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«Affaibli par le coronavirus, Boris Johnson joue la montre sur le <brexit »

«Affaibli par le  coronavirus, Boris Johnson joue la montre sur le <brexit »

Lord Peter Ricketts est l’ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Fra nce (2012 à 2016). Au titre de membre non-politique (cross bench), comme tous les anciens hauts fonctionnaires britanniques et personnalités civiles, il siège aujourd’hui à la Chambre des Lords notamment à la commission des affaires européennes. (interview l’Opinion)

Comment analysez-vous le blocage actuel des négociations post-Brexit ?

Il y a des niveaux de détails très différents entre les deux parties. Le texte de négociation de la Commission européenne est très précis et très clair comparé au texte britannique. Celui-ci est très général, très incertain, car dessinant davantage une ambition que des détails pratiques. Je ne ressens pas de dynamique vers un accord, surtout pas du côté du Royaume-Uni. J’ai surtout l’impression que le gouvernement de Boris Johnson cherche à augmenter la pression sur les Européens, notamment en matière de timing, pour arracher de leur part des concessions sur les points de principe comme son refus de reconnaître la compétence de la Cour de justice européenne, la question des droits de l’Homme, etc. Pour l’instant, la position est de rester ferme sur les lignes rouges en espérant obliger l’Union européenne à bouger.

Que vous inspire cette tactique ?

J’ai beaucoup de doutes. J’ai le sentiment que du côté des brexiters, on fait le calcul que, même si le Royaume-Uni n’arrive pas à un accord à la fin de la période de transition, la crise de la Covid masquera l’impact économique supplémentaire d’un « no deal » et d’une sortie tumultueuse. Ce qui ne serait pas très responsable à mes yeux…

Le fait que l’Allemagne, plus présente économiquement en Grande-Bretagne et moins concernée par les questions de pêche, s’apprête à prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne à compter du 1er juillet n’influe-t-il pas aussi sur l’attitude de Boris Johnson?

L’histoire montre que les Britanniques ont tendance à surestimer la capacité de Mme Merkel à trouver une solution plus profitable pour eux. Cela s’est produit par le passé, cela n’a pas toujours marché. Le gouvernement essaie surtout de retarder l’échéance au-delà du rendez-vous convenu du mois de juin, pour se retrouver en octobre à la dernière minute sous la présidence allemande, dans l’espoir de gagner plus de flexibilité du côté des Européens et d’arriver à un accord le plus avantageux possible. Cela fait aussi partie du calcul.

«Ce qui me préoccupe beaucoup, ce sont les questions sécuritaires et de coopération judiciaire. Si on ne négocie pas un accord détaillé pour avoir accès aux bases de données, aux systèmes d’information et d’alerte, à Europol, on va se retrouver exclu de tous ces instruments»

Cela signifierait que le Premier ministre britannique, Boris Johnson, maintiendrait son refus prévisible de demander, à la date du 1er juillet, une prolongation des négociations…

Je le présume : il n’y a aucun signe qui prouve un changement de position. Je ne m’attends pas à ce que soit demandée une prolongation des négociations. C’est ce que devrait dire Boris Johnson à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, et à Charles Michel, le président du Conseil européen, lors de sa prochaine visite à Bruxelles. C’est un rendez-vous de haut niveau qui était convenu depuis longtemps afin de faire le point sur les négociations et de décider ou non de la prolongation de la période de transition. A priori, pour Londres, il n’est pas question de continuer les discussions au-delà du délai prévu. L’idée serait donc de se retrouver en octobre pour un rendez-vous de dernière minute dans l’espoir d’arracher des concessions. C’est d’ailleurs l’inverse qui pourrait se passer ! On a vu, l’an dernier, lors de la signature de l’accord de sortie, qu’un accord à l’arraché était possible avec des concessions considérables de la part de Boris Johnson – notamment sur le dossier nord-irlandais – tout en présentant cela comme une victoire à l’opinion publique, via une communication très agressive. »

 

 

Brexit : Londres joue l’affrontement

Brexit : Londres joue  l’affrontement

 

Il est clair que la bataille sera très dure concernant l’élaboration des futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et Bruxelles. D’un côté, Londres voudrait pouvoir accéder quasi librement marcher européen notamment comme porte d’entrée principale des importations européennes mais sans les contraintes réglementaires notamment fiscales, sociales, environnementales. De son côté, l’union européenne refuse ce statut particulier qui donnerait les avantages de l’union européenne sans en avoir les inconvénients. Le président de la république française a douté que les négociations puissent aboutir comme prévu et  qu’il ne sera sans doute pas possible de se mettre d’accord ici un an. À l’inverse, la Grande-Bretagne affirme que tout doit être bouclé en six mois sinon qu’elle reprendra sa liberté. Bien entendu pour l’instant on est dans une période d’affrontement diplomatique mais il paraît peu vraisemblable qu’il soit possible de donner au Royaume-Uni le même statut que dans l’accord avec le Canada. Cela en raison de la proximité de la Grande-Bretagne avec l’union européenne et de ses liens économiques relativement serrés

Dans le calendrier tel que défini par le mandat de négociation britannique, Londres et Bruxelles auraient jusqu’à juin pour parvenir à l’”esquisse sommaire d’un accord”, lequel serait finalisé d’ici septembre. A défaut, le Royaume-Uni est disposé à passer à des relations largement fondées sur les règles générales de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Londres comme Bruxelles affichent leur volonté de conclure un accord d’ici le 31 décembre de sorte que les échanges commerciaux soient le moins pénalisés, même s’il y aura nécessairement des contrôles supplémentaires, et que les arrangements sur des domaines particuliers comme l’aviation puissent s’appliquer sans accrocs.

Mais alors que les premières négociations sur l’après-transition doivent débuter lundi à Bruxelles, les deux camps ne se sont même pas accordés sur le format de ces discussions.

Les Européens, qui s’attendent à des négociations “très difficiles”, ont prévenu cette semaine qu’elles seraient vouées à l’échec si Londres ne prend pas les mesures nécessaires pour sécuriser son unique et nouvelle frontière terrestre avec l’UE, qui sépare l’île d’Irlande. Bruxelles affirme que les Britanniques s’y sont engagés.

On sait depuis des mois que l’une des difficultés majeures de la négociation portera sur le respect de règles du jeu équitables que Bruxelles réclame pour éviter tout déséquilibre concurrentiel en matière de normes environnementales, de droit du travail ou de subventions publiques.

Les Européens veulent que les Britanniques s’engagent juridiquement à respecter ces règles. Londres réplique que ce n’est pas nécessaire puisque le Royaume-Uni est précisément en train de reprendre le contrôle de sa législation et ajoute que ce respect des règles ne figure pas dans d’autres accords commerciaux conclus par l’UE avec des pays tiers.

La pêche pourrait aussi poser de gros problèmes. “Nous ne lierons pas l’accès à nos eaux de pêche à l’accès aux marchés européens”, a prévenu Michael Gove. Le mandat confié aux négociateurs souligne que le Royaume-Uni est un “Etat côtier indépendant” et réclame un accord séparé sur la pêche avec révision annuelle des quotas autorisés de prises.

En matière de défense aussi, la négociation s’annonce serrée. Puissance nucléaire disposant d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies et bénéficiant d’une coopération particulière avec le renseignement américain via le réseau d’espionnage Five Eyes, la Grande-Bretagne était un pilier de la défense européenne.

Et Londres sait combien les Européens souhaitent conclure un traité de défense et de sécurité. “La Grande-Bretagne identifie correctement ce sujet comme étant dans notre intérêt et elle se fait désirer”, souligne un diplomate européen à Bruxelles.

A l’inverse, les Britanniques, soucieux de préserver les intérêts de la City de Londres, réclament des obligations “juridiquement contraignantes” en terme d’accès durable au marché financier européen quand les Européens ne parlent à ce stade que d’une coopération “volontaire”.

GB: Johnson augmente le salaire minimum de 6,2% et joue la baisse de la livre

GB: Johnson augmente le salaire minimum de 6,2% et joue la baisse de la livre

Un gros coup de pouce au SMIC britannique de 6,2 % décidés par Boris Johnson qui n’est pas sans arrière-pensée politique. De quoi satisfaire les milieux populaires et d’enfoncer un parti travailliste déjà mal en point. Le problème c’est que cela risque d’affecter sérieusement la compétitivité et de peser sur la monnaie. Justement ce que souhaite Boris  Johnson sans le dire: obtenir une forte dévaluation de la livre pour favoriser la compétitivité à terme. Une sorte de fuite en avant qui consiste à s’affranchir de toute contrainte budgétaire, d’investir,  de relever les salaires et  provoquer  un choc de dévaluation compétitive. Le gouvernement britannique mené par Boris Johnson a en effet  annoncé mardi une forte hausse du salaire minimum à partir d’avril, après sa large victoire électorale remportée grâce à de fortes progressions dans les régions défavorisées favorables au Brexit, une annonce qui suscite l’inquiétude du patronat.

Le salaire minimum pour les employés de plus de 25 ans va augmenter de 6,2% au 1er avril pour passer à 8,72 livres de l’heure, a indiqué le Trésor. Cela constitue «la plus forte augmentation en valeur» depuis la création en 2016 du salaire minimum sous sa forme actuelle, touché par 2,8 millions de Britanniques, a insisté Boris Johnson, cité dans un communiqué.

La hausse annoncée représente quatre fois le taux annuel d’inflation de novembre (1,5%). Elle intervient alors que le pouvoir d’achat a été mis sous pression par l’accélération de la hausse des prix après le référendum du Brexit en 2016, qui a pesé sur la monnaie britannique. La tendance s’est modérée ces derniers mois. Cette annonce intervient moins de trois semaines après les élections législatives au Royaume-Uni qui ont abouti à la plus forte majorité parlementaire pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher dans les années 1980.

Le parti de Boris Johnson a ravi des sièges détenus depuis des décennies par les travaillistes dans le centre et le nord de l’Angleterre, dans des régions autrefois ouvrières et défavorisées, très majoritairement favorables au Brexit. Soucieux de faire oublier l’austérité appliquée par son parti depuis 10 ans et face à un Labour très à gauche, le Premier ministre a promis en campagne d’importantes dépenses dans les services publics de santé et la police, des investissements dans les infrastructures et des gestes pour les plus démunis. L’annonce de mardi a été critiquée par les Chambres de commerce britanniques, leur co-directrice générale Hannah Essex s’inquiétant d’une mesure qui va peser sur les finances des entreprises à «une période de grande incertitude économique» et appelant le gouvernement à en compenser le coût.

 

Brexit: Boris Johnson joue au poker menteur

Brexit: Boris Johnson joue au poker menteur

 

Alors que les négociations sont pratiquement toujours au point mort entre Boris Johnson et l’union européenne, le Premier ministre britannique ne cesse de claironner qu’il est en capacité d’arracher un nouvel accord et qu’il ne demandera jamais un report de la date du Brexit. Il s’agit évidemment de la part de Boris Johnson d’un poker menteur pour se positionner favorablement dans l’électorat britannique. Il veut faire porter le chapeau de l’échec des négociations à l’union européenne, montrer qu’il est le meilleur défenseur des intérêts du Royaume-Uni et provoquer des élections internes qui lui permettent de disposer d’une majorité qui aujourd’hui lui fait défaut. Le problème c’est que juridiquement et politiquement Boris Johnson est ficelé par son parlement (actuellement mis en congé !).

Il ne peut pas décider d’un Brexit  dur sans accord et ne peut pas non plus pour l’instant décider de nouvelles élections. Bref pour l’instant Boris Johnson fait surtout du Trump avec des déclarations un peu surréalistes. Pourtant pour l’union économique estime Londres n’a pas encore proposé de solution satisfaisante pour un nouvel accord sur le Brexit, a annoncé lundi la Commission à l’issue d’une rencontre entre le président de l’exécutif européen Jean-Claude Juncker et le Premier ministre britannique Boris Johnson à Luxembourg.

« Le président Juncker a rappelé qu’il était de la responsabilité du Royaume-Uni d’apporter des solutions juridiquement opérationnelles qui soient compatibles avec l’accord de retrait », a indiqué la Commission dans un communiqué.

« Le président Juncker a souligné la disposition de la Commission à examiner si de telles propositions remplissent les objectifs du backstop (filet de sécurité irlandais, NDLR). De telles propositions n’ont pas encore été faites ».

De son côté, le Premier ministre britannique a à nouveau affirmé qu’il n’y aurait pas de report du Brexit et que son pays sortirait bien de l’Union européenne le 31 octobre prochain. 

Loi «anticasseurs» : Macron joue le rôle de la majorité et de l’opposition

Loi «anticasseurs» : Macron joue le rôle de la majorité et de l’opposition

 

Macron avait déjà joué sur le registre ni droite ni gauche maintenant avec la loi anticasseurs il s’est essaye dans la posture ni majorité, ni opposition. Une situation assez inédite. En fait la loi anticasseurs émane évidemment de la majorité avec l’aval du gouvernement. Paradoxalement c’est macron qui saisit le conseil constitutionnel pour vérifier la fiabilité juridique du texte. Macron se met ainsi en position de ramasser la mise pour le cas où le conseil constitutionnel serait amené à rejeter certaines parties du texte comme par exemple la disposition très controversée d’arrestation préalable des manifestants. En fait, Macron coupe un peu l’air sous le pied de l’opposition qui elle aussi en appelle au conseil constitutionnel. Un conseil dit de sages qui est en fait est  un organe très politisé et qui recycle d’anciens responsables politiquement très marqués comme on l’a vu avec l’entrée récente de Juppé, aussi la présence d’ancien présidents de la république. Bref une caractéristique très française puisque dans la plupart des pays européens,  le conseil constitutionnel ou son équivalent est essentiellement composé de juristes. En France aucune exigence n’est posée en matière de connaissances juridiques et on n’y place des politiques nommées par le président de la république, par le président du Sénat et par le président de l’assemblée nationale. En fait, un conseil constitutionnel pas très indépendant et juridiquement pas très compétent. Mais la république se donne ainsi l’illusion d’un organe suprême disposant d’une autorité quasi divine. Bref un appendice original assez conforme à cette monarchie républicaine.  Macron donc a finalement décidé de saisir le Conseil constitutionnel, comme l’a indiqué lundi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Un moyen pour le président de rassurer et ressouder sa majorité. L’initiative, de ce côté, est d’ailleurs saluée. «Le président est dans son rôle», affirme au Figaro François Patriat, président du groupe LREM au Sénat. «En matière de liberté publique, Emmanuel Macron a raison de se poser en questionneur». «C’est une excellente décision», renchérit Philippe Bas président LR de la Commission des lois du Sénat. «Je m’étais déjà interrogé sur ce texte, car l’Assemblée est allée assez loin, en particulier dans ses ajouts à l’article 2», poursuit-il.

Pour Bruno Retailleau, invité de Sud Radio, cette attitude traduit «un manque de confiance vis-à-vis de son premier ministre et de son gouvernement». «Il en appelle au Conseil constitutionnel pour que ce dernier tranche contre ce qu’a décidé son gouvernement et sa propre majorité, les bras m’en tombent!», s’étouffe-t-il. «On se demande bien à quoi il joue», tempête quant à lui le sénateur LR de Moselle François Grosdidier, sur France Inter. «Il interfère dans le processus législatif, c’est inhabituel. Et sur le plan politique, ça brouille totalement le message de fermeté. Il fait un pas à droite, un pas à gauche…».  À gauche, en revanche, on pointe du doigt, une volonté de «court-circuiter» l’opposition, qui avait déjà dévoilé son intention de saisir le Conseil constitutionnel. «Emmanuel Macron savait que la gauche en avait l’intention, analyse-t-on au Sénat. «Cela relativise son initiative…» Pour Luc Carvounas, député PS du Val-de-Marne, le président cherche à «noyer le poisson après les récentes déclarations inquiètes du conseil de l’Europe et de l’ONU sur les manifestations et leurs débordements». «Le Conseil constitutionnel vient d’être renouvelé, continue la parlementaire. Je serais étonné que le nouveau Conseil constitutionnel pose un avis négatif à l’égard de la politique du président comme premier acte».

Brexit : le gouvernement britannique joue la montre

Brexit : le gouvernement britannique joue la montre

Le conflit entre les autorités britanniques et Bruxelles demeurent. Du côté britannique,  on se refuse à une rupture avec l’union européenne qui entraînerait le paiement de sa dette (40 milliards pour le Royaume-Uni mais une estimation de 60 à 100 milliards pour Bruxelles). Pour Londres,   de questions fondamentales sont liés la dette du Royaume-Uni et doivent êtres  associées au résultat des négociations commerciales concernant les futurs échanges entre les deux zones économiques. Pour Bruxelles,  ces deux  questions doivent  être dissociées : le Royaume-Uni doit payer le prix de sa rupture avec l’union économique et ensuite seulement peuvent être engagé des négociations commerciales. Reste aussi la question de la libre circulation des citoyens européens. La négociation pour l’instant s’enlise dans les atermoiements de Londres qui finalement s’accommoderait bien d’une période de transition pour jouer sur les deux tableaux ; à savoir  retarder le paiement de la dette tout en continuant à  bénéficier  le plus longtemps possible des conditions actuelles d’échange commercial entre les deux zones. Le gouvernement de Theresa May doit présenter cette semaine cinq nouvelles propositions pour dessiner les futurs liens entre Londres et Bruxelles, y compris concernant la manière de résoudre d’éventuels conflits sans  »une compétence directe de la Cour de justice de l’Union européenne » (CEJ), a déclaré David Davis, ministre britannique du Brexit. Ce dernier a demandé à l’Union européenne de faire preuve de souplesse en vue de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Je crois fortement que les premiers tours de table ont déjà démontré que de nombreuses questions liées à notre retrait étaient inextricablement liées avec nos futures relations », explique-t-il dans le Sunday Times. « Les deux camps doivent avancer rapidement vers la négociation sur notre futur partenariat et nous souhaitons que cela ait lieu après le Conseil européen en octobre », ajoute-t-il. Les Européens continuent de faire valoir qu’ils souhaitent que des « progrès suffisants » soient accomplis dans la première phase des pourparlers sur les droits des expatriés, les frontières avec l’Irlande et la compensation financière attendue de Londres avant d’aborder le problème des relations à venir. Les dirigeants britanniques font, eux, valoir que la question de la frontière avec l’Irlande et celle des droits dus par Londres ne peuvent pas être réglées tant que ne sont pas discutés les termes des futures relations.

Marine Le Pen joue de la « Trumpette »

Marine Le Pen joue de la « Trumpette »

 

Pas étonnant que Marine Le Pen  manifeste une telle admiration à l’égard de Donald Trump. Elle emploie la même méthode : « plus c’est gros, plus ça passe ». En outre la grossièreté rivalise avec la vulgarité, la démagogie avec le mensonge. Ce sont aussi les mêmes les attaques contre les médias, la justice et aussi le système. Un système dont ils sont pourtant issus en tant que millionnaire et milliardaire. En vérité de curieux candidats du peuple, sans doute le peuple des attardés, des réactionnaires  aussi des xénophobes. D’une certaine manière avec Marine Le Pen, c’est bien  le triomphe de l’ignorance et  du racisme. La conséquence d’une incompréhension totale des mutations en cours très complexe qui affectent  les domaines économiques, sociaux, technologiques et environnementaux. Du coup par paresse autant que par ignorance, nombre de Français adhèrent à l’analyse simpliste et caricaturale de Marine Le Pen qui promet tout à tout le monde. Une sorte de cocktail de mesures d’extrême-gauche, de socialisme, d’étatisme, de nationalisme et de xénophobie. Un breuvage imbuvable et mortifère mais qui plaît à une partie des électeurs qui font l’impasse sur l’analyse économique et les contradictions d’un programme qui conduira à la ruine du pays. Pas étonnant une étude du groupe Allianz a démontré que les Français occupaient la 19e place en Europe en matière de connaissances économiques et financières, y compris d’ailleurs pour la gestion de leurs finances personnelles. C’est d’ailleurs le drame de ce pays dans lequel les élus  politiques entretiennent des relations ésotériques avec l’économie. Et pour cause,  la plupart sont des professionnels de la politique et ignorent tout des réalités du monde de la production. D’une certaine manière ces politiques sont aussi à l’image d’une partie de l’électorat qui depuis 35 ans prête une oreille attentive aux promesses les plus illusoires. Rappelons-nous de l’époque Mitterrand qui a voulu faire une politique de relance par la demande et qui rapidement confrontée aux réalités a été contraint d’engager une politique d’austérité au bout de deux ans. Même chose pour les présidents qui ont suivi. Mais les contradictions et l’inefficacité de la droite comme de la gauche ne sauraient  cependant justifier le suicide économique vers lequel se précipitent certains Français avec le vote pour Marine Le Pen. Marine Le Pen est en effet toujours largement en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle et son retard par rapport à ses principaux concurrents pour le second tour diminue, Pour l’instant rien n’affecte l’électorat de Marine Le Pen, ni les affaires du Front national, ni les mensonges, ni les risques de suicide économique et social du pays. Cet électorat est malheureusement borné et Marine Le Pen comme Trump peut instrumentaliser à sa guise les peurs et la stupidité de partisans aveugles, sourds et primaires pour la plupart.

Emploi : Gattaz joue les Cassandre

Emploi : Gattaz joue les Cassandre  

 

 

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que la politique de communication de Gattaz président  du Medef est pour le moins contradictoire. Il y a encore peu de temps il promettait la création d’un million d’emplois contre des allégements fiscaux dont certains ont été obtenus dans le cadre du CIC.E. et du pacte de responsabilité. Gattaz a ensuite milité pour une modernisation du droit du travail. Loi du travail qu’officiellement il rejette aujourd’hui considérant qu’elle n’apporte pratiquement rien et qu’elle ne créera pas d’emplois. Une position finalement assez proche de celle des frondeurs ou de la CGT. Le président du Medef revient en dans Le Parisien sur les conséquences sur l’emploi du projet de loi Travail. Le patron des patrons douche les espoirs de voir le nombre de demandeurs d’emploi reculer considérablement. Dans un entretien au Parisien de ce jeudi 7 juillet, en affirme que le texte ne créera pas d’emploi. Le gouvernement s’est complètement « loupé dans ce domaine », juge-t-il. Il est aussi irresponsable d’affirmer que cette loi  ne créera pas d’emplois que l’inverse. Il y a d’abord des problèmes méthodologiques liés à l’impossibilité d’évaluer sur la même période une mesure économique (comparaison d’une période avec loi travail et de la même période sans loi travail). Certes la loi travail ne constitue pas sans doute la martingale qui permettra de retrouver croissance et emploi pour plusieurs raisons. D’abord les décrets ne sont pas pour demain car il faudra attendre les dizaines et dizaines de textes d’application qui prendront effet entre 2017 et 2020. Ensuite il faudra aussi évaluer l’impact d’une modification de la décentralisation de la négociation sociale sur le dynamisme d’une entreprise. Un exercice difficile car la dynamique de développement d’une entreprise et souvent liée à plusieurs facteurs explicatifs. On comprend que le Medef souhaite encore davantage d’allégements fiscaux qui plombent la compétitivité mais la dialectique contradictoire du Medef ne contribue guère à une dynamique positive. D’une certaine manière le Medef adapte une stratégie assez comparable à celle de la CGT avec une posture d’opposant systématique. Une stratégie plus adaptée aux années 50 qu’au XXIe siècle. Pas étonnant que nombre d’entreprises surtout de PME ne se retrouve pas trop dans ce discours contradictoire et manichéen. Sans doute aussi une réaction épidermique vis-à-vis du compte de pénibilité juste et légitime mais à peu près impossible à mettre en œuvre au niveau d’une entreprise. De ce point de vue il aurait sans doute été préférable d’en confier la gestion à l’Etat en confiant l’individualisation de la pénibilité à la médecine du travail.

 

Hausse des taux : la Fed joue à se faire peur

Hausse des taux : la  Fed joue à se faire peur

 

Nouvelle réunion de la FED où l’on a annoncé que les taux actuels seront maintenus mais qu’ils pourraient être revus à la hausse plus tard. En fait au lieu de rassurer (et de se rassurer) la FED joue à se faire peur. Un jeu dangereux car on se plaint aux Etats Unis du niveau trop élevé du dollar et la hausse des taux aurait un effet immédiat sur une nouvelle remontée de la monnaie américaine. D’autant que pendant ce temps là la plupart des grandes banques centrales, elles maintiennent des taux bas ou les diminuent (En Chine par exemple et bientôt ,peut être en Europe). La Réserve fédérale américaine a, comme attendu, laissé mercredi ses taux directeurs inchangés mais elle a nuancé les risques internationaux menaçant l’économie des Etats-Unis et a explicitement laissé la porte ouverte à un resserrement de sa politique monétaire lors de sa prochaine réunion en décembre. A l’issue d’une réunion de deux jours de son comité de politique monétaire, la Fed a déclaré qu’elle continuait de surveiller les développements économiques et financiers à l’étranger mais elle n’a pas répété l’avertissement émis lors de sa précédente réunion en septembre sur le fait que des risques internationaux auraient probablement des conséquences sur l’économie américaine. Si le statu quo monétaire n’a guère surpris les investisseurs, ces derniers n’avaient pas anticipé cette référence aussi claire à la possibilité d’un premier relèvement des taux d’intérêt depuis 2006 lors de sa prochaine réunion. Cela explique le vif retournement à la hausse du dollar face à un panier de devises internationales. Alors qu’il reculait de quelque 0,4% avant les déclarations de la Fed, le billet vert avançait vers 19h10 GMT de 0,85%. « En cherchant à déterminer s’il est approprié de relever l’objectif du taux des « fed funds » lors de sa prochaine réunion, le comité évaluera les progrès — accomplis ou attendus — par rapport à ses objectifs d’une situation de plein emploi et d’une inflation de 2% », déclare la Fed dans un communiqué. Bref le : même discours depuis des mois !  Mais Cela tient surtout au fait que la croissance

Grèce : le FMI joue aussi à se faire peur

Grèce  : le Fmi joue aussi à se faire peur

 

 

Comme le ministre allemand des finances surtout, comme la commission européenne, Lagarde du FMI mette son grain de sel pour faire peur à-propos de la Grèce. Pas forcément très intelligent au moment où les marchés sont un peu dubitatifs non seulement sur les éventuelles conséquences d’une sortie de la Grèce mais plus fondamentalement sur la croissance internationale et ses conséquences. Pourtant dans la coulisse un projet d’accord est en cours. En fait il s’agit de  faire pression sur la Grèce pour obtenir d’elle encore davantage d’austérité . Une sortie de la Grèce serait sans doute catastrophique pour la Grèce bien sûr mais pour tout le système monétaire européen. De ce point de vue les différents responsables seraient bien avisés de se montrer un peu plus discrets  mais plus travailleurs  pour conclure cet accord avec la Grèce. Sinon il faudra dire adieu au 350 milliards de dettes de la Grèce, adieu sans doute aussi à la timide reprise en Europe, une reprise qui va même être très hésitante au second trimestre. En fait Lagarde, comme elle le faisait lorsqu’elle était ministre des finances en France,  ne sort que des banalités ( mais c’est pour cela qu’elle est autant appréciée !). mais parfois souvent  le silence est plus utile. Surtout quand en creux on laisse se entendre que le système euro pourrait être menacé. Selon la directrice du FMI un « Grexit » ne signifie pas la fin de l’euro. Christine Lagarde estime toutefois que la Grèce et ses créanciers peuvent encore parvenir à un accord, mais pas sur le court terme.  Une déclaration qui devrait provoquer de nombreux remous .La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde estime que « la sortie de la Grèce (de la zone euro, ndlr) est une possibilité », rapporte le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung, jeudi 28 mai. Une telle mesure ne serait « pas une promenade de santé » mais un « Grexit » ne signifierait « probablement pas » la fin de l’euro, a-t-elle ajouté. La directrice a ce tempéré ses propos par des déclarations supplémentaires publiées dans la soirée par le FMI pour « clarifier et remettre dans le contexte » cette interview. C’est quelque chose « auquel j’espère les Européens ne seront pas confrontés parce qu’ils trouveront, espérons-le, un moyen de se mettre d’accord sur l’avenir de la Grèce dans la zone euro ».

Terrorisme Joué les Tours : encore un coup de menton de Valls

Terrorisme Joué es Tours : encore un coup de menton de Valls

Nouveau coup de menton de Valls  uniquement pour montrer que, lui, a de l’autorité ; Pour dire quoi ?  la promesse de la   »sévérité de l’Etat » pour ceux qui « s’en prennent » à des policiers. Il  faut rappeler que l’auteur de l’agression est mort ! Il aurait mieux fait de réfléchir à un véritable plan contrne le terrorisme au lieu de dire des banalités auusi affligeantes. D’autant que  l’agresseur, un Français né au Burundi en 1994 était  connu des services de police pour des faits de droit commun et que son frère était un militant islamiste. L’agresseur   »a crié ‘Allahou Akbar’ (Dieu est grand, en arabe) du moment où il est entré jusqu’à son dernier souffle », a affirmé une source proche de l’enquête.  L’homme a ensuite été « abattu » par « des policiers présents, qui ont fait usage de leur arme administrative », a précisé le ministère de l’Intérieur. Bernard Cazeneuve, qui s’est déplacé à Joué-Lès-Tours, a condamné « l’agression brutale » et a salué « le sang-froid et le professionnalisme des policiers présents ». La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête pour tentative d’assassinat et association de malfaiteurs, le tout en lien avec une entreprise terroriste.

 

Ukraine : Poutine joue à l’apprenti sorcier

Ukraine : Poutine joue à l’apprenti sorcier

 

 

Une nouvelle fois Poutine joue à l’apprenti sorcier en soutenant presque ouvertement avec des forces militaires  les pro-russes Ukrainiens. En permanence, il souffle le chaud et le froid en bon technicien de l’intox mode KGB. Ainsi il affirme que pour le deuxième convoi humanitaire il se mettra sous l’autorité de la croix rouge internationale mais dans le même temps il masse des troupes à la frontière et soutient les rebelles avec environ 3 000 soldats russes reconvertis en rebelles ukrainiens. C’est la méthode Poutine caractérisé par le faiat que Poutine ne sait pas perdre et qu’il est prêt à employer tous les moyens pour cela ( se rappeler qu’il a déboulonné le principal opposant, successeur potentiel  d’Eltsine en mettant des prostituées dans son  lit, en le filmant et en diffusant les vidéos; ce qui a permis à Poutine- obscur officier du KGB-  de prendre la place d’Eltsine). ) L’Ukraine a en effet dénoncé jeudi une « invasion directe » de troupes russes à l’Est du pays et a demandé à l’Union européenne de lui accorder une « aide militaire d’envergure ». La Russie indique que ses soldats patrouillant à la frontière ont traversé celle-ci « par accident ». Les Etats-Unis envoient des chars pour des exercices en Europe de l’Est.  Le ton est brutalement monté cette semaine entre Kiev et Moscou après l’annonce par l’Ukraine lundi de la capture de soldats russes sur son territoire. Jeudi, le président Petro Porochenko a directement évoqué « une intrusion des troupes russes », l’obligeant à annuler un déplacement en Turquie. Et à l’occasion d’une réunion d’urgence de l’OSCE, l’ambassadeur ukrainien a quant à lui parlé d’ »invasion directe », expliquant que la ville frontalière de Novoazovsk, ainsi que « plusieurs autres villes proches », ont été prises par les forces régulières russes. Jusque là, Moscou a minimisé la situation en parlant d’une intrusion accidentelle de soldats. « D’après ce que j’ai entendu, ils patrouillaient à la frontière et ont pu se retrouver sur le territoire ukrainien », déclarait ainsi mardi le président russe Vladimir Poutine. Il n’y a « pas de soldats russes » en Ukraine, a répété jeudi l’ambassadeur russe à l’OSCE Andreï Kelin au cours de la réunion organisée en Autriche. « Il n’y a qu’une unité » d’une « dizaine » de « soldats russes ayant traversé la frontière de façon non intentionnelle », a poursuivi le diplomate. Pourtant, pour la première fois, le « Premier ministre » de la République autoproclamée de Donetsk, bastion des insurgés, a reconnu jeudi qu’au moins « 3.000 à 4.000″ soldats russes, en congé de leur armée, seraient présent à leurs côtés en Ukraine. « Nous ne pouvons pas cacher le fait que nous avons beaucoup de soldats volontaires russes dans nos rangs », a ainsi dit Alexandre Zakhartchenko, cité par la télévision russe. Une affirmation qui confirme celle d’un haut responsable militaire de l’Otan, qui estimait à « bien plus d’un millier » le nombre de soldats russes combattant actuellement sur le territoire ukrainien, notamment dans la zone de Novoazovsk. L’Ukraine a demandé jeudi à l’Union européenne de lui accorder une « aide militaire d’envergure » en guise de réponse. L’UE s’est pour sa part dite « extrêmement préoccupée » par les informations rapportant une incursion de grande ampleur. « Nous réaffirmons l’urgente nécessité d’une solution politique à cette crise », a déclaré Maja Kocijancic, porte-parole du service diplomatique. Parlant d’ »invasion militaire évidente », la Lituanie a quant à elle demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, dont elle membre non permanent. Les Etats-Unis vont envoyer des chars et des soldats en Europe de l’Est pour tenter de rassurer leurs alliés de l’Otan, ont indiqué jeudi des responsables du Pentagone. Environ 600 soldats de la 1ère brigade de la 1ère division de cavalerie doivent être déployés en octobre en Pologne et dans les pays baltes pour des exercices avec des membres de l’Alliance atlantique, en remplacement de parachutistes de la 173ème brigade aéroportée, a précisé une porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Vanessa Hillman.  »Il s’agit d’une rotation de trois mois », a-t-elle ajouté. Les exercices porteront sur les petites unités et la formation au leadership.

 

Le prix du gaz joue au yo-yo

Le prix du gaz joue au yo-yo

 

Bonne nouvelle pour le consommateur. Les prix réglementés du gaz vont encore baisser au mois de juin: selon nos informations, cette baisse devrait osciller entre 1,6 et 1,7%. Au mois de mai, les tarifs du gaz avaient déjà reculé de 0,76%. Depuis le début de l’année, la tendance est nettement baissière puisque les prix du gaz avaient déjà reculé de 1,18% au 1er mars et 2,1% au 1er avril. Quelque 8,1 millions de personnes se chauffant au gaz sont concernées par ce mouvement tarifaire. Depuis un an, les tarifs du gaz sont désormais revus tous les mois et non plus tous les trimestres comme auparavant. Ce nouveau schéma a été adopté pour mieux lisser les éventuelles variations. Quand le mode trimestriel était en vigueur, la fixation des prix du gaz donnait souvent lieu à un psychodrame politique, les pouvoirs publics refusant d’endosser la responsabilité d’une majoration trop importante aux yeux de l’opinion publique. Si les variations des prix du gaz se distinguent depuis plusieurs mois par leur modération, cela n’a pas toujours été le cas. Entre 2005 et 2013, ces mêmes tarifs, indexés pour une large part sur les cours du pétrole, ont flambé de près de 80%.

Gel avancement des fonctionnaires : Ayrault joue au pompier et dément

Gel avancement des fonctionnaires : Ayrault joue au pompier et dément

 

Un joli cafouillage au gouvernement à propos du gel de l’avancement des fonctionnaires et Ayrault qui joue encore au pompier en démentant.  « Ce n’est pas vrai… Pourquoi annoncer de fausses nouvelles? (…) On n’est pas dans le concours Lépine des économies », a lancé le Premier ministre, alors que tout le monde se demande où le gouvernement va trouver quelque 50 milliards d’euros d’économies en trois ans.  Il avait déjà assuré fin janvier que ces économies ne se feraient « pas sur le dos » des quelque 5 millions d’agents (Etat, Territoriale et Hospitalière), dont les salaires sont gelés depuis 2010.  Mais tant que les pistes n’auront pas été officiellement dévoilées, les fonctionnaires sont sur leurs gardes.  Dans la soirée, les syndicats de la fonction publique (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FAFPT, FSU, Solidaires, Unsa et FO) ont publié un communiqué commun réclamant un engagement écrit du Premier ministre « affirmant que le gouvernement n’envisage pas le gel des avancements et des primes des agents ».  Ils ont subordonné à la réception de ce courrier la poursuite des discussions avec la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu en vue de négociations qui doivent démarrer en mai sur les « parcours professionnels, carrières et rémunérations » des agents.  Un gel des primes et avancements permettrait d’économiser 1,2 milliard d’euros par an, une goutte d’eau au regard des économies visées et un risque politique, à l’approche des municipales, vis-à-vis d’un corps électoral traditionnellement favorable à la gauche.  Cette piste explosive a d’abord surgi la semaine dernière, lorsque la presse a rapporté des propos que le ministre de l’Education Vincent Peillon aurait formulés devant quelques journalistes, mais que l’intéressé avait aussitôt démenti avoir tenus.  Face à la polémique, le ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve avait alors déclaré à l’AFP que les fonctionnaires avaient « déjà fait beaucoup d’économies », via le gel du point d’indice (qui sert de base au calcul de leurs salaires et est bloqué depuis 2010) et la stabilisation des effectifs. Des économies qui ont notamment engendré une baisse de la masse salariale de 200 millions d’euros en 2013 par rapport à 2012 dans la fonction publique d’Etat, une maîtrise des dépenses « très exceptionnelle », selon M. Cazeneuve.  Mais mercredi, alors que la majorité est déjà divisée sur le pacte de responsabilité qui prévoit une baisse de 30 milliards des cotisations patronales, c’est le président du groupe PS à l’Assemblée Bruno Le Roux qui a relancé le débat.  Il a affirmé que l’hypothèse d’un gel était bien « sur la table », avant de corriger un peu plus tard ses propos.  Sur les radios, au moment où M. Ayrault s’exprimait jeudi, ses ministres avaient visiblement aussi reçu la consigne d’apaisement. « Rien n’est encore sur la table. Un processus est engagé », a dit la ministre de la Santé Marisol Touraine. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a évoqué un effort « extrêmement fort » des fonctionnaires et invité « tous ceux qui se sont exprimés à garder un peu plus de temps à bien réfléchir ».  Pour les syndicats, en tout cas, c’est tout vu: alors qu’ils réclament depuis des mois un dégel du point d’indice, l’idée qu’on puisse y ajouter un gel de l’avancement et des promotions est tout simplement « hors de question », a affirmé en début de semaine le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger.  Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, premier syndicat chez les agents de l’Etat, ce serait même un « casus belli », son syndicat dénonçant le « yoyo » du gouvernement sur le sujet et l’intervention du « pompier » Ayrault pour déminer des propos issus de son propre camp.  De son côté, l’ancien Premier ministre François Fillon (UMP) a affirmé qu’il ne serait « pas étonné » que le gouvernement soit contraint de geler les primes et l’avancement des fonctionnaires, faute d’avoir agi plus tôt, selon lui, pour réduire les déficits.

 

Hollande joue dangereusement avec les sujets de société (Raffarin)

Hollande joue dangereusement avec  les sujets de société (Raffarin)

« Je suis inquiet pour l’état de la société [...]. Je suis inquiet de la gouvernance socialiste », a déclaré Jean-Pierre Raffarin, dimanche 26 janvier lors du Grand Jury RTL.  À son sens, François Hollande doit opérer « un volte-face », en particulier sur le terrain économique, sans quoi « nous allons vers une situation d’extrême crise », a-t-il estimé. « Hollande n’a pas de majorité. Au Sénat, les Verts, les communistes et les radicaux ne votent jamais. S’il est conscient de cette situation, et il l’est, je crains qu’il ne soit tenté de compenser par des mesures sociétales le désaccord » qui existe dans la société quant à sa politique.  « Je crains l’orientation économique qu’il fait payer à la société par des compensations sociétales, qui est au fond la façon par laquelle il arrive à fédérer sa majorité », a-t-il encore lancé, prenant le récent exemple du projet de loi sur l’IVG. « Il est très dangereux de jouer avec les sujets de société. Il ne faut pas monter les Français les uns contre les autres », a-t-il affirmé.

Algérie : Hollande joue au comique de mauvais goût

Algérie : Hollande joue au comique de mauvais goût

 

Comique, Hollande l’est sans le vouloir quand il affirme par exemple l’inversion du chômage mais il devient pathétique quand il s’essaye volontairement  à l’humour. L’humour c’est comme la politique, cela s’accommode rarement de l’amateurisme.  Une petite phrase sur le ton de la blague, prononcée le 16 décembre dernier devant le CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France. Évoquant le voyage de Manuel Valls en Algérie, François Hollande précise que le ministre de l’Intérieur est rentré « sain et sauf » ajoutant : « Ce qui est déjà beaucoup. » Cette phrase, dite sur le ton de la plaisanterie, n’a pas fait rire l’Algérie qui s’indigne. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a estimé que cette phrase était un « incident regrettable » et une « moins-value » pour les liens entre les deux pays. « Nous avions terminé l’année 2012 sur le succès éclatant de la visite d’État de M. François Hollande en Algérie. L’année 2013 n’est pas encore terminée, nous ne souhaitons pas la terminer sur une mauvaise note, et nous souhaitons donc que nous puissions trouver dans les jours qui nous séparent de la fin de l’année un moyen de tourner la page de cet incident regrettable« , a-t-il expliqué. La presse algérienne critique fortement le président français. Samedi encore, elle faisait la une des journaux arabophones El-Khabar, Echorouk et Ennahar. « Hollande se moque de l’Algérie devant les juifs ». Les sites d’information publient également les commentaires d’internautes remontés contre François Hollande. De son côté, le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH, gouvernementale), Farouk Ksentini, a appelé M. Hollande à présenter des excuses pour ses propos « provocateurs à l’encontre de l’Algérie« . L’Élysée n’a pas souhaité réagir officiellement.

 

Tapie : Lagarde joue son poste au FMI

Tapie : Lagarde joue son poste au FMI

Devant la Cour de justice, Christine Lagarde devra s’expliquer sur trois principaux soupçons dans l’affaire qui s’est soldée par une « bérézina financière » pour les deniers publics, et qui a valu à Bernard Tapie d’obtenir la totalité de ses demandes, plus un préjudice moral de 45 millions d’euros. Le premier soupçon concerne la décision d’aller en arbitrage plutôt que de laisser les tribunaux examiner les « affaires Tapie ». Christine Lagarde assume son choix : « L’arbitrage était le seul moyen juridique pour mettre un terme d’un coup à tous les contentieux. Mme Lagarde avait posé trois conditions, notamment celle que le choix des arbitres soit incontestable, insiste son avocat. Avec Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, et Jean-Denis Bredin, avocat réputé, il n’y avait aucun soupçon à avoir. Quant au troisième arbitre, Pierre Estoup, ancien président de la cour d’appel de Versailles, c’était un haut magistrat qu’elle ne connaissait pas. » N’empêche, au sein même de l’administration, à Bercy, certains préféraient laisser le dossier aux mains des tribunaux. « Au moment où la décision de recourir à l’arbitrage a été prise, la procédure judiciaire en cours étaient favorable à l’État, il n’y avait donc aucune raison logique de ne pas laisser faire la justice », estime Thomas Clay, professeur de droit, spécialiste de ces questions. Le deuxième soupçon porte sur la décision de la ministre des Finances de ne pas engager de recours contre la sentence favorable à Tapie. Quand elle est rendue, le 7 juillet 2008, la décision des trois juges arbitres lui accordant 285 millions d’euros (hors intérêts) provoque un tollé. À gauche, des parlementaires, emmenés alors par Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l’Assemblée, tentent de la contester. Mais dès le 28 juillet, Christine Lagarde décide de ne pas s’opposer à l’arbitrage. « À cette date, il n’y avait strictement aucune raison d’engager un recours en annulation », assure Me Repiquet. Là encore, un sujet controversé : « D’après moi, le succès du recours en annulation était acquis », estime le Pr Clay. Le troisième soupçon concerne la période entre le 30 octobre et le 28 novembre 2008. Fin octobre, l’avocat du CDR (la structure qui représente l’État dans le dossier), Me Gilles August, se rend compte que Pierre Estoup, contrairement à sa déclaration sur l’honneur, avait dans le passé travaillé à trois reprises avec Me Lantourne, l’avocat de Tapie. « C’était un élément de nature à demander la récusation de Pierre Estoup, ce qui aurait pu faire capoter l’ensemble de l’arbitrage », assure Thomas Clay. Mais entre le 30 octobre et le 28 novembre, personne ne bougera, alors que le CDR a demandé deux consultations juridiques sur le sujet, qui, toutes les deux, concluent à la possibilité d’une récusation de Pierre Estoup. « Mme Lagarde n’a jamais été alertée de ces soupçons, ce n’est jamais remonté jusqu’à elle », certifie son avocat. Quid alors de la mention, « le cabinet de la ministre a été informé » sur un compte rendu du conseil d’administration du CDR en date du 3 novembre 2008? Pourquoi ne pas avoir réagi à l’époque, laissant en outre filer les délais de prescription? C’est une des principales énigmes du dossier.  En parallèle à l’enquête de la Cour de justice concernant Christine Lagarde, trois juges d’instruction parisiens planchent sur ces mêmes questions. En perquisitionnant chez Pierre Estoup et Maurice Lantourne, puis cette semaine chez Claude Guéant, l’ancien secrétaire général de l’Élysée, les trois juges soupçonnent l’arbitrage Tapie d’avoir été biaisé. Et cherchent à savoir par qui. « Tout s’est décidé à Bercy », a assuré Claude Guéant sur France Info au lendemain de la perquisition.  Comme l’a révélé L’Express, les trois magistrats ont aussi en main, via leur collègue de Bordeaux en charge de l’affaire Bettencourt, l’agenda de Nicolas Sarkozy et les dates de ses douze rendez-vous avec Bernard Tapie. L’ancien président aura-t-il à s’expliquer sur l’affaire? Devant les juges d’instruction ou devant la Cour de justice? Le dossier s’annonce sulfureux. D’autant que tôt ou tard, l’État aura à prendre la décision de se constituer ou non partie civile dans l’enquête judiciaire en cours. « Les instructions sont des machines à faire émerger des faits nouveaux », pronostique Thomas Clay. Et qui dit éventuel fait nouveau dit possibilité de faire casser l’arbitrage… Selon nos sources, le CDR vient de demander à ses avocats une note juridique sur l’éventualité d’une constitution de partie civile.  »

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