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Caroline De Haas: quand le féminisme devient un business

Caroline De Haas: quand le féminisme devient un business

Caroline De Haas,  l’une des grandes prêtresses du féminisme très radical n’en oublie pas pour autant les contingences du bifteck. Ainsi tout en continuant à divulguer la cancel culture et autre Woke, elle développe parallèlement une activité marchande fondée justement sur sa lutte féministe .

 

Un conflit d’intérêts qui ne semble pas gêner une activiste aux méthodes de «cancel culture» qui adopte les slogans de l’intersectionnalité. C’est sans doute ce qui caractérise les courants de pensée éphémères. C’est déjà ainsi que les gauchistes les plus radicaux de 68 voire plus tard sont devenus ensuite les capitalistes les plus plus efficaces ( où les politiques les plus molassons). Le gauchisme mène décidément à tout mais à condition d’en sortir. C’est un peu comme si un syndicaliste utilisait  image médiatique pour monter parallèlement à ses activités syndicales un business de conseil juridique destiné aux salariés voire aux employeurs.

Pour tuer la gauche définitivement : le retour de Montebourg !

Pour tuer la gauche définitivement : le retour de  Montebourg !

Il est clair que pour espérer un jour une éventuelle renaissance d’un parti socialiste, il faut tuer ce qui reste du parti existant. Finalement la renaissance de l’histoire quand l’actuel parti socialiste avait tué la vieille SFIO compromise et usée.

 

Pourtant certains s’accrochent à l’idée qu’on pourrait encore relancer la marque de Solférino. Siège vendus suite à une faillite financière qui démontre la capacité de gestion de l’organisation. Après le siège,  c’est la marque elle-même qui pourrait être bradée pour partie à certains gauchistes, pour partie à certains opportunistes du centre ou de droite.

 

Ce n’est en tout cas pas Montebourg , l’archétype du socialo  bobo qui peut donner l’illusion d’une possible résurgence d’un parti qui n’en finit pas de mourir. L’intéressé appelle à l’union comme on pourrait être amené à solliciter l’oignon pour faire la soupe mais sans trop s’inquiéter du contenu douteux du breuvage. Car il s’agit bien de soupe quand on sollicite l’union sans véritablement la moindre convergence des projets voire même sans projet.

Un texte stratégique contre la Chine approuvé par le Sénat américain

Un texte stratégique contre la Chine approuvé par le Sénat américain

le Sénat américain a adopté un texte stratégique pour s’opposer à l’invasion chinoise dans l’économie américaine. Il s’agit de s’opposer à l’invasion à l’influence chinoise dans les champs de la science et des nouvelles technologies.

Ce projet «offre l’opportunité aux États-Unis de porter un coup, de répondre à la concurrence déloyale que nous voyons de la part du parti communiste chinois», a déclaré le républicain Roger Wicker, numéro deux de la commission du Commerce où a été négocié le texte. Pékin est accusé régulièrement par Washington d’espionnage industriel et de menaces sur la sécurité nationale.

Concrètement, le plan prévoit 52 milliards de dollars sur cinq ans pour encourager la fabrication de puces et de semi-conducteurs aux États-Unis.. Le plan américain destine en outre 120 milliards de dollars à une agence gouvernementale, la National Science Foundation, pour qu’elle encourage la recherche dans différents domaines jugés clés, comme l’intelligence artificielle. Elle inclut également une enveloppe de 1,5 milliard de dollars pour le développement de la 5G, l’un des principaux sujets de tension entre la Chine et les États-Unis.

Le mythe des voitures autonomes

Le mythe des voitures autonomes

 

Les experts ne savent pas quand, si toutefois cela arrive un jour, nous aurons des véhicules véritablement autonomes, capables de se déplacer partout sans aide. Avant cela, l’IA devra déjà commencer par devenir… beaucoup plus intelligente

 

Un article dans le Wall Street Journal de Christopher Mims

 

 

En 2015, Elon Musk avait annoncé que les véhicules autonomes pouvant rouler « n’importe où » seraient disponibles d’ici deux ou trois ans.

En 2016, le directeur général de Lyft, John Zimmer, avait prédit qu’elles allaient « pratiquement mettre fin » à la possession de voiture particulière d’ici à 2025.

En 2018, le CEO de Waymo, John Krafcik, avait prévenu que la mise au point des robocars autonomes prendrait finalement plus de temps que prévu.

En 2021, certains experts ne savent pas quand, si cela se produit un jour, les particuliers pourront acheter des voitures sans volant se conduisant toutes seules.

Contrairement aux investisseurs et aux dirigeants d’entreprise, les universitaires qui étudient l’intelligence artificielle, l’ingénierie des systèmes et les technologies autonomes soulignent depuis longtemps que la conception d’une automobile entièrement autonome prendrait de nombreuses années, voire des décennies. Aujourd’hui, certains vont même plus loin et affirment que, malgré des investissements qui dépassent déjà les 80 milliards de dollars, nous ne disposerons peut-être jamais des voitures autonomes promises. Du moins, pas sans avancées majeures dans le domaine de l’intelligence artificielle, que personne ne prévoit de sitôt, ni sans un réaménagement intégral de nos villes.

Même les plus fervents promoteurs de cette technologie — en 2019, M. Musk était revenu sur ses prévisions précédentes et déclarait que les robots-taxis autonomes Tesla feraient leur apparition en 2020 — commencent à admettre publiquement que les experts qui se montrent sceptiques ont peut-être raison.

Dans les véhicules que vous pouvez aujourd’hui acheter, la conduite autonome n’a pas réussi à se matérialiser autrement que par un régulateur de vitesse amélioré, comme le Super Cruise de GM ou l’Autopilot de Tesla, au nom très optimiste

« Une grande partie de l’IA appliquée au monde réel doit être pensée pour permettre une conduite autonome totale, généralisée et sans assistance puisse fonctionner », a récemment tweeté M. Musk lui-même. Autrement dit, pour qu’une voiture puisse conduire comme un être humain, les chercheurs doivent créer une IA à sa hauteur. Les chercheurs et les universitaires spécialisés dans ce domaine vous diront que nous n’avons pas la moindre idée de la manière d’y parvenir. M. Musk, en revanche, semble être convaincu que c’est exactement ce que Tesla va réussir. Il ne cesse de vanter les mérites de la prochaine génération de la technologie « Full Self Driving » de l’entreprise, actuellement en phase de test bêta — qui n’est en réalité qu’un système d’aide à la conduite au nom trompeur.

Un article récemment publié, intitulé Why AI is Harder Than We Think, résume fort bien la situation. Melanie Mitchell, informaticienne et enseignante en systèmes complexes à l’Institut Santa Fe, y note qu’à mesure que s’éloigne l’horizon de la commercialisation des véhicules autonomes, les acteurs du secteur redéfinissent le terme. Comme ces véhicules nécessitent des zones test géographiquement limitées et des conditions météorologiques idéales — sans évoquer les conducteurs à bord pour assurer la sécurité ou, au moins, des contrôleurs à distance — les constructeurs et les partisans de ces véhicules ont intégré toutes ces restrictions dans leur définition de l’autonomie.

Même avec tous ces astérisques, écrit la docteure Mitchell, « aucune de leurs prédictions ne s’est réalisée ».

Dans les véhicules que vous pouvez aujourd’hui acheter, la conduite autonome n’a pas réussi à se matérialiser autrement que par un régulateur de vitesse amélioré, comme le Super Cruise de GM ou l’Autopilot de Tesla, au nom très optimiste. A San Francisco, Cruise, filiale de GM, teste des véhicules autonomes sans conducteur au volant, mais avec un humain qui surveille les performances du véhicule depuis le siège arrière. Par ailleurs, il n’existe pour l’heure qu’un seul service commercial de robot-taxi fonctionnant aux Etats-Unis sans conducteur humain. L’opération, conduite par Waymo, une filiale d’Alphabet, se limite à des zones à faible densité de la métropole de Phoenix.

Même dans ces conditions, les véhicules de Waymo se sont retrouvés impliqués dans des accidents mineurs au cours desquels ils ont été percutés par-derrière. Leur comportement déroutant (pour les humains) a été cité comme une cause possible de ces accidents. Récemment, l’un d’eux a été perturbé par des cônes de signalisation sur un chantier.

« Je ne suis pas convaincu que nous soyons davantage percutés ou accrochés par l’arrière qu’un véhicule conduit par un humain », assure Nathaniel Fairfield, ingénieur logiciel et responsable de l’équipe « comportement » chez Waymo. Les véhicules autonomes de l’entreprise ont été programmés pour être prudents — « à l’inverse du jeune conducteur classique », insiste-t-il.

Chris Urmson dirige la start-up de véhicules autonomes Aurora, qui a récemment acquis la division de conduite autonome d’Uber — qui a également investi 400 millions de dollars dans Aurora. « Nous verrons des véhicules à conduite autonome sur la route faire des choses utiles dans les deux prochaines années, mais il faudra du temps pour qu’ils se généralisent », admet-il.

Des décennies d’avancées dans la partie de l’intelligence artificielle appelée apprentissage automatique n’ont débouché que sur les formes très rudimentaires d’« intelligence »

La caractéristique essentielle du déploiement initial que réalisera Aurora sera de ne faire rouler ces véhicules que sur des autoroutes dont l’entreprise aura développé des carte 3D haute résolution, précise M. Urmson. L’objectif final de l’entreprise est de faire en sorte que les camions et les voitures utilisant ses systèmes se déplacent au-delà des autoroutes sur lesquelles ils seront d’abord lancés. M. Urmson refuse toutefois de dire quand cela pourrait avoir lieu.

Le lent déploiement de véhicules « autonomes » aux capacités limitées et constamment surveillés par l’homme était prévisible, et même annoncé il y a des années. Mais certains PDG et ingénieurs ont soutenu que de nouvelles fonctionnalités de conduite autonome naîtraient si ces systèmes étaient simplement en mesure de consigner assez de kilomètres sur les routes. Aujourd’hui, certains considèrent que toutes les données d’essai au monde ne peuvent pas compenser les lacunes fondamentales de l’IA.

Des décennies d’avancées dans la partie de l’intelligence artificielle appelée apprentissage automatique n’ont débouché que sur les formes très rudimentaires d’« intelligence », rappelle Mary Cummings, professeure d’informatique et directrice du Humans and Autonomy Lab à l’université Duke, qui conseille le département de la Défense en matière d’IA.

Pour évaluer les systèmes d’apprentissage automatique actuels, elle a mis au point une échelle classant l’IA selon quatre niveaux de sophistication. Selon cette approche ascendante, le premier niveau repose sur l’application d’une base de données descriptive. Les IA d’aujourd’hui sont assez développées pour apprendre, par exemple, à rester dans des files sur une autoroute. L’étape suivante est l’apprentissage et le raisonnement intégrant des règles (par exemple, ce qu’il faut faire à un panneau stop). Ensuite, il y a le raisonnement basé sur la connaissance (un panneau stop est-il toujours reconnu comme tel si une branche d’arbre le couvre de moitié ?). Au sommet, on trouve le raisonnement expert : la compétence spécifique aux humains qui consiste à pouvoir être plongé dans un environnement totalement nouveau et à utiliser nos connaissances, notre expérience et nos compétences pour nous en sortir sans dommage.

Les problèmes des voitures sans conducteur se manifestent réellement à partir du troisième niveau. Selon Mme Cummings, les algorithmes actuels de deep learning, le nec plus ultra de l’apprentissage automatique, ne sont pas en mesure de fournir une représentation du monde basée sur la connaissance. Et les tentatives des ingénieurs humains pour combler cette lacune — comme la création de cartes ultra-détaillées pour compenser les failles des données des capteurs — ne sont pas mises à jour assez fréquemment pour guider un véhicule dans toutes les situations possibles, par exemple lorsqu’il se retrouve confronté à des travaux non cartographiés.

De plus en plus d’experts estiment que le chemin vers l’autonomie complète ne sera, en fin de compte, pas principalement basé sur l’IA

Les systèmes d’apprentissage automatique, qui sont excellents pour comparer des modèles, ne sont pas doués pour l’extrapolation, c’est-à-dire pour se servir de ce qu’ils ont appris dans un domaine afin de l’appliquer à un autre. Par exemple, ils peuvent identifier un bonhomme de neige sur le bord de la route comme étant un piéton potentiel, mais ne peuvent pas dire qu’il s’agit en fait d’un objet inanimé qui a très peu de chances de traverser la voie.

« Quand vous êtes un enfant en bas âge, on vous apprend qu’on peut se brûler avec une cuisinière », rappelle la docteure Cummings. Mais l’IA n’est pas très douée pour transposer ce qu’il sait d’une casserole à une autre, ajoute-t-elle. « Vous devez lui enseigner cela pour chaque ustensile qui existe. »

Des chercheurs du MIT tentent de combler cette lacune en revenant à l’essentiel. Ils ont lancé une vaste étude pour comprendre comment les bébés apprennent, en termes techniques, afin de retranscrire cela dans les futurs systèmes d’IA.

« Des milliards de dollars ont été dépensés dans le secteur de la conduite autonome, mais les résultats ne vont pas être à la hauteur de leurs attentes », prévient la docteure Cummings. Cela ne signifie pas que nous n’aurons pas un jour une sorte de voiture « autonome », dit-elle. Mais « ce ne sera pas ce que tout le monde a promis ».

En revanche, ajoute-t-elle, de petites navettes circulant à faible vitesse dans des zones bien cartographiées et équipées de capteurs, par exemple à télédétection par laser, pourraient permettre aux ingénieurs de limiter le degré de sécurité à un niveau acceptable pour les régulateurs et le public. (Imaginez, par exemple, des navettes à destination et en provenance d’un aéroport, circulant sur des voies spécialement aménagées).

M. Fairfield, de Waymo, affirme que son équipe ne voit pas d’obstacles technologiques fondamentaux à la généralisation des services de robots-taxis autonomes comme ceux de son entreprise. « Si vous êtes trop conservateur et que vous ignorez la réalité, vous dites que cela va prendre trente ans — mais ce n’est tout simplement pas vrai », assure-t-il.

De plus en plus d’experts estiment que le chemin vers l’autonomie complète ne sera, en fin de compte, pas principalement basé sur l’IA. Les ingénieurs ont résolu nombre d’autres problèmes complexes — comme l’atterrissage de vaisseaux spatiaux sur Mars — en les divisant en petits morceaux, afin que de brillants esprits soient en mesure de concevoir des systèmes capables de gérer chaque étape. Raj Rajkumar, professeur d’ingénierie à l’université Carnegie Mellon, qui travaille depuis longtemps sur les voitures autonomes, est optimiste concernant cette approche. « Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais j’entrevois la lumière au bout du tunnel », dit-il.

C’est la principale stratégie adoptée par Waymo pour faire circuler ses navettes autonomes. « Nous ne pensons pas qu’il faille une IA complète pour résoudre le problème de la conduite », estime d’ailleurs M. Fairfield.

De son côté, M. Urmson, d’Aurora, explique que son entreprise combine l’IA avec d’autres technologies pour créer des systèmes capables d’appliquer des règles générales à des situations nouvelles, comme le ferait un humain.

Pour arriver à des véhicules autonomes conçus via des méthodes « traditionnelles », avec une « ingénierie des systèmes » éprouvée, il faudrait encore dépenser des sommes énormes pour équiper nos routes de transpondeurs et de capteurs afin de guider et corriger les voitures robots, explique Mme Mitchell. Et leur déploiement resterait limité à certaines zones et dans certaines conditions météorologiques, avec des téléopérateurs humains sur le qui-vive au cas où les choses tournent mal, ajoute-t-elle.

Cette version animatronique à la Disney de notre avenir en matière de conduite autonome serait à mille lieues de la création d’une intelligence artificielle susceptible d’être installée dans n’importe quel véhicule et de remplacer immédiatement un conducteur humain. Cela pourrait aboutir à des voitures plus sûres conduites par des humains, et des véhicules entièrement autonomes dans une poignée de zones soigneusement contrôlées. Mais ce ne serait pas la fin de la possession de voiture individuelle, qui n’est, elle, pas pour si tôt.

(Traduit à partir de la version originale par Grégoire Arnould)

Extraterritorialité du droit: le Royaume-Uni imite les États-Unis

Extraterritorialité du droit: le Royaume-Uni imite les États-Unis

 

Avec le Brexit, Londres s’est émancipé de la règle d’unanimité qui prévaut dans l’UE en matière de politique étrangèreet t peut désormais sanctionner les succursales européennes d’entreprises britanniques pour des faits qui seraient commis n’importe où dans le monde, analysent les deux avocats Olivier Attias et Manon Krouti  du cabinet August Debouzy (Dans l’Opinion)

 

 

L’adoption récente par le Royaume-Uni du Global anti-corruption sanctions regulations (le « règlement GAC », conçu pour cibler les personnes impliquées dans des affaires de corruption d’agent public) n’en demeure pas moins un nouveau témoignage hautement stratégique de la nouvelle réalité géopolitique suscitée par le Brexit.

En effet, l’adoption de ce régime de sanctions indépendamment de toute décision du conseil de sécurité des Nations Unies marque le franchissement d’une nouvelle étape dans l’arsenal juridique de lutte contre la corruption internationale, mais aussi une nouvelle étape dans l’indépendance diplomatique et juridique des Britanniques vis-à-vis de l’Union européenne.

Ce nouveau programme sanctionne d’une interdiction d’accès au territoire britannique et de mesures de rétorsion économiques, les individus et sociétés désignés par le département du Trésor britannique comme ayant été « impliqués » dans des affaires de corruption graves. Il est ainsi interdit à tout ressortissant ou à toute société britannique ainsi qu’à leurs succursales étrangères, sous peine de sanctions pénales, de fournir des services financiers aux personnes et entités faisant l’objet des sanctions et, plus largement, de réaliser toute opération impliquant des mouvements de fonds envers ou au profit de ces personnes, ou pouvant avoir un quelconque effet sur leurs ressources économiques, sauf à avoir préalablement obtenu une licence les y autorisant.

Parmi les 22 personnes d’ores et déjà désignées par le Royaume-Uni comme faisant l’objet de ces nouvelles sanctions, pour avoir pris part à des schémas corruptifs en Russie, en Amérique latine, au Soudan ou en Afrique du Sud, 13 font également l’objet de programmes de l’Office of foreign asset control (Ofac), le bureau de contrôle de l’application des sanctions économiques internationales du Trésor américain, dans le cadre des sanctions dites Magnitsky – en écho au système frauduleux russe mis en lumière par l’avocat du même nom.

Le programme adopté par le Royaume-Uni témoigne donc de son ambition de se rapprocher des Etats-Unis, considérés comme les acteurs principaux de la lutte contre la corruption et aficionados de la méthode des sanctions économiques internationales pour donner du poids à leur politique étrangère. De là à dire que les Britanniques chercheraient, par contraste, à souligner les difficultés des Vingt-Sept à construire une vraie puissance européenne, capable d’imposer ses normes au reste du monde, il n’y a qu’un pas…

Le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères britannique a d’ailleurs affirmé de façon non équivoque son désir d’agir de concert avec les Américains, ce dont ces derniers se sont rapidement félicités par la voix de leur secrétaire d’Etat au Trésor, Janet Yellen. Or, fait notable, aucune des personnes visées par les sanctions britanniques et américaines n’est désignée sur les listes de sanctions financières tenues par l’Union européenne.

De fait, pareil usage de la diplomatie coercitive unilatérale paraît presque relever de l’impossible au niveau européen. En application de la règle qui prévaut en matière de politique étrangère, ces mesures ne pourraient être adoptées qu’à l’unanimité des Etats membres. Cela tend à rendre l’exercice du Conseil particulièrement difficile, à l’image du veto-ultimatum imposé par Chypre l’automne dernier lors du vote des sanctions contre la Biélorussie, ou des difficultés récurrentes provoquées par la Hongrie s’agissant des relations de l’Union avec la Chine ou la Russie.

En actant son indépendance vis-à-vis de l’Union, le Royaume-Uni s’est émancipé de cette règle contraignante et peut désormais étendre son imperium de façon extraterritoriale – jusqu’à pouvoir potentiellement sanctionner les succursales européennes d’entreprises britanniques pour des faits qui seraient commis n’importe où dans le monde – démontrant ainsi qu’il n’a pas besoin de l’Europe pour avancer. Voire qu’il s’en sort mieux sans l’Europe pour avancer.

Olivier Attias (counsel, barreaux de Paris et New York) et Manon Krouti (barreau de Paris) sont avocats chez August Debouzy.

Crise de l’État : ne pas faire porter le chapeau aux préfets

Crise de l’État : ne pas faire porter le chapeau aux préfets

 

Pierre Allorant Professeur d’histoire du droit estime dans le Monde que supprimer les préfets revient à livrer en pâture à l’opinion ces généralistes de l’action publique et à lever un précieux garde-fou contre de possibles choix discrétionnaires. (Reste que les préfets n’ont pas non plus fait preuve d’une grande originalité et d’un grand dynamisme notamment en matière d’animation économique. Les préfets s’inscrivent davantage dans un profil administratif que dans celui d’un manager NDLR)

 

Après l’Ecole nationale d’administration (ENA), livrée en pâture à des « gilets jaunes » probablement indifférents, et la stigmatisation, par le président de la République, de la « protection à vie » de la nouvelle aristocratie des grands corps – avis d’expert –, voici venu le temps du sacrifice du corps préfectoral, cette incarnation de l’Etat dans les départements depuis 221 ans.

 

Les observateurs de la IVe République avaient relevé le contraste entre l’instabilité gouvernementale chronique et la constance des grands commis de l’Etat, pour estimer que la reconstruction et les bases des « trente glorieuses » avaient été posées par ces serviteurs de qualité. Aujourd’hui, en une sorte de roulette russe préprésidentielle, le président de la République, garant des institutions, semble vouloir jeter le bébé de la haute fonction publique avec l’eau du bain d’une démocratie fracassée par l’atomisation de la gauche et la perte de repères de la droite.

Souvent décriée, l’institution préfectorale reste indispensable à la diffusion égalitaire de la volonté gouvernementale sur le territoire national. Mais préfets et sous-préfets ont souffert, depuis deux siècles, d’un péché originel : leur filiation bonapartiste.

Nés de la volonté du Premier Consul, ils ont été régulièrement voués aux gémonies, tantôt de la droite ultra-monarchiste (en 1815), tantôt des républicains zélés, de la révolution de février 1848 à la Libération, en passant par le réquisitoire libéral du jeune Jules Ferry. Ce dernier, en soutenant, en 1865, le « Manifeste de Nancy » [programme pour la décentralisation écrit par dix-neuf notables lorrains contestant l’autorité des préfets sur les communes], considérait l’autorité préfectorale comme « issue en droite ligne des Césars de la décadence ».

 

De nombreuses propositions de loi, sous la IIIe République, ont attaqué, sous l’angle budgétaire, les sous-préfets, jugés trop nombreux et peu affairés ; le seul sacrifice mené à terme a conduit Raymond Poincaré à supprimer une centaine d’arrondissements en 1926, en pleine crise du franc.

Pourtant, très vite, à chaque changement constitutionnel, les nouveaux pouvoirs publics se sont contentés de renouveler les membres du corps préfectoral, indispensables généralistes de l’action publique, ou de les rebaptiser « commissaires » en préservant l’institution, si utile pour administrer l’Hexagone et appliquer uniformément lois et actes réglementaires : d’où le pragmatisme de Louis XVIII lors des deux Restaurations, les commissaires de la République choisis par George Sand et Ledru-Rollin en 1848, ou encore les commissaires de la République du gouvernement provisoire du général de Gaulle sélectionnés par le jeune Michel Debré en 1944.

Japon: croissance dans le rouge au premier trimestre

Japon: croissance dans le rouge au premier trimestre

comme en Europe, les chiffres économiques ne sont pas très réjouissant pour le premier trimestre même si on s’attend un redressement à partir d’avril mai. Le Produit intérieur brut (PIB) du Japon a en effet baissé légèrement moins qu’initialement estimé au premier trimestre, selon des chiffres révisés publiés mardi 8 juin, qui témoignent néanmoins du fort impact économique de la recrudescence du coronavirus dans l’archipel.

Le PIB de la troisième économie mondiale s’est ainsi replié de 1% sur la période janvier-mars par rapport au trimestre précédent, contre une estimation précédente publiée mi-mai de -1,3%. Les économistes du consensus Bloomberg s’attendaient à un recul de 1,2%, après une forte reprise au second semestre 2020.

Covid France : toujours le reflux-

Covid France : toujours le reflux-

 

2472 patients sont actuellement en soins critiques, dont 97 arrivés depuis la veille. 14.323 malades sont toujours hospitalisés, un nombre en baisse constante depuis plusieurs semaines. Dimanche, l’organisme en dénombrait 14.525.

Depuis le début de la campagne de vaccination en France, 28.271.153 personnes ont reçu au moins une injection (soit 42,2% de la population totale et 53,8% de la population majeure) et 12.517.222 personnes ont reçu deux injections (soit 18,7% de la population totale et 23,8% de la population majeure). 13.997.549 de personnes ont un schéma vaccinal complet.

Barkhane: Quitter le Mali…. et vite

Barkhane: Quitter le Mali…. et vite

Il est clair qu’il y a longtemps que la France ne contrôle plus rien dans les zones où elle lutte contre les terroristes. En outre, l’opinion locale manœuvrée par des puissances étrangères ( Union soviétique, Algérie, Turquie, Chine notamment) ne comprend pas cette longue présence française qui sur le plan économique social et politique n’a rien changé. 

La France s’est contentée en effet de faire un service de police alors qu’évidemment parallèlement il fallait construire économiquement et politiquement. En cause notamment l’incompétence chronique de nos représentants diplomatiques sur place davantage à l’aise dans les salons des capitales que dans les villages éloignés. L’inverse des islamistes qui eux remplacent les Etats dans presque deux tiers des pays concernés en particulier le Mali, le Niger et le Burkina Faso..

Même en France on ne comprend pas cette présence de la France au Mali d’autant que désormais les liens sont rompus avec les militaires maliens. Visiblement Macron ne comprend rien à l’Afrique. Certes l’Afrique a besoin de sécurité et de stabilité mais l’urgence première est celle du besoin social, économique et d’un minimum d’État.

 

 

Euro : l’équipe de France au-dessus de tout le monde (Platini)

Euro : l’équipe de France au-dessus de tout le monde (Platini)

 

Platini a sans doute raison de considérer que la France est largement favorite pour l’euro. En tout cas sur le papier car elle dispose  des meilleurs joueurs européens voir mondiaux. Reste qu’un match est un match et qu’on peut perdre contre n’importe quel adversaire y compris supposé plus faible.

Il faudra en effet se qualifier pour les phases finales et gagner ensuite jusqu’à la fin. En outre ,psychologiquement il n’est pas bon d’être favorites pour les équipes de France. D’abord parce que certains dans l’équipe commencent à avoir le melon, ensuite parce que cette fragilité psychologique est typique de la mentalité française dans tous les sports.

« Je pense que l’équipe de France n’est pas la ‘prétendue’ favorite, elle est favorite. L’équipe de France aujourd’hui est au-dessus de tout le monde, à la fois par ses individualités, et le nombre de joueurs qui peuvent jouer en équipe nationale. »

Elections législatives à Paris : le réflexe républicain… contre les insoumis

Elections législatives à Paris : le réflexe républicain… contre les insoumis

 

 

D’une certaine manière le réflexe a changé de camp dans la mesure où globalement les insoumis font désormais largement aussi peur que l’ancien Front National. Pour preuve, même les communistes n’ont pas voulu se rallier au parti néocommuniste des insoumis. Il est clair aujourd’hui que ce qui avait constitué un atout pour les insoumis à savoir la personnalité de Mélenchon constitue aujourd’hui un véritable handicap.

Ce dernier en effet n’est contrôlé par personne dans le parti d’où la multiplication les sorties de route. L’intéressé ne s’est jamais remis de sa défaite de 2017 et il constate sans doute qu’il risque de faire moitié moins en 2022.

Ce qui explique cette radicalisation classique des désorganisations qui se ratatinent. Le fameux réflexe républicain contre l’extrême droite est en train de voler en éclats. Et cela d’autant plus que les sondages démontrent qu’une partie des électeurs voterait pour le rassemblement national au deuxième tour. Une contradiction de plus pour les insoumis avec des néo révolutionnaires à la tête et beaucoup de populiste parmi les électeurs.

Bitcoin: la fortune pour le patron de Tesla, la ruine pour les petits boursicoteurs

Bitcoin: la fortune pour le patron de Tesla, la ruine pour les petits boursicoteurs

 

 

 

Un article du Monde qui démontre que si certains profitent des énormes mouvements de yo-yo des cryptomonnaies, d’autres les petits boursicoteurs connaissent la ruine.

 

Après des mois de hausse continue, le bitcoin a perdu 40 % de sa valeur, pour chuter à 30 000 dollars (24 660 euros) le mercredi 19 mai . e. Il y a six mois, je ne connaissais rien à son fonctionnement, son intérêt, son prix écrit une journaliste du monde. Entre-temps, j’ai acheté une centaine de cryptomonnaies différentes, consulté mes comptes jour et nuit, je me suis même offert une formation de trading pour devenir cryptomillionnaire écrit une journaliste du monde. Et il a suffi d’un tweet d’Elon Musk pour tout faire capoter.

En 2008, un mystérieux internaute qui se fait appeler Satoshi Nakamoto publie sur un forum un livre blanc décrivant le fonctionnement d’un nouveau système de paiement pair à pair qui permettrait de s’affranchir des « institutions financières sur lesquelles repose tout le commerce en ligne ». L’idée n’est pas totalement nouvelle. A la fin des années 1980, le mouvement des cypherpunks, une communauté d’anarchistes, ambitionne de mettre en place un système d’échanges informatiques anonymes et chiffrés afin de préserver la vie privée en ligne.Sur cette confusion entre la blochain  et les monnaies virtuelles se développent une vaste spéculation des bitcoins et autres.

 

Résulta,t le patron de tesla a réalisé lui de substantiels bénéfices après avoir investi presque 2 milliards dans le bitcois puis surtout après s’en être débarrassé en le critiquant. Les payeurs sont évidemment les petits boursicoteurs.

Le G7 Finances : minimum syndical de 15 % pour la fiscalité mondiale

Le G7 Finances : minimum syndical de 15 % pour la fiscalité mondiale

 

 

Cris de victoire pour les institutionnels , déceptions pour les autres qui jugent le taux de 15 % retenus pour la fiscalité mondiale sur les entreprises comme bien insuffisant. La vérité oblige à dire que les discussions étaient parties sur l’hypothèse d’un taux de 21 % mais qu’il a fallu en rabattre sérieusement pour obtenir un consensus sur le chiffre de 15 % en indiquant que ce sera un minimum. Sans doute aussi le plus souvent un maximum. «Nous sommes parvenus à un accord sur la taxation internationale du 21ème siècle», a salué Bruno Le Maire à l’issue de la réunion. Les membres du G7 finances ont  repris à leur compte les conclusions des travaux de l’OCDE.

 

Les membres du G7 se sont notamment mis d’accord sur le principe d’un «impôt minimum mondial sur les sociétés» pour les grandes entreprises, au taux fixé à «au moins 15%». Ce dernier est certes moins important que les 21% proposés par la Maison-Blanche il y a quelques semaines, mais il doit permettre d’établir des «règles du jeu plus équitables pour les entreprises britanniques» en luttant contre les paradis fiscaux, selon le chancelier de l’Échiquier britannique.

 

À juste titre certain considèrent qu’il s’agit d’un accord au rabais.. «Le taux retenu de 15% est tout simplement trop bas», considère l’organisation, Oxfam qui a dénoncé le «manque d’ambition» des Européens dans ce combat. Même constat pour Attac France, qui critique une «non-avancée historique» et une «occasion manquée». L’association défendait un taux bien plus élevé, établi à 25%. Bruno Le Maire souligne quant à lui que le taux de 15% n’est qu’un «point de départ» de futures négociations pour le revoir à la hausse. Un point de départ qui risque d’être pour longtemps un point d’arrivée sans parler des possibilités de contournement car l’ingénierie financière et fiscale ne connaît pas de limites.

En parallèle, la fiscalité pesant sur les plus grands groupes doit aussi être revue. «Nous nous engageons à parvenir à une solution équitable sur la répartition des droits d’imposition, les pays du marché se voyant attribuer des droits d’imposition sur au moins 20% des bénéfices dépassant une marge de 10% pour les entreprises multinationales les plus grandes et les plus rentables», lit-on dans le communiqué.  Un domaine très sensible du fait de la sophistication des procédures d’externalisation des bénéfices est au contraire de l’internalisation des charges dans les pays à forte fiscalité.

Le temps de l’assainissement financier n’est pas venu (Bruno Lemaire)

Le temps de l’assainissement financier n’est pas venu (Bruno Lemaire)

 

Bruno Lemaire, le ministre de l’économie, estime dans une interview au JDD que le temps de l’assainissement financier n’est pas encore venu. Au plus tôt la problématique ne reviendra pas avant le début 2022 c’est-à-dire avant la constatation d’une véritable reprise. En attendant le ministre de l’économie entend soutenir les entreprises dans la reconquête de leur développement. Le ministre de l’économie par ailleurs n’évacue pas les indispensables réformes structurelles comme celle des retraites qui sera sans doute renvoyée après les élections présidentielles d’après le président de la république lui-même.

Interview

 

Le déficit public est désormais attendu à 9,4% du PIB, la dette à 117,2%. Comment les diminuer?
Par la maîtrise des finances ­publiques! Dans les trois premières années de ce quinquennat, nous avons réduit le déficit - passé sous la barre des 3% pour la première fois en onze ans -, sorti la France de la procédure de déficit excessif et stabilisé la dette. La maîtrise des finances publiques est donc dans l’ADN de notre majorité et je veux en être le garant. Mais le temps de l’assainissement n’est pas encore venu. Se précipiter dans la consolidation budgétaire, ce serait refaire les erreurs de 2009 et briser la croissance. Avec les ministres de la zone euro, en accord avec la Banque centrale européenne, nous avons convenu que le soutien économique serait maintenu tant que nous ne serions pas revenus à la normale. Soit au plus tôt au début de 2022.

Comment y parvenir le moment venu?
Le moyen le plus efficace reste la croissance, qui passe par des investissements massifs, prévus dans France Relance. Il faudra aussi une vision à plus long terme de nos finances publiques, sur la base de décisions pluriannuelles. Puis poursuivre les réformes structurelles : la priorité, ce sont les retraites. Nos compatriotes ont parfaitement compris que l’avenir de notre système de répartition en dépendait. En 2025, nous stabiliserons puis nous commencerons à réduire la dette. En 2027, nous repasserons sous la barre des 3%.

Concernant la réforme des ­retraites, faudra-t-il repartir de zéro?
Le président de la République a été clair : la réforme des retraites ne peut pas être reprise en l’état. Ce qui n’exclut pas de tenir compte de la situation individuelle de ­chacun. Ce n’est pas la même chose de ­commencer sa vie professionnelle à 17 ou à 25 ans, sur un chantier ou dans un bureau. Nous devons concilier efficacité et justice.

D’où un système par points?
Ma responsabilité de ministre des Finances est de garantir que nous puissions équilibrer notre système de retraite par répartition.

 

Seulement huit ans et cinq ans de prison pour le meurtre d’un militant antifasciste !

Seulement huit ans et cinq ans de prison pour le meurtre d’un militant antifasciste !

La cour d’assises de l’Essonne a condamné vendredi en appel deux anciens skinheads à huit et cinq ans d’emprisonnement pour la mort du militant antifasciste Clément Méric, tué lors d’une rixe à Paris en 2013, des peines moins lourdes qu’en première instance.Conclusion avec les remises de peine, les coupables feront de leur de quatre à deux ans de prison pour un meurtre. Ne pas s’étonner dans ces conditions que le sentiment d’impunité participe de la montée de la violence dans le pays.

 

Esteban Morillo, 28 ans, et Samuel Dufour, 27 ans, tous deux vêtus d’une chemise, ont accueilli leur condamnation dans le calme. «Vous allez être reconduits à la maison d’arrêt», a indiqué le président de la cour d’assises Thierry Fusina, précisant que la feuille de motivation expliquant le choix de la cour sera communiquée lundi.

Sauver le corail

 

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Les coraux, dont la moitié a déjà disparu, sont menacés d’une extinction totale à l’échelle d’un siècle. Pour sauver ce patrimoine vivant, Fabrice Amedeo, skippeur du Vendée Globe, appelle dans une tribune au « Monde » chaque Français à faire un geste et les vacanciers à observer un comportement responsable.

 

Tribune. La reprise tant espérée du tourisme est une bonne nouvelle pour la France et ses territoires et départements d’outre-mer. Elle pourrait en être une mauvaise pour le corail, relativement épargné depuis un an, du fait du ralentissement des activités économiques et de loisirs. Pour que le monde d’après ne soit plus le monde d’avant, Il existe un geste simple, et hautement emblématique : agir pour le corail.

Cet animal des mers tellement méconnu, pris souvent à tort pour une plante, a fait rêver depuis des millénaires tous les voyageurs du monde. Symbole de protection, assimilé dans la mythologie au sang figé de la Gorgone, il paraît immortel alors qu’il est en danger. Les confinements ont été comme une accalmie dans une extinction hélas quasi inéluctable à l’horizon d’à peine un siècle si nous ne faisons rien.

 

La moitié de la population de coraux a déjà disparu depuis 1870. Sous les effets conjugués du réchauffement climatique, de la pollution, de l’urbanisation et du tourisme de masse, le corail commence par se dévitaliser, blanchir, comme un dernier chant du cygne avant de s’éteindre. Les coraux rapportés en souvenir par des voyageurs peu scrupuleux pourraient devenir tout ce qu’il reste d’un trésor fabuleux, non seulement par sa beauté fascinante mais surtout parce qu’il joue un rôle primordial dans les équilibres naturels.

Un quart de la vie marine dépend des récifs coralliens, plus de 100 000 espèces de poissons, mollusques et autres tortues ont besoin du corail pour vivre. Selon un état des lieux réalisé par le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) , l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), de nombreuses espèces de corail sont menacées (notamment à La Réunion, à Mayotte, dans les îles Eparses…), fragilisant tout un écosystème.

Le corail est aussi, on le sait moins, un agent protecteur de la vie humaine. Par son action mécanique d’abord, en formant un obstacle naturel aux tempêtes. Chimique ensuite, puisque les herbiers et mangroves associés aux écosystèmes coralliens stockent de grandes quantités de CO2, aidant ainsi à contrer les effets du réchauffement. Plus surprenant encore, les espèces coralliennes alimentent la recherche médicale en nouvelles pistes de traitements ou matériaux pour la reconstruction osseuse. Il y a tant à découvrir sur le corail !

 

Comme le montre une étude de l’Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor), environ 12 000 entreprises, 50 000 emplois et 175 000 familles d’outre-mer vivent des services rendus par ces écosystèmes. Il est temps de rendre au corail ce que nous lui devons. Quatrième pays au monde en surface de récifs coralliens, la France a un poste d’observation unique mais aussi une responsabilité exemplaire. Notre destin est lié à celui des mers, abritant 80 % de la biodiversité planétaire. Les barrières de corail sont les portes sacrées de cet immense patrimoine. Nous devons les défendre sur tous les océans !

Le financement de la dépendance

 

 

 

Françoise Forette, médecin, conseillère scientifique de l’International Longevity Center, plaide, dans une tribune au « Monde », pour la mise en place d’une cotisation dépendance obligatoire et universelle, d’un faible montant.

 

Tribune. L’annonce d’une cinquième branche autonomie de la Sécurité sociale est porteuse d’espoir, mais l’absence de financement substantiel et pérenne en fait une coquille vide. Aucune solution proposée n’est satisfaisante. L’augmentation de la CSG, couteau suisse de l’Etat, est toujours la première évoquée ; mais, impopulaire, elle n’identifie ni ne sanctuarise les fonds recueillis. Les autres sources (liquidation de patrimoine, viager classique ou amélioré…), déjà largement utilisées par les personnes âgées, sont insuffisantes pour couvrir les besoins. Les assurances privées proposent des solutions acceptables, mais non obligatoires et souscrites trop tard, elles offrent des prestations trop modestes en regard de cotisations élevées difficilement supportables. En outre, les exigences réglementaires de solvabilité face à ce « risque spécifique » et la rareté des données publiques poussent à une sélection médicale de patients moins atteints, en contradiction avec une mutualisation de l’aide à la dépendance. En revanche, leurs capacités d’innovation et leur expérience de la protection sociale complémentaire permettraient aux assurances privées de proposer une assurance et des services complémentaires.

 

Un socle public est donc indispensable pour donner à tous les moyens d’une vie digne et sereine malgré les injustices de l’âge qui frappent aveuglément certains d’entre nous. Seulement 8 % de la population de plus de 60 ans est dépendante (soit 2,6 % de la population en âge et position de cotiser). Ce profil démographique se prête bien à l’instauration de la cotisation indispensable à une nouvelle branche de la sécurité sociale : le rapport de 100 % de cotisants pour 2,6 % de bénéficiaires rend le système extraordinairement performant pour des cotisations minimes ; ce n’est en rien comparable avec les cotisations élevées de l’Assurance-maladie ou la retraite, dont bénéficient 100 % des cotisants.

Bénéfique pour les jeunes

L’International Longevity Centre France (ILC), association de recherche sur les politiques publiques face au vieillissement, a développé un modèle étayé par des économistes et des actuaires. Il s’agit d’une cotisation obligatoire, universelle, payée par tous, comparable aux cotisations maladie ou retraite. Plusieurs éléments la différencient de ces dernières : son faible montant (30 euros par mois, à moduler selon les revenus), l’absence de cotisation patronale pour ne pas peser sur l’emploi, et son caractère libératoire permettant à la personne d’accéder librement à toutes les innovations en matière d’habitat, de transports, de qualité de vie, de choix individuel dans l’offre publique ou privée – l’allocation personnalisée à l’autonomie (APA) établit un plan d’aide certes utile, mais ne couvre pas les besoins souvent divers des personnes et de leurs aidants.

CNews: L’information dans le caniveau

CNews: L’information dans le caniveau 

 

Stéphane Séjourné, député européen et président de la délégation française du groupe parlementaire Renew,   appelle à revoir l’arsenal réglementaire et législatif qui encadre l’audiovisuel français pour notamment décompter le temps de parole des éditorialistes les plus engagés en politique. Dans son viseur,  CNews . Un média de plus en plus racoleur, et populiste qui instrumentalise des faits réels pour entretenir les plus bas instincts démagogiques sans parler évidemment de la vulgarité des propos auxquels échappent cependant Zemmour lequel n’évite cependant pas le raccourci permanent néo nationaliste et anti-européen

L’Interview dans l’Opinion

Le numéro deux des Républicains, Guillaume Peltier a proposé la création d’une justice d’exception, sans droit d’appel, pour les personnes suspectées d’actes terroristes. N’est-ce qu’une idée de plus dans le débat politique ?

En cinq ans, Guillaume Peltier, le numéro 2 de LR, a défendu tout et n’importe quoi : le programme très libéral de François Fillon, l’augmentation de 20 % des salaires pendant la crise des Gilets jaunes et maintenant une idée qui s’inscrit dans une dynamique extrémiste. La droite ne sait plus où elle habite et frappe à toutes les portes. Ils se réclament du gaullisme social. Or, le gaullisme, c’est la défense de la Constitution et de nos institutions. Derrière cette proposition se cache un phénomène de surenchère médiatique, qui les pousse aux propos outranciers pour être audible.

Quel est ce « phénomène médiatique » ?

J’observe deux temps de mutation dans le traitement de l’information depuis l’émergence des chaînes d’information en continu. Le premier, c’est le diktat du direct. L’édition spéciale est devenue la règle et les programmes, l’exception. Ce phénomène a eu comme conséquence le recul du traitement de l’information brute, particulièrement pour les sujets internationaux. L’élection d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne a fait l’objet d’une brève de 15 secondes dans le JT de France 2. Le second phénomène touche à la place prise par les commentateurs et les « experts » sur les plateaux des chaînes d’info au détriment des responsables politiques. Ces derniers sont devenus des faire-valoir pour les éditorialistes. On assiste à un renversement des débats : le présentateur star invite des politiques pour mettre en valeur ses propres idées. C’est un basculement.

Quelle réponse voulez-vous y apporter ?

Soit nous souhaitons aller vers une « Foxisation » du paysage médiatique français et à ce moment-là, il faut supprimer toutes les règles qui encadrent l’audiovisuel pour permettre aux chaînes d’information d’éditorialiser leurs propos et de privilégier un parti politique plutôt qu’un autre, comme peut le faire un journal papier. Soit nous ne le voulons pas, c’est mon cas, et il faut alors préciser l’arsenal réglementaire et législatif pour aider l’audiovisuel à respecter la pluralité des opinions. Et donc, par exemple, compter dans le temps de parole des politiques les éditorialistes les plus engagés. Je pense notamment à Eric Zemmour. Il évolue aujourd’hui dans une zone grise. Sa parole politique n’est comptée nulle part. Ce renforcement des règles implique aussi d’accorder une plus grande part à l’actualité internationale et de garantir la pluralité des expressions par des heures d’audience et non des volumes de diffusion. Une chaîne ne peut pas diffuser des interviews de Yannick Jadot en pleine nuit uniquement pour respecter un quota.

Vous proposez qu’un éditorialiste du Figaro soit décompté sur le temps de parole de la droite et un de Libération sur celui de la gauche ?

Je ne dis pas du tout ça. Il y a toujours eu des éditorialistes. Cela fait partie de la culture française. C’est notre force et je ne la remets pas en cause. En revanche, l’hyper-éditorialisation des programmes pratiquée par des commentateurs ne doit pas aboutir à l’effacement des politiques. Le présentateur n’est pas là pour se mettre en valeur. Aujourd’hui, on se retrouve avec des bandes-annonces de programme où le présentateur est en vedette et le nom du responsable politique, en petits caractères. C’est Pascal Praud qui reçoit un élu ou un ministre, et non son émission qui est consacrée à cet invité. Les politiques vont devant les électeurs, leur parole les engage. Ils sont responsables des propos qu’ils tiennent. Alors qu’à l’inverse, les éditorialistes et les commentateurs, eux, ne sont pas élus et peuvent, en fonction de l’humeur du jour et de l’angle choisi, se permettre de dire tout et son contraire d’une émission à l’autre, sans que cela ne leur soit reproché. Il faut remédier à cette situation.

CNews est-elle pour vous devenue une tribune politique ?

Pas la chaîne dans son ensemble, mais certains programmes, oui. Ils participent à l’abaissement du débat politique français. Mais la responsabilité est partagée. Certains politiques, à travers leurs propos, contribuent à cet affaiblissement. D’autre part, je considère comme nécessaire pour le gouvernement de continuer à y aller pour confronter ses idées.

Parleriez-vous d’un problème CNews ?

CNews est entré dans une politisation à outrance. Les autres chaînes, engagées dans une course à l’audience, sont tentées de faire la même chose. Il faut traiter le sujet dans sa globalité. Regardez ce qu’il s’est passé en 2016 aux Etats-Unis. Une partie des chaînes d’info a surmédiatisé les anecdotes, les dysfonctionnements ou les polémiques liés à la campagne de Hillary Clinton en participant à une campagne de caniveau. Ce faisant, elles ont favorisé l’élection de Donald Trump.

Une chaîne peut-elle changer le cours de l’élection présidentielle française ?

Pas si on a un bilan solide et un projet sérieux ! Une seule chaîne ne peut pas décider de quoi que ce soit mais elle possède une influence certaine. Les audiences ont augmenté avec la crise de la Covid. Cela leur donne une responsabilité supplémentaire.

Voyez-vous derrière la ligne éditoriale de CNews, un projet politique ?

Il y a en tout cas une volonté de faire monter des sujets en particulier, de privilégier des thèmes plutôt que d’autres et ainsi de renforcer des thèses extrémistes. Ces dernières semaines ont été, sur ce plan, symptomatiques. Une juxtaposition de faits divers est devenue un fait de société alors qu’il y a dans le même temps d’autres sujets tout aussi importants de relance économique, de pouvoir d’achat, de compétitivité internationale de la France. Ce sont aussi ces sujets qui devraient nous intéresser parce qu’ils concernent nos emplois, notre portefeuille, la place de notre pays dans le monde.

Ces chaînes vont vous répondre que vous touchez à leur liberté éditoriale pour mettre en avant les sujets qui vous arrangent…

Je ne demande pas que l’on traite des sujets particuliers mais que l’on respecte la pluralité politique et que l’on organise le débat pour permettre aux Français de se faire une opinion.

Ce climat de radicalité et d’idées extrêmes modifie-t-il quelque chose à la fin du quinquennat ? Faut-il continuer à transformer le pays ou au contraire ne pas le brusquer ?

Le président de la République l’a clairement dit : il agira jusqu’au dernier quart d’heure. Nous sommes face à une urgence économique et sociale, qui nous oblige, dès l’été à faire de nouvelles propositions et de nouvelles réformes. Le contexte international l’impose. La Chine, les Etats-Unis et l’Allemagne ne vont pas attendre les élections françaises pour relancer leur économie. Nous continuerons d’agir sur des sujets importants pour nos concitoyens : la dépendance, la jeunesse, l’entraide et l’égalité des chances. On aura beaucoup à dire et à faire dans les prochaines semaines.

Age de la retraite : près de 63 ans dans le privé (et 1100 € en moyenne)

Age de la retraite : près de 63 ans dans le privé (et 1100 € en moyenne)

Selon Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), l’âge moyen de départ en retraite continue à augmenter: il était de 62,8 ans en 2020, contre 62,7 ans un an plus tôt. Mais un peu plus de 21 % des nouveaux retraités (soit 143.418) ont pu partir avant l’âge légal, dans le cadre du dispositif «carrière longue», qui permet aux salariés ayant commencé à travailler tôt de partir plus tôt. C’est un peu plus qu’en 2019 où ils étaient 142.777.

 

Le montant moyen de la pension de base est de 1.126 euros par mois, soit 1.252 euros pour les hommes et 997 euros pour les femmes. Pourtant nombreux d’institutions indique un salaire net moyen autour de 1400 €. Il s’agit évidemment d’un salaire théorique pour ce ayant une carrière complète. Or ce qui compte réellement c’est le niveau moyen réel versé. complète. En effet moins de la moitié (49 %) des retraités affichent une carrière complète au régime général.

Au total, la Cnav verse 14,7 millions de retraites personnelles et 2,8 millions de retraites de réversion sont en paiement. Parmi les retraités, 86 % ont une pension liée à une carrière salariée, 13 % à une carrière salariée et indépendante et seulement 1 % à une carrière uniquement indépendante. L’âge moyen du retraité du régime général augmente légèrement, à 74,5 ans, contre 74,4 ans en 2019. Presque 91 % d’entre eux résident en France métropolitaine, avec une prédilection pour l’Île-de-France (13 %), la région Rhône-Alpes (9 %) et le Sud-Est (8,2 %).

La littérature française encore inspirée par le Nouveau Roman

La littérature française encore inspirée  par le Nouveau Roman 

L’essayiste et critique,  Tiphaine Samoyault   évoque Dans le Monde la postérité et l’actualité du mouvement littéraire.

 

 

On doit à l’essayiste et critique littéraire Tiphaine Samoyault la biographie de Roland Barthes (Seuil, 2015), dont le parcours a accompagné le Nouveau Roman. Elle estime qu’on peut repérer plus de continuités que de ruptures entre ce courant et la littérature contemporaine.


Le Nouveau Roman est-il un « astre mort » ou exerce-t-il encore une influence sur la littérature actuelle ?

La littérature française demeure profondément travaillée par le Nouveau Roman. On lui reproche le soupçon qu’il a fait peser sur le genre du roman lui-même. Mais l’autofiction ou la littérature documentaire sont dans le droit-fil de ce soupçon. Cette méfiance ne lui était d’ailleurs pas propre, mais reprenait un héritage du surréalisme, de Breton, de Valéry ou de Proust… On pourrait imaginer que Nathalie Sarraute rompt en 1983 avec le Nouveau Roman quand elle écrit Enfanceun texte de souvenirs [Gallimard].

En réalité, elle adopte exactement les mêmes techniques narratives que dans ses autres livres en les rendant compatibles avec l’une des plus belles autobiographies écrites au XXe siècle. L’autofiction, l’introspection, le rapport à la mémoire restent donc inscrits dans le sillage du Nouveau Roman. La manière dont Claude Ollier cherche à déranger le français par les langues étrangères a, elle aussi, quelque chose de très actuel. Christine Angot continue à se réclamer de Duras et de Sarraute. Claude Simon, auteur énormément étudié, a un effet considérable auprès de nombreux écrivains, comme Laurent Mauvignier ou Pierre Bergounioux.

Certains écrivains contemporains se réfèrent peut-être à des œuvres, ou à des auteurs. Mais qu’en est-il de la théorie ?

Le Nouveau Roman a été identifié comme courant autour d’un certain nombre de manifestes et de règles, qui n’émanaient que d’une seule personne, Alain Robbe-Grillet, mais qui réunissaient ces auteurs autour du désir d’en finir avec un certain réalisme. Il s’est créé une sorte de label où l’on voit à l’œuvre une stratégie, au sens sociologique du terme. Cela a très bien fonctionné à une époque d’expansion capitalistique où il fallait faire marcher la littérature avec des labels. Mais ce n’est que la partie émergée d’une double tendance de la littérature française : soupçon sur le genre roman et expérimentation linguistique. Cela existe encore.

Trouvez-vous que « Nouveau Roman. Correspondance 1946-1999 » fait comprendre cette continuité ?

Un des grands mérites de l’ouvrage tient à ce qu’il fait remonter l’histoire du Nouveau Roman à 1946, à un moment de refondation. Il s’agit de reconstruire sur des ruines, après la Libération, quand l’humanisme a été tellement mis à mal que l’on questionne les notions de sujet et d’histoire. Une époque où la littérature occupait encore une place centrale dans la définition des valeurs communes.

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