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Rugby : cinquième titre pour le Stade toulousain en Champions Cup

Rugby : cinquième titre pour le Stade toulousain en Champions Cup

Gagnant contre La Rochelle à Twickenham (22-17), le Stade toulousain devient le club plus titré en Champions Cup de rugby.

 

Les  Rouge et Noir ont remporté la Champions Cup pour la cinquième fois (après 1996, 2003, 2005 et 2010), devenant le club le plus titré sur la scène européenne devant le Leinster (Irlande). Les coéquipiers d’Antoine Dupont, capitaine en l’absence de Julien Marchand (suspendu), ont ferraillé dur contre des Rochelais surpuissants qui ont fini par payer cher l’exclusion définitive de Levani Botia peu avant la demi-heure de jeu pour un plaquage sur Maxime Médard (22-17).

Covid: « La France au-dessus de la mortalité moyenne dans le monde

Covid: « La France au-dessus de la mortalité moyenne dans le monde

L’épidémiologiste et spécialiste de la prévention des infections, Didier Pittet, dresse dans le JDD un bilan de la gestion de la crise sanitaire en France.

 

Dans leur rapport rendu public mardi, l’équipe de chercheurs chargée par Emmanuel Macron il y a près d’un an d’évaluer la gestion de la pandémie en dresse le bilan le plus complet à ce jour, balayant les champs sanitaire, économique et social. Ce travail, nourri de comparaisons internationales, fourmillant de données inédites, esquisse un tableau au scalpel – mais nuancé – des forces et faiblesses hexagonales, et propose plusieurs pistes de réformes structurelles. Le Président, attendu lundi à l’Assemblée mondiale de la santé, entend faire de la France, selon l’Élysée, « un des pays pilotes d’un exercice de revue par les pairs, justement, de nos systèmes d’alerte et de préparation aux pandémies ». Pour l’épidémiologiste et spécialiste de la prévention des infections Didier Pittet, le médecin suisse qui a piloté les investigations de ces experts indépendants, la mortalité constitue l’indicateur le plus pertinent pour mesurer l’ampleur de la tragédie.

Pourquoi avez-vous privilégié l’étude de la mortalité pour évaluer la gestion de la crise sanitaire?
Le nombre de cas de Covid-19 reflète en partie les capacités des pays à tester ; celui des hospitalisations est lié aux dimensions du système de santé. Nous avons préféré évaluer l’excès de mortalité. En pondérant par la démographie de chaque État – un pays vieillissant est forcément plus touché par une maladie qui frappe les personnes âgées –, on obtient un indice pertinent qui facilite l’exercice de comparaison.

Comment la France se situe-t‑elle en matière de nombre de décès?
Contrairement à l’Allemagne et à l’Europe du Nord, qui s’en sortent assez bien, la France fait partie des pays très affectés par la crise, comme la majorité de ses voisins et les États-Unis. Au 1er mars 2021, avec 1.332 décès par million d’habitants, elle se situe au-dessus de la moyenne européenne [1.092 décès par million], même si la situation du continent s’avère extrêmement variable, de 135 décès par million en Finlande à plus de 1 900 en République tchèque. Comme l’Italie ou l’Espagne, la France a été surprise par la première vague. L’excès de mortalité, qui reste important, a été moindre pendant la deuxième vague.

Nos données le montrent : quand on perd le contrôle du virus, il fauche même de jeunes vies

Que signifie cet excès de mortalité?
La mortalité en excès est supérieure dans les pays qui ont eu la malchance d’être saisis les premiers ou qui ont moins bien géré la crise sanitaire, ainsi que dans les pays pauvres, où le système de santé est défaillant. Le délai de réaction avant de prendre des mesures restrictives, l’intensité du freinage jouent un rôle important. Nos données permettent aussi de mesurer l’ampleur de la tragédie : le monde n’avait jamais connu une telle hécatombe depuis la grippe espagnole de 1918-1919.

La deuxième vague a-t‑elle été mieux gérée chez nous?
La France a progressé entre les deux vagues et corrigé certaines des erreurs initiales. Après le drame dans les Ehpad au printemps dernier, les personnes âgées ont été mieux protégées à l’automne. En revanche, en ­Belgique, l’excès de mortalité, déjà très important au printemps 2020, est resté considérable six mois plus tard. Aux États-Unis, il a été continu depuis le début de la première vague. Dans toutes les classes d’âge : de jeunes diabétiques ou obèses sont morts, ont fait des séjours dans des services de soins intensifs! C’est pourtant le pays au monde qui consacre la part la plus importante de son PIB à la santé. Cela témoigne d’une mauvaise gestion politique de la pandémie. Laisser courir un virus, c’est criminel. Nos données le montrent : quand on en perd le contrôle, il fauche même de jeunes vies.

Vous pointez un manque d’anticipation récurrent en France. À quoi est-il dû?
Lors de la première vague, le ministère de la Santé a compris très tôt que la situation était grave mais l’intendance n’a pas suivi. Le fiasco des masques est connu : la menace pandémique a été négligée à partir des années 2010. Les stocks de masques n’ont pas été reconstitués et les hôpitaux chargés d’une partie de leur gestion n’ont pas compris qu’elle leur incombait. L’agence Santé publique France n’a ni les compétences ni les moyens de faire de la logistique. La solution, ce serait un stock tournant de masques partagé entre les hôpitaux, qui en consomment beaucoup. Et de recentrer cette structure sur une mission de surveillance des risques, de recherche et de santé publique. Ce défaut d’anticipation se retrouve avec les tests. L’Institut Pasteur en a mis un au point très vite, mais son déploiement a tardé. En revanche, à la fin du premier confinement, la France a su anticiper à travers la mission Castex de déconfinement.

L’hypercentralisation française a-t‑elle pesé sur la gestion de crise?
Pour lutter contre une épidémie, la gestion territoriale est la plus pertinente même si ça rend la situation complexe à appréhender pour les citoyens. La France, pays très centralisé, s’y est mise à partir de la fin de l’été 2020, en déclinant localement un plan national. Certes le deuxième confinement est survenu tard, mais il a été précédé par des couvre-feux localisés qui ont eu un effet. Le fédéralisme à l’allemande, lui, a atteint ses limites pendant la deuxième vague.

Quels sont les principaux succès français?
La gratuité des tests, le fait d’avoir laissé les écoles ouvertes le plus longtemps possible pour limiter la fracture sociale, toute la politique économique de soutien aux entreprises et aux ménages, la réactivité exceptionnelle de l’Assurance maladie qui a créé des brigades de recherche des cas contact, etc.

La recherche des cas contact pour casser les chaînes de contamination ne vous semble néanmoins pas optimale. Qu’est-ce qui a péché?
D’abord, le nombre trop important de nouveaux cas quotidien. À plus de 20.000 par jour, la mission est impossible. L’idéal serait d’arriver à 5.000 ou moins. La faiblesse de l’épidémiologie de terrain est aussi en cause. Pour réaliser des investigations autour d’un cluster, il faut de fins limiers habitués à gérer des épidémies. Au plus près des gens, ils remontent les chaînes de contamination, déclenchent des opérations de dépistage ciblées. Les enquêteurs par téléphone de l’Assurance maladie ne sont pas armés pour faire ce travail de détective ; les spécialistes des agences régionales de santé sont trop peu nombreux.

Le ministère de la Santé a-t‑il été à la hauteur de la tâche?
Ce ministère a été privé de nombreuses forces au cours de la dernière décennie au moins. Certains points d’organisation ont été défaillants : inflation des cellules de crise aux missions parfois floues, manque d’intelligence collective, coupure avec les agences sanitaires. L’hyperadministration et la bureaucratisation ont ralenti la gestion de la crise. Tout comme le manque de moyens humains. Le ministère était à l’os ; il a fait face. Les meilleures volontés ont dû gérer la crise le nez dans le guidon. Il faut doter ce ministère des meilleurs experts et leur permettre de penser au long terme.

Les agences régionales de santé ont beaucoup été critiquées ; vous partagez ces doutes?
Comme partout au sein des agences et du ministère de la Santé, l’engagement des équipes a été total, jour et nuit, week-end compris, mais nous estimons qu’il faut augmenter leur capacité de réaction en cas de crise en leur donnant plus de moyens, en les transformant. Les ARS aussi doivent pouvoir recruter les meilleurs et être renforcées à l’échelle des départements pour une gestion main dans la main avec les préfets. C’est une des clés pour doter la France d’une santé publique digne de ce nom.

La Chine attaque le bitcoin

La Chine attaque le bitcoin

Plusieurs raisons à cette attaque de la Chine contre la cryptomonnaie. D’abord la Chine envisage de créer une cryptomonnaie officielle contrôlée par l’État. Elle veut aussi lutter contre la spéculation et des conditions de production. Pékin envisage donc de réprimer les activités de production et de trading du bitcoin pour lutter contre les risques notamment financiers, selon une déclaration vendredi du Comité de développement de la stabilité financière rapportée par l’agence Reuters. La Chine veut donc s’attaquer à la fois au trading mais aussi au minage(conditions de production du bitcoin.

Pour la deuxième économie mondiale, il est désormais nécessaire de « sévir sur les activités de minage et de trading du bitcoin et de prévenir le risque de transmission sur le champ social », ont écrit dans un communiqué le vice Premier ministre Liu He et le Conseil des affaires de l’Etat dans la soirée vendredi, heure chinoise, précise également la chaîne américaine CNBC. 

Au-delà de l’impact sur le cours, cette restriction, voire interdiction, de l’activité de minage est un coup de frein d’un point de vue technique pour la cryptomonnaie qui a besoin de milliers d’ordinateurs en réseaux pour valider ses échanges de pair-à-pair. Aussi pour être produit, il requiert une importante quantité d’électricité, produite à bas coûts possibles. Des conditions avantageuses via l’énergie du charbon ou des énergies renouvelables que propose la Chine, avec, 65% des opérations de minage qui sont menées depuis l’Empire du Milieu, d’après une carte établie par l’Université de Cambridge.

. Mercredi, le département du Trésor américain a également annoncé vouloir reprendre la main sur les transferts d’argent – notamment pour lutter contre l’évasion fiscale – en contraignant les détenteurs de cryptomonnaies à déclarer tout transfert de plus de 10.000 dollars.

Vaccination pays pauvres : Le G20 toujours assez flou

Vaccination pays pauvres : Le G20 toujours assez flou

.Hier, le premier sommet mondial sur la santé s’est tenu à Rome, sous la double présidence de l’Italie à la tête du G20 et de l’Europe. Il n’en est pas ressorti d’engagement très concret et très précis vis-à-vis des pays pauvres. Plutôt des les intentions.

 

Mario Draghi a reconnu que « les différences dans les taux de vaccination sont stupéfiantes. Si près de 1,5 milliard de doses de vaccins ont été administrées, 85 % l’ont été dans les pays riches, et pas plus de 0,3 % dans des pays à faible revenu. Ces disparités sont non seulement inacceptables. Elles sont aussi une ­menace. »

 

Des pays notamment dans l’union européenne se sont engagés à donner encore plus de doses en voie de développement mais la réunion n’a pas permis d’aboutir sur la levée des brevets . Et les engagements des pays riches demeurent assez diversifiés et flous vis-à-vis des pays pauvres.

 

Le choix du chômage

Le choix du chômage 

Le grand reporter de Radio France Benoît Collombat et l’illustrateur Damien Cuvillier sont allés à la rencontre de conseillers politiques, directeurs du Trésor, économistes et philosophes pour tenter de plonger aux racines idéologiques du chômage de masse. Une question brûlante d’actualité au moment où la crise sanitaire frappe des millions de travailleurs.(Interview dans la Tribune)

 Quelle est la genèse de votre ouvrage ?

BENOIT COLLOMBAT - L’idée est venue lors d’une rencontre au festival de bande-dessinée de Saint-Malo en 2016. Ma précédente BD enquête « Cher pays de notre enfance » avec Etienne Davodeau s’intéressait à la violence politique en explorant les coulisses de la vie politique française avec ses officines comme le SAC (service d’action civique) qui a connu une dérive mafieuse. L’idée de cet ouvrage était de dévoiler l’envers du décor en allant à la rencontre des acteurs de cette histoire comme des barbouzes, des syndicalistes, des responsables politiques, ou des agents secrets. C’est une histoire qui n’est pas forcément dans les livres d’histoire.

A cette époque, le pouvoir politique avait encore les manettes sur l’économie et le monde de la finance. Cela m’intéressait de raconter la suite de cette histoire, le moment de bascule où le politique se dessaisit de ces manettes. Je voulais raconter comment ces choix économiques vont produire une autre forme de violence. Il s’agissait de retourner à la racine de ces choix, les documenter et retrouver les acteurs et les témoins de ce processus pour dresser la photographie la plus complète pour les lecteurs.

Pour montrer la violence économique du chômage, Damien Cuvillier, vous évoquez un moment très personnel de votre enfance en Picardie au début de l’ouvrage où votre mère est radiée de Pôle emploi. Pourquoi avez-vous choisi d’évoquer cet épisode familial ?

DAMIEN CUVILLIER - Au moment où Benoît évoque le sujet de cette enquête en 2016 à Saint Malo, l’idée m’intéresse beaucoup en tant que lecteur, notamment sur la mise en perspective. Ce sujet résonnait d’une manière très personnelle dans la mesure où ma mère et plusieurs personnes dans ma famille ont vécu au chômage et le sont toujours. Au-delà des parcours individuels, ce qui m’intéressait encore plus était d’élargir la question sur les origines du chômage de masse et cette fatalité soi-disant inexorable.

Malgré les alternances politiques, vous montrez qu’il y a une permanence dans les politiques économiques menées sur les cinquante dernières années. Comment expliquez-vous cette continuité ?

B.C- Le point de départ de l’enquête est de raconter cette grande continuité idéologique au-delà des alternances politiques. Le récit commence par un conseil des ministres au début des années 70 où Pompidou paraît accablé parce que le chômage touche 400.000 personnes en France. Cette scène marque le début d’une séquence historique. Elle dit beaucoup de choses. Elle montre une préoccupation politique mais elle envoie surtout un signal clair en expliquant que désormais il va falloir se serrer la ceinture et mener des politiques dites « de compétitivité.»

On trouve les prémices de ce mouvement dans les années 60 avec le démantèlement d’une partie du contrôle de l’Etat sur la masse monétaire et les circuits financiers. A partir des années 80, il y a une certaine forme de continuité, après une période assez courte de relance keynésienne. L’orthodoxie budgétaire et financière va être poursuivie par les socialistes. On revient par exemple sur les coulisses des nationalisations, du tournant de la rigueur. Ce couloir d’options économiques va se poursuivre jusqu’à aujourd’hui. La bande dessinée en proposant un cadre était un format adapté pour raconter cette pensée reposant sur un cadre idéologique : le néolibéralisme. L’Etat doit servir avant tout le marché et le droit privé doit prévaloir.

 

Quarante ans après l’arrivée de François Mitterrand à la Présidence de la République le 10 mai 1981, quel regard portez-vous sur le rôle de la gauche dans cette politique économique ?

B.C - Dans le livre, nous avons accordé une grande place à cette période car le début des années 80 constitue un moment de bascule important dans notre récit. Très rapidement, le pouvoir socialiste va se rallier à une orthodoxie monétaire autour de la construction européenne. Aujourd’hui, nous sommes toujours dans cette séquence historique. Le pouvoir socialiste de l’époque ne s’est pas contenté d’accompagner ce mouvement de mondialisation et de dérégulation financière. Ce que montre l’enquête, c’est qu’ils ont soutenu et promu ce mouvement. Jacques Delors ou Michel Camdessus ont joué un rôle de promoteurs de ces idées néolibérales. Il y a un ralliement presque enthousiaste des socialistes de l’époque à cette idéologie.

D.C- La force de cette idéologie est que les socialistes sont eux-mêmes convaincus qu’il n’y a pas d’autres alternatives. En matière économique, les autres façons de penser ne sont pas jugées « sérieuses ».

 

Dans le récit, un personnage de la bande dessinée qui a travaillé au Trésor a accepté de témoigner mais sous anonymat. Au total, vous avez mené une quarantaine d’entretiens. Avez-vous été confrontés à des refus ?

B.C- Nous avons essuyé très peu de refus suite à nos sollicitations. Jacques Attali a annulé notre rendez-vous au dernier moment, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont décliné nos demandes. Nous avons été clairs et transparents dès le début sur l’objet de notre travail : une enquête en bande dessinée sur les grands choix économiques de la politique française. Dans la méthode, c’était un travail journalistique classique. L’objectif était de restituer la vérité personnelle de ces acteurs et de les confronter à leurs propres choix à partir de documents et d’archives par exemple.

Dans votre enquête vous mentionnez plusieurs pièces à conviction. Parmi ces documents, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ?

B.C- Il y a deux documents qui sont particulièrement frappants, je trouve. Le premier est une note de 1979 d’un haut fonctionnaire du ministère de l’Economie et des finances. Il écrit au premier ministre Raymond Barre en expliquant qu’il ne faut surtout pas tenter de lutter contre le chômage à court terme. Il faut rester dans le couloir des « bonnes » options économiques.

Le second document est une note de la banque américaine JP Morgan de 1987 qui applaudit les grands choix économiques et monétaires français opérés, quel que soit le parti politique au pouvoir. Les auteurs se félicitent clairement qu’il y ait un taux de chômage de 11% en France car cela permet de faire notamment pression sur les salaires. Cette note a été écrite à l’occasion d’un déplacement du directeur du Trésor de l’époque Daniel Lebègue pour vendre la politique monétaire de la France auprès des investisseurs étrangers. C’est assez rare de trouver un document qui permet de faire tomber un coin du voile de manière aussi claire.

D.C- Le rapport Eisner commandé par le Parti socialiste et Dominique Strauss Kahn qui a été enterré rapidement est également une pièce importante. Le destin de ce rapport qui préconisait la poursuite des politiques de relance et le plein emploi montre que les autres choix de politiques économiques possibles ont été évacués par les socialistes.

 

Vous mentionnez à plusieurs reprises le rôle central d’un personnage méconnu mais important, Tommaso Padoa-Schioppa. Pourquoi cet économiste italien et ministre des Finances a-t-il joué un rôle déterminant à l’échelle européenne ?

B.C- Tommaso Padoa-Schioppa est peu connu du grand public. Ce proche de Jacques Delors fait pourtant partie de ceux qui ont joué un rôle décisif dans cette histoire. Il a joué un rôle éminent en Italie dans le monde bancaire et dans le monde politique. Il a notamment eu des responsabilités au sein de la Banque centrale européenne, été ministre de l’Economie sous Romano Prodi, puis membre du conseil d’administration de Fiat. Padoa-Schioppa a été l’un des architectes de cette pensée qui a structuré la construction européenne. Cette idée que l’Etat ne doit pas avoir le contrôle de la monnaie, que les banques centrales doivent être « indépendantes » et les déficits limités. Quand on se penche sur ses écrits, on voit qu’il porte une vision assez violente et finalement assez peu démocratique de la société. Peu de temps avant sa mort en 2010, il a conseillé le gouvernement grec avant l’arrivée au pouvoir de Syriza.

 

Vous montrez que le chômage n’est pas une fatalité mais le résultat de choix politiques. La pandémie contribue-t-elle à revoir ces choix de politique économique ?

B.C- Avec la révolte des « gilets jaunes », et le coronavirus, une forme d’accélération de l’histoire a accompagné le bouclage de notre livre. La pandémie montre que l’on arrive à la fin d’une séquence historique mais cette fin peut être très longue. Le néolibéralisme n’a pas dit son dernier mot. Cette idéologie a survécu à de nombreuses crises. Dans de nombreux pays, comme en France, les responsables néolibéraux sont encore aux manettes. Avec la pandémie, on a vu que les Etats ont dû sortir de l’orthodoxie monétaire car ils n’avaient pas vraiment le choix. Il a fallu sauver en catastrophe l’économie mais on voit bien en France que sur le fond rien n’a vraiment changé, on voit resurgir le discours sur l’équilibre financier et « la dette Covid qu’il faudra bien rembourser »… Il y a un décalage important avec ce qui se passe aux Etats-Unis, où le pouvoir américain, si libéral qu’il soit, a toujours été beaucoup plus pragmatique. Dans l’enquête, on a voulu démythifier ces grands choix économiques présentés comme intangibles et les questionner. Il faut remettre ces choix dans le débat public. Rien ne pourra bouger si la société entière ne se saisit pas de ces questions-là.

D.C- Il est compliqué à ce stade de voir vers quoi les Etats vont aller. Il y a toujours un discours dominant sur l’économie. Cette idéologie s’adapte à la pandémie ou au capitalisme vert. Malgré la pandémie, la question de l’investissement public dans la santé, l’éducation n’est pas vraiment mise en avant. Tout le monde a applaudi le personnel soignant l’année dernière. Finalement, l’argent injecté par l’Etat dans le milieu hospitalier correspond à des miettes.

 

Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous avez été confrontées pour la mise en récit graphique de cette enquête fouillée ?

D.C- Une des grandes difficultés était de synthétiser au mieux cette histoire. Le livre a différentes dimensions à la fois politique, économique et historique. La mise en perspective est immense. Il a fallu faire des choix. C’est un livre sur lequel nous avons travaillé pendant quatre ans. Il a fallu faire une forme de maquette du livre avant de mettre en forme les pages et les dessiner. Le travail de montage a exigé beaucoup de travail.

Propos recueillis par Grégoire Normand

Le retour du train ?

Le retour du train ?

 

La perspective des élections redonne du tonus au discours sur le retour du train. Ainsi le premier ministre a-t-il pris un train de nuit entre Paris et Nice jeudi. On annonce aussi de nouveaux TGV et la revitalisation des lignes secondaires. Une préoccupation qui essaye de prendre en compte la demande environnementale afin que le train puisse se substituer à certaines dessertes aériennes et automobiles.

 

Reste que la tâche est immense compte tenu de la situation particulièrement grave sur le plan financier de la SNCF. Une situation financière encore plus dramatique après la crise sanitaire. Par ailleurs le réseau surtout sur les lignes secondaires à un urgent besoin d’entretien. Et la libéralisation du transport de personnes par voie ferroviaire ne va sans doute pas améliorer la situation financière.

Washington baisse le projet de taux d’imposition mondial

Washington baisse le projet de taux d’imposition mondial

Biden lâche le projet de taxation à 21 % concernant surtout les multinationales. Le président américain retient maintenant 15 %. Washington avait initialement proposé un taux à 21%, soutenu par la France, l’Allemagne et le Parlement européen, et que l’OCDE pensait pouvoir approcher, avait indiqué le 5 mai Pascal Saint-Amans, en charge des sujets de fiscalité à l’OCDE.

Le but est avant tout d’augmenter la contribution des géants des technologies, accusés d’échapper à l’impôt grâce aux différences de fiscalité entre les pays. Si les négociations à l’OCDE aboutissent, la France a déjà dit qu’elle adopterait une directive européenne sur le sujet dès le premier semestre 2022, durant la présidence française de l’Union.

Outre un taux minimal mondial, cette réforme négociée par l’OCDE prévoit de moduler l’impôt sur les sociétés en fonction des bénéfices réalisés dans chaque pays, indépendamment de leur établissement fiscal.

BlaBlaCar veut compléter son offre intermodale globale par le train

BlaBlaCar veut compléter son offre intermodale globale par le train

Interview dans la tribune de Nicolas Brusson, le DG;  BlaBlaCar doit également entrer en Bourse.

 

Vous vous apprêtez à relancer vos services après plusieurs mois de confinement. Mais vous allez également accélérer sur de nouvelles activités comme les liaisons par autocar. C’est un nouveau virage stratégique pour vous ?

NICOLAS BRUSSON - Notre enjeu immédiat, c’est effectivement de sortir de ce tunnel qu’a été près d’un an et demi de confinement. Nous constatons que les gens n’ont pas perdu le goût du voyage et les réservations sont en très forte hausse. Sur l’évolution de notre modèle stratégique, nous sommes dans la continuité de ce qui a été lancé en 2018-2019. Pour redonner des éléments de contexte, nous avons travaillé sur un premier volet stratégique entre 2012 et 2017 consistant à faire de BlaBlaCar une plateforme internationale. Nous y sommes parvenus en devenant numéro un en Allemagne, en Espagne, au Brésil, en Inde, en Russie et en Turquie, pour ne citer qu’eux. En 2017, nous nous sommes interrogés sur comment capitaliser davantage sur notre marque qui s’est imposée comme référence sur ces marchés avec une relation émotionnelle liée avec une communauté de bientôt 100 millions d’utilisateurs. Nous avons donc décidé d’offrir davantage que du covoiturage pour proposer une offre complète dans le voyage intercité (longue distance, ndlr). Sur ce segment, l’arbitrage tient notamment entre le covoiturage, le train et l’autocar, j’exclus le transport aérien. A terme, BlaBlaCar deviendra une appli de référence dans le voyage longue distance sur ces trois modes de transport. Nous lancerons le train en 2022.

Vous êtes dans une logique d’intermodalité ?

Nous sommes surtout dans une logique d’exhaustivité de notre offre. Au fond, la clé de voûte de notre stratégie reste le covoiturage. L’automobile est le mode de transport le plus utilisé dans tous les pays, le plus simple, et le seul qui ne dépend pas de stations de bus ou de gares. C’est un connecteur universel.

Quel est le potentiel de croissance de votre activité bus?

Nous nous sommes lancés dans l’activité bus en 2018, mais nous avons accéléré en juin 2019 après l’acquisition de Ouibus (filiale de la SNCF, ndlr). En Europe, nous continuerons à déployer notre réseau avec de nouvelles lignes en Allemagne, en Italie et la péninsule ibérique. Mais c’est sur les pays émergents que le potentiel est le plus important. En France, le marché du bus, c’est 250 millions d’euros en volume d’affaires, il atteint les 400 millions en Allemagne. Au Brésil, c’est un marché à 7 milliards d’euros par an, 10 milliards au Mexique et autour de 2,5 milliards en Russie. On est déjà leader en Russie et en Ukraine et nous sommes bien positionnés pour le devenir en Amérique Latine. Le potentiel est colossal.

Vous n’avez pas la même stratégie en Europe et dans les pays émergents. Dans le premier, vous exploitez des lignes, ailleurs, vous êtes plus proche de la billetterie…

Notre métier n’est pas d’être une billetterie, c’est de digitaliser une industrie comme nous l’avons fait sur le covoiturage sur le modèle de l’économie partagée. Vous avez plusieurs industries qui ont opéré leur transition digitale avec des références comme Booking pour la réservation d’hôtels. Dans les pays émergents, vous avez des milliers d’opérateurs d’autocars qui n’ont pas opéré leur transition digitale. Nous voulons être l’appli de référence naturelle dans la réservation de places d’autocars dans les pays émergents. En Europe, la situation est très différente, c’est même une exception parce qu’il n’y avait pas de marché. Il est né récemment de la libéralisation. Nous travaillons donc à créer ce marché en devenant un opérateur virtuel. C’est-à-dire que nous gérons des bus, leur réseau et leurs prix, mais nous ne sommes ni propriétaires des flottes ni employeurs des salariés.

Au regard des chiffres que vous annoncez, le bus pourrait devenir une très forte part de votre chiffre d’affaires…

Avant la crise du covid, notre activité de covoiturage enregistrait entre 80% et 100% de croissance par an. La dynamique de cette activité est toujours là, les bus vont accélérer cette croissance.

Vous voulez donc devenir le « Booking » du bus, mais aussi du train… N’est ce pas plus compliqué?

Le train, c’est le même levier: intégrer les offres de sièges libres avec de la technologie. Ici, nous sommes en capacité d’apporter une offre intermodale extrêmement fine grâce à notre réseau de covoiturage. Si vous voulez aller de Paris à Rennes, vous prenez simplement un train. Mais si vous voulez aller plus loin dans le Morbihan, notre offre devient pertinente puisqu’elle combinera intelligemment différents modes de transports que nous maitrisons, c’est ici que nous apportons de la valeur à nos clients. Avec BlaBlaCar, les clients peuvent tout avoir sur la même appli.

Avec BlaBlaCar Daily, nouveau nom de BlaBlaLines, vous sortez de votre modèle de leader dans la longue distance et vous attaquez le segment des liaisons quotidiennes courtes distances, plus communément appelées le domicile-travail.

Le covoiturage courte distance, c’est le Graal du covoiturage. Comme je disais, BlaBlaCar dispose d’une communauté de 100 millions de membres. Mais un trajet longue distance c’est deux ou quatre fois par an, peut-être une fois par trimestre. Avec le domicile-travail, c’est tous les jours, et c’est aussi 70% des Français.

Sur ce segment, vous n’êtes pas les premiers, et il y a déjà des acteurs bien installés comme Klaxit ou Karos…

Ce n’est pas tout à fait vrai… Lorsque nous avons lancé notre service en 2007, à l’époque cela s’appelait covoiturage.fr, nous proposions déjà du covoiturage courte distance en partenariat avec des grandes entreprises. Mais à l’époque, il n’y avait pas de modèle économique viable, il n’y avait pas la LOM (loi d’orientation des mobilités, ndlr) qui permet d’apporter un soutien public à ce marché à travers les régions ou le forfait de mobilité durable. Le covoiturage courte distance est un gros marché en France et en Allemagne.

Le fait de rebaptiser votre offre n’est pas une façon de la relancer en raison de résultats insatisfaisants ?

Pas du tout. Notre offre a rencontré un vif succès juste avant la crise du Covid, avec une nette accélération au moment des grèves de décembre 2019. Elle a ensuite rencontré deux vents contraires qui ont été le Covid mais aussi le développement du télétravail de masse. Mais on voit les chiffres de réservation repartir à la hausse et nous estimons qu’avec la LOM et le forfait mobilité durable, le covoiturage courte distance va continuer à décoller. Nous revendiquons aujourd’hui 1,5 million de membres sur ce segment, soit la moitié des parts de marché.

Vous envisagez une introduction en Bourse en 2022. Quel est l’objectif puisque vous vous auto-financez plutôt bien aujourd’hui ?

C’est un processus naturel pour une entreprise comme BlaBlaCar de se coter sur les marchés. Notre seule philosophie, c’est notre volonté de rester indépendant. C’est un nouveau signe de maturité de notre entreprise.

Covid France : le risque du variant indien

Covid France : le risque du variant indien

La Grande-Bretagne prend très au sérieux la menace du variant indien du covid-19. En France, moins d’une trentaine de cas ont été détectés, dont 3 dans les Hauts-de-France. Professeur à l’Université de Lille et à l’Imperial College de Londres, Philippe Froguel explique son inquiétude sur France Info.

 

« On fait l’autruche après le discours de Boris Johnson en France », dénonce le Pr Philippe Froguel. Car vendredi 14 mai, le Premier ministre britannique a clairement énoncé son inquiétude quant à la propagation rapide du variant indien du Covid-19 en Grande-Bretagne. 

En France, moins d’une trentaine de cas de contamination à ce variant sont pour le moment répertoriés, dont trois dans les Hauts-de France. Le premier a été détecté dans le département du Nord, chez un homme de nationalité indienne, « de retour d’un séjour en Inde via un pays du Moyen-Orient« , a indiqué l’Agence Régionale de Santé (ARS). Deux cas ont ensuite été détectés dans l’Oise. Il s’agit là d’un couple qui hébergeait deux personnes revenues d’Inde, dont l’une a également été positif au covid-19 mais avec une charge virable trop faible pour détecter le variant. Ils ont tous été placés à l’isolement, et les potentiels cas contacts ont été prévenus, d’après l’ARS.

Mais la situation qu’a constatée Philippe Froguel alerte le généticien et professeur à l’Université de Lille et à l’Imperial College de Londres. D’autant que la France s’apprête à lancer une nouvelle étape de son plan de déconfinement. Les chiffres annoncés par le Public health England (PHE), l’équivalent de Santé publique France au Royaume-Uni, ont de quoi faire froid dans le dos. « Si le variant indien est toujours 50 % plus contagieux que le variant britannique (…), nous pourrions revenir à 1000 décès et 10 000 hospitalisations par jour d’ici fin juillet« , annonce le PHE. Ces prévisions angoissantes et le doublement du nombre de cas de variant indien en une semaine en Grande Bretagne ont poussé Boris Johnson à prendre la parole vendredi 14 mai. Le premier ministre britannique n’a pas caché son inquiétude : « Le variant indien pourrait perturber le déconfinement », a avoué le Premier ministre britannique.

Vendredi 14 mai, 1300 cas du variant indien de plus étaient confirmés dans une vingtaine de communes de Grande-Bretagne, soit une augmentation 800 cas en une semaine. Lundi 17 mai, la BBC annonce 1000 cas de plus, soit 2323 cas confirmés au total, dans 86 localités du territoire anglais.

Revenu de Londres, Philippe Froguel s’étonne de l’absence de réactions des autorités françaises face aux annonces britanniques.

A quel point ce variant indien est-il dangereux ? 

Philippe Froguel : Il y a plusieurs types du variant indien. C’est le B.1.617.2, la sous-lignée la plus dangereuse, qui se répand actuellement au Royaume-Uni et en France. Une sous-lignée deux fois plus contagieuse que la souche originelle. Ça veut dire que, si pendant la troisième vague en France, on a eu avec le variant britannique un R effectif (taux de reproduction de base d’un virus, ndlr) d’1,5, avec le variant indien, on tournerait autour d’une valeur supérieure à 2.

Autre préoccupation : il pourrait donner des formes graves chez les gens malades plus jeunes. Dernier problème et non des moindres : les scientifiques ne savent pas exactement encore comment les vaccins vont réagir face à ce nouveau variant.

La France est-elle dans la même situation que le Royaume-Uni ?

Il y a eu 24 cas de contamination ou clusters détectés, dont un endogène. C’est-à-dire qu’on ne sait pas où et par qui la ou les personnes contaminées l’ont été. Dès que vous avez un cas endogène, les choses empirent. Souvenez-vous de ce qui s’est passé dans l’Oise l’année dernière où sont apparus les deux premiers cas de Covid endogènes en France. Nous, scientifiques, savions que c’était foutu parce que ça voulait dire pas de traçage rétrospectif, impossibilité de trouver le sujet zéro et de bloquer la chaîne de contamination.

Aujourd’hui, on n’a aucun test spécifique pour détecter le variant indien en France. C’est seulement possible par séquençage. Et on n’en fait pas assez. C’est donc qu’il y a des centaines de cas en circulation en réalité. Si vous regardez la carte d’Europe de la présence du variant indien, on a l’impression que ça contourne la France…Rien n’a été fait depuis un mois pour se préparer à l’arrivée du variant indien sur le territoire.

Selon vous, la France manque de réactivité ?

Regardez les Britanniques. J’étais à Londres ces derniers jours. Il y a un quartier où on a repéré des variants indiens. Le quartier était en état de siège avec des tentes partout pour se faire dépister. Chaque personne qui y rentrait ou y en sortait était testée. Et chaque test était séquencé. Est-ce qu’on voit ça en France ? Non

Hausse du pétrole : 70 dollars le baril

Hausse du pétrole : 70 dollars le baril

Les cours du pétrole retrouvent leur plus haut niveau depuis mars. Les espoirs de reprise font en effet monter le cours du Brent qui a dépassé la barre des 70 dollars avant de refluer dans l’après-midi vers les 69,35 dollars, contre moins de 67 dollars un mois plus tôt. Selon le dernier rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale de brut en 2021 devrait atteindre 96,7 millions de barils par jour (mbj), soit 5,7 mbj de plus qu’en 2020.

Foot : le grand retour de Benzema

Foot : le grand retour de Benzema

Indéniablement , le retour annoncé de Benzema en équipe de France de foot constitue un événement. En effet ce dernier a été écarté de la sélection pendant cinq ans essentiellement pour des questions de rapports avec l’entraîneur et pour des motifs extra-sportifs. Un retour sportivement justifié car l’intéressé est sans aucun doute l’un des meilleurs avants-centres du monde. Son retour tombe à pic dans la mesure où l’équipe de France peine à trouver la stabilité pour occuper le poste stratégique de numéro neuf.

 

Les 26 Bleus pour l’Euro 2020 (11 juin-11 juillet) :
Gardiens : Lloris (Tottenham), Mandanda (Marseille), Maignan (Lille)
Défenseurs : Pavard (Bayern), Varane (Real), Kimpembe (PSG), L. Hernandez (Bayern), Digne (Everton), Dubois (Lyon), Koundé (Séville), Lenglet (Barcelone), Zouma (Chelsea)
Milieux : Kanté (Chelsea), Pogba (Manchester United), Lemar (Atlético), Rabiot (Juventus), Sissoko (Tottenham), Tolisso (Bayern)
Attaquants : Ben Yedder (Monaco), Benzema (Real), Coman (Bayern), Dembélé (Barcelone), Giroud (Chelsea), Griezmann (Barcelone), Mbappé (PSG), M. Thuram (M’Gladbach)

Le danger de l’accord d’investissement avec la Chine

Le danger de l’accord d’investissement avec la Chine

L’économiste Francisco Juan Gomez Martos livre, dans une tribune au « Monde », une analyse politique de l’accord d’investissement entre l’Union européenne et la Chine et estime que l’aversion de la Chine pour le principe de la transparence et son refus d’une société civile indépendante constituent des obstacles majeurs.

 

Tribune.

 

L’annonce, le 30 décembre 2020, de l’accord d’investissement avec la Chine (ACI) a été présentée par la Commission européenne comme un grand succès, visant à renforcer le multilatéralisme en déclin et l’« autonomie stratégique » de l’Union européenne (UE) en tant qu’acteur mondial.

Cet accord a pourtant une portée qui va bien au-delà des aspects concernant la libéralisation des prestations de services et des investissements étrangers directs. Il est éminemment politique et mérite donc un débat approfondi sur les conséquences prévisibles de sa mise en œuvre.

Ce débat doit prendre en compte l’expérience des relations avec la Chine acquise dans plusieurs secteurs.

Du point de vue géostratégique, non seulement cet accord ne répond pas à l’autonomie stratégique de l’Union européenne, mais montre, au contraire, la subordination naïve de l’UE aux intérêts stratégiques de Pékin, qui a voulu éviter la formation d’une alliance entre les Etats-Unis, l’UE et le Japon, regroupant toutes les démocraties libérales du monde prônant l’économie de marché et défendant les règles du multilatéralisme.

 

Du point de vue économique, si le marché intérieur européen est le principal atout de l’UE et du bien-être de ses citoyens, de récentes recherches montrent que l’intégration commerciale européenne perd de son élan. Cette détérioration est imputable en grande partie au rôle de la Chine puisque les Etats membres de l’UE sont de plus en plus intégrés dans la chaîne de valeur chinoise.

Du point de vue commercial, l’accord naît dans le cadre d’un déficit commercial permanent de l’UE à l’égard de la Chine, ce qui paradoxalement n’est pas abordé par l’accord. Depuis le début de ce siècle, l’UE a enregistré des déficits commerciaux importants avec la Chine qui augmentent régulièrement et qui ont toujours été sous-estimés.

Une dépendance structurelle accrue par rapport à la Chine

L’excédent cumulé chinois dans ses relations commerciales avec l’UE a atteint 1 800 milliards d’euros au cours des douze dernières années, l’équivalent du PIB de l’Italie en 2019. Dans ce contexte, la première priorité des négociations de l’UE avec la Chine aurait dû viser à faire pression pour qu’elle améliore l’accès à son marché et augmente ses importations de produits européens, créant ainsi des emplois en Europe en cette période particulièrement délicate

Du point de vue industriel : l’accord ouvre la voie à une dépendance structurelle accrue par rapport à la Chine dans les secteurs-clés. La crise a montré la vulnérabilité et la dépendance de l’industrie européenne vis-à-vis de la Chine dans l’approvisionnement en masques, équipements de protection individuels, tests et autres denrées de première nécessité pour lutter contre le virus.

Le feuilleton des régionales en PACA : la fédération LR des Alpes-Maritimes ne soutient pas Muselier

Le feuilleton des régionales en PACA : la fédération LR des Alpes-Maritimes ne soutient pas Muselier

 

 

 

 

Un imbroglio supplémentaire dans le feuilleton des régionales en PACA avec le retrait du soutien de la fédération LR des Alpes-Maritimes à Muselier. Une situation très confuse puisque la liste Muselier à l’appui des organes centraux des républicains qui critiquent quand même l’initiative. De son côté,  la république en marche a annoncé qu’elle ne présentait plus de liste en son nom. Tandis que des responsables locaux comme la fédération LR des Alpes-Maritimes, dirigée par le député Éric Ciotti, considèrent que la liste Muselier est une liste de Macron. Sans parler du maire de Nice et de Toulon qui ont démissionné à la suite de cette affaire du parti républicain. «Nous avons, malgré les engagements qui avaient été pris devant la commission nationale d’investiture, constaté que Renaud Muselier avait passé un accord politique avec le pouvoir macronien», estiment les Républicains des Alpes-Maritimes dans une motion adoptée par 84% des membres du comité départemental du parti, selon un communiqué.

Manif Citoyenne pour le policier tué : écolos et insoumis contre

Manif Citoyenne pour le policier tué : écolos et insoumis contre

La protestation nationale contre le meurtre du policier Eric Masson tué il y a deux semaines à Avignon attise encore un peu plus les divisions à gauche. Si les socialistes et les communistes participeront à ce mouvement par contre les écolos et les insoumis vraisemblablement seront absents, une preuve supplémentaire de l’ambiguïté de ces organisations avec les valeurs républicaines. Des organisations plus promptes à manifester contre le pouvoir en France qu’à soutenir l’État de droit.

Balance commerciale américaine : un trou de 74 milliards sur le seul mois de mars

Balance commerciale américaine : un trou de 74 milliards sur le seul mois de mars

Un record en mars. L’écart entre les importations et les exportations de biens et de services s’est établi à 74,4 milliards de dollars en mars , soit 3,9 milliards de dollars de plus que le mois précédent et 25 milliards de plus qu’en mars il y a deux ans, selon les chiffres publiés mardi par le BEA, l’office statistique du département du Commerce.

Depuis l’an dernier, les plans de relance successifs dopent la consommation et par ricochet les importations de biens, à leur plus haut historique. « Les achats de biens durables - une catégorie qui comprend notamment les véhicules à moteur, l’équipement ménager et l’ameublement – ont augmenté de 41,4 % au premier trimestre, grâce à deux séries de paiements fédéraux au titre de l’impact économique », a listé pour s’en féliciter Catherine Wolfram, chargée des questions de politique économique au Trésor. Fin décembre, les ménages ont reçu un premier chèque de 600 dollars. Et Joe Biden a indiqué ces derniers jours que l’administration avait déjà envoyé « 160 millions de chèques » de 1.400 dollars depuis la mi-mars, dans le cadre du « American Rescue Plan » .

Lyon : les « verts » suppriment le financement d’une French Tech

Lyon : les « verts » suppriment le financement d’une French Tech

À Lyon les « verts »  coupent les vivres d’une French ,Tech French Tech ONE Lyon-Saint-Etienne,En supprimantla subvention de 70 000 euros qu’elle attribuait jusqu’ici à l’association. Celle-ci, soutenue par le gouvernement, est vouée à l’incubation et au développement des start-up et PME innovantes. Elle a le mérite de passer par-dessus la frontière symbolique séparant Lyon et Saint-Etienne.

Un cinquième du budget s’envole : deux emplois sur quatre ne seront plus financés. « C’est d’autant plus triste que nous sommes là pour épauler des entreprises locales dans leur développement. C’est efficace. J’en ai vu plus de 300 en un an. L’immense majorité œuvre localement pour l’inclusion sociale, les transitions écologiques… Exactement ce que la Métropole recherche !», se désole Emilie Le Goff.

Dans le même temps, la Métropole décidede donner 80 000 euros à Fing, un think tank numérique aux visées décroissantes, installé à Paris.

Sondage : les Français METTENT DANS LE MÊME SAC LR et LREM

Sondage : les Français METTENT DANS LE MÊME SAC LR et LREM

Selon un sondage Ipsos/Sopra Steria pour France InfoLe Parisien/Aujourd’hui en France  pour 64% des personnes interrogées, Les Républicains est un parti dont la plupart des dirigeants « ont des idées proches soit de La République en Marche, soit du Rassemblement national et pourraient rallier ces partis ».

52% des sondés se disent « favorables » à une alliance entre les listes LaREM et LR au second tour dans les régions où le RN est en position de l’emporter, et ce afin d’empêcher une victoire de ce parti. La proportion d’opinions « favorables » monte à 86% chez les sympathisants LaREM et à 58% chez les sympathisants LR.

Dans le cas où le but est d’empêcher une victoire de la gauche, ils sont 31% à être pour une alliance entre LR et RN, 69% se déclarant défavorables à cette solution. La proportion de « favorables » monte à 48% chez les sympathisants LR, à 57% chez les sympathisants RN.

Globalement, une personne interrogée sur deux (51%) trouvent que LR est un parti proche de LaREM.

Sécurité routière: le Smartphone premier danger des parcours professionnels

Sécurité routière: le Smartphone premier danger des parcours professionnels

D’après une enquête réalisée auprès des patrons par l’assureur MMA, pour les patrons l’alcool au volant reste le premier enjeu de sécurité identifié (58 %) mais ils sont de plus en plus nombreux à citer les «distracteurs de conduite» (53%), à commencer par le smartphone. De fait, 70 % des conducteurs disent passer des appels au volant. Un tiers indique consulter au moins occasionnellement une application ou un site (11 points de plus qu’en 2015) et un quart les réseaux sociaux (+9 points). Une manière générale le danger que représente l’utilisation du Smartphone pendant les trajets professionnels est largement sous-estimé. Les conséquences également.

La crise sanitaire, qui a favorisé le télétravail, a-t-elle changé les comportements routiers des salariés? Oui, mais pas dans le bon sens. «Avec une circulation moins importante et des autoroutes moins encombrées, les comportements à risque se sont développés», souligne-t-on chez MMA. La vigilance a diminué avec la crise: la vitesse moyenne a augmenté, tout comme la consommation d’alcool et l’utilisation du téléphone.

 

D’une manière générale d’après une étude réalisée par la sécurité routière un Français sur deux utilise son Smartphone en conduisant parcours privé et professionnel confondus.

 

 

* Étude réalisée en avril 2021 par l’Ifop pour MMA auprès de 511 personnes effectuant des déplacements professionnels au moins une fois par mois et 251 entreprises de moins de 50 salariés.

Spéculation : Elon Musk fait chuter le bitcoin !

Spéculation : Elon Musk fait chuter le bitcoin !

Curieusement le patron de Tesla avait contribué à faire grimper la valeur du bitcoin  en déclarant en avoir acquis presque 2 milliards et qu’on pourrait même acheter des voitures électriques Tesla avec les bitcoins.

Brutalement le sulfureux patron de tesla change de position en déclarant notamment que cette cryptomonnaie n’est pas assez respectueuse de l’environnement ( l’énergie énorme qu’il faut pour faire tourner les ordinateurs. Du coup, le cours plonge de 10 %.

Un changement de stratégie à caractère environnemental qui pourrait bien cacher en fait une grosse opération de spéculation. De ce point de vu e,il serait temps que les autorités monétaires commencent à réguler sérieusement les cryptomonnaies d’autant qu’elle ne repose sur aucun actif réel. Elon Musk tente de se justifier en déclarant : « Tesla a suspendu les achats de voitures avec des bitcoins. Nous sommes inquiets du recours de plus en plus important aux combustibles riches en carbone pour miner des bitcoins, surtout le charbon, qui a les pires émissions (de gaz à effet de serre) de tous les combustibles ».

Une femme à Matignon en France ? Le mauvais exemple d’Édith Cresson

Une femme à Matignon en France ? Le mauvais exemple d’Édith Cresson 

 

Si la mixité en politique y compris au plus haut niveau s’impose,  par contre prendre l’exemple d’Édith cresson n’est sans doute pas le meilleur moyen de la promouvoir. En effet Mitterrand avait choisi cette responsable qui visiblement n’avait pas les épaules assez solides pour assumer la fonction surtout après un Michel Rocard qui lui, a obtenu des résultats très satisfaisants comme premier ministre et de plus été crédité d’une très forte cote de popularité. Justement ce qui a amené Mitterrand à le mettre de côté car Rocard présenté un risque de concurrence présidentielle. Edith Cresson revient samedi sur franceinfo sur la difficulté qu’a la classe politique française à accepter des femmes au sommet de l’État. Mais il ne s’agissait pas seulement de réticences vis-à-vis d’une femme mais vis-à-vis d’un profil assez fantaisiste comme l’a démontré la suite de l’histoire. Bref l’échec de la Pompadour n’a pas servi la mixité !

 

L’interview d’Édith Cresson sur France Info.

 

Vous avez été la première femme nommée Première ministre en France. Vous-vous souvenez des mots de François Mitterrand quand il vous a annoncé la nouvelle ?

 

Edith Cresson : À cette époque j’avais quitté le gouvernement, j’étais ministre des Affaires européennes, après avoir été ministre successivement de l’Agriculture, du Commerce extérieur, de l’Industrie. Je ne songeais pas du tout à revenir au gouvernement lorsque François Mitterrand m’appelle. Il m’a dit :  »J’ai pensé à vous pour succéder à Michel Rocard. » Il avait bien réussi, le problème de la Nouvelle Calédonie, il l’a réglé, il est très populaire, je ne vois pas alors pourquoi il faut le remplacer. Et il me répond :  »Je souhaite qu’une femme ait été Premier ministre avant la fin de mon mandat. » Je lui réponds : « Ils vont être furieux. » J’avais refusé mais il a tellement insisté que j’ai fini par accepter. Et cela a été un déluge d’agressions de la part de la presse. J’ai essayé de faire un travail utile, mais presque tout ce que j’ai essayé de faire d’utile j’ai réussi à le faire en contournant le système, parce que dès que je faisais quelque chose j’étais attaquée.

Et pourtant, vous aviez une légitimité, car vous aviez été plusieurs fois ministre ?

Dans mon esprit le suffrage universel devait conférer une légitimité. J’avais été élue maire, députée, conseillère générale et plusieurs fois ministre. En 1983, après l’élection de François Mitterrand en 1981, la seule mairie que le PS ait pris, c’est Châtellerault, c’est moi qui l’ai prise. J’avais une légitimité. Si je n’avais pas été élu qu’est-ce qu’on aurait entendu. Pompidou n’était pas un élu. J’avais une légitimité qui n’était pas reconnue. À tel point que Monsieur [François] D’Aubert qui a été ministre de la Recherche a dit « Voilà la Pompadour’ [favorite du roi Louis XV]« . Au bout d’un moment, cela a dépassé ce qu’il croyait et François Mitterrand, m’a dit « Ils ne vous lâcheront jamais« , et c’est ce qui a fait que je suis partie au bout de dix mois.

C’est un problème français ?

Oui, typiquement et presque uniquement français. Les insultes qu’on entend quand une femme prend la parole à l’Assemblée nationale. On n’entend jamais ça dans les Parlements britannique, italien, espagnol. Cela n’existe qu’en France. À tel point que le président de l’Assemblée nationale a pris la décision de retirer la moitié de leur rémunération du mois prochain aux députés qui insulteraient une femme. C’est une très bonne décision. C’est la seule chose qui les fait réfléchir.

Est-ce que les choses ont changé en France. Est-ce que notre pays est prêt à avoir à nouveau une femme Première ministre ou une femme présidente ?

Le pays est certainement prêt mais la classe politique non. Les insultes continuent, on l’a vu à la télévision avec plusieurs femmes qui se sont fait insulter. Ces dix mois au pouvoir, ça reste gravé et ce serait le cas pour n’importe qui aurait été Premier ministre. J’ai pu faire quand même des choses, par exemple, les délocalisations d’administrations en province. J’ai aidé les PME, j’ai fait un plan PME en particulier sur les délais de paiement des PME, c’était un problème terrible pour elle. Ce sont des choses très concrètes.

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