Archive pour le Tag 'l’Europe'

La question environnementale hypothéquée par dans la politique étrangère de l’Europe

La question environnementale hypothéquée par dans la politique étrangère de l’Europe 

 

Cinq experts observent, dans une tribune au « Monde », que l’objectif européen de neutralité carbone pour 2050 va modifier profondément les relations de l’Union avec les pays étrangers fournisseurs d’énergie, dont certains devront céder la place à de nouveaux venus.

 

Tribune.

 

L’objectif de neutralité climatique de l’Union européenne (UE) d’ici à 2050, le « Green Deal » [« pacte vert »], n’est pas seulement un exercice révolutionnaire de modification des habitudes du continent en matière d’énergie, de consommation et de voyage. Il implique également des changements majeurs dans la politique étrangère et les relations diplomatiques de l’Europe.

Aujourd’hui, environ 70 % du bouquet énergétique de l’UE continuent de reposer sur les combustibles fossiles, tandis que les énergies renouvelables représentent moins de 15 %. Cette situation va complètement changer au cours des trente prochaines années si le Green Deal européen est couronné de succès.

Une baisse massive de la consommation de combustibles fossiles restructurera les relations de l’UE avec ses principaux fournisseurs, notamment la Russie, l’Algérie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et la Libye, dont les économies dépendent fortement des exportations d’énergie vers l’Europe. La fin de la dépendance de l’Europe à l’égard des combustibles fossiles leur porterait préjudice et pourrait même déstabiliser leurs gouvernements.

 

Comme l’Europe représente environ 20 % des importations mondiales de pétrole brut, une forte baisse de la demande européenne affecterait aussi le marché mondial du pétrole en faisant baisser les prix, ce qui nuirait même aux producteurs qui exportent relativement peu d’énergie vers l’Europe, comme l’Arabie saoudite. 

Dans une étude récente, nous avons décrit comment les effets géopolitiques du Green Deal européen se feront sentir au-delà des marchés de l’énergie (« The geopolitics of the European Green Deal », Bruegel, 2 février 2021). Les industries européennes s’inquiètent de leur compétitivité par rapport à leurs homologues étrangères, car elles devront payer des prix plus élevés pour le carbone et se conformer à des lois environnementales plus strictes.

Le Green Deal européen protégerait ces entreprises en introduisant un mécanisme dit « d’ajustement aux frontières », ou un tarif sur les biens importés basé sur leur contenu en carbone, équivalent au prix du carbone national. Une telle mesure aura inévitablement des répercussions sur les flux commerciaux et la politique mondiale.

 

Si certains pays seront désavantagés par le Green Deal européen, d’autres en bénéficieront. Une Europe plus verte devrait importer davantage de produits et d’intrants énergétiques propres. La Chine en bénéficierait, car elle domine le marché des minéraux dits de terres rares, qui sont essentiels pour les éoliennes, les moteurs de véhicules électriques et les applications dans d’autres domaines des technologies propres. 

Secouer l’Europe

Secouer l’Europe

En raison de la crise sanitaire, et pour que les garanties démocratiques soient préservées, les députés Emilie Cariou et Aurélien Taché appellent, dans une tribune au « Monde », à renouveler « en profondeur » les institutions européennes, notamment le Parlement.

Tribune.

 

Des situations de crise peuvent émerger le meilleur comme le pire. L’Union européenne (UE), face au Covid, avait l’occasion de renforcer sa gouvernance, en innovant dans ses pratiques et en affirmant sa cohésion. L’emprunt commun est une véritable avancée. Mais cette initiative ne doit pas masquer les dysfonctionnements structurels de l’Union et les graves insuffisances de l’équipe qui dirige la Commission. L’Union européenne du « monde de demain » doit être renouvelée institutionnellement, démocratiquement et en profondeur si elle veut, tout simplement, espérer en faire partie.

Les échecs accumulés et les avanies subies par l’UE révèlent un criant besoin de renouveau de son projet sur une base fédéraliste et démocratique. Aujourd’hui, les pays comme l’Allemagne se sentent pris en otages par le choix de la solidarité européenne. Une solidarité pourtant si nécessaire quand nous voulons une Europe plus résistante, mais qui est la victime d’un système politique la conduisant nécessairement à sa ruine.

Mais, tout comme le césarisme technocratique d’un président – qui gouverne par conseil de défense dans un état d’urgence prolongé en France – mine la confiance des citoyens et nuit, finalement, au déploiement efficace des mesures, le mode de fonctionnement opaque d’une technocratie bruxelloise déconnectée des citoyens et des réalités semble avoir ses limites.

La nomination même d’Ursula von der Leyen aurait dû poser question, dès 2019, quand Emmanuel Macron l’avait sortie de son chapeau pour la présidence de la Commission à la surprise générale et en défiant le Parlement.

A la faveur de la crise, la Commission a eu l’occasion d’élargir son champ d’action à la santé. Une ambition louable, mais un défi de taille, puisqu’avant la pandémie, le sanitaire relevait des gouvernements nationaux. C’est alors une petite révolution lorsque les Etats membres, après des hésitations coupables dans ce qui s’annonçait comme une course contre la montre, ont chargé la Commission de procurer les vaccins dans le cadre d’une « Union européenne de la santé ».

Pourtant, cet « émouvant moment d’unité » décrit par la présidente de la Commission fin décembre paraît aujourd’hui bien lointain. « L’heure de l’Europe » ne semble malheureusement pas encore venue. Opacité, lenteurs, contrats biaisés… la joute juridique avec AstraZeneca sur la responsabilité des retards de livraison comme l’extraordinaire erreur qui a bien failli recréer une frontière entre les deux Irlandes montrent que le Berlaymont [le siège de la Commission européenne à Bruxelles] n’a pas été à la hauteur de la tâche.

Chine : l’Europe fait passer les droits humains après le business

Chine :  l’Europe fait passer  les droits humains après le business  

Une centaine de personnalités de sensibilité écologique dénoncent le fait que l’union européenne fasse passer les intérêts commerciaux avant le respect des droits humains en Chine. De fait,  la dernière preuve est sans doute cet accord sur les investissements réciproques passés entre les deux zones surtout poussée par l’Allemagne.  (Tribune dans le monde)

Tribune.

 

En ce 12 février débute le Nouvel An chinois. Témoignage de la persistance à travers les âges de la culture dominante en Chine, celle des Han (ethnie majoritaire à l’échelle du pays), cette tradition ne saurait pourtant occulter la richesse et la diversité de la société chinoise : l’immense territoire chinois regroupe en effet de nombreuses cultures et populations dont les traditions sont souvent méconnues, voire censurées par le pouvoir en place.

Ainsi, des rapports de plus en plus nombreux et étayés attestent depuis 2016 de la politique d’éradication culturelle menée par le régime de Pékin à l’encontre des Ouïgours, population musulmane turcophone, habitant principalement la province du Xinjiang.

Arrestations arbitraires, internements dans des camps de « rééducation », soumission au travail forcé, campagnes de stérilisation perpétrées à l’encontre des femmes, contraceptions et avortements forcés, destruction des lieux de culte, prélèvements d’organes, interdiction de parler leur langue, interdiction de donner un prénom musulman à leur enfant et même persécutions au-delà des frontières… La liste des violations et des crimes commis à l’encontre de la communauté ouïgoure semble sans fin.

En parallèle, Pékin facilite la migration de Chinois han dans la région du Xinjiang : les Ouïgours sont ainsi en passe d’y devenir minoritaires. Comme pour les Tibétains, à terme, c’est l’existence même de cette population, avec sa culture et ses spécificités, qui est menacée.

Kazakhs, Ouzbeks et Mongols sont exposés au même risque en tant que minorités ethniques : le Parti communiste chinois est sans pitié contre celles et ceux qui pourraient contester son autorité sur le territoire chinois. Hongkong en a aussi fait les frais, la répression contre l’opposition démocratique aux représentants de Pékin étant féroce.

Selon l’ONG Human Rights Watch, entre un et trois millions de Ouïgours sont actuellement enfermés dans des camps où il leur est appris à oublier leur culture, leur religion, à coups de sévices, et où ils sont forcés à produire des biens que nous, Européens, consommons parfois sans même le savoir.

Ces violations des droits humains permettent ainsi à des multinationales – dont certaines européennes – de réduire leurs coûts de production : un rapport de l’Institut australien de politique stratégique a ainsi identifié, en février 2020, plus de quatre-vingts entreprises bénéficiant de ce travail forcé. Pour éluder leurs responsabilités, elles se cachent derrière leurs sous-traitants.

Conflit Boeing-Airbus: les États-Unis maintiennent les taxes sur l’Europe

Conflit Boeing-Airbus: les États-Unis maintiennent les taxes sur l’Europe

Si les relations commerciales entre les États-Unis et les différents partenaires seront sans doute pacifiées sur la forme par contre sur le fond ,il ne faut peut-être pas espérer des miracles notamment pour l’Europe. Ainsi dans le cadre du conflit récurrent qui oppose Boeing et Airbus à propos des aides publiques qui faussent la concurrence, les États-Unis vont continuer d’appliquer leurs mesures de rétorsion fiscale qui porte notamment sur les exportations de vins.

 

Les services du représentant américain au Commerce indiquent qu’ « il n’est pas nécessaire, à ce stade, de revoir » cette sanction commerciale, rapporte BFM TV. Joe Biden a toutefois indiqué souhaiter renouer des liens pacifiés avec ses alliés historiques dont les pays de l’Union européenne (UE), selon Le Figaro.

Ces mesures sont entrées en vigueur le 12 janvier dernier, dans le cadre d’un vieux litige entre Boeing et Airbus. Les deux concurrents s’affrontent en effet depuis octobre 2004 devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les aides publiques versées aux deux groupes, jugées illégales. Il s’agit du plus long conflit commercial traité par le juge de paix des échanges mondiaux.

Annoncées à la fin de l’année 2020, ces taxes visent des produits français et allemands et notamment les vins non-pétillants, moûts de raisin et cognacs (+25%) et certaines pièces aéronautiques (+15%). Ces droits de douane s’ajoutent à ceux imposés depuis 2019 sur des produits européens (vin, fromage, huile d’olive, whisky) et sur les avions d’Airbus, rappelle Le Figaro.

L’Europe expulse son tour des diplomates russes

L’Europe expulse son tour des  diplomates russes

 

Réponse du berger à la bergère après l’affront de Poutine à  l’Europe. Le dictateur avait en effet expulsé trois diplomates alors que le chef de la diplomatie européenne était reçu en Russie justement pour protester contre la situation de Navalny et les atteintes aux libertés individuelles et collectives. À son tour l’Europe décide donc d’expulser trois diplomates russes. « Si la Fédération de Russie ne devait pas reconsidérer son geste, ce dernier ne restera pas sans réponse », avait déjà prévenu le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas (SPD). Les diplomates occidentaux en question assistaient aux manifestations dans le but d’informer leurs chancelleries, leur expulsion était donc « injustifiée », avait fait valoir Angela Merkel.

 

 

À la différence de Moscou, Varsovie, Berlin et Stockholm n’ont pas commenté l’annonce de l’expulsion des diplomates russes. L’épreuve de vérité – le cas échéant – aura lieu, le 22 février à Bruxelles, lors d’un Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE. Ces derniers devraient discuter de sanctions à l’encontre de la Russie, mais dans le cadre délimité que Paris et Berlin entendent leur assigner. La France et l’Allemagne ne veulent pas couper les ponts avec Vladimir Poutine, et l’Allemagne, en particulier, continue à défendre son projet de gazoduc Nord Stream qui relie la Russie à son territoire, où doit arriver directement le gaz produit en Russie.

Le cynisme de Poutine face au ventre mou de l’Europe

Le cynisme de Poutine face au ventre mou de l’Europe

 

 

 

Un édito du monde souligne la véritable gifle qu’a reçue l’Europe quand son représentant diplomatique était présent à Moscou. C’est le moment précis qu’a choisi Poutine pour expulser des ambassadeurs de l’Europe. Le signe sans doute que Poutine ne craint guère les réactions du ventre mou de l’Europe à la fois désunie vis-à-vis de la Russie et peut déterminée.

 

 

Formé à l’école soviétique, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est un vieux routier de la diplomatie. Il prépare volontiers ses collègues de pays amis en visite officielle à Moscou à la conférence de presse conjointe. Vendredi 5 février, M. Lavrov n’a pas eu ces égards pour Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), et pour cause : la conférence de presse était une embuscade. La première question, posée par un collaborateur de l’agence officielle Sputnik, visait à conduire l’ex-ministre espagnol à condamner les sanctions américaines contre Cuba.

M. Borrell n’a pas su éviter le piège. Mais il y avait pire, et il l’ignorait encore. C’est par les réseaux sociaux qu’il a appris, à la fin de ses entretiens avec le ministre russe, l’expulsion de trois diplomates européens en poste en Russie, un Allemand, un Polonais et un Suédois, accusés d’avoir violé leurs obligations diplomatiques en assistant à des manifestations de soutien à l’opposant Alexeï Navalny. Des accusations « sans fondement », a commenté M. Borrell dimanche soir dans un compte rendu de sa visite sur son blog. Il a demandé à M. Lavrov de revenir sur cette décision ; ce dernier a refusé.

A ce niveau-là, ce n’est plus un camouflet, c’est une gifle. Une humiliation pour l’ancien ministre espagnol des affaires étrangères mais aussi, à travers lui, l’expression d’un mépris total pour sa fonction, dont la faiblesse est ici soulignée, et un geste de défi à l’égard de l’Union européenne.

En allant se jeter dans la gueule du loup à un moment d’extrême tension politique en Russie, Josep Borrell a sous-estimé le cynisme du régime de Vladimir Poutine et surestimé sa capacité à y faire face. Avant son départ de Bruxelles, il avait fait valoir aux sceptiques les vertus du dialogue : « Lorsque les choses vont mal, il faut s’engager », assurait-il lors d’une conférence à la fondation Robert-Schuman.

Le haut représentant pour la politique extérieure de l’UE voulait explorer les possibilités de progrès dans les relations entre l’UE et la Russie, pour en faire part au sommet européen prévu en mars sur ce sujet. Il pensait pouvoir à la fois afficher la fermeté sur le sort réservé à Alexeï Navalny et aux milliers de manifestants arrêtés et parler de coopérations possibles sur le climat, l’Arctique ou le nucléaire iranien. A la décharge de M. Borrell, peu d’Etats membres de l’UE – ni Paris ni Berlin – s’étaient opposés à ce voyage.

Mais, pour dialoguer, il faut être deux. Et le message qu’a confirmé le pouvoir russe au cours de cette désastreuse visite, c’est qu’il n’a aucunement l’intention de dialoguer avec l’UE. Pour ceux qui en doutaient encore, les choses ont le mérite d’être claires.

Cette clarification pourrait, finalement, se révéler salutaire. Le chef de la diplomatie européenne a dressé lucidement dimanche soir un constat d’échec de son expérience : cette visite l’a convaincu que la Russie s’est « progressivement déconnectée de l’Europe » et qu’elle « voit dans les valeurs démocratiques une menace existentielle ». Sa priorité stratégique, de toute évidence, n’est pas l’Europe, mais la Chine. L’UE, conclut-il, « devra en tirer les conséquences » et « procéder, unie, avec détermination ».

Unité et détermination : les deux font défaut à l’UE à propos de la Russie. Après une telle leçon, elles sont pourtant plus nécessaires que jamais. Sur la question des nouvelles sanctions, comme sur celle d’un tournant stratégique dans les relations entre l’Europe et la Russie.

Brexit et Ports britanniques : écroulement du trafic vers l’Europe

Brexit et  Ports britanniques : écroulement du trafic vers l’Europe

 

 

Boris Johnson avait imaginé transformer le Royaume-Uni en une sorte de Singapour sur Tamise. Ainsi la péninsule britannique aurait constitué le point d’entrée principal des les importations vers l’union européenne après le brexit .

Le problème c’est qu’un certain nombre de verrous de normes et de formalités administratives entravent cette vision au point que le trafic passant par le Royaume-Uni et à destination de l’union économique s’écroule complètement.

C’est dans une lettre adressée le 1er février au ministre Michael Gove, à laquelle l’hebdomadaire britannique The Observer a eu accès, que le président de l’association, Richard Burnett avance ce chiffre de 68%, tiré d’un sondage réalisé auprès de ses membres internationaux.

Selon l’hebdomadaire, Richard Burnett estime que cela est principalement dû à « l’augmentation massive de la paperasse à laquelle sont confrontés les exportateurs » après le Brexit. Il appelle le gouvernement britannique à augmenter grandement le nombre de douaniers chargés d’aider les entreprises, estimant que les 10.000 personnes actuellement déployées ne représentent « qu’un cinquième de ce qui serait nécessaire ».

« Je trouve profondément frustrant et agaçant que les ministres aient choisi de ne pas écouter l’industrie et les experts », a déclaré celui qui affirme à The Observer avoir « prévenu » M. Gove « de façon répétée ces derniers mois ».

Officiellement sorti de l’Union européenne le 31 janvier 2020, le Royaume-Uni a continué d’observer ses règles pendant la période de transition qui s’est achevée le 31 décembre, date à laquelle le pays est sorti de l’union douanière et du marché unique européens.

 

Malgré l’accord commercial signé in extremis avec son ancien partenaire, le gouvernement britannique avait prévenu les entreprises qu’il faudrait s’attendre à des « perturbations à court terme.

En effet, les exportateurs britanniques doivent désormais remplir une multitude de documents pour prouver que leurs biens sont autorisés à entrer dans le marché unique européen, un alourdissement des procédures chronophage et coûteux, qui retarde le passage des frontières.

Interrogé par The Observer, un porte-parole du ministre Michael Gove a affirmé ne « pas reconnaître le chiffre avancé sur les exportations » par la RHA, estimant que « les perturbations à la frontière avaient jusqu’à présent été minimes » et que « les mouvements du fret sont désormais proches de la normale, malgré la pandémie de Covid-19″, qui a aussi fortement impacté le trafic.

Le directeur de l’Association des ports britanniques, Richard Ballantyne, affirme lui que ce chiffre de 68% avancé par la RHA est « globalement conforme » à ce qu’il a pu observer sur la baisse du trafic.

Affaire Navalny: Poutine humilie l’Europe

Affaire Navalny: Poutine humilie l’Europe  

 

C’est au moment où l’Europe envoyait son diplomate, Joseph Borel, à Moscou pour s’expliquer à propos des atteintes aux libertés individuelles et collectives que Poutine a décidé à peu près au même moment d’expulser des diplomates européens de Russie.

 

Une véritable humiliation pour l’union européenne qui d’ailleurs n’a que mollement réagi. En cause évidemment les différences d’appréciation sur les répliques diplomatiques face à cet acte inqualifiable du dictateur qui a mis en prison son principal opposant Navalny  au motif qu’il s’était absenté pendant son contrôle judiciaire. Une absence nécessité par des soins en Allemagne suite à l’empoisonnement par les services secrets russes.

Les différences d’appréciation des membres de l’union économique portent sur l’avenir notamment des exportations de gaz russe. L’Allemagne, Merkel comme son successeur probable,  ont clairement affirmé qu’il n’était pas question de mettre un terme au projet presque achevé d’acheminement du gaz russe vers l’Europe. Pourtant la Russie est dans une crise politique mais aussi et surtout économique et sociale; elle  a un urgent besoin des ressources de ce gaz.

 

Il est cependant probable qu’au-delà des protestations de façade, l’union économique se couchera devant le mercantilisme allemand qui privilégie toujours le business face aux enjeux diplomatiques voir militaires. Une attitude particulièrement ambiguë qui pourrait bien un jour lui valoir un retour de bâton de la part des États-Unis qui comprennent de moins en moins le laxisme coupable de l’Allemagne vis-à-vis des Russes.

 

L’Europe responsable du fiasco des vaccins

L’Europe responsable du fiasco des vaccins

 

Nicolas Beytou s’explique sur Europe un sur la responsabilité de la commission européenne face au Vasco des vaccins(. Interview ) Ce lundi, Emmanuel Macron a exhorté les Européens à faire preuve de «plus d’efficacité».

L’Europe et le Covid, c’est l’histoire d’un fiasco retentissant. C’est simple, depuis le début de la crise sanitaire, l’Europe a globalement tout raté. Et d’abord sa réponse à l’épidémie : si effectivement tous les Européens ont eu droit à un moment ou à un autre à un ou plusieurs confinements, les périodes ont été différentes, les restrictions de libertés ont été différentes, les résultats ont été différents. Même cacophonie entre pays lorsqu’il a fallu se procurer en urgence de quoi lutter contre le virus des masques, du gel, des test). C’était chacun pour soi.

Sauf qu’à côté de cet individualisme, il y a eu aussi un réflexe commun : c’est l’Europe qui a négocié et acheté les vaccins.

C’est vrai, c’était une bonne idée a priori : faire masse pour peser sur les négociations. Sauf que la Commission a mis plus de temps que partout ailleurs dans le monde pour conclure ses négos avec les labos, puis on a pris du retard dans la certification des vaccins, et, pour couronner le tout, la confidentialité des clauses de l’accord a fini par créer de la défiance sur l’ensemble du dispositif. D’ailleurs tout ça a en partie volé en éclat puisque les laboratoires pharmaceutiques n’ont pas pu respecter les contrats, et livrer les quantités promises de doses de vaccins. Résultat, une grave crise diplomatique en Europe.

 

Entre la Commission européenne et Londres, avec des dommages collatéraux sur l’Irlande.

Effectivement. Le projet de bloquer les vaccins aux frontières de l’Angleterre a très vite été annulé, mais la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ressort affaiblie de ce magistral loupé, et ça laissera des traces. Au fond, cette crise du Covid qui dure depuis bientôt un an a révélé et accentué les faiblesses congénitales de l’Europe. Individualisme exacerbé de quelques pays, lourdeur des procédures, bureaucratie : même le lancement d’un emprunt commun de 750 milliards d’euros, un projet historique porté conjointement par Emmanuel Macron et Angela Merkel, a mis des mois à être avalisé, ensablé à Bruxelles et au Parlement européen (d’ailleurs seule une poignée de milliards a été débloquée). On en est là, avec des opinions publiques nationales qui ont appris à comparer les performances ou les ratés de leur gouvernement, exactement l’inverse d’un état d’esprit communautaire. Et voici que depuis ce lundi les frontières sont fermées, y compris entre pays européens. C’est sûr, si le virus a fait une victime inattendue, c’est bien de l’Union européenne et de la Commission qu’il s’agit.

 

Le vaccin russe au secours de l’Europe

Le vaccin russe au secours de l’Europe

 

 

La lamentable politique européenne qui a conduit à sous-estimer les besoins pour la vaccination ( les commandes ont été faites cours de l’été alors qu’on estimait qu’on était sur la fin de la pandémie !) conduit maintenant à se  tourner vers la Russie dont on a critiqué la fiabilité des vaccins. Or aujourd’hui les vaccins occidentaux homologués ne suffisent plus à honorer les demandes notamment européennes. Curieusement, l’Europe et la France en particulier trouvent  maintenant des vertus un vaccin plus qui effectivement se montre efficace. Interrogé sur le vaccin Spoutnik V, dont l’efficacité a été estimée à 91,6% dans une étude récente, le chef de l’Etat a répondu qu’aucune distribution en France n’était possible « tant que le producteur russe n’a pas soumis une demande d’autorisation de mise sur le marché »« A la minute où il la déposera, dans les meilleurs délais, les autorités européennes et nos autorités nationales regarderont scientifiquement ce vaccin, de manière indépendante, et, en fonction de ces résultats et des preuves, l’homologuerons ou pas », a-t-il assuré.

Ce recours au vaccin russe pourrait apporter une aide fort utile à la vaccination en France mais ne renforce pas la crédibilité de la recherche française qui était incapable de se mettre à niveau de celle des autres pays.

« Ce n’est pas notre stratégie de vaccination qui permettra d’éviter à court terme un reconfinement ou non », a souligné le chef de l’Etat. Mais « c’est notre mobilisation à tous, c’est-à-dire notre capacité à tenir les gestes barrières » et  »notre capacité à bien respecter le triptyque tester-accompagner-protéger », a-t-il ajouté.

« On va continuer à gérer ainsi cette épidémie, avec un objectif qui est de tenir, de protéger les plus faibles, de protéger notre système de santé et de pouvoir au maximum aussi protéger notre jeunesse qui a besoin d’étudier, d’aller à l’école », en bref « d’avoir un pays le plus ouvert possible malgré le virus ».

Vaccination, croissance : l’Europe en retard

Vaccination, croissance : l’Europe en retard

Une chronique de la journaliste Jade Grandin de l’Eprevier  de l’Opinion souligne le retard de l’Europe en matière économique et en matière de vaccin par rapport aux États-Unis et à la Chine bien sûr.

  La croissance devrait rebondir de 4,2% en 2021 en zone euro, et en France de 5,5%, selon le FMI. L’apparition de variants du coronavirus et les nouvelles restrictions en découlant douchent les espoirs de reprise au premier trimestre.

Le mois de janvier n’est pas encore terminé que déjà, les perspectives économiques pour 2021 divergent fortement sur les deux côtés de l’Atlantique. Mardi, le Fonds monétaire international a mis à jour ses perspectives de croissance. Depuis ses dernières estimations faites en octobre, l’horizon des Etats-Unis s’est éclairci, celui de l’Europe s’est assombri.

 

Le FMI attend en effet une croissance de la zone euro à 4,2 % en 2021, c’est-à-dire un point de moins qu’espéré il y a quelques mois. Le PIB allemand rebondirait de 3,5 % (-0,7 point par rapport à l’estimation d’octobre), celui de la France de 5,5 % (-0,5 %). Les pires révisions à la baisse concernent les pays d’Europe du Sud : l’Italie n’aurait plus que 3 % de reprise cette année, en baisse de 2,2 points par rapport à octobre, et l’Espagne 5,9 % de reprise, en baisse de 1,3 point.

Ce pessimisme découle des « nouvelles restrictions suite à la hausse des contaminations », explique le Fonds. Initialement, le premier trimestre devait être celui du rebond de la croissance après les confinements de fin 2020 mais, à cause des nouveaux variants du coronavirus, il faut plutôt s’attendre à des stagnations voire des nouvelles chutes d’activité en ce début d’année.

Elan. A contrario, la prévision de croissance des Etats-Unis a été rehaussée de 2 points à 5,1 % pour 2021. Cela reflète « l’élan pris avec la forte reprise au second semestre 2020, et le soutien additionnel du paquet budgétaire de décembre 2020 », indique l’institution, en référence au plan de relance de 892 milliards de dollars (729 milliards d’euros) adopté par le Congrès américain fin décembre.

Les économistes voient désormais les perspectives économiques sous le prisme d’une course entre vaccination et mutations du virus. Or en la matière, les Etats-Unis avancent beaucoup plus vite que l’Europe. Les analystes d’Euler Hermes estiment que l’objectif de Joe Biden d’administrer 100 millions de doses de vaccins dans ses cent premiers jours de mandat est « largement atteignable en gardant le rythme de distribution observé début janvier ». Entre le 13 et le 20, le pays a vacciné environ 1 million de personnes (soit 0,3 % de la population) par jour. Il semble bien parti pour atteindre l’immunité collective, estimée entre 60 % et 70 % de la population par l’Organisation mondiale de la santé, au début de l’été. « Les 20 % de la population les plus vulnérables devraient avoir atteint l’immunité à la fin du premier trimestre, ce qui permettra des allégements de restrictions », ajoutent les analystes d’Euler Hermes.

Mardi, « 10 % des Britanniques avaient reçu au moins une dose de vaccin, pour 6 % des Américains et 2 % des habitants de la zone euro », relate Hervé Goulletquer, économiste à La Banque postale AM. Le même jour, au Forum économique mondial – virtuel – de Davos, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis la création cette semaine d’un mécanisme pour contrôler les exportations de doses de vaccin hors d’Europe, lorsque ce dernier est produit sur le territoire.

Dépendance touristique. La solution américaine – moins de restrictions sanitaires, financement massif de la recherche pour trouver des vaccins, pré-achats de ces derniers et autorisations rapides – est-elle donc la meilleure ? « De multiples facteurs expliquent la divergence entre les Etats-Unis et l’Europe, nuance Gita Gopinath, cheffe économiste du FMI. L’Europe a davantage restreint l’activité, mais la pandémie y a commencé plus tôt. En outre, la structure de l’économie compte beaucoup. Plusieurs pays dépendent davantage du tourisme, donc le choc est plus fort et dure plus longtemps ».

En tout cas, les Etats-Unis devraient retrouver leur niveau d’activité de fin 2019 dès le second semestre 2021, alors que les Européens attendront 2022. La Chine l’a déjà dépassé depuis fin 2020.

Une divergence encore plus grande entre les économies avancées et les économies en développement menace toutefois, avec pour raisons principales les différences de capacités de soutien budgétaire et monétaire et d’accès aux vaccins. « Les pays en développement n’accéderont à la vaccination généralisée qu’en 2022 », regrette Gita Gopinath qui réclame plus d’égalité dans la distribution.

Tout le monde a à y gagner. « Les nouveaux variants du virus nous rappellent que la pandémie n’est pas terminée tant qu’elle n’est pas terminée partout », poursuit-elle. Pour convaincre les économies avancées de cofinancer la vaccination dans les pays pauvres, le FMI chiffre le bénéfice que cela représenterait pour tous : 9 000 milliards de PIB mondial supplémentaire durant les cinq prochaines années, dont 4 000 milliards de dollars pour les économies avancées.

CONCURRENCE: la grande naïveté de l’Europe

CONCURRENCE: la grande naïveté de l’Europe

Selon la présidente et fondatrice du fonds Korelya, Fleur Pellerin,  l’Europe est beaucoup trop naïve par rapport au protectionnisme des autres zones économiques

Présidente-fondatrice du fonds Korelya, Fleur Pellerin a jugé contreproductive ce jeudi la politique de l’Union européenne en matière de concurrence, lors du débat inédit « Souveraineté numérique européenne: nouveau défi ou fake news? » organisé dans le cadre du World Economic Forum sur BFM Business.

 

Quand d’autres grandes régions du monde sont en réalité extrêmement protectionnistes, la politique de concurrence européenne qui rend très compliquées les fusions, les rapprochements, etc. est une politique qui nous a conduits à nous tirer une balle dans le pied », a expliqué Fleur Pellerin.

Et l’ancienne ministre de la Culture d’illustrer ses propos: « Il y a une quinzaine d’années, l’Europe avait plus de 50% de parts de marché sur les équipementiers de télécoms. On avait Alcatel, Sagem, Nokia, Eriksson. Aujourd’hui, on a quasiment plus rien et c’est lié au fait que des rapprochements entre grandes entreprises n’ont pas été possibles ».

 

Selon elle, les règles européennes « qui finalement obligent à prendre certaines mesures pour favoriser la concurrence » ne sont pas adaptées alors que « d’autres régions du monde sont plus protectionnistes et beaucoup moins frileuses pour favoriser leurs propres acteurs économiques », ce qui « cause un préjudice monstrueux aux Européens ».

 

Vaccin, croissance : l’Europe en retard

Vaccin, croissance, : l’Europe en retard

Une chronique de la journaliste Jade Grandin de l’Eprevier  de l’Opinion souligne le retard de l’Europe en matière économique et en matière de vaccin par rapport aux États-Unis et à la Chine bien sûre.

  La croissance devrait rebondir de 4,2% en 2021 en zone euro, et en France de 5,5%, selon le FMI. L’apparition de variants du coronavirus et les nouvelles restrictions en découlant douchent les espoirs de reprise au premier trimestre.

Le mois de janvier n’est pas encore terminé que déjà, les perspectives économiques pour 2021 divergent fortement sur les deux côtés de l’Atlantique. Mardi, le Fonds monétaire international a mis à jour ses perspectives de croissance. Depuis ses dernières estimations faites en octobre, l’horizon des Etats-Unis s’est éclairci, celui de l’Europe s’est assombri.

 

Le FMI attend en effet une croissance de la zone euro à 4,2 % en 2021, c’est-à-dire un point de moins qu’espéré il y a quelques mois. Le PIB allemand rebondirait de 3,5 % (-0,7 point par rapport à l’estimation d’octobre), celui de la France de 5,5 % (-0,5 %). Les pires révisions à la baisse concernent les pays d’Europe du Sud : l’Italie n’aurait plus que 3 % de reprise cette année, en baisse de 2,2 points par rapport à octobre, et l’Espagne 5,9 % de reprise, en baisse de 1,3 point.

Ce pessimisme découle des « nouvelles restrictions suite à la hausse des contaminations », explique le Fonds. Initialement, le premier trimestre devait être celui du rebond de la croissance après les confinements de fin 2020 mais, à cause des nouveaux variants du coronavirus, il faut plutôt s’attendre à des stagnations voire des nouvelles chutes d’activité en ce début d’année.

Elan. A contrario, la prévision de croissance des Etats-Unis a été rehaussée de 2 points à 5,1 % pour 2021. Cela reflète « l’élan pris avec la forte reprise au second semestre 2020, et le soutien additionnel du paquet budgétaire de décembre 2020 », indique l’institution, en référence au plan de relance de 892 milliards de dollars (729 milliards d’euros) adopté par le Congrès américain fin décembre.

Les économistes voient désormais les perspectives économiques sous le prisme d’une course entre vaccination et mutations du virus. Or en la matière, les Etats-Unis avancent beaucoup plus vite que l’Europe. Les analystes d’Euler Hermes estiment que l’objectif de Joe Biden d’administrer 100 millions de doses de vaccins dans ses cent premiers jours de mandat est « largement atteignable en gardant le rythme de distribution observé début janvier ». Entre le 13 et le 20, le pays a vacciné environ 1 million de personnes (soit 0,3 % de la population) par jour. Il semble bien parti pour atteindre l’immunité collective, estimée entre 60 % et 70 % de la population par l’Organisation mondiale de la santé, au début de l’été. « Les 20 % de la population les plus vulnérables devraient avoir atteint l’immunité à la fin du premier trimestre, ce qui permettra des allégements de restrictions », ajoutent les analystes d’Euler Hermes.

Mardi, « 10 % des Britanniques avaient reçu au moins une dose de vaccin, pour 6 % des Américains et 2 % des habitants de la zone euro », relate Hervé Goulletquer, économiste à La Banque postale AM. Le même jour, au Forum économique mondial – virtuel – de Davos, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis la création cette semaine d’un mécanisme pour contrôler les exportations de doses de vaccin hors d’Europe, lorsque ce dernier est produit sur le territoire.

Dépendance touristique. La solution américaine – moins de restrictions sanitaires, financement massif de la recherche pour trouver des vaccins, pré-achats de ces derniers et autorisations rapides – est-elle donc la meilleure ? « De multiples facteurs expliquent la divergence entre les Etats-Unis et l’Europe, nuance Gita Gopinath, cheffe économiste du FMI. L’Europe a davantage restreint l’activité, mais la pandémie y a commencé plus tôt. En outre, la structure de l’économie compte beaucoup. Plusieurs pays dépendent davantage du tourisme, donc le choc est plus fort et dure plus longtemps ».

En tout cas, les Etats-Unis devraient retrouver leur niveau d’activité de fin 2019 dès le second semestre 2021, alors que les Européens attendront 2022. La Chine l’a déjà dépassé depuis fin 2020.

Une divergence encore plus grande entre les économies avancées et les économies en développement menace toutefois, avec pour raisons principales les différences de capacités de soutien budgétaire et monétaire et d’accès aux vaccins. « Les pays en développement n’accéderont à la vaccination généralisée qu’en 2022 », regrette Gita Gopinath qui réclame plus d’égalité dans la distribution.

Tout le monde a à y gagner. « Les nouveaux variants du virus nous rappellent que la pandémie n’est pas terminée tant qu’elle n’est pas terminée partout », poursuit-elle. Pour convaincre les économies avancées de cofinancer la vaccination dans les pays pauvres, le FMI chiffre le bénéfice que cela représenterait pour tous : 9 000 milliards de PIB mondial supplémentaire durant les cinq prochaines années, dont 4 000 milliards de dollars pour les économies avancées.

 

Intelligence artificielle : l’Europe en retard

 Intelligence artificielle : l’Europe en retard

D’après l’étude annuelle de la Fondation pour les technologies de l’information (Information Technology and Innovation Foundation), parue lundi 25 janvier, les États-Unis mènent la course au développement et à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), tandis que la Chine progresse rapidement au point de « challenger la domination américaine« , et que l’Union européenne est… à la traîne.

Domaines de l’intelligence artificielle d’après http://www.intelligenceartificielle.fr/:

 

Systèmes experts :

soit un logiciel capable de simuler le comportement d’un humain effectuant une tâche très précise. C’est un domaine où l’intelligence artificielle est incontestablement un succès, dû au caractère très précis de l’activité demandée à simuler.

Calcul formel (opposé au calcul numérique) :

traiter les expressions symboliques. Des logiciels sur le marché, comme Mathematica, Maple, etc., effectuent tous des calculs formels.

Représentation des connaissances :

on entend la représentation symbolique de la connaissance pour que le logiciel soit capable de la manipuler. Un des secteurs de recherche en intelligence artificielle qui est le plus important.

Simulation du raisonnement humain :

tenter de mettre au point des logiques qui formalisent le mode de raisonnement (logiques modales, floues, temporelles, etc.).

Traitement du langage naturel :

c’est la compréhension qui reste le problème majeur à la traduction ou au résumé d’un texte dans une autre langue. De grands progrès ont été faits pour obtenir une représentation sous une forme indépendante de la langue dans laquelle l’original est écrit. Certains traducteurs orientés dans des domaines spécialisés donnent de meilleurs résultats grâce à leurs spécificités.

Résolution de problèmes :

représentation, analyse et résolution de problèmes concrets. C’est le cas des jeux de réflexion tels que les échecs, le backgammon ou les dames. Dans le cas du backgammon le champion du monde est un programme. Ils restent quelques jeux qui résistent aux efforts des programmeurs.

Reconnaissance de la parole :

beaucoup de progrès ont été effectués. Un logiciel comme Naturaly Speaking permet la dictée. Cependant, la compréhension d’un mot ou d’une phrase requiert une grande quantité d’informations extralangagières (contexte, connaissance du sujet, etc.).

Reconnaissance de l’écriture :

la reconnaissance de l’écriture dactylographiée n’est pas facile (malgré des logiciels assez performants sur le marché), mais l’écriture manuscrite pose des problèmes beaucoup plus complexes. Cela n’est pas étonnant dans la mesure où cette tâche peut nous poser à nous aussi des problèmes insolubles. Certains chercheurs essaient de reconstituer à partir du texte le mouvement de la main afin de comprendre ce qui est écrit.

Reconnaissance des visages :

considérée de longue date comme un des problèmes de l’intelligence artificielle le plus difficile, les résultats récents deviennent intéressants avec les réseaux neuronaux.

Robotique :

la robotique dans les usines est déjà fortement répendue. La première génération est capable d’exécuter une série de mouvements préenregistrés, la deuxième génération est dotée de capteurs de perception permettant de prendre certaines décisions et la troisième génération possède une plus grande autonomie, elle peut se déplacer dans un environnement.

L’apprentissage :

un logiciel devrait avoir des capacités d’apprentissage autonome pour pouvoir être véritablement qualifié d’intelligent. Douglas Lenat travaille actuellement à la constitution d’une gigantesque base de données censée contenir toutes les connaissances partagées par les humains d’un même groupe pour leur communication. Il souhaite adjoindre un module d’apprentissage à sa base de données lui permettant de travailler seule pour collecter des informations nouvelles et réorganiser l’architecture de ses connaissances.

Réseaux neuronaux :

un réseau de neurones formels est un modèle rudimentaire du cerveau humain. Une cellule neuronale possède une sortie et des entrées reliées à d’autres neurones. Ces réseaux partagent des propriétés importantes avec le cerveau humain. Cela requiert une programmation non explicite et la répartition de l’information sur l’ensemble du réseau.

Systèmes complexes adaptatifs :

le regroupement des algorithmes génétiques et des modèles de vie artificielle. En résumé succint, l’étude des convergences vers des formes organisées des populations soumises à des lois simples et naturelles.

Dette perpétuelle pour l’Europe (George Soros :) …. et les États-Unis ?

 Dette perpétuelle pour l’Europe (George Soros :)  …. et les États-Unis ?

Le sulfureux investisseur américain Georges Soros appelle, dans une tribune au « Monde », à une nouvelle forme de solidarité financière entre les pays de la zone euro et à une sorte de dette perpétuelle. Le problème est que la question de la dette perpétuelle pourrait être encore beaucoup plus pertinente pour les États-Unis encore plus surendettés. Ce que propose Soros,  c’est en faite une sorte de rente permanente des milieux bancaires par les Etats

Tribune. En ce moment, l’Union européenne (UE) est dans l’impossibilité d’émettre des obligations perpétuelles [c’est-à-dire sans échéance fixe de remboursement du capital], parce que les Etats membres sont trop divisés. La Pologne et la Hongrie ont mis leur veto au prochain budget de l’UE et au fonds de relance Covid-19 ; les cinq « frugaux » (Autriche, Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suède) sont davantage enclins à faire des économies qu’à contribuer au bien commun. Les investisseurs n’achèteront des obligations perpétuelles qu’à une entité qui continuera, selon eux, d’exister dans un avenir prévisible. C’était le cas du Royaume-Uni au XVIIIe siècle, lorsqu’il a émis les consols (consolidated annuities), et des Etats-Unis au XIXe siècle, lorsqu’ils ont consolidé la dette de chaque Etat. Malheureusement, ce n’est pas le cas de l’UE à l’heure actuelle.

L’UE connaît une deuxième vague de Covid-19 qui menace d’être encore plus dévastatrice que la première. Les Etats membres ont utilisé la plupart de leurs ressources financières pour combattre la première vague. Les soins de santé et la relance de l’économie nécessiteront beaucoup plus que les 1 800 milliards d’euros inscrits au nouveau budget et au fonds de relance Next Generation EU. Et la disponibilité de ces fonds a été retardée par le veto de la Hongrie et de la Pologne.

Il existe un moyen facile de surmonter ce veto : utiliser la procédure dite de coopération renforcée. Elle a été formalisée dans le traité de Lisbonne dans le but exprès de créer une base juridique pour une plus grande intégration de la zone euro, mais elle n’a jamais été utilisée à cette fin. Son grand mérite est de pouvoir être utilisée à des fins budgétaires. Un sous-groupe d’Etats membres peut établir un budget et convenir d’une manière de le financer – par exemple, par le biais d’une obligation conjointe.

A ce stade, les obligations perpétuelles pourraient se révéler très utiles. Elles seraient émises par des Etats membres dont la pérennité serait facilement acceptée par des investisseurs à long terme, comme les sociétés d’assurance-vie.

Merveilleux geste de solidarité

Les obligations perpétuelles présentent ce grand avantage que le principal n’a jamais à être remboursé : seuls les intérêts annuels sont dus. La valeur actualisée des paiements futurs d’intérêts diminue avec le temps – elle approche de zéro, sans jamais l’atteindre. Une certaine quantité de ressources financières – pourquoi pas les 1 800 milliards d’euros actuellement prévus – serait bien plus efficace si elle était utilisée pour émettre des obligations perpétuelles plutôt que des obligations ordinaires. Cela résoudrait en grande partie les problèmes financiers de l’Europe.

 

George Soros : une dette perpétuelle pour l’Europe …. et les États-Unis ?

George Soros : une dette perpétuelle pour l’Europe …. et les États-Unis ?

Le sulfureux investisseur américain Georges Soros appelle, dans une tribune au « Monde », à une nouvelle forme de solidarité financière entre les pays de la zone euro et à une sorte de dette perpétuelle. Le problème est que la question de la dette perpétuelle pourrait être encore beaucoup plus pertinente pour les États-Unis encore plus surendettés. Ce que propose Soros,  c’est en faite une sorte de rente permanente des milieux bancaires par les Etats

Tribune. En ce moment, l’Union européenne (UE) est dans l’impossibilité d’émettre des obligations perpétuelles [c’est-à-dire sans échéance fixe de remboursement du capital], parce que les Etats membres sont trop divisés. La Pologne et la Hongrie ont mis leur veto au prochain budget de l’UE et au fonds de relance Covid-19 ; les cinq « frugaux » (Autriche, Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suède) sont davantage enclins à faire des économies qu’à contribuer au bien commun. Les investisseurs n’achèteront des obligations perpétuelles qu’à une entité qui continuera, selon eux, d’exister dans un avenir prévisible. C’était le cas du Royaume-Uni au XVIIIe siècle, lorsqu’il a émis les consols (consolidated annuities), et des Etats-Unis au XIXe siècle, lorsqu’ils ont consolidé la dette de chaque Etat. Malheureusement, ce n’est pas le cas de l’UE à l’heure actuelle.

L’UE connaît une deuxième vague de Covid-19 qui menace d’être encore plus dévastatrice que la première. Les Etats membres ont utilisé la plupart de leurs ressources financières pour combattre la première vague. Les soins de santé et la relance de l’économie nécessiteront beaucoup plus que les 1 800 milliards d’euros inscrits au nouveau budget et au fonds de relance Next Generation EU. Et la disponibilité de ces fonds a été retardée par le veto de la Hongrie et de la Pologne.

Il existe un moyen facile de surmonter ce veto : utiliser la procédure dite de coopération renforcée. Elle a été formalisée dans le traité de Lisbonne dans le but exprès de créer une base juridique pour une plus grande intégration de la zone euro, mais elle n’a jamais été utilisée à cette fin. Son grand mérite est de pouvoir être utilisée à des fins budgétaires. Un sous-groupe d’Etats membres peut établir un budget et convenir d’une manière de le financer – par exemple, par le biais d’une obligation conjointe.

A ce stade, les obligations perpétuelles pourraient se révéler très utiles. Elles seraient émises par des Etats membres dont la pérennité serait facilement acceptée par des investisseurs à long terme, comme les sociétés d’assurance-vie.

Merveilleux geste de solidarité

Les obligations perpétuelles présentent ce grand avantage que le principal n’a jamais à être remboursé : seuls les intérêts annuels sont dus. La valeur actualisée des paiements futurs d’intérêts diminue avec le temps – elle approche de zéro, sans jamais l’atteindre. Une certaine quantité de ressources financières – pourquoi pas les 1 800 milliards d’euros actuellement prévus – serait bien plus efficace si elle était utilisée pour émettre des obligations perpétuelles plutôt que des obligations ordinaires. Cela résoudrait en grande partie les problèmes financiers de l’Europe.

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Bourse : comme prévu l’Europe a suivi les États-Unis mardi

Bourse : comme prévu l’Europe a suivi les États-Unis mardi

Comme prévu l’Europe continentale a suivi la tendance des États-Unis mardi. À Paris, le CAC 40 a perdu 0,44% à 5.564,6 points et le Dax allemand a cédé 0,55%.

A la Bourse de Londres, le FTSE a gagné 0,61%, avec la hausse des valeurs pétrolières et l’annonce d’un nouveau plan de soutien aux entreprises de 4,6 milliards de livres (5,1 milliards d’euros).

L’indice EuroStoxx 50 a perdu 0,46%, le FTSEurofirst 300 a reculé de 0,33% et le Stoxx 600 de 0,19%.

Le mouvement de yo-yo qui devrait se poursuivre tout au long du premier semestre se traduit inversement par une hausse à New York Les trois indices phares de la Bourse de New York gagnaient de 0,2% à 0,5% au moment de la clôture européenne.

Nissan va progressivement quitter l’Europe

Nissan  va progressivement quitter l’Europe

Le constructeur automobile japonais a prévu de délocaliser ses activités européennes et de concentrer ses efforts sur la Chine, les États-Unis et le Japon.

Dans le cadre de son plan de redressement, Nissan prévoit de réduire son réseau commercial dans 30 pays, principalement en Europe de l’Est, et de fermer son usine espagnole d’Avila, qui sera transformée en entrepôt, selon le quotidien.

«L’Europe, victime du mercantilisme allemand»

«L’Europe, victime du mercantilisme allemand»

Emmanuel Sales , président de la Financière de la Cité,  estime dans l »Opinion que l’Europe a été victime du mercantilisme allemand..

L’Allemagne a-t-elle une vocation européenne ? La question, iconoclaste, mérite d’être posée. La culture allemande a produit des fruits parmi les plus élevés de la culture européenne. Mais depuis son unité tardive, l’Allemagne en tant qu’entité politique s’est développée contre l’Europe. L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Chine sur le point d’être signé à la va-vite alors que le vieux continent continue de lutter contre la pandémie qui frappe ses industries et ses emplois semble confirmer cette analyse.

Depuis sa réunification, l’Allemagne a mis en œuvre avec succès une stratégie mercantiliste consistant à comprimer sa demande (consommation et investissement) pour gagner des parts de marché à l’international. Elle a joué un rôle clé dans l’industrialisation de la Chine en lui fournissant les machines-outils lui permettant d’accélérer son développement et d’intensifier l’automatisation de ses usines en rognant sur les coûts. La qualité des produits allemands est certainement irréprochable. Mais l’excédent commercial formidable de l’Allemagne est moins due à la compétitivité de son industrie qu’à ses politiques de déflation interne et à son appartenance à l’union monétaire qui lui a permis d’éviter l’appréciation de sa monnaie nationale.

Pour l’Europe, les implications politiques de cette stratégie ne sont pas neutres. Le Président Xi a jeté le voile. La Chine estime qu’elle n’a pas eu « sa place au soleil ». Comme l’Allemagne wilhelmienne, elle est passée du nationalisme continental à la Weltpolitik, fondée sur l’impérialisme économique, l’exaltation du passé national et la répression des libertés civiques. Elle souhaite mettre fin à sa position enclavée en développant de nouvelles routes commerciales vers l’Europe, sécuriser ses sources d’énergie, assurer le contrôle de son espace maritime, s’approprier nos technologies dans une logique d’affirmation de soi. La poursuite de l’expansion et le maintien du régime politique sont à ce prix.

En suivant le « modèle allemand » de contraction des dépenses internes l’Europe s’est affaiblie et s’est rendue plus dépendante de la demande extérieure

Syndrome d’encerclement. Nous avons vu entre 1914 et 1945 les conséquences ravageuses de cette politique lorsqu’un Etat est atteint d’un syndrome d’encerclement et d’injustice historique. Face à la Chine, l’Europe ne doit pas simplement sauvegarder ses intérêts commerciaux, mais protéger ses industries et son savoir-faire pour construire l’indépendance stratégique que le Président Macron appelle de ses vœux. L’arrivée d’une nouvelle équipe au pouvoir à Washington, plus technique et visiblement mieux disposée vis-à-vis de Pékin, renforce cette exigence.

Pour cela, il faut relancer la demande globale, soutenir la consommation et nos investissements, rompre avec le libéralisme doctrinaire qui inspire depuis trop longtemps notre vision des échanges. L’Europe ne peut avoir pour seule ambition de vendre des Mercedes et des sacs à main au reste du monde. La loi des avantages comparatifs ne vaut plus lorsqu’elle conduit un pays à perdre ses forces productives. En suivant le « modèle allemand » de contraction des dépenses et des investissements, l’Europe s’est affaiblie et s’est rendue plus dépendante de la demande extérieure.

L’adoption du plan de relance européen est une première étape. Mais c’est trop peu et trop tard. En outre, la soumission de toutes les initiatives, de la recherche jusqu’à la politique monétaire (!), aux objectifs de réduction du réchauffement climatique laisse planer un certain parfum de déflation sur la stratégie économique européenne. Derrière des ambitions de soutien à la croissance européenne, l’Allemagne continue d’avancer ses pions à l’abri du bouclier stratégique américain et de l’union monétaire. Aurons-nous le courage de nous y opposer ?

Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité.

 

L’Europe recule face à Pékin

L’Europe recule face à Pékin

 

Claude Leblanc   , journaliste à l’Opinion explique le recul de l’Europe face à Pékin Les rumeurs insistantes concernant la conclusion de l’Accord d’investissement sino-européen soulèvent des interrogations et montrent la réussite de la diplomatie chinoise

 

La conclusion du traité apparaît d’autant plus important pour Pékin qu’à Washington et à Bruxelles on évoque la nécessité d’unir les efforts pour contrer la montée en puissance chinoise. Un récent rapport du républicain Jim Risch, président de la Commission des affaires étrangères du Sénat, insiste sur la nécessité d’une coopération avec l’Union européenne face à la Chine tandis que la Commission européenne travaille sur une proposition à destination des Etats-Unis dans le but de former une nouvelle alliance destinée à relever les défis stratégiques posés par les Chinois.

Depuis quelques jours, une petite musique en provenance de Pékin laisse entendre que l’Accord d’investissement entre la Chine et l’Union européenne (UE) pourrait être conclu « prochainement ». Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi en a ajouté une couche, lundi, en affirmant que les Chinois et les Européens étaient en passe de « parvenir à un consensus » sur ce dossier au terme de sept années de négociations.

Il y a tout juste six mois, Bruxelles exprimait pourtant un certain agacement devant le manque d’empressement de la Chine, estimant qu’elle devait « montrer plus d’ambition afin de conclure les négociations ». Il semble qu’elle soit désormais prête à répondre aux attentes européennes et à faire « le geste politique » dont le chef de sa diplomatie avait parlé lors de son passage à Paris à la fin du mois d’août. Si les informations de ces derniers jours se confirment, Pékin aura fait de grandes concessions concernant l’ouverture de son marché aux entreprises européennes, notamment dans des secteurs comme l’automobile, les biotechnologies, les services ou le secteur hospitalier.

Le changement d’attitude des Chinois a visiblement convaincu les Européens d’avancer vers la signature d’un accord autour duquel subsistent cependant de nombreuses zones d’ombre. A tel point que les représentants de plusieurs think-tanks et instituts européens ont publié, le même jour, une tribune dans la presse pour dénoncer « la hâte » des pays membres de l’UE à vouloir conclure un texte qui « ne constitue qu’une étape modeste dans la promotion de la réciprocité, de la neutralité concurrentielle et de règles de jeu équitables ».

Concessions. En effet, selon plusieurs fuites, les concessions de Pékin sont bien plus modestes concernant la protection des investissements, la politique de subventions à ses entreprises tout comme le respect de la propriété intellectuelle et les transferts forcés de technologies vis-à-vis desquels les demandes des Européens étaient initialement élevées. Jugé trop « vague » par les signataires de la tribune, l’accord est cependant proche de sa conclusion parce que les deux principaux pays de l’UE, la France et l’Allemagne, ont obtenu des Chinois des avancées satisfaisant directement certains de leurs intérêts respectifs, comme la « silver économie » et les véhicules électriques.

Les plus sensibles à l’astronomie peuvent estimer que le parfait alignement de Saturne et Jupiter a eu une influence sur le brusque coup d’accélérateur dans les négociations entre les Chinois et les Européens. Les plus réalistes interprètent cette évolution comme une belle manœuvre diplomatique de la part de Pékin en quête d’un succès dans ce domaine après une année au cours de laquelle son image internationale a été écornée, en particulier en Occident.

Selon la dernière étude du Pew Research Center consacrée à la perception de la Chine dans le monde et publiée en octobre, l’opinion des Européens à son égard s’est très nettement dégradée au cours des derniers mois. De la France à l’Allemagne, en passant par les Pays-Bas et la Suède, entre 70 % et 85 % des personnes interrogées posent un regard négatif sur la Chine. Même en Italie et en Espagne, pays les plus sinophiles du vieux continent, les réactions négatives sont supérieures à 60 %. La crise sanitaire que beaucoup imputent à la Chine n’est évidemment pas étrangère à cette situation, mais elle a seulement contribué à accroître une tendance déjà sensible.

Rivale systémique. Désignée en 2019 comme « rivale systémique » par la Commission européenne dans le prolongement d’un durcissement de la politique chinoise des Etats-Unis, la Chine a d’abord été tentée par une approche agressive vis-à-vis des Européens, comme en a témoigné son attitude au printemps alors que la plupart des pays de l’UE peinaient à combattre la pandémie de la Covid-19. Les sorties de ses « loups combattants » (wolf warriors), diplomates aux discours fort peu diplomatiques, ont plutôt favorisé la défiance européenne. Celle-ci s’est exprimée, le 22 juin, à l’occasion du 22e sommet UE-Chine par la voix de Charles Michel, le président du Conseil européen, pour qui « nous devons reconnaître que nous ne partageons pas les mêmes valeurs, systèmes politiques ou approches du multilatéralisme ».

Comprenant que la manière forte avait ses limites et que l’affaiblissement de Donald Trump embourbé dans sa gestion erratique du coronavirus ouvrait la possibilité d’une alternance à Washington, les responsables chinois sont revenus à une approche plus traditionnelle, mais peut-être plus offensive afin de marquer un maximum de points à l’international. Ils ont multiplié les initiatives comme l’illustre la signature du traité de libre-échange RCEP, le 15 novembre, avec quatorze autres pays de l’Asie-Pacifique (les 10 pays de l’Asean, le Japon, l’Australie, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande), fruit de nombreuses concessions de Pékin notamment au niveau de l’ouverture de son marché.

Le désir manifeste des Chinois de conclure l’Accord d’investissement avec l’UE participe de cette politique d’autant plus que la signature pourrait avoir lieu en pleine période de transition présidentielle aux Etats-Unis. Le moment est propice pour enfoncer un coin dans le camp occidental en acceptant quelques renoncements qui, de toute façon, ne remettront pas en question la stratégie de développement chinoise.

Xi Jinping et son Premier ministre Li Keqiang ont même évoqué une éventuelle adhésion de leur pays à l’Accord global et progressif pour le partenariat transpacifique, ou TPP-11, traité de libre-échange bien plus contraignant et ambitieux que le RCEP. Jouant sur le fait que les deux parties s’étaient donné jusqu’à la fin de l’année pour aboutir, Pékin pousse désormais à une conclusion rapide, laquelle pourrait poser quelques problèmes en Europe.

En effet, en dehors des Français et des Allemands apparemment satisfaits, les autres membres ne se montrent pas tous enthousiastes. Danois et Néerlandais ne voient pas d’un bon œil l’ouverture du marché européen des énergies renouvelables aux Chinois tandis que plusieurs voix rappellent déjà que l’absence de référence, par exemple, au travail forcé dans le projet d’accord pourrait lui être préjudiciable. « La politique commerciale ne se déroule pas dans le vide – la manière dont la question du travail forcé sera abordée dans l’Accord déterminera son sort », a tenu à préciser l’eurodéputé allemand Bernd Lange, rappelant au passage que le Parlement européen a adopté, le 17 décembre, une résolution sur le travail forcé et la situation des Ouïghours dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang. Reste à savoir quelle option retiendront les négociateurs : la raison ou la précipitation ?

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