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Etats-Unis : Trump contre la suppression du bouton d’accueil des iPhone d’Apple !!!

Etats-Unis : Trump contre la suppression du bouton d’accueil des iPhone d’Apple !!!

Trump s’occupe de tout ou plu exactement de rien réduisant sa fonction à une émission de tweets plus invraisemblables les uns que les autres. Trump qui a viré à peu près la plupart de ses conseillers réduit la politique à son dialogue permanent avec les tweets émis directement par lui ( la pauvreté du langage en témoigne) en utilisant un IPhone d’Apple. Ainsi il vient de prendre position sur un aspect « fondamental » l’évolution de l’IPhone d’Appel. Pour Donald Trump, c’était mieux avant. Le président américain a regretté, vendredi 25 octobre, la disparition du bouton physique d’accueil sur les nouveaux iPhone. Il a adressé sa réclamation directement à Tim Cook, le patron d’Apple, sur Twitter. « Pour Tim : le bouton de l’iPhone était BIEN mieux que le balayage ! », a-t-il ainsi écrit.

To Tim: The Button on the IPhone was FAR better than the Swipe!

Donald Trump est passé d’un smartphone Android à un iPhone, en mars 2017, l’année où Apple a abandonné le bouton physique d’accueil de ses modèles haut de gamme, au profit d’une utilisation 100% tactile. Il faut désormais appuyer sur l’écran pour faire apparaître la page d’accueil et balayer le cadran pour y revenir. Ce changement semble être la cible de l’agacement présidentiel, plutôt que le nouvel iPhone 11 d’Apple, sorti en septembre.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump critique les choix de conception d’Apple. « Je n’arrive pas à croire qu’Apple n’ait pas sorti un iPhone avec un écran plus grand. Samsung va en profiter. Steve Jobs doit se retourner dans sa tombe », avait-il lâché, en septembre 2013.

Nouveau changement d’heure : un rituel idiot et nuisible à la santé

Nouveau changement d’heure : un  rituel idiot et nuisible à la santé

 

Non seulement le changement d’heure ne permet pratiquement aucune économie d’énergie mais il est néfaste pour la santé. Il faut être un technocrate pour penser le contraire en matière d’énergie. Ce qui est économisé  le matin est dépensé le soir et inversement. C’est un peu comme si on décidait de raccourcir les mois d’une journée pour réduire la consommation mensuelle ! Des études récentes montrent que l’avancement de l’heure au printemps (qui retarde la sécrétion de la mélatonine – l’hormone du sommeil) peut réduire le temps de sommeil de façon transitoire, et ainsi augmenter le nombre et la gravité des accidents cardiaques pendant au moins 7 jours après le changement d’heure et augmenter la fréquence des accidents du travail et de la circulation. Selon le Dr Marc Schwob: « Changer d’heure provoque entre autres des troubles du sommeil et de l’attention. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés et mettent environ une semaine pour s’adapter aux nouveaux horaires ». Au-delà de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire, le coucher du soleil tardif en été peut rendre l’endormissement plus difficile.  54 % Selon un sondage OpinionWay pour Comprendre Choisir, les Français seraient majoritairement contre cette pratique du changement d’heure (54 %), contre un peu moins d’un sur cinq favorables (19 %) et un peu plus d’un sur quatre indifférents (27 %). Ils ignorent notamment que cela leur permet des économies (59 %) et mettent en avant un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur » (75 %). Ce dernier constat est régulièrement appuyé par des études sur l’impact du changement d’heure dont une  réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ». En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait elle « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment celui d’été. La baisse de consommation d’éclairage pourrait être compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. Un rapport de l’École des Mines de 1992 concluait cependant à un effet minime (< 0,1 TWh pour la France). La généralisation des lampes plus économes en énergie (les lampes fluocompactes et plus récemment les lampes à LED) réduit l’économie d’énergie permise par le passage à l’heure d’été. Une étude portant sur l’État de l’Indiana conclut que la faible économie d’énergie réalisée sur l’éclairage est très largement compensée par une utilisation accrue de la climatisation. Le supplément d’énergie consommée est estimé dans ce rapport d’environ 2 à 4 %.  Un rapport remis au Sénat français en 1997concluait : « Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations », en particulier en ce qui concerne la santé publique, les conditions de travail et les modes de vie, l’agriculture, la protection de l’environnement et la sécurité routière.

 

 

« La suppression de la voiture: trop simpliste »

 « La suppression de  la voiture: trop simpliste  »

L’expert en mobilité Jean Coldefy dans une tribune au « Monde  critique le simplisme des attaques contre l’automobile et resitue la question dans un problématique plus large de mobilité et d’aménagement. .

Tribune.(extraits).

 

«  Le sujet de la mobilité émerge de plus en plus au cœur des enjeux des élections municipales dans les grandes villes. Mais, paradoxalement, alors que le pays sort à peine de sa plus grande crise sociale depuis cinquante ans, le message envoyé par la ville-centre est : « Bannissons la voiture ! » Affirmer que la suppression de la voiture serait le seul horizon de la politique de mobilité, c’est aller un peu vite en besogne.

C’est oublier que la voiture a permis de desserrer la contrainte financière du marché du logement, en allant chercher plus loin ce qui n’était plus disponible à proximité, même si aujourd’hui cette solution a trouvé sa limite : le prix des logements a été multiplié par trois en vingt ans dans les villes-centres et contamine les périphéries de proche en proche. C’est l’inadéquation du marché de l’immobilier avec les besoins et la localisation des emplois qui ont induit une décorrélation entre habitat et emploi, avec son lot de pollution et d’émissions de CO2. 80 % des trajets sont réalisés en voiture pour accéder aux agglomérations.

Avec la gentrification ( en clair l’éviction des pauvres NDLR)  au centre et le blocage de l’urbanisation dans les communes de proche périphérie, c’est, in fine, une moindre mixité sociale et un allongement des distances domicile-travail que le jeu des acteurs a induits. Ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler tous les jours n’ont, pour la plupart, tout simplement pas le choix. L’absence d’alternatives à la voiture solo depuis les périphéries génère des flux de véhicules saturant les réseaux routiers aux heures de pointe.

Le sentiment d’iniquité est ainsi très fort : les habitants des périphéries et zones rurales à faibles revenus – dont 70 % des dépenses sont contraintes par le logement et l’énergie (enquête Ipsos de 2018 auprès de 11 000 ménages) – reçoivent très mal les leçons d’écologie de ceux qui peuvent utiliser moins souvent leur voiture parce qu’ils habitent dans la ville-centre : on ne peut que les comprendre.

Il faut tout de même rappeler que Paris dispose du système de transport en commun le plus dense du monde avec une station de métro tous les trois cents mètres : c’est pour cela que les Parisiens utilisent très peu leur voiture, et non pas parce qu’ils auraient un comportement moral plus vertueux que les autres. Les deux tiers du trafic dans Paris et 80 % sur le périphérique ne sont pas le fait d’habitants de Paris (enquête ménage déplacement Ile-de-France). »

 

Développement de l’intelligence artificielle: la démocratisation par l’auto apprentissage ?

Développement de l’intelligence artificielle: la démocratisation par l’auto apprentissage ?

La spécialiste en intelligence artificielle Nozha Boujemaa décrit l’émergence de l’apprentissage machine automatisé, qui va modifier les métiers liés à l’IA dans une tribune au Monde. Un vision toutefois peut-être un peu rapide, en tout cas qui peut être discutée sur ce qu’on entend vraiment par Intelligence artificielle.

« Le développement de l’intelligence artificielle (IA) est assez ironique : il faut beaucoup d’efforts manuels et parfois ad hoc pour la construction de modèles prédictifs précis. Une technologie qui se veut entièrement dans l’automatisation de tâches humaines implique en effet plusieurs étapes fastidieuses : annotation et étiquetage des données d’apprentissage, qui nécessitent parfois un travail humain colossal ; exploration et sélection de données représentatives ; sélection de modèles ; réglages des paramètres du modèle en plus des phases de tests et de généralisation. Le cheminement à travers toute la chaîne de développement est complexe, même pour les spécialistes et les experts en sciences des données. Dans de nombreux contextes industriels, la mise sur le marché d’une solution fondée sur des modèles prédictifs est assez longue.

Cette impasse est en train de disparaître avec l’émergence de l’auto-apprentissage (AutoML, ou Automated Machine Learning), qui consiste à automatiser la recherche de l’architecture optimale d’un réseau de neurones. La maturité technologique de l’IA permet aujourd’hui de mettre au point des architectures de réseaux de neurones profonds plus efficacement que ne le feraient les experts humains, par exemple en reconnaissance d’objets et en vision par ordinateur.

Double ironie : on va pouvoir se passer en partie de certaines expertises en sciences des données et les automatiser. Dans le contexte d’AutoML, les ingénieurs vont pouvoir se consacrer à des phases plus critiques qui ont davantage besoin de l’intelligence humaine, comme l’analyse de situations de métiers complexes et les questions commerciales, au lieu de se perdre dans le processus fastidieux de construction de la solution. En réalité, cette démarche va aider les développeurs non spécialistes des données à réaliser des solutions d’IA plus facilement. Les scientifiques spécialisés vont, eux, pouvoir effectuer un travail complexe plus rapidement, grâce à la technologie AutoML, qui pourrait bien placer l’IA au cœur de l’essor des entreprises.

AutoML est une tendance qui va fondamentalement changer le paysage des solutions fondées sur l’apprentissage par machine. Elle se concentre sur deux aspects : l’acquisition de données et la prédiction. Toutes les étapes qui se déroulent entre ces deux phases seront prises en charge par les processus d’AutoML. Les utilisateurs apportent leur propre jeu de données, identifient les catégories et appuient sur un bouton pour générer un modèle parfaitement entraîné et optimisé, prêt à prédire. Ces approches d’AutoML vont faciliter la démocratisation de l’IA au service du plus grand nombre.

 

Climat – Qualité de l’air: La France condamnée par la justice européenne

Climat – Qualité de l’air:  La France condamnée par la justice européenne

 

C’est évidemment le paradoxe, la France veut la championne du monde de la défense du climat et de l’environnement dans ses discours. Macron en particulier n’en finit pas de mettre à toutes les sauces l’accord de Paris sauf que la France ne respecte pas les objectifs en matière de pollution qui contribue largement à la dégradation du climat. Des résultats ne renforcent pas la crédibilité des incantations de Macron davantage destinées à séduire l’électorat écolo qu’à mettre en place des politiques de transition énergétique efficace et socialement compatible.

La France risque donc des sanctions de la part de la Cour de Justice de l’Union européenne pour avoir dépassé de manière « systématique et persistante » le seuil de dioxyde d’azote dans plusieurs grandes villes du territoire. La justice européenne a estimé que la France a dépassé « de manière systématique et persistante » depuis 2010 le seuil limite dans l’air de dioxyde d’azote, gaz polluant principalement issu des moteurs diesel, dans une décision rendue jeudi. La Commission européenne avait saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) en mai 2018 après près d’une décennie de mises en garde. La France compte parmi les Etats membres, avec aussi l’Allemagne et le Royaume-Uni, contre lesquels Bruxelles avait décidé d’agir face à un problème persistant dans l’Union.

Selon le dernier rapport de l’Agence européenne de l’environnement sur la qualité de l’air publié mi-octobre, le dioxyde d’azote (NO2) est responsable de 68.000 décès prématurés par an dans l’UE, dont 7500 en France. Ce jugement ouvre la voie, dans un deuxième temps, à d’éventuelles sanctions, si rien n’est fait pour remédier à la situation.

« Le gouvernement est déterminé à améliorer rapidement et durablement la qualité de l’air, qui constitue un impératif de santé publique et environnemental », a assuré le ministère français de la Transition écologique et solidaire, dans un communiqué.

De son côté la Commission a affirmé qu’elle continuerait à travailler « en coopération rapprochée » avec la France « pour s’assurer qu’elle prenne les mesures nécessaires ».

Cette pollution de l’air au NO2 concernait 24 zones et agglomérations en France, dont les villes de Paris, Lyon, Marseille, Nice ou encore Strasbourg, mais aussi la vallée alpine de l’Arve, axe de transit vers l’Italie souffrant d’embouteillages chroniques.

La France affirme pourtant qu’entre 2010 et 2018 « les émissions d’oxydes d’azote ont baissé de 54% » et que le nombre de zones concernées a été divisé par deux (11 en 2018).

Si la France ne conteste pas le dépassement, son argumentation portait sur la législation européenne sur la qualité de l’air, dont l’application dans chaque Etat membre « doit être appréciée au regard des difficultés structurelles rencontrées », explique la CJUE dans un communiqué. Mais pour les juges « le fait de dépasser les valeurs limites pour le dioxyde d’azote dans l’air ambiant suffit en lui-même pour pouvoir constater un manquement ».

Par ailleurs, la législation prévoit qu’en cas de dépassement constaté, le pays mis en cause doit établir un plan relatif à la qualité de l’air, et s’assurer que la période de dépassement soit « la plus courte possible ». Or, la France a « manifestement » ignoré cela, la Cour ayant relevé un dépassement pendant « sept années consécutives ».

Le gouvernement français met en avant une série de mesures déjà prises: accompagnement du renouvellement du parc automobile, développement du réseau de bornes électriques, soutien à la rénovation énergétique des logements notamment.

Il souligne également les effets attendus de la « loi d’orientation sur les mobilités » avec le déploiement de « zones à faibles émissions » (excluant les véhicules les plus polluants), un plan Vélo ou encore un contrôle renforcé du marché automobile.

Au total 20 pays de l’UE sont la cible d’une procédure d’infraction en matière de qualité de l’air (15 dossiers sur les particules fines, 14 sur le NO2 et 1 sur le dioxyde de soufre). Au cours des cinq dernières années, la Commission a porté onze dossiers concernant neuf pays devant la CJUE.

Le guet-apens de policiers à Mantes remet la question des banlieues à l’ordre du jour

Le   guet-apens de policiers à Mantes remet la question des banlieues à l’ordre du jour

 

Non seulement nombre de services publics ne pénètrent plus dans les quartiers sensibles sauf  les pompiers mais en plus ils sont souvent agressés comme ce fut le cas pour les forces de police jeudi à Mantes qui ont été victimes d’un véritable guet-apens. En fait, ils sont intervenus suite à l’incendie d’un véhicule et ont été la cible  de violences délibérées par une bande organisée de voyous du quartier. Un policier aurait même été atteint par un tir de mortier. On sait que cette question des banlieues a été complètement négligée par le pouvoir actuel ( les précédents aussi). Macron a même rejeté avec un certain mépris le très intéressant rapport qu’il avait demandé à Borloo sur le sujet. Pas un rapport se limitant à la question du maintien de l’ordre mais un rapport abordant les questions concernant la formation, la réinsertion et le développement économique de ces zones où le chômage atteint 20 à 25 % et dont la drogue constitue souvent le moyen de régulation économique et sociale sur fond de développement communautariste. Comme d’habitude, les autorités vont se satisfaire de déclaration en forme de protestation mais qui n’auront pas d’effet sur le maintien de l’art en général dans ces zones et encore moins sur les aspects économiques sociaux et culturels. Officiellement on dénombre en France de 750 quartiers dits sensibles qui concerneraient 7 % de la population. Dans la réalité on doit être plus proche de 1000 car il y a bien une dizaine de quartiers difficiles dans chaque  département sinon davantage. Des quartiers par exemple qu’il vaut mieux ne  pas fréquenter après 22 heures quand les  voyous ont repris en main la gestion de la zone. Pour l’instant les autorités se contentent donc de constats et d’incantations. Et pour cause, Macron ne veut surtout pas créer de motifs de mécontentement dans ces quartiers dont il espère un retour d’ascenseur électoral. Il faudra donc se satisfaire des cris de vierges effarouchées des ministres. Par exemple Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a qualifié ce vendredi à Trappes, dans les Yvelines, de « guet-apens » l’ »attaque extrêmement violente » la nuit précédente contre des policiers à Mantes-la-Jolie.

De son côté, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a « condamné sans réserve » dans un tweet ans « les violences commises » à Mantes-la-Jolie. « La République ne peut tolérer que l’on attaque ceux qui la protègent, au péril de leur vie (…). L’enquête permettra de faire la lumière sur les faits », a écrit le ministre.

La République ne peut tolérer que l’on attaque ceux qui la protègent, au péril de leur vie.
Je condamne sans réserve les violences commises hier à Mantes-la-Jolie.
L’enquête permettra de faire la lumière sur les faits.

En visite dans le commissariat de Trappes, ville proche de Mantes-la-Jolie, le secrétaire d’Etat a affirmé que les policiers étaient tombés « dans un guet-apens organisé, qui a réuni une centaine d’individus ». « C’est totalement inacceptable », a-t-il insisté devant la presse.

« Pendant plus d’une heure » les policiers, venus sur place les premiers après un appel pour un incendie de voiture, ont été la cible « de tirs de mortier » notamment, a expliqué Laurent Nuñez. « Les effectifs étaient encerclés, isolés (…) ensuite les renforts sont arrivés », a-t-il poursuivi.

C’est une « attaque extrêmement violente que je dénonce de manière catégorique », a ajouté le secrétaire d’Etat, qui devait rencontrer plus tard les équipes prises à partie à Mantes-La-Jolie.

Qualité de l’air: La France condamnée par la justice européenne

Qualité de l’air: La France condamnée par la justice européenne

 

 

  •  C’est évidemment le paradoxe, la France veut la championne du monde de la défense du climat et de l’environnement dans ses discours. Macron en particulier n’en finit pas de mettre à toutes les sauces l’accord de Paris sauf que la France ne respecte pas les objectifs en matière de pollution qui contribue largement à la dégradation du climat. Des résultats ne renforcent pas la crédibilité des incantations de Macron davantage destinées à séduire l’électorat écolo qu’à mettre en place des politiques de transition énergétique efficace et socialement compatible.
  • La France risque donc des sanctions de la part de la Cour de Justice de l’Union européenne pour avoir dépassé de manière « systématique et persistante » le seuil de dioxyde d’azote dans plusieurs grandes villes du territoire. La justice européenne a estimé que la France a dépassé « de manière systématique et persistante » depuis 2010 le seuil limite dans l’air de dioxyde d’azote, gaz polluant principalement issu des moteurs diesel, dans une décision rendue jeudi. La Commission européenne avait saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) en mai 2018 après près d’une décennie de mises en garde. La France compte parmi les Etats membres, avec aussi l’Allemagne et le Royaume-Uni, contre lesquels Bruxelles avait décidé d’agir face à un problème persistant dans l’Union.

Selon le dernier rapport de l’Agence européenne de l’environnement sur la qualité de l’air publié mi-octobre, le dioxyde d’azote (NO2) est responsable de 68.000 décès prématurés par an dans l’UE, dont 7500 en France. Ce jugement ouvre la voie, dans un deuxième temps, à d’éventuelles sanctions, si rien n’est fait pour remédier à la situation.

« Le gouvernement est déterminé à améliorer rapidement et durablement la qualité de l’air, qui constitue un impératif de santé publique et environnemental », a assuré le ministère français de la Transition écologique et solidaire, dans un communiqué.

De son côté la Commission a affirmé qu’elle continuerait à travailler « en coopération rapprochée » avec la France « pour s’assurer qu’elle prenne les mesures nécessaires ».

Cette pollution de l’air au NO2 concernait 24 zones et agglomérations en France, dont les villes de Paris, Lyon, Marseille, Nice ou encore Strasbourg, mais aussi la vallée alpine de l’Arve, axe de transit vers l’Italie souffrant d’embouteillages chroniques.

La France affirme pourtant qu’entre 2010 et 2018 « les émissions d’oxydes d’azote ont baissé de 54% » et que le nombre de zones concernées a été divisé par deux (11 en 2018).

Si la France ne conteste pas le dépassement, son argumentation portait sur la législation européenne sur la qualité de l’air, dont l’application dans chaque Etat membre « doit être appréciée au regard des difficultés structurelles rencontrées », explique la CJUE dans un communiqué. Mais pour les juges « le fait de dépasser les valeurs limites pour le dioxyde d’azote dans l’air ambiant suffit en lui-même pour pouvoir constater un manquement ».

Par ailleurs, la législation prévoit qu’en cas de dépassement constaté, le pays mis en cause doit établir un plan relatif à la qualité de l’air, et s’assurer que la période de dépassement soit « la plus courte possible ». Or, la France a « manifestement » ignoré cela, la Cour ayant relevé un dépassement pendant « sept années consécutives ».

Le gouvernement français met en avant une série de mesures déjà prises: accompagnement du renouvellement du parc automobile, développement du réseau de bornes électriques, soutien à la rénovation énergétique des logements notamment.

Il souligne également les effets attendus de la « loi d’orientation sur les mobilités » avec le déploiement de « zones à faibles émissions » (excluant les véhicules les plus polluants), un plan Vélo ou encore un contrôle renforcé du marché automobile.

Au total 20 pays de l’UE sont la cible d’une procédure d’infraction en matière de qualité de l’air (15 dossiers sur les particules fines, 14 sur le NO2 et 1 sur le dioxyde de soufre). Au cours des cinq dernières années, la Commission a porté onze dossiers concernant neuf pays devant la CJUE.

« Traverser la rue »: un « raccourci » ou une connerie ?

« Traverser la rue »: un « raccourci » ou une connerie ?

Rebelote à la Réunion quant un chômeur a demandé à Macron s’il suffit de  traverser la rue pour trouver du travail.  Emmanuel Macron avait dit à un demandeur d’emploi venu le voir dans le cadre des Journées du patrimoine qu’il suffisait de  »traverser la rue » pour trouver du travail. Macron a tenté de se justifier bien maladroitement en indiquant qu’il avait fait un raccourci mais en réaffirmant sa conviction.

« J’ai fait un raccourci avec ce bidule », reconnaît alors le chef de l’État.  »Au bout de l’Élysée, je peux vous dire que là-bas c’est vrai. Je n’ai pas dit que c’était vrai partout en France », ajoute encore Emmanuel Macron, avant de rediriger ce Réunionnais vers la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Macro a sans doute pris ses sources lorsqu’il a déjeuné dans un grand restaurant près de l’Élysée effectivement parfois au manque de personnel ou alors le propos lui a été rapporté par son entourage. Reste qu’il ne suffit pas de traverser la rue pour occuper un poste même dans la restauration qui demande comme nombre d’autres métiers une qualification. Une qualification que ne possédait pas l’ancien jardinier destinataire premier conseil de Macron. Ce dernier a en effet mis du temps à se reconvertir et continue de galérer avec une succession de CDD. A fortiori dans une île comme la Réunion où le taux de chômage atteint presque un jeune sur deux, l’invite de macro paraît particulièrement décalée pour ne pas dire une nouvelle fois condescendante et méprisante.

D’après ’INSEE à La Réunion, on compte environ 80 000 chômeurs. 23% de la population est demandeuse d’emploi, mais chez les jeunes les chiffres sont bien plus importants. 41% des hommes de 15 à 29 ans sont en effet concernés, 37% des femmes. Il faut aussi compter le halo du chômage, c’est-à-dire cette population qui n’a plus droit à rien, qui ne cherche pas vraiment du travail et qui n’est pas comptabilisée.

Et si le chômage ne baisse plus, c’est en partie parce que les créations d’emplois deviennent insuffisantes selon l’INSEE. En cause, un secteur marchand moins dynamique, mais aussi la forte baisse des contrats-aidés dans le secteur non-marchand.

Ainsi, le taux d’emploi est de 47% en moyenne. Chez les hommes, il reste cependant plus important avec 52% d’actifs, tandis que 43% des femmes travaillent.
Ce jeudi sur l’île, Emmanuel Macron a quand même annoncé plusieurs mesures d’aide à l’emploi, dont une extension à toute l’île du dispositif des emplois francs, la possibilité de cumuler RSA et emploi à temps partiel et le maintien de 12.000 emplois aidés par an. Dans le cadre d’un plan baptisé « Emplois Réunion », le dispositif des emplois francs, réservé en métropole aux chômeurs venant de quartiers défavorisés, sera étendu à toute l’île, a dit le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse sur place.

Fin de la messagerie Wanadoo ? (Orange)

Fin  de la messagerie  Wanadoo ?  (Orange)

 

Wanadoo est une ancienne messagerie de France Télécom, une entreprise reprise par Orange. Orange qui a imposé sa messagerie tout en assurant la continuité de Wanadoo. Mais avec une certaine réticence, au point maintenant d’organiser progressivement la fin de Wanadoo. On sait qu’en cas de perte d’un mot de passe de messagerie, il est possible de le récupérer ou d’en créer un autre  après demande au gestionnaire de cette messagerie. Ce que fait Orange pour les adresses Mel  « Orange » mais pas pour Wanadoo. Dans beaucoup de cas, les mots de passe sont enregistrés dans les ordinateurs. Il arrive que le disque dur tombe en panne et/ou  que toutes les données disparaissent ; Du coup les mots de passe avec. Or Orange se refuse à réactiver un nouveau mot de passe pour Wanadoo et en profite  pour supprimer le compte dont la gestion n’est consentie que gratuitement. Une curieuse conception de la politique commerciale. On comprend qu’une société fasse évoluer sa gamme de produits, en supprime certains, en crée d’autres mais la moindre des choses est d’aviser les clients avant de fermer brutalement le service. On se demande si Orange n’a pas conserver ses réflexes d’administration en considérant les abonnés comme des usagers captifs et non comme des clients. En tout cas, autant prévenir les vieux utilisateurs de Wanadoo, un jour le compte risque d’être fermé sans préavis ; et avec disparaissent évidemment toutes les adresse des correspondants ! Merci à Orange pour ce respect très approximatif des obligations commerciales. Sans parler des lignes téléphoniques physiques (qu’Orange est supposé entretenir) dont les fils tiennent de nombreux poteaux endommagés !

La défense corporatiste de l’ENA

La  défense corporatiste de l’ENA

 

 

Dans une interview au journal l’Opinion, l’actuel directeur de l’ENA, Patrick Gérard, défend  avec vigueur cette fabrique d’élites  donc dit-il la France devrait être fière. Une Argumentation de nature très corporatiste qui ne pose absolument pas la problématique du champ et de la nature régalienne de l’État. En effet, c’est parce qu’ils sont beaucoup trop nombreux que les énarques se  reproduisent  dans des structures qu’ils pérennisent et même développent. Il n’y a même pas assez de postes pour caser de manière satisfaisante les élèves. On ajoute donc des directions aux directions, des postes de directeur adjoint à des postes de directeur, bref des structures administratives à des structures administratives quand il faudrait sans doute en réduire la moitié. L’intéressé oublie aussi d’indiquer que les énarques envahissent le monde économique et politique et que l’ENA n’a pas cette vocation première.

Interview

La suppression de l’ENA est à l’ordre du jour. Quels sont les arguments pour la défense de l’école ?

Ce sera évidemment au président de la République et au Premier ministre de prendre des décisions à l’issue du rapport Thiriez. Il m’appartient, comme directeur, de rétablir quelques vérités. Car l’image, souvent répandue, d’une institution coupée des réalités, fournissant des bataillons de hauts fonctionnaires inconscients des difficultés de leurs concitoyens, est tout simplement fausse.

Prenons le symbole des grands corps (Inspection des finances, Cour des comptes, Conseil d’État). Les jeunes gens qui les intègrent ne sont-ils pas assurés d’une belle carrière, confortée par l’entre-soi, du seul fait d’avoir été bien classés à la sortie de l’ENA ?

D’abord, contrairement aux clichés, les énarques ne sont pas de jeunes blancs-becs de 25 ans. Ils ont en moyenne 31 ans et la moitié d’entre eux ont exercé des responsabilités professionnelles avant leur entrée à l’ENA. Sur la question des corps d’inspection et de contrôle, les avis sont partagés. Certains voudraient créer un parcours où les élèves sortant de l’ENA passeraient d’abord cinq ans comme administrateur dans un ministère avant de tenter un nouveau concours, à 35-36 ans, pour intégrer un tel corps. D’autres font valoir que ces corps ont besoin de sang neuf et que dans le secteur privé les cabinets d’audit font confiance aux juniors. Je pense que l’accès direct à ces corps compte pour beaucoup dans l’attractivité de l’école. Mais il faut faire en sorte qu’il y ait davantage de brassage dans leurs effectifs, par exemple en ouvrant ces corps de façon significative aux sous-directeurs d’administration.

Le vrai sujet n’est-il pas le manque de RH dans la fonction publique ?

Sans doute peut-on améliorer la gestion des carrières, les perspectives de mobilité, valoriser davantage le travail des administrateurs civils au cours de leur carrière. On a encore trop tendance à laisser un énarque dans le même service, dans la même administration sans faire de gestion personnalisée.

Le procès en « déconnexion » de la haute fonction publique a resurgi avec la crise des Gilets jaunes…

Ce pays est fier de ses élites culturelles, sportives mais a un peu de mal avec ses élites administratives… Les Français sont-ils mécontents de leurs préfets, de leurs sous-préfets ? De leurs diplomates ? De leurs juges administratifs ? J’analyse plutôt ces critiques comme une demande supplémentaire d’Etat et, donc, un besoin de renforcer la présence des cadres de l’Etat par plus de mobilité sur le terrain.

Le manque de diversité sociale est souvent pointé du doigt. Est-ce cette image de « reproduction des élites » qui colle à l’ENA ?

Première remarque : quarante étudiants sont recrutés via le concours externe aujourd’hui. Ils étaient cent il y a quarante ans, comme à l’époque de la promotion Voltaire. En réduisant les effectifs, on diminue forcément la diversité. L’ENA accueille 26 % d’élèves qui étaient boursiers, plus que d’autres grandes écoles. Mais il faut faire mieux. C’est pourquoi nous ouvrons cette année à Strasbourg – il en existe déjà une à Paris depuis dix ans – une seconde classe prépa « égalité des chances » destinée aux étudiants d’origine modeste, très bons et, si possible, venant de province. Ces diplômés de master sont coachés par nos jeunes anciens élèves. L’idéal serait d’en créer une par région.

Pour quels résultats ?

La plupart réussissent les concours difficiles d’administrateur de l’Assemblée, de l’Institut nationale des études territoriales (INET), de la Banque de France ou de commissaire de police. En moyenne, sur dix-sept candidats de cette classe, un intègre l’ENA. Il subsiste encore une tendance chez ces étudiants, je le regrette, à penser que l’ENA « ce n’est pas pour elles ou eux »… C’est ce plafond de verre et cette autocensure qu’il faut parvenir à percer.

Parmi les pistes évoquées par Frédéric Thiriez pour « décloisonner » : la création d’un enseignement commun à tous les futurs hauts fonctionnaires (ENA, fonction publique territoriale, hospitalière, magistrats, commissaires de police) mais aussi aux quatre corps techniques (Mines, Ponts, armement, Insee). Est-ce une bonne idée ?

C’est une bonne idée d’avoir des enseignements communs. Par exemple, nos élèves travaillent sur les politiques territoriales avec ceux de l’INET et sont en scolarité avec des officiers de gendarmerie ou de l’armée de terre reçus à l’Ecole de guerre. A partir de l’an prochain, ils travailleront aussi avec l’Ecole nationale de la magistrature. En revanche, je verrais trois écueils à rallonger la scolarité d’un an. Celui de créer une sorte de « 6 année de Sciences Po » alors que les élèves, lorsqu’ils arrivent à l’ENA ou dans d’autres grandes écoles, ont envie de se préparer à leur métier. Le risque de renforcer la critique sur le mode : « Ils sont tous formatés de la même façon ». Enfin, toute année supplémentaire a un coût budgétaire… Ma préférence serait d’imaginer des travaux communs pour les élèves quand ils sont en stage.

Emmanuel Macron avait souhaité mettre en place, en début de quinquennat, un « spoil system » à la française. Près de deux tiers des directeurs d’administration centrale ont été changés depuis 2017, moins que sous ses prédécesseurs. La « technostructure » est accusée de « bloquer la France ». A juste titre ?

Les directeurs d’administration centrale ont un devoir de loyauté à l’égard du gouvernement. Quand un ministre donne des ordres, ils sont appliqués. Gérald Darmanin a instauré le prélèvement à la source, Jean-Michel Blanquer le dédoublement des classes dans les zones d’éducation prioritaires, le projet de loi pour la restauration de Notre-Dame de Paris a été écrit en quelques jours. L’image de directeurs plus puissants que les ministres qu’ils voient passer est un cliché.

L’ENA attire-t-elle toujours autant ?

Il n’y a jamais eu autant de candidatures : 1 731 cette année, record depuis 2013 ! Mais il est vrai qu’à Sciences Po comme dans les Instituts d’études politiques en région, les étudiants semblent moins attirés par le service public que par le monde des grandes entreprises, de la communication, de la finance, des start-up. Quand l’Etat, et les fonctionnaires qui le servent, sont critiqués tous les jours, ce n’est pas très engageant pour un jeune d’une vingtaine d’années… Par ailleurs, les vocations pour la politique se raréfient. Depuis la création de l’ENA en 1945, moins de 3 % des anciens élèves ont fait de la politique. Un taux encore plus bas aujourd’hui. Quant au fameux pantouflage, il concerne 20 % des élèves qui, à un moment ou un autre de leur carrière, vont dans le privé. Près de la moitié revient ensuite dans le public.

Finalement, faut-il juste changer le nom de l’ENA ?

La marque ENA bénéficie dans le monde d’un prestige considérable. Oxford, la London school of economics, le MIT n’imaginent pas changer de nom. L’administration française est admirée dans le monde entier pour l’impartialité de son recrutement, sa compétence et son intégrité. Depuis sa création, l’école a formé 3 700 élèves étrangers. Parmi ceux aujourd’hui en fonction : les ambassadeurs du Japon et de Malte en France, l’ambassadeur du Liban, qui était d’ailleurs dans la même promotion qu’Emmanuel Macron, la vice-première ministre des Pays-Bas, deux ministres belges, le directeur de cabinet du Grand-Duc du Luxembourg, le directeur du protocole de l’empereur du Japon, plusieurs dizaines de ministres africains, le secrétaire général du Tribunal constitutionnel de Karlsruhe… Au titre de la formation continue, l’ENA forme chaque année plus de 4 000 auditeurs étrangers.

« L’ENA bashing » serait donc un travers bien français ?

Peut-être… Il faut sans doute améliorer beaucoup de choses, transformer l’école mais faisons attention à ne pas se priver d’un outil précieux.

 

Supprimer la voiture: trop simpliste (Jean Coldefy)

Supprimer la voiture: trop simpliste  (Jean Coldefy)

L’expert en mobilité Jean Coldefy dans une tribune au « Monde  critique le simplisme des attaques contre l’automobile et resitue la question dans un problématique plus large de mobilité et d’aménagement. .

Tribune.(extraits).

 

«  Le sujet de la mobilité émerge de plus en plus au cœur des enjeux des élections municipales dans les grandes villes. Mais, paradoxalement, alors que le pays sort à peine de sa plus grande crise sociale depuis cinquante ans, le message envoyé par la ville-centre est : « Bannissons la voiture ! » Affirmer que la suppression de la voiture serait le seul horizon de la politique de mobilité, c’est aller un peu vite en besogne.

C’est oublier que la voiture a permis de desserrer la contrainte financière du marché du logement, en allant chercher plus loin ce qui n’était plus disponible à proximité, même si aujourd’hui cette solution a trouvé sa limite : le prix des logements a été multiplié par trois en vingt ans dans les villes-centres et contamine les périphéries de proche en proche. C’est l’inadéquation du marché de l’immobilier avec les besoins et la localisation des emplois qui ont induit une décorrélation entre habitat et emploi, avec son lot de pollution et d’émissions de CO2. 80 % des trajets sont réalisés en voiture pour accéder aux agglomérations.

 Avec la gentrification ( en clair l’éviction des pauvres NDLR)  au centre et le blocage de l’urbanisation dans les communes de proche périphérie, c’est, in fine, une moindre mixité sociale et un allongement des distances domicile-travail que le jeu des acteurs a induits. Ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler tous les jours n’ont, pour la plupart, tout simplement pas le choix. L’absence d’alternatives à la voiture solo depuis les périphéries génère des flux de véhicules saturant les réseaux routiers aux heures de pointe.

Le sentiment d’iniquité est ainsi très fort : les habitants des périphéries et zones rurales à faibles revenus – dont 70 % des dépenses sont contraintes par le logement et l’énergie (enquête Ipsos de 2018 auprès de 11 000 ménages) – reçoivent très mal les leçons d’écologie de ceux qui peuvent utiliser moins souvent leur voiture parce qu’ils habitent dans la ville-centre : on ne peut que les comprendre.

Il faut tout de même rappeler que Paris dispose du système de transport en commun le plus dense du monde avec une station de métro tous les trois cents mètres : c’est pour cela que les Parisiens utilisent très peu leur voiture, et non pas parce qu’ils auraient un comportement moral plus vertueux que les autres. Les deux tiers du trafic dans Paris et 80 % sur le périphérique ne sont pas le fait d’habitants de Paris (enquête ménage déplacement Ile-de-France). »

 

Intelligence artificielle: la démocratisation par l’auto apprentissage ?

La  défense corporatiste de l’ENA

 

 

Dans une interview au journal l’Opinion, l’actuel directeur de l’ENA, Patrick Gérard, défend  avec vigueur cette fabrique d’élites  donc dit-il la France devrait être fière. Une Argumentation de nature très corporatiste qui ne pose absolument pas la problématique du champ et de la nature régalienne de l’État. En effet, c’est parce qu’ils sont beaucoup trop nombreux que les énarques se  reproduisent  dans des structures qu’ils pérennisent et même développent. Il n’y a même pas assez de postes pour caser de manière satisfaisante les élèves. On ajoute donc des directions aux directions, des postes de directeur adjoint à des postes de directeur, bref des structures administratives à des structures administratives quand il faudrait sans doute en réduire la moitié. L’intéressé oublie aussi d’indiquer que les énarques envahissent le monde économique et politique et que l’ENA n’a pas cette vocation première.

Interview

La suppression de l’ENA est à l’ordre du jour. Quels sont les arguments pour la défense de l’école ?

Ce sera évidemment au président de la République et au Premier ministre de prendre des décisions à l’issue du rapport Thiriez. Il m’appartient, comme directeur, de rétablir quelques vérités. Car l’image, souvent répandue, d’une institution coupée des réalités, fournissant des bataillons de hauts fonctionnaires inconscients des difficultés de leurs concitoyens, est tout simplement fausse.

Prenons le symbole des grands corps (Inspection des finances, Cour des comptes, Conseil d’État). Les jeunes gens qui les intègrent ne sont-ils pas assurés d’une belle carrière, confortée par l’entre-soi, du seul fait d’avoir été bien classés à la sortie de l’ENA ?

D’abord, contrairement aux clichés, les énarques ne sont pas de jeunes blancs-becs de 25 ans. Ils ont en moyenne 31 ans et la moitié d’entre eux ont exercé des responsabilités professionnelles avant leur entrée à l’ENA. Sur la question des corps d’inspection et de contrôle, les avis sont partagés. Certains voudraient créer un parcours où les élèves sortant de l’ENA passeraient d’abord cinq ans comme administrateur dans un ministère avant de tenter un nouveau concours, à 35-36 ans, pour intégrer un tel corps. D’autres font valoir que ces corps ont besoin de sang neuf et que dans le secteur privé les cabinets d’audit font confiance aux juniors. Je pense que l’accès direct à ces corps compte pour beaucoup dans l’attractivité de l’école. Mais il faut faire en sorte qu’il y ait davantage de brassage dans leurs effectifs, par exemple en ouvrant ces corps de façon significative aux sous-directeurs d’administration.

Le vrai sujet n’est-il pas le manque de RH dans la fonction publique ?

Sans doute peut-on améliorer la gestion des carrières, les perspectives de mobilité, valoriser davantage le travail des administrateurs civils au cours de leur carrière. On a encore trop tendance à laisser un énarque dans le même service, dans la même administration sans faire de gestion personnalisée.

Le procès en « déconnexion » de la haute fonction publique a resurgi avec la crise des Gilets jaunes…

Ce pays est fier de ses élites culturelles, sportives mais a un peu de mal avec ses élites administratives… Les Français sont-ils mécontents de leurs préfets, de leurs sous-préfets ? De leurs diplomates ? De leurs juges administratifs ? J’analyse plutôt ces critiques comme une demande supplémentaire d’Etat et, donc, un besoin de renforcer la présence des cadres de l’Etat par plus de mobilité sur le terrain.

Le manque de diversité sociale est souvent pointé du doigt. Est-ce cette image de « reproduction des élites » qui colle à l’ENA ?

Première remarque : quarante étudiants sont recrutés via le concours externe aujourd’hui. Ils étaient cent il y a quarante ans, comme à l’époque de la promotion Voltaire. En réduisant les effectifs, on diminue forcément la diversité. L’ENA accueille 26 % d’élèves qui étaient boursiers, plus que d’autres grandes écoles. Mais il faut faire mieux. C’est pourquoi nous ouvrons cette année à Strasbourg – il en existe déjà une à Paris depuis dix ans – une seconde classe prépa « égalité des chances » destinée aux étudiants d’origine modeste, très bons et, si possible, venant de province. Ces diplômés de master sont coachés par nos jeunes anciens élèves. L’idéal serait d’en créer une par région.

Pour quels résultats ?

La plupart réussissent les concours difficiles d’administrateur de l’Assemblée, de l’Institut nationale des études territoriales (INET), de la Banque de France ou de commissaire de police. En moyenne, sur dix-sept candidats de cette classe, un intègre l’ENA. Il subsiste encore une tendance chez ces étudiants, je le regrette, à penser que l’ENA « ce n’est pas pour elles ou eux »… C’est ce plafond de verre et cette autocensure qu’il faut parvenir à percer.

Parmi les pistes évoquées par Frédéric Thiriez pour « décloisonner » : la création d’un enseignement commun à tous les futurs hauts fonctionnaires (ENA, fonction publique territoriale, hospitalière, magistrats, commissaires de police) mais aussi aux quatre corps techniques (Mines, Ponts, armement, Insee). Est-ce une bonne idée ?

C’est une bonne idée d’avoir des enseignements communs. Par exemple, nos élèves travaillent sur les politiques territoriales avec ceux de l’INET et sont en scolarité avec des officiers de gendarmerie ou de l’armée de terre reçus à l’Ecole de guerre. A partir de l’an prochain, ils travailleront aussi avec l’Ecole nationale de la magistrature. En revanche, je verrais trois écueils à rallonger la scolarité d’un an. Celui de créer une sorte de « 6 année de Sciences Po » alors que les élèves, lorsqu’ils arrivent à l’ENA ou dans d’autres grandes écoles, ont envie de se préparer à leur métier. Le risque de renforcer la critique sur le mode : « Ils sont tous formatés de la même façon ». Enfin, toute année supplémentaire a un coût budgétaire… Ma préférence serait d’imaginer des travaux communs pour les élèves quand ils sont en stage.

Emmanuel Macron avait souhaité mettre en place, en début de quinquennat, un « spoil system » à la française. Près de deux tiers des directeurs d’administration centrale ont été changés depuis 2017, moins que sous ses prédécesseurs. La « technostructure » est accusée de « bloquer la France ». A juste titre ?

Les directeurs d’administration centrale ont un devoir de loyauté à l’égard du gouvernement. Quand un ministre donne des ordres, ils sont appliqués. Gérald Darmanin a instauré le prélèvement à la source, Jean-Michel Blanquer le dédoublement des classes dans les zones d’éducation prioritaires, le projet de loi pour la restauration de Notre-Dame de Paris a été écrit en quelques jours. L’image de directeurs plus puissants que les ministres qu’ils voient passer est un cliché.

L’ENA attire-t-elle toujours autant ?

Il n’y a jamais eu autant de candidatures : 1 731 cette année, record depuis 2013 ! Mais il est vrai qu’à Sciences Po comme dans les Instituts d’études politiques en région, les étudiants semblent moins attirés par le service public que par le monde des grandes entreprises, de la communication, de la finance, des start-up. Quand l’Etat, et les fonctionnaires qui le servent, sont critiqués tous les jours, ce n’est pas très engageant pour un jeune d’une vingtaine d’années… Par ailleurs, les vocations pour la politique se raréfient. Depuis la création de l’ENA en 1945, moins de 3 % des anciens élèves ont fait de la politique. Un taux encore plus bas aujourd’hui. Quant au fameux pantouflage, il concerne 20 % des élèves qui, à un moment ou un autre de leur carrière, vont dans le privé. Près de la moitié revient ensuite dans le public.

Finalement, faut-il juste changer le nom de l’ENA ?

La marque ENA bénéficie dans le monde d’un prestige considérable. Oxford, la London school of economics, le MIT n’imaginent pas changer de nom. L’administration française est admirée dans le monde entier pour l’impartialité de son recrutement, sa compétence et son intégrité. Depuis sa création, l’école a formé 3 700 élèves étrangers. Parmi ceux aujourd’hui en fonction : les ambassadeurs du Japon et de Malte en France, l’ambassadeur du Liban, qui était d’ailleurs dans la même promotion qu’Emmanuel Macron, la vice-première ministre des Pays-Bas, deux ministres belges, le directeur de cabinet du Grand-Duc du Luxembourg, le directeur du protocole de l’empereur du Japon, plusieurs dizaines de ministres africains, le secrétaire général du Tribunal constitutionnel de Karlsruhe… Au titre de la formation continue, l’ENA forme chaque année plus de 4 000 auditeurs étrangers.

« L’ENA bashing » serait donc un travers bien français ?

Peut-être… Il faut sans doute améliorer beaucoup de choses, transformer l’école mais faisons attention à ne pas se priver d’un outil précieux.

 

 

Intelligence artificielle: la démocratisation par l’auto apprentissage ?

La spécialiste en intelligence artificielle Nozha Boujemaa décrit l’émergence de l’apprentissage machine automatisé, qui va modifier les métiers liés à l’IA dans une tribune au Monde. Un vision toutefois peut-être un peu rapide, en tout cas qui peut être discutée sur ce qu’on entend vraiment par Intelligence artificielle.« Le développement de l’intelligence artificielle (IA) est assez ironique : il faut beaucoup d’efforts manuels et parfois ad hoc pour la construction de modèles prédictifs précis. Une technologie qui se veut entièrement dans l’automatisation de tâches humaines implique en effet plusieurs étapes fastidieuses : annotation et étiquetage des données d’apprentissage, qui nécessitent parfois un travail humain colossal ; exploration et sélection de données représentatives ; sélection de modèles ; réglages des paramètres du modèle en plus des phases de tests et de généralisation. Le cheminement à travers toute la chaîne de développement est complexe, même pour les spécialistes et les experts en sciences des données. Dans de nombreux contextes industriels, la mise sur le marché d’une solution fondée sur des modèles prédictifs est assez longue.

Cette impasse est en train de disparaître avec l’émergence de l’auto-apprentissage (AutoML, ou Automated Machine Learning), qui consiste à automatiser la recherche de l’architecture optimale d’un réseau de neurones. La maturité technologique de l’IA permet aujourd’hui de mettre au point des architectures de réseaux de neurones profonds plus efficacement que ne le feraient les experts humains, par exemple en reconnaissance d’objets et en vision par ordinateur.

Double ironie : on va pouvoir se passer en partie de certaines expertises en sciences des données et les automatiser. Dans le contexte d’AutoML, les ingénieurs vont pouvoir se consacrer à des phases plus critiques qui ont davantage besoin de l’intelligence humaine, comme l’analyse de situations de métiers complexes et les questions commerciales, au lieu de se perdre dans le processus fastidieux de construction de la solution. En réalité, cette démarche va aider les développeurs non spécialistes des données à réaliser des solutions d’IA plus facilement. Les scientifiques spécialisés vont, eux, pouvoir effectuer un travail complexe plus rapidement, grâce à la technologie AutoML, qui pourrait bien placer l’IA au cœur de l’essor des entreprises.

AutoML est une tendance qui va fondamentalement changer le paysage des solutions fondées sur l’apprentissage par machine. Elle se concentre sur deux aspects : l’acquisition de données et la prédiction. Toutes les étapes qui se déroulent entre ces deux phases seront prises en charge par les processus d’AutoML. Les utilisateurs apportent leur propre jeu de données, identifient les catégories et appuient sur un bouton pour générer un modèle parfaitement entraîné et optimisé, prêt à prédire. Ces approches d’AutoML vont faciliter la démocratisation de l’IA au service du plus grand nombre.

Sondage grèves: la mobilisation en hausse pour 66 %

Sondage grèves: la mobilisation en hausse pour 66 %

 

 

 

66% des Français estiment très majoritairement que le climat social risque de se dégrader dans un sondage Elabe.  Pour mener ces mobilisations et défendre les salariés, 53% des sondés disent faire confiance aux syndicats (46% déclarent l’inverse). Les jeunes (68% des 18-24 ans) sont plus nombreux que les 65 ans et plus (43%) à exprimer ce sentiment. Reste que plus de la moitié des personnes interrogées (55%) estiment que l’action des syndicats de salariés n’est pas efficace tandis que 44% pensent le contraire. Ils sont enfin 51% à considérer que les organisations syndicales sont « plutôt un élément de blocage » pour la société française contre 48% à affirmer qu’ils sont « plutôt un élément de dialogue ».

Dernier conflit social en date: celui opposant la SNCF aux cheminots ayant exercé leur droit de retrait en réponse à une collision survenue mercredi dernier entre un TER et un convoi routier dans les Ardennes. Et les agents de la compagnie ferroviaire ont visiblement gagné la bataille de l’opinion. 52% des Français estiment en effet qu’ils ont eu raison de faire valoir leur droit de retrait. À l’inverse, 47% pensent qu’ils ont eu tort et 1% se disent sans opinion.

Dans le détail, près de six usagers du train sur dix (57%) légitiment le mouvement des cheminots alors qu’ils sont moins de la moitié parmi ceux qui n’utilisent jamais le train (46%). Les jeunes de 25-34 ans (60%), de 18-24 ans (57%) et les ouvriers (60%) sont les principaux soutiens des agents de la SNCF. Contrairement aux personnes âgées de 65 ans et plus qui sont minoritaires (43%) à soutenir la cessation de travail.

 

5G : la problématique de sécurité

5G  : la problématique de sécurité

Au-delà du risque chinois représenté notamment par l’opérateur Huawei , Charles Cuvelliez et Jean-Jacques Quisquater, Université de Bruxelles, posent  la problématique globale de sécurité  de cette nouvelle technologie (la Tribune)

 

« Avec son rapport sur la sécurité des réseaux 5G, la Commission européenne a mis un baume d’objectivité sur tout ce qu’on entend à propos de Huawei et ZTE et les activités de ces fournisseurs chinois sur les réseaux 5G qu’ils déploieront en Europe. Pour y arriver, la Commission s’est basée sur l’analyse de risque que chaque Etat membre a dû mener sur la base de sa recommandation sur la cybersécurité des réseaux 5G au début 2019.

Les réseaux 5G ont trois concepts innovants mais avec leur part de nouveaux risques : le premier consiste à déployer le réseau 5G avec des équipements multifonctions qui, selon le logiciel qui l’équipe, aura tel ou tel rôle dans le réseau. Le pilotage se fera aussi par logiciel. A priori, c’est une bonne chose puisque les mises à jour et la correction de bugs (de sécurité) se font facilement par voie logicielle. Mais justement, la mise à jour et le déploiement des dernières versions de logiciels à temps, c’est un talon d’Achille de la sécurité informatique dans les grandes organisations. Cette virtualisation (par voie logicielle) des réseaux va confronter les opérateurs télécom à ce même talon d’Achille mais à une échelle plus grande, sur leur réseau même. Il n’est pas dit, de surcroit, que ce logiciel a été écrit en pensant à la sécurité dès le début. Un acteur perdu dans la chaîne d’intermédiaires peut aussi avoir mis un backdoor qui passera inaperçu et il ne le fera pas forcément sur les ordres d’un Etat d’ailleurs.

Une autre innovation des réseaux 5G, c’est son compartimentage en sous-réseaux indépendants les uns des autres (network slicing) sur lesquels des services très différents en exigence pourront fonctionner. Il faudra, pour cela, que la 5G se déploie profondément dans le réseau et pas uniquement au niveau de l’accès radio, comme c’est prévu dans une première phase. Enfin, troisième innovation, les services clés du réseau ou sa gestion seront de plus en plus assurés aussi à la périphérie du réseau, par des équipements spécialisés et pas uniquement dans le cœur du réseau comme avant (mobile edge computing). Cela veut dire beaucoup plus de contrôle de sécurité à effectuer à cette même périphérie. Ce sont autant de points d’entrée de criminels ou hackers qui prendront le contrôle de ces parties périphériques du réseau.

Cela fera aussi beaucoup de nouveaux acteurs, et donc une complexification de la chaîne de valeur. Si on ne contrôle pas tous ses fournisseurs, si ceux-ci se fournissent et se livrent les uns les autres, le risque de compromission à un moment donné va augmenter. Beaucoup de ces nouveaux acteurs, dit la Commission, n’auront pas la maturité pour s’aligner avec le caractère critique d’une fonction télécom.

Ceci dit, la 5G a aussi été conçue avec des améliorations substantielles de sécurité : l’une d’entre elles sera une procédure plus stricte d’authentification sur l’interface radio mais il y en a d’autres… qui ne doivent pas être activées par défaut. Ce qui fait dire à la Commission qu’un grand rôle est donc dévolu au soin avec lequel l’opérateur configurera son réseau.

Le déploiement des réseaux 5G sera graduel : c’est d’abord au niveau de l’accès radio qu’on la verra. Cette 5G fonctionnera sur un cœur de réseau 4G. Les performances seront améliorées mais la sécurité de ce premier réseau 5G dépendra de ses prédécesseurs, 4G et même 3G. Les faiblesses certes connues de la 3G et de la 4G s’appliqueront à ces premiers réseaux 5G mais à une échelle plus grande. L’interaction entre la 5G et ces vulnérabilités connues pourraient générer des effets collatéraux non prévus. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’on verra un réseau 5G jusque dans le cœur du réseau avec, cette fois, les innovations et les nouveaux risques du network slicing, de la conduite des réseaux par logiciel et du mobile edge computing.

Il n’y a pas que l’opérateur mobile ou son fournisseur d’équipement 5G à être concerné par la sécurité du réseau. Il y aura aussi, dit la Commission, la myriade de fabricants d’appareils qui se connecteront au réseau 5G et ce ne seront pas que des smartphones mais des voitures autonomes, des villes avec le concept de smart cities, bref tout ce que le monde comptera d’objets connectés. Et puis il y a les utilisateurs finaux et tous les intermédiaires, industriels ou non, qui utiliseront le réseau.

Opérateurs et équipementiers réseau restent les principaux acteurs pour proposer un réseau 5G sûr, insiste la Commission. Or, ces derniers ne sont pas nombreux : il y a Ericsson, Nokia et Huawei. ZTE, Samsung et Cisco sont aussi de la partie. Il n’y a donc pas plus de 5 acteurs qui concentrent les risques. Car, dit la Commission, il y a une grande diversité dans leur gouvernance. Si Ericsson et Nokia répondent aux critères de bonne gouvernance (transparente) du monde occidental, ZTE et Huawei restent opaques. Et il y a d’autres fournisseurs que ceux-là : qu’on songe à tous les autres sous-traitants des opérateurs (ou des équipementiers) qui fournissent les data centers, l’infrastructure pour gérer le réseau, des fonctions de support… La virtualisation du réseau 5G et la mainmise du logiciel va avoir pour conséquence qu’on confiera plus facilement la gestion de services clés du réseau à des externes. Le veut-on vraiment ? Enfin les usines où se fabriquent en dur les équipements à installer sont aussi hors Europe. Qui contrôle ?

Analyse de risque

Une analyse de risque IT impose de regarder la triade confidentialité, disponibilité et intégrité comparativement à la 5G. Vu la place qu’elle est appelée à prendre dans notre vie, c’est la disponibilité et l’intégrité qui compteront d’abord. La confidentialité, importante, est moins critique.

Qui peut en vouloir aux réseaux 5G ? Pour la Commission, sur la base des retours des Etat membres, c’est la menace d’Etats tiers ou d’acteurs soutenus par des Etats tiers qui arrive en premier. Le raisonnement est simple : ce sont des acteurs qui ont les moyens, les compétences et la motivation d’attaquer des réseaux jusqu’au moment où ils réussissent. Ceci dit les menaces des insiders chez l’opérateur mobile ou les sous-contractants, en relation avec la confidentialité ou la disponibilité, sont une autre grande menace, d’après les Etats membres.

L’introduction de la 5G est une transition plus importante pour les réseaux par rapport au passage à la 3G et à la 4G. La normalisation des réseaux 5G effectuée par le 3GPP ne se préoccupe que de deux familles de fonction les composant : les fonctions cœurs de réseau et la fonction d’accès au réseau radio lui-même. Bien d’autres fonctions, comme le transport, la manière d’interconnecter les réseaux, sa gestion et les services de support comme l’orchestration, la facturation ou le suivi des performances ne sont pas normalisés pour la 5G. Or ils feront tourner aussi la 5G.

Il faut aussi identifier les groupes d’utilisateurs critiques de la 5G : on veut utiliser la 5G pour faire tourner les villes, des industries entières, des services publics critiques car la performance de la 5G le justifie. Mais il faudra sécuriser ces utilisations : on songe aux opérateurs de service essentiels définis par la directive NIS, la protection civile, les services d’urgence, les infrastructures critiques, les services de sécurité,… Prévoiront-ils tous une solution de secours si la 5G tombe en panne ?

Comme pour les clouds, le manque de personnel qualifié pour gérer les réseaux 5G est un autre risque tout comme les faiblesses dans l’implémentation des points de contrôle adéquat ou même la culture de la gestion du risque au sein de l’opérateur mobile. Si les normes 5G du 3GPP ne sont suivies qu’approximativement, c’est un autre risque. Du côté de l’opérateur mobile, les risques portent sur un design et une architecture faiblarde du réseau (absence de mesure d’urgence ou de continuité, faible sécurité physique qui permet d’accéder au réseau en différents points du réseaux, politique trop légère d’accès à distance des composants du réseau pour la maintenance,….). Il faudra aussi sérieusement renforcer les procédures dites de change management pour éviter les erreurs humaines et de configuration.

Enfin, il y a les risques liés aux fournisseurs : c’est là que l’allusion à Huawei est la plus évidente, preuve que son fantôme hante la plupart des Etats membres qui ont répondu. C’est l’interférence entre le fournisseur et son pays d’origine qui est pointée du doigt comme risque majeur : pression du pays sur son fournisseur, absence de contrôle démocratique, lien fort entre le gouvernement et le fournisseur. Dépendre d’un seul fournisseur est aussi un problème pour pouvoir passer à un autre fournisseur en cas de souci. Enfin, la présence d’un nombre limité de fournisseurs peut diminuer l’incitation à développer des produits plus sûrs. Et surtout elle a un impact sur le pouvoir qu’auront les Etats membres et leur autorités nationales. Un petit Etat membre va-t-il vraiment pouvoir faire pression sur un fournisseur mondial pour lui fournir les garanties qu’il exige en sécurité ?

Il y a du pain sur la planche pour la Commission mais c’est la première fois que la préoccupation de sécurité apparaît à un niveau politique à si haut niveau et de manière coordonnée.

 

EU coordinated risk assessment of the cybersecurity of 5G networks, Report 9 October 2019, disponible ici : https://ec.europa.eu/newsroom/dae/document.cfm?doc_id=62132

Syrie : « La fin de l’OTAN » ? (Jean-Yves Le Drian)

Syrie : « La fin de l’OTAN » ? (Jean-Yves Le Drian)

 

Le  ministre de la défense adopte la posture de Macron qui consiste à accuser les  autres et à s’exonérer de responsabilité à bon compte. Par vraiment une attitude diplomatique très constructive. Pour preuve, c’est à Poutine qu’il faut maintenant s’en remettre pour les conflits du proche et du moyen orient. C’est le retrait brutal des américains en Syrie qui justifie les critiques de Le Drian  rendant compte au Sénat. «  Les Américains ont renoncé à assurer la sécurité collective. Cela pose la question du lien transatlantique », a jugé le ministre des Affaires étrangères. Cette offensive turque met la sécurité de la France et de l’Europe en jeu, va-t-il rappelé. Un constat qui acte en fait une certaine fin de l’OTAN, d’autant que la Turquie qui en fait partie a voulu faire la police en Syrie.

« Concernant le manque d’anticipation par les Européens et la France de cette évolution, il faut avoir conscience que nous avions reçu des assurances des États-Unis. Il y a eu un revirement soudain qu’il était difficile d’anticiper », a souligné Jean-Yves le Drian, qui était interrogé sur le manque d’anticipation de l’Europe.

 

Que s’est-il exactement passé ? Selon Jean-Yves Le Drian, le président Erdogan a averti au cours d’un entretien téléphonique le 6 octobre, le président Trump de ce qu’il comptait faire, à savoir engager une offensive dans le Nord-Est syrien. Le président turc lui a demandé son soutien. « Le président américain a indiqué qu’il n’approuvait pas cette offensive, mais qu’il ne s’opposerait pas à ses plans et, le lendemain, il a ordonné à une cinquantaine de soldats présents sur la zone de se retirer, laissant l’opportunité aux forces turques d’entrer sur le territoire syrien, trois jours plus tard, le 9 octobre, et de le faire sans prendre le risque de menacer la sécurité de soldats américains. C’est ainsi que l’offensive a commencé », a raconté le ministre des Affaires étrangères. Un habillage de histoire car en réalité il y a déjà au moins un an qu’on sait que les Etats-Unis vont se retirer de Syrie. L’Europe bien sûr a failli mais la France aussi.

« Le président Trump a choisi le retrait, et cette décision a été annoncée, sans aucune coordination avec la coalition dimanche [le 13 octobre, ndlr] à la télévision américaine par le ministre de la défense américain. Voilà la réalité de ce qui s’est passé », a poursuivi Jean-Yves Le Drian qui oublie évidemment ce qui était prévisible depuis un an. Renvoyer la seule responsabilité aux américains et un peu court : «Le président Trump et le président Erdogan portent la responsabilité de ce qui est, in fine, une victoire des Turcs, Russes et Iraniens, amenés à se partager le Nord-Est selon une forme qui reste à déterminer », a fait observer Jean-Yves Le Drian.

En fait le Drian fait surtout des constats et ne propose rien et de façon un peu naïve déclare « C’est évidemment un tournant majeur dans le conflit syrien, et il conviendra d’en apprécier les conséquences, y compris sur le plan politique », a-t-il conclu. Ce qui pose « la question du lien transatlantique », a estimé le ministre.

Il serait en effet temps de s’apercevoir que l’OTAN dans sa formule actuelle n’est plus opérationnelle et qu’il faudra autre chose que des constats pour suppléer aux carences et contradictions de l’ancienne alliance atlantique.

De manière générale, en France et tous territoires confondus, c’est Orange qui offre les meilleurs débits et la plus grande qualité de service. Selon l’Arcep, l’opérateur historique est « en tête, Bouygues Telecom tend à s’affirmer comme deuxième opérateur de qualité, SFR progresse ». Quant à Free, l’opérateur de Xavier Niel « s’améliore fortement mais reste sensiblement en retrait ».

 

Retraites: une transition jusqu’à la St Glinglin

Retraites: une transition jusqu’à la St Glinglin

 

Chaque jour ou presque un ministre s’exprime pour rassurer sur le contenu et surtout sur les délais de mise en ouvre de la retraite dite universelle. Evidemment, une prudence alimentée par les risques de mécontentement social qui pourraient se retrouver dans les urnes non seulement aux municipales mais aussi en 2022 pour les présidentielles ; Du coup, la mise en ouvre n’est plus prévue en 2025 mais progressivement pour chaque profession. Autant dire une dizaine d’années en plus. Maintenant on envisage même de n’appliquer la réforme qu’aux nouveaux entrants. Notons qu’actuellement l’âge moyen d’entrée sur le marché du travail est de 22.5 ans et que pour l’instant la durée de cotisation serait fixée à 45 ans. Donc pour résumer la réforme aurait ses premiers effets en 2065 ou 2070. Bref hypothèse d’un enterrement de la reforme n’est plus exclue§

Macron même s’il est réélu ne connaitrait même pas le début de la mise en ouvre. «Les délais seront différents d’une profession à l’autre» a encore rassuré  la ministre de la Santé.

«  Et d’autant plus longs que le régime est aujourd’hui éloigné de la cible voulue par l’exécutif », a-t-elle précisé. Sera-t-il pour autant réservé aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail? «C’est en concertation ; mais cela voudrait dire qu’on conserve les 42 régimes pendant longtemps», a-t-elle répondu. Avant de préciser que la loi votée sous ce quinquennat comporterait les grands principes de la réforme, mais sûrement pas les détails des transitions. En plus du report aux calendes grecques, il y aura le plus grand flou !

Sur la question de la dépendance, la ministre a d’abord rappelé que le PLFSS prévoyait de renforcer le ratio des personnels dans les Ehpad. Tout en confirmant une réflexion sur la valorisation des métiers, «y compris de nature financière». Quant aux idées du rapport El Khomri sur les métiers du grand âge, qui doit être officiellement rendu la semaine prochaine – et qui plaide, selon des premières indiscrétions, pour des formations gratuites ou une libéralisation des quotas -, Agnès Buzyn estime que ce sont «de bonnes pistes».

Enfin, la ministre assure travailler à la revalorisation des professionnels de santé, dans un contexte de crise à l’hôpital, pour rendre les métiers plus attractifs.

Œnologie : la France championne du monde pour le pinard !

Œnologie : la France championne du monde pour le pinard !

On ne peut pas être bon dans toutes les matières mais pour le pinard la France est championne du mode en matière de tests œnologues à l’aveugle. Bien sûr, l’industrie se réduit comme peau de chagrin, le niveau de notre système scolaire figure en queue du peloton mondial, et nous nous accusons régulièrement un déficit de l’ordre de 50 milliards par an pour le commerce international  mais pour le vin, nous sommes les champions. Normal car le vin représente une acticité économique non négligeable. La victoire des œnologues méritent des félicitations mais on se prend à rêver de performances aussi brillantes dans d’autres domaines socio- économiques.

27 équipes devaient deviner cépages, pays d’origine, appellation, producteur et année de production de six vins blancs et six vins rouges. C’est la deuxième victoire française, après une première en 2014. Cette compétition, organisée pour la 7ème année consécutive par la Revue des vins de France, s’est déroulée dans une salle du célèbre château de Chambord.

Vingt-sept équipes, généralement championnes dans leur pays, étaient venues tenter d’identifier douze vins – six blancs et six rouges – sélectionnés dans le monde entier. Par groupe de quatre dirigé par un coach qui n’avait pas même le droit de sentir leurs verres, les compétiteurs ont toute la matinée inhalé les odeurs, contemplé les robes et testé les saveurs de vins venus d’Italie, de Chine, de Grèce, des Etats-Unis et de France. Ils devaient deviner cépages, pays d’origine, appellation, producteur et année de production.

La plupart des participants recrachaient au fur et à mesure, grignotant un morceau de pain ou buvant un peu d’eau entre deux gorgées, avant de comparer leurs impressions gustatives avec leur équipe, puis de s’entendre avec le coach pour affirmer les choix.

« Il ne faut surtout pas intellectualiser », a expliqué David Fontaine, président des sommeliers du Val-de-Loire, venu servir les équipes, essentiellement des hommes qui représentent trois quarts des compétiteurs.

Peu ont fait « carton plein » mais l’équipe de Chine, championne en 2016, sélectionnée par Brice Leboucq, un Francais installé en Chine, a fait bonne impression. Selon Brice Leboucq, « ils apprennent vite et on y assiste à la naissance de futurs grands terroirs ». D’après la Revue des vins de France, il s’agit de la deuxième victoire française après celle de 2014. Les Français étaient arrivés troisièmes de la compétition en 2018.

Séniors : la contradiction entre l’âge de la retraite et l’emploi

Séniors : la contradiction entre l’âge de la retraite et l’emploi

 

Théoriquement la retraite peut être prise à partir de 62 ans. Dans les faits,  l’âge moyen de départ et de 62 ans et demi. On s’apprête à repousser la à 64 ans pour une retraite pleine or le problème est qu’une partie non négligeable des salariés âgés sont déjà au chômage avant. Les seniors sont en effet particulièrement frappés par le chômage de longue durée (au delà d’un an). En 2018, 37,8% des demandeurs d’emploi ayant plus de 50 ans étaient inscrits à Pôle emploi depuis plus de deux ans contre 22,3% pour l’ensemble des inscrits. Plus l’âge avance et plus de 50 ans rencontrent de grandes difficultés pour sortir du chômage.

Ainsi, 60,2% des plus de 55 ans étaient au chômage depuis plus d’un an en 2018 contre 41,8% pour l’ensemble des chômeurs de 15 à 64 ans.

Comment dès lors  envisager d’un point de vue social la compatibilité avec un report de l’âge de la retraite. Il est vraisemblable qu’en attendant la fatidique date, nombre d’intéressés iront rejoindre le halo du chômage, c’est-à-dire ce qui n’ont plus droit à rien en matière d’indemnités et qui ne recherchent plus de travail à Pôle emploi. Un report éventuel de l’âge  de la retraite (qui devrait être ciblé en fonction de la nature des métiers et de leur pénibilité) n’est donc socialement acceptable que s’il est accompagné d’une politique de réinsertion professionnelle de ces salariés âgés en utilisant d’une part les moyens de la formation, d’autre part en créant des dispositions légales contractuelles pour aménager leur temps et autres conditions de travail

Marché immobilier : bientôt l’explosion de la bulle ?

Marché immobilier : bientôt l’explosion de la bulle ?

Il est clair que la hausse invraisemblable du marché de l’immobilier risque de produire une explosion de la bulle un moment ou à un autre. Dans les grandes métropoles et autres grandes villes, les prix atteignent maintenant des niveaux explosifs  au regard des capacités financières des éventuels accédants. Ne parlons pas de Paris qui va devoir se vider de ses habitants au profit des touristes puisqu’il faut compter au bas mot 1 million d’euros pour un appartement correct. Dans les autres métropoles pour un F4-F5, les prix atteignent autour de 400 000 € c’est-à-dire bien loin des possibilités de remboursement d’emprunt contracté par des candidats à l’accession. En effet dans la plupart des cas compte tenu de ces prix, les accédants sans fortune personnelle devraient emprunter de l’ordre de 300 000 € soit des remboursements mensuels qui tournent autour de 4500 € (la somme varie selon les durées de remboursement). En clair, ces investissements ne sont accessibles qu’aux revenus  de l’ordre de 10 000 euros mensuels  au moins. (Il faut aussi prendre en compte les taxes foncières en général élevées dans les zones très denses)  Deux études Standard & Poor’s et UBS pointent les risques d’un marché où les prix ne sont plus corrélés aux revenus des ménages. Bercy commence aussi à se réveiller mais pour l’instant sur pression des lobbies estime ne pas devoir intervenir pour l’instant.

La révolution numérique et l’émergence d’un nouveau concept narcissique

La révolution numérique et l’émergence d’un nouveau 

concept narcissique (Clotilde Leguil)

 

Notre époque favorise un nouveau narcissisme numérique pour  la philosophe et psychanalyste Clotilde Leguil dans son dernier livre « “Je”, une traversée des identités » (PUF). Elle en attribue la cause à un internet de l’intime qui provoque souffrance et enfermement. Car si le narcissisme est nécessaire à la constitution de l’individu, il devient mortifère quand il n’est pas dépassé. Indiscutablement les technologies numériques ont permis des progrès qui rendent possible de s’affranchir d’une certaine manière de l’espace. Elle constitue un moyen d’ouverture sur le monde en favorisant l’accélération des échanges d’informations, de bien et de culture. C’est un changement fondamental aussi dans les conditions de production et de consommation. Des outils qui peuvent permettre un accès sans limite à la formation, à la culture et à l’échange. Mais des outils qui peuvent aussi aliéner quand en fait le sujet utilisateur de ces technologies devient l’unique objet de l’utilisation de ces outils. Le monde virtuel qui l’accompagne constituant une sorte de miroir sujet lui-même. Avec en plus une addiction quasi permanente à ce miroir. (Interview de lobs) extraites :

Vous expliquez que nous vivons dans une période particulièrement propice au narcissisme, quels en sont les symptômes ?

Tout part d’une formule que j’ai découverte par hasard à Venise. Alors que je me surprenais à regarder des touristes se filmant avec leur iPhone plutôt que de contempler la beauté de la ville, j’ai lu un graffiti : « Le narcissisme de masse est le goulag des temps modernes. » Aphorisme que j’ai trouvé poétique et rassemblant quelque chose d’un diagnostic de notre époque. Il ne s’agit pas pour moi de dénoncer le narcissisme en tant que tel. Ce que j’interroge, c’est une nouvelle version du narcissisme au XXIe siècle, liée à la révolution numérique, un narcissisme à la fois globalisé et enfermant.

Aujourd’hui, l’univers d’internet – les réseaux sociaux, les sites de rencontre etc. – capte quasiment l’entièreté de la libido : les foules sont comme hypnotisées par le regard de l’autre qui les contemple derrière son écran. »

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