Archive pour le Tag 'intérêt'

Des élites ignorant le sens de l’intérêt général (Aeron Davis)

Des élites ignorant le  sens de l’intérêt général (Aeron Davis)

 

Professeur de communication politique, Aeron Davis dénonce la perte de sens de l’intérêt général des élites britanniques et au-delà. son. Son livre, « Reckless opportunists : Elites at the end of the Establishment » montre l’effondrement de l’Establishement qu’entraîne la faillite de ces élites, ainsi que leur déconnexion avec la réalité. Interview Atlantico, extraits

«  Votre livre, Reckless opportunists : Elites at the end of the Establishment, a été publié en 2018 après plusieurs années de travail sur le thème des élites britanniques et la conduite de près 350 entretiens. Quelles sont vos conclusions sur les élites britanniques?

Aeron Davis

, le constat évident est que nos élites se sont déconnectées du public, qu’ils se sentent plus concernés par leurs intérêts personnels, et qu’ils se sont précarisés. Ils sont plus enclins à atteindre le résultat escompté le plus rapidement possible avant de bouger pour prendre un autre poste, et laisser les problèmes derrière eux. Les études classiques qui analysaient les classes supérieures du passé montraient que celles-ci se pensaient elles mêmes stables alors que les classes populaires étaient considérées comme précaires. Pour diverses raisons, les élites sont devenues aussi précaires que le reste de la population. Evidemment, ils gagnent bien plus d’argent, mais ce qui apparaît, c’est qu’ils ont un très faible sentiment de sécurité, et perçoivent leur niveau de risque comme étant très élevé. Selon moi, cette perte du sentiment de sécurité explique une grande part de leurs comportements et de leurs actions.

 

Quel lien faites-vous avec cette situation et le Brexit ?

Ce constat de recherche de l’intérêt personnel fonctionne plutôt bien avec le Brexit. Du point de vue des élites, et notamment pour les membres du parti conservateurs-  mais en réalité cela est vrai pour tous les grands partis – on constate une moindre cohérence idéologique, ils ne sont plus en accord pour ce qui est de leurs intérêts. Les points de vue sont de plus en plus divergents. Tout ce qui est lié au Brexit embrasse la question des intérêts et des aspirations personnels. La décision de David Cameron de mettre en place le référendum était liée à sa volonté d’affaiblir ses opposants au sein du parti conservateur. Puis, ceux qui sont devenus les figures du Brexit, comme Michael Gove, étaient en réalité plus intéressés par le fait de devenir premier ministre que par le Brexit lui-même. Avant le Brexit, Boris Johnson était considéré comme plus pro-européen qu’anti-européen. Mais il a vu ici une opportunité personnelle pour essayer de diriger le parti. Et depuis ce moment, toutes les manœuvres auxquelles nous avons assisté ont toutes eu pour objectif d’obtenir plus de pouvoir, mais ces personnes n’ont aucune idée quand il s’agit de savoir ce qui est le mieux pour le pays. Ainsi, toute la stratégie de Theresa May a consisté à se maintenir en position et de faire en sorte de que le parti conservateur garde le pouvoir, et non pas la recherche de l’intérêt supérieur du pays.

Du point de vue de la population, et des classes populaires en particulier, on pouvait observer un désenchantement grandissant et une perte de confiance généralisée envers les élites au sens global. Et cette défiance concerne l’ensemble des élites, que ce soient les élites politiques, économiques, ou médiatiques. Le Brexit n’a pas inversé cette tendance, et la défiance envers les élites a continué de se renforcer au fil des négociations avec l’Union européenne.

 

Après le référendum britannique, que les élites européennes ont fermement condamné, un esprit de punition envers le Royaume-Uni s’est dressé sur le continent. Ne pourrions-nous pas voir, dans l’action des élites européennes, incapables de tirer les leçons du désenchantement qui existe en Europe, pour avancer vers une Union plus conforme aux aspirations des populations, le même processus à l’œuvre?

Oui. Mon livre concerne les élites britanniques, et mon prochain livre concerne les relations entre dirigeants politiques et les médias, et il apparaît clairement que les autres pays européens souffrent des mêmes problèmes. Des élites plus intéressées par leurs intérêts personnels que par la recherche de l’intérêt général, des élites plus mobiles et plus précaires, et cette situation s’articule avec un fort désenchantement de la population. Cela est également visible en France, en Allemagne ou en Italie par exemple avec des anciens partis qui se délitent et de nouveaux partis qui émergent. Ce phénomène se produit également pour les élites des institutions européennes, peut-être à un moindre niveau que les élites nationales, mais elles sont particulièrement déconnectées des personnes ordinaires, des Etats, et des processus démocratiques. Cela a également un impact. Si le Royaume Uni est confronté à des problèmes sérieux, les autres pays européens, tout comme le projet européen, le sont tout autant.

 

Comment votre approche des élites britanniques peut-elle être pertinente pour les autres démocraties occidentales, notamment en France?

Il y a beaucoup de parallèles. La France dispose aussi d’un système d’écoles pour élites, d’une haute fonction publique, et on peut constater ce même problème lié à la mobilité et à la précarité de l’Establishment en France. De l’extérieur, on voit que les grands partis qui ont dominé la vie politique française pendant des décennies ont été marginalisés au moment où Emmanuel Macron est apparu. Mais le résultat est qu’Emmanuel Macron propose les mêmes politiques que Tony Blair, Barack Obama, ou Angela Merkel. Ce sont des centristes qui n’arrivent pas à se représenter les problèmes posés par l’économie et par la mondialisation, aux personnes ordinaires. Pourtant, la mondialisation et le libre échange affectent directement les classes populaires de ces pays. Mais ces dirigeants considèrent la mondialisation et le libre échange comme des étapes positives d’un processus politique, tout comme le seraient les baisses d’impôts ou la dérégulation. En proposant les mêmes politiques, ils sont logiquement confrontés aux mêmes problèmes de concentration des richesses et d’augmentation des inégalités, de précarisation du bas de la société, et de déconnexion sociale. Il est intéressant de noter qu’Emmanuel Macron a été perçu comme un sauveur de l’Europe, apparu après le Brexit, et que le même sentiment anti-élites que nous avons au Royaume Uni est très clairement apparu en France avec le mouvement des Gilets jaunes. Cela est arrivé parce que les propositions d’Emmanuel Macron découlaient de la même logique : plus de libre échange, plus de mondialisation, plus d’Europe, plus de dérégulation, plus d’harmonisation etc.… Ce dernier point, l’harmonisation, pourrait être un bon projet en soi, mais le problème est que les dirigeants ont l’air de ne pas vouloir voir les effets de ces politiques.

 

Quel lien faites vous entre le constat que vous dressez concernant les élites avec ce qui est appelé le “néolibéralisme” ?

En menant de nombreux entretiens, je me suis rendu compte que certaines idées, des idées très simples, comme le libre échange, la dérégulation, la concurrence, sont assez consensuelles parmi les élites. Mais quand vous parlez avec des économistes, ou avec des hommes politiques qui ont été des économistes, ils admettent que la théorie est bien différente de la pratique. Quand vous regardez la tendance historique, vous voyez que le néolibéralisme faisait par exemple la promotion de la concurrence, de l’investissement, mais le résultat a été une plus grande concentration, la création de géants de la finance ou du secteur numérique, une importante financiarisation de l’économie. Nous avons créé des monopoles privés qui accumulent la richesse pour les riches tandis que les autres catégories ont vu leurs revenus stagner ou baisser.

On voit qu’il existe un consensus autour de quelques vagues idées, par exemple que le libre échange et la concurrence profitent à tous, mais cela n’est pas ce qui est arrivé dans la pratique. Cela a pu se produire dans quelques secteurs, mais le résultat que nous avons obtenu est la financiarisation d’une part et le capitalisme de plateformes d’autre part. Dans les deux cas, nous observons de grands monopoles qui font d’immenses profits sans qu’ils soient liés aux personnes ordinaires. C’est le résultat. Il y a certaines idées concernant le néolibéralisme auxquelles les élites s’accrochent, mais les résultats qui étaient escomptés de ces politiques ne sont simplement pas arrivés. L’idée était de faire la promotion de la concurrence, et nous avons des monopoles. L’idée est de permettre l’investissement et l’innovation, mais ces entreprises sont plus préoccupées par leurs profits à court terme que l’investissement à long terme. Et cela s’est empiré depuis la crise financière. Si je pense que les économistes ont une part de responsabilité, on voit que les dirigeants politiques consultent davantage les dirigeants d’entreprises et les financiers sur ces questions, et non pas les économistes. Cela explique aussi cette confusion.

Des élites qui perdent le sens de l’intérêt général (Aeron Davis)

Des élites qui perdent le sens de l’intérêt général (Aeron Davis)

 

Professeur de communication politique, Aeron Davis dénonce la perte de sens de l’intérêt général des élites britanniques et au-delà. son. Son livre, « Reckless opportunists : Elites at the end of the Establishment » montre l’effondrement de l’Establishement qu’entraîne la faillite de ces élites, ainsi que leur déconnexion avec la réalité. Interview Atlantico, extraits

«  Votre livre, Reckless opportunists : Elites at the end of the Establishment, a été publié en 2018 après plusieurs années de travail sur le thème des élites britanniques et la conduite de près 350 entretiens. Quelles sont vos conclusions sur les élites britanniques?

Aeron Davis

, le constat évident est que nos élites se sont déconnectées du public, qu’ils se sentent plus concernés par leurs intérêts personnels, et qu’ils se sont précarisés. Ils sont plus enclins à atteindre le résultat escompté le plus rapidement possible avant de bouger pour prendre un autre poste, et laisser les problèmes derrière eux. Les études classiques qui analysaient les classes supérieures du passé montraient que celles-ci se pensaient elles mêmes stables alors que les classes populaires étaient considérées comme précaires. Pour diverses raisons, les élites sont devenues aussi précaires que le reste de la population. Evidemment, ils gagnent bien plus d’argent, mais ce qui apparaît, c’est qu’ils ont un très faible sentiment de sécurité, et perçoivent leur niveau de risque comme étant très élevé. Selon moi, cette perte du sentiment de sécurité explique une grande part de leurs comportements et de leurs actions.

 

Quel lien faites-vous avec cette situation et le Brexit ?

Ce constat de recherche de l’intérêt personnel fonctionne plutôt bien avec le Brexit. Du point de vue des élites, et notamment pour les membres du parti conservateurs-  mais en réalité cela est vrai pour tous les grands partis – on constate une moindre cohérence idéologique, ils ne sont plus en accord pour ce qui est de leurs intérêts. Les points de vue sont de plus en plus divergents. Tout ce qui est lié au Brexit embrasse la question des intérêts et des aspirations personnels. La décision de David Cameron de mettre en place le référendum était liée à sa volonté d’affaiblir ses opposants au sein du parti conservateur. Puis, ceux qui sont devenus les figures du Brexit, comme Michael Gove, étaient en réalité plus intéressés par le fait de devenir premier ministre que par le Brexit lui-même. Avant le Brexit, Boris Johnson était considéré comme plus pro-européen qu’anti-européen. Mais il a vu ici une opportunité personnelle pour essayer de diriger le parti. Et depuis ce moment, toutes les manœuvres auxquelles nous avons assisté ont toutes eu pour objectif d’obtenir plus de pouvoir, mais ces personnes n’ont aucune idée quand il s’agit de savoir ce qui est le mieux pour le pays. Ainsi, toute la stratégie de Theresa May a consisté à se maintenir en position et de faire en sorte de que le parti conservateur garde le pouvoir, et non pas la recherche de l’intérêt supérieur du pays.

Du point de vue de la population, et des classes populaires en particulier, on pouvait observer un désenchantement grandissant et une perte de confiance généralisée envers les élites au sens global. Et cette défiance concerne l’ensemble des élites, que ce soient les élites politiques, économiques, ou médiatiques. Le Brexit n’a pas inversé cette tendance, et la défiance envers les élites a continué de se renforcer au fil des négociations avec l’Union européenne.

 

Après le référendum britannique, que les élites européennes ont fermement condamné, un esprit de punition envers le Royaume-Uni s’est dressé sur le continent. Ne pourrions-nous pas voir, dans l’action des élites européennes, incapables de tirer les leçons du désenchantement qui existe en Europe, pour avancer vers une Union plus conforme aux aspirations des populations, le même processus à l’œuvre?

Oui. Mon livre concerne les élites britanniques, et mon prochain livre concerne les relations entre dirigeants politiques et les médias, et il apparaît clairement que les autres pays européens souffrent des mêmes problèmes. Des élites plus intéressées par leurs intérêts personnels que par la recherche de l’intérêt général, des élites plus mobiles et plus précaires, et cette situation s’articule avec un fort désenchantement de la population. Cela est également visible en France, en Allemagne ou en Italie par exemple avec des anciens partis qui se délitent et de nouveaux partis qui émergent. Ce phénomène se produit également pour les élites des institutions européennes, peut-être à un moindre niveau que les élites nationales, mais elles sont particulièrement déconnectées des personnes ordinaires, des Etats, et des processus démocratiques. Cela a également un impact. Si le Royaume Uni est confronté à des problèmes sérieux, les autres pays européens, tout comme le projet européen, le sont tout autant.

 

Comment votre approche des élites britanniques peut-elle être pertinente pour les autres démocraties occidentales, notamment en France?

Il y a beaucoup de parallèles. La France dispose aussi d’un système d’écoles pour élites, d’une haute fonction publique, et on peut constater ce même problème lié à la mobilité et à la précarité de l’Establishment en France. De l’extérieur, on voit que les grands partis qui ont dominé la vie politique française pendant des décennies ont été marginalisés au moment où Emmanuel Macron est apparu. Mais le résultat est qu’Emmanuel Macron propose les mêmes politiques que Tony Blair, Barack Obama, ou Angela Merkel. Ce sont des centristes qui n’arrivent pas à se représenter les problèmes posés par l’économie et par la mondialisation, aux personnes ordinaires. Pourtant, la mondialisation et le libre échange affectent directement les classes populaires de ces pays. Mais ces dirigeants considèrent la mondialisation et le libre échange comme des étapes positives d’un processus politique, tout comme le seraient les baisses d’impôts ou la dérégulation. En proposant les mêmes politiques, ils sont logiquement confrontés aux mêmes problèmes de concentration des richesses et d’augmentation des inégalités, de précarisation du bas de la société, et de déconnexion sociale. Il est intéressant de noter qu’Emmanuel Macron a été perçu comme un sauveur de l’Europe, apparu après le Brexit, et que le même sentiment anti-élites que nous avons au Royaume Uni est très clairement apparu en France avec le mouvement des Gilets jaunes. Cela est arrivé parce que les propositions d’Emmanuel Macron découlaient de la même logique : plus de libre échange, plus de mondialisation, plus d’Europe, plus de dérégulation, plus d’harmonisation etc.… Ce dernier point, l’harmonisation, pourrait être un bon projet en soi, mais le problème est que les dirigeants ont l’air de ne pas vouloir voir les effets de ces politiques.

 

Quel lien faites vous entre le constat que vous dressez concernant les élites avec ce qui est appelé le “néolibéralisme” ?

En menant de nombreux entretiens, je me suis rendu compte que certaines idées, des idées très simples, comme le libre échange, la dérégulation, la concurrence, sont assez consensuelles parmi les élites. Mais quand vous parlez avec des économistes, ou avec des hommes politiques qui ont été des économistes, ils admettent que la théorie est bien différente de la pratique. Quand vous regardez la tendance historique, vous voyez que le néolibéralisme faisait par exemple la promotion de la concurrence, de l’investissement, mais le résultat a été une plus grande concentration, la création de géants de la finance ou du secteur numérique, une importante financiarisation de l’économie. Nous avons créé des monopoles privés qui accumulent la richesse pour les riches tandis que les autres catégories ont vu leurs revenus stagner ou baisser.

On voit qu’il existe un consensus autour de quelques vagues idées, par exemple que le libre échange et la concurrence profitent à tous, mais cela n’est pas ce qui est arrivé dans la pratique. Cela a pu se produire dans quelques secteurs, mais le résultat que nous avons obtenu est la financiarisation d’une part et le capitalisme de plateformes d’autre part. Dans les deux cas, nous observons de grands monopoles qui font d’immenses profits sans qu’ils soient liés aux personnes ordinaires. C’est le résultat. Il y a certaines idées concernant le néolibéralisme auxquelles les élites s’accrochent, mais les résultats qui étaient escomptés de ces politiques ne sont simplement pas arrivés. L’idée était de faire la promotion de la concurrence, et nous avons des monopoles. L’idée est de permettre l’investissement et l’innovation, mais ces entreprises sont plus préoccupées par leurs profits à court terme que l’investissement à long terme. Et cela s’est empiré depuis la crise financière. Si je pense que les économistes ont une part de responsabilité, on voit que les dirigeants politiques consultent davantage les dirigeants d’entreprises et les financiers sur ces questions, et non pas les économistes. Cela explique aussi cette confusion.

 

Carburant « Le prix élevé aligne l’intérêt particulier sur le l’intérêt général » !!!

  • Carburant « Le prix élevé aligne l’intérêt particulier sur le l’intérêt général » !!! 

Selon l’économiste Christian Gollier, dans une tribune du Monde. Ou l’exemple de ces économistes  très majoritaires qui pensent que la monétarisation des nuisances est le moyen de régulation privilégié alors que la politique de normes est autrement plus efficace sur des sujets aussi majeurs.

 

« La levée de boucliers concernant la hausse du prix du carburant constitue un moment de vérité écologique. Conduire pollue, et cette pollution tue, et tuera pour plusieurs siècles en ce qui concerne le gaz carbonique. Le principe pollueur-payeur justifie que ces dommages soient intégrés au prix des carburants à la pompe. Ce principe a cette vertu qu’il incite les pollueurs à intégrer dans leurs décisions les dommages générés par leur émission de gaz carbonique comme s’ils en étaient eux-mêmes les victimes. Il aligne les intérêts particuliers sur l’intérêt général. On rappellera que, si rien n’est fait, nous atteindrons le seuil d’une augmentation de la température moyenne sur terre de 2 °C d’ici à 2038, et le temps des demi-mesures et de l’hésitation est largement passé. Nous savons qu’augmenter le prix du carbone est une politique efficace. Sans lien social fort, les consommateurs réagissent mieux aux « signaux prix » qu’à tout autre mécanisme d’incitation. Ainsi en Europe, où le prix de l’essence est en moyenne deux fois plus élevé qu’outre-Atlantique, les voitures sont plus petites, plus légères et plus sobres, ce qui contribue à émettre moins de carbone par habitant. Et même s’il est vrai que certains automobilistes n’ont à court terme que peu de solutions alternatives, le prix élevé de l’essence modifie les habitudes de consommation et le choix des constructeurs à long terme. L’argument relatif à la baisse du pouvoir d’achat n’est pas convaincant. Les revenus suscités par cette fiscalité écologique doivent être recyclés dans l’économie, soit à travers la baisse d’autres taxes (comme celles qui pèsent sur le travail), soit pour financer d’autres politiques publiques efficaces. A ce propos, la plupart des économistes sont contre une imputation d’une recette fiscale à des dépenses spécifiques, comme par exemple des subventions en faveur de la transition énergétique. »

 

 

REMONTÉE DES TAUX D’INTÉRÊT : DANGER MORTEL

REMONTÉE DES TAUX D’INTÉRÊT : DANGER MORTEL

 

La remontée des taux est sans doute le danger le plus grave pour l’économie internationale et en particulier pour l’Europe. Certes les déclarations  officielles tentent de minimiser le risque. Il n’y a guère que quelques experts vraiment autonomes mais aussi  la Banque des règlements internationaux (BRI),   »la banque centrale des banques centrales », pour s’inquiéter des conséquences de la montée de l’endettement sur l’activité future. Les taux bas ont en effet fait monter la dette, créer de véritables bulles, fragiliser le secteur bancaire. Mais la remontée de l’inflation alors que la croissance se tasse va inévitablement booster les taux. Exemple  à l’heure de la clôture européenne vendredi, le rendement des emprunts d’Etat américains à dix ans a touché un nouveau pic de plus de sept ans, à 3,246%. Le 30 ans américain a quant à lui atteint un plus haut depuis juillet 2014, à 3,412%. Dans la foulée, le taux du Bund allemand de même échéance a dépassé 0,58%, pour la première fois depuis le 18 mai. « Cinq années après le début de la crise financière, l’économie mondiale est loin d’avoir atteint les objectifs d’une croissance équilibrée », a estimé Stephen Cecchetti, responsable de la division économique et monétaire de la BRI, la banque centrale des banques centrales.  Au lieu d’une consolidation, l’institut d’émission de Bâle (nord de la Suisse) a identifié un certain nombre de « faiblesses structurelles » qui empêchent la mise en œuvre de réformes, a-t-il averti lors d’une conférence de presse téléphonique.  Face aux problèmes générés par la crise financière, qui a provoqué en 2008 l’effondrement de la banque américaine Lehman Brothers, et la crise des dettes publiques qui secoue depuis plus de deux ans la zone euro, les banques centrales ont joué le rôle de pompier, mais leurs capacités à secourir les Etats arrive à bout, a averti M. Cecchetti.  Il y des limites bien définies à ce que les banques centrales peuvent faire. Elles ne peuvent pas réparer les bilans, elles ne peuvent pas augmenter la productivité et elles ne peuvent pas placer la politique sur la voie de la pérennité », a insisté le spécialiste.  Dans son rapport annuel, la BRI, qui regroupe une soixantaine de banques centrales, explique que les instituts d’émission ont considérablement gonflé leurs bilans en rachetant notamment des obligations d’Etat.  L’ensemble des banques centrales ont ainsi vu leurs actifs bondir à 18.000 milliards de dollars (14.356 milliards d’euros), soit environ 30% du produit intérieur brut mondial (PIB), deux fois plus qu’il y a dix ans. La remontée de l’inflation, notamment dopée par le dynamisme de l’économie américaine risque de faire éclater certaines bulles. Pour parler simple, il va falloir rembourser avec des emprunts chers d’anciennes dettes consenties à des taux bas voire nuls. Ceci vaut pour les entreprises, les Etats et les particuliers. 

 

Iran : l’Allemagne découvre l’intérêt de la politique étrangère européenne

Iran : l’Allemagne découvre l’intérêt de la politique étrangère européenne

 

 

D’une  certaine manière, c’est un peu une surprise d’entendre Merkel plaider pour une politique étrangère commune au sein de l’Europe. Il faut dire que ses intérêts économiques sont malmenés par les décisions de Trump qui justement se plaint en particulier des exportations allemandes. L’affaire de l’Iran est en quelque sorte la goutte d’eau qui fait déborder le vase des risques commerciaux pour l’Europe et l’Allemagne en  particulier. Jusque là pourtant on peut dire que l’Allemagne avait adopté uen position de relative neutralité vis-à-vis de la politique étrangère. Pour ne pas dire un certain mépris. Témoin encore récemment sa position très ambiguë sur les frappes en Syrie pour ne pas déplaire à la Russie.  Merkel découvre aussi les risques de guerre alors qu’elle ne s’est pas impliquée jusque-là dans les conflits en cours. Mais les nouveaux conflits pourraient menacer son businesse d’où la déclaration de Merkel sur la nécessité d’une politique diplomatique commune. Politique diplomatique qui implique aussi une politique commune de défense car il apparait évident que l’OTAN protège les Etats-Unis mais pas forcément l’Europe. Trump souhaite d’ailleurs se désengager de l’OTAN (en particulier au moyen Orient), il souhaite aussi  faire payer davantage l’Europe. Merkel rejoint la position française. Selon le ministre français des Affaires étrangères, les pays européens devront se montrer “très unis et très solidaires sur les choix” dans la période qui s’ouvre, marquée par les échanges de tirs entre Israël et forces iraniennes stationnées en Syrie. “Les événements qui se produisent en ce moment donnent la preuve de cette nécessité”, a-t-il déclaré sur BFM TV. Le chef de la diplomatie française a fait donc écho à des déclarations d’Angela Merkel, pour qui “l’Europe en est toujours à ses balbutiements en matière de politique étrangère commune”. “Et c’est une nécessité existentielle de faire des progrès dans cette voie parce que les conflits ont complètement changé de nature depuis la fin de la Guerre Froide”, a déclaré la chancelière allemande lors d’un discours prononcé à Aix-la-Chapelle, en présence d’Emmanuel Macron.

Partant du constat que l’alliance avec les Etats-Unis n’avait plus valeur d’assurance tous risques, elle a insisté sur l’impératif pour les Européens de “prendre leur destin en main”. “C’est la tâche à accomplir dans le futur.”“Cela a beaucoup bougé dans ce domaine-là depuis quelques mois. La prise de conscience (…) de la nécessité pour les Européens d’avoir leur capacité de décision stratégique est devenue essentielle et que l’Allemagne le dise est encore un élément supplémentaire”, a-t-il poursuivi.

Il faut augmenter les taux d’intérêt (Deutsche Bank)

Un peu gonflé le patron de la Deutsche Bank qui avait tripoté- avec d’autres- sur les taux de change et qui réclame maintenant une hausse des taux de pour améliorer la rentabilité des banques Le patron de Deutsche Bank, John Cryan, a appelé, mercredi, la Banque centrale européenne (BCE) à mettre fin à l’ère de l’argent très bon marché qui conduit à la création de bulles et handicape les banques européennes. La politique des taux d’intérêt au plus bas a un autre effet indésirable, en ayant « contribué à une baisse de l’activité des banques européennes » de 23% par rapport à avant la crise, selon le banquier. Un processus qui se poursuit car des prêts contractés dans le passé à des taux plus élevés viennent chaque jour à échéance. Ceci étant, on  voit mal pourquoi la BCE remonterait  ses taux puisque l’inflation est encore très loin de son objectif de 2 % et que par ailleurs la reprise de la croissance en Europe est encore relativement fragile. Enfin un relèvement des taux serait susceptible de faire encore remonter l’euro. Finalement ce discours de certaines banques allemandes est assez contradictoire.

 

Défense européenne : « pas d’intérêt »! (Mélenchon)

Défense européenne : « pas d’intérêt »! (Mélenchon)

 

Insoumise sur le plan intérieur,  la France doit rester insoumise au plan international et même refuser toute idée de coopération européenne d’après Mélenchon. Une posture qui découle du cocktail souverainiste, anticapitaliste, anti impérialiste et pacifiste qui caractérise les orientations de Mélenchon. Une posture par ailleurs proche de celle du Front National sur deux nombreux points et pas seulement sur le plan économique. Les seules différences concernent le champ sociétal. On sait pourtant que la France est engagée dans de nombreux théâtres d’opérations militaires et qu’elle est à bout de souffle du fait de l’indifférence de nombre de pays européens bien contents de bénéficier de cette engagement mais bien content aussi de ne pas y participer même sur le plan financier. Sur le plan économique,  l’obsession souverainiste conduit donc aussi à l’isolement militaire alors qu’on sait  très bien que la France n’a plus les moyens financiers pour assurer seule la défense de ses intérêts. En outre, le pacifisme affiché conduit de fait à légitimer la politique agressive de la Russie. Pour preuve cette déclaration à propos de l’éventualité d’une politique de défense européenne commune : « Car ça voudrait dire que nous nous trouverions engagés dans tous les conflits qui pourraient survenir dans toute l’Europe, y compris ceux que pourraient déclencher inopinément les pays qui sont mitoyens de la Russie et qui ont des comptes à régler avec elle depuis au moins un millénaire? Il ne peut pas en être question », a-t-il dit. « Les Russes sont nos partenaires et ils devraient être impliqués dans une politique de paix européenne comme des partenaires et pas comme des adversaires », a-t-il ajouté.  L’idée d’une Europe de la Défense, que Paris et Berlin souhaitent faire avancer à l’occasion des 60 ans du traité fondateur de l’Union européenne le 25 mars, n’a aucun intérêt et soulève de nombreuses questions, a estimé lundi Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle. »Il n’y a pas d’intérêt à une coopération militaire en Europe », a dit le leader du mouvement de « La France insoumise » lors d’une conférence de presse à Paris consacrée à ce dossier. « Ce n’est pas une idée raisonnable du tout, on ne peut pas avoir une défense commune pour une entité qui n’a pas de souveraineté commune (…) la Défense est la question ultime que l’on met en commun dans un rassemblement de nations », a ajouté le co-fondateur du Parti de Gauche. « Je ne le ferai pas, je m’y opposerai, je suis pour la paix et je ne suis pas pour la constitution d’ensembles militaires qui finissent toujours par avoir besoin de se donner des raisons d’exister », a-t-il ajouté.  » Une réflexion pas totalement fausse mais qui s’applique autant à un ensemble purement français !  Dans une interview au Monde publiée lundi, François Hollande a pour sa part préconisé une « coopération structurée, pour fédérer les pays qui veulent aller beaucoup plus loin » en matière de défense, estimant que l’UE, ébranlée par le Brexit, pouvait se relancer par la Défense. « Penser qu’on va reconstruire l’Europe, la relancer comme l’a dit le président Hollande, par l’Europe de la défense, c’est une vision terrible, on n’a pas fait l’Europe pour ça, on a fait l’Europe pour faire la paix », a réagi Jean-Luc Mélenchon. Raccourci évidemment simpliste comme souvent chez Mélenchon qui ne fait pas dans la dentelle pour convaincre ses partisans.

«Il faudrait que les syndicats soient au service de l’intérêt général» (Agnès Verdier-Molinié)

 «Il faudrait que les syndicats soient au service de l’intérêt général» (Agnès Verdier-Molinié)

Dans une interview au Figaro Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’iFRAP, think thank flingue les syndicats considérant qu’ils ne sont pas au service de l’intérêt général. Une critique cinglante qui n’est pas sans fondement mais quand même un peu caricaturael quand on connaît le peu d’intérêt du patronat pour une véritable concertation. La vérité c’est que les syndicats sont condamnés à adopter des postures le plus souvent protestataire par faute d’objet social du syndicalisme. En effet du fait de l’absence de transparence des stratégies économiques des entreprises, les syndicalistes n’ont d’autre choix que de se réfugier dans l’opposition systématique. L’absence de transparence et de volonté de concertation nourrissent l’ignorance, l’incompétence et le corporatisme. De ce point de vue le patronat a les syndicats qui méritent et fêtent émerger des représentants du personnel au profil essentiellement contestataire.

 

LE FIGARO. – Y-a-t-il des syndicats plus enclins que d’autres à réformer le marché du travail français?

Agnès VERDIER-MOLINIÉ. - Parler de syndicats réformistes en France est assez difficile. Il y a plutôt les tenants du blocage systématique que sont FO et la CGT et les tenants du blocage moins systématique que sont la CFTC, la CFE-CGC et la CFDT. Mais au final, où est la différence? Si on écoute la CFDT et la CFTC sur le projet de loi El Khomri, on ne fait pas du réformisme mais de la réformette. Les soi-disant réformistes ne veulent pas du barème des indemnités prud’homales, ils ne veulent pas des nouvelles modalités du licenciement économique, ils ne veulent pas plus de liberté pour l’employeur sur l’organisation du travail et la flexibilité des horaires (qui marche si bien en Allemagne). Bref, les «réformistes» ne veulent rien de ce qui pourrait avoir un impact et rendre plus flexible le marché du travail et faire baisser la peur de l’embauche. Tout de même, accordons aux «réformistes» leur accord en faveur du référendum d’entreprise et de la consultation des salariés. Mais… à une condition, comme l’explique très bien Laurent Berger, que le référendum «ne puisse intervenir qu’à l’issue de la négociation et à la seule initiative des syndicats signataires». Si on suit les réformistes, ça va bouger, c’est sûr mais seulement d’un millimètre.

 

Cette situation de blocage que l’on rencontre actuellement pour la loi travail nous révèle-t-elle quelque chose du syndicalisme à la française?

Cette situation démontre une représentation syndicale à bout de souffle. Elle semble terrorisée par des employeurs qui pourraient demander directement l’avis des salariés et se passer d’elle. N’oublions pas que moins de 5% des salariés du privé sont syndiqués. Pire, selon un sondage Opinionway de 2015, deux-tiers des Français considèrent que les syndicats ne sont «pas représentatifs». Et 54% qu’ils ne sont «pas utiles». Moins de 50% des Français leur font confiance pour négocier et gérer les organismes paritaires et les deux tiers des Français ne se sentent proches d’aucun syndicat.

 

«Si leur positionnement reste le même, les prochaines années verront le syndicalisme français uberisé car il n’est plus du tout en phase avec les évolutions contemporaines

Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’iFRAP

On ne peut donc pas dire que nos syndicats soient plébiscités! L’opinion publique sent confusément que nos syndicats sont plus les tenants de l’immobilisme et du statu quo. Dans toutes les réformes, ils défendent leurs rentes sectorielles et les font même jouer les unes contre les autres: les régimes spéciaux publics contre les avantages acquis des salariés du privé, les retraites publiques contre les retraites privées etc. Les bastions qui gagnent sont toujours les mêmes. Si leur positionnement reste le même, les prochaines années verront le syndicalisme français «uberisé» car il n’est plus du tout en phase avec les évolutions contemporaines: flexibilité et anticipation plutôt que passéisme et immobilisme.

 

Avez-vous des propositions pour réformer le syndicalisme?

A la Fondation iFRAP, nous proposons aux les gouvernements et responsables politiques en général d’être vaillants face aux syndicats. Nous souhaiterions qu’ils soient moins faibles et qu’ils cessent de les ménager systématiquement. Pourquoi avoir ajouté, sous la droite, avec Gérard Larcher à la fin janvier 2007, l’article L.1 qui dispose que: «Tout projet de réforme envisagé par le Gouvernement qui porte sur les relations individuelles et collectives du travail, l’emploi et la formation professionnelle et qui relève du champ de la négociation nationale et interprofessionnelle fait l’objet d’une concertation préalable avec les organisations syndicales de salariés et d’employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel en vue de l’ouverture éventuelle d’une telle négociation.» Nous nous sommes liés, en connaissance de cause, à la capacité de blocage de syndicats. La solution pour en sortir? Passer à côté et adopter, avec le soutien des Français, les mesures de réforme. Cela passe par des référendums à la fois au niveau des entreprises (y compris et surtout à l’initiative de l’employeur) et au niveau national. Cela passe par une vraie transparence de la gestion (et cogestion) paritaire totalement opaque aujourd’hui. Cela passe aussi par la construction d’un nouveau syndicalisme, vraiment réformiste et représentatif, avec la mise en place d’un chèque syndical qui aboutirait à ce que plus de Français soient syndiqués mais mieux syndiqués. Enfin apparaîtraient des syndicats au service de l’intérêt général qui nous manquent tant aujourd’hui.

 

Remontée des taux d’intérêt reportée par la Fed

Remontée des taux d’intérêt reportée par la Fed

 

Il se confirme que la Fed doit nécessairement prendre en compte les incertitudes qui pèsent sur l’économie internationale, du coup il est peu vraisemblable que la banque centrale américaine relève encore ses taux en 2016 des taux (seulement augmentés de 0, 25 en décembre 2015). La Fed avait d’ailleurs  pris de nombreuses précautions oratoires pour justifier de ce relèvement notamment en indiquant que le resserrement progressif tiendrait compte des résultats de l’inflation hors précisément cette inflation est loin de justifier d’autres augmentations de taux. Sur un an, la progression de indice des prix à la consommation est de 0,5%, soit légèrement mieux que le consensus (+0,4%). Mais  bien loin de l’objectif de la Fed qui vise 2 % par an.  La Fed qui considère que les États-Unis ont atteint leurs objectifs en matière de croissance et d’emploi voudra en effet tenir compte du net ralentissement de l’activité internationale. Un relèvement trop significatif des taux serait susceptible de provoquer un effet de contagion dans différents pays notamment en Europe et dans les pays en développement. Certes la croissance américaine est encore solide autour de 2 % par an sur un an mais elle ne pourra être longtemps à l’abri du tassement mondial observé en particulier en Chine (notamment sur les exports comme sur les imports).  Les perspectives économiques aux Etats-Unis sont rendues « plus incertaines » par les turbulences sur les marchés financiers qui vont aussi influencer le rythme des futures hausses de taux directeurs, ont estimé les membres de la Réserve fédérale (Fed) lors de leur dernière réunion monétaire. Selon les minutes de cette réunion des 26 et 27 janvier publiées mercredi, la Fed a pris acte d’un « durcissement » des conditions financières et estime que « l’incertitude » quant aux perspectives économiques a augmenté face à ces « récents développements économiques et financiers ». Les membres de la Fed ont averti qu’ils prendraient en compte, entre autres, des implications des turbulences sur les marchés pour « le rythme et le calendrier » des ajustements monétaires. Après les avoir relevés en décembre 2015 pour la première fois en 9 ans, le Comité Monétaire de la Fed (FOMC) avait laissé les taux directeurs inchangés il y a trois semaines, notant le ralentissement de la croissance américaine au quatrième trimestre et le sévère accès de volatilité des marchés. Concernant la Chine, certains se sont inquiétés du fait que les changements structurels en Chine et les déséquilibres financiers puissent « conduire à une décélération de l’économie plus sévère que prévue ». « Le cas échéant, cela augmenterait le stress économique et financier sur les économies émergentes et autres producteurs de matières premières comme le Canada et le Mexique », qui sont parmi les premiers partenaires commerciaux des Etats-Unis. « Sans compter », ajoute la Fed, « que les marchés financiers mondiaux pourraient continuer d’être affectés par l’incertitude quant au régime de change chinois ». Certains s’inquiètent ainsi « du frein potentiel du ralentissement en Chine sur l’économie des Etats-Unis ».

(Avec AFP)

Régionales : une élection non représentative et sans intérêt

Régionales : une élection non représentative et sans intérêt

La plupart des Français n’iront pas voter et les élections régionales seront une caricature démocratique. Pourquoi ? La première raison ; c’est que la plupart ignorent le rôle de la région, qu’ensuite il s’agit d’une élection après une réforme complètement ratée puisque finalemenet on maintenu les départements (donc les dépenses inutiles qui vont avec), sans parler des découpages fantaisistes  des régions. Seconde raison, si  les élections présentent un intérêt pour l’armée de candidats (le lobby des élus) , par contre cette élection est complètement anecdotique pour le plus grand nombre. Du coup l’absention serait de l’ordre de 60% ; Et ceux qui iront voter vont surtout manifester leur opposition plutôt que leur conviction. Une sorte de vote défouloir  La participation pour les régionales des 6 et 13 décembre serait de 40% et les listes de la droite et du centre arriveraient nettement en tête au premier tour (32%), devant celles du FN (26%) et du PS (20%), selon un sondage Ipsos diffusé vendredi. Le taux de participation serait en recul de 6,3% par rapport au précédent scrutin de 2010. Les listes du Front de gauche ou d’Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) obtiendraient 12% des suffrages.

Hausse des taux d’intérêt :la FED tergiverse

Hausse des taux d’intérêt :la FED  tergiverse

 

La FED  continue grande d’entretenir la plus grande confusion sur la perspective d’une hausse des taux pendant des mois elle n’a cessé d’affirmer que cette hausse des taux était incontournable dès lors qu’on constaterait une amélioration de l’emploi et de l’activité. Or elle ne cesse de faire des reculs successifs pour retarder encore sa décision en s’appuyant d’abord sur le tassement de l’activité économique mondiale. Ce que constatent  d’ailleurs l’OCDE et  le FMI qui réclament  à cet égard la plus grande prudence. Du coup la FED qui observe aussi une diminution de la croissance des emplois aux États-Unis semble prête à reporter encore sa décision. Mais c’est hésitations alimente la volatilité des marchés et ne donne pas une perspective claire. La Réserve fédérale américaine a donc estimé que l’état de l’économie n’était pas loin de justifier une hausse des taux d’intérêt en septembre, mais les responsables de la politique monétaire aux Etats-Unis ont jugé qu’il était prudent d’attendre des données montrant que le ralentissement économique mondial ne faisait pas dérailler l’activité du pays. Selon le compte-rendu de la réunion de politique monétaire des 16 et 17 septembre, il apparaît que les banquiers centraux se sont montrés préoccupés des signes suggérant un ralentissement économique mondial, tout en estimant que ceci n’avait pas « de manière significative » bouleversé les perspectives pour l’économie. La Fed avait pris les investisseurs en observant le statu quo monétaire lors de la réunion du mois de septembre, alors qu’une première hausse des taux d’intérêt en près de 10 ans avait été anticipée. Le fait que la banque centrale américaine ne resserre pas sa politique monétaire avait été interprété comme le symptôme d’une conjoncture mondiale bien plus déprimée que prévu, ce qui s’était traduit par une forte chute des marchés actions mondiaux dans les jours qui avaient suivi. Selon le compte-rendu, la plupart des membres du comité de politique monétaire de la Fed ont jugé lors de cette réunion qu’il était toujours justifié de relever les taux « d’ici la fin de l’année ». Depuis, des chiffres de l’emploi pour le mois de septembre largement inférieurs aux attentes ont conduit nombre d’acteurs de marché à exclure toute hausse des taux en 2015, sentiment en partie à l’origine du rebond de Wall Street depuis le début du mois.

Top 50 personnalités : sans beaucoup d’intérêt.

Top 50  personnalités : sans beaucoup d’intérêt.

 

 

Ce top 50 des personnalités  avec Goldman, encore en tête n’a pas beaucoup de signification. D’ailleurs Goldman lui-même avait souhaité ne plus y figurer. On n’y retrouve surtout des gens du spectacle avec quelques politiques, quelques sportifs parfois. Par contre pas de scientifiques, de militants humanistes bref de personnalités qui se caractérisent  par leur qualité humaine et ou  intellectuelle. Vraisemblablement si on avait proposé des animateurs de la télé ils se seraient retrouvés en tête. Cela ressemble surtout à un classement de popularité dans le showbiz. Ceci étant si Goldman en tête ce ne semblent pas à hasard dans la mesure où depuis des années il s’est réfugié dans le silence et se refuse à tout affichage public. Le plus secret des artistes français réalise un score de maréchal, ce qui ne le réjouira guère, 13 points devant son dauphin Omar Sy, un écart rarement atteint en plus de vingt-cinq ans de classement. Son vœu de silence fait le terreau de sa popularité et contribue à son image consensuelle : l’homme ne segmente pas, règle d’airain pour un lauréat du Top 50.  Les monstres sacrés, dans la chanson ou le cinéma, sont une matière de choix du Top 50 : Renaud (4e), icône de gauche, dont la part rebelle s’efface devant l’héritage de son répertoire ; Belmondo (9e), qui monte de 14 places alors que TF1 va bientôt diffuser un document hommage réalisé par son fils Paul ; Cabrel (12e), Rochefort (20e), Auteuil (24e), Hallyday (25e) et Sardou (29e), tous en progression, ou encore Souchon, qui fait son retour : autant d’artistes dont les Français reconnaissent la vertu de génération en génération. Les chutes peuvent être autant spectaculaires : Noah (-14 places) et Zidane (-10), deux anciens lauréats, dont la magie semble s’étioler ; Jean Dujardin (-13), encore sur le podium en janvier, qui paie peut-être la peopolisation de sa nouvelle vie. C’est le paradoxe des Français : ils s’intéressent à l’intimité des gens publics mais la jugent sévèrement. Au couple le plus épié de l’été, le Top 50 IFOP-JDD fait ainsi un drôle de sort : François Hollande y sauve tout juste sa place (50e) tandis que Julie Gayet, proposée pour la première fois, n’y fait même pas son entrée. Finalement une place surprenante pour Hollande et même très satisfaisante compte tenu de ses résultats !

Livret A : bientôt un taux d’intérêt négatif ?

Livret A : bientôt un taux d’intérêt négatif ?

Comprenne qui pourra mais la rémunération à 1% du livret A coûte cher à l’économie d’après le gouverneur de la Banque de France. Conclusion, on pourrait un jour connaître des taux négatifs. En fait l’épargnant serait contraint de payer pour déposer son argent sur le livret A. Ce qu’il fait déjà en faat si on tient compte de l’évolution réelle de l’inflation. Une inflation officiellement autour de 0.3% sur un an mais calculée sur un indice obsolète de l’INSEE qui ne tient pas compte de la déformation de la structure de consommation. En clair les prix baissent sur des articles que le consommateur achète peu ou pas tandis que les prix des services notamment, eux, augmentent, ce sont en particulier les dépenses contraintes (dernier exemple en date les prix de l’électricité qui vont augmenter de 2.5%  au premier août). Le Livret A va-t-il encore être touché par une éventuelle baisse de son taux rémunérateur ? C’est en tout cas ce que révèle le JDD, en rapportant une réflexion du gouvernement concernant la révision à la baisse du taux, qui est de 1%. L’épargne la plus prisée des Français, avec 61 millions d’épargnants recensés, pourrait devenir beaucoup moins intéressante.   En effet, le journal indique que les discussions portent sur une révision à 0,5%, ou plutôt vers un consensus à 0,75%, sans doute au plus grand mécontentement des épargnants. Le gouvernement appliquerait dans ce cas la quatrième baisse depuis 2012.   Le gouverneur de la Banque de France milite fortement dans ce sens : le taux du Livret A freine la reprise en France. Nos banques qui empruntent à 0,05% rémunèrent nos livrets à 1%. Cela leur coûte cher. Ce sont autant de financements en moins pour les entreprises ».  Ainsi, la rémunération excessive a des répercussions directes sur la construction de logements sociaux. « La Caisse des Dépôts, qui finance 60% du logement social, trouve elle aussi la facture trop lourde : une rémunération deux fois supérieure à l’inflation, comme c’est aujourd’hui le cas, lui « coûterait » la non-construction de 5.000 logements HLM par an », explique-t-il. Du pipeau car si la construction des logements sociaux diminue c’est surtout en raison de la situation catastrophique des collectivités locales et des organismes qui y sont rattachés.

Les taux d’intérêt sont trop bas , ( BRI)

Les taux d’intérêt sont trop bas , ( BRI)

Devant la complexité de la crise chacun y va de sa petite analyse sectorielle. Cette fois c’est celle de la banque des règlements internationaux qui estime que les taux d’intérêts sont trop bas. Pourquoi ? il n’en savent  sans doute rien puisque -pour l’instant tout au moins-l’ inflation n’est plus que sage. Tendanciellement ces taux devraient bien sûr monter puisqu’ils sosnt au plancher mais il n’y pas de religion des taux. Ces taux doivent juste refléter l’inflation et e ce qui est nécessaire à la rémunération des capitaux prêtés. Si les taux sosnt bas c’est précisément pour tenter de remédier à ‘l’instabilité économique ( des Etats Unis d’abord, de l’Europe ensuite, de la Chine récemment).  Les taux d’intérêt sont trop bas à l’échelle mondiale et posent un problème de plus en plus important pour la stabilité économique et financière, prévient pourtant  la Banque des Règlements internationaux (BRI) dans son 85e rapport annuel publié dimanche. L’institution, souvent présentée comme la banque centrale des banques centrales, estime en conséquence que la normalisation des politiques monétaires devrait intervenir rapidement et souligne que la croissance mondiale est inégale, que les niveaux d’endettement sont élevés et en augmentation. Elle relève que l’explosion de la croissance du crédit montre que les déséquilibres financiers s’accumulent à nouveau. Pour la BRI, le principal facteur d’instabilité est à rechercher dans les politiques de taux d’intérêt « excessivement bas » mises en œuvre en réponse à la crise financière mondiale de 2008-2009 et aux craintes de déflation alimentées par la forte chute des cours du pétrole dans la seconde partie de l’année dernière. Le maintien des taux d’intérêt à ces niveaux historiquement très bas menace d’infliger de « graves dégâts » au système financier ( Mons de rémunération ? ndlr) et d’exacerber la volatilité sur les marchés tout en limitant les marges de manœuvre des responsables économiques lors de la prochaine récession. « La prise de risque sur les marchés financiers dure depuis trop longtemps. Et l’illusion que les marchés demeureront liquides dans des situations de stress est trop répandue », avertit la BRI. « La probabilité de turbulences va encore s’accroître si les conditions extraordinaires actuelles sont prolongées. Plus on tend un élastique, plus il se contracte violemment. » Claudio Borio, directeur du département monétaire et économique de la BRI a résumé l’état de l’économie et du système financier mondial en le caractérisant comme un environnement d’excès d’endettement, d’insuffisance de croissance et de taux d’intérêt trop bas.

 

Grèce : remontée des taux d’intérêt

Grèce : remontée des taux d’intérêt

 

Les spéculations politiques sur de possibles élections législatives nourrissent la crainte des marchés. Samaras le Premier Ministre semble vouloir en effet spéculer sur les avantages politiques  d’une sortie anticipée du pal de crise de l’UE et du FMI. Cette manœuvre politique se retourne en fait contre la Grèce.  Le rendement des obligations d’Etat grecques a donc atteint mardi son plus haut niveau depuis sept mois et la Bourse d’Athènes perdait plus de 5% dans l’après-midi, la volonté d’Athènes de se libérer plus tôt que prévu du cadre de la « troïka » préoccupant les investisseurs. Une poursuite de ce mouvement pourrait contrecarrer la volonté du Premier ministre Antonis Samaras d’abandonner le plan d’aide de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) avant la fin de cette année, donc plus d’un an avant l’échéance initialement prévue, dans l’espoir de tirer de cette initiative des gains politiques. Le rendement de la dette grecque à dix ans a franchi le seuil symbolique de 7%, atteignant son plus haut niveau depuis mars. Et vers 15h00, le principal indice du marché boursier athénien abandonnait 5,6%. L’indice des banques grecques chutait de 6,8%. Athènes a réalisé avec succès deux émissions obligataires cette année mais les rendements de sa dette sont remontés ces dernières semaines, la perspective d’une sortie prématurée du plan d’aide faisant craindre une remise en cause de l’assainissement budgétaire. Certains investisseurs redoutent aussi la convocation de législatives anticipées début 2015.   »Il y a un mini-mouvement de panique aujourd’hui à cause de l’incertitude politique », a dit un trader à Athènes, qui a requis l’anonymat. « Avec le rendement à dix ans au-dessus de 7%, il semble que le projet du gouvernement d’une sortie anticipée du plan d’aide puisse être menacé. »

L’action de la BCE sur les taux d’intérêt inefficace

L’action de la  BCE sur les taux d’intérêt inefficace

 

 

Un mois après les décisions de la BCE la situation économique n’a guère changé, elle a même empiré puisque la croissance est encore moins forte que prévu et que les prix baissent aussi plus qu’attendu. En fait cela montre les limites de la politique d’intérêt. Il faudra bien que la BCE puisse se résoudre à mettre en œuvre une vraie politique accommandante en achetant des actifs (en clair notamment des dettes des Etats), ce qui aurait auusi pour effet de faire baisser un euro surévalué qui plombe la compétitivité. Ce jeudi 3 juillet, la Banque centrale européenne(BCE) tient  donc sa conférence mensuelle, évènement toujours âprement scruté par les investisseurs. Mais contrairement au mois dernier où il avait livré un imposant cocktail de mesures, Mario Draghi, le président de l’institution, devrait marquer une pause. « La BCE ne va probablement pas dévoiler de nouvelles annonces dans la mesure où elle va attendre de juger les effets de l’ensemble des mesures communiquées en juin », estime ainsi Jennifer McKeown, économiste chez Capital Economics. A première vue, les effets des mesures du mois dernier semblent encore timides. La BCE escompte faire reparti l’inflation et, à l’inverse, tirer l’euro vers le bas. Or la parité euro-dollar n’a pas baissé depuis la précédente réunion de la Banque centrale européenne. La monnaie européenne se situe à 1,367 dollar contre environ 1,36 il y a un mois. La faute à un discours trop mou de la part de la BCE?   En fait la monnaie unique a commencé à baisser au début du mois jusqu’à mi-juin avant de repartir à la hausse. « On a eu des nouvelles décevantes aux Etats-Unis, notamment les chiffres de la croissance au premier trimestre », explique Nordine Naam, stratégiste chez Natixis. « Il y a donc une vraie faiblesse du dollar », souligne-t-il. En d’autres termes, ce n’est pas tant l’euro qui résiste que le dollar qui flanche. Quant à l’inflation les derniers chiffres publiés n’ont pas encore signalé d’embellie. La hausse des prix est ainsi restée à son plus bas historique au mois de juin, à 0,5%. Concernant le crédit, que la BCE veut relancer, les statistiques du mois de juin ne sont pas encore disponibles. Mais Benoît Heitz, économiste zone euro chez Société Générale relève que « ce que l’on observe, c’est que depuis les annonces de la BCE il y a eu une transmission sur le marché monétaire et sur la dette souveraine ». « Maintenant il faut voir si cette baisse des taux peut franchir le dernier étage de la fusée et se diffuser aux crédits aux entreprises et aux ménages », ajoute-t-il.  En somme il est encore un peu tôt pour tirer le bilan, d’autant que la BCE pourrait encore durcir son action. « Mario Draghi a fait le job maintenant on attend de voir les détails des mesures et de savoir s’il va en remettre une couche », analyse Nordine Naam. Les investisseurs veulent voir si le président de la BCE donnera des signes sur un éventuel « assouplissement quantitatif » (rachat de dette sur le marché et notamment de dette souveraine), mesure qualifiée de « bazooka » par les experts. C’est aussi en ce sens que pousse Manuel Valls. « Je souhaite qu’une banque centrale puisse aller plus loin, notamment en achetant des titres sur le marché », a-t-il déclaré aux Echos du 2 juillet. Avant d’affirmer que « la politique monétaire ne peut passer exclusivement par des mouvements sur les taux d’intérêt ». Mario Draghi a dû apprécier…

 




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol