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Aménagement des territoires et Internet : pas pour les zones rurales isolées !

Aménagement des territoires et  Internet : pas pour les zones rurales isolées !

 

Les associations de collectivité entendent protester contre les obstacles mis au développement du haut débit notamment à travers des difficultés de financement. Il semble en effet se confirmer que le haut débit sera surtout développé dans les zones denses et que pour le reste les collectivités devront faire appel à des opérateurs et à  des financements privés. Ces collectivités ne devraient pas être surprises car récemment le premier ministre a clairement fait entendre que le câble était destiné aux zones denses et que pour le reste il y aura la possibilité d’utiliser d’autres technologies comme le satellite aux frais  de l’utilisateur avec une allocation de leurs 150 € (ce qui est très loin de couvrir les frais d’installation). Aussi d’utiliser la technique de téléphonie 5G. La promesse de relier chaque Français au câble d’ici 2022 paraît donc complètement illusoire. D’où la protestation des associations :

« Bon nombre de collectivités qui ont fait le choix des RIP (qui permet de solliciter le guichet France très haut débit)  ne peuvent toujours pas accéder aux financements promis par l’État depuis 2017, fustigent-elles dans leur communiqué. Elles sont entravées aujourd’hui dans la poursuite de leurs projets. L’État répète à longueur de temps que les collectivités ont le choix. Les associations les représentants confirment hélas ce qu’elles disent depuis plus d’un an : elles n’ont le choix qu’entre un Amel et un Amel. »

Or les collectivités ont la dent dure contre ce dispositif, sur lequel l’Etat compte pour économiser des deniers publics – puisque dans ce cas, les réseaux sont entièrement financés par le secteur privé.

« Quant aux Amel, qui étaient censés faire faire des économies d’argent public et accélérer les déploiements FttH [fibre jusqu'à l'abonné, NDLR], les territoires concernés sont aujourd’hui dans l’expectative, poursuit le communiqué. Le Premier ministre, qui devait valider les premiers AMEL au début de l’été 2018, n’en a encore signé aucun. Pire, seuls deux avis – assortis de nombreuses réserves – ont été rendus par l’Arcep [le régulateur des télécoms, NDLR] sur les sept Amel officiellement recensés. Les collectivités qui ont positivement répondu pour certaines depuis huit mois se voient abandonnées en rase campagne – sans que l’on sache précisément ce qui bloque – sans calendrier ni perspectives. »

En conséquence, les associations de collectivités « demandent que dans un court délai, l’Etat annonce un calendrier engageant de réouverture du guichet France THD à court terme d’une part, et d’autre part l’arrêt immédiat de la promotion active du dispositif des Amel tant que le Premier Ministre n’aura pas exprimé sa décision s’agissant des sept premiers dossiers en souffrance ». Elles craignent que si la situation reste comme telle, de nombreux territoires se retrouveront sans Internet à très haut débit d’ici à 2022. Ce qui sonnerait l’échec de l’objectif du gouvernement d’apporter à cette date une connexion ultra-rapide à tous les Français.

 

Câble Internet : pas pour les zones rurales isolées

Câble Internet : pas pour les zones rurales isolées

 

Les associations de collectivité entendent protester contre les obstacles mis au développement du haut débit notamment à travers des difficultés de financement. Il semble en effet se confirmer que le haut débit sera surtout développé dans les zones denses et que pour le reste les collectivités devront faire appel à des opérateurs et à  des financements privés. Ces collectivités ne devraient pas être surprises car récemment le premier ministre a clairement fait entendre que le câble était destiné aux zones denses et que pour le reste il y aura la possibilité d’utiliser d’autres technologies comme le satellite aux frais  de l’utilisateur avec une allocation de leurs 150 € (ce qui est très loin de couvrir les frais d’installation). Aussi d’utiliser la technique de téléphonie 5G. La promesse de relier chaque Français au câble d’ici 2022 paraît donc complètement illusoire. D’où la protestation des associations :

« Bon nombre de collectivités qui ont fait le choix des RIP (qui permet de solliciter le guichet France très haut débit)  ne peuvent toujours pas accéder aux financements promis par l’État depuis 2017, fustigent-elles dans leur communiqué. Elles sont entravées aujourd’hui dans la poursuite de leurs projets. L’État répète à longueur de temps que les collectivités ont le choix. Les associations les représentants confirment hélas ce qu’elles disent depuis plus d’un an : elles n’ont le choix qu’entre un Amel et un Amel. »

Or les collectivités ont la dent dure contre ce dispositif, sur lequel l’Etat compte pour économiser des deniers publics – puisque dans ce cas, les réseaux sont entièrement financés par le secteur privé.

« Quant aux Amel, qui étaient censés faire faire des économies d’argent public et accélérer les déploiements FttH [fibre jusqu'à l'abonné, NDLR], les territoires concernés sont aujourd’hui dans l’expectative, poursuit le communiqué. Le Premier ministre, qui devait valider les premiers AMEL au début de l’été 2018, n’en a encore signé aucun. Pire, seuls deux avis – assortis de nombreuses réserves – ont été rendus par l’Arcep [le régulateur des télécoms, NDLR] sur les sept Amel officiellement recensés. Les collectivités qui ont positivement répondu pour certaines depuis huit mois se voient abandonnées en rase campagne – sans que l’on sache précisément ce qui bloque – sans calendrier ni perspectives. »

En conséquence, les associations de collectivités « demandent que dans un court délai, l’Etat annonce un calendrier engageant de réouverture du guichet France THD à court terme d’une part, et d’autre part l’arrêt immédiat de la promotion active du dispositif des Amel tant que le Premier Ministre n’aura pas exprimé sa décision s’agissant des sept premiers dossiers en souffrance ». Elles craignent que si la situation reste comme telle, de nombreux territoires se retrouveront sans Internet à très haut débit d’ici à 2022. Ce qui sonnerait l’échec de l’objectif du gouvernement d’apporter à cette date une connexion ultra-rapide à tous les Français.

Notation des médecins par les patients sur Internet ?

Notation des médecins par les patients sur Internet ?

Un nouveau site se propose de faire noter les médecins par les patients. Quand on connaît les manipulations qui sont opérées à propos des évaluations sur le net, on peut s’interroger sur le caractère déontologique de cette opération. Certes les médecins pourraient peut-être être évalués, pourquoi pas, mais par des organismes compétents indépendants et non par des patients dont la plupart n’ont strictement aucune connaissance médicale et qui ne peuvent se fonder que sur un ressenti. Certains les établissements médicaux parfois l’objet de classement dans des journaux spécialisées ou pas mais sur des critères d’évaluation relativement sérieux même s’ils sont discutés. L’idée est de noter les médecins comme on note les restaurants ou les hôtels. Avec la différence qu’il s’agit là d’évaluer les compétences d’un homme de science. Certes pourra toujours donner son avis sur les conditions d’accueil du médecin mais sûrement pas sur la performance du praticien en matière d’évaluation des pathologies et des thérapies. Il y a les notes mais aussi les commentaires. De ce point de vue on peut être dubitatif quand on prend connaissance de certains commentaires dont d’ailleurs certains formulés par l’établissement lui-même qui est jugé ! Idem pour nombre de sites ; bref la manipulation côtoie l’approche marketing. Un site nouveau, baptisé MediEval4i.com, débarque ce lundi sur ce créneau. . Pour simplement consulter la réputation du praticien sur Internet, l’utilisateur peut faire une recherche via son nom ou sa spécialité, ou selon la ville ou la localisation du cabinet. «On ne joue pas contre les médecins. Mais nous proposons un service gratuit et indépendant, exclusivement au service des patients qui ne sont pas toujours bien pris en charge» explique son fondateur, Mathias Matallah. À ce jour, 190.000 praticiens, toutes spécialités confondues, sont répertoriés. Pour l’instant, ce sont les commentaires et les notes affichées sur Google qui apparaissent. MediEval4i est amené à être enrichi d’un comparateur en optique, qui sera cette fois-ci payant. À terme, les services d’hôpitaux devraient aussi être soumis à l’évaluation des patients. Il est quand même curieux que la pertinence des évaluations des restaurants soit essentiellement le domaine d’experts tandis que celui des médecins serait ouvert aux « consommateurs  de santé ».

«On veut évaluer les médecins sur des critères simplistes», juge Jean-Christophe Calmes, secrétaire général adjoint de MG France, syndicat des médecins généralistes. «L’acte médical c’est beaucoup plus. Une consultation longue ou prise à l’heure ne veut pas dire qu’elle soit bonne et précise. Il y a énormément de facteurs qu’on ne peut évaluer», complète le docteur Jean-Marie Faroudja, président de la section éthique et déontologie du Conseil national de l’ordre des médecins, pour qui ces sites risquent «d’altérer la relation de confiance entre le médecin et le patient».

Mark Zuckerberg : « Quatre idées pour réguler Internet

Mark Zuckerberg : « Quatre idées pour réguler Internet

Attaquée dans de nombreux pays, Facebook par la voix de son patron se dit prêt à discuter avec les pouvoirs publics des conditions d’une meilleure régulation d’Internet. Le problème évidemment c’est qu’il souhaite que cette régulation soit à dimension mondiale et qu’il n’est pas certain que tous les pays se soumettent à cette régulation. Le PDG de Facebook  détaille dans une tribune publiée notamment par le JDD « quatre idées pour réguler Internet.

 

 

« La technologie occupe une place importante dans nos vies, et des entreprises comme Facebook ont une très grande responsabilité. Tous les jours, nous devons prendre des décisions pour déterminer quel discours est dangereux, ce qui constitue de la publicité politique ou encore comment prévenir des cyber-attaques complexes. Ces décisions sont importantes pour assurer la sécurité de notre communauté. Personne n’attend des entreprises qu’elles répondent seules à ces enjeux.

Je suis convaincu que les gouvernements et les régulateurs doivent jouer un rôle plus actif.  Faire évoluer la régulation d’Internet nous permettra de préserver ce qu’Internet a de meilleur – la liberté pour les gens de s’exprimer et l’opportunité pour les entrepreneurs de créer – tout en protégeant la société de préjudices plus larges.

Ce que je retiens de mon expérience, c’est que nous avons besoin d’une nouvelle régulation dans quatre domaines : les contenus violents et haineux, l’intégrité des élections, la protection de la vie privée et la portabilité des données.

1. Premièrement, sur les contenus violents et haineux. Facebook permet aux gens de faire entendre leur voix, et c’est une bonne chose – cela leur permet de partager des expériences et de se mobiliser plus facilement. Dans ce contexte, nous avons une responsabilité vis-à-vis de leur sécurité lorsqu’ils utilisent nos services. Cela implique de décider de ce qui est de la propagande terroriste, du discours haineux, et plus encore. Nous ajustons sans cesse nos règles avec des experts, mais compte tenu de notre échelle, nous ferons toujours des erreurs et prendrons des décisions avec lesquelles les gens ne seront pas forcément d’accord.

Les décideurs publics me disent souvent que nous avons trop de pouvoir en matière d’expression, et franchement, je suis d’accord. J’en viens à croire que nous ne devrions pas prendre de telles décisions tout seul. Nous sommes donc en train de créer un organisme indépendant pour que les gens puissent faire appel de nos décisions. Nous travaillons aussi avec les gouvernements, et notamment avec les pouvoirs publics français dans le cadre d’un groupe de travail commun, afin de garantir que nos dispositifs de modération des contenus soient efficaces.

Les entreprises d’Internet doivent rendre des comptes quant à l’application des règles concernant les contenus violents et haineux. Il est impossible de retirer l’ensemble de ces contenus d’Internet. Or, quand on sait que les gens utilisent des dizaines de services de partage différents, chacun avec ses propres règles et processus, il devient évident que nous avons besoin d’une approche plus harmonisée.

Une idée pourrait être de confier à des organismes tiers le soin de définir des standards sur la diffusion des contenus violents et haineux, et d’évaluer les entreprises sur la base de ces standards. La régulation pourrait établir une base de référence de ce qui est interdit, et exiger des entreprises qu’elles mettent en place des moyens pour réduire au maximum les contenus violents et haineux.
Facebook publie déjà des rapports de transparence sur le retrait des contenus violents et haineux. J’estime que toutes les grandes entreprises du numérique devraient le faire tous les trimestres, car c’est aussi important que publier les rapports financiers. Quand nous aurons une meilleure idée de la part des contenus violents et haineux, nous pourrons alors constater quelles entreprises font des progrès, et voir où nous devrions placer le curseur.

2. Deuxièmement, la législation est importante pour protéger les élections. Facebook a déjà mis en œuvre d’importants changements en matière de publicité politique : dans de nombreux pays, les annonceurs doivent désormais faire vérifier leur identité avant de diffuser ce type de contenus. Nous avons créé une bibliothèque en ligne pour les répertorier. Mais décider de ce qui relève de la publicité politique n’est pas toujours évident. Nos systèmes seraient plus performants si la régulation établissait des standards communs pour vérifier l’identité des acteurs politiques.

Les lois sur la publicité politique en ligne concernent en priorité les candidats et les élections, plutôt que les sujets politiques qui divisent, et sur lesquels nous avons constaté plus de tentatives d’interférence. Certaines lois ne s’appliquent que pendant les élections alors que les campagnes d’influence sont continues. Par ailleurs, d’importantes questions se posent sur la manière dont le ciblage et les données sont utilisés pendant les campagnes politiques. La législation devrait refléter la réalité des menaces actuelles et définir des standards pour l’ensemble de l’industrie.
Les gouvernements peuvent aussi utiliser leur pouvoir pour prévenir les ingérences. Nous pouvons bannir les acteurs malveillants, mais seuls les gouvernements peuvent créer des sanctions qui découragent les interférences.

3. Troisièmement, pour être efficace, la protection de la vie privée et des données personnelles nécessite un cadre harmonisé à l’échelle mondiale. Partout dans le monde, les gens réclament une réglementation complète en matière de protection de la vie privée en accord avec le RGPD (Règlement Européen de Protection des Données), et je suis d’accord. Je pense qu’il serait bon pour Internet que davantage de pays adoptent une réglementation telle que le RGPD comme cadre commun.

Toute nouvelle réglementation sur la protection de la vie privée aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde devrait s’appuyer sur les protections offertes par le RGPD. Elle devrait protéger le droit de chacun de choisir la façon dont ses informations sont utilisées, tout en permettant aux entreprises de les employer, à la fois à des fins de sécurité et aussi pour fournir des services. Elle ne devrait pas imposer que les données soient stockées localement, ce qui les rend plus vulnérables à un accès non justifié. Et elle devrait faire en sorte que les entreprises comme la nôtre soient tenues responsables, en leur imposant des sanctions lorsqu’elles commettent des erreurs.

Je suis également convaincu qu’un cadre mondial commun, plutôt qu’une réglementation qui varie considérablement d’un pays et d’un Etat à l’autre, garantira qu’Internet ne se fracture pas, que les entrepreneurs puissent créer des produits utiles à tous et que chacun bénéficie des mêmes protections.
Alors que de nouvelles réglementations sur la protection de la vie privée sont en train d’être adoptées, j’espère que les décideurs publics pourront aider à répondre à certaines des questions qui subsistent autour du RGPD. Nous avons besoin de clarté sur la manière dont les données peuvent être utilisées pour servir l’intérêt général, et sur les règles qui devraient s’appliquer aux nouvelles technologies, comme par exemple l’intelligence artificielle.

4. Enfin, la réglementation devrait garantir le principe de la portabilité des données. Si vous partagez des données avec un service, vous devriez pouvoir les transférer facilement et de manière sécurisée vers un autre service. Cela donne aux gens le choix et permet aux développeurs d’innover et d’être plus compétitifs.

C’est important pour Internet, et pour créer les services que les gens veulent. C’est la raison pour laquelle nous avons construit notre plateforme de développement. La véritable portabilité des données devrait ressembler davantage à la manière dont les gens utilisent notre plateforme pour se connecter à une application, plutôt qu’à la manière dont les gens téléchargent actuellement une archive de leurs informations. Mais cela exige des règles claires sur qui est responsable de la protection de l’information lorsqu’elle passe d’un service à l’autre.

Cela nécessite également des standards communs ; c’est pourquoi nous soutenons un format standard de transfert de données, ainsi que le projet open source Data Transfer Project.
Je suis convaincu que Facebook a la responsabilité d’aider à répondre à ces enjeux, et je serai heureux d’en discuter avec les décideurs publics du monde entier. Au cours des deux dernières années, nous avons mis au point les systèmes les plus avancés pour trouver les contenus violents et haineux, mettre fin aux interférences électorales et rendre les publicités plus transparentes.
Mais, les gens ne devraient pas avoir à s’en remettre aux entreprises pour qu’elles règlent seules ces problèmes. Nous devrions avoir un débat plus large sur ce que nous voulons en tant que société, et sur la façon dont la réglementation peut nous aider. Ces quatre domaines sont importants, mais il y a bien sûr beaucoup d’autres sujets à discuter.
Les règles régissant Internet ont permis à une génération d’entrepreneurs de créer des services, qui ont changé le monde et créé beaucoup de valeur dans la vie des gens. Il est temps d’actualiser ces règles afin de définir clairement les responsabilités des personnes, des entreprises et des gouvernements. »

Démocratie et internet: la grande trouille des élites

Démocratie et  internet: la grande trouille des élites

 

 

 

 

De manière plus ou moins larvée  est en train de monter une contestation par les élites de la démocratie numérique. Une attitude à la fois réactionnaire et corporatiste un peu de même nature que la critique qui portait sur l’intérêt du chemin de fer par exemple au début du XXe siècle ou plus loin sur l’imprimerie. D’un certain point de vue,  la plupart du temps les technologies sont neutres, tout dépend de leur usage. La critique s’appuie surtout sur le manque de transparence de l’information et le développement de fake news et de la haine sur certains réseaux sociaux. . Certes on ne peut contester que le net constitue une sorte d’auberge espagnole où se côtoient le pire et le meilleur, l’intelligence et la nullité parfois même l’insulte et la haine (comme sur certains réseaux sociaux). Mais la mise en cause répond aussi à une sorte de réflexe corporatiste de la part des élites qui n’apprécient pas sans doute que la connaissance puisse être accessible à tous et que chacun puisse devenir aussi un citoyen réellement actif et conscient. Ainsi on entend souvent des phrases du type : « chaque internaute se prend pour un journaliste ou pour un expert » ! La remarque est particulièrement excessive car il n’y a pas de la part des internautes une volonté générale d’être plus pertinents que ne  le seraient les médias classiques ou les spécialistes d’un sujet. La réaction des internautes correspond d’abord à un phénomène d’appropriation des problématiques posées par les principaux enjeux de société ensuite sur la volonté d’apporter une contribution sans doute parfois et même assez souvent insuffisamment pertinente. Ceci étant même si 80 % de ses contributions présentent  un intérêt très secondaire voir aucun intérêt du tout, reste 10 ou 20 % qui ont ainsi multiplié par 100, par 1000 ou  par 10 000 les sources classiques d’informations et de connaissances. D’abord un extraordinaire progrès pour l’accès à cette connaissance. Ensuite un outil de communication et de vie démocratique. Bref un phénomène qui remet en cause les espaces protégés des journalistes, des experts, aussi des politiques. Justement parce que précisément des internautes possèdent un savoir-faire journalistique certain, voir la multitude de sites d’information par exemple aussi la possibilité pour des experts non labellisés d’apporter un éclairage qui ne s’inscrit pas forcément dans la mode du moment. Il est clair que les journalistes classiques et les experts patentés sont bousculés dans leur zone de confort et de certitude. Si leurs remarques vis-à-vis de nombreuses déviances  d’Internet sont   justifiées, pour autant la technologie ne doit pas être condamnée de manière aussi simpliste. On peut notamment imaginer que des progrès seront réalisés en matière de déontologie pour éviter le développement d’excès comme la haine ou l’intox.  La vraie démocratie passe d’abord par un développement de la connaissance et l’outil numérique y contribue.

 

 

Internet : les dangers d’une régulation précipitée (ONG internet Society)

Internet : les dangers d’une régulation précipitée (ONG internet Society)

 

La  directrice des politiques publiques de l’ONG Internet Society s’inquiète d’influence grandissante des GAFA mais tout autant d’une régulation précipitée. (‘Interview La Tribune)

 

Votre rapport alerte sur la « standardisation du web » sous l’effet d’une concentration de plus en plus marquée autour d’acteurs essentiellement américains (les Gafam – Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) et chinois (les Batx – Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi). Quels risques cela fait-il peser sur l’économie et la société ?

CONSTANCE BOMMELAER DE LEUSSE - Quelques entreprises hégémoniques, comme Google dans la recherche en ligne, Facebook dans les réseaux sociaux et avec ses messageries Messenger, Instagram et WhatsApp, ou encore Amazon et Alibaba dans le e-commerce, concentrent l’essentiel de la valeur de l’économie numérique. Ce phénomène prend même de l’ampleur, car la domination de ces entreprises est accentuée par l’essor sans précédent des réseaux et par l’afflux des données récoltées en permanence sur les utilisateurs. Les géants du Net peuvent ainsi étendre leur influence et leur force de frappe sur de nouveaux marchés comme la mobilité autonome, le cloud, l’intelligence artificielle, la santé, le paiement et bien d’autres domaines.

En d’autres termes, ils sont devenus « too big to fail ». Leurs écosystèmes de services globaux, parfois fermés, facilitent grandement le quotidien et créent une vraie dépendance économique. Les entreprises, notamment les TPE et les PME, doivent souvent les utiliser pour exister en ligne. De fait, cette domination limite en réalité le choix des usagers et peut compliquer l’éclosion de services concurrents. Elle pourrait menacer la nature même d’Internet, qui est par essence libre et ouvert, composé d’une interconnexion de réseaux indépendants les uns des autres.

 

Pourtant, vous mettez en garde les régulateurs sur la nécessité de ne pas se précipiter pour réguler. N’est-ce pas paradoxal ?

Non, car un remède mal conçu pourrait être pire que le mal. Le danger de réguler trop vite, de ne pas articuler les différentes normes au niveau international, pourrait avoir des conséquences difficiles à prévoir. La multiplication des régulations pourrait par effet de ricochet créer plusieurs webs selon les lois en vigueur, avec des conséquences potentiellement néfastes sur l’innovation. En clair, en fonction du pays où un utilisateur se trouve, il n’aurait pas accès aux mêmes contenus et aux mêmes services sur Internet.

Si chaque grande région du monde, voire chaque pays, développe ses propres régulations sur la fiscalité ou la protection des consommateurs, on risque de fragmenter l’espace numérique sans pour autant agir efficacement sur le phénomène de la concentration des pouvoirs autour des géants du Net, qui ont les moyens de s’adapter aux

La France, avec sa « taxe Gafa » qui vient d’être annoncée par Bruno Le Maire, et l’Union européenne, avec notamment le Règlement général sur la protection des données (RGPD), ont déjà enclenché la machine. Est-ce une erreur ?

Il est regrettable que le débat public aujourd’hui se concentre uniquement sur la partie visible de l’iceberg. Pour nous, la concentration des géants du Net est plus complexe. Elle agit à trois niveaux. Le premier, le plus évident, est celui des applications et usages sur Internet, dominés par cinq grosses entreprises qui sont Google, Amazon, Tencent, Facebook et Alibaba. Google et Facebook cannibalisent à eux deux 80% du marché publicitaire mondial, Amazon pèse près de 50% du e-commerce, Google 90% de la recherche en ligne en Europe, Alibaba est l’équivalent d’Amazon en Chine tandis que Tencent, via WeChat, est une plateforme polyforme qui touche plus d’un milliard d’utilisateurs. Cette concentration des usages autour de quelques acteurs inquiète l’opinion et pousse les régulateurs à agir.

Or, deux autres niveaux de concentration, plus discrets, sont tout aussi importants : l’accès aux infrastructures et les services associés à ces infrastructures. Dans chaque pays un petit nombre de fournisseurs d’accès à internet (FAI) maîtrisent les réseaux. Parfois, notamment dans les pays en développement comme en Afrique, il n’existe qu’un ou deux FAI, ce qui pose question. Par ailleurs, les leaders mondiaux du cloud computing, c’est-à-dire Amazon, Microsoft, Google, IBM et Alibaba, disposent d’un pouvoir grandissant car ils fournissent l’infrastructure sur laquelle se développe l’économie numérique.

Il faut appréhender ces trois niveaux de concentration. Les deux derniers sont le nerf de la guerre pour que ces monopoles perdurent sur la durée. On sait moins que Google et Facebook, davantage connus pour leur domination dans les usages, investissent aussi massivement dans les câbles sous-marins et les infrastructures du Net, car il s’agit d’un enjeu de diversification stratégique pour eux. Les géants du Net pratiquent une consolidation à la fois horizontale – étendre leurs activités -, et verticale – maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur de l’innovation. Ils investissent aussi énormément dans la recherche fondamentale pour se mettre en position de profiter d’une éventuelle rupture technologique.

 

Quelle approche de la régulation préconisez-vous ?

L’enjeu principal est avant tout de protéger l’Internet, c’est-à-dire sa neutralité et son caractère libre et ouvert, pour ne pas brider l’innovation et permettre à d’autres entreprises de pénétrer le marché. On oublie que la concentration autour de quelques géants est un phénomène économique naturel. La liberté et l’ouverture qui caractérisent l’Internet ont permis l’éclosion d’entreprises devenues hégémoniques, comme Yahoo ou Myspace dans les années 1990, qui ont elles-mêmes été remplacées, avec l’avènement de nouvelles ruptures technologiques, par les géants actuels. Il faut garder en tête que dans l’histoire économique, les monopoles changent. Dans les années 1990, on appréhendait Yahoo et Myspace exactement comme Google, Facebook et Amazon aujourd’hui.

De fait, certains pays annoncent des mesures fiscales ou des réglementations sur les données. Ces tentatives sont précipitées, pour répondre à une pression de l’opinion publique. Alors même que plusieurs questions restent en suspens. Si une forme d’intervention publique est nécessaire, faut-il refonder le droit de la concurrence, renforcer la protection du consommateur ou encore ajuster la fiscalité ? Les politiques communiquent sur des mesures avant même d’avoir appréhendé le problème dans sa globalité. Au-delà du risque de fragmenter l’Internet en régulant à outrance, nous nous inquiétons aussi que les gouvernements finissent par brider les bienfaits de cette concentration. Car ils existent. Les géants du Net ont accéléré la digitalisation d’un grand nombre d’entreprises dans de nombreux secteurs, y compris des PME et des TPE. Ils ont offert aux utilisateurs des univers beaucoup plus homogènes, pratiques et sécurisés. Le discours dominant est alarmiste, alors que le bilan global est plus nuancé.

Vous dites que les monopoles d’aujourd’hui ne sont pas forcément ceux de demain. Mais grâce à leurs extraordinaires moyens d’investissement dans la recherche fondamentale et leur capacité à aspirer l’innovation, les géants actuels ne se mettent-ils pas en position de faire perdurer leur puissance dans la durée, contrairement aux empires d’hier ?

La blockchain, l’Internet des objets et l’intelligence artificielle sont loin d’avoir livré tout leur potentiel. D’autres technologies vont sûrement arriver et rebattre les cartes. Est-ce que les géants actuels qui investissent massivement dans la recherche fondamentale sont mieux placés que les autres pour perdurer ? Intuitivement, on peut le penser mais l’histoire nous réserve probablement des surprises. Google, Netflix, Uber et Facebook ne sont peut-être pas là pour toujours. Si on préserve la neutralité technologique et des principes comme l’interopérabilité des systèmes informatiques, la capacité d’innovation restera intacte et il ne sera pas impossible pour de nouveaux acteurs de pénétrer le marché. Il n’y a pas de fatalité.

 

Internet remet en cause les médias traditionnels

Internet remet en cause les  médias traditionnels

 

 

Si l’on se fie au  le baromètre 2018 réalisé pour La Croix par Kantar Public, seulement un Français sur deux fait confiance aux médias classiques (56 % cependant pour la radio). Il n’y aurait que de l’ordre de 31 % qui feraient confiance aux médias en ligne. À noter que 60 % environ s’intéressent à l’actualité. En cause, l’excès de peopolisation de  l’information aussi le mauvais traitement de l’information économique et politique. Les raisons sont connues les médias publics sous contrôle du pouvoir politique sont très influençables. Les médias publics pour la plupart sont désormais dans les mains des financiers et les grands patrons. L’audience de ces grands médias ne cesse de diminuer au profit d’ailleurs des infos sur Internet. D’où la mise en accusation permanente de ce  net. Par les journalistes patentés des médias classiques, on reproche aux réseaux sociaux et à Internet en général de manquer de professionnalisme, d’objectivité voire de diffuser des fake news. L’inquiétude n’est pas seulement déontologique elle est aussi de nature corporatiste car les médias classiques connaissent une très grave crise économique qui se traduit régulièrement par des plans de réduction des journalistes et autres personnels. Du coup, c’est médias  classique présentent  la caractéristique de se ressembler tous du Parisien à libé. Et pour cause, les lignes éditoriales sur toutes alimentées par la reprise des mêmes informations fournies par les agences de presse, le gouvernement ou les institutions. Des informations souvent livrées brut de brut sans beaucoup d’analyse. Sans parler d’une orientation ultra libérale pour la plupart. La presse d’opinion a disparu depuis que les financiers ont mis la main sur les médias et la presse d’analyse est réduite à la portion congrue, le Monde y compris. Tous les médias ont sacrifié à la mode des gros titres et des photos. Pas étonnant dans ces conditions que les Français se tournent vers Internet qui il est vrai, constitue cependant une véritable auberge espagnole où le pire côtoie le meilleur surtout sur les réseaux dits sociaux. Avec un peu de persévérance on peut quand même trouver des les éléments d’analyse sur les innombrables sites qui sont les véritables concurrents des médias classiques. Cela avec des dés informations autrement plus fouillées et donc plus pertinentes. Certes 90 % des informations sur le net du niveau du caniveau mais les 10 % restants représentent une force informative 1000 ou 10 000 fois supérieures aux médias classiques. Les journalistes patentés font un mauvais procès de nom professionnalisme aux émetteurs d’informations du net car eux-mêmes le plus souvent ne sont capables de traiter les événements qu’en surface faute de temps, de compétences et en raison des influences qu’ils subissent et où qu’ils s’infligent.

Loi contre la haine sur Internet, une proposition confuse

Loi  contre la haine sur Internet, une proposition confuse

 

A priori,  la proposition de loi contre la haine sur Internet paraît intéressante pour tenter de mettre fin au dérives notamment racistes. Reste que ce projet va poser de nombreuses interrogations. Il faudra d’abord définir ce qu’on entend par le concept de haine. En effet certaines postures relèvent simplement du débat démocratique quand elles font s’affronter  des stratégies politiques ou des visions différentes sur des problématiques sociales, économiques ou sociétales. La question est aussi de savoir si c’est la forme ou le fond qui sera retenu. Sans doute un peu les deux mais on peut souhaiter bon courage aux juges qui auront à évaluer le caractère haineux de certains propos sur le net ( sauf les propos bêtes et méchants). Un autre problème se pose celui de savoir si l’on peut réguler les propos uniquement sur un support comme Internet. Finalement Internet est un support comme les autres ; il n’est devenu important qu’en raison du nombre de personnes qui utilisent ce média. Pas sûr que la seule régulation sur Internet soit juridiquement acceptable. Si régulation il y a, elle doit concerner tous les supports d’expression. Le texte sera déposé par la députée La République en marche Laetitia Avia et reprendra les propositions de son rapport sur le sujet, a ajouté le chef de l’Etat lors d’un discours au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). “Ce texte portera des dispositions claires imposant les retraits dans les meilleurs délais de tous les contenus appelant à la haine, mettant en oeuvre toutes les techniques permettant de repérer l’identité dans les meilleurs délais et enfin appelant à la responsabilité, y compris sur le plan juridique, les plateformes”, a dit Emmanuel Macron. “Faut-il interdire partout sur Internet l’anonymat ? Je pense que nous pourrions aller par cette voie à quelques égards vers le pire et il faudra donc y réfléchir à deux fois”, a-t-il ajouté.

Un projet de loi contre la haine sur Internet (Macron)

Un projet de loi  contre la haine sur Internet  (Macron)

 

A priori,  la proposition de loi contre la haine sur Internet paraît intéressante pour tenter de mettre fin au dérives notamment racistes. Reste que ce projet va poser de nombreuses interrogations. Il faudra d’abord définir ce qu’on entend par le concept de haine. En effet certaines postures relèvent simplement du débat démocratique quand elles font s’affronter des idéologise, des stratégies politiques ou des visions différentes sur des problématiques sociales, économiques ou sociétales. La question est aussi de savoir si c’est la forme ou le fond qui sera retenu. Sans doute un peu les deux mais on peut souhaiter bon courage aux juges qui auront à évaluer le caractère haineux de certains propos sur le net. Un autre problème se pose celui de savoir si l’on peut réguler les propos uniquement sur un support comme Internet. Finalement Internet est un support comme les autres ; il n’est devenu important qu’en raison du nombre de personnes qui utilisent ce média. Pas sûr que la seule régulation sur Internet soit juridiquement acceptable. Si régulation il y a, elle doit concerner tous les supports d’expression. Le texte sera déposé par la députée La République en marche Laetitia Avia et reprendra les propositions de son rapport sur le sujet, a ajouté le chef de l’Etat lors d’un discours au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). “Ce texte portera des dispositions claires imposant les retraits dans les meilleurs délais de tous les contenus appelant à la haine, mettant en oeuvre toutes les techniques permettant de repérer l’identité dans les meilleurs délais et enfin appelant à la responsabilité, y compris sur le plan juridique, les plateformes”, a dit Emmanuel Macron. “Faut-il interdire partout sur Internet l’anonymat ? Je pense que nous pourrions aller par cette voie à quelques égards vers le pire et il faudra donc y réfléchir à deux fois”, a-t-il ajouté.

Fermer le site internet du grand débat (Louis-Samuel Pilcer)

Fermer le site internet du grand débat (Louis-Samuel Pilcer)

 

À juste titre, Louis-Samuel Pilcer, étudiant à la Harvard Kennedy School, condamne la plate-forme du grand débat. La principale critique concerne l’anonymat des propositions de ceux qui vont s’exprimer. Ce qui va permettre à des lobbys d’envahir la plate-forme. Il sera méthodologiquement impossible de donner une véritable représentativité à cette expression. Un seul exemple lorsque le conseil économique et social à organiser sa consultation, c’est le refus de la PMA qui est venue en tête. Évidemment les militants de la manif pour tous avaient noyauté la consultation. (La tribune de Louis-Samuel Pilcer dans les Échos)

« …. il y a comme un problème : personne ne vérifie votre identité lors de l’inscription sur la plate-forme. Nom et prénom ne sont même pas requis, un pseudonyme et une fausse adresse de messagerie suffisent pour contribuer. Je viens donc de voter dix fois en faveur d’une baisse de la dépense publique, et n’importe qui pourrait envoyer plusieurs centaines de questionnaires en s’inscrivant avec des adresses de messagerie jetables. Au-delà de ces failles de sécurité évidentes, la méthodologie de la consultation est très problématique. Aucun recensement des caractéristiques des personnes consultées n’est réalisé. Les personnes âgées s’exprimeront-elles autant que les jeunes ? L’extrême droite participera-t-elle plus, ou moins, que les centristes ? Les campagnes voteront-elles autant que les métropoles ? Tant du point de vue démographique que de celui de l’appartenance politique, rien n’est pris en compte.

Si l’Insee n’interrogeait que des cadres supérieurs parisiens dans son enquête sur la consommation des ménages, leurs conclusions concernant le pouvoir d’achat des Français seraient probablement surprenantes. Si les participants de la consultation nationale ne sont pas représentatifs de la population française, ce grand débat n’aura servi à rien.

Les questions elles-mêmes sont troublantes. On nous demande s’il est plus pertinent de réduire le budget de l’éducation ou celui de la sécurité, sans donner aucun contexte concernant les marges de manoeuvre à la disposition du gouvernement dans ces deux domaines. Sur les cinq options proposées pour réduire les dépenses de l’État, toutes correspondent à des politiques publiques très importantes.

Si la consultation n’est pas doublée d’une communication claire sur ce qu’impliqueraient ces réductions budgétaires, les participants répondront à l’aveugle. Imaginons qu’une majorité de personnes consultées considèrent que le moins important, c’est le budget de l’éducation. Devra-t-on en conclure qu’il est légitime de revenir sur le dédoublement de classes en CP et de CE1 dans les quartiers défavorisés ?

Consulter n’est pas comprendre

Certes, réaliser des consultations en ligne pour permettre aux citoyens de participer à l’élaboration des politiques publiques peut être pertinent. Par exemple, le secrétaire d’État Julien Denormandie a lancé au début de son mandat une large consultation à laquelle ont répondu plus de 19.000 personnes afin d’élaborer la stratégie du gouvernement concernant le logement.

L’objectif était d’avoir l’avis de citoyens, locataires ou propriétaires, qui sont confrontés à ces problématiques au quotidien et qui souhaitent faire remonter au gouvernement des problèmes précis qu’ils ont rencontrés et qui peuvent représenter des freins à la mobilité, à l’accès au logement social, ou peser sur leur pouvoir d’achat.

De nombreuses propositions sont remontées de cette consultation, notamment concernant la simplification des procédures de déménagement grâce au numérique. Pour faire remonter des idées du terrain sur un sujet précis, les consultations sont essentielles ; mais pour comprendre ce que souhaitent les Français concernant les dépenses publiques ou les impôts, réaliser un sondage reste de loin la meilleure option.

Sonder les Français

La démarche du gouvernement est pleine de sens. Face à une crise politique qui remet en question notre compréhension de ce que souhaitent réellement les Français, il est essentiel d’aller prendre le pouls du pays afin de comprendre les causes profondes de ce malaise et de proposer un changement de politique qui réponde à leurs attentes.

Les rassemblements organisés au niveau local et la tentative de consulter le public à plus grande échelle peuvent constituer d’excellentes initiatives, si elles sont réalisées avec méthode et ne se limitent pas à une opération de communication.

Construire une plate-forme nationale permettant de consulter les citoyens sur des questions de politiques publiques reste donc une excellente idée. Mais l’identité des contributeurs doit être vérifiée, certaines caractéristiques socio-économiques devraient être recensées pour s’assurer de la représentativité des participants, et les questions posées doivent être claires et précises pour leur permettre de faire remonter une position réfléchie sur ces sujets. En l’absence de méthode rigoureuse pour faire remonter des idées du terrain, le meilleur outil de démocratie participative reste le sondage. »

 

 

Décentraliser Internet (Tim Berners-Lee)

Décentraliser Internet (Tim Berners-Lee)

 

C’est  Tim Berners-Lee, le père fondateur du World Wide Web, Internet qui le dit, internet  fait fausse route en l’état actuel. L’informaticien britannique, a appelé jeudi 18 octobre à une décentralisation d’Internet lors d’une keynote donnée à Las Vegas. 

« Aujourd’hui, beaucoup de gens me posent souvent la même question : « la chose que tu as créée il a des années de ça, est-ce que tu penses toujours que c’est une bonne idée ? » Et bien, c’est très difficile d’y répondreQuand j’ai commencé à créer le WWW, l’esprit était très différent d’aujourd’hui : c’était utopique. (…) Quand le premier blog est arrivé, et que les gens ont réalisé qu’ils pouvaient juste allumer un ordinateur, se connecter à Internet, utiliser des logiciels… Alors tout le monde était très excité…. « Aujourd’hui, les gens sont sur Facebook. Ce qui font et ce qu’ils voient sur Internet est déterminé par l’algorithme de Facebook, qui en profite pour en extraire des données extrêmement précieuses pour savoir qui ils sont et ce qu’ils aiment. (Le réseau social) les utilise ensuite pour proposer de la publicité ciblée, et même, leur dire pour quel candidat ils devraient voter aux prochaines élections », a-t-il taclé. A propos du scandale Analytica «La réaction des gens a été de s’inquiéter pour l’abus réalisé sur leurs propres données, ce n’était pas de s’inquiéter qu’une (élection présidentielle) a pu être manipulée avec de la data ». Le fondateur d’Internet,  travaille sur un  projet en open source, baptisé « Solid« . Pour « redonner le pouvoir » aux internautes sur leurs données. « Peut-être que les premiers utilisateurs monteront à bord du projet pour protéger davantage leurs données », a estimé ce jeudi matin Tim Berners-Lee.  »Petit à petit, les gens disposeront sur Internet d’un espace autonome permettant de restaurer la confiance avec les applications qu’ils utilisent », sans craindre un usage détourné de leurs données.

Contre la haine sur internet (Laetitia Avia)

Contre la haine sur internet  (Laetitia Avia)

La député Laetitia Avia  rend compte dans une  interview du JDD de son rapport sur la lutte contre la haine sur internet.

Le secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, a dit à propos de votre rapport : c’est « plus de transparence, des sanctions plus élevées et plus de condamnations ». Un bon résumé?
Oui. Il faut mettre fin au sentiment d’impunité qu’on a aujourd’hui sur Internet. Le point de départ de la réflexion a été d’en finir avec ce mythe selon lequel Internet, et en particulier les réseaux sociaux, n’est pas la vraie vie. En réalité, on y passe plus de temps qu’en interaction dite « réelle ». L’objectif est d’y rétablir l’état de droit et du civisme sur Internet.

Dans ce rapport, plusieurs mesures concernent directement les plateformes?
Plusieurs éléments concernent les « grosses plateformes », à savoir celles qui ont une capacité à créer de la viralité. Ce qu’on appelle dans le rapport les « accélérateurs de contenus » : ce sont les gros réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Instagram… Notre approche est bien sûr de viser ces sites, mais cette nouvelle réglementation doit aussi pouvoir concerner des outils qui n’existent pas encore. Ce rapport doit encore pouvoir s’appliquer dans vingt ans. Aujourd’hui, la directive e-commerce a été créée [en 2004, NDLR] à une époque où Facebook n’existait pas encore en France, c’est pour ça qu’elle peut parfois être inadaptée.

Ces « accélérateurs » devront retirer un contenu illicite sous 24 heures…
Nous préconisons une obligation de retrait [d'un contenu raciste] sous 24 heures. Deux possibilités : soit ils suppriment car c’est manifestement illicite ; soit il y a un doute et ils mettent ce contenu dit « gris » sous quarantaine – la publication disparaît et arrête de nuire – dans ce délai de 24 heures. Il revient ensuite à une autorité administrative dédiée d’arbitrer le caractère raciste ou non de ce contenu. Elle devra juger rapidement, en quelques jours. Car si jamais cette publication n’est pas illicite, il ne faut pas non plus qu’elle devienne obsolète.

Et en cas de non-respect, les amendes seront-elles augmentées?
Nous sommes actuellement sur des sommes dérisoires. Nous prônons dans le rapport de les multiplier par 100. Elles s’appliquent à chaque fois que les obligations des plateformes ne sont pas respectées. Et ce, dans deux cas de figure :

  • quand les contenus illicites ne sont pas retirés ;
  • quand les plateformes ne répondent pas à certaines obligations, notamment relatives aux réquisitions judiciaires.

Aujourd’hui, lorsqu’on a des auteurs anonymes, on demande des informations à Facebook, Twitter… pour les identifier ; mais ils ne répondent pas car ils risquent éventuellement 370.000 euros d’amende. Ça coute en réalité bien plus à la justice française d’engager cette procédure que d’obtenir gain de cause. En multipliant par 100 ces amendes, les portant ainsi à 37,5 millions d’euros, nous ne sommes toujours pas au seuil de la loi allemande qui prévoit une amende de 50 millions d’euros.

Que prévoit votre rapport côté utilisateur?
Les plateformes affirment leurs bonnes intentions. Mais il faut voir si elles sont réellement prêtes à évoluer, notamment avec la mise en place d’un mécanisme de signalement uniformisé via un bouton unique. C’est une simplification de l’expérience utilisateur qui pourra se dire : « Je vois ce bouton sur tous les sites Internet et je sais que c’est là qu’on va pouvoir traiter ma demande. » Les mécanismes de signalement actuels parfois décourageants ; il faut parfois aller jusqu’à faire un recommandé… Ce bouton sera contraignant pour les plateformes puisque cela touche à leur architecture, mais c’est mettre des actes sur la bonne volonté affichée.

 

Il ne faut pas non plus qu’il soit pénible lorsqu’on est victime de contenus racistes ou antisémites d’engager des poursuites. Actuellement, le mécanisme de signalement est très lourd et il faut se rendre au commissariat pour déposer plainte. Il faut que les victimes puissent déposer plainte en ligne. Si les choses fonctionnent comme nous le souhaitons, il va y avoir beaucoup plus de plaintes qu’aujourd’hui. Il faudra les traiter avec le recours à l’ordonnance pénale : un juge – sans audience – va traiter plus rapidement les affaires, sachant qu’elles restent bien sûr susceptibles de recours.

On a des mesures. Maintenant, cela reste un rapport. Concrètement, comment fait-on et à partir de quand cela change?
Le Premier ministre a indiqué qu’il souhaitait mettre en œuvre les préconisations du rapport au début de l’année 2019. Le véhicule législatif n’a pas encore été décidé. Mais en tant que parlementaire, j’aimerais beaucoup que ce soit une proposition de loi portée par la majorité. D’ici là, il y a en novembre les Etats généraux du numérique. On a laissé deux éléments sur lesquels il faudra préciser les choses : la définition de « l’accélérateur de contenu » et le montant de l’amende. Nous avons tapé fort avec le x100. C’est un choix que nous assumons. Il faudra voir comment cela sera perçu par les acteurs. En France, il faut que cela change en 2019. A l’échelle européenne, cela sera plus long, mais les positions allemande et française enclencheront des discussions sur ces sujets.

Droit d’auteur sur internet: une forme de censure

Droit d’auteur sur internet: une forme de censure

La cour de justice européenne reconnaît le droit d’auteur des photographies. En clair, elle interdit la reproduction sans accord de l’auteur. Certes on comprend que des œuvres intellectuelles et artistiques doivent être protégées mais systématiser cette protection pour toutes les productions relève de la censure. En effet, si cela concerne pour l’instant la photographie, cette décision pourrait être éventuellement étendue à l’information écrite. On pourra toujours démontrer qu’un article s’est inspiré d’un auteur. Cela va évidemment à l’encontre de la liberté initiale d’Internet non seulement maintenant confisquée par les grandes plates-formes mais aussi par des intérêts mercantiles. Cet arrêt pourrait marquer le début d’une vaste série de recours.
Les juges européens étaient saisis par la justice allemande d’un contentieux entre un photographe et les autorités régionales du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie. Le photographe, Dirk Renckhoff, avait autorisé un site consacré aux voyages à publier une de ses photos de la ville de Cordoue. Une lycéenne l’a téléchargée à partir de ce site (où il était librement accessible) pour illustrer un exposé. La photo a ensuite été reproduite sur le site internet de son établissement scolaire sans autorisation de son auteur. Dans son arrêt rendu mardi, la Cour européenne juge que “la mise en ligne sur un site internet d’une photographie librement accessible sur un autre site internet avec l’autorisation de l’auteur nécessite une nouvelle autorisation de cet auteur. . Une conception qu’on peut défendre pour des productions vraiment artistiques mais qui pour les autres laissent dégager une forte odeur de corporatisme et d’argent.

Alerte sur internet (Tim Berners-Lee)

Alerte sur internet (Tim Berners-Lee)

 

 L’informaticien, inventeur internet a lancé à plusieurs reprises de véritables cris d’alerte sur les dérives du Web qui d’outil d’émancipation est en train de devenir un instrument d’aliénation  du fait des grandes plate-formes marchandes.  

 

« Le Web auquel beaucoup se connectaient il y a des années n’est plus celui que les nouveaux utilisateurs trouveront aujourd’hui. Ce qui était autrefois une riche sélection de blogs et de sites Internet a été comprimé sous le lourd poids de quelques plateformes dominantes. Ces plateformes sont capables de verrouiller leur position en créant des barrières pour les concurrents, […] achètent de nouvelles innovations et embauchent les meilleurs talents de l’industrie. »En cause les Gafam et autres,

Google, Facebook et Amazon etc. c’est bien de vous qu’on parle : votre obsession du monopole est en train de tuer Internet et sa sacro-sainte hétérogénéité au profit d’une autre entité, bien plus lugubre et dominatrice. Berners-Lee préconise la mise en place d’un cadre de régulation, « tenant compte des objectifs sociaux », impulsé par les gouvernements. En d’autres termes, que les pouvoirs publics trouvent des moyens pour obliger les géants du Web à se concentrer un peu plus sur le bien-être de leurs utilisateurs, alors qu’ils « ont été conçus pour maximiser les profits plus que pour maximiser le bien social ». Dans l’Union européenne, par exemple, des mesures comme le droit à l’oubli numérique, la nouvelle directive RGPD qui réglemente les libertés individuelles en ligne, ou les mesures coercitives de modération des contenus offensants, sont des initiatives à pérenniser pour garder un semblant de contrôle sur ces conglomérats, quand l’impact de leurs algorithmes opaques est de plus en plus important dans nos sociétés tant pour la marchandisation des biens et services  que pour la formation des idées et des comportements.

Régulation d’internet : la France lance une consultation mondiale

Régulation d’internet : la France lance une consultation mondiale

 

 

La France veut réfléchir à des régulations « intelligentes » dans dix grands domaines, comme « la fiscalité », « le partage des données industrielles », « la modération des contenus en ligne » et notamment des contenus haineux, « la protection des données personnelles », ou encore le « droit des affaires » a indiqué M. Mahjoubi, le secrétaire d’Etat au numérique.  La France va donc lancer une consultation internationale en vue de régulations mondiales d’internet, a déclaré vendredi le secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi, en marge du salon des startups VivaTech. . Cette consultation sera nationale, européenne, et aussi internationale, en demandant notamment la participation des géants mondiaux de l’internet, a précisé le secrétaire d’Etat. « Je veux convaincre ces grandes plateformes de discuter sur ces régulations mondiales », a indiqué M. Mahjoubi à l’AFP.

 

Universités: les examens sur Internet !!!

Universités: les examens sur Internet !!!  

Une possibilité  décidée jusque là pour Montpellier. La question est cependant de savoir qui va réellement composer les réponses, soit l’étudiant, soit une autre personne ou Google. Une solution qui ne paraît pas très sérieuse pour la plupart des  enseignants. Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d’université et de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, n’est pas favorable à cette solution. « Dans les sites où il n’y a pas de difficultés majeures et où il y a juste certains sites de bloqués, mais [où] la totalité de l’université fonctionne, il n’y a pas de raison de mettre en place ce genre de choses. »  En cas de blocage, la mise en place des examens en ligne n’est pas obligatoire selon lui, car  »il y a la possibilité aussi de louer d’autres amphithéâtres, il y a d’autres universités dans la même ville qui peuvent accueillir des examens ».

La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal n’exclue pas en effet  la possibilité  de faire passer les examens sur internet, comme c’est le cas à l’université de Montpellier. « Certaines universités pratiquent avec succès et satisfaction de la part des étudiants ce type d’examens en ligne depuis plusieurs années, ce qui montre que c’est tout à fait possible et que ça fonctionne », affirme la ministre dans le quotidien régional. Elle ajoute que cette décision relève des présidents d’université: « s’ils choisissent de faire passer des examens sur internet, je n’y vois pas d’inconvénient ».  Vendredi, plusieurs universités restaient bloquées en France, dont les universités Jean-Jaurès (Toulouse), Paul-Valéry (Montpellier) et Paris-8.  A Paris, Paris I et Paris IV n’assurent plus les cours depuis quelques jours en raison d’un blocage d’étudiants. Vendredi soir, des échauffourées ont éclaté à Tolbiac. Le calme est revenu samedi matin.

Internet profite de la publicité

Internet profite de la publicité

Plus 12% pour les recettes de pub sur internet tandis que les médias classiques voient ces recettes diminuer. , les recettes nettes se sont élevées à 13,7 milliards d’euros, soit une hausse de 1,2% par rapport à 2016, selon le baromètre unifié du marché publicitaire, réalisé par France Pub, Kantar Média et l’Institut de recherches et d’études publicitaires (IREP). Le marché a notamment vu une hausse des annonceurs sur l’ensemble des médias (+3%), pour s’établir à 56.073 annonceurs. Parmi eux, les deux tiers sont captés par Internet. Cette légère reprise a été tirée par Internet, support média qui, à lui seul, a généré 4,09 milliards d’euros. « Cette meilleure situation provient principalement de la croissance forte d’Internet, +12% par rapport à 2016″ contre une hausse de 8% en 2016, souligne le baromètre. Les recettes publicitaires générées par la presse écrite papier continuent de s’effondrer à 2,11 milliards d’euros, soit une baisse de -7,4% sur un an. Les quotidiens nationaux, avec 142 millions d’euros, ont vu leurs recettes baisser de 8,3%. La presse gratuite, avec 300 millions d’euros, chute de 6,5%. Le marché publicitaire sur la radio est également en berne, avec une baisse de 2,6%, contre -1.3% en 2016. Quelques 694 millions d’euros ont été générés, avec une chute des annonceurs (-2%). La télévision tient le choc, avec 3.286 millions d’euros. Elle enregistre une petite croissance de +1%en 2017, contre 0,4% en 2016.

 

Internet : pour un boycott de l’info payante des grands médias

 Internet : pour un boycott de l’info payante des grands médias

Par définition, la plupart des internautes sont des surfeurs qui ne se contentent pas en majorité d’uen seule source. Or de lus en plus de sources de grand médias deviennent payantes. De sorte que pour être à peu prés informé, il conviendrait de s’abonner à une bonne vingtaine de sources. Pour faire face à la baisse tendancielle irréversible du nombre de lecteurs des versions papier, les grands médias ont investi Internet avec des politiques éditoriales relativement proches qui pour l’essentiel se contentent  de reprendre les dépêches des agences, du gouvernement, des grandes entreprises et institutions. Le vrai travail journalistique d’investigation ou de réflexion est relativement marginal. Il faut d’ailleurs laisser la place à une montagne publicitaire à caractère de plus en plus intrusif qui normalement devrait permettre d’assurer l’équilibre économique. Malheureusement,  ce n’est pas le cas car les sites d’information connaissent une expansion quasi exponentielle ;  des sites  à vocation commerciale ou des sites gratuits de citoyens ou d’experts. Pour appâter le client,  les versions numériques des grands médias offrent généreusement un ou deux articles gratuits, ensuite il faut évidemment cracher au bassinet. Pas nécessairement d’ailleurs car la même information est offerte à peu près en même temps et sans paiement sur d’autres sites.  Il conviendra que les grands médias un jour choisissent  ou bien le financement par la pub ou bien le financement par les articles payants. On objectera que les sites d’infos sont bien contraints de rechercher l’équilibre financier et qu’il convient donc de multiplier les sources de financement. Cependant cet équilibre financier demeurera précaire voire impossible si les grands médias n’améliorent pas la qualité de leur ligne éditoriale. Pourquoi payer quand en fait les Unes de ces médias sont  constituées des mêmes 20 ou 30 informations qu’on retrouve partout. Des informations souvent livrées en  brut de brut sans analyse, sans approfondissement et même sans vérification. Pas étonnant si les jeunes en particulier sont réticents pour acheter cette info payante sur internet. Des jeunes qui passent plus de temps sur internet que devant la télé contrairement à leurs ainés.  Internet est le média le plus utilisé pour s’informer, selon un sondage qui avait été mené par L’Etudiant auprès de 487 jeunes âgés de 16 à 25 ans, lycéens et étudiants. Le net arrive en tête avec 38% des réponses mais essentiellement l’info gratuite, suivi par la télévision (33%), la presse écrite (17%) et la radio (10%). Au sein de la presse écrite, les quotidiens gratuits (55% des jeunes en lisent au moins un par semaine) arrivent devant les hebdos et les quotidiens payants.

Les géants d’internet contre la suppression de la «neutralité du net»

Les géants d’internet contre la suppression de la «neutralité du net»

Curieusement, en tout cas en apparence, les grands de l’Internet, les GAFA,  s’opposent à la remise en cause de la neutralité du net. La contradiction n’est pourtant qu’apparente car les géants du net ne veulent surtout pas qu’on ouvre la porte aux réductions de débit et à l’augmentation des prestations de la part des fournisseurs  d’accès à Internet car les modifications d’accès seraient susceptibles de leur nuire (Orange par exemple est favorable !) .L’organisation Internet Association, qui compte parmi ses membres des géants comme Google, Facebook ou Microsoft, net». La Commission fédérale des communications (FCC), régulateur américain du secteur, s’est prononcée mi-décembre pour la fin de ce principe qui oblige les fournisseurs d’accès internet (FAI) à traiter tous les contenus en ligne de la même manière. Sans donner de détail, l’Internet Association a laissé entendre qu’elle interviendrait dans les recours que plusieurs procureurs devraient lancer prochainement, notamment dans les Etats de Washington et de New York. Michael Beckerman, président de l’organisation dont Amazon est également membre, a estimé que la décision de la FCC « va à l’encontre de la volonté d’une majorité bipartisane d’Américains et ne parvient pas à préserver un internet libre et ouvert ».

« Avec les groupes qui sont nos adhérents, (l’association) continuera à faire pression pour rétablir par voie législative des protections fortes et applicables pour la neutralité du net », a-t-il ajouté. Les partisans de la « neutralité » craignent que les FAI soient tentés de faire payer plus cher pour un débit plus rapide ou bloquent certains services leur faisant concurrence, comme la vidéo à la demande, la téléphonie par internet ou les moteurs de recherche.

Le débat sur le sujet, très vif, dure depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis.

Internet : plusieurs vitesses inévitables avec la 5 G ?

Internet : plusieurs vitesses inévitables avec la 5 G ?

 

D’après Nathalie Chiche, présidente de Data Expert, la 5G sera le premier réseau mobile non-neutre.

 

« La neutralité d’internet est un des principes fondateurs de l’Internet car il repose sur son architecture originale. Dès le départ, Internet a été conçu pour être décentralisé, fiable, et ayant recours à un langage commun. Pour les non-spécialistes, Internet peut être représenté sous la forme d’une superposition de trois couches indépendantes, qui remplissent chacune une fonction différente. Cette distinction présente l’avantage de faciliter la compréhension des enjeux de la gouvernance d’internet qui révèlent d’une pluralité des acteurs et des problématiques dont celle de la neutralité.

  • la première couche est celle des infrastructures physiques (câbles sous-marins, fibre optique, …) qui permet le transport de l’information ;
  • la deuxième couche, la couche « logique », comprend les normes, langages communs, indispensable à une « interopérabilité » qui fait la cohérence et l’unicité du réseau ;
  • la troisième couche correspond aux contenus numériques produits et échangés sur internet.

En lui-même, l’internet est neutre

L’étanchéité entre ces différentes couches a pour effet de séparer les fonctions de transport et de traitement des informations (contenus). De fait, chaque entité connectée est placée sur un pied d’égalité. Car en lui-même, l’internet est neutre : il se contente de transporter les informations et les applications sans les modifier! Cette neutralité est essentielle car elle explique la solidité et le succès d’internet! Mais également la difficulté de la gouvernance de l’internet ou chaque intervenant doit théoriquement peser du même poids!

Le mobile comme nouvelle norme

Depuis 2016, c’est l’internet mobile qui est devenu la norme dans le monde. L’essor de la future la 5G ouvre un nouveau champ à l’expansion des usages de l’internet ce qui déclenche une discorde entre intervenants sur le réseau.

  • D’un côté, les opérateurs télécoms et fournisseurs d’accès à l’internet – les FAI- qui acheminent des données toujours plus volumineuses avec les innovations (IoT, IA, …) ; ils mettent l’accent sur la saturation de leurs infrastructures existantes, qui les obligent à prévoir une extension des infrastructures qui nécessitent de très lourds investissements comme la 5G.
  • De l’autre, les fournisseurs de contenus et d’applications, qui invoquent la nécessité de préserver la neutralité du net au nom des grands principes (rejoints par les associations de défense d’un internet « libre ») ; leur démarche est de conserver leurs positions financières et commerciales.

Ce débat n’est évidemment pas nouveau (Litige entre Free et Google) et pose à nouveau la question « qui paie quoi? » pour chaque intervenant :

  • Est-ce aux opérateurs (comme Orange) d’assumer l’intégralité des coûts d’acheminement du trafic vers les fournisseurs de services?
  • Est-ce aux fournisseurs de contenus, les fameux « GAFA», qui sont de très gros consommateurs de bande passante, de mettre la main au portefeuille?
  • Est-ce aux internautes d’en supporter pour partie le coût au travers d’une large gamme d’abonnements possibles et suivre l’exemple présent des FAI américains?

La question vient d’être tranchée par Stéphane Richard [PDG d'Orange], à la tête du plus important opérateur fixe et mobile de France qui admet que « la fin de la neutralité de l’internet est une obligation » et évoque dans un futur proche un internet à plusieurs vitesses…

Même si le principe de neutralité est inscrit dans la loi Lemaire du 7 octobre 2016, force est de constater que le réseau 5G disponible en 2022 pourra s’adapter en fonction des besoins de chaque application; la 5G sera par nature le premier réseau mobile non-neutre.

Ainsi, si nous voulons que notre fleuron Orange soit LE champion européen de la 5G (qui est en cours de standardisation), il faudra sans doute se résoudre à accepter que ce nouveau réseau mobile 5G sera difficilement compatible avec notre réglementation française et européenne… »

 

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