Archive pour le Tag 'Johnson'

Royaume-Uni : le masque covid pour masquer l’échec économique de Johnson

Royaume-Uni : le masque covid  pour masquer l’échec économique de Johnson

 

Pour Sylvie Bermann, ancienne ambassadeur au Royaume-Uni, le Premier ministre britannique a caché son échec économique derrière le masque du virus. ( Interview l’Opinion)

 

 

Successivement ambassadeur en Chine, au Royaume-Uni et en Russie, Sylvie Bermann vient de publier Goodbye Britannia, Le Royaume-Uni au défi du Brexit aux éditions Stock (260 pages, 19,50 euros).

Etes-vous surprise par les premières anicroches entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, notamment sur les vaccins ?

Non, pas du tout ! Le Brexit est un divorce douloureux après plus de quarante-sept ans de vie commune. Aujourd’hui, l’obsession de Boris Johnson est de prouver que la sortie de l’UE est bénéfique pour les Britanniques. Moyennant quoi, il explique que tout ce qui va mal est la faute du coronavirus et que tout ce qui va bien – c’est-à-dire la politique de vaccination – est grâce au Brexit. La réalité, c’est que le Brexit a des effets négatifs pour le Royaume-Uni et que ce type d’anicroche devait se produire. Ce qui a été négocié n’est pas un bon accord pour le Royaume-Uni. Les pêcheurs britanniques qui avaient pratiquement tous voté pour la sortie de l’UE sont furieux et accusent les Brexiters de leur avoir menti alors que leurs poissons et leurs fruits de mer sont en train de pourrir sur les quais. D’autres découvrent toute la paperasserie et la bureaucratie générées par le Brexit. Beaucoup d’entreprises sont encouragées à ouvrir bureaux et filiales sur le continent. Près de 800 000 personnes, dont nombre d’Européens, ont quitté le pays et les prix de l’immobilier ont baissé à Londres… C’est moins bien qu’avant !

Quant au comportement d’AstraZeneca qui explique ses retards par le fait que Bruxelles a contracté trois mois plus tard que Londres, il est problématique. Quand il y a un accord, on s’y tient quel qu’en soit le prix. Je comprends que la Commission européenne ait réagi très vivement compte tenu de la pénurie de vaccins. Maintenant, elle a fait une erreur en évoquant le recours à l’article 16 du protocole nord-irlandais (ce qui lui aurait permis de bloquer les exportations de doses produites par le groupe pharmaceutique sur le territoire de l’UE transitant par l’Irlande du Nord) sans en parler à Dublin. Ce que Londres n’a pas manqué de monter en épingle pour des raisons politiques. C’était une erreur vite reconnue par Ursula von der Leyen. Il y aura d’autres incidents de ce type d’autant que la pandémie ajoute un aspect très émotif à la situation. Il faut toutefois reconnaître qu’en matière de vaccins, ils ont mieux géré l’affaire que nous.

Que pensez-vous du refus de Londres d’accorder le statut d’ambassadeur au représentant de l’UE au Royaume-Uni ?

C’est totalement scandaleux parce que tous les pays y compris la Chine, la Russie et les Etats-Unis, qui pourraient être les plus réticents, ont accepté d’accorder le statut d’ambassadeur au représentant européen. Et quand les Britanniques étaient membres de l’UE, ils soutenaient ce statut dans le monde. C’est une mauvaise manière et c’est tout à fait mesquin.

« La seule chose qui sauvera Boris Johnson cette année, c’est que son pays va assurer la présidence du G7 et accueillir la Cop-26 sur le changement climatique »

Les réticences d’Emmanuel Macron à l’égard du vaccin d’AstraZeneca ont relancé le « french bashing »…

Il est récurrent. Il a dominé toutes la période de négociation de l’accord sur le Brexit. On revient à ce qu’on disait au Moyen Âge : « always blame the French » ! A l’époque où Angela Merkel avait des positions beaucoup plus dures que les nôtres, c’était quand même la France qui était accusée. Il y a et il y aura toujours des tensions. C’est une relation amour-haine, faite de rivalité et de comparaisons car nous sommes des pays de taille et de statut comparables dans le monde, que cela soit économiquement ou comme membres permanents du conseil de sécurité, puissances nucléaires et pays ayant des capacités de projection militaire. Mais nous avons besoin de continuer à avoir une vraie relation et à échanger avec les Britanniques, notamment dans les domaines de la défense et de la sécurité.

Comment pensez-vous que le Royaume-Uni va pouvoir se placer sur la scène internationale ?

Boris Johnson va continuer à mettre les difficultés du Brexit sous le tapis de la Covid. Il parle de négocier de nouveaux accords commerciaux mais il n’a pas réussi avec les Etats-Unis et « good luck » pour en trouver un avec la Chine ! Adhérer au traité de libre-échange transpacifique comme il l’aspire est purement symbolique. Aujourd’hui, on parle de la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis, avec l’Union européenne comme puissance d’équilibre entre les deux. On ne parle pas du Royaume-Uni. La seule chose qui sauvera Boris Johnson cette année, c’est que son pays va assurer la présidence du G7 et accueillir la Cop-26 sur le changement climatique.

Le virus britannique plus dangereux déclare Boris Johnson ?

Le virus britannique plus dangereux déclare Boris Johnson ?

 

Il faut évidemment se méfier des déclarations de Boris Johnson capable de tout dire et le contraire pour tenter de solidifier un peu sa situation politique relativement bousculée d’une part par les conséquences du brexit  d’autre part par les résultats catastrophiques de la pandémie au Royaume-Uni.

Boris Johnson a longtemps contesté, comme Trump  d’ailleurs, les risques du virus et il lui faut maintenant affronter les conséquences d’un laxisme qui font que le Royaume-Uni est le pays proportionnellement le plus atteint par le Coronavirus.

On sait déjà que ce Coronavirus britannique est beaucoup plus contagieux mais il n’avait pas été démontré qu’il était davantage mortel.

Tout est possible,  les études sont en cours à ce sujet mais il se pourrait aussi que Boris Johnson instrumentalise le virus britannique pour expliquer les dégâts d’une politique sanitaire complètement irresponsable.

Pour les hommes âgés d’une soixantaine d’années, le risque de mortalité est de 10 sur 1000 avec le virus, un chiffre qui atteint 13 à 14 sur 1000 avec le nouveau variant, a indiqué le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance. Ce qui correspond à un surplus de mortalité d’au moins 30%. Cet effet a été évalué par les scientifiques du groupe NERVTAG qui conseille Downing Street. Ils ont comparé la mortalité liées aux différentes souches du virus en Grande Bretagne, mais n’est pas encore visible en analysant les seules données hospitalières du pays, explique la BBC.

«Je tiens à souligner qu’il y a beaucoup d’incertitude autour de ces chiffres», a déclaré Vallance, soulignant une «inquiétude qu’il y ait eu une augmentation de la mortalité ainsi qu’une augmentation de la transmissibilité».

Épidémie Royaume-Uni : totalement hors de contrôle, Boris Johnson responsable

Épidémie Royaume-Uni : totalement hors de contrôle, Boris Johnson responsable

1.035 morts et aux près de 60.000 nouveaux cas enregistrés samedi au Royaume-Uni - des chiffres moins importants que ceux de la veille (80 000 cas) mais qui restent tout de même très élevés – l’affaire ressemble à une goutte d’eau dans l’océan de la pandémie.

 

Selon les statistiques officielles, le variant britannique du virus, de 50 à 70% plus contagieux, était responsable au 2 janvier d’environ 80% des cas à Londres et dans l’est du pays, contre 60% sur la seule Angleterre. Mais il n’est pas le seul responsable de la flambée actuelle : le confinement en vigueur dans la capitale depuis le 20 décembre et dans tout le pays depuis mercredi est également plus laxiste – et moins respecté – que celui du printemps 2020, avec des crèches ouvertes, des célébrations religieuses autorisées et une liste des salariés dits essentiels beaucoup plus longue. Conséquence, plus d’enfants se rendent en classe et la circulation routière reste élevée, à 76% du trafic habituel à Londres.

D’où l’appel de plusieurs scientifiques à durcir immédiatement les mesures prises jusqu’en mars, faute de quoi le système de santé public, le très fragile NHS, sera complètement submergé. Les admissions hospitalières sont déjà en hausse de 50% par rapport au printemps et le nombre de morts du coronavirus comptabilisés ­depuis deux mois (plus de 31.500) représente près de 40% des 80.000 décès enregistrés depuis le début de la pandémie.

Malgré une identification du variant anglais dès septembre dans le comté de Kent, l’exécutif a refusé maintes fois de suivre les recommandations des experts sur les mesures à prendre pour endiguer l’épidémie, refusant notamment de rendre le port du masque obligatoire dans les établissements scolaires. « Le gouvernement a donné au virus des opportunités pour se répandre », accuse la chercheuse Zubaida ­Haque, membre de l’Independent SAGE.

Écosse : Johnson dit non à un référendum sur l’indépendance

Écosse : Johnson dit non à un référendum sur l’indépendance

 

 

Boris Johnson est particulièrement gonflé d’affirmer que les référendums sont à prendre avec des pincettes;  lui qui a semé le trouble dans le pays en se rangeant dans le camp des brexiters  h après y avoir été opposé. Bref quand les référendums l’arrangent, c’est bon pour la Grande-Bretagne mais pour l’Écosse, pas question.

 

La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a dit samedi espérer que l’Écosse gagne son indépendance et puisse « rejoindre » l’Union européenne. Mais la décision d’organiser un tel référendum revient au Premier ministre britannique Boris Johnson, qui refuse fermement.

 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a réaffirmé dimanche son opposition à la tenue d’un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse, ardemment souhaité par la cheffe du gouvernement écossais, qui souhaite que l’Écosse, une fois indépendante, rejoigne l’Union européenne.

« D’après mon expérience, les référendums dans ce pays ne sont pas des événements particulièrement joyeux », a déclaré Boris Johnson de manière très hypocrite.

 

Brexit : le père de Boris Johnson veut devenir français !

Brexit : le père de Boris Johnson veut devenir français !

 

Le père du Premier ministre britannique Boris Johnson a en effet déclaré ce jeudi vouloir prendre la nationalité française et garder ainsi « un lien » avec l’Union européenne (UE), alors que son pays s’apprête à en larguer les amarres.

 

« Si j’ai bien compris, je suis français. Ma mère était née en France, sa mère était entièrement française, également son grand-père », a expliqué Stanley Johnson, en français, sur RTL. (…) Pour moi, c’est une question de réclamer ce que j’ai déjà et de ce fait, je suis très content ».

 

Brexit: toujours le bluff de Boris Johnson

Brexit: toujours le bluff de Boris Johnson

 

Boris Johnson menace toujours d’une rupture des négociations et refuse de prolonger les discussions au-delà de la fin de l’année. Il indique que les règles de l’OMC seraient plus intéressantes qu’un accord avec l’union économique.

 

Une manière pour lui d’exercer sans doute les dernières pressions sur l’Union économique afin qu’elle fasse sauter en particulier ses exigences en matière de concurrence mais aussi sur la pêche.

 

Théoriquement on s’oriente vers un brexit  dur mais avec Boris Johnson tout est possible tellement dans sa vie politique il a changé de position. Faut-il rappeler qu’au départ Boris Johnson était contre le brexit . Il n’y a adhéré que pour prendre la place de premier ministre avec ses manœuvres. Dans toutes les hypothèses, Boris Johnson aura sans doute été l’auteur du plus grand chaos économique de la Grande-Bretagne.

 

On a déjà un exemple Covid qui crée un véritable blocage routier à la frontière. Un Covid au départ d’ailleurs négligé par Boris Johnson mais qui en a été lui-même victime. La position de Boris Johnson est essentiellement idéologique alors que celle de l’union économique est technique et économique. L’impréparation de l’équipe gouvernementale britannique est flagrante tant lors  des négociations que pour l’après brexit .

Boris Johnson a déclaré lundi que des difficultés persistaient dans les négociations entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne sur leurs futures relations, tout en assurant que son pays surmonterait aisément les difficultés liées à une absence d’accord.

Le Brexit sera pleinement effectif le 1er janvier et, en l’absence d’accord, les relations commerciales entre la Grande-Bretagne et l’UE seront régies par les règles de l’Organisation mondiale du Commerce, avec la possibilité de droits de douane et de quotas.

“Les conditions de l’OMC seraient plus que satisfaisantes pour le Royaume-Uni. Et nous pouvons assurément surmonter toutes les difficultés qui surgiraient sur notre route. Non pas que nous ne voulions pas d’accord mais les conditions de l’OMC seraient pleinement satisfaisantes”, a déclaré Boris Johnson.

Le Premier ministre britannique a dit s’être entretenu avec le président français Emmanuel Macron, qui fête ses 43 ans ce lundi, mais il a rapporté que leur discussion avait porté sur la question des frontières, pas du Brexit.

Au sujet du Brexit, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a déclaré que “des difficultés importantes, dont la pêche”, demeuraient dans les négociations mais que cette question de la pêche ne devait pas être isolée du reste des discussions.

Brexit : avec Boris Johnson tout est possible

Brexit : avec Boris Johnson tout est possible

 

 

 

Avec Boris Johnson, tout est possible. C’est le champion des changements de position. Le pire c’est que sans doute il ne sait pas lui-même qu’elle sue donner au brexit. De toute manière, il paraît peu vraisemblable que des négociations claires aboutissent d’ici la fin de l’année. Dans le meilleur des cas, on risque de prolonger une nouvelle fois les discussions. L’essentiel Boris Johnson n’est pas deal ou non deal mais d’apparaître comme le vainqueur de la confrontation avec l’union européenne pour solidifier sa position politique aujourd’hui très contestée au Royaume-Uni.

Comme c’était prévisible,  l’État des négociations n’a pas permis d’aboutir sur un compromis régissant les futures relations commerciales entre l’union européenne et le Royaume Uni. Rien n’est prêt d’ailleurs pour décider et mettre en place cet accord. La rencontre de la présidente de la commission avec Boris Johnson a seulement acté l’impossibilité d’un accord en l’état des discussions. Comme personne ne veut prendre la responsabilité de la rupture, on a donc décidé de prolonger la discussion.

Pour l’instant les positions sont complètement inconciliables. Les différences sont toujours les mêmes à savoir la pêche, les conditions de concurrence et les conditions de contrôle de concurrence. S’ajoutent à ces divergences les coups de bluff permanents de Boris Johnson qui souffle le chaud et le froid.

L’UE est prête à offrir à Londres un accès sans droits de douane ni quotas à son immense marché. Mais elle veut dans ce cas s’assurer que le Royaume-Uni ne se livrera pas à du dumping en s’écartant des normes environnementales, sociales, fiscales européennes ou de celles sur les aides d’Etat. Si tel est le cas, elle veut pouvoir prendre des contre-mesures rapides, comme des droits de douane, sans attendre que le différend ne soit tranché dans le cadre d’une procédure d’arbitrage classique, afin de protéger ses entreprises. Londres s’y oppose fermement.

 

Brexit : Boris Johnson, le roi de la pirouette (Denis MacShane)

Brexit  : Boris Johnson,  le roi de la pirouette  (Denis MacShane)

 

Le travailliste Denis MacShane a été le ministre d’Etat chargé de l’Europe (2002-2005) de Tony Blair après avoir été son ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères (2001-2001). Il tente d’expliquer les revirements de Boris Johnson dans l’opinion

Comment expliquez-vous ce nouveau revirement de Boris Johnson?

C’est le roi de la pirouette politique! Il est capable de tourner sur une roue et de changer de direction. Il a fait cela toute sa vie. Ce qui n’empêche pas qu’à Londres et Bruxelles, on ne négocie pas la même chose. Boris Johnson se croit engagé dans l’écriture d’un nouveau traité de Versailles où on parle rectification de frontières et réparations alors qu’en face, on discute d’un nouvel Uruguay round, l’ancien Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce. L’un parle politique et il cherche à contourner Michel Barnier. L’autre parle de la nécessité d’avoir des règles en matière d’échanges commerciaux et explique que c’est un sujet qui se discute à Bruxelles et non au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement. D’où le décalage auquel on a assisté ces derniers jours et la sensation de camouflet ressentie par les amis de Boris Johnson.

Quelle est la réaction de l’opinion publique?

C’est ce qui a peut-être pesé dans la balance et explique cette marche arrière. On assiste depuis la semaine dernière à une levée de boucliers de tout un tas de professions -camionneursagriculteurs, transporteurs aériens- pour dénoncer la folie d’un « no deal ». Au point que les députés conservateurs Brexiters se sont montré très discrets ces derniers jours pour contrer ce message. Tout le monde commence à avoir peur à l’approche du précipice. Tous les soirs à la télévision on voit des patrons de PME sonner l’alarme devant ce qui les guette aux frontières. Ce ne sont pas forcément des pro-européens. C’est la première fois que l’on assiste à un tel phénomène depuis juin 2016 et le référendum sur le Brexit!

On voit aussi monter au créneau le premier ministre irlandais Michèal Martin, fort de l’appui tacite de Joe Biden. Boris Johnson aimerait aussi que l’on parle d’autre chose. Il veut faire de 2021, qui verra Glasgow accueillir la 26ème conférence sur le changement climatique, une grande année de l’environnement. Il veut montrer que le Royaume-Uni pèse au niveau mondial et rêve d’une photo avec Joe Biden. Il n’a pas envie d’être pousuivi par des images de bouchons monstres à l’approche de Douvres. Le problème demeure qu’à Londres et à Bruxelles, on ne négocie pas la même chose.

Cela risque de se terminer par un nouvel échec…

C’est possible. Il va falloir suivre, cette semaine, les réactions des Brexiters – on peut parler d’une petite entreprise – auxquels Boris Johnson est redevable. Ils se trouvent, eux aussi, sous la pression de la City qui les pousse à trouver un « petit compromis » et à ne pas aller jusqu’au bout. Il y a néanmoins cette idée, dans notre pays, qu’il faut une révolution tous les cinquante ans. Cela a commencé avec la décapitation du roi d’Angleterre, en 1649, suivi par la scission avec l’Eglise catholique, le lancement de l’aventure impériale, la révolution industrielle, la création de l’Etat providence et la révolution thatchérienne. Aujourd’hui, c’est l’Union européenne qui est visée. Cela relève d’une foi messianique.

La situation ressemble à celle de juillet 1914. Le train a commencé à rouler. La question est de savoir si on peut le stopper. On pourrait décider d’arrêter l’horloge mais ce serait une humiliation pour Boris Johnson qui a fixé la deadline au 31 décembre de cette année. Un an après son arrivée au pouvoir, sa situation s’est fragilisée. Il a déjà eu à faire face à une rébellion parlementaire sur le confinement et sa gestion de la pandémie a sérieusement entamé sa popularité. Il va donc s’appuyer énormément sur les sondages durant ces prochains jours de négociations et chercher une excuse dans un sens ou dans un autre. Dans les deux cas, il peut toujours imaginer renégocier dans un an. C’est le titre de mon dernier livre, « Brexiternity ».

L’opposition travailliste paraît très discrète…

Elle est complètement absente. Ce sont les « singes de la sagesse ». Elle ne parle pas d’Europe, elle n’écoute pas l’Europe et elle ne voit pas l’Europe. Le Brexit, ce n’est qu’un problème pour Johnson et ses amis conservateurs.

 

 

Brexit: la peur commence à poindre chez Boris Johnson

Brexit: la peur commence à poindre chez Boris Johnson

 

Boris Johnson semble désormais très partisan d’un accord avec l’Union européenne. Sans doute une position tactique pour mettre l’Union européenne dans l’embarras afin de lui faire porter le chapeau d’une éventuelle rupture et de l’échec des négociations. Il y a aussi chez Boris Johnson des préoccupations de plus importantes quant à l’avenir du pays surtout en cas de No deal . Certes l’union européenne aura à subir un certain ralentissement de sa croissance dans le cas d’absence d’accord mais le choc sera nettement plus rude pour le Royaume uni. Ce que pense aussi l’Allemagne.

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a mis en garde le Royaume-Uni contre les conséquences d’un échec des négociations avec l’UE sur un accord commercial après le Brexit. Une situation pas du tout réglementée aurait des conséquences très significatives pour l’économie britannique, a-t-il estimé, lors d’un point presse à Berlin, à l’issue d’une réunion des ministres des Finances de l’UE.

En revanche, il s’attend à ce que l’Europe soit en mesure d’y faire face après les préparatifs qui ont déjà été faits. Le ministre allemand a toutefois affirmé toujours espérer que les discussions avec Londres parviennent à un bon résultat. L’Allemagne souhaite même cet accord continuer d’exporter ses biens industriels et manufacturés.

Un «no deal», qui pourrait avoir de rudes conséquences économiques, mais aussi sur la vie quotidienne des citoyens européens et britanniques.

 Selon le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney. D’après un rapport de l’institution, publié en novembre 2018, en cas de «no deal» et dans le scénario du pire, le PIB britannique serait amputé de 7,8 % à 10,5 % d’ici à 2024, par rapport à ce qu’il aurait été sans Brexit. Une étude du gouvernement britannique, parue au même moment, évalue de son côté la perte de PIB à 9,3 % en quinze ans.

La croissance ne serait pas le seul indicateur économique à basculer dans le rouge, selon la Banque d’Angleterre. Le taux de chômage grimperait en flèche à 7,5 % (contre 3,9 % aujourd’hui), tout comme l’inflation à 6,5 % (contre 2,1 % actuellement), tandis que la livre sterling s’effondrerait de 25 % et les prix de l’immobilier de 30 %. Des prévisions alarmistes, très loin de «l’énorme opportunité économique» vantée par Boris Johnson fin juillet.

L’Union européenne (UE) aussi verrait son économie touchée par un Brexit sans accord, puisque les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’Union seraient encadrées par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), plus drastiques que celles de l’UE, restreignant dès lors le commerce entre les deux parties. Selon les économistes du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), l’impact serait tout de même moins important qu’au Royaume-Uni. Ils prévoient en effet un repli du PIB de 0,8 % de façon permanente (0,3 % en France), contre 2,8 % outre-Manche (ce qui représente annuellement près de 2.000 livres, soit 2.150 euros, en moyenne par ménage). Par ailleurs, d’après une étude de l’institut allemand IWH, un Brexit sans accord menacerait 600.000 emplois dans le monde, dont 179.000 dans l’UE (50.000 en France)

 

Brexit : Johnson « optimiste » !

Brexit : Johnson « optimiste » !

 

L’intoxication permanente caractérise désormais les dernières discussions concernant le brexit. Chaque partie considère en effet que les discussions sont difficiles mais que la perspective d’un accord n’est pas à écarter. La vérité c’est que ni l’union économique ni le Royaume-Uni ne veulent  endosser la responsabilité de la rupture. La vérité sur les discussions c’est qu’on a avancé sur certains sujets secondaires mais que sur l’essentiel.

il n’y a toujours pas de progrès sauf à ce que l’union économique lâche sur tout permettant ainsi l’accès du marché européen sans contrainte au Royaume-Uni. Il n’est pas impossible que Boris Johnson compte sur l’appui de l’Allemagne qui discrètement serait favorable à un accord qui sauverait les échanges entre les deux zones. Comme d’habitude l’Allemagne privilégie son business.

En tout cas, le  Premier ministre britannique Boris Johnson s’est dit « assez optimiste » au sujet d’un accord post-Brexit, dans un entretien au Telegraph, alors qu’il doit échanger en visio-conférence avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen samedi, en vue du sommet européen du 15 octobre. « Le Royaume-Uni a toujours été clair sur ce que nous voulons, nous voulons un accord comme celui passé (par l’UE) avec le Canada », a expliqué M. Johnson, avant d’ajouter: « Nous avons été membres (de l’Union européenne) pendant 45 ans, et je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas avoir le même accord avec nous, donc je suis plutôt optimiste ». Notons qu’il y a une différence de taille avec le Canada très éloigné. En effet Royaume-Uni se trouve aux portes de l’Europe et par ailleurs l’Irlande d’une nord  bénéficiant du régime de l’Irlande du Sud pourrait constituer une porte ouverte sans condition aux marchés européens. Une sorte de Singapour pour l’Europe.

 

Brexit : Boris Johnson mise sur le No Deal

Brexit :  Boris Johnson mise sur le No Deal

Sans accord sur le Brexit, le Royaume-Uni deviendrait un sérieux concurrent économique aux portes mêmes de l’Union européenne, constate l’économiste Stéphane Madaule dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Dès que la décision de divorcer entre l’Union européenne et le Royaume-Uni est devenue effective au 31 janvier, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré qu’il fallait que les pays européens se préparent à vivre avec un concurrent de taille aux portes de l’UE.

Le mandat de négociation des Vingt-Sept a été bâti pour tenter de prévenir cette éventualité. L’UE a proposé un libre accès de son marché à Londres, contre l’acceptation de continuer d’appliquer les règles que s’impose l’UE sur le marché britannique. Or les Anglais n’ont pas mordu à l’hameçon. Boris Johnson ne veut pas continuer de se soumettre aux règles bruxelloises alors qu’il vient de reprendre son indépendance. Plus grave, il pense qu’il a davantage à gagner à un « no deal », dont les conséquences éventuelles seront masquées par la crise du Covid-19, plutôt qu’à un accord avec l’UE sur la base d’un libre-échange sous contraintes réglementaires européennes.

Reste que les Britanniques essaient d’obtenir plus qu’un « no deal ». Ils ont proposé le libre-échange intégral. Un choix impossible pour l’UE, qui défend un modèle de production de biens et services où des normes environnementales et sociales exigeantes s’appliquent sur son marché intérieur.

Mais pourquoi les Britanniques ne veulent plus appliquer les règles du marché intérieur ? Parce qu’ils y voient une entorse à leur souveraineté retrouvée. Parce qu’ils pensent que se soustraire à ces règles leur apportera un surcroît de compétitivité face à l’UE. Cet argument est risqué, car le « no deal » ne sera pas forcément payant commercialement et l’opinion publique britannique peut se cabrer contre une politique de dérégulation sociale et environnementale drastique et dangereuse pour la planète, et ce pour un zeste de compétitivité.

Pour l’UE, la négociation demeure difficile, car elle fait face à un exécutif britannique qui se dit prêt au « no deal ». Elle doit aussi tenir compte des pêcheurs des pays européens désireux de continuer à pêcher dans les eaux territoriales britanniques. Elle ne peut pas non plus se fâcher avec son voisin britannique ou, pire, risquer la désunion. Ceci place le négociateur européen, Michel Barnier, en équilibre instable : un « no deal » n’est pas satisfaisant pour l’UE, pas plus qu’un libre-échange intégral sans contraintes réglementaires pour les Britanniques. Plus le « no deal » se rapproche, plus la perspective d’un concurrent aux portes de l’UE se précise.

 

Brexit : Boris Johnson veut saboter l’Europe

Brexit : Boris Johnson veut saboter l’Europe

Barry Johnson veut transformer le Royaume-Uni en Singapour , vider le continent de son potentiel intellectuel et constituer un paradis fiscal aux portes de l’union économique . Ce que confirme Philippe Van Parijs, dans une tribune au « Monde », que l’Union européenne doit refuser que le Royaume-Uni recoure à une concurrence fiscale agressive ou à une politique d’immigration prédatrice.

 

Tribune. 

 

Dominic Raab, alors secrétaire d’Etat à la sortie de l’Union européenne, déclarait en 2018 que l’histoire jugerait le Brexit de la manière suivante : « Un tremplin vers une étreinte boucanière du libre-échange » (The Spectator, 1er octobre 2018). En juillet 2019, Boris Johnson le promeut au poste de ministre des affaires étrangères et assigne à son ministère un rôle « absolument central », tant pour le Brexit que pour la vision du « global Britain ». Cette vision, on peut la trouver dans Britannia Unchained (Palgrave Macmillan, 2012), fervent plaidoyer de M. Raab pour un capitalisme globalisé.

 

Au sein du Parti conservateur, cette vision est loin d’être neuve. En 1999, William Hague, alors chef des tories dans l’opposition, proclamait dans The Guardian du 2 novembre : « Au cours du prochain millénaire, les nations se feront concurrence en adoptant les régulations les plus légères, les impôts les plus bas et le commerce le plus intense. Ces grands animaux trébuchants [les blocs régionaux, comme l’Union européenne] succomberont sous le coup des manœuvres et de la concurrence de l’Etat-nation svelte, à fiscalité légère. » Ceux qui partagent cette vision sont aujourd’hui solidement au pouvoir et comptent sur le Brexit pour leur donner la liberté de la mettre en œuvre.

Si la « Britannia unchained » de MM. Johnson et Raab a des chances de triompher, c’est grâce au pillage de la plus précieuse de toutes les ressources : le capital humain. En 2010, selon des estimations de la Banque mondiale, 292 000 diplômés de l’enseignement supérieur nés au Royaume-Uni et âgés de 25 à 64 ans vivaient alors dans l’Union européenne (UE), tandis que 910 000 diplômés de l’enseignement supérieur de la même tranche d’âge nés dans l’UE vivaient au Royaume-Uni.

Boris Johnson n’a rien fait pour cacher qu’il souhaitait amplifier encore ce « brain drain », qui représente un gain net de plus d’un demi-million de « cerveaux ». Dès août 2019, soit à peine deux semaines après son accession à la tête du gouvernement, il a ordonné aux ambassades britanniques de diffuser un message affirmant sa détermination à « garantir que notre système d’immigration attire les tout meilleurs intellects du monde entier » et détaillant diverses mesures concrètes destinées à réaliser cet objectif.

Pour parvenir à ses fins, il sait qu’il peut compter sur trois atouts majeurs. D’abord la réputation de l’enseignement supérieur britannique. Selon les critères (certes contestables) et les chiffres (indiscutablement influents) du dernier classement QS, le Brexit prive l’UE de ses quatre universités du top 10 mondial et de 17 de ses 27 universités du top 100. Ensuite, il y a Londres. Même affaiblie par la pandémie, celle qui était la plus grande métropole de l’Union n’est pas près de perdre son attrait. Enfin et surtout : la diffusion de l’anglais comme langue commune a fait du pays un aimant puissant, avec une vaste réserve d’entrants potentiels entre lesquels il a tout loisir de choisir. Le contrôle de ses frontières une fois retrouvé, le Royaume-Uni pourra laisser à l’UE la tâche ingrate d’accueillir et de socialiser les réfugiés et migrants innombrables en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Pendant ce temps, il pourra ouvrir ses portes toutes grandes aux cerveaux qu’il convoite.

« 

 

Brexit: Le Parlement européen refuse le chantage de Boris Johnson

Brexit: Le Parlement européen refuse le chantage de Boris Johnson

le Parlement européen s’est prononcé contre cette sorte de chantage de Boris Johnson qui consiste à sortir une loi en contradiction totale avec le traité prévoyant les conditions du retrait britannique. Un traité très difficilement élaboré et accepté mais qui garantit les rapports entre les deux Irlande et surtout la paix. Or la proposition de Boris Johnson revient à créer une frontière entre les deux Irlande.

“Si les autorités britanniques enfreignaient – ou menaçaient d’enfreindre – l’accord de retrait, par le biais du projet de loi sur le marché intérieur du Royaume-Uni sous sa forme actuelle ou par tout autre moyen, le Parlement européen ne ratifierait en aucun cas un accord entre l’UE et le Royaume-Uni”, dit un communiqué signé à la fois par les membres du groupe de coordination sur le Royaume-Uni et par les chefs de la plupart des groupes politiques représentés au sein de l’assemblée.

Pour entrer en vigueur, un accord commercial entre Londres et Bruxelles devra obtenir le feu vert des députés européens.

Brexit: Boris Johnson aux abois se conduit en voyou

 Brexit: Boris Johnson aux abois se conduit en voyou

Boris Johnson se conduit en véritable voyou en refusant d’appliquer la loi qui permet d’éviter le rétablissement d’une frontière entre les deux Irlande mais comporte certaines obligations. Pour cela, il sort un projet de loi fou qui contredit tous les accords internationaux passés. Ces règles négociées entre l’union européenne et le Royaume-Uni prévoient le maintien de certaines dispositions dans la province. Elles obligent les Britanniques à notifier à Bruxelles les aides d’État à des entreprises d’Irlande du Nord et celles-ci sont tenues de déclarer les produits qu’elles expédieront vers l’Angleterre. Une perte de souveraineté intolérable pour les Brexiters.

Il s’agit sans doute d’un nouveau bluff de la part de Boris Johnson complètement acculé face à la crise sanitaire mais aussi la dégringolade économique de son pays. Le Premier ministre britannique renie ainsi l’accord qu’il a lui-même approuvé et même vanté. Son projet de loi constitue une véritable provocation.

La vérité sans doute c’est que le Premier ministre britannique en perte de vitesse dans l’opinion ne sait plus très bien quoi faire tellement il est englué sur le plan économique. Faut-il rappeler que l’économie britannique a perdu 20 % au second trimestre et que l’avenir s’annonce très gris. Sans parler évidemment de l’accentuation très inquiétante des contaminations du virus. La remise en cause brutale de l’accord passé pour Irlande constitue un choc de déstabilisation pour nombre d’acteurs et d’observateurs

À l’intérieur du royaume, cette révision secoue aussi fortement. Elle a provoqué la démission mardi du directeur des services juridiques du gouvernement, Jonathan Jones. L’opposition mais aussi de nombreuses personnalités du Parti conservateur se sont indignées. Au-delà du Brexit, l’inquiétude porte sur la crédibilité du pays sur la scène internationale. «Si nous perdons notre réputation d’honorer les promesses que nous faisons, nous aurons perdu quelque chose qui n’a pas de prix et qui pourra peut-être n’être jamais récupéré» a ainsi averti l’ancien premier ministre conservateur John Major.

Devant les députés, l’ex-première ministre Theresa May a aussi demandé à Brandon Lewis comment le gouvernement pourrait à l’avenir rassurer ses partenaires internationaux sur le fait qu’il tiendrait ses engagements. Le leader des indépendantistes écossais du SNP à la Chambre des communes, Ian Blackford, a accusé le premier ministre de se considérer «au-dessus de la loi» et de vouloir créer un «État voyou». La nouvelle a d’ailleurs mis en émoi l’Écosse et le pays de Galles, qui estiment que la loi met en danger l’unité du Royaume-Uni, en «volant les pouvoirs» qui ont été dévolus aux nations.

De nombreux d’observateurs se demandent où veut aller Boris Johnson. Vers un no deal , c’est l’hypothèse la plus répandue. La vérité c’est peut-être qu’il ne sait pas il va, étant capable de se renier souvent et sur tout. Il est aussi possible qu’au dernier moment il arrive à se résoudre un accord de dernière minute qu’il pourrait habiller comme le résultat de son intraitable nationalisme britannique.

Brexit : ne pas se laisser impressionner par les gesticulations de Boris Johnson

Brexit : ne pas se laisser impressionner par les gesticulations de Boris Johnson

L’économiste Stéphane Madaule estime, dans une tribune au « Monde » estime qu’il ne faut pas se laisser impressionner par les gesticulations de Boris Johnson dans une tribune au monde

Tribune. Mais où est-elle, cette Union européenne (UE) en position de force pour négocier un accord commercial équilibré avec le Royaume-Uni ? Mais comment expliquer que Michel Barnier, le négociateur européen du Brexit, soit maintenant fragilisé par des négociations qui n’avancent pas d’un pouce ?

Au départ, l’Union européenne avait la naïveté de croire qu’elle pourrait imposer au Royaume-Uni la continuation de l’application de ses règles commerciales (aides aux entreprises, règles sur les marchés publics, normes applicables sur le marché intérieur…) contre l’accès libre sans taxes et sans droits au marché unique.

Curieux mandat

Mais sur la pêche, sur les marchés publics, sur les normes applicables aux produits et aux services, les négociations n’ont pas avancé d’un iota depuis leur commencement. Comment expliquer cette situation et la fragilisation progressive des positions de l’UE et de son principal négociateur ?

On découvre les aléas de la mise en œuvre d’une politique commune sur le plan commercial, qui n’est pas à même de nous protéger de la concurrence parfois déloyale de pays comme la Chine, ni de constituer un rempart face au Royaume-Uni, qui a décidé de reprendre son indépendance

Tout d’abord, on s’aperçoit que le mandat de négociation fixé par les vingt-sept Etats membres à la Commission, et défendu par Michel Barnier, est quelque peu curieux. Comment en effet demander à un pays qui a choisi de quitter l’Union pour recouvrer sa souveraineté de continuer à appliquer les règles commerciales de cette Union dont il souhaite en premier lieu s’écarter, ce qui a motivé en partie son divorce ?

De plus, le mandat de négociation défini à la Commission par les Vingt-sept est relativement rigide. Les lignes rouges (pêche, marchés publics, subventions aux entreprises, normes à appliquer par les producteurs de biens et services) sont partout. Comment, enserré dans un tel carcan, pouvoir conduire une réelle négociation qui ne soit au final la répétition inlassable, sans concession, sans compromis, d’une position figée ? Qu’est-ce qui est négociable au juste pour l’Union, à part la continuation des relations passées entre les deux entités ?

En réalité, les envolées chauvines de Boris Johnson promettant un avenir radieux après le Brexit masquent une série de faiblesses. Le premier ministre britannique, qui a perdu 26 points dans les sondages depuis le début de la pandémie, cherche à faire oublier sa gestion calamiteuse du Covid-19. Alors que la crise provoquée par le virus a rendu caduque la nouvelle mondialisation prônée par les partisans du Brexit, il ne lui reste qu’à faire vibrer sa corde préférée, celle du nationalisme. D’autant que la crise sanitaire relance la dynamique indépendantiste en Ecosse et que le Brexit rend probable une réunification de l’Irlande.

Quant au rêve prêté à M. Johnson de masquer les dégâts économiques d’un Brexit sans accord par ceux de la crise économique consécutive au Covid, il dépasse les bornes du cynisme et ne résiste pas à la vérité des chiffres : 47 % des exportations britanniques se font vers l’Europe, alors que l’UE n’envoie que 8 % de ses produits outre-Manche. Mauvais pour les continentaux, un « no deal » serait catastrophique pour les Britanniques.

Alors qu’approche le terme de cet interminable marathon, il faut saluer le sang-froid manifesté par Michel Barnier pour surmonter cette énième phase de tensions. La préservation du marché unique, remise en cause par les brèches de M. Johnson en Irlande du Nord, doit continuer de souder les Vingt-Sept. La remarquable unité dont ils ont fait preuve jusqu’à présent à propos du Brexit doit perdurer. C’est à cette condition que l’Europe pourra parvenir à un accord équilibré avec son voisin britannique sans se laisser intimider par les postures d’un premier ministre en position moins flatteuse qu’il n’y paraît.

Brexit: Johnson menace de ne pas payer la facture

Brexit: Johnson menace de ne pas payer la facture

 

En délicatesse dans son pays du fait de la  mauvaise gestion sanitaire  ( dont il a été lui-même victime) et responsable pour partie de la dégringolade économique, Boris Johnson agite la rupture brutale avec l’union économique menaçant même de ne pas payer la facture qu’il doit. Une manière d’entretenir le nationalisme pour tenter de remonter dans l’opinion de plus en plus critique pour sa gestion sanitaire mais aussi économique. Boris Johnson a menacé de claquer la porte mi-octobre, si rien n’était conclu d’ici là. Surtout, la presse a révélé que Londres se préparait à revenir sur un certain nombre d’engagements pris devant les Européens dans l’accord d’octobre dernier. Parmi les engagements il y a la facture.

Sur le calendrier, au-delà de l’avertissement, Boris Johnson est peu ou prou d’accord avec Bruxelles. «L’UE a été très claire au sujet du calendrier. Moi aussi. Il doit y avoir un accord avec nos amis européens d’ici au Conseil européen le 15 octobre pour qu’il entre en vigueur d’ici à la fin de l’année», a dit le premier ministre britannique. De fait, le négociateur européen Michel Barnier a récemment rappelé la nécessité d’un accord à cette date pour permettre une ratification européenne avant le 31 décembre. Il convient cependant de très prudent quant à l’évolution de la négociation tellement Boris Johnson est versatile. Il a changé plusieurs fois de position sur le brexit. On ne peut écarter l’hypothèse d’un accord de dernière minute permettant de sauver la face politiquement. L’essentiel étend d’affirmer que le Royaume-Uni a gagné.

Boris Johnson propose un régime alimentaire pour les Britanniques

Boris Johnson propose un régime alimentaire pour les Britanniques

 

Peut-être pour se préparer à la cure d’austérité incontournable du fait de l’écroulement de l’économie britannique, Boris Johnson lance une grande campagne de régime alimentaire. Lui-même en situation de surpoids a été victime du Coronavirus. S’appuyant sur plusieurs études qui désignent l’obésité comme un facteur aggravant du coronavirus, le gouvernement a donc lancé fin juillet un grand plan de lutte contre le surpoids. Le premier ministre, personnellement atteint par la maladie au printemps, s’est mis au sport . En fait, le Royaume-Uni pourrait bien être contrainte d’accepter une sévère cure d’austérité en raison de la crise économique provoquée non seulement par la situation sanitaire mais aussi par la prochaine rupture du brexit. Le gouvernement britannique a largement sous-estimé l’impact de la séparation avec l’union économique, en outre il a géré encore plus mal que d’autres la crise sanitaire dont il a par ailleurs longtemps nié l’existence. Ce qui caractérise la politique de Johnson, c’est son inconsistance, son manque de compétence et de sérieux. Une appréciation de plus en plus partagé par les Britanniques. Il est très difficile de prévoir les réactions de ce Premier ministre qui n’a cessé de changer de position et qui même sans doute sur le brexit  n’a pas encore de philosophie très arrêtée. Il se pourrait même qu’au dernier moment il accepte un accord de dernière minute à condition de sauver l’es apparences politiques et de donner l’impression que le Royaume-Uni est gagnant. Pour l’instant ce n’est pas l’hypothèse la plus retenue mais avec Boris Johnson tout est possible même l’invraisemblable.

« Boris Johnson doit se calmer » ( Maire de Calais)

« Boris Johnson doit se calmer » ( Maire de Calais)

Toujours aussi provocateur, le Premier ministre britannique Boris Johnson n’a pas eu de mots assez durs pour condamner le phénomène de migration entre la France et l’Angleterre. Le Premier ministre britannique a laissé entendre que la France portait une responsabilité. En réponse , La maire de Calais, Natacha Bouchart a conseillé à Boris Johnson «se calmer» et de «changer d’urgence» ses méthodes d’accueil des migrants, responsables selon elle d’un «appel d’air» vers le Royaume-Uni.

 «Moi, je considère que les propos de Boris Johnson, c’est de la provocation, et je le dis clairement, c’est une déclaration de guerre maritime puisqu’il est hors de question que les navires de l’armée entravent en fait les eaux territoriales (françaises) et en plus, techniquement, c’est impossible», a-t-elle déclaré à l’AFPTV. «Si les migrants veulent passer, c’est parce que les Britanniques eux-mêmes créent l’appel d’air. Ils créent l’appel d’air puisqu’ils n’ont en fait rien touché de leur législation depuis vingt ans, donc depuis le centre de Sangatte», a-t-elle estimé.

 «Donc j’interpelle Boris Johnson en disant ‘vous vous calmez d’urgence, changez d’urgence vos méthodes de faire et d’accueil des migrants’. Et j’interpelle Gérald Darmanin (le ministre de l’Intérieur) en disant ‘ne cédez pas, ne cédez pas puisque les Britanniques ne savent pas négocier, il n’y a qu’en bras de fer qu’on est capable de pouvoir obtenir quelque chose’», a-t-elle encore ajouté.

Un plan de lutte contre les traversées maritimes illégales, élaboré en concertation avec les autorités britanniques, est en cours de finalisation pour renforcer les moyens de contrôle sur les côtes et en amont des principaux points de passage. Le gouvernement britannique a chargé dimanche un ancien de la Royal Marine de rendre «impraticables» les traversées illégales de la Manche. Boris Johnson a dénoncé lundi comme «stupide, dangereux et criminel» de vouloir traverser illégalement la Manche vers le Royaume-Uni. Les tentatives de traversées se sont multipliées récemment, profitant notamment de conditions météorologiques favorables.

Royaume-Uni: Boris Johnson nomme son frère Jo à la Chambre des Lords

Royaume-Uni: Boris Johnson nomme son frère Jo à la Chambre des Lords

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a offert à son frère Jo un siège à la Chambre des Lords, une distinction qui échappe en revanche à l’ancien président de la Chambre des communes John Bercow.

Publiée vendredi 31 juillet, la liste des 36 futurs nouveaux membres de la chambre haute du Parlement britannique comporte de nombreux Brexiters. Leur nomination revient officiellement à la reine Elizabeth II.

Jo Johnson, un fervent pro-européen, avait quitté le gouvernement de son frère aîné en septembre dernier en invoquant «l’intérêt national», jugeant trop radicale la stratégie du Premier ministre dans le dossier brûlant du Brexit. La liste comporte également des figures du parti conservateur comme Ken Clarke ou l’ancien ministre des Finances Philip Hammond, qui avaient été exclus, tout comme une vingtaine de frondeurs, après avoir voté avec l’opposition travailliste lors de l’un des nombreux votes sur le Brexit.

L’ancien «speaker» de la Chambre des Communes John Bercow, dont les tonitruants «Order order» lors des mêmes votes sur le Brexit ont fait le tour du monde, ne figure pas sur la liste. Une entorse à la tradition pour ce personnage haut en couleur aux cravates criardes, qui a été accusé de partialité de la part des rangs conservateurs dont il est issu, et qui a été accusé d’avoir harcelé et tyrannisé ses équipes, accusation qu’il dément avec force.

«Affaibli par le coronavirus, Boris Johnson joue la montre sur le <brexit »

«Affaibli par le  coronavirus, Boris Johnson joue la montre sur le <brexit »

Lord Peter Ricketts est l’ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Fra nce (2012 à 2016). Au titre de membre non-politique (cross bench), comme tous les anciens hauts fonctionnaires britanniques et personnalités civiles, il siège aujourd’hui à la Chambre des Lords notamment à la commission des affaires européennes. (interview l’Opinion)

Comment analysez-vous le blocage actuel des négociations post-Brexit ?

Il y a des niveaux de détails très différents entre les deux parties. Le texte de négociation de la Commission européenne est très précis et très clair comparé au texte britannique. Celui-ci est très général, très incertain, car dessinant davantage une ambition que des détails pratiques. Je ne ressens pas de dynamique vers un accord, surtout pas du côté du Royaume-Uni. J’ai surtout l’impression que le gouvernement de Boris Johnson cherche à augmenter la pression sur les Européens, notamment en matière de timing, pour arracher de leur part des concessions sur les points de principe comme son refus de reconnaître la compétence de la Cour de justice européenne, la question des droits de l’Homme, etc. Pour l’instant, la position est de rester ferme sur les lignes rouges en espérant obliger l’Union européenne à bouger.

Que vous inspire cette tactique ?

J’ai beaucoup de doutes. J’ai le sentiment que du côté des brexiters, on fait le calcul que, même si le Royaume-Uni n’arrive pas à un accord à la fin de la période de transition, la crise de la Covid masquera l’impact économique supplémentaire d’un « no deal » et d’une sortie tumultueuse. Ce qui ne serait pas très responsable à mes yeux…

Le fait que l’Allemagne, plus présente économiquement en Grande-Bretagne et moins concernée par les questions de pêche, s’apprête à prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne à compter du 1er juillet n’influe-t-il pas aussi sur l’attitude de Boris Johnson?

L’histoire montre que les Britanniques ont tendance à surestimer la capacité de Mme Merkel à trouver une solution plus profitable pour eux. Cela s’est produit par le passé, cela n’a pas toujours marché. Le gouvernement essaie surtout de retarder l’échéance au-delà du rendez-vous convenu du mois de juin, pour se retrouver en octobre à la dernière minute sous la présidence allemande, dans l’espoir de gagner plus de flexibilité du côté des Européens et d’arriver à un accord le plus avantageux possible. Cela fait aussi partie du calcul.

«Ce qui me préoccupe beaucoup, ce sont les questions sécuritaires et de coopération judiciaire. Si on ne négocie pas un accord détaillé pour avoir accès aux bases de données, aux systèmes d’information et d’alerte, à Europol, on va se retrouver exclu de tous ces instruments»

Cela signifierait que le Premier ministre britannique, Boris Johnson, maintiendrait son refus prévisible de demander, à la date du 1er juillet, une prolongation des négociations…

Je le présume : il n’y a aucun signe qui prouve un changement de position. Je ne m’attends pas à ce que soit demandée une prolongation des négociations. C’est ce que devrait dire Boris Johnson à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, et à Charles Michel, le président du Conseil européen, lors de sa prochaine visite à Bruxelles. C’est un rendez-vous de haut niveau qui était convenu depuis longtemps afin de faire le point sur les négociations et de décider ou non de la prolongation de la période de transition. A priori, pour Londres, il n’est pas question de continuer les discussions au-delà du délai prévu. L’idée serait donc de se retrouver en octobre pour un rendez-vous de dernière minute dans l’espoir d’arracher des concessions. C’est d’ailleurs l’inverse qui pourrait se passer ! On a vu, l’an dernier, lors de la signature de l’accord de sortie, qu’un accord à l’arraché était possible avec des concessions considérables de la part de Boris Johnson – notamment sur le dossier nord-irlandais – tout en présentant cela comme une victoire à l’opinion publique, via une communication très agressive. »

 

 

1234



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol