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Recrutement Universités : « le risque clientéliste »

Recrutement Universités : « le risque clientéliste »

Un collectif d’associations de maîtres de conférences s’inquiète dans une tribune au « Monde » des conséquences de la réforme de l’accès aux fonctions de maître de conférences et de professeur, mise en place dans le cadre de la loi de programmation de la recherche.

 

 

Tribune. Le 28 octobre 2020, dans la soirée, peu avant l’adoption du décret du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures face au Covid-19, tout a basculé pour l’accès aux carrières universitaires françaises. Le Sénat a adopté, sur « avis favorable » du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Mesri), le sous-amendement 238 abrogeant la procédure « de qualification aux fonctions d’enseignant-chercheur » via la loi du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 (LPR).

Cette réforme pourrait paraître anecdotique. Il n’en est rien. Pour le comprendre, il faut savoir que depuis 1879, la France confie à une instance nationale le soin de réguler le niveau scientifique de ses chercheurs. Baptisée « Conseil national des Uuniversités » (CNU), elle est composée d’universitaires pour deux tiers élus par leurs pairs et un tiers nommés par le Mesri.

 

Son intervention reste pour la grande majorité des chercheurs une indispensable garantie de l’exigence constitutionnelle d’indépendance et de liberté d’expression que requiert l’idéal universitaire. Jusqu’à présent, il n’était normalement pas possible d’accéder aux fonctions de maître de conférences ou de professeur des universités sans la certification du CNU. Or, c’est cette qualification, garantie nationale et collective, que supprime la réforme. 

Une situation préoccupante

Le recrutement se ferait désormais indépendamment de toute certification nationale des candidats, privés ainsi de la reconnaissance de leurs pairs. Pour les promoteurs de cette réforme, l’enjeu serait de gagner la bataille de « l’économie de la connaissance ». La LPR serait une loi « darwinienne », selon Antoine Petit, directeur du CNRS. Mais, alors qu’elle est censée mobiliser le monde de la recherche « dans l’effort de guerre national qu’exigeraient les défis de la mondialisation », la loi crée de la division.

Les modalités de mise en œuvre de cette réforme sont ainsi entachées de contradictions, auxquelles les représentants du ministère devraient prêter attention dans les négociations en cours. Alors qu’elle prétend valoriser l’excellence scientifique, cette réforme ne met pas tout en œuvre pour le faire. La loi pose de nombreuses questions, par exemple : quels seront les critères de sélection pour la procédure de recrutement à venir ? Quel sort réserver aux candidats ayant satisfait à l’ancienne formule de la qualification et en attente de poste ?

 

Nouvelles technologies (5G, internet, console etc.): le risque d’un contrôle social généralisé

Nouvelles technologies (5G, internet, console etc.):

le risque d’un contrôle social généralisé

On sait que les Chinois ont déjà développé un système d’information qui permet de contrôler la population, ce qu’elle fait et ce qu’elle pense. Chaque chinois  est suivi et noté ! Grâce aux nouveaux outils technologiques, la Chine développe des systèmes très  sophistiqués pour suivre encore de plus près le comportement de chacun et l’influencer. En partant d’un banal outil de scoring financier, les chinois bâtissent un puissant système pour noter tous les habitants du pays. Le contrôle social sera un enjeu majeur des prochaines décennies. Et pas seulement en Chine. On sait que la technologie type G5 notamment ou encore les consoles permettront de recueillir une masse d’informations personnelles sur les activités de chacun, les goûts, les affinités, les engagements et les personnalités. Il s’agira en retour de nourrir, grâce à la puissance des nouveaux outils, les facteurs qui influencent la personnalité.

En clair, s’agira de peser sur les comportements et la pensée des citoyens désormais plus ou moins télécommandés sans même qu’ils en soient très conscients. Déjà avec les études marketing actuelles et les outils d’information commerciale, il est possible d’orienter de manière assez significative le choix des ménages. Les produits qu’ils achètent ne se retrouvent pas par hasard chez les consommateurs. On peut le vérifier à travers la modification  des modes de consommation largement influencés par la publicité, les lobbys et les influenceurs à leur service. Mais demain, il ne s’agira pas simplement d’une intervention de la technologie dans le domaine marchand mais comme en Chine d’intervenir sur les comportements et le contenu même de la pensée. Avec de tels outils, la démocratie pourrait être gravement mise en danger, si les nouvelles technologies  ne sont pas régulées, de nouvelles formes de dictatures pourraient apparaître. Justement ce que recherche la Chine pour pérenniser son système de domination et d’aliénation par le parti communiste. Mais un risque qui pourrait affecter d’autres pays comme les États-Unis ou même l’Europe. . Et ce ne sont pas les opinions révélés par les sondages qui s’y opposeront comme le déclarait déjà Bourdieu en 1972 :

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. »

 




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