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Jeux vidéo jeunes : limités à trois heures par semaine en Chine

Jeux vidéo jeunes : limités à trois heures par semaine en Chine 

 

La réglementation interdit déjà aux mineurs de jouer en ligne entre 22 heures et 8 heures.

 

La Chine a annoncé lundi 30 août qu’elle allait interdire aux moins de 18 ans de jouer plus de trois heures par semaine aux jeux sur internet. Les mineurs ne pourront plus jouer qu’une heure par jour, et uniquement les vendredis, samedis et dimanches, soit trois heures maximum par semaine. Ils ne pourront par ailleurs jouer « qu’entre 20 heures et 21 heures ». Pendant les vacances scolaires, ils pourront jouer une heure par jour.

 

Le jeu vidéo en ligne est décrié depuis longtemps en Chine pour ses conséquences négatives : baisse de la vision, impact sur les résultats scolaires, manque d’activité physique ou risque d’addiction. La réglementation interdisait déjà aux mineurs de jouer en ligne entre 22 heures et 8 heures.

 

Covid: Une épidémie de jeunes en Loire-Atlantique

Covid: Une épidémie de jeunes en Loire-Atlantique

Les pays de Loire connaissent une situation contrastée avec une progression inquiétante du virus dans les zones touristiques de Loire-Atlantique et de Vendée. Par contre, la situation est plus maîtrisée dans les autres départements . Autre constat, c’est une population plus jeune qui est désormais hospitalisée.

 

Le médecin de l’ARS  indique que « nous sommes dans une épidémie de jeunes désormais. On a vacciné les personnes à risques qui étaient les plus âgées. Aujourd’hui c’est parmi les jeunes que le virus circule, et beaucoup de ces personnes sont hospitalisées, et faire le covid ce n’est pas si anodin que ça même pour les jeunes.

On fait le constat d’une différence importante entre la côte et le reste de la région. On a eu une très forte montée du taux d’incidence en juillet avec une explosion dans la tranche d’âge des 15-30 ans. On commence à voir des hospitalisations et des entrées en réanimation. Aujourd’hui la situation n’est pas problématique 37 personnes sont en réanimation dans la région. Et il faut en tenir compte.

Sur la Mayenne, la Sarthe et le Maine-et-Loire on est plutôt sur une augmentation lente ou faux plat, signe de la contagiosité du virus. Celle de la grippe au départ, et celle de la varicelle désormais.

Deux chiffres pour comprendre : « Si on prend un patient contaminé par le covid original, on a sur 5 à 6 semaines, si on ne prend pas de mesures, de type masques, tests, isolement, vaccination, 250 personnes contaminées à leur tour. Avec la même absence de mesures, une personne touchée par le variant delta va en contaminer… 16 000″.

Et le médecin de rappeler qu’une personne vaccinée a trois fois plus de chance de ne pas être contaminée, selon l’Imperial College de Londres. Sans préjuger de la gravité de la maladie qui pourra être développée.

La vaccination permet de se prémunir des formes graves de la COVID-19 de l’hospitalisation, de la réanimation, du décès. « Sur 100 personnes qui présentent une forme grave, seules 5 ou 7 sont des personnes vaccinées. Toutes les autres ne sont pas vaccinées, donc le vaccin protège bien », indique Pierre Blaise. « Aux Antilles, 97% des personnes hospitalisées, n’ont pas été vaccinées, 100% des personnes en réanimation n’ont pas été vaccinées ».

Gymnastique de haut niveau : Une torture physique et morale de très jeunes enfants

 Gymnastique de haut niveau : Une torture physique et morale de très  jeunes enfants

 

La sociologue Caroline Ibos revient sur le retrait de l’athlète américaine Simone Biles des JO de Tokyo et propose, dans une tribune au « Monde », une analyse sociopolitique de la gymnastique comme système d’exploitation du corps des filles.(extrait)

 

Tribune

 

Reine annoncée des Jeux olympiques de Tokyo, la gymnaste étatsunienne Simone Biles a abandonné mardi 27 juillet le concours par équipes au milieu de la compétition ; elle avait échoué à réaliser une figure particulièrement difficile au saut de cheval. Le retrait de celle qui domine aujourd’hui son sport plus que toute autre sur terre a semé la stupeur. Mais ce qui a le plus embarrassé le monde du sport est l’explication qu’elle en a donnée : « Dès que je mets le pied sur le tapis, il n’y a plus que moi et ma tête… Faire face aux démons dans ma tête. Je veux me concentrer sur mon bien-être, il n’y a pas que la gym dans la vie. »

Depuis, les commentaires honorent ou déboulonnent l’icône : ils saluent le courage de la « plus grande championne de tous les temps » à briser les tabous, ou la dépouillent de ce blason de GOAT (« Greatest of All Times », « meilleure de tous les temps ») et moquent la petite chèvre brodée sur ses maillots. Et les réseaux sociaux déversent sur elle brouettes de fleurs et torrents de boue.

 

Pourtant, comprendre ce coup de théâtre à partir de la seule personnalité de Simone Biles, à partir de sa supposée surhumanité ou de ses possibles failles, masque ce qu’il exprime et que Simone Biles ne cesse de dénoncer depuis des années : la violence du système de la gymnastique féminine de haut niveau. Une violence dont l’enjeu est d’incarner la gloire nationale dans des corps et des vies contrôlés depuis l’enfance.

Façonner le corps des filles est l’art d’un sport hanté par Pygmalion. Avant d’être étatsunienne, la gymnastique artistique fut soviétique, et c’est dans les régimes communistes qu’a surgi le modèle de l’entraîneur surpuissant, héros du travail et créateur de championnes adolescentes.

 

Rappelons-nous [la RusseElena Mukhina [1960-2006], championne du monde en 1978. Orpheline, entraînée depuis l’âge de 8 ans par l’ancien champion de barre fixe Viktor Klimenko, elle se brise à 20 ans les vertèbres cervicales, quelques jours avant les Jeux de Moscou (1980), et reste entièrement paralysée. Malgré une jambe cassée, Klimenko la forçait à s’entraîner pour être la GOAT de son époque, la première à réaliser une folie de double salto et demi réceptionné sur la nuque.

Dans ce système d’appropriation des corps, le modelage est redoublé par l’exploitation sexuelle, l’éclat de l’innocence rehaussée par la souillure cachée. Olga Korbut, surnommée le « moineau de Minsk » et gloire soviétique des Jeux olympiques de Munich (1972), accusa à la fin du XXe siècle son ancien entraîneur, Renald Knysh, de l’avoir violée de multiples fois alors qu’elle avait 15 ans, réduite à l’esclavage sexuel et menacée d’exclusion de l’équipe nationale si elle parlait. En 2017, elle vendait aux enchères ses médailles olympiques, geste qui, dit-elle, lui « sauvait la vie ».

Démagogie : Macron en T-shirt pour les jeunes…. demain à poil pour les nudistes ?

Démagogie : Macron en T-shirt pour les jeunes…. demain à poil pour les nudistes ? 

 

Le président a encore innové en se laissant prendre en T-shirt par la caméra destinée à diffuser des messages de prévention sanitaire aux jeunes. Encore évidemment un coût de communication aussi ridicule qu’inefficace. Évidemment on voit mal De Gaulle ou Mitterrand s’adresser  aux Français en maillot de corps.

Il faut que la politique soit tombée bien bas pour que celui qui assure la magistrature suprême se laisse aller dans des postures et des situations aussi lamentables. On peut supposer que pour s’adresser aux nudistes le président de la république n’hésiterait pas à se mettre à poil.

 Dans son intervention, le président de la République apparaît en tee-shirt noir et se filme lui-même. Façon de casser les codes d’une communication traditionnelle et de s’adresser à une partie de la population via les réseaux sociaux. Le président a promis qu’il répondrait lui-même toute la semaine aux questions des internautes des réseaux sociaux. Évidemment un énorme mensonge d’autant que le problème majeur qui se pose est celui du manque de vaccins et de cette politique laxiste de mobilité lâchée pendant les vacances aussi par démagogie.

COVID-19: menace croissante sur les jeunes

COVID-19: menace croissante sur les jeunes

Les autorités constatent un net ralentissement des contaminés. Un risque de contamination accrue chez les jeunes.

Désormais, « 50% des malades en réanimation ont moins de 65 ans. Il y a quasiment autant de malades qui ont entre 15 et 65 ans, que plus de 70 ans. Ça montre que la vaccination fonctionne », a confirmé Laurent Zieleskiewicz, anesthésiste-réanimateur à Marseille, ce jeudi sur BFMTV.

 

« Il y a décrochage entre le nombre de cas positifs et l’augmentation des hospitalisés. Mais ça commence à bouger sur les hospitalisations et les réanimations avec des patients plus jeunes. Car les plus âgés sont vaccinés: à 65 ans, on est à plus de 85% de vaccinés », a détaillé le président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français.

Au 29 juillet, sur les 1015 patients en réanimation, 445 ont moins de 60 ans. Dans le détail, ils sont 6 à avoir entre 0 et 19 ans, 92 entre 20 et 39 ans et 347 entre 40 et 59 ans. Du côté des personnes plus âgées, au 28 juillet, 523 ont entre 60 et 79 ans et 42 plus de 80 ans, soit 555 ayant plus de 60 ans. L’écart se resserre donc entre les patients jeunes et les autres.

En comparaison, mi-janvier, juste après la 2e vague et alors que la 3e se profile déjà, 2730 malades sont en réanimation. 537 ont moins de 60 ans: 8 entre 0 et 19 ans, 57 entre 20 et 39 ans, et 472 entre 40 et 59 ans. Mais les malades plus âgés sont beaucoup plus nombreux qu’actuellement: 1842 ont entre 60 et 70 et 324 plus de 80 ans.

Vaccination des jeunes : une urgence

Vaccination des jeunes : une urgence

Dans une tribune au « Monde », la politiste regrette qu’aucun dispositif ne cible la protection des enfants et adolescents, alors même que la contagiosité accrue du nouveau variant et la vaccination des adultes contre le Covid-19 les mettent en première ligne.(Extrait)

 

L’exécutif et le Parlement viennent de débattre de la stratégie de lutte contre la pandémie de Covid-19. Les grands oubliés de ce débat important sont les 15 millions d’enfants et d’adolescents que la quatrième vague va pourtant frapper durement dans les semaines qui viennent. La généralisation du passe sanitaire, mesure-phare du projet de loi adopté dimanche 25 juillet, ne les concerne pas : les enfants de moins de 12 ans en étaient d’emblée dispensés, et ce sera finalement aussi le cas, jusqu’à fin septembre, des adolescents, qui accèdent à la vaccination depuis le 15 juin mais dont la couverture vaccinale ne dépasse pas, à ce jour, les 10 %. Les lieux d’enseignement étaient d’emblée exclus du périmètre d’application.

Au Parlement, les mineurs n’ont été évoqués qu’au prisme de la vaccination des 12-18 ans, au travers d’amendements de tous bords combattant, heureusement sans succès, qu’ils soient soumis au passe sanitaire pour leurs activités de loisirs : les mesures de prévention pèseraient alors sur eux d’un poids disproportionné, dit-on, par rapport à un virus assez généreux pour les épargner. C’est là raisonner dans un cadre épidémiologique que la réalité de la rentrée va rendre complètement périmé.

 

Aucun dispositif, dans la stratégie de lutte contre la quatrième vague, ne cible la protection des enfants et adolescents. Ce sont eux pourtant qui seront en première ligne d’ici à la rentrée. Deux facteurs renforcent aujourd’hui leur fragilité : la contagiosité accrue du variant Delta ; et la vaccination des classes d’âge plus âgées, mieux vaccinées qu’eux, qui accroît de ce fait la pression du virus sur eux. Avant l’été, les mineurs représentaient déjà 25 % des cas détectés. Ils pourraient bientôt compter pour 50 % des contaminations, selon les dernières modélisations.

Au pic, dès septembre, dans un scénario médian où l’on compterait alors 100 000 nouveaux cas par jour, il y aurait donc 50 000 enfants et adolescents infectés chaque jour. Ces projections de l’Institut Pasteur (Hozé et al., 9 juillet 2021 ; Bosetti et al., 13 juillet 2021), accessibles à tous et mises à jour régulièrement sur son site, sont considérées comme vraisemblables même avec l’impact positif de la généralisation du passe sanitaire sur le rythme des vaccinations.

En dépit de ces perspectives alarmantes, il reste très difficile dans notre pays de parler de la réalité du risque Covid chez les mineurs. Plusieurs facteurs l’expliquent. Le soulagement, d’abord, au printemps 2020, de constater que les formes graves de l’infection étaient extrêmement rares pour eux. L’incertitude, ensuite, sur leur rôle dans la circulation virale tout au long de la période de confinement. L’inquiétude, aussi, pour leur santé mentale, affectée par le confinement, les périodes de scolarité en distanciel, et la violence même de cette épidémie qui bouleverse leur quotidien et leurs familles. La sanctuarisation, enfin, de l’impératif scolaire : le président de la République, en ouverture de son allocution du 12 juillet, a convoqué les Français à la fierté d’appartenir à l’une des nations qui a le moins fermé ses écoles.

Sondage- Baromètre Popularité JDD : Macron s’effondre chez les jeunes

Sondage- Baromètre Popularité JDD : Macron  s’effondre chez les jeunes

 

Pour le JDD cote de popularité d’Emmanuel Macron recule de 13 points chez les 18-24 ans,  Le chef de l’Etat recueille 38% d’avis favorables (-2 points). Un sondage par ailleurs très douteux compte tenu du soutien inconditionnel du JDD à Macron . Bref du journalisme très orienté.( Comme d’ailleurs nombre d’autres médias aux mains des financiers). 

 

D’après le JDD, mécontentement des plus jeunes est patent : alors que seuls 29% des 18-24 ans sont entièrement vaccinés à ce jour, la perspective du passe sanitaire y fait progresser l’hostilité de 13 points, à 51% d’insatisfaits. De même, ils sont 68% des 25-34 ans (+7 points) et 66% des 35-49 ans (+7) à désapprouver l’action d’Emmanuel Macron. Ce dernier perd aussi des points chez les artisans et commerçants (70% de mécontents, +15 points), les chefs d’entreprise (67%, + 13 points), et dans les catégories populaires : employés (68%, + 11 points) et ouvriers (74%, + 8 points).

 

Emmanuel Macron concentrant l’essentiel des critiques sur sa personne, le Premier ministre, Jean Castex, voit, quant à lui, sa cote de popularité progresser de 2 points, à 40% de satisfaits. Mais la part de mécontents augmente également de trois points, à 60%.

Covid–les jeunes véhicules de l’épidémie ?

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La France va-t-elle pouvoir prévenir une forte 4e vague? L’épidémiologiste et directrice de recherche à l’Inserm*, Vittoria Colizza, répond aux questions du JDD. Selon elle, « seul un rythme soutenu d’injections aidera à contrôler une quatrième vague en septembre, avec comme objectif d’atteindre 90% des personnes âgées de 65 ans et plus, 80% des adultes et 50% des adolescents vaccinés à la rentrée. » « La clé, c’est de se vacciner dès aujourd’hui pour obtenir une protection maximale d’ici un mois. Car les conditions seront alors bien plus favorables aux transmissions : météo automnale, reprise du travail et de l’école… », explique-t-elle.

Pourquoi les départements du Sud-Ouest et du Sud risquent-ils un fort rebond épidémique cet été?
La situation est très hétérogène sur le territoire, et ces départements cumulent plusieurs facteurs de risque. D’abord l’immunité y est plus limitée, parce qu’ils ont été peu impactés par le virus. Par ailleurs, en s’appuyant sur les données Facebook de l’été dernier, on y attend une forte augmentation de population liée au tourisme et aux déplacements estivaux ; c’est le cas des Hautes-Alpes, de la Lozère et des Alpes-de-Haute-Provence. Enfin, ces zones plus vulnérables sont celles qui ont connu les premières flambées de variant Delta, comme les Landes, le département le plus à risque de reprise selon notre analyse. Ailleurs, dans la Haute-Marne, l’Allier ou la Dordogne, le risque local d’exposition au variant va être « délocalisé » : il viendra par le biais de la mobilité en provenance de départements très touchés par le virus.

Lire aussi - Pyrénées-Orientales, Haute-Corse… Ces départements où l’épidémie de Covid-19 regagne du terrain

Quelle hausse des hospitalisations le variant Delta pourrait-il entraîner durant l’été?
Trois incertitudes planent, qui auront un impact sur la hausse des cas et donc des entrées à l’hôpital. D’une part, la transmissibilité accrue du variant Delta. Les données de criblage des tests PCR positifs montrent que celle-ci est très forte (plus de 100% par rapport au variant Alpha). Il entraîne déjà une augmentation importante et soudaine des contaminations. Si cette tendance se poursuit, si la vaccination n’accélère pas, cela peut conduire à un bond important des hospitalisations cet été, qui pourrait atteindre le pic de la troisième vague (environ 12.000 entrées hebdomadaires) vers fin août ou début septembre. La deuxième inconnue, c’est le comportement des Français. Nous avons pris comme référence les conditions de déplacements, de contacts et de météo de l’été dernier, mais face à une possible hausse des hospitalisations, les comportements à risque pourraient diminuer. Enfin, notre étude a été bouclée le 10 juillet pour éclairer la décision des pouvoirs publics ; les mesures annoncées depuis peuvent changer la donne.

Il faut empêcher la propagation dans les populations moins à risque, car elles peuvent infecter les autres

Une vaccination massive peut-elle éviter une saturation des hôpitaux?
Oui. La baisse des injections de premières doses depuis fin mai était très inquiétante, car c’est le moteur de la vaccination. Nous avons testé quatre hypothèses. Les plus pessimistes : si cette chute se poursuivait, en termes d’impact sur l’épidémie, il n’y aurait pas une grande différence avec un arrêt total de la campagne et l’on pourrait dépasser le pic de la troisième vague vers la mi-août. Nous avons aussi étudié une hypothèse de vaccination à un rythme constant, et une dernière plus optimiste dans laquelle les primo-injections croissent de 10% dans toutes les classes d’âge. Depuis les annonces du Président Macron, les données semblent très encourageantes.

Assez pour s’éloigner des projections les plus sombres?
Oui, nos deux « scénarios noirs » sont déjà écartés. On se situe entre les deux hypothèses les plus favorables et une remontée des primo-injections pourrait aider à éviter une forte pression sur le système sanitaire, sous le pic de la troisième vague. Cette progression de la vaccination va-t-elle se stabiliser ou continuer d’augmenter dans les semaines à venir? Seul un rythme soutenu d’injections aidera à contrôler une quatrième vague en septembre, avec comme objectif d’atteindre 90% des personnes âgées de 65 ans et plus, 80% des adultes et 50% des adolescents vaccinés à la rentrée. La clé, c’est de se vacciner dès aujourd’hui pour obtenir une protection maximale d’ici un mois. Car les conditions seront alors bien plus favorables aux transmissions : météo automnale, reprise du travail et de l’école…

L’inquiétude actuelle est-elle justifiée, alors qu’une grande majorité des gens vulnérables sont vaccinés?
La grande majorité, ça ne suffit pas! S’il reste 10 % de personnes âgées et une fraction d’adultes non vaccinés, ceux-ci pourraient arriver à l’hôpital car le Delta est très contagieux. Selon l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, la quasi-totalité des malades actuellement en réanimation ne sont pas vaccinés. Et il faut aussi empêcher la propagation dans les populations moins à risque, car elles peuvent infecter les autres.

Selon l’Inserm, 10% des contaminations détectées évoluent en Covid long

Vous pensez aux ados?
Oui, c’est très important qu’ils se vaccinent. Ils font rarement des formes graves de la maladie mais sont un moteur de l’épidémie. Les tranches d’âges ne sont pas des compartiments isolés! Si le virus circule largement chez les jeunes cet été, il y aura des transferts vers les personnes plus âgées ou à risque. Et si on a un nombre très important d’ados et de jeunes adultes infectés, même avec un petit pourcentage de formes graves, cela aboutira à un grand nombre d’admissions à l’hôpital.

Pourquoi est-il crucial de garder une incidence basse?
Pour limiter les entrées à l’hôpital et en réanimation, bien sûr, mais aussi réduire le nombre d’infections. Selon l’Inserm, 10% des contaminations détectées évoluent en Covid long. Cela a aussi des conséquences économiques car ces malades au long cours pourraient ne pas être en mesure de travailler pendant un certain temps. Par ailleurs, une incidence faible permet de limiter la réplication du virus et donc le risque d’émergence de variants dangereux qui échapperaient à l’immunité. L’OMS a encore sonné l’alarme face à ce danger cette semaine.

Que nous enseigne la situation du Royaume-Uni?
Depuis fin mai, les hospitalisations y frémissent et sont remontées dans les régions les plus impactées par le Delta. Cette hausse est maîtrisable pour l’instant… mais la population est aussi plus vaccinée qu’en France. Tout l’enjeu est la vitesse avec laquelle on continue à administrer des doses. Par sa nature, l’épidémie est exponentielle. Les injections, elles, ne le sont pas. Dans les pays où la campagne a été plus rapide qu’en Europe, comme les États-Unis, les cas augmentent aussi et partout un plateau de vaccination a été atteint. En France, les réticences se sont amenuisées. Mais il faut pousser au-delà de ce plateau, tout faire pour faciliter et inciter à la vaccination, partir en chasse avec des techniques mobiles pour aller chercher les gens!

Dans cette nouvelle phase de transition, avec des vaccinations mais des variants plus menaçants, on a encore besoin de tous nos outils de protection

Êtes-vous favorable à l’élargissement du passe sanitaire?
Oui, le passe aura une triple fonction : protéger les moments de vie sociale et maintenir ouverts en sécurité les lieux qui autrement, en cas de forte vague épidémique, pourraient faire de nouveau l’objet de fermetures ; inciter à se vacciner ; agir lui-même comme une mesure de contrôle de l’épidémie en réduisant les contacts à risque de transmission – sans aller jusqu’à des restrictions sévères comme les confinements passés.

Au-delà du vaccin, comment freiner la quatrième vague?
Il faut agir tout de suite sur le traçage précoce des contacts en les identifiant avant qu’ils deviennent contagieux, et sur leur isolement. Avec les mesures barrière et le passe sanitaire qui va aider à réduire les contacts à risque, ce sont les freins les plus importants.

Est-il trop tôt pour que les vaccinés tombent le masque à l’intérieur?
Le Center for Disease Control américain l’a recommandé, mais on sait que, s’il reste très efficace contre les formes graves, le vaccin protège moins bien contre les infections liées au Delta. Dans cette nouvelle phase de transition, avec des vaccinations mais des variants plus menaçants, on a encore besoin de tous nos outils de protection.

* Institut Pierre Louis d’Epidemiologie (INSERM/Sorbonne université)

Elections régionales : « Dimanche, tous aux urnes! » : Un appel idiot aux jeunes !

Elections régionales : « Dimanche, tous aux urnes! » : Un appel idiot aux jeunes   !

 

Des médias relayent un appel à la mobilisation des jeunes  pour les sélections locales. Un appel inutile, au surplus idiot. D’abord tous les sondages montrent que l’abstention sera au moins aussi importante au second tour qu’au premier en raison du climat politique général tout autant en raison de l’inutilité de ces structures locales qui font double emploi avec les autres.

Surtout cet appel ne traite surtout que de la forme. Il se réfère essentiellement à l’obligation citoyenne en oubliant de traiter les facteurs explicatifs fondamentaux de la distanciation du peuple et de ses représentants politiques.Et l’utilisation de la vieille dialectique usée des boutiques politiques.

On comprend que la diversité de ceux qui appellent les jeunes à se rendre aux urnes ait contraint à gommer les différences d’appréciation au point de ne rien traiter de la crise démocratique sur le fond. Cet appel aurait sans doute été réellement intéressant et historique s’il avait proposé la mise en débat des conditions de pratique de la démocratie, notamment de sa représentativité, de son efficacité et de sa légitimité. Un appel qui aurait été utile s’il avait aussi dénoncé cette caste de clercs du système qui se partage mandat et rémunération. Autour de 2 à 3000 € pour des élus départementaux complètement incompétents et qui pour la plupart se contentent de participer à des réunions dirigés par les technos. Sans parler évidemment des rémunérations accessoires dans différentes institutions et organisations.

 

Département de moins de 250 000 habitants : 1 555,76 € bruts par mois et 1 858,67 € bruts par mois s’il est membre de la commission permanente.

Département de 250 000 à 500 000 habitants : 1 944,70 € bruts par mois et 2 139,17 € bruts par mois s’il est membre de la commission permanente.

Département de 500 000 à 1 million d’habitants : 2 333,64 € bruts par mois et 2 567 € bruts par mois s’il est membre de la commission permanente.

Département de 1 à 1,25 million d’habitants : 2 528,11 € bruts par mois et 2 780,92 € bruts par mois s’il est membre de la commission permanente.

Département de plus de 1,25 million d’habitants : 2 722,58 € bruts par mois et 2 994,84 € bruts par mois s’il est membre de la commission permanente.

 

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Le même phénomène qu’on rencontre d’ailleurs au plan des communes et des intercommunalités( exemple 20 vice-présidents pour la communauté de Saumur Val de Loire, 100 000 rémunérés chacun 3000 € !).

 

Tout est à remettre en cause les conditions d’émergence des candidats, leur mode d’élection, la nature des soutiens, le financement des campagnes sans parler du problèmes fondamentaux de la compétence de la gestion démocratique

 

Bref un appel qui aurait pu être utile s’il avait été centré sur le cœur de la problématique.

 

 

La tribune :

 

« Dimanche, le ciel nous est tombé sur la tête : 82% des électeurs de moins de 35 ans se sont abstenus, et même 84% des moins de 24 ans. Un record sous la Cinquième République, une déflagration démocratique totale, un cinglant aveu d’échec pour nos représentants.

Derrière ces chiffres sidérants et dramatiques, des explications et réalités multiples évidemment, mais au moins un constat, implacable : l’abstention, grande gagnante de cette élection, est plus que jamais le premier parti de France. Le phénomène abstentionniste n’est pas nouveau et ne cesse de grandir, élection après élection, depuis les années 1980. En 1986, au premier tour des élections régionales, l’abstention n’était que de 21,8%. Son accélération soudaine et historique dimanche doit nous interroger de toute urgence sur l’état de santé de notre démocratie électorale.

Comment expliquer, en effet, une telle érosion du vote, en particulier auprès des plus jeunes? Sans doute en grande partie par une évolution profonde des comportements électoraux de notre génération. Les jeunes s’expriment désormais à travers d’autres outils et canaux qu’ils estiment plus efficaces pour faire avancer la société. Ils s’engagent dans la rue, au sein des associations, ou encore pour des causes ponctuelles sur les réseaux sociaux, plutôt qu’en déposant un bulletin dans l’urne. Face à l’incapacité de la classe politique à rétablir un lien de confiance avec les citoyens, le vote n’apparaît plus comme un vecteur de changement puissant.

« A quoi bon voter, si rien ne change? ». Derrière ce renoncement, ce sont les fondements mêmes de la démocratie qui s’en trouvent désormais ébranlés. Aucune démocratie ne peut survivre durablement sans et contre ses électeurs. Or, quelle légitimité à long-terme pour des élus seulement plébiscités, en réalité, par une infime minorité des Français, et rejetés ou ignorés par tous les autres? Face à ce péril démocratique, nous avons décidé d’engager une initiative historique. Nous lançons un grand appel au vote transpartisan, d’une ampleur inédite.

Militants associatifs, syndicaux ou politiques, nous sommes plus de mille jeunes citoyens engagés de moins de 30 ans, aux quatre coins du pays, à faire le choix du rassemblement derrière une bannière commune, celle de la lutte contre l’abstention. Par delà nos engagements, nos parcours, nos idées, nos étiquettes partisanes, nous sommes animés par la même volonté d’agir. Par cette union symbolique, nous voulons provoquer un électrochoc : si l’abstention a remporté une bataille, il est encore temps de lui donner tort!

Nous voulons adresser un message simple à la jeunesse : dimanche, votez. Ne laissez personne d’autre décider, à votre place, de votre avenir. Reprenez le chemin des urnes pour faire entendre votre voix et défendre votre vision du monde. L’abstention est une tentation séduisante lorsque la classe politique donne le sentiment d’être hors-sol, déconnectée de nos réalités et aveugle aux aspirations de la jeunesse. Confrontés à une perte de repères et de perspectives d’avenir, et pour certains à une détresse financière et psychologique de plus en plus insoutenable, de nombreux jeunes ne se sentent plus concernés par l’offre politique qui leur est proposée. Mais s’abstenir, pourtant, n’est jamais la solution. Seulement une chimère qui ne fait qu’aggraver toujours davantage les maux de notre démocratie malade.

Les élections départementales et régionales ne sont certes pas les plus spectaculaires ou médiatiques, mais elles n’en demeurent pas moins primordiales et incontournables. Action sociale, transports, lycées, culture, tourisme, sport, développement économique, environnement, formation professionnelle : les départements et les régions jouent un rôle actif et décisif au cœur de nos vies quotidiennes. Alors, dimanche, faisons le pari du sursaut citoyen. En retournant aux urnes, nous pouvons saisir une opportunité immense : celle de déjouer les pronostics et les sondages fatalistes, de faire mentir ceux qui se satisfont d’une jeunesse mise de côté, de raviver, enfin, l’espoir d’une démocratie plus saine, au sein de laquelle chacun pourra faire entendre sa voix et porter ses convictions en harmonie.

Dimanche, nous avons la possibilité de faire reculer cet adversaire sans visage, et pourtant omniprésent, qu’est l’abstention. Ne laissons pas passer notre chance. Faisons, tous ensemble, le choix du vote. »

Régionales -appel aux jeunes : un flop !

Régionales -appel aux jeunes : un flop !

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  • La campagne lancée par Marlène Chiappa ( Qui par parenthès a pris une veste en Île-de-France)  auprès des jeunes de 18 25 ans se révèle un véritable fiasco en raison peut-être d’abord de la dialectique très politicienne qui ne mord pas sur un électorat attend surtout des perspectives politiques notamment en matière de formation utile et d’emploi. 

Dans le cadre de cette campagne des vidéos un peu cucul qui n’obtiennent aucun succès La première vidéo Facebook comptabilise certes près de 500 partages, mais seulement une trentaine de commentaires, dont de nombreux utilisateurs agacés : «toi aussi, sois infantilisé par ton gouvernement», écrit un internaute. «Le tutoiement ne gêne personne ?» interroge un second. «Je veux bien voter, mais je n’ai toujours pas reçu les professions de foi», indique un autre commentaire. Sur Twitter, les audiences sont plus honorables avec 50.000 vues.  Soit à peu près une audience comparable à celle du présent site ! En plus le réseau tweete est plutôt utilisé par les boomers que par les jeunes générations.

‘argument phare des quinze minutes de vote n’a aucun impact sur les raisons structurelles de l’abstention, à en croire le politologue Bruno Cautrès. «Ce n’est pas le bon argument. Les jeunes ne s’abstiennent pas par manque de temps ou parce qu’ils ne s’y intéressent pas, mais parce que le vote ne leur apparaît pas comme le meilleur moyen d’expression publique, affirme le chercheur au CEVIPOF, pour qui les réseaux sociaux ont tout de même un rôle à jouer dans les campagnes de communication envers les jeunes. Ce type d’action de communication n’a aucun effet à la dernière minute. Elle aurait dû être anticipée, calculée et partagée des semaines avant pour sensibiliser les jeunes aux rôles des régions et aux enjeux de ces élections.»

 

Pas de «RSA jeunes» mais des d’aides ciblées

Pas de «RSA jeunes» mais des d’aides ciblées

Une proposition de loi ouvrant le revenu de solidarité active à partir de 18 ans, au lieu de 25, de François Ruffin, député LFI, soutenue par les socialistes, les communistes et le petit groupe Libertés et territoires, a été retoquée en séance plénière après l’avoir déjà été en commission des Affaires sociales.

Tous les orateurs ont reconnu les difficultés des jeunes face à la crise, illustrées notamment par leur présence nombreuse dans les files d’attente des banques alimentaires. Mais deux visions se sont affrontées, entre l’octroi d’une allocation généralisée au travers de l’ouverture du RSA à partir de 18 ans, et des aides plus ciblées assorties d’un accompagnement renforcé vers la formation et l’emploi.

« Un revenu minimum pour les jeunes »? Louis Schweitzer

« Un revenu minimum pour les jeunes »?  Louis Schweitzer

Dans la Tribune , Louis Schweitzer l’ancien patron de Renault milite pour un revenu minimum pour les jeunes. Le problème sans doute ce qu’il souhaite le généraliser pour ceux qui sont en formation comme pour les autres. Bref un copier coller du RSA actuel qui n’a pas vraiment fait la preuve de sa capacité d’insertion professionnelle.

 

- Quels sont les grands enseignements du dernier rapport du comité d’évaluation ?

LOUIS SCHWEITZER - Le comité a d’abord regardé si les mesures adoptées dans la Stratégie de 2018 avaient été effectivement mises en œuvre. Il a constaté qu’elles avaient été inégalement appliquées. Certaines avaient complètement été mises en œuvre, la plupart ont commencé à être appliquées et certaines ont été tout simplement abandonnées comme le revenu universel d’activité (RUA).

La prime d’activité a eu un impact très important sur le nombre de personnes pauvres en 2019 selon des chiffres encore provisoires. Elle a réduit la proportion de personnes pauvres de 0,7 point. Le total de personnes pauvres est de 14,3% en France. Il faut néanmoins rappeler que la prime d’activité ne bénéficie qu’aux personnes ayant un salaire supérieur à 0,5 SMIC. Elle ne touche pas les plus pauvres.

La prime d’activité s’applique au profit d’actifs pauvres car elle peut toucher les actifs à temps partiel. C’est un dispositif bienvenu car beaucoup de personnes à temps partiel ont vu leur temps de travail diminué. La prime d’activité est tout à fait justifiée et pertinente. Le comité aurait souhaité qu’elle soit complétée par des mesures en faveur des plus pauvres. Dans ce domaine, il y a eu une subvention exceptionnelle de 100 millions d’euros pour les associations qui luttent contre la pauvreté. Cette somme est beaucoup plus faible que les charges supplémentaires assumées par ces associations. Il existe un autre problème majeur. Un tiers des personnes qui auraient le droit aux prestations destinées aux plus pauvres, notamment le RSA, n’en bénéficient pas.

Par ailleurs, les mécanismes de chômage partiel et de différé de l’assurance-chômage ont bénéficié d’abord aux personnes qui avaient une activité relativement bien rémunérée. Ceux qui vivaient de petits boulots à temps partiel n’ont pas bénéficié de mesures spécifiques pour compenser l’impact de la crise. Or ces personnes qui avaient des petits boulots souvent à temps partiel ont été particulièrement affectées par la crise.

Comment expliquez vous un tel niveau de non-recours de certaines prestations ?

Les démarches sont parfois compliquées pour ces personnes. Elles ne savent pas toujours que ces droits existent. La quantité de documents à remplir peut être décourageante. Un des objectifs majeurs de stratégie de lutte contre la pauvreté doit être que les personnes qui ont droit à des prestations puissent en bénéficier. L’une des mesures recommandée par le comité est de renforcer tous les moyens pour approcher le plus faible taux de non-recours. Tous ceux qui ont droit à des mesures d’aides contre la pauvreté doivent en bénéficier effectivement.

Les jeunes ont particulièrement souffert depuis le début de la pandémie. Êtes-vous favorable à une extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans ?

Dans le dernier rapport, le comité propose une mesure pour accorder un revenu minimal aux jeunes de 18 à 24 ans. Il suggère que ce régime soit rendu cohérent avec le régime des étudiants. Le dispositif doit s’appliquer autant aux étudiants, aux jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation (NEET) et les jeunes qui ont de très faibles ressources issues du travail. Il s’agit d’un système unique applicable aux jeunes. Ce système prendrait en compte le soutien familial quand celui-ci peut s’exercer. Il n’y a pas de raison de traiter différemment sur ce point une personne qui fait des études ou une personne qui a un petit boulot ou est au chômage. La proposition du comité est d’avoir un régime homogène, cohérent pour toutes les catégories des jeunes de 18 à 24 ans. Chez beaucoup de nos voisins, les jeunes de 18 à 24 ans bénéficient d’un revenu minimum. En revanche, ce n’est pas vraiment un RSA car cette proposition prend en compte la solidarité familiale. Beaucoup de jeunes de 18 à 24 ans n’ont pas de revenu propre mais ils bénéficient de fait de la solidarité familiale.

Quelles pourraient être les répercussions de la pandémie sur la pauvreté ?

Pour le moment, il n’existe aucune donnée chiffrée. Les dernières remontent à 2019. Cet été, les chiffres provisoires devraient sortir pour 2020 et des chiffres plus complets devraient sortir en 2022. C’est pourquoi nous allons à l’automne 2021 faire une note spéciale sur les conséquences de la pandémie. Les associations et réseaux associatifs ont noté dans leurs études ou leurs activités comme la distribution de repas gratuits qu’il y avait une hausse significative du nombre de personnes qui avaient recours à leurs services.

Il y a eu également une forte hausse du nombre de bénéficiaires du RSA. Cette hausse n’est pas tellement liée à de nouveaux arrivants dans le RSA. Les gens ont plus de mal à sortir de leur situation de pauvreté. Ces effets indiquent que la France devrait connaître une hausse de la pauvreté. Cet accroissement devrait se poursuivre en 2021. Les mesures spécifiques au chômage partiel vont disparaître alors que les effets de la crise vont se prolonger. La crise devrait toucher de nouvelles personnes en situation de pauvreté. Je pense notamment aux indépendants et aux patrons de petites entreprises. Beaucoup, parce que leur entreprise était déjà fragile avant la crise, n’ont pas pu profiter des prêts spéciaux accordés aux chefs d’entreprise dans le cadre de la lutte contre les conséquences de la pandémie.

La stratégie adoptée par le gouvernement pour tenter de freiner la pauvreté depuis le début de la pandémie vous paraît-elle à la hauteur des enjeux ?

Il y a plusieurs phases. Dans les premières mesures annoncées en juin 2020, la situation des pauvres n’avait pas été prise en compte. A l’automne 2020, le gouvernement de Jean Castex a pris un certain nombre de mesures significatives orientées vers les personnes pauvres. Ces mesures pour l’essentiel ne touchaient pas les pauvres parmi les pauvres. Je pense que les mesures actuelles devraient être complétées par d’autres dispositifs visant les plus vulnérables comme les jeunes. Si en moyenne le taux de pauvreté est de 14,3%, il atteint plus de 20% chez les jeunes. Ces derniers qui démarrent dans la vie professionnelle sont touchés plus que d’autres par la pandémie.

Les familles monoparentales traversent également une période extrêmement difficile. 35% des familles monoparentales sont en situation de pauvreté. Dans ces familles, la pandémie a des conséquences graves. Lorsque les écoles ou les systèmes de garde sont fermés, les capacités de travailler diminuent encore pour les parents uniques. Il s’agit d’une situation spécifique de personne particulièrement affectée par la pauvreté.

Le clivage gauche-droite obsolète chez les jeunes ?

 Le clivage gauche-droite obsolète chez les jeunes  ?

Selon la sociologue Anne Muxel, l’extrême droite ne fait plus figure de repoussoir chez les jeunes générations. Marine Le Pen est parvenue à incarner en partie le « vote protestataire ». (Interview le monde)

La sociologue Anne Muxel, directrice de recherches au Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, revient sur la forte tentation des jeunes pour un vote protestataire, à l’extrême droite mais aussi pour La France insoumise.

Existe-t-il un vote jeune ?

Au fil du temps, les jeunes se sont mis tendanciellement à voter comme le reste de l’électorat, avec cependant quelques inflexions. Ce n’était pas le cas dans les années post-Mai 68, où l’électorat jeune était marqué par un tropisme de gauche – on a pu parler d’une « génération Mitterrand » – qui avait sensiblement contribué à l’arrivée du candidat du Parti socialiste (PS) au pouvoir.

Ce vote s’est ensuite quelque peu résorbé, notamment avec l’élection de Jacques Chirac en 1995, pour lequel une majorité de jeunes électeurs a voté, participant finalement à un désir d’alternance politique. En 2007, lors de l’élection qui opposait Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, a ressurgi un vote majoritaire pour la gauche, mais, depuis, si l’électorat jeune reste plus à gauche que ses aînés, il est moins à gauche qu’auparavant.

 

Notamment avec le trouble introduit par le vote frontiste, qui a toujours concerné une partie significative de l’électorat jeune, particulièrement dans ses segments les plus populaires, les moins scolarisés, déjà au travail ou en quête de travail, chez qui Jean-Marie Le Pen ou sa fille ont fait des scores tout à fait importants. Beaucoup de jeunes qui votent pour Marine Le Pen se disent d’ailleurs ni de droite ni de gauche ; le clivage a perdu de sa pertinence chez eux. Et ce mouvement ne profite guère à la droite classique, Les Républicains ayant beaucoup de difficultés à attirer l’électorat jeune. Par ailleurs, l’enjeu écologique, devenu premier dans les préoccupations des jeunes, ne se traduit encore que timidement dans le vote écologique.

Y a-t-il eu un tournant dans ce vote pour le RN ?

C’est plutôt très progressif et cela participe des fluctuations, des mouvements, des réalignements qui ont affecté les évolutions de l’ensemble du corps électoral. Sans oublier la persistance de l’abstention, qui ne cesse de croître, mais est nettement plus marquée chez les jeunes. Quel que soit le type de scrutin, il y a toujours dix points d’abstention de plus dans cet électorat.

La dernière présidentielle est intéressante : alors même qu’il s’agissait d’une élection assez politisée, mettant en scène un candidat très jeune avec un discours net de renouveau de la vie politique, cette élection s’est soldée non seulement par un vote très tiède des 18-24 ans pour Emmanuel Macron, mais surtout une abstention forte, puisqu’un tiers des étudiants, a priori ceux qui ont le plus de chance de participer à un scrutin, sont restés en retrait.

 

 

1.5 millions jeunes décrocheurs en France

 

1.5 millions jeunes  décrocheurs en France

 

 

En 2008, le ratio des jeunes décrocheurs a bondi de deux points passant de 12,6% à 14,7% , au total 1.5 millions sont dans cette situation. 

 C’est à la fois la conséquence de l’écroulement du niveau scolaire et du  système d’orientation. .

Sur le vieux Continent, la France apparaît en deça (28% pour 12 % en moyenne), Pays-Bas (5,7%), la Suède (6,3%) et le Luxembourg (6,5%). A l’opposé, l’Italie (22%), la Grèce (17,7%) et la Roumanie (16,8%) apparaissent tout en bas du tableau. De tels contrastes au sein de l’Europe sont dus à des différences de traitement du chômage, à la couverture sociale et au rapport au travail.  la précarité augmente par ailleurs avec la détérioration de la croissance. Notons cependant que la France est plus mal classée que la Roumanie  dont le système scolaire n’est pas meilleur que celui de la France mais que leurs ressortissants acceptent plus volontiers des travaux manuels y compris à l’étranger.

Un RSA pour les jeunes !

Un RSA pour les jeunes !

Philippe AGHION, grand inspirateur de la politique économique de Macron dont on peut mesurer l’échec complet propose cependant maintenant un RSA jeune. On peut certes comprendre qu’il faille prendre des mesures spécifiques pour une jeunesse particulièrement touchée par les conséquences de la crise sanitaire. Pour autant après la catastrophe totale du RSA adulte qui n’a jamais débouché sur la moindre insertion, on peut s’interroger sur la pertinence de la reproduction d’un tel dispositif pour les jeunes.

 

Une mesure sans doute plus efficace serait celle d’une aide totalement liée à la perspective d’une insertion professionnelle avec une évaluation régulière.  Les explications de l’économiste dans la Tribune :

 

 

Cela fait plus d’un an que le virus se propage en Europe. Quelles leçons ont été tirées de la crise sanitaire et économique ? Voyez-vous des raisons d’y croire ?

PHILIPPE AGHION Oui, il y a de bonnes raisons d’espérer. C’est extraordinaire d’avoir pu produire à partir de cette technologie de l’ARN messager en un an à peine un vaccin à grande échelle. Ce vaccin va nous sortir de l’épidémie. Ces avancées confirment l’importance de l’innovation et du processus de « destruction créatrice » dans le développement humain. L’ARN messager est venu remplacer d’anciennes technologies. Il fallait mettre en place les moyens de transformer cette technologie en une production industrielle de masse et rapidement. Les Américains ont su le faire. Nous pas.

La crise peut-elle vraiment transformer le capitalisme sous sa forme actuelle ?

Rien n’est écrit à l’avance mais la crise pandémique a mis en lumière les défaillances du capitalisme dans les différents pays. Aux Etats-Unis, elle a fait éclater la faillite du modèle social. Plus de 500.000 morts ont été recensés et beaucoup de personnes ont perdu leur assurance santé ou sont tombées dans la pauvreté des qu’elles ont perdu leur emploi. Le plan Biden va leur apporter le soutien dont ils ont tant besoin. En Europe, la pandémie a illustré les défaillances de notre modèle d’innovation. Et en France, elle a révélé le drame de notre désindustrialisation ainsi que les dysfonctionnements de l’Etat. Ce que je souhaite c’est un capitalisme qui soit a la fois innovant comme aux Etats-Unis et protecteur comme en Europe et particulièrement au Danemark.

Pensez-vous que cette crise va vraiment amener la France à revoir sa politique industrielle et sa politique d’innovation ?

A l’occasion de cette crise, le président Macron et les pouvoirs publics ont pris conscience de la gravité de notre désindustrialisation et de la perte de vitesse de la France en matière d’innovation dans quasiment tous les secteurs industriels. Il n’y a guère que dans le nucléaire et l’aéronautique que la France est restée leader mondial.

Société- Jeunes et violence : le retour de la barbarie comme mode de régulation des rapports sociaux

Société- Jeunes et  violence : le retour de  la barbarie comme mode de régulation des rapports sociaux

 

 

 

Il est évident que le phénomène de la barbarie chez certains jeunes pris isolément ou organisés en bandes découle de plusieurs facteurs explicatifs. De ce point de vue, on notera que les sociologues engagés de l’extrême gauche sont peu enclins à travailler sur la problématique. Pas étonnant il y a aussi ce lien avec l’islamo gauchisme et la culture qu’il véhicule.

L’État porte évidemment une responsabilité du fait qu’il a abandonné depuis longtemps le terrain de l’autorité aussi bien dans l’espace public qu’à l’école ou ailleurs. Une autre responsabilité incombe évidemment aux familles où l’enfant devient roi ou bien complètement imperméable à toute contrainte familiale.

En plein abandon , certains jeunes nourris de vidéos sanguinaires font confondre le virtuel et la réalité, ils sont aussi influencées par les règles criminelles des réseaux de drogue et sont en recherche de réassurance identitaire. Il la trouve dans la bande et l’affrontement avec un groupement rival constitue le moyen de renforcer l’adhésion à la solidarité du groupe. Les affrontements se font souvent sur fond de concurrence de réseaux  de drogue mais pas toujours.

Il faut aussi reconnaître que la plupart des profils assez primaires et assez manichéens engagés dans des guerres pouvant même être de nature criminelle à la moindre occasion conflictuelle.

La véritable crise prend son origine dans l’abandon total de l’autorité par l’État, par les familles, par l’école et par la communauté citoyenne.

On ne résoudra pas cette question de manière simpliste car elle s’inscrit dans une crise de société plus générale où  l’intermédiation porteuse  des valeurs est elle-même en phase d’affaiblissement voire de disparition.

Une situation qui découle d’une société qui se replie sur l’individualisme et qui perd ses repères communs de vie sociétale et de responsabilité collective.  Et les crimes d’enfants entre eux sont une preuve supplémentaire de cette  décomposition sociétale.

Un encadrement militaire pour les jeunes violents ? Et les autres ?

Un encadrement militaire pour les jeunes violents ? Et les autres

 

 

C’est la proposition du député des républicains Aurélien Pradié. Pas une proposition vraiment nouvelle puisque déjà évoquée quand Villepin était premier ministre. En fait une sorte de service militaire anticipé. Une proposition sans doute incontournable si on veut éviter l’incarcération des jeunes dans les prisons classiques. Se pose cependant le problème de l’encadrement militaire pour toute la jeunesse.

 

De ce point de vue, il serait sans doute urgent de sortir de l’hypocrisie générale qui a consisté à supprimer ce service militaire qui permettait un brassage sociologique mais aussi une appropriation des valeurs de la république. Le service national volontaire qu’il a remplacé est une sorte d’ersatz de l’ancien système qui ressemble davantage à une colonie de vacances. Alors qu’on demandait précédemment aux boomers d’aller éventuellement se faire tuer dans des guerres coloniales, le pouvoir depuis des années n’ose même pas demander à la jeunesse de consacrer obligatoirement quelques mois au service du pays par exemple pour participer à la lutte contre l’insécurité.

On objectera qu’il existait déjà des établissements publics d’insertion de la Défense (Epide), mais qui n n’avait rien rien de militaire et prend grand-chose de professionnel. En plus dans les financements ont été coupé par Taubira.

« Face à des adolescents de plus en plus violents, il nous faut des outils rééducatifs forts », explique le numéro Aurélien pratiqué. « Je ne crois pas au choix de la prison, où les mineurs se mélangent aux délinquants de droit commun et ressortent plus dangereux qu’ils ne sont arrivés, sans aucune perspective de réinsertion ».

Outre les députés de droite, plusieurs responsables politiques avaient déjà défendu la discipline militaire comme moyen favorable pour canaliser les jeunes. Lors des campagnes présidentielles de 2007 puis 2017, Ségolène Royal avait fermement soutenu l’idée, de même que le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer en 2018, en marge du mouvement #pasdevagues, pour insuffler aux mineurs le sens du civisme. Avec la proximité des élections, on peut penser que rien ne sera décidé pour ne pas fâcher la susceptibilité de la jeunesse.

Violences jeunes : La médiatisation aussi responsable

Violences jeunes  : La médiatisation aussi responsable

 

 

Gérard Mauger , auteur du livre « La sociologie de la délinquance juvénile », décrypte pour franceinfo les récentes rixes qui se sont multipliées en Ile-de-France.

Franceinfo : Y a-t-il, actuellement, une recrudescence des violences entre bandes rivales ou est-ce un phénomène qui a toujours existé ?
Gérard Mauger : Je n’en sais rien, parce que c’est très difficile de compter ce genre d’événements. C’est une impression si on écoute la radio et qu’on lit le journal, mais disons que cela retient spécialement l’attention des médias en ce moment parce qu’il y a eu des événements graves et successifs dans la même zone. Est-ce, pour autant, quelque chose de nouveau ? Je peux répondre catégoriquement que non. C’est très, très ancien. C’est un phénomène aussi ancien que les bandes. Les bandes, si tant est qu’il soit facile de les définir et que l’on s’en tient à un horizon historique relativement récent, remontent aux blousons noirs, dans les années 1950. Puis, il y a les loubards sur lesquels j’ai travaillé à la fin des années 1970 et aujourd’hui les jeunes des cités depuis le début des années 2000. Ce qui m’a frappé à travers mes enquêtes et ce que j’ai lu, c’est le caractère structurel ancien d’un même phénomène qui se répète à intervalles réguliers, qui attire plus ou moins l’attention.

Comment définiriez-vous une bande ?

Pour les définir, il faut dire un mot sur le recrutement, parce que c’est à peu près toujours le même. Ce sont des garçons des classes populaires en général, plutôt précarisés, très souvent en échec scolaire et qui se retrouvent en quelque sorte disqualifiés scolairement. Ils sont disqualifiés de ce fait aussi familialement comme des mômes turbulents, que les parents ont toutes les peines à contrôler. Ils tendent à se regrouper entre eux parce qu’ils ont ces différents éléments en commun, outre le voisinage ou le même établissement scolaire. Ils se regroupent sur la base de leur proximité sociale et de leur proximité géographique.

Et qu’est-ce qu’ils font ? On peut le résumer en disant qu’il s’agit au fond de cultiver collectivement les ressources dont ils disposent : la force physique et les valeurs de virilité.

« Il s’agit d’être costaud, de pas avoir peur, d’être capable de faire face, d’être un homme, dans la définition qu’en font ces jeunes. C’était vrai avec les blousons noirs et avec les loubards, c’est vrai pour les jeunes des cités aujourd’hui. C’est la constante de longue durée. »

C’est ce que j’ai appelé « le capital agonistique », la capacité à faire face et à se battre. Ce capital se mesure et se manifeste dans les affrontements au sein des bandes, mais l’exercice principal pour en faire preuve est collectif, en se bastonnant avec la bande d’à côté. Les prétextes sont plus ou moins futiles. Ce sont toujours les mêmes d’ailleurs : « il m’a regardé de travers »« il a dragué ma sœur ou ma copine »… C’est la guerre de Troie : des prétextes futiles, mais l’objectif principal, c’est de savoir qui est le plus costaud et le plus fort.

L’autre affrontement privilégié, ce sont les affrontements avec la police. La police est perçue comme une bande rivale, qui fonctionne avec la même ressource qu’eux : du capital agonistique et les valeurs de virilité. C’est une histoire très ancienne. De ce point de vue là, je crois que c’est toujours la même chose, mais cela ne veut pas dire que rien ne change.

Justement, quelles évolutions avez-vous observées ?

La première, sans doute essentielle, c’est que les blousons noirs et la plupart des loubards de la fin des années 1970 travaillaient. Ils sortaient de l’école mais ils travaillaient dans des métiers sous-qualifiés, avec une prédilection pour les métiers de force, qu’ils exerçaient systématiquement. Pour parler comme Karl Marx, la force de travail simple valait encore quelque chose sur le marché de l’emploi. Aujourd’hui, sans diplôme, sans aucun capital scolaire, quand on n’a que ses bras, c’est difficile de trouver un boulot. Donc ils se retrouvent au chômage, dans de petits boulots, des stages de faible durée et donc aussi sans un rond.

Ce qui veut dire – deuxième changement – que dès qu’ils sont assez grands, très souvent, ils sont investis dans le « business », le trafic de drogue essentiellement, à des fins économiques et de subsistance. Un changement majeur se produit avec la connexion entre le monde des bandes et le milieu de la délinquance professionnelle.

Il y a une troisième évolution, qui est sans doute plus récente et que je connais mal, mais qui est, je suppose, vraie à travers ce que j’entends dire en ce moment : la présence des réseaux sociaux. Pendant longtemps, dans ces bagarres entre bandes, l’arbitre des élégances, c’était Le Parisien. Apparaître dans le journal, c’était un titre de gloire. Je pense que cette fonction est aujourd’hui remplacée par les réseaux sociaux. Ils peuvent se mettre en scène eux-mêmes et montrer leurs faits d’armes et leur suprématie pour tenter de la faire reconnaitre par d’autres. Je pense que cela est sans doute un facteur d’accélération.

Un autre changement est régulièrement évoqué, celui d’un niveau de violence qui serait supérieur. Qu’en pensez-vous ?

Il y a une distinction, à mon avis, à faire avec les règlements de comptes à l’arme à feu, qui sont un autre type de conflits. Des kalachnikovs, on n’en a pas encore vu dans les rixes entre bandes. Cela peut venir, je n’en sais rien, mais c’est pour les plus grands pour l’instant. Ce qu’on voit, ce sont les armes blanches, mais ce n’est pas une nouveauté. Les blousons noirs s’étaient fait connaître pour l’usage des chaînes de vélo ou de mobylette, qui étaient quand même relativement dangereuses.

Vous parliez de la focalisation des médias sur ces affrontements en ce moment. Est-ce que cette médiatisation joue un rôle ?

La médiatisation encourage le phénomène parce que ça le met en scène comme valant quelque chose. Ce sont des garçons qui sont socialement, scolairement, professionnellement disqualifiés et les voilà qualifiés comme un phénomène intéressant. Cela va, d’une certaine façon, au devant de leurs enjeux, des enjeux symboliques dont je vous parlais à propos du Parisien. C’est un des effets produits par la médiatisation. Je pense qu’on peut se demander si la prolifération, la multiplication de ces faits récents en Ile-de-France n’a pas à voir avec la médiatisation.

Il y aurait donc une logique d’imitation ?

Oui, c’est la gloire de passer à la télé, d’être dans les journaux. C’est un titre de gloire, perçu comme tel, même si c’est tragique et pas drôle. Donc, on peut se demander si, en tout cas, cette extrême médiatisation n’est pas un encouragement involontaire de ce genre d’événements.

Comment faire pour juguler ce phénomène, selon vous ?

Les solutions sont là aussi extrêmement banales. Cela fait toujours un peu incantatoire de dire cela, mais c’est important : il faut lutter contre l’échec scolaire, lutter contre la paupérisation et la dislocation des familles, le chômage endémique… C’est la mobilisation de l’Etat social, une chose évidemment fondamentale pour leur permettre d’avoir une vie de jeunes normaux : un boulot à peu près stable, se marier, avoir des enfants. Se ranger, c’était l’avenir très classique des blousons noirs. Ils faisaient le service militaire et c’était fini. A ce propos, les médias disent souvent – mais c’est faux – qu’ils sont de plus en plus jeunes et de plus en plus violents. Le plus frappant, c’est qu’ils sont au contraire de plus en plus vieux.

« Vous voyez se prolonger le stationnement dans la bande sous une forme ou une autre, faute de pouvoir réaliser cet avenir à la fois professionnel et matrimonial banal parce qu’ils n’y arrivent pas. Cela me semble être un phénomène tout à fait important. »

Il y a le travail social en général, avec des expériences intéressantes qui consistent à tenter de détourner, de canaliser et de valoriser les ressources dont disposent ces jeunes. C’est-à-dire de ne pas invalider la force physique et la virilité mais, au contraire, les utiliser à des fins moins nocives pour eux-mêmes et pour les autres que celles de la baston. Il y a le sport, évidemment. Je me souviens également que lorsque la gauche était arrivée au pouvoir avec François Mitterrand en 1981, des opérations dites « anti-été chaud » avaient été mises en place. L’une d’elle, particulièrement amusante, avait été instaurée par les CRS, qui proposaient des stages de moto. Ça avait marché du tonnerre de Dieu, parce que c’était la mobilisation de ressources qui étaient les leurs, qui permettaient de se valoriser en n’étant pas des cancres et des bons à rien. Ce type d’opérations qui mobilise les ressources dont ils disposent et qui les intéressent, dans lesquelles ils peuvent s’investir, sont bonnes à prendre en termes de travail social. C’est tout à fait utile si elles sont intelligentes et bien faites.

Que pensez-vous de la logique, suivie en Essonne par le ministre de l’Intérieur, du renforcement des effectifs de police ?

Malheureusement, cela ne sert à rien, sinon à aggraver les choses. C’est-à-dire le risque de déclencher ce qu’on appelle des violences urbaines, des rixes entre les bandes de jeunes et les flics. Je ne dis pas qu’il ne faut pas mettre des policiers. Mais pour ces faits là, à mon avis, non. Car cela supposerait qu’ils puissent identifier sur le terrain les bandes, les affrontements possibles. Bon courage. Comment les entraver ? Qu’est-ce que vous voulez qu’ils fassent ? Ils ne vont pas les surveiller indéfiniment 24 heures sur 24, c’est tout simplement impossible. Ça me semble totalement vain, et même risqué. Je ne veux pas tenir un discours bêtement anti-flics, mais j’ai peur que ce genre de remède soit pire que le mal.

Société- Jeunes et violence : la barbarie comme mode de régulation des rapports sociaux

Société- Jeunes et  violence : la barbarie comme mode de régulation des rapports sociaux

 

 

 

Il est évident que le phénomène de la barbarie chez certains jeunes pris isolément ou organisés en bandes découle de plusieurs facteurs explicatifs. De ce point de vue, on notera que les sociologues engagés de l’extrême gauche sont peu enclins à travailler sur la problématique. Pas étonnant il y a aussi ce lien avec l’islamo gauchisme et la culture qu’il véhicule.

L’État porte évidemment une responsabilité du fait qu’il a abandonné depuis longtemps le terrain de l’autorité aussi bien dans l’espace public qu’à l’école ou ailleurs. Une autre responsabilité incombe évidemment aux familles où l’enfant devient roi ou bien complètement imperméable à toute contrainte familiale.

En plein abandon , certains jeunes nourris de vidéos sanguinaires font confondre le virtuel et la réalité, ils sont aussi influencées par les règles criminelles des réseaux de drogue et sont en recherche de réassurance identitaire. Il la trouve dans la bande et l’affrontement avec un groupement rival constitue le moyen de renforcer l’adhésion à la solidarité du groupe. Les affrontements se font souvent sur fond de concurrence de réseaux  de drogue mais pas toujours.

Il faut aussi reconnaître que la plupart des profils assez primaires et assez manichéens engagés dans des guerres pouvant même être de nature criminelle à la moindre occasion conflictuelle.

La véritable crise prend son origine dans l’abandon total de l’autorité par l’État, par les familles, par l’école et par la communauté citoyenne.

On ne résoudra pas cette question de manière simpliste car elle s’inscrit dans une crise de société plus générale où  l’intermédiation porteuse  des valeurs est elle-même en phase d’affaiblissement voire de disparition.

Une situation qui découle d’une société qui se replie sur l’individualisme et qui perd ses repères communs de vie sociétale et de responsabilité collective.  Et les crimes d’enfants entre eux sont une preuve supplémentaire de cette  décomposition sociétale.

Jeunes et violence : la barbarie comme mode de régulation des rapports sociaux

Jeunes et  violence : la barbarie comme mode de régulation des rapports sociaux

 

 

 

Il est évident que le phénomène de la barbarie chez certains jeunes pris isolément ou organisés en bandes découle de plusieurs facteurs explicatifs. De ce point de vue, on notera que les sociologues engagés de l’extrême gauche sont peu enclins à travailler sur la problématique. Pas étonnant il y a aussi ce lien avec l’islamo gauchisme et la culture qu’il véhicule.

L’État porte évidemment une responsabilité du fait qu’il a abandonné depuis longtemps le terrain de l’autorité aussi bien dans l’espace public qu’à l’école ou ailleurs. Une autre responsabilité incombe évidemment aux familles où l’enfant devient roi ou bien complètement imperméable à toute contrainte familiale.

En plein abandon , certains jeunes nourris de vidéos sanguinaires font confondre le virtuel et la réalité, ils sont aussi influencées par les règles criminelles des réseaux de drogue et sont en recherche de réassurance identitaire. Il la trouve dans la bande et l’affrontement avec un groupement rival constitue le moyen de renforcer l’adhésion à la solidarité du groupe. Les affrontements se font souvent sur fond de concurrence de réseaux  de drogue mais pas toujours.

Il faut aussi reconnaître que la plupart des profils assez primaires et assez manichéens engagés dans des guerres pouvant même être de nature criminelle à la moindre occasion conflictuelle.

La véritable crise prend son origine dans l’abandon total de l’autorité par l’État, par les familles, par l’école et par la communauté citoyenne.

On ne résoudra pas cette question de manière simpliste car elle s’inscrit dans une crise de société plus générale où  l’intermédiation porteuse  des valeurs est elle-même en phase d’affaiblissement voire de disparition.

Une situation qui découle d’une société qui se replie sur l’individualisme et qui perd ses repères communs de vie sociétale et de responsabilité collective.  Et les crimes d’enfants entre eux sont une preuve supplémentaire de cette  décomposition sociétale.

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