Archive pour le Tag 'L’affaire'

Le retour de l’affaire sulfureuse Alstom-GE-EDF

Le retour   de l’affaire sulfureuse Alstom-GE-EDF

 

 

Compte tenu des risques qui pèsent sur le carnet de commandes de turbines Arabelle, constitué aux deux tiers de commandes du géant russe Rosatom, EDF veut réviser la valorisation de cette acquisition. À la suite de l’invasion russe en Ukraine, la Finlande a rompu son contrat avec Rosatom pour la livraison d’une nouvelle centrale nucléaire.

L’ affaire des achats ventes et revente des ex turbine Alstom risque donc de revenir à la surface de l’actualité. On se souvient que Macron avait en quelque sorte imposé avec les Américains la vente des turbines d’Alstom à general electric  dans des conditions plus que troubles. Conditions sans doute également liées au financement de la campagne de Macron ( affaire enterrée par la justice et qui n’est pas sans ressemblance avec l’actuelle affaire MC Kinsey)).

Aujourd’hui c’est EDF qui s’interroge. EDF qui déjà est dans une situation financière particulièrement délicate et qui a du obéir à la demande de Macrno de racheter les fameuses turbines vendues précédemment par Alstom à GE.

Et l ‘offensive russe en Ukraine relance l’affaire des ex-turbines Alstom. Près de quatre mois après s’être félicité à Belfort du retour sous le pavillon français des célèbres turbines Arabelle, cédées il y a sept ans de façon très controversée à General Electric, EDF est sur le point  de rouvrir la boîte de Pandore. En cause : le prix jugé aujourd’hui surévalué face aux risques de désistement de grands clients qui ont signé la construction de centrales avec le principal client de ces turbines, le géant du nucléaire russe Rosatom.

La Finlande a donné le signal. Le 2 mai, le consortium à majorité finlandaise, Fennovoima, a annoncé annuler son contrat avec le russe Rosatom pour construire le réacteur Hanhikivi-1, dans le nord du pays. Il invoque des risques « aggravants provoqués par la guerre en Ukraine », en plus des retards significatifs et de l’incapacité de Rosatom à délivrer la centrale.

 

Vente de la branche énergie à General Electric (Wikipedia )

Le 23 avril 2014, alors que Patrick Kron et Jeffrey Immelt, PDG de General Electric, discutent confidentiellement aux États-Unis les derniers détails de la vente de la branche énergie du groupe, l’agence Bloomberg publie une dépêche révélant les négociations entre les deux PDG.

Le rachat partiel d’Alstom par General Electric, est proposé pour un montant de 13 milliards de dollars.

Le 27 avril, une offre alternative est faite par Siemens, par laquelle ce dernier exprime son souhait d’acquérir les activités énergétiques d’Alstom, contre une partie des activités ferroviaires de Siemens.

Patrick Kron doit accepter l’offre de rachat de la branche énergie d’Alstom par le groupe américain General Electric (GE) face aux pressions du gouvernement américain (cf. infra) et à l’emprisonnement abusif d’employés stratégiques d’Alstom comme Frédéric Pierucci . La branche restante d’Alstom, c’est-à-dire les activités de transport qui ne représentent alors qu’un tiers du chiffre d’affaires du groupe, serait chargée du paiement de l’amende liée à un procès de corruption intenté aux États-Unis sur une base d’extraterritorialité des lois anticorruption .

Le 30 avril, le conseil d’administration d’Alstom accepte l’offre de 12,35 milliards d’euros de General Electric, pour ses activités énergétiques. Les actionnaires approuvent cette offre à 99,2 %. General Electric confirme son offre de 16,9 milliards de dollars.

Le 5 mai 2014, General Electric annonce son souhait d’acquérir 25 % de la filiale énergétique indienne d’Alstom pour environ 389 millions de dollars, si son offre globale réussit.

Le même jour, le gouvernement français s’oppose à l’offre de General Electric, s’inquiétant des activités turbine de la filière nucléaire française civile et militaire, des emplois et du futur de ses activités ferroviaires, invitant General Electric à regrouper ses activités ferroviaires avec celles d’Alstom.

L’état tente de renforcer son poids dans la négociation. Le 16 mai, Il promulgue le décret no 2014-479 qui étend à de nouveaux secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications et de la santé publique les pouvoirs du décret no 2005-1739, qui portent sur la possibilité donnée au gouvernement de mettre un veto sur des investissements étrangers qui portent atteintes aux intérêts stratégiques.

Le 16 juin, Siemens et Mitsubishi Heavy Industries émettent une nouvelle offre commune alternative à celle de General Electric. Siemens souhaite acquérir les activités d’Alstom dans les turbines à gaz pour 3,9 milliards de dollars et Mitsubishi Heavy Industries formerait des co-entreprises avec Alstom sur ses activités du nucléaire, de la distribution électrique et de l’hydroélectricité, pour 3,1 milliards de dollars5.

Le 19 juin 2014, General Electric annonce une variation de son offre initiale, sur la même valeur, mais avec davantage d’échanges d’actifs par la création d’une co-entreprise sur les activités électriques renouvelables, sur les réseaux de distributions d’énergies, sur les activités de turbines à vapeur et sur les activités nucléaires. General Electric s’engage également à vendre son activité dans la signalisation ferroviaire à Alstom5

Le 20 juin 2014, Siemens et Mitsubishi Heavy Industries modifient leur offre regroupant les co-entreprises proposées en une seule entre Alstom et Mitsubishi et augmentent la partie de l’offre en liquide de Siemens de 400 millions d’euros à 4,3 milliards d’euros.

Le même jour, le gouvernement français annonce soutenir dorénavant l’alliance entre Alstom et General Electricet vouloir prendre 20 % des actions d’Alstom (rachetés à Bouygues). Mais les tractations entre Bouygues et l’État semblent difficiles, les parties prenantes du dossier ne s’entendant pas sur le prix.

Le 4 novembre 2014, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron (successeur d’Arnaud Montebourg), autorise l’investissement de General Electric dans Alstom.

Réémergence de l’affaire sulfureuse Alstom-GE-EDF

 Réémergence de l’affaire sulfureuse Alstom-GE-EDF

 

 

Compte tenu des risques qui pèsent sur le carnet de commandes de turbines Arabelle, constitué aux deux tiers de commandes du géant russe Rosatom, EDF veut réviser la valorisation de cette acquisition. À la suite de l’invasion russe en Ukraine, la Finlande a rompu son contrat avec Rosatom pour la livraison d’une nouvelle centrale nucléaire.

L’ affaire des achats ventes et revente des ex turbine Alstom risque donc de revenir à la surface de l’actualité. On se souvient que Macron avait en quelque sorte imposé avec les Américains la vente des turbines d’Alstom à general electric  dans des conditions plus que troubles. Conditions sans doute également liées au financement de la campagne de Macron ( affaire enterrée par la justice).

Aujourd’hui c’est EDF qui s’interroge. EDF qui déjà est dans une situation financière particulièrement délicate et qui a du obéir à la demande de Macrno de racheter les fameuses turbines vendues précédemment par Alstom à GE.

Et l ‘offensive russe en Ukraine relance l’affaire des ex-turbines Alstom. Près de quatre mois après s’être félicité à Belfort du retour sous le pavillon français des célèbres turbines Arabelle, cédées il y a sept ans de façon très controversée à General Electric, EDF est sur le point  de rouvrir la boîte de Pandore. En cause : le prix jugé aujourd’hui surévalué face aux risques de désistement de grands clients qui ont signé la construction de centrales avec le principal client de ces turbines, le géant du nucléaire russe Rosatom.

La Finlande a donné le signal. Le 2 mai, le consortium à majorité finlandaise, Fennovoima, a annoncé annuler son contrat avec le russe Rosatom pour construire le réacteur Hanhikivi-1, dans le nord du pays. Il invoque des risques « aggravants provoqués par la guerre en Ukraine », en plus des retards significatifs et de l’incapacité de Rosatom à délivrer la centrale.

 

Vente de la branche énergie à General Electric (Wikipedia )

Le 23 avril 2014, alors que Patrick Kron et Jeffrey Immelt, PDG de General Electric, discutent confidentiellement aux États-Unis les derniers détails de la vente de la branche énergie du groupe, l’agence Bloomberg publie une dépêche révélant les négociations entre les deux PDG.

Le rachat partiel d’Alstom par General Electric, est proposé pour un montant de 13 milliards de dollars.

Le 27 avril, une offre alternative est faite par Siemens, par laquelle ce dernier exprime son souhait d’acquérir les activités énergétiques d’Alstom, contre une partie des activités ferroviaires de Siemens.

Patrick Kron doit accepter l’offre de rachat de la branche énergie d’Alstom par le groupe américain General Electric (GE) face aux pressions du gouvernement américain (cf. infra) et à l’emprisonnement abusif d’employés stratégiques d’Alstom comme Frédéric Pierucci . La branche restante d’Alstom, c’est-à-dire les activités de transport qui ne représentent alors qu’un tiers du chiffre d’affaires du groupe, serait chargée du paiement de l’amende liée à un procès de corruption intenté aux États-Unis sur une base d’extraterritorialité des lois anticorruption .

Le 30 avril, le conseil d’administration d’Alstom accepte l’offre de 12,35 milliards d’euros de General Electric, pour ses activités énergétiques. Les actionnaires approuvent cette offre à 99,2 %. General Electric confirme son offre de 16,9 milliards de dollars.

Le 5 mai 2014, General Electric annonce son souhait d’acquérir 25 % de la filiale énergétique indienne d’Alstom pour environ 389 millions de dollars, si son offre globale réussit.

Le même jour, le gouvernement français s’oppose à l’offre de General Electric, s’inquiétant des activités turbine de la filière nucléaire française civile et militaire, des emplois et du futur de ses activités ferroviaires, invitant General Electric à regrouper ses activités ferroviaires avec celles d’Alstom.

L’état tente de renforcer son poids dans la négociation. Le 16 mai, Il promulgue le décret no 2014-479 qui étend à de nouveaux secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications et de la santé publique les pouvoirs du décret no 2005-1739, qui portent sur la possibilité donnée au gouvernement de mettre un veto sur des investissements étrangers qui portent atteintes aux intérêts stratégiques.

Le 16 juin, Siemens et Mitsubishi Heavy Industries émettent une nouvelle offre commune alternative à celle de General Electric. Siemens souhaite acquérir les activités d’Alstom dans les turbines à gaz pour 3,9 milliards de dollars et Mitsubishi Heavy Industries formerait des co-entreprises avec Alstom sur ses activités du nucléaire, de la distribution électrique et de l’hydroélectricité, pour 3,1 milliards de dollars5.

Le 19 juin 2014, General Electric annonce une variation de son offre initiale, sur la même valeur, mais avec davantage d’échanges d’actifs par la création d’une co-entreprise sur les activités électriques renouvelables, sur les réseaux de distributions d’énergies, sur les activités de turbines à vapeur et sur les activités nucléaires. General Electric s’engage également à vendre son activité dans la signalisation ferroviaire à Alstom5

Le 20 juin 2014, Siemens et Mitsubishi Heavy Industries modifient leur offre regroupant les co-entreprises proposées en une seule entre Alstom et Mitsubishi et augmentent la partie de l’offre en liquide de Siemens de 400 millions d’euros à 4,3 milliards d’euros.

Le même jour, le gouvernement français annonce soutenir dorénavant l’alliance entre Alstom et General Electricet vouloir prendre 20 % des actions d’Alstom (rachetés à Bouygues). Mais les tractations entre Bouygues et l’État semblent difficiles, les parties prenantes du dossier ne s’entendant pas sur le prix.

Le 4 novembre 2014, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron (successeur d’Arnaud Montebourg), autorise l’investissement de General Electric dans Alstom.

 

Alstom-GE-EDF: Réémergence de l’affaire sulfureuse

Alstom-GE-EDF: Réémergence de l’affaire sulfureuse

 

 

Compte tenu des risques qui pèsent sur le carnet de commandes de turbines Arabelle, constitué aux deux tiers de commandes du géant russe Rosatom, EDF veut réviser la valorisation de cette acquisition. À la suite de l’invasion russe en Ukraine, la Finlande a rompu son contrat avec Rosatom pour la livraison d’une nouvelle centrale nucléaire.

L’ affaire des achats ventes et revente des ex turbine Alstom risque de revenir à la surface de l’actualité. On se souvient que Macron avait en quelque sorte imposé avec les Américains la vente des turbines d’Alstom à general electric  dans des conditions plus que troubles. Conditions sans doute également liées au financement de la campagne de Macron ( affaire enterrée par la justice).

Aujourd’hui c’est EDF qui s’interroge. EDF qui déjà est dans une situation financière particulièrement délicate et qui a du obéir à la demande de Macrno de racheter les fameuses turbines vendues précédemment par Alstom à GE.

Et l ‘offensive russe en Ukraine relance l’affaire des ex-turbines Alstom. Près de quatre mois après s’être félicité à Belfort du retour sous le pavillon français des célèbres turbines Arabelle, cédées il y a sept ans de façon très controversée à General Electric, EDF est sur le point  de rouvrir la boîte de Pandore. En cause : le prix jugé aujourd’hui surévalué face aux risques de désistement de grands clients qui ont signé la construction de centrales avec le principal client de ces turbines, le géant du nucléaire russe Rosatom.

La Finlande a donné le signal. Le 2 mai, le consortium à majorité finlandaise, Fennovoima, a annoncé annuler son contrat avec le russe Rosatom pour construire le réacteur Hanhikivi-1, dans le nord du pays. Il invoque des risques « aggravants provoqués par la guerre en Ukraine », en plus des retards significatifs et de l’incapacité de Rosatom à délivrer la centrale.

 

Vente de la branche énergie à General Electric (Wikipedia )

Le 23 avril 2014, alors que Patrick Kron et Jeffrey Immelt, PDG de General Electric, discutent confidentiellement aux États-Unis les derniers détails de la vente de la branche énergie du groupe, l’agence Bloomberg publie une dépêche révélant les négociations entre les deux PDG.

Le rachat partiel d’Alstom par General Electric, est proposé pour un montant de 13 milliards de dollars.

Le 27 avril, une offre alternative est faite par Siemens, par laquelle ce dernier exprime son souhait d’acquérir les activités énergétiques d’Alstom, contre une partie des activités ferroviaires de Siemens.

Patrick Kron doit accepter l’offre de rachat de la branche énergie d’Alstom par le groupe américain General Electric (GE) face aux pressions du gouvernement américain (cf. infra) et à l’emprisonnement abusif d’employés stratégiques d’Alstom comme Frédéric Pierucci . La branche restante d’Alstom, c’est-à-dire les activités de transport qui ne représentent alors qu’un tiers du chiffre d’affaires du groupe, serait chargée du paiement de l’amende liée à un procès de corruption intenté aux États-Unis sur une base d’extraterritorialité des lois anticorruption .

Le 30 avril, le conseil d’administration d’Alstom accepte l’offre de 12,35 milliards d’euros de General Electric, pour ses activités énergétiques. Les actionnaires approuvent cette offre à 99,2 %. General Electric confirme son offre de 16,9 milliards de dollars.

Le 5 mai 2014, General Electric annonce son souhait d’acquérir 25 % de la filiale énergétique indienne d’Alstom pour environ 389 millions de dollars, si son offre globale réussit.

Le même jour, le gouvernement français s’oppose à l’offre de General Electric, s’inquiétant des activités turbine de la filière nucléaire française civile et militaire, des emplois et du futur de ses activités ferroviaires, invitant General Electric à regrouper ses activités ferroviaires avec celles d’Alstom.

L’état tente de renforcer son poids dans la négociation. Le 16 mai, Il promulgue le décret no 2014-479 qui étend à de nouveaux secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications et de la santé publique les pouvoirs du décret no 2005-1739, qui portent sur la possibilité donnée au gouvernement de mettre un veto sur des investissements étrangers qui portent atteintes aux intérêts stratégiques.

Le 16 juin, Siemens et Mitsubishi Heavy Industries émettent une nouvelle offre commune alternative à celle de General Electric. Siemens souhaite acquérir les activités d’Alstom dans les turbines à gaz pour 3,9 milliards de dollars et Mitsubishi Heavy Industries formerait des co-entreprises avec Alstom sur ses activités du nucléaire, de la distribution électrique et de l’hydroélectricité, pour 3,1 milliards de dollars5.

Le 19 juin 2014, General Electric annonce une variation de son offre initiale, sur la même valeur, mais avec davantage d’échanges d’actifs par la création d’une co-entreprise sur les activités électriques renouvelables, sur les réseaux de distributions d’énergies, sur les activités de turbines à vapeur et sur les activités nucléaires. General Electric s’engage également à vendre son activité dans la signalisation ferroviaire à Alstom5

Le 20 juin 2014, Siemens et Mitsubishi Heavy Industries modifient leur offre regroupant les co-entreprises proposées en une seule entre Alstom et Mitsubishi et augmentent la partie de l’offre en liquide de Siemens de 400 millions d’euros à 4,3 milliards d’euros.

Le même jour, le gouvernement français annonce soutenir dorénavant l’alliance entre Alstom et General Electricet vouloir prendre 20 % des actions d’Alstom (rachetés à Bouygues). Mais les tractations entre Bouygues et l’État semblent difficiles, les parties prenantes du dossier ne s’entendant pas sur le prix.

Le 4 novembre 2014, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron (successeur d’Arnaud Montebourg), autorise l’investissement de General Electric dans Alstom.

 

Scandale McKinsey : le Sénat saisit la justice … Qui va étouffer l’affaire

Scandale McKinsey : le  Sénat saisit la justice … Qui va étouffer l’affaire

Nouveau rebondissement dans l’affaire des cabinets de conseil, et plus spécifiquement sur l’aspect fiscal du dossier. Ce mercredi, dans un communiqué, le bureau du Sénat a annoncé avoir décidé «de saisir le parquet [...] pour suspicion de faux témoignage» sur la situation fiscale du cabinet de conseil McKinsey en France. Une affaire qui dégage un certain parfum du premier financement de la campagne de Macron en 2017 . Les conditions le financement de cette campagne n’ont jamais été éclairées, et il y a peu de chances qu’elle soit maintenant ! Pour justifier cette dépense de plus d’un milliard d’euros, il faudrait que l’État ait  mobilisé des milliers et des milliers de consultants puisque l’essentiel des prestations relève du soft et non de la fourniture d’investissements matériels.

Dans leur rapport explosif sur l’influence croissante des cabinets de conseil dans l’Hexagone, publié en pleine campagne présidentielle, les sénateurs Éliane Assasi et Arnaud Bazin (CRCE et LR) affirmaient que le cabinet américain échappait à l’impôt sur les sociétés (IS) en France. S’il y était théoriquement bien assujetti, «ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans», concluait la commission, décrivant la situation comme un «exemple caricatural d’optimisation fiscale». Or, ce constat était contraire aux propos «tenus sous serment» par le directeur associé du cabinet, Karim Tadjeddine : mi-janvier, celui-ci assurait «nous payons l’impôt sur les sociétés en France et l’ensemble des salaires sont dans une société de droit français qui paie ses impôts en France».

Fin mars, quelques semaines après la publication du rapport, la commission d’enquête avait donc annoncé saisir la justice pour, précisément, «faux témoignage devant la commission d’enquête», de la part du directeur associé du cabinet. De son côté, l’entreprise a toujours réfuté ces accusations, assurant payer l’impôt dû.

Plus largement, au-delà du simple volet fiscal qui ne concerne que McKinsey, le Sénat compte bien s’occuper du sujet de fond du recours aux cabinets de conseil par l’État. Une proposition de loi transpartisane, réunissant notamment les membres de la commission d’enquête, doit être déposée «fin juin». Objectif : «qu’elle soit examinée par le Sénat à l’automne prochain» et qu’elle permette de mieux encadrer le recours à ces entités privées. En attendant, le parquet national financier (PNF) poursuit son enquête visant le «statut fiscal» de McKinsey en France, ouverte fin mars.

 

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Twitter- Musk: Et maintenant l’affaire des faux comptes !

Twitter- Musk: Et maintenant l’affaire des faux comptes !

Un vrai règlement de comptes de voyous entre le réseau Twitter et Musk. Musk qui accuse maintenant le réseau Twitter de déclarer de nombreux faux comptes pour renforcer encore sa crédibilité. Du coup ,Musk menace même de ne plus acheter le réseau. En réalité il veut en faire baisser le coût car il a du mal à trouver les 47 milliards nécessaires.

Musk a mis en cause ce chiffre de moins de 5% de faux comptesOfficiellement annoncé par Twitter , en expliquant ne jamais avoir vu une analyse l’établissant. «Il y a des chances pour qu’il y ait plus de 90% des utilisateurs actifs quotidiens [...]. Il est très surprenant que les tweets les plus populaires de tous les temps n’aient été aimés que par 2% des utilisateurs actifs quotidiens», s’étonnait l’entrepreneur.

L’annonce de la suspension du rachat, même temporaire, avait fait s’effondrer le cours en Bourse de Twitter de plus de 25%. Si l’action s’est légèrement reprise depuis, une chose est sûre : ce rachat n’est décidément pas comme les autres…Et on peut s’étonner que les autorités boursière américaines tolèrent de tels comportements de cow-boys.

 

Emmanuel Macron et les dessous de l’affaire McKinsey

Emmanuel  Macron et les dessous de l’affaire  McKinsey 

Depuis la publication, le 17 mars dernier, du rapport du Sénat sur la question, les travaux de la commission d’enquête ont fait naître polémiques et fausses informations, reprises et alimentées par les concurrents d’Emmanuel Macron, que le JDD s’attache à démêler.

 

À noter toutefois que le principal reproche qu’on peut formuler à l’égard de ce scandale d’État c’est d’avoir dépensé une somme phénoménale d’un milliard représentant des milliers d’experts consultants alors que dans le même temps la France entretient des milliers de hauts fonctionnaires qui ont précisément pour mission de diriger, d’orienter, de contrôler l’administration et ses fonctions régaliennes. La France de ce point de vue est l’un des pays qui compte le plus de hauts fonctionnaires au monde ( l’ENA étant l’exemple plus symbolique fournisseur de ce personnel). L’autre reproche, c’est que Macron gouvernant seul et ne voulant surtout pas de parti se sert d’un consultant comme conseil en stratégie politique; un conseil payé par le contribuable. NDLR

 

Pourquoi y a-t-il une polémique sur McKinsey ?

En raison d’un rapport mettant en évidence l’utilisation importante des cabinets de conseil sous le quinquennat Macron. Tout part du rapport sénatorial rendu public le 17 mars. Une commission d’enquête, créée en novembre 2021, a étudié l’influence des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques au cours du dernier quinquennat. Le président de la commission, le sénateur LR Arnaud Bazin et la rapporteure, la communiste Éliane Assassi, ont mis en évidence une augmentation notable des dépenses liées au cabinet de conseil, qui sont passées de 379 millions d’euros en 2018 à 894 millions en 2021. Il s’agit d’un « phénomène tentaculaire » selon le rapport.

 
 

Très vite après la publication du rapport, le débat s’est focalisé sur McKinsey, un de ces cabinets de conseil, pour plusieurs raisons :

- Des liens supposés avec Emmanuel Macron. Ce qui a remis au goût du jour l’image du « président des riches » , proche des élites économiques ;

 
- le fait que les entités françaises de McKinsey n’ont versé aucun impôt sur les sociétés depuis dix ans, selon les conclusions du rapport sénatorial* ;

- le fait que l’entreprise McKinsey était déjà apparue dans le débat public pour son intervention dans la campagne vaccinale française.

En pleine campagne présidentielle , le sujet est vite apparu comme explosif et tous les adversaires du président-candidat, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Eric Zemmour, se sont emparés de l’affaire. Pourtant, le président de la commission d’enquête, le Républicain Arnaud Bazin, avait précisé dès le début vouloir rendre ses travaux « en mars 2022, avant le premier tour de l’élection présidentielle », sachant que la commission a 6 mois pour rendre son rapport. Les travaux avaient débuté en novembre 2021, et dès le départ, la commission a la temporalité en tête : « Nous nous sommes interrogés, avec Arnaud Bazin, parce que cela nous faisait rendre le rapport en plein cœur des élections législatives, ce qui aurait été pire. Il y a une sorte « d’alignement des planètes », mais nous n’avions pas du tout l’objectif de pirater la séquence électorale, cela n’a rien à voir. », assure au JDD la rapporteure, Éliane Assassi.

Que font ces cabinets de conseil ?

Des missions variées, pour des résultats « inégaux ». Dans le rapport du Sénat, il est écrit que « le rôle d’un cabinet de conseil consiste à rédiger des documents stratégiques à destination des responsables publics », mais les missions des cabinets de conseil sont aussi beaucoup plus concrètes : pendant la crise sanitaire , il leur a notamment été confié « la logistique des masques, des équipements de protection et des vaccins, des systèmes d’information pour la vaccination – VAC-SI – et pour le passe sanitaire… » comme le détaille le Sénat.

Mais une grande partie de l’activité de conseil relève du secteur informatique : ce domaine représente 646,4 millions d’euros en 2021, soit 72 % des dépenses de conseil. Le Sénat rappelle la teneur de ces missions : conseil en  « qualité des systèmes d’information »; « stratégie des systèmes d’information » ; « étude de projets applicatifs », ou encore « urbanisation et expertise technique ».

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères  

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères

(Rapport du Sénat)

Mais le Sénat dénonce également des missions trop coûteuses pour des résultats « inégaux », comme pour la mission confiée à McKinsey sur l’avenir du métier d’enseignant, qui a coûté 496 800 euros. Pourtant évaluée comme « satisfaisante » par la direction interministérielle de la transformation publique, le produit de cette mission « se résume à une compilation – certes conséquente – de travaux scientifiques et à la production de graphiques fondés sur des données publiques, notamment de l’OCDE », tance le Sénat, ajoutant que la valeur ajoutée semble alors « réduite », alors que les consultants facturent leur journée à 3 312 euros. Une mission qui n’a pas eu de suites concrètes selon le Sénat, le ministère de l’Éducation nationale ayant lui-même reconnu qu’il n’était « pas possible de déterminer les conséquences directes » du travail effectué par McKinsey.

Lire aussi - Qu’est-ce qu’un cabinet de conseil ?

Quel est le poids de McKinsey et des cabinets de conseil dans les commandes publiques ?

Assez léger. 20 cabinets de conseils se partagent 55 % du marché du conseil pour les ministères selon les chiffres du Sénat. Le cabinet McKinsey n’y représente qu’1 % de ce marché entre 2018 et 2020, la même part que Kantar. Le groupe français Eurogroup est le premier avec 10 % du marché, le second, également français, est Capgemini (5 %).

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020  

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020

(Rapport du Sénat)

Lors du point presse du gouvernement sur le sujet, Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes Publics, a balayé toute interdépendance entre État et cabinets de conseils, en précisant que ceux-ci ne représentaient que « 0,3 % de la masse salariale totale de l’État ».

Il faut cependant souligner que le recours aux cabinets de conseil a été important pendant la crise sanitaire, et que la société McKinsey a totalisé pendant cette période 12,3 millions d’euros de contrats au cours de la période, le plaçant en tête des commandes.

Quel est le lien entre Emmanuel Macron et McKinsey ?

Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey ont travaillé pour la campagne Macron de 2017. Des liens existent ainsi entre McKinsey et Emmanuel Macron. Karim Tadjeddine, responsable du pôle secteur public de McKinsey, était un soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Il avait également signé en 2016 un chapitre du livre de Thomas Cazenave, directeur adjoint de cabinet du ministre à Bercy, intitulé L’État en mode start-up. L’ouvrage avait été préfacé par Emmanuel Macron.

Karim Tadjeddine apparaît dans les MacronLeaks avec son adresse mail de McKinsey. Devant le Sénat, il a reconnu que « l’utilisation de l’adresse électronique de l’entreprise était une erreur. Je le reconnais, cela a donné lieu à une suite en interne ». Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey se sont également investis sur leur temps libre dans la campagne électorale de 2017. L’entreprise n’a pas joué de rôle en tant que tel.

Le gouvernement a-t-il eu plus de recours aux cabinets de conseil que dans les quinquennats précédents ? Et par rapport aux autres pays européens ?

La pratique de recourir aux cabinets de conseil n’est pas inédite. Cependant, le rapport du Sénat examine le recours aux cabinets de conseil seulement pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. Jusqu’en 2018, la pratique est mal connue, car mal-documentée : les ministères ne disposeraient pas des chiffres antérieurs à 2018, à cause d’un changement de logiciel, c’est la raison avancée à la commission d’enquête sénatoriale. Elle a donc dû se rabattre sur des approximations qui se fondent sur des chiffres transmis par la Fédération européenne des associations de conseil en organisation, qui prend en compte les prestations réalisées pour l’ensemble de la sphère publique, dont les collectivités territoriales, contrairement à l’angle choisi par les sénateurs.

Ils jugent toutefois que ces chiffres permettent de se rendre compte de la tendance à la hausse dans le marché du conseil au secteur public depuis 2007 : il aurait ainsi gagné plus de 40 % entre 2005 et 2018, selon la fédération. C’est avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP), réforme de l’État menée par Nicolas Sarkozy, que s’initie cette hausse : un rapport d’information de l’Assemblée nationale, dont la rapporteure est la députée LREM Cendra Motin, relève que « le niveau des dépenses consacrées au conseil double ainsi entre 2007 et 2010 ». Le rapport sénatorial confirme « une hausse sensible entre 2007 et 2010 à la faveur de la RGPP », comme le montre ce graphique.

Chiffres d'affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public  

Chiffres d’affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public

(Rapport du Sénat)

Pendant le mandat de François Hollande , si la modernisation de l’action publique se poursuit, le recours aux cabinets de conseil semble baisser, avant de connaître une remontée depuis 2018.

En comparaison avec les autres pays européens : en France, il est « historiquement limité » selon le Sénat. Pour l’année 2018, dernière année de comparaison citée par le Sénat, les cabinets de conseils font un chiffre d’affaires de 3 143 millions d’euros en Allemagne, et 2 640 millions d’euros au Royaume-Uni, contre seulement 657 millions d’euros en France. Selon le rapport de l’Assemblée, pour 2019, ce chiffre s’élève à 814 millions d’euros en France. « Le montant d’achats de prestations de conseil par le secteur public rapporté aux dépenses de personnel dans le secteur public en France, demeure l’un des plus faibles de l’Union européenne. Il est de 0,27 % en France contre 1,25 % en Allemagne et 1,47 % au Danemark », précise le rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale (voir le graphique ci-dessous).

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l'Union européenne  

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l’Union européenne

(Rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale)

McKinsey a-t-il conseillé au gouvernement de baisser les APL de 5 euros ?

Non, McKinsey n’est pas à l’origine de la baisse des APL de 5 euros. Cette partie de la polémique part d’une déclaration de la rapporteure de la commission d’enquête, Éliane Assassi lors de la présentation du rapport : elle mentionnait « une prestation de 4 millions d’euros de McKinsey pour mettre en oeuvre la réforme des APL, cette même réforme qui réduisait les aides de 5 euros par foyer ». La sénatrice confond deux réformes, car, dans son rapport, la commission d’enquête se réfère à une réforme du mode de calcul des APL, et à une prestation commandée à McKinsey à partir de 2018, pour une réforme qui devait s’appliquer en janvier 2019. Le cabinet est sollicité pour un premier audit à l’automne 2018, et le sera à plusieurs reprises par la suite, la réforme prenant plus de temps que prévu, « à cause des lacunes informatiques de la CNAF puis de la crise sanitaire » selon les sénateurs.

Cette réforme, qui met en place le calcul « en temps réel » des APL, n’a rien à voir avec la baisse de cinq euros décidée en juillet 2017 par le gouvernement, bien avant le début de la mission de McKinsey. Interrogée par le JDD, Éliane Assassi reconnaît que le rapport ne parle pas de la baisse de 5 euros, mais bien du changement du mode de calcul, mais regrette « l’utilisation politicienne du rapport », et pointe « les interprétations politiques » qui en ont été faites. Mais pour la communiste, c’est aussi le « manque de transparence » de la part du gouvernement qui a alimenté cette fausse nouvelle. Car le détail n’est pas passé inaperçu, et a été repris par plusieurs personnalités politiques, comme Xavier Bertrand, ou Adrien Quatennens.

D’autres candidats ont-ils eu recours à des cabinets de conseils dans leur fonction exécutive ?

Oui. Xavier Bertrand, conseiller spécial de Valérie Pécresse , avait dénoncé le 23 mars l’affaire McKinsey comme « un scandale d’État », en assurant que si Valérie Pécresse était élue, elle cesserait de faire appel aux cabinets de conseil, sur l’antenne de Franceinfo. Une semaine plus tard sur LCI, la candidate n’a pas tenu exactement le même propos : « Par définition, je ne suis pas contre à ce qu’il y ait des partenariats entre le public et le privé. (…) Cela dépendra pour quelles missions, mais évidemment pas à ces niveaux de montants. » Valérie Pécresse a aussi admis avoir eu recours à un cabinet de conseil alors qu’elle était ministre de l’Enseignement Supérieur en 2008, pour la « réorganisation du ministère », et pas pour la réforme des universités. Par contre, l’utilisation des cabinets de conseil par les collectivités territoriales n’a pas été analysée par le Sénat qui s’est concentré sur le quinquennat d’Emmanuel Macron et sur le pouvoir exécutif.

Delphine Batho, porte-parole de Yannick Jadot , a également été épinglée par L’Opinion pour avoir eu recours à des cabinets de conseil alors qu’elle était ministre de François Hollande, pour des dépenses estimées à 68,5 millions d’euros. Delphine Batho conteste l’accusation.

*Le 26 mars, le cabinet McKinsey a réaffirmé respecter les règles fiscales françaises, précisant qu’une de ses filiales avait payé l’impôt sur les sociétés pendant six ans sur la période au cours de laquelle le Sénat l’accuse d’optimisation fiscale.

Macron -Les dessous de l’affaire McKinsey

Macron -Les dessous de l’affaire  McKinsey 

.Depuis la publication, le 17 mars dernier, du rapport du Sénat sur la question, les travaux de la commission d’enquête ont fait naître polémiques et fausses informations, reprises et alimentées par les concurrents d’Emmanuel Macron, que le JDD s’attache à démêler.

 

À noter toutefois que le principal reproche qu’on peut formuler à l’égard de ce scandale d’État c’est d’avoir dépensé une somme phénoménale d’un milliard représentant des milliers d’experts consultants alors que dans le même temps la France entretient des milliers de hauts fonctionnaires qui ont précisément pour mission de diriger, d’orienter, de contrôler l’administration et ses fonctions régaliennes. La France de ce point de vue est l’un des pays qui compte le plus de hauts fonctionnaires au monde ( l’ENA étant l’exemple plus symbolique fournisseur de ce personnel). L’autre reproche, c’est que Macron gouvernant seul et ne voulant surtout pas de parti se sert d’un consultant comme conseil en stratégie politique; un conseil payé par le contribuable. NDLR

 

Pourquoi y a-t-il une polémique sur McKinsey ?

En raison d’un rapport mettant en évidence l’utilisation importante des cabinets de conseil sous le quinquennat Macron. Tout part du rapport sénatorial rendu public le 17 mars. Une commission d’enquête, créée en novembre 2021, a étudié l’influence des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques au cours du dernier quinquennat. Le président de la commission, le sénateur LR Arnaud Bazin et la rapporteure, la communiste Éliane Assassi, ont mis en évidence une augmentation notable des dépenses liées au cabinet de conseil, qui sont passées de 379 millions d’euros en 2018 à 894 millions en 2021. Il s’agit d’un « phénomène tentaculaire » selon le rapport.

 
 

Très vite après la publication du rapport, le débat s’est focalisé sur McKinsey, un de ces cabinets de conseil, pour plusieurs raisons :

- Des liens supposés avec Emmanuel Macron. Ce qui a remis au goût du jour l’image du « président des riches » , proche des élites économiques ;

 
- le fait que les entités françaises de McKinsey n’ont versé aucun impôt sur les sociétés depuis dix ans, selon les conclusions du rapport sénatorial* ;

- le fait que l’entreprise McKinsey était déjà apparue dans le débat public pour son intervention dans la campagne vaccinale française.

En pleine campagne présidentielle , le sujet est vite apparu comme explosif et tous les adversaires du président-candidat, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Eric Zemmour, se sont emparés de l’affaire. Pourtant, le président de la commission d’enquête, le Républicain Arnaud Bazin, avait précisé dès le début vouloir rendre ses travaux « en mars 2022, avant le premier tour de l’élection présidentielle », sachant que la commission a 6 mois pour rendre son rapport. Les travaux avaient débuté en novembre 2021, et dès le départ, la commission a la temporalité en tête : « Nous nous sommes interrogés, avec Arnaud Bazin, parce que cela nous faisait rendre le rapport en plein cœur des élections législatives, ce qui aurait été pire. Il y a une sorte « d’alignement des planètes », mais nous n’avions pas du tout l’objectif de pirater la séquence électorale, cela n’a rien à voir. », assure au JDD la rapporteure, Éliane Assassi.

Que font ces cabinets de conseil ?

Des missions variées, pour des résultats « inégaux ». Dans le rapport du Sénat, il est écrit que « le rôle d’un cabinet de conseil consiste à rédiger des documents stratégiques à destination des responsables publics », mais les missions des cabinets de conseil sont aussi beaucoup plus concrètes : pendant la crise sanitaire , il leur a notamment été confié « la logistique des masques, des équipements de protection et des vaccins, des systèmes d’information pour la vaccination – VAC-SI – et pour le passe sanitaire… » comme le détaille le Sénat.

Mais une grande partie de l’activité de conseil relève du secteur informatique : ce domaine représente 646,4 millions d’euros en 2021, soit 72 % des dépenses de conseil. Le Sénat rappelle la teneur de ces missions : conseil en  « qualité des systèmes d’information »; « stratégie des systèmes d’information » ; « étude de projets applicatifs », ou encore « urbanisation et expertise technique ».

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères 

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères 

(Rapport du Sénat)

Mais le Sénat dénonce également des missions trop coûteuses pour des résultats « inégaux », comme pour la mission confiée à McKinsey sur l’avenir du métier d’enseignant, qui a coûté 496 800 euros. Pourtant évaluée comme « satisfaisante » par la direction interministérielle de la transformation publique, le produit de cette mission « se résume à une compilation – certes conséquente – de travaux scientifiques et à la production de graphiques fondés sur des données publiques, notamment de l’OCDE », tance le Sénat, ajoutant que la valeur ajoutée semble alors « réduite », alors que les consultants facturent leur journée à 3 312 euros. Une mission qui n’a pas eu de suites concrètes selon le Sénat, le ministère de l’Éducation nationale ayant lui-même reconnu qu’il n’était « pas possible de déterminer les conséquences directes » du travail effectué par McKinsey.

Lire aussi - Qu’est-ce qu’un cabinet de conseil ?

Quel est le poids de McKinsey et des cabinets de conseil dans les commandes publiques ?

Assez léger. 20 cabinets de conseils se partagent 55 % du marché du conseil pour les ministères selon les chiffres du Sénat. Le cabinet McKinsey n’y représente qu’1 % de ce marché entre 2018 et 2020, la même part que Kantar. Le groupe français Eurogroup est le premier avec 10 % du marché, le second, également français, est Capgemini (5 %).

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020 

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020 

(Rapport du Sénat)

Lors du point presse du gouvernement sur le sujet, Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes Publics, a balayé toute interdépendance entre État et cabinets de conseils, en précisant que ceux-ci ne représentaient que « 0,3 % de la masse salariale totale de l’État ».

Il faut cependant souligner que le recours aux cabinets de conseil a été important pendant la crise sanitaire, et que la société McKinsey a totalisé pendant cette période 12,3 millions d’euros de contrats au cours de la période, le plaçant en tête des commandes.

Quel est le lien entre Emmanuel Macron et McKinsey ?

Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey ont travaillé pour la campagne Macron de 2017. Des liens existent ainsi entre McKinsey et Emmanuel Macron. Karim Tadjeddine, responsable du pôle secteur public de McKinsey, était un soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Il avait également signé en 2016 un chapitre du livre de Thomas Cazenave, directeur adjoint de cabinet du ministre à Bercy, intitulé L’État en mode start-up. L’ouvrage avait été préfacé par Emmanuel Macron.

Karim Tadjeddine apparaît dans les MacronLeaks avec son adresse mail de McKinsey. Devant le Sénat, il a reconnu que « l’utilisation de l’adresse électronique de l’entreprise était une erreur. Je le reconnais, cela a donné lieu à une suite en interne ». Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey se sont également investis sur leur temps libre dans la campagne électorale de 2017. L’entreprise n’a pas joué de rôle en tant que tel.

Le gouvernement a-t-il eu plus de recours aux cabinets de conseil que dans les quinquennats précédents ? Et par rapport aux autres pays européens ?

La pratique de recourir aux cabinets de conseil n’est pas inédite. Cependant, le rapport du Sénat examine le recours aux cabinets de conseil seulement pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. Jusqu’en 2018, la pratique est mal connue, car mal-documentée : les ministères ne disposeraient pas des chiffres antérieurs à 2018, à cause d’un changement de logiciel, c’est la raison avancée à la commission d’enquête sénatoriale. Elle a donc dû se rabattre sur des approximations qui se fondent sur des chiffres transmis par la Fédération européenne des associations de conseil en organisation, qui prend en compte les prestations réalisées pour l’ensemble de la sphère publique, dont les collectivités territoriales, contrairement à l’angle choisi par les sénateurs.

Ils jugent toutefois que ces chiffres permettent de se rendre compte de la tendance à la hausse dans le marché du conseil au secteur public depuis 2007 : il aurait ainsi gagné plus de 40 % entre 2005 et 2018, selon la fédération. C’est avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP), réforme de l’État menée par Nicolas Sarkozy, que s’initie cette hausse : un rapport d’information de l’Assemblée nationale, dont la rapporteure est la députée LREM Cendra Motin, relève que « le niveau des dépenses consacrées au conseil double ainsi entre 2007 et 2010 ». Le rapport sénatorial confirme « une hausse sensible entre 2007 et 2010 à la faveur de la RGPP », comme le montre ce graphique.

Chiffres d'affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public 

Chiffres d’affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public 

(Rapport du Sénat)

Pendant le mandat de François Hollande , si la modernisation de l’action publique se poursuit, le recours aux cabinets de conseil semble baisser, avant de connaître une remontée depuis 2018.

En comparaison avec les autres pays européens : en France, il est « historiquement limité » selon le Sénat. Pour l’année 2018, dernière année de comparaison citée par le Sénat, les cabinets de conseils font un chiffre d’affaires de 3 143 millions d’euros en Allemagne, et 2 640 millions d’euros au Royaume-Uni, contre seulement 657 millions d’euros en France. Selon le rapport de l’Assemblée, pour 2019, ce chiffre s’élève à 814 millions d’euros en France. « Le montant d’achats de prestations de conseil par le secteur public rapporté aux dépenses de personnel dans le secteur public en France, demeure l’un des plus faibles de l’Union européenne. Il est de 0,27 % en France contre 1,25 % en Allemagne et 1,47 % au Danemark », précise le rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale (voir le graphique ci-dessous).

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l'Union européenne 

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l’Union européenne 

(Rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale)

McKinsey a-t-il conseillé au gouvernement de baisser les APL de 5 euros ?

Non, McKinsey n’est pas à l’origine de la baisse des APL de 5 euros. Cette partie de la polémique part d’une déclaration de la rapporteure de la commission d’enquête, Éliane Assassi lors de la présentation du rapport : elle mentionnait « une prestation de 4 millions d’euros de McKinsey pour mettre en oeuvre la réforme des APL, cette même réforme qui réduisait les aides de 5 euros par foyer ». La sénatrice confond deux réformes, car, dans son rapport, la commission d’enquête se réfère à une réforme du mode de calcul des APL, et à une prestation commandée à McKinsey à partir de 2018, pour une réforme qui devait s’appliquer en janvier 2019. Le cabinet est sollicité pour un premier audit à l’automne 2018, et le sera à plusieurs reprises par la suite, la réforme prenant plus de temps que prévu, « à cause des lacunes informatiques de la CNAF puis de la crise sanitaire » selon les sénateurs.

Cette réforme, qui met en place le calcul « en temps réel » des APL, n’a rien à voir avec la baisse de cinq euros décidée en juillet 2017 par le gouvernement, bien avant le début de la mission de McKinsey. Interrogée par le JDD, Éliane Assassi reconnaît que le rapport ne parle pas de la baisse de 5 euros, mais bien du changement du mode de calcul, mais regrette « l’utilisation politicienne du rapport », et pointe « les interprétations politiques » qui en ont été faites. Mais pour la communiste, c’est aussi le « manque de transparence » de la part du gouvernement qui a alimenté cette fausse nouvelle. Car le détail n’est pas passé inaperçu, et a été repris par plusieurs personnalités politiques, comme Xavier Bertrand, ou Adrien Quatennens.

D’autres candidats ont-ils eu recours à des cabinets de conseils dans leur fonction exécutive ?

Oui. Xavier Bertrand, conseiller spécial de Valérie Pécresse , avait dénoncé le 23 mars l’affaire McKinsey comme « un scandale d’État », en assurant que si Valérie Pécresse était élue, elle cesserait de faire appel aux cabinets de conseil, sur l’antenne de Franceinfo. Une semaine plus tard sur LCI, la candidate n’a pas tenu exactement le même propos : « Par définition, je ne suis pas contre à ce qu’il y ait des partenariats entre le public et le privé. (…) Cela dépendra pour quelles missions, mais évidemment pas à ces niveaux de montants. » Valérie Pécresse a aussi admis avoir eu recours à un cabinet de conseil alors qu’elle était ministre de l’Enseignement Supérieur en 2008, pour la « réorganisation du ministère », et pas pour la réforme des universités. Par contre, l’utilisation des cabinets de conseil par les collectivités territoriales n’a pas été analysée par le Sénat qui s’est concentré sur le quinquennat d’Emmanuel Macron et sur le pouvoir exécutif.

Delphine Batho, porte-parole de Yannick Jadot , a également été épinglée par L’Opinion pour avoir eu recours à des cabinets de conseil alors qu’elle était ministre de François Hollande, pour des dépenses estimées à 68,5 millions d’euros. Delphine Batho conteste l’accusation.

*Le 26 mars, le cabinet McKinsey a réaffirmé respecter les règles fiscales françaises, précisant qu’une de ses filiales avait payé l’impôt sur les sociétés pendant six ans sur la période au cours de laquelle le Sénat l’accuse d’optimisation fiscale.

Macron et les dessous de l’affaire McKinsey

Macron et les dessous de l’affaire  McKinsey 

Depuis la publication, le 17 mars dernier, du rapport du Sénat sur la question, les travaux de la commission d’enquête ont fait naître polémiques et fausses informations, reprises et alimentées par les concurrents d’Emmanuel Macron, que le JDD s’attache à démêler.

 

À noter toutefois que le principal reproche qu’on peut formuler à l’égard de ce scandale d’État c’est d’avoir dépensé une somme phénoménale d’un milliard représentant des milliers d’experts consultants alors que dans le même temps la France entretient des milliers de hauts fonctionnaires qui ont précisément pour mission de diriger, d’orienter, de contrôler l’administration et ses fonctions régaliennes. La France de ce point de vue est l’un des pays qui compte le plus de hauts fonctionnaires au monde ( l’ENA étant l’exemple plus symbolique fournisseur de ce personnel). L’autre reproche, c’est que Macron gouvernant seul et ne voulant surtout pas de parti se sert d’un consultant comme conseil en stratégie politique; un conseil payé par le contribuable. NDLR

 

Pourquoi y a-t-il une polémique sur McKinsey ?

En raison d’un rapport mettant en évidence l’utilisation importante des cabinets de conseil sous le quinquennat Macron. Tout part du rapport sénatorial rendu public le 17 mars. Une commission d’enquête, créée en novembre 2021, a étudié l’influence des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques au cours du dernier quinquennat. Le président de la commission, le sénateur LR Arnaud Bazin et la rapporteure, la communiste Éliane Assassi, ont mis en évidence une augmentation notable des dépenses liées au cabinet de conseil, qui sont passées de 379 millions d’euros en 2018 à 894 millions en 2021. Il s’agit d’un « phénomène tentaculaire » selon le rapport.

 
 

Très vite après la publication du rapport, le débat s’est focalisé sur McKinsey, un de ces cabinets de conseil, pour plusieurs raisons :

- Des liens supposés avec Emmanuel Macron. Ce qui a remis au goût du jour l’image du « président des riches » , proche des élites économiques ;

 
- le fait que les entités françaises de McKinsey n’ont versé aucun impôt sur les sociétés depuis dix ans, selon les conclusions du rapport sénatorial* ;

- le fait que l’entreprise McKinsey était déjà apparue dans le débat public pour son intervention dans la campagne vaccinale française.

En pleine campagne présidentielle , le sujet est vite apparu comme explosif et tous les adversaires du président-candidat, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Eric Zemmour, se sont emparés de l’affaire. Pourtant, le président de la commission d’enquête, le Républicain Arnaud Bazin, avait précisé dès le début vouloir rendre ses travaux « en mars 2022, avant le premier tour de l’élection présidentielle », sachant que la commission a 6 mois pour rendre son rapport. Les travaux avaient débuté en novembre 2021, et dès le départ, la commission a la temporalité en tête : « Nous nous sommes interrogés, avec Arnaud Bazin, parce que cela nous faisait rendre le rapport en plein cœur des élections législatives, ce qui aurait été pire. Il y a une sorte « d’alignement des planètes », mais nous n’avions pas du tout l’objectif de pirater la séquence électorale, cela n’a rien à voir. », assure au JDD la rapporteure, Éliane Assassi.

Que font ces cabinets de conseil ?

Des missions variées, pour des résultats « inégaux ». Dans le rapport du Sénat, il est écrit que « le rôle d’un cabinet de conseil consiste à rédiger des documents stratégiques à destination des responsables publics », mais les missions des cabinets de conseil sont aussi beaucoup plus concrètes : pendant la crise sanitaire , il leur a notamment été confié « la logistique des masques, des équipements de protection et des vaccins, des systèmes d’information pour la vaccination – VAC-SI – et pour le passe sanitaire… » comme le détaille le Sénat.

Mais une grande partie de l’activité de conseil relève du secteur informatique : ce domaine représente 646,4 millions d’euros en 2021, soit 72 % des dépenses de conseil. Le Sénat rappelle la teneur de ces missions : conseil en  « qualité des systèmes d’information »; « stratégie des systèmes d’information » ; « étude de projets applicatifs », ou encore « urbanisation et expertise technique ».

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères

(Rapport du Sénat)

Mais le Sénat dénonce également des missions trop coûteuses pour des résultats « inégaux », comme pour la mission confiée à McKinsey sur l’avenir du métier d’enseignant, qui a coûté 496 800 euros. Pourtant évaluée comme « satisfaisante » par la direction interministérielle de la transformation publique, le produit de cette mission « se résume à une compilation – certes conséquente – de travaux scientifiques et à la production de graphiques fondés sur des données publiques, notamment de l’OCDE », tance le Sénat, ajoutant que la valeur ajoutée semble alors « réduite », alors que les consultants facturent leur journée à 3 312 euros. Une mission qui n’a pas eu de suites concrètes selon le Sénat, le ministère de l’Éducation nationale ayant lui-même reconnu qu’il n’était « pas possible de déterminer les conséquences directes » du travail effectué par McKinsey.

Lire aussi - Qu’est-ce qu’un cabinet de conseil ?

Quel est le poids de McKinsey et des cabinets de conseil dans les commandes publiques ?

Assez léger. 20 cabinets de conseils se partagent 55 % du marché du conseil pour les ministères selon les chiffres du Sénat. Le cabinet McKinsey n’y représente qu’1 % de ce marché entre 2018 et 2020, la même part que Kantar. Le groupe français Eurogroup est le premier avec 10 % du marché, le second, également français, est Capgemini (5 %).

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020

(Rapport du Sénat)

Lors du point presse du gouvernement sur le sujet, Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes Publics, a balayé toute interdépendance entre État et cabinets de conseils, en précisant que ceux-ci ne représentaient que « 0,3 % de la masse salariale totale de l’État ».

Il faut cependant souligner que le recours aux cabinets de conseil a été important pendant la crise sanitaire, et que la société McKinsey a totalisé pendant cette période 12,3 millions d’euros de contrats au cours de la période, le plaçant en tête des commandes.

Quel est le lien entre Emmanuel Macron et McKinsey ?

Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey ont travaillé pour la campagne Macron de 2017. Des liens existent ainsi entre McKinsey et Emmanuel Macron. Karim Tadjeddine, responsable du pôle secteur public de McKinsey, était un soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Il avait également signé en 2016 un chapitre du livre de Thomas Cazenave, directeur adjoint de cabinet du ministre à Bercy, intitulé L’État en mode start-up. L’ouvrage avait été préfacé par Emmanuel Macron.

Karim Tadjeddine apparaît dans les MacronLeaks avec son adresse mail de McKinsey. Devant le Sénat, il a reconnu que « l’utilisation de l’adresse électronique de l’entreprise était une erreur. Je le reconnais, cela a donné lieu à une suite en interne ». Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey se sont également investis sur leur temps libre dans la campagne électorale de 2017. L’entreprise n’a pas joué de rôle en tant que tel.

Le gouvernement a-t-il eu plus de recours aux cabinets de conseil que dans les quinquennats précédents ? Et par rapport aux autres pays européens ?

La pratique de recourir aux cabinets de conseil n’est pas inédite. Cependant, le rapport du Sénat examine le recours aux cabinets de conseil seulement pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. Jusqu’en 2018, la pratique est mal connue, car mal-documentée : les ministères ne disposeraient pas des chiffres antérieurs à 2018, à cause d’un changement de logiciel, c’est la raison avancée à la commission d’enquête sénatoriale. Elle a donc dû se rabattre sur des approximations qui se fondent sur des chiffres transmis par la Fédération européenne des associations de conseil en organisation, qui prend en compte les prestations réalisées pour l’ensemble de la sphère publique, dont les collectivités territoriales, contrairement à l’angle choisi par les sénateurs.

Ils jugent toutefois que ces chiffres permettent de se rendre compte de la tendance à la hausse dans le marché du conseil au secteur public depuis 2007 : il aurait ainsi gagné plus de 40 % entre 2005 et 2018, selon la fédération. C’est avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP), réforme de l’État menée par Nicolas Sarkozy, que s’initie cette hausse : un rapport d’information de l’Assemblée nationale, dont la rapporteure est la députée LREM Cendra Motin, relève que « le niveau des dépenses consacrées au conseil double ainsi entre 2007 et 2010 ». Le rapport sénatorial confirme « une hausse sensible entre 2007 et 2010 à la faveur de la RGPP », comme le montre ce graphique.

Chiffres d'affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public

Chiffres d’affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public

(Rapport du Sénat)

Pendant le mandat de François Hollande , si la modernisation de l’action publique se poursuit, le recours aux cabinets de conseil semble baisser, avant de connaître une remontée depuis 2018.

En comparaison avec les autres pays européens : en France, il est « historiquement limité » selon le Sénat. Pour l’année 2018, dernière année de comparaison citée par le Sénat, les cabinets de conseils font un chiffre d’affaires de 3 143 millions d’euros en Allemagne, et 2 640 millions d’euros au Royaume-Uni, contre seulement 657 millions d’euros en France. Selon le rapport de l’Assemblée, pour 2019, ce chiffre s’élève à 814 millions d’euros en France. « Le montant d’achats de prestations de conseil par le secteur public rapporté aux dépenses de personnel dans le secteur public en France, demeure l’un des plus faibles de l’Union européenne. Il est de 0,27 % en France contre 1,25 % en Allemagne et 1,47 % au Danemark », précise le rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale (voir le graphique ci-dessous).

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l'Union européenne

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l’Union européenne

(Rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale)

McKinsey a-t-il conseillé au gouvernement de baisser les APL de 5 euros ?

Non, McKinsey n’est pas à l’origine de la baisse des APL de 5 euros. Cette partie de la polémique part d’une déclaration de la rapporteure de la commission d’enquête, Éliane Assassi lors de la présentation du rapport : elle mentionnait « une prestation de 4 millions d’euros de McKinsey pour mettre en oeuvre la réforme des APL, cette même réforme qui réduisait les aides de 5 euros par foyer ». La sénatrice confond deux réformes, car, dans son rapport, la commission d’enquête se réfère à une réforme du mode de calcul des APL, et à une prestation commandée à McKinsey à partir de 2018, pour une réforme qui devait s’appliquer en janvier 2019. Le cabinet est sollicité pour un premier audit à l’automne 2018, et le sera à plusieurs reprises par la suite, la réforme prenant plus de temps que prévu, « à cause des lacunes informatiques de la CNAF puis de la crise sanitaire » selon les sénateurs.

Cette réforme, qui met en place le calcul « en temps réel » des APL, n’a rien à voir avec la baisse de cinq euros décidée en juillet 2017 par le gouvernement, bien avant le début de la mission de McKinsey. Interrogée par le JDD, Éliane Assassi reconnaît que le rapport ne parle pas de la baisse de 5 euros, mais bien du changement du mode de calcul, mais regrette « l’utilisation politicienne du rapport », et pointe « les interprétations politiques » qui en ont été faites. Mais pour la communiste, c’est aussi le « manque de transparence » de la part du gouvernement qui a alimenté cette fausse nouvelle. Car le détail n’est pas passé inaperçu, et a été repris par plusieurs personnalités politiques, comme Xavier Bertrand, ou Adrien Quatennens.

D’autres candidats ont-ils eu recours à des cabinets de conseils dans leur fonction exécutive ?

Oui. Xavier Bertrand, conseiller spécial de Valérie Pécresse , avait dénoncé le 23 mars l’affaire McKinsey comme « un scandale d’État », en assurant que si Valérie Pécresse était élue, elle cesserait de faire appel aux cabinets de conseil, sur l’antenne de Franceinfo. Une semaine plus tard sur LCI, la candidate n’a pas tenu exactement le même propos : « Par définition, je ne suis pas contre à ce qu’il y ait des partenariats entre le public et le privé. (…) Cela dépendra pour quelles missions, mais évidemment pas à ces niveaux de montants. » Valérie Pécresse a aussi admis avoir eu recours à un cabinet de conseil alors qu’elle était ministre de l’Enseignement Supérieur en 2008, pour la « réorganisation du ministère », et pas pour la réforme des universités. Par contre, l’utilisation des cabinets de conseil par les collectivités territoriales n’a pas été analysée par le Sénat qui s’est concentré sur le quinquennat d’Emmanuel Macron et sur le pouvoir exécutif.

Delphine Batho, porte-parole de Yannick Jadot , a également été épinglée par L’Opinion pour avoir eu recours à des cabinets de conseil alors qu’elle était ministre de François Hollande, pour des dépenses estimées à 68,5 millions d’euros. Delphine Batho conteste l’accusation.

*Le 26 mars, le cabinet McKinsey a réaffirmé respecter les règles fiscales françaises, précisant qu’une de ses filiales avait payé l’impôt sur les sociétés pendant six ans sur la période au cours de laquelle le Sénat l’accuse d’optimisation fiscale.

Le scandale l’affaire McKinsey devant le parquet national financier

Le scandale l’affaire McKinsey  devant le parquet national financier

Désormais le scandale de l’affaire McKinsey va aussi être géré par le Parti national financier pour deux motifs essentiels à savoir la pertinence d’un recours excessif à des cabinets conseils puisque 1 milliard a été dépensé en 2021 par exemple mais aussi la fraude fiscale puisque McKinsey n’ aurait payé aucun impôt en France. En outre McKinsey aurait travaillé « gratuitement » pour  les campagnes électorales de Macron. 

 

 

Contacté par nos soins, le PNF confirme que «cette enquête vise bien et uniquement la société McKinsey sur la question de son statut fiscal en France». En outre, précise-t-on, les peines encourues, si les faits sont avérés, sont de dix ans de prison et une amende de 750.000 euros, «qui peut être portée jusqu’à la moitié de la valeur des biens ou des fonds sur lesquels ont porté les opérations de blanchiment».

De son côté, le cabinet indique au Figaro qu’il «se tiendra à la disposition des administrations et autorités compétentes». «Chaque fois que le cabinet a fait l’objet de demandes d’informations de la part des autorités publiques, il a évidemment toujours répondu et pleinement collaboré, y compris sur les questions techniques de fiscalité. Cela a été le cas lors des précédents contrôles fiscaux des différentes entités de McKinsey en France», ajoute-t-on. En outre, McKinsey assure de nouveau respecter «les règles fiscales et sociales françaises qui lui sont applicables», et répète que son approche fiscale française est «similaire dans les pays où il est présent et constante depuis des années». Elle est aussi connue du fisc. Enfin, «McKinsey s’étonne de la focalisation sur le cabinet, qui ne représente que 1% des achats de conseil des administrations publiques, comme l’a mentionné le rapport de la commission sénatoriale».

Dans son rapport, la commission d’enquête du Sénat a accusé les entités françaises du cabinet McKinsey d’optimisation fiscale, de telle sorte qu’elles n’auraient versé aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. «Le cabinet McKinsey est bien assujetti à l’impôt sur les sociétés (IS) en France mais ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans», concluait le rapport, contredisant des propos «tenus sous serment» devant les sénateurs par un directeur associé du cabinet en France.

Ainsi, selon la commission d’enquête menée par le président Arnaud Bazin (LR) et la rapporteure la sénatrice Éliane Assassi (CRCE), l’entreprise aurait échappé à l’impôt sur les sociétés malgré un chiffre d’affaires «sur le territoire national» qui a atteint «329 millions d’euros en 2020, dont environ 5% dans le secteur public» et le fait qu’«il emploie environ 600 salariés» en France. Les sénateurs avaient alors qualifié cette pratique d’«exemple caricatural d’optimisation fiscale», grâce à des «prix de transfert» facturés par la maison mère, basée au Delaware, aux filiales françaises.

 

L’affaire McKinsey devant le parquet national financier

L’affaire McKinsey  devant le parquet national financier

Désormais le scandale de l’affaire McKinsey va aussi être géré par le Parti national financier pour deux motifs essentiels à savoir la pertinence d’un recours excessif à des cabinets conseils puisque 1 milliard a été dépensé en 2021 par exemple mais aussi la fraude fiscale puisque McKinsey n’ aurait payé aucun impôt en France. En outre McKinsey aurait travaillé « gratuitement » pour  les campagnes électorales de Macron. 

 

 

Contacté par nos soins, le PNF confirme que «cette enquête vise bien et uniquement la société McKinsey sur la question de son statut fiscal en France». En outre, précise-t-on, les peines encourues, si les faits sont avérés, sont de dix ans de prison et une amende de 750.000 euros, «qui peut être portée jusqu’à la moitié de la valeur des biens ou des fonds sur lesquels ont porté les opérations de blanchiment».

De son côté, le cabinet indique au Figaro qu’il «se tiendra à la disposition des administrations et autorités compétentes». «Chaque fois que le cabinet a fait l’objet de demandes d’informations de la part des autorités publiques, il a évidemment toujours répondu et pleinement collaboré, y compris sur les questions techniques de fiscalité. Cela a été le cas lors des précédents contrôles fiscaux des différentes entités de McKinsey en France», ajoute-t-on. En outre, McKinsey assure de nouveau respecter «les règles fiscales et sociales françaises qui lui sont applicables», et répète que son approche fiscale française est «similaire dans les pays où il est présent et constante depuis des années». Elle est aussi connue du fisc. Enfin, «McKinsey s’étonne de la focalisation sur le cabinet, qui ne représente que 1% des achats de conseil des administrations publiques, comme l’a mentionné le rapport de la commission sénatoriale».

Dans son rapport, la commission d’enquête du Sénat a accusé les entités françaises du cabinet McKinsey d’optimisation fiscale, de telle sorte qu’elles n’auraient versé aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. «Le cabinet McKinsey est bien assujetti à l’impôt sur les sociétés (IS) en France mais ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans», concluait le rapport, contredisant des propos «tenus sous serment» devant les sénateurs par un directeur associé du cabinet en France.

Ainsi, selon la commission d’enquête menée par le président Arnaud Bazin (LR) et la rapporteure la sénatrice Éliane Assassi (CRCE), l’entreprise aurait échappé à l’impôt sur les sociétés malgré un chiffre d’affaires «sur le territoire national» qui a atteint «329 millions d’euros en 2020, dont environ 5% dans le secteur public» et le fait qu’«il emploie environ 600 salariés» en France. Les sénateurs avaient alors qualifié cette pratique d’«exemple caricatural d’optimisation fiscale», grâce à des «prix de transfert» facturés par la maison mère, basée au Delaware, aux filiales françaises.

 

Politique-Les dessous de l’affaire McKinsey

Politique-Les dessous de l’affaire  McKinsey 

.Depuis la publication, le 17 mars dernier, du rapport du Sénat sur la question, les travaux de la commission d’enquête ont fait naître polémiques et fausses informations, reprises et alimentées par les concurrents d’Emmanuel Macron, que le JDD s’attache à démêler.

 

À noter toutefois que le principal reproche qu’on peut formuler à l’égard de ce scandale d’État c’est d’avoir dépensé une somme phénoménale d’un milliard représentant des milliers d’experts consultants alors que dans le même temps la France entretient des milliers de hauts fonctionnaires qui ont précisément pour mission de diriger, d’orienter, de contrôler l’administration et ses fonctions régaliennes. La France de ce point de vue est l’un des pays qui compte le plus de hauts fonctionnaires au monde ( l’ENA étant l’exemple plus symbolique fournisseur de ce personnel). L’autre reproche, c’est que Macron gouvernant seul et ne voulant surtout pas de parti se sert d’un consultant comme conseil en stratégie politique; un conseil payé par le contribuable. NDLR

 

Pourquoi y a-t-il une polémique sur McKinsey ?

En raison d’un rapport mettant en évidence l’utilisation importante des cabinets de conseil sous le quinquennat Macron. Tout part du rapport sénatorial rendu public le 17 mars. Une commission d’enquête, créée en novembre 2021, a étudié l’influence des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques au cours du dernier quinquennat. Le président de la commission, le sénateur LR Arnaud Bazin et la rapporteure, la communiste Éliane Assassi, ont mis en évidence une augmentation notable des dépenses liées au cabinet de conseil, qui sont passées de 379 millions d’euros en 2018 à 894 millions en 2021. Il s’agit d’un « phénomène tentaculaire » selon le rapport.

 
 

Très vite après la publication du rapport, le débat s’est focalisé sur McKinsey, un de ces cabinets de conseil, pour plusieurs raisons :

- Des liens supposés avec Emmanuel Macron. Ce qui a remis au goût du jour l’image du « président des riches » , proche des élites économiques ;

 
- le fait que les entités françaises de McKinsey n’ont versé aucun impôt sur les sociétés depuis dix ans, selon les conclusions du rapport sénatorial* ;

- le fait que l’entreprise McKinsey était déjà apparue dans le débat public pour son intervention dans la campagne vaccinale française.

En pleine campagne présidentielle , le sujet est vite apparu comme explosif et tous les adversaires du président-candidat, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Eric Zemmour, se sont emparés de l’affaire. Pourtant, le président de la commission d’enquête, le Républicain Arnaud Bazin, avait précisé dès le début vouloir rendre ses travaux « en mars 2022, avant le premier tour de l’élection présidentielle », sachant que la commission a 6 mois pour rendre son rapport. Les travaux avaient débuté en novembre 2021, et dès le départ, la commission a la temporalité en tête : « Nous nous sommes interrogés, avec Arnaud Bazin, parce que cela nous faisait rendre le rapport en plein cœur des élections législatives, ce qui aurait été pire. Il y a une sorte « d’alignement des planètes », mais nous n’avions pas du tout l’objectif de pirater la séquence électorale, cela n’a rien à voir. », assure au JDD la rapporteure, Éliane Assassi.

Que font ces cabinets de conseil ?

Des missions variées, pour des résultats « inégaux ». Dans le rapport du Sénat, il est écrit que « le rôle d’un cabinet de conseil consiste à rédiger des documents stratégiques à destination des responsables publics », mais les missions des cabinets de conseil sont aussi beaucoup plus concrètes : pendant la crise sanitaire , il leur a notamment été confié « la logistique des masques, des équipements de protection et des vaccins, des systèmes d’information pour la vaccination – VAC-SI – et pour le passe sanitaire… » comme le détaille le Sénat.

Mais une grande partie de l’activité de conseil relève du secteur informatique : ce domaine représente 646,4 millions d’euros en 2021, soit 72 % des dépenses de conseil. Le Sénat rappelle la teneur de ces missions : conseil en  « qualité des systèmes d’information »; « stratégie des systèmes d’information » ; « étude de projets applicatifs », ou encore « urbanisation et expertise technique ».

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères

(Rapport du Sénat)

Mais le Sénat dénonce également des missions trop coûteuses pour des résultats « inégaux », comme pour la mission confiée à McKinsey sur l’avenir du métier d’enseignant, qui a coûté 496 800 euros. Pourtant évaluée comme « satisfaisante » par la direction interministérielle de la transformation publique, le produit de cette mission « se résume à une compilation – certes conséquente – de travaux scientifiques et à la production de graphiques fondés sur des données publiques, notamment de l’OCDE », tance le Sénat, ajoutant que la valeur ajoutée semble alors « réduite », alors que les consultants facturent leur journée à 3 312 euros. Une mission qui n’a pas eu de suites concrètes selon le Sénat, le ministère de l’Éducation nationale ayant lui-même reconnu qu’il n’était « pas possible de déterminer les conséquences directes » du travail effectué par McKinsey.

Lire aussi - Qu’est-ce qu’un cabinet de conseil ?

Quel est le poids de McKinsey et des cabinets de conseil dans les commandes publiques ?

Assez léger. 20 cabinets de conseils se partagent 55 % du marché du conseil pour les ministères selon les chiffres du Sénat. Le cabinet McKinsey n’y représente qu’1 % de ce marché entre 2018 et 2020, la même part que Kantar. Le groupe français Eurogroup est le premier avec 10 % du marché, le second, également français, est Capgemini (5 %).

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020

(Rapport du Sénat)

Lors du point presse du gouvernement sur le sujet, Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes Publics, a balayé toute interdépendance entre État et cabinets de conseils, en précisant que ceux-ci ne représentaient que « 0,3 % de la masse salariale totale de l’État ».

Il faut cependant souligner que le recours aux cabinets de conseil a été important pendant la crise sanitaire, et que la société McKinsey a totalisé pendant cette période 12,3 millions d’euros de contrats au cours de la période, le plaçant en tête des commandes.

Quel est le lien entre Emmanuel Macron et McKinsey ?

Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey ont travaillé pour la campagne Macron de 2017. Des liens existent ainsi entre McKinsey et Emmanuel Macron. Karim Tadjeddine, responsable du pôle secteur public de McKinsey, était un soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Il avait également signé en 2016 un chapitre du livre de Thomas Cazenave, directeur adjoint de cabinet du ministre à Bercy, intitulé L’État en mode start-up. L’ouvrage avait été préfacé par Emmanuel Macron.

Karim Tadjeddine apparaît dans les MacronLeaks avec son adresse mail de McKinsey. Devant le Sénat, il a reconnu que « l’utilisation de l’adresse électronique de l’entreprise était une erreur. Je le reconnais, cela a donné lieu à une suite en interne ». Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey se sont également investis sur leur temps libre dans la campagne électorale de 2017. L’entreprise n’a pas joué de rôle en tant que tel.

Le gouvernement a-t-il eu plus de recours aux cabinets de conseil que dans les quinquennats précédents ? Et par rapport aux autres pays européens ?

La pratique de recourir aux cabinets de conseil n’est pas inédite. Cependant, le rapport du Sénat examine le recours aux cabinets de conseil seulement pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. Jusqu’en 2018, la pratique est mal connue, car mal-documentée : les ministères ne disposeraient pas des chiffres antérieurs à 2018, à cause d’un changement de logiciel, c’est la raison avancée à la commission d’enquête sénatoriale. Elle a donc dû se rabattre sur des approximations qui se fondent sur des chiffres transmis par la Fédération européenne des associations de conseil en organisation, qui prend en compte les prestations réalisées pour l’ensemble de la sphère publique, dont les collectivités territoriales, contrairement à l’angle choisi par les sénateurs.

Ils jugent toutefois que ces chiffres permettent de se rendre compte de la tendance à la hausse dans le marché du conseil au secteur public depuis 2007 : il aurait ainsi gagné plus de 40 % entre 2005 et 2018, selon la fédération. C’est avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP), réforme de l’État menée par Nicolas Sarkozy, que s’initie cette hausse : un rapport d’information de l’Assemblée nationale, dont la rapporteure est la députée LREM Cendra Motin, relève que « le niveau des dépenses consacrées au conseil double ainsi entre 2007 et 2010 ». Le rapport sénatorial confirme « une hausse sensible entre 2007 et 2010 à la faveur de la RGPP », comme le montre ce graphique.

Chiffres d'affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public

Chiffres d’affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public

(Rapport du Sénat)

Pendant le mandat de François Hollande , si la modernisation de l’action publique se poursuit, le recours aux cabinets de conseil semble baisser, avant de connaître une remontée depuis 2018.

En comparaison avec les autres pays européens : en France, il est « historiquement limité » selon le Sénat. Pour l’année 2018, dernière année de comparaison citée par le Sénat, les cabinets de conseils font un chiffre d’affaires de 3 143 millions d’euros en Allemagne, et 2 640 millions d’euros au Royaume-Uni, contre seulement 657 millions d’euros en France. Selon le rapport de l’Assemblée, pour 2019, ce chiffre s’élève à 814 millions d’euros en France. « Le montant d’achats de prestations de conseil par le secteur public rapporté aux dépenses de personnel dans le secteur public en France, demeure l’un des plus faibles de l’Union européenne. Il est de 0,27 % en France contre 1,25 % en Allemagne et 1,47 % au Danemark », précise le rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale (voir le graphique ci-dessous).

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l'Union européenne

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l’Union européenne

(Rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale)

McKinsey a-t-il conseillé au gouvernement de baisser les APL de 5 euros ?

Non, McKinsey n’est pas à l’origine de la baisse des APL de 5 euros. Cette partie de la polémique part d’une déclaration de la rapporteure de la commission d’enquête, Éliane Assassi lors de la présentation du rapport : elle mentionnait « une prestation de 4 millions d’euros de McKinsey pour mettre en oeuvre la réforme des APL, cette même réforme qui réduisait les aides de 5 euros par foyer ». La sénatrice confond deux réformes, car, dans son rapport, la commission d’enquête se réfère à une réforme du mode de calcul des APL, et à une prestation commandée à McKinsey à partir de 2018, pour une réforme qui devait s’appliquer en janvier 2019. Le cabinet est sollicité pour un premier audit à l’automne 2018, et le sera à plusieurs reprises par la suite, la réforme prenant plus de temps que prévu, « à cause des lacunes informatiques de la CNAF puis de la crise sanitaire » selon les sénateurs.

Cette réforme, qui met en place le calcul « en temps réel » des APL, n’a rien à voir avec la baisse de cinq euros décidée en juillet 2017 par le gouvernement, bien avant le début de la mission de McKinsey. Interrogée par le JDD, Éliane Assassi reconnaît que le rapport ne parle pas de la baisse de 5 euros, mais bien du changement du mode de calcul, mais regrette « l’utilisation politicienne du rapport », et pointe « les interprétations politiques » qui en ont été faites. Mais pour la communiste, c’est aussi le « manque de transparence » de la part du gouvernement qui a alimenté cette fausse nouvelle. Car le détail n’est pas passé inaperçu, et a été repris par plusieurs personnalités politiques, comme Xavier Bertrand, ou Adrien Quatennens.

D’autres candidats ont-ils eu recours à des cabinets de conseils dans leur fonction exécutive ?

Oui. Xavier Bertrand, conseiller spécial de Valérie Pécresse , avait dénoncé le 23 mars l’affaire McKinsey comme « un scandale d’État », en assurant que si Valérie Pécresse était élue, elle cesserait de faire appel aux cabinets de conseil, sur l’antenne de Franceinfo. Une semaine plus tard sur LCI, la candidate n’a pas tenu exactement le même propos : « Par définition, je ne suis pas contre à ce qu’il y ait des partenariats entre le public et le privé. (…) Cela dépendra pour quelles missions, mais évidemment pas à ces niveaux de montants. » Valérie Pécresse a aussi admis avoir eu recours à un cabinet de conseil alors qu’elle était ministre de l’Enseignement Supérieur en 2008, pour la « réorganisation du ministère », et pas pour la réforme des universités. Par contre, l’utilisation des cabinets de conseil par les collectivités territoriales n’a pas été analysée par le Sénat qui s’est concentré sur le quinquennat d’Emmanuel Macron et sur le pouvoir exécutif.

Delphine Batho, porte-parole de Yannick Jadot , a également été épinglée par L’Opinion pour avoir eu recours à des cabinets de conseil alors qu’elle était ministre de François Hollande, pour des dépenses estimées à 68,5 millions d’euros. Delphine Batho conteste l’accusation.

*Le 26 mars, le cabinet McKinsey a réaffirmé respecter les règles fiscales françaises, précisant qu’une de ses filiales avait payé l’impôt sur les sociétés pendant six ans sur la période au cours de laquelle le Sénat l’accuse d’optimisation fiscale.

Les dessous de l’affaire McKinsey

Les dessous de l’affaire  McKinsey 

.Depuis la publication, le 17 mars dernier, du rapport du Sénat sur la question, les travaux de la commission d’enquête ont fait naître polémiques et fausses informations, reprises et alimentées par les concurrents d’Emmanuel Macron, que le JDD s’attache à démêler.

 

À noter toutefois que le principal reproche qu’on peut formuler à l’égard de ce scandale d’État c’est d’avoir dépensé une somme phénoménale d’un milliard représentant des milliers d’experts consultants alors que dans le même temps la France entretient des milliers de hauts fonctionnaires qui ont précisément pour mission de diriger, d’orienter, de contrôler l’administration et ses fonctions régaliennes. La France de ce point de vue est l’un des pays qui compte le plus de hauts fonctionnaires au monde ( l’ENA étant l’exemple plus symbolique fournisseur de ce personnel). L’autre reproche, c’est que Macron gouvernant seul et ne voulant surtout pas de parti se sert d’un consultant comme conseil en stratégie politique; un conseil payé par le contribuable. NDLR

Pourquoi y a-t-il une polémique sur McKinsey ?

En raison d’un rapport mettant en évidence l’utilisation importante des cabinets de conseil sous le quinquennat Macron. Tout part du rapport sénatorial rendu public le 17 mars. Une commission d’enquête, créée en novembre 2021, a étudié l’influence des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques au cours du dernier quinquennat. Le président de la commission, le sénateur LR Arnaud Bazin et la rapporteure, la communiste Éliane Assassi, ont mis en évidence une augmentation notable des dépenses liées au cabinet de conseil, qui sont passées de 379 millions d’euros en 2018 à 894 millions en 2021. Il s’agit d’un « phénomène tentaculaire » selon le rapport.

Très vite après la publication du rapport, le débat s’est focalisé sur McKinsey, un de ces cabinets de conseil, pour plusieurs raisons :

- Des liens supposés avec Emmanuel Macron. Ce qui a remis au goût du jour l’image du « président des riches » , proche des élites économiques ;

- le fait que les entités françaises de McKinsey n’ont versé aucun impôt sur les sociétés depuis dix ans, selon les conclusions du rapport sénatorial* ;

- le fait que l’entreprise McKinsey était déjà apparue dans le débat public pour son intervention dans la campagne vaccinale française.

En pleine campagne présidentielle , le sujet est vite apparu comme explosif et tous les adversaires du président-candidat, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Eric Zemmour, se sont emparés de l’affaire. Pourtant, le président de la commission d’enquête, le Républicain Arnaud Bazin, avait précisé dès le début vouloir rendre ses travaux « en mars 2022, avant le premier tour de l’élection présidentielle », sachant que la commission a 6 mois pour rendre son rapport. Les travaux avaient débuté en novembre 2021, et dès le départ, la commission a la temporalité en tête : « Nous nous sommes interrogés, avec Arnaud Bazin, parce que cela nous faisait rendre le rapport en plein cœur des élections législatives, ce qui aurait été pire. Il y a une sorte « d’alignement des planètes », mais nous n’avions pas du tout l’objectif de pirater la séquence électorale, cela n’a rien à voir. », assure au JDD la rapporteure, Éliane Assassi.

Que font ces cabinets de conseil ?

Des missions variées, pour des résultats « inégaux ». Dans le rapport du Sénat, il est écrit que « le rôle d’un cabinet de conseil consiste à rédiger des documents stratégiques à destination des responsables publics », mais les missions des cabinets de conseil sont aussi beaucoup plus concrètes : pendant la crise sanitaire , il leur a notamment été confié « la logistique des masques, des équipements de protection et des vaccins, des systèmes d’information pour la vaccination – VAC-SI – et pour le passe sanitaire… » comme le détaille le Sénat.

Mais une grande partie de l’activité de conseil relève du secteur informatique : ce domaine représente 646,4 millions d’euros en 2021, soit 72 % des dépenses de conseil. Le Sénat rappelle la teneur de ces missions : conseil en  « qualité des systèmes d’information »; « stratégie des systèmes d’information » ; « étude de projets applicatifs », ou encore « urbanisation et expertise technique ».

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères

(Rapport du Sénat)

Mais le Sénat dénonce également des missions trop coûteuses pour des résultats « inégaux », comme pour la mission confiée à McKinsey sur l’avenir du métier d’enseignant, qui a coûté 496 800 euros. Pourtant évaluée comme « satisfaisante » par la direction interministérielle de la transformation publique, le produit de cette mission « se résume à une compilation – certes conséquente – de travaux scientifiques et à la production de graphiques fondés sur des données publiques, notamment de l’OCDE », tance le Sénat, ajoutant que la valeur ajoutée semble alors « réduite », alors que les consultants facturent leur journée à 3 312 euros. Une mission qui n’a pas eu de suites concrètes selon le Sénat, le ministère de l’Éducation nationale ayant lui-même reconnu qu’il n’était « pas possible de déterminer les conséquences directes » du travail effectué par McKinsey.

Lire aussi - Qu’est-ce qu’un cabinet de conseil ?

Quel est le poids de McKinsey et des cabinets de conseil dans les commandes publiques ?

Assez léger. 20 cabinets de conseils se partagent 55 % du marché du conseil pour les ministères selon les chiffres du Sénat. Le cabinet McKinsey n’y représente qu’1 % de ce marché entre 2018 et 2020, la même part que Kantar. Le groupe français Eurogroup est le premier avec 10 % du marché, le second, également français, est Capgemini (5 %).

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020

(Rapport du Sénat)

Lors du point presse du gouvernement sur le sujet, Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes Publics, a balayé toute interdépendance entre État et cabinets de conseils, en précisant que ceux-ci ne représentaient que « 0,3 % de la masse salariale totale de l’État ».

Il faut cependant souligner que le recours aux cabinets de conseil a été important pendant la crise sanitaire, et que la société McKinsey a totalisé pendant cette période 12,3 millions d’euros de contrats au cours de la période, le plaçant en tête des commandes.

Quel est le lien entre Emmanuel Macron et McKinsey ?

Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey ont travaillé pour la campagne Macron de 2017. Des liens existent ainsi entre McKinsey et Emmanuel Macron. Karim Tadjeddine, responsable du pôle secteur public de McKinsey, était un soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Il avait également signé en 2016 un chapitre du livre de Thomas Cazenave, directeur adjoint de cabinet du ministre à Bercy, intitulé L’État en mode start-up. L’ouvrage avait été préfacé par Emmanuel Macron.

Karim Tadjeddine apparaît dans les MacronLeaks avec son adresse mail de McKinsey. Devant le Sénat, il a reconnu que « l’utilisation de l’adresse électronique de l’entreprise était une erreur. Je le reconnais, cela a donné lieu à une suite en interne ». Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey se sont également investis sur leur temps libre dans la campagne électorale de 2017. L’entreprise n’a pas joué de rôle en tant que tel.

Le gouvernement a-t-il eu plus de recours aux cabinets de conseil que dans les quinquennats précédents ? Et par rapport aux autres pays européens ?

La pratique de recourir aux cabinets de conseil n’est pas inédite. Cependant, le rapport du Sénat examine le recours aux cabinets de conseil seulement pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. Jusqu’en 2018, la pratique est mal connue, car mal-documentée : les ministères ne disposeraient pas des chiffres antérieurs à 2018, à cause d’un changement de logiciel, c’est la raison avancée à la commission d’enquête sénatoriale. Elle a donc dû se rabattre sur des approximations qui se fondent sur des chiffres transmis par la Fédération européenne des associations de conseil en organisation, qui prend en compte les prestations réalisées pour l’ensemble de la sphère publique, dont les collectivités territoriales, contrairement à l’angle choisi par les sénateurs.

Lire aussi - « Un phénomène tentaculaire » : le Sénat attaque le recours aux cabinets de conseils par l’État

Ils jugent toutefois que ces chiffres permettent de se rendre compte de la tendance à la hausse dans le marché du conseil au secteur public depuis 2007 : il aurait ainsi gagné plus de 40 % entre 2005 et 2018, selon la fédération. C’est avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP), réforme de l’État menée par Nicolas Sarkozy, que s’initie cette hausse : un rapport d’information de l’Assemblée nationale, dont la rapporteure est la députée LREM Cendra Motin, relève que « le niveau des dépenses consacrées au conseil double ainsi entre 2007 et 2010 ». Le rapport sénatorial confirme « une hausse sensible entre 2007 et 2010 à la faveur de la RGPP », comme le montre ce graphique.

Chiffres d'affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public

Chiffres d’affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public

(Rapport du Sénat)

Pendant le mandat de François Hollande , si la modernisation de l’action publique se poursuit, le recours aux cabinets de conseil semble baisser, avant de connaître une remontée depuis 2018.

En comparaison avec les autres pays européens : en France, il est « historiquement limité » selon le Sénat. Pour l’année 2018, dernière année de comparaison citée par le Sénat, les cabinets de conseils font un chiffre d’affaires de 3 143 millions d’euros en Allemagne, et 2 640 millions d’euros au Royaume-Uni, contre seulement 657 millions d’euros en France. Selon le rapport de l’Assemblée, pour 2019, ce chiffre s’élève à 814 millions d’euros en France. « Le montant d’achats de prestations de conseil par le secteur public rapporté aux dépenses de personnel dans le secteur public en France, demeure l’un des plus faibles de l’Union européenne. Il est de 0,27 % en France contre 1,25 % en Allemagne et 1,47 % au Danemark », précise le rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale (voir le graphique ci-dessous).

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l'Union européenne

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l’Union européenne

(Rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale)

McKinsey a-t-il conseillé au gouvernement de baisser les APL de 5 euros ?

Non, McKinsey n’est pas à l’origine de la baisse des APL de 5 euros. Cette partie de la polémique part d’une déclaration de la rapporteure de la commission d’enquête, Éliane Assassi lors de la présentation du rapport : elle mentionnait « une prestation de 4 millions d’euros de McKinsey pour mettre en oeuvre la réforme des APL, cette même réforme qui réduisait les aides de 5 euros par foyer ». La sénatrice confond deux réformes, car, dans son rapport, la commission d’enquête se réfère à une réforme du mode de calcul des APL, et à une prestation commandée à McKinsey à partir de 2018, pour une réforme qui devait s’appliquer en janvier 2019. Le cabinet est sollicité pour un premier audit à l’automne 2018, et le sera à plusieurs reprises par la suite, la réforme prenant plus de temps que prévu, « à cause des lacunes informatiques de la CNAF puis de la crise sanitaire » selon les sénateurs.

Cette réforme, qui met en place le calcul « en temps réel » des APL, n’a rien à voir avec la baisse de cinq euros décidée en juillet 2017 par le gouvernement, bien avant le début de la mission de McKinsey. Interrogée par le JDD, Éliane Assassi reconnaît que le rapport ne parle pas de la baisse de 5 euros, mais bien du changement du mode de calcul, mais regrette « l’utilisation politicienne du rapport », et pointe « les interprétations politiques » qui en ont été faites. Mais pour la communiste, c’est aussi le « manque de transparence » de la part du gouvernement qui a alimenté cette fausse nouvelle. Car le détail n’est pas passé inaperçu, et a été repris par plusieurs personnalités politiques, comme Xavier Bertrand, ou Adrien Quatennens.

D’autres candidats ont-ils eu recours à des cabinets de conseils dans leur fonction exécutive ?

Oui. Xavier Bertrand, conseiller spécial de Valérie Pécresse , avait dénoncé le 23 mars l’affaire McKinsey comme « un scandale d’État », en assurant que si Valérie Pécresse était élue, elle cesserait de faire appel aux cabinets de conseil, sur l’antenne de Franceinfo. Une semaine plus tard sur LCI, la candidate n’a pas tenu exactement le même propos : « Par définition, je ne suis pas contre à ce qu’il y ait des partenariats entre le public et le privé. (…) Cela dépendra pour quelles missions, mais évidemment pas à ces niveaux de montants. » Valérie Pécresse a aussi admis avoir eu recours à un cabinet de conseil alors qu’elle était ministre de l’Enseignement Supérieur en 2008, pour la « réorganisation du ministère », et pas pour la réforme des universités. Par contre, l’utilisation des cabinets de conseil par les collectivités territoriales n’a pas été analysée par le Sénat qui s’est concentré sur le quinquennat d’Emmanuel Macron et sur le pouvoir exécutif.

Delphine Batho, porte-parole de Yannick Jadot , a également été épinglée par L’Opinion pour avoir eu recours à des cabinets de conseil alors qu’elle était ministre de François Hollande, pour des dépenses estimées à 68,5 millions d’euros. Delphine Batho conteste l’accusation.

*Le 26 mars, le cabinet McKinsey a réaffirmé respecter les règles fiscales françaises, précisant qu’une de ses filiales avait payé l’impôt sur les sociétés pendant six ans sur la période au cours de laquelle le Sénat l’accuse d’optimisation fiscale.

Politique-Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

Politique-Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

 

Le Sénat a découvert les dépenses invraisemblables de recours à des sociétés de conseil comme McKinsey. Rien que pour l’année 2021, on a consacré 1 milliard pour les seules dépenses de McKinsey. Qui au demeurant en plus ne paierait pas d’impôts ! En tout cas pas suffisamment.

L’affaire est grave si l’on en juge par la fébrilité du président de la république qui a dit ne pas craindre la justice. L’affaire sera traitée de manière également judiciaire suite à la plainte du Sénat.

Le gouvernement argumente en considérant que la France n’est pas le pays qui dépense le plus en matière de conseil. Le problème c’est que parallèlement la France a l’appareil administratif le plus important en Europe voire au monde. La France qui en même temps détient la plus grande école de gestionnaires de l’État avec notamment l’ENA. En clair il ne manque pas de directions,  d’observatoires, de commissions de contrôle , de mission de vérification financière. Des milliers et des milliers d’emplois sont consacrés à ces tâches.

On se demande comment on a pu atteindre une telle facture. En moyenne en effet le coût d’une journée d’un expert se situe selon les cas entre 1000 et 3 000 € par jour. Pour atteindre 1 milliard de dépenses, il aurait fallu mobiliser une armée d’experts consultants, sans doute autour de 10 000.  Comme c’est probable les marchés ont été sur évalués et un retour financier est venu affecter les ressources de partis politiques impliqués comme donneurs d’ordre indirects.

Matériellement il est impossible d’atteindre un tel niveau de dépenses. On peut légitimement s’interroger à la fois sur l’incompétence mais aussi sur le caractère frauduleux de ses dépenses. Surtout quand on mesure l’efficacité des recommandations de ces cabinets de conseil. Les centaines et même les milliers de hauts fonctionnaires qui commandent ces études font preuve à la fois d’incompétence et d’irresponsabilité.

Le pouvoir politique, lui arrose ces cabinets de conseil dont l’objectif est moins de proposer des réformes que de brosser dans le sens du poil les tendances libérales du gouvernement. Accessoirement aussi de favoriser la promotion électorale des pseudos réformes. Un seul exemple l’espace santé de la sécurité sociale qui constitue une véritable escroquerie. Un objectif dont on vante partout l’intérêt mais qui concrètement est complètement vide. Personne n’a en effet prévu qui et comment doit être rempli cet espace bidon recommandé sans doute par les scientistes experts de McKinsey et  autres. Même chose concernant le grand débat national qui a coûté une fortune et dont on n’a même pas été capable de tirer une synthèse cohérente accessible.

On s’était déjà interrogé sur les conditions de financement de la campagne de Macron en 2017 avec notamment ses relations un peu sulfureuse entre le pouvoir, Alstom et General Electric. Une affaire qui a été pratiquement enterrée comme pratiquement toutes celles concernant le gouvernement. L’affaire McKinsey pourrait bien être de même nature et révéler non seulement le caractère délictueux mais aussi l’incompétence et irresponsabilité aussi du gouvernement.

Sondage présidentiel : Macron baisse au second tour

Sondage présidentiel : Macron baisse au second tour

  • L’enquête Elabe publiée mercredi montre qu’en cas d’un duel Macron-Le Pen au second tour, il l’emporterait à 52,5% contre 47,5%. Il y a 3 semaines, Emmanuel Macron était crédité de 61 % des suffrages contre 39 % pour Marine Le Pen.
  • Le rolling Ipsos donne Emmanuel Macron à 55 % contre 45 % pour Marine Le Pen, un écart de 10 points. Il était de 20 points le 12 mars (60-40 pour Macron).
  • Le rolling Ifop crédite de le chef de l’Etat de 53,5 % des suffrages (46,5 % pour Marine Le Pen). Il y a 3 semaines, Macron la distançait de 14 points (57 % pour Macron, 43 % pour Marine Le Pen).
  • Le rolling OpinionWay montre également la même dynamique. Emmanuel Macron obtient 55 % des voix contre 59 % le 9 mars. L’écart est donc passé de 18 à 10 points en 3 semaines.

Pour expliquer ce rapproché entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le sondeur Matthieu Gallard de l’Ipsos explique que la candidate du Rassemblement national obtient désormais « de meilleurs reports des électorats Zemmour et Mélenchon. Dans le même temps, les reports des électeurs Pécresse et Jadot sur Macron sont en hausse, mais ça ne compense pas. »

Le chef de l’Etat fait, en effet, face à un problème. S’il améliore, en moyenne, son score de premier tour de 4 points. Ce n’est pas le cas au second tour, où il baisse d’environ 10 points par rapport à la précédente présidentielle. Marine Le Pen a un réservoir de voix supérieur à 2017 grâce notamment à la candidature d’Eric Zemmour. De son côté, le candidat d’En marche a moins de réserves automatiques même s’il bénéficie du report majoritaire de l’électorat de Yannick Jadot et de Valérie Pécresse.

 

 

L’affaire polémique McKinsey

L’affaire  polémique McKinsey 

.Depuis la publication, le 17 mars dernier, du rapport du Sénat sur la question, les travaux de la commission d’enquête ont fait naître polémiques et fausses informations, reprises et alimentées par les concurrents d’Emmanuel Macron, que le JDD s’attache à démêler.

 

À noter toutefois que le principal reproche qu’on peut formuler à l’égard de ce scandale d’État c’est d’avoir dépensé une somme phénoménale d’un milliard représentant des milliers d’experts consultants alors que dans le même temps la France entretient des milliers de hauts fonctionnaires qui ont précisément pour mission de diriger, d’orienter, de contrôler l’administration et ses fonctions régaliennes. La France de ce point de vue est l’un des pays qui compte le plus de hauts fonctionnaires au monde ( l’ENA étant l’exemple plus symbolique fournisseur de ce personnel). L’autre reproche, c’est que Macon gouvernant seul et ne voulant surtout pas de parti se sert d’un consultant comme conseil en stratégie politique; un conseil payé par le contribuable. NDLR

Pourquoi y a-t-il une polémique sur McKinsey ?

En raison d’un rapport mettant en évidence l’utilisation importante des cabinets de conseil sous le quinquennat Macron. Tout part du rapport sénatorial rendu public le 17 mars. Une commission d’enquête, créée en novembre 2021, a étudié l’influence des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques au cours du dernier quinquennat. Le président de la commission, le sénateur LR Arnaud Bazin et la rapporteure, la communiste Éliane Assassi, ont mis en évidence une augmentation notable des dépenses liées au cabinet de conseil, qui sont passées de 379 millions d’euros en 2018 à 894 millions en 2021. Il s’agit d’un « phénomène tentaculaire » selon le rapport.

 

Très vite après la publication du rapport, le débat s’est focalisé sur McKinsey, un de ces cabinets de conseil, pour plusieurs raisons :

- Des liens supposés avec Emmanuel Macron. Ce qui a remis au goût du jour l’image du « président des riches » , proche des élites économiques ;

- le fait que les entités françaises de McKinsey n’ont versé aucun impôt sur les sociétés depuis dix ans, selon les conclusions du rapport sénatorial* ;

- le fait que l’entreprise McKinsey était déjà apparue dans le débat public pour son intervention dans la campagne vaccinale française.

En pleine campagne présidentielle , le sujet est vite apparu comme explosif et tous les adversaires du président-candidat, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Eric Zemmour, se sont emparés de l’affaire. Pourtant, le président de la commission d’enquête, le Républicain Arnaud Bazin, avait précisé dès le début vouloir rendre ses travaux « en mars 2022, avant le premier tour de l’élection présidentielle », sachant que la commission a 6 mois pour rendre son rapport. Les travaux avaient débuté en novembre 2021, et dès le départ, la commission a la temporalité en tête : « Nous nous sommes interrogés, avec Arnaud Bazin, parce que cela nous faisait rendre le rapport en plein cœur des élections législatives, ce qui aurait été pire. Il y a une sorte « d’alignement des planètes », mais nous n’avions pas du tout l’objectif de pirater la séquence électorale, cela n’a rien à voir. », assure au JDD la rapporteure, Éliane Assassi.

Que font ces cabinets de conseil ?

Des missions variées, pour des résultats « inégaux ». Dans le rapport du Sénat, il est écrit que « le rôle d’un cabinet de conseil consiste à rédiger des documents stratégiques à destination des responsables publics », mais les missions des cabinets de conseil sont aussi beaucoup plus concrètes : pendant la crise sanitaire , il leur a notamment été confié « la logistique des masques, des équipements de protection et des vaccins, des systèmes d’information pour la vaccination – VAC-SI – et pour le passe sanitaire… » comme le détaille le Sénat.

Mais une grande partie de l’activité de conseil relève du secteur informatique : ce domaine représente 646,4 millions d’euros en 2021, soit 72 % des dépenses de conseil. Le Sénat rappelle la teneur de ces missions : conseil en  « qualité des systèmes d’information »; « stratégie des systèmes d’information » ; « étude de projets applicatifs », ou encore « urbanisation et expertise technique ». 

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères

Evolution des dépenses de conseil en informatique des ministères

(Rapport du Sénat)

Mais le Sénat dénonce également des missions trop coûteuses pour des résultats « inégaux », comme pour la mission confiée à McKinsey sur l’avenir du métier d’enseignant, qui a coûté 496 800 euros. Pourtant évaluée comme « satisfaisante » par la direction interministérielle de la transformation publique, le produit de cette mission « se résume à une compilation – certes conséquente – de travaux scientifiques et à la production de graphiques fondés sur des données publiques, notamment de l’OCDE », tance le Sénat, ajoutant que la valeur ajoutée semble alors « réduite », alors que les consultants facturent leur journée à 3 312 euros. Une mission qui n’a pas eu de suites concrètes selon le Sénat, le ministère de l’Éducation nationale ayant lui-même reconnu qu’il n’était « pas possible de déterminer les conséquences directes » du travail effectué par McKinsey. 

Lire aussi - Qu’est-ce qu’un cabinet de conseil ?

Quel est le poids de McKinsey et des cabinets de conseil dans les commandes publiques ?

Assez léger. 20 cabinets de conseils se partagent 55 % du marché du conseil pour les ministères selon les chiffres du Sénat. Le cabinet McKinsey n’y représente qu’1 % de ce marché entre 2018 et 2020, la même part que Kantar. Le groupe français Eurogroup est le premier avec 10 % du marché, le second, également français, est Capgemini (5 %). 

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020

Répartition du marché du conseil aux ministères entre 2018 et 2020

(Rapport du Sénat)

Lors du point presse du gouvernement sur le sujet, Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes Publics, a balayé toute interdépendance entre État et cabinets de conseils, en précisant que ceux-ci ne représentaient que « 0,3 % de la masse salariale totale de l’État ». 

Il faut cependant souligner que le recours aux cabinets de conseil a été important pendant la crise sanitaire, et que la société McKinsey a totalisé pendant cette période 12,3 millions d’euros de contrats au cours de la période, le plaçant en tête des commandes.

Quel est le lien entre Emmanuel Macron et McKinsey ? 

Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey ont travaillé pour la campagne Macron de 2017. Des liens existent ainsi entre McKinsey et Emmanuel Macron. Karim Tadjeddine, responsable du pôle secteur public de McKinsey, était un soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Il avait également signé en 2016 un chapitre du livre de Thomas Cazenave, directeur adjoint de cabinet du ministre à Bercy, intitulé L’État en mode start-up. L’ouvrage avait été préfacé par Emmanuel Macron.

Karim Tadjeddine apparaît dans les MacronLeaks avec son adresse mail de McKinsey. Devant le Sénat, il a reconnu que « l’utilisation de l’adresse électronique de l’entreprise était une erreur. Je le reconnais, cela a donné lieu à une suite en interne ». Plusieurs consultants ou anciens de McKinsey se sont également investis sur leur temps libre dans la campagne électorale de 2017. L’entreprise n’a pas joué de rôle en tant que tel.

Le gouvernement a-t-il eu plus de recours aux cabinets de conseil que dans les quinquennats précédents ? Et par rapport aux autres pays européens ?

La pratique de recourir aux cabinets de conseil n’est pas inédite. Cependant, le rapport du Sénat examine le recours aux cabinets de conseil seulement pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. Jusqu’en 2018, la pratique est mal connue, car mal-documentée : les ministères ne disposeraient pas des chiffres antérieurs à 2018, à cause d’un changement de logiciel, c’est la raison avancée à la commission d’enquête sénatoriale. Elle a donc dû se rabattre sur des approximations qui se fondent sur des chiffres transmis par la Fédération européenne des associations de conseil en organisation, qui prend en compte les prestations réalisées pour l’ensemble de la sphère publique, dont les collectivités territoriales, contrairement à l’angle choisi par les sénateurs.

Lire aussi - « Un phénomène tentaculaire » : le Sénat attaque le recours aux cabinets de conseils par l’État

Ils jugent toutefois que ces chiffres permettent de se rendre compte de la tendance à la hausse dans le marché du conseil au secteur public depuis 2007 : il aurait ainsi gagné plus de 40 % entre 2005 et 2018, selon la fédération. C’est avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP), réforme de l’État menée par Nicolas Sarkozy, que s’initie cette hausse : un rapport d’information de l’Assemblée nationale, dont la rapporteure est la députée LREM Cendra Motin, relève que « le niveau des dépenses consacrées au conseil double ainsi entre 2007 et 2010 ». Le rapport sénatorial confirme « une hausse sensible entre 2007 et 2010 à la faveur de la RGPP », comme le montre ce graphique.

Chiffres d'affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public

Chiffres d’affaires réalisé par les entreprises du secteur du conseil en secteur public

(Rapport du Sénat)

Pendant le mandat de François Hollande , si la modernisation de l’action publique se poursuit, le recours aux cabinets de conseil semble baisser, avant de connaître une remontée depuis 2018. 

En comparaison avec les autres pays européens : en France, il est « historiquement limité » selon le Sénat. Pour l’année 2018, dernière année de comparaison citée par le Sénat, les cabinets de conseils font un chiffre d’affaires de 3 143 millions d’euros en Allemagne, et 2 640 millions d’euros au Royaume-Uni, contre seulement 657 millions d’euros en France. Selon le rapport de l’Assemblée, pour 2019, ce chiffre s’élève à 814 millions d’euros en France. « Le montant d’achats de prestations de conseil par le secteur public rapporté aux dépenses de personnel dans le secteur public en France, demeure l’un des plus faibles de l’Union européenne. Il est de 0,27 % en France contre 1,25 % en Allemagne et 1,47 % au Danemark », précise le rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale (voir le graphique ci-dessous).

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l'Union européenne

Dépenses publiques en prestation de conseil dans différents pays de l’Union européenne

(Rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale)

McKinsey a-t-il conseillé au gouvernement de baisser les APL de 5 euros ?

Non, McKinsey n’est pas à l’origine de la baisse des APL de 5 euros. Cette partie de la polémique part d’une déclaration de la rapporteure de la commission d’enquête, Éliane Assassi lors de la présentation du rapport : elle mentionnait « une prestation de 4 millions d’euros de McKinsey pour mettre en oeuvre la réforme des APL, cette même réforme qui réduisait les aides de 5 euros par foyer ». La sénatrice confond deux réformes, car, dans son rapport, la commission d’enquête se réfère à une réforme du mode de calcul des APL, et à une prestation commandée à McKinsey à partir de 2018, pour une réforme qui devait s’appliquer en janvier 2019. Le cabinet est sollicité pour un premier audit à l’automne 2018, et le sera à plusieurs reprises par la suite, la réforme prenant plus de temps que prévu, « à cause des lacunes informatiques de la CNAF puis de la crise sanitaire » selon les sénateurs.

Cette réforme, qui met en place le calcul « en temps réel » des APL, n’a rien à voir avec la baisse de cinq euros décidée en juillet 2017 par le gouvernement, bien avant le début de la mission de McKinsey. Interrogée par le JDD, Éliane Assassi reconnaît que le rapport ne parle pas de la baisse de 5 euros, mais bien du changement du mode de calcul, mais regrette « l’utilisation politicienne du rapport », et pointe « les interprétations politiques » qui en ont été faites. Mais pour la communiste, c’est aussi le « manque de transparence » de la part du gouvernement qui a alimenté cette fausse nouvelle. Car le détail n’est pas passé inaperçu, et a été repris par plusieurs personnalités politiques, comme Xavier Bertrand, ou Adrien Quatennens. 

D’autres candidats ont-ils eu recours à des cabinets de conseils dans leur fonction exécutive ?

Oui. Xavier Bertrand, conseiller spécial de Valérie Pécresse , avait dénoncé le 23 mars l’affaire McKinsey comme « un scandale d’État », en assurant que si Valérie Pécresse était élue, elle cesserait de faire appel aux cabinets de conseil, sur l’antenne de Franceinfo. Une semaine plus tard sur LCI, la candidate n’a pas tenu exactement le même propos : « Par définition, je ne suis pas contre à ce qu’il y ait des partenariats entre le public et le privé. (…) Cela dépendra pour quelles missions, mais évidemment pas à ces niveaux de montants. » Valérie Pécresse a aussi admis avoir eu recours à un cabinet de conseil alors qu’elle était ministre de l’Enseignement Supérieur en 2008, pour la « réorganisation du ministère », et pas pour la réforme des universités. Par contre, l’utilisation des cabinets de conseil par les collectivités territoriales n’a pas été analysée par le Sénat qui s’est concentré sur le quinquennat d’Emmanuel Macron et sur le pouvoir exécutif.

Delphine Batho, porte-parole de Yannick Jadot , a également été épinglée par L’Opinion pour avoir eu recours à des cabinets de conseil alors qu’elle était ministre de François Hollande, pour des dépenses estimées à 68,5 millions d’euros. Delphine Batho conteste l’accusation.

*Le 26 mars, le cabinet McKinsey a réaffirmé respecter les règles fiscales françaises, précisant qu’une de ses filiales avait payé l’impôt sur les sociétés pendant six ans sur la période au cours de laquelle le Sénat l’accuse d’optimisation fiscale.

Politique-Pourquoi l’affaire McKinsey est-elle un scandale d’État ?

Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

 

Le Sénat a découvert les dépenses invraisemblables de recours à des sociétés de conseil comme McKinsey. Rien que pour l’année 2021, on a consacré 1 milliard pour les seules dépenses de McKinsey. Qui au demeurant en plus ne paierait pas d’impôts ! En tout cas pas suffisamment.

L’affaire est grave si l’on en juge par la fébrilité du président de la république qui a dit ne pas craindre la justice. L’affaire sera traitée de manière également judiciaire suite à la plainte du Sénat.

Le gouvernement argumente en considérant que la France n’est pas le pays qui dépense le plus en matière de conseil. Le problème c’est que parallèlement la France a l’appareil administratif le plus important en Europe voire au monde. La France qui en même temps détient la plus grande école de gestionnaires de l’État avec notamment l’ENA. En clair il ne manque pas de directions,  d’observatoires, de commissions de contrôle , de mission de vérification financière. Des milliers et des milliers d’emplois sont consacrés à ces tâches.

On se demande comment on a pu atteindre une telle facture. En moyenne en effet le coût d’une journée d’un expert se situe selon les cas entre 1000 et 3 000 € par jour. Pour atteindre 1 milliard de dépenses, il aurait fallu mobiliser une armée d’experts consultants, sans doute autour de 10 000.  Comme c’est probable les marchés ont été sur évalués et un retour financier est venu affecter les ressources de partis politiques impliqués comme donneurs d’ordre indirects.

Matériellement il est impossible d’atteindre un tel niveau de dépenses. On peut légitimement s’interroger à la fois sur l’incompétence mais aussi sur le caractère frauduleux de ses dépenses. Surtout quand on mesure l’efficacité des recommandations de ces cabinets de conseil. Les centaines et même les milliers de hauts fonctionnaires qui commandent ces études font preuve à la fois d’incompétence et d’irresponsabilité.

Le pouvoir politique, lui arrose ces cabinets de conseil dont l’objectif est moins de proposer des réformes que de brosser dans le sens du poil les tendances libérales du gouvernement. Accessoirement aussi de favoriser la promotion électorale des pseudos réformes. Un seul exemple l’espace santé de la sécurité sociale qui constitue une véritable escroquerie. Un objectif dont on vante partout l’intérêt mais qui concrètement est complètement vide. Personne n’a en effet prévu qui et comment doit être rempli cet espace bidon recommandé sans doute par les scientistes experts de McKinsey et  autres. Même chose concernant le grand débat national qui a coûté une fortune et dont on n’a même pas été capable de tirer une synthèse cohérente accessible.

On s’était déjà interrogé sur les conditions de financement de la campagne de Macron en 2017 avec notamment ses relations un peu sulfureuse entre le pouvoir, Alstom et General Electric. Une affaire qui a été pratiquement enterrée comme pratiquement toutes celles concernant le gouvernement. L’affaire McKinsey pourrait bien être de même nature et révéler non seulement le caractère délictueux mais aussi l’incompétence et irresponsabilité aussi du gouvernement.

Politique: Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

Politique: Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

 

Le Sénat a découvert les dépenses invraisemblables de recours à des sociétés de conseil comme McKinsey. Rien que pour l’année 2021, on a consacré 1 milliard pour les seules dépenses de McKinsey. Qui au demeurant en plus ne paierait pas d’impôts ! En tout cas pas suffisamment.

L’affaire est grave si l’on en juge par la fébrilité du président de la république qui a dit ne pas craindre la justice. L’affaire sera traitée de manière également judiciaire suite à la plainte du Sénat.

Le gouvernement argumente en considérant que la France n’est pas le pays qui dépense le plus en matière de conseil. Le problème c’est que parallèlement la France a l’appareil administratif le plus important en Europe voire au monde. La France qui en même temps détient la plus grande école de gestionnaires de l’État avec notamment l’ENA. En clair il ne manque pas de directions,  d’observatoires, de commissions de contrôle , de mission de vérification financière. Des milliers et des milliers d’emplois sont consacrés à ces tâches.

On se demande comment on a pu atteindre une telle facture. En moyenne en effet le coût d’une journée d’un expert se situe selon les cas entre 1000 et 3 000 € par jour. Pour atteindre 1 milliard de dépenses, il aurait fallu mobiliser une armée d’experts consultants, sans doute autour de 10 000.  Comme c’est probable les marchés ont été sur évalués et un retour financier est venu affecter les ressources de partis politiques impliqués comme donneurs d’ordre indirects.

Matériellement il est impossible d’atteindre un tel niveau de dépenses. On peut légitimement s’interroger à la fois sur l’incompétence mais aussi sur le caractère frauduleux de ses dépenses. Surtout quand on mesure l’efficacité des recommandations de ces cabinets de conseil. Les centaines et même les milliers de hauts fonctionnaires qui commandent ces études font preuve à la fois d’incompétence et d’irresponsabilité.

Le pouvoir politique, lui arrose ces cabinets de conseil dont l’objectif est moins de proposer des réformes que de brosser dans le sens du poil les tendances libérales du gouvernement. Accessoirement aussi de favoriser la promotion électorale des pseudos réformes. Un seul exemple l’espace santé de la sécurité sociale qui constitue une véritable escroquerie. Un objectif dont on vante partout l’intérêt mais qui concrètement est complètement vide. Personne n’a en effet prévu qui et comment doit être rempli cet espace bidon recommandé sans doute par les scientistes experts de McKinsey et  autres. Même chose concernant le grand débat national qui a coûté une fortune et dont on n’a même pas été capable de tirer une synthèse cohérente accessible.

On s’était déjà interrogé sur les conditions de financement de la campagne de Macron en 2017 avec notamment ses relations un peu sulfureuse entre le pouvoir, Alstom et General Electric. Une affaire qui a été pratiquement enterrée comme pratiquement toutes celles concernant le gouvernement. L’affaire McKinsey pourrait bien être de même nature et révéler non seulement le caractère délictueux mais aussi l’incompétence et irresponsabilité aussi du gouvernement.

Pourquoi l’affaire McKinsey est-elle un scandale d’État ?

Pourquoi l’affaire McKinsey estun scandale d’État ?

 

Le Sénat a découvert les dépenses invraisemblables de recours à des sociétés de conseil comme McKinsey. Rien que pour l’année 2021, on a consacré 1 milliard pour les seules dépenses de McKinsey. Qui au demeurant en plus ne paierait pas d’impôts ! En tout cas pas suffisamment.

L’affaire est grave si l’on en juge par la fébrilité du président de la république qui a dit ne pas craindre la justice. L’affaire sera traitée de manière également judiciaire suite à la plainte du Sénat.

Le gouvernement argumente en considérant que la France n’est pas le pays qui dépense le plus en matière de conseil. Le problème c’est que parallèlement la France a l’appareil administratif le plus important en Europe voire au monde. La France qui en même temps détient la plus grande école de gestionnaires de l’État avec notamment l’ENA. En clair il ne manque pas de directions,  d’observatoires, de commissions de contrôle , de mission de vérification financière. Des milliers et des milliers d’emplois sont consacrés à ces tâches.

On se demande comment on a pu atteindre une telle facture. En moyenne en effet le coût d’une journée d’un expert se situe selon les cas entre 1000 et 3 000 € par jour. Pour atteindre 1 milliard de dépenses, il aurait fallu mobiliser une armée d’experts consultants, sans doute autour de 10 000.  Comme c’est probable les marchés ont été sur évalués et un retour financier est venu affecter les ressources de partis politiques impliqués comme donneurs d’ordre indirects.

Matériellement il est impossible d’atteindre un tel niveau de dépenses. On peut légitimement s’interroger à la fois sur l’incompétence mais aussi sur le caractère frauduleux de ses dépenses. Surtout quand on mesure l’efficacité des recommandations de ces cabinets de conseil. Les centaines et même les milliers de hauts fonctionnaires qui commandent ces études font preuve à la fois d’incompétence et d’irresponsabilité.

Le pouvoir politique, lui arrose ces cabinets de conseil dont l’objectif est moins de proposer des réformes que de brosser dans le sens du poil les tendances libérales du gouvernement. Accessoirement aussi de favoriser la promotion électorale des pseudos réformes. Un seul exemple l’espace santé de la sécurité sociale qui constitue une véritable escroquerie. Un objectif dont on vante partout l’intérêt mais qui concrètement est complètement vide. Personne n’a en effet prévu qui et comment doit être rempli cet espace bidon recommandé sans doute par les scientistes experts de McKinsey et  autres. Même chose concernant le grand débat national qui a coûté une fortune et dont on n’a même pas été capable de tirer une synthèse cohérente accessible.

On s’était déjà interrogé sur les conditions de financement de la campagne de Macron en 2017 avec notamment ses relations un peu sulfureuse entre le pouvoir, Alstom et General Electric. Une affaire qui a été pratiquement enterrée comme pratiquement toutes celles concernant le gouvernement. L’affaire McKinsey pourrait bien être de même nature et révéler non seulement le caractère délictueux mais aussi l’incompétence et irresponsabilité aussi du gouvernement.

L’affaire Peng Shuai est significative de la dictature chinoise

L’affaire Peng Shuai est significative de la dictature chinoise

 

 

Un papier du Monde souligne la contradiction entre la dictature chinoise et l’image d’ouverture qu’elle souhaite donner.

Quoi qu’on pense des « témoignages » de vie prodigués après la disparition de la joueuse de tennis, la Chine n’a pas pu ignorer les pressions extérieures pour maintenir sa réputation de « grand-pays-ouvert-sur-l’extérieur ».

 

Chronique. Un court instant, quelques minutes, l’Empire a été sur la défensive. Une petite jeune femme défiait « le Parti ». La très masculine direction chinoise a dû s’inquiéter. On ne prend pas à partie l’un de ses membres, surtout quand il s’agit de vie privée. Secret d’Etat. Il en va de l’image, régulièrement sanctifiée par Xi Jinping, d’un groupe dirigeant qui, personne n’en doute, n’a qu’une préoccupation : la grandeur de la Chine.

L’histoire de Peng Shuai ressemble à l’un de ces contes populaires, comme il y en a sûrement en Chine, où le faible s’attaque au puissant sans qu’on sache au départ quelle en sera la fin. A bien des égards, cette histoire est exemplaire de la Chine du président Xi. Elle illustre les paradoxes du « modèle chinois » – et, incidemment, elle dit quelque chose du tennis professionnel d’aujourd’hui.

Rappel des faits. Le 2 novembre, sur son compte Weibo, Peng Shuai, 35 ans, qui a talonné les dix premières places du tennis mondial, accuse l’un des grands pontes du Parti communiste chinois (PCC), aujourd’hui retraité, d’agression sexuelle. Si elle n’a pas de « preuves » à apporter, elle assure ne plus pouvoir garder pour elle une histoire qui la hante. Son post reste dix minutes en ligne avant d’être censuré, mais il a fait l’objet de nombreuses captures d’écran : le texte de la jeune femme ne passe pas inaperçu à l’étranger.

Sommé de réagir

Deux semaines durant, on ne sait plus rien d’elle. Assignée à résidence ? Interrogée par la police ? Le milieu du tennis s’inquiète. Les plus grands champions, femmes et hommes, demandent des nouvelles. Le pouvoir chinois est sommé de réagir. Il n’a pas pour habitude de céder à la pression extérieure. Seulement, les Jeux olympiques (JO) d’hiver 2022, hébergés par la Chine, sont dans deux mois.

Alors, sans doute pilotées et mises en scène, des nouvelles arrivent, mi-novembre : un message écrit puis des clips filmés de Peng Shuai, enfin une conversation de l’ex-championne avec Thomas Bach, l’Allemand qui préside le Comité international olympique (CIO). Message ainsi relayé : Peng Shuai va bien, elle est à la maison, elle aimerait qu’on la laisse tranquille…

Quoi qu’on pense de ces « témoignages », un fait est là : le PCC a dû répondre. Il n’a pas pu ignorer la pression extérieure. Il en allait de la réputation de la Chine-grand-pays-ouvert-sur-l’extérieur, de son image de superpuissance accueillant certaines des plus importantes manifestations sportives du siècle. Pas question de risquer un boycottage sportif, les JO approchent.

Tapie et l’affaire Adidas: Politique et business

Tapie et l’affaire Adidas: Politique et business

Adidas est typiquement une magouille politicienne qui a impliqué plusieurs présidents de la république. Première observation, Tapie  n’a jamais eu les fonds nécessaires  pour acheter Adidas. C’est grâce à ses amitiés particulières avec Mitterrand qu’on a réussi à convaincre la direction du Crédit Lyonnais de financer l’opération d’achat. Une opération revendue assez rapidement mais qui aurait spolié Tapie qui se disait  victime de la banque. En réalité,  la banque n’a fait que récupérer son argent car Tapie  n’a jamais pris le moindre risque financier, en outre il avait du mal à rembourser son prêt auprès du Crédit Lyonnais. La suite est un long  feuilleton judiciaire qui dure maintenant depuis 25 ans ou Tapie d’une part et le Crédit lyonnais n’ont cessé de solliciter la justice pour faire valoir ce qu’ils considèrent comme leur droit. Mais Tapie a continué d’entretenir des liens sulfureux avec la politique en apportant notamment un soutien à Sarkozy. Lequel a autorisé sa ministre des finances Christine Lagarde a créé un pseudo groupe d’arbitrage pour accorder 400 millions (une paille) à Tapie. Un groupe d’arbitrage qui s’est révélé une véritable magouille et dont les acteurs sont maintenant avec Tapie devant le tribunal pour rendre compte de ce qui est une escroquerie. Après avoir épuisé tous les recours, Tapie est maintenant face à la justice. Mais l’intéressé sait encore jouer  de son influence politique. Ainsi il n’a cessé de manifester des signes de soutien à l’égard de Macron déclarant même qu’il le considérait comme le plus grand président de la république. Sans doute pour obtenir la bienveillance du pouvoir et de la justice, Tapie s’est même immiscé dans l’affaire des gilets jaunes en leur offrant un support logistique et surtout en leur conseillant de présenter une liste européenne qui permettrait de nuire au rassemblement national ce dont profiterait la république en marche. De toute manière. Le pire dans cette affaire c’est que tapis a finalement été condamné par la justice à rembourser les fameux 400 millions mais que grâce aux manœuvres procédurières, ce remboursement n’a pas encore eu lieu !

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