Archive pour le Tag 'le monde'

Le journal Le monde : indépendance menacée

Le journal Le monde : indépendance menacée

 

 

Le journal le Monde, comme la plupart des grands médias est désormais dans les mains des financiers. La plupart du temps, il ne s’agit pas d’un investissement à vocation économique mais plutôt d’une opération visant à contrôler l’information et à manipuler l’opinion. Du fait du nouveau changement d’actionnariat, les journalistes du Monde appuyés par une pétition de très nombreuses personnalités revendiquent le maintien de l’indépendance de la ligne éditoriale. Quelque cinq cents personnalités ont signé vendredi 13 septembre une tribune en soutien aux journalistes du Mondeinquiets pour l’indépendance de leur journal. Parmi les signataires figurent notamment l’actrice Isabelle Huppert, la chanteuse Christine and The Queens, le prix Nobel de la paix Lech Walesa, le lanceur d’alerte Edward Snowden, l’ancien footballeur Lilian Thuram, l’écrivain Salman Rushdie ou le philosophe Edgar Morin.

Les journalistes du Monde avaient déjà sommé mardi leur nouvel actionnaire, l’investisseur Daniel Kretinsky, cinquième fortune tchèque, de  »garantir leur indépendance » en leur donnant un droit de regard sur les changements de contrôle capitalistique du groupe, via la signature d’un droit d’agrément. C’est  »une pièce indispensable de ce modèle : elle permettra au pôle d’indépendance du groupe Le Monde (…) de se prononcer, à l’avenir, sur l’entrée au capital de tout nouvel actionnaire majeur », soulignent les auteurs de la tribune en soutien aux journalistes.

La société des lecteurs du Monde est, elle aussi, montée au créneau pour soutenir le pôle d’indépendance, regroupant les sociétés de journalistes, personnels, fondateurs et lecteurs. Un des deux actionnaires majoritaires, Xavier Niel, a signé ce droit de regard lundi. La quasi-totalité des journalistes du Monde demande désormais à l’autre actionnaire majoritaire, Matthieu Pigasse, et à son nouvel associé, Daniel Kretinsky, de « cosigner cet accord » avant mardi.

Matthieu Pigasse a tenté de calmer le jeu face aux craintes des salariés du quotidien pour l’indépendance de leur groupe. Mais il a cependant refusé que ceux-ci fixent toutes les conditions d’une éventuelle cession. L’investisseur, qui a cédé 49% de ses parts à Daniel Kretinsky, a souligné dans une lettre au pôle d’indépendance du Monde qu’il avait toujours été favorable, sous conditions, à un  »droit d’agrément » en cas d’entrée d’un nouvel actionnaire majoritaire. Mais il a prévenu qu’il refuserait un  »droit de répudiation » qui permettrait aux salariés de le choisir directement.

 

Gilets jaunes: les mensonges du procureur de Nice (Le Monde)

Gilets jaunes: les mensonges du  procureur de Nice

(Le Monde)

 

S’il fallait une preuve supplémentaire de l’absence d’indépendance de la justice, il suffirait de prendre l’exemple du procureur de Nice qui avoue avoir truandé l’enquête concernant cette septuagénaire gravement blessée par la police lors d’une manifestation des gilets jaunes à Nice en mars. Rappelons d’abord que Macron s’était fendu d’un communiqué où il dédouanait la police et recommandait  même à la pauvre femme « un peu plus de sagesse ». Une affaire assez lamentable qui montre l’hypocrisie du pouvoir et de ses courtisans. En effet on ne peut soutenir que la justice est indépendante en France puisque les magistrats du parquet, comme le procureur, sont nommés par le ministre. D’une manière générale, pour avancer dans la carrière il est fortement recommandé de ne pas contrarier le pouvoir en place, voire de devancer ses attentes dans l’espérance d’une promotion. Une attitude qui explique pourquoi notamment nombre d’affaires notamment politiques au financières sont enterrés depuis des mois, des années voir des dizaines d’années. Mais il n’est plus à démontrer que la justice n’est pas faite pour les simples citoyens ou les pauvres  mais pour protéger le pouvoir et les riches. D’après le Monde, le procureur,  Jean-Michel Prêtre, avait dans un premier temps assuré qu’il n’y avait pas eu de contact entre Geneviève Legay et les forces de l’ordre, avant finalement de changer d’avis quelques jours plus tard. Cela ne l’a pas empêché de confier l’enquête à la compagne du commissaire chargé des opérations. Autre élément curieux, il a été révélé par Mediapart que le procureur était présent lui-même au centre de supervision urbain au moment de la charge, laquelle a par ailleurs été jugée “disproportionnée” par des gendarmes présents sur place.

Entendu sur ces éléments en avril à la demande du directeur des services judiciaires, révèle Le Monde, Jean-Michel Prêtre a expliqué ne pas avoir voulu mettre Emmanuel Macron en porte-à-faux avec des versions dont les divergences seraient “trop importantes” et ce, de sa propre initiative. Le 25 mars, le président de la République avait assuré dans un entretien à Nice-Matin, en amont de la conférence de presse du parquet, que Geneviève Legay n’avait pas été bousculée par un membre des forces de l’ordre. Pour l’avocate de la septuagénaire, Mireille Damiano, également interrogée par le quotidien du soir, cette défense dénote d’une porosité: “un procureur n’a pas à protéger qui que ce soit, fût-il le président de la République. C’est une curieuse conception de sa mission, et c’est bien la raison pour laquelle je parle de porosité malsaine et de défaut d’indépendance…”

De son côté le ministère de la Justice a fait savoir au Monde que Jean-Michel Prêtre: “décide souverainement de la communication qu’il souhaite mener dans chaque affaire”. Si le ministère ajoute qu’il n’y a pas lieu de poursuites disciplinaires contre Jean-Michel Prêtre, l’enquête a tout de même été éloignée de sa circonscription. Répondant à une quatrième requête du camp de Geneviève Legay, la Cour de cassation a finalement accepté de dépayser l’affaire à Lyon.

« Psychologie de la connerie » vers un succès de librairie (Le Monde)

« Psychologie de la connerie » vers un succès de librairie (Le Monde)

Le champ de recherche est évidemment inépuisable et Le Monde fait l’éloge de ce  livre « psychologie de la connerie qui connait un certain succès. (Extraits du Monde)

 

 « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance »… Les lecteurs de Psychologie de la connerie (Editions sciences humaines, 384 pages, 18 euros) n’ont manifestement pas été rebutés par ce « avertissement » en forme de clin d’œil à Dante : tiré initialement à 3 000 exemplaires lors de sa publication, en octobre 2018, l’ouvrage a vu ses ventes quasiment multipliées par vingt depuis. Une quinzaine de traductions sont prévues, à destination notamment des Etats-Unis, de la Russie, de la Corée du Sud, de la Suède, ainsi que de pays de langue arabe. Un second volume est prévu pour l’automne. Un projet de documentaire est en cours de finalisation.

Le directeur de cet ouvrage collectif, Jean-François Marmion, rédacteur en chef de la revue Le Cercle psy, est stupéfait par ces résultats. Le « petit succès » qu’il espérait avant l’automne est devenu, l’hiver venu, le premier best-seller des Editions sciences humaines, écrasant toutes les ventes enregistrées depuis vingt ans par cette austère et modeste maison, où une telle réussite a presque fini par inquiéter.

« Est-ce que ça mérite bien cet intérêt ? », s’est demandé Jean-François Marmion. « Le doute rend fou, la certitude rend con », écrit-il dans son livre. Parions que cet auteur passe (au moins) le plus clair de son temps dans le premier camp.

« Biais rétrospectif »

Doit-on s’aventurer a posteriori sur les raisons de ce succès ? Le risque est grand de se rendre ainsi victime du « biais rétrospectif » qui est, apprend-on, l’une des innombrables facettes du con : elle lui fait dire à la maternité « J’étais sûr que ce serait un garçon », et devant sa télé « J’étais sûr que Macron serait président ». Tant pis.

On indiquera que l’ouvrage est de belle facture et que, au-delà de son titre accrocheur, trente contributeurs prestigieux – parmi lesquels le sociologue Edgar Morin, le prix Nobel d’économie (2002) Daniel Kahneman, ou encore le neuropsychiatre Boris Cyrulnik – donnent corps à ce « livre paradoxal », selon l’expression de Jean-François Marmion : « Un ouvrage qui peut paraître gag mais qui est très sérieux. » « La théorie des connards »« la connerie en connaissance de cause »« le langage de la connerie »… Une somme de connaissances est ici réunie, sans que le livre prétende éradiquer le mal dont il rend compte. Bien au contraire. »

« La démocratie ne peut exister que grâce à une saine dose d’anonymat » !!!!!!! ( le Monde)

« La démocratie ne peut exister que grâce à une saine dose d’anonymat » !!!!!!! ( le Monde)

Une curieuse prise de scission d’un journaliste du monde Damien Leloup, qui dans une tribune considère que la démocratie ne peut exister que grâce à une saine dose d’anonymat. Cela évidemment en référence au débat actuel concernant la déontologie sur le net et sur les réseaux sociaux en particulier. Cette position est défendue notamment par nombre de réseaux sociaux qui entendent conserver l’anonymat. Pourtant les prises de position et réactions de d’internautes relèvent pourtant d’une production du niveau de la poubelle ou du caniveau. L’argumentation du journaliste du monde est particulièrement spécieuse et il se réfère à des recherches ou études dont il ne mentionne pas les auteurs et les institutions. On voit mal pourquoi l’utilisation du support du net justifierait l’anonymat et pourrait une améliorer  la démocratie. Pour s’en convaincre,  il suffit de lire les réactions et les commentaires de nombre d’internautes d’une nullité affligeante, d’une agressivité surprenante voire d’une haine condamnable. L’anonymat est grandement responsable de l’hystérisation du débat sur Internet, un masque qui permet d’exprimer toutes les pulsions, les rancœurs et les bassesses de l’âme humaine. . La proposition du pouvoir, qui vise plus particulièrement les réseaux sociaux et la radicalisation de certains « gilets jaunes », a été saluée par des  personnalités, comme le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sur RMC, qui a dit en « avoir assez des gens qui sont derrière les pseudos, et qui insultent à longueur de temps, qui mettent de l’huile sur le feu à longueur de temps ».

Médias- Le Monde racheté par un financier tchèque !

Médias- Le Monde racheté par un financier tchèque !

Finalement, il suffit d’être riche pour acheter l’opinion. Le journal sans doute le plus prestigieux en France à savoir le monde vient d’être racheté par un financier tchèque. Sans doute pas dans un intérêt économique car  malheureusement l’équilibre financier des grands médias est très aléatoire. Globalement c’est un secteur où on perd davantage d’argent qu’on n’en gagne. L’objectif est évidemment de peser sur l’opinion. Emmanuel Macon a finalement avoué en creux qu’il était impuissant face à cette prise de participation étrangère du plus prestigieux journal français. “Nous avons des règles, elles imposent des limites en terme de concentration et de nature des investisseurs. Lorsque ce sont des investisseurs de l’Union européenne, il n’y a pas d’interdiction ou de limite”, a déclaré à ce sujet le président français lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre slovaque, Peter Pellegrini. “Par contre il est évident que nous serons toujours extrêmement vigilants à la liberté de la presse et d’expression des journalistes». Le chef de l’Etat a souligné l’importance que “toutes les règles qui prévalent en France d’indépendance des journalistes, d’indépendance de la société des rédacteurs, de capacité de ces derniers à avoir un travail libre sans aucune influence de l’actionnaire soient absolument préservées.”Le groupe de médias Czech Media Invest (CMI) de Daniel Kretinsky vient d’annoncer le rachat d’une participation de 49% dans la société Le Nouveau Monde, premier actionnaire du quotidien français Le Monde. Daniel Kretinsky est un oligarque tchèques qui a fait fortune dans l’énergie et qui maintenant investit dans les médias (il a aussi racheté Elle  et Marianne). Le risque c’est de voir un journal aussi sérieux que le monde transformé en tabloïd comme la plupart des titres que possède Daniel Kretinsky. Cela repose à nouveau la question de l’indépendance de l’information sachant que la plupart des grands titres français sont détenus par des financiers.

« La tragi-comédie pathétique de la droite »( Le Monde)

« La tragi-comédie pathétique de la droite »( Le Monde)

Racine en aurait fait une tragédie. Celle d’un homme, François Fillon, habité par son destin, déjouant tous les augures, triomphant de l’adversité, porté au pinacle par le chœur des siens il y a trois mois, faisant taire adversaires et rivaux, puis, soudain, plongé dans une terrible tourmente, harcelé, abandonné, lapidé et voyant irrémédiablement s’échapper les rêves de gloire élyséenne qu’il caressait déjà. Au lieu de quoi nous est offerte, depuis plusieurs semaines, une tragi-comédie pathétique où s’affrontent un candidat prêt à tout pour le rester, ses partisans enrageant de le défendre, ses adversaires acharnés à l’abattre mais incapables d’y parvenir, des électeurs abasourdis, partagés entre accablement et colère, des clans qui rallument les vendettas qui ont traumatisé la droite depuis des années et des parrains qui, dans l’ombre, tentent de préserver leur pouvoir d’influence. Il suffisait d’observer, lundi 6 mars, au siège des Républicains, les sourires de circonstance accrochés au visage de la plupart des protagonistes, prêts à la curée la veille encore, pour mesurer le ridicule de cette affaire. Si l’on n’était à moins de sept semaines d’une élection présidentielle censée tracer l’avenir de la cinquième puissance mondiale, l’on pourrait éventuellement trouver cocasse ce festival de coups fourrés et de tartufferies. Comme chez Guignol, on pourrait rire de cette élection imperdable qui menace de tourner à l’humiliante déroute. Mais, précisément, l’on n’est pas chez Guignol et, au-delà de ce médiocre psychodrame et de ses rebondissements, le constat est là : une élection présidentielle qui, quoi qu’on en pense, reste le moteur de la vie politique nationale et qui se trouve, chaque jour davantage, embourbée, empêchée, déstabilisée et dénaturée. « Quoi qu’il fasse, les Français retiendront peu ou prou ceci : “M. Propre” avait les mains sales »  Car si M. Fillon, avec un cran qui force l’admiration de ses proches et un entêtement qui désole tous les autres, a sauvé sa tête, si un « comité politique » composé à sa main au lendemain de la primaire lui a renouvelé à l’unanimité sa confiance, il n’a résolu aucun des problèmes qui l’assaillent. « Le débat est clos », ont martelé ses amis. Il n’en est évidemment rien. Son image, tout d’abord, est en miettes, ce qui n’est pas tout à fait négligeable dans une élection présidentielle où s’était présenté à la primaire drapé de lin blanc … »

 

Affaire Fillon : « Les dégâts très d’être lourds dans l’opinion »(Le Monde)

Affaire Fillon : « Les dégâts très  d’être lourds dans l’opinion »(Le Monde)

Le  Monde, journal dont on connaît les enquêtes approfondies, répond aux interrogations sur l’affaire Fillon

François Fillon peut-il vraiment être mis en examen avant l’élection présidentielle ? L’enquête préliminaire concerne-t-elle aussi la « Revue des deux mondes » ?

Le rythme de la justice est parfois dur à suivre, mais en l’occurrence le parquet a manifestement décidé d’accélérer. Michel Crépu, qui était rédacteur en chef de la Revue des deux mondes et affirme n’avoir jamais vu Mme Fillon, et Christine Kelly, journaliste et auteure d’une biographie en 2007 de François Fillon qui explique elle aussi n’avoir jamais eu connaissance de l’implication dans la politique de celle-ci, vont être entendus ce vendredi.

Sur la rapidité d’une éventuelle mise en examen, il n’y a pas de règle en la matière. Ça peut aller vite, comme ça peut traîner. Tout dépend de ce que le parquet trouve ou ne trouve pas. Rappelons que nous sommes au stade de l’enquête préliminaire. Si le parquet estime qu’il y a des éléments probants il ouvrira une information judiciaire confiée à un juge d’instruction qui décidera ensuite selon les preuves de mettre en examen ou non. Cela peut prendre trois semaines, trois mois, trois ans…

Concernant votre deuxième question : l’enquête préliminaire a été ouverte pour détournement de fonds publics (cela concerne le volet à l’Assemblée nationale), abus de biens sociaux (pour la partie qui concerne la Revue des deux mondes) et recel de ces délits.

Est-ce déjà arrivé qu’un candidat à l’élection présidentielle se retire à cause d’une mise en examen ?

Sous la Ve République, pas à ma connaissance.

M. Fillon parle du travail fait pour lui, par sa compagne qui l’a naturellement assisté en tant qu’épouse et collaboratrice. Mais la question du travail fait par son épouse pour le compte de son successeur/suppléant reste floue. Sachant qu’en outre c’est à cette période que la rémunération de Mme Fillon a atteint des sommets. Pourra-t-elle prouver une activité réelle en tant qu’assistante de M. Joulaud ? Si le soutien à son mari peut-être plus simple à démontrer, le travail pour le compte de son successeur semble très obscur.

En effet, il faut bien préciser : Mme Fillon a travaillé pour son mari en tant qu’assistante parlementaire entre 1998 et 2002. Puis, quand il est devenu ministre, elle est restée l’assistante de son suppléant, devenu député, M. Joulaud. C’est à ce moment que sa rémunération a atteint 7 900 euros brut, ce qui est très au-dessus du salaire standard des assistants. M. Joulaud est resté pour le moment très discret sur la réalité de ce travail et sur l’importance de la rémunération. C’est l’un des aspects les plus flous de cette affaire, que la justice devra élucider.

Qui pourrait durcir les conditions d’éligibilité en France ?

La loi, et donc ceux qui la font, les parlementaires.

Un retrait de la candidature de François Fillon est-il réaliste ? Qui représenterait le parti LR aux élections dans ce cas ? Peut-on déjà conclure que cette affaire place Macron et Le Pen en tête des intentions de vote ?

Je comprends que vous vous posiez la question, mais c’est s’avancer très loin… Au fond, François Fillon, jeudi soir au « 20 heures » de TF1, n’a fait que répéter ce qu’il avait dit pendant la campagne de la primaire de la droite : en cas de mise en examen, il se retirerait de la course. Cette phrase prend juste plus d’importance désormais qu’un soupçon sérieux pèse sur lui.

Le scénario d’un retrait du candidat n’est pas, à l’heure ou nous parlons, le plus probable. Et le plan B n’est pas clairement établi. Interrogé ce vendredi matin à Bordeaux, Alain Juppé a déjà expliqué qu’il ne serait pas un recours.

Quant aux intentions de vote, j’attendrai de voir la prochaine vague de l’enquête que Le Monde réalise chaque mois en partenariat avec le Cevipof et Ipsos. Mais il est certain que cette affaire aura une influence.

Le statut d’assistant étant assez flou, les Fillon ne vont-ils pas s’en tirer avec une pirouette ? On a entendu certain affirmer que Penelope Fillon avait travaillé en prenant en exemple une simple présence à une inauguration ou commémoration…

Ce qui est certain c’est qu’il est très difficile de prouver « l’absence » de travail. M. Fillon, en décrivant les tâches que sa femme aurait effectuées, jeudi soir lors du journal de « 20 heures », a principalement fait référence à des actions non traçables : présence à des rencontres, remontées des « évolutions de la société », correction de discours, synthèse de la presse… Le dossier risque de reposer sur beaucoup de déclaratif. Mais au-delà du volet judiciaire, les dégâts pour François Fillon risquent d’être surtout lourds dans l’opinion.

La « Revue des deux mondes » est-elle propriété publique ou privée ? Est-ce une faute de payer quelqu’un à ne rien faire ? Qu’est ce qui empêcherait un patron d’avoir des employés qui ne travaillent pas ?

C’est une revue privée, propriété du groupe Fimalac détenu par Marc Ladreit de Lacharrière, un ami de M. Fillon. La qualification judiciaire dans ce cas-là est celle d’abus de biens sociaux.

Est-ce que « Le Canard enchaîné » avançait des preuves qui semblaient irréfutables si vérifiées ? C’est-à-dire pas des on-dit comme « nous n’avons jamais vu Mme Fillon »…

Le Canard enchaîné a apporté à la fois les fiches de paie de Mme Fillon, et a interrogé une série de personnes qui auraient dû théoriquement avoir connaissance du travail de Mme Fillon et qui sont tombées des nues. Michel Crépu, le rédacteur en chef de la Revue des deux mondes, n’a jamais vu Penelope Fillon. Une assistante parlementaire de M. Joulaud déclare elle aussi n’avoir jamais eu connaissance du travail de Mme Fillon, censée pourtant être l’autre collaboratrice du député.

Ce ne sont pas des preuves irréfutables, mais ce qu’on appelle dans la presse « un faisceau de preuves » qui justifie la parution d’un article. Si vous lisez bien Le Canard enchaîné, l’auteur se garde bien d’ailleurs d’employer les mots « d’emploi fictif », il évoque juste une assistante que personne n’a vue.

D’ailleurs, et c’est très intéressant, M. Fillon s’en prend au Canard, mais sur le fond, il ne nie rien : oui, elle a bien été payé les sommes avancées par le journal, et oui personne ne l’a vue, mais ça serait parce qu’elle a effectué un travail de l’ombre.

Avez-vous des pistes quant à la source de ces révélations ? Un autre candidat ? Une personne proche de Fillon ?

Je comprends votre question mais au Monde, nous n’enquêtons pas sur les sources de nos confrères. Le secret des sources est une règle très importante qui permet à la presse de faire son travail. Ce qui n’empêche pas les responsables politiques de chercher l’auteur de la fuite et s’accuser les uns les autres en coulisse depuis trois jours.

Pourquoi, alors que c’est Penelope Fillon qui est mise en cause, c’est son mari qui répond aux questions des journalistes ?

C’est notre métier de poser ces questions, mais Penelope Fillon n’a aucune obligation de répondre à celles des journalistes. Il n’y a qu’à la justice qu’elle se doit de répondre. En revanche, son mari est candidat à la présidence de la République, et il est directement mis en cause dans cette affaire, puisque c’est lui (puis son suppléant) qui embauché sa femme et c’est son ami (Marc Ladreit de Lacharrière), qui possède la Revue des deux mondes. Il est donc logique qu’il vienne s’expliquer devant la presse.

 Au sujet de cette affaire Penelope Fillon, quelles sont les prochaines dates qui vont marquer l’avancée de l’enquête ? Y a-t-il un délai avant l’ouverture d’une information judiciaire ?

Vous êtes nombreux à poser cette question des délais de la justice. La réponse est simple : il n’y en a pas. La justice peut trancher dans quelques jours comme dans quelques mois.

Mme Fillon avait répondu à des interviews il y a quelques mois indiquant qu’elle commençait à s’immiscer dans la vie politique de son mari depuis la primaire de la droite… Ce qui impliquerait donc qu’elle ne l’a jamais fait par le passé. Avez-vous des informations ?

En effet, dans toutes ses interventions, Mme Fillon s’est toujours présentée comme une femme au foyer qui ne s’occupe pas des affaires publiques. Elle est tout de même conseillère municipale de sa ville depuis 2014. En 2016, elle a donné une interview au Bien public, qui résonne aujourd’hui étrangement. Elle y déclare : « Jusqu’à présent, je ne m’étais jamais impliquée dans la vie politique de mon mari. » M. Fillon se justifie aujourd’hui en disant qu’elle voulait signifier qu’elle ne s’impliquait pas au premier rang… Mais la déclaration fait du mal à sa défense.

Sait-on quel est le salaire moyen des assistants parlementaires ?

Les députés ont une enveloppe de 9 561 euros mensuel pour rémunérer jusqu’à cinq collaborateurs. Depuis une loi de 2014 (postérieure à l’affaire Penelope), un collaborateur ne peut pas toucher plus de la moitié de l’enveloppe. Habituellement, le salaire des collaborateurs est beaucoup moins élevé que les sommes touchées par Mme Fillon.

Emploi : la grande incertitude dans le monde entier

Emploi : la grande incertitude dans le monde entier

Selon cette enquête trimestrielle réalisée dans 42 pays et territoires de la planète, davantage de recruteurs au niveau mondial se disent cependant très incertains quant à leurs perspectives de recrutement entre juillet et septembre 2013 du fait de la timide demande des consommateurs. Seuls les recruteurs de quelques pays, tels aux Etats-Unis ou dans certaines parties d’Europe, échappent à la morosité. « Si vous regardez les choses d’un point de vue global, le sentiment général est qu’il y a assurément des difficultés », a déclaré le président directeur général de Manpower, Jeff Joerres, tout en précisant que les employeurs se montraient malgré tout plus optimistes sur les perspectives économiques mondiales qu’au cours des derniers mois. Sur les 42 pays et territoires sondés, Manpower relève que dans 31 d’entre eux, les employeurs envisagent des recrutements au prochain trimestre. Les intentions d’embauche se sont même renforcées par rapport au trimestre précédent dans 17 économies, notamment en Espagne, en Grèce et aux Etats-Unis. Les intentions d’embauche restent inchangées dans quatre pays et ont diminué dans 21, dont la France, la Chine et l’Inde. En Europe, les embauches sont suspendues du fait de l’augmentation des incertitudes chez les employeurs, constate le rapport. Jeff Joerres relève toutefois des signaux positifs, notamment en Grèce, où la perspective d’embauche, toujours négative, s’est améliorée depuis quatre trimestres.




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