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Le travail est aussi une émancipation (Laurent Berger)

Le travail est aussi une émancipation (Laurent Berger)

Laurent Berger se livre dans le Figaro , à quelques jours de passer la main à Marylise Léon à la tête du premier syndicat de France.

Le secrétaire général de la CFDT, qui quittera ses fonctions le 21 juin, vient de publier Du mépris à la colère. Essai sur la France au travail, aux Éditions du Seuil.

LE FIGARO. – Vous écrivez dans votre ouvrage qu’il n’est pas encore temps de tirer toutes les leçons de l’épisode de la réforme des retraites, mais qu’il est plus que temps de remettre le travail au cœur de la réflexion. S’en est-elle à ce point éloignée?

Laurent BERGER.- J’en veux pour preuve qu’il est revenu dans le débat public avec la crise pandémique. Avant cela, le travail n’était plus dans le débat politique. C’est un sujet qui est pris en tenaille. Il y a d’un côté une vision où on le considère uniquement comme une donnée économique et productive, qui a un coût. De l’autre, il est vu comme un facteur d’aliénation, de misère. Et entre les deux, il y a des millions de salariés qui le considèrent comme ce qu’il est, à savoir une réalité sociale, qui occupe une bonne partie de leur journée. Tous ces gens ont le sentiment…mais pour Laurent Berger, Le travail est aussi une émancipation.

Politique: La gauche a lâché le monde du travail et Macron l’a ignoré (Laurent Berger, CFDT)

Politique: La gauche a lâché le monde du travail et Macron l’a ignoré (Laurent Berger, CFDT)

A trois semaines de son départ, le secrétaire général de la CFDT règle ses comptes avec Emmanuel Macron mais aussi avec la gauche politique dans la Tribune.

Croyez-vous vraiment que la proposition de loi du groupe Liot, si toutefois elle était adoptée à l’Assemblée nationale, permettrait d’abroger la retraite à 64 ans pourtant promulguée le 14 avril dernier ?

Non, on n’a jamais fait croire ça aux gens. Mais puisque le gouvernement a voulu s’exonérer d’un vote du Parlement sur cet article-là, et que de l’autre côté, ce sont les Insoumis qui avaient bloqué l’examen de l’article 7, voilà enfin une occasion pour les députés de s’exprimer pour la première fois sur la retraite à 64 ans ! Ce n’est pas la CFDT qui a déposé cette proposition.

Est-ce bien raisonnable de faire croire aux Français qu’on reviendra sur la réforme, de dire comme vous le faites qu’on n’en finira jamais avec la réforme des retraites ?

Non, ce n’est pas un leurre. C’est plutôt l’illustration que cette réforme est le résultat d’un vice démocratique. Je maintiens l’expression à propos d’un projet de loi aussi fondamental sur lequel il n’y aura pas eu de vote et une adoption grâce au 49.3. Je l’avais dit. Oui, je le répète il y a eu vice démocratique car l’exécutif a usé de tout l’arsenal parlementaire pour changer radicalement la vie de deux millions de travailleurs et particulièrement ceux qui sont les plus exposés à des métiers difficiles. Ça pose un problème quand même que le Parlement, sur une mesure phare, les 64 ans, ne puisse pas délibérer par le vote.


Quand le match est perdu, vient le moment où les joueurs finissent par rentrer aux vestiaires non ?

Oui, mais on nous offre du temps additionnel. Le score n’est pas le plus favorable pour nous. Mais j’insiste, la proposition de loi est une initiative parlementaire. Elle ne vient pas de nous. Quand j’affirme qu’on n’en aura jamais fini avec la réforme des retraites, je veux dire que le ressentiment est profond. Bien sûr, que le texte s’appliquera le moment venu. Pas sûr d’ailleurs que toutes les mesures s’appliquent dès le 1er septembre si j’en crois les explications de certaines directions de la Sécurité Sociale tant les dispositions semblent complexes à mettre en place


Est-ce responsable d’appeler à une nouvelle journée de mobilisation, le 6 juin, contre cette réforme, compte tenu des risques de violences ?

Oui, il y a eu des dérapages dans quelques endroits lors de la dernière manifestation le 1er mai. Mais les violences ne viennent pas des organisations syndicales et nous les condamnons toutes. Ce ne sont pas les syndicats qui dérapent. C’est le fait d’irresponsables qui viennent casser du flic, du syndicaliste et de soi-disant symboles capitalistes. Tout ça ne constitue pas un argument suffisant pour nous faire renoncer à mobiliser les gens dans la rue quand nous portons des revendications justes.

En savez-vous plus sur les projets du gouvernement depuis votre dernière rencontre à Matignon notamment sur le contenu de la future loi Travail, sur la place des séniors, la pénibilité etc… ?

Non, pour l’instant, on n’en sait pas plus. Il y a eu ces réunions bilatérales avec la Première ministre. On a remis un certain nombre de propositions sur lesquelles on souhaitait avoir des débats, des discussions. Il y a le sujet des séniors, celui sur la pénibilité, mais aussi l’organisation du travail. La Première ministre a proposé une prochaine rencontre mais cette fois avec tous les partenaires sociaux. Pour l’instant, on n’a pas de date et on ne sait pas si ce sera à Matignon ou à l’Elysée. La CFDT est prête à construire un agenda social avec une part de négociations qui se feront entre syndicats et patronat si les sujets sont suffisamment prometteurs pour les travailleurs. En gros, on attend toujours que l’exécutif remette en route le dialogue social.

Avez-vous confiance en Elisabeth Borne et son gouvernement ?

J’ai confiance en la Première ministre, sa loyauté et sa sincérité à vouloir construire un agenda pour avancer sur certains sujets essentiels pour les Français. J’ai des doutes, en revanche, sur son ministre du Travail sur son envie d’avancer avec nous. Mais plus globalement, ce qui est important, ce n’est pas d’avoir confiance ou pas en l’un ou l’autre, ce qui m’importe, c’est la situation des travailleurs et la volonté de construire du mieux pour eux. J’ai des doutes sur la volonté réelle d’obtenir de vraies avancées et sur le fait de se contenter de quelques mesurettes validées par le Président de la République.

Quel bilan tirez-vous des six ans d’Emmanuel Macron au pouvoir ?

Forcément contrasté. Sur l’emploi, on a quand même largement progressé même s’il subsiste encore un chômage de masse. La formation reste un sujet énorme. Globalement, les années Macron auront été celles d’une gouvernance trop verticale alors que les problèmes du pays sont de plus en plus complexes comme la transition écologique qui nécessite d’associer davantage les corps intermédiaires. Ce n’est pas à moi de tirer le bilan mais je constate un impensé sur trop de sujets comme le travail. Cette majorité n’est pas la seule malheureusement à avoir négligé ce sujet. La notion de travail est prise en otage entre deux visions : d’un côté ceux pour qui il s’agit juste d’une donnée productive et pas une réalité sociale, et de l’autre ceux qui ne conçoivent le travail qu’en termes de misère, d’exploitation et d’aliénation. Ce n’est pas ça le travail. Quand on écoute vraiment ce que disent les travailleurs, c’est entre les deux. C’est d’abord une réalité sociale, ça peut être un lieu de souffrance mais c’est aussi un vecteur de réalisation, d’émancipation.

Vous défendez une vision « en même temps » du travail… Vous aviez tout au départ pour vous entendre avec lui. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné entre vous ?

Sa vision des syndicats, de la place de la négociation sociale, de la démocratie sociale est aux antipodes de la nôtre. La CFDT, elle, n’a pas changé de logiciel. La preuve puisque nous avons signé dans les trois derniers mois trois accords nationaux interprofessionnels avec le patronat sur le partage de la valeur, sur la transition écologique et sur les accidents du travail. On continue donc de faire notre boulot de syndicaliste sur la base de compromis.

En fait, le président de la République n’est pas à l’aise avec cette notion de compromis. Il ne s’est pas ce que veut dire négocier c’est-à-dire entrer dans ce processus où on s’écoute, on se confronte et à la fin, évidemment, il y a accord ou non et alors dans ce cas il y en a un qui décide. Mais on a le sentiment que d’avoir écouté, ça a servi à quelque chose. A part pendant la période du Covid, on n’a jamais réussi à discuter, à être associés. On savait quand Emmanuel Macron a été élu en 2017 qu’il y aurait moins de place pour les organisations syndicales. Pour lui, les syndicats doivent être cantonnés au sein des entreprises et se mêler le moins possible des questions nationales. Je rappelle quand même qu’il y a un an, on a mouillé la chemise en signant une tribune avec Philippe Martinez pour appeler à voter pour lui contre le Marine Le Pen. Ce n’était pas gagné. On partait de loin… On aurait pu espérer repartir sur de bonnes bases au début de son deuxième mandat au moins en termes de discussions.

Vous avez préféré les années François Hollande. C’est aussi ça qui a coincé entre vous ?

Non. D’abord je n’ai aucune préférence. Je fais avec ceux qui sont en face. On m’a prêté pendant des années un rôle auprès de François Hollande qui n’était pas le mien. Je ne fréquente personne dans le monde politique en dehors de mes obligations professionnelles. J’admets que j’ai soutenu des choix sous la présidence Hollande comme le pacte de responsabilité. La CFDT n’a pas tout soutenu mais il y avait à l’époque une volonté d’associer davantage les syndicats aux décisions.

Dans votre livre « Du mépris à la colère » (Ndlr, éditions du Seuil), vous écrivez que la gauche a une vision « misérabiliste » du travail, qu’elle n’est pas « travailliste ». La gauche version sociale-démocrate est-elle fichue ?

Non, la gauche n’est pas fichue. En Europe, elle est encore puissante. On la voit à l’œuvre en Allemagne et dans certains pays nordiques. En France, oui, la gauche a trop souvent considéré que le travail était un sujet subalterne. Par manque de réflexion, par facilité ou aussi parce qu’elle avait perdu les ouvriers, la gauche a lâché le monde du travail. Résultat : elle s’est contentée le plus souvent d’une vision misérabiliste quand certains ont carrément opté pour la défense du droit à la paresse !

Est-ce que vous maintenez que le pays vit une « grave crise démocratique », ce que le président de la République a contesté ? N’est-ce pas plutôt une crise de la gouvernance ?

Cette crise démocratique existait avant le conflit des retraites et même avant l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. Elle s’est beaucoup creusée. C’est un fait : les gens n’ont plus vraiment confiance dans les institutions qui sont censées nous régir collectivement. Il y a une défiance manifeste. Quand les gens ont le sentiment de ne plus être écoutés, que leur situation n’est pas prise en compte par ceux qui sont censés les représenter alors s’installe une crise démocratique. Et dans cette situation que nos gouvernants préfèrent nier, les plus audibles sont les extrêmes. Quand on est dans un débat public qui est vicié, il ne faut pas s’étonner que les gens aient envie de gueuler pour se faire entendre.

Etes-vous favorable au principe d’un ISF Vert pour financer les conséquences économiques de la transition climatique préconisé par l’économiste Jean Pisani-Ferry ?

Je salue ce travail qui nous permet de prendre la mesure du chemin à parcourir et avance des propositions concrètes pour financer ce qui doit constituer notre priorité. On ne peut pas les balayer d’un revers de main uniquement parce qu’un terme, ISF, ne plait pas. Je suis favorable à l’idée que pour financer les investissements nécessaires à l’indispensable transition climatique, nous aurons besoin d’investissements publics massifs. Il faudra donc trouver des ressources. Évidemment qu’il faudra mettre les plus hauts revenus davantage à contribution. Je m’inquiète de voir à quelle vitesse le gouvernement a refermé le débat lancé par deux économistes qui n’ont rien de dangereux gauchistes. J’ai peur que leur rapport finisse dans un placard. Or, nous sommes à un moment de bascule de l’histoire où il faut se demander comment on accélère en termes de transition écologique, de la planification écologique et qui, sous la responsabilité de la Première ministre, à l’évidence patine.

Faut-il une nouvelle réforme de l’immigration ?

La 21ème en vingt ans, c’est ça ? Non, je ne la crois pas nécessaire. Celle qui avait été préparée par Gérald Darmanin et Olivier Dussopt contenait quelques bonnes choses comme le dispositif permettant de régulariser les travailleurs sans papiers qui travaillent même s’il y avait aussi des manques. On ferait œuvre collective en régularisant les travailleurs sans papiers. On libérerait un certain nombre d’hôtels sociaux. On permettrait à des gens qui travaillent déjà de rentrer dans le circuit économique normal. Or à quoi assistons-nous ? A une nouvelle instrumentalisation du débat migratoire à des fins politiques.

Mais les Français réclament une réduction drastique de l’immigration comme l’ont fait certains pays scandinaves, ou comme le recommandent Les Républicains…

La question migratoire est avant tout européenne. J’ai le sentiment qu’à force de ne pas vouloir poser un peu sereinement les enjeux du débat, c’est à dire en écoutant par exemple le patronat et le nécessaire besoin de main d’œuvre, on court à la catastrophe. Il y a aussi un devoir d’humanité avec les migrants. Il faut une politique de régularisation j’en suis convaincu mais essayons de poser le débat de façon apaisée. Quand j’entends Bruno Retailleau vouloir supprimer l’Aide médicalisée d’urgence, je dis halte au n’importe quoi. Écoutons les médecins qui nous disent que c’est juste impossible de ne pas soigner des gens malades !

Que ressentez-vous à vingt jours de votre départ ?

Un mélange de sérénité et de mélancolie. Je suis serein pour deux raisons. D’abord, le sentiment d’avoir fait le job. On ne le fait jamais parfaitement mais je vois que la CFDT va bien. Je me réjouis que la passation de pouvoirs se passe dans d’excellentes conditions comme ce fut le cas entre François Chérèque et moi-même et, avant, entre Nicolas Notat et François. Ce n’est pas le cas dans toutes les organisations. Je vais retrouver une vie normale, en tout cas plus calme. Presqu’onze ans, ça commence à peser même si j’éprouve au moment du départ de la mélancolie. J’ai adoré cette fonction. J’ai aimé les gens avec qui j’ai travaillé au quotidien. La page se tourne mais je reste un militant.

Que retenez-vous de votre décennie passée à la tête de la CFDT ? Avez-vous des regrets ?

Oui, des regrets forcément. Les chiffres d’adhésion sont meilleurs aujourd’hui mais, je regrette que l’on n’ait pas suffisamment développé la syndicalisation. Avant le conflit des retraites, on comptait à la fin de l’année 2022 610.000 adhérents. Depuis janvier, on a enregistré 40.000 nouvelles adhésions. Donc voilà, on redevient attractifs. Il faut poursuivre sur cette lancée. J’ai le regret que l’on n’ait pas toujours réussi à faire aboutir un certain nombre de négociations. Si on avait réussi sur le dialogue social en 2015, on aurait peut-être échappé aux ordonnances Pénicaud en 2017.

Le grand regret c’est aussi l’abandon du projet de loi sur le système de retraites universel qui permettait de corriger des inégalités du système actuel. La CFDT avait soutenu la réforme. Sans le Covid, ça passait. Mais il y a aussi de grandes fiertés comme En 2013, lorsqu’on a obtenu avec le Medef sous Laurence Parisot d’avoir des représentants salariés dans les conseils d’administration des entreprises. La plus grande étant sans doute d’avoir placé la CFDT tout en haut de la hiérarchie syndicale en 2018. Une première place confirmée en 2021.

Pourquoi dites-vous que le syndicalisme est sorti gagnant de la séquence des retraites alors que des millions de salariés ont marché pour rien ?

Je ne peux pas vous laisser dire qu’ils n’ont marché pour rien. Oui, le syndicalisme sort renforcé parce qu’on a démontré la centralité syndicale parce qu’il a permis à des millions de travailleurs d’exprimer leur dignité, leur fierté. Il faut quand même se rappeler d’où l’on vient. En 2018, on disait de nous après les gilets jaunes qu’on ne représentait rien, que la contestation sociale prendrait de nouvelles formes. C’est l’inverse qui s’est passé. Les cortèges ont dépassé nos espérances. Après, on nous a dit « ça va être le bordel ». Pas du tout. Les manifestations se sont déroulées dans un parfait calme à de rares exceptions. On a réussi à manifester dans la dignité. J’ajoute que la CFDT a assumé le leadership sur cette mobilisation. Bien sûr, à l’arrivée, on n’a pas réussi à faire revenir le gouvernement sur sa décision. On ne gagne pas à tous les coups.

Les syndicats ont perdu toutes leurs batailles ces dernières années…

Non, ce n’est pas vrai. Sur le terrain, les syndicats remportent des luttes locales. On a obtenu des augmentations salariales conséquentes, on a préservé des emplois, on a amélioré les conditions de travail de milliers de salariés dans les entreprises où nous sommes présents. Ce que je constate c’est qu’il y a trois ans, on n’avait pas le même regard sur les syndicats. On disait de nous que nous étions morts. Nous nous sommes remis en cause à la CFDT. On a mené un travail de fond pour élargir notre implantation et se mettre à l’écoute des salariés. Cela a payé. 60% de nos adhérents sont issus du privé. Nous sommes en prise avec le monde du travail réel. Je n’ai pas été surpris de voir ces salariés du secteur des services et de la santé participer à leurs premières manifs. Nous n’avons peut-être pas gagné au sens sportif du terme, mais on a montré qu’on savait mettre en exergue ce qui était l’expression du monde du travail et se mobiliser contre une réforme qu’on considère injuste.

Mais pendant le conflit des retraites, cela a tourné aussi à une affaire personnelle entre Emmanuel Macron et vous-même ? Vous allez d’ailleurs quitter la tête de la CFDT sans revoir le président de la République ?

Oui et alors ? Cette personnalisation du conflit est venue beaucoup de lui et sans doute aussi des médias. Quand il cible la CFDT dans son interview au journal de 13 heures, il jette inutilement de l’huile sur le feu. Il n’a pas cherché à apaiser la situation. Même chose quand il évoque le camp des irresponsables devant des éditorialistes. Il est président, je suis syndicaliste. Chacun est à sa place.

En 2012, vous déclariez que « le Front national était toujours trop haut et que ce parti était une tâche sur la démocratie ». Diriez-vous la même chose du Rassemblement national dix ans plus tard ?

Oui. Le Rassemblement national est beaucoup trop haut. Ça montre bien qu’on a un problème démocratique. Parce que c’est faux de croire que le Rassemblement national serait une réponse aux enjeux de transformation que sont la question écologique, la situation internationale, les tensions sociales. Je ne crois pas que le Rassemblement national soit un parti comme les autres et je continue de le penser. Je ne m’accommode pas de cette situation avec une Marine Le Pen aux portes du pouvoir.

La perspective de Marine Le Pen favorite pour la présidentielle de 2027 pourrait-elle être une raison exceptionnelle pour vous engager en politique
?

Si, j’avais foi dans l’homme ou la femme providentielle… Mais je ne crois pas du tout que la réponse soit individuelle. Je ne veux pas faire de politique. Pas question de gêner la CFDT. Et puis, je n’ai pas le goût pour la politique. Pour autant, je ne me tairai jamais face au risque Le Pen. Je participerai au débat public sous une forme ou sous une autre mais à la place qui sera la mienne. Et après on verra bien ce qui se passe dans les années à venir. Mais si c’est pour aller conduire sur une liste ou aller chercher les suffrages, c’est non.

Que dites-vous à votre successeure Marylise Léon avant de prendre ses fonctions ?

Bon courage. C’est une chance de diriger l’organisation syndicale dans laquelle on a choisi de militer. C’est beaucoup de travail et des satisfactions. Je lui dis aussi de se méfier de l’écume des réseaux sociaux. La vérité se situe toujours sur le terrain, au contact des militants.

Qui seraient vos invités (personnages morts ou vivants) dans un dîner parfait
?

Nelson Mandela, un modèle, une inspiration par sa capacité à apaiser les situations les plus compliquées. Ensuite Pierre Mendès-France pour son éthique et sa pratique du pouvoir. Bruce Springsteen enfin car j’ai raté son dernier concert. Et puis, il y a mon prédécesseur François Chérèque, décédé trop tôt, et avec qui j’aurais aimé faire cette bouffe.

En quoi souhaiteriez-vous vous réincarner ?

En dauphin, ceux qu’on croise près de l’île de Sein.

Qu’aimeriez-vous sur votre épitaphe ?

La distance entre le rêve et la réalité s’appelle l’action.

Et si c’était à refaire, quel métier aimeriez-vous exercer ?

Journaliste. Cela permet de poser des questions et de ne pas y répondre.

De quoi rêviez-vous enfant ?

Je voulais être berger dans les montagnes.

Où aimeriez-vous être en 2027 ?

Sur un kayak le long des côtes bretonnes.

Retraites : « il n’y a que des perdants » (Laurent Berger, CFDT)

Retraites : « il n’y a que des perdants » (Laurent Berger, CFDT)

« « Ni vainqueur ni vaincu », c’est faux. Il n’y a que des perdants », déplore Laurent Berger
Le patron de la CFDT, Laurent Berger, a déploré la promulgation expresse de la loi, dans un entretien au Parisien. A l’image de l’intersyndicale, il appelle à une manifestation historique le 1er mai.

« « Ni vainqueur ni vaincu » a déclaré la Première ministre, c’est faux. Il n’y a que des perdants », a déclaté au JDD Laurent Berger. « Les travailleurs qui vont être touchés, le gouvernement, la cohésion sociale et la justice sociale. Tout ça pour ça ! Il y a eu des mensonges, des contre-vérités, des imprécisions », a-t-il encore ajouté.

Malgré sa colère, Laurent Berger condamne fermement les violences, tout particulièrement celles qui ont émaillé les rues de Rennes et de Paris vendredi soir. « La violence n’a pas de place. Ça ne servira à personne. »

Énonçant la suite, Laurent Berger garde une once d’optimisme pour le deuxième référendum d’initiative citoyenne (RIC) dont la demande a été déposée hier, devant le Conseil constitutionnel. Le chef de la CFDT s’emballe aussi à l’annonce d’un grand 1er-Mai voulu par l’intersyndicale. « Je souhaite que le 1er mai, on casse la baraque en nombre de manifestants dans la rue. Le monde du travail doit montrer sa dignité comme il l’a fait depuis début janvier, fait-il savoir, Il faut aller en famille, dans des mobilisations populaires, festives, conviviales, dire qu’on veut un autre monde du travail et non aux 64 ans. »

Réforme des retraites et assemblée : un « spectacle honteux » (Laurent Berger , CFDT))

Réforme des retraites et assemblée : un « spectacle honteux » (Laurent Berger , CFDT))

« Le spectacle qui est donné à l’Assemblée nationale est indigne, honteux », a ainsi lancé Laurent Berger ( CFDT), lors d’un entretien sur Europe 1 ce lundi 20 février.

Le secrétaire général de la CFDT a assuré que « la grève du 7 mars ne sera pas une prolongation du bordel qui s’est passé à l’Assemblée nationale, dans les rues ». « Le 7 mars, c’est la poursuite du mouvement syndical orchestré depuis la première manifestation, le 19 janvier dernier », a-t-il ajouté.

« Il fallait aller à l’article 7 », a estimé Laurent Berger ce lundi, considérant qu’il y a un « double problème ». « Premièrement, c’est que le délai est trop contraint. Et deuxièmement, c’est le comportement de certains députés, notamment de LFI, qui ont considéré que l’obstruction était plus bénéfique, contre l’avis des organisations syndicales, que d’aller jusqu’à l’article 7 », a-t-il précisé. La veille, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, avait déjà reproché à LFI de vouloir « s’approprier le mouvement social pour faire passer les syndicats au second plan », lors d’un entretien sur BFMTV.

Crise: Lutter contre l’aggravation des inégalités (Laurent Berger )

Crise: Lutter contre l’aggravation des inégalités (Laurent Berger )

Secrétaire général de la CFDT

Pour répondre aux attentes des salariés touchés par la crise, et notamment les plus jeunes, les organisations syndicales doivent revoir leur organisation et leurs modes d’action, estime le secrétaire général de la CFDT dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Plongé dans le bain du révélateur de la crise sanitaire, le monde du travail dévoile une photographie minée par les inégalités. Les salariés qui enchaînent les « petits boulots » pour s’en sortir, les indépendants fragilisés par un statut qui les protège moins que les autres, les jeunes bloqués aux portes du marché de l’emploi par une explosion du nombre de chômeurs, les salariés des petites entreprises peu représentés…

Tous ces travailleurs sont aujourd’hui en grande difficulté. Nombre d’entre eux sont susceptibles de tomber d’un instant à l’autre du fil sur lequel ils se tenaient tant bien que mal. Pour d’autres, la chute s’est déjà produite ces derniers mois. Dix millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont touchés par la pauvreté.

Ce sombre tableau nous interroge. Les travailleurs les plus précaires sont souvent les plus éloignés des combats qui ont fondé le syndicalisme et transformé la valeur créée en bien-être collectif. Les institutions et protections construites tout au long de l’histoire du mouvement ouvrier ne sont pas toujours adaptées à leur réalité. Elles doivent évoluer dans leurs principes pour réduire la fracture qui se creuse entre des travailleurs protégés qui ont des emplois stables, et ceux qui se sentent relégués… et qui malheureusement le sont. Partir du réel pour améliorer le présent : c’est la voie dans laquelle le syndicalisme doit s’engager pour faire la preuve de son utilité.

Par exemple, avant la crise, les contrats à durée déterminée représentaient 80 % des embauches. Un quart d’entre eux ne dépassait pas un jour de travail. Difficile dans ces conditions de croire en l’action collective pour améliorer sa situation. Notre avenir passe par un dialogue social exigeant qui articule critique sociale, propositions, engagement et responsabilité. Depuis des années, nous réclamons justement qu’une action soit menée dans les branches pour éviter des abus qui ne donnent aucune perspective d’avenir pour les travailleurs et plombent les comptes de l’assurance-chômage.

Le patronat n’a jamais été au rendez-vous. Nous n’acceptons pas une situation qui touche en temps de crise les travailleurs les plus fragiles. Nous sommes favorables à une taxation des contrats courts qui responsabiliserait les employeurs et dégagerait l’horizon de millions de salariés, en particulier les plus jeunes d’entre eux. Ces jeunes ont du mal à se retrouver dans le syndicalisme quand le marché du travail ne leur fait pas de cadeau. Ils en sont pourtant l’avenir. Leur implication est indispensable afin de mieux comprendre les changements du monde et imaginer un modèle de développement.

SNCF : 3 conditions pour sortir du conflit (Laurent Berger, CFDT)

SNCF : 3  conditions pour sortir du conflit (Laurent Berger, CFDT)

 

Laurent Berger dont le syndicat est largement impliqué dans le conflit SNCF est toutefois lucide ; Il ne le dit pas clairement mais pense que le gouvernement ne reviendra pas sur plusieurs aspects : le statut des cheminots, la concurrence et la transformation juridique de l’entreprise. Du coup pour lui, reste 3 conditions pour sortir des conflits : l’apurement de la dette, le financement des investissements et le contenu de la convention collective qui va se substituer aux statuts pour les nouveaux embauchés.  Laurent berger : «  Ce rendez-vous est pour moi un acte d’ouverture. J’en attends des engagements clairs sur la reprise de la dette, la politique d’investissement de l’Etat dans le ferroviaire et la garantie de l’Etat que l’Union des transports ferroviaires négociera une convention collective de haut niveau en matière notamment de protection sociale… ». Il n’est toutefois pas certain que le gouvernement veuille s’engager sur ces derniers point tellement sa réforme est mal préparée, souvent contradictoire et surtout idéologique. Macron veut en effet une victoire totale, en bref écraser l’entreprise, les cheminots et les syndicats pour montrer se muscles et sa posture de grand réformateur. De leur coté CGT et Sud ne céderont que par épuisement des troupes. Le conflit risque de durer et par parenthèse de tuer la croissance du second trimestre. Un enjeu que ni les uns, ni les autres ne semblent prendre en compte. Bref pour l’instant la radicalité vaut pour les eux camps sauf pour la CFDT qui préférait la négociation.

 

Chômage : «pas de mesure miracle» (Laurent Berger, CFDT)

Chômage : «pas de mesure miracle» (Laurent Berger, CFDT)

 

Dans le cadre du grand forum RTL–le Figaro Laurent Berger a répondu par avance au futurs plan de François Hollande en considérant qu’il n’y avait pas de remède miracle pour lutter contre le chômage. Effectivement ce ne sont pas seulement quatre ou cinq mesures spectaculaires qui seront de nature à constituer une véritable politique économique. De ce point de vue,  Laurent Berger a raison de considérer avec une certaine circonspection le plan d’urgence de François Hollande ;  il est clair de toute façon qu’on ne peut mettre en œuvre et surtout obtenir des bénéfices d’une nouvelle politique économique en quelques mois ; celà supposait de réelles évolutions structurelles concernant en particulier la compétitivité des entreprises, l’environnement bureaucratique aussi la gestion sociale. Pour autant, Laurent Berger est en faveur d’une plus grande formation des non qualifiés À la veille de l’annonce du plan de la dernière chance de François Hollande contre le chômage, le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, s’est montré onterrogatif. «J’attends du président» qu’il «soit capable de décider du modèle économique de demain, dont les défis sont énormes», avec «la transition énergétique, la transition numérique» et qu’il détaille le «modèle social qui va avec», a déclaré Laurent Berger ce dimanche dans l’émission «Le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI». Laurent Berger le sait, il risque d’être déçu. Les dernières informations ayant transpiré à propos du plan de François Hollande ne l’enthousiasment guère. Les TPE et PME qui embauchent pourraient bénéficier d’une prime? «Je ne suis pas fan du tout, a-t-il dit. Il faut faire attention à ne pas arroser le sable alors que ça coûte très cher.» Le leader du syndicat réformiste craint «un énorme effet d’aubaine» et que la prime «aille même à ceux qui avaient déjà prévu d’embaucher». À tout le moins, appelle Laurent Berger, il ne faudrait déclencher les aides que pour les seules embauches en CDI ou en CDD de plus de six mois.

L’absence de réforme fiscale (Laurent Berger)

L’absence de réforme fiscale (Laurent Berger)

 

Acculé par les mauvais résultats économiques (et l’impopularité) le gouvernement va être contraint de décréter une période de gel du dispositif fiscal. Il faut en effet redonner confiance et pour cela la stabilité fiscale et administrative est indispensable. Ce qui ne l’empêchera pas de retoucher à la marge avec par exemple le pacte de stabilité (qui risque de finir en eau de boudin)  ou encore la création d’une taxe sur l’énergie. La fameuse réforme fiscale promise par Hollande en 2012 et reprise par Ayrault est sans doute enterrée, ce que déplore Laurent berger de la CFDT. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a déploré vendredi sur Radio Classique l’absence de réforme fiscale et estimé que le projet de taxe écologique du président François Hollande faisait « brouillon ».  Il a rappelé que le chef de l’Etat avait promis pendant sa campagne de 2012 une réforme fiscale. « Il n’y a pas eu cette réforme fiscale, ce qui fait qu’à chaque nouvelle mesure annoncée, ça brouille les pistes, plus personne ne s’y retrouve et c’est ça aujourd’hui le problème », a-t-il poursuivi. Face au « ras-le-bol fiscal » qui monte en France, François Hollande a décrété une pause, dont le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault a dit qu’elle ne serait effective qu’en 2015. Le chef de l’Etat n’en devait pas moins annoncer vendredi, lors d’une conférence environnementale, une « contribution climat-énergie ». « Sur cette fiscalité écologique, qui est nécessaire, on se retrouve dans une espèce de brouillon dont on ne sait pas ce qu’il va en sortir », a estimé Laurent Berger.




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