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Environnement- l’ obsolescence programmée des produits

Environnement- l’ obsolescence programmée des produits  

 

Une étude de l’Ademe faisait le point sur la problématique de l’allongement de la vie des produits (extrait )

 

L’allongement de la durée de vie des produits s’inscrit comme l’une des pistes visant à promouvoir une consommation plus durable. S’il semble souhaitable d’accroître la durée de vie de la majorité des produits, une approche particulière doit être adoptée pour chaque catégorie de biens. Par ailleurs, la vigilance s’impose pour éviter des pièges tels que la sur-qualité ou les transferts de pollutions. De plus, prendre des décisions pertinentes requiert la poursuite des travaux sur l’analyse environnementale et son interprétation ainsi que la mise en place de méthodologies pour estimer les durées de vie puis la durabilité. Ensuite, des propositions de mesures concrètes à destination des metteurs sur le marché et des fabricants peuvent être discutées.

 

Le point de départ de la réflexion : Une consommation plus durable Tous les produits manufacturés génèrent des impacts environnementaux, en termes d’utilisation de ressources, d’émissions de gaz à effet de serre, de pollution des milieux, de production de déchets plus ou moins dangereux. Ces impacts se répartissent sur l’ensemble de leur cycle de vie depuis l’extraction des matières premières jusqu’à leur fin de vie, en passant par leur production et leur utilisation.

 

POURQUOI SOUHAITER AUGMENTER LA DUREE DE VIE DES PRODUITS ? Aujourd’hui, le modèle de consommation des pays développés induit des impacts environnementaux bien supérieurs à ceux admissibles par l’environnement. En d’autres termes, nous vivons et consommons au-dessus des ressources de la planète. Un tel modèle de consommation n’est donc pas viable dans le temps et n’est, de ce fait, pas qualifiable de « durable » ou de « soutenable ». Cela entraîne notamment une raréfaction de certains gisements de matières premières. A long terme, au-delà de questions économiques stratégiques, cette raréfaction pourrait aggraver les impacts environnementaux liés à des extractions rendues plus difficiles. Il existe de multiples leviers pour se rapprocher d’un modèle de consommation plus durable : incitation à la sobriété, internalisation des coûts environnementaux dans le prix d’achat des produits, augmentation des taux de recyclage des déchets, allongement de la durée de vie des produits … Ainsi, dans tout le rapport, c’est l’« allongement de la durée de vie des produits » qui sera traité. Il ne faut pas oublier l’existence et l’importance des autres leviers pour réduire nos impacts sur l’environnement, ni perdre de vue l’objectif d’une production et d’une consommation plus durable.

 

.Le rapport montrera que l’allongement de la durée de vie de certains produits, pensé dès la conception et favorisé par le réemploi, la réutilisation et la réparation, est susceptible de réduire ces impacts environnementaux de manière significative.

 

DE QUELS « PRODUITS » EST-IL QUESTION ? Dans ce qui suit, l’étude portera sur des biens et non sur des services. De plus, sont exclus les biens périssables (denrées alimentaires, médicaments…), dont la durée de vie et l’indication de date de péremption requièrent une étude à part, ainsi que les produits présentant une date limite d’utilisation compte tenu de caractéristiques intrinsèques aux produits (dangerosité notamment) comme les fusées de détresse par exemple. Ce rapport n’a pas non plus pour vocation à se limiter aux équipements électriques et électroniques, bien qu’ils figurent parmi les priorités d’actions compte tenu des matériaux rares qui les composent et des quantités associées (plus de 1,5 million de tonnes sont mises sur le marché chaque année). Ainsi, les cas de l’automobile, des produits textiles, du mobilier etc. seront également abordés.

 

QUELLE « DUREE DE VIE » EST-IL SOUHAITABLE D’AUGMENTER ?

Comme présentée dans la partie « terminologie », la notion de durée de vie peut signifier plusieurs choses. Allonger la durée de possession d’un objet utilisé occasionnellement n’a pas forcément de sens. En effet, cela impliquerait l’immobilisation de beaucoup de ressources naturelles non renouvelables, tels que les métaux rares. Par exemple, on pourrait se réjouir qu’un utilisateur conserve un outil tel qu’une perceuse durant 30 ans. Cependant, s’il ne l’utilise que dix minutes par an, cela perd de son intérêt en accentuant la pression sur les ressources matérielles. Ainsi, il semble plutôt pertinent de chercher à augmenter la durée totale de fonctionnement d’un produit, tout en optimisant l’usage qui en est fait, et en encourageant une consommation responsable. Dans la suite de la note, les expressions relatives à « l’allongement de la durée de vie » référeront donc à cette notion. Pour reprendre l’exemple de la perceuse, il semblerait alors souhaitable que plusieurs particuliers se la partagent, dans le cadre d’une consommation collaborative. Dans tous les cas, il faut rester vigilant et ne pas pousser à la surconsommation. Une consommation durable, basée sur les besoins réels, impliquerait d’ailleurs une rationalisation des actes de consommation. Au final, il ne s’agit donc pas d’encourager le consommateur à renouveler ses biens au plus vite, mais plutôt de l’inviter à choisir un modèle plus durable lorsque le remplacement du produit précédent s’impose

 

QUE SIGNIFIE « AUGMENTER LA DUREE DE VIE » ? Pour les fabricants, « augmenter la durée de vie des produits » peut signifier plusieurs choses :  Rendre les produits plus robustes, fonctionnels sans réparation ni remplacement de pièces.·  Rendre les produits plus réparables, et assurer leur réparation.·  Rendre les produits plus évolutifs, plus adaptables et plus flexibles aux évolutions· technologiques.  Rendre des produits plus compatibles avec d’autres systèmes. On parle alors· d’interopérabilité.  Rendre des produits plus faciles à entretenir.· Ces définitions ne doivent pas s’opposer les unes aux autres ; il convient plutôt d’envisager de possibles combinaisons. Par ailleurs, le surdimensionnement et la sur-qualité des produits peuvent constituer un risque de contre productivité.

 

ALLONGEMENT DE LA DURÉE DE VIE DES PRODUITS

 

Du point de vue des consommateurs, il s’agit principalement de prendre soin de leurs produits, à travers un entretien régulier et un usage correspondant aux conditions normales d’utilisation. Les notions de mutualisation (par exemple, covoiturage ou partage d’une perceuse) et d’optimisation des usages (attendre le remplissage complet d’un lave-vaisselle avant le lancement d’un cycle), incitent à une massification des usages et permettent d’accroître le service rendu ou la durée de vie effective. Ces différents moyens d’influer sur la durée de vie laissent entrevoir une notion de « durabilité » caractérisant la capacité d’un produit à durer. Dans la suite du rapport, le terme « durable » signifiera le fait d’être robuste, réparable, flexible et adaptable, évolutifs, compatible avec d’autres systèmes, facile à entretenir, etc. La question de la multifonction de certains objets ne sera pas ici abordée : néanmoins, l’arrivée sur le marché d’appareils intégrant des fonctionnalités de plusieurs équipements peut avoir un impact environnemental moindre que la somme des impacts de l’ensemble des équipements. Par exemple, les smartphones qui se substituent à la fois aux baladeurs, aux appareils photos, aux GPS, voire même aux ordinateurs.

 

EST-T-IL TOUJOURS SOUHAITABLE, POUR L’ENVIRONNEMENT, D’AUGMENTER LA DUREE DE VIE DES PRODUITS ? Un raisonnement, basé sur des analyses de cycle de vie, permet de dire dans quelle mesure il est souhaitable de voir la durée de vie d’un produit augmenter. Pour répondre à cette question, il semble pertinent de classer les produits par catégorie. La nomenclature ci-dessous n’est qu’une première étape et doit être suivie d’un raisonnement à l’échelle des gammes (les téléviseurs, les jeans, les canapés etc.) voire des sous gammes de produits. Ensuite, il s’agit de donner la priorité à celles dont les gains environnementaux potentiels sont les plus grands. La question de la raréfaction ou de la pénurie des ressources n’est pas toujours considérée comme un impact environnemental en tant que tel. Mais il s’agit tout de même d’en tenir compte. -Les produits à usage unique, ou qui ont par nature, une faible durée de vie. C’est le cas des feuilles de papier, des couverts et gobelets jetables, de certains emballages, des journaux et des magazines etc. Pour cette catégorie, il ne semble pas pertinent de chercher à augmenter la durée de vie, au risque d’une surqualité injustifié. Il conviendrait alors de déterminer leur niveau optimal de qualité. Par ailleurs, leur substitution par certains produits réutilisables est parfois justifiée du point de vue environnemental. L’exemple classique est celui des tasses ou mugs qui remplacent les gobelets jetables dans les machines à café. -Les biens d’équipement qui, lors de leur utilisation, ne nécessitent pas ou peu de consommation extérieure : pas ou peu d’eau, pas ou peu d’électricité, ni produit à rajouter régulièrement etc. Cela inclut par exemple le mobilier, les outils non électriques, les équipements dont l’impact environnemental est essentiellement dû aux phases de production et de fin de vie. Pour ces catégories de biens, il est alors souhaitable d’allonger la durée de vie de ces produits. Mais aussi ceux qui requièrent un apport extérieur « non différenciateur» ; c’est le cas du textile : les quantités d’eau, d’énergie et de lessive ne dépendent généralement pas du type de vêtement nettoyé. Ainsi, si deux t-shirts présentent les mêmes impacts environnementaux au niveau de leur fabrication et de leur fin de vie, il sera préférable de sélectionner celui dont la durée de vie est la plus grande. -Les biens d’équipement qui, lors de leur utilisation, nécessitent des apports extérieurs de manière à la fois différenciatrice et non négligeable. Leurs impacts environnementaux proviennent donc en grande partie de la phase d’utilisation. C’est le cas de certains équipements électriques et électroniques et des véhicules thermiques. Pour eux, il s’agit aussi de réduire les impacts en phase d’utilisation tels que les consommations d’eau et d’électricité pour un lave-linge, ou de carburant pour les voitures.

 

Deux sous catégories permettent alors de distinguer les appareils selon la stabilité de leur niveau technologique : – Pour certains produits comme les grille-pain, les réfrigérateurs, les ventilateurs etc., la technologie et la sophistication semblent stabilisées depuis quelques années. Les performances en termes de consommation atteignent donc des niveaux limites, asymptotiques, jusqu’à une éventuelle prochaine innovation technologique de rupture comme fut celle des DVD remplaçant les VHS. Cependant, malgré quelques gains en termes d’impacts environnementaux, les impacts relatifs au renouvellement (production et fin de vie) peuvent justifier le fait d’accroître la durée de vie de ce type de produits. – Pour d’autres produits comme les chaudières (encore plus lors du remplacement d’une chaudière à énergie fossile par une autre aux énergies renouvelables) ou les véhicules, le rythme des évolutions techniques est encore très élevé et des ruptures technologiques peuvent permettre un gain environnemental. Il peut donc ne sembler pas pertinent, à première vue, de chercher à allonger la durée de vie de manière systématique. Malgré tout, bien que les modèles de première génération peuvent vite être considérés comme « dépassés », ils se vendent parfois encore très bien sur le marché de l’occasion, cinq ans après leur sortie. De manière générale, il est possible de raisonner à l’échelle des composants : même si un produit présente des composants très innovants, il s’agit de favoriser l’allongement de la durée de vie des parties matures. Cela revient à rendre les produits plus adaptables aux évolutions technologiques, en permettant par exemple de remplacer le bloc moteur d’un véhicule, le microprocesseur d’un ordinateur, ou de procéder à toute autre mise à jour mécanique. Le cas des smartphones est très souvent présenté comme exemple. Ces appareils semblent, comme d’autres, être révélateurs de nos modes de consommation, tout en se distinguant des autres produits électroniques par leur place centrale dans notre quotidien. Composés de matières à la fois rares et seulement partiellement recyclées, ils sont souvent remplacés bien avant leur fin de vie technique. Sur ce point, il faut néanmoins se satisfaire du développement des forfaits sans engagement dans la téléphonie mobile. Ainsi, le consommateur voit directement la valeur marchande de son appareil qu’il doit acheter séparément de son forfait. Jusqu’ici, ce prix était souvent réparti dans les mensualités et l’utilisateur était régulièrement invité à renouveler son matériel, souvent contre une somme symbolique masquant ainsi le cout réel du smartphone et banalisant de fait sa fin de vie. Parmi les « révolutions technologiques » ou les grandes « innovations » en cours, figurent les objets connectés, issus de la forte miniaturisation des composants électroniques. Ce sont des biens dont la vocation première n’est pas d’être des périphériques informatiques ni des interfaces d’accès au web, mais auxquels l’ajout d’une connexion Internet a permis d’apporter une valeur supplémentaire en terme de fonctionnalité, d’information, d’usage ou d’interaction avec l’environnement. Une telle rupture technologique pourrait permettre de réduire l’impact de certains modèles par rapport à ceux d’aujourd’hui. D’une part les impacts environnementaux liés à l’usage pourraient décroître : les lave-linge se mettront donc en marche en fonction de la production d’énergie renouvelable. Les cycles seront alors automatiquement lancés lors des creux de consommation électrique sur le réseau. D’autre part l’entretien et la réparation seront facilités : les capteurs installés sur les appareils communiqueront très fréquemment leurs mesures, anticipant ainsi les pannes. De même, en cas de défaillance, ces capteurs pourront en indiquer les causes et ainsi faciliter la réparation. Au final, les durées de fonctionnement des appareils pourront croître, diminuant ainsi les impacts liés à la fabrication et à la fin de vie. Cependant, il semble tout de même pertinent de plaider en faveur d’un allongement de la durée de vie des produits concernés par l’arrivée des objets connectés. En effet, d’une part rien ne prouve que cette tendance va se développer : bien que L’institut d’études GfK prévoit que chaque foyer français hébergera plus de 30 objets connectés en 2020, il faut reconnaître que d’autres succès annoncés comme le Blu-ray ou la télévision 3D ne sont pas aujourd’hui au rendez-vous.

 

D’autre part, les délais de diffusion de cette technologie sont de l’ordre de la décennie, soit la durée de vie d’appareils. Mieux vaut donc conserver ses produits actuels jusqu’à leur fin de vie. Enfin, encourager les secteurs concernés à développer des produits durables dès aujourd’hui devrait se poursuivre, dans quelques années, lors de la production d’objets connectés. En conséquent, il est souhaitable d’allonger la durée de vie d’un grand nombre de produits. Dans chaque cas, un bilan environnemental multicritères sur l’ensemble du cycle de vie permettrait de confirmer ce choix et de connaître les gains liés à cet allongement. Les choix de pondération des critères entrant dans l’impact environnemental global et la réponse à cette question resteront néanmoins toujours sujets à débat. Ainsi, comment dire si la question du réchauffement climatique est prioritaire à celle de l’épuisement des ressources naturelles ou encore à celle des déchets nucléaires ? Il s’agit là de questions de société. Au final, l’intérêt d’allonger les durées de vie dépendra des pondérations choisies, c’est-à-dire de l’importance relative donnée à chaque critère. Un raisonnement orienté « matière » favorisera l’allongement quasi systématique des durées de vie. En revanche, un autre angle de vue comme une approche tournée vers des « flux » comme l’électricité conduira à des conclusions plus nuancées. Une telle analyse devrait aussi indiquer l’allongement optimal : en effet, des produits plus robustes peuvent nécessiter l’apport de davantage de matériaux, ce qui peut conduire à une augmentation des impacts environnementaux. Pouvoir estimer ce surplus d’impacts permettrait donc de trouver le meilleur compromis. En l’état actuel des connaissances, il est important de promouvoir l’allongement général de la durée de vie des produits afin d’éviter toute ambiguïté vis-à-vis du consommateur même si une minorité d’exemples contrediraient les bienfaits d’un allongement de durée de vie. Ainsi, il est clair qu’il n’est pas forcément bon de vouloir conserver un lave-linge des années 1980 dont la consommation en eau et électricité est nettement supérieure à celle des modèles actuels. Mais, de manière pragmatique, inciter le consommateur à renouveler son appareil au plus vite pourrait troubler le message général porté contre la surconsommation. En pratique, il conviendrait de communiquer davantage sur les catégories présentant les gains les plus grands que sur les autres. Néanmoins, lorsque des questions importantes de santé et de sécurité entrent dans le débat, il peut s’avérer souhaitable d’adapter le discours en encourageant le remplacement des produits concernés. Ainsi, les anciens véhicules Diesel des années 1990 émettent beaucoup plus de particules polluantes qu’aujourd’hui, aggravant considérablement la pollution de l’air. Dans de tels cas, encourager le renouvellement du parc ancien semble pertinent1 . Il en va de même en cas de rupture technologique majeure amenant des gains environnementaux significatifs durant les phases d’utilisation (cas des chaudières par exemple).




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