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Ferrand : « je reste » ….comme de Rugy

Ferrand : «  je reste » ….comme de Rugy

 

 

 

En se s’asseyant  sur le protocole, Ferrand  à utilisé le papier officiel de l’assemblée nationale pour justifier sa position dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. La moindre des choses aurait voulu qu’il manifeste sa position sous son seul nom. En effet à l’époque des faits reprochés, Richard Ferrand n’était ni ministre, ni président de l’assemblée.  En plus Richard Ferrand a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de démissionner. Or évidemment la décision ne lui appartient pas. Certes comme il y a séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif, le gouvernement ne peut décider de sa mise à l’écart.

Pour autant Ferrand doit rendre des comptes à ceux qui l’ont élu, c’est-à-dire d’une part les députes, d’autre part les électeurs. En outre aujourd’hui, l’opinion publique peut largement s’exprimer à travers les médias notamment les réseaux sociaux. La pression médiatique n’est pas prête de diminuer. Il se pourrait bien que Richard Ferrand connaisse le sort de Rugy. D

e toute façon,  il le mérite encore davantage que l’ancien ministre de l’écologie On sait en général comment ces affaires évoluent. Plus le temps passe et plus les gouvernements s’enfoncent  dans la boue politique et le moment venu il faut lâcher l’intéressé. Le gouvernement aura  perdu plusieurs semaines voire plusieurs mois avec une nouvelle atteinte à sa crédibilité. Notons d’ailleurs que les éléments de langage de l’ensemble du gouvernement pour défendre Richard Ferrand sont assez pauvres. Les macronistes  en effet se rangent derrière le paravent de la séparation des pouvoirs comme si Richard Ferrand n’était pas un proche de Macron. Paradoxe, lors  de la formation du premier gouvernement de Macron, Richard Ferrand avait été écarté d’un poste ministériel pour les mêmes motifs que lui reprochent aujourd’hui la justice avec en plus une mise en examen officiel

L’Elysée, le Premier ministre, Edouard Philippe, et plusieurs hauts responsables de la majorité sont venus au secours de ce proche d’Emmanuel Macron en invoquant aussi la présomption d’innocence.

Richard Ferrand a été mis en examen dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’issue d’un interrogatoire de plusieurs heures dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en janvier 2018 à la demande du Parquet national financier (PNF).

Sa compagne, Sandrine Doucen, a quant à elle été placée sous le statut de témoin assisté au terme de son audition, jeudi, selon une source judiciaire.

Dans un communiqué publié dans la nuit, les services de la présidence de l’Assemblée nationale ont indiqué que Richard Ferrand prenait “acte” de sa mise en examen “qui va lui permettre de pouvoir se défendre dans ce dossier en bénéficiant de tous les droits attachés” au statut de mis en examen.

“Serein” sur l’issue de la procédure, “le président de l’Assemblée nationale est déterminé à poursuivre la mission que lui ont confiée ses pairs et ses électeurs au service de la représentation nationale et de son pays”, peut-on lire.

Contacté par Reuters, l’Elysée a fait savoir qu’Emmanuel Macron “conservait tout son soutien et toute sa confiance” à Richard Ferrand. Exactement ce qu’avait déjà déclaré effet le pouvoir vis-à-vis de de Rugy !

Affaire Rugy : « moi, je mange des nouilles » (Marlène Schiappa)

Affaire Rugy :  « moi, je mange des nouilles »  (Marlène Schiappa)

 

 

On ne peut pas dire que de Rugy bénéficie réellement d’un grand soutien dans la majorité et au gouvernement. Nombre de responsables ont en effet enfoncé le ministre de l’écologie et continuent  même de le faire. Griveaux  par exemple, déjà e, campagne électorale à Paris, avait déclaré que de Rugy donnait  une terrible image de la politique. Il y en a certains plus ambigus qui condamnent et soutiennent en même temps. C’est le cas de Barbara Pompili qui a d’abord nettement critiqué l’utilisation de l’indemnisation parlementaire pour payer le parti puis qui s’est ravisée quand elle a appris que les sommes avaient été remboursées. Ce serait une affaire de trésorerie d’après de Rugy. En fait, c’est un peu comme si un voleur avait piqué dans la caisse d’un magasin et était revenu quelques semaines ou quelques mois plus tard pour rembourser en pensant effacer complètement le délit. Dans une entreprise, cela s’appelle un abus de biens sociaux ; c’est tout simplement du vol. Il y a les réalités  qui justifient les condamnations de de Russie mais aussi le fait que de Russie politiquement ne représente strictement rien pour la majorité. C’est un oligarque qui  fait de la politique depuis 25 ans mais ne doit sa carrière qu’à ses retournements de veste. D’où la distance et les condamnations de membres de la majorité C’est le cas, notamment, de Marlène Schiappa. Ce mercredi, au micro de RTL, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les Femmes et les Hommes s’est pour le moins désolidarisée de l’ex-ministre. «Je comprends très bien que François de Rugy se sente harcelé et dénonce, de son point de vue, une tentative de démolition», a-t-elle affirmé. «Mais je pense qu’il faut prendre de la hauteur, et prendre le point de vue du journaliste d’enquête qui fait son travail. Je crois qu’on ne peut pas plaider pour la transparence d’un côté et fustiger cette transparence de l’autre», a-t-elle ajouté. Poursuivant sur la question de la transparence, la secrétaire d’État a regretté que la vie des membres du gouvernement «fasse l’objet de beaucoup de mythes», et a tenu à mettre en avant son propre mode de vie, qu’elle veut éloigner des clichés véhiculés par ces affaires. «La vérité, c’est que lorsque nous faisons un dîner de travail, le soir, nous buvons des carafes d’eau et mangeons des nouilles chinoises instantanées, qui coûtent 1,73€ en supermarché. Dans mon appartement de fonction, j’ai un portant à vêtement Ikea à 9€, que j’ai payé moi-même», a soutenu Marlène Schiappa. Affirmant qu’elle ne portait «aucun jugement» sur les travaux réalisés par François de Rugy, elle a ajouté: «Il ne faut pas s’imaginer qu’on a un compte ouvert avec lequel on peut réaliser toutes les dépenses qu’on souhaite réaliser».

Fonctionnaire : je t’aime moi non plus !

Fonctionnaire : je t’aime moi non plus !

 

Une bonne opinion des fonctionnaires dans une enquête du Figaro pour 65% de l’opinion mais des fonctionnaires, toutefois qui ne travaillent pas assez pour 59 % des Français.  85% estiment qu’il serait judicieux d’aligner à la hausse la durée de travail des fonctionnaires territoriaux sur les 35 heures par semaine. Sans doute aussi les fonctionnaires d’État. Selon l’Inspection générale des finances, sur un effectif audité de 1,1 million d’agents publics d’État, 310.000 travaillent moins que le seuil légal des 35 heures. . Près de 6 Français sur 10 ne demandent  pas une réduction du nombre de fonctionnaires. 37% privilégient un statuquo et 21% préconisent même une augmentation de leur nombre.

Toutefois, on retrouve sur cette question un net clivage entre les sympathisants politiques de gauche et ceux de droite. Si 62% des Français soutenant Les Républicains et 56% des sympathisants LaREM appellent à baisser leur nombre, près de deux tiers des soutiens de la gauche souhaitent leur maintien. 44% des Insoumis estiment d’ailleurs qu’il faudrait augmenter leur nombre. Véronique Reille-Soult, qui analyse les réseaux sociaux pour Dentsu Consulting, souligne une «contradiction entre la baisse des dépenses publiques et le maintien du nombre de postes», et dépeint une opinion contrastée entre les différentes catégories de fonctionnaires. Le personnel hospitalier et soignant étant la catégorie la plus plébiscitée et soutenue par les Français.

«Moi je fais très attention à la façon dont je m’exprime» (le Premier ministre)

«Moi je fais  très attention à la façon dont je m’exprime» (le Premier ministre)

 

 

 

Il se pourrait bien que le premier ministre Édouard Philippe commence à prendre ses distances vis-à-vis de Macron. En cause sans doute, le fait qu’il n’exclut plus l’hypothèse d’être remercié après le grand débat national et après les élections européennes. Édouard Philippe Marque  en quelque sorte sa différence. Interrogé à propos d’expressions particulièrement malheureuses et même méprisantes de Macon, le premier ministre leur de l’émission  «La Grand explication» sur RTL, Le Figaro et LCI n’a pas tellement défendu les écarts de langage de Macron. Il s’est même démarqué en indiquant clairement que lui essayer d’éviter ces dérives provocatrices.

«Je comprends très bien que cette expression vous ait choquée», a d’abord répondu le premier ministre. Avant de se désolidariser du président. «Vous avez peut-être remarqué que moi j’essaie toujours de faire très attention à la façon dont je m’exprime parce que je sais qu’une phrase prononcée dans un endroit à quelqu’un, qui n’est pas forcément scandaleuse dans le contexte, peut ensuite donner quelque chose d’évidemment choquant, parce qu’on va dire “Mais il a dit ça de tout le monde pour tous les problèmes”». Il y a évidemment un monde entre la posture de Macon et celle du Premier ministre. Une différence provenant bien sûr de la personnalité des intéressés mais aussi du manque d’expérience politique du président de la république qui se laisse un peu enivré par le parfum du pouvoir et dérape assez régulièrement. Le Premier ministre de son côté adopte une posture assez classique du politicien mesuré aux propos souvent alambiqués mais qui évite de choquer. Ainsi au cours de l’émission évoquée, il n’aura pas apporté grand chose de nouveau, se contentant de répéter ce qu’il avait déjà déclaré. Un premier ministre au profil assez classique de technocrate mais pas forcément de technicien, survolant plutôt les dossiers, affichant une certaine détermination verbale mais dans la pratique capable d’évoluer voir de faire le contraire. Une sorte de d mélanges de Chirac, de Balladur et de Juppé. Moins démonstratif, moins extraverti voire moins hystérique que Macron mais pas forcément moins efficace ou plus exactement aussi peu efficace.

Arrogance : « Je vais faire beaucoup plus attention » (Macron)

Arrogance : « Je vais faire beaucoup plus attention »  (Macron)

 

 

Devant des journalistes de BFM, Macron a fait son mea culpa et promet à l’avenir d’être moins arrogant. Pas étonnant puisqu’ un récent sondage montré que ce défaut lui était reproché par près de 80 % de l’opinion publique. Pas sûr cependant qu’il tienne sa promesse déjà faite  lorsqu’il avait été interrogé sur le sujet à Grand Bourgtheroulde, dans l’Eure, le 15 janvier. « Dans le système où nous vivons, cette franchise n’est peut-être plus possible », constate Emmanuel Macron. Il y a encore quelques jours dans le cadre du grand débat Macon s’est permis de dire : « Il faut être sérieux mes enfants !» il s’adressait pourtant un public d’adultes ;  c’est dire le rapport qu’il entretient avec ses interlocuteurs, un rapport professoral et de domination. De toute manière, Macron ne sait pas faire autre chose que de donner des leçons dans tous les domaines alors que lui-même n’a pratiquement aucun vécu social, aucune vraie formation économique et aucune expérience politique. Macron se comporte comme un enfant gâté et mal élevé qui n’a même pas conscience de la posture ridiculement jupitérienne qu’il occupe en permanence. Il suffit de l’observer lors de ses apparitions dans les grands débats. Macron n’échange pas, il se sert d’une question posée en 30 secondes pour délirer pendant 10 minutes sur les vertus de l’ultra libéralisme et sur ses mérites personnels. Le nombre de « je » de « moi » dans ses allocutions est significatif de sa posture de monarque républicain qui considère les citoyens comme des sujets.

Débat national  » je vous écrirai » ! (Macron)

Débat national  » je vous écrirai » !  (Macron)

 

 

  • Grand débat national : le grand bazar précisé dans une lettre de Macron
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  • Décidément le grand débat national a du mal à démarrer. Macron devait en  définir les conditions  le 26 décembre  mais l’échéance en a été reportée. On attendait des précisions lors de son allocution de fin d’année mais le chef de l’État reporte encore les modalités en promettant une lettre adressée à tous les Français ;  un débat qui devrait être le plus décentralisé possible et jusqu’au niveau des mairies. Une manière en même temps de shunter les corps intermédiaires qui seront sans doute inclus dans le processus mais pour la forme.  Deux mois pour organiser le débat sur de grands enjeux économiques et sociétaux, en plus au niveau le plus décentralisé possible jusque dans les mairies. Bref quelque chose qui va ressembler à un grand bazar vite bâclé. Comment en effet permettre un débat constructif et pertinent sur des questions aussi importantes que le transport, le logement,  le service public,  l’organisation territoriale et la démocratie. Le gouvernement ne sait même pas par quel bout prendre le problème. Macron a même  annoncé qu’il se déplacerait lui-même pour voir les maires de toutes les régions. Un tel débat pour être sérieux demanderait un délai de six mois à un an avec une vraie structuration de la discussion. Tout cela sent la proposition élaborée à la va-vite sur un coin de table juste pour répondre au mécontentement des gilets jaunes. Même la formulation des questions est approximative. Les thèmes retenus :
  • - « Comment mieux accompagner les Français dans leur vie quotidienne pour se déplacer, se chauffer et isoler leur logement ?«
  • - « Comment faire évoluer le lien entre impôts, dépenses et services publics pour mieux répondre aux besoins des Français ?  » Autrement dit comment redonner du sens à l’impôt.
  • - « Comment faire évoluer l’organisation de l’Etat et des autres collectivités publiques pour les rendre plus proches des Français et plus efficaces? «
  • - « Que signifie être citoyen aujourd’hui ? Comment faire évoluer la pratique de la démocratie et de la citoyenneté ?
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  • La coordination opérationnelle a été confiée à Chantal Jouanno. L’ancienne secrétaire d’Etat à l’Ecologie est à la tête d’une instance qui existe depuis 1995: la Commission nationale du débat public, un machin qui ne sert pas à grand-chose. Cette autorité administrative « indépendante » a pour mission de faire en sorte que le grand public soit informé et consulté lorsque certains projets publics ont de gros impacts sociaux, économiques ou environnementaux.
  • Le Conseil économique, social et environnemental sera également saisi,  peut être aussi le parlement quand même !

 

Vœux Macron 2018 : trop de « je », 2019 : trop de nous et d’actes de contrition ?

Vœux  Macron 2018 : trop de « je »,  2019 : trop de nous et d’actes de  contrition ?

 

Si on se  souvient bien de l’allocution des vœux 2018, Macron avait déclaré que l’année serait consacrée à la solidarité et à l’unité. Une petite erreur de diagnostic évidemment. On avait  remarqué la longueur de la prestation de Macron lors de ces vœux 2018. Une longueur excessive à telle enseigne que Macron avait  été contraint de faire une deuxième version limitée à deux minutes sur Internet ;  une version par ailleurs nettement plus réussie et plus naturelle. Ce qui avait également caractérisé cette allocution, c’est son manque de chaleur. Pas vraiment de quoi s’enthousiasmer avec ce discours relativement froid. Un discours à la mode des responsables de la république en marche souvent  manquant sérieusement d’humanité, de simplicité et de vraie compassion. Bref des discours technos. Dernier élément assez insupportables : l’emploi du  je à presque toutes les phrases. Une soixantaine de fois lors de ce discours. Cette année le discours risque d’être plus modeste. Sur le mode » je vous ai compris », vous avez raison, une sorte d’acte de contrition et d’excessive empathie pour compenser l’égotisme précédant. Macron sera quand même contraint de réaffirmer l’autorité de l’État bien mis à mal après la démission de plusieurs ministres, les gilets jaunes et le deuxième épisode Benalla. Ce qui devrait marquer cette allocution sera son invitation renouvelée à un grand débat et surtout vite fait et dont on voit mal ce qui pourrait en sortir compte tenu des modalités d’organisation et la volonté réaffirmée de ne pas changer de cap.

 

Gilets jaunes: « je l’avais prévu »( Hulot)

Gilets jaunes: « je l’avais prévu »( Hulot)

C’est en substance ce que dit Hulot qui en même temps règle ses comptes avec Macron. Hulot qui ne soutiendra pas la liste de Macron aux européennes, pas plus d’ailleurs qu’une autre liste.

“La France se serait bien passée de cette confrontation qui effectivement oppose l’écologie au social alors que ma volonté à moi c’était de réconcilier l’écologie et le social”, a déclaré Nicolas Hulot, interpellé sur le mouvement des “Gilets jaunes” au sixième jour de protestation contre la hausse des taxes sur les carburants. “Je me suis battu et notamment dans les semaines qui ont précédé mon départ pour qu’on change complètement d’échelle dans l’accompagnement social de la transition énergétique et écologique”, a-t-il dit. “J’aurais préféré ne pas avoir eu raison sur le risque d’emballement que l’on connaît”, a-t-il ajouté, déplorant notamment le refus du gouvernement d’allouer 10% des crédits générés par l’augmentation de la taxe carbone à cet accompagnement, et une baisse des aides pour rénover les bâtiments et les passoires thermiques. Assurant avoir une “cruelle conscience” des “problèmes de fin de mois” de certains Français, il a appelé l’exécutif à saisir la proposition de la CFDT d’organiser des Etats généraux de la transition écologique. “Je pense qu’il est très important de saisir la proposition de la CFDT d’organiser rapidement dans un format rapide la réunion de tous les partenaires sociaux”, a-t-il dit.

« Je ne veux pas qu’on m’étouffe »: Edouard Philippe

« Je ne veux pas qu’on m’étouffe »: Edouard Philippe

Devant des chefs d’entreprise Édouard Philippe a sollicité un roman de Jack London dire et conclure : ‘Je sais ce que j’ai en moi. Je sais que je réussirai et je ne veux pas qu’on m’étouffe’. Pour se rattraper et relativiser son propos, il indique que la France ne veut pas être étouffée. Sans doute la France mais lui aussi qui commence à exprimer des exigences vis-à-vis de Macron afin de respirer plus librement. Une phrase qui prend un certain sens quand on connaît les oppositions entre le président de la république et le Premier ministre concernant la composition du nouveau gouvernement et en particulier le remplacement du ministre de l’intérieur.  une citation sans doute mûrement réfléchi car le premier ministre n’est pas comme Macron un habitué des propos verbaux incontrôlés et des dérapages. Une déclaration qui vient au moment où un sondage montre que les Français feraient davantage confiance au premier ministre qu’au président de la république. D’après un sondage  d’Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et franceinfo publié ce jeudi une  large majorité des Français déclare avoir davantage confiance en Edouard Philippe, le Premier ministre, qu’en lui. Priés de dire qui, entre le Premier ministre et le président de la République, « vous donne le plus confiance », 55% des sondés répondent le premier, 29% le second et 16% ne se prononcent pas. Edouard Philippe arrive également en tête sur sa proximité avec les gens (51% contre 34%) et la compétence (49% contre 36%).Petite phrase calculée de la part du chef du gouvernement? Ou allusion inconsciente? Pour Sophie Coignard, éditorialiste politique au Point, Edouard Philippe se sait scruté en ces temps politiquement troublés, et il « ne fait pas de citations littéraires à la légère ». Une manière sans doute d’affirmer le Premier ministre son droit à exister en tant que tel à fin de n’être pas seulement considéré comme un collaborateur de Macon et de ses conseillers de l’Élysée. C’est ce genre de petites phrases qui avaient fait émerger publiquement le différend entre Macron et le ministre de l’intérieur quand ce dernier avait souhaité que le pouvoir fasse preuve de davantage d’humilité. Une critique directe vis-à-vis du chef de l’État.

« Je ne changerai pas de politique »(Macron)

 

C’est ce qu’a affirmé Macron dans une interview au JDD. Une nouvelle preuve d’orgueil,  d’hypocrisie aussi. En effet,  Macon a déjà modéré sa politique et même renoncé à des aspects essentiels comme la réforme de l’État. Par ailleurs,  il ne pourra plus comme par le passé imposé ses orientations à la hussarde via des ordonnances. En l’état de son rapport avec l’opinion publique, Macron est contraint de mettre de l’eau dans son vin. Surtout après les défections de ses plus proches collaborateurs comme Hulot, Colomb ou encore Édouard Philippe qui menace de se présenter aux municipales. Macron veut aussi changer de méthode en étant davantage à l’écoute des Français et en renonçant aux provocations. Il aura bien du mal car l’arrogance est inscrite dans ses gènes. Aux Antilles interpellées par un jeune sur la question du chômage il ne lui a pas recommandé de traverser la rue mais tout de même de changer de métier comme si la chose -parfois nécessaire-  était aussi simple. « En cette rentrée, précise-t‑il, j’ai une volonté de ­retourner à un terrain qui peut être difficile, mais qui ne tolère aucune dérobade. Il faut aller au contact des gens. Cela veut aussi dire accepter leur colère, leur impatience, leur détresse. » S’il est prêt à renforcer son écoute, Macron n’entend pas modifier son cap. « En aucun cas, je ne changerai de politique, martèle-t‑il. Je me suis engagé à procéder aux transformations que notre pays, depuis des décennies, avait évité par le petit jeu du tic-tac de droite et de gauche ou par les lâchetés, petites ou grandes. […] Notre priorité n’est pas de durer, mais de faire. » Il ajoute, se disant impavide face à la dégradation des sondages : « Le chantier des réformes à venir ne sera pas moins ambitieux que l’an passé. » Le problème le problème c’est que macro n’est plus en situation politique d’imposer aux pays des réformes qu’on ne comprend pas et qui par ailleurs ont donné peu de résultats

ONU, Trump « : je suis le meilleur »

ONU, Trump « : je suis le meilleur »

 

 

Comme Trump ne s’attendait sans doute pas à un soutien massif de sa politique, il n’a pas hésité à se dresser lui-même des lauriers. En toute modestie, il a déclaré qu’il avait engagé davantage de réformes que pendant toute l’histoire du pays. Un beau moment de rigolade dans l’assistance de l’ONU. Probablement moins habitués que les Américains aux satisfécits et superlatifs que s’octroie à longueur d’interventions publiques le milliardaire républicain, plusieurs membres de l’assistance – chefs d’État et de gouvernement, ministres, ambassadeurs des 193 pays membres de l’organisation mondiale – ont alors souri.

Pause de Donald Trump. «C’est tellement vrai», a-t-il insisté, provoquant à ce moment-là l’hilarité générale. «Je ne m’attendais pas à cette réaction, mais ça va», a-t-il ajouté, fair-play, en souriant lui-même. Avant d’enchaîner avec la longue liste de ce qu’il considère être ses succès.

 

La solution de Macron au chômage : « traverser la rue, je vous trouve » du travail

La solution de Macron au chômage :  « traverser la rue, je vous trouve » du travail

 

Encore une énorme bavure de Macon en matière de communication qui témoigne à la fois de son ignorance des réalités mais aussi d’un certain mépris pour les plus défavorisés.  Ce n’est pas la première fois que Macron dérape. Sans doute enivré par les parfums pouvoir, il traite de manière monarchique et méprisante ses sujets. Comment peut-on se permettre de dire un jeune chômeur horticulteur qu’il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi dans l’hôtellerie ou la restauration voire le bâtiment. Comme si du jour au lendemain un horticulteur pouvait se transformer en maçon, en cuisinier ou en garçon de restaurant. En fait, Macon qui ne possède qu’une culture de salon dans à peu près tous les domaines y compris économique (par parenthèse il n’a aucune formation économique mais seulement une formation littéraire), il se borne donc à répéter bêtement ce qui se dit dans les milieux mondains : les Français sont des paresseux et il y a des milliers et des milliers d’emplois vacants. La vérité est différente car officiellement il y a plus de 5 millions de chômeurs pour autour de 200 à 300 000  vacants. Le compte n’est pas équilibré. Ensuite il y a les facteurs explicatifs plus qualitatifs, on ne passe pas d’une formation d’horticulteur à une formation à un emploi de restauration sans une formation. Il convient aussi de prendre en compte les conditions de travail qui expliquent largement les difficultés de recrutement. Parfois les conditions salariales également insuffisamment incitatives pour une réinsertion. Exemple quand on propose des CDD de 25 heures à des mères de famille seule pour des salaires de 700 à 800 € et qu’on doit forcément amputer des frais de déplacement et d la réduction des autres prestations familiales. Autant dans ces conditions rester au RSA et bénéficier de toutes les prestations sociales.  Malheureusement Macron est coutumier de ces sortes de sorties condescendantes. Pas étonnant dans son entourage de bourgeois, on doit compter peu de personnes qui gagnent autour de 1000 € nets même après formation et reconversion

Sarkozy : « Je briserai la machination »

Sarkozy : « Je briserai la machination »

Dans une interview au JDD Sarkozy affirme qu’il brisera ce qu’il considère comme une machination.   »Quel que soit le temps que ça prendra, je briserai les auteurs de la machination honteuse qui porte atteinte, au-delà de moi-même, à la fonction que j’ai exercée et à notre pays », déclare Nicolas Sarkozy, dénonçant une « manipulation d’une ampleur inédite ». L’ancien chef de l’Etat vise « trois groupes d’individus qui, pour des raisons différentes, ont intérêt à [le] salir » : « une bande d’assassins [...] qui entouraient Kadhafi », « les gens de Mediapart et leurs comparses » qui se « comportent [...] en militants politiques » et « les affidés du régime déchu de Kadhafi, dont le plus visible est Ziad Takieddine. » Pourquoi ces trois groupes auraient intérêt à lui nuire? « Le clan Kadhafi veut se venger d’avoir été délogé [du] pouvoir », indique Nicolas Sarkozy, « Mediapart relaie leurs accusations parce que leur objectif était de me faire perdre [...] la présidentielle de 2012 puis la primaire de la droite en 2016″, et Ziad Takieddine pour des mobiles « financiers ». « Il fait partie de ceux qui ont pillé la Libye. En suscitant la coalition internationale contre Kadhafi, je les ai privés de leur ‘poule aux œufs d’or’ », assure l’ancien président. « Dire que j’ai favorisé l’Etat libyen est une monstruosité », déclare Nicolas Sarkozy, qui entend faire « usage de toutes les voies de recours qui [lui] sont ouvertes ». « Chaque fois que j’ai été injustement mis en cause, la justice a fini par m’innocenter. Mais quels dégâts pour mon honneur, ma famille, mes amis. »

Mayotte- LR au FN : je t’aime, moi non plus !

Mayotte- LR au FN : je t’aime, moi non plus !

 

 La question n’est pas réellement du domaine du sentiment  mais de celui des cannibales. Car il s’agit de savoir qui des deux malades, le FN et LR, vont manger l’autre. Les deux partis sont en effet très mal en point. Moins d’ailleurs leurs électoratsque leur leaders  qui ne cessent de s’écrouler dans les sondages. Vauquiez sentant la perte de confiance vis-à-vis du FN laboure les terres du pari extrémiste pour le manger, parallèlement le FN  dit être proche de LR pour mieux le croquer. Un vrai duel de cannibales, l’enjeu c’est le leadership sur la droite dure. Aussi un changement de cap de Marine Le Pen qui ne voulait pas entendre parler d’alliance avec LR.  Officiellement, la députée du Pas-de-Calais avance une explication : dans la 1ère circonscription de Mayotte, « nous n’avons pas réussi à trouver de candidat », a-t-elle indiqué sur CNews. En juin 2017, elle en avait pourtant investi un : Ali-Mansoib Soihibou, qui n’est autre que le secrétaire départemental du FN sur place. A l’époque, il avait recueilli 3,08% des suffrages, soit 438 voix à peine. Cette fois, Marine Le Pen a préféré faire confiance à une autre personnalité de l’île : Mansour Kamardine, l’autre député de Mayotte, élu dans la seconde des deux circonscriptions qui correspond à la partie sud du département. Et malgré son appartenance au groupe LR à l’Assemblée, « Mansour Kamardine est un collègue courageux et lucide sur la situation dramatique de son île, liée à la submersion migratoire et à l’insécurité endémique. C’est pourquoi j’ai choisi d’appeler à voter pour le candidat qu’il soutient », a fait savoir Marine Le Pen sur Twitter, en évoquant donc Elad Chakrina. Le parti frontiste aime lui-même prendre à son propre jeu Laurent Wauquiez, qui est régulièrement accusé de reprendre ses thèmes de prédilection. « Il braconne nos idées, veut récupérer nos électeurs, mais continue à dire qu’on est des affreux. Ce n’est pas très clair et le cas de Mayotte le montre bien en renvoyant M. Wauquiez à ses contradictions », déclare Wallerand de Saint-Just au Parisien. Autre élément à noter : dans un scrutin où il n’avait sur le papier aucune chance de peser, le FN pourra toujours crier victoire en cas d’élection du LR Elad Chakrina… surtout si cela s’avère serré. Marine Le Pen aura alors beau jeu de dire que les voix frontistes ont été décisives.

« Méthode Macron » : vous discutez mais je décide !

« Méthode Macron » : vous discutez mais je décide !

 

Voilà comment en substance Laurent Berger, secrétaire de la CFDT,  résume la conception de Macron sur la question sociale que par ailleurs le président de la république considère comme secondaire. Laurent Berger a le sentiment que dans le dispositif de l’Etat, Macron décide seul et de tout. Que la négociation n’est qu’un alibi ; Pourtant la CFDT s’est montrée très ouverte ces dernières années aux différentes réformes mais là la posture quasi napoléonienne de Macron ne passe plus. Ni sur l’assurance chômage, ni sir la formation permanente et ni sur la SNCF dont Laurent Berger conteste la nécessité d’ordonnance. « Je ne laisserai pas cracher à la figure des cheminots » a même déclaré le patron de la CFDT. Pour Laurent Berger,  l‘exécutif “fait comme si la question sociale avait disparu avec l’amélioration de la conjoncture, comme si c’était devenu une question subalterne. Je dis au gouvernement : attention, danger ! Il commet une grave erreur, car les grands enjeux sociaux sont devant nous”, dit Laurent Berger, décrivant en la matière “un moment clef du quinquennat” d‘Emmanuel Macron, au pouvoir depuis neuf mois. “Les facteurs d’inquiétude d’avant l’élection présidentielle sont toujours présents. Le pays ne s’en sortira pas sans une politique sociale ambitieuse et assumée”, ajoute le dirigeant syndical. Il évoque des “tensions” sociales qui “s’accumulent dans les Ephad, les hôpitaux, chez Carrefour, dans les prisons, la police, l’éducation, les collectivités territoriales”. A ses yeux, la “méthode Macron” revient à donner trop de pouvoir au chef de l‘Etat, au détriment de la négociation. “La méthode Macron, c’est : ‘Vous discutez et je tranche’, et personne ne sait de quel côté ça va tomber. On a des interlocuteurs suspendus à la décision du président de la République. Cela pose un problème de fonctionnement démocratique et d’efficacité”, prévient-il.

“Je ne suis pas anti-Macron ou pro-Macron, je suis attaché à la justice sociale et à la démocratie. Autrement, on fait progresser toutes les forces conservatrices”, dit le leader de la CFDT, premier syndicat du secteur privé en France. Sur la formation professionnelle et l’assurance chômage, deux dossiers majeurs actuellement en discussion, “on a été confrontés à des lettres de cadrage pas forcément très débattues et au contenu très aléatoire”. “Les négociations se sont déroulées sans que l’on sache vraiment ce que voulait le gouvernement”, déplore-t-il encore. La direction de la CFDT a annoncé lundi son intention de signer l‘accord sur la formation professionnelle conclu la semaine dernière avec le patronat. “On le signe en demandant au gouvernement que l‘ensemble des droits soient effectifs et garantis dans le projet de loi. Si on passe d’une organisation à l’autre brutalement, alors cela ne fonctionnera pas”, explique Laurent Berger dans Les Echos. Concernant l‘accord sur l‘assurance chômage conclu jeudi, la centrale a conditionné sa signature à l‘engagement de l‘Etat “d‘en respecter l‘engagement”. Laurent Berger déplore en outre le choix gouvernemental d‘avoir recours aux ordonnances, comme il le fit l‘an dernier pour la réforme du travail, pour réformer la SNCF d‘ici l’été, au grand dam des syndicats qui prévoient une série de mobilisations. “Le gouvernement pouvait se permettre de procéder par ordonnance sur la réforme du marché du travail, car il l’avait clairement dit pendant la campagne et parce que la réforme est intervenue juste après l’élection. Ce n’est pas le cas pour la SNCF. Si le gouvernement donne le sentiment qu’il se précipite, ça se passera mal”, prévient-il.

« Je t’embrasse » (Sarko à l’intermédiaire arrêté à Londres)

« Je t’embrasse » (Sarko à l’intermédiaire arrêté à Londres)

Le sulfureux homme d’affaires Alexandre Djouhri impliqué dans le financement de la campagne de Sarko par Khdafi a été arrêté à Londres. Un intime de Sarko (autres d’autres responsables politiques) si l’on en juge par des écoutes qui en disent long sur les relations des réseaux politiques et mafieux. Se fondant sur des informations parues dans de grands médias, deux juges parisiens, Serge Tournaire et Aude Buresi, sont chargés d’enquêter sur des soupçons de financement politique de la droite en 2007 par le régime de l’ancien guide libyen, Mouammar Kadhafi. Dans ce dossier, trois personnes, dont Claude Guéant, sont mises en examen. Les magistrats souhaiteraient entendre un intermédiaire au cœur de leurs investigations : Alexandre Djouhri. L’homme d’affaires de 58 ans, proche de Dominique de Villepin et de Nicolas Sarkozy, ARRA2T2 0 Londres ;  Le parcours d’Alexandre Djouhri est étonnant : ancien petit caïd de banlieue parisienne, il a d’abord été repéré par les réseaux de Charles Pasqua dans les années 1980 avant de devenir un intermédiaire puissant de la sphère sarkozyste. Les écoutes judiciaires auxquelles montrent qu’il est à tu et à toi avec tout l’entourage de l’ancien président de la République. Et, lorsqu’il a besoin d’un petit coup de main, il n’hésite pas à le demander, comme dans cet échange avec Nicolas Sarkozy le 20 janvier 2015. Alexandre Djouhri se trouve ce jour-là à Moscou, avec Dominique de Villepin, pour affaires :

« Nicolas Sarkozy :Alexandre ?

Alexandre Djouhri :Ah, Nicolas, ben ça me fait plaisir de t’entendre !

Nicolas Sarkozy :Qu’est-ce que vous faites à Moscou ?

Alexandre Djouhri :Ah, faut qu’on essaye de gagner du pognon quand même, on travaille, à l’attaque ! Qu’est-ce tu crois?

Nicolas Sarkozy :Bon allez… je t’embrasse !

Alexandre Djouhri :Eh, Nicolas, tu peux nous passer un coup de fil, toi, pour qu’on voit Poutine un peu plus rapidement ? Au lieu qu’on poireaute ?

Nicolas Sarkozy : Parlons en demain, hein ?

Alexandre Djouhri :OK.

Nicolas Sarkozy :Je t’embrasse.

Alexandre Djouhri :Je t’embrasse, bye, à demain. »

Certains « services » demandés à ses amis politiques sont encore plus surprenants. Comme lors de cet appel passé par Alexandre Djouhri au député Les RépublicainsAlain Marsaud le 4 décembre 2013 :

« Alexandre Djouhri : Alain, est-ce que tu peux me filer tout de suite 10.000 euros en billets de 100 ?

Alain Marsaud : Nan, je peux pas te filer 10.000 euros en billets de 100 tout de suite, là, il faut que je passe à ma banque, tu crois pas que j’ai 10.000 euros sur moi, nan ?

Alexandre Djouhri : Bon, vas-y, là, si tu peux, maintenant…

Alain Marsaud : Mais je peux pas ! Mais enfin, non, mais je suis avec le ministre des Affaires étrangères, je peux pas le quitter pour aller à ma banque, pour chercher de l’argent !

Alexandre Djouhri :bah, appelle-les!

Alain Marsaud : C’est ça, oui (…) Ça peut attendre demain, non ?

Alexandre Djouhri : Demain matin alors ! Mais maintenant, ça serait mieux. »

Parfois, ce sont ses proches qui font part de leurs « bons tuyaux » à Alexandre Djouhri. L’ancien patron du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, appelle ainsi son ami le 22 avril 2015 :

« Bernard Squarcini : Deux champs de pétrole au Kazakhstan à vendre. Ça t’intéresse ?

Alexandre Djouhri : Ouais, ben ok, bien sûr, ben, évidemment ! »

Les écoutes judiciaires révèlent qu’Alexandre Djouhri sert d’intermédiaire dans toutes sortes de transactions. En septembre 2014, il appelle par exemple Dominique de Villepin pour lui proposer un très beau tableau :

« Alexandre Djouhri : Qu’est-ce que tu penses de ce Soulages ?

Dominique De Villepin :Il est très bien, il est très beau (…) Qu’est-ce qu’ils en veulent ?

Alexandre Djouhri :Pour l’instant, c’est deux millions quatre.

Dominique De Villepin :(…) Fais le baisser un peu et prends-le…

Alexandre Djouhri :Tu peux foutre ça au coffre, tu le planques.

Dominique De Villepin :Ah ben oui, il est grand comment ?

Alexandre Djouhri :(…) 1 mètre 47 sur 1 mètre 14.

Dominique De Villepin : Oui, oui superbe. Non, non, il est très beau (…) Tu l’as vu où ?

Alexandre Djouhri : Je l’ai vu chez un pote à moi qui le vend parce qu’il a besoin de pognon.

Dominique De Villepin : En Suisse ?

Alexandre Djouhri : Ah oui ! Il est en Suisse, à 100 % ! »

Homme d’affaires et homme de l’ombre, Alexandre Djouhri mélange amitié, business et politique. Si les juges s’intéressent autant à lui, c’est qu’ils le soupçonnent d’avoir perçu des fonds libyens. Alexandre Djouhri aurait touché environ 10 millions d’euros en vendant, cinq fois son prix, à un proche de Mouammar Kadhafi, une villa qu’il avait achetée dans le sud de la France, sur la commune de Mougins. C’est sur ce point précis que les magistrats voudraient l’entendre. L’intermédiaire semble éviter le sol français depuis de longs mois. L’entourage de Nicolas Sarkozy ne serait pas pressé de le voir revenir en France. C’est ce qui ressort d’une écoute captée par les enquêteurs entre le député Alain Marsaud et Alexandre Djouhri :

« Alain Marsaud : Personne ne veut que tu rentres en France. Ils ont trop peur que tu parles.

Alexandre Djouhri : Ah non, mais, attends…

Alain Marsaud : Non, mais tu parles ! Vas demander à Sarkozy s’il est pressé que tu rentres !

Alexandre Djouhri : Mais attends, Nicolas, il en a rien à foutre !

Alain Marsaud : Il en a rien à foutre… Enfin il préfère que tu sois pas en France, que t’ailles pas voir le juge ! »

Alexandre Djouhri serait devenu gênant pour certains de ses amis politiques. La raison à cela est assez évidente selon le journaliste Pierre Péan qui a longuement enquêté sur l’homme de l’ombre (La République des mallettes, Fayard, 2011).

Pierre Péan © Radio France / Benoît Collombat

« Djouhri est devenu le seigneur de la zone grise. Et cette zone grise, il tient les hommes politiques. Il connaît tous leurs secrets, notamment les secrets financiers, mais pour d’autres ça peut être des secrets sur les filles. Des choses compromettantes. On le protège à cause de ça. »

Les juges parisiens, Serge Tournaire et Aude Buresi, enquêtent depuis plusieurs années sur les soupçons de financement de la campagne de 2007 par la Libye du colonel Kadhafi. Des extraits de ces écoutes judiciaires ont également été révélés par Le Monde et Mediapart. Extrait d’informations  révélées par France info en janvier 2017 :

«

« Avril 2012. Nous sommes entre les deux tours de la campagne présidentielle qui oppose le président sortant Nicolas Sarkozy et le candidat socialiste François Hollande. Le site d’information Mediapart publie un document attribué aux services secrets libyens, dans lequel est écrit que 50 millions d’euros auraient été remis par le colonel Kadhafi pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

La publication provoque une réaction très vive de Nicolas Sarkozy le 29 avril 2012 sur le plateau de Canal+ : « C’est une infamie. Quand je pense qu’il y a des journalistes qui osent donner du crédit aux services secrets de monsieur Kadhafi. 50 millions d’euros… Pourquoi pas 100 ? Pour une campagne qui en vaut 20 ? Alors il faut se mettre d’accord. Ma campagne a été financée par les sous-marins pakistanais, par monsieur Kadhafi, ou par madame Bettencourt ? »

Au même moment pourtant, une scène stupéfiante se déroule en plein Paris avec l’un des anciens bras droits de Mouammar Kadhafi : Béchir Saleh. Cet homme a trouvé refuge en France après la chute du régime en 2011 grâce à des proches du pouvoir sarkozyste. Béchir Saleh est un homme important. Il était à la tête d’un fonds libyen estimé à plusieurs milliards d’euros. Mais début 2012, le vent commence à tourner pour lui. Le nouveau pouvoir de Tripoli le soupçonne d’avoir quitté son pays avec une partie de la « cagnotte » de Mouammar Kadhafi et demande son arrestation. Un mandat d’arrêt, diffusé par Interpol, est émis contre lui. Ce détenteur des secrets de l’ancien Guide libyen risque en outre de ne plus être protégé si François Hollande remporte l’élection présidentielle. « Il subissait des pressions pour partir de la bande à Sarkozy, raconte l’un de ses amis aux enquêteurs. Je l’ai prévenu que ces gens-là seraient prêts à l’abandonner en cas de coup dur. »

 

Le 3 mai 2012, trois jours avant le second tour de l’élection présidentielle, un homme lui fait donc passer un message très clair : Béchir Saleh doit immédiatement quitter la France. La scène se passe vers 18 heures, sous la Tour Eiffel, au pied du pilier-est, en face du jardin du Champ de Mars, au beau milieu de la foule. Le porteur du message s’appelle Alexandre Djouhri, un homme de l’ombre influent de la droite française. Cet épisode rocambolesque avait été révélé en 2012 dans le magazine Les Inrocks, par les journalistes Michel Despratx et Geoffrey Le Guilcher.

 

« Alexandre Djouhri explique à Béchir Saleh que ses amis au pouvoir ne peuvent plus le soutenir, raconte Michel Despratx au micro de Secrets d’info. Au bout d’un moment arrive un homme vêtu d’un costume gris, au visage un peu rond, qui reste à vingt ou trente mètres, à distance d’eux. Il ne veut pas être vu en présence de Béchir Saleh. Il s’agit de Bernard Squarcini, le directeur de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Le patron du renseignement, un grand policier, vient donc à la rencontre d’un homme officiellement recherché par la police. Un grand flic qui exfiltre en cachette un homme recherché par son administration… « 

Accompagné par Alexandre Djouhri, l’argentier de Kadhafi monte ensuite dans une voiture qui le conduit à l’aéroport du Bourget, où l’attend un jet privé. Direction : le continent africain. Selon les journalistes des Inrocks qui avaient révélé cet épisode, l’ancien patron des services secrets français aurait donc supervisé cette opération d’exfiltration.

Bernard Squarcini avait-il le feu vert de son ministre, Claude Guéant, l’un des plus proches lieutenants de Nicolas Sarkozy ? Officiellement, Claude Guéant, interrogé le 4 mai sur RFI, ne sait rien du départ de Béchir Saleh : « Monsieur Saleh, moi, je ne sais pas ce qu’il fait en France (…) Il a une autorisation de séjour provisoire en France, puisque son épouse est française. Et par ailleurs, comme il est l’objet d’un mandat de recherche, dès qu’il sera découvert, il sera interpellé.

 

À cela, le journaliste lui rétorque qu’« il ne doit pas être trop dur à trouver puisqu’hier il était dans une brasserie parisienne » : « Il a répondu à des journalistes de Paris Match« . Claude Guéant rétorque alors qu’il n’est « pas au courant ».

Les enquêteurs ont pourtant reconstitué tous les appels téléphoniques passés, le 3 mai 2012, dans le secteur de la Tour Eiffel. Leurs investigations montrent que le premier réflexe d’Alexandre Djouhri, après sa rencontre avec l’argentier de Kadhafi, a été d’appeler Bernard Squarcini qui lui-même a téléphoné dans la foulée au cabinet de Claude Guéant. Une fois Béchir Saleh dans un jet privé au Bourget, Alexandre Djouhri appelle une nouvelle fois Bernard Squarcini. Ce dernier passe ensuite un coup de fil au conseiller du ministre de l’Intérieur. Les enquêteurs en semblent convaincus : l’exfiltration de Béchir Saleh, l’homme des secrets de Kadhafi, aurait été suivie au plus haut sommet de l’État. Il faut dire que Béchir Saleh est une vieille connaissance des réseaux Sarkozy. Saleh était le seul francophone de l’entourage de l’ancien dictateur. Il était systématiquement présent lorsque des politiques français se déplaçaient en Libye. Selon les juges, Béchir Saleh sait donc probablement si des valises de billets ont été ou non remises à des Français au cours de leurs rencontres avec Mouammar Kadhafi. Mais encore faudrait-il pouvoir lui poser la question. Depuis 2012, Béchir Saleh est réfugié en Afrique du Sud, où il a trouvé la protection du président Jacob Zuma. Il n’aurait pas l’intention, pour l’instant en tout cas, de revenir à Paris pour répondre aux questions des juges français. Pour avancer dans leur enquête, les magistrats ont mis sur écoute toute la galaxie Sarkozy. Ils se sont également intéressés au train de vie des différents protagonistes. Ils ont notamment repéré une transaction douteuse, opérée par Claude Guéant. En 2008, alors qu’il était le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant aurait ainsi vendu deux petits tableaux représentant des bateaux du peintre flamand Andries van Eetrvelt. Montant de la vente : 500 000 euros. Elle a permis à ce fidèle de Nicolas Sarkozy d’acquérir un appartement dans les beaux quartiers parisiens.  Une transaction que les enquêteurs jugent donc louche. D’abord parce que le prix de vente des tableaux leur semble excessif. Ensuite parce qu’ils n’ont pas la certitude que l’ancien ministre ait réellement détenu un jour ces marines flamandes.

Pour en avoir le cœur net, les policiers ont même interrogé l’ancienne femme de ménage de Claude Guéant. Lors de son audition, elle a indiqué ne pas se souvenir d’avoir déjà vu les deux fameux tableaux chez les Guéant : « Je me souviens qu’il y avait des photographies, mais je n’ai pas le souvenir de peintures hormis celle de madame Guéant. Madame Guéant peignait des tableaux, elle faisait des petites peintures par exemple des fleurs, des éléphants. Elle peignait aussi des tasses. »

Les enquêteurs, qui soupçonnent un blanchiment d’argent, ont cherché à remonter le fil de la transaction. Voici comment, selon eux, l’argent aurait circulé : l’acheteur officiel des tableaux, un avocat malaisien, aurait versé 500 000 euros à Claude Guéant. Cet avocat aurait reçu deux jours plus tôt une somme identique provenant d’un compte bancaire appartenant à un richissime homme d’affaires, Khaled Bugshan, présenté comme la huitième fortune d’Arabie Saoudite. En remontant le fil de l’argent, les enquêteurs tombent sur un fonds d’investissement libyen géré par… Béchir Saleh, l’argentier de Kadhafi exfiltré de France par les réseaux sarkozystes. Une partie de la cagnotte de Mouammar Kadhafi a-t-elle atterri dans les poches de Claude Guéant ? Les juges de l’affaire libyenne, ont décidé de mettre en examen l’ancien ministre en mars 2015 pour « faux » et « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée ».  L’intérêt des juges pour cette vente de tableaux inquiète les différents protagonistes mis sur écoute. Et notamment l’avocat malaisien qui affirme avoir acheté les tableaux de Claude Guéant. La police française cherche à l’entendre depuis le début de cette affaire. Il n’est pas vraiment rassuré, comme en témoigne l’échange entre l’avocat malaisien, Siva Rajendram, et un avocat djiboutien, Mohamed Aref. « Il y a une heure, j’ai reçu un autre mail très agressif disant qu’ils veulent me parler parce qu’ils ont de nouvelles preuves », explique Siva Rajendram.  »Ils n’ont rien, répond Mohamed Aref. Ils n’ont rien découvert du tout ! Tu n’as pas à dire qui est l’acheteur ! C’est pas criminel d’acheter. D’acheter un tableau. Ils cherchaient un transfert d’argent en provenance de Libye ! » Siva Rajendram insiste : « Donc ils ont trouvé le lien avec Khadafi ? » Mohamed Aref répond alors qu’« ils cherchent un lien avec Khadafi, mais ils ne cherchent pas au bon endroit ». « J’espère que Sarkozy va revenir au pouvoir et remettra tous ces gens à leur place », lâche Siva Rajendram. Mohamed Aref acquiesce : « Absolument. Il le fera ». L’avocat djiboutien qui semble si bien informé de l’enquête en cours n’est pas n’importe qui : les policiers se sont aperçus qu’il avait financé l’exfiltration en Afrique du Sud de Béchir Saleh…  Si l’enquête sur un possible financement libyen de la droite française semble inquiéter ses différents acteurs, c’est aussi parce que cette affaire s’accompagne de plusieurs cadavres. Et notamment celui d’un Libyen très haut placé : Mohamed Albichari. Après la chute du régime de Kadhafi, cet homme a raconté que le guide libyen avait pour habitude d’enregistrer les conversations avec ses visiteurs étrangers, lorsqu’il les recevait sous sa tente à Tripoli. Dans certains de ces enregistrements, Mohamed Albichari affirme même qu’il y aurait les preuves de remise d’argent à des Français. Il a également affirmé à certains de ses proches qu’il détenait ces enregistrements explosifs. Officiellement, Mohamed Albichari est mort d’une crise de diabète en avril 2012 alors qu’il se trouvait à Tunis. Mais la soudaineté de sa disparition intrigue ses proches qui se demandent s’il n’y a pas un lien entre sa mort et ces fameux enregistrements. L’un des amis français d’Albichari, l’ancien député européen Michel Scarbonchi, a été auditionné par les enquêteurs. Selon lui, 70 cartons de cassettes retrouvées dans une villa auraient été conservées par les « équipes » d’Albichari en Libye. Scarbonchi raconte qu’il a cherché à savoir si ces enregistrements potentiellement compromettants pour des politiques français n’étaient pas des montages. Il aurait alors demandé de l’aide à son petit-cousin qui n’est autre que… Bernard Squarcini, l’ancien patron de la DCRI. La suite, Michel Scarbonchi la raconte ainsi sur procès-verbal : « Je voulais faire authentifier la voix. C’était une voix française. Pour savoir si la bande était bidon ou pas, j’ai eu un rendez-vous avec un gars des services de renseignement. Squarcini était présent. L’échantillon a été remis au gars des services. J’ignore ce que sont devenues ces bandes. J’ai demandé plus tard à Squarcini quelles voix françaises étaient authentifiées. Il m’a répondu qu’il ne savait pas. Mais je pense qu’il n’a pas voulu me le dire… »

En même temps que Mohamed Albichari, un autre proche de Kadhafi disparaît. Lui aussi dans des circonstances étranges. Il s’agit de l’ancien ministre libyen du pétrole, Choukri Ghanem, qui s’était réfugié en Autriche. Le 29 avril 2012, au moment où le scandale libyen s’invite dans l’élection présidentielle française, son corps est repêché dans le Danube. Là encore, ses proches ne croient pas une mort accidentelle. Il y a quelques mois, les juges parisiens ont réussi à mettre la main sur le carnet de bord, le journal intime de Choukri Ghanem. Un document qui fait clairement référence à un financement politique. Ainsi, à la date du 29 avril 2007, l’ancien ministre de Mouammar Kadhafi écrit noir sur blanc que le régime libyen a versé 4,5 millions d’euros à Nicolas Sarkozy pour sa campagne présidentielle. À côté de cette somme, Choukri Ghanem rédige le commentaire suivant : « J’ignore s’ils croient vraiment qu’ils peuvent changer la politique de la France moyennant cet argent. D’abord, les montants qu’ils engagent sont dérisoires à l’échelle de l’Europe. Et puis d’autres pays paient bien plus ». 

Preuve en tout cas que ces morts brutales impressionnent : plusieurs Libyens qui ont accepté de témoigner devant les juges parisiens l’ont fait « sous X », c’est-à-dire de manière anonyme, comme la loi le permet dans certaines conditions.  Les écoutes téléphoniques réalisées par les juges révèlent également que le camp Sarkozy suit avec fébrilité et inquiétude l’avancée des investigations. En juin 2013, par exemple, Michel Gaudin, le directeur de cabinet de l’ancien président Sarkozy, appelle le nouveau patron du renseignement intérieur, Patrick Calvar, parce qu’un Libyen, l’ancien interprète de Kadhafi, vient de se confier à des journalistes. Michel Gaudin se demande si ce témoin ne s’est pas aussi confié aux services secrets : « Oui, bonjour monsieur Calvar, je vous ai rappelé dans l’après-midi à l’initiative du président, enfin l’ancien président, monsieur Sarkozy, parce qu’il était assez embêté… Il a appris que vos services auraient reçu le garçon, là, qui était donc l’interprète de Kadhafi et qui hier a déclaré que Kadhafi avait donné de l’argent à Monsieur Sarkozy… »

Réponse de Patrick Calvar :  »On n’a reçu personne, nous… Je vais faire une vérification parce qu’il faut toujours effectivement regarder, mais les instructions sont très claires : on n’a pas reçu de Libyens venant faire des déclarations relatives à des faits de cette nature ». Trois mois après cette conversation, l’interprète de Mouammar Kadhafi est finalement auditionné par les juges : il confirme sur procès-verbal l’hypothèse d’un financement politique. Pour les juges de l’affaire libyenne, un témoin central manque cependant à l’appel : Alexandre Djouhri, l’homme de l’ombre qui a organisé l’exfiltration de l’argentier de Mouammar Kadhafi. Convoqué pour être entendu au mois de septembre, Alexandre Djouhri ne s’est pas présenté devant les magistrats.

Depuis la mise en examen de son ami Claude Guéant, il semble éviter de mettre les pieds en France, par crainte d’être arrêté et interrogé. Extrait d’une conversation téléphonique du 4 mai 2015 entre Alexandre Djouhri et son ami député Les Républicains, l’ancien magistrat Alain Marsaud :

Alain Marsaud : « Je sais pas si on te voit un de ces jours à Paris, mais si c’est le cas, ça nous fera plaisir. »

Alexandre Djouhri : « Ah, je peux venir vendredi soir. Repartir le dimanche. Parce que s’ils me font une gardave (garde-à-vue, ndlr), ils la feront pas le week-end, parce que… » 

Alain Marsaud : (rires)

Alexandre Djouhri :  »Ils ne bossent pas »…

Alain Marsaud :  »Mais pourquoi veux-tu qu’on te foute en garde à vue ? Un mec innocent comme toi ! »

À travers les écoutes judiciaires auxquelles Secrets d’info a eu accès, on comprend bien que l’entourage de Nicolas Sarkozy craint une éventuelle déposition devant les juges d’Alexandre Djouhri. Extrait d’une autre conversation entre Alexandre Djouhri et le député Alain Marsaud :

 Alain Marsaud :  »Personne ne veut que tu rentres en France. Ils ont trop peur que tu parles. »

Alexandre Djouhri :  »Ah non mais, attends… »

Alain Marsaud :  »Non, mais attends ! Va demander à Sarkozy s’il est pressé que tu rentres ! »

Alexandre Djouhri : « Mais attends, Nicolas, il en a rien à foutre ! »

Alain Marsaud :  »Il en a rien à foutre… Enfin il préfère que tu sois pas en France, que t’ailles pas voir le juge ! »

… Où l’on découvre l’ascension fulgurante d’un petit caïd de banlieue devenu « seigneur de la zone grise » des affaires de la droite française.

Ces écoutes révèlent qu’Alexandre Djouhri est un personnage influent au sein de la droite française. Il est à tu et à toi avec l’ancien président Nicolas Sarkozy. Écoute judiciaire du 2 janvier 2015 entre Alexandre Djouhri et Nicolas Sarkozy :

Alexandre Djouhri : « Bonne année, Nicolas ».

Nicolas Sarkozy : « Ah ben Alexandre, je voulais te souhaiter une bonne année à toi ».

Alexandre Djouhri : « Bah tu verras, tout se passera bien et le courage guidera nos raisons, tu verras ».

Nicolas Sarkozy :  »Tu es où, là ? »

Alexandre Djouhri :  »Là, je suis à Courchevel ».

Nicolas Sarkozy :  »Ah ! Et bien écoutes, je t’embrasse mon Alexandre ».

 

A priori, rien ne prédestinait pourtant Alexandre Djouhri à faire partie du premier cercle du pouvoir. Né il y a 58 ans en Seine-Saint-Denis, dans une famille algérienne, Ahmed Djouhri (« Ahmed » est son prénom de naissance) a grandi à Sarcelles. À l’adolescence, il fréquente le grand banditisme. Entendu dans des affaires de règlements de compte entre bandes de voyous, Alexandre Djouhri a, lui-même, été victime d’une fusillade en plein Paris. Au début des années 80, c’est un habitué des commissariats, comme en témoigne cet extrait d’un rapport de police que nous avons pu consulter :

« Ahmed Djouhri était interpellé le 25 septembre 1981 et la perquisition effectuée à son domicile amenait la découverte de deux révolvers chargés, de menottes et d’une cagoule. Ahmed Djouhri était de nouveau interpellé, le 27 octobre, pour son implication dans cinq agressions à main armée commises dans des bijouteries de la région parisienne ».

 

Les années suivantes, Alexandre Djouhri écume les boîtes de nuit de la capitale, où il côtoie la jet-set, et se lie d’amitié avec le fils d’Alain Delon, Anthony. Des figures de la police proches de Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, l’introduisent ensuite dans les réseaux de la Françafrique. Il rencontre certains personnages clé de l’ « affaire Elf ». Il devient aussi proche des « grands » patrons français comme Serge Dassault, Henri Proglio ou Jean-Charles Naouri. C’est à partir de ce moment-là que l’ancien gamin de Sarcelles intègre le cercle très fermé des intermédiaires des gros contrats industriels et d’armement. Une ascension fulgurante qui ne l’a pas amené tout de suite à tutoyer Nicolas Sarkozy. Car l’amitié entre les deux hommes n’allait pas de soi. Alexandre Djouhri a d’abord « servi » le clan Chirac. Dans les années 2000, la guerre fait rage entre chiraquiens et sarkozystes. Une guerre sur fond d’affaire Clearstream, cette falsification de listings bancaires où s’est notamment retrouvé le nom de Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait même promis de suspendre à un croc de boucher les responsables de cette manipulation. Pour Nicolas Sarkozy, l’affaire était un complot ourdi par les chiraquiens, Dominique de Villepin en tête.

Malgré l’affaire Clearstream, Alexandre Djouhri est devenu tellement incontournable au sein de la droite que le camp Sarkozy se met en tête de le « récupérer ». C’est ce que raconte le journaliste Pierre Péan qui a longuement enquêté sur le sujet dans son livre La République des Mallettes :

« Début 2006, Djouhri sent qu’il n’a plus le choix s’il veut exister, c’est-à-dire s’il veut continuer à être un des rois de la zone grise, un facilitateur du système, il doit se trouver dans le bon camp. Il va donc faire un retournement d’alliance. Sarkozy devant témoin va dire : ‘S’il n’était pas venu à Canossa, autrement dit s’il n’était pas venu dans mon camp, il aurait eu une balle entre les deux yeux » ! »

 

 

Pierre Péan, auteur de La République des Mallettes. (Benoît Collombat / Radio France)

« Tu sens cette lumière qui l’amène vraiment à la victoire ! »

Alexandre Djouhri passe donc dans le camp sarkozyste pour rester en cours, mais il joue en fait sur les deux tableaux. Il continue de fréquenter son grand ami Dominique de Villepin, qu’il aime surnommer « le poète ».

L’intermédiaire va également réussir un tour de force : réconcilier les ennemis jurés Villepin et Sarkozy. Les écoutes judiciaires de l’affaire libyenne montrent à plusieurs reprises qu’Alexandre Djouhri sert d’entremetteur entre les deux hommes. Écoute judicaire entre Alexandre Djouhri et Nicolas Sarkozy du 16 janvier 2015 :

Alexandre Djouhri : « Il m’a dit Dominique que t’étais excellent hein, il m’a fait que des compliments sur toi… »

Nicolas Sarkozy :  »T’es gentil. T’es gentil ».

Alexandre Djouhri :  »Il m’a dit : « Il est d’une intelligence quand même, il compartimente, c’est une éponge’, il me dit : ‘Et, là, de plus en plus, j’y crois. Il est bon, il est bon là !’, je te jure, il m’a dit ça ce matin… »

Nicolas Sarkozy : « Ah ouais, t’es gentil, t’es gentil, t’es gentil… »

Alexandre Djouhri : « Il m’a dit : ‘Il est vraiment bien ! Il s’est transformé, il se projette bien intellectuellement et tu sens maintenant cette lumière qui l’amène vraiment à la victoire’. Il m’a dit ça, tout à l’heure. Il m’a dit : ‘Là, je le sens bien maintenant notre Nicolas, je le sens super bien’… »

Nicolas Sarkozy :  »Ah ben, écoute, t’es adorable, hein ! »

 

Celui qui se fait appeler « monsieur Alexandre » semble également avoir bénéficié de protections au sein de la police et des services secrets. Dans le dossier des juges qui enquêtent sur l’affaire libyenne, une note laisse entendre que le passé de délinquant d’Alexandre Djouhri aurait mystérieusement disparu des archives de la police. Par ailleurs, les juges ont aussi découvert que Bernard Squarcini, lorsqu’il était préfet, à Marseille, a pris sa plume pour « blanchir » son ami Alexandre Djouhri. L’attestation signée Bernard Squarcini a été rédigée en 2005, au moment où des journalistes commençaient à vouloir explorer le passé de l’homme de l’ombre.

Extrait de cette attestation saisie par les juges : « Je soussigné Bernard Squarcini déclare établir la présente attestation en faveur de Monsieur Alexandre Djouhri inconnu au service de traitement des infractions constatées (STIC), et ne faisant objet d’aucune inscription au casier judiciaire. Sur le fond, rien de défavorable n’a pu être démontré concernant l’intéressé et aucun élément lié au terrorisme, au grand banditisme ou au blanchiment n’a pu être mis en exergue. »

 

Dès lors, Alexandre Djouhri se sait protégé. Le personnage fascine les uns, ses méthodes effraient les autres. L’ancien caïd de Sarcelles s’invite désormais dans l’univers plutôt aseptisé des entreprises du CAC 40. C’est ce qu’a raconté aux enquêteurs Marwan Lahoud, l’ancien responsable du groupe aéronautique EADS. En 2008, Alexandre Djouhri vient le voir pour lui réclamer 12 millions de commissions pour un contrat en Libye.

Audition de Marwan Lahoud le 25 février 2016 : « Il a commencé à s’agiter, à dire que ça n’allait pas se passer comme ça. Il commence à me balancer des noms censés m’impressionner, il me parle de Jacques et Nicolas en faisant clairement référence à messieurs Chirac et Sarkozy. Alexandre Djouhri s’est alors montré particulièrement menaçant. Monsieur Djouhri avance plein de noms pour vous impressionner, ensuite il tente de m’amadouer en me parlant de devenir patron de Thales ou autre, puis il peut être dans une menace assez froide, évoquant des violences physiques dont il aurait été auteur, puis finit par me dire que je lui dois de l’argent, et que je devais le payer. »

Toujours selon ce témoin, Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, lui demande de faire un geste en faveur de son ami Alexandre Djouhri. Marwan Lahoud assure qu’il n’a pas donné suite, faute de contrat en bonne et due forme.

Alexandre Djouhri n’a peur de rien et se permet tout. C’est ce que révèlent encore les écoutes judiciaires de l’affaire libyenne. Le 4 décembre 2013, par exemple, il appelle le député Alain Marsaud et lui fait une demande stupéfiante :

Alexandre Djouhri :  »Alain ? Est-ce que tu peux me filer tout de suite 10000 euros en billets de 100 ? »

Alain Marsaud :  »Nan, je peux pas te filer 10 000 euros en billets de 100 tout de suite, là, nan… »

Alexandre Djouhri : « OK, bon, OK ».

Alain Marsaud :  »Il faut que je passe à ma banque, tu crois pas que j’ai 10 000 euros sur moi, nan ? »

Alexandre Djouhri :  »Bon, vas-y, là, si tu peux, maintenant… »

Alain Marsaud :  »Mais je peux pas! Mais enfin, non, mais je suis avec le ministre des Affaires étrangères, je peux pas le quitter pour aller à ma banque, pour chercher de l’argent ! »

Alexandre Djouhri :  »Bah, appelle-les ! »

Alain Marsaud : « C’est ça, oui, d’accord, mais bien sûr ! N’importe quoi, toi ! Ça peut attendre demain, non ? »

Alexandre Djouhri :  »Demain matin alors ! Mais maintenant, ça serait mieux ».

Alain Marsaud :  »Maintenant, la question se pose pas, c’est non ! Je sais pas faire, là. Parce que tu crois que j’ai 10 000 euros comme çà moi ? Il faut même que je les commande à ma banque ! »

Alexandre Djouhri :  »OK, bon, allez, je t’embrasse, à l’attaque alors ! A tout à l’heure, bye, tu m’appelles… »

Alexandre Djouhri ne semble avoir aucun complexe avec ses interlocuteurs, il ne met pas les formes. Dans une autre écoute judiciaire, il se vante par exemple d’avoir « mis une torchée à l’ambassadeur du Qatar ».

« Je n’ai pas envie de donner mon avis sur tous les cons de la planète ! »

Alexandre Djouhri est tout aussi direct quand il veut demander un service plutôt inattendu à son ami Dominique de Villepin. Écoute judiciaire entre Alexandre Djouhri et Dominique de Villepin du 30 septembre 2014 :

Alexandre Djouhri :  »Dis-moi, tu serais d’accord pour dire du bien de Christine Lagarde ? »

Dominique de Villepin :  »Moi, pourquoi ? »

Alexandre Djouhri : « Parce que il y a Hervé Gattegno, il fait un super papier sur elle, mais un beau papier, hein, c’est dans Vanity Fair, et il me dit : ‘Demande à Dominique si je peux l’appeler pour juste qu’il me dise ce qu’il pense d’elle’. Mais il me dit : ‘Attention, il y a zéro coup de Trafalgar’ ! »

Dominique de Villepin :  »Ecoute, c’est moi qui l’ai fait rentrer en politique et qui l’ai nommée, mais elle s’est toujours comportée comme une garce avec moi. J’ai rien à dire ! »

Alexandre Djouhri :  »T’as rien à dire ? »

Dominique de Villepin :  »Non, je ne préfère pas m’exprimer, je n’ai pas envie de donner mon avis sur tous les cons de la planète ! »

 

Ce que révèlent aussi ces écoutes judiciaires, c’est qu’Alexandre Djouhri est proche d’influents journalistes, de grands manitous de la communication et de patrons de presse. Il fréquente le conseiller spécial d’Arnaud Lagardère, Ramzi Khiroun ou encore le conseiller médias du groupe Dassault, Rudi Roussillon.

Parfois, Alexandre Djouhri n’hésite pas à utiliser ces contacts pour allumer des contre-feux dans l’affaire libyenne. Il suggère par exemple au Figaro, propriété de Dassault, d’écrire un édito pour défendre Claude Guéant. Il se démène aussi pour tenter de discréditer la piste du politique dans l’affaire libyenne. Il demande par exemple à son ami libyen Béchir Saleh, réfugié en Afrique du Sud, de signer une lettre dans laquelle il dément tout financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi.

 

Les écoutes judiciaires permettent de comprendre de quelle manière Alexandre Djouhri tente d’associer à ses affaires ses réseaux politiques. On le voit, par exemple, dans cet appel passé à Claude Guéant, devenu avocat d’affaires, en 2013 :

Alexandre Djouhri : « Et ben quand  je rentre là. On va voir les Popov ensemble, hein ? Les russes ! »

Claude Guéant :  »Ah ben volontiers. Oui. Volontiers, oui, oui. »

Alexandre Djouhri :  »Dès qu’ils arrivent, ils vont me tenir au courant. Dans le week-end. »

Claude Guéant :  »D’accord, OK. D’accord. »

Alexandre Djouhri :  »Allez, à l’attaque ! »

 

Parfois, cela fonctionne dans l’autre sens. Ce sont les membres du premier cercle de la sarkozie qui jouent les apporteurs d’affaires. C’est le cas de Bernard Squaricni, l’ancien patron du renseignement. Ce dernier a montré sa propre société d’intelligence économique, après la défaite de Nicolas Sarkozy, en 2012. Bernard Squarcini travaille notamment pour le géant du luxe LVMH, il fait aussi beaucoup d’affaires en Afrique. Voilà ce que propose Bernard Squarcini, à son ami Alexandre Djouhri, le 22 avril 2015 :

Bernard Squarcini :  »Deux champs de pétrole au Kazakhstan, à vendre. Ça t’intéresse? »

Alexandre Djouhri :  »Ouais, ben OK, ben ouais bien sûr, ben évidemment ».

Bernard Squarcini :  »L’ami de Londres, il va me balancer de la « doc » et je vais te la rebalancer ».

Alexandre Djouhri :  »Ouais, ben impec’, top ! »

Bernard Squarcini :  »C’est pour ça que moi quand il m’a dit ‘est-ce que vous connaissez quelqu’un’, j’ai dit : ‘y’en a qu’un qui peut gérer cette affaire c’est lui’, il me dit : ‘ok il prend sa com’ et nous on prend la nôtre et voilà’, ok ? »

Alexandre Djouhri :  »OK ben ouais, à l’attaque ! »

Bernard Squarcini :  »Je te tiens au courant Papy ! »

Alexandre Djouhri :  »Ouais, allez bye, je t’embrasse ».

Bernard Squarcini : « Allez, va à la pêche hein, ciao ». 

 

Les écoutes judiciaires font également apparaître certains personnages plutôt inattendus. C’est le cas de Jean-Louis Bruguière, ancien juge antiterroriste qui a fait un passage en politique sous la bannière de l’UMP. L’homme a instruit de nombreuses affaires sensibles, comme l’attentat de Karachi ou l’affaire de l’attentat contre le DC 10 d’UTA, qui impliquait le régime de Mouammar Kadhafi. Les enquêteurs de l’affaire libyenne se sont aperçus qu’en février 2014, Jean-Louis Bruguière sollicitait les conseils avisés d’Alexandre Djouhri.

Jean-Louis Bruguière :  »Allô ? J’voulais te parler… J’ai une très très grosse opération sur un pays du Golfe… Bon, voilà c’est tout, point, je peux pas en dire plus au téléphone ».

Alexandre Djouhri : « Hummm… ouais, j’ai compris… »

Jean-Louis Bruguière :  »Y’a pas une urgence folle, m’enfin, bon… »

Alexandre Djouhri : « Ouais ».

Jean-Louis Bruguière :  »Il faut quand même que je puisse gérer ça ! »

 

Alexandre Djouhri semble donc être une « porte d’entrée » dans le monde des affaires pour une partie de la Sarkozie. Mais il y en un avec qui les relations sont particulièrement poussées, c’est Dominique de Villepin, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac devenu avocat d’affaires.

Dominique de Villepin et Alexandre Djouhri passent beaucoup de temps ensemble dans les meilleurs restaurants à Paris, en Russie ou dans les pays du Golfe. Et quand ils ne se voient pas, ils sont régulièrement en contact, ne se privant pas commenter les derniers rebondissements dans l’enquête libyenne. En septembre 2014, par exemple, Alexandre Djouhri a repéré un tableau de maître qui pourrait plaire à son ami. Il l’appelle après lui avoir envoyé la photo de la toile.

Alexandre Djouhri :  »Qu’est-ce que tu penses de ce Soulages ? »

Dominique de Villepin :  »Il est très bien, il est très beau ».

Alexandre Djouhri :  »T’es d’accord ? »

Dominique de Villepin :  »Ouais ».

Alexandre Djouhri :  »1954.

Dominique de Villepin : « Magnifique, un an après ma naissance, magnifique. Il est très beau. Qu’est-ce qu’ils en veulent ?

Alexandre Djouhri : « Pour l’instant c’est 2,4 millions « .

Dominique de Villepin :  »Ah ouais, il faut que tu le fasses baisser un peu ».

Alexandre Djouhri : « Mais c’est négociable ».

Dominique de Villepin :  »Ouais, ouais, fais le baisser un peu et prends-le… »

Alexandre Djouhri :  »Tu peux foutre ça au coffre, tu le planques ».

Dominique de Villepin :  »Ah ben oui… il est grand comment ? »

Alexandre Djouhri : « Bah je t’ai envoyé. 1,47 mètres sur 1,14 mètres ».

Dominique de Villepin : « Oui, oui superbe. Non, non, il est très très beau ».

Alexandre Djouhri : « Je savais qu’il allait te plaire celui-là… »

Dominique de Villepin :  »Y’a un peu de rouge… Magnifique, t’as bon goût là. Tu l’as vu où? » 

Alexandre Djouhri :  »Je l’ai vu chez un pote à moi qui le vend parce qu’il a besoin de pognon ».

Dominique de Villepin : « En Suisse ? »

Alexandre Djouhri :  »Ah oui, il est en Suisse… Ah ben à 100% ».

Dominique de Villepin :  »Hmm, il est très beau. Très, très beau mon vieux. Putain t’as de la chance. Tu peux foutre ça dans ton salon sans problème ».

Alexandre Djouhri : « Ouais parce qu’en plus, moi je trouve qu’il fait simple… Il fait pas genre… »

Dominique de Villepin :  »Voilà il est magnifique. Il est très, très sobre, t’as raison. C’est un beau Soulage, très beau Soulages. C’est pas un truc… « bavasseux »… »

Alexandre Djouhri :  »Voilà, exactement ».

Dominique de Villepin : « Ouais. Bon, mais mon gars donc t’arrives demain ? »

Alexandre Djouhri : « Ouais j’arrive demain. Il est reposant ».

Dominique de Villepin : « Ouais, il est reposant ». 

 

Alexandre Djouhri ne se contente pas de proposer des tableaux à Dominique de Villepin. Il lui achète aussi ses vieilles bandes dessinées. Ainsi, dans la bibliothèque personnelle de Dominique de Villepin figure un album rare de Tintin aux pays des Soviets. Lorsqu’il la met aux enchères, cette pièce de collection trouve preneur à prix d’or : 43 000 euros.

Les enquêteurs ont découvert que l’acheteur de ce Tintin était en fait Alexandre Djouhri. Et dans cette conversation avec Dominique de Villepin, on comprend qu’Alexandre Djouhri ne veut surtout pas que son nom apparaisse sur la facture :

Alexandre Djouhri :  »J’vais pas payer avec mon nom… j’paie par l’étranger moi… »

Dominique de Villepin :  »Mais non, mais tu paies par où tu veux, mais il faut payer avec ton nom ! Il faut qu’on sache qui a payé… Tu mets la référence de la facture du Tintin, tout ça… »

Alexandre Djouhri :  »Mais évidemment ! Mais j’mets pas de nom ».

Dominique de Villepin :  »Bon… Et tu me dis après qu’on puisse te donner le machin là… »

Alexandre Djouhri :  »Ça je m’en fous, c’est pas urgent, putain ! Qu’il le garde ! Je paie et il le garde ».

On l’a compris, dans cette écoute, Alexandre Djouhri n’a pas l’air pressé de récupérer « le machin », ce Tintin qu’il a pourtant payé rubis sur l’ongle aux enchères.

Djouhri cherche à rester dans l’ombre. Il semble tout faire pour éviter qu’on puisse tracer son argent. C’est ce que révèlent les investigations des enquêteurs financiers. Les juges ont pourtant apparemment découvert un lien entre l’intermédiaire et « la cagnotte » de Kadhafi. Ce lien, c’est une villa, située à Mougins dans le sud de la France. Djouhri l’aurait achetée à la fin des années 1990 à Nabila Kashoggi, la fille d’Adnan Kashoggi, célèbre marchand d’armes saoudien.

Cette luxueuse maison, baptisée « Villa Nabila », Djouhri l’aurait revendue – à travers une cascade de sociétés écran, dont certaines basées dans les paradis fiscaux – cinq fois son prix… au fond libyen de Béchir Saleh, l’argentier de Kadhafi. C’est ainsi que l’argent du « régime » aurait pu se retrouver sur les comptes de l’intermédiaire proche de la Sarkozie.

Les juges en charge de l’affaire libyenne s’intéressent désormais aussi à l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

Ils le soupçonnent d’avoir touché de l’argent via un circuit financier similaire à celui de la villa. Ils ont découvert que de 2008 à 2010, Villepin avait été payé 800 000 euros par an pour rédiger des notes pour le Saoudien Khaled Bugshan… Le même homme que l’on retrouverait derrière « l’achat » des tableaux de Claude Guéant. Villepin aurait été chargé de prodiguer des conseils et de rédiger diverses notes pour ce Saoudien que les juges pensent liés à Djouhri. Une opération d’autant plus intrigante que les enquêteurs se demandent s’il ne s’agit pas de prestations fictives. Et si Dominique de Villepin n’a pas tout simplement recyclé de vieux discours.

Le 6 septembre 2016, la police l’a interrogé sur ce point. Question du policier :  »Nous avons constaté qu’une note intitulée ‘Considérations sur les adaptations possibles au défi urbain asiatique à la lumière des évolutions et des prises de conscience récentes’ de janvier 2009, correspondait mot pour mot au texte d’une de vos interventions lors d’une conférence qui se tenait l’année précédente. Comment expliquez-vous ce réemploi ? »

Réponse de Dominique de Villepin : « Je n’ai pas le souvenir précis du contexte de la transmission de cette note basée sur une conférence passée. J’ai parfaitement pu réutiliser des réflexions menées dans des conférences que j’ai données. »

Devant les mêmes enquêteurs, Dominique de Villepin affirme n’avoir aucune relation d’affaires avec Djouhri. Il prétend également ne pas connaître « son domaine d’activité ».

Dominique de Villepin, Claude Guéant… Devant les policiers, les politiques n’ont guère envie de s’épancher sur les liens qui les unissent à Alexandre Djouhri. Pour une raison évidente, selon le journaliste Pierre Péan : l’homme d’affaires sait trop de choses à leur sujet.

« A la fin des années 80, Djouhri était encore un instrument au service des politiques. Après, il est devenu le seigneur de la zone grise. Dans cette zone grise, il tient les hommes politiques. Il connaît tous leurs secrets, notamment les secrets financiers. Pour d’autres, ça peut être des secrets sur les filles. Des choses compromettantes. On le protège à cause de ça. »

 

Au fil des auditions, l’enquête des juges fait apparaître un faisceau d’éléments accréditant la thèse d’argent libyen remis à des politiques, ou à des intermédiaires, même si les sommes varient beaucoup d’un témoignage à l’autre : de 4,5 millions à 300 millions.

Ziad Takieddine, autre intermédiaire de la droite française, a récemment reconnu devant les juges avoir remis de l’argent de Kadhafi à Claude Guéant et Nicolas Sarkozy. Une version démentie par les deux hommes. En tous cas, argent libyen ou pas, ce qui semble tout de même se dessiner, c’est que des espèces auraient bien circulé pendant la présidentielle de 2007. C’est ce que laisse entendre, Jérôme Lavrilleux, mis en examen dans l’affaire Bygmalion. En 2012, il était le directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Jérôme Lavrilleux nous a confié qu’à sa grande surprise, à la fin de cette campagne, des cadres du parti, qui étaient déjà là en 2007, seraient venu lui réclamer de l’argent liquide.

Jérôme Lavrilleux, le directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. (Benoît Collombat / Radio France)

Jérôme Lavrilleux : « On me dit : ‘En 2007, nous avons tous reçu une prime en liquide’. Je réponds : ‘Mais en 2007, je n’y étais pas. Je n’ai pas d’argent liquide. Je n’ai même pas de coffre-fort dans mon bureau !’ Sur le moment, j’ai quasiment pris ça pour une blague. Puis, j’ai compris qu’en fait on nous suspectait de ne pas avoir redistribué l’argent ! »

Secrets d’info : « D’avoir gardé l’argent pour vous ? »

Jérôme Lavrilleux : « Oui. Je me suis dit : ‘Mais dans quel monde vit-on ?’ C’est une pratique qui, pour ce que j’en ai compris, semblait être habituelle ».

Jérôme Lavrilleux a confirmé son témoignage devant les juges de l’affaire libyenne, comme l’a révélé le site Mediapart. Du côté de l’ancien président, Nicolas Sarkozy, on dément des accusations qualifiées de « provocation ».

 

D’autres indices laissent cependant penser que du liquide aurait bien pu circuler à l’UMP en 2007, comme, par exemple, ce SMS de Rachida Dati envoyé le 9 septembre 2013 à Brice Hortefeux.

L’ancienne Garde des sceaux pense alors que ce fidèle de Nicolas Sarkozy cherche à lui nuire. Elle est furieuse, et menace Brice Hortefeux en ces termes :

« Salut le facho (…) Je vais dénoncer l’argent liquide que tu as perçu pour organiser des rendez-vous auprès de Sarko lorsqu’il était président. Des relations tout aussi liquides que tu as eues avec Takieddine (…) et je peux continuer avec les avantages que tu as eu et as encore à l’UMP à l’insu de ceux qui paient. Alors maintenant, je te préviens très fermement : tu me fous la paix ! Je ne te lâcherai pas, espèce de voyou ! »

 

Un autre élément matériel intrigue enfin les enquêteurs de l’affaire libyenne. Il s’agit d’un très grand coffre-fort loué par Claude Guéant à la BNP pendant quatre mois, le temps de la campagne présidentielle de 2007. Interrogé par les policiers sur ce point, Claude Guéant assure qu’il ne s’agissait que de stocker… des archives.

Claude Guéant :  »Il s’agissait de stocker, en sécurité, des archives personnelles appartenant à monsieur Sarkozy et moi-même ».

Policier :  »Si ce coffre-fort ne vous a servi que pour entreposer vos archives personnelles, pour quelle raison vous y êtes-vous rendu à sept reprises entre mars et juillet 2007 ? »

Claude Guéant :  »Pour consulter des documents. Je pense aux discours que monsieur Sarkozy avait pu faire… J’avais demandé un petit coffre et faute de disponibilité j’en ai obtenu un grand ! »

 

Trois personnes ont jusqu’ici été mises en examen dans ce tentaculaire dossier libyen : Claude Guéant, l’homme d’affaire Saoudien Khaled Bughsan et l’intermédiaire Ziad Takieddine. Quant à Alexandre Djourhi, qui ne s’était  pas rendu à la convocation des juges, il avait  toujours nié avoir joué le moindre rôle dans cette affaire libyenne.

 

Vœux Macron : trop long, trop froid et trop de « je »

Vœux  Macron : trop long, trop froid et trop de « je »

 

 Il faut toujours du temps aux grands médias réagir aux déclarations des responsables politiques. Cela d’autant plus quand la plupart des journalistes observent  la trêve des confiseurs et ne reprendront réellement leur travail que ce mardi. Il suffit pour s’en persuader d’examiner les Unes des grands médias sur Internet. Elles n’ont pratiquement pas bougé depuis une semaine. Du coup, on se contente de reprendre textuellement les infos des agences. On a quand même remarqué la longueur de la prestation de Macon lors de ses vœux 2018. Une longueur excessive à telle enseigne que Macron a été contraint de faire une deuxième version limitée à deux minutes sur Internet ;  une version par ailleurs nettement plus réussie et plus naturelle. Ce qui a également caractérisé cette allocution, c’est son manque de chaleur. Pas vraiment de quoi s’enthousiasmer avec ce discours cohérent mais relativement froid. Un discours à la mode des responsables de la république en marche souvent pertinent mais manquant sérieusement d’humanité, de simplicité et de vraie empathie. Bref des discours technos. Dernier élément assez insupportables : l’emploi du  je à presque toutes les phrases. Une soixantaine de fois lors de ce discours « j’ai besoin de vous ». Non ce n’est pas Macon qui a besoin des Français, c’est la France qui a besoin de citoyen lucide et motivé pour servir l’intérêt du pays et non celui du président de la république même si les deux peuvent parfois être liés. Macron a une fâcheuse tendance à retomber dans la posture monarchique. Il confond grandeur de la fonction et sacralisation quasi religieuse du pouvoir ;  ce Je  permanent est insupportable. Les Français savent bien que leur président est jeune, compétent, dynamique, une majorité approuve son action même s’ils sont  surtout dans une situation d’attente par rapport aux résultats. Il n’est nul besoin que Macron tombe dans l’inflation égotiste pour souligner des vertus qu’on lui reconnaît.

 

Macron- GM&S : « je ne suis pas le père Noël »

Macron- GM&S : « je ne suis pas le père Noël »

Premier teste pour Macron avec ce dossier de l’équipementier automobile GM&S. Un dossier forcément complexe car l’Etat ne peut imposer aux constructeurs automobiles de passer commande à GM&S  en tout cas sauver la totalité de l’emploi. Bercy a forcé la main de Renault et PSA pour soutenir  GM&S afin d’apporter une aide temporaire à une société qui de toute façon devra se restructurere.et perdre au final près de 100 emplois.  Les constructeurs automobiles français PSA et Renault se sont engagés, sous la pression du ministère de l’Economie, à augmenter leurs commandes auprès de l’équipementier GM&S Industry de la Souterraine (Creuse), menacé de liquidation judiciaire. Le nouveau ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, s’était entretenu durant le week-end avec le PDG de Renault, Carlos Ghosn, et le président du directoire de PSA, Carlos Tavares. « Il leur a demandé de s’engager sur un montant de commandes supplémentaires permettant la continuité de l’exploitation de l’entreprise et la poursuite des discussions avec les repreneurs », avait précisé dimanche dernier dimanche les services de Bercy dans un communiqué. « Le groupe PSA s’est engagé à augmenter ses commandes de 10 à 12 millions d’euros. Le groupe Renault s’est engagé pour sa part à doubler ses commandes pour les porter de 5 à 10 millions d’euros », indiquent-ils. »Ces engagements permettront d’atteindre un niveau de chiffre d’affaires sur 2017 proche de 25 millions d’euros, et rendent possible la continuité de l’exploitation et la poursuite des discussions sur la reprise de l’entreprise », ajoutent-ils. Bruno Le Maire, aux représentants syndicaux du site de la Souterraine, reçus à Bercy, de « déployer tous les efforts nécessaires » auprès des deux groupes, qui représentent 65% du carnet de commandes de GM&S Industry, d’ici au 23 mai. Le comité d’entreprise a demandé à la justice de repousser la date d’audience pour analyser les offres de reprise du 23 au 30 juin. « L’Elysée va créer une cellule de crise et des rencontres sont programmées la semaine prochaine entre GM&S et les constructeurs automobiles », a déclaré à Reuters Jean-Louis Borie, avocat du comité d’entreprise de GM&S. « On a senti que le président de la République était ouvert, on a eu un échange d’arguments point par point », a-t-il raconté à propos de l’entretien de vendredi soir. « Le président a pris l’engagement de revoir avec les constructeurs automobiles le niveau de commande. » Un dernier point essentiel pour Jean-Louis Borie, dans la mesure où « on ne peut envisager de solution tant que les constructeurs n’ont pas pris d’engagements fermes d’un autre niveau que maintenant». Conclusion l’entreprise pourra sans doute être sauvée mais pas la totalité de l’emploi

« Je ne vais pas donner de conseils à Macron » (Hollande) OUF !

« Je ne vais pas donner de conseils à Macron » (Hollande) OUF !

Une bonne nouvelle : Hollande n’envisage pas de donner des conseils à Macron, ouf !  Il est évidemment prématuré de savoir quelle est l’efficacité de la politique qu’entend conduire Macron mais une chose est sûre il ne faudra surtout pas qu’il renouvelle les atermoiements et les contradictions qui ont caractérisé le mandat de François Hollande. « Je ne vais pas lui donner de conseils, mais lui parler des sujets majeurs. De ce qui ne peut pas attendre. De manière à ce que soit la continuité de l’Etat l’emporte », confie Hollande au JDD. François Hollande qui a multiplié les gestes de connivence voire de familiarité avec Macon mettant d’ailleurs ce dernier dans l’embarras. À cet égard le paternalisme dans témoigne Hollande paraît à la fois outrancier et relativement déplacé. Ainsi dernièrement lors d’une cérémonie officielle, il a demandé à Macon sous l’œil des caméras : « alors ça se prépare pour l’Élysée ? » Gêné mais avec une grande malice Macron a répondu : «  et de votre côté, ça se prépare aussi » ? On comprend que Hollande ait intérêt à montrer qu’il existe une grande filiation entre lui et Macron afin de laisser une image positive dans l’histoire. En effet Hollande aura été l’un des présidents de la république les plus impopulaires de la cinquième. En cause évidemment des résultats catastrophiques tant sur le terrain économique que dans le champ social. Pas étonnant si le parti socialiste n’a recueilli que 6 % des voix lors du premier tour des présidentielles même si Benoît Hamon a apporté sa patte personnelle pour affaiblir encore un peu plus le parti de François Hollande.

 

Macron -Valls : je t’aime moi non plus !

Macron -Valls : je t’aime moi non plus !

Valls qui considère que le parti socialiste actuel est mort fait une déclaration d’amour à Macron et veut s’inscrire dans la nouvelle majorité présidentielle. Une décision évidemment condamnée par les caciques du parti socialiste mais qui crée peu enthousiasme chez Macron. Entre les deux hommes politiques, c’est un peu je t’aime moi non plus ;  en cause,  surtout le fait que Valls n’a cessé de torpiller Macron  lorsqu’il était au gouvernement l’ayant même privé de présenter sa seconde loi sur l’économie. Une décision qui avait largement encouragé Macron à démissionner de ce gouvernement. Valls rejoint Macron,  en tout cas en émet le souhait car les différences idéologiques entre les deux hommes sont faibles. En outre sans l’appui d’ en marche Valls aurait sans doute des difficultés à être réélu député. Du côté d’en marche,  ce ralliement de Valls est plus embarrassant qu’autre chose et on l’accueille avec un enthousiasme pour le moins mesuré  L’annonce de Manuel Valls a été en effet reçue avec une certaine tiédeur du côté du camp Macron. Le porte-parole de La République En Marche, Benjamin Griveaux, a précisé sur Europe 1 que « la bannière sur laquelle les candidats aux législatives iront s’appelle La République En Marche (…) la procédure est la même pour tout le monde, il lui reste 24 heures », a-t-il ajouté. L’accueil n’est guère meilleur du côté du Parti socialiste. Jean-Christophe Cambadélis a déclaré : « Ça, c’est impossible ». Le premier secrétaire du Parti socialiste estime que l’ancien premier ministre doit agir « très gentiment et très calmement ».

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