Archive pour le Tag 'inverse ?'

Les «gilets jaune ont inversé la pyramide de la légitimité (Benedetti)

Les «gilets jaune ont inversé la pyramide de la légitimité (Benedetti)

Arnaud Benedetti,  professeur à la Sorbonne, compare la légitimité des gilets jaunes et celle du macronisme. En dénonçant au passage l’agit-prop de Castaner. (Tribune Le Figaro)

 

« La révolution par l’image arrive à petits pas. Ce ne sont pas les pavés, ni les barricades, encore moins l’immensité des foules qui aujourd’hui constituent la plus grande menace pour le pouvoir. Ce sont les images et la guérilla communicante que lui impose les «gilets jaunes». L’homme né par et de la com’ a trouvé dans la com’ effervescente des «giletistes» un adversaire redoutable qui réimpose la figure du peuple comme acteur politique conscient de sa force. Première manifestation de cette prise de conscience, le refus d’opérer une mobilisation sur le Champ-de-Mars, espace dont le volume constituait à n’en pas douter un piège pour la représentation à venir de la journée. Les «gilets jaunes» ont décidé de converger vers les Champs-Élysées, long courant urbain qui de l’Étoile conduit aux avenues du pouvoir. Le cœur battant de celui-ci a apporté mécaniquement, souci d’ordre public aidant, une réponse qui métaphoriquement a enfermé l’Élysée en forteresse assiégée, barricadée, vidée de toute chaleur un tant soit peu compréhensive. Sur les réseaux sociaux, dès potron-minet, circulait la carte du périmètre de sécurité enveloppant les hauts lieux de la République dans un no man’s land, symbole d’un isolement, d’une coupure sur-signifiante entre l’exécutif et le peuple. Cette image d’un État retranché, assiégé en disait plus long sur la drôle de révolte que nous vivons que tous les argumentaires potentiellement portés par les oppositions. La macronie en était comme rendue à s’enfermer sur elle-même.

Volontaire ou non, la stratégie des «gilets jaunes» a inversé la pyramide de la légitimité: leur colère, réelle, en vient à rappeler implicitement, par un effet de jeux de miroirs déformants, l’isolement sociologique originel du macronisme. L’inconscient ne parle pas, il travaille: c’est ce labeur indicible qu’a projeté explicitement la topographie des événements en ce début de matinée du 24 novembre jusqu’à ce que surgissent sur le théâtre des opérations urbaines les confusions inhérentes aux éruptions mobilisatrices.

L’usage de mots porteurs d’un sens anachroniquement historique pour rendre compte de la situation visait à déconstruire la légitimité du mouvement.

Paris, destination du cœur le plus actif du mouvement «giletiste» a d’abord concentré toute la lumière médiatique d’une mobilisation par construction polycentrique, au risque d’occulter les points de fixation qui n’ont pas manqué de se développer ailleurs en province. C’est bien sur la scène parisienne que s’est joué la partie de cette seconde journée nationale de mobilisation des «gilets jaunes» .

Les images continues et chaotiques des tensions sur les Champs-Élysées n’ont de sens immédiat qu’au regard de la distance qu’on leur oppose. Leur immédiateté suscite un effet d’optique qui occulte ce qu’historiquement l’expérience du passé nous enseigne. Rares, voire inexistantes sont les mobilisations sociales sans impact sur l’ordre public. Celle-ci n’échappe pas à la règle: elle n’est pas exceptionnelle – et mieux: relativement contenue au regard d’épisodes passés , au demeurant eux-mêmes encadrés par des militants professionnels. C’est plus la visibilité immédiate du désordre que le niveau réel de celui-ci qui vient nourrir au risque de les enflammer les perceptions de l’événement.

Les chaînes infos, les réseaux constituent un forum à ciel ouvert où l’instantanéité charge les émotions et survitamine l’hyper-réactivité. En boucle, les séquences se nourrissent de leurs propres effets de miroirs, boursouflant, à n’en pas douter, les grilles de lectures des commentateurs et acteurs. C’est dans cet interstice émotionnel qu’a voulu s’engouffrer le ministre de l’Intérieur en cherchant à imposer à la mi-journée une représentation de la situation dont l’objectif consistait à relativiser la force mobilisatrice des gilets, à l’associer peu ou prou au Rassemblement national de Marine le Pen et à dramatiser l’instant en recourant à la rhétorique quasi-criminalisante de la «sédition», comme si la République, subitement, était en danger. Le choix d’une sorte d’«agit-com» un brin provocante, l’usage de mots porteurs d’un sens anachroniquement historique pour rendre compte de la situation visait à déconstruire la légitimité du mouvement, comme pour en appeler à un sursaut d’un éventuel et hypothétique parti de l’ordre susceptible de venir contrecarrer un prurit prétendument ‘’factieux ». Au désordre de la rue, le pouvoir a répondu par un désordre communicant, alternant faux calme, hystérisation de la sémantique et sur-scénarisation dramatisante des clivages politiques. Une fois les images décantées, c’est le sentiment d’une impasse périlleuse qui risque de s’installer. Les «gilets jaunes» ont déjà réussi à devenir un symbole. C’est à ce symbole qu’une majorité de Français semble déléguer le pouvoir de mieux se faire entendre de Monsieur Macron… »

Macron l’obligé de Hollande ou l’inverse ?

Macron l’obligé de Hollande ou l’inverse ?

 

Il était clair que Macron désormais engagé dans une démarche d’investiture pour 2017 ne pouvait passer pas laisser passer la phrase méprisante de François Hollande qui avait déclaré lors de son intervention télévisée sur France 2 : « Il sait ce qu’il me doit ». Du coup le ministre de l’économie avait sèchement répliqué qui ne fallait pas confondre le concept de fidélité avec celui de serviteur. D’une certaine manière comme la lutte est engagée de fait pour la candidature en 2017, la question se pose de savoir qui est l’obligé de l’autre. Il se pourrait bien que Hollande doive davantage à Macron que l’inverse. Si l’on s’en tient aux sondages récents on constate que l’opinion publique considère qu’Emmanuel Macon pourrait faire un bon président pour 40 % environ des sondés (derrière Juppé) tandis que François Hollande dépasse tout juste 10 %. Même si on peut discuter ce chiffre d’un sondage qui constitue une photographie de l’état d’esprit de l’opinion à un moment donné reste la tendance lourde : François Hollande est scotché entre 10 et 15 %  dans tous les sondages, on ne lui donne même pas une chance de se qualifier pour le second tour. Dès lors  sa candidature est largement hypothéquée par le soutien indispensable que Macron pourrait lui apporter du fait de sa modernité et de la jeunesse du ministre de l’économie. L’enjeu pour Macron n’est peut-être pas tellement de gagner la bataille de 2017 mas de se positionner comme le leader incontestable dans la perspective de 2022. Un score très honorable en 2017 serait le meilleur tremplin pour l’échéance suivante. François Hollande a donc tout intérêt à s’attirer les bonnes grâces de Macron dont la popularité lui est indispensable,  ce qui n’est pas le cas de l’inverse. Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron affirme cependant très habilement  dans une interview à paraître vendredi 22 avril dans L’Est Républicain avoir une « loyauté personnelle envers François Hollande », sans avoir le sentiment d’être « son obligé » ou l’homme d’un « clan ».  »J’ai une loyauté personnelle envers François Hollande. Je lui dois de m’avoir fait confiance et de m’avoir nommé au gouvernement. En même temps, lorsqu’un président nomme quelqu’un ministre, il le fait parce qu’il pense que c’est bon pour son pays, pas pour en faire son obligé », affirme le ministre.  Le ministre, qui a lancé le 6 avril son mouvement, En marche!, entend bousculer le « système bipartiste, avec d’un côté le PS et de l’autre les Républicains », et prendre le « calendrier politique dans le bon ordre ». « Il faut une recomposition de l’offre politique, et il la faut maintenant », insiste-t-il.

(Avec AFP)

 

« Macron doit rejoindre les Républicains » (Sarkozy) ! …..pourquoi pas l’inverse ?

« Macron doit rejoindre les Républicains » (Sarkozy) ! …..pourquoi pas l’inverse ?

Curieuse cette invitation de Sarkozy à Macron pour qu’il rejoigne les Républicains si vraiment il pense ce qu’il dit en matière de modernisation. La dialectique de Sarkozy est en fait  assez surprenante car d’une certaine manière il donne un satisfecit au caractère modernisateur des propos de Macron. Dans plusieurs domaines en effet Macron s’est  singularisé concernant en particulier la suppression des 35 heures, le droit du travail ou encore dernièrement la réforme du statut des fonctionnaires. En même temps il s’est attiré les foudres de la gauche du PS. Témoin les propos d’Aubry « ras-le-bol Macron ». D’un certain point de vue, on peut en effet considérer que Macron propose des évolutions qui ne sont pas contradictoires avec les propositions de la droite classique. On peut même dire qu’il va nettement plus loin en énonçant de manière claire les réformes qu’il convient d’entreprendre. De ce point de vue Sarkozy n’est guère innovant, il est même confus par exemple sur les 35 heures lorsqu’il envisage leur suppression tout en affirmant qu’il sera peut-être nécessaire de réduire le nombre de RTT aux cadres. Pourquoi encore parler de RTT si les 35 heures sont supprimées ? Surtout on lui reprochera son bilan lorsqu’il était président de la république car il n’a réalisé  aucune des propositions qu’avance Macron. En fait le  langage volontariste de Sarkozy  dissimule mal son relatif immobilisme. Pas étonnant que Fillon le qualifie de « plébéien hargneux ». Dès lors pourquoi ne pas envisager que Sarkozy rejoigne Macron ? On objectera à juste titre qu’avec  sa mini réforme Macron n’a pas vraiment été capable d’engager les réformes structurelles d’ampleur  pour redonner la compétitivité qui manque aux pays et pour réduire les déséquilibres financiers. Mais la faute en revient essentiellement à Hollande qui avec ses synthèses molles à l’art d’enterrer toute perspective significative d’évolution. La dialectique de Sarkozy est particulièrement hasardeuse quand il invite Macron à le rejoindre dans son parti. Il décerne ainsi un brevet de gouvernance à Macron et donne l’occasion de faire un comparatif avec ses propres propositions et surtout l’action qu’il a pu conduire quand il était en charge de la gestion du pays. En réalité Sarkozy qui tente vainement d’être le chantre du changement essaie de récupérer la modernité qu’accorde l’opinion  à Macron. Bien entendu Sarkozy tente aussi de mettre le PS en contradiction avec Macron et de le ringardiser. Mais l’effet risque d’être inverse. Une stratégie surprenante qui confirme que Sarkozy ne parvient pas à vraiment réussir son retour.




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