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Vaccin, croissance : l’Europe en retard

Vaccin, croissance, : l’Europe en retard

Une chronique de la journaliste Jade Grandin de l’Eprevier  de l’Opinion souligne le retard de l’Europe en matière économique et en matière de vaccin par rapport aux États-Unis et à la Chine bien sûre.

  La croissance devrait rebondir de 4,2% en 2021 en zone euro, et en France de 5,5%, selon le FMI. L’apparition de variants du coronavirus et les nouvelles restrictions en découlant douchent les espoirs de reprise au premier trimestre.

Le mois de janvier n’est pas encore terminé que déjà, les perspectives économiques pour 2021 divergent fortement sur les deux côtés de l’Atlantique. Mardi, le Fonds monétaire international a mis à jour ses perspectives de croissance. Depuis ses dernières estimations faites en octobre, l’horizon des Etats-Unis s’est éclairci, celui de l’Europe s’est assombri.

 

Le FMI attend en effet une croissance de la zone euro à 4,2 % en 2021, c’est-à-dire un point de moins qu’espéré il y a quelques mois. Le PIB allemand rebondirait de 3,5 % (-0,7 point par rapport à l’estimation d’octobre), celui de la France de 5,5 % (-0,5 %). Les pires révisions à la baisse concernent les pays d’Europe du Sud : l’Italie n’aurait plus que 3 % de reprise cette année, en baisse de 2,2 points par rapport à octobre, et l’Espagne 5,9 % de reprise, en baisse de 1,3 point.

Ce pessimisme découle des « nouvelles restrictions suite à la hausse des contaminations », explique le Fonds. Initialement, le premier trimestre devait être celui du rebond de la croissance après les confinements de fin 2020 mais, à cause des nouveaux variants du coronavirus, il faut plutôt s’attendre à des stagnations voire des nouvelles chutes d’activité en ce début d’année.

Elan. A contrario, la prévision de croissance des Etats-Unis a été rehaussée de 2 points à 5,1 % pour 2021. Cela reflète « l’élan pris avec la forte reprise au second semestre 2020, et le soutien additionnel du paquet budgétaire de décembre 2020 », indique l’institution, en référence au plan de relance de 892 milliards de dollars (729 milliards d’euros) adopté par le Congrès américain fin décembre.

Les économistes voient désormais les perspectives économiques sous le prisme d’une course entre vaccination et mutations du virus. Or en la matière, les Etats-Unis avancent beaucoup plus vite que l’Europe. Les analystes d’Euler Hermes estiment que l’objectif de Joe Biden d’administrer 100 millions de doses de vaccins dans ses cent premiers jours de mandat est « largement atteignable en gardant le rythme de distribution observé début janvier ». Entre le 13 et le 20, le pays a vacciné environ 1 million de personnes (soit 0,3 % de la population) par jour. Il semble bien parti pour atteindre l’immunité collective, estimée entre 60 % et 70 % de la population par l’Organisation mondiale de la santé, au début de l’été. « Les 20 % de la population les plus vulnérables devraient avoir atteint l’immunité à la fin du premier trimestre, ce qui permettra des allégements de restrictions », ajoutent les analystes d’Euler Hermes.

Mardi, « 10 % des Britanniques avaient reçu au moins une dose de vaccin, pour 6 % des Américains et 2 % des habitants de la zone euro », relate Hervé Goulletquer, économiste à La Banque postale AM. Le même jour, au Forum économique mondial – virtuel – de Davos, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis la création cette semaine d’un mécanisme pour contrôler les exportations de doses de vaccin hors d’Europe, lorsque ce dernier est produit sur le territoire.

Dépendance touristique. La solution américaine – moins de restrictions sanitaires, financement massif de la recherche pour trouver des vaccins, pré-achats de ces derniers et autorisations rapides – est-elle donc la meilleure ? « De multiples facteurs expliquent la divergence entre les Etats-Unis et l’Europe, nuance Gita Gopinath, cheffe économiste du FMI. L’Europe a davantage restreint l’activité, mais la pandémie y a commencé plus tôt. En outre, la structure de l’économie compte beaucoup. Plusieurs pays dépendent davantage du tourisme, donc le choc est plus fort et dure plus longtemps ».

En tout cas, les Etats-Unis devraient retrouver leur niveau d’activité de fin 2019 dès le second semestre 2021, alors que les Européens attendront 2022. La Chine l’a déjà dépassé depuis fin 2020.

Une divergence encore plus grande entre les économies avancées et les économies en développement menace toutefois, avec pour raisons principales les différences de capacités de soutien budgétaire et monétaire et d’accès aux vaccins. « Les pays en développement n’accéderont à la vaccination généralisée qu’en 2022 », regrette Gita Gopinath qui réclame plus d’égalité dans la distribution.

Tout le monde a à y gagner. « Les nouveaux variants du virus nous rappellent que la pandémie n’est pas terminée tant qu’elle n’est pas terminée partout », poursuit-elle. Pour convaincre les économies avancées de cofinancer la vaccination dans les pays pauvres, le FMI chiffre le bénéfice que cela représenterait pour tous : 9 000 milliards de PIB mondial supplémentaire durant les cinq prochaines années, dont 4 000 milliards de dollars pour les économies avancées.

 

Intelligence artificielle : l’Europe en retard

 Intelligence artificielle : l’Europe en retard

D’après l’étude annuelle de la Fondation pour les technologies de l’information (Information Technology and Innovation Foundation), parue lundi 25 janvier, les États-Unis mènent la course au développement et à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), tandis que la Chine progresse rapidement au point de « challenger la domination américaine« , et que l’Union européenne est… à la traîne.

Domaines de l’intelligence artificielle d’après http://www.intelligenceartificielle.fr/:

 

Systèmes experts :

soit un logiciel capable de simuler le comportement d’un humain effectuant une tâche très précise. C’est un domaine où l’intelligence artificielle est incontestablement un succès, dû au caractère très précis de l’activité demandée à simuler.

Calcul formel (opposé au calcul numérique) :

traiter les expressions symboliques. Des logiciels sur le marché, comme Mathematica, Maple, etc., effectuent tous des calculs formels.

Représentation des connaissances :

on entend la représentation symbolique de la connaissance pour que le logiciel soit capable de la manipuler. Un des secteurs de recherche en intelligence artificielle qui est le plus important.

Simulation du raisonnement humain :

tenter de mettre au point des logiques qui formalisent le mode de raisonnement (logiques modales, floues, temporelles, etc.).

Traitement du langage naturel :

c’est la compréhension qui reste le problème majeur à la traduction ou au résumé d’un texte dans une autre langue. De grands progrès ont été faits pour obtenir une représentation sous une forme indépendante de la langue dans laquelle l’original est écrit. Certains traducteurs orientés dans des domaines spécialisés donnent de meilleurs résultats grâce à leurs spécificités.

Résolution de problèmes :

représentation, analyse et résolution de problèmes concrets. C’est le cas des jeux de réflexion tels que les échecs, le backgammon ou les dames. Dans le cas du backgammon le champion du monde est un programme. Ils restent quelques jeux qui résistent aux efforts des programmeurs.

Reconnaissance de la parole :

beaucoup de progrès ont été effectués. Un logiciel comme Naturaly Speaking permet la dictée. Cependant, la compréhension d’un mot ou d’une phrase requiert une grande quantité d’informations extralangagières (contexte, connaissance du sujet, etc.).

Reconnaissance de l’écriture :

la reconnaissance de l’écriture dactylographiée n’est pas facile (malgré des logiciels assez performants sur le marché), mais l’écriture manuscrite pose des problèmes beaucoup plus complexes. Cela n’est pas étonnant dans la mesure où cette tâche peut nous poser à nous aussi des problèmes insolubles. Certains chercheurs essaient de reconstituer à partir du texte le mouvement de la main afin de comprendre ce qui est écrit.

Reconnaissance des visages :

considérée de longue date comme un des problèmes de l’intelligence artificielle le plus difficile, les résultats récents deviennent intéressants avec les réseaux neuronaux.

Robotique :

la robotique dans les usines est déjà fortement répendue. La première génération est capable d’exécuter une série de mouvements préenregistrés, la deuxième génération est dotée de capteurs de perception permettant de prendre certaines décisions et la troisième génération possède une plus grande autonomie, elle peut se déplacer dans un environnement.

L’apprentissage :

un logiciel devrait avoir des capacités d’apprentissage autonome pour pouvoir être véritablement qualifié d’intelligent. Douglas Lenat travaille actuellement à la constitution d’une gigantesque base de données censée contenir toutes les connaissances partagées par les humains d’un même groupe pour leur communication. Il souhaite adjoindre un module d’apprentissage à sa base de données lui permettant de travailler seule pour collecter des informations nouvelles et réorganiser l’architecture de ses connaissances.

Réseaux neuronaux :

un réseau de neurones formels est un modèle rudimentaire du cerveau humain. Une cellule neuronale possède une sortie et des entrées reliées à d’autres neurones. Ces réseaux partagent des propriétés importantes avec le cerveau humain. Cela requiert une programmation non explicite et la répartition de l’information sur l’ensemble du réseau.

Systèmes complexes adaptatifs :

le regroupement des algorithmes génétiques et des modèles de vie artificielle. En résumé succint, l’étude des convergences vers des formes organisées des populations soumises à des lois simples et naturelles.

Dette perpétuelle pour l’Europe (George Soros :) …. et les États-Unis ?

 Dette perpétuelle pour l’Europe (George Soros :)  …. et les États-Unis ?

Le sulfureux investisseur américain Georges Soros appelle, dans une tribune au « Monde », à une nouvelle forme de solidarité financière entre les pays de la zone euro et à une sorte de dette perpétuelle. Le problème est que la question de la dette perpétuelle pourrait être encore beaucoup plus pertinente pour les États-Unis encore plus surendettés. Ce que propose Soros,  c’est en faite une sorte de rente permanente des milieux bancaires par les Etats

Tribune. En ce moment, l’Union européenne (UE) est dans l’impossibilité d’émettre des obligations perpétuelles [c’est-à-dire sans échéance fixe de remboursement du capital], parce que les Etats membres sont trop divisés. La Pologne et la Hongrie ont mis leur veto au prochain budget de l’UE et au fonds de relance Covid-19 ; les cinq « frugaux » (Autriche, Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suède) sont davantage enclins à faire des économies qu’à contribuer au bien commun. Les investisseurs n’achèteront des obligations perpétuelles qu’à une entité qui continuera, selon eux, d’exister dans un avenir prévisible. C’était le cas du Royaume-Uni au XVIIIe siècle, lorsqu’il a émis les consols (consolidated annuities), et des Etats-Unis au XIXe siècle, lorsqu’ils ont consolidé la dette de chaque Etat. Malheureusement, ce n’est pas le cas de l’UE à l’heure actuelle.

L’UE connaît une deuxième vague de Covid-19 qui menace d’être encore plus dévastatrice que la première. Les Etats membres ont utilisé la plupart de leurs ressources financières pour combattre la première vague. Les soins de santé et la relance de l’économie nécessiteront beaucoup plus que les 1 800 milliards d’euros inscrits au nouveau budget et au fonds de relance Next Generation EU. Et la disponibilité de ces fonds a été retardée par le veto de la Hongrie et de la Pologne.

Il existe un moyen facile de surmonter ce veto : utiliser la procédure dite de coopération renforcée. Elle a été formalisée dans le traité de Lisbonne dans le but exprès de créer une base juridique pour une plus grande intégration de la zone euro, mais elle n’a jamais été utilisée à cette fin. Son grand mérite est de pouvoir être utilisée à des fins budgétaires. Un sous-groupe d’Etats membres peut établir un budget et convenir d’une manière de le financer – par exemple, par le biais d’une obligation conjointe.

A ce stade, les obligations perpétuelles pourraient se révéler très utiles. Elles seraient émises par des Etats membres dont la pérennité serait facilement acceptée par des investisseurs à long terme, comme les sociétés d’assurance-vie.

Merveilleux geste de solidarité

Les obligations perpétuelles présentent ce grand avantage que le principal n’a jamais à être remboursé : seuls les intérêts annuels sont dus. La valeur actualisée des paiements futurs d’intérêts diminue avec le temps – elle approche de zéro, sans jamais l’atteindre. Une certaine quantité de ressources financières – pourquoi pas les 1 800 milliards d’euros actuellement prévus – serait bien plus efficace si elle était utilisée pour émettre des obligations perpétuelles plutôt que des obligations ordinaires. Cela résoudrait en grande partie les problèmes financiers de l’Europe.

 

George Soros : une dette perpétuelle pour l’Europe …. et les États-Unis ?

George Soros : une dette perpétuelle pour l’Europe …. et les États-Unis ?

Le sulfureux investisseur américain Georges Soros appelle, dans une tribune au « Monde », à une nouvelle forme de solidarité financière entre les pays de la zone euro et à une sorte de dette perpétuelle. Le problème est que la question de la dette perpétuelle pourrait être encore beaucoup plus pertinente pour les États-Unis encore plus surendettés. Ce que propose Soros,  c’est en faite une sorte de rente permanente des milieux bancaires par les Etats

Tribune. En ce moment, l’Union européenne (UE) est dans l’impossibilité d’émettre des obligations perpétuelles [c’est-à-dire sans échéance fixe de remboursement du capital], parce que les Etats membres sont trop divisés. La Pologne et la Hongrie ont mis leur veto au prochain budget de l’UE et au fonds de relance Covid-19 ; les cinq « frugaux » (Autriche, Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suède) sont davantage enclins à faire des économies qu’à contribuer au bien commun. Les investisseurs n’achèteront des obligations perpétuelles qu’à une entité qui continuera, selon eux, d’exister dans un avenir prévisible. C’était le cas du Royaume-Uni au XVIIIe siècle, lorsqu’il a émis les consols (consolidated annuities), et des Etats-Unis au XIXe siècle, lorsqu’ils ont consolidé la dette de chaque Etat. Malheureusement, ce n’est pas le cas de l’UE à l’heure actuelle.

L’UE connaît une deuxième vague de Covid-19 qui menace d’être encore plus dévastatrice que la première. Les Etats membres ont utilisé la plupart de leurs ressources financières pour combattre la première vague. Les soins de santé et la relance de l’économie nécessiteront beaucoup plus que les 1 800 milliards d’euros inscrits au nouveau budget et au fonds de relance Next Generation EU. Et la disponibilité de ces fonds a été retardée par le veto de la Hongrie et de la Pologne.

Il existe un moyen facile de surmonter ce veto : utiliser la procédure dite de coopération renforcée. Elle a été formalisée dans le traité de Lisbonne dans le but exprès de créer une base juridique pour une plus grande intégration de la zone euro, mais elle n’a jamais été utilisée à cette fin. Son grand mérite est de pouvoir être utilisée à des fins budgétaires. Un sous-groupe d’Etats membres peut établir un budget et convenir d’une manière de le financer – par exemple, par le biais d’une obligation conjointe.

A ce stade, les obligations perpétuelles pourraient se révéler très utiles. Elles seraient émises par des Etats membres dont la pérennité serait facilement acceptée par des investisseurs à long terme, comme les sociétés d’assurance-vie.

Merveilleux geste de solidarité

Les obligations perpétuelles présentent ce grand avantage que le principal n’a jamais à être remboursé : seuls les intérêts annuels sont dus. La valeur actualisée des paiements futurs d’intérêts diminue avec le temps – elle approche de zéro, sans jamais l’atteindre. Une certaine quantité de ressources financières – pourquoi pas les 1 800 milliards d’euros actuellement prévus – serait bien plus efficace si elle était utilisée pour émettre des obligations perpétuelles plutôt que des obligations ordinaires. Cela résoudrait en grande partie les problèmes financiers de l’Europe.

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Bourse : comme prévu l’Europe a suivi les États-Unis mardi

Bourse : comme prévu l’Europe a suivi les États-Unis mardi

Comme prévu l’Europe continentale a suivi la tendance des États-Unis mardi. À Paris, le CAC 40 a perdu 0,44% à 5.564,6 points et le Dax allemand a cédé 0,55%.

A la Bourse de Londres, le FTSE a gagné 0,61%, avec la hausse des valeurs pétrolières et l’annonce d’un nouveau plan de soutien aux entreprises de 4,6 milliards de livres (5,1 milliards d’euros).

L’indice EuroStoxx 50 a perdu 0,46%, le FTSEurofirst 300 a reculé de 0,33% et le Stoxx 600 de 0,19%.

Le mouvement de yo-yo qui devrait se poursuivre tout au long du premier semestre se traduit inversement par une hausse à New York Les trois indices phares de la Bourse de New York gagnaient de 0,2% à 0,5% au moment de la clôture européenne.

Nissan va progressivement quitter l’Europe

Nissan  va progressivement quitter l’Europe

Le constructeur automobile japonais a prévu de délocaliser ses activités européennes et de concentrer ses efforts sur la Chine, les États-Unis et le Japon.

Dans le cadre de son plan de redressement, Nissan prévoit de réduire son réseau commercial dans 30 pays, principalement en Europe de l’Est, et de fermer son usine espagnole d’Avila, qui sera transformée en entrepôt, selon le quotidien.

«L’Europe, victime du mercantilisme allemand»

«L’Europe, victime du mercantilisme allemand»

Emmanuel Sales , président de la Financière de la Cité,  estime dans l »Opinion que l’Europe a été victime du mercantilisme allemand..

L’Allemagne a-t-elle une vocation européenne ? La question, iconoclaste, mérite d’être posée. La culture allemande a produit des fruits parmi les plus élevés de la culture européenne. Mais depuis son unité tardive, l’Allemagne en tant qu’entité politique s’est développée contre l’Europe. L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Chine sur le point d’être signé à la va-vite alors que le vieux continent continue de lutter contre la pandémie qui frappe ses industries et ses emplois semble confirmer cette analyse.

Depuis sa réunification, l’Allemagne a mis en œuvre avec succès une stratégie mercantiliste consistant à comprimer sa demande (consommation et investissement) pour gagner des parts de marché à l’international. Elle a joué un rôle clé dans l’industrialisation de la Chine en lui fournissant les machines-outils lui permettant d’accélérer son développement et d’intensifier l’automatisation de ses usines en rognant sur les coûts. La qualité des produits allemands est certainement irréprochable. Mais l’excédent commercial formidable de l’Allemagne est moins due à la compétitivité de son industrie qu’à ses politiques de déflation interne et à son appartenance à l’union monétaire qui lui a permis d’éviter l’appréciation de sa monnaie nationale.

Pour l’Europe, les implications politiques de cette stratégie ne sont pas neutres. Le Président Xi a jeté le voile. La Chine estime qu’elle n’a pas eu « sa place au soleil ». Comme l’Allemagne wilhelmienne, elle est passée du nationalisme continental à la Weltpolitik, fondée sur l’impérialisme économique, l’exaltation du passé national et la répression des libertés civiques. Elle souhaite mettre fin à sa position enclavée en développant de nouvelles routes commerciales vers l’Europe, sécuriser ses sources d’énergie, assurer le contrôle de son espace maritime, s’approprier nos technologies dans une logique d’affirmation de soi. La poursuite de l’expansion et le maintien du régime politique sont à ce prix.

En suivant le « modèle allemand » de contraction des dépenses internes l’Europe s’est affaiblie et s’est rendue plus dépendante de la demande extérieure

Syndrome d’encerclement. Nous avons vu entre 1914 et 1945 les conséquences ravageuses de cette politique lorsqu’un Etat est atteint d’un syndrome d’encerclement et d’injustice historique. Face à la Chine, l’Europe ne doit pas simplement sauvegarder ses intérêts commerciaux, mais protéger ses industries et son savoir-faire pour construire l’indépendance stratégique que le Président Macron appelle de ses vœux. L’arrivée d’une nouvelle équipe au pouvoir à Washington, plus technique et visiblement mieux disposée vis-à-vis de Pékin, renforce cette exigence.

Pour cela, il faut relancer la demande globale, soutenir la consommation et nos investissements, rompre avec le libéralisme doctrinaire qui inspire depuis trop longtemps notre vision des échanges. L’Europe ne peut avoir pour seule ambition de vendre des Mercedes et des sacs à main au reste du monde. La loi des avantages comparatifs ne vaut plus lorsqu’elle conduit un pays à perdre ses forces productives. En suivant le « modèle allemand » de contraction des dépenses et des investissements, l’Europe s’est affaiblie et s’est rendue plus dépendante de la demande extérieure.

L’adoption du plan de relance européen est une première étape. Mais c’est trop peu et trop tard. En outre, la soumission de toutes les initiatives, de la recherche jusqu’à la politique monétaire (!), aux objectifs de réduction du réchauffement climatique laisse planer un certain parfum de déflation sur la stratégie économique européenne. Derrière des ambitions de soutien à la croissance européenne, l’Allemagne continue d’avancer ses pions à l’abri du bouclier stratégique américain et de l’union monétaire. Aurons-nous le courage de nous y opposer ?

Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité.

 

L’Europe recule face à Pékin

L’Europe recule face à Pékin

 

Claude Leblanc   , journaliste à l’Opinion explique le recul de l’Europe face à Pékin Les rumeurs insistantes concernant la conclusion de l’Accord d’investissement sino-européen soulèvent des interrogations et montrent la réussite de la diplomatie chinoise

 

La conclusion du traité apparaît d’autant plus important pour Pékin qu’à Washington et à Bruxelles on évoque la nécessité d’unir les efforts pour contrer la montée en puissance chinoise. Un récent rapport du républicain Jim Risch, président de la Commission des affaires étrangères du Sénat, insiste sur la nécessité d’une coopération avec l’Union européenne face à la Chine tandis que la Commission européenne travaille sur une proposition à destination des Etats-Unis dans le but de former une nouvelle alliance destinée à relever les défis stratégiques posés par les Chinois.

Depuis quelques jours, une petite musique en provenance de Pékin laisse entendre que l’Accord d’investissement entre la Chine et l’Union européenne (UE) pourrait être conclu « prochainement ». Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi en a ajouté une couche, lundi, en affirmant que les Chinois et les Européens étaient en passe de « parvenir à un consensus » sur ce dossier au terme de sept années de négociations.

Il y a tout juste six mois, Bruxelles exprimait pourtant un certain agacement devant le manque d’empressement de la Chine, estimant qu’elle devait « montrer plus d’ambition afin de conclure les négociations ». Il semble qu’elle soit désormais prête à répondre aux attentes européennes et à faire « le geste politique » dont le chef de sa diplomatie avait parlé lors de son passage à Paris à la fin du mois d’août. Si les informations de ces derniers jours se confirment, Pékin aura fait de grandes concessions concernant l’ouverture de son marché aux entreprises européennes, notamment dans des secteurs comme l’automobile, les biotechnologies, les services ou le secteur hospitalier.

Le changement d’attitude des Chinois a visiblement convaincu les Européens d’avancer vers la signature d’un accord autour duquel subsistent cependant de nombreuses zones d’ombre. A tel point que les représentants de plusieurs think-tanks et instituts européens ont publié, le même jour, une tribune dans la presse pour dénoncer « la hâte » des pays membres de l’UE à vouloir conclure un texte qui « ne constitue qu’une étape modeste dans la promotion de la réciprocité, de la neutralité concurrentielle et de règles de jeu équitables ».

Concessions. En effet, selon plusieurs fuites, les concessions de Pékin sont bien plus modestes concernant la protection des investissements, la politique de subventions à ses entreprises tout comme le respect de la propriété intellectuelle et les transferts forcés de technologies vis-à-vis desquels les demandes des Européens étaient initialement élevées. Jugé trop « vague » par les signataires de la tribune, l’accord est cependant proche de sa conclusion parce que les deux principaux pays de l’UE, la France et l’Allemagne, ont obtenu des Chinois des avancées satisfaisant directement certains de leurs intérêts respectifs, comme la « silver économie » et les véhicules électriques.

Les plus sensibles à l’astronomie peuvent estimer que le parfait alignement de Saturne et Jupiter a eu une influence sur le brusque coup d’accélérateur dans les négociations entre les Chinois et les Européens. Les plus réalistes interprètent cette évolution comme une belle manœuvre diplomatique de la part de Pékin en quête d’un succès dans ce domaine après une année au cours de laquelle son image internationale a été écornée, en particulier en Occident.

Selon la dernière étude du Pew Research Center consacrée à la perception de la Chine dans le monde et publiée en octobre, l’opinion des Européens à son égard s’est très nettement dégradée au cours des derniers mois. De la France à l’Allemagne, en passant par les Pays-Bas et la Suède, entre 70 % et 85 % des personnes interrogées posent un regard négatif sur la Chine. Même en Italie et en Espagne, pays les plus sinophiles du vieux continent, les réactions négatives sont supérieures à 60 %. La crise sanitaire que beaucoup imputent à la Chine n’est évidemment pas étrangère à cette situation, mais elle a seulement contribué à accroître une tendance déjà sensible.

Rivale systémique. Désignée en 2019 comme « rivale systémique » par la Commission européenne dans le prolongement d’un durcissement de la politique chinoise des Etats-Unis, la Chine a d’abord été tentée par une approche agressive vis-à-vis des Européens, comme en a témoigné son attitude au printemps alors que la plupart des pays de l’UE peinaient à combattre la pandémie de la Covid-19. Les sorties de ses « loups combattants » (wolf warriors), diplomates aux discours fort peu diplomatiques, ont plutôt favorisé la défiance européenne. Celle-ci s’est exprimée, le 22 juin, à l’occasion du 22e sommet UE-Chine par la voix de Charles Michel, le président du Conseil européen, pour qui « nous devons reconnaître que nous ne partageons pas les mêmes valeurs, systèmes politiques ou approches du multilatéralisme ».

Comprenant que la manière forte avait ses limites et que l’affaiblissement de Donald Trump embourbé dans sa gestion erratique du coronavirus ouvrait la possibilité d’une alternance à Washington, les responsables chinois sont revenus à une approche plus traditionnelle, mais peut-être plus offensive afin de marquer un maximum de points à l’international. Ils ont multiplié les initiatives comme l’illustre la signature du traité de libre-échange RCEP, le 15 novembre, avec quatorze autres pays de l’Asie-Pacifique (les 10 pays de l’Asean, le Japon, l’Australie, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande), fruit de nombreuses concessions de Pékin notamment au niveau de l’ouverture de son marché.

Le désir manifeste des Chinois de conclure l’Accord d’investissement avec l’UE participe de cette politique d’autant plus que la signature pourrait avoir lieu en pleine période de transition présidentielle aux Etats-Unis. Le moment est propice pour enfoncer un coin dans le camp occidental en acceptant quelques renoncements qui, de toute façon, ne remettront pas en question la stratégie de développement chinoise.

Xi Jinping et son Premier ministre Li Keqiang ont même évoqué une éventuelle adhésion de leur pays à l’Accord global et progressif pour le partenariat transpacifique, ou TPP-11, traité de libre-échange bien plus contraignant et ambitieux que le RCEP. Jouant sur le fait que les deux parties s’étaient donné jusqu’à la fin de l’année pour aboutir, Pékin pousse désormais à une conclusion rapide, laquelle pourrait poser quelques problèmes en Europe.

En effet, en dehors des Français et des Allemands apparemment satisfaits, les autres membres ne se montrent pas tous enthousiastes. Danois et Néerlandais ne voient pas d’un bon œil l’ouverture du marché européen des énergies renouvelables aux Chinois tandis que plusieurs voix rappellent déjà que l’absence de référence, par exemple, au travail forcé dans le projet d’accord pourrait lui être préjudiciable. « La politique commerciale ne se déroule pas dans le vide – la manière dont la question du travail forcé sera abordée dans l’Accord déterminera son sort », a tenu à préciser l’eurodéputé allemand Bernd Lange, rappelant au passage que le Parlement européen a adopté, le 17 décembre, une résolution sur le travail forcé et la situation des Ouïghours dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang. Reste à savoir quelle option retiendront les négociateurs : la raison ou la précipitation ?

Haine en ligne : opposition entre l’Europe et la France

Haine en ligne : opposition entre l’Europe et la France

Giuseppe de Martino, entrepreneur de l’Internet, souligne dans une tribune au « Monde » l’inutilité d’introduire des dispositions sur les contenus en ligne dans la loi contre le « séparatisme », alors que la législation européenne sur le sujet doit être annoncée le 15 décembre.

Tribune.

 

Le mercredi 9 décembre, le projet de loi « confortant les principes républicains » présenté en conseil des ministres devrait être l’occasion de voir revenir la proposition de loi de la députée LRM Laetitia Avia contre la haine en ligne, déjà abondamment discutée au cours de l’été. La solution proposée était de frapper d’une amende pouvant dépasser le million d’euros par contenu les réseaux sociaux qui n’auraient pas retiré un contenu illicite sous vingt-quatre heures.

Or, six jours plus tard, le 15 décembre, la Commission européenne, et en particulier la vice-présidente, Margrethe Vestager, et le commissaire français Thierry Breton, présenteront le tant attendu projet de nouvelle réglementation applicable aux divers acteurs de l’Internet : le Digital Services Act (DSA). En préparation depuis de nombreuses années, nourri par plusieurs consultations publiques et des dizaines de milliers de pages de contributions, ce texte veut mettre à jour une vieille directive européenne adoptée en 2000 et destinée à favoriser l’essor du commerce électronique.

 

Même si les contours exacts ne sont pas encore connus, le projet européen envisage d’aborder la question de la lutte contre la haine en ligne d’une manière beaucoup plus innovante. Car à Bruxelles, l’approche se veut différente. Il s’agirait de confier à un régulateur national, comme le Conseil supérieur de l’audiovisuel, la possibilité d’étudier les pratiques et délais de modération des plates-formes ; une approche beaucoup plus pertinente. Cette solution permettrait d’envisager de sanctionner durement les plates-formes qui ne s’engagent pas suffisamment contre les contenus haineux. 

L’approche française n’était à l’évidence ni adaptée, ni nécessaire, et surtout totalement disproportionnée au regard du but poursuivi. C’est d’ailleurs ce qu’a relevé le Conseil constitutionnel dans sa décision fracassante du 18 juin 2020 censurant la quasi-totalité des articles. Une première sous la Ve République.

La liberté d’expression menacée

Ce texte faisait courir un risque considérable en matière de liberté d’expression en incitant les plates-formes à procéder à une suppression préventive de tous les propos qui leur auraient été signalés, par crainte de devoir payer ces montants exorbitants pour défaut de retrait. Il est particulièrement regrettable qu’il ait fallu deux ans de discussions et une sanction constitutionnelle pour s’en rendre compte.

Industrie : « L’Europe doit protéger »

Industrie : « L’Europe doit protéger »

Alors que le fabricant de pneus japonais Bridgestone a confirmé la fermeture de son usine à Béthune, Florent Menegaux, patron de Michelin, expose dans une tribune au « Monde » cinq conditions pour réussir la réindustrialisation de la France.

Tribune. 

 

L’industrie est redevenue une idée neuve en France et en Europe. Après des décennies de désindustrialisation, l’immense majorité des pays a compris qu’une économie sans usines est moins prospère et plus vulnérable. A cet égard, la crise du Covid-19 est venue rappeler les risques longtemps sous-estimés d’une trop grande dépendance aux importations des pays asiatiques. Chaque pays veut désormais placer l’investissement et les emplois industriels au cœur de la relance, et c’est une très bonne nouvelle.

Pour autant, la réindustrialisation de la France et de l’Europe se fera dans un contexte économique très difficile. Outre la situation conjoncturelle inédite liée à la pandémie et ses conséquences incertaines, la concurrence des pays émergents, la pression compétitive sur les prix ou encore les défis environnementaux ne disparaîtront pas en claquant des doigts.

Un premier pas positif a été fait avec la baisse des charges pour les entreprises, mais pour que l’industrie française renaisse durablement, cinq conditions doivent être absolument réunies.

Activités stratégiques, sensibles ou régaliennes

Tout d’abord, les entreprises et les pouvoirs publics doivent aller dans le même sens. L’investissement industriel s’inscrit dans le temps long. L’industrie a besoin d’un cadre réglementaire et fiscal stable et doit cesser de recevoir des injonctions contradictoires en permanence. On ne peut pas demander aux Français d’abandonner leur voiture et exiger le maintien d’une production de grande envergure sur le sol national ! Nous avons tous le même objectif : créer des emplois, accélérer la formation et fabriquer de la cohésion et du progrès pour le corps social tout entier.

 

Il ne faut pas chercher à tout relocaliser : Inutile de ressusciter le magnétoscope ! L’enjeu n’est pas de sauver des industries et des produits dont l’avenir est menacé.

D’une part, il faut localiser les activités stratégiques, sensibles ou régaliennes sur notre territoire.

D’autre part, il faut investir dans les secteurs où la France a une carte à jouer sur le plan mondial, en privilégiant les activités à forte valeur ajoutée et vertueuses sur le plan environnemental. L’ambition pour l’hydrogène annoncée récemment est le parfait exemple à suivre.

Une usine n’est pas un musée. Accompagnons les transformations sans les bloquer. L’industrie, c’est comme un organisme vivant : si elle ne s’adapte pas, elle meurt. Le marché du pneumatique a montré récemment qu’il était soumis à d’intenses pressions et à la nécessité de se transformer. L’arrivée massive de produits à bas coûts en provenance d’Asie et l’absence d’un terrain de jeu commun, juste et équitable au niveau mondial, ont mis les manufacturiers européens en difficulté.

Reprise économique : l’Europe en retard sur l’Asie (Merkel)

Reprise économique : l’Europe en retard sur l’Asie (Merkel)

Alors que l’Europe va sans doute enregistrer une croissance en recul au quatrième trimestre, la Chine, elle, connaît une progression de son activité. Cette situation inquiète Angela Merkel “La pandémie nous fera reculer économiquement”, a estimé la chancelière allemande lors d’un sommet sur le numérique organisé par le gouvernement. Elle a notamment souligné que des pays comme la Chine et la Corée du Sud bénéficieraient d’une reprise économique plus aisée, dans la mesure où la population de ces deux pays avait facilement accepté le port du masque et les restrictions.

“Je pense que cela conduira une fois de plus à une nouvelle hiérarchie des régions”, a ajouté Angela Merkel, précisant que l’Allemagne devait faire tout son possible pour rester dans la course sur le plan technologique.

L’Allemagne, qui a lutté avec succès contre la première vague épidémique du printemps, a imposé des mesures de confinement plus légères que ses voisins en dépit d’un retour en force du virus en novembre.

Selon les chiffres officiels du pays, 13.604 nouveaux cas de contamination et 388 décès supplémentaires ont été signalés mardi, pour un total de 1.067.473 infections et 16.636 morts. Des chiffres qui sont supérieurs à ceux de la France.

Remdesivir : condamné par l’OMS mais autorisé par l’Europe

Remdesivir : condamné par l’OMS mais autorisé par l’Europe

 

Développé par le laboratoire américain Gilead, au départ contre Ebola, le remdesivir était devenu le 3 juillet le premier médicament contre le Covid-19 à recevoir une autorisation de mise sur le marché européen conditionnelle. Pas étonnant nombre d’experts compris français entretienne des liens d’intérêt avec le laboratoire.

En France pourtant, la Haute Autorité de santé avait cependant jugé que son intérêt (son « service médical rendu ») était « faible ». Et l’Agence européenne du médicament a indiqué le 2 octobre qu’elle allait étudier des signalements selon lesquels des « problèmes rénaux aigus » pourraient être liés à la prise de remdesivir.

L’OMS se prononce après un avis de son panel d’experts, qui ont analysé quatre essais cliniques internationaux comparant l’efficacité de différents traitements, portant au total sur plus de 7 000 patients dans le monde.

Dans leurs conclusions, publiées dans la revue médicale British Medical Journal, ils soulignent « la possibilité d’importants effets secondaires » de ce médicament, de même que « son coût relativement important et ses implications logistiques », puisqu’« il doit être administré par intraveineuse ».

« Menace djihadiste dans toutes toute l’Europe de l’Ouest »

  »Menace djihadiste dans toutes toute l’Europe de l’Ouest »

Le chercheur Hugo MICHERON estime que la plupart des pays occidentaux font preuve d’aveuglement face à la menace du phénomène djihadiste, et plus largement islamiste. Pour preuve de nombreux attentats se sont déjà déroulées en France bien sûr mais aussi au Royaume-Uni et en Allemagne. Hier c’était le tour d’une attaque coordonnée dans six lieux différents en Autriche.

Pour l’instant chaque pays européen, c’est un peu le dos rond en  espérant que les crimes islamistes n’affecteront pas son territoire. Or ce terrorisme vise surtout l’Europe qui a fourni d’ailleurs les plus gros contingents de djihadistes à l’État islamique. D’où la nécessité pour Hugo MICHERON d’une réponse coordonnée aujourd’hui complètement absente notamment vis-à-vis des provocations d’Erdogan qui a mis le feu aux poudres et qui d’ailleurs continue en toute impunité par sa présence en Méditerranée orientale dans les eaux grecques. L’interview de Hugo MICHERON dans le Figaro :

Après la décapitation de Samuel Paty, la France a de nouveau été visée par les islamistes à Nice. Pourtant pour vous, plus que notre nation, c’est toute l’Europe de l’Ouest qui est désormais menacée par l’islam radical. Pourquoi faites-vous cette analyse? En quoi ces attentats s’inscrivent-ils une nouvelle géopolitique mondiale?

Hugo MICHERON. - Le djihadisme se construit dans des territoires, dans une géographie, et dans le temps. Il faut considérer qu’il y a une histoire du djihadisme à l’échelle de l’Europe du nord-ouest. Celle-ci s’était révélée avec l’avènement de Daech en 2014, puisque nous avions vu à ce moment-là 5000 Européens (pour 90 % d’entre eux concentrés dans quelques pays d’Europe du Nord-Ouest) partir vers la Syrie ou l’Irak. Il fallait comprendre à cette époque – et cela n’était pas chose aisée – que ces mouvements de convergence de combattants européens vers la Syrie et l’Irak étaient révélés par l’État islamique, mais non créés par celui-ci.

Brexit : Boris Johnson veut saboter l’Europe

Brexit : Boris Johnson veut saboter l’Europe

Barry Johnson veut transformer le Royaume-Uni en Singapour , vider le continent de son potentiel intellectuel et constituer un paradis fiscal aux portes de l’union économique . Ce que confirme Philippe Van Parijs, dans une tribune au « Monde », que l’Union européenne doit refuser que le Royaume-Uni recoure à une concurrence fiscale agressive ou à une politique d’immigration prédatrice.

 

Tribune. 

 

Dominic Raab, alors secrétaire d’Etat à la sortie de l’Union européenne, déclarait en 2018 que l’histoire jugerait le Brexit de la manière suivante : « Un tremplin vers une étreinte boucanière du libre-échange » (The Spectator, 1er octobre 2018). En juillet 2019, Boris Johnson le promeut au poste de ministre des affaires étrangères et assigne à son ministère un rôle « absolument central », tant pour le Brexit que pour la vision du « global Britain ». Cette vision, on peut la trouver dans Britannia Unchained (Palgrave Macmillan, 2012), fervent plaidoyer de M. Raab pour un capitalisme globalisé.

 

Au sein du Parti conservateur, cette vision est loin d’être neuve. En 1999, William Hague, alors chef des tories dans l’opposition, proclamait dans The Guardian du 2 novembre : « Au cours du prochain millénaire, les nations se feront concurrence en adoptant les régulations les plus légères, les impôts les plus bas et le commerce le plus intense. Ces grands animaux trébuchants [les blocs régionaux, comme l’Union européenne] succomberont sous le coup des manœuvres et de la concurrence de l’Etat-nation svelte, à fiscalité légère. » Ceux qui partagent cette vision sont aujourd’hui solidement au pouvoir et comptent sur le Brexit pour leur donner la liberté de la mettre en œuvre.

Si la « Britannia unchained » de MM. Johnson et Raab a des chances de triompher, c’est grâce au pillage de la plus précieuse de toutes les ressources : le capital humain. En 2010, selon des estimations de la Banque mondiale, 292 000 diplômés de l’enseignement supérieur nés au Royaume-Uni et âgés de 25 à 64 ans vivaient alors dans l’Union européenne (UE), tandis que 910 000 diplômés de l’enseignement supérieur de la même tranche d’âge nés dans l’UE vivaient au Royaume-Uni.

Boris Johnson n’a rien fait pour cacher qu’il souhaitait amplifier encore ce « brain drain », qui représente un gain net de plus d’un demi-million de « cerveaux ». Dès août 2019, soit à peine deux semaines après son accession à la tête du gouvernement, il a ordonné aux ambassades britanniques de diffuser un message affirmant sa détermination à « garantir que notre système d’immigration attire les tout meilleurs intellects du monde entier » et détaillant diverses mesures concrètes destinées à réaliser cet objectif.

Pour parvenir à ses fins, il sait qu’il peut compter sur trois atouts majeurs. D’abord la réputation de l’enseignement supérieur britannique. Selon les critères (certes contestables) et les chiffres (indiscutablement influents) du dernier classement QS, le Brexit prive l’UE de ses quatre universités du top 10 mondial et de 17 de ses 27 universités du top 100. Ensuite, il y a Londres. Même affaiblie par la pandémie, celle qui était la plus grande métropole de l’Union n’est pas près de perdre son attrait. Enfin et surtout : la diffusion de l’anglais comme langue commune a fait du pays un aimant puissant, avec une vaste réserve d’entrants potentiels entre lesquels il a tout loisir de choisir. Le contrôle de ses frontières une fois retrouvé, le Royaume-Uni pourra laisser à l’UE la tâche ingrate d’accueillir et de socialiser les réfugiés et migrants innombrables en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Pendant ce temps, il pourra ouvrir ses portes toutes grandes aux cerveaux qu’il convoite.

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Conjoncture croissance : les indicateurs de l’INSEE en contradiction avec ceux de l’Europe

Conjoncture croissance : les indicateurs de l’INSEE en contradiction avec ceux de l’Europe

 

curieusement les indicateurs de l’INSEE montreraient une amélioration du climat des affaires en septembre. Ce que contredisent les indicateurs mesurés par l’institut IHS Markit. Une différence qui pourrait s’expliquer par le recours un peu excessif des pouvoirs publics et des institutions officielles à la méthode Coué. De toute manière les évolutions constatées en hausse par l’INSEE sont très marginales. Notons ensuite qu’il s’agit de mesurer un climat et non une évolution réelle de l’économie.

Pour l’INSEE Le climat des affaires en France s’est amélioré en septembre en dépit de la hausse des nouvelles infections au coronavirus qui a obligé le gouvernement à prendre de nouvelles mesures de restriction.

Son indice le mesurant a progressé à 92 contre 90 en août, son plus haut niveau depuis février, avant que la France n’entre dans une période de confinement généralisé de deux mois pour tenter de contenir l’épidémie de COVID-19.

L’indice mesurant le degré de confiance dans l’industrie manufacturière a progressé à 96, contre 92 le mois dernier et 95 attendu en moyenne par les économistes interrogés par Reuters.

L’indice pour le secteur plus important des services s’est lui aussi amélioré, à 95 contre 93. Au contraire l’indice Markit observe une nette détérioration en France des services ce qui peut se comprendre avec les mesures de plus en plus restrictives concernant certaines activités.

 

Pour une vraie adhésion à l’Europe technologique

Pour une vraie adhésion à l’Europe technologique

Le professeur de stratégie Philip Meissner estime, dans une tribune au « Monde », que l’Europe ne peut qu’être distancée par la Chine et les Etats-Unis si elle n’adhère plus à l’idée de progrès technique.

Tribune. 

 

Trop souvent, l’Union européenne se contente de séances nocturnes qui aboutissent à un compromis minimal. L’Europe est perçue comme stagnante à une époque où les gens veulent progresser. Quel est l’idéal européen, la vision en laquelle nous pouvons croire ? Comment l’Europe offrira-t-elle des opportunités, de la liberté, du progrès et un meilleur avenir à ses citoyens ? Il est temps de renouer avec le rêve européen.

« Net City » est le nom d’un projet du géant chinois de l’Internet Tencent. A Shenzhen, Tencent veut construire un nouveau campus technologique pour ses employés. Il aura la taille de Manhattan. L’envergure du projet et son ambition surprennent, tout comme ce qu’il représente : le progrès et une vie meilleure. C’est un parfait exemple du « rêve chinois » que le président Xi Jinping a présenté à la Chine en 2012. Le rêve chinois porte la vision d’une nation revitalisée et une promesse de progrès. Tout comme le rêve américain, il s’agit d’une éthique nationale. L’Amérique s’est épanouie et a attiré les meilleurs et les plus brillants éléments du monde entier sur la base de ce rêve : une vision de liberté, de mobilité sociale ascendante et la promesse que chacun peut y arriver s’il travaille dur.

Qu’en est-il de l’Europe ? L’ouverture des frontières ne semble plus suffire aux citoyens. Sur tout le continent, nous assistons à une montée du populisme et de l’euroscepticisme. Mais pourquoi ? Quand on regarde les faits, nous avons tous les ingrédients pour construire un grand avenir. L’Europe est le foyer d’entrepreneurs et de scientifiques passionnés, la Banque centrale européenne a élargi sa politique monétaire bazooka et, cette fois-ci, elle est soutenue par des investissements budgétaires massifs sur tout le continent. En outre, l’Europe est guidée par des valeurs fortes de liberté, de démocratie, de durabilité et d’Etat de droit. Alors pourquoi est-il si difficile pour de nombreux Européens de croire en l’Europe ?

Je répondrai à cette question en citant le conseiller de campagne de Bill Clinton, James Carville : « It’s the economy, stupid ! » J’entends par là la promesse d’un avenir meilleur, la promesse du progrès, d’un rêve européen. Nous devons arrêter de gonfler les prix de l’immobilier et commencer à investir dans l’avenir. Où est la grande idée pour l’avenir de l’Europe et la stratégie pour la mettre en œuvre ?

Aux Etats-Unis et en Chine, la voie à suivre semble claire. Elle est centrée sur la technologie et son potentiel pour améliorer la vie et la richesse de ses citoyens. D’anciennes start-up, comme Alibaba, Tencent, Google et Tesla, sont devenues les plus grandes entreprises et l’épine dorsale des économies du pays. Mais l’Europe ne semble pas en mesure de tenir le rythme. Toutes les entreprises de l’Euro Stoxx 50 réunies valent à peu près autant qu’Apple et Amazon. En Allemagne, l’âge moyen des cinq plus grandes entreprises est de 114 ans, en Chine de 34 ans et aux Etats-Unis de 30 ans. L’Europe ne semble pas se renouveler à la même vitesse que d’autres pays ou régions.

« La gauche peut-elle s’unir sur l’Europe ? » ( Thomas Piketty )

 « La gauche peut-elle s’unir sur l’Europe ? »( Thomas Piketty )

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste regrette les divisions des partis de gauche européens sur la politique commune.

En France comme en Allemagne et dans la plupart des autres pays, la gauche est lourdement divisée sur la question européenne, et plus généralement sur la stratégie à adopter face à la mondialisation et à la régulation transnationale du capitalisme.

Alors que les échéances nationales s’approchent à grand pas (2021 outre-Rhin, 2022 en France), de nombreuses voix s’élèvent pour que ces forces politiques s’unissent. En Allemagne, les trois principaux partis (Die Linke, le SPD et les Grünen) risquent toutefois d’avoir du mal à s’entendre, en particulier sur l’Europe, et certains prédisent déjà que les Grünen finiront par gouverner avec la CDU. En France, les différentes forces ont recommencé à se parler, mais rien ne garantit pour l’instant qu’elles parviendront à s’unir, notamment sur la politique européenne.

Le problème est que chacun des camps en présence est persuadé d’avoir raison tout seul. Du côté de La France insoumise (LFI), on rappelle volontiers que le Parti socialiste (PS) et ses alliés écologistes avaient déjà promis, avant les élections de 2012, de renégocier les règles européennes. Or, sitôt élue, la majorité de l’époque s’était empressée de ratifier le nouveau traité budgétaire, sans rien modifier, faute de plan précis sur ce qu’elle souhaitait réellement obtenir. Les « insoumis » insistent aussi sur le fait que les socialistes n’ont toujours pas indiqué en quoi leur stratégie et leurs objectifs avaient changé et pourraient conduire à un résultat différent la prochaine fois. Force est de reconnaître que la critique est assez juste.

Mais du côté du PS, d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et des autres forces non rattachées à LFI (Génération.s, Parti communiste, etc.), on fait remarquer que le plan des « insoumis » pour changer l’Europe est loin d’être aussi précis et convaincant qu’ils ne le prétendent, et que Jean-Luc Mélenchon paraît parfois plus intéressé par la critique (voire la sortie pure et simple) de l’actuelle Union européenne que par sa reconstruction sur une ligne sociale-fédéraliste, démocratique et internationaliste. Malheureusement, cette critique n’est pas fausse non plus.

Une véritable Assemblée européenne

En théorie, la stratégie de LFI repose certes, depuis 2017, sur l’articulation « plan A/plan B ». Autrement dit, soit on convainc tous les autres pays de renégocier les traités européens (plan A), soit on sort des traités existants pour en construire de nouveaux avec un plus petit groupe de pays (plan B). L’idée n’est pas forcément mauvaise, sauf que les « insoumis » passent plus de temps à brandir la menace de la sortie qu’à décrire les nouveaux traités qu’ils souhaiteraient proposer aux autres pays, que ce soit dans le plan A ou le plan B.

Taxe Gafa : Lemaire botte en touche sur l’Europe

Taxe Gafa : Lemaire botte en touche sur l’Europe

 

La France et quelques autres pays ont décidé de manière unilatérale d’imposer une taxe aux Gafa . Cependant devant les réactions américaines proposant de renchérir de manière considérable les exportations des pays qui décident cette taxe, la France avait décidé de se rallier à la discussion ouverte à l’OCDE. Le problème c’est que cette négociation est complètement bloquée du faîte de l’attitude des États-Unis. Du coup le ministre français de l’économie, Bruno Lemaire renonce, en fait à l’application en France de la taxe décidée et botte en touche sur l’Europe. Il espère que l’Europe prendra le relais pour instituer cette imposition nouvelle sur les GAFA. Pas sûr cependant que l’Allemagne soutienne cette initiative car elle craint beaucoup les mesures de rétorsion des États-Unis mais aussi de la Chine sur ses exportations. Elle préférerait un accord sur ce point avec les États-Unis. Un accord encore très hypothétique

« S’il n’y a pas d’accord à l’OCDE, nous aurons une solution européenne dans le courant de l’année 2021″, a indiqué le ministre sur RMC/BFMTV.

« Au niveau européen, la mobilisation, notamment avec le commissaire européen [chargé de l'Économie] Paolo Gentiloni, est totale », a-t-il ajouté.

Au niveau mondial, « il y a surtout des réticences aux États-Unis. En Europe elles sont en train de tomber les unes après les autres », a-t-il insisté, même s’il a dit espérer un accord mondial sur ce dossier.

Déflation : le danger pour l’Europe

Déflation : le danger pour l’Europe

La déflation qui caractérise la baisse d’une activité générale et le recul des prix constitue un danger majeur pour toute l’Europe. On savait que l’ensemble de l’Europe connaîtrait un choc de croissance en 2020 mais cela risque de se prolonger s’il est accompagné par un phénomène de déflation qui caractérise un écoulement de la demande et des prix.

La première estimation de l’inflation pour le mois d’août, publiée mardi par Eurostat, fait état d’un taux de – 0,2% (contre + 0,2% attendu). Un recul tiré en large partie par l’énergie et les produits industriels non énergétiques. Mais la tendance est profonde, comme le montre la chute inédite du niveau de l’inflation sous-jacente – hors effets volatils de l’énergie et de l’alimentation – qui tombe à son plus bas niveau historique, à 0,4% sur un an, contre 1,2% en juillet. La baisse en France est de – 01 %.

La banque centrale européenne convient elle-même qu’une inflation de l’ordre de 1 % ne reviendra pas avant 2022. Le problème, c’est que la banque centrale européenne a choisi comme premier objectif de déverser des milliards de liquidités à taux zéro voire négatif pour soutenir l’activité. Une politique des taux qui nourrit la désinflation. Logiquement,  l’objectif central de la banque centrale européenne était de juguler l’inflation. Progressivement son rôle a évolué avec la crise vers le soutien à l’économie et à l’emploi. D’une certaine manière, la banque centrale se trouve coincée par sa politique de taux et plus généralement par le caractère particulièrement accommodant de sa politique monétaire.

 

Transfert illégal de données personnelles entre les États-Unis et l’Europe

Transfert illégal de données personnelles entre les États-Unis et l’Europe

Charles Cuvelliez, de l’université de Bruxelles, et de Jean-Jacques Quisquater, de l’université de Louvain tire les conséquences de l’illégalité du transfert de données personnelles entre l’Europe et les États-Unis dans une chronique de la Tribune

 

 

« Il y a quinze jours, la Cour européenne de justice a fait souffler un vent glacial sur le business transatlantique en annulant (encore !)  le cadre qui règle les transferts de données entre les États-Unis et l’Europe, la décision dite « Privacy Shield », après « Safe Harbour ». Dans les deux cas, on retrouve le même plaignant, M. Schrems, un citoyen autrichien, qui en fait un vrai business (d’activiste).

Ses données personnelles hébergées par Facebook, s’était-il plaint, n’ont pas une protection digne du RGPD, le Règlement général de protection des données, sur le territoire américain en dépit des garanties obtenues par la Commission auprès des autorités américaines. La Cour l’a suivi (1) et ne laisse même pas de période de grâce : sa décision s’applique tout de suite ! Si des données personnelles de vos clients ont le malheur de faire un aller-retour par les États-Unis pour mille raisons, vous êtes depuis mi-juillet dans l’illégalité.

Si vous avez de la chance, votre fournisseur américain avait déjà prévu le coup et fait en sorte que vos données ne transitent jamais par les USA. C’est le cas des fournisseurs  de clouds qui s’arrangent pour ne jamais faire sortir les données de leurs centres de données européens. Mais gare à tous les autres cas de figure. Le forum des autorités de protection des données des 27 États membres et des 3 Etats de l’Espace Economique Européen, dont la Cnil (l’EDPB ou European Data Protection Board) a publié des conseils pour guider les sociétés et leurs fournisseurs américains désorientés (2).

Il faut revoir les contrats, expliquent ces autorités. Un contrat est compatible avec le RGPD s’il contient des clauses standards dites « SCC » (Standard Contractual Clauses) dont le modèle a été approuvé par la Commission. La Cour européenne de justice, dans son arrêt invalidant le Privacy Shield, ne remet pas en cause leur validité mais, en l’espèce, elles sont inutiles dit-elle, puisque la loi américaine rend ces SCC inopérants. Il faut, dit l’EDPB, des mesures supplémentaires de protection des données.

C’est la même conclusion pour les BCR, les Binding Corporate Rules, un concept plus fort que les SCC. Elles lient personnellement les entreprises qui y  souscrivent lorsque l’une d’elles est hors Europe : elles s’engagent à compenser le manque de protection des données personnelles. Ces BCR doivent même être approuvées par les autorités de protection des données des États membres d’origine de ces entreprises. Ces BCR se font au cas par cas et Privacy Shield ambitionnait justement de l’éviter. Les entreprises américaines pouvaient obtenir une certification Privacy Shield à la place.

Mais ces BCR ne compensent que l’absence de lois de protection des données.  Or, les États-Unis n’ont pas une législation incomplète, dit la Cour. Elles ont carrément une législation qui s’oppose à la protection des données, puisque les autorités américaines peuvent les consulter grâce à leur propre cadre juridique. Les BCR aussi seraient inopérantes. Là aussi il faut des mesures de protection supplémentaires.

 

La nature de ces mesures supplémentaires reste peu claire. L’EDPB explique qu’elle viendra en son temps avec des explications sur leur nature. Mais n’attendez pas, dit-elle. Renégociez vos contrats et montrez que vous tentez de prendre des mesures de protection, techniques, organisationnelles ou légales, contre lesquelles même les USA ne peuvent rien faire.

Tant qu’à faire, l’EDPB propose de suivre la même approche pour tous les pays tiers qui n’ont pas de législation de protection des données personnelles ad hoc. Là aussi, les BCR qui lient les entreprises de ces pays et celles de l’Europe doivent être « augmentées » de mesures supplémentaires. C’est du bon sens quand on sait que les Américains n’ont rien à envier aux Chinois ou aux Russes qui ne s’encombrent sûrement pas d’une législation pour fouiner dans les données en provenance d’Europe (heureusement, les occasions sont moins nombreuses !).

Quant aux exceptions de l’article 49 du RGPD qui permettent exceptionnellement de transférer des données hors Europe (pour la bonne exécution d’un contrat, quand le citoyen y consent ou quand il s’agit d’une question d’intérêt public couvert par une loi de l’État membre concerné), elles ne peuvent jamais devenir la règle. Facebook ne peut se retrancher derrière ses conditions générales pour faire comme avant.

Mais la garantie de n’avoir aucune de ses données sur le territoire américain n’offre pas la protection tant « désirée »  par M. Schrems. Les USA peuvent invoquer le Cloud Act pour inspecter des données en Europe. Devrons-nous, dans le futur, créer et utiliser des logiciels vantards qui donnent vie à des centaines d’avatars pour protéger notre vie privée ? Tout le contraire d’être identifié sur internet. »

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