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Défense de l’Europe : La faillite de l’OTAN en Ukraine met en cause notre sécurité

Défense de l’Europe  : La  faillite de l’OTAN en Ukraine met en cause notre sécurité

 

Inutile de tourner autour du pot,  ce n’est pas uniquement pour des questions techniques que l’armement des pays occidentaux ne parvient pas en quantité suffisante en Ukraine.

Certes il existe certaines difficultés logistiques mais depuis des semaines et des semaines, ces  problèmes auraient dû être résolus. Les problèmes sont moins techniques que politiques. D’abord une constatation évidente, ce sont surtout les États-Unis qui fournissent l’essentiel de l’effort à 90 %. L’Europe est particulièrement réticente entre dépit  de propos rassurants vis-à-vis de l’Ukraine. Et à l’intérieur de l’Europe la France mais aussi l’Allemagne et l’Italie freinent des quatre fers pour n’apporter que des contributions assez anecdotiques. Exemple une dizaine de canons pour la France quand il faut faire face aux centaines de la Russie.

Les raisons de ces atermoiements sont essentiellement politiques. Nombre de pays européens seraient bien satisfaits d’un accord favorable à la Russie ce qui suppose que l’Ukraine convienne d’abandonner presque un quart de son territoire. Le prix à payer à la folie du dictateur russe que les occidentaux ménagent depuis 20 ans alors qu’il ne cesse de tuer massivement dans et hors de ses frontières. Alors qu’il ne cesse sa politique d’expansion territoriale. La vérité sans doute c’est que l’opinion publique en tout cas une partie comme nombre de chefs d’État ont adopté une attitude munichoise.

Le problème c’est que cela démontre aussi l’inefficacité de l’OTAN incapable de faire face en moyens suffisants à un conflit finalement relativement localisé. Que se passerait-il si Poutine décidé une attaque d’envergure ? Si l’OTAN n’est pas capable de répondre en quelques jours au plus en quelques semaines autant dire que l’OTAN  est obsolète d’autant  il n’y a pas d’alternative de défense en Europe.

D’un certain point de vue, l’attitude de nombre de pays et de chefs d’État en Europe est assez pitoyable. Il faut dire que la plupart de ces pays n’ont pas pour beaucoup eu  à subir le joug de 50 ans d’occupation soviétique. Il faut aussi observer que nombre de chefs d’État compris Macron  n’ont jamais connu la guerre voir même le devoir militaire.

Il ne s’agit sans doute pas d’espérer ou de provoquer une guerre en Russie mais au moins d’assurer les moyens d’une défense face à une éventuelle attaque potentielle. De ce point de vue le concept de défense en Europe est aujourd’hui obsolète et constitue une grande fragilité par rapport au potentiel agressif de Poutine. Il serait temps que les experts patentés et autres politiques n’ayant jamais connu de guerre réelle en Europe se réveillent pour au moins préparer la guerre à fin de mieux l’éviter

Un contexte favorable à une relance de l’Europe

Un contexte favorable à une relance de l’Europe

Pour l’Union européenne, la pandémie et la guerre en Ukraine actent un changement d’époque qui pourrait la transformer. Un changement qui est le fruit d’un contexte politique européen propice aux réformes et de l’apparition de nombreux défis géopolitiques et macroéconomiques auxquels l’Europe est la mieux à même d’apporter une réponse. Par Simon-Pierre Sohier et Victor Warhem, Centre de Politique Européenne (cep) Paris (1).( La Tribune)

 

« L’Union européenne, au même titre que l’Allemagne, vit un changement d’époque. C’est pourquoi nous allons la réformer », assurait Olaf Scholz, le 15 mai 2022, devant le Bundestag.

Pour l’Union, la pandémie et, plus encore, la guerre en Ukraine actent une « Zeitenwende » – un changement d’époque – qui pourrait la changer de fond en comble. Ce changement est le fruit d’un contexte politique européen propice aux réformes et de l’apparition de nombreux défis géopolitiques et macroéconomiques auxquels l’Europe est la mieux à même d’apporter une réponse.

Politiquement, l’année 2022 offre une constellation réformiste inédite, avec des gouvernements favorables à une réforme de l’Union dans ses pays les plus puissants : l’Allemagne, l’Italie et la France.

Cette constellation s’appuie tout d’abord sur la nouvelle coalition au pouvoir en Allemagne, regroupant socio-démocrates, verts et libéraux, et dont le « Koalitionsvertrag » (contrat de coalition) de novembre 2021 s’intitule « Mehr Fortschritt wagen » (Oser plus de progrès), un contraste saisissant après 16 ans de politiques à dominante conservatrice. Dans ce programme, il est fait état du souhait de la coalition de soutenir une fédéralisation européenne accrue, pour faire de l’Union une entité « stratégiquement » plus souveraine, et dont les missions premières seraient la digitalisation, la transition écologique, et la préservation de la démocratie.

La coalition réformiste européenne s’appuie également sur le maintien de Mario Draghi au poste de Premier ministre, alors qu’il fut un temps pressenti pour devenir président de la République italienne en début d’année. Son rôle international s’est affirmé ces derniers mois, s’agissant tant des réponses à apporter à l’invasion russe en Ukraine – il a été l’instigateur du gel des avoirs européens et américains de la banque centrale russe – que celles à apporter au projet européen, avec notamment un soutien aux proposition de réformes de l’Union ainsi qu’un soutien à la candidature ukrainienne.

Enfin, la coalition réformiste peut exister dans la durée grâce à la réélection du Président Emmanuel Macron, dont l’agenda européen, axé sur l’idée de « souveraineté » depuis ses débuts avec le discours de la Sorbonne de 2017, devrait être au cœur de son deuxième mandat, comme il l’a précisé le 9 mai dernier au Parlement européen de Strasbourg dans ce qu’il a lui-même appelé le « Serment de Strasbourg ». Au cours de ce discours, il a fait deux annonces importances : il a tout d’abord soutenu la création d’un nouvel échelon d’intégration moins exigeant que l’Union elle-même, qu’il a voulu nommer « Communauté politique européenne ». Cette communauté permettrait aux futurs prétendants de se préparer à l’adhésion à l’Union (Ukraine, Géorgie, Moldavie, etc.) mais aussi aux sortants de maintenir des liens forts avec elle (Royaume-Uni, Groenland). Cette proposition rejoint le souhait de la coalition allemande de protéger les démocraties européennes face aux autoritarismes, notamment russe et chinois. Deuxièmement, le Président Macron a aussi défendu la tenue d’une nouvelle convention européenne afin de négocier une réforme des traités européens et ainsi accroitre la flexibilité des institutions. Néanmoins, la défense de ce programme sur la scène européenne tient à l’obtention d’une majorité en sa faveur à l’Assemblée nationale le 19 juin prochain, ce qui pour l’heure est plus que jamais incertain.

Dans quel contexte économique cette constellation politique s’installe-t-elle ? Compte tenu de l’inflation persistante du prix des matières premières, ainsi que des effets récessifs des sanctions contre la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Commission européenne a réduit ses prévisions de croissance de 4 % à 2,7 % pour 2022. Cet affaiblissement de l’économie européenne, associé à un resserrement attendu de la politique de la Banque centrale européenne (BCE), pourrait créer de nouvelles tensions sur les taux souverains, et donc sur la soutenabilité des dettes publiques, du sud de la zone euro – en plus d’engendrer de nouvelles difficultés pour les États membres qui doivent se détourner de l’approvisionnement énergétique russe.

Dès lors, où ce « moment européen » peut-il nous mener ? Après deux années de pandémie, qui ont entraîné une forte augmentation des ratios d’endettement public européens, alors que la croissance économique semble encore s’éloigner en 2022, et que la guerre en Ukraine se poursuit, le moment est venu de réfléchir à une nouvelle « consolidation » européenne, notamment en termes fiscaux, énergétiques et militaires.

Une consolidation fiscale européenne pourrait prendre corps dans la création d’une nouvelle Agence européenne de la dette – instrument proposé par les experts chargés de réfléchir à la réforme du Pacte de Stabilité et de Croissance pour les gouvernements italiens et français -, qui gérerait notamment celle contractée par les États membres pendant la pandémie et la grande crise financière. Elle pourrait également correspondre à l’adoption de ressources fiscales supplémentaires, comme un fonds de relance « NGEU 2.0 » – faisant suite à celui négocié dans le cadre du covid-19 -, financé par les États-Membres, de nouvelles ressources propres européennes, et de la dette commune. Dans les deux cas, il s’agit d’accroitre la mutualisation des ressources fiscales, rapprochant l’Union du « moment hamiltonien », saut fédéral fiscal qui équivaudrait à faire de l’Union un véritable État fédéral, comme pour les États-Unis en 1789.

S’agissant de la consolidation énergétique, la Commission appelle aujourd’hui les États membres à puiser dans les fonds obtenus via le NGEU pour mettre en œuvre leur plan d’indépendance vis-à-vis de l’énergie russe, REPowerEU. Néanmoins, pour accélérer la transition énergétique et participer à la mise sur pied d’une véritable résilience énergétique européenne, la Commission espère de nouveaux investissements publics – c’est-à-dire de nouvelles ressources qu’il reste à négocier – et privés. Pour éviter d’alourdir encore le fardeau de la dette qui pèse sur les États membres, un NGEU 2.0 pourrait se charger de réduire les coûts en mutualisant certaines ressources destinées à ces investissements. Il convient de penser en parallèle une nouvelle organisation européenne de production et d’approvisionnement énergétique, alors que la guerre en Ukraine a montré que cela été possible. La Commission, chargée de négocier les contrats d’approvisionnement en gaz pour les 27 – elle a déjà négocié un accord avec les États-Unis pour des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) et continue ses négociations avec les fournisseurs de gaz moyen-orientaux -, pourrait en parallèle instaurer une institution dont l’objectif serait de maximiser l’interopérabilité des systèmes énergétiques européens.

S’agissant de la consolidation sur le volet militaire, elle est plus que jamais possible, compte tenu tout d’abord de l’engagement pris par le Chancelier allemand Olaf Scholz à élever à 2% du PIB durablement les dépenses de défense, mais aussi de la révocation de l’exemption danoise de participation aux politiques de défense européennes suite au référendum sur le sujet (66,9% des voix en faveur de la révocation), et de la volonté finnoise et suédoise de finalement rejoindre l’Otan. En parallèle du respect de la cible otanienne des 2% du PIB, les 27 devraient saisir cette conjonction pour approfondir leurs programmes industriels militaires communs, alors qu’une réélection de Donald Trump en 2024 pourrait de nouveau affaiblir le lien transatlantique. Lors de son « Serment de Strasbourg », le président Macron a aussi affirmé défendre un rapprochement des politiques de défense nationale dans l’Union, en concordance avec les objectifs de l’OTAN, mais dans un cadre différent.

Néanmoins, si ces sujets sont prioritaires, il ne faut pas oublier que de nombreux autres domaines d’intégration européenne sont largement ouverts à approfondissement : établissement d’un « modèle de croissance européen » fondé sur des champions industriels communs, une croissance du marché intérieur à l’heure où le monde se fragmente, et une orientation des investissements vers la transition écologique et le digital ; approfondissement de l’Union européenne de la santé avec l’établissement d’une plateforme d’échange de données de santé entre les États membres ; réforme de l’espace Schengen ; finalisation de l’Union bancaire et des marchés de capitaux ; etc.

Après le 19 juin, si le gouvernement français obtient une majorité de plus de 289 sièges à l’Assemblée nationale, nous pourrons pleinement prendre la mesure du moment européen. L’été sera à la réflexion, mais l’automne sera très certainement à l’action. L’Union pourrait accélérer, et s’affirmer de plus en plus comme puissance dans un monde dominé par la confrontation entre les États-Unis et la Chine.

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Le Centre for European Policy Network, basé à Berlin, Fribourg, Paris et Rome, participe aux débats européens.

Simon-Pierre Sohier, Victor Warhem et Marc Uzan

Ukraine : un enjeu de sécurité pour l’Europe

 Ukraine : un enjeu de sécurité pour  l’Europe 

Dans un entretien au « Monde », l’historien américain explique comment la guerre en Ukraine témoigne de la place centrale occupée par ce pays dans les relations entre puissances européennes rivales depuis plus d’un millénaire.

 

Timothy Snyder est un historien américain, spécialiste de l’Europe centrale et de la Shoah. Il est professeur à l’université Yale (Connecticut) et chercheur à l’Institut des sciences humaines à Vienne (Autriche). Auteur d’une quinzaine d’ouvrages, tous parus en français chez Gallimard, Timothy Snyder a publié une nouvelle édition de son œuvre maîtresse, Terres de sang. L’Europe entre Hitler et Staline (Gallimard, traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, 752 p., 32 euros).

Au début du conflit, les Ukrainiens formulaient des demandes modérées pour arriver à une paix négociée. Maintenant qu’ils ont réussi à faire reculer les Russes en différents endroits, ils sont plus exigeants. Selon vous, quelles sont les conditions pour garantir la sécurité du pays ?

Sur ce sujet, la principale chose à dire est qu’il revient aux Ukrainiens de définir ces conditions. En tant qu’Américain, je ne crois pas être en position de leur prescrire les modalités de leur sécurité. Toute négociation doit cependant reposer sur un élément essentiel : l’agression armée ne doit pas être récompensée. Il me semble évident aussi que la guerre ne peut pas se terminer sans que l’Ukraine ait obtenu de ses partenaires occidentaux qu’ils se portent garants de sa sécurité. Nous devons nous engager en ce sens, il nous revient de réfléchir à l’avenir que nous souhaitons pour l’Ukraine, afin qu’elle puisse sortir de la guerre sans craindre son retour.

Cela signifie-t-il, comme l’a déclaré le secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, qu’il faut « affaiblir durablement » la Russie ?

De Washington, ou de toute autre capitale étrangère, une illusion peut facilement s’emparer de nos dirigeants : il est tentant de croire que l’on pourrait définir à distance, de manière très précise, ce à quoi la fin de la guerre ressemblera ou doit ressembler. Ce n’est clairement pas le cas. Je ne pense pas non plus que l’affaiblissement de la Russie soit un objectif cohérent. La priorité reste de fournir aux Ukrainiens les matériels militaires dont ils ont besoin pour poursuivre les combats et l’emporter.


Le moral des soldats ukrainiens est bien meilleur que celui des Russes. Le droit est aussi de leur côté. Une chose leur manque : du matériel militaire. Ils n’ont pas suffisamment de pièces d’artillerie, de tanks, de véhicules de combat, etc. L’Occident peut mettre à leur disposition tout ce qu’il faut pour qu’ils puissent mieux faire face à l’envahisseur russe. Nous devons aussi apporter l’aide financière et humanitaire dont l’Ukraine a besoin.

L’Europe et l’hypocrisie du gaz !

L’Europe et l’hypocrisie du gaz ! 

Le choix de la Commission européenne sous l’influence de l’Allemagne de privilégier le développement des énergies renouvelables au détriment du gaz aboutit aujourd’hui à un paradoxe: les Etats-membres se retrouvent à utiliser du charbon ou à chercher désespérément du GNL en le payant beaucoup plus cher tout en affirmant vouloir s’en passer plus tard. Par Samuel Furfari, professeur en géopolitique de l’énergie, président de la Société européenne des Ingénieurs et Industriels, docteur en sciences appliquées, ingénieur polytechnicien ( dans la Tribune)

Alors qu’entre 2000 et 2005 la Commission Prodi avait promu une politique énergétique équilibrée, tout a basculé lorsqu’en 2006 la chancelière Angela Merkel a demandé au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de préparer une feuille de route de promotion des énergies renouvelables. Cela n’était apparemment pas une erreur, sauf que — comme dans l’histoire de la grenouille qui ne s’aperçoit pas que l’eau chauffe et qu’elle finit par être bouillie — progressivement l’UE — toujours sous la conduite de l’Allemagne — a décidé de passer à 100 % d’énergies renouvelables, c’est-à-dire à bannir les énergies fossiles.

Même si c’est en 2050, c’est utopique, car ils confondent électricité et énergie : on ne va pas chauffer les maisons et faire fonctionner les processus industriels grâce aux éoliennes et panneaux solaires.

L’autre erreur fut de mettre en œuvre rapidement le bannissement de la production de gaz naturel dans l’UE. On se souviendra comment avec une rapidité fulgurante, des États membres — dont la France de Sarkozy et Hollande — ont banni le gaz de schiste. La Commission européenne, bien timorée face à la pression médiatique, s’est limitée à adopter en janvier 2014 une recommandation — le plus faible de ses instruments législatifs à sa disposition ; elle  a fait comme Ponce Pilate en disant que c’était de la compétence des États membres. Ce climat général anti-gaz est tel que les entreprises des hydrocarbures sont allées voir ailleurs, là où elles sont bien accueillies.

Prenons l’exemple de l’Italie. L’actuel ministre des Affaires étrangères d’Italie, Luigi Di Maio, avait co-organisé en 2016 un référendum pour mettre fin à la production de gaz dans la zone économique exclusive italienne. L’initiative a échoué faute de quorum, mais plus personne n’a le courage de développer la production de gaz tellement le risque politique est grand. En 2018, le même personnage était le fer de lance de l’opposition au gazoduc TAP qui achemine du gaz depuis l’Azerbaïdjan jusque dans les Pouilles. Il vient de se rendre à Bakou pour tenter de convaincre ce pays du Caucase de doubler ses exportations de gaz vers l’Italie. A votre avis, le gouvernement azéri lui a-t-il proposé un bon prix ? On l’a même vu aller négocier au Congo-Brazzaville, un pays que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ne mentionne même pas dans son « Africa Energy Outlook 2019″, car il ne produit pas de gaz. Ce politicien du Mouvement 5 étoiles est assurément un « gazohypocrite ».

Avec des réserves de gaz presque vides et l’embargo sur le gaz russe qui se prépare, pour que les Européens n’aient pas à trop souffrir du froid l’hiver prochain, il est juste que les dirigeants tentent l’impossible. C’est leur devoir. Ils courent partout, telle une poule sans tête, pour tenter d’acheter du gaz. Non seulement toutes ces livraisons prendront énormément de temps, mais surtout, pour parer au plus pressé, les contrats sont signés en position de faiblesse et donc les fournisseurs de gaz naturel liquéfié (GNL) en profitent pour exiger des tarifs beaucoup plus élevés qu’ils ne l’avaient fait jusqu’à présent. C’est la nature même du commerce qui permet à certains d’être en position de faiblesse ou de force. C’est une lapalissade d’écrire que les États membres de l’UE sont en position de nette faiblesse.

De sorte que d’après Ringzone, les principaux vendeurs de GNL proposent des contrats de 10 ans débutant en 2023 à des taux supérieurs d’environ 75% au prix de contrats similaires qui avaient été signés l’année dernière. Cette donnée n’est qu’indicative, car dans le gaz comme dans tout le reste, les transactions commerciales sont privées et donc confidentielles. Mais que ce soit 50, 75 ou 100 % plus cher, il est évident que pendant au moins dix ans nous allons payer notre gaz plus cher. Alors que le marché était devenu largement fluide et spot, que les réserves de gaz n’ont jamais aussi abondantes (188. 000 milliards m³), la prise de conscience que l’UE ne va pas décarboner son économie oblige les entreprises à parer au plus pressé et à s’engager sur le long terme « quoi qu’il en coûte ». C’est une contradiction avec l’objectif du pacte vert et donc une gazohypocrisie.

La Pologne a une position énergétique en contrepieds avec celle de Bruxelles-Strasbourg, et la « punition » que vient de lui infliger la Russie en ne lui vendant plus de gaz ne lui fera aucun tort, car elle s’y était très bien préparée. Il en est de même pour la Bulgarie qui ne sera pas pénalisée par la décision de Moscou, son électricité dépendant à 77 % de charbon et nucléaire, et dans quelques mois elle sera alimentée par l’Azerbaïdjan.

Si les sanctions contre le gaz russe vont durer, la situation énergétique et économique va empirer et les prix vont exploser. On ne remplace pas 150 à 180 milliards de mètres cubes de gaz par an (en fonction de la rigueur de l’hiver) comme on le fait avec un smartphone ou une automobile. Le marché du GNL dans l’UE sera bien plus tendu et le prix ne baissera pas malgré le nombre croissant de producteurs de gaz et la grande abondance des réserves gazières mondiales.

Certains comme Engie  (Précédemment empêtré dans le gaz russe) se vantent d’avoir signé des contrats gaziers avec des entreprises américaines. Cela va permettre aux États-Unis d’accroitre leur richesse. Mais ce gaz de schiste livré dans les terminaux GNL des ports européens est cher à cause de la forte demande, et aussi parce que la liquéfaction du gaz, son transport et sa regasification finissent toujours par donner un prix du gaz plus élevé que celui provenant de Russie et transporté par des gazoducs amortis depuis de nombreuses années. Ceux qui se sont tus lorsqu’on a interdit même la prospection du gaz de schiste et qui importent du gaz de schiste américain ne sont-ils pas des gazohypocrites ?

Joe Biden désire envoyer plus de gaz de schiste vers l’UE alors qu’il avait promis durant la campagne électorale présidentielle d’en finir avec l’industrie des hydrocarbures. En pleine crise du gaz, le tsar du climat, John Kerry, a même prétendu que « personne ne devrait faciliter la tâche des intérêts gaziers en construisant des infrastructures d’une durée de 30 ou 40 ans, avec lesquelles nous serons ensuite coincés ». M. Biden prétend soutenir la production américaine de gaz pour libérer l’UE de sa dépendance vis-à-vis de la Russie, alors que son Administration œuvre dans la direction diamétralement opposée ?

 

L’erreur de l’UE de tout miser sur les énergies renouvelables (voir La Tribune du 3 mars 2020), au lieu de reconnaitre que le gaz et l’électricité nucléaire sont les énergies de l’avenir, conduira à ce que nous payons plus cher notre chauffage domestique et notre électricité. Les citoyens ne vont pas quitter l’UE pour autant. Mais les entreprises qui devront payer plus cher l’électricité et surtout le gaz utilisé dans le processus industriel, que ce soit pour les besoins thermiques ou chimiques (comme la production d’hydrogène qui sert à fabriquer de l’engrais qu’on ne pourra plus importer de Russie), n’auront pas d’état d’âme pour délocaliser. Les États-Unis auront un double avantage sur l’UE. Décidément, ce sont eux qui tirent profit de cette insupportable guerre en Ukraine !

Non seulement on ne parviendra pas à augmenter les énergies renouvelables, mais on détruit déjà notre industrie et nous nous appauvrissons en payant cher notre énergie. L’UE paye un lourd tribut pour son désarmement gazier unilatéral.

C’est tellement évident qu’il est interpelant qu’aucun politicien ne dénonce une situation aussi évidente. L’UE a sapé intentionnellement la confiance de l’industrie pétrolière et gazière, qui hésite à investir dans l’exploration, la production et d’autres infrastructures qui ont besoin du long terme pour rembourser les prêts que les banques hésitent à accorder précisément à cause de cette politique du tout renouvelable. Et en même temps, on court pour importer plus de gaz. Pourquoi l’industrie ne dénonce-t-elle pas cette gazohypocrisie ?

Revenir aux origines de l’Europe

Revenir aux origines de l’Europe

 

 Le 9 mai, journée de l’Europe, devait être un moment de célébration de la paix et de l’unité puisqu’il marque l’anniversaire de la déclaration Schuman, établie pour forger une coopération plus forte afin d’éviter la guerre. Il est donc poignant que la journée de l’Europe 2022 soit éclipsée par la guerre en Ukraine, qui cause de terribles souffrances humaines et déstabilise la reprise économique post-Covid sur le continent. Par Luc Frieden, président d’Eurochambres et Alain Di Crescenzo, président de CCI France.

 

Les chambres de commerce et d’industrie ont été des acteurs importants de la trajectoire économique de l’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, Eurochambres a contribué activement au processus d’intégration européenne, qui est passé d’une coopération sectorielle entre six pays à une union politique et économique complexe reposant sur le plus grand marché unique du monde et englobant 27 États membres. Ce sont des réalisations dont les Européens peuvent être fiers et auxquelles les CCI attachent une grande importance.

 

Nous pouvons nous inspirer des origines de l’Europe dans notre recherche de solutions aux défis d’aujourd’hui. L’intégration européenne a commencé par la mise en commun de la production de charbon et d’acier ; en 2022, alors que nous nous efforçons d’absorber les fortes hausses des prix de l’énergie tout en luttant pour la neutralité climatique, unissons-nous de la même manière pour élaborer une stratégie énergétique européenne coordonnée.

D’un point de vue commercial, le stockage stratégique et collectif des réserves énergétiques est judicieux et permettrait également à l’UE de jouer un rôle proactif dans la transition mondiale vers les énergies renouvelables.

En fait, il n’est pas nécessaire de remonter aux années 1950 pour trouver un précédent ; l’UE a prouvé sa capacité d’achats groupés récemment, dans le contexte complexe et extrêmement pressant des vaccins et des équipements médicaux Covid-19. Inspirons-nous de cette expérience afin de trouver des solutions au grave problème de l’énergie.

La journée de l’Europe est l’occasion d’examiner nos forces et nos faiblesses, nos opportunités et nos risques. Il ne peut s’agir d’une réflexion introspective. Au fil des décennies, l’UE est devenue l’une des économies les plus ouvertes sur l’extérieur et un fervent défenseur d’un système commercial multilatéral fondé sur des règles. Ces principes doivent continuer de guider notre action au moment où nous tentons de mitiger l’impact de la pandémie et de la guerre en Ukraine et relevons les défis mondiaux, tels que la transition environnementale. Ils doivent également nous éclairer pour préparer l’UE à faire face à de futures crises.

Ces principes doivent continuer de guider notre action au moment où nous tentons de mitiger l’impact de la pandémie et de la guerre en Ukraine, où nous relevons les défis mondiaux de la transition environnementale, et où nous préparons l’UE à faire face à de futures crises.

Le 9 mai 2022, l’Europe est plus importante que jamais. Alors que nous arrivons au milieu du cycle politique de l’UE 2019-2024, il est impératif que la Commission européenne et les co-législateurs restent très conscients des conditions d’affaires difficiles qui demeurent à travers l’Europe au cours de la seconde moitié de la législature actuelle de l’UE.

Tel a été le récent message d’Eurochambres aux présidents von der Leyen, Metsola et Michel. Le réseau des CCI accentuera ses actions auprès des décideurs politiques au niveau européen et national pour préconiser des mesures qui relanceront l’économie et renforceront la compétitivité des entreprises européennes. L’UE a besoin d’une communauté d’entreprises saine et prospère, tout comme les entreprises ont besoin d’une UE saine et prospère.

Luc Frieden et Alain Di Crescenzo (*)

Pour un vaste plan écologique et social de l’Europe

Pour un vaste plan écologique et social de l’Europe

 

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’économistes, dont Lucas Chancel, Anne-Laure Delatte et Thomas Piketty, forme le vœu de créer un vaste plan européen pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles et soutenir le pouvoir d’achat des ménages.

 

La guerre en Ukraine met cruellement en lumière la dépendance énergétique des Européens. Depuis le début du conflit, l’Union européenne (UE) a importé 39 milliards d’euros d’énergies fossiles de la Russie. La flambée des prix du pétrole et du gaz, atteignant des niveaux que l’on n’avait plus connus depuis la crise pétrolière de 1973, menace de causer des tensions sociales majeures. Les mesures prises dans l’urgence par les Etats européens au cours des derniers mois apparaissent à la fois trop lentes, trop faibles et trop peu coordonnées.

Mettre fin aux importations de gaz et de pétrole russe, tout en soutenant le pouvoir d’achat des ménages dans le cadre d’une trajectoire planifiée de décarbonation de nos économies est certes une équation compliquée, mais cela est à la fois indispensable et à notre portée.

Le Green Deal porté par l’Union européenne constitue un premier signal, mais ses objectifs et ses moyens actuels ne permettront pas de répondre adéquatement à l’urgence climatique et à ses conséquences sociales, surtout dans un contexte de tensions accrues sur les marchés de l’énergie. La présidence française du Conseil de l’UE devrait, sans délai, remettre sur la table la proposition d’adopter un nouveau traité européen autour des enjeux de la transition énergétique, avancée naguère par Jacques Delors. Ce traité devrait être articulé autour de trois piliers, et coordonné selon une méthode commune.

Premier pilier : un plan massif d’investissement. Les moyens dégagés par le Green Deal et le fonds de relance et de résilience sont totalement insuffisants. Décarboner nos économies et nos sociétés, et nous libérer du même coup de notre dépendance énergétique à l’égard des pays producteurs d’énergies fossiles, suppose d’isoler massivement les bâtiments publics et les logements, d’électrifier l’ensemble de la production industrielle et agricole, de développer massivement les transports ferroviaires et fluviaux, tant pour le transport des personnes que le fret, et d’atteindre 100 % d’énergie renouvelable. Cela suppose des investissements verts supplémentaires de 1,5 % à 2 % du PIB européen chaque année, selon la Commission.

Deuxième pilier : une véritable stratégie de transition professionnelle. La transition énergétique fera émerger de nombreux emplois nouveaux, mais elle affectera aussi des millions de travailleurs actifs dans les secteurs actuels des économies carbonées (automobile, transport maritime et aérien, extraction et raffinage des énergies fossiles, logistique…). A l’instar de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), le nouveau traité doit comporter un volet de soutien à la transition professionnelle des travailleurs affectés par cette transition, ainsi qu’un fonds de soutien aux classes moyennes et populaires pour faire face aux aléas des prix de l’énergie. Le fonds « transition juste » existant représente seulement 0,02 % du PIB européen, ce qui est totalement insuffisant par rapport aux besoins des ménages et aux entreprises vulnérables.

L’Europe menacée par les entraves à la démocratie

L’Europe menacée par les entraves à la démocratie

 

Un papier du Monde attire l’attention sur les dangers des entraves à l’État de droit dans plusieurs pays de l’Union européenne

La Hongrie et désormais la Pologne, notamment en raison des diatribes de son premier ministre, sont dans une logique d’affrontement avec l’UE sur cette question. Désormais, la voie est libre pour la Commission de subordonner le déblocage des fonds européens au respect de l’Etat de droit.

 

 Sur fond de guerre russe en Ukraine, deux dirigeants européens qui ne cachent pas leur bienveillance à l’égard de Moscou viennent de voir leur assise électorale très largement confortée. En Serbie, le président Aleksandar Vucic a été réélu, dimanche 3 avril, avec près de 60 % des suffrages. En Hongrie, le parti du premier ministre Viktor Orban, le Fidesz, a remporté, le même jour, une victoire si large qu’elle lui permet de conserver une majorité des deux tiers au Parlement.

Ces deux dirigeants ont en commun une pratique particulière, restrictive, de la démocratie et de l’Etat de droit. L’appropriation politique des médias publics par le pouvoir, notamment, a joué un rôle important dans ces deux campagnes électorales. Face à un électorat inquiet des conséquences du retour de la guerre sur leur continent, MM. Vucic et Orban ont tous deux joué sur la promesse de stabilité qu’offrait la reconduction du candidat sortant.
Il en a fait la démonstration dès la proclamation des résultats, en dénonçant « les adversaires » qui, selon lui, avaient tenté de faire obstacle à sa réélection, y compris « les bureaucrates de Bruxelles » et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Vladimir Poutine a été l’un des premiers à le féliciter pour sa victoire.
Si les partenaires européens de Viktor Orban sont habitués à ses diatribes contre Bruxelles, son attaque du président ukrainien, au moment où le monde découvrait les images du massacre de Boutcha, pose à l’UE un défi d’une autre nature. Elle met en danger la précieuse solidarité européenne, comme on le voit déjà dans le refus de la Hongrie de s’associer à un éventuel embargo sur le pétrole russe.
M. Orban a besoin des fonds européens pour tenir les promesses qu’il a faites à son électorat pendant la campagne. L’UE dispose là d’un levier important, dont elle entend se servir à l’égard de Budapest : le mécanisme de conditionnalité, qui permet de subordonner le déblocage des fonds européens alloués à un Etat membre au respect de l’Etat de droit par celui-ci. Bruxelles avait évité de déclencher ce mécanisme jusqu’ici pour ne pas être accusé d’ingérence dans la campagne électorale. Désormais la voie est libre, et la Commission européenne a raison de s’y engager. Il n’est plus acceptable que le contribuable européen finance des subventions à des pays dont le gouvernement refuse de garantir qu’elles seront utilisées dans le respect du droit.
Le Monde

Renforcer la défense économique de l’Europe face au marché mondial

Renforcer la défense économique de l’Europe face au marché mondial

Par  Alain di Crescenzo et Marie-Pierre Vedrenne*

« Pour être audible et crédible, l’Union européenne doit se doter rapidement d’un instrument visant à lutter contre les mesures coercitives pour empêcher les Etats tiers de faire pression sur nos économies et nos modèles de société » ( L’opinion)

 

 

 

Tensions géopolitiques, choc de la Covid-19, guerre en Ukraine, les facteurs de bouleversement se succèdent et confrontent nos entreprises à une instabilité de plus en plus croissante. L’autonomie stratégique devient, dans ce contexte incertain, la boussole de l’Union européenne. Il est temps que cette dernière se dote de tous les instruments de puissance afin de garantir avec efficacité des conditions d’une concurrence juste et loyale.

 

La Présidence française du Conseil de l’Union européenne, qui porte à son agenda l’ambition de souveraineté, appelle à retrouver les notions de solidarité, d’unité et de concurrence loyale, qui font partie des fondements de l’Union européenne. Les expériences récentes montrent, et c’est un élément positif à souligner, que ces principes restent fédérateurs en temps de crise et que l’identité européenne peut encore s’affirmer. La conviction des PME françaises, réaffirmée par une étude que CCI France vient de réaliser, est que seule une réponse européenne unie et forte permettra des avancées majeures.

Entre le « Buy American Act », la quasi-impossibilité d’accéder aux marchés publics des pays émergents ou le « Buy Chinese », nos grands concurrents réservent la commande publique à leurs entreprises nationales. Levier incontestable et incontournable de croissance, la commande publique représente avec 2000 milliards d’euros par an près de 14% du PIB de l’Union européenne. En 2020, les entreprises des pays tiers ont bénéficié des marchés publics européens pour 50 milliards d’euros, sans contreparties pour les entreprises européennes. Il était temps de rétablir l’équilibre. Avec l’accord obtenu sur le nouvel instrument sur la réciprocité, une entreprise non européenne participant à un marché public dans l’UE pourra être exclue ou se voir appliquer une sanction jusqu’à 100% du montant du marché public si cette entreprise a pour origine un pays fermé aux entreprises européennes.

La coercition, une menace à contrer. Soyons très clairs sur l’état du monde, la coercition économique est désormais monnaie courante : que ce soit avec les sanctions extraterritoriales américaines ou les comportements unilatéraux et contraires au droit international de la Chine envers la Lituanie ou l’Australie, l’ère de la confrontation est engagée. Pour être audible et crédible, l’Union européenne doit se doter rapidement d’un instrument visant à lutter contre les mesures coercitives pour empêcher les Etats tiers de faire pression sur nos économies et nos modèles de société. Comment ? En renforçant les outils de l’Union pour lutter contre les abus etles pratiques visant à restreindre nos choix commerciaux stratégiques, donc nos libertés d’action au mépris du droit international le plus élémentaire. Soyons ambitieux, la proposition actuellement sur la table des négociations au niveau européen est intéressante. Les tentations d’affaiblissement de certains États européens par des pays tiers doivent être stoppées.

Les normes, un atout commercial stratégique. Un autre sujet de préoccupation à l’international pour les entreprises est celui du poids trop grand détenu par des intérêts économiques non européens dans la politique de normalisation communautaire. Il est fondamental de redonner aux entreprises européennes la main sur la production de nos propres références techniques, surtout que la nouvelle politique industrielle européenne se donne désormais pour but d’investir massivement dans les technologies clés : digital, transition énergétique, data ou encore cybersécurité. Sur ces sujets les récentes déclarations de Thierry Breton sont positives et vont dans le sens d’un renforcement d’une normalisation européenne plus « autonome », du moins sans risque de présence d’intérêt extra-européen dominant. Ces orientations doivent être suivies d’effet.

Les moyens, un renforcement du rôle du « procureur commercial ». Créée en juillet 2020, la fonction de « chief trade enforcement officer » vise d’une part à aider nos exportateurs à pleinement bénéficier des avantages de nos accords de commerce et d’autre part à renforcer l’application des engagements en matière de développement durable. Le Français Denis Redonnet, qui remplit cette fonction, doit se voir doter des moyens humains et des leviers législatifs indispensables pour remplir sa mission. L’Europe doit rendre plus efficace ses procédures d’ « enforcement », comme le font nos grands concurrents. Dans tout accord international, la mise en œuvre et le respect des engagements demeurent la clé, c’est une simple question d’équilibre et de confiance, et les opinions publiques y sont de plus en plus sensibles. C’est particulièrement vrai en matière environnementale : la réforme des chapitres du développement durable dans les accords commerciaux doit faire en sorte que toute violation grave des engagements environnementaux et sociaux puisse être sanctionnée, sauf à vider tous les accords de leur substance. Donc à fausser le jeu de la concurrence et aller à l’encontre des objectifs de lutte contre le réchauffement climatique en accélérant les délocalisations et les fuites de CO2. C’est le même sujet pour le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, autre grande priorité de la Présidence française. Donnons-nous les moyens de faire respecter les équilibres dans nos accords internationaux, qu’ils soient juridiques ou de compensation financière aux frontières.

Aujourd’hui, la question pour l’Union européenne n’est pas le repli sur soi, loin de là. Il n’y aura pas d’autonomie stratégique sans ouverture. La nouvelle politique commerciale européenne doit réussir à créer les conditions d’une ouverture, tout en assurant le respect des équilibres nécessaires à un bon exercice du commerce mondial. Le défi est de pérenniser cette capacité nouvellement réaffirmée d’agir ensemble et de manière cohérente.

* Alain di Crescenzo est président de CCI France. Marie-Pierre Vedrenne est députée européenne, vice-présidente de la commission du Commerce International et membre de la Commission de l’emploi et des affaires sociales du Parlement européen.

Ukraine : quelle baisse de croissance pour l’Europe

 Ukraine : quelle  baisse de croissance pour l’Europe ? 

L’OCDE estime que la guerre en Ukraine va affecter de façon significative la croissance de l’Europe. Initialement la perspective de croissance en 2022 avait été fixée à 4 %. Le conflit en Ukraine pourrait en faire perdre la moitié environ.

En cause notamment le gonflement de l’inflation initialement attendue à 5 % en moyenne et qui pourrait atteindre 7 % environ. De quoi affecter de façon très sérieuse le pouvoir d’achat des ménages, la consommation et l’activité générale. En effet les prix des matières premières et de l’énergie était déjà la hausse mais la guerre a encore nourri l’augmentation non seulement de l’industrie manufacturière mais aussi de l’industrie alimentaire

L’invasion russe de l’Ukraine pourrait coûter «un point à un point et demi» de croissance à l’Europe, en fonction de la durée du conflit, tandis que l’inflation pourrait encore augmenter «de deux points à deux points et demi», a estimé la cheffe économiste de l’OCDE, Laurence Boone, auprès du Journal du dimanche. Si la Française précise que «le degré d’incertitude est élevé» quant à ces estimations, elle considère qu’il faudra mener «une réflexion en profondeur concernant les sujets fondamentaux, dont la sécurité alimentaire, énergétique et numérique, ainsi que l’organisation des échanges commerciaux».

Interrogée sur la hausse des prix généralisés dans la foulée de la guerre en Ukraine, elle a estimé que le conflit «pousse à la hausse les anticipations de prix des céréales et des engrais dont la Russie et l’Ukraine sont exportatrices», et qu’il «peut affecter non seulement les récoltes de cette année, mais peut-être aussi celles de 2023».

Le choc n’est pour autant «pas comparable à celui subi dans les années soixante-dix, parce que les institutions sont différentes». «L’inflation restera élevée cette année, mais pourrait commencer à ralentir en 2023, en fonction de l’évolution de la guerre», a-t-elle souligné. En réponse, elle préconise d’«élaborer des politiques budgétaires ciblées pour aider les ménages et les entreprises à passer le cap».

«Les restrictions aux exportations doivent quant à elles être évitées – elles n’ont jamais donné de bons résultats par le passé, au contraire», a-t-elle encore plaidé. «Les dispositifs budgétaires ciblés aideront la politique monétaire en permettant d’ancrer les anticipations inflationnistes, tout en préservant le pouvoir d’achat des plus vulnérables, sans mettre en danger la transition énergétique».

Ukraine : l’Europe et Poutine englués ?

Ukraine : l’Europe et Poutine englués ?

L’Europe s’est mise elle-même en danger en ne diversifiant pas assez ses importations. Il lui faudra au moins trois ans et un recours massif à des solutions d’énergies propres pour parvenir à se libérer de la Russie en 2025, évoque un papier de la « Tribune « .(extrait)

De son côté, Vladimir Poutine a riposté aux sanctions par une mesure inattendue, en exigeant de l’Union européenne de régler ses achats de pétrole et de gaz en roubles..

Accusé de financer la guerre, l’Occident pèse le pour (faire pression sur Poutine et les oligarques) et le contre (plonger l’économie mondiale en récession avec un baril à plus de 200 dollars) d’un durcissement des embargos. Le fragile consensus de Bruxelles apparu lors de la journée des trois sommets -OTAN avec Biden, UE et G7 – montre que l’Occident n’est pas prêt non plus pour une troisième guerre mondiale. Bien sûr, des « lignes rouges » ont été brandies, comme celle de l’utilisation éventuelle d’armes chimiques ou biologiques ou a fortiori nucléaire tactique. Mais, au-delà de la communication, la guerre est évidemment impensable entre puissances nucléaires. en tout cas improbable…

« Paix impossible guerre improbable », c’était le titre du premier chapitre du célèbre livre de Raymond Aron « Le grand Schisme » dans lequel l’éternel opposant de Sartre a popularisé en France la naissance de la guerre froide en 1947, un équilibre de la terreur précaire mais durable. En 2022, la nouvelle guerre froide est bien pire puisque le nombre de puissances nucléaires s’est élargi et Kim Jung-Un joue avec nos nerfs à la roulette nord-coréenne

La venue du président américain Joe Biden en Europe et son passage par la Pologne à 100 km de la frontière polonaise a certes permis à l’Occident de resserrer les rangs, mais malgré le déploiement de troupes supplémentaires qui portera à plus de 100.000 hommes le nombre des soldats US pour défendre l’OTAN, c’est, une fois de plus, le parapluie nucléaire américain qui nous protège. 

.En réalité, le cynisme l’emporte dans cette morbide diplomatie de l’énergie, car les Etats-Unis espèrent bien que le gaz naturel liquéfié américain remplacera dans les ports européens le gaz russe. Le « Freedom Gas » succède au soldat Ryan…

Signe que le jeu d’échec sanglant qu’il a ouvert le 24 février est dans l’impasse, Poutine recule. Ce n’est pas encore la retraite de Russie, dans l’autre sens, mais un premier pas que fait le ministère russe de la Défense en annonçant vendredi que l’armée va désormais se concentrer sur la « libération complète » de la région du Donbass, russophone, à l’est de l’Ukraine. Cela signifie-t-il que la Russie admet un mois après le déclenchement de la guerre que la conquête de toute l’Ukraine sera impossible.

Il est encore trop tôt pour espérer le retour de la diplomatie. L’autre retraite de Russie concerne les entreprises occidentales inquiètes pour leur réputation alors que les opinions occidentales dénoncent les violences contre les populations civiles. Côté français, le groupe Mulliez et ses enseignes Auchan, Décathlon et Leroy Merlin, mais aussi Renault et Total ont été au cœur de la tempête.

Patrick Pouyanné a été pris pour cible par le candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot qui n’a pas hésité à accuser TotalEnergies de « complicité de crimes de guerre »… et lui a répondu sur le même ton en moquant sa place dans les sondages et en assurant que l’exposition du groupe en Russie est « très gérable ».

 

Seul Poutine peut arrêter cette Raspoutitsa, cette boue ukrainienne qui peut atteindre plus d’un mètre de profondeur lors de la fonte des neiges et lors de pluies de l’automne et dans laquelle s’embourbe et son armée et l’économie mondiale.

 

A moins de 20 jours du premier tour et un mois avant le tour décisif de la présidentielle, La Tribune a sondé avec l’IFOP le regard des Français sur la place de leur pays sur la scène internationale. Inquiets de la guerre en Ukraine, ils sont en train de tirer les leçons de la crise sanitaire et se préparent pour le choc économique de la crise énergétique qui vient. Les Français voient leur avenir dans une Europe indépendante des énergies carbonées, si besoin par un mode de vie plus sobre avec un recours accru au nucléaire. L’Europe et la proximité sont plébiscitées comme la réponse la plus appropriée pour affronter un avenir incertain.

Quel prix sommes-nous prêt à payer et pour combien de temps pour maintenir la pression sur la Russie. Voilà ce qui se joue en Occident et cette arme agitée par Poutine a un visage, l’inflation, cet impôt que ne dit pas son nom.

Les Français commencent à le ressentir. Cette semaine, le taux des emprunts d’Etat a franchi la barre des 1% et cela se répercute déjà sur celui des crédits pas encore des prix immobiliers. Pour limiter la casse, et face au risque de tensions sociales et du retour des « gilets jaunes » au carré, le gouvernement multiplie les chèques pour freiner la hausse des prix mais ces mesures qui dépassent les 22 milliards d’euros à date sont jugées coûteuses et trop peu ciblées par de nombreux économistes.

Tout va augmenter, donc, y compris les salaires. La métallurgie vient de décider de relever de 3,1% les minimas dans le secteur, soit en deçà des 5% demandés par les syndicats pour compenser la hausse des prix. La question va monter pendant ce qui reste de la campagne électorale. Pour ou contre un Smic à 1400 euros, la guerre en Ukraine et ses répercussions est en train d’y apporter la réponse.

Parmi les principaux effets collatéraux de la crise ukrainienne, Bruxelles est obligé de revoir de fonds en comble sa stratégie agricole. Pour sécuriser sa production et compenser la perte du blé d’Europe de l’Est dont vont souffrir les pays méditerranéens, la stratégie Farm to fork, de la ferme à la fourchette, de montée en gamme vers le bio est à terre.

L’équilibre diplomatique instable de l’Europe

L’équilibre diplomatique instable de l’Europe

Pour Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde » le président américain, comme ses prédécesseurs, voulait tourner sa diplomatie vers l’Asie. Las, il est sans cesse ramené à l’Europe, avec le choc imprévu de la guerre en Ukraine. Un conflit que la Chine surveille aussi de près

Chronique. 

 

Joe Biden avait deux objectifs en arrivant à la Maison Blanche il y a quatorze mois : à l’intérieur, la relance de l’économie de son pays, dévastée par la pandémie de Covid-19 ; et à l’extérieur, la maîtrise de la rivalité sino-américaine, grand enjeu géopolitique du XXIe siècle. Mais le voilà, ce mercredi 23 mars, de nouveau en train d’atterrir à Bruxelles. Obstinément rappelé à l’ordre par la vieille Europe, lui qui ne rêve que d’Orient et de Delaware.

Ni lui ni personne n’avait prévu le retour de la guerre en Europe. Le choc est si brutal qu’en l’espace d’un mois, le monde s’est retrouvé en équilibre instable – dangereusement instable. Le président américain vient donc, par cette tournée décidée à la hâte, consolider ce qui peut l’être face à la Russie, éviter les fissures dans le bloc transatlantique.

La remarquable unité du groupe depuis le début de cette crise est mise à l’épreuve par les divergences entre Européens sur la suite logique des vagues de sanctions déjà prises : cesser de financer la guerre de Vladimir Poutine par l’achat de pétrole et de gaz russes. Certains en ont moins besoin que d’autres, certains sont plus motivés que d’autres. La Pologne, si près du front ukrainien mais aussi en première ligne du front des réfugiés – elle en a déjà accueilli près de 2 millions –, aura droit à un traitement de faveur de la part du président américain : une visite de deux jours.

Il faut consolider car la guerre russe, lancée il y a un mois, prend un tournant incertain. Stupéfaits des difficultés rencontrées par cette armée réputée si puissante, les Occidentaux ignorent comment le conflit va évoluer, guerre d’usure ou escalade des bombardements urbains, mais ils savent que l’Europe s’en trouvera ébranlée plus encore, alors que déjà la sécurité alimentaire mondiale souffre de la crise. Cet équilibre instable est rendu plus périlleux par le véritable supplice chinois que leur inflige le président Xi Jinping : viendra-t-il, ou non, au secours de Vladimir Poutine, au nom de leur « amitié sans limites » décrétée dans la déclaration sino-russe du 4 février ?

La réponse à cette question peut tout changer. Les Etats-Unis, fidèles à la stratégie adoptée dans ce conflit de révéler leurs renseignements afin de couper l’herbe sous le pied de leurs adversaires, ont fait savoir que Moscou avait demandé de l’aide militaire à Pékin. Pékin comme Moscou ont évidemment démenti…

L’ Ukraine va contraindre à transformer l’Europe

L’ Ukraine va contraindre à transformer l’Europe

L’invasion russe a montré les faiblesses européennes en matière de sécurité et de dépendance énergétique. L’Union a su réagir, mais le vrai défi sera de faire avancer une force et une politique de défense européenne communes en renforçant l’OTAN, explique dans une tribune au « Monde » la chercheuse allemande Daniela Schwarzer.

 

Tribune.

Face à la guerre en Ukraine, l’Europe s’est réveillée en sursaut – un réveil qui aurait dû se produire dès 2014, avec l’annexion de la Crimée, mais que nous avons collectivement décidé de négliger pour revenir au ronronnement réconfortant d’une économie en pleine reprise. Cette guerre n’est pas une lutte entre deux ennemis historiques réglant un vieux conflit post-impérial ; il s’agit en réalité d’une bataille pour l’âme et pour les valeurs fondamentales de l’Europe, la démocratie et la liberté.

La guerre en Ukraine transformera l’Europe. La façon dont nous y répondrons sera structurante pour notre continent et le monde entier. Le sommet de Versailles du 10 mars a indiqué l’étendue du travail que l’Union européenne doit achever. Alors que celle-ci se préparait à sortir de la crise sanitaire et économique due au Covid-19 pour avancer les trois grandes transitions de notre décennie – écologique, digitale et sociale –, l’ordre de sécurité européenne a été mis sens dessus dessous par l’invasion illégale de la Russie.

Ce geste inattendu et brutal a montré d’une part nos faiblesses en matière de politique de sécurité, et d’autre part notre extrême dépendance énergétique. Face à cette agression, la réaction de l’Europe s’est rapidement montrée unanime et profonde, aussi bien en France, où le président Emmanuel Macron a déployé tous ses efforts pour poursuivre une solution diplomatique, qu’en Allemagne, un pays qui avait du mal à croire qu’une véritable guerre puisse revenir sur le sol européen, tant elle a fait de la paix en Europe sa mission existentielle pendant près de soixante-dix ans.

Ce choc explique la réaction allemande, qui, dans un geste rarement vu dans le pays, et encore moins pour un nouveau gouvernement a la tête d’une coalition hétéroclite, a poussé le chancelier Scholz à proposer un renversement complet de l’attitude historique du pays en s’engageant à une forte augmentation des dépenses de défense. D’autres pays membres de l’Union se sont engagés à investir plus en matière de défense, d’après la déclaration du sommet de Versailles.

Mais le vrai défi sera de faire avancer une force et une politique de défense européenne communes, en renforçant l’OTAN grâce à un meilleur « burden sharing » (partage des coûts) entre contributions européennes et américaines. L’ambition qu’a le président Macron de renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe a certainement fait un bond en avant avec le financement commun de l’armement pour l’Ukraine, de la même manière qu’elle a fait un bond en avant avec l’emprunt commun pour répondre à la crise due au Covid-19.

L’ Ukraine va contraindre à transformer l’Europe

L’ Ukraine va contraindre à transformer l’Europe

L’invasion russe a montré les faiblesses européennes en matière de sécurité et de dépendance énergétique. L’Union a su réagir, mais le vrai défi sera de faire avancer une force et une politique de défense européenne communes en renforçant l’OTAN, explique dans une tribune au « Monde » la chercheuse allemande Daniela Schwarzer.  

 

Tribune.

Face à la guerre en Ukraine, l’Europe s’est réveillée en sursaut – un réveil qui aurait dû se produire dès 2014, avec l’annexion de la Crimée, mais que nous avons collectivement décidé de négliger pour revenir au ronronnement réconfortant d’une économie en pleine reprise. Cette guerre n’est pas une lutte entre deux ennemis historiques réglant un vieux conflit post-impérial ; il s’agit en réalité d’une bataille pour l’âme et pour les valeurs fondamentales de l’Europe, la démocratie et la liberté. La guerre en Ukraine transformera l’Europe. La façon dont nous y répondrons sera structurante pour notre continent et le monde entier. Le sommet de Versailles du 10 mars a indiqué l’étendue du travail que l’Union européenne doit achever. Alors que celle-ci se préparait à sortir de la crise sanitaire et économique due au Covid-19 pour avancer les trois grandes transitions de notre décennie – écologique, digitale et sociale –, l’ordre de sécurité européenne a été mis sens dessus dessous par l’invasion illégale de la Russie. Ce geste inattendu et brutal a montré d’une part nos faiblesses en matière de politique de sécurité, et d’autre part notre extrême dépendance énergétique. Face à cette agression, la réaction de l’Europe s’est rapidement montrée unanime et profonde, aussi bien en France, où le président Emmanuel Macron a déployé tous ses efforts pour poursuivre une solution diplomatique, qu’en Allemagne, un pays qui avait du mal à croire qu’une véritable guerre puisse revenir sur le sol européen, tant elle a fait de la paix en Europe sa mission existentielle pendant près de soixante-dix ans. Ce choc explique la réaction allemande, qui, dans un geste rarement vu dans le pays, et encore moins pour un nouveau gouvernement a la tête d’une coalition hétéroclite, a poussé le chancelier Scholz à proposer un renversement complet de l’attitude historique du pays en s’engageant à une forte augmentation des dépenses de défense. D’autres pays membres de l’Union se sont engagés à investir plus en matière de défense, d’après la déclaration du sommet de Versailles. Mais le vrai défi sera de faire avancer une force et une politique de défense européenne communes, en renforçant l’OTAN grâce à un meilleur « burden sharing » (partage des coûts) entre contributions européennes et américaines. L’ambition qu’a le président Macron de renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe a certainement fait un bond en avant avec le financement commun de l’armement pour l’Ukraine, de la même manière qu’elle a fait un bond en avant avec l’emprunt commun pour répondre à la crise due au Covid-19.

Politique -La ligne Maginot de l’Europe : se priver du gaz russe en 2027 ! Ridicule

Politique -La ligne Maginot de l’Europe : se priver du gaz russe en 2027 ! Ridicule

 

 

 

 

Globalement nombre de pays européens sont victimes de la politique énergétique irresponsable de l’Allemagne et de quelques autres pays du nord de l’Europe. En effet en dépit de la cruauté de la guerre en Ukraine, d’une certaine manière l’union européenne détourne la tête. Elle compte sur sa ligne Maginot qui consisterait à se priver du gaz seulement en 2027.

 

Il n’est pas certain que cette menace soit très opérationnelle pour stopper la folie meurtrière de Poutine. Une folie qui n’a jamais été réellement prise en compte par les pays européens qui ont toujours continué d’entretenir des relations diplomatiques alors que Poutine ne cessait ses entreprises guerrières en Europe, au Moyen-Orient mais aussi en Afrique.

 

En cause, le fait en particulier que l’Allemagne et d’autres ne peuvent se passer du gaz russe après avoir fait une croix sur le nucléaire. Pire, jusqu’à ces derniers jours ces pays souhaitaient  que la France abandonne son nucléaire une des rares armes de souveraineté économique du pays pour d’hypothétiques éoliennes à l’énergie intermittente très coûteuse. Résultat, pour se priver du gaz russe on va réactiver les centrales au charbon. Une vraie politique de gribouille sur le plan économique et énergétique et une politique pacifiste hypocrite d’une union européenne qui a toujours privilégié le business par rapport à d’autres valeurs sociétales.

 La stratégie de l’Europe rappelle celle de la ligne Maginot qui devait arrêter l’ennemi. Qui sait où va s’arrêter Poutine ? Personne n’en sait rien et sans doute lui non plus qui paraît de plus en plus affecté par le syndrome de l’isolement du dictateur .

 S’il y a des sanctions massives à prendre, il faut les prendre évidemment maintenant et non attendre des signes de bonne volonté d’un cinglé du KGB qui n’a connu  dans sa vie que la force et le meurtre comme moyen de persuasion.

La ligne Maginot de l’Europe : se priver du gaz russe en 2027 ! Ridicule

La ligne Maginot de l’Europe : se priver du gaz russe en 2027 ! Ridicule

 

 

 

 

Globalement nombre de pays européens sont victimes de la politique énergétique irresponsable de l’Allemagne et de quelques autres pays du nord de l’Europe. En effet en dépit de la cruauté de la guerre en Ukraine, d’une certaine manière l’union européenne détourne la tête. Elle compte sur sa ligne Maginot qui consisterait à se priver du gaz seulement en 2027.

 

Il n’est pas certain que cette menace soit très opérationnelle pour stopper la folie meurtrière de Poutine. Une folie qui n’a jamais été réellement prise en compte par les pays européens qui ont toujours continué d’entretenir des relations diplomatiques alors que Poutine ne cessait ses entreprises guerrières en Europe, au Moyen-Orient mais aussi en Afrique.

 

En cause, le fait en particulier que l’Allemagne et d’autres ne peuvent se passer du gaz russe après avoir fait une croix sur le nucléaire. Pire, jusqu’à ces derniers jours ces pays souhaitaient  que la France abandonne son nucléaire une des rares armes de souveraineté économique du pays pour d’hypothétiques éoliennes à l’énergie intermittente très coûteuse. Résultat, pour se priver du gaz russe on va réactiver les centrales au charbon. Une vraie politique de gribouille sur le plan économique et énergétique et une politique pacifiste hypocrite d’une union européenne qui a toujours privilégié le business par rapport à d’autres valeurs sociétales.

 La stratégie de l’Europe rappelle celle de la ligne Maginot qui devait arrêter l’ennemi. Qui sait où va s’arrêter Poutine ? Personne n’en sait rien et sans doute lui non plus qui paraît de plus en plus affecté par le syndrome de l’isolement du dictateur .

 S’il y a des sanctions massives à prendre, il faut les prendre évidemment maintenant et non attendre des signes de bonne volonté d’un cinglé du KGB qui n’a connu  dans sa vie que la force et le meurtre comme moyen de persuasion.

Ukraine: La guerre qui va transformer l’Europe ?

 

Ukraine: La guerre qui va transformer l’Europe ?

 

L’invasion russe a montré les faiblesses européennes en matière de sécurité et de dépendance énergétique. L’Union a su réagir, mais le vrai défi sera de faire avancer une force et une politique de défense européenne communes en renforçant l’OTAN, explique dans une tribune au « Monde » la chercheuse allemande Daniela Schwarzer (directrice exécutive pour l’Europe et l’Eurasie de l’Open Society Foundations).

 

Tribune.Face à la guerre en Ukraine, l’Europe s’est réveillée en sursaut – un réveil qui aurait dû se produire dès 2014, avec l’annexion de la Crimée, mais que nous avons collectivement décidé de négliger pour revenir au ronronnement réconfortant d’une économie en pleine reprise. Cette guerre n’est pas une lutte entre deux ennemis historiques réglant un vieux conflit post-impérial ; il s’agit en réalité d’une bataille pour l’âme et pour les valeurs fondamentales de l’Europe, la démocratie et la liberté.

La guerre en Ukraine transformera l’Europe. La façon dont nous y répondrons sera structurante pour notre continent et le monde entier. Le sommet de Versailles du 10 mars a indiqué l’étendue du travail que l’Union européenne doit achever. Alors que celle-ci se préparait à sortir de la crise sanitaire et économique due au Covid-19 pour avancer les trois grandes transitions de notre décennie – écologique, digitale et sociale –, l’ordre de sécurité européenne a été mis sens dessus dessous par l’invasion illégale de la Russie.

Ce geste inattendu et brutal a montré d’une part nos faiblesses en matière de politique de sécurité, et d’autre part notre extrême dépendance énergétique. Face à cette agression, la réaction de l’Europe s’est rapidement montrée unanime et profonde, aussi bien en France, où le président Emmanuel Macron a déployé tous ses efforts pour poursuivre une solution diplomatique, qu’en Allemagne, un pays qui avait du mal à croire qu’une véritable guerre puisse revenir sur le sol européen, tant elle a fait de la paix en Europe sa mission existentielle pendant près de soixante-dix ans.

Ce choc explique la réaction allemande, qui, dans un geste rarement vu dans le pays, et encore moins pour un nouveau gouvernement a la tête d’une coalition hétéroclite, a poussé le chancelier Scholz à proposer un renversement complet de l’attitude historique du pays en s’engageant à une forte augmentation des dépenses de défense. D’autres pays membres de l’Union se sont engagés à investir plus en matière de défense, d’après la déclaration du sommet de Versailles.

Repenser le rapport de l’Europe au Monde

Repenser le rapport de l’Europe au Monde (Josep Borrell)

 

Le haut représentant de l’Union de  la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne estime qu’il faut repenser les rapports de l’Europe au monde. (les « Echos »)

 

Pensez-vous que la pression internationale et les sanctions contre la Russie peuvent faire plier Vladimir Poutine et le contraindre à arrêter la guerre ?

Je pense que l’économie russe va souffrir très durement des sanctions que nous avons décidées et notamment de la diminution progressive des achats de gaz et de pétrole. Mais la guerre ne va pas s’arrêter du jour au lendemain…

Êtes-vous favorable à un embargo sur les achats de gaz russe, comme l’ont décidé les Etats-Unis et le Royaume-Uni ?

Ce serait certainement la meilleure façon de faire si on pouvait se passer du gaz russe. Nous allons viser une réduction nette de notre dépendance et de nos achats le plus vite possible. La Commission a proposé en début de semaine un plan qui prévoit de diminuer de deux tiers l’utilisation de gaz russe d’ici à la fin de l’année et il faut que tout le monde coopère. A titre d’exemple, une baisse du chauffage de 1 °C par les ménages représenterait une diminution de 7 % de notre consommation de gaz.

 

Comment expliquer cette forte dépendance de l’Europe au gaz russe ?

Depuis que la Russie a envahi la Crimée en 2014, nous n’avons pas cessé d’alerter les Européens sur cette dépendance. Or, elle s’est encore accrue ! On consomme beaucoup plus de gaz russe qu’en 2014 et l’Allemagne a construit un deuxième gazoduc pour augmenter ses livraisons.

La guerre en Ukraine aura-t-elle aussi des conséquences pour les économies européennes ? Êtes-vous favorable à un nouveau fonds européen pour compenser ces dommages ?

Avec cette guerre, l’économie européenne va subir un troisième choc asymétrique, c’est-à-dire qui va coûter aux uns plus qu’aux autres, après la crise de l’euro et la pandémie. Certains pays comme la Hongrie sont dépendants du gaz russe à presque 100 %, d’autres comme l’Espagne, très peu.

Et puis ce qui va coûter, c’est l’aide aux réfugiés. Il y en a déjà 2 millions et bientôt ce sera beaucoup plus et les plus touchés sont les frontaliers. Il peut donc être très utile de mutualiser ces coûts. La situation demande à nouveau une réponse collective, comme cela a été le cas pour la pandémie. Il va falloir faire face à une poussée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, notamment le blé et les engrais. Il se pourrait aussi qu’il y ait un choc social si l’inflation est trop élevée.

Pensez-vous que les dépenses d’armement doivent être incluses dans ce plan ?

Certaines dépenses d’armement pour l’Ukraine sont financées par les fonds européens. Quant aux dépenses d’armement nationales, elles seront financées par les Etats.

Plusieurs pays européens ont décidé d’accroître leur budget militaire, l’Allemagne notamment mais est-ce que cela suffit à parler d’Europe de la Défense ?

On ne va pas créer une armée européenne et faire disparaître les armées nationales comme on a fait avec l’euro ! Mais la France qui préside actuellement le Conseil de l’Union européenne défend l’idée que l’Europe ait une capacité défensive propre . Il ne s’agit pas de se substituer à l’Otan mais d’être complémentaire. Nous devons être interopérables, commander en commun, éviter les duplications, se doter des capacités qu’on n’a pas.

Il y a un énorme travail à faire pour optimiser les dépenses militaires en Europe car elles sont très éparpillées. Tous ensemble, nous consacrons à la défense environ trois fois plus que la Russie et autant que la Chine mais on ne peut pas dire qu’on est aussi efficaces.

L’Europe de la défense revient en fait à renforcer le pilier européen de l’Otan ?

L’Europe doit se doter d’une capacité de réagir, et pour cela il faut que les Etats membres européens de l’Otan fassent un apport plus important à l’Alliance atlantique qui reste le moyen fondamental de la défense territoriale de l’Europe. Mais il y a des occasions et des lieux où l’Otan n’interviendra pas et où les Européens doivent pouvoir le faire.

Quand au début des années 1990, il y a eu la guerre des Balkans où l’on a reproduit, à moindre échelle, les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, les Européens n’avaient pas les moyens d’intervenir et ce sont les Etats-Unis qui l’ont fait via l’Otan. En Afrique, dans le Sahel, ce sont les Européens tous ensemble qui devraient être présents car l’Otan n’ira pas au Sahel .

 

Parce que la perception des menaces n’est pas la même selon qu’on est un pays balte ou un pays méditerranéen. Pour un Balte, c’est la menace russe qui occupe toutes vos préoccupations mais si vous vivez au Portugal, vous serez plus préoccupés par le risque migratoire et l’instabilité de l’Afrique qui vous touche plus directement. Si l’on veut construire une Union politique, nous devons cultiver une culture stratégique commune et cela prend du temps.

 

La menace russe était déjà bien présente, nos rapports s’étaient déjà beaucoup dégradés. On est entré dans un nouvel âge de nos rapports avec la Russie et cette guerre va marquer la politique européenne pendant longtemps. Elle va aussi servir d’accélérateur au réveil géopolitique de l’Europe. Il faudra notamment éliminer la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie car elle est devenue une arme dans les mains de Moscou.

En cinquante ans, on a assisté à un véritable processus de désarmement de l’Europe. On a profité des dividendes de la paix pour développer notre Sécurité sociale.

En 1975, au moment des accords d’Helsinki sur la sécurité en Europe, les dépenses militaires des pays européens avoisinaient les 4 % de leur PIB. Aujourd’hui, ils sont autour de 1,5 % . En cinquante ans, on a assisté à un véritable processus de désarmement de l’Europe. On a profité des dividendes de la paix pour développer notre Sécurité sociale. Mais aujourd’hui l’Europe doit repenser ses rapports au monde. Elle s’est imaginé qu’en favorisant l’Etat de droit et en multipliant les accords commerciaux, le monde allait évoluer vers une sorte de paix universelle basée sur la démocratie et l’économie de marché, mais cela ne s’est pas produit. La guerre en Ukraine est un accélérateur de cette prise de conscience.

L’Europe n’est pas en guerre…. Mais pas en paix !

L’Europe n’est pas en guerre…. Mais pas en paix !

 

Tout en aidant l’Ukraine, les pays de l’OTAN sont déterminés à ne pas se laisser entraîner dans un conflit armé face à la Russie. Mais la limite entre paix et guerre est très ténue, explique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».

La guerre en Ukraine a commencé le 24 février sans que le mot soit prononcé à Moscou. Il y est même, depuis, interdit. Le président russe, Vladimir Poutine, sait l’impact de ce terme sur ses compatriotes, abreuvés d’histoire de leurs guerres, grandes et moins grandes. Il n’était pas question de dire aux Russes que leur pays s’engageait dans une guerre contre leur voisin ukrainien, si proche, si familier. Il l’a donc baptisée « opération militaire spéciale ».

C’est pourtant bien par une guerre, totale, dévastatrice et meurtrière, que Vladimir Poutine entend soumettre l’Ukraine. Il est plus franc avec ses interlocuteurs étrangers. A son homologue français, Emmanuel Macron, il a dit plusieurs fois, et de la manière la plus crue, qu’il irait jusqu’au bout.

Depuis le 24 février, l’Europe vit au rythme de la guerre à ses portes. Elle vibre, même. Spontanément solidaires des Ukrainiens, dont 2 millions se sont déjà réfugiés chez eux, les Européens suivent cette guerre en direct, en permanence, et appréhendent naturellement qu’elle s’étende. Leurs dirigeants les rassurent : l’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN, donc l’OTAN n’entrera pas en guerre. « Nous ne sommes pas en guerre avec la Russie », a souligné le président Macron dans son allocution du 2 mars.

Est-ce si sûr ? Comment définit-on la guerre, en 2022 ? Le faux lapsus du ministre des finances, Bruno Le Maire, contraint au rétropédalage après avoir décrit les sanctions occidentales comme « une guerre économique et financière totale livrée à la Russie », est révélateur de cette ambiguïté. Oui, des sanctions de cette ampleur sont une arme de destruction massive, même si elles ne sont pas de nature militaire. Non, il ne faut pas le dire, puisque « nous ne sommes pas en guerre ». Vladimir Poutine, lui, ne s’y trompe pas ; il a averti le 5 mars que cette panoplie de sanctions s’apparentait à « une déclaration de guerre ». Déclaration dont lui-même ne s’est d’ailleurs pas embarrassé avant d’envahir l’Ukraine… puisqu’il ne s’agit que d’une « opération spéciale ».

A la guerre visible se mêlent d’autres guerres qui ne disent pas leur nom, décrites par l’historien Thomas Gomart dans son livre Guerres invisibles (Tallandier, 2021). La cyberguerre est certainement déjà en cours en Ukraine, avec le soutien de la technologie américaine. Vladimir Poutine et son vassal biélorusse Alexandre Loukachenko sont des experts ès guerre hybride, au service de laquelle même les migrants peuvent devenir une arme. Et dans le cadre du conflit armé, quel est le seuil, aujourd’hui, de l’entrée en guerre ?

Objectif de la Russie : finlandiser toute l’Europe ?

Objectif de la Russie : finlandiser toute l’Europe ?

L’écrivaine finlandaise Sofi Oksanen, devenue l’une des voix les plus influentes et engagées de la scène intellectuelle nordique, raconte, dans une tribune au « Monde », comment le concept de « finlandisation », cette soumission sans occupation à la volonté du puissant voisin russe, a « brouillé la boussole morale » de son pays.

Tribune. Dans les années 1970, quand la télévision de Suède diffusa Une journée d’Ivan Denissovitch, d’après le roman d’Alexandre Soljenitsyne (1962), la Finlande coupa les émetteurs de l’archipel d’Aland pour que les citoyens ne puissent pas regarder ce film, interdit chez nous. En effet, notre commission cinématographique avait refusé le visa d’exploitation à ce drame qui parlait des camps de l’URSS. Motif : « antisoviétisme ».

L’Archipel du goulag [paru en 1973] allait connaître le même sort. Le président et le premier ministre s’opposèrent à sa publication et la maison d’édition finlandaise du lauréat du prix Nobel se soumit docilement à la situation. Pour contourner la censure, la première partie du texte fut publiée en Suède. La diffusion ne fut pas facile en Finlande, où le livre était interdit de bibliothèque et de librairie.

Quelques années plus tard, ma mère, estonienne, arriva en Finlande par le mariage et je naquis dans un pays qui avait conservé son indépendance, mais où la « finlandisation » exerçait partout son influence. Ce concept inventé en Allemagne de l’Ouest désigne la soumission à la volonté du puissant voisin, la Finlande étant alors le seul pays occidental tenu aussi sévèrement dans le poing de fer de l’URSS.

L’emprise concernait non seulement la politique extérieure mais aussi la défense, l’économie, les médias, l’art et la science. Il n’était pas souhaitable que la recherche académique mette le nez dans une économie soviétique se trouvant dans un état catastrophique, et il valait mieux éviter les sujets considérés comme antisoviétiques si l’on souhaitait des perspectives de carrière. Quand la direction des douanes constata que le thon soviétique contenait trois fois plus de mercure que la limite autorisée, on décida que le rapporteur avait interprété la valeur de manière « trop théorique ». De même, la direction des affaires maritimes modifia sa réglementation lorsque la société Teboil, propriété de l’URSS, mit en vente des canots qui ne passaient pas les tests de sécurité.

Mes manuels scolaires nous faisaient croire que l’Estonie avait adhéré à la joyeuse famille soviétique de son plein gré, car l’enseignement se conformait à la ligne historiographique de l’URSS. Tout cela reposait sur l’accord d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle signé en 1948 entre l’Union soviétique et la Finlande, et notre direction de l’enseignement n’y dérogeait pas. Si les problèmes affectant les Etats-Unis avaient leur place dans les livres de géographie, aucun adjectif négatif n’était jamais associé à l’Union soviétique.

Poutine : De nouvelles menaces vis-à-vis de l’Europe

Poutine : De nouvelles menaces vis-à-vis de l’Europe

 

Vladimir Poutine menace l’Europe affirmant que les sanctions imposées à son pays s’apparentaient « à une déclaration de guerre ».

Sans doute contrarié par la lenteur de l’invasion russe en Ukraine, Poutine multiplie les menaces y compris contre l’Europe. Poutine a déclaré qu’il parviendrait à atteindre ses objectifs soit par la guerre ,soit par la négociation. En clair il conteste le statut d’État à l’Ukraine.

En même temps il menace les pays européens qui apporteraient un soutien trop significatif à Kiev.

Les états voisins de l’Ukraine sont particulièrement inquiet de l’évolution du conflit.

Après la Pologne, Blinken en Moldavie. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken est arrivé samedi en Moldavie pour montrer le soutien des États-Unis à ce pays submergé par une vague de réfugiés en provenance d’Ukraine et qui craint de tomber sous la menace Moscou.

Pékin a appelé de son côté à des négociations directes entre la Russie et l’Ukraine lors d’un entretien téléphonique samedi entre le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et son homologue américain Antony Blinken, selon un communiqué officiel chinois.

Les forces russes se rapprochent de Kiev, rencontrant une tenace résistance et bombardant parfois des immeubles d’habitation, notamment à Tcherniguiv, à 150 km au nord de la capitale, où des dizaines de civils ont été tués ces derniers jours.

. L’armée russe continue de pilonner les alentours de Kiev, au nord-ouest et à l’est notamment.

 

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