Archive pour le Tag 'l’administration'

L’administration et les caciques contre Raoult

L’administration et les caciques contre  Raoult

 

Il est évident que le patron du laboratoire de Marseille ne laisse pas indifférent. Cela d’autant plus que l’intéressé a usé et abusé de la communication. Mais son remplacement envisagé par l’administration a évidemment un goût de règlement de comptes.

 

Un règlement de comptes de la part des caciques très corporatistes de la profession jaloux évidemment de la notoriété de l’intéressé au plan mondial. Certes comme déjà indiqué Raoult s’est laissé aller à quelques excès quant à ses prévisions d’évolution du covid; il n’est cependant pas le seul scientifique à s’être trompé. Et s’il fallait éliminer tous les scientifiques ou prétendus tels qui se se sont trompés, les mises à l’écart seraient alors nombreuses.

Ce qui paraît un peu curieux dans le secteur de la santé c’est que des administratifs comme Martin Hirsch ou François Crémieux directeurs de la santé et ennemi jurés de Raoult s’estiment sans doute plus qualifiés que d’autres pour juger de la légitimité scientifique du directeur du laboratoire marseillais.

D’une certaine manière c’est la revanche des médiocres, par  champions par ailleurs du slalom entre les courants politique,s pour éliminer des personnalités reconnues. Cette mainmise de l’administration sur le secteur de la santé loin d’assainir le secteur constitue sans doute l’une des grandes faiblesses de notre système. Certes le secteur a besoin de rigueur financière mais la confier à des énarques constitue une grave erreur de casting.

 

 

Loi Séparatisme: Retour à l’administration des cultes ?

 

Fallait-il une nouvelle loi pour « conforter le respect des principes de la République » ? Visant l’islam politique, ce texte en projet depuis l’été 2020 a été relancé par l’assassinat du professeur Samuel Paty par un jeune jihadiste tchétchène, le 16 octobre. Au lendemain de ce crime, l’historien et politologue Patrick Weil s’interroge sur ce qu’est cette « laïcité » dont on parle tant, sans toujours s’entendre sur ce qu’elle signifie de manière concrète. Il fait alors ce qu’un historien doit faire : revenir au texte initial de la loi de 1905 qui ne comporte d’ailleurs pas le mot « laïcité », au contexte de son élaboration et aux conditions de sa mise en place. Il en tire un petit livre, très pédagogique et qui éclaire les débats d’aujourd’hui d’une manière souvent inattendue.(Interview dans l’Opinion))

Le projet de loi « confortant le respect des principes de la République et de lutte contre le séparatisme » a été adopté jeudi en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Quel regard l’historien que vous êtes porte-t-il sur ce texte ?

Méconnaissant les dispositions de la loi de 1905, le gouvernement est tenté de faire un retour à l’administration des cultes. On proclame l’attachement à la laïcité et à 1905, mais le projet marque une nostalgie bonapartiste. Le législateur de 1905 avait les idées claires : en séparant les Eglises et l’Etat, il voulait rompre avec le régime de l’administration par l’Etat des cultes. Avant 1905, sur le modèle du Concordat conclu par Napoléon avec le pape Pie VII, les ecclésiastiques des cultes reconnus (catholique, protestant, juif) étaient nommés par l’Etat et payés par le contribuable qui finançait de la même façon les lieux de culte. Avec la séparation, il n’y a plus de citoyens favorisés – ceux qui pratiquent les cultes reconnus –, toutes les options spirituelles sont égales, les non-croyants sont égaux aux croyants. Les cultes deviennent religieusement libres dans une République mise politiquement à l’abri de leurs menaces : des dispositions pénales appelées « police des cultes » protègent les libertés individuelles et la séparation proclamées dans la loi.

Dans votre livre, vous partez du constat qu’on ne sait plus ce qu’est la laïcité en France et qu’il faut renouer avec « le fil perdu d’une histoire oubliée qui a une immense résonance dans notre présent ». Quel est ce fil oublié ?

Après l’assassinat de Samuel Paty, le gouvernement découvre qu’un imam de Pantin a relayé sur la page Facebook de la mosquée la vidéo qui a probablement entraîné sa décapitation. Que fait-il ? Il ne poursuit pas l’imam mais ferme la mosquée, punissant ainsi des fidèles qui n’avaient rien fait. Pourtant l’article 35 de la loi de 1905 semble avoir été écrit pour l’affaire Samuel Paty : « Si un discours prononcé ou un écrit affiché dans les lieux où s’exerce le culte contient, tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement ». Les ministres de l’Intérieur et de la Justice interrogés au Sénat ont argué que cet article 35 n’avait jamais été appliqué depuis 1905. Dans mon livre, je montre que cet article a été utilisé des centaines de fois entre 1906 et 1914 contre des ecclésiastiques catholiques qui menaçaient des enfants de les priver de première communion s’ils étudiaient certains livres d’histoire à l’école publique ou qui appelaient à la sédition contre la loi de 1905. C’est donc dans l’ignorance de cet article et de tous ceux immédiatement utilisables contre des imams radicaux que le projet de loi actuel a été conçu.

Vous dites que la laïcité n’est pas une « valeur » mais d’abord du droit. Par exemple, la loi condamne toute « pression pour contraindre ou empêcher une personne de manifester sa foi », y compris dans l’espace public. Il s’agit donc d’une loi profondément libérale ?

Pas de libertés sans protection pénale ! Si vous proclamez le droit de propriété et que vous ne prévoyez pas de sanction contre ceux qui le violent, votre proclamation, c’est du vent. Eh bien, on avait l’habitude de dire : « la laïcité c’est la liberté de croire ou de ne pas croire (article 1 de la loi), un point c’est tout ». Mais sans l’article 31 qui dit que toute pression pour forcer quelqu’un à manifester sa foi ou l’en empêcher est passible d’amende ou de prison, ce serait du vent. Or cet article 31 aussi avait été oublié. D’autres dispositions pénales protègent les lieux de culte contre les agressions extérieures et aussi les instituteurs, les fonctionnaires, et plus largement les citoyens, contre l’intrusion des ecclésiastiques dans les affaires publiques.

En quoi la loi de 1905 a-t-elle été un acte de souveraineté de la République française, comme vous l’écrivez ?

D’abord, la loi de 1905 n’a été votée qu’à la suite d’un grave incident diplomatique. La France s’engageait dans des stratégies d’alliance avec l’Angleterre et la Russie, et souhaitait y associer Rome. Le pape interdisait alors aux souverains catholiques d’Europe de se rendre à Rome, le Vatican ne reconnaissant pas l’autorité de l’Italie sur ses anciens territoires. Le président de la République française, Emile Loubet, décida quand même d’y aller à l’invitation du roi d’Italie. Le pape, furieux, écrivit à tous les souverains catholiques d’Europe pour admonester Loubet qui, selon lui, en tant que catholique, lui devait obéissance. Cette lettre, transmise par le prince de Monaco à Jean Jaurès, fut publiée en Une de L’Humanité. À ce moment-là, Clemenceau en témoigna, la France bascula. Les relations diplomatiques avec le Vatican furent rompues. La loi de 1905 , loi de rupture du Concordat, ne fut pas négociée avec le pape, elle était un acte souverain. La souveraineté de la République s’affirme aussi dans une deuxième dimension dans la séparation, à savoir la séparation d’avec l’autorité morale et spirituelle du catholicisme qui est celle de l’Etat français depuis ses origines. L’Etat devient a-religieux, il ne prend pas parti sur l’existence d’un Dieu.

«En France, l’Etat républicain apparaît le protecteur de l’individu contre toute intrusion du groupe religieux. Aux Etats-Unis, c’est le  groupe religieux qui protège contre l’Etat»

Que reste-t-il aujourd’hui de cette souveraineté par rapport aux religions, et notamment au culte musulman ?

La souveraineté de la République s’exerce pleinement aujourd’hui à l’égard des responsables religieux musulmans comme elle s’est exercée à l’égard des catholiques radicaux du passé. Aristide Briand fit inscrire dans la loi des peines plus sévères à l’encontre du responsable religieux que les peines du droit commun parce que, je le cite : « Il est impossible de traiter sur le pied de l’égalité, quand il s’agit de l’exercice du droit de la parole, le prêtre dans sa chaire et le simple citoyen dans une tribune de réunion publique (…). Le lieu, les circonstances du délit, l’autorité morale de celui qui le commet sont des éléments dont il est impossible de ne pas tenir compte. Aucune assimilation n’est à faire entre la portée, les conséquences d’un discours de réunion publique devant un auditoire averti, où toutes les opinions sont le plus souvent en présence, où l’on est habitué à faire la part des exagérations, où la contradiction, toujours possible, offre toutes garanties de mise au point, et celles d’un sermon prononcé par un ministre du culte devant des auditeurs livrés inertes et sans défense par la croyance ou la superstition aux suggestions d’une parole qui tient sa force des siècles et n’a jamais été affaiblie par la controverse ». Pour Aristide Briand, cette approche n’a rien d’antilibérale car elle ne peut viser les ministres du culte exclusivement soucieux de leur œuvre religieuse. N’est-elle pas totalement moderne ?

Pourquoi décrivez les Etats-Unis comme « un proche contre-modèle »?

Aux Etats-Unis, dans la Constitution, une clause de « non-établissement » prohibe toute religion officielle ou soutenue par l’Etat. Cela nous rend plus proches des Américains que de nos voisins Anglais, Allemands ou Belges. Mais, si les textes fondamentaux de droit nous rapprochent, nos histoires et nos cultures politiques divergent. En France, de par notre histoire, l’Etat républicain apparaît comme le protecteur de l’individu contre toute intrusion du groupe religieux. Aux Etats-Unis, héritiers d’une histoire de persécutions religieuses, le groupe religieux apparaît comme protecteur de l’individu contre toute intrusion étatique. Donc, quand les juges et la jurisprudence n’arrivent pas à régler un conflit impliquant la religion, et que ce conflit déborde sur le terrain politique, en France on aura tendance à limiter l’action du groupe religieux, aux Etats-Unis à la protéger.

Modernisation de l’administration : la suppression de l’ENA ne suffit pas

Modernisation de l’administration : la suppression de l’ENA ne suffit pas

 

La suppression de l’Ecole nationale d’administration n’aura de sens que si de profonds changements sont opérés afin, notamment, de décloisonner la haute administration, juge Pierre-Louis Rémy, inspecteur des affaires sociales, dans une tribune au « Monde »

 

En annonçant la suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA) [le 8 avril], le président de la République a exprimé deux intentions profondément pertinentes : d’abord le souhait de rapprocher la haute administration du « terrain ».

Aujourd’hui, en effet, les postes proposés à la sortie de l’ENA sont tous situés à Paris, en dehors de ceux de la préfectorale et de la diplomatie. Et bon nombre d’anciens élèves ne quittent jamais la capitale durant toute leur carrière.

Ensuite, et c’est fondamental, Emmanuel Macron a souligné la nécessité de mieux permettre à l’Etat de remplir ses fonctions prioritaires, en premier lieu la protection des citoyens.

Il est en effet paradoxal de constater que, depuis toujours, les ministères dits « sociaux », la santé, les solidarités, le travail, l’éducation sont délaissés par les élèves de l’ENA, étant choisis, sauf exception, par les moins bien classés, qui pour une part n’ont de cesse d’essayer d’en partir.

La priorité est donnée aux fonctions financières, en premier lieu l’inspection des finances, et aux deux corps de magistrats, Conseil d’Etat et Cour des comptes, dont les membres essaiment ensuite dans l’ensemble des plus hautes fonctions de l’Etat et dans les entreprises privées.

Rente tirée du rang de sortie

L’inspection générale des affaires sociales, seule inspection avec celle des finances à recruter dès la sortie de l’école, apporte une légère correction à cette domination. En définitive, l’ENA est une machine à classer, la rente tirée du rang de sortie valant presque jusqu’à la retraite.

A l’initiative de la délégation des élèves, ma promotion, il y a près de cinquante ans, avait essayé de faire bouger cet enchaînement néfaste. En s’appuyant sur une grève des épreuves, seul mécanisme propre à gripper la mécanique bien huilée du classement, elle avait obtenu, avec le soutien du directeur de l’école de l’époque, Pierre Racine, et malgré l’opposition farouche du directeur général de la fonction publique d’alors, Michel Massenet, des possibilités d’affectation directe en province en dehors de la préfectorale et quelques initiatives propres à valoriser les postes dans les ministères sociaux.

Cette timide brèche, ouverte en 1972-1973, n’a eu aucune suite, aucune promotion ne reprenant le flambeau de ce combat.

Mais pour atteindre les deux objectifs affichés par le président de la République, il faut bien plus que la suppression de l’ENA.

Deux changements ont été avancés par le chef de l’Etat, qui seront décisifs s’ils sont vraiment menés à leur terme : le décloisonnement de la haute administration et son corollaire, la mise en place d’une véritable gestion interministérielle des hauts fonctionnaires.

Réforme ENA: Risque de politisation de l’administration ?

Réforme ENA:  Risque de politisation de l’administration ?

La chronique de Gilles Savary dans l’Opinion

 

« On est fondé à se demander si la réforme de la haute fonction publique ne constitue pas prosaïquement une évolution vers un spoil system à l’américaine, susceptible de politiser notre haute administration »

La suppression de l’ENA et la disparition annoncée du corps préfectoral témoignent de l’ardeur intacte du réformisme macronien à un an de l’élection présidentielle. En tout cas, si la bougonnerie française contre sa haute administration constitue un bruit de fond chronique amplement véhiculé par la classe politique, nul avant Emmanuel Macron, qui en constitue pourtant un brillant prototype, n’avait osé s’attaquer aux grands corps de l’Etat de façon aussi audacieuse et spectaculaire.

Il est vrai que cette petite et remarquable élite, qui trouve sa source dans le régime monarchique pour certains corps techniques, puis dans le bonapartisme pour ce qui concerne les préfets, et le gaullisme pour ce qui concerne l’ENA, connote d’anciens « vieux mondes » et ne dispose pas des mêmes rapports de force que de vénérables corporations publiques capables de bloquer le pays et ses services publics essentiels.

Sa réforme radicale peut en effet présenter l’intérêt politique d’un sacrifice sans frais à un air du temps de plus en plus critique des élites, du centralisme et de la verticalité du pouvoir en France. Accessoirement, elle présente le mérite d’en soustraire les politiques.

Mais elle dessine aussi, au motif d’horizontaliser la formation des hauts fonctionnaires et de faire prévaloir sur leur formatage élitiste et académique une ouverture des recrutements basée sur la diversité des parcours, un projet de revitalisation de l’Etat et d’évaluation de ses résultats en profonde rupture avec nos traditions administratives.

Sans doute ce projet de dépoussiérage de notre haute fonction publique répond-il à des nécessités qui ne manquent pas de pertinence, mais il peine à dessiner quel Etat et quelle France nouveaux il porte en germe

Elle intervient néanmoins à un moment un peu paradoxal où, quoique l’on en dise et que les tâtonnements des pouvoirs publics peuvent laisser penser face à une crise sanitaire hors normes, les administrations de notre pays ont fait preuve d’une capacité d’adaptation et de souplesses procédurales qui n’ont rien à envier à l’hôpital et qu’on ne leur soupçonnait pas.

Sans doute ce projet de dépoussiérage de notre haute fonction publique répond-il à des nécessités qui ne manquent pas de pertinence, mais il peine à dessiner quel Etat et quelle France nouveaux il porte en germe.

« L’Etat profond », réputé résistant à l’autorité politique des élus, s’inscrit dans une tradition de continuité de l’Etat républicain, par-delà les alternances politiques, les velléités démagogiques ou les déficits de préparation des politiques aux rudes contingences du pouvoir.

C’est précisément la raison pour laquelle le gouvernement de la Libération avait pris soin, sous l’égide de Maurice Thorez, de promulguer un statut du fonctionnaire basé sur les principes de neutralité et d’irrévocabilité.

Ce n’est pas tant l’indépendance des fonctionnaires que la colonisation par les énarques spécialement, des partis et de tous les postes de pouvoir et d’influence politique de la République, qui a dévoyé le système.

Il devenait en effet urgent d’y mettre de l’ordre en redonnant au peuple la conduite des affaires politiques, mais des dispositions d’incompatibilité du même ordre que celle qui s’impose aux militaires ou que celle qu’Emmanuel Macron s’est volontairement appliquée en démissionnant de la fonction publique avant de présenter sa candidature à l’élection présidentielle y auraient peut-être suffi.

Ce n’est pourtant pas cette voie qui a été choisie.

Du coup, on est fondé à se demander si cette réforme ne constitue pas prosaïquement une évolution vers un spoil system à l’américaine, susceptible de politiser notre haute administration.

Gilles Savary est ancien député PS de Gironde et délégué général de Territoires de progrès

Dette: des comités d’experts pour remplacer le vide du gouvernement et de l’administration ?

Dette: des comités d’experts pour remplacer le vide du gouvernement et de l’administration ?

 

 

On peut être vraiment surpris que le gouvernement multiplie les comités et autres groupes d’experts à propos des questions financières et notamment de la dette. En effet il ne manque pas de moyens et peut-être même de compétences au sein de l’administration pour analyser la situation presque quotidiennement et proposer des stratégies.

La preuve sans doute que le gouvernement manque cruellement de perspectives voire même de capacité d’analyse. Du coup, il externalisé sa responsabilité dans des comités d’experts peut-être pour leur faire porter le chapeau d’une éventuelle austérité.

Pourtant la question n’est pas aussi compliquée qu’il y paraît, il faut juste un peu de courage. Il est clair que la France a laissé filer plus que d’autres le déficit budgétaire en même temps que la dette qui atteint maintenant 120 % du PIB (20 points supplémentaire en un an) . La dérive qu’on attribue aux virus ne pourra être amortie  sur une période courte.

La seule manière est donc de la cantonner non pas pour l’oublier mais pour prévoir les modalités de son amortissement progressif sur 20 ,30 ou 40 ans avec une affectation précise des ressources destinées à cet amortissement. Parallèlement évidemment lorsque la reprise sera là le gouvernement pourra reprendre son travail de modernisation structurelle pour réduire les dépenses, mieux équilibrer le budget et  la dette d’avant Covid.

 

Coronavirus: Les manipulations de l’administration dénoncée par le Sénat

Coronavirus: Les manipulations de l’administration dénoncée par le Sénat 

Non seulement l’administration n’a pas été capable de prévoir les stocks de masques mais en plus elle a manipulé la rédaction d’un rapport scientifique pour justifier son erreur. Une pratique qui en dit long sur le concept d’indépendance des comités de consultation. Ces critiques du Sénat rejoignent celles de l’assemblée nationale .

Les sénateurs, eux,  accusent en particulier la DGS d’avoir fait le choix en 2018 de ne conserver qu’une très faible quantité de masques en stock, sans en informer la ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, et d’avoir modifié un rapport scientifique a posteriori pour justifier cette décision.

Dans la version initiale de ce rapport scientifique, les experts préconisaient que le stock de masques atteigne un milliard d’unités, ce qui invalidait directement la décision prise en octobre 2018 par la DGS de ne conserver qu’une centaine de millions de masques chirurgicaux en stock, fait valoir la commission d’enquête sénatoriale.

“Or la version rendue publique en 2019 permet soudainement de (…) justifier” cette décision, observent les sénateurs dans leur rapport d’enquête.

“En réalité, l’analyse de courriels échangés entre la direction générale de la santé et Santé publique France atteste d’une pression directe de M. Salomon sur l’agence afin qu’elle modifie la formulation des recommandations de ce rapport avant sa publication au grand public”, révèle la commission d’enquête du Sénat.

Dans un communiqué, la DGS affirme qu’”aucune pression n’a été exercée sur le groupe d’experts” et que les “modifications aux rapports (…) ont été acceptées par l’ensemble des contributeurs du rapport” à la suite d’échanges “dans le cadre de l’exercice normal de la tutelle” entre elle-même et Santé Publique France.

De ce côté l’Assemblée nationale avait été également très sévère sur la gestion de la crise par l’administration.

Coronavirus: l’administration accusée de manipulation par le Sénat

Coronavirus: l’administration accusée de manipulation par le Sénat

Non seulement l’administration n’a pas été capable de prévoir les stocks de masques mais en plus elle a manipulé la rédaction d’un rapport scientifique pour justifier son erreur. Une pratique qui en dit long sur le concept d’indépendance des comités de consultation. Ces critiques du Sénat rejoignent celles de l’assemblée nationale .

Les sénateurs, eux,  accusent en particulier la DGS d’avoir fait le choix en 2018 de ne conserver qu’une très faible quantité de masques en stock, sans en informer la ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, et d’avoir modifié un rapport scientifique a posteriori pour justifier cette décision.

Dans la version initiale de ce rapport scientifique, les experts préconisaient que le stock de masques atteigne un milliard d’unités, ce qui invalidait directement la décision prise en octobre 2018 par la DGS de ne conserver qu’une centaine de millions de masques chirurgicaux en stock, fait valoir la commission d’enquête sénatoriale.

“Or la version rendue publique en 2019 permet soudainement de (…) justifier” cette décision, observent les sénateurs dans leur rapport d’enquête.

“En réalité, l’analyse de courriels échangés entre la direction générale de la santé et Santé publique France atteste d’une pression directe de M. Salomon sur l’agence afin qu’elle modifie la formulation des recommandations de ce rapport avant sa publication au grand public”, révèle la commission d’enquête du Sénat.

Dans un communiqué, la DGS affirme qu’”aucune pression n’a été exercée sur le groupe d’experts” et que les “modifications aux rapports (…) ont été acceptées par l’ensemble des contributeurs du rapport” à la suite d’échanges “dans le cadre de l’exercice normal de la tutelle” entre elle-même et Santé Publique France.

De ce côté l’Assemblée nationale avait été également très sévère sur la gestion de la crise par l’administration.

Covid-19 : « Pourquoi un tel retard dans l’administration de tests ? »

Covid-19 : « Pourquoi  un tel retard dans l’administration de tests ? »

Gilbert J. Fournié, ancien directeur de recherche à l’Inserm, s’étonne dans le Monde que le gouvernement n’ait toujours pas publié une carte des tests. Le dépistage est pourtant l’un des six prérequis définis par le conseil scientifique pour la sortie du confinement.

Tribune.

 

Pourquoi la troisième carte de France promise par le gouvernement, celle des tests, n’a-t-elle pas encore été publiée ? Cette question se fonde sur des faits établis et connus de tous. Certains pays ont mieux géré le problème de l’infection due au coronavirus que d’autres.

La mesure « constante » des pays qui ont le mieux géré l’épidémie est la réalisation à grande échelle des tests de diagnostic de l’infection virale (connus du grand public sous la dénomination de RT-PCR) pour le dépistage des personnes infectées, le traçage des contacts, la recherche de l’infection chez ces contacts et l’isolement de toutes les personnes infectées.

Dans ce contexte, il est intéressant de considérer le point où en est la France. La sortie du confinement est programmée pour le 11 mai, si les six prérequis définis par le conseil scientifique (CS) sont respectés (Avis n° 6 du conseil scientifique Covid-19 – 20 avril 2020). La stratégie que le CS propose en préliminaire de ses recommandations repose en particulier et avant tout sur « l’identification des cas probables… et l’identification des contacts des cas diagnostiqués permettant… un isolement en cas de positivité, y compris pour les personnes asymptomatiques ».

C’est la stratégie suivie dès le début de la pandémie, par les pays qui ont le mieux géré l’épidémie (Corée du Sud, Singapour, Taïwan, Japon en particulier), c’est-à-dire qui déplorent le moins de morts par million d’habitants (5 décès/million d’habitants pour la Corée du Sud, par exemple). Le confinement, imposé en France par l’évolution de l’épidémie (plus de 300 décès/million d’habitants, saturation des capacités médicales), n’a été dans ces pays asiatiques qu’une mesure appliquée secondairement.

 

Il n’est pas besoin d’être un éminent épidémiologiste des maladies infectieuses pour comprendre l’importance d’une telle stratégie, quelle que soit la situation à laquelle on est confronté à un instant donné en fonction de l’évolution de la situation. C’est le cas de la France à la sortie du confinement et c’est le premier prérequis « imposé » par le conseil scientifique : « Identification et isolement des cas et des contacts : stratégie test et Isolement ». 

A cet égard, à un moment où le gouvernement communique largement sur la marche à suivre, le silence (assourdissant) sur ce sujet dans les médias et la non-parution de la carte des tests pose une question essentielle : ce prérequis sera-t-il rempli ? »

 




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