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Reconfinement et commerce : le cadeau de Macron à Amazon et aux grandes surfaces

Reconfinement et commerce : le cadeau de Macron à Amazon et aux grandes surfaces

 

Du fait du concept d’ouverture seulement des magasins de première nécessité Macron fait un énorme cadeau à Amazon, aux plates-formes en général et aux  supermarchés. En période de confinement, les résultats financiers des GAFA  notamment d’Amazon n’ont jamais été aussi importants. Au troisième trimestre, le groupe Amazon a affiché une santé insolente : ses revenus ont augmenté de 37 % pour atteindre 96 milliards de dollars et son bénéfice a triplé, dépassant les 6 milliards.

Pas étonnant,  ce que les ménages ne trouvent pas dans les magasins, ils le commandent sur Internet notamment sur les plates-formes hégémoniques comme Amazon. L’Association des maires de France (AMF) présidée par François Baroin a également demandé «le réexamen de la notion de commerces de première nécessité». «De nombreux maires font état auprès de l’AMF de l’incompréhension que suscitent les mesures de fermeture qui visent certains commerces», écrit-elle dans un communiqué. «Les librairies ou les salons de coiffure pourraient relever des services de première nécessité», ajoute l’AMF. Certains maires pour protester ont décidé d’autoriser l’ouverture de commerces considérés comme d’un essentiel par l’État.

Du côté de Bercy, on balaie ces initiatives, rappelant qu’un arrêté municipal ne peut remplacer un décret. Seule une réunion a été organisée vendredi après midi par les ministres Bruno Le Maire et Roselyne Bachelot entre les libraires et la grande distribution, dont la Fnac. Bercy devrait annoncer des mesures pour éviter une distorsion de concurrence.

Un cinglé agresse un policier dans le 15e arrondissement de Paris

Un cinglé agresse un policier dans le 15e arrondissement de Paris

Un nouveau cinglé, peut-être drogué à l’islamisme radical a tenté de tuer un policier dans le 15e arrondissement de Paris. C’est au moins la quatrième attaque criminelle en deux jours. La preuve que certains abrutis, souvent psychologiquement dérangés et socialement perdus sont sensibles au djihad général lancé contre la France par des radicaux islamistes bien planqués dans leurs bases étrangères.

«Le rééquilibrage du modèle économique chinois»

 «Le rééquilibrage du modèle économique chinois»

 

Pour l’économiste en charge de l’Asie chez Euler Hermes, la rapide reprise de son économie permet au gouvernement chinois d’envisager l’avenir avec une certaine sérénité, même si l’endettement demeure un sujet sensible (interview l’Opinion)

 

 

 

Moins d’un an après la sortie des chaînes de montage des premiers modèles produits dans son usine de Shanghai, Tesla a commencé à exporter, lundi, ses premières Model 3S made in China vers l’Europe. Plusieurs milliers d’exemplaires à destination des marchés français, belge, italien ou encore allemand ont été embarqués et devraient atteindre le Vieux continent à la fin du mois de novembre.

Comment analysez-vous la situation de la Chine aujourd’hui ?

La Chine est sortie de la crise avant tout le monde parce qu’elle a aussi été la première à avoir été frappée par la pandémie. Nous avions déjà noté en avril que les trois-quarts de l’économie étaient revenus au niveau d’avant la Covid, en particulier au niveau productif. La consommation a été plus lente à redémarrer. Malgré une courbe des contaminations rapidement maîtrisée, les Chinois ont mis plus de temps à retrouver le chemin de la confiance. Reste que le PIB est revenu au niveau de fin 2019 dès le deuxième trimestre. Cela a été possible grâce à des stimuli budgétaire et monétaire même si sur ce plan, il a été plus faible. Toutefois, compte tenu de la politique de désendettement mise en œuvre depuis 2017, l’initiative gouvernementale peut être considérée comme un retournement. La reprise de la production encouragée par les autorités s’est accompagnée d’un essor significatif des exportations. En effet, elles ont été soutenues par une forte demande en fournitures médicales, en produits électroniques — dans un contexte de travail et d’enseignement à distance dans de nombreux pays — et plus curieusement en biens de construction et de décoration intérieure, stimulée par les politiques de soutien des gouvernements étrangers. Cela a permis à la Chine d’accroître sa part de marché dans les exportations mondiales de 20 % à 25 %, et d’aider significativement sa reprise. Cela va lui permettre d’enregistrer une croissance de 2 % en 2020. Elle sera le seul pays du G20 avec un chiffre positif attendu cette année.

La question du rééquilibrage de son économie paraît essentielle.

Cela a commencé dès la fin des années 2000 à la suite de la crise financière. Il s’agissait de rééquilibrer le développement en réduisant la dépendance aux exportations. D’ailleurs, leur part dans le PIB total a baissé, passant de 35 % à 25 % en dix ans. Mais en réalité, on a assisté davantage à une poussée de la demande intérieure qu’à un ralentissement des exportations proprement dit. Le rééquilibrage reste une priorité à long terme. Les discussions actuelles sur le prochain plan quinquennal portent notamment sur la stratégie de la circulation duale, qui vise à stimuler la demande intérieure en lui donnant un rôle central dans la croissance, tout en y répondant grâce à la production domestique. Car, au cours des dix dernières années, ce sont plutôt les produits importés qui ont accompagné la hausse de la consommation intérieure.

Cela explique la politique en faveur du développement technologique.

En effet, cela répond au désir d’être moins dépendant des importations de technologies dans un contexte de tensions notamment avec les Etats-Unis. La guerre commerciale est devenue une guerre technologique. Les dirigeants chinois ont, d’une part, pris conscience de la vulnérabilité de leur pays sur le plan technologique, et d’autre part, ils ont l’ambition d’en faire un leader dans des domaines émergents sur les plans de l’innovation, de la production ou des normes. Ils ne cherchent pas, par exemple, à s’imposer dans le secteur automobile traditionnel, mais mettent en avant l’électrique où ils investissent beaucoup pour prendre la direction des opérations dans le monde.

« Cette année, l’endettement devrait probablement approcher les 300 % du PIB. C’est assez inquiétant car, à la différence d’autres pays développés similairement endettés, la Chine n’a jusqu’à présent pas beaucoup dépensé pour le système de santé ou de retraite »

On peut aussi évoquer le désir de transformer les villes.

L’urbanisation va avoir une place assez importante dans le nouveau plan quinquennal dans la mesure où elle s’inscrit dans l’objectif d’accroître la consommation privée. Le développement urbain doit s’accompagner d’une augmentation des revenus des ménages et par conséquent de la demande. Après avoir tenté de développer les provinces intérieures, il apparaît que la stratégie des pouvoirs publics porte désormais plutôt sur la création de méga-clusters et leur connectivité, en mettant l’accent sur les infrastructures autour, par exemple, de Shanghai, de Shenzhen ou du triangle Pékin-Tianjin-Hebei.

Dans ces conditions, quelle croissance aura la Chine dans les années à venir ?

Dans une étude à paraître ces jours-ci, nous estimons que la croissance moyenne du PIB chinois devrait s’établir entre 3,8 % et 4,9 % en fonction du scénario des réformes structurelles et du succès de sa politique de rééquilibrage. Cela dit, je crois qu’il serait intéressant de la part des dirigeants chinois de ne plus imposer d’objectif de croissance. Cette année, avec la crise sanitaire, c’est la première fois que la Chine n’a pas annoncé un tel objectif. A long terme, c’est quelque chose de plutôt bénéfique car cela n’incite pas les entreprises publiques ou les autorités provinciales à courir après la croissance sans prendre en compte les problématiques d’endettement ou de déficits budgétaires.

L’endettement est un des risques les plus importants…

A la fin de 2019, il s’élevait à environ 260 % du PIB. Cette année, il devrait probablement approcher les 300 %. C’est assez inquiétant car, à la différence d’autres pays développés similairement endettés, la Chine n’a jusqu’à présent pas beaucoup dépensé pour le système de santé ou de retraite. Or, ce sont des dépenses nécessaires si elle veut à long terme augmenter la consommation privée. Actuellement, les ménages chinois épargnent énormément, environ 35 %, notamment parce que la protection sociale n’est pas encore assez complète.

Néanmoins l’économie chinoise semble sur de bons rails.

C’est assez évident d’autant plus que la Chine a la capacité de se projeter à long terme, ce qui manque cruellement aux Européens. Toutefois, je suis un peu moins confiante sur son avenir qu’en 2014, c’est-à-dire avant les tensions avec les Etats-Unis et à un moment où les risques liés à l’endettement étaient moins urgents.

Retailleau: le pourfendeur pourfendu

Retailleau: le pourfendeur pourfendu

 

Le pourfendeur Retailleau est pris au piège piège de ses contradictions. D’une façon générale, il n’a pas de mots assez durs vis-à-vis du gouvernement pour lui reprocher son manque de fermeté dans tous les domaines y compris concernant les violences ou les principes républicains. Par contre, sur la question de la laïcité, il est un peu plus mou du genou. En s’exprimant à propos du crime abominable du professeur de Conflans et des caricatures Retailleau s’est un peu ridiculisé. «Je suis pour une forme de respect. Oui à la caricature dans la presse, mais cette généralisation, faisons-y aussi attention», a-t-il déclaré, .  Une polémique a aussitôt enflé sur les réseaux sociaux, avant de se déplacer dans l’hémicycle du Sénat ce mercredi. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a ainsi interpellé le président du groupe LR – n’hésitant pas à raccourcir au passage ses propos de la veille.

«Ce qu’il faudrait (…), c’est être ferme sur nos principes, être ferme sur la liberté d’expression», a d’abord déclaré le ministre en réponse à une question portant sur les étrangers radicalisés en situation irrégulière. Avant de poursuivre : «Quand j’entends le président de votre groupe sur RTL dire – je cite Monsieur Retailleau, qui donne des leçons de fermeté à tout bout de champ – ‘oui à la caricature mais avec une forme de respect’, non Monsieur le président Retailleau ! La liberté d’expression, elle est totale. Même quand ça gêne. Elle concerne toutes les religions. (…) Et oui, vous devriez retirer vos propos. Parce que je crois que c’est avec des propos comme ceux-ci qu’on n’encourage pas le président de la République et le gouvernement à être fermes comme nous le sommes depuis ce matin.». Notons que retaille au est aussi en conflit à l’intérieur même de son parti il voudrait imposer rapidement des primaires puisqu’il est aussi candidat à la candidature pour 2022.

Les libertés et le conseil constitutionnel (Fabius)

Les libertés et le   conseil constitutionnel (Fabius)

 

Laurent Fabius répond aux questions du Figaro  mercredi à Paris sur les problématiques de liberté mais sans naïveté politique.

 

La France s’achemine vers de nouvelles restrictions des libertés, dans le cadre d’un état d’urgence qui se prolonge. Comment le Conseil constitutionnel appréhende-t-il cette forme de pérennisation?

Laurent FABIUS. - Depuis le printemps, le Conseil a déjà eu à se prononcer sur le régime de l’état d’urgence sanitaire et sur la sortie de l’état d’urgence en juillet dernier. En tant que cour constitutionnelle, nous allons continuer de vérifier si les mesures nouvelles sont bien justifiées et proportionnées au regard de l’exigence constitutionnelle de protection de la santé. Nous le ferons chaque fois que nous en serons saisis, soit avant la promulgation de la loi, soit après son entrée en vigueur, dans le cadre de la procédure dite de la question prioritaire de constitutionnalité.

Laurent Fabius considère cette Question prioritaire de constitutionnalité (QPC), qui a maintenant dix ans, comme un succès indéniable

On lui doit des avancées majeures: « le droit à l’assistance d’un avocat en garde à vue, la protection des libertés publiques pendant l’état d’urgence, la prise en compte du principe de fraternité dans l’aide humanitaire, l’exigence constitutionnelle de l’intérêt supérieur de l’enfant… », énumère l’ancien Premier ministre de François Mitterrand.

« Peut-être que ces progrès seraient intervenus sans la QPC mais certainement pas aussi rapidement ni avec cette efficacité », affirme-t-il.

Entré en vigueur le 1er mars 2010, ce droit nouveau permet à tout justiciable de contester la conformité à la Constitution d’une loi qui lui est opposée et qui « porte atteinte aux droits et libertés » que la Loi fondamentale garantit.

La question soulevée, si elle est nouvelle et sérieuse en droit, est examinée toute affaire cessante par le juge judiciaire ou administratif: la QPC peut donc interrompre un procès comme cela a été le cas pour celui de l’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac.

Elle est transmise dans un délai de trois mois aux « sages » qui ont à leur tour trois mois pour trancher. « Une rapidité » sans équivalent chez nos voisins européens.

 

Et des conséquences immédiates dans les cours et tribunaux: ainsi, la consécration en juillet 2018 du principe de fraternité a conduit à l’annulation de la condamnation de Cédric Herrou, un agriculteur devenu le symbole de l’aide aux migrants à la frontière franco-italienne, pour avoir « facilité la circulation et le séjour » de clandestins.

« La QPC représente maintenant 80% de nos décisions: nous procédons à une annulation des dispositions contestées dans un cas sur trois. Au bout de dix ans, le nombre des décisions prises en QPC a dépassé le nombre de décisions de saisine a priori en 60 ans », relève-t-il.

Ce succès est-il une réponse à une inflation législative brouillonne? « Non, pour le président, cela signifie simplement que la démocratie, ce n’est pas simplement le vote de la loi par un Parlement qui détiendrait tous les pouvoirs ».

 

L’ancien élu salue avec d’autant plus d’enthousiasme cette procédure qu’il n’en est pas à l’origine: envisagée par l’ancien garde des Sceaux Robert Badinter, c’est finalement sous l’impulsion de Jean-Louis Debré, qui prend la tête du Conseil constitutionnel en 2007, que le président Nicolas Sarkozy introduit la QPC via la réforme constitutionnelle de 2008.

Le rôle du Conseil constitutionnel s’en trouve renforcé: S’il a pu être qualifié de « chien de garde de l’exécutif », il est aujourd’hui « reconnu comme une véritable Cour constitutionnelle », se félicite son président.

 

Toussaint : le plus grand jour de mobilité en France

Toussaint : le plus grand jour de mobilité en France

 

Nombre de médias se sont étonnés de l’embouteillage des sites de la SNCF ou encore de la circulation routière dans la région parisienne. C’est sans doute oublier que la Toussaint constitue la période de plus forte mobilité en France. Certes des volumes de flux sont également importants à d’autres moments mais ils ne sont pas aussi concentrés.

Selon une étude de l’Insee relayée par Libération en mars dernier, 580.000 à 610.000 personnes ont quitté Paris intra-muros peu avant et quelques jours après la date du confinement le 17 mars, soit un quart de la population parisienne «présente en nuitée avant le début du confinement».

Une situation qui s’expliquait, selon l’Institut, selon trois situations : «des résidents d’autres départements français de passage à Paris sont partis, pour près de 40% de la baisse ; des Parisiens sont allés s’installer dans un autre territoire, pour près de 33% de la baisse (soit 11% des résidents parisiens) ; et des étrangers de passage à Paris sont repartis chez eux pour près de 28% de la baisse», cite Libération qui conclut que 200 000 résidents parisiens auraient donc au total quitté la capitale.

Une évaluation tout à fait  approximative. En effet comme déjà indiqué, la Toussaint et la période de mobilité la plus importante de l’année. Environ 20 % de la population se déplacent à cette occasion. Pour Paris et la région cela représente environ 2 millions de déplacements. On est loin des 200 000 résidents parisiens avancés par l’INSEE.

Politique-Erdogan: le faussaire fossoyeur de la Turquie

Politique-Erdogan: le faussaire fossoyeur de la Turquie

 

Comme souvent les dictateurs en difficulté au plan intérieur se projettent au plan international pour tenter de masquer l’échec de la politique nationale. De ce point de vue, la gestion d’Erdogan en Turquie constitue une véritable catastrophe avec une monnaie dévaluée, un taux de chômage de 20 à 25 %, une nette diminution du pouvoir d’achat, une inflation galopante et un endettement inquiétant.

 

Il s’agit pourtant d’un pays important disposant de ressources et de potentiels mais qui est victime de la politique anarchique d’Erdogan. Erdogan qui a transformé la société laïque en l’islamisant afin d’empêcher toute contestation de sa dictature. Ainsi il pratique régulièrement la torture. 50 000 opposants sont dans les geôles turques et 100 000 fonctionnaires ont été déchus de leur statut. L’implantation d’une autre religion que l’islam est en fait  interdite.

Erdogan rêve d’être le nouveau sultan musulman, c’est pourquoi il jette de huile  sur le feu sur tous les conflits possibles quand ils ne les provoquent pas. Erdogan est un dictateur fossoyeur de la Turquie et un faussaire de la démocratie. Un faussaire qui s’est même inventé un passé universitaire alors qu’il n’y a jamais mis les pieds. C’est un ancien petit transporteur.  C’est un  primaire à l’ego maladivement surdimensionné qui a pour ambition de diriger le futur empire ottoman alors qu’il est incapable de gérer son propre pays.

Du coup, il pratique la provocation permanente à tout propos. Notons quand même qu’il met la pédale douce car les Etats se montrent fort par exemple vis-à-vis de la Russie.  Le sultan primaire Erdogan masque son incurie par des insultes espérant réveiller le sentiment nationaliste musulman des couches les plus radicales. Une politique qui enfoncera encore un peu plus économiquement et politiquement des pays musulmans autoritaires en retard dans tous les domaines : économique, démocratique et culturel..

Politique: Erdogan, le nationalisme turc pour cacher ses faiblesses internes

Politique: Erdogan , le nationalisme turc pour cacher ses faiblesses internes

Selon Frédéric Encel, politologue , Erdogan provoque pour cacher ses faiblesses mais pourrait être l’objet de sanctions européennes (interview dans les Echos)

 

Après plusieurs jours de tensions diplomatiques entre Paris et Ankara, le président turc a officiellement appelé ses compatriotes à boycotter les produits français. Pour le maître de conférences à Sciences Po Paris, Frédéric Encel, invité de franceinfo lundi 26 octobre, il s’agit d’un nouveau pallier franchi,  »s’il devait y en avoir un autre, ce serait la guerre », estime-t-il. Pour autant, cet appel au boycott ne risque pas d’être suivi par d’autres Etats musulmans, selon Frédéric Encel qui estime que la Turquie s’expose à de lourdes sanctions et « une véritable catastrophe » économique et commerciale. 

 

Est-ce que ce boycott clairement exprimé par Recep Tayyip Erdogan est le signe qu’un nouveau pallier a été franchi ? 

 

Frédéric Encel. Absolument, et je pense que c’est le dernier, parce que s’il devait y en avoir un autre, ce serait la guerre. Mais il n’y en aura pas d’autre, il n’y aura pas la guerre. Erdogan le sait très bien, lui qui a replié ses navires de combat lorsqu’un navire français est venu en quelque sorte secourir la Grèce et Chypre quand leurs eaux territoriales ont été bafouées par la Turquie. Je pense que Recep Tayyip Erdogan la joue à la fois sultan et calife. Sa stratégie est de chercher l’ennemi extérieur et de le vilipender de manière extraordinairement violente pour susciter une vague du nationalisme dans son pays.

Ce mouvement de boycott, qui part initialement des réseaux sociaux, ne risque pas d’être suivi par d’autres pays ? 

 

Je pense que cela ne change pas la donne. Il y a environ 80 millions de Turcs sur 1,7 milliard de musulmans. C’est un seul Etat à majorité musulmane sur 57 dans le monde. De plus, les Etats arabes n’apprécient pas particulièrement la Turquie, ils en ont un très mauvais souvenir avec l’Empire ottoman qui a régné sur eux un peu plus de quatre siècles. D’autre part si, officiellement, un Etat quel qu’il soit boycotte des produits français, alors c’est toute l’Union Européenne qui, en vertu des accords fondateurs de l’Union européenne, prendra des sanctions contre cet Etat. Si l’Europe applique des sanctions économiques et commerciales vis-à-vis de la Turquie, ce serait une véritable catastrophe pour la Turquie. Je ne parle pas que de l’Allemagne puisque le volume d’échanges entre la Turquie et l’Union  européenne est plus important que le volume d’échanges entre la Turquie et la Russie, entre la Turquie et les États-Unis.

Recep Tayyip Erdogan a également comparé le traitement des musulmans en Europe à celui des juifs dans les années 1930 et accuse certains dirigeants de nazisme et de fachisme. Comment analysez-vous ces déclarations ? 

 

C’est très problématique de la part de quelqu’un qui dirige un Etat très officiellement négationniste du génocide arménien. Un Etat dans lequel il y a une répression de plus en plus forte. Sur 193 Etats recensés à l’ONU, la Turquie est le pire en termes de liberté de la presse. Par ces propos, Erdogan cherche à marquer les esprits, et ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas la première fois qu’il utilise des termes terribles et outranciers. Le problème c’est que la Turquie est officiellement un allié de la France. Ces propos sont d’autant plus scandaleux que là il y a bien évidemment un outrage à l’Alliance.

L’appel au boycott des produits français peut-il avoir des conséquences sur l’économie ?

 06h51, le 26 octobre 2020 , modifié à 08h17, le 26 octobre 2020

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2:22Les fromages français ont été retirés des rayons des supermarchés au Koweït. © YASSER AL-ZAYYAT / AFP

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Depuis samedi, et suite aux déclarations d’Emmanuel Macron sur les caricatures du prophète Mahomet, les appels au boycott des produits français se multiplient sur les réseaux sociaux. Ces appels peuvent-ils avoir un impact sur les exportations françaises dans les pays arabes ?

Dans la foulée des déclarations d’Emmanuel Macron, en hommage au professeur Samuel Paty, sur la culture française du dessin et de la caricature, des appels au boycott des produits français ont été lancés sur les réseaux sociaux. Cinq ou six pays musulmans, parmi lesquels la Turquie, le Koweït ou le Qatar, sont concernés. Le Quai d’Orsay a appelé dimanche soir les gouvernements à faire cesser les appels au boycott. Mais quelles conséquences aurait-il sur notre économie s’il était appliqué ? Europe 1 a enquêté.

>> A LIRE AUSSI - Trois questions sur le boycott de produits français par une partie du monde musulman

Posture symbolique

Au Qatar ou au Koweït, les appels au boycott ont pu aboutir au retrait de fromages, de crèmes ou de cosmétiques des rayons de certains supermarchés. Les fromages Kiri et Babybel ont par exemple été ciblés au Koweït.

Si le ministre français du commerce extérieur Franck Riester a évoqué dimanche soir des « impacts impossibles à chiffrer pour le moment », cette mesure est essentiellement symbolique, selon le maître de conférences à Sciences-Pô Frédéric Encel : « C’est tout à fait secondaire sur le plan économique et diplomatique », explique-t-il au micro d’Europe 1, soulignant néanmoins la possibilité d’un effet d’entrainement généré par les réseaux sociaux.

 

« La réalité, c’est l’économie »

De fait, de nombreuses barrières au boycott rendent l’entreprise difficile. En Turquie, où la France exporte essentiellement des produits industriels – notamment Airbus ou pièces pour la construction automobile -  »les habitudes des entreprises sont tellement importantes que ça va au-delà du monde politique », affirme Stéphane Salvetat, secrétaire-général de la Chambre de commerce Franco-Turque. De plus, les exportations de produits industriels avaient nettement baissé l’année dernière, du fait de la crise économique que traverse la Turquie, il est donc difficile d’envisager un nouveau plongeon. « Le monde politique parle souvent fort, mais la réalité, c’est l’économie. »

Concernant les produits alimentaires, certaines particularités du marché rendent le boycott assez improbable. Des groupes saoudiens détiennent ainsi certains entreprises productrices, comme l’usine de Châteaulin dans le Finistère, faisant de l’Arabie saoudite le seul exportateur de poulets français dans les pays arabes. A noter également que l’appel au boycott peut conduire à des sanctions au niveau européen. Or, les pays arabes entretiennent des échanges très importants avec l’Union européenne.

VACCINS GRIPPE: PAS DE PÉNURIE ! LE MENSONGE DU GOUVERNEMENT

VACCINS GRIPPE: PAS DE PÉNURIE !  LE MENSONGE DU GOUVERNEMENT

 

Encore un énorme mensonge du gouvernement à propos du manque de vaccins contre la grippe classique. En fait,  le syndicat des pharmaciens affirme que 90 % des pharmacies sont en rupture de stock comme les fournisseurs d’ailleurs. Il existe bien des stocks de vaccins anti-grippe, malgré des « situations de tension » dans les officines, a répliqué ce mardi la ministre déléguée chargée de l’autonomie, Brigitte Bourguignon, à l’Assemblée nationale. Pour elle, 16% seulement des officines pharmaceutiques y sont confrontées », a-t-elle admis. « Une affirmation  complètement fantaisiste qui rappelle un peu l’affaire des masques et des tests.

 

Reconfinement : le risque de mort de l’économie

Reconfinement : le risque de mort de l’économie

 

Le reconfinement national plus ou moins total dans l’espace et dans le temps pourrait porter un coup mortel à une économie déjà chancelante. La crise sanitaire a déjà provoqué un choc qui  va entraîner la diminution du PIB de 10 % en 2020 sur la tendance actuelle. Un reconfinement selon son ampleur, aussi sa durée, pourrait faire plonger davantage encore l’activité. Surtout,  cela pourrait faire basculer définitivement nombre d’entreprises actuellement sur un chemin de crête entre maintien et liquidation.

 

Cela va aussi installer un climat déplorable dans le monde économique et se traduire notamment non seulement par des difficultés supplémentaires de trésorerie mais aussi par un écroulement total des investissements. Au-delà de l’incidence sur 2020, avec un PIB en recul de plus de 10 %, c’est aussi une hypothèque posée sur les perspectives de 2021.

Rien n’indique en effet qu’en fonction de l’évolution de la crise sanitaire le gouvernement ne sera pas condamné à alterner périodes de dé confinement avec d’autres périodes restrictives.  Le choc sera difficilement supportable dans plusieurs secteurs sensibles notamment du commerce.. «Si on reconfine totalement comme en mars, on va vers un écroulement de l’économie française, on risque de ne pas s’en remettre», a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux, .

Coronavirus: Macron va annoncer le reconfinement national

Coronavirus: Macron va annoncer le reconfinement national

 

Lors d’un conseil de défense qui se déroulera ce mercredi, le président de la république devrait annoncer de nouvelles mesures restrictives notamment un reconfinement national d’une durée d’un mois. Si rien n’est fait, le pic du printemps dans les services de réanimation des hôpitaux sera atteint dans les 15 jours, a prévenu le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l’issue d’une réunion de l’ensemble des forces politiques à Matignon autour du Premier ministre, Jean Castex. Ce mandant l’école serait exclue d’un éventuel reconfinement.

Toute la question est de savoir s’il faut un reconfinement partiel ou total mais il sera national.

Depuis le début de l’épidémie, le nouveau coronavirus a infecté plus d’un million de Français et fait plus de 35.000 morts en France.

Selon les derniers chiffres fournis mardi par l’agence Santé Publique France, la France a enregistré 523 nouveaux décès dus au Covid-19 au cours des dernières 24 heures, soit 266 de plus que la veille, et 33.417 nouvelles contaminations.

523 décès supplémentaires attribués au COVID-19 en l’espace de 24 heures, soit 266 de plus que la veille, ont annoncé mardi les autorités sanitaires.

Au total, 35.541 sont décédées des suites du nouveau coronavirus.

Le pays a également enregistré 33.417 nouvelles contaminations, contre 26.771 lundi, pour un total de 1.198.695 cas depuis le début de l’épidémie.

Les chiffres de la mortalité diffusés mardi soir prennent en compte les décès en milieu hospitalier (+288) et dans les établissements médico-sociaux dont les Ehpad (+235).

Erdogan veut provoquer le nationalisme turc pour cacher ses faiblesses internes

Erdogan veut provoquer le nationalisme turc pour cacher ses faiblesses internes

Selon Frédéric Encel, politologue , Erdogan provoque pour cacher ses faiblesses mais pourrait être l’objet de sanctions européennes (interview dans les Echos)

 

Après plusieurs jours de tensions diplomatiques entre Paris et Ankara, le président turc a officiellement appelé ses compatriotes à boycotter les produits français. Pour le maître de conférences à Sciences Po Paris, Frédéric Encel, invité de franceinfo lundi 26 octobre, il s’agit d’un nouveau pallier franchi,  »s’il devait y en avoir un autre, ce serait la guerre », estime-t-il. Pour autant, cet appel au boycott ne risque pas d’être suivi par d’autres Etats musulmans, selon Frédéric Encel qui estime que la Turquie s’expose à de lourdes sanctions et « une véritable catastrophe » économique et commerciale. 

 

Est-ce que ce boycott clairement exprimé par Recep Tayyip Erdogan est le signe qu’un nouveau pallier a été franchi ? 

 

Frédéric Encel. Absolument, et je pense que c’est le dernier, parce que s’il devait y en avoir un autre, ce serait la guerre. Mais il n’y en aura pas d’autre, il n’y aura pas la guerre. Erdogan le sait très bien, lui qui a replié ses navires de combat lorsqu’un navire français est venu en quelque sorte secourir la Grèce et Chypre quand leurs eaux territoriales ont été bafouées par la Turquie. Je pense que Recep Tayyip Erdogan la joue à la fois sultan et calife. Sa stratégie est de chercher l’ennemi extérieur et de le vilipender de manière extraordinairement violente pour susciter une vague du nationalisme dans son pays.

Ce mouvement de boycott, qui part initialement des réseaux sociaux, ne risque pas d’être suivi par d’autres pays ? 

 

Je pense que cela ne change pas la donne. Il y a environ 80 millions de Turcs sur 1,7 milliard de musulmans. C’est un seul Etat à majorité musulmane sur 57 dans le monde. De plus, les Etats arabes n’apprécient pas particulièrement la Turquie, ils en ont un très mauvais souvenir avec l’Empire ottoman qui a régné sur eux un peu plus de quatre siècles. D’autre part si, officiellement, un Etat quel qu’il soit boycotte des produits français, alors c’est toute l’Union Européenne qui, en vertu des accords fondateurs de l’Union européenne, prendra des sanctions contre cet Etat. Si l’Europe applique des sanctions économiques et commerciales vis-à-vis de la Turquie, ce serait une véritable catastrophe pour la Turquie. Je ne parle pas que de l’Allemagne puisque le volume d’échanges entre la Turquie et l’Union  européenne est plus important que le volume d’échanges entre la Turquie et la Russie, entre la Turquie et les États-Unis.

Recep Tayyip Erdogan a également comparé le traitement des musulmans en Europe à celui des juifs dans les années 1930 et accuse certains dirigeants de nazisme et de fachisme. Comment analysez-vous ces déclarations ? 

 

C’est très problématique de la part de quelqu’un qui dirige un Etat très officiellement négationniste du génocide arménien. Un Etat dans lequel il y a une répression de plus en plus forte. Sur 193 Etats recensés à l’ONU, la Turquie est le pire en termes de liberté de la presse. Par ces propos, Erdogan cherche à marquer les esprits, et ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas la première fois qu’il utilise des termes terribles et outranciers. Le problème c’est que la Turquie est officiellement un allié de la France. Ces propos sont d’autant plus scandaleux que là il y a bien évidemment un outrage à l’Alliance.

L’appel au boycott des produits français peut-il avoir des conséquences sur l’économie ?

 06h51, le 26 octobre 2020 , modifié à 08h17, le 26 octobre 2020

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2:22Les fromages français ont été retirés des rayons des supermarchés au Koweït. © YASSER AL-ZAYYAT / AFP

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Depuis samedi, et suite aux déclarations d’Emmanuel Macron sur les caricatures du prophète Mahomet, les appels au boycott des produits français se multiplient sur les réseaux sociaux. Ces appels peuvent-ils avoir un impact sur les exportations françaises dans les pays arabes ?

Dans la foulée des déclarations d’Emmanuel Macron, en hommage au professeur Samuel Paty, sur la culture française du dessin et de la caricature, des appels au boycott des produits français ont été lancés sur les réseaux sociaux. Cinq ou six pays musulmans, parmi lesquels la Turquie, le Koweït ou le Qatar, sont concernés. Le Quai d’Orsay a appelé dimanche soir les gouvernements à faire cesser les appels au boycott. Mais quelles conséquences aurait-il sur notre économie s’il était appliqué ? Europe 1 a enquêté.

>> A LIRE AUSSI - Trois questions sur le boycott de produits français par une partie du monde musulman

Posture symbolique

Au Qatar ou au Koweït, les appels au boycott ont pu aboutir au retrait de fromages, de crèmes ou de cosmétiques des rayons de certains supermarchés. Les fromages Kiri et Babybel ont par exemple été ciblés au Koweït.

Si le ministre français du commerce extérieur Franck Riester a évoqué dimanche soir des « impacts impossibles à chiffrer pour le moment », cette mesure est essentiellement symbolique, selon le maître de conférences à Sciences-Pô Frédéric Encel : « C’est tout à fait secondaire sur le plan économique et diplomatique », explique-t-il au micro d’Europe 1, soulignant néanmoins la possibilité d’un effet d’entrainement généré par les réseaux sociaux.

 

« La réalité, c’est l’économie »

De fait, de nombreuses barrières au boycott rendent l’entreprise difficile. En Turquie, où la France exporte essentiellement des produits industriels – notamment Airbus ou pièces pour la construction automobile -  »les habitudes des entreprises sont tellement importantes que ça va au-delà du monde politique », affirme Stéphane Salvetat, secrétaire-général de la Chambre de commerce Franco-Turque. De plus, les exportations de produits industriels avaient nettement baissé l’année dernière, du fait de la crise économique que traverse la Turquie, il est donc difficile d’envisager un nouveau plongeon. « Le monde politique parle souvent fort, mais la réalité, c’est l’économie. »

Concernant les produits alimentaires, certaines particularités du marché rendent le boycott assez improbable. Des groupes saoudiens détiennent ainsi certains entreprises productrices, comme l’usine de Châteaulin dans le Finistère, faisant de l’Arabie saoudite le seul exportateur de poulets français dans les pays arabes. A noter également que l’appel au boycott peut conduire à des sanctions au niveau européen. Or, les pays arabes entretiennent des échanges très importants avec l’Union européenne.

2022: 80 % des Français envisagent le vote anti système (OpinionWay)

2022: 80 % des Français envisagent le vote anti système  (OpinionWay)

 

Selon l’’institut OpinionWay et Fondapol, en partenariat avec Le Figaro.  huit électeurs inscrits sur dix (79%, + 2 points en un an) affirment envisager l’abstention, le vote blanc ou le vote antisystème – Le Pen, Mélenchon, Dupont-Aignan ou un candidat de la gauche révolutionnaire. Déjà très forte lors du premier tour de la présidentielle de 2017 (60,9% des inscrits), cette «protestation électorale» traduit une «déconsolidation démocratique», analyse Dominique Reynié, politologue  dans le Figaro

Professeur à Sciences Po, Dominique Reynié est directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) explique les résultats.

À dix-huit mois de la présidentielle, votre enquête laisse apparaître une France plus que jamais tentée par l’abstention, le vote blanc ou le vote antisystème. Un avertissement pour Emmanuel Macron?

Dominique REYNIÉ. - Pour nous tous. La disponibilité protestataire déclarée concerne 79% de nos concitoyens. La société française poursuit sa mue politique: déconsolidation démocratique, protestation et droitisation. La déconsolidation démocratique est déjà manifeste: l’abstention historique lors des municipales du 28 juin dernier en est un signe puissant. C’est une erreur de n’y voir qu’un effet de la crise sanitaire, alors que 59% seulement de nos concitoyens disent leur préférence pour la démocratie représentative, contre 64% en janvier. Le soutien est plus faible encore parmi ceux qui risquent de subir davantage les conséquences de la crise: les artisans, commerçants

 

Erdogan: le faussaire fossoyeur de la Turquie

Erdogan: le faussaire fossoyeur de la Turquie

 

Comme souvent les dictateurs en difficulté au plan intérieur se projettent au plan international pour tenter de masquer l’échec de la politique nationale. De ce point de vue, la gestion d’Erdogan en Turquie constitue une véritable catastrophe avec une monnaie dévaluée, un taux de chômage de 20 à 25 %, une nette diminution du pouvoir d’achat, une inflation galopante et un endettement inquiétant.

 

Il s’agit pourtant d’un pays important disposant de ressources et de potentiels mais qui est victime de la politique anarchique d’Erdogan. Erdogan qui a transformé la société laïque en l’islamisant afin d’empêcher toute contestation de sa dictature. Ainsi il pratique régulièrement la torture. 50 000 opposants sont dans les geôles turques et 100 000 fonctionnaires ont été déchus de leur statut. L’implantation d’une autre religion que l’islam est en fait  interdite.

Erdogan rêve d’être le nouveau sultan musulman, c’est pourquoi il jette de huile  sur le feu sur tous les conflits possibles quand ils ne les provoquent pas. Erdogan est un dictateur fossoyeur de la Turquie et un faussaire de la démocratie. Un faussaire qui s’est même inventé un passé universitaire alors qu’il n’y a jamais mis les pieds. C’est un ancien petit transporteur.  C’est un  primaire à l’ego maladivement surdimensionné qui a pour ambition de diriger le futur empire ottoman alors qu’il est incapable de gérer son propre pays.

Du coup, il pratique la provocation permanente à tout propos. Notons quand même qu’il met la pédale douce car les Etats se montrent fort par exemple vis-à-vis de la Russie.  Le sultan primaire Erdogan masque son incurie par des insultes espérant réveiller le sentiment nationaliste musulman des couches les plus radicales. Une politique qui enfoncera encore un peu plus économiquement et politiquement des pays musulmans autoritaires en retard dans tous les domaines : économique, démocratique et culturel..

Mali: le gouvernement militaire négocie avec les terroristes contre l’avis de la France

Mali: le gouvernement militaire négocie avec les terroristes contre l’avis de la France

 

On peut réellement s’interroger sur ce que fait encore la France au Mali avec la force Barkhane. En effet, le  pouvoir militaire est en train d’entamer des discussions avec des terroristes dans les vastes zones proches de l’Algérie là où se trouve des territoires peuplés de terroristes et considérées comme ingérables. L’objectif serait de faire des concessions aux terroristes en leur accordant un droit de gestion sur ces territoires éloignés qui deviendraient alors une sorte de réservoirs de rebelles que par ailleurs la France devrait combattre avec la force par Barkhane.

Le pouvoir militaire serait même prêt à islamiser d avantage le Mali en reconnaissant l’islam comme religion majeure dans le pays. Autant de concessions que ne peut évidemment accepter la France et qui pourrait remettre en cause la présence même de Barkhane.

Le Premier ministre par intérim du Mali s’est dit lundi ouvert à des discussions avec des rebelles islamistes, dont l’insurrection a rendu de vastes zones du pays ingouvernables, tandis que la France, son ancienne puissance coloniale, a fermement rejeté cette idée.

Le président déchu du Mali, renversé le 18 août par un coup d’Etat militaire, Ibrahim Boubacar Keïta, avait déclaré plus tôt cette année que son gouvernement était prêt à négocier avec les rebelles liés à Al-Qaïda. Cette stratégie a été confirmée pendant les pourparlers nationaux qui ont suivi le coup d’État.

Les responsables maliens ont fourni peu de détails sur les compromis qui pourraient être faits, mais certains partisans des négociations ont déclaré qu’ils pourraient inclure une plus grande reconnaissance de l’Islam dans la vie publique.

“Les conclusions des pourparlers nationaux (…) ont très clairement indiqué la nécessité d’une offre de dialogue à ces groupes armés”, a déclaré le Premier ministre par intérim Moctar Ouane lors d’une conférence de presse avec le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, en visite pour deux jours à Bamako.

“Nous devons y voir une opportunité d’engager des discussions de grande envergure avec les communautés afin de redéfinir les contours d’une nouvelle gouvernance dans les zones concernées”, a-t-il ajouté.

République : reconquérir le terrain perdu (Vincent Ledoux)

République : reconquérir le terrain perdu (Vincent Ledoux)

 

 

Vincent Ledoux, enseignant, député Agir du Nord estime nécessaire de reconquérir le terrain perdu de la république dans une chronique à l’Opinion.

 

Tribune

 

 

« Dieu en ligne ! C’est le titre donné par Isabelle Jonveaux à son ouvrage sur « les expériences et pratiques religieuses sur internet ». Car sur la toile comme sur les réseaux sociaux, on peut rencontrer l’âme sœur tout aussi bien que Dieu lui-même à travers de nombreuses offres spirituelles virtuelles ! Les autorités religieuses ont très vite témoigné un grand intérêt à ces nouveaux canaux et moyens d’expression, à commencer par le pape François lui-même, qui est le dirigeant le plus retweeté au monde. Benoît, son prédécesseur, avait lui aussi compris que les réseaux numériques pouvaient être de nouveaux et puissants espaces d’évangélisation et de partage de la foi. Un prosélytisme numérique totalement compatible avec les deux autres religions du Livre, le judaïsme et l’islam.

La sociologue des religions Isabelle Jonveaux a montré comment et combien les réseaux sociaux participaient de la construction identitaire, en renforçant le sentiment d’appartenance religieuse et en le rendant visible. Tout ce que l’on partage, publie — photos et textes —, les groupes auxquels on appartient, témoignent de notre identité en ligne, renforçant par là même notre appartenance à une communauté. Les réseaux sociaux sont ainsi très vite devenus de nouveaux chemins de Damas, pour le meilleur comme pour le pire. Un web religieux, immensément vaste et aux lisières ténébreuses.

Depuis plus d’un siècle en France, les religions ont reflué de l’espace public, où elles se donnaient à voir et exerçaient pouvoir, autorité et influence, vers la sphère privée. Cette sécularisation se trouve aujourd’hui contournée par Internet, qui offre aux expressions religieuses un espace discret mais visible. Paradoxalement, cette visibilité hors l’espace public offre une large dimension à ses utilisateurs et usagers et la possibilité de messages démultipliés en direction d’un public plus large que celui que la place publique offrait naguère.

« Il est devenu urgent d’améliorer et de renforcer la coopération avec les hébergeurs pour la rendre réellement efficace »

. Pour les tenants du mal, Internet est une énorme caisse de résonance, un porte-voix géant pour leurs discours haineux et leurs appels aux pires méfaits sous couvert de religion. Expulsé de France en 2012 pour avoir prêché l’antisémitisme, le port du voile intégral, le rejet de l’Occident et l’envoi dans des écoles coraniques à l’étranger des adolescents jugés difficiles ou en rupture avec le système éducatif français, l’imam d’origine malienne Almany Baradji compte aujourd’hui plus de 12 000 abonnés, une véritable petite ville ! Au passage, on peut s’interroger sur les « allers et retours au bled » de ces jeunes déscolarisés. Comment peuvent-ils réintégrer notre univers laïc et y adhérer sans réserve et sans doute, quand l’école coranique de leur pays d’origine familiale leur a inculqué la supériorité, en tout lieu et en tout temps, de la loi de Dieu sur celle des hommes ?

A l’instar de l’institution islamique sociale, plusieurs écoles coraniques (dont certaines ont été fermées administrativement) et mosquées ont créé des groupes WhatsApp pour partager les informations religieuses, les rassemblements, les avis de décès. Il suffit juste d’envoyer un message mentionnant votre identité à partir de votre compte WhatsApp pour intégrer le groupe en question. Ainsi, tout jeune disposant d’un smartphone peut intégrer un tel groupe afin d’appartenir à cette communauté, apprendre l’islam auprès d’imams sur lesquels l’Etat dispose de peu de moyens de contrôle. Après leurs cours au collège André Malraux, Djeneba, Leïla, Fatima et Ousmane se retrouvent virtuellement entre les mains de prédicateurs en totale opposition avec la laïcité à la française !

Pour Baradji et tant d’autres hélas, Internet offre un redoutable minbar (chaire d’une mosquée) à toile ouverte. Les Français l’ont si bien compris qu’ils jugent aujourd’hui efficace la création d’un délit de « prédication subversive et séditieuse » qui ciblerait, y compris en ligne, « toute prédication visant à imposer la loi religieuse au-dessus de la loi de la République ». Pour ce faire, ils demandent le renforcement des moyens dans le renseignement. Il est donc devenu urgent d’améliorer et de renforcer la coopération avec les hébergeurs pour la rendre réellement efficace.

Mais ces actions ne suffiront pas sans un véritable réarmement moral de la nation tout entière ! Car la situation que nous connaissons est bel et bien le résultat de notre faute collective, de nos petites lâchetés successives et de nos vils abandons. Nous ne croyons plus ou pas assez au projet des pères fondateurs de la République. Notre « foi républicaine » s’est attiédie, suivant en cela le courant de sécularisation des grandes religions, dont les éléments les plus radicaux dont l’islamisme est l’avatar le plus funeste trouvaient dans l’émergence d’Internet un canal dédié pour leur fabrique d’endoctrinement. C’est bien notre faute collective qui est responsable de la situation dans laquelle nous nous sommes placés.

« Après trente ans d’angélisme béat, il nous faut reconquérir le terrain abandonné naguère et que n’occupe plus seulement un esprit de revanche, mais un islamisme radical mortifère »

« Terre de mission ». Jeune professeur certifié en histoire-géographie il y a trente ans à Roubaix, j’ai tout de suite compris à l’époque combien le terrain était déjà perdu. Et ce sont les enfants des jeunes qui avaient à peine mon âge et à qui j’essayais tant bien que mal d’enseigner, qui sont aujourd’hui les élèves sur les bancs de nos collèges. A l’occasion de l’anniversaire de la triste affaire Malik Oussekine, mes élèves, dont certains portaient en classe la djellaba, m’apprenaient de quelle manière leur nouvelle génération issue de l’immigration professionnelle nous coloniserait désormais comme revanche de la colonisation française dans leurs pays d’origine au nord de l’Afrique !

A l’époque déjà, j’avais renoncé à emmener mes élèves visiter la magnifique église néogothique Saint-Martin sur la grand-place de Roubaix. Tout était compliqué ! J’étais très jeune, seul (malgré un corps professoral soudé), peu préparé et « armé » pour aborder cette véritable « terre de mission » totalement inconnue pour moi ! J’ose croire que la situation s’est nettement améliorée aujourd’hui, notamment grâce aux équipes « Valeurs de la République » mises en œuvre par Jean-Michel Blanquer.

Après trente ans d’angélisme béat, il nous faut reconquérir le terrain abandonné naguère et que n’occupe plus seulement un esprit de revanche, mais un islamisme radical mortifère. La puissance publique s’est considérablement dégradée et affaiblie à mesure du non-consentement d’une large partie de la population, la notion même de savoir est dévaluée et l’aliénation audiovisuelle s’est accrue, formant une mentalité très éloignée de notre tradition, contribuant à rendre problématique le maintien de la laïcité dans son format idéal. Car, comme nous le rappelle poétiquement, mais si justement Régis Debray, nous sommes tous des êtres « maisonnables ». Refonder la maison républicaine, c’est l’objet de la loi à venir, portée par notre ministre de l’Intérieur, Gerald Darmanin. Le chantier est vaste, le chemin sera long. Nous devons à la fois nous protéger contre les atteintes et les attaques des ennemis de la République sur le Net et aussi rebâtir les fondations de notre maison commune ! »

Coronavirus : Le gouvernement va payer les influenceurs

Coronavirus : Le gouvernement va payer  les influenceurs

On sait que la mode chez les certains jeunes est aux influenceurs. En fait, des commerciaux indépendants qui vantent les  grandes marques et qui sont payés pour assurer la promotion des produits sous couvert de tendances branchées.

Finalement une activité qui n’est pas nouvelle mais qu’utilise évidemment la puissance des réseaux sociaux. Il faut vraiment que la communication du gouvernement soit peu pertinente pour recourir aux services d’individus dans l’activité n’est pas condamnable mais dont l’objectif est essentiellement de faire de l’argent en défendant tout et n’importe quoi.

Surtout le boycott de la démocratie par les dictatures

Surtout le boycott de la démocratie par les dictatures

 

 

Toutes les occasions sont bonnes pour les dictatures afin de renforcer la légitimité de leur régime. Au-delà du boycott des produits français et des manifestations, c’est surtout la démocratie et les principes républicains qui sont contestés. Pour preuve, il s’agit du Koweït, du Pakistan, de l’Iran, des palestiniens ou encore du Maghreb, autant de pays en délicatesse avec les valeurs universelles de la démocratie. Dans nombre de ces pays, c’est la frange la plus radicale qui instrumentalise la situation française. Tout cela motif que la France exercerait une forme de répression contre la religion musulmane alors que dans la plupart de ces pays tout autre religion que l’islam est pratiquement interdite et les fidèles parfois persécutés.

La France dénonce ces appels, qui concernent notamment des produits agroalimentaires, “ainsi que plus généralement des appels à manifester contre la France, dans des termes parfois haineux, relayés sur les réseaux sociaux”, selon le texte du communiqué.

“Ces appels dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine”, poursuit le texte.

“En conséquence, les appels au boycott sont sans aucun objet et doivent cesser immédiatement, de même que toutes les attaques dirigées contre notre pays, instrumentalisées par une minorité radicale.”

Ce communiqué intervient dans un climat diplomatique tendu entre la France et la Turquie dont le président, Recep Tayyip Erdogan, a une nouvelle fois pris pour cible dimanche son homologue français en déclarant qu’Emmanuel Macron s’était “égaré” par ses positions envers les musulmans et l’islam.

Environnement-Le bilan carbone caché des traités commerciaux

Environnement-Le bilan carbone caché des traités commerciaux 

Le mécanisme d’ajustement à la frontière proposé par la Commission européenne, MAC, entre en conflit avec les négociations commerciales menées par la même Commission. Estime dans la Tribune Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of Economics.

 

 

La Commission européenne a lancé une consultation publique sur le mécanisme d’ajustement carbone (MAC). Tous les citoyens européens sont invités à donner leur avis sur cet élément central du pacte vert en remplissant un questionnaire sur le site de la Commission d’ici au 28 octobre. En France, le Président Macron compte sur le MAC pour financer le plan de relance. Est-ce une manière de faire resurgir la taxe carbone balayée par les gilets jaunes dans le débat politique français ? Il s’agit bien d’une mesure qui a la saveur de la taxe carbone puisqu’elle est adossée à la même assiette fiscale, l’empreinte carbone. Néanmoins, contrairement à la taxe carbone, le MAC ne grève pas les émissions de CO2 lors de l’utilisation du produit (par exemple, le carburant automobile) mais le volume de CO2 émis lors de sa production. De plus, seuls les produits importés au sein de l’Union européenne (UE) sont éligibles.

Dans MAC, le terme « ajustement » fait référence à la différence de coût entre les produits fabriqués à l’intérieur des frontières de l’UE et les produits importés, différence imputable au contrôle des émissions de CO2 plus restrictif au sein de l’UE du fait du système de quota d’émissions (EU ETS). Dans un esprit de juste concurrence entre producteurs localisés de part et d’autre des frontières de l’UE, il s’agit de réduire cette différence par une surtaxe sur les produits importés en provenance de pays moins regardant en matière de réchauffement climatique. L’objectif est d’éviter des « fuites de carbone », c’est-à-dire la délocalisation des industries les plus émettrices de CO2 dont les produits nous reviennent plus carbonés que s’ils étaient fabriqués au sein de l’UE. Ces produits importés altèrent notre bilan carbone au moment où ils sont consommés. Comme l’a souligné le Haut Conseil pour le Climat dans son dernier rapport, si le bilan carbone de la France a globalement diminué depuis 2005, les émissions importées n’ont pas cessé d’augmenter de sorte que près de la moitié des émissions attribuable à la France ont lieu hors de ses frontière. Avant d’appliquer de nouveaux tours de vis réglementaires à la machine économique européenne, il paraît judicieux de colmater les fuites de carbones en s’attaquant à ces importations.

Comme souvent en économie, les solutions fondées sur des raisonnements relativement simples s’avèrent compliquées à mettre en pratique. Le MAC n’échappe pas à la règle. Les économistes ont identifié plusieurs écueils sur le chemin de son application.[1] Le premier est la mesure de l’empreinte carbone d’un bien, c’est-à-dire des émissions de gaz à effet de serre générées par sa production. Cette information est difficile à obtenir sur notre sol, a fortiori hors de nos frontières. L’empreinte carbone est généralement estimée sur la base d’hypothèses techniques discutables appliquées à des processus de production plus ou moins standardisés.

Deuxième écueil, l’empreinte carbone d’un même bien varie selon la technologie de production, la localisation, et les entrants de productions. L’acier n’émet pas la même quantité de CO2 selon qu’il est produit par réduction du minerai de fer avec du coke ou par recyclage de ferrailles dans un four électrique. Il faut prendre en compte le mix énergétique (la part de sources d’énergie renouvelables versus fossiles) du pays d’origine, les éventuelles politiques environnementales adoptées pour en estimer les coûts afin d’apprécier le différentiel d’ajustement. Cela nécessite non seulement de différencier les produits selon ces critères mais également d’assurer leur traçabilité le long de la chaine de valeur jusqu’à nos frontières.

Troisième écueil, le colmatage de certaines fuites de carbone peut accélérer le débit des émissions importées dans d’autres secteurs. La Commission propose d’imposer un MAC pour les seuls secteurs obligés du système de quotas d’émissions de CO2 EU ETS comme l’acier et le ciment. Mais cela aura pour effet d’augmenter le coût de ces produits quand ils sont utilisés par les producteurs européens sans affecter leurs concurrents extérieurs. Les constructeurs automobiles américains ou japonais auront accès à un acier dont l’empreinte carbone n’est pas taxée contrairement aux constructeurs européens. Les émissions de la production d’acier hors UE pourraient alors re-franchir la frontière sous forme de véhicules, de carrosseries et de pièces automobiles, des biens exemptés de MAC car non soumis à l’EU ETS. Au final, les fuites colmatées en amont de la chaîne de valeur se déplaceraient vers l’aval.

Dans sa réponse à la consultation publique mis en place par la Commission, le Gouvernement français a fait des propositions pour rendre le MAC opérationnel. Il s’agit, comme préconisé par la Commission, de se limiter à quelques secteurs impliqués dans l’EU ETS. Le MAC prendrait la forme de quotas d’émissions virtuels que les entreprises devraient acheter à hauteur de l’empreinte carbone importée au prix de marché de l’EU ETS.

Le problème de mesure serait réglé en prenant une moyenne des émissions européenne du secteur d’activité considéré. La différenciation par mode de production et pays d’origine pourrait se faire en transférant le fardeau de la preuve aux producteurs. Ceux-ci devraient démontrer que leur produit à une empreinte carbone moindre ou qu’ils sont soumis à des politiques publiques à des coûts significatifs, voire comparable à ceux de l’EU ETS, dans leur pays d’origine.

L’adossement à l’EU ETS a l’avantage de réduire les risques de contentieux juridique à l’OMC au titre de la clause de la nation la plus favorisée puisque les importateurs font face aux mêmes coûts que les entreprises au sein de l’UE tant pour le prix de la tonne de CO2 que pour le calcul de l’empreinte carbone de leur produit. Néanmoins, la différenciation des produits ouvre la porte à un activité de lobby intense de la part des industriels et des pays partenaires commerciaux de l’UE.

 

La Commission européenne a le mandat de négocier des traités commerciaux dont l’objectif principal est de libéraliser les échanges en réduisant les droits de douane et les barrières non-tarifaires. Des accords avec le Canada et la zone Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) ont été signés et sont en phase de ratification, d’autres avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont encore en négociation.[2] La baisse inconditionnelle des droits de douane prévue par ces traités tranche avec le MAC qui, au contraire, vise à une hausse différenciée des charges appliquées aux importations. Même si les traités commerciaux contiennent des dispositions sur le climat (comme le rappel des engagements pris par les pays signataires dans le cadre de l’Accord de Paris), ceux-ci ne conditionnent pas la libéralisation des échanges.

Ainsi, le traité avec le Mercosur prévoit une baisse progressive des droits de douanes sur 99.000 tonnes équivalent carcasse de viande bovine importée en Europe. Ce faisant, ce traité ouvre une nouvelle fuite de carbone puisque produire un kilo de viande bovine émet près de trois fois plus de gaz à effet de serre s’il est produit en Amérique Latine plutôt qu’en Europe selon les calculs de la FAO. Remplacer le bœuf français par le bœuf brésilien dans son assiette augmente le bilan carbone de la France via la déforestation importée. Selon les estimations du rapport Ambec, le risque de déforestation induit par le contingent tarifaire de viande bovine libéralisé aurait un impact important sur le bilan carbone du traité. Sa contribution en terme émissions de gaz à effet de serre serait telle que le coût climatique de l’accord Mercosur deviendrait supérieur aux gains économiques.

Le pacte vert remet en cause la cohérence des actions de la Commission européenne. Alors que son bras droit cherche à colmater les fuites de carbones, son bras gauche en ouvre d’autres en éliminant des droits de douane dans les traités commerciaux. La Commission lance une consultation sur un mécanisme qui vise à ériger des barrières tarifaires en fonctions de l’empreinte carbone des produits importés tout en continuant à négocier une libéralisation des échanges avec des pays connus pour leur bilan carbone désastreux, par exemple l’Australie. C’est à se demander si cette consultation n’est pas un écran de fumée pour cacher le bilan carbone des traités commerciaux. Si sa conversion à la cause climatique est sincère, la Commission devrait plutôt utiliser les accords commerciaux comme levier pour colmater les fuites carbones. Une solution, préconisée par le rapport Ambec et une initiative commune des Pays-Bas et de la France, consiste à conditionner la baisse des droits de douanes à des engagements concrets des pays signataires visant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

________

[1] Voir par exemple : Cosbey, A., S. Droege, C. Fischer and C. Munnings (2019) « Developing Guidance of Implementing Border Carbon Adjustments : Lessons, Cautions, and Research Needs from the Literature, » Review of Environmental Economics and Policy, 13(1): 3-22.

[2] Pour une liste exhaustive de ces accords négociés, voir https://ec.europa.eu/trade/policy/countries-and-regions/negotiations-and-agreements/

« L’écologie et le social s’opposent à une croissance sans limite »

« L’écologie et le social s’opposent à une croissance sans limite »

 

 

 

Un collectif de cent enseignants et chercheurs internationaux signe, dans une tribune au « Monde », un manifeste appelant les pouvoirs publics à soutenir les acteurs de l’économie solidaire, qui assume des finalités sociales, écologiques, culturelles, contre l’augmentation des inégalités et contre le réchauffement climatique.

 

Tribune. Professeurs et chercheurs de différents continents (Afrique, Amérique, Asie, Europe) qui travaillons depuis de nombreuses années avec les acteurs de l’économie solidaire, nous voulons par ce texte interpeller les pouvoirs publics sur le soutien qu’ils peuvent apporter à cette économie émergente.

Celle-ci nous semble en effet à prendre en compte parce qu’elle assume des finalités sociales, écologiques, culturelles, contre l’augmentation des inégalités et pour la justice, contre le réchauffement climatique et pour une répartition équitable des ressources, contre l’uniformisation des comportements et pour l’expression des diversités. En bref, c’est une économie dont nous avons besoin au moment où se manifeste l’épuisement du système dominant.

Une capacité de destruction

La science économique s’est développée à partir d’un socle épistémologique qui néglige les ressources naturelles considérées comme inépuisables et qui sélectionne comme seule motivation l’intérêt matériel individuel. Cette vision a été créatrice de richesses matérielles mais a aussi fait preuve d’une capacité de destruction inédite.

 

Certes, ces effets pervers ont pu être partiellement endigués par l’Etat social dont le bien- fondé a été admis au niveau international en 1944 par la déclaration de Philadelphie. Celle-ci stipulait que le développement économique ne vaut que s’il est au service du développement social ; elle a entraîné la mise en place de formes importantes de redistribution publique. 

Mais le compromis établi entre marché et Etat a été déstabilisé par le consensus de Washington qui, en 1989, a préconisé la réduction du périmètre de l’intervention publique, la déréglementation et la dérégulation.

Depuis lors, la surexploitation de la nature et la montée des inégalités se sont tellement accentuées que la définition même de l’économie héritée du XIXsiècle est désormais en cause. Les désordres qu’elle engendre mettent en évidence son caractère obsolète, dû à l’ignorance de l’écologie et du social inhérente à un objectif de croissance sans limite.

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