Archive pour le Tag 'l’activité'

Croissance : Troisième mois de recul de l’activité du secteur privé

Croissance : Troisième mois de recul de l’activité du secteur privé

S&P Global indique, ce mardi, que l’activité du secteur privé en France s’est contractée en janvier pour le troisième mois consécutif en raison d’une baisse de la production manufacturière.

Cette contraction reste toutefois « modeste », avec un indice « flash » à 49 points, contre 49,1 en décembre, précise l’agence dans cette première estimation. Pour rappel, un indice inférieur à 50 signale une contraction de l’activité, tandis qu’un indice supérieur à cette limite reflète une expansion.

Par ailleurs, selon les réponses du panel représentatif de 750 entreprises interrogées par S&P Global, « le volume des nouvelles affaires obtenues par les entreprises du secteur privé français a quant à lui diminué pour un sixième mois consécutif ». Ce recul est dû selon les répondants à la hausse des taux d’intérêt et au niveau élevé de l’inflation qui « ont incité les clients à réduire leurs dépenses.»

S&P Global relève aussi que « les performances des fabricants ont continué de peser fortement sur celles de l’ensemble de l’économie, le recul de la production manufacturière, amorcé à la mi-2022, s’étant en effet prolongé au cours du mois ». Le secteur manufacturier a été « confronté à de nouvelles difficultés d’approvisionnement, les délais de livraison ayant continué à s’allonger en janvier », selon les résultats de l’enquête.

Malgré ces difficultés, l’inflation des coûts ralentit pour l’ensemble du secteur privé et les perspectives d’activité se sont renforcées par rapport à décembre, relève Joe Hayes, économiste chez S&P Global.

Pour autant, malgré des perspectives plutôt bonnes à moyen terme, « de nombreuses entreprises s’attendent à un ralentissement économique de courte durée » avec une demande qui reste fragile et continue de « peser sur les performances économiques françaises », explique l’économiste.

Croissance Chine : l’activité manufacturière plonge

Croissance Chine : l’activité manufacturière plonge

Mauvais signe pour la croissance mondiale avec le plongeon de l’activité manufacturière en Chine. La Chine qui pèse pour environ 30 % à 40% sur l’ensemble de la croissance mondiale.L’activité manufacturière en Chine s’est fortement contractée en décembre pour le troisième mois consécutif.

Malgré la fin des restrictions Sanitaires, l’activité peine désormais à redémarrer en raison d’une explosion du nombre de malades. En décembre, l’indice des directeurs d’achat (PMI), reflet de la santé du monde industriel, s’est établi à 47 points contre 48 un mois plus tôt, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS). Cette performance est en deçà des attentes d’analystes interrogés par l’agence Bloomberg (47,8). Un nombre inférieur à 50 témoigne d’un repli de l’activité. L’indice n’a plus été en territoire positif depuis septembre.

«L’épidémie a eu un impact important sur la production et la demande des entreprises, la présence du personnel, la logistique ainsi que la distribution» et donc l’activité, a souligné dans un communiqué Zhao Qinghe, statisticien du BNS.

De son côté, le PMI non-manufacturier, qui englobe le secteur des services et de la construction, s’est lui aussi davantage contracté ce mois-ci, à 41,6 points, contre 46,7 en novembre. Le gouvernement a fixé cette année un objectif de croissance d’environ 5,5%, après une hausse de plus de 8% du Produit intérieur brut (PIB) en 2021. Mais nombre d’économistes jugent désormais irréaliste cet objectif. La Chine dévoilera courant janvier sa performance pour l’ensemble de l’année 2022.

Economie : l’activité en quasi stagnation

Economie : l’activité en quasi stagnation

Dès le troisième trimestre, l’ économie française devrait tomber en quasi stagnation. L’Insee a maintenu sa prévision de croissance à 2,6% en 2022. Mais l’inflation et les craintes sur l’approvisionnement en énergie pourraient engendrer un repli d’activité.Le produit intérieur brut (PIB) français devrait donc stagner cet automne

La prévision d’une stagnation du PIB au quatrième trimestre est donc un «scenario intermédiaire» qui inclut «la résilience» de certains indicateurs mais aussi les «craintes associées à d’éventuels arrêts de production» dans l’industrie. L’inflation, contenue en septembre (5,6% sur un an) notamment grâce à la remise à la pompe, devrait diminuer légèrement en octobre puis «repartirait à la hausse» en novembre avec la baisse de la ristourne sur les carburants, pour atteindre 6,4% sur un an en décembre (contre 6,6% prévu précédemment).

Sur l’année, la prévision d’inflation passe de 5,3% à 5,2%, une prévision bien meilleure que pour d’autres pays européens grâce aux «fixations des prix de l’énergie» et aux «politiques publiques mises en place pour limiter les hausses des prix», affirme l’INSEE. La hausse des prix pèse cependant sur le pouvoir d’achat des ménages qui devrait baisser plus que prévu en 2022 (-0,6% selon l’indicateur par unité de consommation, contre -0,5% escompté initialement). Si les mesures de soutien permettent de limiter les prix de l’énergie, c’est l’alimentation qui, depuis septembre, pèse le plus avec une inflation attendue en glissement annuel à près de 12% en fin d’année.

Faut-il remettre en cause l’activité touristique en France ?

Faut-il remettre en cause l’activité touristique en France ?

Trois chercheurs en économie du développement pointent, dans une tribune au « Monde », les incohérences entre les investissements privés, et surtout publics, dans l’industrie du tourisme et les ambitions affichées en matière de sobriété par le gouvernement.

Eric Adamkiewicz
maître de conférences en développement territorial à l’université Toulouse-III
Philippe Naccache
professeur associé en stratégie et développement durable à l’Inseec
Julien Pillot
enseignant-chercheur en économie à l’Inseec et chercheur associé CNRS

Un article qui met en cause la pertinence écologique de l’activité des touristes en France. Le problème est que cette activité représente plus de 7 % du PIB et qu’il faudra du temps pour gérer les évolutions de volume et de contenu de ce secteur. À noter aussi que le tourisme des Français à l’étranger pourrait paraître aussi peu pertinent.

Consommation touristique intérieure et poids dans le consommation touristique des visiteurs étrangers s’élève à 50,8 milliards d’euros et est en baisse de 3,0 % par rapport à 2015. Les visiteurs étrangers contribuent en 2016 à -1,0 point de croissance de la consommation touristique intérieure et les visiteurs français à 1,0 point de croissance. La consommation touristique intérieure représente 7,13 % du PIB de l’année 2016, dont 4,85% pour la consommation des visiteurs français et 2,28% pour celle des visiteurs étrangers.
Sources : DGE, compte satellite du tourisme (base 2010) ; Insee, comptes nationaux (base 2010). NDLR

Le 26 juin 2020, au plus fort de la crise Covid, et alors que beaucoup de réflexions s’articulaient autour de l’avènement d’un hypothétique « monde d’après », nous signions une tribune dans Le Monde au titre pour le moins évocateur : « La transition écologique et le tourisme responsable sont incompatibles avec la massification des voyages ». Depuis, la pandémie a reculé et l’économie du tourisme a repris ses droits.

Frappée d’amnésie et incapable de se réformer, elle ne semble pas avoir pris la mesure du problème systémique dont elle souffre. Il en va des investissements privés, à l’image des carnets de commandes records chez les avionneurs ou les croisiéristes, tandis que se multiplient les programmes immobiliers de standing essentiellement destinés à la clientèle étrangère au bilan carbone chargé. Gourmands en ressources, ils contribuent également à l’accroissement du prix du foncier et à l’exode de la population active, notamment la plus jeune, des territoires touristiques.

Nous attendons avec impatience de voir comment tout cet écosystème parviendra à justifier ces investissements massifs, toujours orientés vers les volumes, au regard des objectifs de décarbonation affichés, parfois même inscrits dans le rapport de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) des sociétés impliquées. Plus étonnamment, la fièvre des investissements semble également avoir repris du côté de la puissance publique, bien loin des objectifs de sobriété affichés.

En témoignent les ambitions démesurées pour les Jeux olympiques de Paris, un plan de relance pour la montagne – qui n’est que l’empilage de rustines obsolètes largement consacrées au soutien de l’économie de l’or blanc – ou les propos récemment tenus le 29 août par Olivia Grégoire, ministre déléguée au tourisme, « ensemble, nous avons bien l’intention de rester la première destination mondiale ».

La même Olivia Grégoire qui n’exclut pas de poursuivre la trajectoire pré-Covid et son objectif de… 100 millions de touristes annuellement accueillis sur notre sol. Notons qu’au-delà de ces investissements dispendieux et aux retombées incertaines, une véritable stratégie ferroviaire se fait toujours attendre… A y regarder de plus près, la posture de la ministre déléguée au tourisme dérange autant que la stratégie de l’Etat qui semble bloquée sur des discours qui ont accompagné les plans de la DATAR des années 1960.

Elle paraît en effet parfaitement contracyclique alors que les Français sont appelés à davantage de sobriété, dans un contexte certes conjoncturel de crise énergétique, mais structurel sur le plan du changement climatique. Plus grave encore, cette politique pro-tourisme construite lors des « trente glorieuses » semble ignorer que nous venons de vivre un été 2022 caniculaire qui nous rappelle combien la raréfaction de nos ressources naturelles, notamment en eau, est déjà bien engagée, et ne fera que s’aggraver dans les prochaines années.

Croissance Chine: Chute de l’activité manufacturière

Croissance Chine: Chute de l’activité manufacturière

 

L’indice d’activité des directeurs d’achat (PMI), calculé par le cabinet IHS Markit pour le groupe de médias Caixin, s’est établi à 49,5 points le mois dernier, contre 50,4 points en juillet. Un nombre inférieur à 50 traduit une contraction de l’activité. Il s’agit de la plus forte chute depuis le mois de mai de cet indice très suivi par les marchés.

La Chine continue à suivre une stricte stratégie zéro Covid en dépit d’un nombre de contaminations très inférieur au reste du monde. Cette politique se traduit par de multiples confinements dès l’apparition de cas positifs, par des tests PCR quasi obligatoires toutes les 72 ou 48 heures, des placements en quarantaine mais aussi la fermeture inopinée d’usines et d’entreprises. La Chine connaît par ailleurs l’été le plus chaud depuis le début de ses relevés météorologiques en 1961. L’assèchement des cours d’eau qui alimentent les barrages hydrauliques a contraint les autorités à rationner localement l’électricité. Cette situation a pesé sur la productivité des entreprises.

Après une paralysie de l’activité en Chine au printemps due au confinement de Shanghai pendant deux mois, de nouveaux rebonds épidémiques et la canicule sont venus «casser la dynamique» de reprise, souligne l’économiste Wang Zhe, du cabinet Caixin Insight Group. Dans ce contexte, les entreprises sont restées frileuses en matière d’emploi, avec des recrutements qui ont baissé en août pour le cinquième mois consécutif, relève Caixin. Cet indice dresse le même constat sur l’activité que l’indice gouvernemental publié mercredi (49,4).

L’enquête Caixin-Markit, qui sonde principalement les PME, est réputée dresser un tableau plus fidèle de la conjoncture générale. Le chiffre officiel se concentre pour sa part sur les grandes entreprises publiques.

Santé : promouvoir l’activité physique

Santé : promouvoir l’activité physique

La promotion de l’activité physique régulière est un défi majeur à relever pour l’action publique dans la prochaine décennie souligne, dans une tribune au « Monde », Régis Juanico, ancien député et expert en politique publique sportive.

 

La lutte contre la pandémie de sédentarité est un enjeu sanitaire majeur du XXIe siècle. Selon de récentes estimations d’épidémiologistes américains et canadiens publiées dans le British Medical Journal of Sports Medicine, l’inactivité physique serait responsable de 7,2 % des morts toutes causes confondues chaque année, soit plus de 4 millions de morts sur les 56,9 millions personnes qui décèdent en moyenne chaque année. Il y a urgence à agir.

Urgence d’abord à désamorcer ce que nous avons qualifié, avec ma collègue ancienne députée (LRM) Marie Tamarelle-Verhaeghe, de « bombe à retardement sanitaire » dans notre rapport sur l’évaluation parlementaire « des politiques de prévention en santé publique » publié en juillet 2021. Urgence ensuite à inscrire cet enjeu comme un défi majeur d’action publique à relever pour la prochaine décennie.

La sédentarité gangrène nos modes de vie et plus particulièrement celle des plus jeunes générations. Le temps passé couché ou assis, notamment devant les écrans de loisir, est estimé à 55 % de la journée pour des écoliers et à 75 % pour des adolescents.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) nous alerte sur le fait qu’en 2015, soit bien avant la crise sanitaire, 50 % des 11-17 ans avaient un risque sanitaire très élevé du fait de la sédentarité, avec plus de quatre heures et demi devant les écrans et moins de vingt minutes d’activité physique par jour.

Par ailleurs, 95 % de la population générale ne fait pas assez d’activité physique. Le cardiologue du sport François Carré observait en 2021 que, si un enfant se couche à 20 heures et s’il est emmené à l’école le lendemain matin en voiture au dernier moment, « il ne commencera à bouger qu’à la première récréation, à 10 heures. En quatorze heures, il [n’aura] fait que cinquante pas ! »

Or, comme le montre une étude de 2019 de l’American Cancer Society, il suffit de remplacer trente minutes de sédentarité quotidienne par trente minutes d’activité physique – même d’intensité modérée, y compris du jardinage – pour faire baisser de 17 % la mortalité prématurée et de 30 % le risque d’accidents cardio-vasculaires. Si cette activité est plus intense, la diminution de la mortalité prématurée est de 35 %.

La lutte contre la sédentarité doit constituer la priorité, un fil rouge pour les politiques publiques de prévention en santé publique à tous les âges de la vie. Une réponse à ce défi est de promouvoir l’activité physique régulière. Elle est le premier levier de lutte contre la sédentarité et le meilleur bouclier pour protéger sa santé.

Croissance : Les risques d’une stagnation de l’activité

Croissance : Les risques d’une stagnation de l’activité

Le choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune).
 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

Économie : Les risques d’une stagnation de l’activité

Économie : Les risques d’une stagnation de l’activité

Le choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune)
 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

 

Mutations: pour un nouveau droit de l’activité professionnelle

Mutations:  pour un nouveau droit de l’activité professionnelle

Dans la foulée des évolutions du travail liées à la pandémie, Jacques Barthélémy et Gilbert Cette interrogent les manières de faire évoluer les règles.

Livre ( chronique du Monde ). « L’intérêt des entreprises ne se résume pas à celui des actionnaires » : ce postulat digne de Mai 68 est de plus en plus d’actualité. Mais il ne faut pas se méprendre, quand l’avocat en droit social Jacques Barthélémy et l’économiste Gilbert Cette l’introduisent dans leur essai Travail et changements technologiques (Odile Jacob), ce n’est pas pour parler de cogestion égalitaire, mais de réforme du contrat de travail et de négociation collective pour une meilleure conciliation entre protection des travailleurs et efficacité économique.

La révolution numérique, la crise sanitaire et l’essor du télétravail ont rappelé aux entreprises et aux salariés que le droit social est une matière vivante. Qu’en 2021, des ajustements sont devenus indispensables, d’une part pour que la protection sociale (indemnisation chômage, pension de retraite, minimum salarial) couvre tous les travailleurs, y compris les « indépendants » des plates-formes, et d’autre part pour organiser le cadre du télétravail régulier. L’essor du travail à distance a provoqué un choc, puis un impératif de changements pour les entreprises.

Comment adapter le droit du travail à ces nouvelles réalités ? Les auteurs proposent de donner du sens à la notion d’« ordre public professionnel », qui défendrait les questions d’intérêt général au sein d’un secteur d’activité, et donc au niveau des branches (passées de près de 700 à quasiment 200 entre 2014 et 2019), puis de construire un droit de l’activité professionnelle qui couvrirait les différentes formes d’emploi, des indépendants jusqu’aux salariés.

La complémentarité de leurs expertises en économie et en droit social tisse le fil rouge de leur essai développé sur trois axes : la création d’un droit de l’activité professionnelle, le renforcement de la négociation collective et les conditions du télétravail.

Pour Jacques Barthélémy et Gilbert Cette, l’heure est venue de remplacer le droit du travail par celui de l’activité professionnelle, en favorisant un droit plus contractuel mieux adapté aux nouvelles organisations du travail, plus modulaires, et à la diversification des statuts d’emploi (salariés, indépendants, etc.).

De nouveaux critères définiraient le contrat de travail, désormais fondé sur la dépendance économique du travailleur à l’égard du donneur d’ordre. La protection des travailleurs serait assurée « en donnant une place prééminente au tissu conventionnel » grâce à un renforcement du dialogue social, avec des salariés davantage associés aux choix stratégiques de l’entreprise.

 

Hôpital : la crise de la tarification à l’activité

Hôpital : la crise de la tarification à l’activité

 

Les trois économistes de la santé Florence Jusot, Clémence Thébaut et Jérôme Wittwer expliquent, dans une tribune au « Monde », que la crise de l’hôpital public est due à l’encadrement des dépenses d’assurance-maladie dans le cadre de l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie voté chaque année, et à la manière dont il a été choisi d’appliquer la tarification à l’activité.

Un des facteurs explicatifs sans doute mais qui ne saurait dissimulé la grande crise de gestion des hôpitaux devenus des usines balkanisées incontrôlables NDLR

 

 

Tribune. 

La crise de l’hôpital public résulte de nombreux facteurs. Parmi eux, il est utile de revenir sur le rôle de la réforme du financement de l’hôpital en 2004 qui est souvent mis en cause. Les hôpitaux publics sont financés depuis 2004 par un système particulier, la T2A (tarification à l’activité), qui consiste à rémunérer l’hôpital en fonction de la quantité et de la nature des séjours qu’il réalise.

En elle-même, la T2A n’induit pas de pénurie de moyens pour les établissements. Tout au contraire, puisque la T2A consiste à fixer le tarif des séjours hospitaliers en fonction du coût de production.

Une difficulté réelle

Ce coût de production est estimé par l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH), qui évalue, grâce aux données comptables d’un panel d’hôpitaux, l’ensemble des ressources consommées pour produire chacun des séjours en fonction du diagnostic principal du patient : temps passé par les soignants, médicaments, équipements techniques, hôtellerie, immobilier, etc.

Au-delà de la difficulté de l’exercice, il est reproché à la T2A de pénaliser les établissements souffrant de coûts structurellement plus élevés que la moyenne notamment en raison des caractéristiques sanitaires et sociales des patients accueillis. C’est une difficulté réelle de ce mode de tarification, mais qui ne peut expliquer la pénurie actuelle.

Si la T2A a mis en difficulté financière les établissements de santé, c’est parce qu’en France le tarif des séjours n’est pas équivalent à leur coût de production évalué par l’ATIH. En effet, il a été choisi d’ajuster les tarifs des séjours pour respecter les objectifs nationaux de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), votés annuellement par le Parlement.

L’Ondam représente le pourcentage d’augmentation des dépenses de santé financé par l’Assurance-maladie que l’on s’accorde collectivement à viser. Plus l’Ondam est bas, plus les tarifs des séjours hospitaliers diminuent par rapport aux coûts de production. Et les tarifs diminuent plus encore lorsque les volumes augmentent, pour respecter l’Ondam.

Bâtiment : forte hausse de l’activité de l’artisanat

Bâtiment : forte hausse de l’activité de l’artisanat

 

Selon Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb)  l’activité du secteur, qui va de la construction de maisons à la rénovation énergétique, a progressé de 0,5% par rapport au premier semestre 2019. En comparaison au deuxième trimestre 2020, cette croissance atteint +37%.

«Finalement, on n’a pas perdu d’emplois», se réjouit Jean-Christophe Repon, qui revendique même la création de 26.000 emplois dans des entreprises du BTP de moins de 20 salariés entre le premier trimestre 2020 et le premier trimestre 2021. Au premier semestre, 18% des entreprises artisanales ont cherché à recruter et 14% y sont parvenues. L’emploi salarié dans le BTP augmente ainsi de 3,8% sur un an malgré un «manque de main-d’œuvre qualifiée».

L’activité de l’artisanat du bâtiment a été tirée par la rénovation énergétique, en croissance de 3,3% au premier semestre, par rapport à la même période en 2019. De manière générale, la branche Entretien-Rénovation est en croissance (+2,2%). «Le confinement et le télétravail ont poussé les Français à changer leur habitat, pour y vivre mieux», analyse Jean-Christophe Repon. En revanche, l’activité de Construction neuve ne retrouve pas son niveau d’avant-crise, et reste en retrait de 1,8% par rapport au premier semestre 2019.

Crise sanitaire et santé : promouvoir l’activité physique

Crise sanitaire et santé : promouvoir l’activité physique

 

 

Un récent rapport parlementaire estime que la sédentarité, aggravée notamment chez les jeunes par la pandémie, constitue « une bombe à retardement sanitaire » qu’il est urgent de désamorcer. ( Chronique dans le monde de Pascale Santi)

 

« Une bombe à retardement sanitaire. » C’est un véritable cri d’alarme qu’ont lancé les deux députés Régis Juanico (Génération.s, Loire) et Marie Tamarelle-Verhaeghe (LREM, Eure), dans un rapport, présenté fin juillet, sur le manque d’activité physique. « La nécessité de bouger est aujourd’hui un besoin vital, au même titre que l’alimentation ou le sommeil, insiste Marie Tamarelle-Verhaeghe, médecin de prévention. Cela doit être intégré dans la vie quotidienne. » Ils formulent 18 propositions, en s’appuyant sur la dynamique des Jeux olympiques à Paris, en 2024.

Comme maintes fois répété dans cette chronique, le constat est sans appel. Les Français sont loin des recommandations de l’OMS (au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine, ou au moins 75 minutes d’activité d’intensité soutenue). Ils ne sont pas les seuls. « Plus d’un quart de la population mondiale est physiquement inactive, ce qui l’expose à un risque de maladies non transmissibles et de mortalité prématurée », rappelle aussi l’éditorial d’une série de plusieurs articles publiés par The Lancet, fin juillet. Dans la revue britannique, les experts appellent à une action urgente, en mettant l’accent sur les personnes vivant avec un handicap et les adolescents.

Rappelons que 80 % des adolescents scolarisés dans le monde (87 % en France) ne respectent pas les recommandations de l’OMS de faire plus de soixante minutes d’activité physique par jour. A cela s’ajoute la montée de la sédentarité.

Inquiétants, ces constats sont aggravés par la crise sanitaire et ses confinements successifs. Lors du premier, en France, près d’une personne sur deux a réduit son activité physique par rapport à ses habitudes et six personnes sur dix ont augmenté leur temps quotidien passé assis, selon l’enquête Coviprev de Santé publique France.

Le temps sur écran s’est aussi fortement accru. Une expertise menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), publiée en novembre 2020, a mis en évidence que 66 % des jeunes de 11 ans à 17 ans « présentent un risque sanitaire préoccupant », caractérisé par le dépassement simultané de deux seuils : plus de deux heures de temps d’écran et moins de soixante minutes d’activité physique par jour. Quarante-neuf pour cent présentent un risque sanitaire très élevé, avec plus de quatre heures trente d’écran et-ou moins de vingt minutes d’activité physique par jour.

Covid : le variant Delta paralyse une partie de l’activité britannique

Covid : le variant Delta paralyse une partie de l’activité britannique

Au Royaume-Uni, 20% des employés du secteur de la restauration ne peuvent plus aller travailler car ils sont cas contact de personnes infectées au Covid-19 et doivent s’isoler. Dans le pays, les obligations de quarantaine pour les personnes susceptibles d’avoir été en contact avec le virus explosent et menacent la reprise de l’économie, dans un contexte de flambée des contaminations alimentée par le très contagieux variant Delta. Sur la seule semaine finissant le 14 juillet, plus de 600.000 notifications demandant de s’isoler ont été envoyées.

 

 

Croissance Chine : net tassement de l’activité manufacturière

Croissance Chine : net tassement de l’activité manufacturière

La croissance de l’activité manufacturière au plus bas en Chine depuis un an. Le signe sans doute de l’impact de la troisième vague  covid un peu partout le monde qui pèse négativement sur la demande à la Chine.

L’indice des directeurs d’achats (PMI) pour le secteur manufacturier, calculé par le cabinet IHS Markit pour le groupe de médias Caixin, s’est établi à 50,6 en mars après 50,9 en février.

Il s’agit du plus bas niveau de cet indice depuis avril 2020, au moment où l’économie chinoise sortait de sa paralysie provoquée par l’épidémie de Covid-19. Il reste toutefois en territoire légèrement positif: un chiffre supérieur à 50 témoigne d’une expansion de l’activité. En deçà, il traduit une contraction.

La baisse de l’indice révèle que «la reprise post-épidémique continue à fléchir», a commenté l’économiste Wang Zhe, cité par Caixin. L’indicateur contraste avec l’indice d’activité manufacturière officiel publié mercredi par le Bureau national des statistiques (BNS). Ce dernier s’est établi à 51,9 points en mars contre 50,6 en février, soit son meilleur score depuis trois mois. «Pris ensemble, ces chiffres révèlent un léger rebond de l’activité, mais pas un retour au rythme de croissance rapide constaté l’an dernier», a commenté le cabinet Capital Economics.

L’indice Caixin est plus concentré sur les petites entreprises et l’exportation, ce qui semblerait indiquer que l’économie chinoise s’appuie désormais davantage sur son marché intérieur, selon la même source. D’après Caixin, le sous-indice des nouvelles commandes à l’exportation s’est cependant installé en mars en territoire positif pour la première fois depuis le début de l’année, signe encourageant de la demande extérieure pour les usines chinoises. Mais l’emploi dans le secteur manufacturier a continué à baisser pour le quatrième mois consécutif, selon l’étude.

Croissance Japon : la consommation plombe l’activité

Croissance Japon : la consommation plombe l’activité

Déjà affectée par le tassement des échanges extérieurs, la croissance japonaise est aussi plombée par une baisse de la consommation. ( Notons aussi un certain tassement de l’industrie manufacturière et plus globalement de la croissance en Chine qui constitue un client important pour le Japon).

Les dépenses des ménages ont baissé de 0,6% en décembre par rapport au même mois un an plus tôt, selon les données officielles vendredi. C’était une baisse plus lente que la prévision médiane de 2,4%, mais la première baisse des dépenses d’une année sur l’autre en trois mois.

Pour l’ensemble de 2020, les dépenses des ménages d’au moins deux personnes ont chuté de 5,3% en raison du coup de la pandémie. Il a diminué de 6,5% pour tous les ménages, la pire baisse depuis que des données comparables sont devenues disponibles en 2001.

«Une baisse des revenus des travailleurs, y compris des primes, exerce une pression sur les dépenses», a déclaré Takeshi Minami, économiste en chef au Norinchukin Research Institute.

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