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2022: Après Macron, Le Pen , Mélenchon, le retour aussi de Sarkozy, Hollande….. et pourquoi pas Giscard !

2022: Après Macron, Le Pen , Mélenchon, le retour aussi de Sarkozy, Hollande….. et pourquoi pas Giscard  !

Il ne s’agit sans doute pas de glorifier la jeunesse comme facteur essentiel de crédibilité et de pertinence politique mais force est de constater que la classe politique française est toujours composée de vieilles barbes qu’on retrouve régulièrement lors des grandes rencontres électorales.

 

Ainsi il est probable 2022 on aura encore Macron, Marine Le Pen , Mélenchon mais peut-être aussi Hollande qui se réveille comme futur sauveur de la gauche socialiste, Sarkozy peut-être quand il sera débarrassé de ses casseroles juridiques et pourquoi pas pendant qu’on y est Giscard d’Estaing ?

 

Encore une fois le propos n’est pas de militer pour un personnage ou un courant politique sorti  de nulle part type Macron ou gilets jaunes mais simplement de constater qu’il y a les pires difficultés à renouveler le tissu politique. Pas étonnant en France en particulier, la fonction d’élu a été appropriée par certaines couches sociologiques, la plupart qui sorte des inutiles instituts de politique, qui s’approprient  le pouvoir dans toutes les organisations de la droite comme de la gauche.

 

La politique est devenue un métier qu’on commence à la sortie des les études universitaires et qu’on continue bien au-delà de la normale de la retraite le plus souvent par une confortable fauteuil  au Sénat avec les avantages matériels y afférant.

 

Cette fois encore en France risque d’être particulièrement ambiguë aux élections présidentielles. Une fois encore la question ne sera pas de voter pour quelqu’un mais contre l’autre, celui qu’on ne veut pas. Du coup, l’élu va croire qu’il est mandaté pour appliquer les orientations qu’il a proposées alors qu’il est vainqueur uniquement sur un refus des propositions adverses.

 

L’exemple typique est évidemment celui de Macon élu avec nombre de voix socialistes et qui pratique une politique opportuniste au service d’un libéralisme mal maîtrisé. Rarement dans la vie politique un président de la république aura été aussi impopulaire. Le résultat d’un bais démocratique qui nourrit une ambiguïté fondamentale quant à la légitimité des orientations.

Succès « Hold-up »: le résultat d’un discrédit de la parole publique

Succès « Hold-up »: le résultat d’un discrédit de la parole publique

 

 

 

 

De tout temps on a compté des complotistes  qui soupçonnent un pouvoir obscur de manipuler tout le monde experts et politiques compris. Mais le succès du montage audiovisuel hold-up s’explique surtout par le discrédit qui affecte la parole publique. Bref, il n’y a plus grand monde qui peut encore croire encore ces experts prétentieux qui assènent des vérités contradictoires pour satisfaire leur ego dans les médias. Alors que la science devrait continuer d’être discrète et ne pas s’afficher sur des chaînes d’info qui ressemble de plus en plus à des discussions de bistrot .

Aujourd’hui les contradictions sont telles sur l’origine du virus, sa nature, son traitement, la perspective d’un vaccin, ses enjeux économiques et ses autres conséquences sociales, politiques ou encore culturels que beaucoup peuvent dire n’importe quoi en mêlant habilement des éléments de vérité, des approximations et des raisonnements complètement tordus.

 

Ce reportage médiatique révèle l’état assez pitoyable de notre démocratie ou des pantins juridiquement élus et dont on ne peut contester la légitimité juridique ne disposent  en fait d’aucun crédit politique. Ils ont souvent d’ailleurs été élus par défaut, par hasard autant que par démagogie.

 

C’est sur ce terreau de décomposition de la démocratie que peuvent pousser tous les complotismes  les plus farfelus. Ce n’est pas d’abord le complotisme  qui doit être condamné mais les raisons de son émergence et de son succès auprès de certains qui préfèrent évidemment les théories simplistes à la complexité des facteurs explicatifs de notre société.

Suez/Veolia : arrêter le massacre !

 Suez/Veolia : arrêter le massacre !

 

Il serait sans doute temps d’arrêter le massacre de l’opération de regroupement Veolia Suez. En effet, ce n’est sans doute pas la priorité économique et sociale première. En outre,  cela crée un climat d’incertitude dans toute la filière aussi bien en France qu’à l’étranger.

 

Comme personne ne sait exactement par exemple ce que va devenir le service des eaux de Suez éventuellement confier un fonds spéculatif,  nombre de collectivités françaises ou étrangères pourrait se décider à choisir un opérateur étranger ( il y a aussi la société française Saur qui pourrait tirer son épingle du jeu). De toute manière,  le regroupement impliquera des abandons d’actifs récupérés par des sociétés dont l’objet est surtout de tirer rapidement une valorisation des accusations et non investir voire d’entretenir.

 

Or on sait que dans le domaine de l’eau par exemple se pose un énorme problème de renouvellement des infrastructures. En outre,  il y a forcément des synergies entre les différents services, l’eau  bien sûr mais aussi l’assainissement et les autres activités . Il serait temps d’arrêter le massacre du secteur seulement pour satisfaire les idées de grandeur d’un dirigeant de Veolia, ancien fonctionnaire, tellement heureux de jouer au mécano capitaliste

Le numéro 2 d’Al-Qaïda tué en Iran par des services secrets

  • Le numéro 2 d’Al-Qaïda tué en Iran par des services secrets
  • Le numéro 2 d’Al-Qaïda, Abdullah Ahmed Abdullah, qui figurait sur la liste des terroristes les plus recherchés par la police fédérale américaine (FBI), a été «tué par balle dans les rues de Téhéran par deux assassins à moto», ont confirmé des responsables des renseignements américains L’assassinat, qui aurait été commis par des agents israéliens pour le compte des États-Unis, est survenu le 7 août, jour de l’anniversaire des attentats contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie en 1998, dans lesquels a été impliqué Abdullah Ahmed Abdullah selon la justice américaine. La police fédérale américaine offrait 10 millions de dollars de récompense pour toute information menant à la capture de ce leader du groupe terroriste Al-Qaïda.

Libye : élections le 24 décembre 2021

Libye : élections le 24 décembre 2021

 

Les participants aux négociations sur l’avenir de la Libye ont fixé au 24 décembre 2021 la tenue d’élections présidentielle et législatives, a annoncé vendredi l’émissaire des Nations unies par intérim Stephanie Williams. Ces élections nécessitent « un nouvel exécutif pour diriger le pays », a-t-elle déclaré.

 

 

Une photo du tueur de Samuel Paty dans le téléphone du tueur de Nice

Une photo du tueur de Samuel Paty dans le téléphone du tueur de Nice

Le tueur de Nice, auteur de l’attentat qui a fait trois morts 29 octobre à la basilique de Nice avait une photo d’Abdoullakh Anzorov , l’auteur du crime de Conflans Sainte Honorine. De là à penser qu’il y a un lien entre les deux affaires mais qui reste à vérifier.

Rappelons que le tueur de Nice est venu spécialement de Tunisie pour commettre son crime. Il n’a pu réaliser sa macabre opération sans certaines complicités qui font aujourd’hui l’objet d’enquêtes.

Le chef militaire d’Al Qaïda tué par la France

Le chef militaire d’Al Qaïda tué par la France

 

Pendant que les militaires maliens engagent des négociations avec certains rebelles présents dans les régions proches de l’Algérie, la France, elle, mène des opérations de grande envergure contre les terroristes. Non seulement la force Barkhane  a tué il y a quelques jours une cinquantaine de djihadistes mais  hier encore une dizaine ;  en plus elle a tué le chef militaire de la branche sahélienne d’Al Qaïda, le Malien Bah ag Moussa, au cours d’une opération aéroportée menée mardi soir dans le nord-est du Mali, annonce vendredi la ministre des Armées, Florence Parly. De quoi contrarier un peu plus les négociations entre le gouvernement militaire du Mali et les terroristes. Des négociations condamnées par la France.

L’ancien officier de l’armée malienne, également connu sous le nom de Bamoussa Diarra, était un lieutenant d’Iyad Ag Ghali, le chef touareg du Rassemblement pour la victoire de l’Islam et des musulmans (RVIM), lié à Al Qaïda.

“Cadre historique de la mouvance djihadiste au Sahel, Bah ag Moussa est considéré comme responsable de plusieurs attaques contre les forces maliennes et internationales”, dit Florence Parly dans un communiqué qui salue “un succès majeur dans la lutte contre le terrorisme”.

La ministre des Armées précise que “d’importants moyens de renseignement ainsi qu’un dispositif d’interception composé d’hélicoptères et de troupes au sol” ont été mobilisés.

Cette intervention a été lancée alors que vient de s’achever une opération d’envergure de la force Barkhane et ses alliés africains et européens contre les groupes liés à Al Qaïda et à l’Etat islamique dans la zone dite des “trois frontières”, pendant laquelle des dizaines de djihadistes ont été tués.

Bah ag Moussa avait déserté l’armée malienne dès 2012 pour rejoindre la rébellion et fonder avec Iyad ag Ghali le groupe djihadiste Ansar Dine, devenu RVIM (ou GSIM ou JNIM, selon l’acronyme retenu) à la faveur d’une fusion avec Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et d’autres groupes islamistes.

Coronavirus: Trump annonce le vaccin de PFIZER , trop tard !

Coronavirus: Trump annonce le vaccin de PFIZER , trop tard !

 

Trump enrage évidemment que l’annonce de la sortie prochaine d’un vaccin soit intervenue après les élections américaines. En effet, l’ancien président avait annoncé à de nombreuses reprises le fameux vaccin avant les élections. À quelques jours près Trump  a donc manqué le calendrier de cette grande annonce médicale.

Une annonce toutefois à relativiser dans la mesure le vaccin de PFIZER n’est pas encore tout à fait au point et qu’une dizaine de concurrents en sont à peu près au même stade c’est-à-dire dans le processus de vérification épidémiologique qui permet de vérifier l’efficacité , la durabilité et les contre-indications.

Légitimement peut aussi s’interroger pour savoir si PFIZER n’a pas décalé à dessein son annonce. Une hypothèse qui n’est pas tout à fait impossible car la majorité des grands patrons américains se sont nettement prononcés contre la candidature de TRUMP. De toute manière, cela n’aurait sans doute pas changer grand-chose au scrutin tellement les positions des deux camps sont clivées et parfois même conflictuelles.-Et  fait extraordinaire aux États-Unis : un  président qui ne reconnaît pas encore sa défaite et ne veut pas transmettre le pouvoir.

Le président sortant, qui s’exprimait pour la première fois en public depuis que Joe Biden a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 3 novembre, a également déclaré qu’une autorisation en urgence serait “très prochainement” délivrée pour le vaccin développé par Pfizer.

Le laboratoire américain a annoncé en début de semaine que son vaccin expérimental, développé avec l’allemand BioNTech, était efficace à plus de 90% contre le COVID-19, selon les premières données d’un essai clinique à grande échelle. Encore une fois cette vérification à grande échelle est engagée une bonne dizaine de candidats vaccin à l’échelle mondiale. Mais l’annonce prématurée aura au moins permis au patron(français) du laboratoire américain d’empocher quelques millions du faîte de la montée en bourse du laboratoire Pfizer.

Amazon et les petits commerces : une accusation trop simple?

Amazon et les petits commerces : une accusation trop simple?

 

C’est ce que pense Emmanuel Combe, vice-président de l’Autorité de la concurrence qui minimise l’impact d’Amazon sur les difficultés du petit commerce.

 

«Amazon dispose en France d’une part de marché de 20 % dans le commerce en ligne : ce n’est pas négligeable, mais on est loin des 50 % observés aux Etats-Unis». (Sarah ALCALAY/SIPA)

A l’heure où les commerces physiques de produits « non essentiels » sont obligés de baisser le rideau, le débat fait rage dans notre pays sur l’effet indirect d’une telle décision : elle conduit à favoriser les ventes en ligne, au premier rang desquelles figure Amazon. Il n’en fallait pas plus pour que certains clouent au pilori le géant américain, en l’accusant d’être le fossoyeur de nos petits commerces. Mais en réalité, la situation du petit commerce physique face à l’e-commerce est plus subtile et nuancée que ces jugements définitifs.

D’un point de vue factuel, tout d’abord, rappelons que l’e-commerce représente en France un marché d’environ 100 milliards d’euros en 2020. C’est seulement… 10 % du commerce de détail. Les clients iront encore demain très majoritairement dans les magasins physiques, grands comme petits, pour y acheter leurs produits et services.

Il n’y a pas que le témoignage de Takieddine dans l’affaire Sarkozy (PNF)

Il n’y a pas que le témoignage de Takieddine dans l’affaire Sarkozy (PNF)

 

La bataille est sans doute autant médiatique que judiciaire. Pour preuve Sarkozy a immédiatement sauté sur l’occasion de la dernière déclaration de Takieddine  pour considérer qu’il était donc innocenté.  En même temps il a fait usage d’une curieuse demande juridique de démise en examen. Une pratique qui pourrait être utilisée par tous les inculpés dont  la plupart se considèrent  injustement mis en examen.

En fait, ce que demande Sarkozy c’est que les juges remettent en question leur inculpation. Du coup le parquet national financier se lance aussi dans la bataille médiatique en indiquant que le dossier du financement libyen ne comprend pas seulement les déclarations de Takieddine. Il y a aussi d’autres témoignages et notamment un transfert financier de 440 000 € sur le compte d’un proche de Sarkozy. Sans parler des nombreux voyages effectués par les très proches de Sarkozy en Libye. Des voyages que Sarkozy juge maintenant inopportuns ! Bref fait le porter le chapeau à son entourage.

Dans un communiqué publié jeudi, le procureur de la République financier, Jean-François Bohnert, souligne cependant que “les mises en examen intervenues dans ce dossier s’appuient (…) sur des indices graves ou concordants qui ne se limitent pas aux déclarations d’une seule personne”.

Face aux “accusations” de Ziad Takieddine, qui affirme que le juge Serge Tournaire lui “a fait dire des propos qui sont contraires” à ses déclarations, le procureur rappelle que l’intermédiaire a formulé ses accusations contre Nicolas Sarkozy devant plusieurs juges, en présence de son avocat et sans formuler le moindre commentaire au moment de signer les procès-verbaux.

“les accusations portées à l’encontre de M. Serge Tournaire , ayant procédé à des interrogatoires de M. Ziad Takieddine, sont dépourvues de tout fondement”, déclare Jean-François Bohnert.

Notons que l’affaire n’est pas seulement juridique et médiatique, elle est aussi très politique dans la mesure où ce jour à travers Sarkozy l’avenir du parti républicain qui attend avec impatience que Sarkozy se débarrasse de cette casserole enfin désignait son candidat, se rallier à Macon ou disparaître. En attendant Sarkozy reste mis en examen pour cette affaire mais d’autres encore.

France: Le confinement inchangé jusqu’au 1er décembre 2020 ou 2021 ?

 France: Le confinement inchangé jusqu’au 1er décembre 2020 ou 2021 ?

 

Encore un exercice du Premier ministre qui n’aura guère convaincu de la pertinence de la politique du gouvernement. En effet dans cette annonce il n’y avait en fait aucun fait nouveau. Surtout il manque l’essentiel c’est-à-dire une perspective qui pourrait permettre au monde économique, aux ménages et aux citoyens d’envisager des perspectives d’avenir.

En gros,  le gouvernement décide donc de maintenir la société dans une sorte de glacis et sans aucun calendrier pour en sortir. En creux en ne définissant pas de sortie progressive du confinement, le gouvernement condamne l’économie et même la démocratie puisque les élections départementales et régionales seront reportées. Dans le même temps le Parlement est mis entre parenthèses depuis qu’a été décidée la mise en place d’un comité de défense qui fait office de démocratie. Comme il est probable que la situation sanitaire ne sera pas améliorée de façon significative dans 15 jours le confinement devrait être prolongé pour enjamber Noël et le premier jour de l’année 2021. Il pourra se poursuivre tout au long de l’année 2021 car évidemment la perspective du vaccin ne permet pas d’envisager une fin rapide de la pandémie avant au moins 2022.

“Il serait irresponsable de lever ou même d’alléger le dispositif dès maintenant”, a donc déclaré le premier ministre devant la presse, quelques heures après une réunion du Conseil de défense et de sécurité nationale autour d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

Les règles du confinement instaurées le 30 octobre resteront donc inchangées “au moins pour les 15 prochains jours”, a-t-il dit.

Au regard des derniers chiffres, “l’évolution du nombre de nouvelles contaminations s’est ralentie depuis une semaine”, a dit le Premier ministre.

Le pic de la deuxième vague pourrait selon lui être atteint dans les hôpitaux en début de semaine prochaine, celui de la première vague (32.292 patients le 14 avril) ayant été franchi ce jeudi.

Si l’embellie actuelle se confirme, des mesures d’allègement pourraient intervenir pour les seuls commerces et “sur la base d’un protocole renforcé”, à l’approche de la période de Noël cruciale pour le chiffre d’affaires des entreprises.

Les bars, restaurants et salles de sports ne seront pas concernés par cet éventuel assouplissement.

Quant aux règles du confinement imposées aux Français, qui ne peuvent pas sortir sans attestation, elles seront maintenues au-delà du 1er décembre.

Le Premier ministre a également averti ses concitoyens, invités au civisme, qu’il ne serait pas possible de se réunir à plusieurs dizaines pour les fêtes de fin d’année.

“Il est un peu tôt” pour dire s’il est possible de réserver des billets dans la perspective de cette période.

En clair le confinement va perdurer.

Le temps des présidents grotesques

Le temps des présidents grotesques

 Vanessa Schneider du Monde note la montée dans de nombreux états des présidents boufons qui menacent  la démocratie

 

Jamais les bouffons, les clowns et les pitres n’auront eu autant d’aura. C’est le constat de l’essayiste Christian Salmon qui décortique dans son nouvel essai l’inquiétant processus de décomposition politique auquel nous assistons. Partout où se porte le regard, le grotesque semble avoir pris le pouvoir : Donald Trump aux Etats-Unis, Jair Bolsonaro au Brésil, Boris Johnson en Grande-Bretagne, Matteo Salvini et Beppe Grillo en Italie, Narendra Modi en Inde, Volodymyr Zelensky qui se définit lui-même comme clown à la tête de l’Ukraine, Viktor Orban en Hongrie ou Jimmy Morales au Guatemala. Pour Christian Salmon, la crise du coronavirus met en lumière à l’échelle de la planète cette « tyrannie des bouffons » qui repose sur « le ressentiment des foules » et réveille « les vieux démons sexistes, racistes, antisémites »« Des plates-formes comme Facebook, YouTube, Instagram et Twitter ont amplifié les théories complotistes », précise l’auteur.

Donald Trump est la première manifestation d’un phénomène qui s’est répandu, où « gesticulant au premier plan, usant de fake news et de provocations, le pouvoir grotesque incarne une nouvelle forme de pouvoir qui assure son emprise non pas par la rationalité, la tradition ou le charisme cher à Max Weber, mais par l’irrationalité, la transgression, la bouffonnerie ». Trump a beau dire et écrire n’importe quoi, annoncer à l’hiver que le virus disparaîtra avec le printemps, préconiser l’injection d’eau de javel pour se prémunir du Covid-19, Boris Johnson s’opposer au confinement au nom du « droit inaliénable du peuple anglais à aller au pub », Bolsonaro déclarer, alors que le nombre de contaminés s’envolait au Brésil, « Certains vont mourir ? Oui bien sûr, j’en suis désolé, mais c’est la vie », rien ne semble les ébranler. Et que dire d’un Narendra Modi, premier ministre indien, massivement suivi sur les réseaux sociaux, qui fit appel au chiffre magique 9 pour combattre le Covid, ou du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, lui aussi rétif aux mesures de confinement, qui brandit des amulettes protectrices − un trèfle à six feuilles et une image pieuse − en conférence de presse ?

 « La pandémie de coronavirus, loin d’atténuer les outrances de ce pouvoir, en a été le théâtre grotesque, observe Christian Salmon. On a vu des chefs d’Etat rivaliser d’incompétence et d’irrationalité face à la gravité de la crise sanitaire. Le ridicule ne connut plus de limites, des postures viriles aux formes les plus archaïques de sorcellerie et de religiosité (…) Mais la gestion catastrophique de la crise par ces gouvernants ne les a en rien disqualifiés. Au contraire, elle a consolidé la base de leurs soutiens, et surtout leur a permis de manifester une forme d’impunité, la preuve qu’ils ne dépendaient d’aucun jugement politique, scientifique ni moral et pouvaient donc imposer inconditionnellement leur volonté. »

 

Le mythe du handicap de l’ euro fort ( Ken Fisher)

Le mythe du handicap de l’ euro fort  ( Ken Fisher)

Ken Fisher est président et directeur de Fisher Investments Europe, déconstruit dans l’Opinion le mythe du handicap de l’euro fort. Sans doute aussi pour s’opposer aux partisans du bon vieux temps qui permettait des dévaluations régulières du franc suivies  d’une forte inflation qui faisait payer au plus défavorisés la manœuvre monétaire.

 

Tribune

 

Tandis que le dollar baisse, l’euro augmente, et avec lui les craintes que sa vigueur ne pénalise les exportations françaises et européennes, mettant un coup d’arrêt à la reprise économique et faisant plonger les actions. Mais pas de quoi s’alarmer. En réalité, l’appréciation récente de la monnaie unique est modeste. Et, même si elle gagnait en importance, la force d’une devise n’a jamais sonné le glas des exportations et de la croissance. Voici pourquoi.

Les pessimistes soutiennent que la vigueur de l’euro rend les exportations européennes plus onéreuses pour les consommateurs à l’étranger. Si tel était le cas, la France et l’Europe seraient effectivement menacées. Avant la crise de la Covid-19, les exportations représentaient 31,8 % du PIB annuel de la France, devant la moyenne mondiale de 30,6 %. Les exportations occupent une place encore plus importante dans l’économie de la zone euro, avec 45,8 % du PIB.

De plus, ces dernières sont déjà à des niveaux relativement faibles. En dépit d’un rebond en mai, en juin et en juillet, les exportations de la France et de la zone euro ont clôturé le mois d’août en retrait de respectivement 16,6 % et 11 % par rapport aux niveaux de février, avant l’instauration des mesures de confinement. Les plus inquiets s’empresseront d’affirmer que cela accentue d’autant la menace constituée par l’euro fort.

Rattrapage. Mais ne surestimons pas la vigueur de la devise européenne. Elle s’est certes appréciée d’environ 11 % par rapport au dollar depuis le creux du 20 mars, ce qui peut sembler considérable. Mais en réalité, il s’agit essentiellement d’un rattrapage par rapport à la contraction brutale qui s’était opérée entre le 9 et le 20 mars (-6,4 %). Cette chute de l’euro est un épisode classique, mais de courte durée, de « fuite vers la qualité » qui soutient le dollar lors des replis des marchés. Affolés, les investisseurs en actions se ruent alors sur les bons du Trésor américains, réputés plus sûrs, et que certains acquièrent en vendant d’autres devises pour acheter des dollars.

Prenons l’exemple de la crise financière mondiale : entre avril 2008 et le point bas du marché baissier des actions observé en mars 2009, le dollar s’est apprécié de pas moins de 27 % face à la monnaie européenne. Le calme est ensuite revenu et l’euro a bondi de 13,5 % face au billet vert entre mars et fin 2009. Pourtant, la reprise économique avait débuté en juin de cette même année. Les actions françaises et celles de la zone euro ont bondi respectivement de 62,9 % et 66,9 % entre le plancher de mars et la fin de l’année, surpassant la moyenne mondiale qui était alors de 52,3 %.

Les « euro-pessimistes » semblent donc oublier cet épisode de l’histoire. Le taux de change actuel est presque au même niveau qu’en 2017, année au cours de laquelle la monnaie unique a progressé de 13,8 % vis-à-vis du dollar, alors que les exportations depuis la France et la zone euro ont bondi respectivement de 5,0 % et 7,1 %. La croissance du PIB français cette année-là s’est établie à 2,4 %, et celle de la zone euro à 2,6 %. De son côté, le CAC 40 s’est adjugé 12,7 % et les marchés de la zone euro 12,5 %, devançant le reste du monde.

En 2013, l’euro s’est maintenu au-dessus du taux de change actuel pendant toute l’année. Son plancher a été atteint le 27 mars 2013, puis la monnaie unique s’est appréciée de 7,2 % jusqu’à la fin de l’année. Comme aujourd’hui, ce parcours a été précédé d’une récession, le ralentissement causé par la crise de la dette de la zone euro ayant pris fin au 1er trimestre 2013. La vigueur de l’euro n’a alors pas entravé la reprise de l’économie française, ni ses exportations, en hausse de 2,1 % en 2013. Le CAC 40 a bondi de 22,2 % cette même année et les actions de la zone euro de 19,6 %, devant le reste des marchés mondiaux.

Cela ne signifie pas que les marchés français vont forcément surperformer à la faveur d’un euro fort en 2020. Cela montre en revanche que les craintes entourant la vigueur de l’euro sont infondées.

Les investisseurs qui ont raté le rebond entamé en mars se raccrochent désespérément à toute preuve permettant d’étayer leur pessimisme, à l’instar de l’appréciation de l’euro. C’est un cas typique de biais de confirmation

Certains redoutent toutefois une poursuite de la hausse de la monnaie unique, mais ce raisonnement occulte le fait qu’une devise forte ne pénalise pas les économies, et ce pour plusieurs raisons. De nos jours, peu de produits européens proviennent exclusivement du pays qui les produit. Les matières premières, machines et composants sont souvent importés par les fabricants.

Prenons le cas d’Airbus, fleuron de l’aéronautique européenne. Son activité s’appuie sur 26000 fournisseurs basés dans 100 pays différents. Trois de ses six usines d’assemblage sont situées en dehors de la zone euro. Un euro fort réduit le coût des produits importés et des activités basées à l’étranger.

Mourir dans l’euphorie. Nous ne disons pas là qu’un euro fort n’a que des aspects positifs ; plus de 60 % des revenus d’Airbus proviennent d’Asie et du continent américain. Simplement, l’impact de la devise est bien moins préjudiciable que ne l’annoncent les experts, surtout si l’on considère que les équipes dirigeantes n’ont aucun mal à se couvrir contre les fluctuations de change. Les craintes liées aux devises fortes sont des réflexions mercantilistes d’un autre temps.

Les experts affirment presque toujours que les devises sont trop fortes, pénalisant les exportations, ou trop faibles, alimentant l’inflation et d’autres inquiétudes. En ce moment, les observateurs américains ne se réjouissent pas de la faiblesse du dollar ; au contraire, ils la redoutent, estimant que les marchés des changes anticipent les problèmes à venir alors que les marchés actions, tirés par les États-Unis, en font fi. Ce qui est absurde.

Les craintes nourries de part et d’autre reflètent toujours l’humeur des investisseurs et non les réalités économiques ou du marché. Les investisseurs qui ont raté le rebond entamé en mars se raccrochent désespérément à toute preuve permettant d’étayer leur pessimisme, à l’instar de l’appréciation de l’euro. C’est un cas typique de biais de confirmation. Les gens sont à l’affût de toute information allant dans le sens de leurs convictions et ignorent tout ce qui les contredit.

Le scepticisme des « euro-pessimistes » face à la solidité de la monnaie unique est votre allié. Comme l’affirmait jadis le légendaire investisseur Sir John Templeton,« les marchés haussiers naissent dans le pessimisme, grandissent dans le scepticisme, mûrissent dans l’optimisme et meurent dans l’euphorie. » Les craintes actuelles entourant la monnaie unique font partie du pessimisme qui prévaut habituellement au début d’un marché haussier. Ce qui laisse supposer que ce dernier a encore de beaux jours devant lui.

Ken Fisher est président et directeur de Fisher Investments Europe, président exécutif et co-directeur des investissements de Fisher Investments.

Télétravail : Borne et le ministère déraillent

Télétravail : Borne et le ministère déraillent

 

La ministre du travail Élisabeth borne ne cesse de militer le télétravail menaçant même les entreprises qui n’y recourent pas. Sans doute pour encourager des vocations tardives, le ministère du travail sort une étude bidon qui montrerait que 45 % des salariés affirment avoir travaillé à domicile entre le 4 et le 8 novembre.  C’est le genre d’étude dont les résultats doivent plaire à celui qui la commande. On peut en effet se demander comment presque la moitié des salariés ont pu être en télétravail en sachant que tout au plus 25 à 30 % du travail peuvent se faire à distance. Pour les autres la présence physique et le plus souvent indispensable.

 

En fait,  cette référence au télétravail caractérise une vision de salon de ce qu’est la réalité socio économique. Les technocrates et la ministre y compris estiment  sans doute que la moitié des Français travaillent dans des start-up ou des sociétés complètement numerisables . Cela expliquerait aussi la position du gouvernement sur le petit commerce considéré comme marginal et condamné à être confiné quand les clients se frôlent et se bousculent dans les grandes surfaces.

 

« Je suis consciente qu’on est en train de demander aux employeurs comme aux salariés des efforts sans doute au-delà de ce que chacun souhaiterait », a affirmé mercredi Elisabeth Borne dans une interview au « Parisien ». « L’idée que les employeurs ne joueraient pas le jeu est […] très majoritairement fausse », a-t-elle ajouté. Elle appuie son constat sur les résultats d’un sondage sur l’activité professionnelle pendant le confinement commandé par son ministère à Harris Interactive et publié mardi soir.

Il montre une nette extension du télétravail : 45 % des salariés affirment avoir travaillé à domicile entre le 4 et le 8 novembre, jours sur lesquels portait l’enquête, et pendant en moyenne 3,7 jours contre 2,7 la semaine précédente. En outre, près d’un salarié sur quatre dit avoir télétravaillé à 100 %. Sachant que si 39 % des salariés affirment ne pas pouvoir télétravailler, 36 % affirment pouvoir le faire « facilement » et 25 % « avec difficultés ». Quant à la responsabilité des employeurs dans l’absence de télétravail, elle est pointée du doigt par 15 % des salariés en présentiel la semaine dernière. Ce qui fait dire à Elisabeth Borne qu’il reste encore « une marge de progrès ». Surtout un progrès en matière d’analyse de la réalité des conditions et de la nature du travail en France !

«Le passé colonial : non à une vision binaire»

 «Le passé colonial : non à une vision binaire»

 «La haine de l’Occident et la détestation de la France trouvent leur cohérence idéologique dans un va-et-vient constant avec le passé colonial : l’humiliation d’aujourd’hui trouverait son origine dans l’humiliation coloniale. C’est pourquoi il est nécessaire de déconstruire cette vision» estime dans l’opinion l’historien Pascal Blanchard.

Historien spécialiste du fait colonial, Pascal Blanchard a cosigné avec David Korn-Brzoza le documentaire « Décolonisations. Du sang et des larmes », diffusé sur France 2. Auteur de nombreux films et ouvrages, il a récemment publié avec Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel Décolonisations françaises. La chute d’un Empire (Editions de la Martinière, 2020), avec la participation de l’historien Benjamin Stora et du politologue Achille Mbembe.​

Après plusieurs attentats islamistes, des partis politiques et des universitaires sont accusés d’avoir attisé les rancœurs liées au passé colonial. Pourquoi la France se fracture-t-elle encore sur cette question ?

L’histoire coloniale est le dernier grand « tabou » du récit français et fait toujours débat. Deux thèses s’affrontent autour de cette « mémoire traumatique ». Pour les uns, parler de ce passé complexe et douloureux concourt à radicaliser les esprits et à nourrir une haine de la France, donc à armer les « ennemis de la République ». Ils dénoncent une « repentance », trop de « complaisance », un « discours victimaire », et préfèrent ne pas faire de vagues à un moment où la société est fracturée. Leur position est claire : il faut conserver une version angélique de ce passé et en être « fier », ou du moins être peu critique avec cette histoire, voire en parler le moins possible. Pour les autres, au contraire, plus la République sera volontariste sur son histoire, plus elle sera solide et privera les radicaux des deux bords — nostalgiques et indigénistes — d’armes dirigées contre elle. Qui a raison ? A mes yeux, la République doit être exemplaire et regarder ce passé en face, sinon elle continuera à donner le sentiment qu’elle n’a pas tourné la page coloniale et qu’elle méprise une partie de ceux qui, devenus Français, sont issus des migrations postcoloniales. C’est d’ailleurs ce que vient de rappeler le président de la République dans son interview sur Al-Jazeera le week-end dernier, en affirmant qu’il fallait regarder « en face » la colonisation et « aller au bout de ce travail de réconciliation par l’histoire, la vérité.»

Pourtant, le Premier ministre Jean Castex a expliqué sur TF1 la montée de l’islam radical par le retour sur un passé qui divise la nation : « Nous devrions nous autoflageller, regretter la colonisation, je ne sais quoi encore… nous devons être fiers de nos racines, de notre identité »…

Nous devons refuser de réduire le débat sur le passé colonial à une vision binaire du monde. L’extrême droite et une grande partie de la droite sont rejointes par des illuminés qui veulent réduire la lecture de ce passé à une autoflagellation. C’est une totale caricature, qui donne le sentiment d’une nouvelle croisade à engager autour du passé colonial. Face à eux, émerge un discours tout aussi caricatural avec des radicaux identitaires qui refusent désormais que l’histoire coloniale soit écrite par des « Blancs », qui prétendent que la France ne serait que l’héritière de l’idéologie coloniale et que nous serions éternellement « coupables ». Il faut au contraire analyser pleinement le mouvement en marche et, dans ce carcan, le Premier ministre — bien loin du discours d’Emmanuel Macron lors de la campagne de 2017 et de ce qu’il a déclaré ce week-end — est piégé, avec en toile de fond, l’omniprésence du terrorisme. Une majorité de Français veut aujourd’hui sortir de ces guerres de mémoire sans fin. Si la colonisation est dans nos « racines » et « notre identité », les droits de l’homme le sont tout autant, comme les engagements d’un Aimé Césaire, aujourd’hui au Panthéon, d’un Michel Rocard, auteur d’un rapport sur les camps d’internement en février 1959 en Algérie, ou d’un Pierre Mendès France avec son discours de Carthage au moment des décolonisations. Il est indispensable de sortir des pièges du passé pour mieux intégrer à la nation tous les récits, toutes les mémoires, et pour éviter qu’elles ne se transforment en rancœurs. C’est le refus de voir et comprendre qui fabriquent du ressentiment, pas l’inverse.

Comment la radicalité islamiste joue-t-elle de cette histoire ?

Les islamistes truffent leur logorrhée de références à la colonisation. Daech a joué de ce terreau, comme d’autres groupes terroristes, pour « recruter » des jeunes dans des pays francophones en Europe, au Levant et au Maghreb. Une grande partie de sa propagande traite du passé colonial et le porte-parole de l’Etat islamique, Abou Mouhammad al-Adnani, a fait référence lors de l’instauration du califat, en juin 2014, à la fin de la situation coloniale issue de l’accord Sykes-Picot de 1916, par lequel la France et la Grande-Bretagne se sont partagé l’influence au Moyen-Orient. Cet accord est décrit comme la « trahison de l’Occident » dans la région et l’exemple emblématique des héritages coloniaux. La haine de l’Occident et la détestation de la France trouvent leur cohérence idéologique dans un va-et-vient constant avec le passé colonial : l’humiliation d’aujourd’hui trouverait son origine dans l’humiliation coloniale. C’est pourquoi il est nécessaire de déconstruire cette vision et d’enseigner les faits historiques, en s’appuyant notamment sur les travaux des universitaires et des chercheurs, en engageant un travail en profondeur sur l’amnésie coloniale pour contrer les discours de haine.

La troisième génération des immigrations postcoloniales est globalement intégrée, et c’est parce qu’elle est intégrée qu’elle ne veut plus négocier avec le passé colonial et avec la citoyenneté dans le présent

Votre film Décolonisations a été accusé, dans Le Figaro, de fabriquer une « vision culpabilisatrice de notre passé colonial », qui irait jusqu’à favoriser le terrorisme…

La plupart de ces critiques sont purement idéologiques et manichéennes (nous nous en expliquons longuement dans un article publié par Politis), même si le débat doit toujours exister et que la critique est normale dans un espace démocratique. Ce film diffusé sur France 2 a une valeur pédagogique et historique. Nous sommes face à des faits, pas des chimères. Il aborde le FLN, les harkis, la violence des attentats, le traitement des prisonniers français par le Viêt-Minh, les dictatures mises en place avec l’aide de la France en Afrique subsaharienne. Il nous est reproché d’avoir donné la parole à tous, aux anciens colons, aux militaires français, aux militants du Viêt-Minh ou du FLN, dont cette femme qui a posé une bombe dans un café. Mais comment faire de l’histoire si on n’écoute pas tous les récits ? Comment raconter, si on n’entend pas toutes les mémoires ? De l’autre côté du spectre idéologique, quelques radicaux récusent le film parce que les deux réalisateurs seraient des « Blancs ». Certains, des deux côtés du rivage, veulent que l’amnésie se prolonge éternellement. Ces guerres d’hier ne sont plus les nôtres, il est urgent de tourner la page, pour bâtir le présent et préparer l’avenir.

Comment la République peut-elle être plus offensive ?

Certains jeunes issus des immigrations postcoloniales disent : « On n’a pas de place dans l’histoire de France ». Il y a peu de héros de l’ancien empire (ou des actuels outre-mer) et des immigrations dans les manuels scolaires, encore moins dans l’imaginaire collectif, très peu dans nos rues et places. Il y a là un immense travail à faire, comme le suggérait le président de la République le 15 août 2019, en appelant les maires de France à baptiser les rues avec les noms de combattants issus des colonies ayant débarqué en Provence. Plutôt que de déboulonner les statues, il faut expliquer le passé et bâtir de nouvelles références dans l’espace public, d’autant que notre pays n’a toujours pas de musée d’histoire coloniale pour transmettre cette histoire. Il faut parler de ces figures méconnues qui font du récit national un récit commun, de l’aviateur vietnamien Do Huu Vi, du défenseur de Paris Camille Mortenol, du nageur juif d’Algérie Alfred Nakache, du marathonien Ahmed Boughéra El Ouafi ou du premier polytechnicien algérien Chérif Cadi. Ils ont toute leur place dans nos manuels scolaires et sur les plaques des rues. Pour se sentir partie prenante d’une histoire, il faut des images qui vous ressemblent, qui vous parlent, qui vous légitiment. C’est ainsi que l’on peut se dire : c’est mon pays, ma République, mes valeurs.

Faut-il être optimiste ?

Oui, je suis un éternel optimiste. La troisième génération des immigrations postcoloniales est globalement intégrée, et c’est parce qu’elle est intégrée qu’elle ne veut plus négocier avec le passé colonial et avec la citoyenneté dans le présent. La première génération était silencieuse en se disant que l’histoire allait être oubliée ; elle misait sur la réussite des enfants. La deuxième génération, celle de la Marche pour l’égalité en 1983, voulait entrer dans la République. Ce fut un échec. La troisième génération veut progresser dans la société et solder le passé. Ils n’ont plus le choix, ils doivent bâtir leur destin ici, et pour cela lutter contre les discriminations. Il faut les entendre, car c’est la meilleure réponse aux extrêmes des deux camps.

Livre : De Trump à Johnson, la mécanique

« Le devoir de mémoire: une obligation » ( Sarah El Haïry)

« Le devoir de mémoire: une obligation » ( Sarah El Haïry)

 

A l’occasion des cérémonies du 11 novembre, la secrétaire d’Etat auprès de Jean-Michel Blanquer rappelle dans l’Opinion à quel point cette date doit rester présente pour les nouvelles générations

 

Se souvenir, c’est regarder le passé dans les yeux pour construire toujours mieux notre présent. Regarder le chemin parcouru en l’assumant dans sa totalité pour vivre en nation apaisée. La mémoire se complète mais ne se transforme pas, elle n’est pas sélective, elle nous oblige et nous rappelle toujours l’importance de nos mots et de nos actions.

Le 11 novembre n’est pas juste un jour férié. Il est, évidemment, bien plus que cela ! C’est LE jour où l’on célèbre la paix et la triple entente entre la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Cet armistice a mis fin à la guerre la plus meurtrière du 20e siècle. Célébration d’un Etat retrouvé, d’un peuple qui s’est battu pour rester une nation, d’une France unie pour faire face. Pour faire bloc.

Pas moins de 30 000 monuments aux morts sont édifiés dans les villes et villages de France, sans compter le Soldat inconnu reposant sous l’arc de triomphe, honoré chaque année par le président de la République. Chacun d’entre nous passe plusieurs fois par an devant ce patrimoine historique français pour ne pas oublier. Jamais.

Le 11 novembre tout comme le 8 mai prennent leur sens dans le devoir de mémoire pour tous les citoyens français et en particulier pour notre jeunesse. Nous devons à l’engagement de ces hommes et ces femmes notre liberté.

Intérêt général. Cette liberté est quotidienne, acquise plus qu’innée, nous oublions parfois qu’en 2020 elle n’est pas légion dans tous les pays du monde. La République permet l’exercice de nos libertés, elle en pose le cadre pour que chacun puisse, dans le cadre de la loi, émettre son opinion, débattre. Cette liberté, c’est notre garantie le vivre ensemble et de voir nos choix individuels respectés. La liberté est exigeante, car elle permet la fraternité. La liberté permet, donc, l’engagement.

L’engagement en 1918 se traduisait par le fait de défendre son pays. En 2020, l’enjeu de l’engagement est d’œuvrer pour le vivre ensemble. Qu’il soit associatif, qu’il soit dans le choix d’une carrière au service de l’Etat, pour notre jeunesse au travers d’un service civique ou la réalisation de son Service National Universel (SNU), l’engagement de 2020 poursuit le même but que celui de 1918, celui de faire battre le cœur de la nation, celui d’un engagement individuel au service de l’intérêt général, avec la nécessaire défense d’un idéal bien plus grand que soi !

«Le devoir de mémoire ou la mémoire du devoir permettent de construire la France et notre vivre ensemble »

Ce vécu partagé, cette histoire de France, glorieuse comme moins glorieuse, doit aujourd’hui résonner davantage encore pour nos jeunes. C’est à nous, politiques, historiens, éducateurs, parents, professeurs, journalistes, de transmettre l’amour de notre mémoire et de défendre son importance. Comprendre d’où l’on vient pour savoir où l’on va est impératif pour la construction de nos jeunesses. Cette construction doit passer par le dialogue, par le partage de visions, par l’explication, par la connaissance, par l’acceptation du débat contradictoire, pour toujours mieux expliquer et trouver ce qui nous rassemble.

Parce que nous devons donner des repères et que chacun se doit de les respecter, parce que nous devons célébrer ensemble et que chacun est libre de s’y associer, parce qu’en raison de la crise sanitaire, les cérémonies ne seront cette année pas publiques, il nous faut redoubler d’efforts pour rappeler l’importance de la mémoire, l’importance des souvenirs Français. L’Histoire est faite pour être racontée à la jeunesse.

Le devoir de mémoire ou la mémoire du devoir permettent de construire la France et notre vivre ensemble. Ce que nous écrivons aujourd’hui est l’Histoire de demain, à chacun d’y participer par son engagement. La mémoire est notre récit national. A chacun de le faire vivre pour que notre jeunesse, demain, ait les outils pour défendre cheville au corps nos valeurs cardinales sans compromis : Liberté, Egalité, Fraternité.

Sarah El Haïry est secrétaire d’Etat en charge de la Jeunesse et de l’engagement

Constitution Hongrie : «la mère est une femme, le père est un homme»

Constitution Hongrie : «la mère est une femme, le père est un homme» 

 

Là Hongrie prévoit d’amender sa constitution en indiquant concernant la question du genre : «la mère est une femme, le père est un homme» et définir le sexe comme étant uniquement celui de la naissance. «La Hongrie protège le droit des enfants à s’identifier en fonction de leur sexe», est-il écrit dans le projet de texte envoyé au parlement par la ministre de la justice Judit Varga. «L’éducation est assurée conformément aux valeurs fondées sur l’identité constitutionnelle de la Hongrie et la culture chrétienne», peut-on également lire.

Depuis le mois de mai, il est déjà légalement interdit d’inscrire un changement de sexe à l’état civil dans ce pays d’Europe centrale, membre de l’Union européenne (UE), dont le premier ministre Viktor Orban, au pouvoir depuis dix ans sans interruption, promeut «l’illibéralisme». Ce nouveau projet de modification de la constitution intervient alors que Budapest s’oppose à un projet de mécanisme conditionnant le versement des fonds européens notamment au respect de la charte européenne des droits fondamentaux, qui garanti entre autres les droits des minorités sexuelles et de genre.

« ANNULER NOËL ET LE PREMIER DE L’AN » POUR ÉVITER UNE « 3ÈME VAGUE »

« ANNULER NOËL ET LE PREMIER DE L’AN » POUR ÉVITER UNE « 3ÈME VAGUE »

Interrogé sur BFMTV ce lundi soir,  Julien Lenglet, hématologue  estime qu’il faut « annuler Noël et la Saint-Sylvestre sans hésiter ». Cela pour éviter une troisième vague du Corona virus dans le pays

« Moi, si je devais avoir un avis purement scientifique et rationnel, je dirais d’annuler Noël et la Saint-Sylvestre sans hésiter », déclare l’hématologue francilien.

Il explique pour justifier son propos qu’avec les fêtes de fin d’année et leur lot de réunions familiales, on pourrait « potentiellement » faire face à « un cluster national géant intergénérationnel qui (pourrait être) à l’origine d’une potentielle troisième vague, sans ambiguïté ».

Il reconnaît toutefois que dans le cas d’une telle décision prise au niveau nationale, il n’est « pas sûr que la discipline collective soit au rendez-vous et que les Français acceptent de se passer de ces festivités. Pour le gouvernement le risque est aussi politique à savoir mécontenter encore un peu plus les réticents aux mesures restrictives de mobilité et de dimension sociale.

Trump vire le chef du Pentagone

Trump vire le chef du Pentagone

 

Trump, Mécontent que le ministre de la défense ait  refuser de déployer l’armée lors de récentes manifestations antiracistes, vient de le virer. Un geste d’humeur irrationnelle de la part d’un président qui n’a plus que quelques mois devant lui et devrait se limiter sauf événement exceptionnel très grave–à la gestion des affaires courantes. La preuve en tout cas que la transition entre Joe Biden et Trump ne sera pas un fleuve très tranquille Le président américain Donald Trump a annoncé lundi 9 novembre le limogeage largement attendu de son ministre de la Défense Mark Esper, qui sera remplacé par le directeur du centre national de contre-terrorisme, Christopher Miller.

 » Mark Esper est limogé. Je le remercie pour son service », a tweeté sans cérémonie le président américain, deux jours après l’annonce par les médias de sa défaite face à Joe Biden lors de la présidentielle américaine.

« Le reconfinement des droits » ?

« Le reconfinement des droits » ?

 

Si le droit du confinement porte gravement préjudice aux libertés fondamentales, il le fait pour le bien du recul de l’épidémie de Covid-19 et la conservation des droits des plus vulnérables, estime, dans une tribune au « Monde », le juriste Olivier Cayla.

Tribune.

 

On se souvient de la raideur du premier confinement : le 16 mars, en vue de juguler l’épidémie de covid-19 qui menaçait d’engorger le système hospitalier du pays et donc d’anéantir la garantie de la santé publique, le président de la République fit part à ses 67 millions de concitoyens de sa décision de les séquestrer.

Aussitôt, le premier ministre mit cette décision en musique juridique par deux décrets interdisant d’abord « le déplacement de toute personne hors de son domicile » – sauf ceux nécessités par des raisons professionnelles, médicales, alimentaires, familiales ou motivés par le besoin de promenade (la sienne propre, voire celle du chien) – et frappant ensuite d’une amende salée tout contrevenant à cette interdiction.

Etonnamment, les Français assujettis à cette emprise étatique sur leurs corps ont validé, par une obéissance massive, cette prescription unilatérale de leur jeune chef et ont implicitement consenti à leur propre rétention. Aucun bracelet électronique n’a été requis pour assurer le succès de cette assignation à résidence et chacun s’est mis, docilement, à s’autodélivrer l’insolite « attestation de déplacement dérogatoire » qui conditionnait la légalité de son tour de pâté de maisons.

Grâce à cette discrète reconnaissance de la légitimité du confinement, le jupitérien commandement présidentiel a bel et bien accouché de normativité juridique. Le remède du confinement, qui a sans doute fait reculer l’épidémie plus sûrement que n’a su le faire la médecine totalement désarmée, a donc été le remède du droit. Le confinement, cela a été le vaccin juridique. Aussi, sa stratégie oblique d’obtention du bien a-t-elle été celle de la lutte contre le mal par l’administration du mal, à triple titre.

D’abord, dans son principe, il se met au service, d’intérêt général, de la santé publique, par l’interruption de la vie sociale. La « défense de la société » s’opère ainsi paradoxalement par le retour obligatoire à l’état de nature de chacun, devenu régressif Robinson coffré dans son île. Car, en cas de contagion, l’enfer c’est bel et bien les autres et la méfiance, voire la défiance à leur égard est de mise.

D’où les blessures psychologiques qui s’ensuivent, chacun devant arbitrer entre son appétit de socialité par le travail en présentiel, par le rassemblement festif au bord du canal, par l’urbanité de l’apéro avec les voisins, par la communion avec le club dans les tribunes du stade, et le renoncement à ses passions sociales par la considération de ce que le droit, au nom de la raison, lui commande : l’isolement.

 

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