Archive pour le Tag 'Israël'

Guerre Israël-Hamas : l’intox des médias

Guerre Israël-Hamas : l’intox des médias

Dans la guerre entre Israël et le Hamas, les médias donnent chacun leur version des faits en fonction de leur orientation politique. Voir à cet égard cette tragique affaire de distribution de nourriture à Gaza. Cela peut influencer les perceptions du public et même le déroulement du conflit lui-même. D’où l’importance de suivre des médias dont l’objectif est l’intérêt public.

Papier de télévision d’Ester Duflot de radio France 

Une des dimensions du drame de Gaza, c’est qu’il reste peu de médias pour documenter ce qui se passe. Presque tous les journalistes sont partis, et ceux qui restent ont beaucoup de mal à travailler dans les ruines, au milieu des bombes, sans électricité et sans eau.

En d’autre temps, pour d’autres crises, les réseaux sociaux avaient joué un rôle d’information en permettant aux citoyens de partager ce qu’ils voyaient. Mais aujourd’hui, l’intox domine de tous les côtés sur les réseaux, en partie nourrie par de fausses images générées par l’intelligence artificielle, et en l’absence de tout contrôle.

Les médias traditionnels ne se privent pas non plus d’interpréter une information parcellaire à la sauce qui leur convient. Ainsi, le 17 octobre, une explosion a eu lieu dans à l’hôpital Ahli Arab de Gaza, faisant des centaines de morts. Quelle qu’en soit la cause, il s’agissait évidemment d’une tragédie, un symptôme et un symbole de la cruauté de cette guerre pour les populations civiles.

Mon collègue Ben Olken, qui s’intéresse aux médias et à la politique, a copié les gros titres de différents journaux, le soir de l’explosion, à un moment où il y avait peu d’information. Naturellement, les médias arabes et israéliens présentaient le cas sous un jour entièrement différent :

Al Jazeera titrait ainsi : “Un raid israélien sur un hôpital fait 500 morts” ou encore “Israël tue 500 victimes dans le massacre de l’hôpital de Gaza”.

À la même heure, le Times of Israel titrait “IDF : l’explosion de l’hôpital était due à une roquette mal tirée. Le monde arabe accuse Israël”.

Et ce n’est pas la première fois non plus dans ce conflit que des événements troubles ont donné lieu à des interprétations opposées. À chaque fois, chacune de ces versions a été amplifiée dans les médias avant que la vérité n’émerge.

Ce qui est peut-être plus frappant, c’est qu’au moment où on ne savait encore rien des détails sur l’hôpital Ahli Arab, les journaux américains titraient également sur le drame en fonction de leur position politique.

Ainsi, le Washington Post, de centre gauche, titrait : “des centaines de morts dans un raid sur un hôpital à Gaza, d’après les officiels palestiniens”.

Le New York Times, au centre, était plus prudent, ne se prononçait pas sur la responsabilité d’une partie ou de l’autre : “Des centaines de morts dans une explosion dans un hôpital à Gaza, d’après les officiels palestiniens”.

Le Wall Street Journal, à droite, introduisait la position israélienne : “Une explosion à un hôpital de Gaza fait plus de 500 morts, d’après les officiels palestiniens. Le Jihad Islamique palestinien dément l’accusation d’Israël d’avoir causé l’explosion. Les officiels palestiniens et le Hamas accusent Israël”.

Et finalement, Fox News, à droite de la droite, ne donnait même plus la version palestinienne : “Des centaines de morts. D’après Israël, c’est un tir de roquette rate qui est à l’origine de l’explosion de l’hôpital à Gaza ».

Les médias s’adaptent aux opinions de leur public pour ne pas risquer de perdre leur lectorat. Et dans une certaine mesure, oui, bien sûr, le public le sait et tempère ce qu’il entend, mais jamais complètement. C’est bien pour cela que le contrôle des médias est un aspect essentiel du pouvoir.

Ainsi, quand Fox News a pénétré le marché de la télévision aux États-Unis, le vote républicain a augmenté. En Russie, quand les télévisions et les radios indépendantes pouvaient encore opérer, ceux qui habitaient près d’une antenne de transmission votent moins pour le parti de gouvernement et plus pour les partis indépendants.

Dans le conflit israélo-palestinien, les récits du conflit finissent par influencer le conflit lui-même. Quelle que soit la conclusion finale sur la source de l’explosion de l’hôpital Ahli Arab, la plupart des gens ne se rappelleront que de la première version qu’ils auront entendue. Pour certains, de supposées actions israéliennes justifieront une escalade de la guerre. Pour d’autres, une probable désinformation palestinienne autorisera l’armée israélienne à ne pas rendre compte de ses actes.

Quoi qu’il arrive, les civils israéliens et palestiniens, et les juifs et les musulmans dans le monde entier, seront les perdants. Cela nous rappelle le rôle essentiel d’un média bien informé et dont l’objectif est le bien public, pas le profit.

Réponse molle du Hezbollah face à Israël

Réponse molle du Hezbollah face à Israël

Certains experts s’attendaient à une réponse forte du Hezbollah après que le numéro 2 du Hamas ait été tué Israël sur son territoire. D’une certaine façon, le chef du Hezbollah a fait le minimum diplomatique juste protester contre l’acte en assurant qu’éventuellement son organisation pourrait riposter.

La vérité sans doute c’est que le Hezbollah n’a pas l’intention pour l’instant de s’engager pleinement et officiellement dans le conflit entre le Hamas et Israël. En cause sans doute le fait que les forces sont déséquilibrées. Certes le Hezbollah dispose d’une armée conséquente et bien équipée mais qui serait vite balayée par la puissance israélienne. Le Hezbollah pourrait aussi attendre son heure grâce aux déstabilisations en cours au Moyen-Orient. C’est aussi la stratégie de l’Iran qui préfère instrumentaliser-le Hamas ou encore les Houtils ou la rue arabe.

La puissante milice chiite ne semble pas prête à une escalade militaire face à Tsahal, même si Nasrallah a clairement mis en garde l’État hébreu. «Jusqu’à maintenant, notre posture a été calculée. Cependant, si l’ennemi décide de lancer une guerre contre nous, nos hommes, nos missiles sont prêts. Il n’y aura plus de règles, plus de limites», A affirmé le chef du Hezbollah

Il a ajouté que le «crime» contre Saleh al-Arouri ne resterait pas impuni, sans donner plus de détails. Dans le passé, déjà, des assassinats ciblés de certains hauts leaders du Hezbollah attribués à Israël n’ont finalement pas été suivis de représailles visibles, le Parti de Dieu et son parrain iranien préférant opter pour des attaques contre des intérêts israéliens, en Europe ou en Asie.

Hamas et Israël : une guerre sans issue ?

Hamas et Israël : une guerre sans issue ?

Invité Sur France Info, jeudi 7 décembre, Jean-Paul Chagnollaud, professeur de sciences politiques à l’université de Cergy-Pontoise et président de l’Institut de Recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), revient sur le conflit entre Israël et le Hamas. –

Après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, cela fait désormais deux mois que le conflit dure à Gaza. Le Hamas est encore en mesure de tirer des roquettes sur le territoire israélien. Qu’est-ce que cela dit du conflit ?

« Ça dit d’abord que cette guerre est sans issue », déplore Jean-Paul Chagnollaud, professeur de sciences politiques à l’université de Cergy-Pontoise et président de l’Institut de Recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), dans le 19/20 info du jeudi 7 décembre.


Bien que « légitime », Jean-Paul Chagnollaud estime qu’il « fallait aussi » que la réaction israélienne à l’attaque du Hamas « ait un objectif militaire, ou comme on dit maintenant, un horizon politique ».

« Or évidemment, il n’y en a pas », indique-t-il. « Il est clair qu’on est en train d’écraser Gaza. La ville de Gaza doit être détruite à 50, 60%, celle de Khan Younès va sûrement subir le même sort, et maintenant Rafah », expose le professeur de sciences politiques.

Pour Jean-Paul Chagnollaud, « il faut passer au politique, c’est-à-dire qu’est-ce qu’on fait le jour d’après.

Et ce jour d’après, il ne faut pas qu’il soit dans des semaines et des semaines. Il faut qu’il arrive très vite ».

Guerre contre le Hamas : 62 % des Français approuvent Israël

Guerre contre le Hamas : 62 % des Français approuvent Israël

Selon un sondage paru dans le Figaro, 62% des sondés jugent que l’objectif d’Israël d’éliminer le Hamas de Gaza est justifié – ils étaient 65% en octobre et 58% en novembre.Un sondage qui confirme l’écart d’opinion entre certaines élites pacifistes et l’avis général.

Politiquement, moins d’un Français sur deux (46%) est satisfait des prises de position et de «l’attitude» d’Emmanuel Macron, un résultat en baisse de deux points par rapport à la dernière étude. Ses récentes prises de position floues ont pu lui porter préjudice, même s’il reste l’homme politique dont les positions sont les plus saluées par les sondés. Marine Le Pen obtient en effet 44% de satisfecit, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin 42% et la première ministre Élisabeth Borne 41%.

Gérald Darmanin, qui ne cache pas son intérêt pour l’élection présidentielle, récolte aussi bien de larges soutiens des sympathisants du parti présidentiel, Renaissance, que des sympathisants Les Républicains (74%). C’est autant que le soutien accordé à Éric Ciotti, le président du parti, par ses sympathisants.

Israël-Palestine : un affrontement apocalyptique

Israël-Palestine : un affrontement apocalyptique

Depuis le 7 octobre, l’opposition entre les partisans d’Israël et ceux de la Palestine prend parfois des allures « huntingtoniennes » – ou schmittiennes, selon le principe de la distinction basique ami/ennemi élaborée par Carl Schmitt. Cette opposition, souvent caricaturale, se manifeste sans discontinuer dans les rues, sur les campus et sur les plateaux de télévision des grands pays occidentaux comme des pays arabes et musulmans, donnant le vertige aux observateurs et, surtout, aux décideurs. La confrontation a de multiples dimensions – militaire, certes, mais aussi politique et hautement symbolique. Elle met en jeu deux représentations mémorielles profondément traumatisées : celle des Israéliens, hantés par la Shoah et les pogroms du début du XXe siècle, auxquels les massacres du 7 octobre ont souvent été assimilés ; et celle des Palestiniens, marqués par la Nakba, cette date originelle de 1948 qui a provoqué leur premier exode massif et à laquelle est comparable aujourd’hui la situation de la population de Gaza. Il est impératif de toujours tenir compte de ces visions quand on cherche à comprendre les motivations et les enjeux psychologiques des deux parties.

par Mohamad Moustafa Alabsi
Chercheur postdoctoral au Mellon Fellowship Program, Columbia Global Centers, Amman. Membre associé à l’Institut de philosophie de Grenoble, Université Grenoble Alpes (UGA) dans The Conversation

Le traumatisme de la mémoire juive n’a pas pris fin en 1948 : il venait seulement de commencer
Du côté palestinien, et du côté arabe et pro-palestinien en général, la perception de l’année 1948 demeure centrale. Cette année fut celle de la Nakba – littéralement la catastrophe, le premier grand exil, qui a jeté 700 000 Palestiniens sur les routes.

Pour les Juifs, 1948 fut seulement la date à partir de laquelle le peuple juif a pu se relever afin de comprendre ce qui lui est arrivé. En effet, la création d’Israël, le 14 mai de cette année, fut une petite victoire, un instant de joie avant des décennies de fouilles traumatiques dans la tragédie collective que représente l’entreprise de l’extermination des Juifs d’Europe par les nazis.

Au niveau de la construction et de la reconstruction de la mémoire juive, le temps ne faisait que révéler et agrandir les reliefs et détails du traumatisme de la Seconde Guerre mondiale.

Par conséquent, la seconde moitié du XXe siècle ne fut pas, pour la société israélienne, un temps de convalescence post-traumatique, mais plutôt le début d’une interminable exploration du traumatisme. La mémoire de la Shoah incarne un constituant commun et collectif au sein de la société et de l’espace public israéliens. Les deux minutes de sirènes qui retentissent dans tout Israël chaque année le jour de la commémoration de la Shoah en constituent un exemple.

Or, cette tragédie humaine fut souvent instrumentalisée par la démagogie politique arabo-musulmane et, aussi, par la démagogie politique israélienne. Côté arabo-musulmans, on se souvient par exemple de l’appel à « jeter les Israéliens dans la mer », propos volontairement génocidaire de l’ancien dictateur syrien Hafez Al-Assad dans les années 1960, et des déclarations négationnistes du président iranien Ahmadinejad en 2009. En Israël, l’instrumentalisation de la mémoire de la Shoah peut aller jusqu’à l’accusation de « nazisme » prononcée à l’encontre des Palestiniens lorsque ces derniers résistent aux arrêts de leur expulsion et de leur remplacement à Jérusalem-Est par des colons juifs.

Depuis 1948, la résistance culturelle et littéraire de la Palestine rayonne dans le monde par le biais de son traumatisme. Au niveau de la culture, de l’art et de la littérature, l’identité palestinienne peut être considérée comme la plus mondialisée, la plus libre et la plus remarquable par rapport aux autres identités arabes dotées d’États. Il suffit de comparer l’impact de l’œuvre du critique littéraire palestinien Edward Saïd et la naissance officielle des études post-coloniales avec son ouvrage L’Orientalisme, paru en 1978, aux dégâts sociaux et politiques provoqués par l’anti-impérialisme creux et idéologique des régimes arabes pendant plus de 50 ans.

Soulignons aussi, entre autres, l’influence de l’iconique artiste palestinien Naji al-Ali, assassiné à Londres en 1987, qui fut la cible de menaces à la fois de la part de l’occupation israélienne, des différents régimes arabes mais aussi de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine).

Entre-temps, la situation réelle des Palestiniens en Palestine et dans la diaspora n’a fait que se dégrader. Des guerres, des défaites, des massacres en Jordanie (1970), au Liban (1982), jusqu’à la destruction par le régime syrien du camps Yarmouk, le plus grand camp de réfugiés palestinien au monde entre 2012 et 2015. Avant que les bombardements actuels de Gaza ne tuent des milliers de Palestiniens et qu’un ministre israélien n’évoque la bombe nucléaire comme solution, plus de 200 Palestiniens avaient déjà été tués en 2023 par l’armée israélienne ou par des colons en Cisjordanie.

Un autre événement symbolique sur la voie de la liquidation de la mémoire et de l’existence de la Palestine fut la reconnaissance par les États-Unis de Donald Trump de Jérusalem comme capitale officielle de l’État hébreu (2017). Les États-Unis, en tant que première puissance mondiale, n’ont pas légalisé par cette décision la politique de colonisation israélienne, mais ils lui ont plutôt donné une force absolue, extra-légale et arbitraire.

Ces dernières années, les Palestiniens ont donc vécu une révision voire une abrogation des termes légaux de leur cause, la trahison des monarchies arabes qui accélèrent le processus de normalisation avec Israël, et surtout, l’agressivité sans précédent des colons en Cisjordanie sous la protection de l’armée et du gouvernement radical israéliens. Serait-il imaginable pour ce peuple-symbole de voir ensemble sa mémoire et son existence périr dans une défaite politique ennuyeuse et sans bruit ?

L’affrontement d’aujourd’hui est engagé sur plusieurs niveaux pour les belligérants : la violence, les symboles et les mémoires. Entre-temps, les élites des grandes puissances occidentales se trouvent envahies par la question de l’importation du conflit et par la basse politique qui en découle. Ainsi, les cycles de vengeance entre ces deux traumatismes semblent-ils se dérouler sans arbitre, au risque d’échapper à toute lecture normative, qu’elle soit légaliste ou humaniste.

Sur le plan formel, on peut admettre que le Hamas fut élu démocratiquement en 2006 à l’issue des législatives palestiniennes et immédiatement boycotté par les diplomaties occidentales car qualifié par ces dernières de terroriste. Or, et à la lumière de la philosophie politique, les élections démocratiques constituent moins un exercice procédural qu’une réactualisation du consensus sur le contrat social. Il s’agit d’une réaffirmation régulière et anticipée de la liberté politique et de la souveraineté dépersonnalisée du droit et des institutions. Rien de tout cela n’était apparu dans ce scrutin palestinien de 2006 car il s’agissait d’un moment négatif et révisionniste du processus de paix avec Israël par des électeurs palestiniens privés d’État. Les accords d’Oslo signé en 1993 entre Yasser Arafat, chef de l’OLP, et Yitzhak Rabin, premier ministre israélien, ont seulement permis à Israël d’arracher sa reconnaissance par les Palestiniens, sans jamais arrêter la colonisation ni donner lieu à un État palestinien.

De nos jours, même avant la guerre déclenchée le 7 octobre, très peu d’experts croyaient dans le réalisme et la faisabilité d’un État palestinien souverain en raison du morcellement qu’ont subi ses présumés territoires tels que les définissent les accords d’Oslo. Du côté israélien, retirer 700 000 colons des territoires occupés serait un suicide politique pour tout gouvernement. Au contraire, le discours nationaliste et extrémiste dominent désormais la vie politique israélienne, allant jusqu’à l’idée d’un « grand Israël », c’est-à-dire la continuation de la colonisation jusqu’au départ du dernier Palestinien.

Une lecture psychologique
Dans un récent article publié dans NewLinesMagazine, la journaliste Lydia Wilson expose la lecture psychologique de l’histoire de ce conflit et de la nature des émotions de ses deux belligérants.

Elle rappelle que Gerard Fromm, psychothérapeute ayant publié sur les traumatismes du 11 Septembre et sur la psychologie du conflit israélo-palestinien, oppose la mentalité « Never again » de la psyché juive à la mentalité « Never surrender » de la psyché palestinienne.

Le « Never again » israélien fut construit sur le souvenir de quelque deux mille ans de persécutions et d’exil, jusqu’à la tentative d’anéantissement. Tandis que le « Never surrender » des Palestiniens traduit un traumatisme continu de dépossession, d’humiliation et d’occupation. Les deux attitudes belligérantes sont d’abord portées par des émotions extrêmes de nature traumatique, et elles se construisent mutuellement de manière négative. Le plus dangereux et le plus imprévisible événement qui soit, de ce point de vue, serait un affrontement violent, existentiel et non arbitré entre ces deux parties.

Pour le psycho-historien Charles Strozier, co-auteur de The Fundamentalist Mindset, la « mentalité apocalyptique » est caractéristique du Hamas, mais aussi du conflit israélo-palestinien au sens large, en raison de la présence de l’apocalypse dans les deux récits, articulée à leur négation l’un de l’autre.

Commentant les événements récents, notamment les attaques du Hamas, Strozier affirme :

« [Le Hamas] veut la surréaction, il veut amener Israël à déchaîner la force entière d’une des meilleures armées du monde sur des combattants dotés de fusils et de drones bon marché. »

Pourquoi le Hamas mènerait-il une opération si suicidaire pour son avenir politique ? Qu’espéraient ses chefs lorsqu’ils planifiaient cette opération sinon l’embarras de leurs alliés et la brutalité de leurs ennemis ?

Deux possibles explications apparaissent chez les observateurs dans le monde arabe et au-delà. La première : le Hamas aurait décidé tout seul de déclencher la « dernière bataille » et d’entraîner ses alliés, le Hezbollah et l’Iran, dans un conflit régional engageant mêmes les États-Unis. Autrement dit, seule une guerre ouverte et illimitée pourrait remettre la question palestinienne au centre de la politique internationale et conduire à une solution finale de la cause palestinienne.

Seconde hypothèse : cette guerre fut couverte en coulisses par des capitales de la région comme l’Iran ou/et la Turquie. L’objectif est d’abord de nuire à la perspective de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite et, ensuite, de forcer les Américains, grâce à une crise majeure, à procéder à une redistribution égalitaire et durable des rôles dans la région au-delà de la place exceptionnelle d’Israël ou du rôle accru des monarchies arabes. Comme vient de le souligner un historien américain dans le New York Times, les États-Unis ont en tout cas perdu, avec ce conflit, le contrôle sur Israël et sur tout le Moyen-Orient.

David et Goliath, par Dan Craig. C’est ainsi que les Palestiniens se représentent volontiers leur affrontement avec Israël.
Pendant que les scènes globale et médiatique opposent pro-Palestiniens et pro-Israéliens dans des controverses terminologiques relevant de la sphère du droit (occupation, colonisation, terrorisme, etc.), l’affrontement armé entre ces deux belligérants se situe ailleurs : dans la vengeance. Selon la lecture psychologique, les émotions extrêmes provoquent un comportement extrême qui va jusqu’à la violence extrême.

Si certains Juifs et certains Palestiniens crient à la vengeance devant une caméra, et ces scènes font le tour du monde via les réseaux sociaux, rien ne les accompagne pour expliquer que ces personnes « haineuses » sont habitées par des mémoires traumatisées et exacerbées par un événement traumatisant récent. L’humanité a-t-elle déjà perdu la main sur le flux des réseaux sociaux et les impacts de ceux-ci sur le temps de la raison humaine et sur celui de la politique ?

Les enjeux d’amalgames entre Juifs et colonisation, entre Palestiniens et terrorisme, ne deviennent-ils pas toxiques pour les sociétés démocratiques ? Quels seront les dégâts de ce conflit sur le pluralisme apaisé et les libertés épanouies de nos sociétés ?

Ce n’est pas l’ONU, mais l’Occident politique qui se présente comme le protecteur inconditionnel de l’État d’Israël. La nature inconditionnelle de cette protection ne devrait-elle pas exiger, en contrepartie, des pouvoirs inconditionnels ? N’est-ce pas à ces protecteurs que revient la tâche d’imposer une paix absolue et finale au Moyen-Orient ? Les porte-avions et sous-marins nucléaires ne peuvent-ils pas, pour une fois, traduire une Décision et une volonté politique positives ?

Politique-Hamas–Israël : la chimère de deux Etats ?

Politique-Hamas–Israël : la chimère de deux Etats ?

Soudain sous l’éclairage du terrible conflit qui se déroule entre les terroristes du Hamas et Israël, responsables politiques des différents pays, experts et médias redécouvrent la solution magique de la création de deux Etats en Palestine. Une solution miracle en quelque sorte pourtant mise sous le boisseau pendant plus de 50 ans. Cette solution consiste de façon simpliste à donner une indépendance complète à un nouvel Etat composé de Gaza et de la Cisjordanie. Et évidemment à confirmer l’indépendance d’Israël.

Certes cette vision n’est pas sans fondement mais elle oublie l’essentiel à savoir : est-ce que ces deux Etats seraient viables sur le plan politique et économique. La vérité c’est que cette zone déjà minuscule serait donc coupée en deux. On voit mal comment pour exister un État palestinien regroupant la microscopique parcelle de Gaza avec une Cisjordanie réduite du fait des implantations israéliennes.

En vérité, personne n’a le courage de dire que ces deux Etats ne seraient pas viables et que cela n’apporterait pas de garantie contre les violences et la paix.

Sur le plan économique et géographique il faudrait sans doute rattacher Gaza à Israël et compenser la perte de de ce territoire par un autre territoire israélien proche de la Cisjordanie. Et cela passe également par le retrait des implantations israéliennes.

Pour les palestiniens même indépendants se posent la question de la fiabilité économique et politique. Sur le territoire envisagé traditionnellement, les richesses sont particulièrement rares et la zone serait condamnée sans doute à une autre pauvreté. On objectera que Israël en 48 a bien réussi son développement économique sur des régions en grande partie désertique mais les Israéliens ne sont pas les palestiniens. Ce n’est pas le même niveau technologique, le même niveau culturel. Pas non plus évidemment le même niveau démocratique qui garantit le dynamisme d’une société.

La solution la plus crédible serait de mettre en tutelle le nouveau pays redécoupé de façon fiable en tout cas davantage. Une double tutelle à la fois économique grâce notamment à l’appui des pays arabes mais aussi une tutelle politique pour empêcher la dictature et la violence. Et cela pour une longue période au minimum de 20 ans car le traumatisme de la guerre actuelle va demeurer sans doute pour au moins 50 ans.

Bref responsables politiques, ONU et experts doivent sortir du slogan simpliste de deux Etats surtout quand l’un des objectifs central de l’un est de détruire l’autre et ses habitants. Surtout quand la zone sert d’expérimentation et de conflit d’influence des différents courants politiques musulmans mais aussi occidentaux.

Hamas–Israël : la chimère de deux Etats

Hamas–Israël : la chimère de deux Etats

Soudain sous l’éclairage du terrible conflit qui se déroule entre les terroristes du Hamas et Israël, responsables politiques des différents pays, experts et médias redécouvrent la solution magique de la création de deux Etats en Palestine. Une solution miracle en quelque sorte pourtant mise sous le boisseau pendant plus de 50 ans. Cette solution consiste de façon simpliste à donner une indépendance complète à un nouvel Etat composé de Gaza et de la Cisjordanie. Et évidemment à confirmer l’indépendance d’Israël.

Certes cette vision n’est pas sans fondement mais elle oublie l’essentiel à savoir : est-ce que ces deux Etats seraient viables sur le plan politique et économique. La vérité c’est que cette zone déjà minuscule serait donc coupée en deux. On voit mal comment pour exister un État palestinien regroupant la minuscule parcelle de Gaza avec une Cisjordanie réduite du fait des implantations israéliennes.

En vérité, personne n’a le courage de dire que ces deux Etats ne seraient pas viables et que cela n’apporterait pas de garantie contre les violences et la paix.

Sur le plan économique et géographique il faudrait sans doute rattacher Gaza à Israël et compenser la perte de de ce territoire par un autre territoire israélien proche de la Cisjordanie. Et cela passe également par le retrait des implantations israéliennes.

Pour les palestiniens même indépendants se posent la question de la fiabilité économique et politique. Sur le territoire envisagé traditionnellement, les richesses sont particulièrement rares et la zone serait condamnée sans doute à une autre pauvreté. On objectera que Israël en 48 a bien réussi son développement économique sur des régions en grande partie désertique mais les Israéliens ne sont pas les palestiniens. Ce n’est pas le même niveau technologique, le même niveau culturel. Pas non plus évidemment le même niveau démocratique qui garantit le dynamisme d’une société.

La solution la plus crédible serait de mettre en tutelle le nouveau pays redécoupé de façon fiable en tout cas davantage. Une double tutelle à la fois économique grâce notamment à l’appui des pays arabes mais aussi une tutelle politique pour empêcher la dictature et la violence. Et cela pour une longue période au minimum de 20 ans car le traumatisme de la guerre actuelle va demeurer sans doute pour au moins 50 ans.

Bref responsables politiques, ONU et experts doivent sortir du slogan simpliste de deux Etats surtout quand l’un des objectifs central de l’un est de détruire l’autre et ses habitants. Surtout quand la zone sert d’expérimentation et de conflit d’influence des différents courants politiques musulmans mais aussi occidentaux.

Politique-Hamas-Israël : une guerre également médiatique

Politique-Hamas-Israël : une guerre également médiatique


« Je te dis que nous livrons une bataille, et que plus de la moitié de cette bataille se déroule sur la scène médiatique. Nous sommes donc engagés dans une bataille médiatique pour gagner les cœurs et les esprits des membres de notre communauté. » Cette citation nous montre à quel point Ayman al-Zawahiri – longtemps numéro deux d’Al-Qaida, puis leader de l’organisation de l’élimination d’Oussama Ben Laden en 2011 jusqu’à son propre assassinat en 2022 par un drone américain – considérait la sphère médiatique comme un champ de bataille à part entière. Et de ce point de vue, la supériorité militaire des États-Unis pourrait être un avantage pour les djihadistes. Une situation que l’on retrouve, mutatis mutandis, aujourd’hui dans le conflit qui oppose Israël au Hamas.

par
Pierre Firode
Professeur agrégé de Géographie, membre du laboratoire Médiations, Sorbonne Université
dans The Conversation

Les propos cités ci-dessus proviennent d’un message envoyé par Al-Zawahiri en 2004, depuis le Pakistan, à Abou Moussab Al-Zarqaoui, le fondateur d’Al-Qaida en Irak (la branche irakienne de l’organisation terroriste), pour l’inciter à mobiliser l’oumma, c’est-à-dire l’ensemble des musulmans, dans un djihad global à l’encontre de ce qu’il considérait être une nouvelle « croisade », menée par la « mécréante » puissance américaine, contre l’islam et ses pratiquants.

Pour ce faire, Al-Zawahiri insistait sur la nécessité de déplacer les nouveaux sanctuaires du groupe terroriste des confins ruraux – qui se trouvaient dans les zones tribales et montagneuses de l’Afghanistan et du Pakistan – vers les centres urbains de l’Irak central sunnite. Ce basculement géographique reposait sur un constat stratégique : la ville, dans les conflits contemporains asymétriques, est devenue un véritable catalyseur capable d’alimenter la « guerre médiatique ». Les destructions qui y sont commises par l’ennemi sont plus spectaculaires qu’en zone rurale, la présence de milliers de civils peut faire hésiter l’assaillant au moment de lancer ses attaques, le nombre de victimes collatérales plus élevé, la quantité de photos et de vidéos qui y sont prises est plus importante – autant d’éléments qui permettent de mieux mobiliser les publics lointains contre l’armée qui mène l’offensive.

Ce constat n’a rien perdu de son actualité. Les méthodes de combat adoptées par les actuels leaders militaires du Hamas semblent, à bien des égards, s’inscrire dans la continuité d’une pensée stratégique réfléchie, initialement élaborée au cours des affrontements de ces dernières décennies entre les puissances occidentales (principalement les États-Unis) et les groupes terroristes comme Al-Qaida.

En quoi la filiation idéologique et stratégique entre Al-Qaida et le Hamas peut-elle éclairer le conflit en cours à Gaza ?

Il est difficile de ne pas voir dans les modes opératoires du Hamas mis en œuvre actuellement à Gaza une logique similaire à celle utilisée par Al-Qaida en Irak à Falloujah (une ville située à 70 km à l’ouest de Bagdad, peuplée de quelque 300 000 habitants avant le début des hostilités) en 2004. La deuxième bataille de Falloujah, en novembre 2004, constitue, à cet égard, un cas d’école pour comprendre l’utilisation de l’arme médiatique par des groupes terroristes dans un conflit asymétrique.

Lors de l’opération Al-Fajr lancée en novembre 2004, Al-Qaida a construit son système défensif à Falloujah de façon à alimenter la guerre informationnelle menée contre les États-Unis. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre la concentration des caches d’armes autour des principales mosquées de la ville.

Sur ce document produit par l’armée américaine, peuvent être mis en évidence cinq bastions défensifs, chacun organisé soit autour d’une mosquée stratégique soit autour de l’hôpital universitaire de Falloujah. Un tel dispositif permet aux insurgés de bénéficier de la relative protection de boucliers humains : même si l’essentiel de la population de Falloujah a quitté la ville au moment de l’offensive américaine, les mosquées et l’hôpital universitaire sont des lieux de refuge pour les civils, qui les perçoivent comme des sanctuaires.

En plus de dissuader les Américains de frapper ces positions, les insurgés entendent maximiser, en cas de frappe, les pertes civiles afin d’inonder les médias arabophones d’images de civils irakiens tués. D’autant que la mosquée revêt un caractère sacré ce qui transforme l’opération américaine en une véritable profanation aux yeux des populations musulmanes, en Irak et ailleurs au Proche-Orient. Il s’agit alors pour Al-Qaida en Irak de réveiller chez l’Oumma le « réflexe » du djihad dit « défensif ».

En effet, les stratégies employées par Al-Qaida doivent s’interpréter à l’aune de la théorie des deux djihads développée par Ben Laden, Abdallah Azzam et Al-Zawahiri (les trois principaux stratèges de l’organisation terroriste) :

« Le djihad contre les infidèles est de deux sortes : le djihad offensif, à savoir attaquer les infidèles dans leur pays. […] et le djihad défensif, à savoir expulser les infidèles de nos pays, [qui] est une obligation individuelle, et même le plus important devoir individuel, dans les cas suivants : lorsque les infidèles pénètrent dans l’un des territoires musulmans et y persécutent des frères. »

La lutte contre la profanation des mosquées et pour la protection de populations civiles menacées par des « mécréants » relève pour les théoriciens d’Al-Qaida du djihad dit « défensif ». Or, les stratèges d’Al-Qaida ont parfaitement conscience que ce djihad défensif est beaucoup plus consensuel au sein de l’oumma que le djihad dit offensif, qui ne concerne qu’une infime minorité de musulmans.

L’objectif d’Al-Qaida est donc clair : obliger l’armée américaine à toucher les civils, à profaner des lieux saints, symboles de l’oumma, afin de la rassembler autour du drapeau djihadiste.

Cette stratégie trouve alors un écho évident dans les doctrines actuellement utilisées à Gaza, comme le montre le manuel de guérilla urbaine du Hamas retrouvé par Tsahal lors de l’opération « Bordure protectrice » en 2014. Comme Al-Qaida en Irak, le Hamas a théorisé l’utilisation des boucliers humains pour fédérer les populations musulmanes autour du djihad anti-Israël. L’un des passages de ce manuel, très partiellement mis à disposition des chercheurs par Tsahal, affirme :

« La destruction d’habitations civiles : cette pratique attise la haine des citoyens envers les assaillants [l’armée israélienne] et augmente leur soutien aux forces de résistance de la ville [Hamas]. »

C’est dans cette optique que l’on pourrait comprendre la localisation des forces du Hamas dans le quartier de Shuja’iya, frappé par Tsahal en 2014 lors de l’opération « Bordure protectrice ».

On voit bien à travers ce document fourni par l’armée israélienne que les points de départ de tirs de roquettes sont concentrés dans les espaces les plus densément habités du tissu urbain.

La géographie des planques témoigne d’une même logique de boucliers humains. Ces planques sont concentrées autour de deux zones résidentielles d’habitat collectif où les combattants du Hamas se cachent sous les étages occupés par des populations civiles.

À la différence d’Al-Qaida, le Hamas ne cherche pas a priori à susciter des vocations djihadistes, mais plutôt à soulever la rue arabe, à la radicaliser afin de fragiliser les régimes arabes partenaires d’Israël et d’isoler un État hébreu soucieux de normaliser ses relations avec ses voisins.

Les stratèges d’Al-Qaida ont d’ailleurs théorisé la vocation du djihad palestinien à saper la légitimité des régimes arabes en paix avec Israël (à commencer par l’Égypte, depuis les accords de Camp David de 1978). Comme l’écrit Al-Zawahiri en décembre 2001 :

« L’occasion qui s’offre au mouvement djihadiste de conduire l’oumma vers le djihad pour la Palestine est plus grande que jamais, car tous les courants laïcs qui faisaient de la surenchère sur la cause palestinienne et rivalisaient avec le mouvement islamique pour la direction de l’oumma dans cette cause se sont découverts, aux yeux de l’oumma, en reconnaissant le droit à l’existence d’Israël, en engageant des pourparlers et en se conformant aux décisions internationales. »

Le djihad défensif pour la Palestine doit donc participer, selon Azzam et Al-Zawahiri, à la lutte contre les « ennemis proches » (les « régimes arabes impies » comme l’Égypte) et déboucher sur une insurrection de la rue arabe contre ces régimes dont ce même djihad révélera, pour Azzam, la « soumission » aux « croisés judéo-chrétiens ».

Ainsi, le recours aux boucliers humains et l’implantation des groupes terroristes dans des espaces densément peuplés s’inscrivent dans un projet stratégique clairement assumé dès la création d’Al-Qaida : rassembler l’oumma autour d’un djihad pensé comme la défense d’un Dar-Al-Islam (terre des musulmans) « persécuté », « occupé » et « humilié » par une puissance dite « mécréante ».

Dans cette optique, l’essentiel du combat djihadiste se mène sur le « champ de bataille médiatique » où l’asymétrie militaire entre fort et faible profite aux faibles et aboutit à ce que Jean Paul Chagnollaud appelle la « défaite du vainqueur ». Cette expression résume parfaitement l’échec des Américains, sur le temps long, dans leur opposition à Al-Qaida en Irak de 2004 à 2011, et pourrait synthétiser l’issue du conflit actuel à Gaza entre Israël et le Hamas.

Otages à Gaza: Israël approuve le plan

Otages à Gaza: Israël approuve le plan

Le gouvernement israélien a officiellement approuvé le plan négocié par le Qatar avec le Hamas concernant la libération progressive des otages. Le plan prévoit de libérer un otage israélien pour trois prisonniers palestiniens. La première étape du plan concernera 50 otages israéliens. Ce sont surtout les femmes les enfants et les malade qui seront les premiers concernés.

D’après le Qatar qui joue un rôle de médiation à Gaza, un accord sur la libération des otages est acquis. Le problème c’est que les conditions ne sont pas encore réunies ni du côté du Hamas ni du côté d’Israël. Cette libération des otages se fera dans le cas d’une trêve humanitaire d’une durée en principe de cinq jours. Le Hamas ne veut libérer les otages que progressivement par paquets.

Quand au cessez-le-feu éventuel, Israël le conditionne à la libération de la totalité des otages. Reste aussi un problème peu abordé à savoir la dispersion des otages dans la bande de Gaza et la difficulté même du Hamas à les identifier et à les rassembler.

Selon le Washington Post, des libérations d’otages pourraient débuter dans les prochains jours, à moins d’obstacles de dernière minute. Le quotidien cite des sources ayant connaissance de cet accord détaillé de six pages.

Aux termes de l’accord, toutes les parties interrompraient les combats pendant au moins cinq jours et les otages seraient libérés quotidiennement par groupes de 50 ou plus, a rapporté le Post. Le Hamas a capturé quelque 240 otages lors de l’attaque du 7 octobre, qui a fait 1.200 morts dans le sud d’Israël. Le Premier ministre israélien a affirmé qu’aucun cessez-le-feu ne pourra être établi tant que les otages n’auront pas été relâchés.

Au Proche-Orient, de plus en plus de pays font pression sur Israël pour un cessez-le-feu.

Plus des deux tiers des 2,4 millions d’habitants de la bande de Gaza ont été déplacés par la guerre, selon l’ONU.

Palestine et Israël: Manifestation des artistes qui se réveillent enfin

Palestine et Israël: Manifestation des artistes qui se réveillent enfin

Il faut sans doute se réjouir de la manifestation à l’initiative des 500 artistes qui ont signé une tribune dans Télérama. Ce dimanche 19 novembre à Paris, ils ont participé à une marche pour réclamer la paix au Moyen-Orient. Il faut dire que depuis le début du conflit déclenché par le Hamas en Israël, les artistes ont été particulièrement discrets et ils ont même été assez peu nombreux à soutenir l’immense manifestation du dimanche 12 novembre qui a rassemblé 180 000 personnes en France.

L’intérêt de cette dernière manifestation du 19 novembre, c’est qu’elle réclame simplement la paix sans soutenir un camp ou un autre. Justement l’objectif aussi de la grande manifestation du 12 novembre contre l’antisémitisme.

Certes, l’appartenance au monde desles artistes ne confère pas une autorité particulière pour éclairer la pertinence de l’analyse du conflit en cours. Dans le milieu artistique, on compte des intellectuels mais aussi simplement des produits du showbiz. De ce point de vue, comme en politique, la pensée intellectuelle s’est affaiblie dans le monde artistique.

La préfecture de police a recensé 3.600 personnes ce dimanche 19 novembre à Paris pour la « marche silencieuse » et « apolitique » pour la paix au Proche-Orient. Parmi eux, l’actrice Isabelle Adjani, Maxime Le Forestier, l’ancien ministre de la Culture Jack Lang. Le cortège s’est élancé de l’Institut du monde arabe (IMA).

Cette manifestation se tient une semaine après la marche contre l’antisémitisme, suivie par 100.000 personnes à Paris. Samedi 18 novembre, des mobilisations pro-palestiniennes pour demander un cessez-le-feu immédiat à Gaza ont rassemblé des milliers de manifestants à travers la France.

Israël : des scènes d’horreur

Israël : des scènes d’horreur

La vidéo, d’une quarantaine de minutes vue par les députés montre l’horreur des actes commis par le Hamas le 7 octobre en Israël. Une barbarie inqualifiable qui ne saurait évidemment légitimer des violences sur les civils à Gaza. Mais dans un cas, il s’agit de terrorisme et dans l’autre, de situation de guerre . Fin octobre, Israël avait présenté plusieurs extraits des attaques lors d’une conférence de presse, à laquelle ont assisté près de 150 journalistes internationaux, dont un reporter de BFMTV.

De nombreuses scènes les ont marqués.

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Dans l’une d’elles, un père se jette sur une grenade pour essayer de protéger ses enfants et meurt sur le coup. Un des enfants dit ne plus voir d’un œil, il réclame encore son père en pleurant. « Il est mort. Ils l’ont tué », lui répond son frère. « Pourquoi suis-je encore vivant? », demande l’un d’eux.

Autre élément: un sonore dans lequel un homme se vante auprès de son père d’avoir tué « dix » personnes à « mains nues ». Il téléphone depuis un appareil appartenant à une femme qu’il dit « juste avoir tuée avec son mari’ ».

Dans un autre extrait, un des attaquants s’empare d’un outil de jardinage pour s’acharner sur le cou d’un civil blessé, comme pour le décapiter, au milieu des cris d’encouragements des membres de son commando.

Une séquence montre une voiture devant une grille d’un des kibboutz attaqués. Des hommes tirent à de multiples reprises sur son conducteur, dont le corps tressaute. Des assaillants en treillis vert traversent des jardins bien entretenus entre des maisons visées méthodiquement.

D’autres vidéos montrent l’attaque contre un festival techno qui se tenait à quelques kilomètres de la bande de Gaza, où plus de 270 personnes ont trouvé la mort. On y voit l’exécution d’un blessé filmé par une caméra de sécurité. Dans une buvette, le sol est tapissé de cadavres entre les frigos et les tireuses à bière.

Bref, certains conviendront qu’il s’agit des conséquences de situations guerrières mais la en la circonstance il s’agit clairement de terrorisme uniquement orienté contre une population civile.

Guterres inapte à diriger l’Onu d’après Israël

Guterres inapte à diriger l’Onu d’après Israël


« Guterres ne mérite pas d’être le chef des Nations unies », a déclaré Eli Cohen, Ministre des affaires étrangères israélien en déplacement à Genève pour s’entretenir avec des représentants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ainsi qu’avec des familles d’otages israéliens détenus par le Hamas.

« Je pense que Guterres, comme tous les pays libres, devrait dire clairement et bruyamment: libérez Gaza du Hamas. Tout le monde dit que le Hamas est pire que Daech ? Pourquoi ne peut-il pas le dire ? », a poursuivi le chef de la diplomatie israélienne.

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Antonio Guterres s’est montré critique à l’égard de l’opération militaire lancée par Israël en réponse à l’attaque du Hamas du 7 octobre qui a tué 1.200 personnes et lors de laquelle 240 personnes ont été enlevées.

Il n’a cessé de multiplier les communiqués condamnant l’intervention d’Israël à Gaza. Le problème c’est que parallèlement à cette diplomatie des communiqués, il s’est montré incapable de se rendre sur place pour rencontrer les dirigeants locaux et proposer des issues possibles à la crise

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Atrocités Israël : l’imam de la grande mosquée rétro pédale

Atrocités Israël : l’imam de la grande mosquée rétro pédale

Après avoir fait semblant d’ignorer les atrocités commises par le Hamas en Israël et même les avoir contesté, l’immam de la Grande mosquée revient sur ses propos. Cela d’autant plus que son avis très partisan a été condamné par la Grande mosquée elle-même. Abdelali Mamoun a présenté des excuses, tout en continuant de demander des «explications» sur ces chiffres des atteintes à la laïcité en France.

Il est évident que cette forme de négationnisme n’a pas sa place dans un pays démocratique comme la France où l’information est largement accessible à tous, documentée et librement discutée.

Cette bataille de l’information est d’ailleurs fondamentale car elle est consubstantielle à l’existence même de la démocratie alors que dans certains pays autoritaires les faits et les chiffres partisans sont seulement autorisés.

De toute évidence, l’imam se trompe de pays, de civilisation et de démocratie. Ce chiffre (1240 actes antisémites depuis le 7 octobre en France) lui est de nouveau rappelé par Olivier Truchot sur BFM , et là encore, Abdelali Mamoun plaide l’incompréhension : «là vous êtes en train d’évoquer quelque chose qui se passe en Israël et en Palestine !».

Les journalistes en plateau précisent que non, il s’agit des actes antisémites en France. «Depuis le début de l’année ou depuis… ?» s’enfonce l’imam de la Grande Mosquée de Paris. Non, depuis le 7 octobre. «Je viens de l’apprendre», rétorque alors Abdelali Mamoun, visiblement en difficulté. «Vous êtes en train de vous faire passer pour un idiot», fait observer Alain Marschall.

Le ministre de l’Intérieur a par ailleurs salué le communiqué de la Grande mosquée de Paris dans lequel l’institution se désolidarise des propos d’Abdelali Mamoun et affirme qu’elle «ne nie pas, ne minimise pas et ne relativise pas les actes antisémites survenus en France ces dernières semaines».

Israël–Hamas les règles d’humanité s’imposent

Israël–Hamas les règles d’humanité s’imposent

Karim Khan, procureur de la CPI, sur la guerre Israël-Hamas : « Au milieu de la violence, au milieu de la fureur, des règles d’humanité s’appliquent qui ne peuvent être transgressées »

La Palestine ayant adhéré au statut de Rome en 2015 – traité qui a créé la Cour pénale internationale –, toutes les parties du conflit à Gaza et en Cisjordanie doivent se conformer au droit humanitaire international, que la CPI s’engage à faire respecter, rappelle le procureur de cette Cour, dans une tribune au « Monde ».

Nous vivons actuellement un moment de profonde souffrance à l’échelle mondiale. Que ce soit au Darfour, en Ukraine, en Afghanistan où les droits des femmes et des filles sont bafoués, au Myanmar [Birmanie] où le sort des réfugiés rohingya est entouré d’un silence assourdissant et, aujourd’hui, en Israël et dans l’Etat de Palestine, qui sont le théâtre d’une tragédie sans fin, nous assistons à une pandémie d’inhumanité qui menace de se propager. Ces situations d’urgence en matière de droits de l’homme sont liées les unes aux autres. Elles ont ceci de commun qu’elles résultent de l’incapacité qui est la nôtre à conférer la moindre valeur à la vie de nos semblables.

Nous ne pouvons pas rester indifférents. Nous ne pouvons pas ne pas réagir et accepter de vivre dans une telle angoisse. Nous devons toujours nous rappeler que ces gens que l’on retire des décombres, ces gens qui attendent des nouvelles de parents enlevés ou tués sont nos semblables. Nous devrions nous soucier de leur sort avec le même sentiment d’urgence, d’empathie et de compassion que s’il s’agissait de nos propres enfants, parents, amis ou proches.

C’est dans des moments comme celui-ci, lorsque les personnes vulnérables ont le sentiment d’avoir été oubliées, que nous avons, plus que jamais, besoin du droit. Pas du droit en termes abstraits, pas du droit en tant que théorie pour les universitaires, mais le droit qui permet de protéger concrètement ceux qui en ont besoin. Il est important pour eux de savoir que la loi et les droits de l’homme peuvent contribuer à changer le cours de leurs vies. Ils doivent être une réalité pour les habitants de Gaza, de Cisjordanie et d’Israël, mais aussi de Kiev, de Khartoum et de Cox’s Bazar [Bangladesh], à laquelle ils devraient pouvoir se raccrocher et qui devraient les protéger contre ce que l’humanité a de pire.

La prise d’otages est un crime de guerre

[Le 29 octobre], j’étais au point de passage de Rafah, à la frontière entre Gaza et l’Egypte, pour transmettre ce message : à savoir que le droit international humanitaire a été créé pour répondre à ces situations auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés, pour faire en sorte qu’au milieu de la violence, au milieu de la fureur, des règles d’humanité s’appliquent qui ne peuvent être transgressées. Ainsi que l’a rappelé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, même les guerres ont des règles. Ces règles, il incombe à la Cour pénale internationale (CPI) d’en assurer le respect.

J’ai été saisi d’effroi par les récits qui nous sont parvenus d’Israël depuis [l’attaque du Hamas] le 7 octobre, de ces nombreux civils israéliens innocents dont les vies ont été saccagées.

Guerre- Israël-Hamas : l’odieux chantage des otages par le Hamas

Guerre- Israël-Hamas : l’odieux chantage des otages par le Hamas

Alors que la pression s’accentue sur le gouvernement israélien pour faire de la libération des otages une priorité, le Hamas est parvenu à capter la cause centrale des milliers de prisonniers incarcérés en Israël pour des motifs dits « sécuritaires », affirme, dans une tribune au « Monde », l’historienne Stéphanie Latte Abdallah.

Les communiqués du Hamas martèlent sa volonté d’échanger les otages civils et militaires, retenus à Gaza, contre la libération de prisonniers palestiniens en Israël. Il a proposé de commencer par les plus vulnérables, les personnes âgées, les trente enfants et les femmes, contre les quelque deux cents mineurs palestiniens incarcérés, les femmes et les plus anciens prisonniers, ceux retenus depuis avant les accords d’Oslo notamment, de même que les malades chroniques.

Des tractations ont lieu par l’intermédiaire du Qatar, de l’Egypte et du Comité international de la Croix-Rouge. Elles ont abouti à la libération de quatre otages. Les dirigeants de ses branches politique et militaire ont clairement annoncé leurs buts : remettre une question palestinienne marginalisée au centre, s’opposer aux prières de colons sur l’esplanade des Mosquées en rupture du statu quo de 1967, au blocus de Gaza et à l’annexion de la Cisjordanie, et, enfin, permettre la libération des prisonniers.

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