Archive pour le Tag '« l’échec'

Royaume-Uni : Liz Truss condamnée au grand écart et à l’échec

Royaume-Uni :  Liz Truss  condamnée au grand écart et à l’échec

 

Le politiste Brett Meyer, Chercheur invité au Tony Blair Institute,  estime, dans une tribune au « Monde », que le principal défi à relever pour la nouvelle première ministre britannique sera de conserver le soutien des électeurs de gauche conquis par son prédécesseur, Boris Johnson.

 

Une sorte de de grand écart difficile à tenir surtout face aux différentes crises que connaît le Royaume-Uni. Cette posture encore plus contradictoire celle de Boris Johnson pourrait la conduire à l’échec. NDLR

 

Après huit longues semaines de campagne, de réunions et de luttes intestines chez les tories, Liz Truss est désormais la 56e première ministre du Royaume-Uni. Lors de sa campagne, elle a promis des baisses d’impôts pour stimuler la croissance économique. Cette promesse centrale dans son programme lui a permis de remporter les suffrages des membres du Parti conservateur. Cependant, elle contraste fortement avec la politique de son prédécesseur, Boris Johnson, qui s’était attaché à augmenter les aides publiques aux régions défavorisées du pays.

Aussi la stratégie de Liz Truss n’est-elle pas sans risques. Elle pourrait, notamment, repousser les électeurs qui se positionnent à droite sur le plan culturel, mais à gauche sur le plan économique. Or, c’est en particulier grâce à eux que les tories ont décroché une majorité de quatre-vingts sièges à la Chambre des communes aux législatives de 2019.

Traditionnellement, les élections britanniques se jouent sur des questions économiques ; l’électorat de gauche vote pour le Parti travailliste (Labour) et celui de droite pour le Parti conservateur. Mais le Brexit et sa promesse de « reprendre le contrôle » des frontières et des lois du pays ont largement séduit les Britanniques, qui se situent culturellement à droite. Parmi eux, beaucoup défendent des valeurs économiques de gauche et votent habituellement Labour.

Après le Brexit, les experts ont parlé d’un réalignement de la politique britannique : au lieu de s’opposer sur des questions économiques, les deux grands partis le faisaient désormais sur des valeurs culturelles. Le Parti travailliste est devenu le parti des citadins cosmopolites et progressistes, le Parti conservateur celui des habitants des petites villes et des zones rurales, également plus patriotes.

L’échec de la stratégie attrape-tout de Macron

L’échec de la stratégie attrape-tout de Macron

 Bruno Jeanbart, vice-président de l’institut de sondages OpinionWayConstate l’échec de la stratégie attrape-tout de Macron dans l’Opinion

Au regard du résultat du premier tour des élections législatives, quelles sont les chances qu’Emmanuel Macron obtienne une majorité absolue à l’Assemblée nationale ? « A peu près une chance sur deux, répond Bruno Jeanbart, vice-président de l’institut de sondages OpinionWay. Quand on regarde les projections, on est entre 260 et 300 députés. Il a une chance sur deux car, évidemment, le second tour est une autre élection et il y a des dynamiques qui peuvent se déclencher en sa faveur. Et, si l’union de la gauche lui a permis de qualifier beaucoup de candidats au premier tour, au second tour cette union empêche d’aller chercher des réserves de voix. »

Ce premier tour ne constitue-t-il pas un vrai tournant dans ce qu’Emmanuel Macron a essayé de construire depuis ces cinq dernières années, à savoir un centre attrape-tout et deux extrêmes qui s’y opposent ? « C’est un tournant car on voit les limites de cette stratégie, confirme Bruno Jeanbart. Ça fonctionne très bien si vous êtes capable d’aspirer les camps intermédiaires. Mais quand la droite résiste mieux qu’à la présidentielle, il y a une difficulté qui se pose, à savoir que votre base centrale devient un peu trop faible et devient en difficulté par rapport aux deux forces radicales situées aux extrêmes. »

Mais le grand vainqueur de cette élection reste l’abstention. Ce n’est pas la première fois qu’un premier tour des législatives voit la barre des 50% d’abstention être dépassée, mais cette fois, c’est encore plus qu’il y a cinq ans. Quels enseignements doit-on en tirer ? « Cela dit d’abord quelque chose sur cette élection qui a un problème et qu’il va falloir résoudre pour le prochain quinquennat, explique Bruno Jeanbart : comment positionne-t-on cette élection et comment faire en sorte que les Français comprennent cette élection ? Les Français ne comprennent plus que, deux mois après une élection présidentielle, on leur redemande de voter pour une majorité pour gouverner le pays. »

Guerre en Ukraine : L’échec de Poutine et la spirale guerrière

Guerre en Ukraine : L’échec de Poutine et la spirale guerrière

 

Un papier du « Monde » constate  que la Russie enregistre déconvenue sur déconvenue, la parole publique du Kremlin s’hystérise, au risque de justifier une escalade encore plus incontrôlable. Solidaires sans pour autant parler d’une même voix, les soutiens occidentaux de Kiev sont pris dans cette spirale.

 

Plus de deux mois que Vladimir Poutine a lancé ses troupes à l’assaut d’un pays souverain, l’Ukraine, et déjà la guerre se nourrit de sa propre dynamique. L’annonce par le président des Etats-Unis, Joe Biden, jeudi 28 avril, d’une aide militaire massive de 20 milliards de dollars (18,9 milliards d’euros) en est la preuve. La montée en puissance est spectaculaire, après une première riposte centrée sur des sanctions contre la Russie, qui montrent leurs limites.

Le 24 février, après la stupeur initiale et la perspective d’un effondrement rapide des forces ukrainiennes, était venu le temps de la surprise. Celle-ci avait été alimentée à la fois par leur résilience et leur efficacité, et par les ratés inattendus d’un ennemi pourtant nettement supérieur en nombre et en matériel. Le fiasco de l’offensive sur Kiev, suivi d’une retraite piteuse et d’un redéploiement vers le Donbass, a révélé ensuite l’étendue des exactions imputées à une armée russe qui banalise le crime de guerre.

La perspective d’une stabilisation du conflit, d’un cessez-le-feu, voire d’un armistice, est devenue alors illusoire. Côté ukrainien, le prix exorbitant déjà acquitté par les militaires et les civils fait que l’heure n’est plus aux concessions pour éviter le pire, mais à une victoire totalement impensable quelques semaines plus tôt, pour laquelle les armes lourdes occidentales sont indispensables.

Les revers humiliants essuyés par Moscou, à l’image du croiseur Moskva envoyé par le fond en mer Noire, interdisent en retour à Vladimir Poutine de réviser à la baisse ses objectifs. Aucun gain significatif ne lui permet aujourd’hui de mettre fin à l’« opération spéciale » en vantant une mission accomplie. Les déconvenues ne cessent au contraire d’hystériser une parole publique russe, au risque de justifier une escalade encore plus incontrôlable.

Les soutiens occidentaux de l’Ukraine sont pris dans cette spirale. Le cas de l’un des plus timorés, l’Allemagne, l’illustre spectaculairement. Fin janvier, Berlin se contentait de l’envoi de… 5 000 casques, s’attirant les sarcasmes des Ukrainiens. Le 26 avril, Berlin a accepté de fournir des chars antiaériens Gepard et, deux jours plus tard, le Bundestag a donné, à son tour, son feu vert à la livraison d’armes lourdes, à l’unisson des partenaires de l’Allemagne.

Washington n’a pas peu contribué au virage que constituent de tels approvisionnements réclamés par un pays qui se défend, initialement écartés pour éviter le piège de la cobelligérance. Les Etats-Unis, qui tentaient depuis plus d’une décennie de se désengager du théâtre européen pour se recentrer sur la rivalité avec la Chine, ont fait machine arrière. Ils se sont engagés massivement dans le soutien à Kiev, convaincus d’être enfin dans le sens de l’histoire après une succession de fiascos, en Afghanistan comme en Irak.

Solidaires, les Occidentaux ne parlent toutefois pas toujours de la même voix. Là où les Américains adoptent une rhétorique et des objectifs sans nuances, dont celui de cette « Russie affaiblie » énoncé par le secrétaire à la défense, Lloyd Austin, les Européens restent plus prudents.

Tensions sur le gaz, explosions suspectes en Transnistrie, une région séparatiste moldave, les métastases du conflit ne peuvent que les inquiéter. D’autant que la diplomatie, comme l’ont montré les bombardements de Kiev pendant la visite du secrétaire général des Nations unies, le 28 avril, se réduit pour l’heure à la prolongation de la guerre par d’autres moyens.

Ukraine : L’échec de Poutine et la spirale guerrière

Ukraine : L’échec de Poutine et la spirale guerrière

 

Un papier du « Monde » constate  que la Russie enregistre déconvenue sur déconvenue, la parole publique du Kremlin s’hystérise, au risque de justifier une escalade encore plus incontrôlable. Solidaires sans pour autant parler d’une même voix, les soutiens occidentaux de Kiev sont pris dans cette spirale.

 

Plus de deux mois que Vladimir Poutine a lancé ses troupes à l’assaut d’un pays souverain, l’Ukraine, et déjà la guerre se nourrit de sa propre dynamique. L’annonce par le président des Etats-Unis, Joe Biden, jeudi 28 avril, d’une aide militaire massive de 20 milliards de dollars (18,9 milliards d’euros) en est la preuve. La montée en puissance est spectaculaire, après une première riposte centrée sur des sanctions contre la Russie, qui montrent leurs limites.

Le 24 février, après la stupeur initiale et la perspective d’un effondrement rapide des forces ukrainiennes, était venu le temps de la surprise. Celle-ci avait été alimentée à la fois par leur résilience et leur efficacité, et par les ratés inattendus d’un ennemi pourtant nettement supérieur en nombre et en matériel. Le fiasco de l’offensive sur Kiev, suivi d’une retraite piteuse et d’un redéploiement vers le Donbass, a révélé ensuite l’étendue des exactions imputées à une armée russe qui banalise le crime de guerre.

La perspective d’une stabilisation du conflit, d’un cessez-le-feu, voire d’un armistice, est devenue alors illusoire. Côté ukrainien, le prix exorbitant déjà acquitté par les militaires et les civils fait que l’heure n’est plus aux concessions pour éviter le pire, mais à une victoire totalement impensable quelques semaines plus tôt, pour laquelle les armes lourdes occidentales sont indispensables.

Les revers humiliants essuyés par Moscou, à l’image du croiseur Moskva envoyé par le fond en mer Noire, interdisent en retour à Vladimir Poutine de réviser à la baisse ses objectifs. Aucun gain significatif ne lui permet aujourd’hui de mettre fin à l’« opération spéciale » en vantant une mission accomplie. Les déconvenues ne cessent au contraire d’hystériser une parole publique russe, au risque de justifier une escalade encore plus incontrôlable.

Les soutiens occidentaux de l’Ukraine sont pris dans cette spirale. Le cas de l’un des plus timorés, l’Allemagne, l’illustre spectaculairement. Fin janvier, Berlin se contentait de l’envoi de… 5 000 casques, s’attirant les sarcasmes des Ukrainiens. Le 26 avril, Berlin a accepté de fournir des chars antiaériens Gepard et, deux jours plus tard, le Bundestag a donné, à son tour, son feu vert à la livraison d’armes lourdes, à l’unisson des partenaires de l’Allemagne.

Washington n’a pas peu contribué au virage que constituent de tels approvisionnements réclamés par un pays qui se défend, initialement écartés pour éviter le piège de la cobelligérance. Les Etats-Unis, qui tentaient depuis plus d’une décennie de se désengager du théâtre européen pour se recentrer sur la rivalité avec la Chine, ont fait machine arrière. Ils se sont engagés massivement dans le soutien à Kiev, convaincus d’être enfin dans le sens de l’histoire après une succession de fiascos, en Afghanistan comme en Irak.

Solidaires, les Occidentaux ne parlent toutefois pas toujours de la même voix. Là où les Américains adoptent une rhétorique et des objectifs sans nuances, dont celui de cette « Russie affaiblie » énoncé par le secrétaire à la défense, Lloyd Austin, les Européens restent plus prudents.

Tensions sur le gaz, explosions suspectes en Transnistrie, une région séparatiste moldave, les métastases du conflit ne peuvent que les inquiéter. D’autant que la diplomatie, comme l’ont montré les bombardements de Kiev pendant la visite du secrétaire général des Nations unies, le 28 avril, se réduit pour l’heure à la prolongation de la guerre par d’autres moyens.

Politique-Redéploiement“Barkhane” : Une stratégie condamnée à l’échec

Politique-Redéploiement“Barkhane” : Une stratégie condamnée à l’échec

 

Alors que son objectif majeur en Afrique était d’affirmer son statut de puissance internationale, la France se trouve aujourd’hui réduite à élaborer une stratégie d’« invisibilisation » de sa présence militaire au Sahel, analyse un papier du « Monde ».

 

Tribune.

La question n’est plus aujourd’hui de savoir si la France restera engagée militairement au Mali, puisque la détérioration de sa relation avec les autorités maliennes la contraint à quitter le pays. La question est plutôt désormais de déterminer si et comment elle pourra rester engagée au Sahel.

Le retrait du Mali est devenu inéluctable à force d’avoir, aussi désespérément que déraisonnablement, cherché à dissocier l’intervention militaire française du contexte politique et de la relation diplomatique. A cet égard, il est important de rappeler que, si les tensions entre les autorités françaises et maliennes ont atteint leur paroxysme à la suite du second coup d’Etat en mai 2021, les divergences d’ordre politique n’ont, en réalité, cessé de s’accumuler depuis le début de la crise. Ces désaccords majeurs se sont conjugués à l’impossibilité pour l’opération « Barkhane » de convertir ses succès tactiques en victoire stratégique, révélant son incapacité, tout comme celle des autres acteurs nationaux et internationaux, à endiguer une inexorable dégradation de la situation sécuritaire du Sahel.

Le retrait militaire de la France à travers le départ de « Barkhane » du Mali, ainsi que de ses partenaires européens engagés dans le cadre de la « Task Force Takuba », laissera à l’évidence un vide sécuritaire, qui pèsera notamment sur l’avenir de la Minusma [Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali] et sa mission de protection des civils. Il fragilisera aussi durablement la zone des trois frontières : la fermeture des bases de Gao et de Ménaka sera un grave motif de préoccupation, notamment pour le Niger.

Plus largement, l’évolution de la situation du Mali dépendra de trois paramètres essentiels : tout d’abord, les résultats obtenus par l’offensive engagée par les FAMa (Forces armées maliennes) avec l’appui de leurs partenaires russes ; ensuite, l’issue des affrontements violents entre les deux principaux groupes djihadistes actifs sur le territoire malien (le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans [GSIM, affilié à Al-Qaida] et l’Etat islamique au Grand Sahara) ; enfin, l’avenir des négociations avec les chefs djihadistes envisagées par les autorités maliennes successives depuis les recommandations formulées fin 2019 dans le cadre du dialogue national inclusif.

Si le désengagement stratégique du Mali est devenu inévitable, la France n’en affirme pas moins sa détermination à demeurer profondément investie au Sahel. Les conditions pour y prolonger sa présence militaire selon les options initialement envisagées – basculement du dispositif vers le Niger, maintien d’un fort contingent de 2 500 à 3 000 hommes jusqu’en 2023, poursuite des missions européennes de formation EUTM et Eucap Sahel – ne sont plus réunies.

Redéploiement“Barkhane” : Une stratégie condamnée à l’échec

 Redéploiement“Barkhane” : Une stratégie condamnée à l’échec

 

Alors que son objectif majeur en Afrique était d’affirmer son statut de puissance internationale, la France se trouve aujourd’hui réduite à élaborer une stratégie d’« invisibilisation » de sa présence militaire au Sahel, analyse la politiste dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

La question n’est plus aujourd’hui de savoir si la France restera engagée militairement au Mali, puisque la détérioration de sa relation avec les autorités maliennes la contraint à quitter le pays. La question est plutôt désormais de déterminer si et comment elle pourra rester engagée au Sahel.

Le retrait du Mali est devenu inéluctable à force d’avoir, aussi désespérément que déraisonnablement, cherché à dissocier l’intervention militaire française du contexte politique et de la relation diplomatique. A cet égard, il est important de rappeler que, si les tensions entre les autorités françaises et maliennes ont atteint leur paroxysme à la suite du second coup d’Etat en mai 2021, les divergences d’ordre politique n’ont, en réalité, cessé de s’accumuler depuis le début de la crise. Ces désaccords majeurs se sont conjugués à l’impossibilité pour l’opération « Barkhane » de convertir ses succès tactiques en victoire stratégique, révélant son incapacité, tout comme celle des autres acteurs nationaux et internationaux, à endiguer une inexorable dégradation de la situation sécuritaire du Sahel.

Le retrait militaire de la France à travers le départ de « Barkhane » du Mali, ainsi que de ses partenaires européens engagés dans le cadre de la « Task Force Takuba », laissera à l’évidence un vide sécuritaire, qui pèsera notamment sur l’avenir de la Minusma [Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali] et sa mission de protection des civils. Il fragilisera aussi durablement la zone des trois frontières : la fermeture des bases de Gao et de Ménaka sera un grave motif de préoccupation, notamment pour le Niger.

Plus largement, l’évolution de la situation du Mali dépendra de trois paramètres essentiels : tout d’abord, les résultats obtenus par l’offensive engagée par les FAMa (Forces armées maliennes) avec l’appui de leurs partenaires russes ; ensuite, l’issue des affrontements violents entre les deux principaux groupes djihadistes actifs sur le territoire malien (le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans [GSIM, affilié à Al-Qaida] et l’Etat islamique au Grand Sahara) ; enfin, l’avenir des négociations avec les chefs djihadistes envisagées par les autorités maliennes successives depuis les recommandations formulées fin 2019 dans le cadre du dialogue national inclusif.

Si le désengagement stratégique du Mali est devenu inévitable, la France n’en affirme pas moins sa détermination à demeurer profondément investie au Sahel. Les conditions pour y prolonger sa présence militaire selon les options initialement envisagées – basculement du dispositif vers le Niger, maintien d’un fort contingent de 2 500 à 3 000 hommes jusqu’en 2023, poursuite des missions européennes de formation EUTM et Eucap Sahel – ne sont plus réunies.

L’échec de la politique du logement de Macron

L’échec de la politique du logement de Macron 

 

Le  déficit de constructions de logements sociaux ou privés restera comme un échec. C’est particulièrement vrai concernant la situation des sans-abri, un fléau que M. Macron ambitionnait d’éradiquer. Malgré des efforts significatifs de la part de l’Etat pour ouvrir des places d’hébergement, l’offre n’a pas suivi. Cette situation a conduit à mener une politique inverse à celle que le gouvernement souhaitait, c’est-à-dire à investir dans le temporaire et l’urgence, au détriment de solutions pérennes.

Il ne faut pas s’attendre à ce que la crise du logement se résorbe d’elle-même avec la reprise économique. Au contraire, sans un volontarisme politique assumé, la situation risque d’empirer. Faute d’une offre suffisante, les prix à la location comme à l’achat s’envolent.

Les dépenses des ménages pour ce poste sont en constante augmentation. Elles représentent aujourd’hui 28 % de leur budget, contre 18 % en 2005.

Certes, le sujet est technique, appelant des solutions de longue haleine, complexes, qui doivent être trouvées dans un écheveau de responsabilités croisées entre Etat et collectivités locales. Dès lors, difficile d’en faire un thème de campagne porteur. D’autant que, dans les sondages sur les préoccupations des Français, le logement arrive souvent au dernier rang. C’est pourtant un élément-clé pour la qualité de vie et un facteur d’inégalités déterminant. Ce désintérêt peut s’expliquer par le fait que 40 % des ménages sont des propriétaires sans plus aucune charge de crédit et qui ont donc intérêt à voir leur patrimoine se valoriser.

Cette simplification pourrait commencer par une centralisation de la prise de décision dans les mains d’un acteur unique, suffisamment proche du terrain pour appréhender les besoins, mais pas trop, afin qu’il se tienne à distance des intérêts locaux qui bloquent les évolutions. Car l’un des écueils de la politique du logement réside dans les aspirations contradictoires entre ceux qui sont déjà installés et ceux qui ne le sont pas encore.

Convertir en logements des bureaux vacants ; accélérer la mobilisation des friches ; assouplir l’accès au foncier grâce à une fiscalité incitative ; rendre plus attractives les zones urbaines où la tension de la demande est la moins forte ; densifier là où c’est possible : autant de pistes pour relancer le logement et nourrir un débat électoral qui reste inaudible sur le sujet.

Renvoi de l’ambassadeur français au Mali: L’échec complet de Barkhane au Sahel

Renvoi de l’ambassadeur français au Mali: L’échec  complet de Barkhane au Sahel

C’est le dernier affront subi par la France avec le renvoi de l’ambassadeur français au Mali par les dictateurs militaires. Un grave échec diplomatique et militaire pour Macron et la force Barkhane. À la décharge des militaires, Barkhane a toujours été sous dimensionnée par rapport à l’immensité du territoire  (5000 militaires quand il en faudrait 150 000 sur un territoire 10 fois plus grand que que la France). Les putschistes au Mali veulent pousser vers la France dehors et maintenant, c’est le Burkina Faso qui est à son tour victime d’un putsch militaire. Reste le Niger, un pays aussi particulièrement fragile et qui aussi pourrait basculer d’un jour à l’autre. Bref, il va falloir décider rapidement du rôle de la force Barkhane avec les Européens qui en réalité ne se sont vraiment jamais totalement investis dans le conflit du Sahel.

Il n’y a sans doute pas grand-chose à espérer des discussions avec les putschistes tant du Mali que du Burkina. Des militaires plus compétents pour faire des coups d’Etat que pour maintenir l’ordre dans leur pays et qui accessoirement se partagent les maigres ressources locales.

La France et ses alliés européens se sont donné deux semaines, vendredi 28 janvier, pour décider de l’évolution de leur engagement militaire contre les groupes djihadistes au Mali alors que la junte au pouvoir à Bamako manifeste une hostilité croissante à leur égard.

La situation au Mali devient « intenable », a estimé vendredi le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, sur RTL au lendemain de la décision du Danemark de retirer ses forces spéciales dont les autorités maliennes avaient jugé la présence indésirable. Samedi, la ministre des Armées Florence Parly a déclaré, sur France Inter : « Nous devons constater que les conditions de notre intervention, qu’elle soit militaire, économique et politique sont rendues de plus en plus difficiles, bref, on ne peut pas rester au Mali à n’importe quel prix. »Alors que tout indique que les militaires maliens cherchent à pousser vers la sortie leurs partenaires occidentaux au profit d’une alliance avec la Russie, qui ne s’offusquerait pas de leur maintien au pouvoir, la ministre de la Défense danoise, Trine Bramsen, a déclaré à Reuters que les Européens s’étaient laissé 14 jours pour décider « à quoi devrait ressembler la future mission contre-terroriste dans la région du Sahel ».

Les autorités maliennes, qui ont multiplié les accusations de néocolonialisme à l’égard de la France, ne donnent de leur côté aucun signe de volonté d’apaiser la situation. Le Premier ministre Abdoulaye Diop a ainsi estimé vendredi sur France 24 que les propos de Jean-Yves Le Drian étaient « plein de mépris » et que Paris devait respecter la souveraineté du Mali.

Sahel: L’échec complet de Barkhane au Sahel

Sahel: L’échec  complet de Barkhane au Sahel

Un grave échec diplomatique et militaire pour Macron et la force Barkhane. À la décharge des militaires, Barkhane a toujours été sous dimensionnée par rapport à l’immensité du territoire  (5000 militaires quand il en faudrait 150 000 sur un territoire 10 fois plus grand que que la France). Les putschistes au Mali veulent pousser vers la France dehors et maintenant, c’est le Burkina Faso qui est à son tour victime d’un putsch militaire. Reste le Niger, un pays aussi particulièrement fragile et qui aussi pourrait basculer d’un jour à l’autre. Bref, il va falloir décider rapidement du rôle de la force Barkhane avec les Européens qui en réalité ne se sont vraiment jamais totalement investis dans le conflit du Sahel.

Il n’y a sans doute pas grand-chose à espérer des discussions avec les putschistes tant du Mali que du Burkina. Des militaires plus compétents pour faire des coups d’Etat que pour maintenir l’ordre dans leur pays et qui accessoirement se partagent les maigres ressources locales.

La France et ses alliés européens se sont donné deux semaines, vendredi 28 janvier, pour décider de l’évolution de leur engagement militaire contre les groupes djihadistes au Mali alors que la junte au pouvoir à Bamako manifeste une hostilité croissante à leur égard.

La situation au Mali devient « intenable », a estimé vendredi le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, sur RTL au lendemain de la décision du Danemark de retirer ses forces spéciales dont les autorités maliennes avaient jugé la présence indésirable. Samedi, la ministre des Armées Florence Parly a déclaré, sur France Inter : « Nous devons constater que les conditions de notre intervention, qu’elle soit militaire, économique et politique sont rendues de plus en plus difficiles, bref, on ne peut pas rester au Mali à n’importe quel prix. »Alors que tout indique que les militaires maliens cherchent à pousser vers la sortie leurs partenaires occidentaux au profit d’une alliance avec la Russie, qui ne s’offusquerait pas de leur maintien au pouvoir, la ministre de la Défense danoise, Trine Bramsen, a déclaré à Reuters que les Européens s’étaient laissé 14 jours pour décider « à quoi devrait ressembler la future mission contre-terroriste dans la région du Sahel ».

Les autorités maliennes, qui ont multiplié les accusations de néocolonialisme à l’égard de la France, ne donnent de leur côté aucun signe de volonté d’apaiser la situation. Le Premier ministre Abdoulaye Diop a ainsi estimé vendredi sur France 24 que les propos de Jean-Yves Le Drian étaient « plein de mépris » et que Paris devait respecter la souveraineté du Mali.

L’échec complet de barkhane au Sahel

L’échec  complet de barkhane au Sahel

Un grave échec diplomatique et militaire pour Macron et la force barkhane. À la décharge des militaires, barkhane a toujours été sous dimensionné par rapport à l’immensité du territoire  (5000 militaires quand il en faudrait 150 000 sur un territoire 10 fois plus grand que que la France). Les putschistes au Mali veulent pousser vers la France dehors et maintenant, c’est le Burkina Faso qui est à son tour victime d’un putsch militaire. Reste le Niger, un pays aussi particulièrement fragile et qui aussi pourrait basculer d’un jour à l’autre. Bref il va falloir décider rapidement du rôle de la force barkhane avec les Européens qui en réalité ne se sont vraiment jamais totalement investis dans le conflit du Sahel.

Il n’y a sans doute pas grand-chose à espérer des discussions avec les putschistes tant du Mali que du Burkina. Des militaires plus compétents pour faire des coups d’Etat que pour maintenir l’ordre dans leur pays et qui accessoirement se partagent les maigres ressources locales.

La France et ses alliés européens se sont donné deux semaines, vendredi 28 janvier, pour décider de l’évolution de leur engagement militaire contre les groupes djihadistes au Mali alors que la junte au pouvoir à Bamako manifeste une hostilité croissante à leur égard.

La situation au Mali devient « intenable », a estimé vendredi le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, sur RTL au lendemain de la décision du Danemark de retirer ses forces spéciales dont les autorités maliennes avaient jugé la présence indésirable. Samedi, la ministre des Armées Florence Parly a déclaré, sur France Inter : « Nous devons constater que les conditions de notre intervention, qu’elle soit militaire, économique et politique sont rendues de plus en plus difficiles, bref, on ne peut pas rester au Mali à n’importe quel prix. »Alors que tout indique que les militaires maliens cherchent à pousser vers la sortie leurs partenaires occidentaux au profit d’une alliance avec la Russie, qui ne s’offusquerait pas de leur maintien au pouvoir, la ministre de la Défense danoise, Trine Bramsen, a déclaré à Reuters que les Européens s’étaient laissé 14 jours pour décider « à quoi devrait ressembler la future mission contre-terroriste dans la région du Sahel ».

 

Les autorités maliennes, qui ont multiplié les accusations de néocolonialisme à l’égard de la France, ne donnent de leur côté aucun signe de volonté d’apaiser la situation. Le Premier ministre Abdoulaye Diop a ainsi estimé vendredi sur France 24 que les propos de Jean-Yves Le Drian étaient « plein de mépris » et que Paris devait respecter la souveraineté du Mali.

Algérie: La rente mémorielle pour cacher l’échec

Algérie: La rente mémorielle pour cacher l’échec

Le discours d’Emmanuel Macron sur la « rente mémorielle » algérienne intervient à un moment ou le pays, qui s’est décrédibilisé et « neutralisé géopolitiquement », veut faire oublier sa vulnérabilité en faisant diversion, explique le professeur de géopolitique Ali Bensaad dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

rien n’a été dit par Emmanuel Macron sur le pouvoir algérien qui n’ait déjà été dit et crié fort en Algérie même. Il en a seulement pris avantage pour semer le doute sur les fondements d’une nation algérienne. S’il s’est permis de le faire, ou a cru – pour des calculs électoralistes – devoir le faire, c’est parce que le discrédit du régime algérien est tel qu’il rejaillit sur l’image de tout le pays. Pour cette raison, il ne se trouve plus personne en France pour le défendre, alors même que sa guerre de libération, puis ses tentatives de développement et de lutte pour le rééquilibrage des rapports Nord-Sud, malgré leurs errements, lui avaient valu la sympathie de larges secteurs de l’opinion française et de nombre de ses intellectuels.

 

Les pratiques autoritaires et prédatrices du régime ont fini par dilapider le capital de sympathie dont bénéficiait le pays et lui aliéner ses soutiens. Pis, ils ont justifié, a posteriori, les thèses revanchardes de l’extrême droite et des tenants de « l’Algérie française » en leur offrant l’alibi d’une « république bananière ». Remuer le couteau dans la plaie des tares du régime pour jeter l’opprobre sur le parcours libérateur du pays procure dorénavant un avantage électoral. Le régime algérien porte une part de responsabilité dans ce glissement de l’opinion française.

La désespérance qu’il a introduite dans la société est telle que nombre de ses citoyens identifient les figures militaires et civiles de ce système à des « colons » et le crient dans les manifestations. Il ne sert à rien de s’offusquer d’un tel anachronisme, qui exprime plutôt la violence d’un ressenti. Le discrédit du système politico-militaire algérien est tel que, par ricochet, il a abouti à crédibiliser la monarchie marocaine et à faire occulter la dimension corrompue et autoritaire d’un makhzen [système de pouvoir monarchique] archaïque.

Mais l’Algérie s’est isolée même dans ses bastions stratégiques, comme en Afrique, où le retour en force du Maroc a entraîné dans son sillage celui d’Israël, illustré par son statut d’observateur à l’Union africaine, obtenu [en juillet] au moment même où ce pays dénie plus que jamais tout droit aux Palestiniens.

L’intérêt n’est pas dans ce qu’a dit M. Macron sur la nation algérienne [le 30 septembre, au cours d’un échange avec des jeunes, Français d’origine algérienne, binationaux et pour certains Algériens]. Il a repris des clichés aussi vieux que démentis par les historiens, et qui vont et viennent au gré des enjeux électoraux. Ce qu’il y a de nouveau, c’est le contexte dans lequel intervient cette énième polémique. Celui de l’extrême isolement dans lequel s’est placé le régime algérien, dans le pays d’abord, comme l’illustre le Hirak, et à l’international ensuite, et qui vulnérabilise à l’extrême l’Algérie. C’est cela qui en fait de l’Algérie la cible facile des révisionnistes de la décolonisation. C’est cela aussi qui élargit, en France, le cercle de l’inimitié, ou au moins de l’antipathie, en dehors des secteurs traditionnellement hostiles. Mais c’est surtout cela qui, faisant de l’Algérie « l’homme malade du Maghreb », a abouti à un effacement de sa présence sur la scène internationale et a aiguisé des appétits pour l’en bouter.

Covid-19 : l’échec de Covax responsable de l’émergence du variant Delta

Covid-19 : l’échec de Covax responsable de l’émergence du variant Delta

D ‘une certaine manière, l’échec du dispositif international Covax qui devait distribuer des vaccins au pays pauvres est  responsable de la vigueur du développement du variant Delta. En effet les nouveaux variants se développent  surtout dans les populations nombreuses peu ou  pas vaccinées ( par exemple Afrique du Sud, Inde ou encore Brésil). Et comme ces nouveaux variants non pas de frontières ils contaminent à nouveau les pays développés.

Alors que les Etats-Unis et l’Union européenne ont vacciné complètement environ 50% de leurs populations, les autres régions du monde accusent un retard important. L’Amérique du Sud a seulement dépassé la barre des 20%, l’Asie et l’Océanie celle des 10%, tandis que moins de 2% des Africains ont un schéma vaccinal complet.

Au 5 août, les pays à faible revenu n’avaient administré en moyenne que 1,7 dose de vaccin pour 100 habitants, contre 101 doses pour 100 habitants dans les pays à revenu élevé, selon un décompte de l’AFP. En mai, Tedros Adhanom Ghebreyesus espérait pourtant atteindre d’ici à la fin septembre la barre des 10% de vaccinés dans tous les pays du monde. Un objectif jugé ambitieux par le docteur Bruce Aylward, chargé de Covax au sein de l’OMS, qui a reconnu qu’il ne serait peut-être pas atteint.

Mali- Barkhane: l’échec d’une stratégie

Mali- Barkhane: l’échec d’une stratégie

C’est fait, le gouvernement vient de décider de réduire environ par deux les effectifs de l’opération Barkhane. Un cruel échec pour la France qui n’a pas réussi davantage dans son opération militaire que dans son opération de coopération ( Coopération contestée par certains chefs militaires eux-mêmes !). Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport.

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Politique–Barkhane: l’échec d’une stratégie

Politique–Barkhane: l’échec d’une stratégie

Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport. 

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Société–Service national universel: l’échec monumental

Société–Service national universel: l’échec monumental

L’échec du service national universel est à la fois qualitatif et quantitatif.

Les effectifs devaient  être portés à 30.000 à 40.000 « appelés » en 2020 puis à environ 150.000 en 2021 en fait il y aura 18 000 recrutés pour 2021.

En outre un dispositif qui devait devenir obligatoire. Sur le plan qualitatif, c’est aussi un échec total car il n’y a évidemment rien de militaires, rien de pédagogique et même rien d’intérêt national dans ce service.

Pour atteindre les 400.000 jeunes en 2022 et généraliser le dispositif en 2023 ou 2024 (soit 800.000 jeunes), il lui faudra faire autrement. « A un moment, il faudra le rendre obligatoire pour une partie des jeunes, et pas pour les autres », avait confié Gabriel Attal aux « Echos », en juin.

 

Certains chercheurs affirment dans le JDD que : « Toute l’histoire du service militaire puis du service national le montre : une obligation n’est acceptée que lorsque sa finalité fait l’objet d’un consensus social suffisamment fort pour que ses contraintes soient admises. Si le service militaire a fonctionné à partir de 1905, c’est parce que ce consensus, peu ou prou, existait : une menace toute proche pesait sur les Français. Et c’est parce que ce consensus a commencé à se diluer que, déjà, dans les années 1960, le service militaire a connu ses premiers signes de faiblesse. ».

Une appréciation qui témoigne de l’écroulement même des valeurs qui fondent une nation. Avec le même raisonnement on pourrait aussi supprimer toute régulation judiciaire des délits ou même toute fiscalité. Pour peu qu’on fasse aussi un sondage chez les très jeunes. Il sera aussi possible d’envisager la suppression de l’école. Ou quand la recherche tombe dans le niveau d’une discussion de bistrot

Service national universel: l’échec monumental

Service national universel: l’échec monumental

L’échec du service national universel est à la fois qualitatif et quantitatif.

Les effectifs devaient  être portés à 30.000 à 40.000 « appelés » en 2020 puis à environ 150.000 en 2021 en fait il y aura 18 000 recrutés pour 2021.

En outre un dispositif qui devait devenir obligatoire. Sur le plan qualitatif, c’est aussi un échec total car il n’y a évidemment rien de militaires, rien de pédagogique et même rien d’intérêt national dans ce service.

Pour atteindre les 400.000 jeunes en 2022 et généraliser le dispositif en 2023 ou 2024 (soit 800.000 jeunes), il lui faudra faire autrement. « A un moment, il faudra le rendre obligatoire pour une partie des jeunes, et pas pour les autres », avait confié Gabriel Attal aux « Echos », en juin.

 

Certains chercheurs affirment dans le JDD que : « Toute l’histoire du service militaire puis du service national le montre : une obligation n’est acceptée que lorsque sa finalité fait l’objet d’un consensus social suffisamment fort pour que ses contraintes soient admises. Si le service militaire a fonctionné à partir de 1905, c’est parce que ce consensus, peu ou prou, existait : une menace toute proche pesait sur les Français. Et c’est parce que ce consensus a commencé à se diluer que, déjà, dans les années 1960, le service militaire a connu ses premiers signes de faiblesse. ».

Une appréciation qui témoigne de l’écroulement même des valeurs qui fondent une nation. Avec le même raisonnement on pourrait aussi supprimer toute régulation judiciaire des délits ou même toute fiscalité. Pour peu qu’on fasse aussi un sondage chez les très jeunes. Il sera aussi possible d’envisager la suppression de l’école. Ou quand la recherche tombe dans le niveau d’une discussion de bistrot

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport. 

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. 
Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport. 

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Service national universel: l’échec monumental

Service national universel: l’échec monumental

L’échec du service national universel est à la fois qualitatif et quantitatif.

Les effectifs devaient  être portés à 30.000 à 40.000 « appelés » en 2020 puis à environ 150.000 en 2021 en fait il y aura 18 000 recrutés pour 2021.

En outre un dispositif qui devait devenir obligatoire. Sur le plan qualitatif, c’est aussi un échec total car il n’y a évidemment rien de militaires, rien de pédagogique et même rien d’intérêt national dans ce service.

Pour atteindre les 400.000 jeunes en 2022 et généraliser le dispositif en 2023 ou 2024 (soit 800.000 jeunes), il lui faudra faire autrement. « A un moment, il faudra le rendre obligatoire pour une partie des jeunes, et pas pour les autres », avait confié Gabriel Attal aux « Echos », en juin.

 

Certains chercheurs affirment dans le JDD que : « Toute l’histoire du service militaire puis du service national le montre : une obligation n’est acceptée que lorsque sa finalité fait l’objet d’un consensus social suffisamment fort pour que ses contraintes soient admises. Si le service militaire a fonctionné à partir de 1905, c’est parce que ce consensus, peu ou prou, existait : une menace toute proche pesait sur les Français. Et c’est parce que ce consensus a commencé à se diluer que, déjà, dans les années 1960, le service militaire a connu ses premiers signes de faiblesse. ».

Une appréciation qui témoigne de l’écroulement même des valeurs qui fondent une nation. Avec le même raisonnement on pourrait aussi supprimer toute régulation judiciaire des délits ou même toute fiscalité. Pour peu qu’on fasse aussi un sondage chez les très jeunes. Il sera aussi possible d’envisager la suppression de l’école. Ou quand la recherche tombe dans le niveau d’une discussion de bistrot

« Barkhane » au Mali :L’échec total

« Barkhane » au Mali :L’échec total

L’annonce très politique de Macon de la fin de l’opération Barkhane  officialise l’échec total de la France qui a réussi l’exploit de se mettre un peu tout le monde à dos même si les opposants à la France sont nettement travaillés par des puissances étrangères  et les arrivistes locaux ( militaires ou civils)

Un papier du « Monde »

 

L’annonce par le président, Emmanuel Macron, jeudi 10 juin, de la fin de l’opération extérieure « Barkhane » dans sa forme actuelle a le mérite de la clarté. Elle met fin à l’illusion de moins en moins partagée d’une victoire militaire possible contre un mouvement insurrectionnel protéiforme, désormais solidement ancré dans les populations locales.

Si le chef des armées promet une réduction du dispositif militaire français et un « changement de modèle » de cet engagement, selon un calendrier qui reste à préciser – mais qui devrait impliquer le départ d’ici à début 2023 de la moitié des 5 100 militaires actuellement déployés –, c’est que le bilan de huit ans d’intervention française au Sahel n’est pas brillant. Certes, le déploiement de « Serval » au début de 2013, sous la présidence de François Hollande, à la demande des autorités maliennes, avait stoppé net l’avancée des groupes djihadistes et même sans doute évité l’effondrement de l’Etat malien.


Mais, depuis, les groupes djihadistes ont repris leur progression. Non seulement le Sahel est devenu l’« épicentre du terrorisme international », selon les mots d’Emmanuel Macron, mais les pays du golfe de Guinée que l’on pensait à l’abri sont maintenant visés. Les Etats locaux n’ont pas été capables de prendre le relais pour sécuriser les zones libérées. Le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Selon l’ONG Acled, plus de 8 000 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées au Mali, au Niger et au Burkina Faso depuis 2013. Deux millions d’habitants ont été déplacés par les combats. Cinquante soldats français sont morts en service

Accusations de néocolonialisme

Par ailleurs, le soutien à l’opération « Barkhane » s’est sérieusement érodé dans l’opinion publique, en France et au Sahel. Les Français comprennent de moins en moins pourquoi des soldats meurent pour défendre une armée malienne qui s’est surtout distinguée par sa capacité à conduire deux coups d’Etat en l’espace de neuf mois. Les habitants du Sahel – parfois inspirés par une Russie aux aguets de tous les faux pas français en Afrique – accusent Paris de néocolonialisme. Ils constatent aussi que la présence française n’a pas mis un terme aux massacres de civils et qu’elle n’est pas exempte de bavures.

Le temps serait donc venu de siffler la fin de « Barkhane ». Cela ne signifie pas pour autant que la France va déserter la région. Des forces spéciales, a précisé M. Macron, resteront déployées pour mener des opérations strictement antiterroristes. C’est sans doute là que le bilan de l’intervention française est le plus probant, avec l’élimination de plusieurs chefs djihadistes. Mais ces victoires, de courte durée, n’ont jamais porté de coups fatals aux groupes armés liés à Al-Qaida ou à l’organisation Etat islamique.

 

Le deuxième pilier de la présence française concerne la formation des armées locales censées prendre le relais sécuritaire sur le terrain. Ce volet fera l’objet d’un effort supplémentaire porté par la France et ses partenaires européens. Mais, pour l’heure, l’efficacité de cette approche laisse plus d’un observateur dubitatif : des centaines de millions d’euros ont déjà été dépensées ces dernières années pour tenter d’améliorer l’organisation et les capacités de combat de l’armée malienne, sans guère de succès.

Quant à la force conjointe du G5 Sahel, regroupant des unités des armées de Mauritanie, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad, Emmanuel Macron n’y a même pas fait référence. Paris a pourtant porté à bout de bras cette architecture sécuritaire régionale depuis sa création, en 2014. Une autre illusion perdue.

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