Archive pour le Tag 'internet'

Impossible d’arrêter le pistage des données personnelles sur Internet

Impossible d’arrêter le pistage des données personnelles sur Internet


L’UFC-Que choisir, association de défense des consommateurs, a réalisé une expérience pour savoir où atterrissent les données des internautes. Pour cela, ils ont visité dix des cinquante sites les plus fréquentés en France. En consultant ces pages, l’association s’est rendu compte que leurs données personnelles ont été récoltées puis transmises à 4.332 reprises.
(info BFM)

Dans son étude, l’UFC-Que choisir pointe surtout les grandes difficultés pour qu’un consommateur voit ses données collectées supprimées. Notamment parce que, dans la majorité des cas, le visiteur d’un site internet ne sait pas où atterrissent ses informations personnelles.

Ainsi, l’association a tenté de faire supprimer les données récoltées lors de ses visites sur internet. Une démarche quasi-impossible à en croire l’étude d’UFC-Que choisir. D’abord parce qu’aucun contact n’a été trouvé pour une centaine d’entreprises. Ensuite, sur les 923 adresses mails trouvées, 83 ne fonctionnaient pas et 374 demandes de suppression des données sont restées lettres mortes au bout du délai de 30 jours fixés par le RGPD.

L’UFC-Que choisir n’a reçu que 465 réponses des entités ayant récolté des données depuis leur navigation web. Près de la moitié disaient ne pas avoir l’adresse mail de l’expéditeur dans leur base de données. 189 demandaient un complément d’informations pour identifier la personne à extraire de sa base. Enfin, 49 entités se sont contentées d’un mail générique renvoyant vers la politique de protection des données de l’entreprise.

A l’issue de l’expérimentation, sur les 1.040 entreprises ayant collectées des informations, seules 79 – soit 7% – proposaient « une démarche relativement simple et convaincante » pour supprimer ces données. Dans la majorité des cas (39%), la démarche a été jugée « excessivement compliqué ». Mais l’association a démontré que plus d’un tiers des entités (35%) récoltant nos données en ligne ne donnent tout simplement aucune réponse aux demandes de suppression d’informations personnelles.

Internet à très haut débit par satellite : une offre d’Orange à 50 euros

Internet à très haut débit par satellite : une offre d’Orange à 50 euros

Nombre d’internautes ne possèdent pas encore la fibre et certains ne l’auront jamais compte tenu des zones blanches. Du coup Orange propose une offre alternative par satellite avec un abonnement à 50 € par mois. Cet abonnement permet d’accéder au très haut débit, soit une connexion supérieure à 30 Mbit/s.

Son prix, de 49,99 euros par mois, équivaut globalement à celui d’un abonnement à la fibre haut de gamme chez l’opérateur.

Les clients devront toutefois se doter d’un « kit satellite » à 299 euros (ou 8 euros par mois en location). En outre, sa pose par Nordnet sera facturée 299 euros, avec une garantie d’un an. Orange rappelle que les foyers qui ne disposent pas d’un bon débit via les réseaux filaires (ADSL ou fibre) peuvent bénéficier d’une subvention, laquelle s’élève à 300 euros.

Internet et mobile: La France des villes et la France des champs

Internet et mobile: La France des villes et la France des champs


Paradoxalement, les habitants les plus éloignés sont les moins favorisés en matière de transport aussi bien de personnes, de fret ou d’information.

La logique voudrait cependant le contraire, c’est-à-dire qu’on privilégie ceux qui ont plus de chemin à faire. En effet par définition le transport vise à contracter l’espace. Au contraire, actuellement cet espace se disloque encore davantage. En particulier en matière de télécoms. Ce que prouvent une récente étude de l’Arcep qui constate des progrès quantitatifs et qualitatifs pour les télécoms dans les villes alors que les zones éloignées sont défavorisées. Un handicap aussi pour la réindustrialisation loin des métropoles.

Ainsi, chez Orange, dont le réseau mobile est le plus performant, le taux de mesures de débits supérieurs à 3 Mbit/s – soit le seuil pour bien naviguer sur Internet – atteint 97% dans les grandes villes. Mais dans les zones rurales, il tombe à 83%.

Le fossé se creuse pour les besoins plus « datavores ». Toujours chez Orange, le taux de mesures de débits supérieurs à 8 Mbit/s – adapté « aux usages les plus courants, tels que le visionnage vidéo », précise l’Arcep – s’élève à 96% dans les grands centres urbains. Dans les villages ruraux, il tombe à 74%. Enfin, disposer d’une vitesse supérieure, d’au moins 30 Mbit/s pour les usages les plus gourmands en bande passante, constitue un luxe dans les campagnes. Chez Orange, le taux de mesures associé à ce seuil est de 53% (soit environ 10 points de plus que pour les autres opérateurs). Dans les grandes villes, en revanche, il caracole à 91%…

En résumé, les réseaux mobiles sont à l’évidence beaucoup plus performants dans les agglomérations que dans les villages. La situation ne date pas d’aujourd’hui. Mais elle s’aggrave, mécaniquement, avec le déploiement de la 5G. Les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free déploient en priorité cette technologie dans les villes, où la densité de population – et donc de clients – est plus importante.

Il existe m^me des « zones blanches » ou des « zones grises », où ces technologies ne passent pas, ou très mal. Le gouvernement s’est saisi de ce problème via le « New Deal », un accord signé avec les opérateurs en 2018. L’Etat a concrètement renoncé à plusieurs milliards d’euros de recettes budgétaires en échange d’une accélération de la couverture 3G et 4G dans les zones blanches. a procéder à un « point d’étape » de ce programme, qui sera dévoilé prochainement, afin de vérifier son efficacité.

Internet: entre réalité et virtualité

Internet: entre réalité et virtualité


Si, aujourd’hui, nous sommes habitués à surfer sur Internet, partie émergée d’un énorme iceberg de données interconnectées, les évolutions technologiques récentes devraient bientôt nous permettre de nous immerger dans cet océan bouillonnant de big data. L’immersion vise à procurer à l’utilisateur un sentiment de présence en utilisant des technologies de captation et restitution sensorielle : l’utilisateur se sent transporté dans l’environnement digital créé par des technologies numériques, à tel point qu’il ressent ces objets numériques virtuels comme faisant partie de sa réalité. De leur côté, les systèmes numériques détectent et interprètent de mieux en mieux les comportements et les émotions de leurs interlocuteurs, à tel point que l’humain a l’impression que ce système est conscient de sa présence et interagit volontairement.

par Ahmed Azough
Professeur de Réalité Virtuelle et Vision par Ordinateur, Pôle Léonard de Vinci dans the Conversation

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Les films Matrix et plus récemment Ready Player One reflètent bien cette idée : s’interposer entre les récepteurs sensoriels de l’homme et la réalité afin de créer un monde nouveau, que l’on appelle parfois le « métaverse ». Ce concept est déjà utilisé depuis de plusieurs années pour les simulateurs d’aviation ou de conduite, ou pour des parcs de loisirs (L’Extraordinaire Voyage au Futuroscope par exemple).

Le web immersif fait suite à trois générations du web : du web 1.0 statique qui ressemble à une « vitrine » d’affichage, au web 2.0 participatif qui intègre les utilisateurs dans la création du contenu, et au web 3.0 dit « sémantique », qui introduit de l’ingénierie de connaissance pour structurer les données.

Cette quatrième génération, le « web 4.0 » ou « web immersif », doit être très accessible grâce aux réseaux haut débit 5G et à l’internet des objets (IoT). Le couplage du web et de la 5G nous fait entrer depuis le début des années 2020 dans l’ère d’un web « ambiant », pervasif et ubiquitaire, où de nombreux objets sont connectés et communiquent de manière autonome.

Les gants à retour haptique captent les sensation tactiles et en fournissent à l’utilisateur. Ils permettent notamment de se former à la manipulation d’équipement dangereux. XR expo, Unplash, CC BY
Les technologies immersives de réalité virtuelle, augmentée ou mixte sont considérées par plusieurs acteurs comme la quatrième révolution du numérique (après les ordinateurs personnels, les ordinateurs portables et les smartphones). Elles devraient permettre une importante métamorphose de la pratique du Web, dont les fonctionnalités risquent d’évoluer plus ou moins rapidement selon le niveau d’adoption de la technologie, du dispositif utilisé, mais aussi selon l’évolution des réglementations relatives à la protection des données.

À quoi ressemblera Internet avec le web immersif ?

Les agents conversationnels virtuels (comme ChatGPT) répondent de manière naturelle et précise aux requêtes des utilisateurs. Dans le cadre d’un moteur de recherche, les requêtes n’ont plus besoin d’être constituées de mots clés, mais deviennent des discussions naturelles.

Ce type de conversations plus naturelles pour les humains pourrait avoir d’autres applications : un prototype de thérapies de groupe dans le milieu scolaire a par exemple été testé par 134 étudiants à l’université National Tsing Hua University à Taiwan en 2021. Des systèmes similaires sont testés pour des entretiens d’embauche ou des assistants industriels.

À lire aussi : Réalité virtuelle et santé mentale : exit le divan, place au casque ?

Les réponses des moteurs de recherche pourraient être des objets 3D virtuels transférés à l’utilisateur, ou des visites d’environnements virtuels. Les technologies immersives sont même considérées comme une technologie de rupture qui révolutionne la gestion et le marketing du tourisme.

Par ailleurs, les réseaux sociaux, les chats et les forums sont en train d’être transformés en métavers (second life, Meta Horizon worlds). Les visioconférence peuvent évoluer en « holoportation » : un système développé en 2016 par Microsoft, qui permet de la reconstructions 3D de haute qualité et en temps réel d’un espace entier, y compris les personnes, les meubles et les objets qu’il contient, à l’aide d’un ensemble de nouvelles caméras de profondeur. Cette technologie a également été testée dans le domaine de l’éducation à travers quelques prototypes, et a permis de mettre en l’évidence le rôle important de la présence (et de la télé-présence) dans l’enseignement supérieur.

À lire aussi : Sur quelles technologies les métavers reposent-ils ?

Des casques de réalité mixte autonomes plus légers et plus puissants pourraient permettre l’adoption de cette technologie à grande échelle, avec par exemple le casque Meta Quest 3 présenté par Mark Zuckerberg le 1 Juin 2023.

Côté santé, la chirurgie a connu de nombreuses avancées technologiques, depuis la première télé-chirurgie en 2001. Les chirurgiens peuvent de travailler à distance avec un écran tridimensionnel, via des jumelles haute définition – mais la latence moyenne, autour de 700 millisecondes, privilégie les usages d’entraînement et de planification. La première opération chirurgicale collaborative de l’épaule au monde à l’aide de la réalité mixte a été réalisée en 2017 à l’hopital Avicenne AP-HP en France. Le retour haptique permet la transmission des informations tactiles aux chirurgiens, ce qui permet de sentir la consistance du tissu et la tension dans les sutures.

Aujourd’hui, plusieurs prototypes de soins médicaux faisant appel à des dispositifs haptiques et de capteurs corporels connectés permettent aussi d’envisager le diagnostic et les soins à distance. Récemment, la NASA a même envoyé virtuellement des médecins sur l’ISS pour aider les astronautes à rester en forme.

une femme medecin avec des lunette de réalité virtuelle
Jusqu’à quel point la médecine de ville peut-elle être réalisée à distance ? Bermix Studio, Shutterstock
L’e-commerce pourrait aussi bénéficier des technologies immersives : des caméras 3D et des capteurs connectés permettraient de transmettre les mensurations exactes des clients et d’essayer (virtuellement) leurs choix dans des chambres d’essayage virtuelles sans se déplacer.

On envisage également que la navigation GPS devienne la navigation « VPS » (pour Visual positioning system) : avec des lunettes de navigation basée sur la réalité augmentée, ainsi que des retours sonores et haptiques, elle deviendrait plus intuitive. Un tel prototype ciblant les personnes âgées a été développé en 2018 à Telecom ParisTech en France.

Enfin, et bien qu’elle soit à ses balbutiements, la recherche dans le domaine de la « saveur augmentée » vise à développer des dispositifs olfactifs pour sentir des parfums ou goûter des plats à distance.

Que peut-on virtualiser ?

Tous les sens font l’objet de récents progrès scientifiques et technologiques : la vision, le toucher, l’ouïe, l’odorat, le goût, mais aussi les sens du mouvement, de l’équilibre, de la chaleur par exemple. Dans ce sens, une interface olfactive souple, miniaturisée et sans fil a été ainsi développée pour la réalité virtuelle à l’université de Hong Kong en 2023.

Dans la modalité visuelle, les dispositifs varient en niveau d’immersion : des écrans de smartphone peu immersifs, à des dispositifs semi-immersifs comme les écran incurvés et casques de réalités mixtes, jusqu’aux dispositifs immersifs comme les casques VR (virtual reality). Plus ces casques deviennent économiquement abordables, légers et autonomes, plus l’adoption de cette technologie augmente. La communauté anticipe que le casque de réalité mixte nouvelle génération Apple Vision Pro annoncé le 5 juin 2023 lors de l’Apple Worldwide Developers Conference constitue un pas majeur vers l’adoption de la technologie immersive par le grand public, comme l’a constitué l’iPhone 2G en 2007 pour l’adoption des smartphones.

La modalité sonore accompagne souvent ses dispositifs d’immersion visuels à travers le son spatialisé 3D (le son stéréo traditionnel est diffusé en deux canaux seulement, gauche et droite). Le son spatialisé ajoute une dimension supplémentaire en introduisant des informations de localisation sonore verticales, horizontales et en profondeur. Cette technologie est aujourd’hui bien maîtrisée et largement utilisée dans le domaine des jeux vidéo.

Pour le toucher, il existe des dispositifs dits « intrusifs » (car encombrants) comme les gants haptiques et les combinaisons corporelles ; et d’autres dispositifs moins invasifs ultra-minces ainsi que des peaux artificielles connectées sont en développement.

D’autres dispositifs plus ludiques comme les bouches artificielles connectées ou des sex-toys connectés laissent présager du développement à venir de l’industrie « adulte » sur l’internet de demain.

Les risques du web immersif

Aujourd’hui, les technologies immersives posent déjà des défis éthiques importants, avec des risques potentiels pour la santé mentale, notamment le trouble de dépersonnalisation/déréalisation. Elles sont aussi sujettes à de sérieuses préoccupations liées à la négligence personnelle du corps (réel) des utilisateurs, et des environnements physiques réels. Elles peuvent également être utilisées pour enregistrer des données personnelles qui pourraient être déployées de manière à menacer la vie privée et à présenter un danger lié à la manipulation des croyances, des émotions et des comportements des utilisateurs.

Ces défis se trouveront accentués avec le web immersif. Même si des initiatives existent pour encadrer éthiquement l’usage de la réalité virtuelle, l’aspect addictif du web et l’aspect intrusif de l’IoT posent de nouveaux défis et exigent plus d’effort pour la protection des usagers.

L’insécurité, l’intrusion à la vie privée, l’isolement social, les crimes pornographiques, les délits virtuels, les maux de têtes, les blessures physiques ou l’addiction, tous ces dangers se verront accentués et devront attirer l’attention à la fois des designers et des représentants des usagers pour une utilisation plus sûre et plus éthique.

Démocratie: le vote par internet ?

démocratie: le vote par internet ?

Le vote en ligne est souvent évoqué depuis quelques années, notamment pour lutter contre l’abstention de plus en plus forte. La crise sanitaire et la montée de l’abstention ont poussé des personnalités politiques à se prononcer en sa faveur. Tour d’horizon d’un véritable enjeu démocratique. Par Jérôme de Forsan de Gabriac, consultant sénior Sopra Steria Next ; Margot Maufroy, étudiante en master Cybersecurity and Defense Management EM Lyon et Boris Laurent, manager Défense & Sécurité Sopra Steria Next.( dans la Tribune)

En France, il existe plusieurs moyens de voter : dans un bureau de vote, en ligne sur internet et par procuration (1). Aujourd’hui, les alternatives au déplacement dans le bureau de vote sont utilisées dans des cas très spécifiques. Le vote par internet, lors des élections consulaires et législatives pour les Français de l’étranger, en est un (2).

Le second tour des élections législatives s’est tenu les 15 et 16 avril 2023 dans les 2e, 8e et 9e circonscriptions des Français établis hors de France. L’analyse des résultats disponibles sur le portail internet France Diplomatie montre une forte adoption du vote par internet.

Un phénomène qui vient d’ailleurs confirmer une tendance. En effet, lors des élections législatives de juin 2022, sur la totalité des 11 circonscriptions représentant près d’un million et demi d’inscrits, le taux de vote par internet avait atteint un pic de 75%. Probablement « boosté » par la période covid, le vote par internet semble néanmoins être une méthode de plus en plus populaire pour exprimer son choix électoral. Pratique, confortable (3), il permet aux électeurs de voter de n’importe quel endroit, à tout moment, même de manière anticipée, et sans avoir à se déplacer dans un bureau de vote. Notons que pour l’heure, les différentes expérimentations n’ont pas démontré que le vote en ligne fait augmenter le taux de participation, mais cela pourrait évoluer dans le temps.
Cependant, le vote en ligne soulève de nombreuses questions et inquiétudes comme la transparence du système, les erreurs et les pannes ou encore le piratage et les cyberattaques.

Actuellement, la transparence des systèmes de vote électronique concerne notamment l’accès public à des informations clés, des documents (code source, rapports, etc.) et l’observation de tests.Mais d’une manière plus générale, le vote électronique impose un paradoxe entre d’une part l’anonymat, et d’autre part la transparence. Le fait que le bulletin de vote tombe dans une urne transparente n’est pas dû au hasard. Dès lors, comment vérifier que le vote par internet est un système totalement clair et sûr ?

D’autre part, le « secret du vote », c’est-à-dire la confidentialité et l’anonymat dans l’urne qui empêchent le risque de votes sous la contrainte, ne peut pas être vérifié avec le vote en ligne. Le respect de la vie privée est aussi un enjeu capital car seul l’électeur doit savoir pour qui il a voté.

Enfin, le vote par internet est par nature plus sensible aux erreurs ou pannes potentiellement de grande ampleur, voire de cyberattaques et de piratage (4). À ce titre, lors des élections législatives de juin 2022, le Conseil constitutionnel a annulé les opérations électorales dans deux circonscriptions des Français établis hors de France en raison de disfonctionnements techniques (5).

Pour ces raisons, le maintien du bureau de vote est indispensable
Le système de vote ne doit pas être une entrave à l’expression des convictions politiques des personnes âgées, en situation de handicap, en difficulté avec le numérique ou ne disposant pas d’un terminal moderne. On notera à cet égard que l’assistance des votants par des aidants n’est pas compatible avec le principe de confidentialité.

D’une manière plus large, selon une étude INSEE publiée en 2022, les contraintes liées à la dématérialisation ont dissuadéles personnes les plus vulnérables de mener à bien des procédures sur internet. Ainsi, 32% des majeurs ont renoncé au moins une fois à une démarche en ligne pendant les 12 derniers mois. Parmi eux, les trois quarts l’ont effectuée par d’autres moyens (par téléphone, sur place, etc.) ; les autres (8% de la population totale) y ont renoncé définitivement.Dans ces conditions, le maintien des bureaux de vote parait donc indispensable ; le bureau de vote n’est pas une variable d’ajustement servant à financer le dispositif de vote par internet ; s’y déplacer est par ailleurs un rituel républicain fort.

Dans le monde et en Europe, le vote en ligne connait des situations variables. L’État de la Nouvelle-Galles du Sud en Australie l’autorise notamment pour les élections législatives. Au Canada, un grand nombre de villes des provinces de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon utilisent le vote par internet pour les élections municipales. De son côté, le Québec va lancer un projet pilote pour permettre aux électeurs de voter en ligne lors des élections municipales de 2025.

En Europe, La Norvège a suspendu l’utilisation du vote par internet et l’Allemagne l’a déclaré inconstitutionnel. En Belgique, un rapport a souligné la complexité technique du vote en ligne mais Bruxelles espère le rendre opérationnel à l’horizon 2034.En Suisse, après l’arrêt du vote en ligne en 2019, le Conseil fédéral a accordé aux cantons de Bâle-Ville, de Saint-Gall et de Thurgovie, l’autorisation de voter en ligne pour la votation fédérale du 18 juin 2023.

Mais c’est sans conteste l’Estonie qui est devenue la « championne » du eVoting. En effet, ce pays propose, en complément du scrutin physique, le vote par internet pour toutes ses élections. La part des votes en ligne est ainsi passée de 5,5% des participants aux législatives de 2007, à 43,8% en 2019. C’est également le seul État membre de l’Union à avoir utilisé ce type de vote lors des dernières élections européennes (2019), avec un record de 46,7% de votants en ligne. L’État estonien est en outre très transparent dans la mesure où il rend public le code source de son système. Comment expliquer un tel succès ?

« L’identité électronique estonienne est disponible depuis 2002, mais n’a pas décollé immédiatement. Au départ, il n’y avait pas beaucoup de services électroniques que vous pouviez utiliser avec cette carte d’identité. D’un autre côté, les fournisseurs de service n’étaient pas intéressés par le développement d’accès électroniques car peu de personnes disposaient d’une telle carte. C’était en quelque sorte le problème de l’œuf ou de la poule. Mais en 2005, le vote électronique s’est révélé être une application à grand succès et beaucoup de gens ont demandé leur carte d’identité numérique pour pouvoir voter électroniquement », explique Jan Willemson, senior researcher chez Cybernetica (société qui a développé le système de vote électronique en Finlande), interrogé par Jérôme de Forsan de Gabriac.

Au début des années 2000, l’Estonie a lancé une carte d’identité numérique servant à la fois pour l’identité civile et pour l’authentification, notamment pour le vote en ligne. Les Estoniens utilisent cette carte pour accéder à un grand nombre de services numériques gouvernementaux et privés (impôts, dossier médical, résultats scolaires des enfants, prêt de livres à la bibliothèque, etc.). Dans ce contexte, c’est bien l’identité numérique qui est incontestablement le facteur clé du succès estonien.

Il est important de rappeler que les élections sont l’un des fondements de la démocratie et qu’elles doivent être protégées contre toute forme de fraude ou de manipulation. Aussi, une identité numérique régalienne, s’appuyant sur la délivrance en mairie d’un titre hautement sécurisé, et s’inscrivant dans un schéma européen favorisant une adoption via de nombreux usages, est de nature à apporter cette protection, alors que deux tiers des Français affirment être favorables au vote par internet.

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(1) La procuration fait son apparition en France en 1975, pour remplacer le vote par correspondance, alors interdit suite à des fraudes diffuses dans l’ensemble du territoire. Aujourd’hui, seuls les Français de l’étranger et les personnes incarcérées peuvent voter par correspondance.

(2) Les électeurs reçoivent leurs codes d’authentification par mail et par SMS. Le système utilisé est certifié par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

(3) Selon l’enquête post-électorale en ligne People 2022, ESPOL/CERAPS/LEM, septembre 2022, Version 1.0

(4) En 2017, les Français de l’étranger n’ont pas pu voter par internet lors des élections législatives de juin, en raison d’une menace élevée de cyberattaque.

(5) En Algérie (9e circonscription) et en Argentine (2e circonscription), le taux de délivrance des mots de passe aux électeurs inscrits ayant communiqué leurs coordonnées n’a été que de 38 %. Le Conseil constitutionnel a également annulé des élections dans la 8e circonscription (bassin Est de la Méditerranée). L’administration consulaire devait transmettre les adresses mail et les numéros de téléphone des citoyens inscrits sur les listes électorales consulaires. Mais suite à une erreur, c’est un autre fichier qui a été transmis.

Intox influenceurs Internet: 30 gros influenceurs épinglés pour fraude commerciale et fiscale

Intox influenceurs Internet: 30 gros influenceurs épinglés pour fraude commerciale et fiscale

Sur les 50 influenceurs contrôlés au cours du premier trimestre 2023, 30 étaient en situation d’infraction.

Sur France Info, Bruno Le Maire a dévoilé mercredi matin les résultats de la dernière campagne de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) à leur encontre.

Sur les 50 influenceurs contrôlés au cours du premier trimestre 2023, 30 étaient en situation d’infraction, passible de poursuite pour pratiques commerciales trompeuses. Le signe pour Bruno Le Maire d’un besoin urgent de régulation du secteur. Et ce pour empêcher qu’il ne devienne un «Far West» numérique. Le ministre de l’Économie compte même placarder publiquement les noms des influenceurs fautifs.

À la demande de Bercy, la DGCCRF a musclé les contrôles depuis décembre 2022, au point d’en avoir réalisé autant en un trimestre que pendant toute l’année dernière. Dans les 30 influenceurs en état d’infractions, «aucun n’était transparent quant au caractère commercial de sa démarche et l’identité de la personne pour le compte de laquelle il agissait», précise l’autorité de contrôle des fraudes dans un communiqué. En découlera le «prononcé de 18 injonctions de cesser des pratiques illicites, et à 16 procès-verbaux pénaux». Et le communiqué confirme que «Bruno Le Maire et la DGCCRF rendront publiques les mesures prises à l’encontre de certains influenceurs dans une optique de sensibilisation aux enjeux de loyauté».

Le 9 mai, une proposition de loi visant à lutter contre les arnaques et les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux sera votée au Sénat, après avoir été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée Nationale. Ce texte devrait donner «un cadre clair et plus sécurisant pour le consommateur», renforcer les pouvoirs de la DGCCRF pour faire cesser plus rapidement les comportements illicites, et réaffirmer «les obligations des plateformes numériques [...] concernant la lutte contre les contenus illicites et la modération des comptes d’influenceurs».

Intox Internet: 30 gros influenceurs épinglés pour fraude commerciale et fiscale

Intox Internet: 30 gros influenceurs épinglés pour fraude commerciale et fiscale

Sur les 50 influenceurs contrôlés au cours du premier trimestre 2023, 30 étaient en situation d’infraction.

Sur France Info, Bruno Le Maire a dévoilé mercredi matin les résultats de la dernière campagne de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) à leur encontre.

Sur les 50 influenceurs contrôlés au cours du premier trimestre 2023, 30 étaient en situation d’infraction, passible de poursuite pour pratiques commerciales trompeuses. Le signe pour Bruno Le Maire d’un besoin urgent de régulation du secteur. Et ce pour empêcher qu’il ne devienne un «Far West» numérique. Le ministre de l’Économie compte même placarder publiquement les noms des influenceurs fautifs.

À la demande de Bercy, la DGCCRF a musclé les contrôles depuis décembre 2022, au point d’en avoir réalisé autant en un trimestre que pendant toute l’année dernière. Dans les 30 influenceurs en état d’infractions, «aucun n’était transparent quant au caractère commercial de sa démarche et l’identité de la personne pour le compte de laquelle il agissait», précise l’autorité de contrôle des fraudes dans un communiqué. En découlera le «prononcé de 18 injonctions de cesser des pratiques illicites, et à 16 procès-verbaux pénaux». Et le communiqué confirme que «Bruno Le Maire et la DGCCRF rendront publiques les mesures prises à l’encontre de certains influenceurs dans une optique de sensibilisation aux enjeux de loyauté».

Le 9 mai, une proposition de loi visant à lutter contre les arnaques et les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux sera votée au Sénat, après avoir été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée Nationale. Ce texte devrait donner «un cadre clair et plus sécurisant pour le consommateur», renforcer les pouvoirs de la DGCCRF pour faire cesser plus rapidement les comportements illicites, et réaffirmer «les obligations des plateformes numériques [...] concernant la lutte contre les contenus illicites et la modération des comptes d’influenceurs».

Internet: 30 gros influenceurs épinglés pour fraude commerciale et fiscale

Internet: 30 gros influenceurs épinglés pour fraude commerciale et fiscale

Sur les 50 influenceurs contrôlés au cours du premier trimestre 2023, 30 étaient en situation d’infraction.

Sur France Info, Bruno Le Maire a dévoilé mercredi matin les résultats de la dernière campagne de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) à leur encontre.

Sur les 50 influenceurs contrôlés au cours du premier trimestre 2023, 30 étaient en situation d’infraction, passible de poursuite pour pratiques commerciales trompeuses. Le signe pour Bruno Le Maire d’un besoin urgent de régulation du secteur. Et ce pour empêcher qu’il ne devienne un «Far West» numérique. Le ministre de l’Économie compte même placarder publiquement les noms des influenceurs fautifs.

À la demande de Bercy, la DGCCRF a musclé les contrôles depuis décembre 2022, au point d’en avoir réalisé autant en un trimestre que pendant toute l’année dernière. Dans les 30 influenceurs en état d’infractions, «aucun n’était transparent quant au caractère commercial de sa démarche et l’identité de la personne pour le compte de laquelle il agissait», précise l’autorité de contrôle des fraudes dans un communiqué. En découlera le «prononcé de 18 injonctions de cesser des pratiques illicites, et à 16 procès-verbaux pénaux». Et le communiqué confirme que «Bruno Le Maire et la DGCCRF rendront publiques les mesures prises à l’encontre de certains influenceurs dans une optique de sensibilisation aux enjeux de loyauté».

Le 9 mai, une proposition de loi visant à lutter contre les arnaques et les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux sera votée au Sénat, après avoir été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée Nationale. Ce texte devrait donner «un cadre clair et plus sécurisant pour le consommateur», renforcer les pouvoirs de la DGCCRF pour faire cesser plus rapidement les comportements illicites, et réaffirmer «les obligations des plateformes numériques [...] concernant la lutte contre les contenus illicites et la modération des comptes d’influenceurs».

Consommation sur Internet : pourquoi la valse des prix ?

Consommation sur Internet : pourquoi la valse des prix ?

par Sarah Benmoyal Bouzaglo
Maitre de conférences, Université Paris Cité

Corina Paraschiv
Professeur des Universités en Sciences de Gestion, Université Paris Cité dans The Conversation


La stagnation des salaires, l’inflation record, la chute de la consommation des ménages viennent aujourd’hui considérablement redistribuer les cartes de notre société de consommation. Une stratégie utilisée par les sites de vente peut particulièrement renforcer ces phénomènes. On la nomme la tarification dynamique en ligne. Il s’agit d’une stratégie de variation incessante des prix à la hausse et à la baisse, à laquelle de plus en plus de sites ont recours pour des catégories différentes de produits ou de services.

À titre illustratif, cette méthode a été utilisée par le site Ticketmaster pour distribuer les billets des concerts de Bruce Springsteen dans le cadre de sa tournée 2023, avec des prix qui sont montés jusqu’à 5 000 dollars pour les places les plus prisées, menant les fans à s’insurger.

Nos travaux de recherche invitent particulièrement à envisager les conséquences que la tarification dynamique en ligne peut avoir sur les achats des consommateurs. Comment fonctionne-t-elle ? Quand leur profite-t-elle ou nuit-elle à leurs achats ? Quelles sont les options dont ils disposent pour la limiter ?

La tarification dynamique en ligne repose principalement sur le recours à des algorithmes d’intelligence artificielle utilisés pour orchestrer une fluctuation des prix pour un même produit ou service au cours du temps. Cette stratégie utilise, entre autres, des données relatives aux consommateurs (comme les fameux cookies collectés en ligne ou les informations volontairement données lors d’une inscription en ligne sur un site comme le nom ou l’âge) et les données du marché (comme les prix pratiqués par les concurrents). Cette méthode de fixation des prix permet, par exemple, à des sites de vente de réaliser une variation des prix en temps réel à l’instar d’Amazon, de Cdiscount ou de la Fnac.

L’automatisation algorithmique de la fixation du prix peut même devenir la base du modèle économique de certaines entreprises. Par exemple, pour l’application Uber, le prix est fixé instantanément selon l’offre et la demande, en s’appuyant, entre autres, sur la planification informatisée des courses demandées par les clients et du nombre de chauffeurs disponibles à ce moment-là pour une zone géographique donnée.

L’objectif premier d’une entreprise qui a recours à la tarification dynamique est de maximiser son profit. Ce dernier est encore plus optimisé lorsque cette méthode repose sur une personnalisation du prix pour chaque consommateur. Dans ce cas, l’algorithme utilisé mobilise, entre autres, son « consentement à payer » (correspondant au montant maximal qu’il est prêt à payer pour un produit), critère qui découle d’un calcul algorithmique prenant par exemple en compte son historique d’achats.

Le consommateur, gagnant ou perdant ?

Dans le cadre de la tarification dynamique en ligne, on peut légitimement se demander dans quelle mesure une variation continue des prix pour un produit identique mène le consommateur à se sentir gagnant ou perdant…

Deux formes extrêmes de tarification dynamique peuvent être identifiées. La première est une forme basique où le prix du produit ou du service proposé varie dans le temps de la même façon pour tous les consommateurs. La seconde forme est totalement personnalisée c’est-à-dire qu’un prix différent est appliqué à chaque consommateur en se basant sur l’estimation algorithmique de son « consentement à payer ». Dans ce second cas, les consommateurs se voient proposer au même moment des prix différents pour un article identique. L’évaluation du consentement à payer peut ne pas être le reflet de la réalité économique et sociale des individus. L’algorithme peut donc conduire à une surestimation de ce paramètre qui peut être perçue comme injuste par les individus et donc les mener à se sentir perdants.

De façon générale, quelle que soit l’approche utilisée pour la tarification dynamique en ligne, lorsqu’un prix est perçu comme élevé, le consommateur se voit comme perdant, à l’image des réactions des fans qui ne pouvaient s’offrir les places pour un des concerts de Bruce Springsteen. Tandis que lorsqu’il paie un prix qu’il perçoit comme bas, le consommateur en ressort gagnant.

Que peut faire le consommateur ?

Des outils traqueurs de prix se développent pour aider les consommateurs à retrouver l’historique des prix pratiqués par certaines plates-formes comme Amazon afin de décider si leur achat est à réaliser maintenant ou s’ils prennent le pari d’attendre. Il est également possible de trouver des sites qui aiguillent les consommateurs lors d’achat de produits particuliers quand la tarification dynamique en ligne devient fréquemment utilisée dans certains domaines comme pour les places de concert.

Les consommateurs peuvent aussi essayer autant que possible de limiter les données que les sites peuvent collecter en n’autorisant pas la collecte de cookies lorsqu’ils visitent un site. Ils peuvent aussi éviter de donner toutes les informations demandées lorsqu’ils saisissent un formulaire d’inscription. Il est également envisageable d’effectuer certains achats lorsque ce n’est pas la saison afin de s’assurer que la demande de produits est faible à l’instar de l’achat d’un parasol ou d’un barbecue en hiver.

Évidemment, la tarification dynamique soulève également la question de la responsabilité des entreprises. Ces dernières doivent s’interroger sur les limites des différents algorithmes auxquels elles peuvent avoir recours en intégrant les préoccupations des consommateurs. Par exemple, un enjeu pour les sites est de trouver comment minimiser les biais liés aux algorithmes qui peuvent engendrer des prix amenant à surévaluer le « consentement à payer » des individus. Pour chaque type de produit ou service, il s’agirait donc de s’interroger aussi sur les intervalles de variation de prix et les fréquences de changement du prix perçus comme acceptables par les potentiels acheteurs.

Par ailleurs, certains sites affichent officiellement le recours à cette stratégie à l’image d’Uber tandis que d’autres, tel qu’Amazon, décident de ne pas partager les secrets de fabrication de l’algorithme utilisé. À l’ère où les consommateurs appellent les entreprises à plus de transparence, les préoccupations éthiques des entreprises permettant aux individus de ne pas se sentir lésés en comprenant mieux les prix qui leur sont proposés lors de l’achat d’un produit peuvent finalement apparaître comme essentielles et s’avéraient être un atout stratégique.

Opérateurs télécoms ou plateformes: qui doit payer les infrastructures Internet ?

Opérateurs télécoms ou plateformes: qui doit payer les infrastructures Internet ?

par Pierre Bentata est maître de conférences à Aix Marseille Université (dans l’Opinion) qui estime aux producteurs de contenus de financer les dépenses des fournisseurs d’accès est aussi absurde que d’imposer aux fabricants d’électroménagers de payer EDF chaque fois qu’un ménagutilise un presse-agrume ou un grille-pain

Un point de vue intéressant mais qui se discute car la discussion autour du financement d’Internet est loin d’être close entre contribuable, internaute, opérateur télécom, plate-forme et autres fournisseurs de contenus NDLR

Les opérateurs télécoms français accélèrent leur campagne de lobbying visant à faire financer leurs investissements par les producteurs de contenus numériques– entendez les GAFAM. C’était déjà l’une de leurs 15 propositions pour le quinquennat 2022-2027. A présent, c’est devenu un projet détaillé qui précise les modalités de la contribution de chaque plateforme numérique.
A vrai dire, cette campagne n’est pas récente. Depuis une décennie, les telcos français expliquent que leurs coûts d’infrastructures sont trop élevés et qu’il est aussi nécessaire que légitime que les plateformes numériques mettent la main au pot.

D’un point de vue économique, la durée même de cette campagne pose question. Une industrie qui peut prévoir les défis auxquelles elle fera face dans dix ans se trouve dans une position confortable. Et si, durant ce laps de temps, rien n’a changé, c’est soit que les entreprises se sont montrées incapables de répondre aux besoins pourtant prévisibles, soit que les difficultés n’en sont pas. Passons.

Maintenance. Que proposent les opérateurs ? Observant que le trafic est largement orienté vers les grandes plateformes numériques et estimant que pour satisfaire leurs utilisateurs, ils sont contraints d’investir et d’assurer la maintenance des infrastructures, les fournisseurs d’accès considèrent qu’ils financent en réalité l’activité des producteurs de contenus en ligne. Et cela leur semble illégitime.

Si les consommateurs sont prêts à payer un service autoroutier, ce n’est pas pour la valeur de la route mais parce que celle-ci n’est qu’un moyen pour atteindre une destination qui, elle, a une valeur aux yeux des automobilistes

Est-ce vraiment le cas ? Evidemment que non, sauf à considérer qu’une entreprise fournissant un accès autoroutier devrait être payée par tous les magasins et entreprises que ses autoroutes desservent. Comme si la valeur des biens fournis par ces magasins et entreprises dépendait directement de l’accès. Alors qu’en réalité, c’est l’inverse ! Si les consommateurs sont prêts à payer un service autoroutier, ce n’est pas pour la valeur de la route mais parce que celle-ci n’est qu’un moyen pour atteindre une destination qui, elle, a une valeur aux yeux des automobilistes.
Demander aux producteurs de contenus de financer les dépenses des fournisseurs d’accès est aussi absurde que d’imposer aux fabricants d’électroménagers de payer EDF chaque fois qu’un ménage utilise un presse-agrume ou un grille-pain. Dans les deux cas, on confond les marchés et on oublie que le consommateur a déjà payé pour les deux services : le produit et l’accès au réseau.

D’ailleurs, si l’on considère, comme le font les fournisseurs d’accès internet, que les telcos et les GAFAM sont sur des marchés complémentaires, alors les telcos devraient reverser une partie de leurs profits aux GAFAM sans lesquelles personne n’accepterait de payer un abonnement internet.

Subventions. Mais il y a plus étrange encore dans la démarche des fournisseurs d’accès. Ces derniers prétendent ne pas avoir les moyens de financer leurs investissements. Pourtant, ils sont déjà payés, par leurs abonnés ! Sans compter les subventions massives dont ils ont bénéficié, notamment dans le cadre du programme Recovery and Resilience Facility – 150 milliards d’euros tout de même. Par conséquent, si ces fournisseurs ne sont pas en mesure de financer leurs infrastructures, ils peuvent, comme toute entreprise dans une telle situation, augmenter le prix de leurs abonnements.
Les utilisateurs doivent payer pour accéder aux contenus qu’ils désirent et les fournisseurs de ces contenus doivent payer pour trouver leurs utilisateurs. Position qui offre donc une « rente de situation » aux telcos, par laquelle plus la valeur créée par les producteurs de contenus augmente, plus les fournisseurs peuvent s’enrichir et menaçant de bloquer l’accès
Pourquoi ne le font-ils pas ? La raison est évidente.

Par peur que de nouveaux entrants leur fassent concurrence et prennent leurs parts de marché, révélant ainsi que les fournisseurs actuels sont inefficaces. Dans ces conditions, réclamer une participation des producteurs de contenus leur permet de maintenir des tarifs stables tout en se protégeant d’une éventuelle concurrence. Ils gagnent sur tous les tableaux. Cette stratégie, qui va à l’encontre de tout principe économique, n’est possible qu’en raison de la position particulière qu’occupent les fournisseurs d’accès.

En étant les gardiens de l’accès à Internet, ils bénéficient de ce qu’on appelle en économie « une position de bastion » : de l’endroit où ils se trouvent, ils sont en mesure de faire d’exercer un chantage sur tout l’écosystème. Les utilisateurs doivent payer pour accéder aux contenus qu’ils désirent et les fournisseurs de ces contenus doivent payer pour trouver leurs utilisateurs. Position qui offre donc une « rente de situation » aux telcos, par laquelle plus la valeur créée par les producteurs de contenus augmente, plus les fournisseurs peuvent s’enrichir et menaçant de bloquer l’accès.

Les méthodes des Gafam pour étouffer leurs rivaux

Cette « rente de situation » constitue un danger majeur pour la concurrence et la dynamique des marchés. Voilà pourquoi les économistes cherchent toujours des moyens de réguler les entreprises qui en bénéficient. Avec la récente introduction de la notion de « gatekeeper » dans les réglementations européennes, les autorités ont désormais un moyen de limiter ses comportements. Peut-être serait-il temps de l’utiliser contre les véritables gatekeepers d’internet, c’est-à-dire les fournisseurs d’accès.
Pierre Bentata est maître de conférences à Aix Marseille Université

Internet : Les défis du très haut débit

 Internet : Les défis du très haut débit 

 

Alors qu’une grande majorité des Français a désormais accès à la fibre pour se connecter à Internet, de nombreux défis demeurent pour tirer tous les avantages de ce nouveau réseau. Ceux-ci concernent sa sécurisation, le développement des usages, ou encore la lutte contre l’exclusion numérique.Par Jacques Marceau, le président d’Aromates et cofondateur des Assises du Très haut débit.(la Tribune)

On y est presque ! Encore un effort et dans moins de trois ans, la France aura atteint ses objectifs de couverture en très haut débit, et l’État tenu sa promesse. Et que n’a-t-on pas promis au nom de la transformation numérique de notre pays, de ses territoires, de son économie, de son éducation ou de sa santé ? Grâce au très haut débit partout et pour tous, nous allions pouvoir entrer dans le monde fantasmé de la société numérique.

Sans vouloir gâcher la fête, les interrogations n’ont pas attendu la fin des déploiements pour émerger et chacun a aujourd’hui compris que le monde numérique d’après pourrait être bien pire que le monde « pas numérique » d’avant. C’est pourquoi, et assez tôt, le politique a repris l’affaire en main pour tenter de réguler, sécuriser et assurer la souveraineté de la nation sur des infrastructures qui se sont imposées comme essentielles au fonctionnement de l’ensemble de ses activités, et dont dépendent désormais sa prospérité économique, son indépendance et, nous le savons maintenant, sa cohésion sociale. Cela fait beaucoup et dépasse de loin les critères de performance jusqu’à présent imposés aux réseaux et à leurs opérateurs dont l’unité de mesure de référence était le kbits/s.

Ainsi, les défis qui se font jour sont immenses si l’on ne veut pas avoir enfanté la pieuvre de la mythologie dont les tentacules nous étoufferont. Défi des usages, car, pendant que nous nous appliquions à construire ces infrastructures, d’autres, ni français, ni même européens, ont développé avec le succès que l’on connait des services qui fédèrent aujourd’hui des milliards d’utilisateurs. Défi de l’accès pour tous et de la lutte contre l’exclusion numérique sous toutes ses formes. Car être privé d’accès à l’internet, c’est pour le citoyen l’exclusion de la vie de la Cité et pour la nation, un pas de plus vers l’effondrement de la cohésion sociale.

Défi de la sécurisation et de la résilience de nos réseaux face aux évènements les plus divers et les plus inattendus, qu’ils soient environnementaux, sociaux ou géopolitiques. Et ce ne sont pas les alertes qui ont manqué ces derniers mois ! Défi enfin de la souveraineté car ce qui est devenu le système nerveux de notre société, non seulement ne peut souffrir le moindre défaut ni accepter la moindre faille, mais encore, doit rester à la main de la France et des Français.

Hypnotisés par la puissance transformatrice du numérique et sa promesse d’un monde meilleur, nous avons collectivement et naïvement cédé au chant des sirènes du capitalisme numérique et de la « startupisation » de notre économie en oubliant les conséquences anthropologiques et civilisationnelles de cette transformation.

Au-delà d’une prise de conscience dont les signes sont aujourd’hui patents, relever ces nouveaux défis requiert une volonté politique sans faille, un plan ambitieux et des moyens financiers au moins aussi importants que ceux qui auront été nécessaires au déploiement des infrastructures pour le très haut débit. A l’heure où notre société est fracturée et les sujets de consensus rares, voilà un vrai projet, rassembleur, stimulant et déterminant pour l’avenir de notre nation.

Cryptomonnaie : alerte aux arnaques sur Internet

 

Avec l’écroulement de la valeur des crytommonnaies ,  le montant des arnaques augmente mécaniquement.

Alors que le Bictoin avait été galvanisée en 2021 par les politiques de relance, notamment aux Etats-Unis, il fondait de près de 10% hier  à 24.692 dollars, une baisse de 65% par rapport à son plus haut historique en novembre 2021 et un plus bas depuis décembre 2020.

Les arnaques aux cryptos explosent, avec un préjudice moyen qui a doublé en quelques mois, de 20.000 à 40.000 euros d’après l’autorité des marchés. Autre sujet d’inquiétude, les faux livrets aux promesses alléchantes, avec un préjudice moyen déclaré de 72.000 euros.

Le profil type des victimes est difficile à déterminer tant il touche tout le monde, « des riches comme des pauvres », souligne Benoît de Juvigny, secrétaire général de l’AMF, généralement plus âgé que la moyenne des Français. Quant aux arnaqueurs, ils sont rarement identifiés car localisés dans des pays étrangers, parfois européens comme Chypre, le plus souvent hors d’Europe, comme les pays du Maghreb ou Israël. Les circuits sont complexes et jouent allégrement le saute-pays, ce qui rend les enquêtes difficiles et la coordination judiciaire compliquée.

 

C’est pourquoi le seul levier pour l’heure efficace reste la prévention, insistent les autorités. Cela passe par des campagnes radio et TV de prévention auprès du grand public et la promotion du site Assurance Banque Info Service (Abeis) qui alerte sur les faux sites (liste noire) et informe le public (190.000 appels en 2021 et plus de 1,4 million de visites). Ainsi, l’AMF et l’ACPR ont inscrit plus de 1.300 sites frauduleux sur liste noire en 2021, ce qui porte le total des sites bannis à près de 4.000 aujourd’hui.

Le bon sens est également un remède efficace : ne pas répondre à un appel non sollicité, bien regarder les mentions du site, ne jamais communiquer de données bancaires, se méfier des offres alléchantes, comme ses fameuses « soldes » sur des actions cotées, ce qui est en soi une aberration en Bourse. Autre phénomène inquiétant, les usurpations d’identité de professionnels reconnus ou de marques populaires, comme Amazon.

Le plus dangereux, et le moins visible (donc le moins détectable pour les superviseurs), se trouve indiscutablement sur les réseaux sociaux ou les messageries cryptées. Certains influenceurs y jouent également un rôle prépondérant pour attirer des jeunes vers les griffes des arnaqueurs.

Au-delà de l’arnaque, les régulateurs s’inquiètent même des messages véhiculés sur des réseaux comme Tik Tok auprès des très jeunes, sur la promesse d’un enrichissement futur aussi certain que rapide qui rend finalement les études inutiles… Trop beau pour être vrai est sans doute le meilleur réflexe à avoir face à ces illusions qui peuvent coûter très cher.

 

Démocratie : Internet contribue à la démocratie

Démocratie :  Internet contribue à la démocratie

Les deux sociologues,  Luc Boltanski et Arnaud Esquerre,  livrent, dans un entretien au « Monde », les conclusions de leur enquête sur les commentaires de l’actualité sur le Web, et en particulier ceux publiés sur LeMonde.fr.

Même si l’on peut à juste titre considérer Internet comme une sorte d’auberge espagnole en matière d’information et de débat, il n’en reste pas moins que le Web constitue aussi un support à la démocratie. La régulation, la normalisation et finalement la censure souhaitées par certains pourraient constituer une régression .( Cela n’interdisant pas de clarifier les responsabilités et l’éthique des parutions comme c’est le cas pour l’écrit papier .) NDLR

Le dernier ouvrage des sociologues Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, Qu’est-ce que l’actualité politique ? (Gallimard, 352 p., 22 €), s’intéresse à ce qui fait « événements et opinions au XXIe siècle ». Dans le cadre de ce travail, les deux chercheurs ont eu notamment accès aux 120 000 contributions déposées en septembre et octobre 2019 par des abonnés du Monde sur le site du journal, qu’elles aient été publiées ou rejetées – pour environ un sixième d’entre elles – pour non-conformité à la charte de l’espace des contributions.

Luc Boltanski, vous avez travaillé dans les années 1980 sur le courrier des lecteurs du « Monde ». Près de quatre décennies après, quelle comparaison pouvez-vous dresser ?

Luc Boltanski : A l’époque, j’essayais de développer la notion d’« affaire ». J’ai eu accès à un corpus d’environ 300 lettres adressées au courrier des lecteurs du Monde par des gens qui dénonçaient ce qu’ils considéraient comme une injustice et parlaient de leur « affaire ». Le corpus de 120 000 contributions sur lequel nous avons travaillé cette fois-ci est bien différent.

Arnaud Esquerre : La grande différence entre la lettre papier et le commentaire en ligne, c’est que plus de 80 % des commentaires en ligne sont publiés, ce qui n’était pas le cas des lettres. L’autre grande différence, et on ne s’y attendait pas, c’est que ces commentaires en ligne évoquent très rarement des causes personnelles et sont centrés sur l’actualité. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’y trouve pas des indices sur la vie privée des contributeurs, mais ces indices sont mis en avant dans le cadre d’une interprétation des faits contenus dans les articles qui est différente de celle donnée par le journaliste.

Qui sont ces contributeurs et contributrices ?

L.B. : Des gens plus tout jeunes, plutôt des hommes, issus des catégories moyennes et supérieures, et politiquement troublés, parce qu’ayant du mal à faire le lien entre leur ressenti, la position politique de leur journal et la position qui était la leur dans le passé et dont ils ne savent plus très bien où elle se situait. On constate chez certains une forme de « désolation », pour reprendre un terme que l’on retrouve chez Hannah Arendt : un décrochage entre ce en quoi l’on croit et le monde de l’action.

 

A.E. : Nous étions partis sur l’idée qu’il y aurait, à la marge, de la remise en cause des faits, du complotisme, et on n’a pas du tout trouvé cela. Les lecteurs et lectrices ne remettent pas en cause les faits présentés par les journalistes, mais en contestent les interprétations. Pour eux, Le Monde est une quasi-institution, un journal qui garantit la vérité des faits, et ils sont très attachés à cet aspect. Autre surprise, on s’attendait à trouver des insultes, des aspects diffamatoires, et c’est l’inverse qui est apparu : une écriture très soignée et le soin porté au choix des arguments.

Internet : Interdiction du trafic de faux avis

Internet : Interdiction du trafic de faux avis

 

  Le trafic de faux avis notamment sur Internet est devenu une sorte d’arme marketing. Des avis qui peuvent évidemment émaner directement de l’entreprise vendeuse, d’intermédiaire qui vendent ces faux avis ou tout simplement du tri qui élimine les vis-à-vis défavorables. Une directive européenne entre en vigueur samedi en France pour mieux réguler certaines pratiques commerciales. Adoptée en novembre 2019 par le Parlement européen et le Conseil européen, la directive dite «Omnibus» est officiellement mise en oeuvre samedi dans tous les États de l’Union européenne. «L’Europe prend la tête d’une réglementation accrue des places de marché et des sites e-commerce. De nombreuses entreprises américaines opérant en Europe devront suivre le mouvement», estime dans une note John Hornell, vice-président de Pasabi, une société qui propose des solutions d’authentification pour les commerces en ligne. En France, la directive a été transposée par une ordonnance en décembre 2021. Parmi les mesures prévues, la réglementation oblige les places de marché dans le commerce en ligne à vérifier que les avis publiés sous les produits proposés à la vente ont bien été émis par des personnes ayant acheté le produit en question. Elles devront aussi donner certaines informations supplémentaires au consommateur, comme l’existence d’un «lien capitalistique» entre le vendeur et la place de marché, ou demander le consentement du consommateur lorsque le droit de rétractation ne s’applique pas.     Par ailleurs, pour lutter contre les annonces de réduction de prix excessives, calculées à partir de prix de référence gonflés, les commerçants devront afficher le prix de référence à partir duquel la réduction est calculée.

Interdiction du trafic de faux avis sur internet

Interdiction du trafic de faux avis sur internet 

Le trafic de faux avis notamment sur Internet est devenu une sorte d’arme marketing. Des avis qui peuvent évidemment émaner directement de l’entreprise vendeuse, d’intermédiaire qui vendent ces faux avis ou tout simplement du tri qui élimine les vis-à-vis défavorables. Une directive européenne entre en vigueur samedi en France pour mieux réguler certaines pratiques commerciales. Adoptée en novembre 2019 par le Parlement européen et le Conseil européen, la directive dite «Omnibus» est officiellement mise en oeuvre samedi dans tous les États de l’Union européenne.

«L’Europe prend la tête d’une réglementation accrue des places de marché et des sites e-commerce. De nombreuses entreprises américaines opérant en Europe devront suivre le mouvement», estime dans une note John Hornell, vice-président de Pasabi, une société qui propose des solutions d’authentification pour les commerces en ligne.

En France, la directive a été transposée par une ordonnance en décembre 2021. Parmi les mesures prévues, la réglementation oblige les places de marché dans le commerce en ligne à vérifier que les avis publiés sous les produits proposés à la vente ont bien été émis par des personnes ayant acheté le produit en question.

Elles devront aussi donner certaines informations supplémentaires au consommateur, comme l’existence d’un «lien capitalistique» entre le vendeur et la place de marché, ou demander le consentement du consommateur lorsque le droit de rétractation ne s’applique pas.

 

 

Par ailleurs, pour lutter contre les annonces de réduction de prix excessives, calculées à partir de prix de référence gonflés, les commerçants devront afficher le prix de référence à partir duquel la réduction est calculée.

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