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Brexit : l’avenir à reculons pour le Royaume-Uni

Brexit : l’avenir à reculons pour le Royaume-Uni

 

En rompant avec ses voisins, au risque de l’isolement, le Royaume-Uni se retrouve face à une question jamais réglée depuis 1945 : sa place dans le monde, observe Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.

 

Ce devait être une promenade de santé, un chemin parsemé de roses. Une fois le Brexit voté, l’accord commercial avec l’Union européenne (UE) sera « l’un des plus faciles [à négocier] de toute l’histoire humaine », avait prédit le ministre Liam Fox. La vie hors de l’Europe sera « formidable », avait surenchéri Boris Johnson, alors maire de Londres, car « sortir de l’UE ne coûtera pratiquement rien alors qu’y rester coûterait très cher ».

Quatre ans et demi plus tard, et même si un accord a finalement été conclu jeudi 24 décembre, le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne n’aura été qu’un interminable cauchemar.

« Nous entrons dans ce bref et trompeur intervalle qui sépare le moment où l’on se jette de la falaise de celui où l’on s’écrase sur les rochers en contrebas, résume Peter Kellner, ancien patron de l’institut de sondage YouGov. Au moment du crash, la douleur mettra à nu les mensonges qu’on nous a faits depuis le référendum sur le Brexit, et mettra en lumière les choix que nous avons esquivés depuis soixante-quinze ans. » L’opposition sur les quotas de pêche et les règles de concurrence l’ont fait oublier : si le Brexit est un choc pour l’Europe, c’est un saut historique dans le vide pour le Royaume-Uni.

La « Global Britain » promise par M. Johnson n’a jamais eu de véritable contenu, au-delà d’un slogan percutant. Quant au projet d’un « Singapour sur Tamise », paradis fiscal dérégulé aux portes de l’UE dont rêvaient les ultralibéraux proches du premier ministre, il est rendu obsolète par la crise due au Covid-19 qui impose de puissantes interventions de l’Etat.

Pour les Britanniques, le Brexit équivaut à un « retour vers le futur »… dans les années 1950. Tandis que l’Allemagne et la France se lancent alors dans la construction européenne, les Britanniques refusent de rejoindre ce projet bien trop limité au regard de leurs ambitions et initié par deux pays qu’ils considèrent, contrairement à eux, comme les perdants de la guerre.

« Messieurs, ce que vous êtes en train de négocier ne marchera pas, assène l’envoyé de Londres aux pourparlers qui, en 1955, vont aboutir au traité de Rome, avant de lancer ironiquement en français : « Au revoir et bonne chance ! » Du haut de son prétendu statut impérial, le premier ministre, Anthony Eden, toise l’Europe : « Nos pensées nous portent au-delà des mers, vers ces populations auprès desquelles nous jouons un rôle dans toutes les parties du monde. »

« L’avenir des entreprises passe par le marketing digital « 

« L’avenir des entreprises passe par le marketing digital « 

Bertrand Laurioz , président de ADLPerformance, ETI spécialisée en data marketing, estime que l’avenir des entreprises passe aussi par le digital.( Chronique dans l’opinion)

 « La crise du Covid a généré un vaste mouvement de numérisation. Chaque entreprise s’est donc engagée dans de nouvelles démarches pour s’approprier les derniers outils. Le niveau numérique s’est largement amélioré et la concurrence en ligne s’est de fait accentuée »

 

L’impact sévère des confinements sur les entreprises accélère leur transformation numérique, tout en accentuant les écarts entre elles. Pour le dire trivialement : certaines risquent de rester sur le carreau. La concurrence dans le numérique va s’avérer plus rude qu’elle n’a été jusqu’à présent. Alors que le gouvernement incite toutes les entreprises, y compris les plus petites, à mettre en ligne un site internet, il n’est plus possible de se satisfaire de cette seule présence minimale pour espérer peser dans ces nouveaux espaces très concurrentiels. De la même façon que l’informatique avait créé dans les années 1990 des disparités majeures, un nouveau monde se construit dans l’ère post-Covid.

Vers des modalités de travail plus flexibles

En mars dernier, une grande partie des entreprises se sont retrouvées en quelques jours sans salariés. Elles ont dû en urgence mettre en place un fonctionnement de télétravail à distance quand cela était possible. Ce que les DSI rêvaient de faire parfois depuis des années a été réalisé en seulement quelques semaines, voire dans certains cas en quelques jours. Mais si certaines n’ont tout simplement pas pu faire face faute de moyens, d’autres n’ont pas su s’adapter, parce qu’elles avaient trop de retard sur l’évolution des méthodes du travail ou les outils disponibles.

Après cette étape d’urgence, la gestion du télétravail, et plus largement de la flexibilité de son organisation, sera au programme des discussions dans les entreprises. Celles qui sauront maintenir la motivation des collaborateurs, leur proposer une organisation agile et flexible, sans pour autant entamer leur efficacité, parviendront à la fois à fidéliser et à attirer les talents.

De nouvelles habitudes de consommation

Au cours de cette année, les entreprises ont fait face à une difficulté inédite d’accès à leurs clients. Et inversement, les consommateurs se sont retrouvés bloqués dans leurs souhaits de consommation, particulièrement dans les petits commerces jugés « non-essentiels ». Malgré une dizaine d’années de transformation digitale, un grand nombre de sociétés n’étaient manifestement pas prêtes à passer du modèle classique à un modèle digital ou cross-canal, qui aurait permis aux clients de continuer à converser avec eux en se renseignant, en achetant en ligne, en allant chercher ou en recevant leurs produits.

Environ 69% des entreprises avaient un site internet début 2020 (étude AFNIC, décembre 2019), mais très peu disposaient d’une véritable logistique e-commerce permettant de gérer en ligne tout le processus de vente, et encore moins un mécanisme intégré entre le digital et le physique. La crise sanitaire a accéléré les choses : les acteurs des telecoms, de l’IT, du e-commerce et de la logistique sont sur le pied de guerre pour aider les entreprises à passer cette étape, pour parvenir in fine à tirer profit de cette période.

Après une digitalisation à marche forcée, l’accélération du marketing digital basée sur la data ?

La mise en place du click & collect ou d’un site d’e-commerce efficace ne sont que des étapes initiales d’une transformation inéluctable. Les entreprises et les commerces se rendront bientôt compte que le Web et les réseaux sociaux sont encombrés, et qu’il est très difficile de se faire connaître, de se différencier, de générer des leads, de les convertir en clients, puis de fidéliser sa clientèle, de l’animer et de la valoriser. C’est pourtant là que se situe la base du commerce !

L’exemple des libraires est frappant : nous sommes tous mobilisés pour les aider, leur permettre de survivre, mais cela ne peut malheureusement pas être une motivation suffisante sur la durée. Ils vont devoir convaincre de leur valeur ajoutée vis-à-vis des géants du Web, pour éviter que les consommateurs ne renouent avec leur réflexe paresseux du One-Click sur Amazon.

Car, la concurrence est rude ! Un acteur de la distribution dont l’activité en ligne représente moins de 15% aura du mal à lutter contre Amazon ou d’autres marketplaces. Le sujet ne va bientôt plus être une question de mode de commande ou de chaîne logistique, il va devenir une question de compréhension et d’intégration du marketing digital data-driven au cœur de la stratégie de développement de l’entreprise pour inscrire durablement la marque dans l’esprit des consommateurs, les toucher, les fidéliser et les inciter à commander de façon récurrente.

La question est encore plus prégnante pour les entreprises BtoB où la transformation du marketing digital n’en est qu’à ses balbutiements. Elles vivent actuellement une déferlante qui bouscule les méthodes et les relations commerciales. Et les mutations vont s’accélérer, portées par l’efficacité de la technologie et des réseaux qui permettent visioconférences, webinaires, événements virtuels, etc., et qui révolutionnent la manière de faire du commerce de la prospection jusqu’à la signature des contrats.

Que ces entreprises s’adressent aux clients BtoC ou BtoB, leur présence en ligne n’est pas suffisante, il faut désormais qu’elles investissent durablement dans le « data marketing », c’est-à-dire le marketing digital basé sur la data !

Bertrand Laurioz est président de ADLPerformance, ETI spécialisée en data marketing

«Ecologie et démographie : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

«Ecologie et  démographie : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

Dominique Boulbès  , estime que l’évolution future de l’économie devra prendre en compte de paramètres majeurs à savoir l’écologie et la démographie (interview dans l’opinion)

 

Dominique Boulbès  Président du groupe Indépendance Royale, vice-président de la filière « Silver économie », en charge du volet croissance des entreprises, administrateur du Synapse, la fédération des entreprises spécialisées, président du pôle « Télémédecine et longévité » de l’Académie francophone de télémédecine et de eSanté, Dominique Boulbès est un entrepreneur engagé. Il est l’auteur de Vieillir – Le grand vertige (PhB Editions) et, en collaboration avec Serge Guerin, de La Silver économie – 60 acteurs de l’économie des 60 + (La Charte). Il milite pour une « approche holistique de l’économie des seniors. »

 

Interview

Un sondage Odoxa de novembre 2019 indique que la prise en charge du vieillissement est une préoccupation prioritaire pour 90 % des Français. L’inquiétude est-elle le carburant de la Silver économie ?

Ce sentiment traduit avant tout la puissance des évolutions démographiques et sociologiques qui transforment nos sociétés. C’est de ces changements structurels profonds que découle l’émergence de l’économie relative aux seniors. L’histoire des filières économiques est le miroir des évolutions socio-historiques. Le développement de l’électroménager a été concomitant de la libération de la femme, le boom de la voiture particulière de l’exode rural des ménages…

Quels sont les fondements socio-historiques de la Silver économie ?

A l’origine de tout, il y a un facteur démographique mondial. Peu de gens en ont conscience mais, à l’exception de l’Afrique, tous les continents sont engagés dans un processus de baisse des populations. Il prend sa source dans la diminution du nombre des jeunes et dans l’explosion du nombre des seniors. Nous sommes entrés dans l’ère de la post-transition démographique. Cette évolution a démarré chez les Européens il y a deux siècles, sous l’impact de l’amélioration des conditions de vie, qui ont fait reculer les taux de mortalité. Elle s’est accélérée ensuite avec le changement de mentalité vis-à-vis des femmes et la baisse du taux de fécondité. Aujourd’hui, sur le Vieux Continent, le seuil du renouvellement des générations, fixé à deux enfants par femme, n’est plus atteint partout.

Que prévoient les projections mondiales ?

La moitié de la population du globe est touchée. Les prévisions centrales de l’ONU étaient jusqu’alors l’atteinte d’un pic de 10,8 milliards d’habitants en 2100. Une étude scientifique publiée en juillet par l’université de Seattle prédit 9,7 milliards en 2064, puis un déclin jusqu’à 8,8 milliards en 2100. Elle rejoint le scénario bas de l’ONU : 7,3 milliards en 2100 – ce qui serait moins qu’aujourd’hui. La plupart des économies développées ont commencé à perdre de la population. En 2050, l’Italie aura fondu de 6 millions d’habitants, la Russie de 10 millions, le Japon, où l’évolution est la plus avancée, de 21 millions.

Qu’en est-il en France, où le taux de fécondité (1,87 enfant par femme en moyenne) résiste mieux ?

Notre pays ayant été l’un des premiers à entrer dans cette transition démographique, il a été le pionnier des politiques natalistes pour compenser sa faible densité de population. La France devrait passer de 67,8 millions d’habitants en 2020 à 74 en 2050, puis 76,4 en 2070, soit 12,7 % d’augmentation. Ce qui est peu connu est que ce supplément de 8,6 millions d’habitants enrichira uniquement la tranche d’âge des plus de 60 ans. Ils passeront de 17,8 à 26,4 millions. Les moins de 20 ans (16,5 millions aujourd’hui) stagneront, tout comme les 20-59 ans (33,5 millions). Ce rééquilibrage des masses en faveur des personnes âgées s’accompagne de l’apparition d’une nouvelle culture. Elle est un puissant carburant pour la Silver économie.

Qu’entendez-vous par « nouvelle culture » ?

Il se passe le même phénomène que lors de l’apparition de la culture « ado » aux Etats-Unis dans les années 1950-1960. Avant cette période, la figure de l’adolescent n’existait quasiment pas. L’élévation du niveau de vie a créé une classe moyenne importante. Progressivement, les enfants arrêtent de donner un coup de main aux champs, allongent leurs études. S’ouvre pour eux une nouvelle période de vie un peu déresponsabilisée entre 12 et 18 ans. « Nous, les ados », disent aujourd’hui les jeunes pour se distinguer du monde des adultes actifs. Ils revendiquent une culture à part : ce à quoi ils consacrent leur vie quotidienne, ce qu’ils consomment, les valeurs qu’ils revendiquent. Le même phénomène d’émergence d’une culture spécifique se produit depuis quelques années pour les seniors. Traditionnellement, un senior se définissait par rapport à sa vie passée. Ils commencent à mettre en avant leur nouvel état. Lors de la crise des Gilets jaunes, on a entendu sur les ronds-points : « nous, les seniors ; « nous, les retraités ». Une culture homogène est en train d’apparaître.

Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète

La crise sanitaire n’a-t-elle pas accéléré la prise de conscience de ce fait socio-culturel ?

Cette crise lui donne du relief et l’accélère. Historiquement, c’est la première épidémie qui touche quasiment uniquement les personnes âgées : 91 % des victimes ont plus de 65 ans, l’âge moyen des décès est de 84 ans. Aujourd’hui, on constate que les débats se résument à l’équation suivante : cela vaut-il le coup de confiner toute une économie pour sauver une tranche d’âge à l’espérance de vie faible ? La Covid-19 pose brutalement et précisément une question jusqu’alors latente et globale. En témoigne la viralité de l’apostrophe « OK boomer ». En France, pour la première fois, un gouvernement a remis en cause le dogme de l’indexation des pensions sur l’inflation. La génération ayant endetté le pays et sacrifié l’environnement doit payer, a-t-on entendu dans les rangs de la majorité pour justifier ce tournant. Au Japon, l’opposition au « senior power » est encore plus vive. Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète.

Mais le concept de « senior » apparaît encore assez flou…

Vous avez raison. Pour les hommes du marketing, ce sont les plus de 50 ans. Pour les Ehpad, ce sont les personnes âgées dépendantes, souvent des plus de 80 ans. Pour ma part, j’ai pris le parti de retenir l’âge de 60 ans. Car le « vieillissement » débute réellement avec le départ à la retraite. A ce moment-là, un vrai changement de vie s’opère et l’on se retrouve face à soi-même. Une rupture ontologique survient avec le monde des actifs dont les valeurs sont dominantes. En se focalisant sur le présent, en capitalisant sur l’expérience et les acquis, les seniors détonnent dans nos sociétés postmodernes très fortement inscrites dans le futur, où l’on se définit beaucoup plus par ce qu’on fait que par ce qu’on est, où le mythe de l’innovation est devenu central.

Ce choc n’est-il pas paradoxal alors que les innovations contribuent à améliorer la vie des seniors ?

On associe sans doute trop la Silver économie à la seule innovation numérique. Les seniors tirent d’abord profit des auxiliaires de vie à domicile et de l’aménagement de leurs logements : des fauteuils électriques pour monter l’escalier, des baignoires à porte. A l’exception de la téléassistance, devenue courante, le numérique, qui sera effectivement clé dans les années qui viennent, pose encore la question centrale des usages. Les seniors à l’aise avec les outils numériques n’expriment pas de besoins spécifiques. Les autres s’y convertiront-ils ?

L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple)

Quels sont les vrais gisements de la Silver économie ?

Trois cercles cohabitent. Le premier se compose des entreprises qui s’adressent aux 700 000 personnes âgées dépendantes. C’est le noyau historique. Le second, dont fait partie Indépendance Royale, regroupe les spécialistes du marché des seniors. Dans le troisième cercle, figurent tous les produits et services non estampillés « seniors » mais dont une partie croissante de la clientèle l’est. L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple). Quoi qu’il en soit, des pans entiers de l’activité vont se grisonner progressivement. La mue du secteur des banques et des assurances est déjà très avancée. Les groupes industriels Legrand et Saint-Gobain ont nommé des référents seniors et inaugurent de gammes spécifiques. Il se passe avec la Silver économie le même mouvement que pour la révolution numérique. Hier, c’était l’apanage de quelques mastodontes et start-up. Aujourd’hui, le commerce de proximité l’exploite pour survivre aux géants de l’e-commerce et au confinement.

L’avenir de la croissance passerait donc par la Silver économie ?

Les économies de demain sont celles qui prendront le virage des deux transitions majeures du XXIe siècle : la transition écologique et la transition démographique. Bonne nouvelle : le plan de relance français y fait référence. C’est pourquoi je milite pour une approche holistique de la Silver économie, incluant son troisième cercle et la puissance publique ; sans elle, il n’y aurait pas eu de Silicon Valley aux Etats-Unis.

«L’ écologique et la démographique : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

«L’ écologique et la démographique : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

Dominique Boulbès  , estime que l’évolution future de l’économie devra prendre en compte de paramètres majeurs à savoir l’écologie et la démographie (interview dans l’opinion)

Dominique Boulbès  Président du groupe Indépendance Royale, vice-président de la filière « Silver économie », en charge du volet croissance des entreprises, administrateur du Synapse, la fédération des entreprises spécialisées, président du pôle « Télémédecine et longévité » de l’Académie francophone de télémédecine et de eSanté, Dominique Boulbès est un entrepreneur engagé. Il est l’auteur de Vieillir – Le grand vertige (PhB Editions) et, en collaboration avec Serge Guerin, de La Silver économie – 60 acteurs de l’économie des 60 + (La Charte). Il milite pour une « approche holistique de l’économie des seniors. »

Interview

Un sondage Odoxa de novembre 2019 indique que la prise en charge du vieillissement est une préoccupation prioritaire pour 90 % des Français. L’inquiétude est-elle le carburant de la Silver économie ?

Ce sentiment traduit avant tout la puissance des évolutions démographiques et sociologiques qui transforment nos sociétés. C’est de ces changements structurels profonds que découle l’émergence de l’économie relative aux seniors. L’histoire des filières économiques est le miroir des évolutions socio-historiques. Le développement de l’électroménager a été concomitant de la libération de la femme, le boom de la voiture particulière de l’exode rural des ménages…

Quels sont les fondements socio-historiques de la Silver économie ?

A l’origine de tout, il y a un facteur démographique mondial. Peu de gens en ont conscience mais, à l’exception de l’Afrique, tous les continents sont engagés dans un processus de baisse des populations. Il prend sa source dans la diminution du nombre des jeunes et dans l’explosion du nombre des seniors. Nous sommes entrés dans l’ère de la post-transition démographique. Cette évolution a démarré chez les Européens il y a deux siècles, sous l’impact de l’amélioration des conditions de vie, qui ont fait reculer les taux de mortalité. Elle s’est accélérée ensuite avec le changement de mentalité vis-à-vis des femmes et la baisse du taux de fécondité. Aujourd’hui, sur le Vieux Continent, le seuil du renouvellement des générations, fixé à deux enfants par femme, n’est plus atteint partout.

Que prévoient les projections mondiales ?

La moitié de la population du globe est touchée. Les prévisions centrales de l’ONU étaient jusqu’alors l’atteinte d’un pic de 10,8 milliards d’habitants en 2100. Une étude scientifique publiée en juillet par l’université de Seattle prédit 9,7 milliards en 2064, puis un déclin jusqu’à 8,8 milliards en 2100. Elle rejoint le scénario bas de l’ONU : 7,3 milliards en 2100 – ce qui serait moins qu’aujourd’hui. La plupart des économies développées ont commencé à perdre de la population. En 2050, l’Italie aura fondu de 6 millions d’habitants, la Russie de 10 millions, le Japon, où l’évolution est la plus avancée, de 21 millions.

Qu’en est-il en France, où le taux de fécondité (1,87 enfant par femme en moyenne) résiste mieux ?

Notre pays ayant été l’un des premiers à entrer dans cette transition démographique, il a été le pionnier des politiques natalistes pour compenser sa faible densité de population. La France devrait passer de 67,8 millions d’habitants en 2020 à 74 en 2050, puis 76,4 en 2070, soit 12,7 % d’augmentation. Ce qui est peu connu est que ce supplément de 8,6 millions d’habitants enrichira uniquement la tranche d’âge des plus de 60 ans. Ils passeront de 17,8 à 26,4 millions. Les moins de 20 ans (16,5 millions aujourd’hui) stagneront, tout comme les 20-59 ans (33,5 millions). Ce rééquilibrage des masses en faveur des personnes âgées s’accompagne de l’apparition d’une nouvelle culture. Elle est un puissant carburant pour la Silver économie.

Qu’entendez-vous par « nouvelle culture » ?

Il se passe le même phénomène que lors de l’apparition de la culture « ado » aux Etats-Unis dans les années 1950-1960. Avant cette période, la figure de l’adolescent n’existait quasiment pas. L’élévation du niveau de vie a créé une classe moyenne importante. Progressivement, les enfants arrêtent de donner un coup de main aux champs, allongent leurs études. S’ouvre pour eux une nouvelle période de vie un peu déresponsabilisée entre 12 et 18 ans. « Nous, les ados », disent aujourd’hui les jeunes pour se distinguer du monde des adultes actifs. Ils revendiquent une culture à part : ce à quoi ils consacrent leur vie quotidienne, ce qu’ils consomment, les valeurs qu’ils revendiquent. Le même phénomène d’émergence d’une culture spécifique se produit depuis quelques années pour les seniors. Traditionnellement, un senior se définissait par rapport à sa vie passée. Ils commencent à mettre en avant leur nouvel état. Lors de la crise des Gilets jaunes, on a entendu sur les ronds-points : « nous, les seniors ; « nous, les retraités ». Une culture homogène est en train d’apparaître.

Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète

La crise sanitaire n’a-t-elle pas accéléré la prise de conscience de ce fait socio-culturel ?

Cette crise lui donne du relief et l’accélère. Historiquement, c’est la première épidémie qui touche quasiment uniquement les personnes âgées : 91 % des victimes ont plus de 65 ans, l’âge moyen des décès est de 84 ans. Aujourd’hui, on constate que les débats se résument à l’équation suivante : cela vaut-il le coup de confiner toute une économie pour sauver une tranche d’âge à l’espérance de vie faible ? La Covid-19 pose brutalement et précisément une question jusqu’alors latente et globale. En témoigne la viralité de l’apostrophe « OK boomer ». En France, pour la première fois, un gouvernement a remis en cause le dogme de l’indexation des pensions sur l’inflation. La génération ayant endetté le pays et sacrifié l’environnement doit payer, a-t-on entendu dans les rangs de la majorité pour justifier ce tournant. Au Japon, l’opposition au « senior power » est encore plus vive. Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète.

Mais le concept de « senior » apparaît encore assez flou…

Vous avez raison. Pour les hommes du marketing, ce sont les plus de 50 ans. Pour les Ehpad, ce sont les personnes âgées dépendantes, souvent des plus de 80 ans. Pour ma part, j’ai pris le parti de retenir l’âge de 60 ans. Car le « vieillissement » débute réellement avec le départ à la retraite. A ce moment-là, un vrai changement de vie s’opère et l’on se retrouve face à soi-même. Une rupture ontologique survient avec le monde des actifs dont les valeurs sont dominantes. En se focalisant sur le présent, en capitalisant sur l’expérience et les acquis, les seniors détonnent dans nos sociétés postmodernes très fortement inscrites dans le futur, où l’on se définit beaucoup plus par ce qu’on fait que par ce qu’on est, où le mythe de l’innovation est devenu central.

Ce choc n’est-il pas paradoxal alors que les innovations contribuent à améliorer la vie des seniors ?

On associe sans doute trop la Silver économie à la seule innovation numérique. Les seniors tirent d’abord profit des auxiliaires de vie à domicile et de l’aménagement de leurs logements : des fauteuils électriques pour monter l’escalier, des baignoires à porte. A l’exception de la téléassistance, devenue courante, le numérique, qui sera effectivement clé dans les années qui viennent, pose encore la question centrale des usages. Les seniors à l’aise avec les outils numériques n’expriment pas de besoins spécifiques. Les autres s’y convertiront-ils ?

L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple)

Quels sont les vrais gisements de la Silver économie ?

Trois cercles cohabitent. Le premier se compose des entreprises qui s’adressent aux 700 000 personnes âgées dépendantes. C’est le noyau historique. Le second, dont fait partie Indépendance Royale, regroupe les spécialistes du marché des seniors. Dans le troisième cercle, figurent tous les produits et services non estampillés « seniors » mais dont une partie croissante de la clientèle l’est. L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple). Quoi qu’il en soit, des pans entiers de l’activité vont se grisonner progressivement. La mue du secteur des banques et des assurances est déjà très avancée. Les groupes industriels Legrand et Saint-Gobain ont nommé des référents seniors et inaugurent de gammes spécifiques. Il se passe avec la Silver économie le même mouvement que pour la révolution numérique. Hier, c’était l’apanage de quelques mastodontes et start-up. Aujourd’hui, le commerce de proximité l’exploite pour survivre aux géants de l’e-commerce et au confinement.

L’avenir de la croissance passerait donc par la Silver économie ?

Les économies de demain sont celles qui prendront le virage des deux transitions majeures du XXIe siècle : la transition écologique et la transition démographique. Bonne nouvelle : le plan de relance français y fait référence. C’est pourquoi je milite pour une approche holistique de la Silver économie, incluant son troisième cercle et la puissance publique ; sans elle, il n’y aurait pas eu de Silicon Valley aux Etats-Unis.

L’avenir du télétravail : limité

L’avenir du télétravail :limité

Bertrand Jacquillat vice-président du Cercle des économistes et senior advisor de J. de Demandolx Gestion estime  dans l’Opinion que le télé travail aura forcément des limites.

 

L’utilisation du télétravail a explosé à la suite de la pandémie de Covid-19 pour les salariés dont la nature de leur travail s’y prêtait. Elle a donné naissance à la fois à un rêve et à un cauchemar. Le cauchemar pour certains, confrontés à la fermeture des lieux de vie et de loisirs que sont notamment les bars, les cafés et les restaurants, et des lieux de production culturelle, mais aussi à la baisse des prix de l’immobilier de bureau et des logements dans les grandes villes à la suite de l’exode de certains de ses habitants. Car c’est le rêve pour d’autres de pouvoir s’installer à la campagne et d’y travailler en conservant la même rémunération, en même temps que de s’occuper de leur jardin, ou pour d’autres d’appeler leurs clients d’une station de ski. Et pour tous d’éviter la perte de temps et la fatigue des trajets journaliers du domicile au lieu de travail.

Pour de nombreux salariés et leurs dirigeants, mais aussi pour les travailleurs indépendants, le lieu de travail n’est plus tant un lieu physique qu’un espace virtuel. Le personnel ainsi déplacé a réussi à faire apparaître comme naturel que le bureau soit installé dans une pièce d’appartement, équipée d’ordinateur portable, de tablette ou de smartphone. Il y a longtemps que l’on rêve de déplacer les villes à la campagne et leur étiolement, voire leur disparition, a souvent été annoncé. La généralisation d’Internet a semblé rendre plausible une telle hypothèse, et le succès du télétravail n’a fait que renforcer cette conviction.

Mais la probabilité que celle-ci se réalise est nulle.

Les travailleurs apprennent davantage dans les villes car ils sont confrontés à d’autres individus plus qualifiés, avec qui ils coopèrent ou sont en concurrence, et qui les tirent vers le haut

Innovation. Force d’abord est de constater que la part de la population mondiale vivant dans les métropoles ne cesse de s’accroître, non sans raison. Outre les nombreux avantages extraprofessionnels que procure la ville, les travailleurs apprennent davantage dans les villes car ils sont confrontés à d’autres individus plus qualifiés, avec qui ils coopèrent ou sont en concurrence, et qui les tirent vers le haut, ce que Zoom ne peut accomplir.

Les entreprises aussi bénéficient de ce phénomène de cluster, quand bien même ce terme a été utilisé pour dénommer aussi un foyer d’infection pandémique. Ainsi, une étude récente a mis en évidence que l’installation d’une nouvelle usine sur un territoire augmentait la productivité des entreprises concurrentes de 12 % dans les cinq ans qui suivaient son installation. Dans le contexte de l’économie de l’innovation, il est convenu que ce qui a fait le succès, d’abord de la route 128 autour du MIT dans le Massachusetts puis de la Silicon Valley autour de San Francisco, ce sont les échanges fréquents entre individus que permet leur proximité et la circulation de l’information qui en résulte.

Ces bénéfices ne concernent pas les seules entreprises du même secteur des semi-conducteurs et des « technos », mais aussi des entreprises d’autres secteurs. Même dans un monde aussi connecté que le nôtre, les percées conceptuelles conduisant aux innovations traversent plus facilement un hall universitaire ou la rue, que les océans ou un continent. Cette intuition a été parfaitement résumée dans le Bûcher des vanités de Tom Wolfe (1983) : « Il y avait toujours un endroit, The wagon wheel, Chez Yvonne, Rickey’s, où les membres de cette fraternité ésotérique, des jeunes hommes et femmes de l’industrie des semi-conducteurs, se réunissaient tous les jours après leur travail pour prendre un verre et fanfaronner sur leurs dernières trouvailles, tout aussi ésotériques les unes que les autres. » Ce phénomène a été illustré en modèle réduit avec la métaphore de la machine à café dans les entreprises autour de laquelle se retrouvent les salariés qui peuvent ainsi échanger sur un tas de sujets, qui ne concernent pas seulement l’exploit réalisé par Rafael Nadal en remportant sa treizième victoire aux Internationaux de tennis de Roland-Garros.

Les gains de productivité et les avantages de rémunération qu’entraîne la ville ne peuvent être reproduits dans des organisations qui fonctionnent par télétravail

Productivité. Certains historiens prétendent que la plupart des innovations majeures se sont produites dans les villes. La concentration des individus, des occupations, des métiers, des entreprises de secteurs industriels divers et variés constitue un environnement propice à la propagation des idées, et donc à l’innovation et à la croissance. C’est ce que montre une récente étude d’Akin, Chen et Popov qui ont réussi à surmonter l’opacité de ces échanges informels entre les individus, due au fait que leur contenu est invisible, même dans une économie de surveillance telle que la Chine, et qu’aucune trace écrite de ces échanges n’est laissée dont le matériau pourrait être utilisé par les chercheurs. Grâce notamment aux données de géolocalisation fournies par leurs smartphones, l’intuition de Tom Wolfe a pu être confirmée. Les rencontres, même fortuites, des salariés dans les cafés situés à proximité de leur lieu de travail avaient pour conséquence une augmentation des brevets déposés par leurs entreprises. A l’inverse, les entreprises de vidéo conférences font tout pour protéger la totale discrétion, voire l’anonymat, des échanges effectués sur leur système.

Ainsi, les gains de productivité et les avantages de rémunération qu’entraîne la ville ne peuvent être reproduits dans des organisations qui fonctionnent par télétravail. En définitive, s’il est un fait bien établi de l’économie urbaine, c’est celui du surcroît de productivité que les villes procurent. Le doublement de la taille d’une ville entraîne une augmentation de la productivité comprise entre 3 % et 8 % selon les pays et la spécialisation sectorielle de leurs villes. Cette plus grande productivité entraîne une hausse des salaires, certes compensée en partie par un coût de la vie plus élevé.

Et pourtant la crise sanitaire du Covid 19 ne semble pas s’être traduite par une baisse de la productivité alors qu’une grande partie des salariés restait confinée chez eux. La ville ne serait-elle alors qu’une collection d’individus qualifiés et les bureaux de l’entreprise qu’un moyen de faciliter leur coordination ? Après tout si les dirigeants et cadres d’une entreprise peuvent se voir, discuter, partager des documents au travers de l’internet, est-il besoin de proximité physique ? La réponse est donc clairement oui. Certes, si la pandémie devait perdurer, le télétravail prendrait durablement de l’importance, et l’attractivité de la ville et la vie urbaine en seraient grandement affectées. Mais une fois la pandémie jugulée, d’une manière ou d’une autre, l’activité urbaine reprendra le dessus, même si le télétravail conserve une certaine place, justifiée par les avantages qu’il procure et que nous avons évoqués, notamment dans des professions et des activités dont l’efficacité ne dépend pas ou peu de l’interaction humaine. Souhaitons donc que l’avenir du télétravail soit limité.

Bertrand Jacquillat est vice-président du Cercle des économistes et senior advisor de J. de Demandolx Gestion

 

 

L’avenir câblé de Marseille ?

L’avenir câblé de Marseille ?

Félix Blanc, docteur en science politique, directeur chargé des politiques publiques au sein de l’ONG Internet sans frontières estime que l’avenir de Marseille passe aussi par le réseau très dense des câbles sous-marins, la cité phocéenne constituant aujourd’hui un des principaux nœuds mondiaux de concentration des réseaux. (Tribune dans le Monde)

 

 

Tribune. Marseille (Bouches-du-Rhône) est devenue en quelques années un carrefour pour les câbles sous-marins de l’Internet qui relient désormais les cinq continents, ce qui en fait le neuvième nœud mondial de concentration de réseaux et d’échanges de données. Les géants du Net profitent de cette situation géographique et des infrastructures portuaires pour y héberger leurs fermes numériques, à l’instar de Microsoft qui y a implanté un des quatre centres de stockage de données déployés en France.

Les conséquences à long terme de ces installations doivent faire l’objet d’une étude d’impact approfondie et d’un véritable débat public. Ces industries numériques posent un certain nombre de problèmes.

D’abord, elles se développent en plein cœur de ville et les besoins croissants de cette économie font craindre une captation du foncier dans un centre urbain déjà très dense, ce qui pourrait menacer le développement d’autres activités économiques. Ce phénomène est accentué par la pression urbaine qui s’exerce dans le périmètre d’EuroMéditerranée, avec des tensions autour du logement et des activités économiques existantes.

Ensuite, ces fermes numériques créent très peu d’emplois dans les villes d’accueil, si elles ne disposent pas déjà d’emplois très qualifiés et d’activités mondialisées sur leur territoire, comme à Francfort, Londres ou Paris.

Enfin, ces fermes numériques sont des activités très gourmandes en énergie électrique, ce qui se traduit par des besoins croissants en puissance et par la constitution de réserves de capacité électrique, qui peuvent engendrer des conflits d’usage sur le réseau. Ces installations représentent déjà à Marseille la consommation d’une ville de près de 100 000 habitants, avec des prévisions de croissance qui devront être prises en compte dans les scénarios de transition énergétique.

La position stratégique de Marseille dans l’Internet mondial n’en reste pas moins une opportunité pour amorcer la transition énergétique, réduire la fracture numérique et favoriser le développement économique.

C’est d’abord une opportunité d’assurer la transition énergétique du territoire métropolitain avec un objectif ambitieux d’économie d’énergie et un plan pour les énergies renouvelables. Présent à Marseille depuis 2014, le géant du stockage de données Interxion a déjà envisagé des solutions technologiques pour récupérer la chaleur produite par ses centres de données, qui pourrait être utilisée pour alimenter le réseau de chaleur de la ville de Marseille, comme cela est prévu par l’entreprise sur le site de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Les entreprises du numérique pourraient aussi soutenir la création d’une société d’économie mixte pilotée par les collectivités locales pour favoriser le développement des énergies renouvelables.

Nouvelles technologies-L’avenir: la zéro G

Nouvelles technologies-L’avenir: la zéro G

Le patron de Sigfox, Ludovic Le Moan dans un entretien accordé à La Tribune dit tout le mal qu’il pense de la 5G et explique ce que serait la zéro G.

 

Pourquoi avoir publié votre livre intitulé « Zéro G » en ce début d’année, alors que l’actualité des télécommunications en 2020 est accaparée par l’émergence de la 5G ? Quel message avez-vous voulu faire passer à travers celui-ci ?

Ludovic Le Moan - J’ai voulu écrire ce livre et le nommer de cette façon non pas en prétendant que c’est l’opposé de la 5G. Pour moi, cette technologie consiste à permettre d’avoir plus de capacité haut débit dans des lieux où il y a beaucoup de monde, c’est cela ma définition de la 5G, le reste n’est que de la foutaise. Je ne dis pas qu’il ne faut pas de 5G, mais à l’opposé du spectre, il y a des besoins de frugalité et dans mon livre, je démontre que la zéro G c’est la frugalité. Le secteur des télécommunications pourrait être un domaine de réflexion pour continuer à progresser sans pour autant pousser les curseurs dans le rouge. Je ne suis pas dans la décroissance joyeuse, mais l’idée est d’instaurer une réflexion frugale dans le développement de l’économie.

La zéro G peut être un moyen d’apporter un progrès social, environnemental et dans la souveraineté. Ce dernier aspect est la plus grande menace que la France peut avoir. Si nous laissons quelques années, quand on observe la puissance des GAFA et des Chinois, nous ne sommes pas très loin de devenir demain dépendants de ces deux forces-là. Plus que gagner de l’argent, je démontre comment on peut faire pour avoir une alternative.

Vous venez de l’aborder : ce terme de  »frugalité » revient des dizaines de fois au cours des 170 pages de votre ouvrage. Est-ce un choix volontaire et assumé ? Pourquoi cette insistance ?

La frugalité et la zéro G, pour moi, c’est ni plus ni moins qu’adapter les moyens aux besoins. Ma priorité est celle-ci : répondre à un besoin par le bon moyen. Quand on dit qu’il faut la 5G pour tout le monde, honnêtement je ne suis pas d’accord. Alors que la Terre brûle, je ne me casse pas la tête, après la 4, je fais la 5 en mettant plus de débit parce que cela se vend bien. Les consommateurs mangent cela en achetant les derniers smartphones et écrans. Cela fonctionne depuis la nuit des temps, avec un marketing de plus en plus puissant. Est-ce que c’est que nous voulons ? Pour moi, la réponse est non.

Nous pouvons créer des choses utiles dans le domaine de la santé par exemple, issues d’une réflexion profonde. la zéro G, ,  un réseau mondial bas débit, qui ne consomme quasiment pas d’énergie … »

Faut il croire en la 0G? d’après wi6labs.com/

Regardez tout autour de vous. Je suis quasiment sûr que vous n’allez pas mettre beaucoup de temps à trouver une antenne dédiée à la téléphonie mobile. Cette technologie qui vous oblige à avoir un abonnement et une carte SIM  nécessite d’avoir un grand nombre d’antennes pour pouvoir couvrir le réseau. On peut donc douter que les infrastructures de téléphonie mobile puissent un jour équiper les réseaux de millions de capteurs.

Les alternatives:

Le réseau maillé consiste à avoir une série de capteurs qui, s’écoutant les uns les autres, peuvent faire passer les messages d’un voisin vers l’autre. Le but du jeu est de joindre un point A à un point B en passant par le chemin le plus court ou le plus rapide. Ces réseaux peuvent être performants mais sont énergivores car ils nécessitent une écoute quasi permanente du réseau par les capteurs. (Réseau mesh). Des travaux sont tout de même à l’étude pour améliorer les performances, notamment énergétiques (6Tisch et 802.15.5)

Le réseau en étoile via la 0G (versus 2G, 3G ou 4G) fait le pari que nous pouvons faire autrement pour gérer les réseaux de capteurs. La technologie Long Range offre de bonnes performances en terme de portée et permet donc de pouvoir utiliser des réseaux de type étoile.(Réseau Etoile). Seul un récepteur est à l’écoute de sa tribu de capteurs. De cette manière le capteur ne se réveille que lorsqu’il est nécessaire de le faire, simplement si une information est à transmettre.

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Nouvelles technologies–L’avenir: la zéro G ?

Nouvelles technologies–L’avenir: la zéro G

Le patron de Sigfox, Ludovic Le Moan dans un entretien accordé à La Tribune dit tout le mal qu’il pense de la 5G et explique ce que serait la zéro G.

 

Pourquoi avoir publié votre livre intitulé « Zéro G » en ce début d’année, alors que l’actualité des télécommunications en 2020 est accaparée par l’émergence de la 5G ? Quel message avez-vous voulu faire passer à travers celui-ci ?

Ludovic Le Moan - J’ai voulu écrire ce livre et le nommer de cette façon non pas en prétendant que c’est l’opposé de la 5G. Pour moi, cette technologie consiste à permettre d’avoir plus de capacité haut débit dans des lieux où il y a beaucoup de monde, c’est cela ma définition de la 5G, le reste n’est que de la foutaise. Je ne dis pas qu’il ne faut pas de 5G, mais à l’opposé du spectre, il y a des besoins de frugalité et dans mon livre, je démontre que la zéro G c’est la frugalité. Le secteur des télécommunications pourrait être un domaine de réflexion pour continuer à progresser sans pour autant pousser les curseurs dans le rouge. Je ne suis pas dans la décroissance joyeuse, mais l’idée est d’instaurer une réflexion frugale dans le développement de l’économie.

La zéro G peut être un moyen d’apporter un progrès social, environnemental et dans la souveraineté. Ce dernier aspect est la plus grande menace que la France peut avoir. Si nous laissons quelques années, quand on observe la puissance des GAFA et des Chinois, nous ne sommes pas très loin de devenir demain dépendants de ces deux forces-là. Plus que gagner de l’argent, je démontre comment on peut faire pour avoir une alternative.

Vous venez de l’aborder : ce terme de  »frugalité » revient des dizaines de fois au cours des 170 pages de votre ouvrage. Est-ce un choix volontaire et assumé ? Pourquoi cette insistance ?

La frugalité et la zéro G, pour moi, c’est ni plus ni moins qu’adapter les moyens aux besoins. Ma priorité est celle-ci : répondre à un besoin par le bon moyen. Quand on dit qu’il faut la 5G pour tout le monde, honnêtement je ne suis pas d’accord. Alors que la Terre brûle, je ne me casse pas la tête, après la 4, je fais la 5 en mettant plus de débit parce que cela se vend bien. Les consommateurs mangent cela en achetant les derniers smartphones et écrans. Cela fonctionne depuis la nuit des temps, avec un marketing de plus en plus puissant. Est-ce que c’est que nous voulons ? Pour moi, la réponse est non.

Nous pouvons créer des choses utiles dans le domaine de la santé par exemple, issues d’une réflexion profonde. la zéro G, ,  un réseau mondial bas débit, qui ne consomme quasiment pas d’énergie … »

Faut il croire en la 0G? d’après wi6labs.com/

Regardez tout autour de vous. Je suis quasiment sûr que vous n’allez pas mettre beaucoup de temps à trouver une antenne dédiée à la téléphonie mobile. Cette technologie qui vous oblige à avoir un abonnement et une carte SIM  nécessite d’avoir un grand nombre d’antennes pour pouvoir couvrir le réseau. On peut donc douter que les infrastructures de téléphonie mobile puissent un jour équiper les réseaux de millions de capteurs.

Les alternatives:

Le réseau maillé consiste à avoir une série de capteurs qui, s’écoutant les uns les autres, peuvent faire passer les messages d’un voisin vers l’autre. Le but du jeu est de joindre un point A à un point B en passant par le chemin le plus court ou le plus rapide. Ces réseaux peuvent être performants mais sont énergivores car ils nécessitent une écoute quasi permanente du réseau par les capteurs. (Réseau mesh). Des travaux sont tout de même à l’étude pour améliorer les performances, notamment énergétiques (6Tisch et 802.15.5)

Le réseau en étoile via la 0G (versus 2G, 3G ou 4G) fait le pari que nous pouvons faire autrement pour gérer les réseaux de capteurs. La technologie Long Range offre de bonnes performances en terme de portée et permet donc de pouvoir utiliser des réseaux de type étoile.(Réseau Etoile). Seul un récepteur est à l’écoute de sa tribu de capteurs. De cette manière le capteur ne se réveille que lorsqu’il est nécessaire de le faire, simplement si une information est à transmettre.

Inquiétude pour l’avenir économique des États-Unis

Inquiétude pour l’avenir économique des États-Unis

 

 

Dans une interview des échos, Joachim Fels, conseiller économique Monde de Pimco (gros fonds de gestion obligataire)   est assez pessimiste, y compris pour les prochaines années.

Donald Trump est à son tour touché par la Covid-19, quel est l’impact pour l’élection présidentielle américaine ?

Dans les sondages, cela n’a quasiment rien changé. Il faut dire que le taux d’indécis est très faible, plus que lors des dernières élections. Les Américains ont fait leur choix et s’y tiennent. Pour la campagne, cela focalise le débat sur la pandémie et l’échec de l’administration Trump à l’avoir endiguée. C’est ce qui explique la très légère inclination envers Joe Biden ces derniers jours.

Et s’il était trop malade pour être candidat à l’élection présidentielle ?

Il serait alors remplacé par le vice-président, Mike Pence. Ce dernier est un peu mieux placé dans les sondages que Donald Trump, car certains républicains désapprouvent le président actuel et considèrent que son second est un choix plus acceptable. Mais, dans les deux cas, c’est Joe Biden qui est favori.

Avec le vote par correspondance, le risque électoral est élevé, quels sont les différents scénarios ?

Si les deux candidats arrivent au coude-à-coude, des procédures légales seront mises en œuvre pour identifier le gagnant de l’élection. Il faut alors s’attendre à des manifestations et à une certaine volatilité sur les marchés jusqu’au 20 janvier 2021, jour de l’investiture. Si les procédures échouent à déterminer le prochain président, ce qui est peu probable, alors ce sera au Congrès d’élire le président. Attention, pour la Chambre des représentants, il y aura un vote par Etat. Or la majorité des Etats sont républicains. Quant au vice-président, il est élu par le Sénat. On pourrait alors se retrouver avec Donald Trump, président, et Kamala Harris, vice-présidente, bien que cela soit peu probable.

Quelle est la probabilité d’une nouvelle relance fiscale avant la fin de l’année ?

Elle est très faible. Les républicains sont actuellement concentrés sur la nomination à la Cour suprême. Il est toutefois possible, avec une probabilité inférieure à 50%, qu’une relance soit décidée avant le 20 janvier.

Quelles sont les grandes orientations que prendra l’économie en cas de victoire de Joe Biden ?

Cela dépend du résultat des législatives [qui ont lieu le même jour que l’élection présidentielle, le 3 novembre]. En cas de majorité démocrate au Congrès, Joe Biden aura tout le levier pour lancer des grands programmes d’infrastructure écologique, baisser les impôts sur les revenus des classes moyennes et pauvres, les augmenter sur les plus aisés et accroître la régulation. En revanche, si le Congrès ressort bicolore, toutes les mesures de relance seront bloquées, et il faut s’attendre à un nouveau plongeon (double dip) de l’économie américaine. Les marchés d’actions seront pénalisés.

Et en cas de victoire de Donald Trump ?

Les marchés devraient apprécier dans un premier temps. Le président américain reste partisan des baisses d’impôts et de la dérégulation. Mais, dans un second temps, le ton risque de monter avec la Chine, qu’il accuse d’être à la source de la pandémie. Et cette agressivité ne plaira pas aux marchés.

Quelles sont vos prévisions économiques pour les prochains mois ?

La reprise devrait se poursuivre à un rythme plus lent que cet été. Un double dip – sans doute moins sévère que le premier car on sait désormais quelles populations protéger, et comment protéger les salariés – n’est pas à exclure, compte tenu de la deuxième vague de pandémie et les mesures de confinement qui sont mises en place à des niveaux locaux et régionaux. Même si ces mesures sont moins drastiques qu’au printemps dernier, les gens seront réticents à consommer ou à voyager. Bien entendu, les pays seront affectés de façon différente, selon la gravité de l’état sanitaire et des mesures mises en place, comme lors de la première vague. L’Asie, et en particulier la Chine, semble bien plus efficace dans sa capacité à endiguer le virus.

Pensez-vous que le dollar continue de s’affaiblir, sa suprématie est-elle remise en question ?

Si la reprise se poursuit, le billet vert devrait continuer de reculer. Mais en cas de double dip, il se ressaisira immédiatement, comme dans les premiers temps de la pandémie. Cela prouve que, malgré tout, son rôle de safe heaven, ou investissement sûr, reste entier et qu’il n’a finalement rien perdu de son leadership. Aucune devise n’est très attrayante aujourd’hui, mais le dollar est sans doute la moins mauvaise.

Les dettes publiques s’envolent une fois de plus, quelles peuvent être les conséquences ?

Les Etats continuent de s’endetter, mais à un taux extrêmement faible, plus faible que lorsque les dettes étaient bien moins lourdes. Le service de la dette ne pose donc aucun problème, les banques centrales continuent d’acheter des obligations d’Etat et la demande mondiale reste forte pour les actifs sans risque ; il n’y a donc rien à craindre à court terme. Enfin, le secteur privé – foyers et entreprises – a tendance à épargner plus qu’à investir, ce qui permet aussi de financer les Etats. Les dettes publiques peuvent poser un problème lorsque les taux remonteront, mais ce n’est pas près d’arriver. En revanche, l’endettement du secteur privé est bien plus problématique et pourrait mener à des défauts d’entreprises.

Craignez-vous que certains secteurs comme l’aérien ne se remettent jamais tout à fait de la crise ?

Non, une fois qu’il y aura un vaccin, et qu’il sera disponible à grande échelle, alors le trafic reprendra peu à peu, probablement d’ici deux ans.

La crise a encore creusé les inégalités, déjà accentuées depuis 2008, quelles en sont les conséquences ?

Le problème est surtout la montée du populisme, qui peut avoir des effets disruptifs sur la croissance, qu’il s’agisse d’amener des gouvernements d’extrême droite, très protectionnistes, au pouvoir et d’extrême gauche, avec les impôts sur les plus aisés.

Quelles sont aujourd’hui les grandes orientations de Pimco sur les actions ?

Il faut accepter la triste réalité d’être dans un monde de faible retour sur investissement et se préparer à davantage de volatilité, compte tenu des disruptions à venir en économie et en politique. Nous considérons que les actions sont très fortement valorisées. Pour les actions, nous craignons que la hausse de la part des profits dans le PIB depuis plus de trente ans se termine, voire se retourne. Les perspectives de profits des entreprises ne sont pas très encourageantes ; nous observons dans de nombreux pays une hausse des taxes sur le capital, et les gouvernements vont renforcer le travail au détriment du capital.

Et pour les obligations ?

Les rendements obligataires sont très faibles mais pourraient l’être plus encore, il est donc sensé d’avoir une exposition aux obligations d’Etat. Il faut penser aux opportunités globales, tant sur les marchés émergents que sur le marché obligataire. Aujourd’hui, acheter des indices n’est pas une bonne idée, surtout au niveau des obligations d’entreprises, où il faut s’attendre à des défauts.

Quelles empreintes structurelles laissera la crise ?

D’une part, la montée des inégalités conduira aux disruptions politiques et économiques, avec l’avènement de partis extrémistes. Le protectionnisme croissant va conduire à la déglobalisation. La digitalisation conduira à une économie moins intensive en capital, avec une baisse des dépenses d’investissement. Cela entraînera une surabondance d’épargne qui maintiendra les taux d’intérêt à de très faibles niveaux.

 

L’avenir: la zéro G

L’avenir: la zéro G

Le patron de Sigfox, Ludovic Le Moan dans un entretien accordé à La Tribune dit tout le mal qu’il pense de la 5G et explique ce que serait la zéro G.

 

Pourquoi avoir publié votre livre intitulé « Zéro G » en ce début d’année, alors que l’actualité des télécommunications en 2020 est accaparée par l’émergence de la 5G ? Quel message avez-vous voulu faire passer à travers celui-ci ?

Ludovic Le Moan - J’ai voulu écrire ce livre et le nommer de cette façon non pas en prétendant que c’est l’opposé de la 5G. Pour moi, cette technologie consiste à permettre d’avoir plus de capacité haut débit dans des lieux où il y a beaucoup de monde, c’est cela ma définition de la 5G, le reste n’est que de la foutaise. Je ne dis pas qu’il ne faut pas de 5G, mais à l’opposé du spectre, il y a des besoins de frugalité et dans mon livre, je démontre que la zéro G c’est la frugalité. Le secteur des télécommunications pourrait être un domaine de réflexion pour continuer à progresser sans pour autant pousser les curseurs dans le rouge. Je ne suis pas dans la décroissance joyeuse, mais l’idée est d’instaurer une réflexion frugale dans le développement de l’économie.

La zéro G peut être un moyen d’apporter un progrès social, environnemental et dans la souveraineté. Ce dernier aspect est la plus grande menace que la France peut avoir. Si nous laissons quelques années, quand on observe la puissance des GAFA et des Chinois, nous ne sommes pas très loin de devenir demain dépendants de ces deux forces-là. Plus que gagner de l’argent, je démontre comment on peut faire pour avoir une alternative.

Vous venez de l’aborder : ce terme de  »frugalité » revient des dizaines de fois au cours des 170 pages de votre ouvrage. Est-ce un choix volontaire et assumé ? Pourquoi cette insistance ?

La frugalité et la zéro G, pour moi, c’est ni plus ni moins qu’adapter les moyens aux besoins. Ma priorité est celle-ci : répondre à un besoin par le bon moyen. Quand on dit qu’il faut la 5G pour tout le monde, honnêtement je ne suis pas d’accord. Alors que la Terre brûle, je ne me casse pas la tête, après la 4, je fais la 5 en mettant plus de débit parce que cela se vend bien. Les consommateurs mangent cela en achetant les derniers smartphones et écrans. Cela fonctionne depuis la nuit des temps, avec un marketing de plus en plus puissant. Est-ce que c’est que nous voulons ? Pour moi, la réponse est non.

Nous pouvons créer des choses utiles dans le domaine de la santé par exemple, issues d’une réflexion profonde. la zéro G, ,  un réseau mondial bas débit, qui ne consomme quasiment pas d’énergie … »

Faut il croire en la 0G? d’après wi6labs.com/

Regardez tout autour de vous. Je suis quasiment sûr que vous n’allez pas mettre beaucoup de temps à trouver une antenne dédiée à la téléphonie mobile. Cette technologie qui vous oblige à avoir un abonnement et une carte SIM  nécessite d’avoir un grand nombre d’antennes pour pouvoir couvrir le réseau. On peut donc douter que les infrastructures de téléphonie mobile puissent un jour équiper les réseaux de millions de capteurs.

Les alternatives:

Le réseau maillé consiste à avoir une série de capteurs qui, s’écoutant les uns les autres, peuvent faire passer les messages d’un voisin vers l’autre. Le but du jeu est de joindre un point A à un point B en passant par le chemin le plus court ou le plus rapide. Ces réseaux peuvent être performants mais sont énergivores car ils nécessitent une écoute quasi permanente du réseau par les capteurs. (Réseau mesh). Des travaux sont tout de même à l’étude pour améliorer les performances, notamment énergétiques (6Tisch et 802.15.5)

Le réseau en étoile via la 0G (versus 2G, 3G ou 4G) fait le pari que nous pouvons faire autrement pour gérer les réseaux de capteurs. La technologie Long Range offre de bonnes performances en terme de portée et permet donc de pouvoir utiliser des réseaux de type étoile.(Réseau Etoile). Seul un récepteur est à l’écoute de sa tribu de capteurs. De cette manière le capteur ne se réveille que lorsqu’il est nécessaire de le faire, simplement si une information est à transmettre.

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Inondations : deux fois plus en plus fréquentes à l’avenir »

Inondations : deux plus en plus fréquentes à l’avenir »

Le  climatologue Jean Jouzel a déclaré que des épisodes météorologiques comme celui des inondations récentes qui a frappé les vont devenir « de plus en plus fréquents et intenses ». 

Le climatologue et membre du Giec Jean Jouzel explique sur Europe 1 que ces phénomènes sont dus au réchauffement climatique.

 

La Méditerranée restant plus chaude plus longtemps, elle joue en quelque sorte le rôle de carburant dans ce genre d’épisodes extrêmes. Que ce soit les nombreux feux de forêts à travers le monde, un mercure très élevé au mois de septembre, ou dernièrement ces intempéries, « nous avons [ici] une manifestation du réchauffement climatique », affirme Jean Jouzel.

Alors pour éviter que de nouveaux drames humains ne se reproduisent, le climatologue préconise un travail sur le terrain. « Il y a certainement un travail à faire en termes de moyen mis à disposition des secours qui sont toujours assez limités. Mais il y a aussi peut-être des mesures à prendre sur l’écoulement des eaux, ou encore sur la protection des habitations. Il faudrait également analyser les zones à risques, et prendre des mesures par rapport à ça. » Et de conclure : « Je sais que c’est difficile de dire ça, mais ce risque de pluies exceptionnelles ne va pas se calmer, au contraire. »

Economie– Dette : danger ou pas pour l’avenir ?

Economie– Dette : danger ou pas pour l’avenir ?

 

Trois étudiants de Sciences Po Lille répondent dans le Monde à trois jeunes diplômés d’HEC et de Sciences Po Paris s’inquiétant de la dette publique dont ils hériteraient. Cette inquiétude relèverait d’une mauvaise compréhension du rôle et des implications macroéconomiques de la dette. La preuve en tout cas que l’analyse économique n’est pas une science exacte et qu’elle est  aussi sans doute soumise à certaines approches idéologiques et au vent des modes. Notons qu’en dépit de taux très bas la France doit rembourser 40 milliards par an pour environ 2500 milliards d’endettement ( 100% du PIB).

Tribune. C’est par une phrase démontrant une grande méconnaissance de l’Etat que débute la tribune de nos trois camarades (« La génération confinement paiera pour les boomers », par Emmanuel Blézès, Yama Darriet, Charles Mazé, Le Monde du 6 septembre) : « Imaginez qu’on vous demande, à partir de vos 20 ans, de rembourser l’emprunt qui a permis à vos grands-parents d’acheter leur appartement. »

Cette logique comptable, applicable à juste titre au cas du ménage ou de l’entreprise mais pas à l’Etat, fait de lui un agent économique comme un autre, un « bon père de famille » qui doit s’endetter le moins possible.

Or la logique économique de l’Etat est tout autre, il n’a pas la même nature – là où les revenus d’un ménage déterminent ce qu’il peut dépenser, le monopole fiscal de l’Etat lui permet d’anticiper ses revenus futurs, et ses dépenses contribuent indirectement à la constitution de ses propres revenus −, ni les mêmes finalités –, ses leviers macroéconomiques doivent lui permettre de servir l’intérêt commun −, ni le même horizon temporel.

Ce dernier, chez les entreprises et les ménages, est limité à celui des individus qui les composent : c’est un horizon temporel fini. Or, dans le cas de l’Etat, il est théoriquement infini, une dette publique arrivant à son terme peut être remboursée en en contractant une autre sans crainte que l’Etat disparaisse entre-temps et fasse défaut, diminuant ainsi son impératif de remboursement.

En réalité, l’idée reçue courante selon laquelle les générations futures paieront pour les précédentes est fausse, et ce pour au moins deux raisons.

D’abord, l’Etat s’endette sur les marchés financiers en faisant « courir » ses créances : le remboursement de celles-ci n’incombera pas aux « générations futures » qui – luxe de ce bijou macroéconomique qu’est l’Etat – ne feront que contracter de nouvelles dettes pour rembourser les précédentes. Les contribuables de demain, comme ceux d’aujourd’hui, ne paieront, par l’intermédiaire du budget de l’Etat, que les intérêts de ces créances. »

Dette : danger ou pas pour l’avenir

Dette : danger ou pas pour l’avenir

 

Trois étudiants de Sciences Po Lille répondent dans le Monde à trois jeunes diplômés d’HEC et de Sciences Po Paris s’inquiétant de la dette publique dont ils hériteraient. Cette inquiétude relève d’une mauvaise compréhension du rôle et des implications macroéconomiques de la dette. La preuve en tout cas que l’analyse économique n’est pas une science exacte et qu’elle est  aussi sans doute soumise à certaines approches idéologiques.

Tribune. C’est par une phrase démontrant une grande méconnaissance de l’Etat que débute la tribune de nos trois camarades (« La génération confinement paiera pour les boomers », par Emmanuel Blézès, Yama Darriet, Charles Mazé, Le Monde du 6 septembre) : « Imaginez qu’on vous demande, à partir de vos 20 ans, de rembourser l’emprunt qui a permis à vos grands-parents d’acheter leur appartement. »

Cette logique comptable, applicable à juste titre au cas du ménage ou de l’entreprise mais pas à l’Etat, fait de lui un agent économique comme un autre, un « bon père de famille » qui doit s’endetter le moins possible.

Or la logique économique de l’Etat est tout autre, il n’a pas la même nature – là où les revenus d’un ménage déterminent ce qu’il peut dépenser, le monopole fiscal de l’Etat lui permet d’anticiper ses revenus futurs, et ses dépenses contribuent indirectement à la constitution de ses propres revenus −, ni les mêmes finalités –, ses leviers macroéconomiques doivent lui permettre de servir l’intérêt commun −, ni le même horizon temporel.

Ce dernier, chez les entreprises et les ménages, est limité à celui des individus qui les composent : c’est un horizon temporel fini. Or, dans le cas de l’Etat, il est théoriquement infini, une dette publique arrivant à son terme peut être remboursée en en contractant une autre sans crainte que l’Etat disparaisse entre-temps et fasse défaut, diminuant ainsi son impératif de remboursement.

En réalité, l’idée reçue courante selon laquelle les générations futures paieront pour les précédentes est fausse, et ce pour au moins deux raisons.

D’abord, l’Etat s’endette sur les marchés financiers en faisant « courir » ses créances : le remboursement de celles-ci n’incombera pas aux « générations futures » qui – luxe de ce bijou macroéconomique qu’est l’Etat – ne feront que contracter de nouvelles dettes pour rembourser les précédentes. Les contribuables de demain, comme ceux d’aujourd’hui, ne paieront, par l’intermédiaire du budget de l’Etat, que les intérêts de ces créances.

Liban: l’avenir et le Hezbollah

Liban: l’avenir et le  Hezbollah

Rien ne pourra se faire sans le  Hezbollah estime dans l’Opinion Fadi Assaf est le fondateur de Middle East Strategic Perspectives (mesp.me), cabinet de conseil spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient et basé à Beyrouth.

« Parti organiquement lié aux Gardiens de la révolution iranienne, le Hezbollah assume plus que jamais sa dimension régionale voire globale, le Liban devenant pour lui un simple « tremplin géopolitique ». Plus qu’une base arrière, le mouvement politico-religieux utilise les ressources nationales (géographique, financière, démographique, etc.) du Pays du Cèdre pour poursuivre ses objectifs régionaux et globaux pour le compte de l’Iran.

Vu la faiblesse de ses rivaux, il représente la partie la plus forte et la mieux organisée sur le plan intérieur, et donc celle qui impose son tempo aux autres partis/factions/confessions et aux partenaires internationaux et régionaux. Le Hezbollah, dans le cadre de son agenda régional, veut monopoliser les cartes gagnantes en vue de négocier le moment venu son statut d’interlocuteur et d’acteur qui compte.

Espère-t-il reprendre le rôle de « stabilisateur ​» qu’était celui de l’ex-président Hafez el-Assad au Liban et en Syrie ? On est loin aujourd’hui d’une pax iranica, mais sur la scène libanaise, le Hezbollah pense pouvoir négocier un rôle dominant avec les puissances extérieures et imposer de facto son agenda. Il sait que la France, malgré son engagement aux côtés du Liban (cent ans d’existence) et ses priorités géopolitiques du moment (comme contenir l’offensive turque en Méditerranée et au Levant), doit réengager à ses côtés les Etats-Unis et d’autres acteurs internationaux et régionaux qui comptent. Le Hezbollah sait que la France a besoin de lui au Liban. Il peut en abuser.

Aux prises avec les ambitions régionales du mouvement politico-religieux, le Liban vit simultanément une série de crises profondes qui menacent son existence en tant qu’Etat et en tant que nation. Si officiellement ses frontières ne bougent pas, les faits montrent le contraire avec d’une part, l’installation durable du Hezbollah « libanais » en Syrie, et d’autre part, le déplacement massif de populations syriennes vers le Liban.

 

La géopolitique du pays du Cèdre change profondément tout comme sa démographie, son rôle historique, sa vocation de point de rencontre entre Orient et Occident, sa fonction de refuge des minorités.

Le Liban devient une ligne de démarcation entre divers belligérants et une ligne de frictions entre divers acteurs régionaux et internationaux aux ambitions conflictuelles. Le poids du Hezbollah est devenu dominant en raison de la place qu’est la sienne sur l’axe iranien, allant de Téhéran à Beyrouth.

Le Hezbollah domine la scène politique sans chercher officiellement à monopoliser le pouvoir tant qu’il arrive à disposer des « ressources ​» du pays sans en assumer officiellement la responsabilité

Ses alliés politiques libanais, dont les Chrétiens du Courant Patriotique Libre et le parti chiite Amal, s’accommodent de leur rôle politique d’appoint et ne contestent pas de facto son agenda extérieur dès lors qu’il leur offre une « légitimité » nationale. Même la présence du leader sunnite Saad Hariri, patron du Courant du Futur, à la tête du gouvernement a longtemps servi ses ambitions. Le Hezbollah domine la scène politique sans chercher officiellement à monopoliser le pouvoir et sans chercher non plus à modifier la Constitution tant qu’il arrive à disposer des « ressources ​» du pays sans en assumer officiellement la responsabilité.

Les crises qui se succèdent sont le résultat d’un système politique hybride, ou plutôt bâtard, où il domine manu militari la scène nationale sans en assumer la responsabilité vis-à-vis des autres parties libanaises et de la communauté internationale.

. Le Liban a besoin de se réformer en profondeur. Mais cela ne sera pas possible tant que les donneurs d’ordre n’y voient pas d’intérêt immédiat. Au contraire, les réformes accomplies sous pression extérieure risquent de mettre en péril le rôle de « back-office » que le Hezbollah et les Pasdarans attribuent au Liban dans le cadre de leur agenda régional et global.

En attendant la tenue de l’élection présidentielle américaine et d’éventuels arrangements politiques sur la Syrie et d’autres conflits du Moyen-Orient, le Liban continuera de vivre une succession de crises. Celles-ci témoignent de la déliquescence de l’Etat et de l’absence de projet national alternatif.

La rue est excédée mais sa marge de manœuvre est réduite. L’opposition est déterminée mais elle manque de vision claire et d’unité. Les soutiens extérieurs répondent à des urgences pour éviter un effondrement chaotique dont on s’approche inéluctablement. Un véritable plan de relance économique, sur le modèle du plan Cèdre avec l’encadrement du FMI, ne peut se concrétiser ou porter ses fruits en l’absence de réformes profondes et donc en l’absence de volonté politique des décideurs…

Le pouvoir politique, discrédité, refuse de céder car il y va de sa survie

Le Président Emmanuel Macron s’est fixé jusqu’au 1er septembre pour décider de la suite à donner à son initiative qui comprend deux volets : un nouveau pacte politique entre Libanais et un plan de relance économique global. Mais le pouvoir politique, discrédité, refuse de céder car il y va de sa survie. Il y va surtout de l’unité du camp gravitant dans l’orbite de l’Iran et qui fait encore monter les enchères avant, éventuellement, de passer à la table des négociations.

Sursis. Entre-temps, Macron tente de convaincre ses alliés arabes (Abu Dhabi, Riyad et Le Caire notamment) de revenir sur la scène libanaise et ses partenaires internationaux (Trump, Merkel, Johnson etc.) de se mobiliser. Les négociations les plus difficiles se feront avec l’Iran et peut-être aussi avec la Russie.

La bonne allocation des aides d’urgence, après la catastrophe de l’explosion au port de Beyrouth, constitue une première étape sur la voie d’un plan de consolidation et de relance plus global. Encore faut-il que la classe politique libanaise, déstabilisée par la rue, prenne conscience de la menace qui pèse désormais sur la stabilité du pays et sur la pérennité de l’Etat. Encore faut-il aussi que les aides fournies en urgence ne finissent pas par offrir un sursis au pouvoir actuel…

Les dirigeants doivent impérativement faire preuve de responsabilité et de modestie, et le Hezbollah qui se tient derrière ce gouvernement et ce pouvoir doit impérativement lâcher du lest pour permettre une normalisation progressive de la vie politique nationale et ouvrir la voir à une coopération constructive entre le Liban et la communauté internationale. Le timing est délicat, et le Hezbollah pense pouvoir encore manœuvrer au détriment des priorités des Libanais. »

Fadi Assaf est le fondateur de Middle East Strategic Perspectives (mesp.me), cabinet de conseil spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient et basé à Beyrouth.​

Une ferme hors sol à Paris : l’avenir de l’agriculture ?

Une ferme hors sol à Paris : l’avenir de l’agriculture ?

Un peu plus d’un hectare d’une terrasse du parc des expositions de la porte de Versailles à Paris va être transformé en ferme urbaine. Une ferme du futur paraît-il ! En fait,  une ferme où  les légumes seront cultivés comme les fruits, hors-sol et gavés de produits chimiques, d’engrais et d’eau. L’avenir de l’agriculture écologique urbaine d’après certains médias. Pour gagner du temps, on pourrait conseiller à ceux qui initient cet agriculture chimique de se passer de la phase de plantation et de croissance des plantes. On pourrait directement passer à la phase de fabrication des produits de synthèse comme  les tomates, les fraises, ces fruits et légumes sans saveur, déjà sans valeur nutritive. Il y a sans doute des, progrès à faire encore en matière de réflexion sur les conditions de développement de l’agriculture surtout biologique et sur le caractère ésotérique d’une agriculture urbaine non seulement illusoire mais en plus dangereuse. Gérée par l’entreprise d’agriculture urbaine Agripolis, via sa filiale ad hoc Nature urbaine, la ferme, qui aujourd’hui occupe 4.000 mètres carrés, est destinée à couvrir quasiment toute la terrasse et ainsi à devenir l’une des plus grandes d’Europe. Tomates, fraises, blettes, sauge, menthe, coriandre… une quinzaine de fruits et légumes vont y pousser hors sol. Nature urbaine espère atteindre une production, en période de pointe, de quelques centaines de kilos par jour. Pour sa taille, le projet a donc une importante valeur de démonstrateur, explique Pascal Hardy, fondateur d’Agripolis.

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