Archive pour le Tag 'l’Afrique'

L’Afrique : 90 milliards détournés par an

L’Afrique :  90 milliards détournés par an

90 milliards détournés par an , ce que révèle France Info. En gros cette somme correspond à l’aide au développement. Si l’on ajoute à cela qu’on considère que la richesse des dirigeants africains dissimulés en dehors de l’Afrique correspond à la dette,  on aura compris les raisons du sous-développement.

 

Chaque année, l’Afrique se voit privée de 89 milliards de dollars de capitaux fuyant le continent de manière illicite. Pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD), ce même continent nécessite environ 200 milliards de dollars d’investissements. C’est le triste constat de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) dans un rapport publié lundi soir.

 

Le constat est d’autant plus inquiétant que ces flux financiers illicites, sortant du continent, sont quasi équivalents au total de l’aide publique au développement reçue par les pays africains (48 milliards de dollars) et des investissements directs étrangers (54 milliards de dollars) pour la période 2013-2015.

Pour résumer, chaque année, c’est l’équivalent de 3,7 % du PIB africain qui quitte le continent de manière illicite. De 2000 à 2015, ce sont 836 milliards de dollars qui ont fui le continent. Comparé au stock total de la dette extérieure de l’Afrique, qui s’élevait à 770 milliards de dollars en 2018, cela fait de l’Afrique un « créancier net du reste du monde », selon le rapport. de la CNUCED.

Ces sorties de capitaux recouvrent tout autant des fuites illicites que des pratiques fiscales et commerciales illégales à l’instar de la fausse facturation des échanges commerciaux, des activités criminelles provenant des marchés illégaux, de la corruption ou du vol. En la matière, le secteur des matières premières est en première ligne. La Cnuced recense, en 2015, 40 milliards de dollars de fuite illicite en lien avec l’exportation de produits extractifs. Sur ces 40 milliards, 77 % étaient concentrés dans la chaîne d’approvisionnement de l’or, suivie de celle des diamants (12 %) et du platine (6 %). La Cnuced prend soin de souligner que ces chiffres sous-estiment probablement le problème et son impact.

 

Réduire le coût scandaleux des transferts d’argent vers l’Afrique

Réduire le coût scandaleux des transferts d’argent vers l’Afrique

 

C’est la proposition de La députée LREM Sira Sylla  Les transferts d’argent depuis la France vers l’Afrique pèsent eux pour 44 milliards d’euros. Or non seulement ceux-ci sont en baisse du fait de la diminution des revenus des travailleurs africains en France mais ils font aussi l’objet, bien avant la crise, de frais très lourds qui enrichissent les deux principaux organismes pratiquant ces transferts d’argent, Western Union et MoneyGram. « Ces frais se montent à 9 ou 10 % des sommes transférées vers les pays d’Afrique de l’Ouest, très loin des 3 % qui sont l’objectif souhaité par le FMI au titre du développement durable, précise Sira Sylla. Si on n’agit pas sur ces transferts, on ne va pas y arriver. »

Pour tenter d’améliorer la situation, la députée macroniste d’origine sénégalaise, appuyée par une trentaine de députés issus de différents groupes, a introduit des amendements au projet de loi rectificatif actuellement en discussion à l’Assemblée. Ces derniers n’ayant pas été retenus, elle déposera aussi une proposition de loi.

Crise sanitaire : l’Afrique résiste

Crise sanitaire : l’Afrique résiste

 

Alors que le pire était redouté pour le continent, la mortalité liée au Covid-19 y est bien plus faible qu’en Europe ou en Amérique, relèvent trois chercheurs de l’IRD( institut de recherche pour le développement) dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Face au Covid-19, de bonnes et de mauvaises raisons orientent la commune déraison des projections alarmistes sur l’Afrique, que précède la « réputation » de ce continent. Il était donc attendu ou redouté que l’Afrique et ses systèmes de santé « fragiles » soient le lieu d’une gigantesque oraison funèbre. Cela relève simultanément de l’histoire des pandémies du XXe siècle et d’une curieuse absence de bon sens. Les raisons d’avoir sonné l’alarme se heurtent à des représentations de l’Afrique, de sa place dans le monde, entre l’habitus du catastrophisme et la paresse intellectuelle qui veut voir et trouver l’Afrique à la place du mort. Comme si, dans les représentations du monde, l’Afrique était confinée dans le rôle du berceau de la mort et des maux dont on ne guérit pas sans intervention extérieure et « humanitaire ».

 

Les raisons de craindre le pire sont nombreuses et les faits qui y résistent s’empilent, le tout au cœur d’incertitudes qui jalonnent la marche de cette pandémie. La bien-pensance médiatique a oublié un truisme que le Covid-19 met sèchement en lumière : on ne meurt pas deux fois. Les populations africaines sont plus jeunes que celles des autres régions du monde. C’est le résultat d’une tragédie banalisée : la faiblesse de l’espérance de vie. Cet indicateur morbide devient un atout face au Covid-19, dont la létalité chez les personnes âgées est une des caractéristiques. Avantage ou conséquence d’une tragédie, la situation du Covid-19 génère des discours saturés d’a priori, y compris lorsque ces discours partent de bons sentiments ou d’inquiétudes pavloviennes. Il faut d’abord prendre acte des faits et accepter l’évidence qui n’a pas l’air d’aller de soi aux yeux du monde : les Africains sont des êtres humains ordinaires. Les anciens sont plus fragiles que les jeunes, partout. 

Après bientôt quatre mois d’épidémie liée au coronavirus, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle un nombre de décès plus faible en Afrique que dans les pays européens ou en Amérique : 1 591 morts au 30 avril (soit 1,3 mort par million d’habitants), alors qu’en Amérique on recensait 75 591 morts à la même date (soit 76 par million d’habitants) et 132 543 en Europe (soit 179 par million d’habitants).

Aujourd’hui, quelques premières analyses pondèrent donc la catastrophe annoncée, avec des pistes explicatives. Sont évoqués une série de facteurs : un contact avec diverses infections qui pourrait jouer un rôle protecteur, des leçons tirées d’Ebola et du VIH, un flux de voyageurs internationaux bien moindre qu’en Europe, aux Etats-Unis et en Asie, des mesures gouvernementales prises très tôt, ou encore une capacité de résilience, d’adaptation et d’inventivité forte et éprouvée, elle-même liée à une série de facteurs sociaux et environnementaux.

 

Les relations complexes de la Chine avec l’Afrique

Les relations complexes de la Chine avec l’Afrique

 le sinologue Thierry Pairault explique les relations complexes de la Chine avec l’Afrique ( l’Opinion)

Profitant du coronavirus, la Chine est particulièrement active pour recréer ou conforter ses réseaux dans les pays en développement. Il y a des enjeux historiques et la période actuelle permet de réactiver l’esprit et la solidarité des pays non alignés exprimés lors de la Conférence de Bandung en 1955. Le discours anti-occidental prospère à Pékin à l’heure du bras de fer avec les Etats-Unis. La Chine met en œuvre une communication volontariste et flamboyante à travers sa diplomatie du masque. Le discours est bien rodé et vient combler un vide, car les pays occidentaux n’ont pas grand-chose à raconter qui séduise les pays en développement. De ce point de vue, Pékin joue sur du velours.

Les Occidentaux mettent la pression sur la Chine pour qu’elle annule la dette envers les pays africains. Quel est son montant ?

Il est difficile de le savoir exactement, mais l’endettement n’est pas aussi important qu’on le pense. Récemment, les médias francophones ont avancé le chiffre de 145 milliards de dollars qui représenterait 40 % de la dette africaine. En fait, il s’agit du montant des prêts publics bilatéraux octroyés par la Chine entre 2000 et 2017 aux pays d’Afrique subsaharienne. Or, certains de ces prêts ont déjà été remboursés, sont en voie de l’être ou ont été annulés. En 2017, le montant de la dette bilatérale que l’Afrique subsaharienne devait à la Chine pouvait être de 58 milliards de dollars, soit 13 % de la dette totale à long terme ou 17 % de la dette bénéficiant d’une garantie publique. On est loin des 40 %. Mais pour en estimer l’impact budgétaire annuel, il faudrait connaître le service de la dette, c’est-à-dire l’ensemble des remboursements du principal et du paiement des intérêts.

Un certain nombre de contrats semblent mentionner aussi des remboursements en matières premières…

Certains contrats font l’objet de clauses en garantissant le secret et donc certains prêts ne sont pas connus. Certains incluent des remboursements en matières premières. Avec la baisse des cours de ces produits comme le pétrole, la Chine s’est rendu compte qu’elle était perdante, d’où leur raréfaction. Il y a aussi les prêts accordés directement par les entreprises chinoises à des Etats, dont on ne connaît généralement pas les termes.

La Chine n’a qu’un statut d’observateur au Club de Paris, groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de restructurer collectivement les dettes. Voyez-vous Pékin participer à un effort collectif d’annulation de dette des pays africains ?

La Chine accepte rarement les annulations de dettes pures et simples. Elle ne devrait pas changer de comportement, ne serait-ce que parce que cela l’obligerait à plus de transparence, un exercice auquel elle n’est pas préparée. Elle préfère négocier de manière bilatérale avec les pays du Sud. Pékin devrait toutefois faire quelques gestes sur la dette africaine au-delà du moratoire, en proposant des restructurations, ne serait-ce que pour ne pas perdre la face publiquement alors que les pays occidentaux cherchent à l’attirer dans un piège de l’annulation de dette.

Les pays africains ont récemment critiqué Pékin à propos du traitement de leurs ressortissants durant le confinement en Chine. Est-ce la fin de l’idylle ?

Au-delà de critiques somme toute assez limitées, la voix des pays africains ne semble pas assez puissante pour forcer la Chine à véritablement modifier son comportement. Les Etats africains ont trop besoin de la Chine sur le double plan politique et économique. Et les pays occidentaux cherchent surtout à la mettre en porte-à-faux par rapport à une diplomatie dont la générosité affichée est très relative. Une étude récente du Centre pour le développement global (CDG), un think tank basé à Washington, montre que les conditions de prêts de la Banque mondiale sont en règle générale plus avantageuses que celles accordées par les banques publiques chinoises. Mais le montant des prêts de ces dernières est souvent beaucoup plus élevé, ce qui fait la différence quand il faut financer de grands projets d’infrastructures.

La crise actuelle est-elle de nature à remettre en cause un certain nombre de grands projets chinois en Afrique, notamment à l’Est ?

La vitrine chinoise dans la Corne de l’Afrique connaît une période difficile. Plus de deux ans après son inauguration, la liaison Addis-Abeba - Djibouti construite avec une expertise et des capitaux chinois est à la peine d’autant que la capacité de transformation industrielle et commerciale des zones franches chinoises a été à l’évidence très surévaluée. D’ailleurs, l’Ethiopie est récemment allée renégocier sa dette sur le chemin de fer. De surcroît, elle s’ouvre à des concurrents naturels de Djibouti pour son accès à la mer et entreprend de construire des liaisons avec des financements non chinois à destination du port de Berbera au Somaliland, de Port-Soudan au Soudan et de Massawa en Érythrée…

L’Europe évoque des relocalisations industrielles au niveau régional. L’Afrique en profitera-t-elle en raison de sa proximité ?

Les relocalisations éventuelles se feront dans un contexte différent des délocalisations initiales. Jusqu’à une période récente, les coûts de main-d’œuvre prévalaient dans le choix des industriels. Or, c’est la proximité des marchés sur fond de robotisation qui fonde actuellement la relocalisation avec une multiplication des centres de production. Donc, les industriels se tourneront surtout vers les pays proches de leurs marchés disposant d’ingénieurs compétents à des salaires avantageux. Les pays d’Afrique du Nord pourraient plus facilement en profiter que ceux d’Afrique subsaharienne. La Chine a de son côté renoncé à délocaliser ses industries. Elle pousse aussi à la robotisation : quitte à avoir des chômeurs, autant garder les bénéfices de la production sur son territoire.

Coronavirus: l’Afrique résiste mieux

Coronavirus: l’Afrique résiste mieux

 

On craignait évidemment une propagation particulièrement dangereuse du Coronavirus en Afrique qui ne dispose pas d’un système sanitaire aussi dense  et aussi élaboré que d’autres pays développés. Alors en apparence le virus est loin d’atteindre un rythme de propagation aussi développée par exemple qu’en Europe ou aux États-Unis. Certes les statistiques peuvent se discuter car elles ne rende peut-être pas compte de la réalité de la mortalité vis-à-vis du Corona virus. Par ailleurs, les causes de mortalité générale, au moins 50 % voir 80 %, sont dues  au palu. Difficile dans certains cas d’attribuer les décès à telle ou telle maladie. À noter que dans ces pays on a l’habitude d’utiliser régulièrement la chloroquine,( nom commercial la nivaquine ) qui peut expliquer les raisons de la maîtrise du virus sans parler du climat. le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (CDC) recense, mercredi 13 mai, 2.400 décès et 70.000 cas de Covid-19 sur l’ensemble du continent. L’épidémie a émergé le 14 février en Égypte, trois semaines après la France. Lancée avec retard, elle progresse aussi à un rythme plus lent. Le nombre de cas double tous les six jours – deux fois moins vite qu’en Europe au plus fort de l’épidémie.

Quant au taux de reproduction de l’infection, il est faible: les épidémiologistes estiment que dix malades contaminent entre 10 et 15 personnes en moyenne. «Même si une partie de l’épidémie passe probablement sous le radar en raison de la rareté des tests de diagnostic, une surmortalité importante ne pourrait pas nous échapper, observe Isabelle Defourny, directrice des opérations de Médecins sans frontières

Sortir l’Afrique de sa confortable tutelle

Sortir l’Afrique de sa confortable tutelle

Amadou Sadjo Barry, professeur de philosophie, fait le bilan de gouvernance de soixante ans d’indépendance des Etats africains et soutient que l’Afrique se satisfait de sa confortable tutelle notamment politique.  Une analyse pertinente qui rompt avec les sempiternelles responsabilités de la colonisation qui concerne aussi surtout les imaginaires. .

Tribune.

 

Dans la grande majorité des pays d’Afrique, le droit à l’autodétermination des peuples, autour duquel s’est mobilisé le mouvement des indépendances, n’a pas affranchi les structures de la gouvernance de l’imaginaire colonial. Soixante ans après les indépendances, la précarisation, la violence et la domination structurent toujours le rapport entre les Etats et leurs populations. Ce qui non seulement confine les Etats dans une inefficacité structurelle et normative, mais surtout érige la procuration et l’extraversion comme les modalités privilégiées de l’exercice de la souveraineté.

Par procuration, il faut entendre que les gouvernements africains passent, pour gérer les questions liées à la justice sociale, à la santé et à la sécurité, par l’intermédiaire de la communauté internationale ou des politiques d’aide au développement des gouvernements occidentaux. L’extraversion consiste dans le fait de solliciter constamment l’aide extérieure. C’est une forme de gouvernance tournée exclusivement vers le soutien des pays riches.

C’est très exactement cette dynamique contradictoire de la souveraineté, qui allie dans une même logique la souveraineté et la dépendance, que manifestent les problématiques soulevées par l’opération « Barkhane », le franc CFA, l’aide au développement ou encore la lutte contre l’épidémie Ebola. Mais comment expliquer que les prérogatives qui définissent véritablement l’institution de la souveraineté font l’objet de troc entre les gouvernements africains et les puissances qui dominent l’environnement international ?

Pour comprendre, il importe tout d’abord de relever que l’institution de la souveraineté de l’Etat en Afrique n’a aucun fondement endogène. Loin d’être le résultat d’une interrogation sur les principes normatifs censés garantir l’existence d’un peuple pensé comme une communauté d’intérêts, l’idée d’un Etat souverain y est juste la conséquence d’une transformation de l’ordre légal international. C’est en effet l’instauration du régime de la souveraineté « négative » au niveau international qui a obligé à reconnaître comme Etats souverains les pays décolonisés. Alors que traditionnellement, c’est la souveraineté « positive », c’est-à-dire la capacité de gouvernance et l’indépendance effective qui déterminaient l’acquisition de la souveraineté au niveau international, le droit à l’autodétermination des peuples allait faire de la non-soumission à une entité extérieure une condition essentielle à la reconnaissance internationale des Etats.

Ainsi, sous l’effet de la décolonisation de l’après-guerre, l’instauration de ce nouveau régime de la souveraineté « négative » a conduit à la création d’Etats, souverains au regard du droit international, mais en réalité lourdement amputés de la dimension positive de la souveraineté. En fait, le droit à l’autodétermination des peuples a donné naissance à ce que Robert Jackson a admirablement appelé les « quasi-States » : des Etats qui existent légalement, mais dont la réalité empirique demeure une illusion, car ces dits Etats sont structurellement incapables d’assumer les prérogatives liées entre autres à la justice sociale, à la sécurité et à l’unité nationale. Paradoxalement donc, l’indépendance s’est traduite par l’institution d’Etats souverains dépendants, sous perfusion internationale, consacrant une forme de souveraineté assujettie. Le philosophe politique allemand Thomas Pogge a déjà analysé, dans World Poverty and Human Rights, les conséquences négatives sur les populations africaines et le système international lui-même de cette dynamique contradictoire de la souveraineté des Etats africains.

Mais ce qui interpelle davantage aujourd’hui, c’est l’entretien et la longévité de cette forme de souveraineté assujettie de l’Etat en Afrique. Nous y sommes encore, soixante ans après les indépendances. Ainsi, au-delà des considérations liées au rapport de pouvoir au niveau international, c’est tout d’abord les idéologies des indépendances et les pratiques de gouvernance auxquelles celles-ci ont donné lieu qu’il faudrait interroger. Comment expliquer que le panafricanisme et le socialisme africain n’aient pas favorisé l’émergence d’un Etat effectif et représentatif ? Comment comprendre cette étrange cohabitation entre ces idéologies et les pratiques du pouvoir qui ont démembré structurellement et normativement l’Etat en Afrique ?

En effet, les idéologies de l’indépendance n’ont pas pris au sérieux les problèmes éthiques et politiques de la vie commune. L’erreur a été de croire que la contestation du colonialisme et le rappel incessant de la nécessité de valoriser la culture africaine suffisaient à fonder une communauté d’intérêts mue par le désir de vivre ensemble selon des principes normatifs discutés et acceptés par tous.

Derrière, c’est toute la question du politique, en tant qu’elle s’apparente à une mise en ordre des interactions humaines d’une manière qui rende possible l’institution d’un espace public régi par une morale minimale commune, qui a été oblitérée par le panafricanisme et le socialisme des indépendances. Cette négation du politique a eu son lieu d’expression privilégié dans la conception d’une nation et d’une unité nationale véhiculée par les tenants du panafricanisme et du socialisme.

La définition de la nation impliquait a priori le rejet du pluralisme et une suspicion à l’égard des dispositifs de contestation publique : la nation, c’était exclusivement le chef. Or cette identification entre la personne du chef et celle de la nation a non seulement dépossédé le peuple de son pouvoir symbolique, mais elle a enraciné des modes de gouvernance contraires à l’épanouissement d’un Etat souverain : néopatrimonialisme, criminalité, recours à l’aide au développement et tripatouillage constitutionnel.

A bien des égards, l’Afrique contemporaine s’inscrit dans la continuité de ces pratiques de la gouvernance qui ne se maintiennent qu’à la faveur de l’inefficacité et donc de l’assujettissement de l’Etat.

C’est pourquoi la lucidité à l’égard de soi-même exigerait que la jeunesse africaine ne se trompe pas en s’enlisant dans une éternelle dénonciation de la « Françafrique ». Si l’Afrique n’est pas encore souveraine, c’est parce qu’elle refuse, politiquement, de sortir de cet état de minorité, de tutelle, dans laquelle elle s’est volontairement installée. Le temps est venu de savoir ce que peut l’Afrique pour elle-même, indépendamment du monde. Ainsi s’amorcera le début de la décolonisation de l’Afrique par elle-même.

Amadou Sadjo Barry est professeur de philosophie au Collège d’enseignement général et professionnel de Saint-Hyacinthe, au Québec.

Développement – L’argent de l’Afrique: l’exemple de l’Angola ?

Développement – L’argent de l’Afrique: l’exemple de l’Angola ?

 

Où va l’argent de l’Afrique ? Question souvent posée tellement le décalage est grand entre la richesse de ce continent et la situation socio-économique moyenne. La réponse est connue, une partie va dans les multinationales des pays développés grâce à la bienveillance d’une classe politique locale qui s’enrichit. Ainsi la totalité de l’endettement de l’Afrique correspond à peu près au patrimoine de dirigeants et anciens dirigeants africains, un patrimoine  placé à l’étranger. Le problème c’est que cette culture de la corruption a largement contaminé une bonne partie du tissu socio-économique local et que cela constitue l’un des freins au développement en Afrique. L’exemple de l’Angola est significatif. La femme la plus riche d’Afrique, la milliardaire Isabel dos Santos, fille de l’ex-président angolais est accusée d’avoir « siphonné les caisses du pays » dans une enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) publiée dimanche. Elle aurait détourné plus d’un milliard de dollars de l’Angola sans parler des montages fiscaux illicites. L’intéressée est considérée cependant comme une femme d’affaires efficaces mais aussi une femme de » bonnes affaires ».  La milliardaire avait ainsi protégé son patrimoine grâce à 400 sociétés plus ou moins fictives dans 40 pays en plus avec l’aide de banques d’affaires et d’avocats.

Les 36 médias internationaux membres du consortium, parmi lesquels la BBC, le New York Times ou Le Monde, ont mobilisé 120 journalistes dans une vingtaine de pays pour exploiter une fuite de 715.000 documents et révéler « comment une armée de sociétés financières occidentales, d’avocats, de comptables, de fonctionnaires et de sociétés de gestion ont aidé » cette femme de 46 ans « à cacher des avoirs aux autorités fiscales ».

Les « Luanda Leaks », du nom de la capitale de l’Angola, ont pu voir le jour grâce à une fuite de données orchestrée par un ou des anonymes depuis la société de gestion financière d’Isabel dos Santos basée au Portugal, « probablement issues d’un piratage informatique », selon Le Monde.

Celle qu’on surnomme la « princesse de Luanda » était déjà dans le radar de la justice de nombreux pays. L’enquête du ICIJ l’accable en révélant des détails inédits sur les montages financiers utilisés, ainsi que le nom des sociétés qui l’y ont aidée et les montants en jeu.

La fille de José Eduardo dos Santos, qui dirigea l’Angola d’une main de fer pendant 38 ans (1979-2017), avait vu en décembre ses comptes bancaires et ses actifs dans des entreprises angolaises gelés.

La justice angolaise la soupçonne d’avoir détourné, avec son époux danois d’origine congolaise Sindika Dokolo, plus d’un milliard de dollars des comptes des entreprises publiques Sonangol (pétrole) et Endiama (diamant) pour nourrir ses propres affaires.

Isabel dos Santos avait été nommée en 2016 par son père à la tête de la société Sonangol.

Grâce à ce que Le Monde décrit comme une « nébuleuse composée de 400 sociétés identifiés dans 41 pays », Isabel dos Santos avait mis en place un véritable « schéma d’accaparement des richesses publiques ».

L’enquête de l’ICIJ révèle entre autres que des sociétés de conseil occidentales, telles que PwC et Boston Consulting Group, ont « apparemment ignoré les signaux d’alarme », en aidant la « Princesse de Luanda » à cacher des biens publics. L’investigation s’appuie sur des lettres censurées qui montrent comment de grands noms chez les consultants, tels que Boston Consulting ou KPMG, ont cherché à lui ouvrir des comptes bancaires non transparents.

Début janvier, la justice portugaise a elle aussi annoncé l’ouverture d’une enquête sur la femme d’affaires, qui détient des intérêts dans de nombreuses entreprises du pays, pour blanchiment d’argent public. « Monaco a fait de même récemment pour les mêmes motifs », selon Le Monde.

L’argent de l’Afrique: l’exemple de l’Angola?

L’argent de l’Afrique: l’exemple de l’Angola?

Où va l’argent de l’Afrique ? Question souvent posée tellement le décalage est grand entre la richesse de ce continent et la situation socio-économique moyenne. La réponse est connue, une partie va dans les multinationales des pays développés grâce à la bienveillance d’une classe politique locale qui s’enrichit. Ainsi la totalité de l’endettement de l’Afrique correspond à peu près au patrimoine de dirigeants et anciens dirigeants africains, un patrimoine  placé à l’étranger. Le problème c’est que cette culture de la corruption a largement contaminé une bonne partie du tissu socio-économique local et que cela constitue l’un des freins au développement en Afrique. L’exemple de l’Angola est significatif. La femme la plus riche d’Afrique, la milliardaire Isabel dos Santos, fille de l’ex-président angolais est accusée d’avoir « siphonné les caisses du pays » dans une enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) publiée dimanche. Elle aurait détourné plus d’un milliard de dollars de l’Angola sans parler des montages fiscaux illicites. L’intéressée est considérée cependant comme une femme d’affaires efficaces mais aussi une femme de » bonnes affaires ».  La milliardaire avait ainsi protégé son patrimoine grâce à 400 sociétés plus ou moins fictives dans 40 pays en plus avec l’aide de banques d’affaires et d’avocats.

Les 36 médias internationaux membres du consortium, parmi lesquels la BBC, le New York Times ou Le Monde, ont mobilisé 120 journalistes dans une vingtaine de pays pour exploiter une fuite de 715.000 documents et révéler « comment une armée de sociétés financières occidentales, d’avocats, de comptables, de fonctionnaires et de sociétés de gestion ont aidé » cette femme de 46 ans « à cacher des avoirs aux autorités fiscales ».

Les « Luanda Leaks », du nom de la capitale de l’Angola, ont pu voir le jour grâce à une fuite de données orchestrée par un ou des anonymes depuis la société de gestion financière d’Isabel dos Santos basée au Portugal, « probablement issues d’un piratage informatique », selon Le Monde.

Celle qu’on surnomme la « princesse de Luanda » était déjà dans le radar de la justice de nombreux pays. L’enquête du ICIJ l’accable en révélant des détails inédits sur les montages financiers utilisés, ainsi que le nom des sociétés qui l’y ont aidée et les montants en jeu.

La fille de José Eduardo dos Santos, qui dirigea l’Angola d’une main de fer pendant 38 ans (1979-2017), avait vu en décembre ses comptes bancaires et ses actifs dans des entreprises angolaises gelés.

La justice angolaise la soupçonne d’avoir détourné, avec son époux danois d’origine congolaise Sindika Dokolo, plus d’un milliard de dollars des comptes des entreprises publiques Sonangol (pétrole) et Endiama (diamant) pour nourrir ses propres affaires.

Isabel dos Santos avait été nommée en 2016 par son père à la tête de la société Sonangol.

Grâce à ce que Le Monde décrit comme une « nébuleuse composée de 400 sociétés identifiés dans 41 pays », Isabel dos Santos avait mis en place un véritable « schéma d’accaparement des richesses publiques ».

L’enquête de l’ICIJ révèle entre autres que des sociétés de conseil occidentales, telles que PwC et Boston Consulting Group, ont « apparemment ignoré les signaux d’alarme », en aidant la « Princesse de Luanda » à cacher des biens publics. L’investigation s’appuie sur des lettres censurées qui montrent comment de grands noms chez les consultants, tels que Boston Consulting ou KPMG, ont cherché à lui ouvrir des comptes bancaires non transparents.

Début janvier, la justice portugaise a elle aussi annoncé l’ouverture d’une enquête sur la femme d’affaires, qui détient des intérêts dans de nombreuses entreprises du pays, pour blanchiment d’argent public. « Monaco a fait de même récemment pour les mêmes motifs », selon Le Monde.

Développement de l’Afrique : surtout avec les femmes

Développement de l’Afrique : surtout avec  les femmes

Rima Le Coguic, directrice Afrique de l’Agence française de développement fort courageusement mais le doigt sur la question centrale des femmes dans le développement de l’Afrique (tribune du Monde). Un papier intéressant et très lucide  qui pourrait être encore plus radical dans la mesure où bien souvent malheureusement dans les familles c’est souvent la seule femme qui travaille et  subvient aux besoins de la famille. D’où sans doute aussi une capacité de gestion financière des femmes bien supérieure à celle des hommes. Mais il s’agit là d’une sorte de tabou, dommage car c’est sans doute une des conditions centrales du développement. Le problème c’est que la plupart des plans de développement sont essentiellement discuté avec des hommes !

 

 

« Aujourd’hui, l’Afrique est le continent où les femmes sont les plus actives sur le plan économique. C’est le continent où la participation des femmes au marché du travail est la plus élevée (plus de 60%, supérieure aux taux des pays européens et occidentaux) et où l’entrepreneuriat féminin est le plus développé (24% d’entre elles ont créé leur entreprise, contre 6% en Asie et 12% en Amérique). Porteuses d’un véritable dynamisme économique, elles sont en particulier présentes dans les secteurs de l’agriculture et de l’éducation, et se tournent davantage vers les nouvelles technologies et le digital.

Cette réalité parfois méconnue n’empêche pas que les femmes en Afrique font face à des obstacles encore plus grands qu’ailleurs. Elles ont un accès plus limité que les hommes au crédit bancaire et autres outils de financement. Selon la Banque africaine de Développement (BAD), elles sont propriétaires de 48% des entreprises en Afrique mais elles ne représentent que 20% de la population ayant accès à un compte bancaire. En définitive, l’organisation estime que les besoins en financement non couverts pour les femmes entrepreneures s’élèvent à 42 milliards de dollars.

Par ailleurs, les conditions de travail des femmes, notamment dans le secteur informel, sont moins bonnes que pour les hommes. Ainsi, les femmes en Afrique perçoivent des revenus inférieurs à celui des hommes -jusqu’à 30% de moins dans le seul secteur agricole où elles sont très présentes. À ces activités économiques nécessaires à leur autonomie financière et pour subvenir aux besoins de leur famille, s’ajoute la lourde charge des tâches domestiques qu’elles assurent en grande partie. Ainsi, l’Afrique est le continent où les femmes passent le plus de temps à s’occuper de tâches domestiques non rémunérées. Un écart constaté dès leur plus jeune âge et qui alimente largement le décrochage scolaire.

Le président Emmanuel Macron l’a clairement exprimé dans son discours à Ouagadougou en novembre 2017 et l’a réaffirmé lors de la conférence G7 Développement & Éducation en juillet dernier : l’égalité femmes-hommes est la grande cause de son quinquennat, en France et à l’international.

L’Agence française de développement (AFD) s’engage ainsi sur le terrain pour améliorer le quotidien des femmes entrepreneures en finançant des lignes de crédit à des institutions locales, comme l’Agence de Développement des Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MSMEDA) en Egypte ou l’Industrial Development Corporation(IDC) en Afrique du Sud.

Dans les deux cas, l’objectif est le même : encourager les institutions locales à proposer davantage de financements aux femmes entrepreneures tout en les accompagnant dans leurs démarches de financements.

L’accompagnement des femmes issues des quartiers défavorisés est un autre levier pour les aider dans leurs projets. Au Tchad, 350 porteuses de projets sont déjà accompagnées par l’AFD. En Egypte, un nouveau projet vise à amener 1.500 femmes de Louxor et du Grand Caire vers l’emploi salarié ou entrepreneurial, alors que l’Afrique du Nord se distingue du reste du continent en matière d’accès à l’emploi des femmes.

La réduction des inégalités de genre est ainsi un enjeu prioritaire dans l’objectif d’éradiquer la pauvreté et de réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. Selon l’OIT, réduire les inégalités de genre permettrait d’augmenter le PIB du continent de plus de 4% d’ici 2025. C’est aussi un enjeu social majeur car les femmes utilisent la quasi-totalité de leurs revenus pour leurs enfants, soutenant ainsi le développement des communautés. Convaincue qu’il est vain de penser le développement sur le continent sans miser sur les femmes, l’AFD prévoit que 50% de ses engagements annuels soient dédiés à des projets liés aux questions de genre d’ici 2022 en Afrique.

En s’affirmant comme des agents du développement économique et social à part entière, les femmes africaines travaillent autant à leur autonomisation qu’elles contribuent au développement inclusif de l’Afrique. »

« L’Afrique, dernier continent de pauvreté » (Banque mondiale)

« L’Afrique, dernier continent de pauvreté »  (Banque mondiale)

Une nouvelle fois, l’Afrique a fait l’objet d’une attention particulière de la part des grands pays. En cause,  le fait que l’Afrique risque d’être encore pour un moment le dernier continent de pauvreté d’après la Banque mondiale. Le G7  a donc mis l’accent notamment sur l’éducation des filles afin de permettre un meilleur accès au savoir et pouvoir. Il  faudra aussi traiter des questions d’investissement,  de la pertinence des choix aussi des questions de corruption. . Pour parler clair, une partie de l’aide finit dans les sables  ou plus exactement dans la poche de certains. La responsabilité en incombe au manque de rigueur dans l’évaluation des projets et surtout dans leur suivi. De ce point de vue,  certaine grande institution de coopération développement sont devenues de telles cathédrales administratives qu’elles rendent la politique de développement relativement opaque et inefficace.  La priorité donnée à la formation des filles est sans doute l’un des leviers majeurs pour la modernisation du continent. Les ministres du Développement et de l’Éducation du G7 ont donc décidé cette semaine à Paris de réorienter l’aide publique au développement. Kristalina Georgieva, la directrice générale de la Banque mondiale, explique au JDD l’importance de cette décision.

 

Kristalina Georgieva, la directrice générale de la Banque mondiale, est notamment mobilisée pour l’éducation des filles en Afrique. (Sipa)

C’est bien la première fois qu’un G7 accorde autant de place aux questions d’éducation et de développement dans les pays en voie de développement. Sous présidence française, la thématique des inégalités et de l’accès au savoir et aux compétences en Afrique a progressé cette année. Mais il faudra attendre le sommet des chefs d’État à Biarritz du 24 au 26 août pour savoir si l’on passe des vœux pieux des ministres à des mesures concrètes. Kristalina Georgieva, la directrice générale de la Banque mondiale, qui a failli devenir cette semaine présidente du Conseil européen, travaille au quotidien sur les questions d’investissements sur le continent africain.

 

Elle encourage les Européens à se mobiliser massivement dans la politique d’aide au développement en Afrique, persuadée que c’est dans l’intérêt général au sens le plus large. « L’Afrique est l’avenir [de l'Europe] et pas seulement parce que nos économies sont liées. Le continent africain est un immense marché », assure-t-elle.

Kristalina Georgieva insiste également sur le lien entre l’éducation des filles en Afrique et la démographie du continent : « Il est vital d’évoquer le rapport étroit qu’il y a entre démographie et émancipation individuelle. »

« L’idée est de tout faire pour que les filles en Afrique aillent à l’école jusqu’au bout et que les femmes soient encouragées par la suite à prendre des responsabilités, ce qui permet de reculer l’âge des mariages », développe-t-elle encore dans nos colonnes.  

« Selon nos estimations, les neuf dixièmes de la pauvreté dans le monde en 2030 seront concentrés sur le seul continent africain, ajoute-t-elle. Ce qui nous impose d’agir. »

Aide au développement : recentrage sur l’Afrique

Aide au développement : recentrage  sur l’Afrique

Les  nouvelles priorités ont été définies lors d’un comité interministériel de la coopération internationale et du développement (Cicid), instance créée en 1998 par Lionel Jospin qui se réunissait pour la première fois depuis quatre ans. Elles feront l’objet d’un projet de loi d’orientation et de programmation de la politique du développement qui sera adopté par le Conseil des ministres avant la fin de l’année et examiné au Parlement début 2014. « Nous changeons d’ère », a estimé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à l’issue de la réunion qui s’est tenue à Matignon et à laquelle ont participé une quinzaine de ministres. « Il y a désormais avec Pascal Canfin un ministre du Développement, et non plus de la Coopération qui renvoie à d’autres conceptions plus anciennes, je pense à la conception tant controversée de la France Afrique », a-t-il ajouté. « Nous sommes engagés dans une maîtrise de nos comptes publics, pour autant la France maintient son effort en matière de développement puisque nous allons consacrer en 2013 3,1 milliards d’euros d’aides directes », a-t-il poursuivi. Au total, en tenant compte de l’ensemble des actions menées (annulations de dette, secteur humanitaire, accueil des étudiants étrangers…), la France consacrera 9,3 milliards d’euros, soit 0,46 % de son revenu national brut (RNB), à l’aide publique au développement (APD). La zone de solidarité prioritaire (ZSP), qui définissait jusqu’à présent la répartition de l’aide française, a perdu de sa « cohérence et de sa pertinence » et va être supprimée au profit d’une aide différenciée qui prendra en compte les besoins et les profils des pays. À partir de l’an prochain, la moitié des subventions de l’Etat iront aux pays les plus pauvres, tous situés en Afrique, dont une nouvelle liste a été définie mercredi par le Cicid. Cette liste, qui compte 16 pays, comprend notamment le Burundi, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Niger, le Sénégal ou encore le Tchad. Au total, 85% de l’effort financier de l’Etat sera consacré aux pays de l’Afrique subsaharienne et aux pays du sud et de l’est de la Méditerranée. L’aide sera également consacrée aux pays « en sortie de crise », comme Haïti, l’Afghanistan, le Yémen et la Palestine. Dans le reste du monde, en Asie, Amérique Latine et dans les Caraïbes, la France sera également présente, a indiqué Jean-Marc Ayrault, mais recentrera ses aides aux politiques de croissance verte et solidaire. Les grands pays émergents ne devraient plus bénéficier d’aide financière directe, et l’assistance se fera désormais via des prêts non bonifiés et non plus des dons. Pour financer cette politique, le gouvernement mise sur une hausse de la taxe sur les billets d’avion, dite « taxe Chirac » qui sera revalorisée de 12,7% l’an prochain. Des outils de contrôle et d’évaluation vont être par ailleurs mis en place afin de garantir la transparence de l’efficacité de l’aide qui a été « longtemps un sujet de controverse », selon le Premier ministre. Il a expliqué que pour l’aide à la reconstruction du Mali, par exemple, les aides seront mises en ligne sur internet avec leur objet et leurs destinataires. « Chacun pourra ainsi vérifier grâce à ces indicateurs si on a amélioré la situation au niveau scolaire, en matière agricole ou de santé », a conclu Jean-Marc Ayrault.

 




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