Archive pour le Tag 'international'

L’urgence d’un système de paiement international fiable

L’urgence  d’un système de paiement international  fiable 

 

L’économiste David Bounie appelle, dans une tribune au « Monde », à lutter contre la « fragmentation » du système monétaire international, miné par les conflits géopolitiques et les cryptomonnaies.

 

L’appel de Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), à moderniser le système de paiement transfrontalier en utilisant les plates-formes numériques, lors d’une conférence à Zurich le 10 mai, manifeste un début de prise de conscience des autorités financières.

Notre système monétaire, hérité de Bretton Woods, du nom de la conférence internationale qui, en 1944, a organisé le système monétaire mondial autour du dollar américain, est à bout de souffle. Et plus encore alors qu’il représente aujourd’hui un risque d’appauvrissement et de déstabilisation majeur pour nos économies.

La fragmentation de l’économie mondiale est en effet en marche, et elle est attisée par celle de nos systèmes de paiement. La numérisation des paiements et de la monnaie encourage en effet les initiatives publiques et privées, mais aussi l’utilisation de la monnaie, redoutable arme de guerre économique, dans les rapports de force internationaux.

La cryptomonnaie est un leurre

La guerre en Ukraine accélère ce processus de balkanisation monétaire. En interdisant l’accès de certaines banques russes au système international d’échanges financiers Swift, les Etats-Unis et leurs alliés ont contribué à cette prise en otage des systèmes de paiement à des fins politiques, alors que ceux-ci devraient tout au contraire être un bien collectif, non un outil d’exclusion.

Cette mainmise de la diplomatie encourage la construction de systèmes de paiement parallèles ou l’adoption de systèmes fermés et risqués, qui ont pour objectif de s’émanciper des sanctions politiques et du dollar américain. Après le Salvador et la République centrafricaine qui ont lancé le mouvement, de plus en plus nombreux sont les pays qui, coupés des systèmes de paiement traditionnels, pourraient recourir de plus en plus à des cryptomonnaies, même si l’instabilité de ces actifs est aujourd’hui avérée.

Ces pays d’Afrique et d’Amérique centrale notamment, qui ne disposent pas de systèmes de paiement efficients, se sont convertis aux cryptoactifs dans l’espoir qu’ils allaient faciliter leurs échanges, en particulier internationaux. Cette « démocratisation » brandie en étendard par ces Etats est un leurre, étant donné les risques de volatilité et de déstabilisation des économies que l’on observe aujourd’hui.

Les cryptomonnaies trouvent déjà leurs limites, alors que les économies les plus avancées du monde s’interrogent aujourd’hui sur la régulation de ces innovations monétaires et la meilleure façon d’organiser leur expansion. Les ministres des finances et les représentants des banques centrales du G7 ont une nouvelle fois appelé le 19 mai, à l’occasion de leur réunion en Allemagne, à la mise en place rapide d’une réglementation complète des cryptoactifs à la suite du krach de la cryptomonnaie UST.

Sport international : l’exclusion de la Russie en cours partout

Sport international : l’exclusion de la Russie en cours partout

 

Déjà fortement suspecté de dopages  systématiques, les sportifs russes pourraient bien être exclus pendant un bon moment des épreuves internationales en raison de l’invasion de l’Ukraine.

  • La Fédération internationale de football a annoncé la suspension des sélections nationales et des clubs russes « jusqu’à nouvel ordre ». Hôtes du dernier Mondial en 2018, les Russes sont donc exclus de l’édition 2022 au Qatar, pour laquelle ils devaient disputer des barrages. Le comité exécutif de l’UEFA se réunira prochainement pour décider de l’impact de l’exclusion de l’équipe russe sur l’Euro féminin prévu en juillet.
  • Le Comité international olympique a recommandé de bannir les Russes et les Biélorusses des compétitions sportives.
  • Ces derniers jours, la Fédération internationale de ski a annoncé l’annulation de toutes ses compétitions en Russie et la Fédération internationale de biathlon (IBU) avait banni hymnes et drapeaux de la Russie et de la Biélorussie. En réponse, les Russes ont mis un terme à la saison de leurs biathlètes.
  • Les fédérations suédoise et norvégienne de ski ont fait savoir que les sportifs russes n’étaient pas les bienvenus sur leurs territoires pour les épreuves de mars. Les autorités britanniques ont, elles, prévenu que « les sélections nationales » russes et biélorusses étaient persona non grata. Les basketteurs biélorusses en ont déjà fait les frais.
  • La Fédération internationale de hockey sur glace a décidé de suspendre toutes les équipes nationales russes et biélorusses, ainsi que tous les clubs de ces deux pays, de toute participation dans ses compétitions dans toutes les catégories d’âge « jusqu’à nouvel ordre ». La Russie, dont la présence aux Mondiaux en mai en Finlande est désormais menacée, s’est vue en outre privée des droits d’organisation du championnat du monde junior prévu en 2023.
  • World Rugby a de son côté suspendu « jusqu’à nouvel ordre » la Russie et la Biélorussie, ce qui entraîne la fin des minces espoirs russes de qualification à la Coupe du monde de rugby, qui se disputera l’année prochaine en France.
  • Le Grand Prix de Russie de Formule 1 prévu à Sotchi a été retiré du calendrier. L’écurie américaine Haas a de son côté remis en cause son partenariat avec son sponsor russe Uralkali. Et l’avenir en F1 de Nikita Mazepin, fils d’un dirigeant d’Uralkali, qui devait piloter une des deux monoplaces, semble remis en question.
  • Les escrimeurs ukrainiens, qui devaient affronter dimanche les Russes en Coupe du monde par équipes de fleuret au Caire, se sont retirés de la compétition. Vêtus en jaune et bleu, les membres de l’équipe masculine ont brandi des pancartes : « Arrêtez la Russie ! Arrêtez la guerre ! ».
  • Les quatre grandes fédérations de la boxe n’autoriseront plus de combats en Russie.
  • La Fédération internationale de natation a annulé les Mondiaux juniors de Kazan en août et prévenu qu’aucune compétition ne serait tenue en Russie.
  • La participation des trois clubs russes alignés en Euroligue de basket a été suspendue lundi et leurs résultats pourraient être annulés « si la situation n’évolue pas dans la bonne direction ».
  • Prévus du 26 août au 11 septembre, les mondiaux de volley-ball semblent menacés même si la fédération internationale n’a pas encore réagi. Polonais et Français, respectivement champions du monde et olympiques, ont prévenu qu’ils seraient forfait si la compétition était maintenue en Russie.

Sanctions Russie : pas de coupure pour l’instant du réseau interbancaire international Swift

Sanctions Russie : pas de coupure pour l’instant du réseau interbancaire international Swift

 

Plusieurs pays européens se sont pour l’instant opposé à la coupure du réseau interbancaire international Swift qui permet notamment le financement des échanges commerciaux. Cette arme très dissuasive est mise en réserve en attendant les réactions de Poutine suite aux sanctions de l’union européenne, de la Grande-Bretagne, et des États-Unis notamment.

De la même manière pour l’instant il n’est pas touché à la fortune de Poutine lui-même dont une partie est évidemment placée hors de Russie comme pour la plupart des dictateurs. Swift  coupé ,  porterait un coup très dur à l’économie russe, reste « une option » pour Joe Biden, qui a souligné qu’ »actuellement cela n’était pas (une) position » partagée par les Européens. Selon lui,  les autres sanctions financières annoncées jeudi par les Etats-Unis et leurs alliés avaient « autant d’impact voire plus d’impact » que cette option réclamée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Selon un diplomate européen cité par l’AFP, plusieurs Etats membres dont l’Italie, la Hongrie et Chypre s’y refusent dans l’immédiat, préférant garder cette mesure en réserve pour un futur train de sanctions.

Un accord international contre les pandémies ?

Un accord international contre les pandémies ?

L’union européenne propose un traité international pour aborder de manière efficace et égalitaire les pandémies. 

Des négociateurs internationaux se réuniront mercredi 9 février pour la premières fois afin d’entamer les discussions sur un éventuel traité Le but de ces négociations est de trouver un accord préliminaire d’ici le mois d’août.

. Bruxelles a toutefois eu du mal à obtenir tous les soutiens nécessaires à un nouveau traité auprès des Etats-Unis et d’autres grandes puissances, certains pays désirant que cet accord soit non contraignant. Un porte-parole de Charles Michel, le président du Conseil européen, qui a proposé en novembre 2020 un nouveau traité relatif aux pandémies, a déclaré qu’il n’avait pas de nouveau commentaire à faire sur la question.

Malgré l’absence de consensus sur la manière dont le virus a émergé, l’hypothèse la plus largement répandue concernant les origines de la Covid-19 est que le virus a infecté l’homme naturellement, probablement par le biais du commerce d’animaux sauvages. Ainsi, l’une des mesures que l’UE souhaite instaurer concerne la fermeture progressive des marchés où le commerce d’animaux sauvages est pratiqué, a indiqué le responsable européen.

La nécessité de prévoir des mesures incitant les pays à signaler les nouveaux virus, afin de faciliter leur détection et de limiter les dissimulations, est également jugée comme cruciale. Plusieurs pays d’Afrique australe ont vu leurs liaisons aériennes avec plusieurs pays à travers le monde suspendues après la découverte du variant Omicron, ce qui fait craindre que certaines nations ne signalent pas les nouvelles épidémies rapidement si les mesures incitatives ne sont pas assez attrayantes.

 

la Chine privée de sport international

la Chine privée de sport international

 

 

Deux raisons militent en faveur de la suppression de sport international d’abord l’affaire récente de la tenniswoman Oeng victime de la répression de l’appareil chinois. Ensuite évidemment les incertitudes relatives au développement Covid  via le variant omicron.

  »Nous répétons notre appel pour une enquête complète et transparente concernant l’affaire  Peng ». Indique la fédération de tennis international féminine

la deuxième incertitude concerne le développement potentiel du variant Omicron qui va compliquer l’organisation. Ce mardi 30 novembre, la Chine a affirmé que le variant Omicron allait rendre plus difficile l’organisation des Jeux olympiques d’hiver qui se déroule du 4 au 20 février 2022, à Pékin.

Impôt international: Avec l’ingénierie fiscale, l’évasion va continuer

Impôt international: Avec l’ingénierie fiscale, l’évasion va continuer 

 

La directive sur la transparence fiscale qui doit être adoptée le 11 novembre par le Parlement européen a été vidée de sa substance, dénoncent, dans une tribune au « Monde », les ONG rassemblées au sein de la plate-forme « Paradis fiscaux et judiciaires ».

 

Tribune. 

 

Les députés européens vont adopter une directive sur la transparence fiscale des grandes entreprises multinationales, dont le contenu a été tellement affaibli qu’elle ne permettra pas de répondre à son objectif : faire apparaître les montages d’évasion fiscale. C’est une immense déception pour nos organisations engagées pour la justice fiscale.

Plus encore, c’est une véritable occasion manquée pour lutter contre les pratiques d’évasion fiscale des grands groupes, qui privent les Etats de ressources cruciales pour lutter contre les inégalités et les dérèglements climatiques. La France a une forte responsabilité dans cet échec, en adoptant sans nuance les positions des lobbys du secteur privé.


La transparence fiscale des multinationales, grâce au « reporting pays par pays public », est pourtant une mesure simple et indispensable pour lutter contre l’évasion fiscale. En obligeant les grands groupes à publier des informations de base sur leurs activités et les impôts qu’elles payent dans chacun des pays où elles opèrent, comme le font déjà les banques, cette mesure doit permettre de vérifier que les impôts payés correspondent à des activités réelles et d’identifier les montages d’évasion fiscale.

Pas de changement pour les multinationales

Malheureusement, la directive en cours d’adoption prévoit que les entreprises devront uniquement déclarer leurs activités au sein des pays de l’Union européenne et des pays listés comme paradis fiscaux. Cette restriction géographique anéantit complètement la mesure : plus des trois quarts des pays du monde ne seront pas couverts. Cela alors qu’une seule filiale dans un paradis fiscal suffit pour faire de l’évasion fiscale, et que la liste européenne des paradis fiscaux est défaillante.

Les multinationales pourront donc continuer et adapter leurs montages en toute opacité pour échapper à l’impôt. Les citoyens et citoyennes, en particulier des pays en développement, qui sont davantage victimes de l’évasion fiscale des multinationales étrangères, n’auront toujours pas d’accès aux informations.

En outre, poursuivant le détricotage de cette directive, qui n’a de « reporting pays par pays public » que le nom, les négociateurs ont ajouté une faille qui permettra aux entreprises de ne pas divulguer des informations pendant cinq ans si elles les considèrent comme « commercialement sensibles ».

Les informations publiées dans le cadre du reporting public ne sont pas des informations sensibles : les très grandes entreprises, celles concernées par la directive, disposent déjà de ces informations sur leurs concurrents. Un tel recul, au nom de la compétitivité – argument ressassé et éculé par certaines entreprises multinationales, pourtant mises en cause dans les scandales d’évasion fiscale successifs, est inacceptable.

Déforestation : un accord international ?

Déforestation : un accord international ?

Dans le cadre de la COP 26, un accord international concernant 85 % de la forêt mondiale a été signé pour  lutter contre la déforestation

8,75 milliards de livres (environ 10,30 milliards d’euros) de fonds publics seront engagés dans ce projet. La France et 11 autres pays participeront. 5,3 milliards de livres d’investissements privés seront également mobilisés, et sur toute cette somme, un milliard sera consacré à la protection du bassin du Congo, qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde.

En théorie, moins de forêt signifie moins de carbone capturé dans l’atmosphère. Mais les émissions augmentent quand le bois est brûlé . Un récent rapport de l’Unesco indiquait récemment que depuis le début du millénaire, dix forêts emblématiques de la planète émettent plus de CO2 qu’elles n’en piègent. C’est par exemple le cas du parc national de Yosemite, aux États-Unis.

Le bassin de l’Amazone a subi une déforestation accrue au cours des quatre dernières années due au défrichage pour l’élevage de bétail et à la dégradation par les incendies« , rappellent les auteurs. Le bassin « est toujours un net puits de carbone mais est au bord de devenir une nette source si la perte de la forêt continue au rythme actuel« .

Les forêts d’Asie du sud-est sont un triste exemple de cette bascule. Au cours des vingt dernières années, elles sont collectivement passées d’un important puits de carbone à une nette source d’émissions en raison des coupes destinées à les remplacer par des plantations, les incendies incontrôlés et le drainage des tourbières.

Sur une période de 20 ans, ces étendues ont absorbé chaque année 1,1 milliard de tonnes de carbone tout en émettant 1,6 milliard. Soit un bilan négatif de 490 millions de tonnes de CO2 émises par an. Et ces forêts ne sont pas les seules à avoir vu leur quota d’émissions dépasser celui de stockage selon les cartes dévoilées par l’étude.

Politique–La corruption , principal sujet international (Alexeï Navalny )

Politique–La corruption ,   principal sujet international (Alexeï Navalny   )

 

Victime d’une tentative d’empoisonnement le 20 août 2020, et aujourd’hui emprisonné, l’opposant russe et militant anticorruption propose, dans une tribune au « Monde » également publiée par la « Frankfurter Allgemeine Zeitung » et « The Guardian » de  lutter contre la cupidité des dirigeants autocrates.(extrait

 

J’ai été empoisonné par une arme chimique il y a exactement un an et je ne suis pas mort. La corruption a, semble-t-il, joué un rôle non négligeable dans cette issue heureuse : elle a sapé de l’intérieur le système étatique, et donc aussi les services secrets. Une équipe du FSB [les services russes de sécurité intérieure] a mis un agent neurotoxique sur mes sous-vêtements de façon peu professionnelle. On m’avait pris en filature depuis trois ans et demi avec la même absence de professionnalisme, en violant toutes les instructions, ce qui a permis à des enquêteurs indépendants de démasquer tout le groupe. Quand les chefs sont occupés à offrir une protection mafieuse au monde des affaires et à extorquer des fonds, la qualité des opérations secrètes en souffre inéluctablement.

Un régime reposant sur la corruption exécute très bien, en revanche, des tâches plus simples. Les autocrates qui souhaitent dépouiller leur peuple prennent le contrôle, en premier lieu, du système judiciaire, et celui-ci travaille parfaitement sur le mode « un prêté pour un rendu ». C’est pourquoi, quand je suis rentré en Russie [en janvier] après avoir été soigné, j’ai été envoyé en prison dès ma sortie de l’avion. Il n’y a là pas grand-chose d’agréable, mais au moins ai-je le temps de lire les mémoires de dirigeants du monde entier.

Ceux-ci racontent comment ils ont entrepris de régler les principaux problèmes de l’humanité : les guerres, la pauvreté, les migrations, le changement climatique, les armes de destruction massive. Ces sujets sont considérés comme de « première importance ». Mais ces dirigeants ne mentionnent pas souvent la lutte contre la corruption. Rien d’étonnant : c’est une question « d’importance secondaire ».

En revanche – et c’est frappant –, ces leaders parlent presque toujours de corruption quand ils évoquent des échecs. Les leurs et (le plus souvent) ceux de leurs prédécesseurs : « Nous avons consacré des années, des centaines de milliards de dollars et des milliers de vies humaines à l’Irak, à l’Afghanistan, au Mali, où vous voulez, mais, à cause de ses pillages, le gouvernement corrompu de Nouri Al-Maliki, Hamid Karzaï, Ibrahim Boubacar Keïta, qui vous voulez, a vu le peuple se détourner de lui et a permis que des radicaux armés de slogans sur un pouvoir juste et honnête l’emportent. »

Et là, une question évidente se pose : puisque la corruption nous empêche de régler les problèmes « de première importance », le moment n’est-il pas venu de la mettre tout en haut de cette liste de problèmes ?

La corruption , principal sujet international (Alexeï Navalny )

 La corruption ,   principal sujet international (Alexeï Navalny   )

 

Victime d’une tentative d’empoisonnement le 20 août 2020, et aujourd’hui emprisonné, l’opposant russe et militant anticorruption propose, dans une tribune au « Monde » également publiée par la « Frankfurter Allgemeine Zeitung » et « The Guardian » de  lutter contre la cupidité des dirigeants autocrates.(extrait

 

J’ai été empoisonné par une arme chimique il y a exactement un an et je ne suis pas mort. La corruption a, semble-t-il, joué un rôle non négligeable dans cette issue heureuse : elle a sapé de l’intérieur le système étatique, et donc aussi les services secrets. Une équipe du FSB [les services russes de sécurité intérieure] a mis un agent neurotoxique sur mes sous-vêtements de façon peu professionnelle. On m’avait pris en filature depuis trois ans et demi avec la même absence de professionnalisme, en violant toutes les instructions, ce qui a permis à des enquêteurs indépendants de démasquer tout le groupe. Quand les chefs sont occupés à offrir une protection mafieuse au monde des affaires et à extorquer des fonds, la qualité des opérations secrètes en souffre inéluctablement.

Un régime reposant sur la corruption exécute très bien, en revanche, des tâches plus simples. Les autocrates qui souhaitent dépouiller leur peuple prennent le contrôle, en premier lieu, du système judiciaire, et celui-ci travaille parfaitement sur le mode « un prêté pour un rendu ». C’est pourquoi, quand je suis rentré en Russie [en janvier] après avoir été soigné, j’ai été envoyé en prison dès ma sortie de l’avion. Il n’y a là pas grand-chose d’agréable, mais au moins ai-je le temps de lire les mémoires de dirigeants du monde entier.

Ceux-ci racontent comment ils ont entrepris de régler les principaux problèmes de l’humanité : les guerres, la pauvreté, les migrations, le changement climatique, les armes de destruction massive. Ces sujets sont considérés comme de « première importance ». Mais ces dirigeants ne mentionnent pas souvent la lutte contre la corruption. Rien d’étonnant : c’est une question « d’importance secondaire ».

En revanche – et c’est frappant –, ces leaders parlent presque toujours de corruption quand ils évoquent des échecs. Les leurs et (le plus souvent) ceux de leurs prédécesseurs : « Nous avons consacré des années, des centaines de milliards de dollars et des milliers de vies humaines à l’Irak, à l’Afghanistan, au Mali, où vous voulez, mais, à cause de ses pillages, le gouvernement corrompu de Nouri Al-Maliki, Hamid Karzaï, Ibrahim Boubacar Keïta, qui vous voulez, a vu le peuple se détourner de lui et a permis que des radicaux armés de slogans sur un pouvoir juste et honnête l’emportent. »

Et là, une question évidente se pose : puisque la corruption nous empêche de régler les problèmes « de première importance », le moment n’est-il pas venu de la mettre tout en haut de cette liste de problèmes ?

Facebook : bientôt un service d’échange monétaire international

Facebook : bientôt un service d’échange monétaire international

 

On comprend évidemment que Facebook et d’autres envisagent de se placer sur le marché très rentable des transferts monétaires entre particuliers. En effet les transferts passant par exemple par western union sont d’un coût prohibitif.

Facebook envisage donc de  proposer un service de transfert de monnaie à l’international de façon instantanée, sécurisée et sans frais.

Ce dernier vise à faciliter le paiement entre particuliers, au travers de sa propre monnaie d’échange, le diem (anciennement appelée libra). Cette cryptomonnaie, dont le cours est stable (une stablecoin), sera adossée à une seule monnaie fiduciaire, le dollar.

Arctique: L’enjeu international

Arctique: L’enjeu international

Rencontre entre le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans le cadre du Conseil de l’Arctique, jeudi à Reykjavik, en Islande.(Interview dans l’Opinion)

 

 

Une réunion du Conseil de l’Arctique s’est tenue mercredi et jeudi à Reykjavik, rassemblant la Russie, les Etats-Unis, le Canada, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Norvège et l’Islande. Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se sont rencontrés pour la première fois en marge de ce sommet.

Mikaa Mered est enseignant en géopolitique des pôles à SciencesPo et HEC.

Quel était l’enjeu environnemental du sommet sur l’Arctique ?

A côté des sujets purement constitutionnels, l’environnement était le thème majeur de ce sommet, même si ont pu se jouer, en coulisse, des manœuvres géostratégiques.

Avec un affrontement entre la Russie et les autres pays du conseil ?

Je ne parlerais pas d’affrontement à ce stade. Russes et Américains sont dans une phase de réaffirmation de leur identité et de leur capacité d’action dans l’Arctique. Les deux pays se jaugent. Les Etats-Unis essaient de repousser la Russie sur son territoire. Cette dernière tente de se projeter autant qu’elle peut dans l’espace transatlantique, d’un côté, et dans l’espace Béring, de l’autre, pour élargir son plan d’action voire sécuriser son propre territoire. Chacun avance ses pions, essayant d’établir un nouvel équilibre. Les autres pays soit sont alliés des Etats-Unis au sein de l’Otan, soit font tampon entre les deux camps comme la Suède et la Finlande. Mais, a priori, les experts s’attendent à ce que la présidence russe du Conseil de l’Arctique, ces deux prochaines années, soit relativement consensuelle, comme le démontrent les objectifs dévoilés par Moscou. La Russie ne peut pas s’enfermer dans un jeu « seule contre tous ».

Comment marier la lutte contre le réchauffement climatique avec les énormes réserves en hydrocarbure de la région ?

Les deux questions sont liées. Ce qui se joue dans l’Arctique, c’est la cohabitation entre des économies matures comme celles des Etats-Unis et du Canada et une économie rentière comme celle de la Russie. La question est de concilier développement économique et protection de l’environnement. C’est un sujet sensible même côté russe dont 60% du territoire est couvert par des terres gelées en permanence (pergélisol) et où les infrastructures (villages, gazoducs, etc.) construites depuis l’ère soviétique sont soumises à la fonte et fragilisées. C’est un enjeu majeur pour Moscou de concilier les deux car le coût généré par le dégel promet d’être mirobolant – de l’ordre de plus de 100 milliards de dollars sur les vingt prochaines années, selon certaines estimations. Le changement climatique est un enjeu très concret.

Qu’en est-il des Etats-Unis et de la Norvège qui ont commencé à prospecter ?

Les Norvégiens continuent d’explorer et de produire dans la mer de Barents. Ils se sont lancés aussi dans l’exploitation des nodules polymétalliques et les terres rares des fonds marins dans la partie ouest de sa zone économique exclusive, sachant que l’Arctique est la deuxième réserve de terres rares derrière la Chine. Côté Américain, Donald Trump a essayé de relancer les forages en Alaska pour le pétrole et pour le gaz mais sans succès, du fait du retrait de la Chine qui devait financer notamment un énorme projet de 43 milliards de dollars. C’est d’ailleurs un problème pour les Alaskiens qui voient leur rente s’amenuiser. Comme la Russie, les Etats-Unis sont confrontés à une érosion des côtes de l’Alaska (avec, à la clé, le déplacement de villages entiers) et à la fonte du pergélisol alors qu’ils ont des bases militaires importantes dans la région, éléments majeurs pour le pays sur son flanc ouest…

Les enjeux climatiques de la région sont-ils pris en compte ?

Complètement. C’est le cœur du travail du Conseil de l’Arctique et de son conseil économique : les chefs d’entreprise et lobbyistes qui en font partie se sont accordés sur la mise en place d’un protocole pour responsabiliser les investissements présents et futurs. Il y a une réelle prise de conscience. L’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète, cela va contribuer au dérèglement climatique dans d’autres régions du monde.

La Chine semble aussi vouloir s’impliquer dans la région…

Elle y est déjà impliquée directement en tant que bailleur de fonds. Elle finance ou cofinance tous types de projets. Ses investissements ces cinq dernières années représentent plus de 90 milliards de dollars. C’est aussi un client important de toutes ses matières premières ainsi que touristiquement, avec des encours de contrats sur les vingt prochaines années de plus de 500 milliards dollars. Il y a enfin un volet purement scientifique – ce qui lui permet d’avoir un statut d’observateur au Conseil – sachant que la Chine, pour anticiper la fonte des glaces de l’Himalaya et du Tibet, a bâti un écosystème de chercheurs spécialistes des pôles. Avec des moyens techniques et financiers non négligeables, ils sont un millier, quand la France en compte 350 à 400.

Où en est le projet d’achat du Groenland par les Etats-Unis ?

Il n’est plus d’actualité mais les Groenlandais ont vu tout l’avantage à valoriser cet intérêt américain. Ils ont eu un coup de publicité énorme et inespéré en 2019 grâce à Donald Trump. Aujourd’hui, à l’issue des élections du mois d’avril, il y a une nouvelle majorité et un nouveau Premier ministre très jeune (34 ans). Plutôt à gauche sur l’échiquier politique, son objectif est d’ouvrir son pays à l’international, sans exploiter toutes les ressources de son pays comme l’uranium. Les Américains vont chercher à renforcer cette relation bilatérale pour la bonne raison qu’indépendamment de ce que proposait Trump, l’administration Biden n’entend pas laisser tomber la dynamique créée par ce dernier, en montrant aux Groenlandais qu’il vaut mieux miser sur la coopération avec les Etats-Unis qu’avec la Chine. Et le nouveau gouvernement du Groenland semble réceptif à ce message.

Quel rôle joue, aujourd’hui, la France ?

Il y a un vrai changement depuis le remplacement de Ségolène Royal par Olivier Poivre d’Arvor comme ambassadeur français des pôles. Pour la première fois depuis huit ans, la France a été réellement représentée au Conseil de l’Arctique ! La deuxième nouvelle positive c’est que, dès sa nomination, Olivier Poivre d’Arvor a fait l’effort de rassembler la communauté de recherche française et les acteurs économiques comme le cluster maritime, pour essayer de constituer une sorte d’équipe de France des pôles, dépassant simplement la question scientifique. Il est aussi à l’origine d’une grande opération de mobilisation, dénommée « Eté polaire », pour laquelle j’ai été sollicité et qui aura lieu dans 25 villes de France du 10 juin au 10 octobre. Cela prendra la forme d’une saison culturelle et scientifique dédiée aux pôles, pour utiliser les nombreuses commémorations et manifestations prévues cette année : soixantième anniversaire du traité de l’Antarctique, trentième anniversaire du protocole de Madrid au traité de l’Antarctique, vingt-cinquième anniversaire du Conseil de l’Arctique et surtout accueil par la France, pour la première fois en trente-deux ans, de la réunion du traité de l’Antarctique, ce 14 juin.

Commerce international : la Grande-Bretagne importe davantage de biens hors UE

Commerce international : la Grande-Bretagne importe davantage de biens hors UE

Le Royaume-Uni importe désormais pour la première fois davantage de biens de pays hors-UE qu’en provenance du marché unique européen, selon des chiffres officiels mercredi.

Ce phénomène a été observé pour le premier trimestre et est inédit depuis le début de la publication de ces données en 1997, souligne le Bureau national des statistiques.

Le Royaume-Uni a importé pour 53,2 milliards de livres de biens de pays en dehors de l’UE, contre 50,6 milliards en provenance de ceux appartenant au marché unique européen, que le pays a quitté le 1er janvier.

Un traité international sur les pandémies

Un traité international sur les pandémies

 

 

 

Les dirigeants d’une vingtaine de pays, le président du Conseil européen et le patron de l’OMS appellent à élaborer un « traité international sur les pandémies » dans une tribune publiée lundi 29 mars au soir dans Le Monde, et qui devait l’être dans de nombreux quotidiens étrangers mardi.

Les signataires sont les dirigeants de pays répartis sur les cinq continents, dont le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Boris Johnson, ou encore les présidents sud-coréen Moon Jae-in, sud-africain Cyril Ramaphosa, indonésien Joko Widodo et chilien Sebastián Pinera.

Alors que le Covid-19 « tire parti de nos faiblesses et de nos divisions »« un tel engagement collectif renouvelé serait une étape importante pour consolider la préparation aux pandémies au plus haut niveau politique », écrivent-ils dans cette tribune. « Il y aura d’autres pandémies et d’autres situations d’urgence sanitaire de grande ampleur. Aucun gouvernement ni aucun organisme multilatéral ne peut, seul, faire face à cette menace », insiste le texte.

Egalement signataires, le président du Conseil européen Charles Michel et le patron de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus présenteront mardi devant la presse ce projet de traité – qui pourrait se fonder sur le « Règlement sanitaire international », un instrument juridique adopté en 2005.

Renforcer « la résilience » face aux pandémies suppose de« consolider fortement la coopération internationale pour améliorer, par exemple, les systèmes d’alerte, la mise en commun des informations, la recherche, ainsi que la production et la distribution » des vaccins, médicaments, produits de diagnostic et équipements de protection, poursuit la tribune.

 

A cet égard, « nous nous engageons à garantir un accès universel et équitable à des vaccins, à des médicaments et à des produits de diagnostic sûrs, efficaces et abordables pour cette pandémie et celles qui suivront. La vaccination est un bien public mondial », affirment les 25 dirigeants signataires. Un traité « devrait conduire à une plus grande responsabilisation mutuelle et à un partage des responsabilités » et « favoriser la transparence et la coopération au sein du système international », ajoutent-ils, appelant à « tirer les enseignements » du Covid-19 et à travailler avec la société civile et le secteur privé.

Une tâche qui « prendra du temps et exigera un engagement soutenu pendant de nombreuses années » et nécessitera « un leadership mondial », reconnaissent les signataires.

G7: « café du commerce international » ( Attali)

G7:   »café du commerce international »  ( Attali)

On sait que Jacques Attali n’a jamais été tendre avec le G7 dont il considère que c’est une institution inutile. D’ailleurs le G7 n’a aucune existence juridique et décide rarement ou presque jamais de choses très concrètes. Sur Europe 1 dimanche, Jacques Attali a raconté sa première expérience du sommet du G7 en 1981. Le problème c’est que cela n’a guère changé depuis. Le G7 ( et autres formules qui ajoutent certains grands pays) se borne souvent à un échange d’évidence, de fausses promesses et de déclarations d’intention sans lendemain.

L’écrivain et économiste Jacques Attali a été Conseiller spécial de François Mitterrand de 1981 à 1991, fonction qui lui a permis de solidifier ses liens amicaux avec l’ancien président, décédé en 1996. C’est aux côtés du leader socialiste qu’il a effectué ses premiers pas en politique et acquis une expérience dans l’arène diplomatique. Appréciant l’évolution des relations internationales depuis la fin de la Guerre Froide, Jacques Attali livrait dimanche au micro d’Europe 1 une anecdote insolite sur le premier sommet du G7, réunissant les dirigeants des plus grandes puissances mondiales, auquel il a participé en 1981.

 

« J’étais dans la salle, je vois encore autour de la table sept chefs d’État. » François Mitterrand, fraîchement élu président de la République participe lui aussi à son premier sommet du G7, se déroulant en ce mois de juillet à Montebello au Canada. Face à lui, raconte Jacques Attali, le président américain Ronald Reagan prend la parole pour défendre sa vision de l’aide aux pays en développement : « Il explique que la meilleure façon d’aider les pays du Sud, c’est de leur donner les objets dont on n’a plus envie, plus l’usage. » L’ancien acteur, chef de file du parti républicain, explique même qu’il a donné les tuyaux d’arrosage usagés de sa maison à des paysans guatémaltèques.

Ce plan un brin bancal du président américain pour remédier aux problèmes de développement du monde ne semble pas susciter une adhésion inconditionnelle de la part ses homologues. Mais outre leur manque d’entrain, c’est leur relative léthargie qui surprend le jeune conseiller diplomatique. En regardant un à un les leaders mondiaux, il constate : « Je vois madame Thatcher en train de se poudrer. Le Premier ministre japonais [Zenko Suzuki] dormant littéralement… ou en tout cas les yeux fermés et la bouche ouverte. Et Trudeau père [Pierre] en train d’arranger l’œillet à sa boutonnière. »

François Mitterrand ne compte pas non plus parmi les bons élèves : « [Il était] en train de remplir des cartes postales », lâche Jacques Attali, mi-amusé, mi-désespéré. Ces premières expériences le confrontent aux lenteurs des négociations internationales et aux petites avancées, obtenues à force de conviction. « Ça m’a donné une idée assez précise de ce qu’est le café du commerce international », conclut-il dans un sourire.

Climat : Biden rejoint l’accord international

Climat : Biden rejoint l’accord international

 

Trois gestes très symboliques et très significatifs de Biden pour rompre avec la politique environnementale de Trump. D’une part les États-Unis vont reprendre leur place dans l’accord mondial sur le climat. Deuxièmement Biden s’oppose à un projet d’oléoduc avec le Canada enfin il décide d’un moratoire sur l’exploitation du gaz et du pétrole dans l’Arctique.

Biden a promis de mettre les États-Unis sur la voie des émissions nettes nulles d’ici 2050 pour égaler les réductions mondiales importantes et rapides que les scientifiques jugent nécessaires pour éviter les effets les plus dévastateurs du réchauffement climatique, en utilisant des freins sur les combustibles fossiles et des investissements massifs dans énergie propre.

Le chemin ne sera pas facile, avec les divisions politiques aux États-Unis, l’opposition des sociétés de combustibles fossiles et les partenaires internationaux méfiants préoccupés par les changements de politique américaine qui font obstacle.

«Nous nous sommes beaucoup écartés ces quatre dernières années avec un négationniste du climat dans le bureau ovale», a déclaré John Podesta, conseiller de l’ancien président Barack Obama qui a contribué à l’élaboration de l’Accord de Paris de 2015. «Nous entrons sur la scène internationale avec un déficit de crédibilité.»

Les ordonnances de Biden exigent également que les agences gouvernementales envisagent de réviser les normes d’efficacité énergétique des véhicules et les réductions des émissions de méthane, et d’étudier la possibilité de repousser les limites des monuments nationaux de nature sauvage que l’administration Trump a réduits en taille.

Alors que les défenseurs de l’environnement étaient ravis des commandes, les groupes industriels et les conservateurs les ont critiqués.

Le gouverneur républicain de l’Alaska, Mike Dunleavy, s’est moqué de la décision de Biden de fermer les travaux pétroliers et gaziers dans le Arctic National Wildlife Refuge, affirmant que le nouveau président «semble tenir sa promesse de transformer l’Alaska en un grand parc national».

L’American Petroleum Institute, le principal groupe de pression de l’industrie pétrolière et gazière du pays, a déclaré qu’il pensait que le blocage de l’oléoduc Keystone XL était un «pas en arrière».

«Cette décision malavisée entravera la reprise économique américaine, sapera la sécurité énergétique nord-américaine et tendra les relations avec l’un des plus grands alliés de l’Amérique», a déclaré le président de l’API Mike Sommers.

Brian Deese, directeur du Conseil économique national de Biden, a déclaré à Reuters que les États-Unis espèrent encourager d’autres grands émetteurs à également «pousser leur ambition, alors même que nous devons démontrer notre capacité à revenir sur scène et à faire preuve de leadership».

Pete Betts, chercheur associé au groupe de réflexion londonien Chatham House qui a dirigé les négociations sur le climat pour l’Union européenne lorsque l’accord de Paris a été conclu, a déclaré que les États-Unis devront également tenir leurs promesses par des engagements financiers.

Les États-Unis sous Obama se sont engagés à verser 3 milliards de dollars au Fonds vert pour le climat pour aider les pays vulnérables à lutter contre le changement climatique. Jusqu’à présent, il n’a livré qu’un milliard de dollars.

«Les États-Unis devront mettre de l’argent sur la table et encourager les autres à faire de même», a-t-il déclaré.

Paul Le Guen, ex-international : « Monsieur Bolloré, un peu d’humour « 

Paul Le Guen, ex-international :   »Monsieur Bolloré, un peu d’humour « 

L’entraîneur de football, ancien joueur de l’équipe de France, s’adresse au propriétaire de Canal+ pour contester le licenciement du commentateur sportif de la chaîne cryptée, Stéphane Guy.

Tribune. 

 

Monsieur Bolloré, vous êtes fier d’appartenir – si j’en crois vos déclarations et prises de position – à cette Bretagne qui, entre autres qualités, sait prendre du recul, se moquer d’elle-même et supporter la critique comme peut-être aucune autre région française. Les clichés dont on gratifie notre belle région sans discontinuer, vous les connaissez autant que moi : la pluie qui, bien sûr, est toujours au rendez-vous ; l’alcool qui, sans discontinuer, coule à flots ; les binious qui s’obstinent jusqu’à rendre sourds. Et j’en passe et des plus sévères et des plus définitifs encore.

Mais vous le savez aussi bien que moi, notre Bécassine, notre chère Bécassine, a mis au point une arme redoutable pour supporter tous les dénigrements de la terre : l’art de la plaisanterie. Un Breton, j’en suis certain, ne doit pas se raidir face à de si anodines critiques.

« Si j’avais un reproche à lui faire, ce serait justement d’être parfois l’avocat outrancier de votre chaîne »

De semblable façon, un minimum de recul me semble recommandé au regard des récents événements qui agitent notre Landerneau télévisuel. Non, Monsieur Bolloré, vous ne devez pas écarter Stéphane Guy de Canal+. Vouloir faire de lui un exemple me paraît totalement inapproprié.

Pour le dire autrement, si Stéphane n’a rien d’un innocent, il n’est certainement pas un coupable. Je le sais pour avoir souvent travaillé à ses côtés au cours de ces dernières années, votre commentateur vedette aime Canal, et plus que de raison ! D’où certains excès, comme il sied à tous les passionnés. Imaginer que vous puissiez le congédier parce qu’il a abusé de sa tribune pour manifester une solidarité confraternelle [en soutenant le chroniqueur Sébastien Thoen, renvoyé récemment de la chaîne cryptée après un sketch parodiant l’émission de Pascal Praud « L’Heure des pros », sur CNews, la chaîne info du groupe Canal+], me semble inconcevable.

Je viens de le souligner, Stéphane n’est pas un innocent. Si j’avais un reproche à lui faire, ce serait justement d’être parfois l’avocat outrancier de votre chaîne.

Il connaît Canal par cœur

Je vous l’accorde, de temps à autre, il n’y va pas de main morte puisqu’il peut aller jusqu’à stigmatiser la concurrence pour mieux défendre votre groupe. Mais je vous le répète : il connaît Canal autant qu’il peut l’aimer : par cœur, au sens premier et vrai du terme. Et même si l’on est en droit de remettre en cause mon objectivité, j’affirme qu’il est le meilleur commentateur de football que je connaisse.

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Hausse du commerce international ( OMC)

Hausse du commerce international ( OMC)

 

Pour l’OMC la chute sera moins conséquente qu’attendu au moment du pic de la crise sanitaire. Reste que le rebond prévu en 2021 ne permettra pas de retrouver le niveau de 2019.

 

L’OMC table désormais sur une chute de 9,2% du commerce international en 2020 suivie d’un rebond de 7,2% en 2021.

En avril, elle avait dit s’attendre à une baisse de 13% à 32% des échanges cette année et à un rebond de 21% à 24% l’an prochain.

L’organisation basée à Genève ajoute que ses prévisions restent soumises à un degré élevé d’incertitude en raison de l’évolution de la pandémie et des réponses des Etats à la crise en cours.

Elle précise que le rebond attendu l’an prochain ne suffira pas à ramener le commerce mondial à son niveau d’avant la crise.

Commerce international : un déficit de 7 milliards en mai

Commerce international : un déficit de 7 milliards en mai

Encore un déficit record pour la France en mai avec un déséquilibre de plus de 7 milliards. On peut évidemment imputer une partie de ce déficit à la situation économique générale perturbée par la crise sanitaire. Le problème c’est que ce déficit en France est structurel et que chaque année de toute façon faut compter sur environ 50 à 60 milliards.de déséquilibres. Difficultés supplémentaire pour 2020 mais pendant encore deux à  trois ans c’est que les exportations de matériel aéronautique ne seront plus la pour atténuer les déséquilibres. Il faudra sans doute en effet attendre plusieurs années avant que ne reprennent les exportations notamment d’Airbus. Le déficit commercial de la France flirte donc  de nouveau avec le record de février 2012 et janvier 2017, où il avait atteint -7,4 milliards d’euros. Selon la direction générale des douanes et des droits indirects, le déficit commercial de mai 2020 s’établit à -7,1 milliards d’euros, après avoir été de -5,1 milliards d’euros en avril et de -3 milliards d’euros en mars. Une hausse du déficit qui s’explique par « le rebond plus sensible des importations comparativement à celui des exportations. Cette reprise des échanges est liée notamment à la fin du confinement », note les douanes.

Ainsi, après avoir reculé de 7,1 milliards d’euros en mars et de 12,5 milliards d’euros en avril, les exportations progressent de 4 milliards d’euros en mai. Du côté des importations, après avoir été en diminution de 9 milliards d’euros en mars et de 9,4 milliards en avril, elles augmentent de 5,9 milliards d’euros en mai.

De son côté, la Banque de France a publié les chiffres de la balance des paiements. En mai, le déficit des transactions courantes est de 8,5 milliards d’euros, soit une dégradation de 2,7 milliards d’euros par rapport à avril. « Celle-ci s’explique principalement par une aggravation du déficit des biens de 4,5 milliards d’euros, dont 3,3 milliards pour les biens hors énergie, sous l’effet d’une reprise des importations plus élevée que des exportations », précise la Banque de France. Le solde des services, lui, connaît une amélioration de 1,4 milliard d’euros et est positif en mai, à 0,9 milliard d’euros. Il était déficitaire en avril.

Le commerce international : baisse de 27%

Le commerce international : baisse de 27%

Dparès la CNUCED, la baisse du commerce international sera considérable en 2020 puisqu’elle devrait atteindre en moyenne autour de 20 % sur l’année et même aller jusqu’à 27 % au second trimestre. De nombreux secteurs sont concernés, tout ce qui touche à la mobilité comme par exemple le transport aérien, la construction aérienne, l’automobile ou encore l’énergie mais aussi le tourisme. Globalement tous les pays ont été touchés par cette réduction drastique du commerce international mais les pays pauvres ont encore souffert davantage que les pays riches. Pour la plupart des pays, la problématique de la croissance repose maintenant sur le dynamisme de la consommation intérieure des entreprises et des ménages. Pour les entreprises la tendance des investissement est à la baisse autour de 15 %, quant aux ménages, ils se montrent extrêmement prudent tenant compte par avance des mesures de rigueur qui d’une manière ou d’une autre s’imposeront soit par la fiscalité soit par l’inflation.

Selon la Cnuced, en avril, les pays en développement semblent avoir pâti davantage de cette contraction que les pays riches, avec une chute de 19% de leurs importations et un recul de 18% de leurs exportations sur la période.

Parmi les principales économies de la planète, la Chine est celle qui semble le mieux avoir tiré son épingle du jeu, à la faveur d’une hausse de 3% de ses exportations en avril ( en lien notamment avec la production de produits médicamenteux.. Le pays a cependant enregistré en mai une baisse de 8% de ses importations et exportations, précise la Cnuced.

Croissance Chine : touché par le commerce international

Pour un vrai  plan de relance orienté par l’Etat

La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd’hui, l’urgence d’un plan de relance fléché avec des investissements portés par l’Etat

Que faire ?… Que faire à ce stade de la crise pour accélérer la récupération de l’offre et de l’emploi ? Les mesures massives de soutien à l’économie débloquées durant le confinement sont avant tout des mesures de sauvetage. En dépit de leur montant considérable, elles ont une vocation défensive. Il s’agissait d’abord de limiter les pertes des agents privés, avec l’idée qu’ils pourraient ainsi repartir du bon pied et remettre à flot rapidement toutes les capacités installées.

Le sentier de récupération s’étirera sur plus d’un an

Mais, il faut se rendre à l’évidence, ce scénario à peu de chances de se dérouler de façon spontanée. Du moins lorsque l’on met bout à bout toute l’information disponible à ce jour. Le décrochage de l’activité du premier trimestre est connu : -5,8 %. Ce qui signifie un décrochage instantané de 36% de l’activité à l’entrée en confinement. Depuis, par le truchement de la vente à distance, un fil d’activité a repris, et l’on estime que l’économie tourne actuellement 33% en deçà de son niveau normal. Imaginons un instant que par enchantement l’économie ait retrouvé subitement et intégralement son niveau normal et sa tendance dès 11 mai. Le PIB décrocherait alors de 5% en 2020 et rebondirait de 6,5% en 2020.

Tout montre cependant que nous serons loin de ce scénario idéal. Si l’on prend en compte les secteurs qui continueront à être pénalisés durablement par les mesures de protection sanitaire (le transport, l’hôtellerie-restauration, les services aux ménages), soit 10% du PIB, ou le commerce de détail dont le chiffre d’affaires demeure altéré par la contrainte de distanciation sociale, le rétablissement à 100% du PIB n’est pas concevable à brève échéance. Si l’on prend en compte les dernières enquêtes de la banque de France sur le niveau d’activité prévu fin mai, il est clair que le processus de sortie est graduel. L’enquête réalisée par Xerfi auprès de 1130 dirigeants confirme que le sentier de récupération, très progressif, s’étirera sur plus d’un an.

Un ajustement brutal sur l’emploi

Sur la base de ce constat, il serait illusoire de penser que l’emploi résistera sans la béquille du chômage partiel. D’ores et déjà, les premiers chiffres disponibles montrent que la frange la plus précaire de l’emploi (les CDD courts en fin de droit dans les services et l’intérim) a connu un ajustement extrêmement brutal dès la fin mars : 453 000 emplois ont déjà été détruits par rapport au début de l’année, 96% relevant des services marchands (hôtellerie et restauration, commerce, services aux ménages) et près des 2/3 des destructions étant le fait de l’intérim. C’est la première fois que l’ajustement de l’emploi est plus brutal dans les services que dans l’industrie. La rupture de cette première digue en entraînera d’autres et cela participe à l’impossibilité d’un retour rapide de l’économie à son niveau initial. Au rythme où s’enclenche le processus, il faut s’attendre à 900 000 destructions d’emplois d’ici la fin de l’année. Ajouté à la décote de rémunération liée au chômage partiel, cela signifie que le revenu des ménages ne sortira pas indemne de cet ajustement. Sur la base de ces constats, nous estimons que le décrochage du PIB pourrait avoisiner -9,5% en 2020, et que son rebond de 9% en 2021 ne permettra pas de recoller à la tendance.

Projet industriel et soutien (limité) à la consommation

D’où l’évocation logique d’un deuxième plan de relance, destiné à soutenir la demande pour accélérer le retour des entreprises à leurs pleines capacités et éviter que l’économie ne s’engage dans une dynamique récessive lourde pour plusieurs années. Il s’agit en fait du plan de la dernière chance pour éviter que le chômage ne sédimente en chômage longue durée, et pour limiter les destructions irréversibles de capacités qui plomberaient durablement le potentiel de croissance.

Cela étant dit, le modus operandi d’un tel plan bute sur de grosses difficultés.

  • 1. La première difficulté d’un tel plan est de mordre sur les comportements d’achat des ménages, alors même que ces derniers disposent déjà d’une épargne involontaire.
  • 2. La seconde difficulté est d’éviter que ce soutien ne vienne renforcer le report spontané de la dépense privée sur les biens importés. En effet, l’impossibilité de se porter sur les services ancrés sur le territoire (mobilité, tourisme, divertissement, culture, loisirs, etc.) va renforcer la tendance au report de la consommation sur les biens d’équipement ou d’aménagement de la maison où des équipements de loisir individuels.

Pour éviter ce double écueil, le soutien à la consommation doit demeurer circonscrit au soutien au revenu et à la reconversion des personnes dont l’activité est sinistrée durablement et lourdement par la crise sanitaire (les petits emplois salariés ou indépendants dans les services, les professions artistiques, etc.), dont le déclassement constitue une bombe à retardement sociale à haut risque.

 

Le plan de relance doit ensuite se doubler d’un projet industriel ancré sur le territoire. Il devra de la sorte être thématisé, ciblé sur des projets de développement et de reconversion ancrés sur le territoire. La relance peut être verte, numérique, accompagner le besoin de reconversion de certains services essentiels (transport collectif, restauration ou commerce) ou encore soucieuse de restaurer notre autonomie sur les secteurs stratégiques.

Mais dans tous les cas, pour être efficace, la relance devra renforcer le soutien à l’investissement par un fléchage de la demande, en adéquation avec les projets d’investissements portés par l’État.

 

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Suite à la crise sanitaire, la Chine est bien entendue victime du  net  ralentissement du commerce nationale surtout en matière d’importation. Premier pays touché par la maladie Covid-19, la Chine a vu ses exportations dans le rouge le mois dernier (-3,3% sur an), selon des chiffres publiés par les Douanes. En avril, les exportations avaient connu un rebond surprise (+3,5%), après trois mois de recul. Cette hausse avait largement été attribuée à un phénomène de rattrapage, après les difficultés rencontrées par les exportateurs au premier trimestre. Les mesures de confinement liées à l’épidémie avaient alors fortement perturbé le transport.

L’activité a depuis largement repris mais les entreprises peinent à remplir leurs carnets de commandes . Les produits médicaux, dont la Chine reste le principal fournisseur, restent très demandés à l’étranger. Le géant asiatique a exporté dans le monde 70,6 milliards de masques entre mars et mai, selon un chiffre annoncé dimanche par Pékin lors d’une conférence de presse consacrée à l’épidémie. Les analystes s’attendent toutefois à ce que la demande s’estompe à mesure que la situation sanitaire s’améliore dans le monde.

Pour leur part, les importations du géant asiatique ont de nouveau plongé en mai (-16,7% sur un an après -14,2% en avril). Il s’agit de la plus mauvaise performance depuis janvier 2016. Cette chute des importations, pour le cinquième mois consécutif, est d’ailleurs plus prononcée que les estimations d’analystes consultés par l’agence financière Bloomberg (-7,8%).

Pour la première fois de son histoire, l’économie chinoise a décroché au premier trimestre (-6,8%), sous l’effet du virus.

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