Archive pour le Tag 'L’inflation'

« Reprise de l’inflation après la crise »

« Reprise de l’inflation après la crise »

 

À juste titre,  Vincent Champain évoque l’hypothèse d’un retour de l’inflation après la crise. En effet, on voit mal comment la dette immense pourrait être amortie par la seule  augmentation de la fiscalité. Le choc serait trop rude. On risque de recourir à la recette classique de l’inflation, c’est-à-dire l’impôt des pauvres qui parait incontournables quand la valeur de la monnaie est en décalage avec la richesse produite réelle.

 

Tribune :

 

Pour répondre à la crise du Covid, il a fallu agir vite pour éviter un cercle vicieux : moins de revenus entraînant moins de consommation, et encore moins de revenus. Les Etats européens ont vite augmenté leurs dépenses, puis leur dette. La BCE est intervenue massivement : plus de mille milliards d’euros ont été émis en contrepartie.

Soit la dette Covid sera remboursée par de futurs efforts des contribuables et des bénéficiaires des dépenses publiques. Soit, comme beaucoup le réclament, elle sera monétisée. A terme, il y aura alors des milliers de milliards d’euros de plus pour un peu moins de biens et services. D’une part, le fameux « impôt sur les pauvres » remboursera la dette : les pertes de ceux qui sont les moins bien placés pour se protéger de l’inflation auront pour contrepartie la baisse du poids de la dette.

S’y ajoutera un surcoût moins visible, lié à la perte de croissance qu’entraînera un système de prix moins prévisible – les investisseurs augmenteront leur prime de risque et les ménages leur épargne de précaution, ce qui réduira le niveau d’activité. Le mandat de la BCE ne s’y oppose pas si c’est fait progressivement : si elle avait depuis sa création poussé l’inflation au maximum de son mandat, les prix seraient aujourd’hui supérieurs de 15 %, soit ce qui sera nécessaire pour effacer la dette Covid actuelle.

Les Etats-Unis se trouvent dans une situation cumulant un déficit courant chronique, un isolationnisme économique et un taux d’épargne négatif : une baisse du dollar à moyen terme semble l’un des seuls moyens pour corriger ces déséquilibres

Rebond. Un autre facteur peut contribuer au retour de l’inflation à moyen terme, monétaire celui-là. Qu’il s’agisse de leur capacité de rebond après la crise, ou de leur potentiel à moyen terme, les économies asiatiques – à commencer par la Chine – ont montré une vigueur qui manque encore à l’Europe, et qui est absente aux Etats-Unis. Ces derniers se trouvent donc dans une situation cumulant un déficit courant chronique, un isolationnisme économique et un taux d’épargne négatif : une baisse du dollar à moyen terme semble l’un des seuls moyens pour corriger ces déséquilibres.

L’Europe semble se trouver dans une situation plus favorable, mais sa balance courante s’est fortement dégradée en mai. Si elle peine à la rétablir, c’est sa monnaie qui s’ajustera. La compétitivité des entreprises y gagnera, mais au prix d’un retour d’une inflation vis-à-vis de laquelle la BCE serait mieux armée si le volume de monnaie n’a pas été augmenté par l’absorption de la dette Covid. Est-il possible que l’Asie hier spécialisée dans le bas de gamme et désormais présente dans la haute technologie puisse voir sa monnaie se réévaluer fortement par rapport à la nôtre ? C’est en tout cas ce qu’a fait le Japon.

Sans qu’il soit certain, nous devons donc nous préparer à un risque inflationniste. D’abord en expliquant le vrai coût de la monétisation de la dette et son danger pour l’Europe : créer une divergence irrémédiable entre pays « pragmatiques » qui refuseront de payer le surcoût de l’inflation pour s’en tenir au remboursement de leur dette et pays « romantiques » qui préféreront croire à l’inverse. Ensuite, en évitant de condamner les Français à « l’impôt des pauvres » alors que leurs concitoyens plus aisés sauront mieux protéger leur épargne contre l’inflation.

Vincent Champain est cadre dirigeant et co-président de l’Observatoire du Long Terme, think tank dédié aux enjeux de long terme.

 

Une politique monétaire qui mène à l’inflation et aux dévaluations

Une   politique monétaire qui mène à l’inflation et aux dévaluations

L’économiste Jean-Pierre Patat met en garde, dans une tribune au « Monde », contre le mythe d’un retour à la politique de création monétaire des années 1950, rappelant qu’elle a débouché sur l’inflation et des dévaluations à répétition.

 

L’ampleur du défi économique posé par l’épidémie de Covid-19 incite certains à le comparer à celui auquel la France eut à faire face au lendemain de la seconde guerre mondiale, et à évoquer le rôle capital du programme du Conseil national de la Résistance, repris par le général de Gaulle.

Compte tenu de la part majeure qu’occupe, de nos jours, dans la gestion économique, la politique monétaire dont on attend des interventions massives et durables, peut-on tirer des enseignements de la politique monétaire menée durant les années 1940 et 1950…, pourtant à des années-lumière des pratiques d’aujourd’hui ?

La Banque de France n’était pas indépendante (elle ne pouvait pas, entre autres, agir librement sur les taux d’intérêt), elle consentait des avances directes, parfois de grande ampleur, à l’Etat, mais aussi intervenait dans le financement de l’économie avec, notamment, le mécanisme du crédit à moyen terme à la construction, qui aboutissait à faire financer par la Banque des crédits à très lointaine échéance.

Cette stratégie monétaire se déployait dans un environnement financier lui aussi fort éloigné du contexte actuel : activités bancaires très compartimentées ; fortes interventions de l’Etat dans le financement de l’économie au travers d’organismes publics ; marché de capitaux végétatif ; barrières aux mouvements internationaux de capitaux.

Cette politique monétaire a certes eu sa part dans le redressement du pays et dans la longue période de croissance des « trente glorieuses ». Mais elle est aussi partiellement responsable d’une fièvre inflationniste non maîtrisée, avec des dévaluations du franc à répétition – en douze ans, la valeur du dollar en francs passe de 43,88 à 350 francs –, de dérives budgétaires et d’un endettement public qui nous paraîtrait minime aujourd’hui, mais qui, dans le contexte international de l’époque, vaudront à Paris d’être mis sous tutelle du Fonds monétaire international (FMI).

 

L’un des souhaits de ceux qui se réfèrent à cette période est que la Banque centrale renoue avec la pratique des avances directes à l’Etat confronté à un besoin colossal de financement, afin de mettre un terme à sa dépendance vis-à-vis des marchés. Mais cela supposerait déjà qu’un consensus se forme au sein du système européen de banques centrales (SEBC), auquel la Banque de France appartient. Surtout, est-ce que cela apporterait concrètement du nouveau ? 

«Remboursement de la dette : par l’impôt ou l’inflation ? »

 «Remboursement de la dette : par l’impôt ou l’inflation ? »

 

 

« qui va rembourser les énormes dettes découlant de la crise ? C’est la question à laquelle s’efforce de répondre -timidement par rapport à l’inflation- – l’ancienne Ancienne associée-gérante de la banque Rothschild, Anne-Laure Kiechel dans un interview de l’Opinion ; elle a conseillé le gouvernement grec dirigé par Alexis Tsipras dans le cadre du suivi du plan d’aide financière à la Grèce. Elle a lancé sa structure indépendante Global Sovereign Advisory, qui compte une vingtaine de mandats de différents gouvernements, et la première chaire en Europe consacrée à la dette souveraine, à Sciences Po.

Que pensez-vous du résultat du dernier Conseil européen ?

Le Fonds de relance européen a fait l’objet d’un consensus dans son principe lors du dernier Conseil européen. Il n’exclut pas a priori les propositions italienne et espagnole portant respectivement sur l’émission de coronabonds ou d’une dette perpétuelle et s’ajoutera aux 540 millions d’euros déjà mobilisés via le Mécanisme européen de stabilité, la Banque européenne d’investissement et la Commission. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont ainsi chargé, jeudi dernier, la Commission européenne d’analyser avec précision les besoins afin de proposer dès que possible des modalités techniques pour ce fonds (montant, financement, répartition) permettant une relance commune à la hauteur des enjeux de la crise. Si le plan atteint les 1 000 à 1 500 milliards, la Commission ou un autre véhicule devront lever de la dette sans se limiter au seul budget européen et selon des modalités qui ne sont pas encore arrêtées.

La proposition de la France de mélanger aux prêts des subventions pour les régions les plus touchées, notamment dans les pays du sud, doit également encore faire son chemin. La proposition espagnole de dette perpétuelle pour financer un fonds de relance de 1 500 milliards a également été remarquée.

Voyez-vous l’Italie comme une bombe à retardement politique et économique pour l’UE ?

L’Italie fait nation durant cette crise. La cote de confiance des Italiens en leur gouvernement a ainsi gagné plus de 15 points. En revanche, l’Italie a le sentiment d’être délaissée par ses partenaires européens, et les excuses de la présidente de la Commission européenne n’y ont rien changé. Dans un contexte de très faible croissance l’an dernier (0,2 %), la dette italienne, qui est déjà de plus de 134 % du PIB et qui atteindra très vite cette année 156 points de PIB, est un sujet croissant d’inquiétude. Certes, la BCE rachètera massivement cette dette, au moins jusqu’à la fin de l’année. Mais pour l’avenir, le Fonds de relance européen devra aider à assurer la soutenabilité de l’économie italienne et à répondre à cette attente forte de solidarité.

« Si chaque pays est confronté à des situations particulières car chaque économie est différente, on distingue une séquence commune de réponse à la crise »

Quels conseils donnez-vous actuellement aux pays qui sont vos clients ?

Nous travaillons actuellement avec une vingtaine de pays sur tous les continents. Leur première priorité est évidemment sanitaire. Pour le reste, si chaque pays est confronté à des situations particulières car chaque économie est différente, on distingue une séquence commune de trois phases de réponse à la crise.

Tout d’abord, une phase de liquidité, c’est-à-dire de soutien direct aux acteurs économiques pour qu’ils ne disparaissent pas, ainsi qu’aux ménages pour préserver leurs revenus. Cette phase implique parfois des mesures de contrôles des prix, des soutiens massifs aux entreprises comme dans le secteur aérien en France, voire des plans de nationalisations. Le recours au chômage partiel et les prêts garantis par l’État sont évidemment emblématiques de cette phase, tout comme le revenu universel qui va être lancé en Espagne ou la « monnaie hélicoptère ​» utilisée aux États-Unis.

Ensuite, une phase de solvabilité qui s’attachera à assurer ou à rétablir la soutenabilité des dettes – donc une phase de transition. Les mesures d’urgence seront progressivement à adapter tandis que les entreprises reprendront leur activité. L’Etat devra les accompagner avec un filet de sécurité pour limiter, autant que faire se peut, les licenciements dont certains seront malheureusement inévitables. L’Etat devra accompagner les citoyens dans cette situation précaire en travaillant à amorcer le troisième temps, créateur d’emplois, le plus rapidement possible.

Enfin, le temps de la reprise viendra. Ce sera aussi celui des choix qui seront à arrêter en fonction de la société que nous voulons. Quelles activités relancer et quelles chaînes de valeur relocaliser pour assurer plus d’autonomie stratégique dans un monde toujours plus incertain ? Faudra-t-il développer de nouveaux métiers, par exemple dans le domaine du soutien aux personnes âgées à domicile ou du numérique ​?

Les instruments de dettes et les entités qui les émettront devront être adaptés aux différentes étapes, de même que les plans de relance qui devront être cohérents pour créer durablement plus d’emplois.

« Le temps de la reprise viendra. Ce sera celui des choix à arrêter en fonction de la société que nous voulons. Quelles activités relancer, quelles chaînes de valeur relocaliser ? »

Qui va payer les dettes demain ?

La question de la dette mondiale mérite une mise en perspective. La dette était déjà difficilement soutenable avant la crise. Début 2020, elle dépassait 320 % du PIB mondial, soit 257 000 milliards de dollars, ce qui représente 50 % de plus qu’en 2008 en raison de taux d’intérêt anormalement bas. Or, les premières mesures budgétaires adoptées par les Etats dans le monde viennent d’ajouter, en seulement quelques semaines, 8 000 milliards de dollars à ce niveau déjà élevé de dette mondiale.

Dans ce contexte, l’accord trouvé par le G20 le 15 avril dernier ne peut être que salué car le remboursement de cette dette ne doit pas passer avant les mesures d’urgence dans les pays en développement. Il prévoit une suspension des échéances de dette pour les pays à bas revenus jusqu’à la fin de l’année et a marqué une avancée historique puisqu’il concerne le Club de Paris comme la Chine, les autorités gouvernementales comme les créanciers privés. Cependant, ses modalités pratiques demandent encore à être clarifiées et nous accompagnons en ce moment de nombreux Etats afin qu’ils puissent bénéficier de ces mesures pour consacrer plus de moyens à leur lutte contre la pandémie.

Il faudra aussi, le moment venu, d’une manière ou d’une autre, se poser la question de l’opportunité de l’effacement d’une partie de ces dettes qui seront devenues, après la crise, probablement dans au moins une quarantaine de pays émergents ou en développement, insoutenables.

Est-ce que dans les autres pays, on remboursera par l’inflation, par l’impôt ​? Sur quels agents cela pèsera-t-il ​​? Il faudra décider du partage de ce fardeau et ne pas le faire derrière des portes closes. »

L’immobilier fausse l’inflation ?

L’immobilier fausse l’inflation ?

Alexandre Mirlicourtois, Xerfi  estime dans la Tribune que l’immobilier fausse l’inflation et le pouvoir d’achat

« Ce chiffre fait hurler : 6%. C’est le poids du logement dans la mesure de l’inflation calculée par l’Insee. Autrement dit, le coût du loyer vaut pour 6% du budget total des ménages. Ce niveau suscite légitiment l’incompréhension. Même en ajoutant les petits travaux d’entretien, l’eau, l’électricité, le gaz et autres combustibles, la balance indique seulement 14%.

14% pour se loger : le traitement réservé au logement apparaît donc comme déficient, plus particulièrement dans un pays comme la France où les prix de l’immobilier ont explosé. L’inflation serait donc systématiquement sous-estimée avec ses conséquences en cascades sur le calcul du pouvoir d’achat, mais également sur les revalorisations du SMIC, des prestations sociales, mais aussi des salaires, la hausse des prix restant le grand repère pour les négociations salariales. Comme toute statistique, l’indice des prix à la consommation (l’IPC) est avant tout un construit social aux effets politiques importants fait de conventions.

L’IPC mesure, par définition, les prix et les services consommés. Or, l’achat d’un bien immobilier ne donne pas lieu au processus de destruction qu’entraîne la consommation et participe à la constitution d’un patrimoine. Sauf que près de 6 ménages sur 10 sont propriétaires de leurs logements en France et ne paient, par définition, aucun loyer et sont donc exclus de facto du champ de l’analyse. L’indice des prix « logement » concerne donc seulement les 40% de la population locataire dont près de la moitié est logée dans le parc social. La part des loyers dans leur consommation, une fois déduite les allocations, est de l’ordre de 20% en moyenne.

C’est mathématique 20% de 40%, cela fait 8 ! Il faut aussi intégrer que le niveau de vie des locataires, et par conséquent leurs dépenses de consommation, est plus faible de 20% environ à celles des propriétaires. La part des loyers dans leurs dépenses de consommation est rapportée à la contribution de ces ménages à la consommation totale pour obtenir une part moyenne de 6% de l’ensemble de la consommation.

L’histoire ne peut cependant pas s’arrêter là au regard de la pression qu’exerce objectivement le logement sur les ménages. Pour les propriétaires non-accédants, c’est-à-dire ceux qui n’ont plus aucune charge de remboursement, le problème ne se pose pas : la part des loyers est de zéro, ils n’ont plus qu’à s’acquitter de l’entretien et des charges courantes. Cela concerne près des deux tiers des propriétaires, soit quand même 40% environ des ménages. En revanche, le coup de projecteur doit être donné sur le tiers de propriétaires restant, plus précisément les accédants à la propriété, ceux qui tous les mois ont une partie de leur budget dédiée au remboursement de leurs emprunts et qui ampute leur reste à vivre. On parle là, quand même, de 20% de la population française, dont le coût des remboursements bancaires compte actuellement pour 0% dans l’IPC, alors que leur taux d’effort moyen est d’environ 25%. C’est là qu’est le hiatus.

C’est encore une fois de la simple arithmétique, 20% de 25%, c’est une pondération de 5 points de plus pour le logement avec cette interrogation : quel indicateur de prix prendre ? Simplement les prix des logements ? Dans ce cas, c’est une envolée de 122,3% depuis le début des années 2000, soit de 4,3% en moyenne par an.

C’est extrêmement brutal. Sauf que l’on ne sait pas répartir rigoureusement cette hausse dans le temps. Chaque année, elle ne touche que les nouveaux acquéreurs, soit une très faible proportion de la population. Sauf aussi qu’en face, il y a un coût du crédit qui s’est réduit avec des taux au plancher. Sauf aussi qu’intégrer le coût des opérations immobilières, si elle enrichit notre connaissance du coût de la vie, ne peut plus être dénommé « prix de la consommation » au sens strict. C’est compliqué à bâtir. Mais là où il y a une volonté, il y a un chemin. Il ne faut cependant pas s’attendre à un grand bond en avant : le poids du logement au sens large ne dépassant pas 20%, l’inflation dévirait de sa trajectoire de moins de 0,5 point en moyenne par an.

Et c’est tant mieux car le risque, sinon, c’est de se retrouver en porte-à-faux avec la réalité. Imaginons : un pays en pleine euphorie économique, avec une flambée de l’immobilier, puis une cassure avec à la clé une récession et un krach immobilier… Une trop grande prise en compte du logement n’est pas un problème en phase ascendante du cycle, l’accélération de l’inflation vient juste mordre sur le pouvoir d’achat. Mais en cas de retournement conjoncturel brutal, la chute des prix de l’immobilier pourrait entraîner un repli de l’inflation encore plus rapide que celui des revenus avec ce résultat paradoxal : une hausse du pouvoir d’achat, alors même que la consommation est pénalisée par des effets de richesse négatifs.

Il faut mettre plus d’immobilier dans l’IPC, c’est un sujet dont la BCE va s’emparer. Mais attention danger. »

Politique monétaire de la BCE- la lutte contre l’inflation qui tue l’investissement et l’emploi

Politique monétaire de la BCE- la lutte contre l’inflation qui tue l’investissement et l’emploi

 

 

Nicolas Goetzmann, responsable de la recherche et de la stratégie macroéconomique à la Financière de la Cité dénonce cette phobie de l’inflation qui a tué emploi et investissement. ( tribune au « Monde »,)

 

Tribune.

 

« Vingt ans après la naissance de l’euro, la Banque centrale européenne (BCE) s’apprête, en ce mois de janvier et sous l’impulsion de sa présidente, Christine Lagarde, à démarrer le chantier de sa « revue stratégique » de politique monétaire. Un processus inédit depuis 2003, et dont le potentiel est la remise en cause – au moins partielle – du dogme économique le plus puissant de ces quarante dernières années : la stabilité des prix, héritière européenne de la politique, française, du « franc fort ».

Cette politique est née, en effet, du tournant de la rigueur de mars 1983 (et plus exactement de juin 1982), qui correspondait alors à la nécessité de lutter contre une inflation galopante. Fin 1986, le combat est remporté et l’inflation est ramenée sous le seuil de 3 %, soit 10 points de moins que son chiffre de 1980. C’est à ce moment de l’histoire économique française que cette politique s’est faite idéologie. Non pas sous la seule influence d’une Allemagne acquise à ce principe, pas plus que par la seule volonté de créer la monnaie unique, mais d’abord par une ambition toute française de rigueur monétaire.

Le 10 avril 1992, Jean-Claude Trichet – alors directeur du Trésor – écrivait dans une note destinée au ministre des finances : « Notre grand objectif est de poursuivre une politique de maîtrise de l’inflation avec les objectifs – ambitieux mais qui sont les seuls que notre pays puisse se donner aujourd’hui – (…) de maintenir en France une inflation inférieure à l’allemande ». Une phrase que les auteurs de La Guerre de sept ans. Histoire secrète du franc fort, 1989-1996 (Calmann Lévy, 1996), Eric Aeschimann et Pascal Riché analysent en ces termes : « En clair, il n’est plus question d’un franc fort, mais d’un franc plus fort que le mark ». Classe politique et haute administration agissent alors avec la ferveur du converti. De Pierre Bérégovoy à Edouard Balladur en passant par Michel Sapin, leurs successeurs et leurs administrations, l’austérité monétaire devient une marque de fabrique « made in France ».

Ce soutien apporté au franc va voir la croissance nominale (non ajustée de l’inflation) du pays chuter de façon vertigineuse au cours de ces premières années de la décennie 1990. De 8 % en 1989, elle tombe à 1 % en 1993 (sur la même période, les Etats-Unis passent de 8 % à 5 %) dont le seul équivalent est la chute de la croissance nominale observée entre 2007 et 2009, pendant la grande crise mondiale. Du côté du chômage, le choix du « franc fort » va s’avérer dramatique. Si une décrue s’était amorcée au lendemain de la lutte – utile – contre l’inflation pour atteindre 8 % à la fin de l’année 1989, le taux de chômage bat un nouveau record au deuxième trimestre 1994, à 10,8 %. Sur l’ensemble de la décennie, un taux de chômage moyen de 9,7 % est à mettre en face d’une inflation moyenne de 1,45 %, marquant la dérive de ce qui est pourtant considéré comme une politique de  raison ».

BCE- la lutte contre l’inflation qui tue l’investissement et l’emploi

BCE- la lutte contre l’inflation qui tue l’investissement et l’emploi

Nicolas Goetzmann, responsable de la recherche et de la stratégie macroéconomique à la Financière de la Cité dénonce cette phobie de l’inflation qui a tué emploi et investissement. ( tribune au « Monde »,)

 

Tribune.

 

« Vingt ans après la naissance de l’euro, la Banque centrale européenne (BCE) s’apprête, en ce mois de janvier et sous l’impulsion de sa présidente, Christine Lagarde, à démarrer le chantier de sa « revue stratégique » de politique monétaire. Un processus inédit depuis 2003, et dont le potentiel est la remise en cause – au moins partielle – du dogme économique le plus puissant de ces quarante dernières années : la stabilité des prix, héritière européenne de la politique, française, du « franc fort ».

Cette politique est née, en effet, du tournant de la rigueur de mars 1983 (et plus exactement de juin 1982), qui correspondait alors à la nécessité de lutter contre une inflation galopante. Fin 1986, le combat est remporté et l’inflation est ramenée sous le seuil de 3 %, soit 10 points de moins que son chiffre de 1980. C’est à ce moment de l’histoire économique française que cette politique s’est faite idéologie. Non pas sous la seule influence d’une Allemagne acquise à ce principe, pas plus que par la seule volonté de créer la monnaie unique, mais d’abord par une ambition toute française de rigueur monétaire.

Le 10 avril 1992, Jean-Claude Trichet – alors directeur du Trésor – écrivait dans une note destinée au ministre des finances : « Notre grand objectif est de poursuivre une politique de maîtrise de l’inflation avec les objectifs – ambitieux mais qui sont les seuls que notre pays puisse se donner aujourd’hui – (…) de maintenir en France une inflation inférieure à l’allemande ». Une phrase que les auteurs de La Guerre de sept ans. Histoire secrète du franc fort, 1989-1996 (Calmann Lévy, 1996), Eric Aeschimann et Pascal Riché analysent en ces termes : « En clair, il n’est plus question d’un franc fort, mais d’un franc plus fort que le mark ». Classe politique et haute administration agissent alors avec la ferveur du converti. De Pierre Bérégovoy à Edouard Balladur en passant par Michel Sapin, leurs successeurs et leurs administrations, l’austérité monétaire devient une marque de fabrique « made in France ».

Ce soutien apporté au franc va voir la croissance nominale (non ajustée de l’inflation) du pays chuter de façon vertigineuse au cours de ces premières années de la décennie 1990. De 8 % en 1989, elle tombe à 1 % en 1993 (sur la même période, les Etats-Unis passent de 8 % à 5 %) dont le seul équivalent est la chute de la croissance nominale observée entre 2007 et 2009, pendant la grande crise mondiale. Du côté du chômage, le choix du « franc fort » va s’avérer dramatique. Si une décrue s’était amorcée au lendemain de la lutte – utile – contre l’inflation pour atteindre 8 % à la fin de l’année 1989, le taux de chômage bat un nouveau record au deuxième trimestre 1994, à 10,8 %. Sur l’ensemble de la décennie, un taux de chômage moyen de 9,7 % est à mettre en face d’une inflation moyenne de 1,45 %, marquant la dérive de ce qui est pourtant considéré comme une politique de  raison ».

 

France: la renaissance de l’inflation qui va peser sur la consommation

France: la renaissance  de l’inflation qui va peser sur la consommation

 

Du fait d’une tassement des échanges internationaux, la croissance en France encore davantage qu’ailleurs repose sur la demande intérieure. or  cette demande en 2020 pourrait bien être hypothéquée par la renaissance de l’inflation. Alors que la croissance 2019 devrait tourner autour de 1.2% et à peine 1 % en 2020, l’inflation  pointe sérieusement le bout de son nez avec un  rythme sur un an de 1,6% en décembre en France, selon une première estimation publiée vendredi par l’Insee. De quoi évidemment affecter sérieusement le pouvoir d’achat des ménages et leur épargne. Cela d’autant plus que les revenus ne sont pas augmentés  en valeur relative. En outre, on prévoit de diminuer de 0,5 % le taux des livrets d’épargne. En fait , l’inflation dérape sérieusement en cette fin d’année et évidemment aura des conséquences importantes en 2020. Ce dérapage de 50 % environ de l’inflation amorce sans doute un processus à long terme de correction entre la richesse réelle et les politiques accommodantes des banques centrales (en fait qui utilisent  la planche à billets). Reste à savoir si cette correction se fera progressivement ou brutalement après l’éclatement d’une bulle ou d’un événement géopolitique grave. Mais de toute façon cette correction aura lieu.

L’indice des prix harmonisés selon les normes européennes IPCH, qui permet les comparaisons avec les autres pays de la zone euro, s’inscrit en hausse de 1,6% sur un an, un niveau supérieur aux attentes des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur une hausse de 1,4%, après 1,2% le mois précédent. L’indice des prix à la consommation (IPC), utilisé couramment en France, s’inscrit en hausse à 1,4% sur les douze mois à fin décembre, contre 1,0% à la fin du mois du novembre.

France: la reprise de l’inflation

France: la reprise de l’inflation

 

Alors que la croissance 2019 devrait tourner autour de 1.2% et à peine 1 % en 2020, la croissance pointe sérieusement le bout de son nez avec un  rythme sur un an a de 1,6% en décembre en France, selon une première estimation publiée vendredi par l’Insee. De quoi évidemment affecter sérieusement le pouvoir d’achat des ménages et leur épargne. Cela d’autant plus que les revenus ne sont pas augmentés  en valeur relative. En outre, on prévoit de diminuer de 0,5 % le taux d des livrets d’épargne. En fait , l’inflation dérape sérieusement en cette fin d’année et évidemment aura des conséquences importantes en 2020. Ce dérapage de 50 % environ de l’inflation amorce sans doute un processus à long terme de correction entre la richesse réelle et les politiques accommodantes des banques centrales (en fait qui utilisent  la planche à billets). Reste à savoir si cette correction se fera progressivement ou brutalement après l’éclatement d’une bulle ou d’un événement géopolitique grave. Mais de toute façon cette correction aura lieu.

L’indice des prix harmonisés selon les normes européennes IPCH, qui permet les comparaisons avec les autres pays de la zone euro, s’inscrit en hausse de 1,6% sur un an, un niveau supérieur aux attentes des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur une hausse de 1,4%, après 1,2% le mois précédent.

L’indice des prix à la consommation (IPC), utilisé couramment en France, s’inscrit en hausse à 1,4% sur les douze mois à fin décembre, contre 1,0% à la fin du mois du novembre.

Chine: l’inflation s’envole

Chine: l’inflation s’envole

L’inflation en Chine a atteint 4,5% en novembre en rythme annuel, soit son niveau le plus élevé depuis 2012, sous l’impulsion notamment des prix du porc, selon des statistiques officielles publiées mardi.

Les prix de la viande la plus consommée du pays ont plus que doublé le mois dernier (+110,2% sur un an), le cheptel en Chine étant décimé par une épidémie de peste porcine africaine. Apparu en août 2018 dans le nord-est du pays, le virus s’est propagé dans la plupart des régions. Officiellement, plus d’un million de porcs sont morts ou ont été abattus depuis le début de l’épidémie mais ce chiffre serait largement sous-estimé, selon plusieurs analystes. La flambée des prix du porc a entraîné un repli des consommateurs sur d’autres viandes. Le prix du boeuf a ainsi bondi de 22,2% sur un an le mois dernier et celui de l’agneau de 14,3%.

De leur côté, les prix à la production industrielle se sont de nouveau inscrits le mois dernier à la baisse, un nouveau signe inquiétant pour la deuxième économie mondiale, en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis. L’indice des prix sortie d’usine est tombé en novembre à -1,4% sur un an (contre -1,6% en octobre). Les prévisions d’un groupe d’analystes interrogés par Bloomberg tablaient toutefois sur une baisse plus prononcée (-1,5%).

Zone euro: Le ralentissement de l’inflation confirme le tassement économique

Zone euro: Le ralentissement de l’inflation confirme le tassement économique

 

 

On est loin de l’objectif des 2 % d’inflation souhaitée par la banque centrale européenne qui témoignerait d’une activité plus soutenue. En effet en octobre, l’inflation  n’a affiché une tendance de 0,7 % sur un an. elle  a ralenti en octobre en raison de la baisse des prix de l’énergie, confirment les statistiques définitives publiées vendredi par Eurostat.

Les prix à la consommation dans les 19 pays partageant l’euro ont progressé de 0,7% le mois dernier sur un an, après une hausse de 0,8% en septembre, un chiffre qui confirme les estimations initiales.

Ce ralentissement s’explique par une chute de 3,1% des prix de l’énergie. Cependant si on exclut l’énergie d’inflation se limite encore autour de 1 % sur un an. En cause évidemment le ralentissement mondial qui pèse sur le prix des échanges internationaux et sur les consommations intérieures.

Zone euro: Le ralentissement de l’inflation confirme le tassement économique

Zone euro: Le ralentissement de l’inflation confirme le tassement économique

 

 

On est loin de l’objectif des 2 % d’inflation souhaitée par la banque centrale européenne qui témoignerait d’une activité plus soutenue. En effet en octobre, l’inflation  n’a affiché une tendance de 0,7 % sur un an. elle  a ralenti en octobre en raison de la baisse des prix de l’énergie, confirment les statistiques définitives publiées vendredi par Eurostat.

Les prix à la consommation dans les 19 pays partageant l’euro ont progressé de 0,7% le mois dernier sur un an, après une hausse de 0,8% en septembre, un chiffre qui confirme les estimations initiales.

Ce ralentissement s’explique par une chute de 3,1% des prix de l’énergie. Cependant si on exclut l’énergie d’inflation se limite encore autour de 1 % sur un an. En cause évidemment le ralentissement mondial qui pèse sur le prix des échanges internationaux et sur les consommations intérieures.

En Allemagne, l’inflation en hausse !

En Allemagne, l’inflation en hausse !

Si  globalement, en zone euro, l’inflation a continué à décélérer en juillet et face à cette conjoncture poussive l’inflation en Allemagne est bien remontée en juillet à 1,7% sur un an, en partie à cause de la sécheresse, selon des chiffres définitifs publiés mardi par l’office fédéral des statistiques Destatis. (À comparer à la moyenne européenne de 1,1 % sur un an). Et alors que la croissance allemande faiblit encore davantage que celle de l’ensemble de l’union (seulement autour de 0,5 % pour l’Allemagne).

 

Les prix des produits alimentaires ont soutenu cette remontée, passant de +1,2% en juin à +2,1% en juillet, ce que les observateurs ont attribué aux conséquences de la sécheresse estivale. Les prix des légumes (+11%) et de la viande (+3,6%) ont particulièrement grimpé, détaille Destatis. Les prix de l’énergie ont eux augmenté de 2,5%, sensiblement autant qu’en juin et la croissance des prix des services a décéléré, de +1,9% à +1,5%. En glissement mensuel, les prix ont augmenté de 0,5% par rapport à juin, a aussi confirmé Destatis.

L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPHC), utilisé comme référence par la Banque centrale européenne (BCE), affiche une hausse de 1,1% sur un an, bien en-dessous du niveau « proche de 2% » considéré par l’institut monétaire comme signe de bonne santé de l’économie. Face à cette perspective et à une conjoncture poussive, la Banque centrale européenne a préparé les esprits fin juillet à une baisse de ses taux ainsi qu’à une possible reprise de son programme de rachats d’actifs, tous deux attendus à l’automne par les analystes.

Croissance Japon: Léger rebond de l’inflation en mars mais croissance atone

Croissance Japon: Léger rebond de l’inflation en mars mais croissance atone

Une très légère hausse des prix de 0,1 % en mars qui ne suffit pas pour manifester une hausse durable conforme à la prévision qui traduirait une reprise de la croissance aujourd’hui en berne. L’indice national des prix à la consommation (CPI), qui inclut les produits pétroliers mais exclut les produits alimentaires les plus sensibles aux variations passagères, produits frais notamment, a augmenté de 0,8% le mois dernier en rythme annuel, légèrement au-dessus de la prévision médiane qui donnait une progression de 0,7% identique à celle de février. Ce n’est pas cette petite évolution qui remet en cause les tendances baissières de la croissance. Ainsi  jamais depuis  juillet 2016,  les exportations n’ont été aussi basses. Signe de l’atonie de l’activité économique mondiale, le secteur manufacturier au Japon s’est contractée en avril pour le troisième mois consécutif, sous l’effet d’un ralentissement des nouvelles commandes à l’exportation dont dépend fortement l’économie nippone, montrent les résultats préliminaires publiés jeudi de l’enquête réalisée par Markit/Nikkei auprès des directeurs d’achats. La version “flash” de l’indice PMI manufacturier s’est établi à 49,5 en avril en données corrigées des variations saisonnières, marquant un léger rebond par rapport à mars (49,2 en lecture définitive) mais restant pour un troisième mois consécutif sous le seuil de 50 qui sépare contraction et expansion de l’activité. “Le secteur manufacturier japonais s’est enlisé au début du deuxième trimestre à cause de facteurs ayant empêché toute croissance, tels que les relations sino-américaines et les inquiétudes liées à la croissance en Chine”, souligne Joe Hayes, économiste chez IHS Markit, le cabinet d’études qui réalise l’enquête. Symbole des dangers qui menacent l’économie japonaise, le déclin des nouvelles commandes à l’exportation, tombées à un plus bas depuis juillet 2016, à 47,1 après 48,1 en lecture définitive en mars. Aux yeux de nombreux analystes, il est nécessaire que les Etats-Unis et la Chine parviennent à conclure enfin un accord commercial pour alléger les pressions qui pèsent sur l’économie japonaises. Les deux pays sont les deux premiers marchés du Japon à l’exportation. La faiblesse de l’inflation n’est que le reflet du tassement de l’activité. Hors énergie, l’inflation de base a progressé de 0,4% en mars sur un an, comme le mois précédent, attestant de la faiblesse des pressions inflationnistes. Ces statistiques accentuent les craintes de voir l’inflation de base stagner, voire fléchir, dans les mois qui viennent du fait de la baisse des prix pétroliers. Un tel scénario pourrait contraindre la BoJ à prendre des mesures pour soutenir les prix.

Pouvoir d’achat : l’inflation à 1,6% en décembre ?

Pouvoir d’achat : l’inflation à 1,6% en décembre ?

On peut s’interroger sur la chute de l’inflation. En effet en novembre la hausse des prix était encore à 1,9 % mais en décembre elle est tombée à 1,6 %. Une baisse qui découlerait de la diminution des prix de l’énergie mais aussi des produits manufacturés. Si la baisse de l’énergie est réelle notamment celle du pétrole par contre celle des produits manufacturés paraît plus surprenante d’autant que le changement de prix intervient rarement en décembre mais plutôt en janvier. On sait que l’indice de mesure des prix de l’INSEE est structurellement obsolète. Cet indice n’est pas neutre car c’est celui qui sert à l’indexation de nombreux revenus. D’après les chiffres officiels de l’INSEE l’inflation en 2017, s’était établie à 1% en moyenne, en 2018,  son taux a fortement progressé, grimpant jusqu’à 2,2% en octobre dernier. Le ralentissement des deux derniers mois provient principalement de la baisse des prix de l’énergie, qui jusqu’ici ont plus que compensé l’accélération continue des prix de l’alimentation. La hausse des prix à la consommation en France s’est élevée à 1,6% sur un an au mois de décembre, contre 1,9% en novembre et 2,2% en octobre, selon un chiffre provisoire publié vendredi par l’Insee. Sur un mois, les prix à la consommation devraient être stables, après un repli de 0,2% en novembre, a indiqué l’Institut national des statistiques, qui impute le ralentissement de l’inflation à la baisse des prix de l’énergie, dans le sillage de ceux du pétrole, mais aussi des services et du tabac, et d’un recul plus prononcé de ceux des produits manufacturés. En revanche, les prix de l’alimentation ont continué à accélérer avec 2,5% d’augmentation sur un an en décembre, tandis que ceux des produits manufacturés sont en baisse de 0,5% et que ceux des services progressent de 0,9% sur la période, relève dans le détail l’Insee. Le problème c’est que les dépenses des couches moyennes et défavorisés ont surtout été consacrées à l’alimentation et moins aux produits manufacturés. Notons que pour entretenir encore un peu plus de confusion l’Insee indique encore que sur un an, l’indice des prix à la consommation (IPC) harmonisé, qui sert de référence pour les comparaisons européennes, « ralentirait nettement à +1,9 %, après +2,2 % en novembre. Sur un mois, il augmenterait de 0,1 %, après un repli de 0,2 % le mois précédent. » L’institut avertit enfin que ces chiffres provisoires « ne doivent pas être utilisés pour des revalorisations contractuelles » et que le chiffre définitif de l’évolution des prix à la consommation en décembre sera communiqué le 15 janvier.

L’inflation : tassement en Chine

L’inflation : tassement en Chine

 

Confirmant le tassement de la croissance observée en 2017, l’inflation faiblit. Selon des données publiées mercredi par le Bureau national des statistiques, les prix à la consommation ont augmenté de 1,8% sur un an le mois dernier, contre +1,7% en novembre et un consensus des économistes interrogés par Reuters de 1,9%. Sur l‘ensemble de 2017, l‘inflation a été de 1,6%.  Les prix à la production ont augmenté de 4,9% en décembre contre une hausse de 5,8% en novembre et un consensus de 4,8%. Sur 2017, ces prix ont enregistré une progression de 6,3%.

L’inflation en zone euro ralentit, la BCE confortée dans ses choix

L’inflation en zone euro ralentit, la BCE confortée dans ses choix

La hausse des prix dans les 19 pays partageant la monnaie européenne est ressortie à 1,4% sur un an en décembre en première estimation, exactement au même rythme que la moyenne des anticipations des économistes, après 1,5% en novembre, montrent les chiffres publiés vendredi par Eurostat. En outre, l‘inflation en zone euro a légèrement ralenti comme prévu en décembre, une évolution qui justifie le choix de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir sa politique monétaire ultra-accommodante malgré les pressions de l‘Allemagne et d‘autres pays riches du bloc en faveur d‘un resserrement. La BCE a fait savoir qu‘elle continuerait d‘acheter des obligations au moins jusqu‘en septembre et qu‘elle maintiendrait ses taux bas bien après, afin d‘amener l‘inflation vers son objectif d‘un peu moins de 2%. Mais les responsables politiques aux Pays-Bas, en Allemagne et dans d‘autres pays du Nord de l‘Europe jugent préoccupante la poursuite d‘une politique trop accommodante dans un contexte de forte croissance économique.




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