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Gilets jaunes: l’hystérisation du débat entre réactionnaires condescendants et populistes primaires

Gilets jaunes:  l’hystérisation du débat entre réactionnaires condescendants et populistes primaires

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que le débat manque de sérénité pour aborder les problèmes majeurs de la société en France. Certes la plupart des Français ne tombent  pas dans le piège de l’affrontement stérile et simplificateur mais force est de constater que les médias mettent surtout en valeur les propos des réactionnaires condescendants face à ceux des populistes primaires. Parmi les élites médiatiques, on compte nombre de réactionnaires condescendants qui estiment que les gilets jaunes par exemple doivent maintenant se taire, qu’ils ont été assez entendus puisqu’on leur a accordée presque 10 milliards. Une espèce de réflexe corporatiste des élites (ou de ceux qui croient en faire parti parce que médiatiquement connus). La remise en cause d’une parcelle de l’autorité de ces élites prend soudain des allures de faction ou de révolution. Et de s’appuyer sur la légitimité d’une élection dont pourtant chacun sait qu’elle est surtout le résultat d’une opposition au Front National et non d’une adhésion à l’ultra libéralisme de Macron. Pour preuve, ces élites refusent toute perspective d’une nouvelle consultation électorale par exemple concernant l’assemblée nationale. Une hypothèse qui serait pourtant susceptible de donner une légitimité incontestable à la majorité qui en sortirait. Du coup, on accuse les opposants au pouvoir de tous les maux notamment les gilets jaunes. C’est tout juste s’ils ne sont pas responsables de la dégradation de la croissance qui pourtant a commencé début 2018 et qui s’affaisse dans le monde entier haut au point peut-être de frôler la récession. En face des populistes primaires qui ont sans doute raison de se plaindre de la situation sociale des plus défavorisés mais dont  l’argumentation ne résiste pas à la moindre analyse. En cause, l’ignorance de la problématique économique, le manque d’expérience politique et l’absence de passé social. Du coup, on attaque tout en vrac mais sans mettre le doigt sur les vrais facteurs explicatifs de la mauvaise gestion du pouvoir en place (exemple l’absence d’évaluation du CICE qui aura coûté 40 milliards sur une année dont on ne connaît pas ni les effets économiques ni les effets sociaux). Bref une gestion macro-économique à la louche qui fait abstraction des spécificités des branches voir des zones géographiques. L’affrontement se caractérise alors par une violence verbale nourrie d’idéologies. Le problème c’est que le gouvernement lui-même n’est pas incapacité de rétablir un minimum de sérénité et d’élever le débat. Au contraire, il utilise aussi l’anathème et la provocation comme les extrémistes populistes qui se réfugient dans le simplisme. De ce point de vue, le débat direct voulu depuis le début de mandat entre Macron et les citoyens constituent une catastrophe et une caricature de démocratie.

Gilets jaunes :  » l’individualisme exacerbée responsable de la crise » ? (Dominique Schnapper, sociologue)

Gilets jaunes :  » l’individualisme exacerbée responsable de  la crise » (Dominique Schnapper, sociologue)

Dans une interview au JDD, la sociologue Dominique Schnapper analyse le mouvement des gilets jaunes. Une analyse de sociologue un peu réductrice  qui fait quand même l’impasse sur le contexte social et fiscal .

Comment analysez-vous la forme de protestation inédite incarnée par les Gilets jaunes?
La manifestation de rue est un grand classique de l’histoire ­politique française. Elle était jusqu’à présent organisée par des syndicats ou des partis. Cette fois, nous sommes confrontés à des ­manifestants qui récusent toute forme d’organisation. Le gouvernement se retrouve sans interlocuteurs avec lesquels il pourrait discuter. Lorsqu’un Gilet jaune manifeste son intention d’ouvrir un dialogue, il est aussitôt contesté par d’autres qui disent : il ne nous représente pas. Cette situation explique à la fois la longévité du mouvement, qui pourrait durer encore des semaines, et la difficulté de sortir de la crise.

 

Cette crise de la démocratie ne tient-elle pas aussi à l’action des élus?
Je ne crois pas. Les ministres, les députés ou les maires d’aujourd’hui ne sont pas plus ­incompétents ou corrompus que leurs prédécesseurs. C’est l’individualisme poussé à l’extrême qui provoque la crise : personne ne peut me représenter sauf moi-même ! Cette conviction de plus en plus partagée conduit à refuser les contraintes qu’impose tout collectif. J’y vois le risque de sombrer dans une sorte d’anarchie qui ferait le lit du totalitarisme. Le rejet du débat démocratique par les ­Gilets jaunes a pour conséquence le ­caractère contradictoire des ­revendications. Comment peut-on à la fois réclamer moins d’impôts et plus de services publics ? Tout le monde connaît la phrase de ­Maurice Thorez [secrétaire général du Parti communiste français de 1930 à 1964] : il faut savoir finir une grève. Il tenait un discours de professionnel de la lutte sociale, cherchant une issue aux conflits.

Gilets jaunes : L’hystérisation entre bourgeois et gauchistes

Gilets jaunes : L’hystérisation entre bourgeois et gauchistes

 

Indéniablement le mouvement des gilets jaunes a marqué la situation sociale du pays. Ce mouvement reflète les mécontentements et la colère de certaines couches moyennes défavorisées à propos notamment du pouvoir d’achat et de la justice fiscale. Les manifestations qui se tiennent chaque samedi depuis le 17 novembre constituent un marqueur de ce mécontentement. Malheureusement ces manifestations font parallèlement l’objet de violences de la part de certains manipulateurs extrémistes qui profitent de la situation. Ceci étant il convient d  relativiser la participation à ces manifestations dont la dernière a réuni environ 50 000 personnes, peut-être davantage mais bien loin de ce que les syndicats peuvent parfois convoquer. La France subit évidemment certaines conséquences néfastes concernant des commerces mais n’est ni feu ni à sang, ni même arrêtée. Pourtant d’un côté comme de l’autre, on assiste à une forme d’hystérisation de la situation. Côté pouvoirs on donne l’impression que le pays est dans une dans un état d’insurrection et de l’autre on prétend que le pays glisse vers une dictature. Des propos excessifs qui n’ont pour effet que de servir la violence et qui d’une certaine façon sont aussi irresponsables les uns que les autres Sur France Info, Julien Denormandie estime que Jean-Luc Mélenchon «a trahi la République» pour avoir condamné la fermeture de la cagnotte de soutien pour l’ex-boxeur Christophe Dettinger, soupçonné d’avoir agressé deux gendarmes. «Le but de ceux qui veulent interdire cette collecte est de détruire la famille aussi. Honte à eux», avait ainsi tweeté, mardi Jean-Luc Mélenchon. «Ce responsable politique (…) qui insulte les juges, qui appelle au final à casser du flic, parce qu’il soutient ceux qui cassent du flic, au final c’est une trahison républicaine. Les propos de responsables politiques comme Jean-Luc Mélenchon sur ces cagnottes, ils sont scandaleux», a lancé Denormandie.

De son côté, la députée Aurore Bergé, porte-parole des députés LREM, a critiqué l’attitude de Jean-Luc Mélenchon qui «depuis des mois se félicite et se gargarise de ces violences. (…) Quand a-t-il condamné les menaces contre les élus de la République en marche? Quand a-t-il condamné les violences contre les journalistes? Quand a-t-il condamné les violences contre les forces de l’ordre?». Aurore Bergé a par ailleurs annoncé mercredi qu’elle allait signaler à la justice les propos de cadres de LFI incitant selon elle à la violence. «En tant qu’élu de la République, quand on a connaissance de crimes ou de délits, c’est notre devoir, notre responsabilité de les signaler et on a des propos qui aujourd’hui clairement invitent à commettre des délits ou des crimes», a-t-elle expliqué sur France 2 la députée dont «le domicile a été placé sous protection» à la suite de menaces. Une guerre verbale finalement assez traditionnelle entre bourgeois et gauchistes qui ont en commun de verser dans une dialectique excessive et peu responsable.

 

 

Gilets jaunes : l’humiliation politique de Macron

Gilets jaunes : l’humiliation politique de Macron »  

Au-delà des aspects quantitatifs des revendications sociales, Macron a subu une humiliation politique  (Anne-Claire Ruel dans France info)

Que retenez-vous de cette allocution présidentielle ?

Anne-Claire Ruel : Cette intervention acte une forme de défaite symbolique pour le chef de l’Etat. Emmanuel Macron avait écrit toute sa campagne sur l’idée d’un homme qui ne cède pas. C’était devenu une forme de motto, ‘un président qui fait ce qu’il dit et qui dit ce qu’il fait’. Dans les enquêtes d’opinion, même s’ils n’adhéraient pas forcément à sa politique, les Français le présentaient comme un homme déterminé. Là, il n’avait pas d’autre choix que de céder. C’est une victoire pour les « gilets jaunes », dans un rapport de force inversé.

Emmanuel Macron n’a jamais mentionné les « gilets jaunes ». Il s’est contenté d’une allusion aux « ronds-points ». Pourquoi ?

Nommer, c’est faire naître, matérialiser, rendre concret. Emmanuel Macron avait à cœur de casser la jonction entre les « gilets jaunes » et l’opinion publique. Il s’adressait à l’opinion publique au sens large du terme, pas à une seule catégorie de la population. On peut toutefois noter qu’il a formulé un mea culpa quant aux expressions jugées méprisantes qu’il a pu employer, comme les ‘Gaulois réfractaires’, même s’il n’est pas allé jusqu’à s’excuser formellement.

Est-ce la fin de la fameuse présidence « jupitérienne » ?

Il y aura un avant et un après ; cette allocution est une bascule dans le quinquennat. On avait atteint les limites de la présidentialisation de la Ve République, où l’on attend tout d’un homme. Emmanuel Macron s’était présenté en président jupitérien, avec une forme de hauteur. Il était isolé, sans grognards dans sa majorité. Là où Nicolas Sarkozy pouvait cibler des segments de la population avec des piliers symboliques comme Nathalie Kosciusko-Morizet pour la modernité, Henri Guaino pour le gaullisme ou encore Nadine Morano pour la droite populaire, Emmanuel Macron était nu. Son armada de députés ne doit son existence qu’au chef de l’Etat. De manière assez classique à l’Elysée, le « château » s’est transformé en prison.

L’appel au dialogue lancé par le chef de l’Etat s’inscrit-il dans cette logique ?

Les gens ont simplement envie de dialoguer et d’être écoutés. Le débat, c’est le fondement même de la démocratie. C’est faire société. Cette horizontalité est une revendication extrêmement forte de l’opinion publique. Là, on était dans une logique de communication performative, comme si dire était faire. Puisqu’on ne peut pas gouverner seul, il faut trouver une forme de dialogue. Mais je ne suis pas sûre qu’Emmanuel Macron ait les ressources ni le temps d’y parvenir.

« Gilets jaunes » : l’apport des lycéens ?

« Gilets jaunes » : l’apport des  lycéens ?

. L’UNL (Union nationale lycéenne) appelle ainsi à une journée d’actions et de blocages le vendredi 30 novembre, a indiqué sa direction à franceinfo, mercredi 21 novembre. L’objectif : porter des revendications telles que la sélection à la fac ou la réforme du lycée, qui ne « sont pas directement liées aux ‘gilets jaunes’ mais qui s’inscrivent dans le contexte », a expliqué à franceinfo Louis Boyard, président de l’UNL. Deux autres syndicats lycéens, l’UNL-SD et la Fidl, appellent de leur côté à la tenue d’assemblées générales, mercredi 28 novembre, pour décider d’un éventuel soutien aux   »gilets jaunes », a appris franceinfo. L’UNL-SD, le deuxième syndicat lycéen (22% aux dernières élections), né d’une scission de l’UNL, appelle même à bloquer les lycées jeudi 29 novembre. « Le week-end, notre impact est nul, explique à franceinfo Nathan Le Potier, secrétaire général de l’UNL-SD. Mais nous avons un point de convergence avec les ‘gilets jaunes’, c’est celui du pouvoir d’achat. » Il précise que la volonté de rejoindre les  »gilets jaunes » vient d’une  »forte demande des militants ». L’UNL-SD souhaite mettre en avant la baisse des APL, le montant des bourses qui stagnent ou encore le coût des transports en commun en Ile-de-France, jugé trop élevé. « Nous demandons aussi la baisse du tarif des cantines, puisque c’est souvent le seul repas pris par les lycéens », détaille Nathan Le Pothier.




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