Archive pour le Tag 'l’armée'

Sahara : le chef islamiste tué par l’armée française

Sahara : le chef islamiste tué par l’armée française

 

Le chef du groupe djihadiste État islamique au Grand Sahara (EIGS), Adnan Abou Walid al Sahraoui, a été tué par la force Barkhane L’EIGS est considéré comme l’auteur de la plupart des attaques dans la zone des trois frontières, à cheval sur le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Cette zone dite des «trois frontières» est la cible récurrente d’attaques de deux groupes armés djihadistes: l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al Qaïda.

Une victoire d’après le président de la république. Reste cependant à définir l’avenir de la force Barkhane qui s’est mis en retrait depuis le coup d’État au Mali et qui souffre d’une inadaptation par rapport aux immenses enjeux. Dans cette affaire, la France demeure relativement isolée du fait de l’indifférence de l’union européenne notamment.

L’armée française peut tenir mais pas longtemps !

L’armée française peut tenir mais pas longtemps !

 

Un article du Figaro indique que la capacité de la France à soutenir un conflit de haute intensité est limitée.

Si les États-Unis étaient engagés dans un conflit de «haute intensité», quel genre d’alliée pourrait être la France? Quelle guerre mènerait-elle? Avec ce type de questionnement comme fil conducteur, la Rand Corporation a livré au printemps dernier une analyse lucide. Le think-tank anglo-saxon, référence dans les milieux de défense, aboutit à une conclusion ambivalente: «la France est prête pour la guerre, mais pas à une guerre longue.»

 

Le risque de «haute intensité» est devenu l’un des refrains militaires pour les conflits à venir. Mais après avoir mené des guerres asymétriques pendant deux décennies, la France risque d’être confrontée à des adversaires du même calibre qu’elle. «L’armée française est conçue comme une force polyvalente avec un accent mis sur le “segment médian”. Le segment médian est généralement défini comme assez lourd pour survivre dans un champ de bataille conventionnel mais assez léger pour demeurer déplorable dans des environnements austères, comme au Mali.

 

De quoi s’interroger sérieusement sur la marotte de certains militaires qui misent tout sur la cyber guerre et dédaignent les champs conventionnels qui appelleraient à une profonde réforme de notre stratégie militaire.

Cyber-guerre : l’armée embauche 770 spécialistes

Cyber-guerre : l’armée embauche  770 spécialistes

 

 

 

Le ministère des Armées compte recruter 770 cyber-combattants supplémentaires, en plus des 1100 embauches initialement prévues d’ici 2025. Ils seront 5000 au lieu des 4000 prévus au départ.

D’ici à 2025, les armées françaises compteront dans leur rang 5000 cyber-combattants. Lors du FIC (Forum international de la cybersécurité) qui se tient à Lille, Florence Parly, ministre des Armées a annoncé le recrutement de 770 spécialistes de la cyber défense, en plus des 1100 recrutements initialement prévus.

« Compte tenu de la multiplication et de la gravité des cyberattaques, j’ai décidé d’intensifier les recrutements durant la période 2019-2025″, a décidé Florence Parly.

Parmi eux, des experts du numériques, de l’informatique et des réseaux, mais aussi des linguistes, des psychologues et des spécialistes des relations internationales. a

Un détournement des données par l’armée américaine

Un détournement des données par l’armée américaine

Un article de Byron Tau Dans le Wall Street Journal

 Des personnes habitant dans le monde entier fournissent à leur insu des renseignements basiques à l’armée américaine, en utilisant simplement une application grand public sur leurs smartphones.

Premise, une société de San Francisco, paie des utilisateurs, dont beaucoup habitent dans des pays émergents, afin qu’ils accomplissent des petites tâches en échange d’un peu d’argent. Ces missions consistent souvent à prendre des photos, à répondre à des enquêtes ou à effectuer d’autres collectes de données simples ou des relevés d’observation, par exemple compter des distributeurs automatiques de billets ou pointer des prix de biens de consommation comme les denrées alimentaires.

Environ la moitié des clients de la société sont des entreprises privées à la recherche d’informations commerciales, indique Premise. Ces dernières peuvent vouloir obtenir des données sur l’implantation de leurs concurrents, faire du repérage pour des emplacements et effectuer d’autres tâches élémentaires d’observation dans les lieux publics. Ces dernières années, Premise a également commencé à travailler avec l’armée américaine et des gouvernements étrangers, en mettant en avant les possibilités offertes par sa main-d’œuvre flexible, internationale et travaillant à la tâche capable de faire des missions de repérage basiques et de sonder les opinions publiques.

Premise fait partie de ses entreprises, dont le nombre augmente, qui se situent à cheval entre les services aux consommateurs et la surveillance pour le compte de gouvernements. Ces sociétés s’appuient sur la prolifération des téléphones portables pour transformer des milliards d’appareils en capteurs recueillant des informations d’origine source ouverte (OSINT) utiles aux services de sécurité gouvernementaux du monde entier.

« Les données obtenues grâce à nos collaborateurs ont permis d’informer les décideurs politiques sur la meilleure façon de gérer l’hésitation à se faire vacciner, les risques liés à l’ingérence étrangère et à la désinformation lors des élections, ainsi que, par exemple, la localisation et la nature des activités des gangs au Honduras »

L’entreprise affirme que 90 % de son travail consiste à évaluer le ressenti des opinions publiques et à étudier la géographie humaine en rémunérant les utilisateurs pour qu’ils répondent à des enquêtes. Elle obtient ainsi des données qui, selon elle, peuvent servir aux entreprises commerciales, aux organisations à but non lucratif et aux gouvernements. Certains de ses projets, moins nombreux, consistent à demander aux utilisateurs de se déplacer sur le terrain pour accomplir des missions, par exemple prendre des photos ou suivre un itinéraire prédéterminé. Parfois, ces opérations impliquent la collecte de données concernant les réseaux mobiles situés à proximité ou d’autres téléphones portables, explique la société, comparant cette pratique à la façon dont Google et Apple cartographient les réseaux Wi-Fi avec les smartphones utilisant leurs systèmes d’exploitation.

« Les données obtenues grâce à nos collaborateurs ont permis d’informer les décideurs politiques sur la meilleure façon de gérer l’hésitation à se faire vacciner, les risques liés à l’ingérence étrangère et à la désinformation lors des élections, ainsi que, par exemple, la localisation et la nature des activités des gangs au Honduras », détaille Maury Blackman, directeur général de Premise. La société refuse de révéler l’identité de ses clients, invoquant sa politique de confidentialité.

Premise a été lancé en 2013 comme outil destiné à recueillir des données que les gouvernements et les ONG étaient susceptibles d’utiliser dans le cadre de leurs activités de développement international. Ces dernières années, il a également tissé des liens avec l’establishment de l’appareil sécuritaire américain et mis en avant sa capacité à servir d’outil de surveillance, selon des documents et des témoignages d’anciens employés. En 2019, les documents marketing de l’entreprise indiquaient qu’elle comptait 600 000 contributeurs opérant dans 43 pays à travers le monde, dont des zones sensibles comme l’Irak, l’Afghanistan, la Syrie et le Yémen.

Selon les registres de dépenses fédérales, Premise a reçu au moins 5 millions de dollars depuis 2017 dans le cadre de projets militaires — notamment des contrats avec les armées de l’air et de terre et en tant que sous-traitant d’autres entités du secteur de la défense. Lors d’un argumentaire présentant sa technologie, préparé en 2019 pour la Combined Joint Special Operations Task Force-Afghanistan, Premise présentait trois utilisations potentielles susceptibles de « répondre aux besoins d’information du commandement » : jauger l’efficacité des opérations d’information américaines ; repérer et cartographier les lieux d’interaction sociale clés telles que les mosquées, les banques et les cybercafés ; surveiller secrètement les signaux des antennes-relais et du Wi-Fi dans une zone de 100 km2. Selon cette présentation, les missions doivent être conçues de manière à « masquer leur intention véritable » vis-à-vis des participants qui ne sont pas nécessairement conscients de travailler pour une opération gouvernementale.

La société assure que le document ne décrivait que des fonctionnalités potentielles et ne dépeignait pas exactement le travail effectué pour ses clients militaires. Un porte-parole des forces de la coalition en Afghanistan n’a pas réagi à notre demande de commentaire destinée à savoir si elles avaient eu connaissance de la note de synthèse ou avaient fait appel aux services de Premise.

Un deuxième document, soumis à l’armée de l’air en vue d’obtenir une subvention que la société a finalement reçue, évoque des fonctionnalités similaires. Premise y indique qu’elle peut envoyer des collaborateurs effectuer des « missions d’observations suivant des instructions, recueillir leur impression sur celles-ci, et cartographiers de réseaux mobiles ». Un autre document produit par Premise indique que la société peut concevoir des « activités réalisés par des mandataires », comme le comptage d’arrêts de bus, de lignes électriques ou de distributeurs automatiques de billets, afin d’inciter les contributeurs à se déplacer pendant la collecte de ces données basiques.

Les données provenant des réseaux Wi-Fi, des antennes-relais de téléphonie cellulaire et des appareils mobiles peuvent être précieuses pour l’armée notamment en termes de connaissance de la situation, et de suivi des cibles. Le fait de disposer d’un réseau distribué de téléphones faisant office de capteurs offre également une capacité en matière de géolocalisation. Connaître la puissance du signal des antennes-relais et des points d’accès Wi-Fi situés à proximité peut être utile pour tenter de brouiller les communications lors d’opérations militaires. Selon les experts en la matière, les noms des réseaux sans fil existants peuvent également aider à identifier l’emplacement d’un appareil, même si le GPS est désactivé.

En juillet dernier, Premise a soumis au gouvernement britannique un document détaillant ses capacités. La société y affirme qu’elle peut récupérer plus de 100 types de métadonnées à partir des téléphones de ses contributeurs et les fournir à ses clients — notamment la localisation d’un téléphone, son modèle, le niveau de la batterie et les applications installées dessus

M. Blackman affirme que la collecte de ce genre de données open source ne constitue pas un travail de renseignement. « Elles sont disponibles pour quiconque possède un téléphone portable, dit-il. Elles ne sont pas uniques ou secrètes. »

«  Si certaines de nos données sont utilisées par les agences gouvernementales pour élaborer des politiques et protéger nos citoyens, nous en sommes fiers », ajoute M. Blackman.

En juillet dernier, Premise a soumis au gouvernement britannique un document détaillant ses capacités. La société y affirme qu’elle peut récupérer plus de 100 types de métadonnées à partir des téléphones de ses contributeurs et les fournir à ses clients — notamment la localisation d’un téléphone, son modèle, le niveau de la batterie et les applications installées dessus. Un porte-parole de l’ambassade britannique à Washington n’a pas voulu dire si des structures gouvernementales de son pays avaient recours à ce service.

Les utilisateurs de l’application Premise ne sont pas informés de l’entité qui a passé un contrat avec la société pour les informations qu’ils sont chargés de recueillir. La politique de confidentialité de la société indique que certains clients peuvent être des gouvernements et qu’elle peut collecter certains types de données à partir du téléphone, selon un porte-parole.

« Tous ceux qui collectent pour le compte de Premise et l’utilisent sont pleinement informés grâce aux conditions générales d’utilisation — disponibles sur l’application et le site web de Premise — que les données open source, collectées par des “contributeurs” locaux rémunérés à partir de leurs téléphones portables, peuvent être partagées avec n’importe quel client de Premise, y compris les agences gouvernementales », indique M. Blackman.

Actuellement, l’application assigne environ cinq tâches par jour à ses utilisateurs en Afghanistan, selon des témoignages d’utilisateurs sur place. Ils doivent, par exemple, prendre des photos de distributeurs automatiques de billets, de bureaux de change, de supermarchés et d’hôpitaux.

Selon Premise, photographier des sites religieux tels que des mosquées, des temples, des synagogues et des églises est une tâche classique confiée à des contributeurs du monde entier pour aider les clients à comprendre la géographie physique et sociale d’un lieu. Elle affirme qu’elle ne demande aux contributeurs que des photos d’extérieur et pas d’entrer dans les sites

Un utilisateur afghan explique qu’il est, comme les autres personnes sur place, généralement payé 20 Afghani par tâche, soit environ 25 centimes — ce qui leur permet de financer leur forfait téléphonique. Il y a quelques mois, certaines des missions proposées sur le site lui ont paru potentiellement risquées. Selon lui, l’application a proposé plusieurs missions consistant à identifier et à photographier des mosquées chiites dans un quartier de l’ouest de Kaboul, en grande partie peuplé de membres de la minorité chiite Hazara. Le quartier a été attaqué à plusieurs reprises par l’Etat islamique au cours des cinq dernières années, et au moins 50 personnes y ont été tuées en mai lors de trois explosions visant une école de filles — une attaque qu’aucune organisation n’a revendiquée. En raison de la nature et de l’emplacement des missions dans une zone ciblée par le terrorisme, l’utilisateur indique qu’il pense que ces missions pouvaient être liées à de l’espionnage et ne les a pas acceptées.

Selon Premise, photographier des sites religieux tels que des mosquées, des temples, des synagogues et des églises est une tâche classique confiée à des contributeurs du monde entier pour aider les clients à comprendre la géographie physique et sociale d’un lieu. Elle affirme qu’elle ne demande aux contributeurs que des photos d’extérieur et pas d’entrer dans les sites.

Aucune des plus de trois millions de personnes qui ont travaillé avec Premise au cours des cinq dernières années n’a subi de préjudice, alors qu’elles ont accompli plus de 100 millions de tâches ou d’enquêtes, déclare la société.

A l’origine, Premise était un outil conçu pour relever les prix dans les pays en développement et aider ses clients à mieux comprendre les besoins de leur population. Mais la société a eu du mal à dégager des bénéfices sur ces marchés, et la demande pour ses services était irrégulière, selon d’anciens employés.

En 2018, le conseil d’administration a nommé M. Blackman CEO, en espérant qu’il pourrait stabiliser les finances de l’entreprise et élargir ses activités, selon des employés actuels et anciens. M. Blackman disposait d’une expérience en matière de contrats publics. Il avait auparavant fondé Accela, une entreprise qui développait des logiciels destinés aux administrations. Selon les employés, il a poussé pour obtenir davantage de contrats dans les domaines militaire et du renseignement, ce qui a provoqué un choc culturel au sein de la société. Beaucoup de développeurs expérimentés se sont opposés à certaines utilisations à caractère militaire et de renseignement envisagées par la plateforme. Un porte-parole de la société réfute ces témoignages, expliquant qu’ils proviennent d’anciens employés mécontents et affirme que la société ne s’est jamais écartée de sa mission initiale. David Soloff, le cofondateur de Premise, auquel M. Blackman a succédé au poste de CEO, n’a pas répondu à notre demande de réaction.

Ces dernières années, les données collectées par Premise ont été achetées par de nombreux fournisseurs de la défense ou par des agences gouvernementales travaillant sur des programmes de défense, comme le montrent les dossiers fédéraux. En 2019, l’Air Force a versé 1,4 million de dollars à l’entreprise pour faire de l’« ISR terrestre régulier » — une abréviation militaire qui signifie intelligence, surveillance et reconnaissance. L’Air Force Research Laboratory indique que le contrat était axé sur la science des données et le travail d’apprentissage automatique pour les unités militaires, mais refuse de fournir plus de détails.

Au moins cinq autres fournisseurs du secteur de la défense ou des services de renseignement ont acheté des données à Premise, selon les documents répertoriant les dépenses fédérales. Premise a renforcé sa présence à Washington ces dernières années, comme le montrent des offres d’emploi, publiées sur LinkedIn, exigeant d’avoir des habitations de sécurité, et le recrutement d’employés disposant d’une grande expérience dans le monde du renseignement, selon leurs profils sur ce même réseau social.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

Traduit à partir de la version originale en anglais

Contre les Drones : une action commune avec aussi l’armée

Contre les Drones : une action commune avec aussi l’armée

Les incidents impliquant des drones se répètent de plus en plus fréquemment en particulier autour des aéroports

Le groupe de l’armée de l’Air, le Cnes et ADP a notamment développé depuis 2017 un système de détection, baptisé Hologarde, qui avait en particulier été testé cette année-là lors du salon aéronautique du Bourget.

Pour le Cnes, il s’agit de « renforcer la protection du Centre spatial guyanais » à Kourou et de s’assurer de la protection du centre spatial de Toulouse qui doit abriter d’ici 2025 le commandement militaire de l’espace.

Chargée de la protection du ciel français, l’armée de l’Air et de l’Espace est fréquemment amenée à instaurer des bulles de sécurité aérienne, comme lors du 14-Juillet, pour le sommet du G7 de Biarritz en 2019, ou bientôt pour la Coupe du monde de rugby en 2023 et les Jeux olympiques l’année suivante. Pour son chef d’état-major, le général Philippe Lavigne, « l’innovation, couplée à des processus d’acquisition de matériels courts et réactifs, seront demain déterminants pour relever ces défis majeurs en matière de sûreté aérienne ».

Les 35 heures aussi dans l’armée ?

Les 35 heures aussi dans l’armée ?

 

Les 35 heures qui ont largement contribué à porter un coup fatal à l’économie française devrait aussi être applicable dans l’armée d’après l’Europe. Une perspective très contestée dans le Monde par Jean-Pierre Chevènement, Membre honoraire du Parlement, ancien ministre et Cedric Perrin,Vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat

 

Tribune.

 

Pour être efficace, la défense requiert une disponibilité permanente. Nos soldats devront-ils demander à leurs adversaires de bien vouloir cesser les hostilités au terme de leur temps de travail réglementaire ? En effet, Henrik Saugmandsgaard, l’avocat général près la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), a proposé [le 28 janvier] à la plus haute juridiction de l’UE de conclure à ce que la directive européenne du temps de travail (DETT) trouve à s’appliquer par principe aux militaires.

En d’autres termes, il suggère aux juges d’imposer à notre armée un temps de travail hebdomadaire limité, des pauses lorsque le temps de travail est supérieur à six heures, ou encore des périodes minimales de repos journalier et hebdomadaire. Nos militaires n’en seraient temporairement exclus que dans l’exercice de leurs « activités spécifiques » (circonstances exceptionnelles ou missions d’unités d’élite).

Eviter le désastre

Disons-le clairement : ce serait un coup mortel porté à notre défense. Il est encore temps pour la CJUE, qui ne suit pas toujours les recommandations de l’avocat général et qui statuera définitivement dans les mois qui viennent, d’éviter le désastre pour la France et pour l’Europe.

Pour la France, la solution proposée reviendrait immanquablement à affaiblir nos armées qui assurent en permanence la sécurité des Français et des Européens. Leur niveau d’engagement est bien plus élevé que celui de toute autre armée de l’Union et, contrairement à d’autres, elle est entièrement professionnalisée. Dans ces conditions, la continuité, la disponibilité, la permanence et l’efficacité dans l’action de nos militaires ne sont guère compatibles avec les 35 heures…

« L’armée française est un acteur fondamental de la sécurité européenne. Mettre en danger les Européens pour des raisons liées au temps de travail est inimaginable »

Leur imposer les dispositions de la directive européenne se traduirait immédiatement, soit par la nécessité de compenser substantiellement les vides créés (en matière d’effectifs et de budget), soit par l’obligation de renoncer à certaines de leurs missions. Mais si la Cour de justice de l’UE devait donner suite à ce mauvais combat, elle fragiliserait surtout l’Union elle-même. Elle porterait un rude coup à une armée française de métier, qui est, depuis le départ des Britanniques, la plus puissante force opérationnelle de l’UE. Déployée sur tous les continents, l’armée française est un acteur fondamental de la sécurité européenne. Limiter son action et mettre en danger les Européens pour des raisons liées au temps de travail est inimaginable.

L’armée française veut recruter : mais pour quelle guerre ?

  • L’armée française veut recruter  : mais pour quelle guerre ?

 

 

  • L’armée commence sa grande opération Orion qui vise à mettre en valeur son armée auprès de l’opinion publique pour servir son image mais aussi faciliter le recrutement. L’armée française manquerait en effet de bras pour la guerre du futur. Le seul problème qui se pose est de savoir justement quel est ce futur. Or dans les milieux corporatistes de l’armée ont misé surtout sur une armée de métiers, une armée qui s’appuie essentiellement sur des moyens technologiques. Pour simplifier, la technique pour remplacer notamment l’infanterie.
  • La question centrale qui se pose est de savoir quelle sera la cible potentielle future. Il n’est pas certain que la guerre de demain prenne une tournure uniquement technologique. Première observation, la guerre se déroule aussi sur place à l’intérieur même des pays avec des extrémistes sous influence étrangère qui met en cause la sécurité.
  • L’opération Sentinelle effectuée dans le cadre du plan Vigipirate coûte environ un million d’euros , elle mobilise environ 10 000 soldats ce qui est considérable sur un total de 60 000.
  • En fait il s’agit surtout d’opérations de maintien de la sécurité interne dans le cadre de l’opération Vigipirate et du plan sentinelle. Des opérations de police. La France intervient aussi dans au moins une douzaine de théâtres d’opérations externes (au Sahel en particulier avec l’opération barkhane). Là encore ce sont surtout des forces classiques qui sont nécessaires car là aussi on se bat surtout contre des extrémistes et surtout des islamistes comme à l’intérieur des frontières.
  • Contrairement à ce que pense la majorité des autorités militaires la guerre prochaine ne sera pas forcément uniquement technologique mais traditionnelle pour assurer la sécurité en France et dans les pays avec lesquels nous entretenons des liens. De ce point de vue, la France manque cruellement d’hommes. Témoin les difficultés de l’opération barkhane  au Sahel où l’on tente d’assurer la sécurité d’une zone immense 10 fois plus grande que la France avec seulement 5000 soldats français ! Il en faudrait évidemment au moins 10 fois plus. C’est-à-dire à peu près la totalité des effectifs de l’armée. Tout cela renvoie à la question de l’intérêt du rétablissement du service militaire car pour l’essentiel la fonction centrale de l’armée sera d’assurer la sécurité et tout simplement des missions de police.

Tresses et boucles d’oreilles autorisées dans l’armée américaine et pourquoi pas aussi le tutu ?

  • Tresses et boucles d’oreilles autorisées dans l’armée américaine et pourquoi pas aussi le tutu ?
  • De toute évidence il y a dans nombre de professions y compris régaliennes des évolutions de mentalités et de comportements dans les pays occidentaux. Ainsi par exemple dans la rigoureuse armée américaine, on autorise désormais des fantaisies d’accoutrement comme par exemple boucles d’oreilles, cheveux tressés ou queue de cheval.
  •  Un phénomène sociétal qui affecte à peu près toutes les armées occidentales qui entretiennent avec la défense des rapports assez nouveaux et parfois ésotériques. En France d’ailleurs pour ne pas déplaire à la jeunesse, on a purement et simplement supprimer le service militaire obligatoire qui faisait un peu la spécificité démocratique et républicaine du pays.
  •  On voit mal la relation qui peut exister entre le respect nécessaire des minorités et le laxisme dans des fonctions régaliennes fondamentales qui n’autorisent pourtant pas p la moindre fantaisie. À quand aussi l’autorisation du tutu ?
  • Les autorités américaines indiquent cependant que boucles d’oreilles sont autorisées mais qu’elles doivent rester discrètes. Elles restent interdites sur les théâtres d’intervention. Le rouge à lèvres est lui aussi autorisé, mais dans des teintes neutres, de même que le vernis à ongles qui est désormais autorisé aux hommes travaillant dans des environnements où leurs mains sont en contact fréquent avec des produits chimiques agressifs. Le vernis de couleur «extrême» (bleu, noir, violet ou fluorescent) reste interdit. Comme la France suit à peu près toutes les modes américaines avec retard, il sera toujours temps de commander des tutus et du rouge à lèvres pour les forces armées françaises !

Trump évoque l’idée d’une loi martiale et de confier le pouvoir à l’armée !

Trump évoque l’idée d’une loi martiale et de confier le pouvoir à l’armée !

 

L’idée de confier le pouvoir exécutif et judiciaire à l’armée a été évoquée depuis début décembre chez les plus fervents supporters de Donald Trump et permettrait, selon ses partisans, de confier aux militaires l’organisation d’un nouveau scrutin présidentiel.

La loi martiale n’a plus été utilisée par le gouvernement fédéral depuis la Seconde guerre mondiale. Selon une étude du centre de réflexion juridique Brennan Center for Justice, publiée en août, Donald Trump aurait besoin de l’accord du Congrès pour l’instaurer. «Cela n’arrivera pas», a anticipé dimanche, sur la chaîne CNN, le sénateur républicain Mitt Romney, pour qui «tout cela ne va nulle part».

.À part Mitt Romney, aucun élu conservateur d’importance n’a ainsi condamné l’idée de recourir à la loi martiale.

«Tout élu ou candidat républicain qui garde le silence sur ce sujet ne mérite pas de diriger», s’est indigné dimanche Pat Garofalo, élu républicain à la Chambre des représentants du Minnesota.

Côte d’Ivoire : Soro sollicite l’intervention de l’armée !

Côte d’Ivoire : Soro sollicite l’intervention de l’armée !

 

Il est probable que Soro ne remettra pas de sitôt les pieds en Côte d’ivoire après son appel à la prise de pouvoir par l’armée afin de s’opposer au renouvellement du mandat de Ouattara. Il va faire effectivement rapidement l’objet d’une poursuite judiciaire qui va lui interdire pendant longtemps de retrouver le sol Ivoirien.

La Côte d’Ivoire a l’expérience d’une dictature militaire qui s’est d’ailleurs terminée dans le sang y compris de son chef Guéi assassiné dans des conditions très mystérieuses. C’est notamment à partir de cet épisode militaire que la crise ivoirienne s’est amplifiée au plan politique depuis précisément l’intervention de l’armée de 1999 et qui a encore des conséquences jusqu’à aujourd’hui sur le contexte politique.

 

Heureusement la Côte d’Ivoire est une terre de métissage qui a grandement favorisé la diminution des affrontements interethniques. En outre ,la Côte d’Ivoire presque toujours bénéficie d’un développement économique sans comparaison avec ses voisins. Par exemple la richesse nationale a doublé ces 10 dernières années.

Ces tensions alimentent la crainte d’une escalade des violences dans un pays ensanglanté par une guerre civile de plusieurs mois consécutive à l’annonce de la victoire d’Alassane Ouattara en 2010 au détriment du président sortant de l’époque Laurent Gbagbo. Quelque 3.000 personnes avaient trouvé la mort dans les affrontements.

Une quarantaine de personnes ont été tuées dans les troubles ayant éclaté en amont du scrutin de cette année.

Dans un message publié sur Facebook mercredi soir, Guillaume Soro a appelé l’armée à joindre ses forces au gouvernement formé par l’opposition.

« Je vous demande de désobéir aux ordres illégaux et de vous joindre au conseil de transition national », a dit celui qui avait contribué à porter Alassane Ouattara au pouvoir au terme de la brève guerre civile. « Nous ne pouvons pas, par peur, permettre la dictature d’Alassane Ouattara », a-t-il ajouté.

Biélorussie: énorme manif face à l’armée

Biélorussie: énorme manif face à l’armée

Enorme manifestation dimanche pour protester contre le trucage des élections présidentielles dans la capitale biélorusse. En face, l’armée qui désormais assure la sécurité à la place des policiers, ce qui traduit un net raidissement du pouvoir. Un pouvoir approuvé  par la Russie qui soutient le régime de dictature pour protéger le sien !

Le ministère de la Défense biélorusse a averti qu’il avait été chargé de la protection des monuments et que toute tentative des manifestants pour l’occuper serait réprimée par l’armée.

Décrivant les manifestants comme des “fascistes” et écrivant l’essentiel de sa déclaration en majuscules, le ministère de la Défense a déclaré que ces monuments, en particulier ceux qui rendent hommage aux victimes de la Seconde Guerre mondiale, étaient des lieux sacrés, qui ne devaient pas être profanés.

“NOUS AVERTISSONS CATÉGORIQUEMENT: EN CAS DE VIOLATION DE LA PAIX ET DE L’ORDRE DANS DE TELS ENDROITS – VOUS TROUVEREZ MAINTENANT L’ARMÉE FACE À VOUS ET NON LA POLICE.”

Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur biélorusse a averti que toute manifestation non autorisée était supposée illégale, ajoutant que 22 personnes avaient été interpellées la veille lors de rassemblements dans 55 villes du pays.

La Russie, puissante voisine et traditionnelle alliée de Minsk, a tenu dimanche par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, de virulents propos à l’égard de Svetlana Tsikhanouskaïa.

“Il semble qu’elle n’ait pas été autorisée à se calmer et elle a commencé à faire des déclarations politiques sévères, exigeant des départs, des grèves, des manifestations”, a dit le chef de la diplomatie russe, cité par l’agence de presse RIA.

“Le fait qu’elle fasse ses déclarations de plus en plus fréquemment en anglais est également significatif”, a ajouté le ministre, qui accuse le programme politique de l’opposante de promouvoir un sentiment anti-russe et un rapprochement avec l’Union européenne et l’Otan.

Danger de l’enlisement de l’armée française au Sahel

danger de  l’enlisement de l’armée française  au Sahel

 

La question que pose Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD). Ce spécialiste de l’Afrique, et plus précisément du Sahel, s’ explique  dans une interview à France info

L’armée française risque-t-elle un enlisement au Sahel ?

Serge Michailof : L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des djihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains.

Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban. Or il suffit de regarder les cartes des incidents et actions conduites par les jihadistes de 2017 à 2019, pour constater l’expansion géographique et la multiplication de ces actions.

Nous constatons ainsi que l’ennemi déroule sa stratégie et que Barkhane, quelles que soient les victoires tactiques qu’elle remporte, n’a pas pu arrêter la dégradation de la situation sécuritaire. En outre, l’armée malienne subit défaite sur défaite. Elle a perdu 150 hommes en deux mois. Les jihadistes ont récemment fait une démonstration de leurs capacités en prenant le poste de Indelimane, à proximité de la frontière avec le Niger et en tuant 40 soldats. Défendant un pays très fragile, aux institutions gangrénées par le népotisme et la corruption, nous sommes en train de perdre la guerre même si Barkhane gagne toutes les batailles.

Comme en Afghanistan, la géographie du Sahel est-elle un obstacle au rétablissement de la sécurité ?

C’est plus l’immensité de l’espace et le mauvais état des routes qui pose problème, plutôt que la géographie par elle-même. Les pays du G5 Sahel représentent environ 6 à 7 fois la superficie de la France. Il n’y a pas de zones montagneuses comparables réellement à l’Indu Kush d’Afghanistan, même si l’Aïr, que j’ai souvent parcouru et l’Adrar des Ifoghas, sont des zones difficiles. Ceci dit maintenant que la guerre s’est aussi déplacée au Burkina et y prend une coloration ethnique : agriculteurs Mossis contre pasteurs Peuls, elle devient extrêmement difficile, car l’enjeu est le contrôle des populations dans un contexte où les deux Etats sont défaillants. La guerre se déplace donc vers les villages dans un contexte de mosaïque ethnique très complexe, de crise environnementale, de tensions et conflits anciens qui sont ravivés délibérément par les jihadistes.

 

Pourquoi les armées africaines ne semblent-elles pas à la hauteur du défi ?

 

Il y a de grandes différences entre les armées du G5-Sahel. La Mauritanie a découragé les jihadistes qui ont pris la peignée à chaque fois qu’ils sont intervenus dans ce pays, qui se rouvre même au tourisme (!). L’armée tchadienne a considérablement aidé Serval en 2013 et est d’ailleurs très redoutée dans la sous-région. Mais elle est au four et au moulin, combattant les jihadistes de Boko Haram repliés dans le bassin du Lac Tchad, intervenant en Centrafrique, et répondant aux menaces multiples provenant du Darfour et de Libye.

L’armée nigérienne bien commandée “fait le boulot” et tient le coup pour l’instant, mais elle manque cruellement de moyens. Il suffirait que la France ou l’Union Européenne acceptent de mettre le paquet en formation, équipement, financement etc. pour en faire une armée capable de tenir le pays, Si le Niger recevait le tiers du milliard de dollars que coûte la force des Nations unies, la Minusma, en dotation annuelle pour sa sécurité, le Niger serait fort capable de se défendre.

Le vrai problème, ce sont les armées du Mali et du Burkina. Le problème est ici avant tout politique. Vous connaissez le dicton chinois ”le poisson pourrit par la tête”. En fait, il ne sert à rien d’entraîner ces deux armées et de les équiper si en particulier une gestion des ressources humaine rénovée ne permet pas de réintroduire un système méritocratique dans les chaînes de commandement et de sortir du népotisme.

 

Comme l’Afghanistan, le Sahel est-il gangréné par les trafics en tous genres et notamment armes et drogue ?

 

De tout temps le Sahel et le Sahara ont été des zones de trafic historiquement d’esclaves, d’or, d’ivoire et de sel. Aujourd’hui c’est plutôt la cocaïne, les armes et les migrants avec aussi un peu de gasoil et de produits alimentaires pour profiter des différences de prix avec l’Algérie. Ces trafics ont eu un impact désastreux au Mali en gangrénant une partie des élites dirigeantes dès la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Maintenant ces trafics sont pour partie entre les mains des différents groupes djihadistes et contribuent à leur financement. Les ressources financières de ces groupes viennent aussi du contrôle des mines d’or artisanales, qui sont très importantes au Mali et au Burkina et de la taxation du coton, qui est l’une des richesses de ces pays et le racket sur les marchandises et les voyageurs sur les routes qu’ils contrôlent.

Comment expliquer la montée du jihad et la force de l’islam politique dans cette région autrefois réputée pour une certaine tolérance ?

 

L’islam soufi, historiquement propre à cette région, était extrêmement tolérant. Le salafisme n’est toutefois pas arrivé hier. Son implantation méthodique est l’œuvre de l’Arabie Saoudite, qui est très active au Sahel depuis la fin des années 70 et l’enrichissement des pays pétroliers. Depuis cette époque, on a vu surgir dans tout le Sahel francophone des mosquées financées par des fondations saoudiennes et cet effort méthodique sur plus de 40 ans a entraîné une modification radicale des comportements religieux. Pour ceux qui, comme moi, suivent le Sahel depuis 50 ans, on a vu apparaître les voiles des femmes depuis la fin des années 1990.

A ceci s’est conjugué un effondrement des systèmes d’éducation publique en zone rurale, ceci pour des raisons multiples : crises budgétaires, programme économique du FMI mal construit, mais surtout le choc démographique et la focalisation des donateurs sur les constructions d’écoles, alors que la formation et l’encadrement des enseignants ont été largement oubliés. Résultat, les écoles coraniques ont fréquemment été le seul lieu d’apprentissage des enfants et ces écoles ont été tenues par des convertis au salafisme. Ce n’est pas sans rappeler le rôle des madrassas du Pakistan dans la formation du mouvement Taliban.

Pourquoi ces états n’arrivent-ils pas à répondre aux besoins sociaux, éducatifs, de leur population ?

 

Ces pays sahéliens ont une population extrêmement pauvre et le taux de fiscalisation qui est de l’ordre de 20 % du PIB ne leur laisse pas de marges budgétaires bien conséquentes. Or ils sont soumis à un double choc : un choc démographique colossal avec des taux de croissance de la population supérieurs à 3%, 4% pour le Niger dont la population est passée de 3 millions à l’indépendance à 20 millions actuellement et dépassera 60 millions en 2050. Le deuxième choc est un choc sécuritaire, car les dépenses de sécurité qui atteignent ou dépassent 6% des PIB sont en train d’évincer les dépenses de développement et les dépenses sociales. Ces pays ne peuvent pas acheter des hélicoptères de combat et apporter une éducation de qualité à leurs enfants.

Sahel: l’enlisement de l’armée française ?

Sahel: l’enlisement de l’armée française ?

 

La question que pose Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD). Ce spécialiste de l’Afrique, et plus précisément du Sahel, s’ expliquait  dans une interview à France info

L’armée française risque-t-elle un enlisement au Sahel ?

Serge Michailof : L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des djihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains.

Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban. Or il suffit de regarder les cartes des incidents et actions conduites par les jihadistes de 2017 à 2019, pour constater l’expansion géographique et la multiplication de ces actions.

Nous constatons ainsi que l’ennemi déroule sa stratégie et que Barkhane, quelles que soient les victoires tactiques qu’elle remporte, n’a pas pu arrêter la dégradation de la situation sécuritaire. En outre, l’armée malienne subit défaite sur défaite. Elle a perdu 150 hommes en deux mois. Les jihadistes ont récemment fait une démonstration de leurs capacités en prenant le poste de Indelimane, à proximité de la frontière avec le Niger et en tuant 40 soldats. Défendant un pays très fragile, aux institutions gangrénées par le népotisme et la corruption, nous sommes en train de perdre la guerre même si Barkhane gagne toutes les batailles.

Comme en Afghanistan, la géographie du Sahel est-elle un obstacle au rétablissement de la sécurité ?

C’est plus l’immensité de l’espace et le mauvais état des routes qui pose problème, plutôt que la géographie par elle-même. Les pays du G5 Sahel représentent environ 6 à 7 fois la superficie de la France. Il n’y a pas de zones montagneuses comparables réellement à l’Indu Kush d’Afghanistan, même si l’Aïr, que j’ai souvent parcouru et l’Adrar des Ifoghas, sont des zones difficiles. Ceci dit maintenant que la guerre s’est aussi déplacée au Burkina et y prend une coloration ethnique : agriculteurs Mossis contre pasteurs Peuls, elle devient extrêmement difficile, car l’enjeu est le contrôle des populations dans un contexte où les deux Etats sont défaillants. La guerre se déplace donc vers les villages dans un contexte de mosaïque ethnique très complexe, de crise environnementale, de tensions et conflits anciens qui sont ravivés délibérément par les jihadistes.

 

Pourquoi les armées africaines ne semblent-elles pas à la hauteur du défi ?

 

Il y a de grandes différences entre les armées du G5-Sahel. La Mauritanie a découragé les jihadistes qui ont pris la peignée à chaque fois qu’ils sont intervenus dans ce pays, qui se rouvre même au tourisme (!). L’armée tchadienne a considérablement aidé Serval en 2013 et est d’ailleurs très redoutée dans la sous-région. Mais elle est au four et au moulin, combattant les jihadistes de Boko Haram repliés dans le bassin du Lac Tchad, intervenant en Centrafrique, et répondant aux menaces multiples provenant du Darfour et de Libye.

L’armée nigérienne bien commandée “fait le boulot” et tient le coup pour l’instant, mais elle manque cruellement de moyens. Il suffirait que la France ou l’Union Européenne acceptent de mettre le paquet en formation, équipement, financement etc. pour en faire une armée capable de tenir le pays, Si le Niger recevait le tiers du milliard de dollars que coûte la force des Nations unies, la Minusma, en dotation annuelle pour sa sécurité, le Niger serait fort capable de se défendre.

Le vrai problème, ce sont les armées du Mali et du Burkina. Le problème est ici avant tout politique. Vous connaissez le dicton chinois ”le poisson pourrit par la tête”. En fait, il ne sert à rien d’entraîner ces deux armées et de les équiper si en particulier une gestion des ressources humaine rénovée ne permet pas de réintroduire un système méritocratique dans les chaînes de commandement et de sortir du népotisme.

 

Comme l’Afghanistan, le Sahel est-il gangréné par les trafics en tous genres et notamment armes et drogue ?

 

De tout temps le Sahel et le Sahara ont été des zones de trafic historiquement d’esclaves, d’or, d’ivoire et de sel. Aujourd’hui c’est plutôt la cocaïne, les armes et les migrants avec aussi un peu de gasoil et de produits alimentaires pour profiter des différences de prix avec l’Algérie. Ces trafics ont eu un impact désastreux au Mali en gangrénant une partie des élites dirigeantes dès la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Maintenant ces trafics sont pour partie entre les mains des différents groupes djihadistes et contribuent à leur financement. Les ressources financières de ces groupes viennent aussi du contrôle des mines d’or artisanales, qui sont très importantes au Mali et au Burkina et de la taxation du coton, qui est l’une des richesses de ces pays et le racket sur les marchandises et les voyageurs sur les routes qu’ils contrôlent.

Comment expliquer la montée du jihad et la force de l’islam politique dans cette région autrefois réputée pour une certaine tolérance ?

 

L’islam soufi, historiquement propre à cette région, était extrêmement tolérant. Le salafisme n’est toutefois pas arrivé hier. Son implantation méthodique est l’œuvre de l’Arabie Saoudite, qui est très active au Sahel depuis la fin des années 70 et l’enrichissement des pays pétroliers. Depuis cette époque, on a vu surgir dans tout le Sahel francophone des mosquées financées par des fondations saoudiennes et cet effort méthodique sur plus de 40 ans a entraîné une modification radicale des comportements religieux. Pour ceux qui, comme moi, suivent le Sahel depuis 50 ans, on a vu apparaître les voiles des femmes depuis la fin des années 1990.

A ceci s’est conjugué un effondrement des systèmes d’éducation publique en zone rurale, ceci pour des raisons multiples : crises budgétaires, programme économique du FMI mal construit, mais surtout le choc démographique et la focalisation des donateurs sur les constructions d’écoles, alors que la formation et l’encadrement des enseignants ont été largement oubliés. Résultat, les écoles coraniques ont fréquemment été le seul lieu d’apprentissage des enfants et ces écoles ont été tenues par des convertis au salafisme. Ce n’est pas sans rappeler le rôle des madrassas du Pakistan dans la formation du mouvement Taliban.

Pourquoi ces états n’arrivent-ils pas à répondre aux besoins sociaux, éducatifs, de leur population ?

 

Ces pays sahéliens ont une population extrêmement pauvre et le taux de fiscalisation qui est de l’ordre de 20 % du PIB ne leur laisse pas de marges budgétaires bien conséquentes. Or ils sont soumis à un double choc : un choc démographique colossal avec des taux de croissance de la population supérieurs à 3%, 4% pour le Niger dont la population est passée de 3 millions à l’indépendance à 20 millions actuellement et dépassera 60 millions en 2050. Le deuxième choc est un choc sécuritaire, car les dépenses de sécurité qui atteignent ou dépassent 6% des PIB sont en train d’évincer les dépenses de développement et les dépenses sociales. Ces pays ne peuvent pas acheter des hélicoptères de combat et apporter une éducation de qualité à leurs enfants.

L e soutien de l’armée chinoise à Huwai dénoncé par les États-Unis

L e soutien de l’armée chinoise à Huwai dénoncé par les États-Unis

 

 

En dépit de l’accord qui a permis d’entrouvrir la porte à certaines collaborations entre l’équipementier chinois et des technologies américaines, le conflit est loin d’être réglé concernant la technologie 5G dont les États-Unis pensent notamment qu’elles servent les intérêts stratégiques chinois y compris militaires. En effet Huawei fait partie d’un certain nombre de sociétés détenues ou contrôlées par l’armée chinoise, dit un document élaboré par la présidence américaine que Reuters a pu consulter, une considération qui ouvre la voie à des nouvelles sanctions financières.

Un responsable américain de la Défense qui s’exprimait sous le sceau de l’anonymat a confirmé l’authenticité du document et indiqué qu’il a été transmis au Congrès.

D’autres sociétés, dont China Mobile Communications Group, China Telecommunications Corp, Aviation Industry Corp of China ou encore Hikvision sont également visées dans ce document.

Leur proximité avec l’Armée populaire de libération permet au président Donald Trump de prendre des dispositions à leur encontre.

Huawei est depuis longtemps au coeur d’un différend entre les Etats-Unis et la Chine sur le contrôle des hautes technologies, Washington tentant de convaincre ses alliés d’exclure le groupe chinois des appels d’offre pour la construction des réseaux mobiles de cinquième génération (5G) en arguant du fait que ses matériels pourraient faciliter les activités d’espionnage chinoises.

Coronavirus Nouvelle-Zélande : contrôle des frontières par l’armée

Coronavirus Nouvelle-Zélande : contrôle des frontières par l’armée

du fait sans doute de la réussite du plan de lutte contre le Corona virus, la Nouvelle-Zélande a pris une mesure importante pour contrôler totalement la mobilité La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a confié mercredi la surveillance des frontières à l’armée après le retour du coronavirus dans l’archipel, dû au non-respect de certaines mesures de quarantaine. «Je crois que nous avons besoin de la rigueur, de la confiance et de la discipline que l’armée peut fournir», a déclaré aux journalistes Jacinda Ardern, au lendemain de l’annonce de deux cas de coronavirus, après une série de 24 jours sans nouvelle contamination.

L’armée chinoise responsable du plus grand piratage informatique ( Washington)

L’armée chinoise responsable du plus grand piratage informatique ( Washington)

Il s’agit de « l’un des plus gros piratages de données de l’histoire », avec environ 145 millions de victimes aux Etats-Unis, a rappelé le ministre de la Justice Bill Barr lors d’une conférence de presse. Des clients d’Equifax, dont le rôle est de collecter des données personnelles de consommateurs sollicitant un crédit, avaient également été affectés au Canada et au Royaume-Uni.

Après deux ans d’enquête, Wu Zhiyong, Wang Qian, Xu Ke et Liu Lei ont été inculpés la semaine dernière à Atlanta pour association de malfaiteurs en vue de commettre une fraude informatique, de l’espionnage économique et une fraude aux communications.

Membres d’une unité de recherche de l’armée chinoise, ils se trouvent en Chine et ne peuvent être arrêtés. « Mais un jour, ils commettront une erreur et nous serons là », a assuré le directeur adjoint de la police fédérale, David Bowdich.

Ils sont accusés d’avoir exploité une faille dans un logiciel utilisé par Equifax sur son site de résolution des litiges. Une fois introduits dans le système informatique de l’agence, ils sont soupçonnés d’avoir obtenu les noms, dates de naissance et numéros de sécurité sociale de 147 millions de personnes, et les numéros de permis d’au moins dix millions d’Américains.

Les Etats-Unis ont déjà attribué plusieurs attaques informatiques de grande ampleur au gouvernement chinois, notamment le piratage d’une base de données du géant de l’hôtellerie Marriott en 2018.

En parallèle, « des intrusions informatiques soutenues par l’Etat ont visé des secrets industriels et des informations économiques confidentielles », a ajouté Bill Barr, en mentionnant des enquêtes ouvertes dans les secteurs de l’industrie nucléaire, aéronautique ou métallurgique.

Selon lui, environ 80% des poursuites ouvertes ces dernières années pour espionnage économique impliquent le gouvernement chinois et 60% des dossiers de vols de secrets commerciaux ont un lien avec la Chine.

 

L’enlisement de l’armée française au Sahel ?

L’enlisement de l’armée française au Sahel ?

 

La question que pose Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD). Ce spécialiste de l’Afrique, et plus précisément du Sahel, s’ explique dans une inewiew à France info

L’armée française risque-t-elle un enlisement au Sahel ?

Serge Michailof : L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des jihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains.

Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban. Or il suffit de regarder les cartes des incidents et actions conduites par les jihadistes de 2017 à 2019, pour constater l’expansion géographique et la multiplication de ces actions.

Nous constatons ainsi que l’ennemi déroule sa stratégie et que Barkhane, quelles que soient les victoires tactiques qu’elle remporte, n’a pas pu arrêter la dégradation de la situation sécuritaire. En outre, l’armée malienne subit défaite sur défaite. Elle a perdu 150 hommes en deux mois. Les jihadistes ont récemment fait une démonstration de leurs capacités en prenant le poste de Indelimane, à proximité de la frontière avec le Niger et en tuant 40 soldats. Défendant un pays très fragile, aux institutions gangrénées par le népotisme et la corruption, nous sommes en train de perdre la guerre même si Barkhane gagne toutes les batailles.

Comme en Afghanistan, la géographie du Sahel est-elle un obstacle au rétablissement de la sécurité ?

C’est plus l’immensité de l’espace et le mauvais état des routes qui pose problème, plutôt que la géographie par elle-même. Les pays du G5 Sahel représentent environ 6 à 7 fois la superficie de la France. Il n’y a pas de zones montagneuses comparables réellement à l’Indu Kush d’Afghanistan, même si l’Aïr, que j’ai souvent parcouru et l’Adrar des Ifoghas, sont des zones difficiles. Ceci dit maintenant que la guerre s’est aussi déplacée au Burkina et y prend une coloration ethnique : agriculteurs Mossis contre pasteurs Peuls, elle devient extrêmement difficile, car l’enjeu est le contrôle des populations dans un contexte où les deux Etats sont défaillants. La guerre se déplace donc vers les villages dans un contexte de mosaïque ethnique très complexe, de crise environnementale, de tensions et conflits anciens qui sont ravivés délibérément par les jihadistes.

Pourquoi les armées africaines ne semblent-elles pas à la hauteur du défi ?

 

Il y a de grandes différences entre les armées du G5-Sahel. La Mauritanie a découragé les jihadistes qui ont pris la peignée à chaque fois qu’ils sont intervenus dans ce pays, qui se rouvre même au tourisme (!). L’armée tchadienne a considérablement aidé Serval en 2013 et est d’ailleurs très redoutée dans la sous-région. Mais elle est au four et au moulin, combattant les jihadistes de Boko Haram repliés dans le bassin du Lac Tchad, intervenant en Centrafrique, et répondant aux menaces multiples provenant du Darfour et de Libye.

L’armée nigérienne bien commandée “fait le boulot” et tient le coup pour l’instant, mais elle manque cruellement de moyens. Il suffirait que la France ou l’Union Europénne acceptent de mettre le paquet en formation, équipement, financement etc. pour en faire une armée capable de tenir le pays, Si le Niger recevait le tiers du milliard de dollars que coûte la force des Nations unies, la Minusma, en dotation annuelle pour sa sécurité, le Niger serait fort capable de se défendre.

Le vrai problème, ce sont les armées du Mali et du Burkina. Le problème est ici avant tout politique. Vous connaissez le dicton chinois ”le poisson pourrit par la tête”. En fait, il ne sert à rien d’entraîner ces deux armées et de les équiper si en particulier une gestion des ressources humaine rénovée ne permet pas de réintroduire un système méritocratique dans les chaînes de commandement et de sortir du népotisme.

 

Comme l’Afghanistan, le Sahel est-il gangréné par les trafics en tous genres et notamment armes et drogue ?

 

De tout temps le Sahel et le Sahara ont été des zones de trafic historiquement d’esclaves, d’or, d’ivoire et de sel. Aujourd’hui c’est plutôt la cocaïne, les armes et les migrants avec aussi un peu de gasoil et de produits alimentaires pour profiter des différences de prix avec l’Algérie. Ces trafics ont eu un impact désastreux au Mali en gangrénant une partie des élites dirigeantes dès la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Maintenant ces trafics sont pour partie entre les mains des différents groupes djihadistes et contribuent à leur financement. Les ressources financières de ces groupes viennent aussi du contrôle des mines d’or artisanales, qui sont très importantes au Mali et au Burkina et de la taxation du coton, qui est l’une des richesses de ces pays et le racket sur les marchandises et les voyageurs sur les routes qu’ils contrôlent.

Comment expliquer la montée du jihad et la force de l’islam politique dans cette région autrefois réputée pour une certaine tolérance ?

 

L’islam soufi, historiquement propre à cette région, était extrêmement tolérant. Le salafisme n’est toutefois pas arrivé hier. Son implantation méthodique est l’œuvre de l’Arabie Saoudite, qui est très active au Sahel depuis la fin des années 70 et l’enrichissement des pays pétroliers. Depuis cette époque, on a vu surgir dans tout le Sahel francophone des mosquées financées par des fondations saoudiennes et cet effort méthodique sur plus de 40 ans a entraîné une modification radicale des comportements religieux. Pour ceux qui, comme moi, suivent le Sahel depuis 50 ans, on a vu apparaître les voiles des femmes depuis la fin des années 1990.

A ceci s’est conjugué un effondrement des systèmes d’éducation publique en zone rurale, ceci pour des raisons multiples : crises budgétaires, programme économique du FMI mal construit, mais surtout le choc démographique et la focalisation des donateurs sur les constructions d’écoles, alors que la formation et l’encadrement des enseignants ont été largement oubliés. Résultat, les écoles coraniques ont fréquemment été le seul lieu d’apprentissage des enfants et ces écoles ont été tenues par des convertis au salafisme. Ce n’est pas sans rappeler le rôle des madrassas du Pakistan dans la formation du mouvement Taliban.

Pourquoi ces états n’arrivent-ils pas à répondre aux besoins sociaux, éducatifs, de leur population ?

 

Ces pays sahéliens ont une population extrêmement pauvre et le taux de fiscalisation qui est de l’ordre de 20 % du PIB ne leur laisse pas de marges budgétaires bien conséquentes. Or ils sont soumis à un double choc : un choc démographique colossal avec des taux de croissance de la population supérieurs à 3%, 4% pour le Niger dont la population est passée de 3 millions à l’indépendance à 20 millions actuellement et dépassera 60 millions en 2050. Le deuxième choc est un choc sécuritaire, car les dépenses de sécurité qui atteignent ou dépassent 6% des PIB sont en train d’évincer les dépenses de développement et les dépenses sociales. Ces pays ne peuvent pas acheter des hélicoptères de combat et apporter une éducation de qualité à leurs enfants.

 

Syrie: L’armée française détruit de tunnels pour montrer qu’elle existe !

Syrie:  L’armée française détruit de tunnels pour montrer qu’elle existe !

 

 

Macron n’a guère apprécié d’avoir été mis complètement hors jeu par les États-Unis dans l’opération qui a conduit à la neutralisation et à la mort du chef de Daesh. Jusque-là en effet Macron et son ministre de la défense avaient réussi à donner l’illusion que la France joue un rôle fondamental au Levant dans le cadre de l’alliance. Force est de constater que la France n’a toujours joué qu’un rôle très marginal se contentant de quelques frappes. Le grand vide de la stratégie et de la présence française à été révélée lorsque les États-Unis ont décidé brusquement d’abandonner les kurdes alors qu’ils avaient constitué une force, elle réelle est très opérationnelle contre les terroristes islamistes. Macron et son ministre de la défense se sont contentés d’apporter leur soutien moral aux kurdes mais aussitôt indiqué que la France ne disposait d’aucun moyen pour empêcher les Turcs de liquider les kurdes en Syrie. Nous disposons seulement de quelques centaines d’hommes à même indiqué l’autorité militaire comme pour s’excuser du lâchage  des kurdes. Trump a largement exploité médiatiquement et politiquement la mort de l’ancien chef de Daesh. Du coup ,Macon en mal existentiel militairement, vient de demander à l’armée d’effectuer quelques raids sur des tunnels le plus souvent vides et précédemment utilisés par des terroristes. La presse évidemment a repris brut de brut cette information. Une manière pour Macron de montrer qu’au Levant la France est toujours présente, pour faire du vent sans doute mais pas pour soutenir les kurdes abandonnés par les occidentaux. Des Rafale de l’armée française ont donc bombardé et détruit jeudi des caches de Daech dans le nord-est de l’Irak dans le cadre de l’opération “Chammal”, a annoncé vendredi le ministère des Armées.

“L’objectif était de détruire plusieurs tunnels utilisés par Daech comme base arrière pour ses actions et de dégrader ses capacités logistiques et militaires dans cette région”, explique piteusement le ministère dans un communiqué.

La France n’avait plus mené de frappes aériennes en Irak depuis que les Etats-Unis ont annoncé le retrait unilatéral leurs troupes du nord de la Syrie, ébranlant la coalition internationale à laquelle participe la France, les sorties des Rafale étant surtout destinées au renseignement et à l’affichage  politique de Macron.

Maintien de l’ordre «Gilets jaunes»: l’armée, pourquoi pas la bombe atomique !

Maintien de l’ordre «Gilets jaunes»: l’armée, pourquoi pas la bombe atomique !

 

 

 

Les responsables des principaux partis politiques se sont étripés sur BFM  notamment sur la perspective de solliciter l’armée pour maintenir l’ordre lors des manifestations de gilets jaunes. Pas vraiment étonnant car cette orientation suscite pour le moins des interrogations. Elle révèle d’abord l’ampleur de la crise : une double crise, celle des gilets jaunes et plus largement du mécontentement social mais aussi une crise de gouvernance. La plupart des experts en sécurité considèrent en effet que ce gouvernement  fait preuve d’un grand amateurisme pour s’opposer aux violences et arrêter les responsables. Si l’on en croit le ministère de l’intérieur les casseurs en cause ne représentent pas plus de 2000 personnes au maximum, ils sont même identifiés avant même les manifestations en tout cas quantitativement. Comment comprendre que l’ensemble des forces de police et de gendarmerie ne parvienne pas à réduire à néant les velléités destructrices de ces individus. De quoi s’inquiéter pour la sécurité du pays voire pour la sûreté. Le problème central c’est que ce pouvoir ne s’est pas entouré des compétences nécessaires car le maintien de l’ordre est une affaire de spécialistes et non d’amateurs comme ceux qui entourent aussi bien Macron que Castaner. Pour preuve cette conception très évolutive de la politique du maintien de l’ordre selon les semaines avec parfois une recherche dangereuse du contact systématique avec les manifestants et de l’autre un laxisme qui laisse les plus radicaux détruire biens publics et commerces. Comment un pays comme la France peut-il se montrer incapable de stopper 1500 à 2000 extrémistes ? Le recours à l’armée pose donc interrogations. D’abord quant au symbole qu’il représente car cela caractérise un niveau de gravité sociale et politique. Ensuite quant à l’efficacité. En effet d’après tous les spécialistes, le maintien de l’ordre est un métier pour lequel la gendarmerie et la police sont formés. Ce n’est pas le cas de l’armée qui elle est formée pour se défendre et tuer l’ennemi s’il le faut. Cet appel à l’armée  revêt sans doute aussi un caractère politique pour mordre sur la forte demande d’ordre qui se réfugie dans les partis politiques radicaux.

 

Migrants: l’armée pour réguler en Slovénie

Migrants: l’armée pour réguler en Slovénie

Après les discours humanistes béats, la répression ! Et l’armée en Slovénie pour bloquer les migrants. Hongrie, Croatie, Serbie, Slovénie, Autriche et même l’Allemagne freinent ou empêchent les migrants d’entrer en Europe. Du coup des milliers de migrants sont  bloqués dans les Balkans, après la fermeture par la Hongrie de sa frontière sud et le quota quotidien d’entrées que la Slovénie s’efforce de respecter. La Slovénie, l’un des plus petits pays européens, se trouve à son tour en première ligne et dépassée par l’arrivée de milliers de migrants exténués et frigorifiés, qui précèdent une nouvelle vague de candidats à l’asile partis de Turquie. Le parlement de Ljubljana a donné de nouvelles compétences à l’armée, appelée à aider la police à faire face à l’afflux de migrants à la frontière, et a demandé une aide financière à l’Union européenne, au cours d’une session extraordinaire qui s’est tenue jusqu’à mercredi à l’aube. Aux deux extrémités de la route qui mène vers l’Europe de l’Ouest, la situation est proche de la saturation. La saturation  résulte auusi de la décision des chefs d’Etats européens de renforcer le contrôle aux frontières, en fait de limiter l’accès des migrants tout en affirmant le droit d’asile.  La Slovénie, qui a annoncé qu’elle n’accepterait que 2.500 nouveaux migrants par jour, en a laissé entrer 5.000 lundi en provenance de Croatie. Plus de 10.000 migrants sont bloqués en Serbie, a déclaré le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), et d’autres sont en chemin. « C’est comme un fleuve de personnes; si vous arrêtez le flot, vous avez des inondations quelque part. C’est ce qui se produit «  a déclaré un porte-parole du HCR, Melita Sunjic, à la frontière serbo-croate, où 2.000 personnes étaient contraintes d’attendre dans le no man’s land boueux et jonché d’immondices.  Après la fermeture vendredi par la Hongrie de sa frontière avec la Croatie, le flot de migrants a été dévié vers la Slovénie. De là, les réfugiés souhaitent se rendre en Autriche, puis en Allemagne. Mais la Slovénie, pays de deux millions d’habitants, a imposé un quota maximum de 2.500 entrées par jour sur son territoire. Elle dit ne pas vouloir accueillir plus de migrants sur son territoire que le nombre de ceux qui peuvent en sortir pour entrer en Autriche. Vienne a démenti avoir réduit le nombre de réfugiés qu’elle accepte quotidiennement. La limitation de 2.500 personnes par jour imposée par la Slovénie a contraint la Croatie, elle aussi membre de l’Union européenne, à réduire les entrées en provenance de Serbie.  Quelque 700.000 migrants devraient atteindre cette année les rivages de l’Europe, en provenance d’Afrique, du Proche-Orient ou d’autres pays d’Asie, selon le projections de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce qui crée des tensions au sein de l’Union européenne qui n’a réussi à se mettre d’accord pour l’instant sur la répartition entre ses membres que d’une petite partie de ces réfugiés ( 120 000 sur 700 000 ou un million ) ! .

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