Archive pour le Tag 'Jean Pisani-Ferry'

Retraites: manque de confiance dans la réforme (Jean Pisani-Ferry)

Retraites: manque de confiance dans la réforme (Jean Pisani-Ferry)

Jean Pisani-Ferry, Professeur ­d’économie à Sciences Po , un  des inspirateur de la réforme,  souligne cette nécessité et en même temps les incertitudes facteurs d’inquiétude relatifs notamment à l’indexation.

 

 

« Pour la grande majorité des actifs, et en particulier pour les plus jeunes, la question la plus lourde, en matière de retraites, est de savoir sur quel niveau de pension ils vont pouvoir compter demain. Alors que le régime universel par points se voulait une réponse à la montée de l’anxiété face à l’avenir que signalent toutes les enquêtes, le projet de réforme du gouvernement n’a jusqu’ici réussi qu’à attiser les angoisses. Et, alors que l’enjeu de la sécurisation des pensions devrait être au centre des débats sur le futur système, il est largement occulté par les controverses sur l’âge pivot et les régimes spéciaux.

Un régime par répartition est un contrat par lequel les actifs investissent collectivement dans les performances économiques futures du pays. Au lieu d’acheter des titres financiers, comme avec la capitalisation, ils acquièrent collectivement des droits sur la croissance à venir. L’objet des règles de la répartition est de définir avec précision ces droits.

La Sécurité sociale de l’après-guerre avait généralisé des droits qui se sont révélés insoutenables. Les réformes engagées à partir des années 1990 les ont donc remis en cause, en particulier en indexant les droits accumulés chaque trimestre (ce qu’on appelle « les salaires portés au compte ») sur les prix, au lieu des salaires. Combinée aux mesures d’âge qui se sont succédé, cette mesure subreptice mais puissante a permis de ramener le régime par répartition au voisinage de l’équilibre. Ce mode d’indexation n’est cependant ni équitable – il pénalise celles et ceux dont la fin de carrière a été difficile – ni économiquement défendable. Contrairement à ce que disent tous les avocats du statu quo, le temps est venu de définir, pour l’avenir, de nouvelles règles de revalorisation des droits.

Cette redéfinition figure dans le projet de loi. Les principes en sont posés : les droits – c’est-à-dire à la fois la valeur du point et son taux de conversion en pension, qu’on appelle « valeur de service » – seront indexés sur le revenu moyen par tête (la polémique qui s’est ouverte sur cet indice est sans objet car rien ne fait obstacle à sa mesure objective) ; l’âge d’équilibre évoluera en fonction de l’espérance de vie ; les pensions elles-mêmes seront, comme aujourd’hui, indexées sur les prix.

Mais le texte en discussion au Parlement reste elliptique sur plusieurs points importants : l’indexation ne sera complète qu’en 2045 ; elle s’appliquera par défaut, en l’absence de décision en sens contraire de la caisse de retraite ou du gouvernement ; et elle sera soumise à une règle d’or imposant le respect de l’équilibre financier sur cinq ans. »

« N’attendons rien de Francfort… et de l’Allemagne » Jean Pisani-Ferry

« N’attendons rien de Francfort… et de l’Allemagne » Jean Pisani-Ferry

 

 

Dans une tribune au Monde,  Jean Pisani-Ferry critique fortement l’inefficacité de la BCE dont il estime qu’il ne faut rien attendre. En creux,  il critique tout autant l’Allemagne enfermée dans les dogmes de l’orthodoxie financière qui va tuer l’Europe ; Il  préconise une relance verte pour répondre au risque de récession. Cette piste est, selon lui, la plus prometteuse.

 

Chronique.

 

«  Aurons-nous les moyens de répondre à la prochaine récession ? Si le ralentissement actuel européen se transforme en retournement, d’où pourra venir la réponse ? La menace n’est pas immédiate, mais le risque est désormais assez concret pour que la question se pose.

Entre 2015 et 2017, la croissance de la zone euro a été un peu supérieure à 2 % l’an. En 2019, elle sera sans doute moitié plus basse, et la Commission européenne n’envisage plus de rebond en 2020-2021. Dans le langage codé des prévisionnistes, c’est la marque d’une vraie inquiétude, une manière de dire qu’en dépit des initiatives de la Banque centrale européenne (BCE) et de politiques budgétaires qui ne sont plus guère austères, il n’en faudrait pas beaucoup pour que l’économie européenne bascule dans la récession.

Ce tassement peut largement être attribué à l’épuisement d’un modèle trop centré sur l’exportation. De 2007 à 2017, le solde extérieur de la zone euro est passé de l’équilibre à un excédent de quatre points de produit intérieur brut (PIB). Mais le commerce international est aujourd’hui à l’arrêt. Protectionnisme américain, ralentissement chinois et crise automobile sonnent le glas du tout à l’exportation.

Ce n’est pas de Francfort que viendra le salut. Pour stimuler une économie qui pique du nez, une banque centrale abaisse en moyenne son taux d’intérêt de cinq points sur la durée du cycle économique. Or le taux de la BCE est déjà nettement négatif. Quant à ses achats de titres, ils n’ont plus beaucoup d’effet sur les taux des emprunts publics. Nous touchons au bout des stratégies de soutien monétaire.

Peut-on alors compter sur le relais de la politique budgétaire ? Les Etats-Unis, dont la dette publique dépasse de vingt points celle de la zone euro, ne se privent pas de l’envisager, mais avec les règles européennes en vigueur, ni la France, ni l’Italie, ni l’Espagne, ni la Belgique ne disposent de marges d’action. Or ces pays comptent pour 52 % du PIB de la zone. L’Allemagne (qui pèse 28 %) pourrait agir, mais son propre frein constitutionnel à la dette ne lui laisse que très peu d’espace. Les Etats européens sont collectivement dans une situation de quasi-paralysie budgétaire.

Bien entendu, on peut ruser avec les règles – les Etats ne s’en privent pas. Mais cela ne suffira pas à doter la zone euro d’une capacité de réponse à la mesure des risques. Bien entendu aussi, des clauses de sauvegarde permettent de suspendre l’application des règles en cas de choc d’ampleur. Mais ces dispositions ne joueront qu’après l’enclenchement d’une récession prononcée, et pour une durée limitée. Il y a toutes chances que ce soit trop peu, trop tard. »

Macron : une méthode trop jupitérienne (Jean Pisani-Ferry )

Macron : une méthode trop jupitérienne  (Jean Pisani-Ferry )

 

C’est l’ancien responsable du programme électoral qui le dit, Macron se comporte trop comme un monarque et se coupe des réalités avec ses décisions autoritaires. – Jean Pisani-Ferry, plaide, dans une interview au JDD, pour une pratique « moins jupitérienne » du pouvoir. Extrait de l’article. »L’important, c’est que les Français deviennent les acteurs de la transformation de leur société. C’est une condition du succès. Cela suppose plus de délibération, une méthode moins jupitérienne », estime dans nos colonnes l’économiste, qui se dit « ni propriétaire ni comptable » du programme présidentiel. Jean Pisani-Ferry revient ainsi sur plusieurs mesures de l’exécutif. Il juge notamment « dommage d’avoir décalé dans le temps la baisse des cotisations salariés pour des raisons budgétaires » et estime que la « contrepartie logique » de la révision de la fiscalité du capital et de l’ISF aurait été de mettre en place « un impôt fort sur les grosses successions ». « Sauf qu’il faut un courage énorme pour le faire passer… », ajoute Jean Pisani Ferry. Quant au prélèvement à la source, ce dernier juge que si la réforme est « techniquement prêt, […] il faut y aller ».A ses yeux, l’essentiel est de prendre en compte le constat « fort et sincère » fait par Nicolas Hulot lors de sa démission : « Ce n’est pas une affaire de personne, ni même de mesures techniques. […] Il faut fixer ce que nous voulons atteindre à dix ans et en faire [de la transition écologique] un axe central de l’action gouvernementale. » Avec deux autres économistes – Philippe Aghion et Philippe Martin -, Jean Pisani-Ferry avait déjà, dans une note confidentielle, fait part en juin dernier de ses critiques à propos de la politique menée par le Président. « Notre constat [de l'époque] reste valable », assure-t-il aujourd’hui.

 

 

Macron renforcé par la journaliste Laurence Haïm et l’économiste Jean Pisani-Ferry

Macron renforcé par la journaliste Laurence Haïm et l’économiste Jean Pisani-Ferry

Dans un contexte politique caractérisé par une surenchère des promesses démagogiques et illusoires, Macron tente de se singulariser par des propositions crédibles faisant le lien entre les aspirations sociales et les capacités de réalisation notamment dans le domaine financier. Pour cela Macron se renforce dans 2 domaines : celui de l’expertise et celui de la communication. Macron bénéficie de deux récentes recrues de choix, pas des crocodiles de la politique mais un économiste très reconnu, Jean Pisani-Ferry, commissaire général de France stratégie (l’ancien commissariat au plan) et une grande spécialiste de la communication,  la très sérieuse la seule journaliste française à avoir obtenu en 2008 de pouvoir interviewer Barack Obama après son élection.  Avec surtout le recrutement de Jean Pisani-Ferry macro renforce encore sa capacité d’expertise. L’ancien Commissaire général de France Stratégie – est conscient des enjeux  «La difficulté qu’ont les partis de gouvernement à sortir de leurs habitus a rendu leur action illisible. Dans les circonstances actuelles de crise démocratique et sociale, il faut une ambition nouvelle pour tout à la fois conserver l’exigence de responsabilité et répondre à la colère des citoyens. C’est le cas de Macron. C’est un choix positif.». Macron a sans doute raison de vouloir mieux communiquer mais à partir d’analyses sérieuses et pertinentes. De ce point de vue,  il est à peu près le seul candidat qui connaisse l’économie. Les autres ayant plutôt des profils de généralistes politiques, c’est-à-dire des pros du métier de politique  depuis 10,  20 ou 30 ans. Des pros de la politique qui fonde leur proposition sur des bases idéologiques autant par conviction que par ignorance des réalités économiques socio-économiques. La plupart parlent  par exemple du travail sans jamais avoir mis les pieds dans la production ou de manière plus générale dans l’entreprise privée. Du coup, ils sont forcément contraints de s’en tenir à des réflexions très générales et souvent de nature étatiste faute de compréhension des  réalités concrétés et locales.

 




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