Archive pour le Tag 'L’économie'

Veolia Suez : non au diktat de Veolia (ministre de l’économie)

Veolia Suez : non au diktat de Veolia (ministre de l’économie)

 

Il semble bien que le président de Veolia se soit engagé dans une voie dangereuse d’une part en fixant un ultimatum à Engie  pour racheter ses parts dans Suez, d’autre part en refusant la concertation organisée par le gouvernement. Un gouvernement un peu pris au piège dans cette affaire dont il n’a pas tout de suite saisi la problématique. Pour preuve le premier ministre au départ a déclaré que la fusion Veolia Suez « faisait sens « . Une appréciation un peu précipitée et pas forcément très fondée car de toute évidence cette fusion renforcerait la position hégémonique du groupe face à des collectivités locales bien armées  pour négocier avec ces mastodontes.

 

Bilan à terme une nouvelle hausse des prix comme cela a été le cas quand on est passé à la privatisation des réseaux d’eau. En outre et surtout l’existence d’un groupe quasi hégémonique découlant de la fusion Veolia Suez contraindrait les collectivités locales à ouvrir les appels d’offres à des opérateurs étrangers et à retenir en retenir. Le même phénomène pourrait se passer à l’international alors que Veolia et Suez sont actuellement bien placés. Un regroupement fragiliserait leur position.

 

Du coup le gouvernement a pris du champ avec cette question objet de beaucoup de polémiques quant à son intérêt économique. À cette fin,  le gouvernement avait prévu une réunion avec les deux entreprises intéressées mais Veolia a refusé d’y participer. Pire, Veolia a lancé une sorte d’ultimatum au gouvernement en indiquant qu’il exigeait une réponse sa proposition d’achat des actions d’Engie dans Suez . Engie dans l’actionnaire principal est l’Etat. Un ultimatum mal apprécié par le gouvernement .

“L’Etat ne cédera à aucune pression. Et l’Etat ne se fera pas dicter son calendrier”, a dit le ministre de l’Economie à des journalistes, en rappelant que le gouvernement avait des conditions en termes d’emplois, d’empreinte industrielle et de capital majoritairement français avant d’accepter tout rapprochement entre Veolia et Suez.

“Nous prendrons tout le temps nécessaire pour que cette opération se déroule dans les meilleures conditions, se fasse sans brutalité et dans l’intérêt des deux parties prenantes”, a-t-il ajouté.

Bruno Le Maire positif au coronavirus…. et pour l’économie !

Bruno Le Maire positif au coronavirus…. et pour l’économie !

Le ministre de l’économie Bruno Le Maire a annoncé lui-même qu’il était positif au Coronavirus et qu’il ne présentait aucun symptôme. Il sera donc contraint à l’isolement pendant une période de sept jours. On pourrait dire aussi que Lemaire  est aussi positif pour l’économie française quand il voit déjà des signes de redressement et qu’il  annonce que la situation sera moins pire que prévue. En réalité aucun indicateur sérieux ne peut fonder cet optimisme qui relève surtout de la méthode Coué. La perspective de baisse de la croissance est fixée à 10 % pour la France en 2020, en 2021 la hausse sera limitée à 8 %. En clair en 2022 n’est pas sûr qu’on retrouve le niveau de 2019 ou alors tout juste. Ce dont on est sûr c’est que 800 000 emplois ont déjà été supprimés depuis début de l’année, toutes ne sont pas la conséquence directe de la crise sanitaire, elle découle de la tendance baissière déjà observée 2019. Au total en 2021 on devrait malheureusement observer d’une part une vague de faillites de près de 100 000 entreprises et une autre vague liée à la précédente de 1 million à 1,5 millions de chômeurs supplémentaires. Le gouvernement n’annonce d’ailleurs pour 2021 que la création de 300 000 emplois. Notons que la baisse d’activité en France est beaucoup plus importante que dans la plupart des pays comparables. En cause,  notamment une gestion catastrophique de la crise sanitaire avec en particulier ses nombreuses contradictions sur le masque au départ et maintenant sur les tests par exemple.  Dernier exemple en date quand le ministre de l’économie annonce des solutions pour Bridgestone, des promesses comme pour les entreprises dans la fermeture a été très médiatisées, malheureusement sans lendemain

Tourisme : un effondrement catastrophique pour l’économie

Tourisme : un effondrement catastrophique pour l’économie

 

Deux indicateurs mettent en lumière l’ampleur de la catastrophe économique du tourisme et ses conséquences sur l’économie. Il y a d’abord l’écroulement du transport aérien qui a perdu 80 % de sa clientèle. En outre , les recettes touristiques internationales se sont effondrées de 49,4%, passant de 33,1 milliards d’euros, en 2019, à 16,7 milliards d’euros cette année sur la même période, a annoncé le secrétaire d’État chargé du dossier, Jean-Baptiste Lemoyne.

 

L’activité touristique représente grossièrement 180 milliards et environ 7 % du PIB . Le secteur emploie 2 millions de salariés soit 10 % du total du privé.

 

Comme pour beaucoup d’activités il est bien difficile de donner des chiffres très précis de l’influence du tourisme international sur l’économie compte tenu des doubles comptes possibles. Il est évident cependant que le tourisme international pèse aussi lourdement sur l’hôtellerie, la restauration, la consommation de biens et de services.

 

La France a beaucoup misé sur l’axe touristique comme moteur économique avec la construction automobile et la construction aéronautique. Or ces secteurs aussi subissent une crise sans précédent et vont largement fournir les contingents de la nouvelle vague de chômage qu’on évalue à un million supplémentaire d’ici la fin d’année.

 

 

Choisir entre l’écroulement de l’économie et l’endettement excessif

Choisir entre l’écroulement de l’économie et l’endettement excessif

 

Si le plan de relance de 100 milliards d’euros annoncé par l’Etat pour faire face aux conséquences de la pandémie est bien calibré, il reflète néanmoins un pari sur l’avenir, prévient dans sa chronique au Monde l’économiste Jean Pisani-Ferry

 

Chronique. Personne n’imaginait il y a six mois que l’Etat puisse engager 100 milliards dans un programme de relance. De l’annonce qui vient d’être faite, c’est d’abord cet effort massif qu’il faut retenir : de l’ordre de quatre points de PIB, en principe sur deux ans. Le plan est à la mesure de la commotion subie par l’économie. Il est, aussi, crédible, parce qu’il s’agit essentiellement de dépenses publiques et de baisses d’impôts pérennes, financées les unes et les autres par endettement, et non pas d’un de ces affichages associant recyclage de lignes budgétaires existantes et enveloppe de prêts à des conditions voisines de celles du marché. Comme au printemps, avec la réponse économique d’urgence au choc sanitaire, le calibrage est bon.

Ce plan reflète néanmoins des choix, et ceux-ci méritent discussion. Le plus saillant est à l’évidence celui de l’investissement. Sur les 100 milliards, quelque 55 milliards lui sont directement consacrés, auxquels il faut ajouter les 20 milliards de baisse des impôts de production et les 3 milliards pour les fonds propres des entreprises, dont la finalité est la même. A l’évidence, l’exécutif est habité par une double conviction : cette crise doit être l’occasion d’engager le pays dans la transition écologique ; il faut immédiatement contrer la menace d’un affaissement économique et industriel persistant. Ces deux priorités se conjuguent d’ailleurs l’une avec l’autre à travers le choix de soutenir la décarbonisation des sites industriels et le développement des technologies vertes.

Sur ces deux points, le gouvernement a raison. En France comme ailleurs, l’irruption de la pandémie a été un révélateur des vulnérabilités de l’anthropocène. Elle a précipité la prise de conscience de ce que l’urgence climatique appelle un changement de trajectoire. Parallèlement, le choc a mis au jour la fragilité d’une économie nationale en voie de marginalisation sur ses points forts d’hier, comme l’automobile ou la pharmacie, et brutalement privée de perspectives dans des domaines d’excellence comme l’aéronautique ou le tourisme. Le risque d’une contraction de notre potentiel économique l’emporte sur celui d’un endettement public excessif.

A certains égards, le plan de relance apparaît d’ailleurs court. Trois milliards pour renforcer les fonds propres des PME, c’est peu, car les entreprises ont subi un choc très violent : selon l’Insee, leurs profits (l’excédent brut d’exploitation) ont chuté de 43 milliards au deuxième trimestre et, en dépit de coupes claires dans les investissements, leur besoin de financement a augmenté de 27 milliards. Bien sûr, elles ont largement fait usage des prêts garantis par l’Etat, ce qui leur a permis d’améliorer leur trésorerie. Mais, si les problèmes de liquidités ont été ainsi traités, les problèmes de solvabilité demeurent. Une litanie de faillites va émailler les mois à venir, avec une amplification probable au printemps, à l’échéance du prêt garanti. Pour indemniser les PME des coûts fixes encourus pendant le confinement, l’Allemagne a prévu 25 milliards. Certes, il est possible de faire à moins, en faisant participer les créanciers bancaires au sauvetage des entreprises viables, mais l’ampleur du sujet ne doit pas être sous-estimée.

L’euro porté par l’économie allemande

L’euro porté par l’économie allemande

Une fois de plus l’Allemagne porte l’économie européenne à bout de bras. Les chiffres de la croissance allemande ont suscité une «réaction positive» de l’euro, a noté Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank. Le PIB allemand s’affiche en recul de 9,7% par rapport au précédent trimestre sur la période d’avril à juin, a indiqué mardi l’Office de la statistique Destatis, qui évoquait jusqu’alors -10,1%. À comparer à la France qui a vu son activité générale diminuer de près de 14 %.

L’euro montait ce mardi face au dollar, aidé par des chiffres sur la croissance allemande au deuxième trimestre et un moindre intérêt des investisseurs pour le billet vert.

Vers 19H00 GMT (21H00 à Paris), l’euro gagnait 0,39% face au billet vert, à 1,1834 dollar. «Le dollar américain recule, pénalisé par des choix plus risqués de la part des investisseurs», a estimé Lee Hardman, analyste de MUFG, qui en veut pour preuve le record atteint lundi par le S&P 500, l’indice boursier élargi de Wall Street. Cet appétit pour le risque est également alimenté par la reprise des discussions entre les États-Unis et la Chine sur leur accord commercial, a-t-il ajouté.

 «Le marché s’attend plus ou moins à ce que M. Powell se montre plutôt en faveur d’un assouplissement de la politique dans son discours, mais plutôt en se focalisant sur le contrôle de l’inflation que sur une éventuelle baisse des taux en tant que telle», ont souligné les analystes de Scotiabank.

Une posture d’équilibriste du gouvernement entre l’économie et la santé

Une posture d’équilibriste du gouvernement entre l’économie et la santé

De toute évidence, la posture d’équilibriste du gouvernement entre les préoccupations économiques et sanitaires demeure très fragile. Sur le plan économique, les scénarios s’obscurcissent avec la remontée des contaminations. On espérait une croissance en baisse de 11 % en 2020 mais la remontées du virus fait craindre maintenant une croissance en diminution de 14 % d’après les institutions d’études économiques. Le gouvernement a donc décidé très récemment de renforcer encore les mesures de prévention sanitaire mais dans le même temps ne peut pas tuer complètement économie.

En même temps, le gouvernement est bien contraint de prendre en compte la remontée significative de la vague virale. Les hésitations du gouvernement se vérifient  par exemple à travers ses positions très hésitantes quant à la généralisation du port du masque à l’extérieur. Le problème c’est qu’en sectorisation et en décentralisant les règles sanitaires, le pouvoir risque d’alimenter les incohérences et les contradictions.

 Attendues ce mardi, les propositions du gouvernement pour renforcer les règles sanitaires suscitent déjà les réserves du patronat. Prévue dans deux semaines, la rentrée scolaire provoque de son côté l’appréhension chez les enseignants et les parents d’élève. Ancien « Monsieur Déconfinement », Jean Castex connaît là sa première épreuve de vérité, un mois et demi après son arrivée à Matignon .

La semaine dernière, un Conseil de défense s’est tenu sur la question du rebond de l’épidémie. Depuis, les données ne se sont pas améliorées et l’exécutif adopte un ton de plus en plus ferme pour faire respecter les gestes barrière. Mardi dernier à Montpellier, Jean Castex a appelé à une réaction vigoureuse des Français. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a enchaîné sur le même ton le lendemain sur France 2.

 

La remontée de l’économie française plus lente , pourquoi ? :

La remontée de l’économie française plus lente , pourquoi ? :

La banque de France constate le redressement de l’activité économique en juillet mais à un rythme plus ralenti qu’en juin . Cette activité s’établit 7 % en dessous de ses niveaux habituels, contre – 9 % en juin, selon les derniers chiffres de la Banque de France.  Pour certains secteurs, les affaires sont presque au niveau habituel quand il s’agit des biens essentiels des consommateurs comme par exemple l’alimentaire. Par contre pour certains services (tourisme, restauration etc.) et pour certains biens (automobiles par exemple) la conjoncture est marquée par un attentisme certain. Les ménages continuent d’ailleurs d’épargner au détriment de la consommation qui plus que jamais en France soutient la croissance du fait  de la dégradation du commerce extérieur et des investissements.

 

L’activité économique a donc continué de se redresser en juillet en France mais à un rythme moins rapide qu’en juin, pour s’établir 7% en dessous de ses niveaux habituels, observe la Banque de France (BdF) dans son enquête mensuelle de conjoncture pour juillet, publiée lundi 10 août.

A titre de comparaison, la perte d’activité par rapport à la normale sur fond d’épidémie de COVID-19 s’établissait à 9% en juin et à environ 32% au début du confinement en mars.

Les témoignages recueillis auprès de 8 500 entreprises suggèrent que le mois d’août devrait être marqué par une stabilisation ou une très légère amélioration de l’activité, mais ces perspectives sont « à prendre avec prudence en ce milieu d’été », souligne la BdF.

Cette prudence s’impose d’autant plus que la France fait actuellement face à une résurgence des cas de contamination par le nouveau coronavirus.

Pour le mois de juillet, la reprise progressive et ralentie de l’activité s’est manifestée à la fois dans l’industrie, les services et le bâtiment, dans un contexte de levée progressive des mesures de restrictions liées à la crise sanitaire.

Le niveau d’activité apparaît très hétérogène selon les secteurs. Si dans le bâtiment, l’activité se rapproche désormais de son niveau d’avant-crise, la situation est différente dans l’industrie et les services, où la reprise n’a pas encore permis de compenser le déficit d’activité accumulé pendant le confinement entre la mi-mars et la mi-mai, note la BdF.

Par exemple, l’agroalimentaire et la pharmacie évoluent désormais à des niveaux d’activité proches de ceux d’avant-crise alors que l’activité reste très dégradée dans la métallurgie et l’automobile.

Et dans les services, l’activité reste très inférieure à la normale dans l’hébergement-restauration, la location (matériel, automobiles) ou encore la publicité et les études de marché.

Pour la Banque de France, ces différents constats confirment « le scénario d’une reprise ‘en aile d’oiseau’ (…) avec une première phase de rebond marqué de l’activité à la faveur du déconfinement, suivie d’une deuxième phase de reprise plus lente ».

 

Hausse de l’or à près de 2000 $ l’once : un mauvais signe pour l’économie

Hausse de l’or à près de 2000 $ l’once : un mauvais signe pour l’économie

 

L’or  retrouve des niveaux historiques, ce qui constitue un mauvais signe pour l’économie. Cela veut dire que certains épargnants préfèrent la valeur refuge que les investissements menacés par la chute de l’économie. En août 2018 , l’once d’heures était environ à 1194 $ aujourd’hui il est à près de 2000 $. L’or a atteint lundi un record historique à 1.930,48 dollars l’once, confirmant son statut de valeur refuge en temps de pandémie, alors que la baisse du billet vert contribue aussi à le faire grimper. L’or, qui gagnait plus de 1% dans les échanges en Asie, devrait prochainement dépasser la barre des 2.000 dollars, selon des analystes.

Les mesures d’assouplissement monétaire décidées par la Réserve fédérale mais aussi par les autres banques centrales encouragent l’attractivité de l’or.

«Des gains forts sont inévitables au moment où nous entrons dans une période semblable à l’environnement apparu après la crise financière mondiale, où les prix avaient atteint des niveaux records du fait des quantités d’argent injectées par la Fed dans le système financier», a déclaré Gavin Wendt, analyste chez MineLife.

Libellé en billet vert, une baisse de la devise américaine rend le métal précieux moins onéreux pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Son précédent record historique, à 1.921,18 dollars l’once, avait été atteint en septembre 2011.

Le coronavirus menace l’économie américaine

Le coronavirus menace l’économie américaine

 

Les indicateurs récents avaient montré  une dynamique vers une possible sortie de crise que l’expansion de la pandémie remet maintenant en cause d’après la banque fédérale américaine. “La pandémie reste le principal moteur de l’évolution de l’économie. Un épais brouillard d’incertitude nous entoure encore, et les risques de baisse prédominent”, a déclaré mardi Label Brainard, l’un des gouverneurs de la Fed, dans un discours prononcé lors d’un événement organisé par la National Association for Business Economics. Ce qui est en cause c’est l’ampleur de la dépression. Le fonds monétaire international avait évaluait  cette dépression à 6 % en 2020. Mais la banque fédérale américaine est très consciente que l’ampleur de la dépression économique dépendra surtout de la capacité de maîtrise d’une situation sanitaire qui ne cesse de se détériorer. La banque fédérale américaine pourrait à nouveau réaffirmer le caractère particulièrement accommodant de sa politique avec notamment des prêts, des rachats d’actifs et   des dépenses budgétaires supplémentaires.

De son côté, le président de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, a averti que le chômage aux États-Unis pourrait augmenter à nouveau alors que les entreprises s’adaptent à une période de récession probablement plus longue que prévu.

“Un ensemble d’entreprises, grandes et petites, se rendent compte que ce n’est pas un problème de deux mois et remanient leurs activités”, ce qui pourrait mettre en péril le rebond constaté ces deux derniers mois sur le front de l’emploi, a-t-il dit dans une allocution diffusée sur le web au Charlotte Rotary Club.

Par ailleurs, les petites entreprises bénéficiaires du programme Payckeck Protection, visant à distribuer des prêts aux sociétés touchées par le coronavirus, ont conservé leurs employés pour respecter les conditions de remise de prêt. Le programme arrivant à échéance, elles peuvent désormais envisager des licenciements.

Les responsables de la Fed ont d’abord espéré que l’épidémie de coronavirus serait rapidement maîtrisé aux États-Unis pour permettre à l’économie de rebondir. Ils ont admis que les prévisions de croissance économique faites lors de la dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale en juin ne tenaient pas compte, dans une large mesure, de la possibilité d’une deuxième vague épidémique.

L’économie française rebondit probablement plus vite ? (BDF)

L’économie française rebondit probablement plus vite ? (BDF)

La Banque de France essaye de corriger le tir car ses prévisions étaient  inférieures aux nouvelles projections du gouvernement. Un gouvernement qui pense que la croissance pourra atteindre 8 % en 2021 et  permettant presque  d’annuler le trou de 2020. L’écart entre Bercy et la Banque de France est faible entre 1 et 2 %.

Pour autant la Banque de France va sans doute vouloir participer à ce moment d’euphorie que constitue le redressement du mois dernier. Un redressement plus important qu’attendu mais qu’il faut sans doute aussi savoir relativiser. En effet la crise sociale débute à peine, et c’est à l’automne qu’on va en mesurer les effets désastreux du point de vue social bien sûr mais aussi économique.

La Banque de France a estimé le mois dernier que la deuxième économie de la zone euro tournerait 12% en dessous de ses capacités d’ici la fin juin, quand la perte d’activité sur les quinze premiers jours du confinement, fin mars, avait atteint 32% et était encore de 17% fin mai, après la levée du confinement.

La banque centrale doit publier de nouvelles estimations ce mardi matin.

“La reprise se passe au moins aussi bien que nous l’avions prévu et peut-être même un peu mieux”, a indiqué François Villeroy de Galhau.

En prenant en compte les estimations de la perte d’activité sur les mois d’avril, mai et juin, la Banque de France estimait “autour de -15%” la contraction du PIB au 2e trimestre. Pour redonner confiance aux acteurs économiques les institutions et les gouvernements soulignent la vigueur de la reprise du mois dernier. Ils ont un peu tendance évidemment à exagérer pour le futur( en particulier par rapport à 2021 ou les incertitudes trop grandes faire des prévisions précises) la question est un effet de savoir si le redressement de juin correspond un phénomène conjoncturel notamment à une compensation de la paralysie systèmes de production et de distribution pendant plusieurs mois à un phénomène plus culturel. Or ce n’est pas à partir des résultats d’un mois on peut imaginer la tendance culturelle

François Villeroy de Galhau, sans minimiser la gravité de la crise économique, a déclaré dimanche que la situation pourrait de même être un peu meilleure.

Protéger la santé, l’économie….et maintenant les banques

Protéger la santé, l’économie….et maintenant les banques

Renforcement du capital, structure de défaisance, bad Banks autant de solutions qui sont envisagées actuellement pour l’union européenne afin de soutenir le système bancaire qui va être affronté à une vague de créances douteuses et même pourries. L’idée serait d’isoler les créances potentiellement irrécouvrables pour ne pas détériorer le bilan des banques.

Certes pour l’instant les plus grandes banques disposent des réserves nécessaires pour faire face à ses créances douteuses. Restent cependant des banques au bilan plus réduit ou de pays fragiles qui pourraient n’être pas en capacité de faire face à l’absence de recouvrement de dettes de particuliers, d’entreprises voir même d’État .

“Cela pourrait se faire sous la forme d’une recapitalisation de précaution sur le modèle du TARP. Et là, le fonds de relance de l’UE pourrait jouer un rôle”, a-t-il ajouté, suggérant que l’aide concerne les banques qui disposent de fondamentaux solides mais se trouvent handicapés par l’épidémie.

Pendant la crise financière de 2007-2009, les Etats-Unis avaient créé le Troubled Asset Relief Program (TARP) qui avait permis d’injecter des dizaines de milliards de dollars dans le système bancaire américain.

Les banques européennes disposent de plus de 430 milliards d’euros de réserves de fonds propres, selon l’ABE, ce qui devrait être plus que suffisant pour couvrir les pertes liées à la montée attendue des créances irrécouvrables, dans des secteurs comme le tourisme et la restauration entre autres.

Mais certaines, particulièrement dans des pays très durement touchés par la pandémie comme l’Italie ou l’Espagne, sont plus vulnérables que d’autres.

Si l’Allemagne a assoupli sa position sur les emprunts à l’échelle de l’UE et plus seulement au niveau de chacun des Etats membres, étendre le bénéfice du fonds de reprise aux banques risquerait de se heurter à une opposition ferme.

“Je m’attends à une vague de NPL (non performing loans, les créances irrécouvrables) au cours des deux ou trois prochains trimestres”, a dit José Manuel Campa. “De quelle ampleur, c’est difficile à dire.”

Le président de l’ABE était secrétariat d’Etat à l’économie dans le gouvernement espagnol au début de la crise financière qui a conduit Madrid à solliciter une aide internationale puis à créer une “bad bank”, une structure de défaisance dans laquelle ont été cantonnées des créances douteuses afin d’assainir les bilans des banques.

“L’utilisation de ‘bad banks’ pour isoler des prêts non-performants s’est révélée utile”, a-t-il dit. “L’Allemagne a eu des ‘bad banks’ tandis que des pays comme l’Irlande ont eu recours à des structures de gestion d’actifs de la même manière. On pourrait y recourir de nouveau.”

“Les banques sont résilientes et plus fortes qu’avant la dernière crise”, a-t-il ajouté. “Mais nous ne savons pas comment la crise va évoluer. Mieux vaut agir trop tôt que trop tard.”

Macron conteste l’écroulement de l’économie évoquée par Philippe

Macron conteste l’écroulement de l’économie évoquée par Philippe

Alors que le Premier ministre a clairement évoqué les risques d’écroulement de l’économie, Macron prend une nouvelle fois le contre-pied d’Edouard  Philippe tentant de rassurer les Français. On pourrait en conclure qu’il s’agit d’un jeu de rôle avec d’un côté un Premier ministre qui joue le père fouettard avec son profil technocratique et de l’autre un président, protecteur qui se voudrait le père du peuple. Il faut toutefois noter que la différence entre les deux responsables est antérieure au Coronavirus. On a déjà vu sur le dossier de la retraite que le Premier ministre s’était montré intraitable sur le fond même avec une forme adoucie. À l’inverse, Macron avait fait des ouvertures qui n’ont pas été reprises par le gouvernement.

Certes les deux hommes partagent sans doute une majorité de convictions communes mais le Premier ministre est en train de se forger une candidature potentielle pour les présidentielles futures. Il veut montrer que lui  tient la ligne quand le président actuel se disperse et ajoute du flou au flou. Peu de médias évoquent cette rivalité pourtant certaines car il est clair qu’un moment ou un autre est sans doute d’ici la fin d’année un changement de gouvernement interviendra.

Le président rejette donc la formule du chef du gouvernement – même si l’Élysée nie tout recadrage. «Nous sommes une Nation forte», préfère avancer Emmanuel Macron, tout en affirmant mesurer «le choc massif économique» que subit le pays, alors que le monde est entré dans sa pire récession depuis la Grande Dépression des années 1930«Nous ne sommes qu’au début de la crise économique et sociale. Il nous faudra bâtir les solutions», a-t-il prévenu.

Cette divergence montre les différentes partitions jouées par les deux têtes de l’exécutif, depuis le début de l’épidémie de Covid-19. L’un, président, assure que «l’espoir renaît» et vante les «jours heureux» à venir. L’autre, premier ministre, décrit «un moment critique» et appelle à attendre des «jours meilleurs». Le premier cherche à entraîner le pays, quand le second est contraint de décliner les modalités pratiques du confinement et de sa sortie.

Une répartition des rôles résumée par Emmanuel Macron lors de son interview : «Le gouvernement précisera les règles, je donne la finalité». À tel point qu’il a refusé de détailler les conditions des déplacements après le 11 mai : «Je ne vais pas vous faire le bulletin, ce n’est pas mon rôle. Mon rôle est peut-être de rappeler une forme de bon sens (…). Ce qu’on veut éviter, ce sont de grands brassages [de population]».

Ceci étant,Macron n’est pas à une contradiction près puisque hier il a lui-même annoncé que les transports internationaux seraient sans doute interdit pour les vacances d’été !

Coronavirus: une contraction fantaisiste de 3% de l’économie mondiale ( FMI)

Coronavirus: une contraction fantaisiste de 3% de l’économie mondiale ( FMI)

Sans doute pour ne pas désespérer les acteurs économiques, le Fonds monétaire international s’est livré à des calculs de comptables complètement ridicules en affirmant que la croissance mondiale ne serait affectée que d’une baisse de 3 % en 2020. Des chiffres  totalement ridicules quand on sait que la croissance de la Chine se rapproche de zéro, celle de l’Europe sera en baisse de 8 % et celle des États-Unis en diminution d’environ 6 %. Trois zones économiques déterminantes pour la croissance mondiale et qui représente de l’ordre de 60 % du total.

Pour donner encore davantage d’espoir, dans ses nouvelles perspectives économiques mondiales, le FMI ajoute tabler sur un rebond de 5,8% en 2021 mais prévient que ses prévisions sont marquées par “une extrême incertitude” et que la réalité pourrait être bien plus sombre si l’évolution de la pandémie ne correspond pas aux projections actuelles.

“Cette reprise en 2021 n’est que partielle car le niveau de l’activité économique devrait rester inférieur au niveau que nous avions prévu pour 2021 avant que le virus ne frappe”, a déclaré l’économiste en chef du FMI, Gita Gopinath, dans un communiqué.

Le scénario le plus optimiste du Fonds estime que la pandémie devrait amputer l’activité économique mondiale de 9.000 milliards de dollars (8.200 milliards d’euros environ) sur deux ans, l’équivalent des produits intérieurs bruts (PIB) combinés de l’Allemagne et du Japon.

Une nouvelle vague d’infections en 2021, qui forcerait les pays touchés à renouer avec le confinement, coûterait entre cinq et huit points de PIB et se solderait donc par une deuxième année consécutive de récession à l’échelle de la planète.

“Il est très probable que l’économie mondiale connaisse cette année sa pire récession depuis la Grande Dépression, qui dépassera celle observée pendant la crise financière mondiale”, résume le FMI. “Le ‘Grand Confinement’, comme on pourrait l’appeler, devrait amputer fortement la croissance mondiale.”

En janvier, avant que la pandémie en Chine et ailleurs ne prenne de l’ampleur, le FMI avait dit tabler sur une croissance mondiale de 3,3% en 2020 et de 3,4% en 2021.

La contraction désormais attendue cette année va toucher en premier lieu les économies les plus avancées, qui sont aussi les plus durement touchées par la pandémie: le PIB des Etats-Unis devrait chuter de 5,9% avant un rebond de 4,7% en 2021, toujours dans le meilleur des scénarios établis par le FMI.

La zone euro, elle, subirait une contraction de 7,5% en 2020 avec une chute de 9,1% du PIB en Italie, de 8,0% en Espagne, de 7,0% en Allemagne et de 7,2% en France. En 2021, le rebond de la zone euro serait équivalent à celui anticipé aux Etats-Unis avec une croissance de 4,7%.

La Chine devrait rester en croissance cette année, mais de 1,2% seulement contre 6% attendu en janvier. En 2021, le PIB chinois devrait rebondir de 9,2%.

Le FMI table aussi sur une poursuite de la croissance en Inde mais s’attend à une contraction de 5,2% en Amérique latine.

Ces prévisions sont publiées à l’occasion des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, qui se tiennent exceptionnellement à distance.

Chômage partiel : Plus de 3,6 millions de salariés, 35% de l’économie paralysée

Chômage partiel : Plus de 3,6 millions de salariés, 35% de l’économie paralysée

Près de 20 % de la population sont actuellement en chômage partiel. Il faut ajouter à ce chiffre les salariés en congé plus ou moins forcé et en horaire réduit. Au total, l’appareil de production ne tourne qu’environ 65 %. D’où ce chiffre de 3 % de perte du pénible par mois de confinement avancé par certains experts dont l’INSEE quand d’autres experts pour ne pas désespérer sans doute les acteurs économiques parlent encore d’une incidence de deux à 2 % sur l’ensemble de l’année!  On entrevoit pas une reprise significative avant le début de l’été. Elle sera même sans doute progressive comme indiqué le Premier ministre jusqu’à la rentrée voir jusqu’à la fin de l’année. La perte de croissance pour le PIB  pourrait donc être de 15 à 20 %. Des conséquences terribles qui vont se traduire en défaillances d’entreprises et en chômage. On prévoit d’ores et déjà un taux de chômage pouvant passer de 8 % précédemment à 20 %.

Et e recours au chômage partiel s’intensifie nettement. Plus de 337.000 entreprises françaises ont fait appel à ce dispositif pour faire face à la crise du coronavirus, ce qui représente plus de 3,6 millions de salariés.

Dans le détail, depuis vendredi soir et le dernier décompte annoncé par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ce sont plus d’un million de salariés supplémentaires qui ont été placés en chômage partiel.

Pour l’heure le coût estimé dépasse les 11 milliards d’euros. «Le système pour éviter le licenciement et préparer la reprise est en pleine montée en puissance, on peut être fier d’un système autant protecteur», a expliqué la ministre à l’issue du Conseil des ministres. Une ministre qui sous-estime sans doute et de loin probable de l’opération sera plus proche de 50 milliards que de 10 milliards.

Zone euro: l’économie s’écroule en mars

Zone euro: l’économie s’écroule en mars

 

 

Une véritable situation de guerre pour l’économie européenne qui va perdre à peu près la moitié de sa richesse en mars. L’indice composite calculé par IHS Markit, qui combine secteur manufacturier et services, a touché un plus bas record à 31,4 dans sa version préliminaire, contre 51,6 en février. Il s’agit de la plus forte baisse de cet indice depuis qu’il est mesuré en 1998. En dessous de la barre des 50 , il y a diminution de l’activité est au-dessus augmentation. l’activité

« L’activité des entreprises dans l’ensemble de la zone euro s’est effondrée dans des proportions nettement supérieures à celles enregistrées au plus fort de la crise financière mondiale [de 2008] », commente Chris Williamson, économiste d’IHS Markit.

La chute est particulièrement spectaculaire dans les services avec un indice tombé à 28,4 après 52,6 en février. L’indice manufacturier a souffert lui aussi mais nettement moins que prévu avec un recul à 44,8 après 49,2 en février.

En France, l’indice composite, qui combine secteur manufacturier et services, baisse encore davantage que la moyenne ressort à 30,2 dans sa version préliminaire contre 50,2 en février. Cet indice, qui est mesuré depuis 22 ans, n’a jamais été aussi bas. Les services sont particulièrement touchés avec un indice à 29, là aussi un record, après 52,5 en février. Le secteur manufacturier a mieux résisté mais recule nettement lui aussi (42,9 après 49,8 en février).

 

En Allemagne, l’indice PMI composite est tombée à 37,2 en première estimation ce mois-ci contre 50,7 en février. « L’effondrement sans précédent du PMI souligne à quel point l’Allemagne se dirige vers une récession, et même vers une récession brutale », a déclaré Phil Smith, économiste chez IHS Markit. Berlin a approuvé lundi un paquet de mesures d’un montant de 750 milliards d’euros pour soutenir l’économie et l’Allemagne prévoit de s’endetter pour la première fois depuis 2013.

Enfin, la situation est toute aussi mauvaise au Royaume-Uni, où l’indice PMI composite revient à 37,1, son plus bas niveau depuis le lancement de l’enquête en janvier 1998. La chute est là aussi grandement due au secteur des services. Son indice est ainsi passé à 35,7, après 53,2 le mois précédent. Ces chiffres font craindre une contraction de l’économie à un rythme trimestriel de 1,5% à 2%.

Les patrons et la CFDT d’accord pour «garder un service minimum de l’économie»

Les patrons  et la CFDT d’accord pour «garder un service minimum de l’économie»

 

Jusque-là les pouvoirs publics n’ont cessé de dénoncer les achats de panique qui sont susceptibles de provoquer des ruptures d’approvisionnement. Une évidence toutefois les pouvoirs publics ne peuvent assurer que les stocks seront éternellement suffisants si les usines de production de biens essentiels sont en arrêt. Il faudra bien qu’un minimum de production notamment pour les produits alimentaires et sanitaires continue de fonctionner. Le Medef et la CFDT à l’exemple d’ailleurs de l’Italie d’accord sur cette nécessité en actant toutefois le principe qu’il convenait d’assurer la plus grande sécurisation pour les salariés contraints de travailler. Alors que les syndicats et le patronat ont, de l’autre côté des Alpes, très vite conclu un protocole d’accord sur la sécurisation des conditions de travail, le seul principe d’une simple lettre commune, cosignée par les représentants des entreprises et des salariés, fait du sur place de ce côté-ci car ni FO ni la CGT ne veulent signer un tel protocole

Pourtant, tout a été mis en œuvre pour trouver un consensus afin de garantir la continuité de l’activité et éviter un effondrement total de l’économie française. Le Medef a traduit l’accord italien et l’a transmis à la CFDT pour une diffusion à l’ensemble des autres centrales syndicales. Et ce en respectant les formes pour trouver rapidement une position commune.

 

États-Unis : 2000 milliards aux ménages et à l’économie en mars et avril

États-Unis : 2000 milliards aux ménages et à l’économie en mars et avril

 

Le Sénat à majorité ultra libérale à remis en cause son idéologie en décidant de faire venir intervenir l’État massivement dans la crise du Corona virus. Ainsi de 1000 milliards seront versés en mars et en avril pour assurer le coup des soins et compenser le chômage. L’orientation parlementaire rendra gratuits les tests de dépistage du virus COVID-19, et obligera les employeurs à accorder au moins deux semaines de congés maladie à leurs employés forcés de rester chez eux à cause du coronavirus, avec au moins les deux tiers de leur salaire. Elle augmentera également le financement de Medicaid (couverture santé pour les plus démunis), élargira l’application de l’assurance-chômage et augmentera les budgets pour les coupons alimentaires, dans le but de fournir un filet de sécurité à mesure que l’épidémie se répand dans tout le pays et que des licenciements massifs sont à prévoir.

Un congé payé pouvant aller jusqu’à douze semaines pourra être accordé aux employés pendant la fermeture des écoles de leurs enfants.

Et ce n’est que le début. La majorité républicaine du Sénat et la Maison-Blanche préparent un programme de soutien de plus de mille milliards de dollars. Parmi les idées évoquées, le versement de deux fois 1000 dollars, en mars et en avril, à tous les Américains à l’exception des plus riches. Cette seule mesure, destinée à injecter des liquidités dans l’économie et prévenir une crise économique majeure, pourrait coûter 500 milliards de dollars.

Coronavirus: l’impact sur l’économie mondiale

Coronavirus: l’impact sur l’économie mondiale

Le premier impact sera sur la croissance avec une Chine qui risque de passer de 6 % à 0 % pour l’évolution du Pib. Par ailleurs, la croissance mondiale pourrait diminuer de moitié passant de 3 % à 1,5 %. Nombre de pays comme dans l’union européenne vont tutoyer la stagnation voire la régression. Le deuxième phénomène c’est que la sanitaire va jouer un rôle d’accélérateur de la crise financière qui menaçait déjà nombre d’entreprises portées en quelque sorte à bout de bras par des liquidités déversées massivement par les banques centrales.

Beaucoup d’entreprises ne pourront pas résister pour des questions de trésorerie à ce nouveau choc. En gros, on va faire marcher encore davantage la planche à billets pour sauver ce qui peut l’être ce qui inévitablement va relancer un processus d’inflation alors que depuis déjà des années d’inflation étaient très contrôlée. Une autre conséquence est relative à la restructuration des processus de production et de distribution. Certes,  il y aura  sans doute certaines relocalisations dans les pays d’origine des sociétés mais surtout une diversification en Asie mais pas seulement qui rendra ainsi moins dépendant de la Chine aujourd’hui véritable usine du monde (  entre parenthèses 30 % de la production industrielle mondiale).

À cause de la crise financière, on va aussi assister à une chute des investissements privés auront du mal à être compensés  par d’éventuels investissements publics soutenus par les autorités monétaires et les actions budgétaires. Le pire des dangers serait une crise financière, type  2008. On en effet injecté des masses de liquidités dans l’économie qui ont permis à des entreprises de subsister artificiellement voire de retarder les efforts de productivité. En DP de tous les plans de soutien on ne pourra sauver des entreprises déjà malades financièrement et qui vont être percutées en plus par une nette baisse d’activité aggravant leurs problèmes de trésorerie.

Le système financier lui-même pourrait être atteint dans la mesure il s’est investi de manière un peu trop spéculative dans des secteurs fragiles. De ce point de vue, des faillites en cascade sont à prévoir non seulement dans le secteur économique mais aussi même dans le secteur financier. La dette mondiale en effet est passée sous l’effet des liquidités massives des banques centrales de 200 % du Pib à 300 % du Pib mondial en quelques années.

Suites du coronavirus, « le monde va changer » pour l’économie mondiale

 

L ‘économiste Daniel Cohen livre son analyse sur les conséquences prévisibles de l’épidémie pour l’économie mondiale  (Interview Le Monde)

« Le coronavirus est-il plus dangereux pour l’économie que pour les humains? L’expert Daniel Cohen décrypte comment l’onde de choc partie de la Chine va impacter l’activité en Europe. Et remettre en question la nature de la mondialisation. « Ce que le confinement de Wuhan a provoqué en Chine se reproduirait plus près de nous avec une intensité forte si tout devait s’arrêter un à deux mois dans des régions entières », explique-t-il. Il estime aussi que la France « sera moins impactée que l’Allemagne par le ralentissement international ».

Est-ce que le coronavirus peut plonger le monde dans une récession?
C’est encore trop tôt pour le dire. Mais il va certainement provoquer une baisse significative de la croissance mondiale. Le FMI a fait une estimation beaucoup trop optimiste du ralentissement attendu, de 0,1 %, de la croissance. En 2003, le virus du Sras avait entraîné un ralentissement de 0,2%, or il y a toutes les raisons de multiplier ce chiffre par un facteur assez important.

Pourquoi?
D’abord parce que la taille de la Chine a été multipliée par quatre par rapport à 2003. À choc équivalent pour la Chine, les effets sont beaucoup plus significatifs pour les autres pays. Bien que le taux de mortalité du coronavirus soit moindre, le nombre de morts est déjà trois fois supérieur et le nombre de gens contaminés dix fois supérieur à celui du Sras. Or c’est la mise en quarantaine de populations très importantes qui a un impact économique et déclenche une rupture de la croissance.

Les Chinois participent, à un point ou à un autre de la chaîne de valeur, à la fabrication d’un très grand nombre de produits

Quel sera son impact pour l’économie chinoise?
Avec le Sras, elle avait perdu 1 point de PIB. Cette fois, ce sera le double au minimum. Au début des années 2000, la Chine était en phase d’expansion. Elle bénéficiait à plein du fait d’être devenue membre de l’OMC. Il y avait un formidable boom des exportations chinoises. Le Sras était donc apparu comme un caillou sur le chemin d’une forte croissance. Au début de 2020, la Chine était déjà entrée dans une phase de ralentissement. Sous l’effet de la seule guerre commerciale avec Donald Trump, elle était déjà en train de passer sous la barre des 6% de croissance. Elle peut donc tout à fait atterrir sous la barre des 4%, voire des 3%.

Entre-temps nous sommes devenus plus dépendants de la Chine?
Nous sommes en effet « Chine-dépendants ». La grande différence avec le début des années 2000, c’est que l’on a assisté ces deux dernières décennies à ce que les économistes appellent une « désintégration verticale de la chaîne de valeur ». Un produit industriel fait désormais l’objet d’un découpage de sa production aux quatre coins du monde. Les Chinois participent, à un point ou à un autre de la chaîne de valeur, à la fabrication d’un très grand nombre de produits.

Cela augmente-t-il les risques de contagion pour l’économie mondiale?
L’économie mondiale est touchée simultanément du côté de l’offre et du côté de la demande, et c’est nouveau. L’offre est désorganisée, certains secteurs ne peuvent plus produire. C’est le cas pour Apple, qui ne peut plus fabriquer ses iPhone par exemple. Pour ce qui est de la demande, la Chine est devenue un très grand marché dans plusieurs domaines. Elle représente un tiers du marché automobile mondial, ce qui va fortement impacter l’Allemagne par exemple. En France, ce sont les recettes du tourisme qui vont être touchées. Pour les hôtels qui s’étaient habitués à accueillir beaucoup de Chinois, la perte sera réelle.

La France a déjà relâché son effort de consolidation budgétaire depuis la crise des Gilets jaunes. Il faudra certainement faire plus si la crise devait s’intensifier

Quelle peut être l’ampleur de l’impact global sur l’économie européenne?
Par rapport à un choc chinois qui pourrait à lui seul représenter 1 point de croissance en moins pour l’économie mondiale, tout peut être démultiplié si le virus devait frapper toute l’Europe, comme il a commencé à le faire en Italie. Il faut prier pour que cela reste une exception. Ce que le confinement de Wuhan a provoqué en Chine se reproduirait plus près de nous avec une intensité forte si tout devait s’arrêter un à deux mois dans des régions entières.

D’autant que l’Europe part d’une croissance beaucoup plus basse que la Chine…
Comme la Chine, les exportateurs européens ont subi l’année dernière le choc de la guerre commerciale de Trump. La crise chinoise va s’y ajouter. Et nos économies ne sont pas florissantes. Elles allaient elles aussi beaucoup mieux à l’époque du Sras, au début des années 2000. Quand les corps sont fragiles, ils sont plus vulnérables à la maladie. C’est pareil pour les économies.

Que doit-on redouter pour la croissance française?
Elle sera moins impactée que l’Allemagne par le ralentissement international, mais elle sera certainement en deçà de 1%. Ça dépendra de l’impact du virus dans certaines régions françaises.

Si la situation se dégrade, que pourra-t-on faire?
C’est le problème central : on n’a plus de munitions en matière de politique monétaire. Les taux sont déjà négatifs et je ne vois pas ce que Christine Lagarde va pouvoir faire de plus à la tête de la BCE. Ce qui nous ramène à la politique budgétaire. La France a déjà relâché son effort de consolidation budgétaire depuis la crise des Gilets jaunes. Il faudra certainement faire plus si la crise devait s’intensifier. Mais les regards se portent surtout sur l’Allemagne. Elle a été directement touchée par la guerre commerciale de Trump, elle va être la première victime de cette crise chinoise. Son économie est essoufflée et elle va prendre une nouvelle gifle à un an des élections. Or elle a des excédents commerciaux énormes et des excédents budgétaires à ne plus savoir qu’en faire…

La bonne nouvelle, c’est que les taux d’intérêt ne vont pas remonter, c’est désormais certain

Mais l’Allemagne a toujours refusé de relancer l’économie européenne.
Les prêtres de la science économique se tournent vers elle en la suppliant d’agir. Jusqu’à présent elle pouvait dire : pourquoi devrais-je changer de politique alors que ma croissance est bonne et que je n’ai pas de chômage? Pour vous faire plaisir? La situation est différente à présent. Ce serait de son intérêt propre de mener une politique de relance. Si elle devait rester accrochée à son objectif de zéro déficit, ce serait la preuve qu’elle est dans l’obsession idéologique, un très mauvais signal pour une Europe confrontée aux eurosceptiques.

Est-ce que cette crise économique peut déboucher sur un krach?
Le diagnostic de départ selon lequel les actions étaient au début de l’année à des niveaux très élevés est indiscutable. Mais la cause de ce phénomène, ce sont les taux d’intérêt qui sont très, très bas. C’est un théorème simple : quand les taux baissent, le prix des actifs monte car les investisseurs cherchent du rendement. La bonne nouvelle, c’est que les taux d’intérêt ne vont pas remonter, c’est désormais certain. Les taux américains à dix ans flirtaient les 3% il y a deux ans, ils sont redescendus à 1,3 ou 1,4%. Mais l’envers de la situation est qu’ils auront du mal à baisser davantage. C’est en partie pourquoi la Bourse a dévissé cette semaine. Les Banques centrales sont démunies…

Le comportement des acteurs économiques, poussés par la peur, ne risque-t-il pas d’accentuer la crise?
Effectivement, l’incertitude est toujours mauvaise. Par exemple, je ne suis pas sûr que les gens aient envie de faire un grand voyage à l’étranger en ce moment. Mais pour l’instant, dans les pays qui ne sont pas impactés directement, je n’ai pas l’impression que les populations aient fortement modifié leurs intentions d’achat.

Il semble que l’épidémie se propage à toute l’Europe?
Nous sommes en effet peut-être, comme le disait Nassim Nicolas Taleb, l’auteur du livre Le Cygne noir, à la veille d’un processus qui peut se démultiplier. C’est ce qui va se jouer dès cette semaine. Ce que l’on doit redouter, c’est que des foyers s’allument un peu partout, à l’instar de ce qui s’est passé en Italie.

Peut-être sommes-nous en train d’assister aux premières escarmouches d’un immense affrontement, qui va monter en puissance à l’échelle du siècle

Que pensez-vous de la tentation de confiner et de fermer les frontières?
La fermeture des frontières est évidemment un instrument qui doit pouvoir être actionné si c’est nécessaire. Mais ce sont surtout des zones internes à chaque pays qui vont devoir être confinées. Et il faut avoir le culot d’annuler les grands rassemblements humains comme les salons professionnels ou les compétitions sportives. Annuler un match de foot peut avoir plus d’importance que de fermer une frontière.

Nous vivons dans un monde zéro stock et mondialisé. Pourra-t-il redémarrer comme si de rien n’était?
Le monde va sans doute changer. C’est la deuxième crise à laquelle on est exposé après celle provoquée par la guerre commerciale de Trump. Celle-ci a déjà convaincu les Chinois qu’ils devaient acquérir une plus grande autonomie en matière technologique. Ils sont en train d’apprendre à se passer des États-Unis. Ils ont compris qu’il suffit d’un fou à la tête de la Maison-Blanche pour dérégler le fonctionnement de leur économie. Évidemment ça dépendra beaucoup de la réélection ou non du président américain. S’il est reconduit, la démondialisation commencera par la Chine et se propagera à l’Europe. On peut noter à cet égard que l’un des effets de la crise sera de ralentir aussi l’économie américaine, et notamment son secteur industriel. Cela priverait Trump de l’un de ses arguments, une économie florissante, et notamment dans les swing states industriels qu’il avait ravis aux démocrates…

Les entreprises vont-elles renoncer à produire dans des pays pas chers?
On a passé le pic de la mondialisation. Les entreprises vont vouloir raccourcir leur chaîne de valeur. Elles vont maintenant réfléchir à deux fois avant de délocaliser la gestion informatique de leur comptabilité en Inde ou de mettre toutes leurs données dans des clouds gérés par des entreprises étrangères.

Va-t-on devoir se déshabituer de la Chine?
De la Chine peut-être, de l’Asie c’est moins sûr. Il y a de nombreux pays comme le Cambodge ou le Vietnam qui sont prêts à prendre la relève. La Chine va elle-même vouloir se déshabituer des États-Unis. Peut-être sommes-nous en train d’assister aux premières escarmouches d’un immense affrontement, qui va monter en puissance à l’échelle du siècle.

L’Europe devrait-elle en profiter pour relocaliser certaines activités industrielles?
Les pays ne vont pas brutalement devenir autarciques, mais beaucoup de forces poussent vers une moindre mondialisation. La plus importante est qu’il faut urgemment prendre en compte l’empreinte carbone de tous ces échanges. Il va falloir faire cesser ces tours du monde que la chaîne de valeur fait parcourir aux marchandises, dont le coût en termes de carbone est disproportionné par rapport aux économies qu’elles sont censées apporter aux consommateurs.

Le coronavirus menace l’économie mondiale

  Le coronavirus menace   l’économie mondiale

 

 

Jusque là, il y avait  une quasi unanimité des responsables politiques et économiques pour complètement minimiser l’impact du Coronavirus. Pire, certains responsables et grands médias n’ont cessé de caricaturer la gravité de la situation. L’objectif évidemment était de ne pas porter atteinte à une croissance déjà très déficiente. On sait en effet que la croissance dans nombre de pays aura du mal à atteindre 1 %, que la Chine va passer de 6 à 5 % et que les mêmes les États-Unis passeront de 3 à 2 % à peine. Bref, la tendance est très nettement orientée à la baisse. Avec le Coronavirus, qui va peser à la fois sur la consommation des ménages et sur les processus de production et de distribution,  les échanges internationaux seront donc fortement perturbés. Théoriquement on considère que lorsque la Chine perd 1 % de croissance,  la répercussion mondiale sur l’activité est de 0,2 %. Cette fois,  la baisse pourrait  bien se situer bien au-delà au point que beaucoup de pays risquent de tutoyer la stagnation voire la récession. Quelques experts commencent donc à sortir de cette hypocrisie générale par ailleurs complètement contre-productive “Il y aura un impact significatif sur la croissance chinoise au premier trimestre et sur l’activité du secteur manufacturier chinois également”, a déclaré jeudi Mike Biggs, stratégiste macro et gérant spécialisé dans la dette émergente pour la société de gestion.

L’indice PMI manufacturier officiel a effectivement  reculé en février à 35,7, après 50,0 le mois précédent, montrent les données communiquées par le Bureau national de la statistique (BNS), nettement en dessous du seuil qui sépare contraction et expansion de l’activité. Les analystes interrogés par Reuters anticipaient un indice PMI de 46,0.

Les indicateurs à venir devraient témoigner en outre du dérèglement des chaînes d’approvisionnement globales entraîné par le virus apparu en Chine, selon l’expert .

“Il faut s’attendre à des mauvais chiffres pendant au minimum deux mois”, a-t-il dit. La propagation du virus hors de Chine ces derniers jours a entraîné de fortes perturbations sur les marchés financiers, qui pourraient durer si le nombre de contaminations continue de grimper, estime le gérant.

Ce risque sanitaire imprévu bouleverse les prévisions des sociétés de gestion, qui misaient en début d’année sur un contexte favorable pour les actifs risqués avec un rebond modéré de la croissance, une inflation contenue et une posture accommodante de la part des grandes banques centrales.

Les instituts d’émission devraient une nouvelle fois faire preuve de réactivité et l’optimisme pourrait revenir sur les marchés, à la condition que l’épidémie ne dure pas trop longtemps, selon Mike Biggs.

“Tout dépendra de l’ampleur de la propagation et de la durée de l’épidémie”, a-t-il dit. “Si c’est juste l’histoire du premier trimestre, ce ne sera pas la fin du monde.” mai tout n’est pas imputable au Coronavirus car les fondamentaux indiqués très nettement une tendance baissière de la croissance dans la plupart des pays et notamment en Europe.

« La croissance européenne était juste au-dessus de la ligne de flottaison. Elle va passer en dessous », résume Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa. « Normalement, il y a une forme de rattrapage après une crise de ce type, mais il ne faudrait pas qu’entre-temps les dommages aient été tels que l’on ne puisse plus faire redémarrer la machine », poursuit-il.

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