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Valoriser l’apport culturel à l’économie

Valoriser l’apport culturel à l’économie

 

L’économiste Françoise Benhamou considère, dans une tribune au « Monde », que la pandémie pourrait déboucher sur une offre culturelle moins mondialisée, plus diversifiée et prête à monétiser sa diffusion numérique.

 

 

Tribune. La crise que traversent actuellement les activités culturelles est le révélateur d’une révolution silencieuse, faite de quatre mouvements : la montée de l’événementiel, l’inscription dans la mondialisation, l’importance prise par le numérique et le poids croissant du secteur privé au sein de l’offre.

La pandémie a mis un coup d’arrêt à tout ce qui relève de l’événementiel : expositions, foires, spectacles, séances de cinéma, festivals. Or les modèles économiques de pans entiers de la culture se sont progressivement construits à partir des recettes de l’événementiel. Le système des foires empêché, le marché de l’art doit se réinventer. Fermés, les musées ne peuvent plus compter sur la billetterie. La programmation des maisons d’art lyrique et symphonique et des salles de musiques actuelles est durablement perturbée, les artistes internationaux étant empêchés de se déplacer. Les villes et régions, qui tentaient de s’inscrire dans cet ordre culturel mondialisé en soutenant des festivals attractifs et spécialisés, doivent y renoncer pour un temps indéterminé.

Quant au numérique, il a dicté la configuration des nouveaux modèles économiques de certains pans de l’industrie culturelle. L’épidémie vient casser le modèle lentement élaboré de l’artiste compensant la baisse des rémunérations issues de la musique enregistrée par les tournées et les spectacles. La longueur de l’épidémie entraîne des pertes sèches : il faut renoncer à jouer des œuvres nouvelles, et le numérique apparaît alors plus comme un pis-aller que comme un complément.

Nouveaux modèles

Enfin, dans un pays qui, comme la France, a su développer un maillage culturel public du territoire grâce à des bibliothèques, des salles de concerts, etc., la part du privé tend à être sous-estimée et regardée avec soupçon. Pourtant, l’action et l’offre culturelles sont aussi portées par le secteur associatif et par toute une constellation de grandes et petites entreprises et de commerces. Aux aides destinées à l’économie générale, tels le PGE [prêt garanti par l’Etat] ou le chômage partiel, se sont certes ajoutées des aides spécifiques. Mais cela n’empêchera pas certains de faire faillite et de concentrer cette offre dans des mains moins nombreuses.

La crise semble cependant dessiner de nouveaux modèles. Une économie plus modeste, avec des programmations qui évitent les dérives inflationnistes. Une économie attentive à ce que les productions nouvelles soient plus largement diffusées qu’aujourd’hui. Une économie plus vertueuse du point de vue de son empreinte écologique, avec une moindre propension à la circulation effrénée et coûteuse des œuvres et des stars. Une économie plus centrée sur le local, faisant appel à des artistes de la scène régionale, facteur de diversité culturelle. Une économie qui ne fait pas l’impasse sur le travail des associations, à la lisière du culturel et du social, ou du culturel et de l’éducatif. Une économie qui utilise le numérique pour ce qu’il apporte : entrer par effraction dans les foyers, faire connaître des œuvres et des lieux, mais qui doit être monétisé, même à petit prix. Le numérique a permis, pendant les confinements, de jouir d’une offre culturelle inventive et de faire vivre un patrimoine trop souvent conservé dans les tiroirs, mais il faut glisser de la gratuité destinée à fidéliser un public que l’on comptait retrouver rapidement vers la monétisation de l’offre, indispensable à deux titres : apporter des recettes et rompre avec l’idée que ce qui est culturel est gratuit et donc ne vaut rien.




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