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Fonctionnaires : retour aux 39 heures, le tollé !!

Fonctionnaires : retour aux 39 heures, le tollé !!

Avec sa proposition sur le temps de travail des fonctionnaires, Yves Jégo ne va pas se faire que des amis. Le président par intérim de l’UDI propose de revenir progressivement à 39 heures et d’augmenter les salaires. Une idée qui n’est pas du tout du goût de Brigitte Jumel, secrétaire générale de la CDFDT Fonction publique. « On est vraiment plus dans la provocation que dans la proposition de véritables solutions », s’agace-t-elle. « La situation des fonctionnaires ne justifie pas ce concours Lépine des mauvaises idées ». Selon elle, si les salaires augmentaient à nouveau, ce qui n’est pas prévu par Manuel Valls, il n’y aurait pas de compensation à apporter. « Il y a 5 ans que le point (d’indice) est gelé. Pour la CFDT, le dégel est sans contrepartie », dit-elle. Elle ajoute que « les conditions de travail des fonctionnaires se sont tellement dégradées ces dernières années que la réponse est plutôt en terme de meilleur adéquation des effectifs avec les besoins. »

 

Encore une affaire pour Hollande après le vidage de Morelle

Encore une affaire pour Hollande après le vidage de Morelle

Cette affaire « affaiblit François Hollande », a réagi après coup Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de l’aile gauche du PS. Elle « traduit la faillite (…) morale de cette présidence de la République » pour le député UMP Eric Ciotti.  Cette nouvelle affaire intervient au mauvais moment pour François Hollande, qui a choisi de renouveler quasi-intégralement le dispositif de sa majorité après la déroute de la gauche lors des élections municipales.  A l’Elysée, M. Morelle avait été épargné par cette grande lessiveuse qui a en revanche coûté sa place au secrétaire général, Pierre-René Lemas.  Le départ d’Aquilino Morelle met à mal la nouvelle organisation entre les deux têtes de l’exécutif souhaitée par le chef de l’Etat. M. Morelle devait assurer un lien plus étroit entre l’Elysée et Matignon, après le remplacement de Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls.  Un an après la démission du ministre du Budget Jérôme Cahuzac (19 mars 2013) pour détention de comptes bancaires à l’étranger, cette affaire sème de nouveau le trouble dans la majorité.   »Je me demande si on a appris de l’affaire Cahuzac », s’est lamentée Emmanuelle Cosse, la patronne d’EELV. « Quand on travaille à l’Igas, même si on respecte les règles, aller faire des ménages dans l’industrie pharmaceutique, c’est pas bien », a appuyé la secrétaire nationale du parti. Plus symbolique mais tout aussi embarrassante est la scène, rapportée par Mediapart, d’un M. Morelle se faisant cirer ses nombreuses et luxueuses chaussures dans un salon de l’hôtel Marigny, tout proche de l’Elysée.  Une image assassine pour celui qui inspira très largement le fameux discours du Bourget de janvier 2012 dans lequel François Hollande clamait que son « principal adversaire » était « le monde de la finance » et promettait de ramener l’argent au rang de « serviteur et non d’un maître ».   »Des conseillers comme ça, c’est une plaie », fulminait vendredi un ministre proche du président.  L’affaire intervient surtout alors que le Premier ministre a engagé le fer avec une partie de sa majorité, peu désireuse d’endosser les 50 milliards d’euros d’économies dont le gel jusqu’en octobre 2015 d’une partie des prestations sociales. « Les députés PS sont déjà assez remontés, ils n’ont pas envie de la moindre concession » face à ce type de comportement, selon un parlementaire socialiste.

 

« Le patronat doit se mouiller plus »(Lamy)

« Le patronat doit se mouiller plus »(Lamy)

 

Pascal Lamy , ancien patron de l’OMC et ex-directeur de cabinet de Jacques Delors à Bruxelles se félicite du « ton différent » du discours de Manuel Valls et a « entendu une attitude plus ouverte vis-à-vis des entreprises ». C’est ce que dit Pascal Lamy, ce samedi 19 avril, dans une interview au Figaro. »A priori, les premiers signaux sont encourageants et se rapprochent d’une version plus moderne de la social-démocratie », ajoute-il.  Ce qui ne l’empêche pas de douter de la pertinence des mesures du pacte de compétitivité. « Techniquement, je ne suis pas sûr, par exemple, que l’allégement des charges des entreprises uniquement sur les bas salaires soit le meilleur levier pour accroître la compétitivé ».  Plutôt qu’une baisse des charges, Pascal Lamy affirme « qu’il faut donner de l’air aux entreprises et leur assurer un environnement stable pour qu’elles puissent investir, prendre des risques et embaucher ».  Il revient également sur la polémique concernant le « smic jeune » lancé par Pierre Gattaz mais qu’il avait initié en suggérant de favoriser les « petits boulots ».    »Je vois bien qu’évoquer plus de flexibilité demeure un tabou en France, mais je préfèrerais qu’un chômage à 11% soit tabou! ». Il ajoute:  » le Smic est évidemment une conquête sociale, mais face à un niveau de chômage qui gangrène notre société, il faut essayer autre chose que les solutions traditionnelles ».  Pascal Lamy n’est pas non plus tendre avec le patronat.  » Il serait souhaitable que le monde de l’entreprise se mouille plus en France, à l’image de la Confindustria en Italie, ou du BDI en Allemagne. C’est dommage que l’on entende le Medef que pour plaider une diminution des charges ». Il critique enfin la pratique du dialogue social à la Française ». Selon lui, « il faut chasser cette idée que, par définition, le dialogue est un compromis que l’on associe trop souvent en France à une compromission ».

 

Chine : l’environnement une priorité avant le développement économique

Chine : l’environnement une priorité avant le développement économique

La révision de la loi de 1989 sur la protection de l’environnement, dont les derniers détails sont en cours de discussion, fera passer l’environnement avant le développement économique, a-t-il dit. « Le fait d’ériger la protection de l’environnement au rang de principe fondamental est un changement considérable qui montre que l’environnement est une priorité », a dit Cao Mingde, un professeur de droit qui a participé à la rédaction du texte. La nouvelle loi permettra aux autorités de Pékin de mener avec davantage d’efficacité la « guerre » contre la pollution qu’elles ont décrétée après des décennies de négligence au profit d’une croissance économique échevelée. Elle les autorisera notamment à fermer des usines et à les confisquer alors qu’elles ne pouvaient jusqu’à présent imposer que des amendes, a précisé Cao Mingde. L’éventail des sanctions sera élargi grâce à l’abandon du système « d’amende maximale » qui permettait aux usines de continuer à polluer en s’acquittant d’une somme nettement inférieure au coût d’une mise aux normes. Selon Cao Mingde, la loi devrait fixer une « ligne rouge écologique » qui permettra d’interdire l’implantation d’industries polluantes à proximité des zones protégées et généraliser les nouvelles règles de transparence qui imposent aux entreprises de fournir des chiffres d’émissions de polluants atmosphériques en temps réel. Le projet de loi fait l’objet d’intenses débats depuis plus de deux ans. Un des articles les plus contestés de sa première mouture était l’interdiction faite aux organisations non gouvernementales d’attaquer les pollueurs en justice, un droit réservé à une agence gouvernementale. Ce droit a depuis été étendu aux ONG environnementales enregistrées depuis au moins cinq ans en dépit, selon Cao Mingde, qui a participé à de nombreuses discussions sur le sujet, des pressions des industries polluantes sur les responsables gouvernementaux.

L’Ukraine refuse de payer le gaz russe

L’Ukraine refuse de payer le  gaz russe

Naftogaz, la compagnie publique ukrainienne du gaz, est prête à se livrer à un bras de fer avec Gazprom. Elle a annoncé ce samedi 12 avril suspendre les paiements de ses importations de gaz russe. Une décision prise pour faire pression sur les nouveaux tarifs que lui impose Gazprom.  Le groupe russe a en effet imposé une augmentation de 80% des tarifs, les faisant passer en deux temps de 268 dollars à 485 dollars les 1.000 mètres cubes au début du mois. Pour Gazprom, l’Ukraine ne peut plus profiter des accords tarifaires négociés mi-décembre avec l’ex-président Viktor Ianoukovitch, afin de soutenir ce dernier dans son choix de refuser de signer un accord d’association avec l’Union européenne. Car Ianoukovitch a été depuis emporté par les contestataires de Maïdan. « Nous ne voyons pas de raison de réviser les prix. Nous considérons que des tarifs autour de 500 dollars sont sans rapport avec le marché, injustifiés et inacceptables. En conséquence de quoi nous avons suspendu les paiements le temps des négociations tarifaires », explique le directeur général de Naftogaz, Andriy Kobolev, dans une interview publiée par l’hebdomadaire Zerkalo Nedely.  Selon la Russie, Kiev doit déjà 2,2 milliards de dollars (1,6 milliard d’euros) d’arriérés de paiements. « La question du remboursement de la dette est directement liée au maintien des prix du gaz à leur niveau du premier trimestre », ajoute Andriy Kobolev. L’Ukraine importe de Russie la moitié environ de ses besoins en gaz. Une grande partie du gaz russe exporté vers l’Europe transite en outre par son territoire. L’accumulation de la dette ukrainienne vis-à-vis de Gazprom suscite les craintes d’une réduction des livraison de gaz, et un nouvel épisode de la « guerre du gaz » déjà livrée en 2006 puis en 2009 qui avait eu pour effet indirect de réduire les flux vers les marchés européens. Vladimir Poutine a renforcé ces craintes en avertissant jeudi les dirigeants européens que l’approvisionnement de l’Europe pourrait être perturbé si Kiev ne payait pas ses factures de gaz.

 

La baisse des cotisations va tirer les salaires vers le bas

La baisse des cotisations va tirer les salaires vers le bas

Il a raison Baroin,  la baisse des cotisations sur les bas salaires va tirer les rémunérations vers le bas ; du fait de effets de seuil les patrons auront tendance à embaucher plutôt des bas salaires pour retrouver de la compétitivité. Il est clair qu’une baisse générale des cotisations aurait été préférable. Le maire de Troyes estime que la baisse des charges sur les bas salaires va décourager les patrons d’employer à des salaires plus élevés. Si François Baroin approuve « l’initiative du pacte de responsabilité », il n’en est pas de même pour les baisses des cotisations sur les bas salaires annoncées par Manuel Valls.  Selon lui, la baisse des charges « va dans la bonne direction ». Mais il prévient :  »Je ne voterai jamais un texte qui impose des conditions de création d’emploi aux entreprises car pour moi c’est la négation de l’économie ». En revanche, sur la baisse des cotisations sur les bas salaires, il affirme : « Plus on baissera les charges sur les bas salaires plus on aura une économie pauvre ».  « C’est une trappe à pauvreté. Nous allons créer un coût prohibitif pour la création d’emplois très largement au-dessus du SMIC », estime-t-il.

 

Le déséquilibre des capitaux menace la reprise,mondiale

Le déséquilibre des capitaux menace la reprise mondiale

 

Les pays émergents reprochent aux politiques monétaires très accommodantes menées par les économies avancées de générer d’importants flux de capitaux qui risquent de les déstabiliser. Et pour les pays riches, l’accumulation de réserves de devises par les nations en développement empêche de progresser sur la voie de la croissance et du rééquilibrage de l’économie mondiale. La réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G20 cette semaine à Washington a donné l’impression que ces tensions, perceptibles depuis plusieurs années déjà, augmentaient encore. Le problème est que chacun des deux camps dit agir dans son propre intérêt et qu’il ne manque pas d’arguments très rationnels pour défendre sa position. Même si le G20 s’est accordé pour dire que l’économie mondiale se portait mieux, ces divergences laissent penser que le monde est encore loin d’en avoir fini avec le déséquilibre historique qui voit les riches emprunter massivement pour acheter la production des pauvres. « Nous ne sommes pas dans une situation saine », a résumé Raghuram Rajan, le gouverneur de la banque centrale indienne, lors d’un débat avant la réunion du G20. Raghuram Rajan est l’un des principaux promoteurs d’une réforme de l’ordre monétaire mondial, notamment en appelant les banques centrales des pays les plus avancés à éviter des politiques monétaires trop audacieuses susceptibles de pénaliser le monde entier. A ses yeux, les années de politiques monétaires accommodantes que viennent de vivre le monde développé ont conduit les pays émergents à amasser des réserves de dollars afin d’être en mesure d’intervenir sur le marché des changes, pour protéger leur économie en cas de mouvements brusques de capitaux.

G20: toujours vain sur la croissance ou le FMI

G20: toujours vain sur la croissance ou le FMI

 

Comme d’habitude on a rien décidé mais on a parlé avec d’un coté les partisans de la relance par l’offre, de l’autre les partisans de la croissance par la demande (alors que sans doute la vérité se situe entre les deux). Rien non plus sur le Fmi actuellement bloqué par les USA. « Croissance »: c’était sans surprise le mot vedette du communiqué des ministres des Finances du G20 publié vendredi. Quoi de plus consensuel que la volonté de doper l’activité économique et de créer des emplois.  Dans leur déclaration finale, les grands argentiers du globe ont réaffirmé l’objectif fixé fin février à Sydney de doper le produit intérieur brut (PIB) mondial de 2% sur les cinq prochaines années.  Mais les moyens d’y parvenir restent flous et les divisions sont apparues au grand jour vendredi avec la charge du ministre des Finances australien Joe Hockey, dont le pays assure la présidence tournante du G20.   »Certains pays ont avancé des propositions réchauffées » et « inadéquates », a-t-il tonné lors d’une conférence de presse. Selon lui, des réformes structurelles « impopulaires » seront nécessaires, notamment en termes de concurrence et de « dérégulation ».  A Washington, chaque pays a en réalité défendu son modèle et cherché à convaincre ses partenaires de s’en inspirer, au risque de freiner l’effort collectif. « On est très loin du compte », confirme une source diplomatique.  L’Australie, le Royaume-Uni mais aussi l’Allemagne penchent ainsi pour une politique de l’offre assumée.  Le patron de la très orthodoxe Bundesbank Jens Weidmann s’est félicité du fait que lors des réunions « l’accent a été mis sur les réformes structurelles, bien plus que cela n’était le cas auparavant ». « Le besoin de réformes structurelles est commun à toutes les économies », a plaidé le Britannique George Osborne, sommant les pays émergents de « fortifier leurs fondamentaux ».  Ces derniers n’entendent pas se laisser dicter la voie à suivre.  Le Brésil a estimé qu’il fallait aussi se préoccuper de la demande. Son ministre des Finances Guido Mantega a proposé de taxer davantage les hauts revenus et estimé qu’une classe moyenne plus aisée permettrait « de rééquilibrer la demande mondiale ».  Les pays émergents, encore meurtris par de récentes turbulences financières, ont par ailleurs continué à mettre en garde contre « les risques » du retour à la normale monétaire aux Etats-Unis. Mais leur préoccupation n’a pas trouvé sa place dans le communiqué du G20.  Les Etats-Unis ont ainsi échappé à une mise en cause implicite du changement de cap progressif de leur banque centrale. Mais ils n’ont pas été épargnés par un autre sujet de contentieux au sein du G20: le retard de la réforme du Fonds monétaire international. Depuis plus de deux ans, le doublement des ressources du FMI et son rééquilibrage au profit des économies émergentes sont suspendus à une ratification du Congrès américain qui bute sur l’opposition des élus républicains.  Le retard passe d’autant plus mal que les Etats-Unis ont poussé le FMI à jouer un rôle moteur dans le plan d’aide à l’Ukraine.  Les pays émergents ne se sont pas dès lors pas privés de critiquer le statu quo imposé par les Américains.   »Le FMI ne peut pas rester paralysé et reporter ses engagements à se réformer », a souligné le ministre brésilien, assurant qu’il en allait de la crédibilité de l’institution. « Comment le FMI peut préconiser des réformes structurelles à ses Etats-membres s’il est lui même incapable de mettre en œuvre ses propres réformes? », s’est-il interrogé.   »Profondément » déçus par ce nouveau retard, les ministres du G20 ont mis la pression sur les Etats-Unis, en assurant qu’un plan B devrait être envisagé si Washington ne franchissait pas l’obstacle d’ici à la fin de l’année.  Objet de tractations de dernière minute, ce nouveau délai doit permettre d’attendre le résultat des élections de mi-mandat en novembre aux Etats-Unis et de songer ensuite à ce « qui doit être décidé », a précisé le ministre des Finances japonais Taro Aso.  Les contours d’un plan B restent toutefois flous. La principale piste de travail consisterait à séparer le volet gouvernance de celui consacré aux ressources qui, lui, ne requiert pas le feu vert des Etats-Unis. Mais le FMI n’est pas encore convaincu par ce découplage.   »Notre institution ne doit pas passer au plan B avant d’avoir la certitude absolue que le plan A est définitivement enterré », a estimé sa patronne Christine Lagarde.

 

« Economie qui tue » : dialogue de sourds entre le pape et les économistes

« Economie qui tue » : dialogue de sourds entre le pape et les économistes

Preuve sans doute qu’un nouveau modèle économique est à inventer :  le dialogue de sourds et caricatural entre des économistes et le pape.

Le directeur du Centre de recherche de l’Essec, Radu Vranceanu, docteur en science économique, et son collègue Marc Guyot, professeur d’économie dans cette même école ont publié le 2 avril, sur le site de « La Tribune », une sévère critique de la vision économique du pape François, telle qu’il l’a longuement développée dans son « Exhortation apostolique » du 25 novembre 2013. « Le pape François se veut clairement anti-libéral, au nom du respect de la personne humaine et il a tort », affirment les deux profs, qui ajoutent : « C’est en l’absence de libéralisme que surviennent la pauvreté, la corruption et le manque d’infrastructures publiques ». Selon eux, « la compréhension du pape de la crise financière de 2008 prête à sourire ».

C’est dans le cadre d’un long texte de 165 pages, titré « Evangelii Gaudium » (la joie dans l’évangile), qui présente la philosophie du nouveau pape, que celui-ci a développé sa vision économique et sociale. Elle figure dans le chapitre 2 du texte diffusé par le Vatican, entre les paragraphes 52 à 60, notamment sous les titres « Non à une économie de l’exclusion » et « Non à la nouvelle idolâtrie de l’argent ». Il y martèle une dénonciation des injustices sociales et sociétales, en des termes qui vont bien plus loin que les discours d’un François Hollande ou d’un Jean-Luc Mélenchon. Ses affirmations ont mis en ébullition quelques économistes ou journalistes ultra-libéraux américains, comme Tim Worstall qui moque dans Forbes « ce gentleman catholique bien éduqué qui n’a pas compris le monde dans lequel nous vivons ». Mais elles étaient restées jusqu’ici très peu commentées, voire inconnues, en France (voir cependant un papier de Rue 89 sur le sujet). La sortie des deux profs de l’ESSEC est d’autant plus intéressante – et audacieuse – que cette grande école dépend de l’Institut Catholique de Paris qui compte deux représentants dans son conseil de surveillance, dont le recteur de l’Institut. Interrogé à ce sujet, Jean-Michel Blanquer, le directeur de l’école, déclare : « Je ne suis pas d’accord avec la position de ces profs, mais il faut respecter la liberté académique. »

Le pape François : « Les exclus sont des déchets »

Voici quelques extraits du réquisitoire du Pape François : « De même que le commandement de ‘ne pas tuer’ pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire ‘non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale’, car une telle économie tue. Il n’est pas possible que quand une personne âgée réduite à vivre dans la rue meurt de froid, ce ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en  bourse en soit une. Voilà l’exclusion. On ne peut plus tolérer le fait que la nourriture se jette, quand des personnes souffrent de la faim. Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible. Conséquence : de grandes masses se voient exclues et marginalisées, sans travail, sans perspectives, sans voies de sortie. On considère l’être humain en lui-même comme un bien de consommation, qu’on peut utiliser et ensuite jeter. Nous avons mis en route, et même promu, la culture du “déchet”. Il ne s’agit plus simplement du phénomène de l’exploitation et de l’oppression, mais de quelque chose de nouveau (…) Les exclus ne sont pas des ’exploités’, mais des déchets, des ‘restes’ ».

Les deux profs : « La magie du système libéral est qu’il profite à tous » 

Réplique des deux profs de l’ESSEC  : « Le fonctionnement de l’économie libérale échappe complètement au Pape puisque celui-ci pense que les pauvres ne profiteront jamais du système car les riches ne voudront jamais partager. En fait la magie du système libéral est qu’il profite à tous sans avoir besoin de la bonne volonté des puissants. C’est un système qui est vertueux par lui-même et ne nécessite pas que ses membres aient la vertu du partage ». Et de citer Jean Paul II, qui, dans son encyclique « Centesimus Annus », écrivait : « Il semble que le marché libre soit l’instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre de façon appropriée aux besoins « .

Les riches sont-ils partageux en économie libérale ? Ce n’est en tous cas pas l’analyse de l’ONG Oxfam qui vient de révéler que 67 personnes possèdent à elles seules autant de richesse que la moitié de l’humanité. Ceci dit, il est vrai que, globalement, le nombre d’humains vivant sous le seuil de pauvreté a régressé ces dernières décennies, le boom de l’Asie y ayant beaucoup contribué. La croissance portée par l’économie de marché favoriserait-elle une meilleure inclusion sociale ? Pour le pape François, « cette opinion n’a jamais été confirmée par les faits. Elle exprime une confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique et dans les mécanismes sacralisés du système économique dominant ».

Le pape : »Le fétichisme de l’argent et l’économie sans visage »

Le pape s’en prend à la tyrannie de la finance en des termes peu éloignés de ceux de François Hollande qui désignait la finance comme son ennemi sans visage : « Une des causes de cette situation se trouve dans la relation que nous avons établie avec l’argent, puisque nous acceptons paisiblement sa prédominance sur nous et nos sociétés. La crise financière que nous traversons nous fait oublier qu’elle a à son origine une crise anthropologique profonde : la négation du primat de l’être humain.  Nous avons créé de nouvelles idoles. L’adoration de l’antique veau d’or a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l’argent et dans la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain (…) . Alors que les gains d’un petit nombre s’accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent d’une façon toujours plus éloignée du bien-être de cette heureuse minorité. Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière. Par conséquent, ils nient le droit de contrôle des États chargés de veiller à la préservation du bien commun. Une nouvelle tyrannie invisible s’instaure, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de façon unilatérale et implacable ».

Les profs de l’ESSEC : « Les marchés financiers sont hyper régulés »

A cette charge contre une économie dérégulée, les deux profs de l’Essec répliquent que   »les marchés financiers sont l’une des activités les plus régulées du monde ». Plutôt étonnant, car si c’est si régulé, comment des Lehman Brothers, des Madoff et autres Kerviel ont-ils pu monter des arnaques portant sur des milliards sans que nul ne s’en aperçoive ?  Si c’est si régulé, comment la crise des subprimes a-t-elle pu survenir ? Le remarquable documentaire  » Inside Job «  de Charles Ferguson  a démontré le contraire. Et si les banques américaines se sont vu infliger plus de 100 milliards de $ d’amendes, dont 13 milliards pour la seule JP Morgan, c’est sans doute qu’elles ont pu transgresser pas mal de règles… Mais les états sont-ils plus vertueux ? Nos deux profs en doutent :  »Hormis dans leurs discours, les gouvernements ont rarement les qualités que leur prête naïvement le pape en termes de soucis des pauvres  (…) La pauvreté dans les favelas d’Argentine ou du Brésil est-elle une preuve que l’économie de marché ne réduit pas la pauvreté ? Bien au contraire ! « Selon eux, c’est parce que l’économie n’est pas assez libérale que, dans  » la plupart des pays d’Amérique Latine l’on trouve pauvreté, corruption et absence d’infrastructures publiques ».  Et de citer quelques « gouvernements omniprésents et interventionnistes du style Peron, Kirchner, Chavez et autres leader maximo ». Nos deux économistes assurent que « le principe de l’économie de marché est de briser la puissance du grand capital en imposant une certaine dispersion des firmes et en leur imposant une pression qui les contraint à se mettre au service du consommateur ».  Et ils ajoutent : « Contrairement à ce que semble croire le pape, l’économie libérale requiert un Etat fort ».

« Un libéral nommé Jésus »

Cela ne semble pas être l’avis des libéraux américains qui ont sonné la charge contre le Pape, faisant ressurgir l’antique querelle entre catholiques (qui seraient anti profit ) et protestants (pro profit). Le Tea Party n’a pas hésité à dire que « Jésus ne pouvait pas être socialiste puisque c’était un capitaliste ». Où l’on rejoint une théorie développée par l’économiste Charles Gave, qui a publié, trois ans avant la crise de 2008, un livre titré « Un libéral nommé Jésus ». Gave, qui s’autoproclame  » spécialiste mondialement reconnu des marchés financiers » y développe l’idée que les évangiles glorifient la prise de risque, en s’appuyant sur la fameuse Parabole des Talents dont il extrait ce passage : « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance. Quant à celui qui n’a pas, on lui ôtera même ce qu’il a ». Charles Gave ne modère pas son enthousiasme : « Avouons-le, cette parabole suscite chez tout économiste libéral un profond ravissement. Un régal. Rien ne manque ». Il poursuit : « Ce qui compte, c’est la volonté de prendre des risques et de s’exposer ». Il semble oublier qu’aujourd’hui dans l’entreprise, c’est le salarié qui court l’essentiel des risques, le capital étant super protégé. Catholique lui-même, Gave relève que les protestants ont fait des évangiles une lecture totalement différente des catholiques dont les élites, « insuffisamment formées » auraient fait « une lecture fausse ».

(l u dans le Nouvel Obs)

 

Sondage Européennes : le FN en tête et 61% d’abstention

Sondage Européennes : le FN en tête et 61% d’abstention

A un mois et demi des élections européennes, le premier sondage Euro-rolling Paris Match- Ifop-Fiducial donne le FN en tête du scrutin. D’après cette enquête, qui sera désormais quotidienne, le parti de Marine Le Pen récolte 24% des intentions de vote, contre 23% à l’UMP et 21% au Parti socialiste. Les listes UDI-MoDem recueilleraient 9%. L’indice d’abstention, évalué à 61%, est particulièrement élevé : en 2009, elle avait été de 59,4%, ce qui était déjà un record pour ce scrutin.

Justice: Areva et Lauvergeon dans le collimateur

Areva et Lauvergeon dans le collimateur

Le rachat d’UraMin par Areva ressurgit. Selon des informations rapportées par Reuters, l’AFP et Le Monde, ce jeudi 10 avril, le parquet national financier aurait ouvert une enquête préliminaire sur ce dossier. Selon le Monde, cette procédure vise des faits de « présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles », de « diffusion d’informations fausses ou trompeuses » et de « faux et usage de faux ». Toujours selon le quotidien, cette décision a été prise après un signalement de la Cour des comptes, qui doit écrire un rapport sur Areva sur la période allant de 2006 à 2012. Les Sages de la rue Cambon ont agi en vertu du code 40 de procédure pénale qui oblige « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire » qui découvre un crime ou délit de saisir la justice. Interrogée, une porte-parole d’Areva a indiqué que la société ne faisait pas de commentaire.  La Cour des comptes n’a pas encore publié son rapport définitif. Elle devrait, selon Le Monde, le faire en mai, après avoir interrogé Anne Lauvergeon, qui dirigeait Areva au moment des faits. « Les policiers vont sans doute attendre les conclusions de la Cour des comptes avant d’entamer leurs investigations », écrit le quotidien.  L’acquisition pour 1,7 milliard d’euros d’UraMin par Areva, en 2007, avait donné lieu à un véritable naufrage financier. Le géant français du nucléaire avait ainsi été obligé de passer sur ses comptes de 2010 et 2011 des provisions d’un montant total proche de 1,9 milliard d’euros. Le groupe avait mené un audit interne sur cette opération après le départ d’Anne Lauvergeon, remplacée par Luc Oursel à la tête d’Areva en juin 2011, qui avait conclu à un défaut de gouvernance et d’information. Mais il n’avait pas révélé d’éléments accréditant les rumeurs de fraude, ni d’éléments mettant en cause « la sincérité et la régularité des comptes des exercices antérieurs ». Cet audit avait cependant souligné que le rachat d’Uramin s’était fait « au prix fort ». Il notait également que la direction générale de l’entreprise et les équipes en charge du dossier avaient sous-estimé les risques liés à l’opération.

 

La France prix Nobel de l’ingénierie fiscale avec La TVA (et le reste)

La France prix Nobel de l’ingénierie financière avec La TVA (et le reste)

La France exporte peu ou en tout cas pas assez pour équilibrer sa balance commerciale ((environ 60 milliards de déficit) mais elle exporte bien son système fiscal notamment la TVA désormais en application dans de nombreux pays. Normal, la France est championne du monde des prélèvements obligatoires. La preuve que le « made in France » ça marche comme dirait Montebourg. . La TVA, cette invention française, fête en effet ses 60 ans, ce jeudi 10 avril. La taxe sur la valeur ajoutée est un impôt général sur la consommation directement facturé aux clients sur les biens qu’ils consomment ou les services qu’ils utilisent.  Maurice Lauré, 37 ans à l’époque et haut fonctionnaire du ministère des finances, veut simplifier les différents impôts sectoriels sur la consommation. En effet, jusqu’alors, sous-traitants, grossistes ou encore consommateurs devaient payer une taxe spécifique, une taxe sur le prix de vente pour le consommateur ou sur le chiffre d’affaires pour les entreprises. Un système d’imposition « en cascade » qui nuisait à la fluidité du marché. Celui qui sera ensuite président de la Société générale publie en 1952 un livre, « La taxe sur la valeur ajoutée ». Il y propose un impôt indirect sur la consommation simple de gestion et difficile à frauder. Le 29 mars 1954, le président du Conseil, Joseph Laniel, et le ministre des finances, Edgar Faure, font voter un projet de loi portant réforme fiscale. Le 8 avril 1954, le Sénat adopte le texte. Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Pierre Mendès France, soutient la création de cette taxe. La loi est adoptée le 10 avril 1954. Le taux normal à 16,8% et le taux réduit sur les produits de première nécessité à 7,5%. Seules les grandes entreprises s’acquittent de la TVA. Le 6 janvier 1966, Valéry Giscard d’Estaing, ministre des Finances étend le champ d’application à l’ensemble de l’économie.  Facile à mettre en place et à collecter, la TVA a été adoptée dans le monde entier. Sur 183 pays reconnus par l’ONU, 153 possèdent une taxe inspirée de la TVA. L’Afghanistan ou encore les Bahamas et la Barbade ont mis en place une taxe sur la valeur ajoutée. En revanche, un pays n’a jamais cédé: les Etats-Unis. Le pays possède une taxe sur les ventes dans chaque état avec des taux différents. Au Japon, la TVA a augmenté le 1er avril. Une hausse de trois points (de 5% à 8%) qui devrait rapporter en année pleine à l’Etat 8.000 milliards de yens (soit 57 milliards d’euros) supplémentaires. Mais surtout, qui inquiète les Japonais.  En France, la TVA a rapporté en 2013 141,2 milliards d’euros à l’Etat. Ce qui représente soit près de la moitié de ses recettes fiscales. En 2014, selon les prévisions de Bercy, elle doit rapporter 139,4 milliards. Rapportée au PIB, la TVA est passée de 9,26% en 1982 à 9,42% en 2013. En comparaison, l’impôt sur le revenu ne doit rapporter que 74 milliards, et celui sur les sociétés 39 milliards.  Au 1er janvier 2014, le taux de TVA est passé de 19,6% à 20%. Le taux intermédiaire est passé, lui, de 7% à 10%, le taux réduit restant finalement  à 5,5%. A titre de comparaison dans l’Union européenne, le taux normal est de 27% en Hongrie et de 18% à Malte. Au sein de l’Union, il existe une « véritable fraude à la TVA », selon le député Nicolas Dupont-Aignan, coauteur d’un rapport de l’Assemblée. Des mécanismes de dissimulation de TVA communautaire grâce à des sociétés écrans auraient été mis en place. Cette fraude engendrait une perte de 32 milliards par an en France.

 

Explosion des inégalités partout dans le monde

Explosion des inégalités partout dans le monde

De plus en plus de riches et de plus en plus de pauvres partout. « Les inégalités extrêmes se sont aggravées », s’inquiète l’ONG Oxfam. Les 67 personnes les plus fortunées sur le globe possèdent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, a estimé ce mercredi 9 avril, Oxfam. Selon l’ONG, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale qui tiennent leur assemblée générale cette semaine à Washington doivent passer de la « rhétorique » aux actes pour tenter de réduire ce fossé. « Le président de la Banque Jim Yong Kim et la directrice générale du FMI Christine Lagarde ont abondamment parlé des dangers posés par l’explosion des inégalités. Cette semaine, nous devons voir des actions concrètes pour appuyer cette rhétorique », a plaidé Raymond Offenheiser, président d’Oxfam America, cité dans le communiqué.  Le FMI a récemment publié deux rapports soulignant les méfaits des inégalités sur l’économie. La Banque mondiale s’est, elle, fixé l’objectif de doper les revenus des 40% plus pauvres partout sur le globe. Mais, selon Oxfam, ces deux institutions doivent désormais « changer » leurs recommandations et leur politique de prêts à leurs Etats-membres en plaidant pour davantage d’investissements dans la santé et l’éducation

Valls : un ton nouveau mais rien de nouveau sur le fond

Valls : un ton nouveau mais rien de nouveau sur le fond

Hormis l’annonce de la reforme administrative (mais  qui n’interviendra pas avant 2017 et 2021,   si le PS possède encore une majorité), pas grand-chose de nouveau chez Valls.  Juste une analyse plus lucide de la situation économique et sociale, une tonalité plus volontariste mais toujours le grand flou sur les financements. Bref la poursuite de la politique de Hollande. Déjà il faudrait trouver le bon adjectif : «  vallsiste  », «  vallsien  » ? Il n’existe pas encore. Son prédécesseur n’en avait pas… ça aurait pu être «  ayraultique  ».  Alors oui, il y a un style. Le résultat du vote de confiance – 306 voix – a validé une prestation très énergique, une fougue qui a dépoussiéré la trop grande tranquillité d’un Jean-Marc Ayrault qui s’était heurté à l’impatience des Français.  Le langage vérité du Premier ministre, son portrait d’une France qui souffre, son coup de pouce de 500 euros annuels pour les smicards, ses promesses de baisses de charges, d’allègements de dépenses publiques, de suppression du millefeuille territorial, son habileté à satisfaire chacune des composantes de la majorité lui ont permis de franchir l’obstacle. Même si personne ne sait, le jour d’après, comment sera financé le programme présidentiel. Mais Manuel Valls a fait preuve d’une belle énergie. C’est déjà ça. Demander à des parlementaires de tous bords, dont certains avaient le smartphone à la main dans l’hémicycle : « Que pensez-vous du discours que vous êtes en train d’écouter ? » Première réponse, celle de  Jean-Jacques Urvoas, membre de la garde rapprochée : « la confiance dans l’audace, l’efficacité dans la lisibilité de l’action, la vérité de l’engagement« . Bon, le patron de  la commission des lois est fan. Tout comme le député socialiste de Paris Jean-Marie le Guen, qui a vu « un Premier ministre engagé, républicain et patriote, empreint de gravité et d’émotion« . Noël Mamère, chez les écologistes, est plus sévère. Message bref : « c’est de la com« .  Les Verts demandent à voir, notamment sur le respect des engagements en matière de transition énergétique. L’opposition, elle aussi, s’est montrée critique, sans surprise. Jean-Christophe Lagarde a trouvé Manuel Valls «  autoritaire, cassant, trop pressé. Reste que ce type est doué« , a admis le député centriste. Et pour l’UMP Valérie Pécresse : « techno sur l’économie, fier sur le régalien« . Jean-Luc Mélenchon ne croit pas si bien dire : c’est vrai qu’il y avait quelques similitudes avec le Nicolas Sarkozy revendiquant jadis ses racines de «  petit Français au sang mêlé  », quand Manuel Valls a rappelé son origine espagnole et dit sa fierté d’être français… lui qui a convoqué, comme l’ancien président, Mendès-France, Jaurès ou De Gaulle, y ajoutant Clémenceau.  De son oral, nous retiendrons la passion, la flamme. Mais nous ne savons toujours pas comment seront financés les 50 milliards d’économies promis par le chef de l’Etat, une paille dans le grain. Réponse avant la fin du mois. L’heure de vérité approche.

 

Le maire d’Aix en Provence (UMP) mis en examen

Le maire d’Aix en Provence (UMP) mis en examen

La maire UMP d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Maryse Joissains, a été mise en examen mardi soir pour « détournement de fonds publics » et « prise illégale d’intérêt », a-t-on appris mercredi de source judiciaire. L’élue a été mise en examen après l’ouverture d’une information sur les conditions de promotion de son chauffeur au plus haut grade de la fonction publique et l’emploi d’une collaboratrice de son cabinet chargée d’une mission sur la protection des animaux. Maryse Joissains avait été entendue en décembre par les enquêteurs de la division économique financière de la Direction Interrégionale de police judiciaire de Marseille sur des promotions dont auraient bénéficié son chauffeur et le fils de ce dernier. Maryse Joissains a été réélue pour un troisième mandat le 30 mars avec 52,61% des voix à l’issue d’une triangulaire.

 

Plus de cotisations patronales pour le SMIC

Plus  de cotisations patronales pour le SMIC

 

 

La fin des cotisations sociales pour le SMIC va dans le bons sens pour retrouver de la compétitivité, cependant on peut s’interroger sur ce ciblage général qui va surtout bénéficier par exemple à la grande distribution et au bâtiment deux secteurs qui ne sont pas concurrencés par l’étranger. Cela va surtout profité  aux secteurs à bas salaires. C’est un peu la même philosophie que le CICE qui devait surtout soutenir les secteurs affrontée à la concurrence internationale et qui en fait pour les ¾ a profité à d’autres (exemple la poste !!°). On aurait pu davantage cibler en fonction des secteurs, des produits, des types d’entreprise. Par exemple davantage centrer sur les PME, vraies créatrices d’emplois et les sociétés exportatrices. Notons auusi que cette mesure va tirer les salaires vers le bas.  Les cotisations patronales au SMIC seront donc entièrement supprimées au 1er janvier prochain, a annoncé Manuel Valls lors de son discours de politique générale, indiquant « refuser d’opposer emploi qualifié et non qualifié », pour les baisses de charges du pacte de responsabilité. Ainsi, il y aura des allègements de cotisations sociales pour les salariés, dans une assiette allant jusqu’à 3 SMIC. Ces allègements représenteront 4,5 milliards d’euros. De plus, les travailleurs indépendants bénéficieront des baisses de leurs cotisations famille de plus de trois points pour 2015, ce qui représentera 1 milliard d’euros.  Par ailleurs, le Premier ministre a également annoncé des baisses de cotisations sociales, cette fois payées par les salariés, pour les employés payés au SMIC.  De plus, toujours pour les ménages, il y aura un geste  de 5 milliards d’euros d’ici à 2017, a annoncé Manuel Valls.

 

Valls : le ton à défaut du contenu

Valls : le ton à défaut du contenu

Objectif impossible sur le fond pour Valls coincé entre les 50 milliards d’économies, le pacte de responsabilité et le pacte de solidarité. En gros moins d’impôt, plus de pouvoir d’achat, moins de déficits et des économies énormes à faire. Du coup c’est la tonalité qui risque de l’emporter sur le fond car Valls sera contraint de jouer sur la forme pour masquer le flou du fond. Mais depuis l’échec des municipales, François Hollande a décidé d’ajouter à ce pacte un « pacte de solidarité » pour bien montrer aux électeurs de gauche qui ont boudé les urnes qu’il se préoccupait bien des Français modestes.  « Au Pacte de responsabilité, doit correspondre un pacte de solidarité dont le premier pilier est l’éducation, et la formation de la jeunesse ; le second, c’est la sécurité sociale avec la priorité donnée à la santé ; et le troisième, c’est le pouvoir d’achat avec une réduction des impôts des Français et une baisse des cotisations payées par les salariés », avait annoncé le chef de l’Etat. Manuel Valls va donc être très attendu en précisant, ce mardi, les contours des trois piliers de ce nouveau pacte. Pourra-t-il annoncer des mesures suffisamment concrètes pour convaincre l’électorat d’une prise en compte de ses aspirations? Et ce, alors qu’il devra dans quelques jours détailler les 50 milliards d’économies liées, elles, au pacte de responsabilité.  Rien de nouveau sous le soleil. L’Education et la Jeunesse sont une priorité depuis le début du quinquennat. Dans le budget 2014, l’Education nationale est restée l’un des secteurs prioritaires alors que des suppressions de postes sont intervenues ailleurs.  Sauf qu’aujourd’hui, Manuel Valls va devoir décider s’il confirme  l’embauche des 40.000 enseignants supplémentaires d’ici 2017 promis par François Hollande (20.000 ayant déjà été recrutés).  En fait, une partie de ces embauches pourrait bien être sacrifiée sur l’autel des économies budgétaires. Fâcheux pour une priorité.  Même ambigüité pour ce second pilier du pacte de solidarité. François Hollande fait de la protection sociale et de la santé une priorité et l’un des moyens de renforcer la solidarité.  Mais le programme de 50 milliards d’économies budgétaires devrait prévoir plus de 20 milliards sur la sécurité sociale et les hôpitaux dans les trois ans à venir. Et plusieurs prestations sociales pourraient être revues à la baisse.  Dans ce contexte, comment Manuel Valls pourra-t-il annoncer des réformes qui ne coûteront rien?  Les charges des entreprises doivent baisser mais celles des salariés aussi, a déclaré François Hollande le 31 mars. Le gouvernement qui veut du concret rapidement sur la feuille de paie devrait limiter la baisse aux salariés modestes. Elle pourrait prendre la forme d’une ristourne de cotisation « en échange » sans doute d’une suppression de la PPE (prime pour l’emploi). Dans ce cas, un peu plus de 9 millions de salariés seulement seraient touchés. Quant à la baisse des impôts des ménages, elle pourrait dans un premier temps se résumer pour 2015 à l’amélioration de la décote qui permet d’éviter aux foyers modestes d’entrer brutalement dans le barème de l’impôt. On sera loin d’une baisse généralisée de l’IR espérée par beaucoup de Français.  Reste « la » question lorsqu’un gouvernement annonce sa volonté de faire un geste en direction des salariés modestes: l’augmentation du Smic. En décembre, le gouvernement Ayrault soutenu par François Hollande avait refusé un coup de pouce en raison de la faible inflation. Manuel Valls pourra-t-il décider autre chose alors que l’une des priorités du gouvernement reste la compétitivité des entreprises?

 

Chine : le yuan toujours trop bas

Chine : le yuan toujours trop bas

Cela fait des années que Washington incite les autorités chinoises à laisser s’apprécier le yuan. Tout affaiblissement de la monnaie favorise les exportateurs chinois au détriment des producteurs américains. Le mois dernier, le secrétaire au Trésor Jack Lew a salué la décision prise par la Chine de permettre une plus grande fluctuation de sa devise par rapport au dollar dans des échanges au jour le jour. Mais les propos tenus ce lundi par un haut responsable du Trésor semblent suggérer que les Etats-Unis ne sont pas encore totalement convaincus par l’intention affichée par la Chine de moins intervenir sur le marché des changes. « Si le récent accès de faiblesse de la devise est le signe d’un relâchement de la Chine dans son volonté (…) à aller vers un taux de change déterminé par le marché, cela soulèverait de graves préoccupations », a dit ce responsable, sous couvert d’anonymat, à des journalistes. Le 15 mars, la banque centrale chinoise avait annoncé un élargissement de la marge de fluctuation quotidienne du yuan, dans un contexte visant à permettre à la devise chinoise d’être plus réactive aux forces du marché.  Vendredi, le point médian de la bande de fluctuation autorisée du yuan correspondait à un creux de six mois face au dollar. Sur les mois de février et de mars, le yuan s’est déprécié de 2,54%, soit sa plus forte baisse sur deux mois depuis que la Chine a mis en place un marché des changes en 1994. Les courtiers sont cependant d’avis que la devise chinoise devrait repartir à la hausse au cours du deuxième trimestre, à la faveur notamment d’une reprise des exportations du pays.

 

Le tournant écologique avec Ségolène ?

Le tournant écologique avec Ségolène ?

 

Il se pourrait bien que la venue de Ségolène Royal à l’écologie constitue un tournant significatif de la politique environnementale. En déclarant que l’écologie devait être positive et non punitive, Ségolène rompt avec la conception des écolos gauchos d’EELV. Jusqu’alors en effet le plus souvent on taxait les conséquences des couts sociaux générés par les atteintes à l’environnement. Une sorte de marchandisation en quelque sorte (exemple les quotas d’émission). Malheureusement cela n’a guère dissuadé quand  il n’y a pas d’autres alternatives. Ségolène, elle propose au contraire d’encourager les techniques alternatives et leurs utilisateurs. Une sorte d’inversion de la problématique. Rien ne sert par exemple de mettre des taxes sur les combustibles ou le carburant s’il n’y pas d’autres  d’autre choix ; Mieux vaut encourager par exemple l’isolation des logements, les transports collectifs. Ou les techniques de motorisation non ou mois polluantes. Idem dans l’agriculture. On peut évidemment agir via la réglementation, le soutien aux investissements et techniques innovants. Au lieu de punir fiscalement, on encourage, une démarche effectivement autrement positive. Les écolos sont loin d’avoir tort sur tout mais leur démarche est trop coupée du réel et surtout trop fiscaliste. Elle est auusi très souvent troublée par des arrières pensés politicienne qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’environnement.  Ségolène a l’avantage d’avoir assez ramassé assez de « gamelles » pour aujourd’hui faire preuve d’un peu plus de finesse et de sagesse sans pour autant renoncer aux préoccupations environnementales. Elle a surtout l’avantage de disposer d’un poids politique important par rapport à tous ses prédécesseurs et d’en bonne cote dans l’opinion. Rien n’est joué évidemment ; surtout de la part de  Hollande qui est encore bien capable de nous inventer ‘ un « pacte écologique »sans contenu  pour mécontenter tout le monde.

50 milliards d’économies : 17 pour l’Etat, 23 pour la Sécu, 10 pour les collectivités

50 milliards d’économies : 17 pour l’Etat, 23 pour la Sécu, 10 pour les collectivités

 

Selon les Echos, le plan en train d’être finalisé par le gouvernement prévoit une participation à ce tour de vis général de l’Etat et des 550 opérateurs qui en dépendent à hauteur de 17 milliards d’euros.  Cela devrait passer par un maintien du gel du point d’indice des fonctionnaires en 2015 et 2016, et le gouvernement pourrait « raboter » en outre de 10.000 à 15.000 postes les 60.000 recrutements dans l’éducation qui étaient prévus sur le quinquennat.  La Sécurité sociale, quant à elle, devrait économiser 23 milliards, ce qui passerait par une réduction supplémentaire d’un milliard d’euros par an de la progression des dépenses de santé, déjà sujettes à un plan d’économies.  Le quotidien assure en outre que les « allocations familiales de base » ne seront pas touchées mais évoque de possibles économies sur certaines prestations secondaires.  Enfin, les collectivités devraient contribuer au plan d’économies à hauteur d’environ 10 milliards, via une baisse de trois milliards d’euros par an en 2015, 2016 et 2017 des dotations versées par l’Etat.

 

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