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Gaz russe : l’hypocrisie générale de l’Europe

Gaz russe : l’hypocrisie générale de l’Europe

Le journal les Échos rapportent comment Marion Van Renterghem décrypte le plan de Vladimir Poutine pour isoler l’Ukraine et renforcer l’addiction de l’Europe au gaz naturel russe. Elle pose la question de l’incohérence géopolitique, et même du cynisme, des dirigeants européens « sous influence ».

Sans le sabotage anonyme du plus grand pipeline sous-marin du monde, au large de l’île danoise de Bornholm, ce 26 septembre 2022, Vladimir Poutine pourrait encore savourer la satisfaction de tenir l’Europe en laisse grâce à un gazoduc de 10 milliards d’euros, financé pour moitié par cinq groupes européens (Engie, Shell, OMV, Uniper et Wintershall), au côté du géant russe Gazprom.

Ardemment voulu par le Kremlin et… l’ancienne chancelière allemande, Angela Merkel, le gazoduc Nord Stream 2 (inauguré en 2021), qui contourne soigneusement la Pologne et l’Ukraine, s’est soudainement transformé en symbole de la faiblesse et de la coupable incohérence de l’Union européenne.

Avec la guerre en Ukraine, c’est même devenu le stigmate d’ « une des plus gigantesques erreurs stratégiques du XXIe siècle ». Marion Van Renterghem (prix Albert Londres) ne mâche pas ses mots dans ce thriller géopolitique captivant qui est plus qu’une allégorie. Dans un style vif et sans détour, elle retourne avec ardeur le couteau dans la plaie….

Le chef du Kremlin a réussi à berner ou à endormir une grande partie de la classe politique européenne, à travers une armada d’agents d’influence, d’ « idiots utiles ou d’alliés malgré eux », en puisant largement dans la « lâcheté de beaucoup et la naïveté de tous »… dont certains politiques français comme Fillon ou Sarkhosy .

D’autant que la biographe d’Angela Merkel n’épargne personne : ni l’ancienne chancelière elle-même, ni le chancelier Gerhard Schröder, l’un des principaux artisans du vaste réseau de complicités de Poutine, ni l’ancien patron du SPD et puissant ministre de l’Economie et de l’Energie, Sigmar Gabriel, l’un des rares à faire son autocritique.

Au bout du compte, le gazoduc Nord Stream (avec ses deux jumeaux inaugurés à dix ans d’intervalle) apparaît surtout comme l’ultime stigmate de la faiblesse coupable des Européens confrontés au cynisme absolu du régime poutinien. Face à l’obstination de Merkel qui a fait du nouveau gazoduc jumeau de Nord Stream 1 un « impératif catégorique », ni l’opposition des Polonais, ni celle des Baltes, des Slovaques ou des Tchèques ne pèseront du moindre poids.

Surtout, Angela Merkel se refuse à voir que le deuxième gazoduc sous la Baltique fait voler en éclats la sécurité stratégique de l’Ukraine.

L’IA générative : défi pour l’Europe

L’IA générative : défi pour l’Europe

Le vieux Continent ne devrait pas se perdre dans les critiques des technologies émergentes comme ChatGPT, ni dans les inquiétudes démesurées comme le remplacement des humains par les automates.

Par Camille Fumard, auteur, et Luc Julia, spécialiste mondial de l’intelligence artificielle et actuel directeur scientifique de Renault. dans la Tribune

Ces derniers mois, la Silicon Valley semblait avoir perdu de sa superbe. Nous avions déjà imaginé la fin de l’idéologie californienne hybridant la culture hippies/yuppies mais aussi la fin d’un lieu « où les grandes idées rencontrent l’argent intelligent », comme aime à le décrire Bill Draper, de la famille Draper, l’une des plus connues dans le domaine du capital-risque mondial. Nous portions alors notre regard vers d’autres contrées telles que la Silicon Wadi (en Israël) ou encore Shenzhen (en Chine). La Silicon Valley, dernier lieu, peut-être, du thymos (l’amour-propre) occidental dont la foi profonde est placée dans le potentiel émancipateur de la technologie, tombait alors en disgrâce. Échec du métaverse, fraude hallucinante de FTX pour les cryptomonnaies, effondrement et faillites bancaires avec notamment la banque régionale des startups, la Silicon Valley Bank…

Et, pourtant ! La Silicon Valley en a vu d’autres et n’en est pas à sa première tempête. De la « dot-com bubble » en passant par la bulle des CleanTech de 2008, elle incarne aussi cette patrie de l’échec, véritable cimetière des innovations. C’est ce lieu des rêveries vulnérables où l’échec représente un passage presque obligé pour réussir. L’esprit de conquête, en référence à la conquête de l’ouest, n’a donc jamais quitté son théâtre de jeu. On le voit récemment avec l’intelligence artificielle (IA) générative. Cette dernière percée technologique des grands modèles linguistiques LLM (s’entraînant sur des trillions de mots) a pris d’assaut l’industrie entraînant une véritable euphorie chez les entrepreneurs et startupers mais aussi les capital-risqueurs. Ce marché devrait atteindre 1.304 milliards de dollars d’ici 2032, selon Bloomberg Intelligence.

La technologie de l’IA générative permet en effet des expériences comme l’écriture d’une semaine de code en quelques secondes ou la génération de conversations textuelles qui semblent encore plus empathiques que celles que nous avons avec les humains. Autrefois associée à l’or, au pétrole, puis au silicium, ou encore à Internet, et aujourd’hui à l’IA générative, la foi profonde dans le potentiel émancipateur de la technologie bat toujours son plein. Finalement, seuls les succès, ceux qui ont un impact énorme sur le réseau, sont retenus. Et, l’IA générative a déjà changé les plans d’affaires des concurrents et des investisseurs.

A cet égard, le vieux Continent ne devrait pas se perdre dans les critiques des technologies émergentes comme ChatGPT, ni dans les inquiétudes démesurées comme le remplacement des humains par les automates dans le monde du travail. Nous avons déjà connu deux cycles de panique liés au chômage dû à la technologie : la panique de l’externalisation dans les années 2000 et la panique de l’automatisation dans les années 2010 comme l’écrit Marc Andreessen, cofondateur et associé général de la société de capital-risque Andreessen

Horowitz, dans son texte « Pourquoi l’IA sauvera le monde ». Non, la technique appelle plutôt à être rationnel. Al Gore dans son célèbre discours de 1993 sur l’expansion d’un réseau informatique national l’avait, par exemple, déjà compris en posant l’expression des « autoroutes de l’information » en opposition à la vision utopique du cyberespace des années 90. L’IA générative n’en est qu’à ses débuts. Elle va traverser des étapes, des étapes toujours domptées par des ingénieurs et architectes du numérique, mais elle façonnera tous les aspects de nos vies. On devrait voir arriver des avancées comme le perfectionnement de la mémoire des LLMs avec des fenêtres contextuelles plus larges ou encore en matière d’interactivité avec l’intégration de modèles multimodaux permettant d’aller au-delà du langage. Ainsi, selon la courbe de Gartner, l’IA générative, qui traverse à une vitesse encore jamais vue la fameuse « Hype Cycle », devrait rapidement atteindre la phase de développement éclairé puis celle de d’adoption progressive.

Démythifier l’IA générative et son fonctionnement, c’est peut-être là que tout se joue aujourd’hui, surtout pour une Europe qui tend à freiner la technologie plutôt que ses usages (l’IA ACT étant le dernier exemple en date). Nous parlons encore de ces dispositifs comme d’un éther conscient qui nous entoure alors que les générations doivent comprendre que nous parlons en réalité de quelque chose que l’homme conçoit, fabrique et contrôle. Le vrai combat à mener pour l’avenir est la lutte contre l’ignorance et l’absence d’une solide compréhension citoyenne du fonctionnement de la tech. En effet, pour que la génération future puisse saisir pleinement les opportunités offertes par l’IA générative et relever les défis qu’elle présente, nous devons agir maintenant. L’IA Literacy, terme dérivé de la littératie numérique qui désigne la capacité d’un individu à comprendre et utiliser l’information au moyen des technologies, est l’une des clés essentielles pour affronter le monde du travail de demain, être un consommateur avisé et un citoyen responsable.

Nous devons donc initier d’urgence un vaste programme d’IA Literacy qui vise à inscrire dans les écoles, à l’université et dans les entreprises des programmes pour apprendre à connaître l’IA, ses aspects techniques, la façon dont elle perçoit le monde, collecte et traite les données. Ce vaste chantier éducatif permettra de former une génération éclairée capable de tempérer la perception souvent inexacte selon laquelle l’IA est une force infaillible et omnisciente mais aussi d’éclairer nos décisions. Une visée qui va d’ailleurs de pair avec un cadre réglementaire pour la gestion des risques liés à l’IA, un « code de conduite » international attaché à de grands principes généraux. « Le génie de l’IA est sorti de la bouteille », explique Cynthia Breazeal, professeur d’arts et de sciences des médias au Massachusetts Institute of Technology. Il ne s’agit pas seulement du domaine de l’informatique et du codage. Cela touche tous les aspects de la société. Savoir solliciter l’outil change la donne et offre des repères pour éviter d’être trompé ou lésé par un programme informatique. Les étudiants devront s’entraîner à obtenir les bonnes informations, à générer les bons prompts mais aussi à détecter les failles ou les biais induits par les machines, de la même manière que les générations précédentes ont appris le système de catalogue pour naviguer dans la bibliothèque.

En saisissant l’importance de l’IA literacy, nous pourrons enfin opérer un glissement sémantique pour parler « d’intelligence augmentée » en lieu et place « d’intelligence artificielle », sans perdre de vue que l’outil technique est là pour d’abord optimiser l’intelligence humaine. Espérons que le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, et le ministre délégué de la Transition numérique, Jean-Noël Barrot, vont se charger de ce vaste chantier.

Niger : l’hypocrisie des États-Unis et de l’Europe

Niger : l’hypocrisie des États-Unis et de l’Europe

À juste titre, Macron a dénoncé la couardise des États-Unis et de l’Europe vis-à-vis de la situation au Niger. De fait , la France- avec la CDEAO- se trouve relativement isolée. Les États-Unis ne veulent même pas parler de coup d’état et négocient discrètement le maintien au Niger de leurs forces. De son côté, l’Europe ferme les yeux sur la situation et ne veut pas s’engager comme d’habitude. Pour l’Europe ,le Niger n’est pas un enjeu économique stratégique et il n’appartient pas au Vieux continent de s’engager à la fois pour la démocratie et la lutte contre le terrorisme.

Macron a raison de dénoncer cette hypocrisie. La France est un effet la salle grande puissance à réclamer le retour de la démocratie et le retour du président élu.

Dans la coulisse évidemment, la Russie ne cesse d’ajouter de l’huile sur le feu en s’appuyant sur les gauchistes et autres profiteurs qui préfèrent Poutine à la démocratie. Dernier coup de force de la dictature, la demande de renvoi de l’ambassade de France. Une provocation évidemment. Mais le temps jouera certainement contre le coup d’État car le prix de l’alimentaire a considérablement augmenté et l’État malien se trouvera bientôt en situation de faillite financière et ne pourra plus payer ses fonctionnaires y compris les militaires.

Un enjeu de taille, il s’agit ni plus ni moins de la contagion des dictatures dans toute l’Afrique et de la menace encore plus grave du terrorisme islamique .

Politique-Niger : l’hypocrisie des États-Unis et de l’Europe

Politique-Niger : l’hypocrisie des États-Unis et de l’Europe

À juste titre, Macron a dénoncé la couardise des États-Unis et de l’Europe vis-à-vis de la situation au Niger. De fait , la France- avec la CDEAO- se trouve relativement isolée. Les États-Unis ne veulent même pas parler de coup d’état et négocient discrètement le maintien au Niger de leurs forces. De son côté, l’Europe ferme les yeux sur la situation et ne veut pas s’engager comme d’habitude. Pour l’Europe ,le Niger n’est pas un enjeu économique stratégique et il n’appartient pas au Vieux continent de s’engager à la fois pour la démocratie et la lutte contre le terrorisme.

Macron a raison de dénoncer cette hypocrisie. La France est un effet la salle grande puissance à réclamer le retour de la démocratie et le retour du président élu.

Dans la coulisse évidemment, la Russie ne cesse d’ajouter de l’huile sur le feu en s’appuyant sur les gauchistes et autres profiteurs qui préfèrent Poutine à la démocratie. Dernier coup de force de la dictature, la demande de renvoi de l’ambassade de France. Une provocation évidemment. Mais le temps jouera certainement contre le coup d’État car le prix de l’alimentaire a considérablement augmenté et l’État malien se trouvera bientôt en situation de faillite financière et ne pourra plus payer ses fonctionnaires y compris les militaires.

Un enjeu de taille, il s’agit ni plus ni moins de la contagion des dictatures dans toute l’Afrique et de la menace encore plus grave du terrorisme islamique .

Niger : l’hypocrisie des États-Unis et de l’Europe

Niger : l’hypocrisie des États-Unis et de l’Europe

À juste titre, Macon a dénoncé la couardise des États-Unis et de l’Europe vis-à-vis de la situation au Niger. De fait , la France- avec la CDEAO- se trouve relativement isolée. Les États-Unis ne veulent même pas parler de coup d’état et négocient discrètement le maintien au Niger de leurs forces. De son côté, l’Europe ferme les yeux sur la situation et ne veut pas s’engager comme d’habitude. Pour l’Europe ,le Niger n’est pas un enjeu économique stratégique et il n’appartient pas au Vieux continent de s’engager à la fois pour la démocratie et la lutte contre le terrorisme.

Macron a raison de dénoncer cette hypocrisie. La France est un effet la salle grande puissances à réclamer le retour de la démocratie et le retour du président élu.

Dans la coulisse évidemment, la Russie ne cesse d’ajouter de l’huile sur le feu en s’appuyant sur les gauchistes et autres profiteurs qui préfèrent Poutine à la démocratie. Dernier coup de force de la dictature, la demande de renvoi de l’ambassade de France. Une provocation évidemment. Mais le temps jouera certainement contre le coup d’État car le prix de l’alimentaire a considérablement augmenté et l’État malien se trouvera bientôt en situation de faillite financière et ne pourra plus payer ses fonctionnaires y compris les militaires.

Un enjeu taille, il s’agit ni plus ni moins de la contagion des dictatures dans toute l’Afrique et de la menace encore plus grave du terrorisme islamique .

L’Europe manque de leaders du numérique

L’Europe manque de leaders du numérique

Pour faire émerger au plus tôt ces géants, l’Europe doit se doter d’une meilleure politique de soutien à l’innovation. dans La Tribune. Par Thibaud Elzière, cofondateur de Hexa.


En laissant entrevoir à court terme un avenir que l’on imaginait beaucoup plus lointain, ChatGPT suscite une effervescence rare, même dans le monde de la tech où l’on est pourtant habitué aux innovations spectaculaires. Or, étant conçu sur des données, des règles, des valeurs et une vision américaines, le chatbot d’OpenAI ne peut que refléter la culture dont il est issu. Si ChatGPT et ses futurs semblables, que préparent Google et Facebook, sont amenés à jouer un rôle prépondérant dans notre vie quotidienne, ils le feront par conséquent en véhiculant cet héritage. L’émergence de tels outils souligne à quel point il est important et urgent de développer leurs équivalents européens afin de préserver la pluralité des cultures et le respect de nos sensibilités.

La coloration culturelle des algorithmes n’est que l’une des dimensions de la technologie où peuvent s’exprimer des différences de vues entre Européens et Américains. Dans la gestion des données, de la vie privée, du droit d’auteur, des exigences sociétales et environnementales, les approches diffèrent, parfois considérablement. Or, notre identité, notre intimité, notre travail, notre santé, nos moyens de communication et d’information, sans parler de nos systèmes critiques d’énergie, de défense ou de transport, reposent tous sur le numérique. Sur tous ces aspects, si nous voulons faire prévaloir nos conceptions, nous ne pouvons nous en remettre à des technologies qui ne les partagent pas. C’est pourquoi il est impératif que nous bâtissions une souveraineté numérique, c’est-à-dire un écosystème technologique qui préserve sur tous les sujets clés notre liberté d’appréciation, de décision et d’action.

Cette notion de souveraineté technologique peut sembler bien illusoire quand la quasi-totalité des logiciels, des matériels, des composants qui les constituent et de l’ensemble des savoir-faire nécessaires se trouvent aux États-Unis et en Chine. Pour autant, ces retards sont-ils irrémédiables ? Sommes-nous condamnés à dépendre éternellement de pays qui n’hésiteront jamais à faire passer leurs intérêts avant les nôtres ? Pas nécessairement ! À l’image de l’intelligence artificielle et de l’informatique quantique, l’innovation est si rapide qu’elle peut brusquement redessiner des paysages qui pouvaient sembler figés à jamais.

Pour développer des innovations de rupture susceptibles de renverser la table en notre faveur, ce dont nous avons par-dessus tout besoin, ce sont des locomotives. La supériorité technologique américaine repose sur les GAFAM et leur colossale force de gravité qui attire inexorablement investissements, données et talents. Ils influencent, pour ne pas dire imposent, les usages et les standards. Ils rachètent à prix d’or concurrents émergents et innovations prometteuses, étendant leur empire et éteignant au passage toute alternative. Plus que de très grandes entreprises, ces géants gouvernent nos existences, selon leurs propres règles. Pour leur tenir tête, nous avons nous aussi besoin de tels acteurs dominants, capables d’être les pôles d’un écosystème numérique souverain. Mais, pour croître, ces champions ont besoin des ressources d’un vaste marché et il est évident que le cadre national est trop étroit. En revanche, en dépit de son hétérogénéité, l’Europe offre une masse critique et une cohésion culturelle beaucoup plus propices. C’est à ce niveau qu’il faut agir.

Avec le RGPD, le Digital Services Act ou le Data Act, l’Europe montre qu’elle a la volonté de bâtir pour le numérique un cadre spécifique, protecteur de ses valeurs et de ses principes, et donc favorable aux entreprises qui y adhèrent. Cette démarche est absolument nécessaire, mais pour faire émerger au plus tôt ses propres champions du numérique, l’Europe doit aussi se doter d’une politique de soutien volontariste, laquelle pourrait s’appuyer sur quatre accélérateurs.

En premier lieu, pour avoir une force de frappe démultipliée et ne pas alimenter des concurrences internes contre-productives, il est impératif que toutes les initiatives soient envisagées, décidées et coordonnées au niveau continental. La French Tech, bien qu’ayant été profitable au développement du numérique et à la viabilité des entreprises tech françaises, ne peut aujourd’hui plus se suffire à elle-même. Son modèle franco-centré présente des limites intrinsèques qu’une initiative européenne permettra de dépasser. Mutualiser le soutien aux entreprises de toute l’Europe est la première étape pour créer une légitimité internationale.

Deuxièmement, cette politique de soutien européenne devrait se limiter à offrir aux créateurs d’entreprise un cadre administratif et réglementaire stable, lisible et protecteur, et des facilités de financement. N’oublions pas que les grandes réussites dans le domaine de la technologie sont toujours le fait d’entrepreneurs visionnaires. La meilleure approche est donc de leur donner les moyens et la liberté de concrétiser leurs idées, sans interférer davantage.

Troisièmement, pour favoriser l’expansion des entreprises européennes et leur permettre de rivaliser d’emblée avec leurs éventuels concurrents américains ou chinois, il est essentiel de renforcer l’unité du marché intérieur. Créer un statut d’entreprise européenne y contribuerait fortement en abolissant la nécessité d’ouvrir une filiale dans chaque pays pour opérer dans l’ensemble de l’Union. Quelques formalités suffiraient pour s’implanter partout et étendre ainsi très rapidement son activité. Ce statut unique serait aussi bénéfique pour les investisseurs à qui il offrirait un cadre standard.

Enfin, un quatrième accélérateur serait la création d’une bourse européenne. L’un des enjeux majeurs des startups est de permettre à leurs investisseurs initiaux de récupérer leur mise, soit au travers d’un rachat, soit d’une introduction en bourse. Pour ce qui est des rachats, tant que l’Europe n’aura pas ses propres géants, les Américains continueront à s’approprier ses pépites. En revanche, nous pourrions créer un marché paneuropéen capable de drainer les liquidités de tout le continent, ce qui éviterait aux entreprises innovantes de s’exiler vers le Nasdaq. Un tel marché permettrait aussi aux épargnants européens de détenir des parts des entreprises qui possèdent leurs données, créant de ce fait une forme de contrôle actionnarial populaire et souverain. Enfin, cela imposerait aux entreprises cotées de se soumettre aux réglementations européennes et donc de conserver leurs spécificités originelles.

Après guerre, mesurant l’importance vitale des secteurs de l’énergie, des télécommunications, des transports et de la santé, les États européens ont largement choisi la voie de la nationalisation pour préserver leur souveraineté. Aujourd’hui, le numérique revêt la même importance et il convient de nouveau de protéger nos intérêts vitaux. À une nuance près : de grands groupes publics seraient incapables d’avoir les ressources, l’agilité et l’esprit pionnier indispensables pour innover et croître à grande vitesse. Pour faire naître nos propres géants du numérique, nous n’avons d’autre choix que de nous en remettre aux entrepreneurs. Et de tout faire pour les aider à réussir.
Thibaud Elzière (*)
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Espace: protéger les intérêts de l’Europe

Espace: protéger les intérêts de l’Europe

L’Europe est confrontée à une grave dégradation de son espace de sécurité, avec le retour de la guerre sur notre continent et l’intensification des menaces qui pèsent sur nos sociétés démocratiques. De plus en plus, l’avenir de nos infrastructures critiques dépend de ce qui se passe dans le domaine cyber et dans l’espace. L’Europe doit être en mesure de protéger ses intérêts. Par le Haut représentant de l’Union pour les Affaires Étrangères et la Politique de Sécurité et Vice-président de la Commission européenne (HR/VP) Josep Borrell et le Commissaire au marché intérieur Thierry Breton dans la Tribune.

À mesure que l’espace devient un domaine de compétition géopolitique, il est de plus en plus encombré et contesté. Prenons, par exemple, la décision de la Russie, en novembre 2021, de tester un missile antisatellite, générant des débris spatiaux qui persisteront pendant des décennies. Depuis, la Russie a menacé d’attaquer d’autres satellites. En outre, la nuit précédant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, une cyberattaque a mis hors service une partie du réseau de télécommunications par satellite Viasat, affectant de nombreux États membres de l’UE. Plus généralement, nous savons que nos concurrents testent et déploient divers moyens d’interdire l’accès aux systèmes et services spatiaux : armes antisatellites, usurpation et brouillage des signaux satellites, cyberattaques, prises de contrôle hostiles d’entreprises spatiales, etc…

En bref, notre sécurité dans l’espace est en danger, ce qui signifie que notre sécurité sur terre l’est tout autant. Les services spatiaux sont en effet essentiels pour notre économie, la vie quotidienne de nos citoyens et notre sécurité. Peu importe que ces services soient fournis par des systèmes spatiaux de l’UE tels que Galileo (pour le positionnement, la navigation et la synchronisation), Copernicus (pour l’observation de la Terre) ou IRIS (pour les communications sécurisées) ou par d’autres acteurs spatiaux publics et privés opérant en Europe. Dans tous les cas, la privation de services spatiaux essentiels aurait des conséquences dramatiques.

L’Europe doit donc défendre ses intérêts dans l’espace et protéger son accès à l’espace. C’est ce que préconise la boussole stratégique de l’UE. C’est pourquoi nous avons présenté le mois dernier la toute première Stratégie Européenne de l’Espace pour la Sécurité et la Défense. La nouvelle stratégie marque un changement de paradigme, et ce à plusieurs égards.

Premièrement, elle nous donnera les moyens de mieux comprendre les actions hostiles de nos concurrents. En soutenant les capacités nationales, en encourageant le partage d’informations et en faisant appel à la communauté du renseignement de nos États membres, nous améliorerons notre compréhension commune des menaces spatiales et renforcerons notre connaissance du domaine spatial afin de détecter rapidement les comportements irresponsables et hostiles.

Deuxièmement, nous veillerons à ce que les services spatiaux essentiels soient plus solides et plus résistants, notamment grâce à une nouvelle législation européenne sur l’espace qui définira des règles communes en matière de sûreté, de sécurité et de durabilité dans l’espace. Ce nouveau cadre juridique favorisera l’échange d’informations sur les incidents de sécurité ainsi que la coordination et la coopération transfrontalières. L’objectif est que tous les États membres disposent d’un niveau minimum commun de résilience pour les services spatiaux critiques ou élaborent des plans nationaux coordonnés de préparation et de résilience ainsi que des protocoles d’urgence.

Nous réduirons également nos dépendances stratégiques en protégeant nos chaînes d’approvisionnement dans le secteur spatial et en développant des technologies spatiales essentielles. Pour ce faire, nous stimulerons notre industrie spatiale, en nous appuyant sur notre base industrielle établie, ainsi que sur les entreprises dites du « New Space ».

Troisièmement, nous organiserons notre capacité à réagir lorsque nos intérêts de sécurité sont en danger. Alors qu’à l’heure actuelle, l’UE a la responsabilité de réagir aux menaces spatiales uniquement lorsqu’elles affectent les éléments des programmes spatiaux de l’UE, notre ambition est d’étendre le mécanisme de réaction de l’UE aux menaces qui pèsent sur tout service ou infrastructure spatiale affectant la sécurité de l’UE et de ses États membres.

En outre, à l’instar de la boîte à outils de cyberdiplomatie pour les cyberattaques, nous renforcerons les mécanismes et les cadres qui, sur la base de preuves solides, nous permettront de réagir et de prendre des mesures de réponse proportionnées et opportunes au niveau de l’UE, qu’elles soient techniques, diplomatiques, économiques ou militaires. Des exercices réguliers dans le domaine spatial nous aideront également à tester et à améliorer nos mécanismes de réponse.

Quatrièmement, nous tirerons le meilleur parti de nos infrastructures spatiales pour soutenir la défense et la sécurité. L’imagerie satellitaire a largement contribué à aider l’Ukraine à résister à l’attaque de la Russie. IRIS, notre nouveau programme de connectivité sécurisée, assurera la sécurité des communications gouvernementales, y compris pour les applications de défense. Nous développerons également de nouveaux services spatiaux dans le domaine de l’observation de la Terre, tout en renforçant la capacité unique d’analyse du renseignement géospatial du Centre satellitaire de l’UE.

Nous prendrons des mesures pour garantir à long terme l’accès autonome de l’UE à l’espace, ce qui est essentiel pour pouvoir réagir rapidement à tout incident dans l’espace. Nous soutiendrons le développement de solutions de lancement innovantes et réactives, telles que les micro-lanceurs et les lanceurs réutilisables, qui répondront aux besoins des acteurs de la défense.

Enfin, nous savons que la coopération avec les partenaires est indispensable. Nous pouvons compter sur nos partenaires et nos alliés au sein de l’OTAN avec lesquels nous continuerons à développer des dialogues sur la sécurité et la défense de l’espace.

L’UE redoublera également d’efforts pour promouvoir des comportements responsables dans l’espace et prévenir toute course aux armements par le biais de normes et de règles multilatérales. La diplomatie reste notre première ligne de défense. À titre d’exemple concret, nous saluons et soutenons l’interdiction des essais de missiles antisatellites destructeurs récemment proposée par les États-Unis et à laquelle certains États membres de l’UE ont déjà adhéré, conformément à la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies de 2022 sur ce sujet.

Face à l’évolution et à l’intensification des menaces, l’UE adapte son approche de l’espace en y intégrant pleinement les enjeux pour notre sécurité et notre défense. Tout cela fait partie de la construction de l’Europe géopolitique que nos citoyens attendent.

Défense de l’Europe : Trop d’effets d’annonce

Défense de l’Europe : Trop d’effets d’annonce

Il n’y a rien de nouveau sur une éventuelle condition d’achats d’armements produits en Europe, estime Nicolas Ravailhe, de l’Institut francophone de stratégies européennes, enseignant École de guerre économique et avocat au barreau de Bruxelles (droit européen) dans la Tribune

La facilité européenne de paix (FEP) est un mécanisme juridique sans spéculations de bonnes intentions d’achats « made in UE ». Le Conseil de l’Union européenne (UE) compétent pour les questions de défense a lancé le 20 mars une initiative destinée à « booster » les livraisons d’obus à l’Ukraine. Plusieurs déclarations ont fait croire à une avancée sur des achats de matériels conçus et produits en Europe. Il n’en est toujours rien à ce jour, deux mois après l’annonce de cette initiative à Stockholm le 8 mars. Le compromis politique toujours en débat devra être traduit en texte juridique. Cela n’a rien de confidentiel et aucune obligation d’achats en Europe n’y figure. En l’espèce, nous devons nous en tenir au texte publié sur le site du Conseil.

Puisque la matière est de nature intergouvernementale – et non communautaire, l’UE n’ayant aucune compétence en matière de défense -, il s’agit d’une décision du Conseil, dont la portée juridique s’impose aux participants, à la réserve près qu’un État membre de l’UE peut toujours sortir à tout moment d’un mécanisme intergouvernemental qui ne lui convient pas ou émettre des clauses de réserve (« opt-out »), contrairement aux politiques communautaires, financées par le budget de l’UE qui s’imposent à tous.

Outre la FEP, deux autres volets défense apparaissent. Le projet EDIRPA étant inopérant, le commissaire Thierry Breton cherche-t-il à le contourner en utilisant le fonds européen de la défense (FEDef) ? Le mécanisme EDIRPA consiste à subventionner sur le budget communautaire des achats groupés de « produits de défense ». Il est ensablé dans les débats parlementaires ; les uns veulent le réserver aux industriels européens afin de soutenir la Base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE), les autres – une majorité à quelques exceptions près – considérant que l’urgence justifie de se fournir auprès de fournisseurs tiers / non-européens.

Ces derniers sont en position de force. Ils ont déjà obtenu l’assentiment du Conseil, contre la proposition initiale de la Commission, à une ouverture maximale, avec en outre un avantage aux « pays de la ligne de front ». Il en ressort une situation très inconfortable pour la position française qui historiquement se croyait plutôt bien implantée au Conseil et plus faible à la Commission européenne. La tentative de Thierry Breton d’utiliser le Fonds européen de défense semble inappropriée. En effet, le FEDef est conçu pour subventionner la recherche et le développement de projets nouveaux en coopération, mais en aucun cas des achats sur étagère.

Cet initiative est donc purement et simplement en marge de la réglementation européenne. L’UE n’a pas le droit d’acheter des obus avec les crédits du FEDef. La Cour des comptes européenne vient d’ailleurs d’adresser un carton jaune à la Commission européenne à propos du tout premier programme précurseur du FEDef. Le Parlement européen, qui comporte de nombreux opposants au FEDef, devrait aussi très vigilant.

L’initiative « SoS » « shelling on sale » serait dotée d’un milliard d’euros – sur les 2 milliards envisagés avant rallonge de 3,5 milliards – et les remboursements auraient pour plafond moins de 60% des dépenses. On s’attend ainsi à ce que les États européens livrent à l’Ukraine pour environ deux milliards d’euros d’obus (équivalent à 500.000 obus de calibre 155mm). Comme leurs stocks sont insuffisants, ils sont encouragés à acquérir ces munitions en vue de les céder aux forces ukrainiennes, et ce, auprès de n’importe quel fournisseur (y compris non-européen), urgence oblige.

Un milliard d’euros serait donc consacré à rembourser les livraisons d’obus par les États participants, mais cette fois, les Européens cherchent à mieux s’organiser, notamment pour diminuer les coûts d’acquisition et ne pas acheter en ordre dispersé. L’agence européenne de défense (AED), organe intergouvernemental de coopération en matière capacitaire, devra mettre sur pied ex nihilo une plateforme d’achat afin de publier en septembre un appel à la concurrence en vue de passer un « accord cadre » avec des fournisseurs potentiels présélectionnés parmi lesquels les États pourront passer des « marchés subséquents » auprès de l’un ou plusieurs de ces fournisseurs.

Le temps de recruter les acheteurs, de rédiger les documents de la consultation, de dépouiller les offres, voire de négocier avec les candidats si la procédure le permet, il peut se passer de nombreux mois. Les Ukrainiens ne verront pas l’ombre d’un obus acheté par ce mécanisme – s’il voit le jour – avant l’année 2024.

En outre, il se peut que les délais soient accrus par le contentieux probable que les candidats potentiels issus de pays non-européens pourront engager si le mécanisme est effectivement réservé aux 15 industriels européens repérés par la « task force » mise sur pied par Thierry Breton. A moins de se placer sous l’article 346 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), l’AED ne pourra en effet exclure les candidats « tiers » à cause de l’accord international sur les marchés publics. Or aucun intérêt de sécurité ne justifie de se référer à cet article qui, en règle générale, est honni par la Commission européenne à cause précisément de l’exception aux règles de concurrence de l’UE.

Enfin, à supposer que l’accord cadre soit bien réservé à des fournisseurs européens, que se passera-t-il ? Les États pourraient procéder par options : les uns achèteront leurs obus exclusivement hors BITDE et seront remboursés sur le premier milliard (FEP) ; les autres passeront des « marchés AED » afin « d’acheter européen ». Et comme les deux milliards sont tout à fait « fongibles » entre eux, rien ni personne n’empêchera les États à se faire rembourser plus d’un milliard sur le premier volet s’ils y trouvent leur intérêt. C’est l’avantage d’une « caisse de bienfaisance » comme la FEP et ses produits dérivés : on fait ce qu’on veut avec son argent. Aucune règle de bonne gestion budgétaire ne s’y applique sauf si la France avait la volonté d’y imposer des règles exigeantes pour ses intérêts et ceux de l’UE.

Tout cela illustre l’incapacité de l’UE à traiter sérieusement des questions de défense et pour cause, elle n’a pas été conçue pour cela. Quand plusieurs analystes des questions de défense, dont Alain Bauer, considèrent que désormais « l’Europe de la défense, c’est l’OTAN », on ne peut que constater que le droit comme les faits leur donnent raison.

Banques : des risques aussi pour l’Europe (FMI)

Banques : des risques aussi pour l’Europe (FMI)

«L’Europe est vulnérable parce que l’union bancaire n’est pas terminée», a estimé Pierre-Olivier Gourinchas à Paris lors d’une rencontre organisée par l’Association des journalistes économiques et financiers (Ajef).

«On n’a pas encore d’union des dépôts: ça veut dire que la France est responsable de ses propres banques, l’Allemagne est responsable de ses propres banques s’il y a un choc en termes de garantie des dépôts», a expliqué Pierre-Olivier Gourinchas. Or, «on est en droit de se poser des questions sur la capacité des pays européens à prendre en charge leurs propres banques si jamais il y avait un choc bancaire important», comme les autorités américaines l’ont fait après les faillites de la Silicon Valley Bank, de Signature Bank ou de First Republic.

Les marges financières des États européens pour voler au secours des banques qui feraient défaut sont limitées, après les importantes dépenses publiques consenties depuis la pandémie de Covid-19.

Toutefois, les perturbations que connait le secteur bancaire américain à la suite de la faillite de Silicon Valley Bank (SVB) devraient avoir un impact limité sur les établissements européens, organisés différemment, ont estimé les agences américaines de notation Moody’s et S&P Global. «La structure du bilan des banques européennes limite la contagion», explique Moody’s, qui a par ailleurs abaissé la perspective du secteur bancaire américain de stable à négative. Pour justifier sa position, l’agence cite une proportion plus importante de dépôts auprès de la banque centrale de la part des banques européennes.

Le FMI «est quand même un peu inquiet de cette instabilité bancaire, parce qu’une fois que les investisseurs deviennent nerveux par rapport aux institutions financières, il y a toujours la possibilité de mouvements de marché qui s’amplifient et ne soient pas très bien contrôlés», a fait valoir Pierre-Olivier Gourinchas. Cependant, les banques européennes disposent de «coussins de capitaux plus importants» que leurs homologues américaines et elles se sont soumises aux tests de résistance (stress tests) de manière «plus rigoureuse» qu’aux États-Unis, a-t-il tenu à rassurer. «Dans la zone euro, on n’a pas eu de grandes banques qui ont été mises en difficulté», à l’exception de Credit Suisse, «une banque qui allait mal depuis déjà longtemps», a-t-il encore fait valoir. L’Europe «a des banques plus solides, mais moins d’outils (que les États-Unis) pour répondre» à leurs éventuelles difficultés, a résumé Pierre-Olivier Gourinchas.

Transition énergétique de l’Europe : pour des données objectives sur l’énergie

Transition énergétique de l’Europe : pour des données objectives sur l’énergie

Sur le mode de l’Agence européenne pour l’environnement, dix économistes et spécialistes du climat européens plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur de la création d’une Agence européenne de l’énergie, publique et indépendante, pour assurer une transition verte, au sein de l’Union européenne.

Combien l’industrie paie-t-elle pour l’électricité ? D’où venait le gaz européen en 2022 ? Combien de centrales électriques l’Europe compte-t-elle ? Quelles sont les lignes de transport les plus encombrées ? A quelle vitesse l’énergie éolienne et solaire est-elle ajoutée au système ?

Il n’est pas facile de trouver une réponse claire à ces questions, d’une part parce que certaines statistiques publiques restent inaccessibles ou difficiles à utiliser, et d’autre part parce que des données plus simples et plus récentes ne sont disponibles que dans le commerce. C’est particulièrement vrai pour les prix de l’énergie et des émissions, mais aussi pour les données relatives à la demande de certains groupes de consommateurs ou à la production régionale.

Pas de problème, pourrait-on penser. Il en a toujours été ainsi et la disponibilité des données publiques s’est même améliorée, ces dernières années. Mais c’est un problème.

La transformation énergétique nécessaire pour parvenir à des émissions nettes nulles d’ici à 2050 sera massive. Les transports, le chauffage et l’industrie doivent être convertis très rapidement à des sources d’énergie sans émissions. L’identification de la bonne combinaison de solutions est controversée. Les consommateurs d’électricité doivent-ils se déplacer là où se trouvent les éoliennes, les éoliennes là où se trouve la consommation, ou l’électricité doit-elle être transportée ? Comment les coûts doivent-ils être répartis entre les différents consommateurs ?

Il ne s’agit pas seulement de questions technico-économiques, mais aussi et surtout de questions politiques. La disponibilité de données fiables et cohérentes représente donc une base fondamentale pour étayer les grands choix politiques en matière d’énergie. Sans données de qualité, la transition énergétique de l’Europe sera plus difficile à réaliser.

Economie: l’Europe dans la paralysie

Economie: l’Europe dans la paralysie

L’« accélération de l’économie européenne » évoquée en Chine en ce mois d’avril par Emmanuel Macron est un conte qui ne berce, ni ne berne, plus personne. ( par Michel Santi , macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales, dans la  » Tribune ».

Lecteurs : votre première voiture électrique sera très probablement chinoise, car la Chine est désormais passée devant l'Allemagne en tant que second exportateur mondial de véhicules. Ce continent qui a inventé la voiture en est réduit à importer ses véhicules électriques dont il est devenu grand consommateur, car il ne les produit pas. Quelle déchéance abrupte pour cette Europe qui exportait vers la Chine tant de voitures, et qui se targuait de damer le pion aux autres en termes d'industries de l'équipement: elle n'a pas vu venir la fin du moteur à combustion.

D'ailleurs, nous serons même prochainement déclassés dans un domaine où nous étions champions, à savoir celui des avions mono-couloirs, car le Président français a accepté, toujours dans le cadre de ce déplacement en Chine, de doubler la production locale d'Airbus, offrant ainsi aux Chinois tout loisir de s'approprier la technologie afin de surclasser les Européens. Exactement comme ce fut le cas lorsque Siemens leur mit à disposition sa technologie des trains à grande vitesse. Comme pour Kuka Robotics, fleuron mondial allemand de la robotique industrielle, rongé petit à petit par l'actionnariat chinois ayant démarré à 5.4% en 2016 pour en être à 95% aujourd'hui.

Pourquoi les Chinois s'en priveraient-ils, du reste, quand les Européens optent systématiquement pour du profit immédiat au détriment de leur propre pérennité technologique sur le long terme ? Pour ceux qui s'étaient donné la peine de s'y intéresser et qui accessoirement savent lire, les objectifs étaient clairement définis dès 2018 dans la feuille de route intitulée « Made in China 2025 » qui sont (je traduis) : «une initiative qui vise à sécuriser la position de la Chine en tant que puissance mondiale dans les industries de haute technologie. L'objectif est de réduire la dépendance de la Chine vis-à-vis des importations de technologies étrangères et d'investir massivement dans ses propres innovations afin de créer des entreprises chinoises capables de concurrencer à la fois sur le marché national et mondial.»

Voilà pourquoi notre moteur industriel allemand est désormais doublé par la Chine, et ce alors que de manière piteuse notre voisin ferme toutes ses centrales nucléaires au beau milieu d'une crise énergétique globale. Voilà pourquoi le déficit commercial allemand fut en 2022, avec 85 milliards d'euros, le plus élevé jamais enregistré par la statistique – je le rappelle – dans un contexte de sanctions contre la Russie paralysant la première économie européenne, et qui la rendent en même temps de plus en plus dépendante du marché chinois pour sa survie.

L'Europe – dont le PIB était sensiblement équivalent à celui des États-Unis au début des années 1980 – s'est, depuis, largement fait distancer. Elle s'est également fait dépasser par la Chine en 2020. C'est comme si ce continent avait unilatéralement choisi de nier les technologies du futur alors qu'il aurait pu devenir l'égal des Américains dans un domaine où il brille néanmoins par la qualité de ses cerveaux. Dès le départ, l'Europe n'a pas tant considéré ces avancées fulgurantes comme des opportunités économiques que comme des menaces qu'il fallait encore et toujours réguler. Car la vision que l'Europe se fait du progrès est d'abord et avant tout problématique. C'est simple : elle légifère, elle édicte directives et réglementations, tandis que les autres inventent et produisent.

Comment dès lors s'étonner de la quasi-invisibilité européenne en Intelligence artificielle ? N'est-il pas à la fois anecdotique – mais ô combien révélateur – que l'Italie et peut-être bientôt d'autres pays interdisent ChatGPT ? Comment avancer, comment être compétitif à l'échelle universelle, dans des domaines que l'on considère être des menaces ? Quand l'Europe comprendra-t-elle qu'il ne sert à rien de réglementer – ni de se vouloir champion de la moralité – sans maîtrise de sa propre puissance économique ? Ce continent – qui est désormais distancé dans quasiment tous les secteurs industriels et technologiques – ne cherche en réalité pas à devenir une superpuissance. Son ambition se réduit à maintenir sa haute qualité de vie, et à ne pas se mêler de crises qui ne seraient pas les siennes. Il n'attend même plus un Prince qui pourrait le réveiller de sa torpeur.

______

(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d'Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l'auteur d'un nouvel ouvrage : « BNS : Rien ne va plus ! », qui est livre enquête sur les pertes massives de la Banque Nationale Suisse en 2022. Sa page Facebook et son fil Twitter.
Michel Santi
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Le nucléaire divise toujours l’Europe

Le nucléaire divise toujours l’Europe

D’un côté une alliance contre le nucléaire menée par l’Autriche s’oppose toujours fermement au développement du nucléaire. Dans le même temps des études d’opinion montrent clairement que le nucléaire retrouve un net soutien dans la plupart des pays.

Depuis la crise énergétique , les opinions publiques sont nettement plus favorables au nucléaire pour produire de l’électricité. C’est ce que montre un rapport de la Fondation Robert-Schuman qui s’appuie sur des données Obs’COP et Dynamique de l’opinion publique.

« L’énergie nucléaire semble offrir une alternative de nouveau crédible », observent Mathieu Brugidou et Jérémy Bouillet, les auteurs de l’étude. Elle est poussée, d’une part, par sa reconnaissance au niveau européen dans le cadre de la taxonomie et, d’autre part, par la guerre « qui replace l’impératif de sécurité énergétique au coeur des débats sur l’énergie », selon eux. La même tendance est à l’oeuvre partout, quelles que soient les stratégies énergétiques des pays.

Mais parallèlement opposés s’organisent. L’Autriche, la Belgique, l’Estonie, le Danemark, l’Allemagne, l’Irlande, la Lettonie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et l’Espagne ont ainsi participé à une réunion afin d’élaborer une stratégie en vue des prochaines négociations.

L’impasse survient un jour avant que les pays de l’Union ne s’accordent sur des objectifs plus stricts en matière de développement des énergies renouvelables d’ici à 2030, un élément clé des plans du bloc visant à réduire les émissions de CO2 et à se sevrer du gaz russe. La France mène une campagne visant à faire reconnaître la contribution de « l’hydrogène à faible teneur en carbone », c’est-à-dire l’hydrogène produit à partir de l’énergie nucléaire. Les pays pro-nucléaires ont fait des demandes similaires concernant une loi régulant le marché du gaz, dont les ministres discuteront mardi.

La ministre autrichienne de l’Energie, Leonore Gewessler, a déclaré que les onze pays avaient rejeté la tentative de lier ces deux dossiers. « Le groupe demande des objectifs ambitieux pour la loi sur les énergies renouvelables afin d’avoir un mandat clair pour les investisseurs et les clients », a-t-elle précisé dans un communiqué. « Cela devrait permettre d’atteindre les objectifs stratégiques européens visant à devenir moins dépendant des importations d’énergie et à développer massivement les énergies locales et renouvelables », a indiqué la ministre.

FOOT-PSG: « la honte de l’Europe » (Riolo)

FOOT-PSG: « la honte de l’Europe » (Riolo)

Incapable de renverser le Bayern, le PSG a perdu à Munich ce mercredi (2-0) lors du match retour des huitièmes de finale de la Ligue des champions. Après la nouvelle élimination prématurée du club francilien, Daniel Riolo espère une grosse lessive estivale au sein de l’équipe avec plusieurs départs majeurs. ( dans BFM)

Frustrant mais finalement tellement prévisible. Un PSG peu inspiré a pris la porte dès les huitièmes de finale de la Ligue des champions ce mercredi après une nouvelle défaite contre le Bayern munich (2-0) à l’Allianz Arena. Miné par les blessures de joueurs cadres, le club francilien n’a rien montré ou presque et a confirmé les craintes de Daniel Riolo sur le niveau de l’équipe. Après la rencontre, le membre de l’After Foot a réclamé de profonds changements à Paris.

« C’est un PSG sans âme dans lequel il faut faire un énorme ménage. Cela fait pas mal de temps que j’appelle ce ménage de mes voeux mais maintenant cela va tellement crever les yeux que l’on va tous avoir les yeux qui saignent, a estimé le journaliste de RMC Sport après la désillusion européenne de Paris. J’espère que certains ce mercredi soir avaient bien les yeux en face des trous. »

Et de s’emporter un peu plus tard après cette nouvelle élimination: « Dans le sport on s’en fout des défaites, ce n’est pas un problème la défaite. Il n’y a qu’une seule équipe qui va gagner la Ligue des champions et tu perds plus souvent que tu ne gagnes. Le problème c’est comment tu perds. [...] Au bout d’un moment quand tu es supporters du PSG et que tu encaisses beaucoup de choses et, certes ton esprit en a marre au bout d’un moment car l’armée numérique entretient de faux espoirs sur les réseaux sociaux, au bout d’un moment le supporter du PSG il explose parce qu’il n’en peut plus et se dit qu’il en a marre de venir au stade voir des starlettes comme Messi et Neymar qui n’ont jamais salué, qui n’en ont rien à fout** et ont joué la comédie en jouant l’union sacrée sur les derniers matchs. On débriefe plus qu’un match, on débriefe un club qui est devenu la HONTE de l’Europe! Messi ce n’est pas possible, on ne peut pas continuer, Neymar on ne peut pas continuer, Verratti on ne peut pas continuer. Marquinhos il est rentré sur le terrain, il avait le froc plein. C’est terminé, il n’en peut plus. Il flippe, il ne peut plus jouer au foot. »

Malgré le retour d’un Kylian Mbappé à 100%, le PSG n’a presque pas existé offensivement. Pire, l’équipe dirigée par Christophe Galtier a livré une piètre prestation collective notamment dans l’entrejeu où Marco Verratti a déjoué et a perdu le ballon sur les deux buts du Bayern.

« Je n’aime pas tirer sur les ambulances, je n’aime pas le faire, J’avais peu d’espoir que le PSG se qualifie. Mais je suis obligé de tirer sur l’ambulance Verratti qui est un joueur de square depuis des années, a encore pesté Daniel Riolo. J’en ai marre. Je me suis fait insulter pendant des années et des années à cause de cela. Là ce mercredi soir, j’ai juste envie mais je ne vais pas le faire, d’insulter tous les abru*** qui n’étaient pas foutus de comprendre ce que je voulais dire et qui se le prennent maintenant dans la gueule. Je ne veux plus jamais les entendre. »

Parfois jugé trop sévère à l’égard de ‘Petit Hibou’, l’éditorialiste de l’After Foot espère cette fois que la prestation de l’Italien dans un match capital a fini de convaincre les supporters.

« Lionel Messi tu le donnes à l’Inter Miami, tu fais une belle oeuvre. Marco Verratti tu le renvoies à Pescara (son club formateur) et t’es bien. En plus il y a Zeman qui est revenu à Pescara comme ça c’est bon. Verratti pourra manger ses petites brochettes, a enchaîné Daniel Riolo après la défaite du PSG. Il pourra aller se balader au bord de la mer, boire ses coups et fumer ses clopes. Il sera tanquille il n’emmerdera plus personne. Et puis il ira faire un urban avec ses potes. Parce que c’est un joueur d’urban au final. Cela fait des années que je dis que c’est un joueur d’urban foot Verratti! [...] C’est exaspérant ce que j’entends depuis des année sur lui. C’est exaspérant! Warren Zaire-Emery il a 17 ans et il lui a mis la misère. »

Daniel Riolo ne s’est pas non plus montré très tendre avec Christophe Galtier, un entranîneur qui n’avait jamais goûté aux huitièmes de Ligue des champions avant le PSG. Selon lui, l’entraîneur parisien doit partir rapidement.

« S’il peut avoir la lucidité de s’en aller très vite, a ironisé le membre de l’After Foot après l’élimination de Paris. Il peut préparer ses bagages. Ce que je fais, je lui laisse la doudoune. Pars, prends la doudoune et les survêtements car cela te fera des souvenirs. Là il n’est plus l’entraîneur du PSG, c’est fini! ll finit peut-être la saison mais là c’est terminé, c’est au-revoir, il ne va pas rester. »

« PSG: la honte de l’Europe » (Riolo)

« PSG: la honte de l’Europe » (Riolo)

Incapable de renverser le Bayern, le PSG a perdu à Munich ce mercredi (2-0) lors du match retour des huitièmes de finale de la Ligue des champions. Après la nouvelle élimination prématurée du club francilien, Daniel Riolo espère une grosse lessive estivale au sein de l’équipe avec plusieurs départs majeurs. ( dans BFM)

Frustrant mais finalement tellement prévisible. Un PSG peu inspiré a pris la porte dès les huitièmes de finale de la Ligue des champions ce mercredi après une nouvelle défaite contre le Bayern munich (2-0) à l’Allianz Arena. Miné par les blessures de joueurs cadres, le club francilien n’a rien montré ou presque et a confirmé les craintes de Daniel Riolo sur le niveau de l’équipe. Après la rencontre, le membre de l’After Foot a réclamé de profonds changements à Paris.

« C’est un PSG sans âme dans lequel il faut faire un énorme ménage. Cela fait pas mal de temps que j’appelle ce ménage de mes voeux mais maintenant cela va tellement crever les yeux que l’on va tous avoir les yeux qui saignent, a estimé le journaliste de RMC Sport après la désillusion européenne de Paris. J’espère que certains ce mercredi soir avaient bien les yeux en face des trous. »

Et de s’emporter un peu plus tard après cette nouvelle élimination: « Dans le sport on s’en fout des défaites, ce n’est pas un problème la défaite. Il n’y a qu’une seule équipe qui va gagner la Ligue des champions et tu perds plus souvent que tu ne gagnes. Le problème c’est comment tu perds. [...] Au bout d’un moment quand tu es supporters du PSG et que tu encaisses beaucoup de choses et, certes ton esprit en a marre au bout d’un moment car l’armée numérique entretient de faux espoirs sur les réseaux sociaux, au bout d’un moment le supporter du PSG il explose parce qu’il n’en peut plus et se dit qu’il en a marre de venir au stade voir des starlettes comme Messi et Neymar qui n’ont jamais salué, qui n’en ont rien à fout** et ont joué la comédie en jouant l’union sacrée sur les derniers matchs. On débriefe plus qu’un match, on débriefe un club qui est devenu la HONTE de l’Europe! Messi ce n’est pas possible, on ne peut pas continuer, Neymar on ne peut pas continuer, Verratti on ne peut pas continuer. Marquinhos il est rentré sur le terrain, il avait le froc plein. C’est terminé, il n’en peut plus. Il flippe, il ne peut plus jouer au foot. »

Malgré le retour d’un Kylian Mbappé à 100%, le PSG n’a presque pas existé offensivement. Pire, l’équipe dirigée par Christophe Galtier a livré une piètre prestation collective notamment dans l’entrejeu où Marco Verratti a déjoué et a perdu le ballon sur les deux buts du Bayern.

« Je n’aime pas tirer sur les ambulances, je n’aime pas le faire, J’avais peu d’espoir que le PSG se qualifie. Mais je suis obligé de tirer sur l’ambulance Verratti qui est un joueur de square depuis des années, a encore pesté Daniel Riolo. J’en ai marre. Je me suis fait insulter pendant des années et des années à cause de cela. Là ce mercredi soir, j’ai juste envie mais je ne vais pas le faire, d’insulter tous les abru*** qui n’étaient pas foutus de comprendre ce que je voulais dire et qui se le prennent maintenant dans la gueule. Je ne veux plus jamais les entendre. »

Parfois jugé trop sévère à l’égard de ‘Petit Hibou’, l’éditorialiste de l’After Foot espère cette fois que la prestation de l’Italien dans un match capital a fini de convaincre les supporters.

« Lionel Messi tu le donnes à l’Inter Miami, tu fais une belle oeuvre. Marco Verratti tu le renvoies à Pescara (son club formateur) et t’es bien. En plus il y a Zeman qui est revenu à Pescara comme ça c’est bon. Verratti pourra manger ses petites brochettes, a enchaîné Daniel Riolo après la défaite du PSG. Il pourra aller se balader au bord de la mer, boire ses coups et fumer ses clopes. Il sera tanquille il n’emmerdera plus personne. Et puis il ira faire un urban avec ses potes. Parce que c’est un joueur d’urban au final. Cela fait des années que je dis que c’est un joueur d’urban foot Verratti! [...] C’est exaspérant ce que j’entends depuis des année sur lui. C’est exaspérant! Warren Zaire-Emery il a 17 ans et il lui a mis la misère. »

Daniel Riolo ne s’est pas non plus montré très tendre avec Christophe Galtier, un entranîneur qui n’avait jamais goûté aux huitièmes de Ligue des champions avant le PSG. Selon lui, l’entraîneur parisien doit partir rapidement.

« S’il peut avoir la lucidité de s’en aller très vite, a ironisé le membre de l’After Foot après l’élimination de Paris. Il peut préparer ses bagages. Ce que je fais, je lui laisse la doudoune. Pars, prends la doudoune et les survêtements car cela te fera des souvenirs. Là il n’est plus l’entraîneur du PSG, c’est fini! ll finit peut-être la saison mais là c’est terminé, c’est au-revoir, il ne va pas rester. »

Les conditions de développement entre l’Afrique et l’Europe

Les conditions de développement entre l’Afrique et l’Europe

Nasser Kamel : « L’Europe doit regarder de près l’idée d’emmener ses centres d’approvisionnement en Afrique »

Nasser Kamel, secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM) qui, dans cet entretien avec La Tribune Afrique, revient sur l’intérêt de dupliquer régionalement les modèles de réussite africaine. Il présente, entre autres, sa vision d’un nécessaire renforcement de la coopération économique et industrielle entre « l’Europe, l’Afrique au sens large et le Moyen-Orient » dans le monde de demain.

LA « TRIBUNE » AFRIQUE – Vous avez eu une présence très marquée à l’Aerospace African Forum. Quel est l’intérêt pour l’UpM de cette rencontre business centrée sur l’industrie aéronautique en Afrique ?

NASSER KAMEL – Cette grand-messe de l’aéronautique africaine a pu réunir plusieurs membres de l’Union pour la Méditerranée dont le Maroc qui en est également l’hôte. Et voir de près la réussite marocaine, comment ce pays a réussi en peu de temps -quatre ou cinq ans- à développer un secteur aéronautique innovant, dynamique, à la pointe de la technologie et parvenant à faire partie des chaînes d’approvisionnement de l’industrie mondiale est tout à fait intéressant. Il était donc important d’apprendre comment la stratégie marocaine est réplicable dans d’autres pays de la zone méditerranéenne.
Par ailleurs, les décideurs et industriels du secteur étaient intéressés à découvrir la vision de l’Union pour la Méditerranée vis à vis de la nécessité d’une intégration économique renforcée entre les deux rives de la Méditerranée -le Sud et le Nord. Il était donc opportun que je sois présent, afin de partager ma vision de ce que nous devrions faire pour mieux coopérer dans la région.

Face à un monde en mutation, une Europe développée et une Afrique du Nord qui progresse, comment une coopération économique efficace -notamment sur le plan industriel- peut-elle s’établir quand l’innovation technologique devient centrale, sur fond de défi climatique ?
A mon sens, il faut d’abord reconnaître qu’on est dans la région la plus affectée par les changements climatiques. En Méditerranée, on se chauffe 20 % plus rapidement que le reste du monde, mis à part l’Antarctique qui est une zone non habitée. Alors on a un défi climatique énorme dans cette région. On a d’une part, l’Union européenne (UE) qui a l’ambition d’arriver à la neutralité carbone en 2030 et à zéro émission en 2050. On a les énergies renouvelables -pour lesquelles il faut énormément de terrain et de main d’œuvre-, la production d’hydrogène vert… Tout cela nous amène à une conclusion très simple: je ne vois pas comment l’Europe va pouvoir arriver à réaliser le New Green Deal sans investir dans le renouvelable au Sud. Et on voit déjà -surtout dans deux pays de la région que sont le Maroc et l’Egypte- le nombre d’accords préliminaires de production d’hydrogène vert est impressionnant. Il reste que ces accords se traduisent par de vrais investissements. Au-delà, il faudrait aussi développer l’infrastructure en matière d’interconnexion électrique pour que le Maroc et l’Egypte et d’autres pays puissent vendre à l’Europe de l’électricité propre.
Les choses commencent à aller dans ce sens. A la COP 27, le Maroc et l’Espagne ont signé la première interconnexion à travers le Portugal, la France, voire même l’Allemagne. J’ai eu l’honneur d’y assister. L’Égypte fait à présent la même chose avec la Grèce pour atteindre le reste de l’UE, de même qu’avec l’Italie. On voit donc bien que le besoin existe et les ressources sont complémentaires. Il faut à présent investir dans la technologie, parce qu’en termes d’espaces, quand on regarde le désert qui s’étend du Maroc à l’Egypte, le potentiel est énorme. Investir dans la technologie favorisera non seulement le transfert technologique vers le Sud, une coopération renforcée et des investissements ciblés.

Le secteur privé est central dans cette démarche, mais quel rôle les gouvernements pourraient-ils jouer afin de renforcer cette coopération économique?
Pour que le secteur privé atteigne son plein potentiel, il faut créer le cadre juridique, légal et institutionnel qui lui permette de travailler et de travailler ensemble. En ce qui concerne l’énergie, il faut travailler pour créer un espace ou un marché d’énergie équitable, soutenable et facile, et qui permette les échanges. C’est le rôle des gouvernements. Il faut arriver à travailler pour une vraie zone de libre-échange commune. Nous avons aujourd’hui des accords de libre-échange entre le Maroc et l’Europe, entre l’Egypte et l’UE, la Tunisie et l’UE … Mais il faut une zone de libre-échange euro-méditerranéenne. Il faut des règles d’origine euro-méditerranéennes. Ce sont autant de chantiers sur lesquels nous travaillons avec les décideurs politiques afin d’amener la région euro-méditerranéenne à s’intégrer davantage.

Lorsque vous évoquez cette intégration, tenez-vous compte des grands projets énergétiques comme le projet de gazoduc Maroc-Nigeria (un pays du Sud du Sahara) et Algérie-Nigeria visant notamment à couvrir d’Afrique de l’Ouest, mais aussi à faciliter les livraisons de gaz vers l’Europe ?
Le gaz reste toujours une énergie de transition parce qu’elle est moins polluante que les autres énergies fossiles. Dans ce sens, ces projets sont très utiles. De plus, ils ont un effet positif par rapport à l’autosuffisance européenne surtout sur fond de guerre en Ukraine. Ces deux éléments sont importants. Il y a également le projet Egypte – Chypre – Israël – Palestine – Liban qui porte également sur le gaz, avec les capacités d’électrification existantes en Egypte et dont l’export a augmenté de manière phénoménale ces derniers douze mois.
Cette source d’énergie qui est moins polluante dans une Europe qui utilisera le gaz jusqu’à 2050 et dans un monde où on voit malheureusement que les investissements dans ce genre de projet ont beaucoup baissé au cours des dix dernières années, provoquant des pénuries énormes, comme constaté ces derniers mois. Je crois que ce projet marocain, ce projet algérien et ce projet à l’Est de la Méditerranée entre cinq pays ont tous un rôle positif dans le renforcement de l’intégration régionale. Ils favorisent la valeur ajoutée économique dans les pays du Sud et rendent l’Europe moins dépendante d’autres fournisseurs d’énergies dont le gaz.

Le financement est une question cruciale en matière de coopération économique. Comment l’abordez-vous à l’UpM?

En matière de financement, il est important de déterminer les secteurs en faveur desquels il faut mobiliser les fonds à moment donné. Au niveau de l’UpM, plusieurs secteurs sont concernés par des projets de soutenabilité (énergies renouvelables, le traitement de l’eau…) Dans ce sens, il suffit de fédérer les différents bailleurs de fonds et nous en avons la capacité. Nous sommes actuellement en train de travailler sur un fonds d’investissement axé sur l’économie bleue: le renouvelable, le transport maritime propre, le traitement des eaux usées, la dépollution de la Méditerranée… Notre ambition est de lancer une plateforme de 1,3 milliard d’euros. Ce n’est pas encore fait, nous sommes en pourparlers avec différents acteurs dont la BERD [Banque européenne de reconstruction et de développement], la BEI [Banque européenne d'investissement], l’Agence française de développement [AFD], l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (AECID) et les pays du Sud, surtout le Maroc, l’Egypte et la Tunisie. Ces derniers sont -à ce stade- les trois pays bénéficiaires, en espérant que cela s’étende à d’autres pays du Sud, sachant que ceux-ci y mettent également des fonds. L’argent ne viendra donc pas uniquement du Nord, mais aussi du Sud. Il faut savoir que la Méditerranée est une région au sens large qui se porte très bien quand il s’agit de finance climat. C’est une région qui se débrouille mieux que beaucoup d’autres régions du monde.
Quand il s’agit d’investissements industriels et autres, c’est le secteur privé qui doit se mobiliser. Et au regard de l’industrie aéronautique et automobile au Maroc, les industries en général en Egypte ou en Tunisie dans le textile, les engrais, l’acier, l’électroménager…, il y a une montée en puissance des pays du Sud dans la production de ces produits et leur exportation vers le Nord. Mais, il faut beaucoup plus. Dans ce sens, l’Europe doit regarder de près l’idée d’emmener ses centres d’approvisionnement en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne, car un monde où l’on dépend des chaînes d’approvisionnement de 7 000 à 8 000 Km n’est soutenable ni écologiquement, ni économiquement.

Au-delà de la dimension régionale, comment la Méditerranée se pense-t-elle dans un monde globalisé ?

La globalisation est faite pour rester, mais sous une formule différente. On dit souvent : il faut penser global et acter national, il faut penser régional et acter national, tout en intégrant la globalisation dans le processus. Mais pour que cette grande zone -qu’est l’Europe, l’Afrique au sens large et le Moyen-Orient- puisse devenir un chiffre important dans le monde de demain, elle doit s’intégrer davantage, à l’image que fait notamment la grande Asie ou ce que font les Américains avec le Mexique et le Canada. Et pour y arriver, nous avons un énorme travail à abattre. Il faut de la volonté politique et il faut que les deux rives de la Méditerranée arrivent à la conclusion que leur bien-être et leur futur dépendent d’une coopération beaucoup plus renforcée.
Propos recueillis à Casablanca par Ristel Tchounand.

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