technologiques, des innovations telles que les systèmes radar, le développement d’avions et la recherche nucléaire, etc. Les prix et les salaires clés ont été administrés, et non laissés aux marchés. La grande majorité des investissements ont été dirigés, financés et, dans la plupart des cas, détenus par le gouvernement fédéral. Les États-Unis n’ont pas connu les « trente paresseuses ». Aujourd’hui la croissance en Europe est en panne sèche et les États-Unis distancent de loin le vieux continent.

D’après le rapport de l’OCDE de février 2024 : « La croissance mondiale a bien résisté en 2023, et la baisse de l’inflation a été plus rapide que prévu. Les performances varient d’un pays à l’autre, et si une forte croissance a été observée aux États-Unis et dans de nombreuses économies de marché émergentes, la plupart des pays européens ont en revanche connu un ralentissement ».

Aux États-Unis, la croissance est restée solide en 2023 à 2,5%. C’est le fruit du grand plan d’investissement dans la transition énergétique (Inflation Reduction Act) qui a soutenu massivement l’industrie. L’OCDE a dégradé ses prévisions de croissance pour la zone euro. « Dans la zone euro, la croissance du PIB devrait s’établir à 0.6% en 2024 et 1.3% en 2025, car l’activité, freinée à court terme par le resserrement des conditions de crédit« .

Les premiers revers de Kiev deux ans après l’invasion menée par la Russie le 24 février 2022 et la peur de la Pologne et des pays baltes d’une attaque russe, vont-ils réveiller un autre « géant endormi » et propulser l’économie européenne en avant ?

L’Europe ne peut qu’aider les États membres à passer en économie militarisée. D’après la présidente de l’exécutif européen Ursula von der Leyen : « La menace d’une guerre n’est peut-être pas imminente, mais elle n’est pas impossible » les Européens doivent se « réveiller de toute urgence ». « Le véritable financement viendra des États membres« , a reconnu la vice-présidente de la Commission Margrethe Vestager. Thierry Breton, commissaire européen, a évoqué un budget de 100 milliards d’euros sur plusieurs années pour permettre aux Européens de développer une industrie de défense. L’Europe ne dispose pas pour l’instant des fondements politiques pour construire une défense européenne. Il faut une véritable union budgétaire. Face à cette situation, sans l’Otan l’Europe ne dispose aujourd’hui que d’une armée digne de ce nom : l’armée française.

Pour investir dans une économie militarisée, la France est à la recherche d’une croissance perdue

  • Faut-il réformer le système d’assurance chômage pour réduire la dépense de l’État ?

Avec une volonté de faire des économies, sans augmenter les impôts et donner des gages aux agences de notation, le gouvernement souhaite réformer le système d’assurance chômage pour faire rentrer de l’argent rapidement. « Les réformes structurelles contribuent à stimuler l’emploi, encouragent les créations d’entreprises et améliorent la productivité … Les réformes sur le marché du travail, telles que la baisse des charges patronales et la révision des allocations chômage, peuvent faciliter l’entrée dans les rangs de la main-d’œuvre active et la recherche d’emploi … Outre qu’elles alimentent la croissance économique, les réformes réduisent le poids de la dette publique sur le long terme. La mise en œuvre de réformes sera donc salutaire pour les États à court d’argent. Etc. » Fonds Monétaire International le 13 mars 2017.

  • Faut-il utiliser les « épargnes populaires » pour financer l’industrie d’armement ?

« Le livret A ne financera pas l’industrie militaire », tranche pour des raisons de procédure le Conseil constitutionnel. Le Sénat vote le 6 mars 2024 à une large majorité une nouvelle proposition de loi sur le financement des entreprises de l’industrie de défense française par les Livrets A et LDDS. Au 30 décembre 2023, l’encours total de ces deux Livrets s’élevait à 564,9 Md€. Les sommes déposées sont gérées à 60% par la Caisse des Dépôts CDC et 40% par les banques privées. La CDC finance des prêts à destination du logement social, des opérations d’urbanisme et investit dans des entreprises françaises. Les sommes restantes, gérées par les banques, servent à des prêts pour les TPE et les PME. Si la loi est votée par l’Assemblée nationale, environ 225 Md€ seraient mobilisables pour l’industrie de la défense. Les banques commerciales vont perdre une partie de leurs activités et de leurs revenus. Ce fléchage vers l’armement n’a pas les faveurs de Bercy, la ministre déléguée aux Entreprises, Olivia Grégoire, estimant que « l’instrument (n’était) pas le plus approprié ». Le gouvernement n’est pas non plus favorable à cette solution. Il souhaite lancer l’union des marchés des capitaux sur une base volontaire et créée des produits d’épargnes européens pour investir dans la défense, etc. Cette démarche verra peut-être le jour à l’horizon 2027-2029.

À Lire : l’union des marchés des capitaux et la création de produits d’épargne européens.

Pour une croissance auto-entretenue et vigilante.

Les banques excluent de plus en plus le financement de l’industrie de l’armement. Dans la situation actuelle, notre économie a besoin des investissements publics pour soutenir la croissance et éviter les dérapages des finances publiques. Le gouvernement préfère les dépenses d’armements aux investissements écologiques, numériques ou sociales. Les armements constituent un investissement improductif à court et long terme. Nécessaires pour la persuasion, pour aider l’Ukraine, etc., il faut être prêt pour une guerre de haute intensité, car le pire est suffisamment probable. Si les armes ne sont pas employées, la France aurait perdu la chance d’une croissance auto-entretenue par des investissements dans de nouvelles technologies écologiques, etc.

Lire aussi : Croissance forte sans inflation, un autre choix pour 2022.

Les « trente glorieuses », pas toujours si heureuses. Il faut rappeler que dans les « trente glorieuses » la France, bien armée, a enduré une guerre coloniale de 1945-1948 en Indochine, Les colonies africaines deviennent indépendantes : Maroc et Tunisie dès 1956, l’Afrique noire en 1960 et l’Algérie en 1962. Les années 1970 voient l’achèvement de ce processus (Djibouti, Comores).

Des nouveaux livrets réglementés pour stimuler la croissance et les budgets de la France

De 2024 à 2030, la France disposera d’un budget total de l’armée de 400 Md€. La France peut revenir rapidement à un budget comme en 1970 (3,5% du PIB) si la croissance est portée par la transition écologique, la santé, l’énergie, le numérique, etc., et non uniquement par une économie militarisée. En 2022 les Français ont mis de côté 159 milliards d’euros presque autant qu’en 2021 (161 milliards d’euros). L’État français devrait créer immédiatement des Livrets réglementés et spécialisés. Chaque citoyen doit décider de la destination de son argent. Avec des plafonds de versement, ces livrets seraient garantis et rémunérés. Les nouveaux contrats devraient présenter plusieurs atouts pour les consommateurs : flexibilité, frais de gestion nuls, pas de frais de transfert, avantages fiscaux, etc.

Réformes : « L’écrivain Bruno Le Maire devrait en parler au ministre de l’économie » ( Macron)

Réformes : « L’écrivain  Bruno Le Maire devrait en parler au ministre de l’économie » ( Macron)

Emmanuel Macon n’a pas spécialement apprécié les leçons de rigueur que donne Bruno Lemaire dans son dernier livre.  Cela d’autant plus que c’est son sixième livre depuis qu’il est ministre. Selon des propos rapportés mardi soir par Le Canard enchaîné, Emmanuel Macron aurait été cinglant Macron considère que le patron de Bercy «a raison sur la relance économique et les réformes à faire.» Mais d’ajouter : «Il devrait en parler à celui qui est ministre de l’Économie et des Finances depuis sept ans.» 

 

D’autant plus qu’Emmanuel Macron a décoché une autre flèche contre son ministre. «Il y a un temps pour l’écriture et un temps pour l’action, et ils sont rarement conciliables». «Quand des ministres écrivent des bouquins, ça donne toujours le sentiment qu’ils n’ont rien d’autre à faire», a-t-il encore cinglé. Des piques qui ne font visiblement pas changer Bruno Le Maire d’un iota.

 

L’économie allemande plonge

L’économie allemande plonge

D’une certaine manière l’Allemagne est victime de deux grands phénomènes qui ont plombé son économie au point de la faire entrer en récession en 2023. Il y a d’abord la crise énergétique avec la rupture des fournitures de gaz bon marché fourni par les Russes qui devaient constituer encore l’un des atouts de la compétitivité allemande. Plus globalement il y a les suites de la crise sanitaire dûe au Covid qui ont conduit à des relocalisations et déstructuration d des appareils de production. Ainsi la Chine ancienne première usine du monde a été grandement affectée dans ses exportations. Et le phénomène s’amplifie avec le contexte inflationniste. Dans de nombreux secteurs la Chine n’est plus assez compétitive. Le dynamisme industriel chinois est un peu gelé et se trouvent moins demandeurs d’outils industriels que lui fournissait l’Allemagne. L’Allemagne est tombée en récession en 2023. La situation pourrait être redressée en 2024 comptes tenus du caractère dépressif de la conjoncture internationale

L’économie allemande est entrée en récession en 2023, avec une chute de 0,3% du produit intérieur brut (PIB), a indiqué lundi l’institut Destatis. Ce recul attendu du PIB de la première économie européenne succède à une croissance de 1,8% en 2022, selon des données corrigées des variables de prix.

A noter, au dernier trimestre 2023, le PIB est estimé en recul de 0,3% par rapport au trimestre précédent, selon une estimation préliminaire de Destatis. En données corrigées des variables de calendrier et de prix, le PIB annuel chute de 0,1%. Des résultats toutefois un peu meilleurs que les prévisions du gouvernement et du FMI, qui prévoyaient respectivement une chute de 0,4% et de 0,5% durant l’année.

Le pays fait nettement moins bien que la moyenne de l’UE, qui devrait atteindre une croissance 0,6% en 2023, selon les dernières prévisions de la Commission européenne, avec des hausses marquées pour la France, l’Espagne ou l’Italie. La troisième économie mondiale est également à la traîne des autres grands pays industriels, comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni.

A l’origine de la contraction de la première économie européenne : la crise de son puissant secteur industriel, qui représente environ 20% de la richesse produite dans le pays. La production reste inférieure de plus de 9% à son niveau d’avant la pandémie, près de quatre ans après le début de la pandémie de Covid-19, en raison d’une conjonction de facteurs.

La branche a aussi été pénalisée par des exportations moins dynamiques, sur fond de tensions géopolitiques et de plus faibles demandes en produits allemands en Chine et aux Etats-Unis. Mais surtout, les prix de l’énergie restent relativement élevés pour l’industrie face à ses concurrents internationaux. Certaines activités les plus énergivores, comme la chimie, peinent à retrouver leur niveau de production d’avant la guerre en Ukraine. « L’année 2023 a été turbulente, avec une économie en mode crise permamente », résume Carsten Brzeski, analyste pour la banque ING.

Et les conséquences de la récession commencent déjà à se voir. En difficulté, les entreprises recrutent moins et le chômage remonte en Allemagne et se rapproche désormais des 6%. Son taux atteignait, en effet, 5,9% en décembre dernier, soit une hausse de 0,1 point par rapport au mois précédent (qui a été révisé à la baisse à 5,8%). Autrement dit, le nombre de chômeurs a augmenté de 5.000 sur un mois, en données corrigées des variations saisonnières (CVS). En données brutes, le nombre de chômeurs grimpe à 2,64 millions, en hausse d’environ 31.000 sur un mois et de 183.000 par rapport à décembre 2022, a détaillé l’Agence pour l’emploi début janvier.

Si 2023 a donc été particulièrement morose pour les Allemands 2024 pourrait ne pas être de meilleure facture si l’on en croit l’Institut économique IW. Ce dernier table en effet sur une baisse du produit intérieur brut (PIB) de 0,5% en 2024 pour la première puissance européenne. Les experts ont considérablement révisé à la baisse leur prévision puisqu’en septembre dernier, ils anticipaient encore une croissance de 0,9%.

« 2024 aurait pu être une année de reprise pour l’économie allemande. Mais les conditions générales restent mauvaises », justifie l’institut de Halle ce mercredi 13 décembre.

Les prévisions de l’IW sont en revanche plus pessimistes que celles du gouvernement allemand. Ce dernier prévoit une reprise de la croissance à +1,3% l’an prochain. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) présage un rebond de 0,9% pour la croissance allemande. La reprise à venir serait favorisée par un recul progressif de l’inflation – attendue à 2,6% en 2024, puis 2% en 2025, contre 6,1% en moyenne cette année – et un marché du travail robuste.

L’économie chinoise en déprime

L’économie chinoise en déprime


L’économie chinoise n’en finit pas de se relever de la crise sanitaire du Covid qui a donné lieu d’une part à une modification de certains lieux de production et aussi à une transformation du comportement de certains consommateurs. Du coup, l’usine du monde tourne au ralenti depuis. Et les perspectives sont très mauvaises d’une part parce que les exportations continuent de se tasser, d’autre part parce que la situation interne est hypothéquée par une crise financière grave notamment affectant le secteur du logement.

En 2023, le taux de croissance de la deuxième économie mondiale devrait être l’un des plus faibles en trente ans, à 5,2% selon des experts. Une situation qui inquiète Xi Jinping, sur fond de crise géopolitique mondiale et de tensions commerciales de plus en plus intenses avec l’Union européenne et les Etats-Unis.

Laa Chine dévoile ce mercredi son taux de croissance pour 2023, qui devrait être l’une des plus faibles en trois décennies. Ce, sur fond de crise dans l’immobilier, de consommation atone et d’incertitudes qui pénalisent l’activité. Une croissance en moyenne avec une hausse de 5,2% sur un an du produit intérieur brut (PIB) sur l’ensemble de l’année 2023. Il s’agirait de son rythme le plus lent depuis trente ans, 1990 ayant vu le taux de croissance chinois atteindre 3,9%.

Cette année, la Chine devrait voir son PIB ralentir à 4,5%, selon d’autres prévisions de la Banque mondiale. Le groupe d’experts interrogés par l’AFP table pour sa part sur 4,7%. Le gouvernement chinois doit annoncer l’objectif officiel en mars.

En 2022, le PIB de la Chine avait progressé de 3%, malgré les restrictions sanitaires contre le Covid qui pesaient lourdement sur l’économie. Ces mesures désormais levées, Pékin s’était fixé pour 2023 une croissance « d’environ 5% ». Le retour à une vie normale a dans un premier temps galvanisé la reprise en début d’année dernière.

Mais le rebond tant attendu s’est essoufflé et bute sur une confiance morose des ménages et des entreprises, ce qui pénalise la consommation. Une crise inédite dans l’immobilier, un chômage record des jeunes et le ralentissement mondial grippent également les moteurs de la croissance chinoise.

Cette crise « et un marché du travail atone minent la confiance des consommateurs », souligne l’économiste Helen Qiao, responsable Asie pour Bank of America. En mai, plus d’un jeune chinois sur cinq était en effet au chômage chez les 16-24 ans, un niveau record, selon des chiffres officiels, dont la publication mensuelle est depuis suspendue.

Le moral des consommateurs n’est guère au beau fixe et le niveau des dépenses est souvent inférieur à celles de 2019. par ailleurs, les exportations de la Chine, historiquement un levier de croissance, ont ainsi connu l’an dernier leur premier repli depuis 2016, selon des chiffres publiés vendredi par les Douanes chinoises.

L’autre risque c’est la déflation. L’indice des prix à la consommation (CPI), principale jauge de l’inflation, s’est inscrit le mois dernier à -0,3% sur un an, a ainsi indiqué vendredi dernier le Bureau national des statistiques chinois (BNS).
La Chine avait basculé en déflation en juillet 2023 pour la première fois depuis 2021. Après un bref rebond le mois suivant, les prix sont depuis constamment en repli depuis septembre.

Faute de demande, les entreprises sont contraintes de réduire leur production et consentent à de nouvelles ristournes pour écouler leurs stocks. Cette situation, qui pèse sur leur rentabilité, les pousse alors à geler les embauches ou à licencier

Pour cette raison entre autres, « la Chine a connu d’importantes sorties de capitaux », ce qui a des répercussions sur l’activité économique du géant asiatique, indique par ailleurs l’expert à l’AFP. Tous les défis cités précédemment « continueront à peser en 2024 », prévient-il. Des sorties de capitaux liés aussi à la main de fer de plus en plus difficile à supporter de la part du parti communiste et qui décourage investisseurs, techniciens et ingénieurs. Bref, une sorte de retour de l’économie fortement administrée qui favorise aussi fuite des capitaux et les cerveaux .

Ministre de l’économie : »J’y suis j’y reste » ( Bruno Le Maire )

Ministre de l’économie : »J’y suis j’y reste » ( Bruno Le Maire )


En défendant la stabilité du gouvernement c’est-à-dire en renonçant un changement même anecdotique, le ministre de l’économie défend en réalité son portefeuille.
Bruno Le Maire vante donc les «vertus» de la «stabilité» pour l’économie et les finances dans «ces périodes de grands bouleversements».

L’actuel ministre de l’économie ne paraît pas par ailleurs trop chaud pour prendre la tête de la liste européenne surtout dans la perspective d’une défaite annoncée.

«Je ne pense pas du tout que ce soit ni mon souhait, ni mon avenir. Je pense qu’aujourd’hui, mon rôle, c’est de m’occuper de nos compatriotes, de faire basculer l’économie française définitivement du côté des grandes puissances économiques du XXIe siècle», a-t-il insisté.

Envol du prix de l’or: un mauvais signe pour l’économie et pour la paix

Envol du prix de l’or: un mauvais signe pour l’économie et pour la paix

L’or continue d’être une valeur refuge en cas d’instabilité économique voire de troubles ou de guerre. Il est clair que globalement la croissance économique de 2024 s’oriente vers une sorte de stagnation et la situation est particulièrement inquiétante dans certains pays notamment en Chine menacée aussi par une crise financière. La question de la gestion des taux n’a pas encore obtenu de réponse durable. Certes l’inflation se réduit mais elle continue d’exister à des niveaux plus bas s’ajoutant aux inflations précédentes et contribuant donc toujours à des prix records des produits et services.

La politique restrictive des banques centrales a cependant contribué à rafraîchir nettement l’ambiance de l’activité économique au point que la demande notamment en matière de consommation des ménages stagne ou régresse. Le moral des chefs d’entreprise confirme la perspective d’une conjoncture assez morose en 2024.

S’ajoute à cela les inquiétudes aux événements liés à l’environnement géo stratégique actuellement particulièrement instable notamment du fait d’une guerre entre la Russie et l’Ukraine qui se révèle assez longue. Aussi la guerre entre le hamas et Israël, les attaques des Houthis en mer Rouge et les conflits en mer de Chine. sans parler du retour éventuel de Trump.

Du coup, on a beau encourager les investisseurs à réinvestir la bourse, certains préfère la prudence avec les placements en or ( dont le cours est au dessus de 2000 dollars l’once).

Hausse du prix de l’or: un mauvais signe pour l’économie et pour la paix

hausse du prix de l’or: un mauvais signe pour l’économie et pour la paix

L’or continue d’être une valeur refuge en cas d’instabilité économique voire de troubles ou de guerre. Il est clair que globalement la croissance économique de 2024 s’oriente vers une sorte de stagnation et la situation est particulièrement inquiétante dans certains pays notamment en Chine menacée aussi par une crise financière. La question de la gestion des taux n’a pas encore obtenu de réponse durable. Certes l’inflation se réduit mais elle continue d’exister à des niveaux plus bas s’ajoutant aux inflations précédentes et contribuant donc toujours à des prix records des produits et services.

La politique restrictive des banques centrales a cependant contribué à rafraîchir nettement l’ambiance de l’activité économique au point que la demande notamment en matière de consommation des ménages stagne ou régresse. Le moral des chefs d’entreprise confirme la perspective d’une conjoncture assez morose en 2024.

S’ajoute à cela les inquiétudes aux événements liés à l’environnement géo stratégique actuellement particulièrement instable notamment du fait d’une guerre entre la Russie et l’Ukraine qui se révèle assez longue. Aussi la guerre entre le hamas et Israël, les attaques des Houthis en mer Rouge et les conflits en mer de Chine. sans parler du retour éventuel de Trump.

Du coup, on a beau encourager les investisseurs à réinvestir la bourse, certains préfère la prudence avec les placements en or ( dont le cours est au dessus de 2000 dollars l’once).

Flambée de l’or: un mauvais signe pour l’économie et pour la paix

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L’or continue d’être une valeur refuge en cas d’instabilité économique voire de troubles ou de guerre. Il est clair que globalement la croissance économique de 2024 s’oriente vers une sorte de stagnation et la situation est particulièrement inquiétante dans certains pays notamment en Chine menacée aussi par une crise financière. La question de la gestion des taux n’a pas encore obtenu de réponse durable. Certes l’inflation se réduit mais elle continue d’exister à des niveaux plus bas s’ajoutant aux inflations précédentes et contribuant donc toujours à des prix records des produits et services.

La politique restrictive des banques centrales a cependant contribué à rafraîchir nettement l’ambiance de l’activité économique au point que la demande notamment en matière de consommation des ménages stagne ou régresse. Le moral des chefs d’entreprise confirme la perspective d’une conjoncture assez morose en 2024.

S’ajoute à cela les inquiétudes aux événements liés à l’environnement géo stratégique actuellement particulièrement instable notamment du fait d’une guerre entre la Russie et l’Ukraine qui se révèle assez longue. Aussi la guerre entre le hamas et Israël, les attaques des Houthis en mer Rouge et les conflits en mer de Chine. sans parler du retour éventuel de Trump.

Du coup, on a beau encourager les investisseurs à réinvestir la bourse, certains préfère la prudence avec les placements en or.

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