Archive pour le Tag 'insuffisants'

Coronavirus : des moyens, toujours insuffisants (collectif Inter-Urgences)

Coronavirus :  des moyens, toujours insuffisants (collectif Inter-Urgences)

Sur franceinfo Juliette Richard, infirmière aux urgences pédiatriques de Robert Debré, membre du collectif Inter-Urgences alerte encore sir le manque de considération et de moyens;

 

Êtes-vous favorable à la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes professionnelles et bénévoles du Covid-19 ?

 

Juliette Richard : On est favorable à cette demande. Mais cela fait plus d’un an qu’on réclame des moyens. Pour le personnel médical hospitalier, c’est une demande de revalorisation salariale pérenne qui est souhaitée et nécessaire. Lorsqu’une énorme partie des services d’urgence avait fait la grève, il avait été proposé par Agnès Buzyn quelques petites primes qui allaient à peine jusqu’à 300 euros. Dans mon service de pédiatrie, on a reçu à peine 15 euros sur les 300 promis. Il y a une certaine frustration de ce côté-là. Il avait aussi été question d’une demande de revalorisation salariale puisqu’apparemment, on avait beaucoup de mal à recruter. Une autre proposition de Madame Buzyn, de l’ordre de 800 euros, encore sous forme de primes, avait été faite en début d’année. Mais elle ne concernerait que 15% du personnel. Les avancées financières ne sont pas là.

Avez-vous des nouvelles de la prime allant jusqu’à 1 500 euros devant être versée fin mai aux soignants en première ligne ?

Apparemment, les consignes pour le versement de cette prime ont été données tardivement aux services de paie, et on parle plutôt de fin juin. On ne comprend pas bien pourquoi, au niveau du décret concernant les Ehpad, il y aura une prime de 1 500 euros en zone difficile et 1 000 euros pour les autres zones. Même au niveau des professionnels hospitaliers, il y a des disparités. L’autre difficulté, c’est que ces primes, on sait quand on les touche que lorsque l’on reçoit leur notification par enveloppes, fermées et distribuées. Dans ce courrier est inscrit les calculs de répartition, que l’on n’arrive pas à comprendre. Un collègue peut bénéficier de cette prime, l’autre pas, au sein du même hôpital. Et ça créé un sentiment d’injustice. Surtout que je rappelle que les primes ne comptent pas pour notre retraite, et ça nous inquiète. On demande une revalorisation salariale pérenne de 300 euros par mois. Ça reste tout à fait raisonnable par rapport à la classification des salaires infirmiers en Europe.

Avec cette pandémie, il n’y a pas eu d’électrochoc et de prise de conscience quant à la situation des hôpitaux en France ?

Je pense qu’une prise de conscience a été faite au niveau des citoyens, qui nous comprennent et sont de manière générale très avenants. Les comportements ont changé au niveau des patients. Il y a une reconnaissance, un respect et une tolérance qui ont pu s’affirmer. Les gens sont plus patients. Avant, aux urgences, ils étaient agressifs mais là, ils sont plus apaisés, plus tranquilles. En revanche, je ne suis pas certaine qu’il y a eu une réelle prise de conscience du gouvernement. Ces demandes de revalorisation salariale, de lits supplémentaires et de personnel pour pouvoir gérer les vagues qui peuvent arriver n’étaient pas là par hasard. On l’avait pensé, on l’avait prédit. Avant de penser à un fonds d’indemnisation, il faut déjà repenser globalement l’hôpital et revaloriser les salaires. Et je ne parle pas que des urgences, mais des infirmiers et aides-soignantes de tous les services hospitaliers, parce que franchement, nos efforts sont quotidiens. Ils sont annuels, pas que en temps de grippe, de bronchiolite ou de Covid-19. Mais malheureusement, j’ai peur que cette pandémie donne envie à beaucoup de bons éléments du monde de l’hôpital de partir à cause de nos conditions de travail, et ce manque de revalorisation salariale.

France: Le plan d’urgence passe à 100 milliards mais encore très insuffisants

France: Le plan d’urgence passe à 100 milliards mais encore très insuffisants

 

L’annonce de l’augmentation du plan d’urgence risque de ne pas être la dernière. Le gouvernement annonce pour l’instant le doublement de l’enveloppe qui passe ainsi à 100 milliards au lieu de 45. Le problème c’est que ce n’est pas du tout à hauteur de l’enjeu. Il y aura d’abord une perte de recettes d’environ 75 milliards par mois du fait de l’écroulement de la croissance ( autour de 40 % depuis le confinement). À cela il faudra ajouter les dépenses supplémentaires des motifs sanitaires, économiques et sociaux. Au total une facture de l’ordre de 150 milliards. Le plan d’urgence du gouvernement est donc très largement sous-dimensionné car c’est une enveloppe de 1000 à 2000 milliards qu’il faudra envisager le moment venu

Dans un entretien au quotidien Les Echos, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire qui navigue forcément à vue se félicite cependant et a annoncé que ce plan de soutien serait porté à 100 milliards d’euros, soit plus de 4% du produit intérieur brut (PIB), contre 45 milliards initialement prévus, en additionnant la totalité des mesures budgétaires et de trésorerie en faveur des entreprises.

“Ces chiffres pourront encore évoluer car la situation économique et le besoin de soutien des entreprises changent rapidement. Nous mettons tout en œuvre pour sauver nos entreprises”, a souligné Bruno Le Maire.

Le gouvernement va examiner mercredi en conseil des ministres un projet de loi de finances rectificative qui repose sur une hypothèse de contraction de 6% du PIB cette année, la plus violente depuis la Seconde Guerre mondiale, en raison de l’épidémie de coronavirus.

Alors que des pans entiers de l’économie sont à l’arrêt et que les dépenses publiques s’envolent, le déficit public devrait atteindre 7,6% du PIB cette année, précise dans la même interview le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. Un chiffre tout à fait approximatif et aussi sous-estimé qu’on considère que chaque mois de confinement provoque une baisse de 3 % du PIB annuel. La baisse totale sera sans doute pas 7,6 % (on se demande pourquoi cette précision après la virgule ! ) Mais plutôt de 15 à 20 %.

Banques européennes : des fonds propres très insuffisants

Banques européennes : des fonds propres très insuffisants

« Les banques européennes ne disposent pas des fonds suffisants pour compenser les pertes attendues en cas de nouvelle crise financière », dit l’institut allemand de recherches économiques ZEW dans un communiqué. Professeur de finances au sein de cet institut, Sascha Steffen a collaboré avec des chercheurs de la Stern School of Business, l’école de commerce de l’Université de New York et de l’Université de Lausanne pour effectuer des tests de résistance avec les méthodes employées par la Fed en 2016 et par l’Autorité bancaire européenne (ABE) en 2014 afin de comparer les besoins en capitaux et les niveaux d’endettement des établissements étudiés. Avec la méthode de la Fed, ces 51 banques européennes affichent un déficit cumulé de fonds propres de 123 milliards d’euros, avec en tête de liste Deutsche Bank (19 milliards), Société Générale (13 milliards) et BNP Paribas (10 milliards). Les deux banques françaises ont des capitalisations boursières nettement supérieures à ces manques théoriques, respectivement de 26 milliards et 55 milliards d’euros pour Société Générale et BNP Paribas. La situation est différente pour Deutsche Bank, dont la capitalisation boursière est inférieure à 17 milliards d’euros. Pour Sascha Steffen, l’Europe serait bien inspirée de suivre l’exemple des mesures prises aux Etats-Unis après la crise financière internationale de 2008. « Les USA ont tiré leurs propres conclusions et mis en œuvre des mesures globales pour la recapitalisation du secteur bancaire américain dès 2008″, dit-il. « Le manque de volonté politique signifie que cela n’a toujours pas été fait en Europe. »

(Avec Reuters)

France : emplois insuffisants compte tenu de la démographie

France :  emplois insuffisants compte tenu de la démographie

 

Globalement la France crée des emplois depuis 2015 et le solde net est positif. Toutefois compte tenu de la démographie les 82 000 emplois créés l’an dernier dans le secteur privé sont insuffisants pour absorber les 150 000 personnes candidates à l’emploi. La France demeure toutefois à la traîne par rapport à des pays comme l’Espagne ou l’Italie, où le dynamisme des créations d’emploi est souvent attribué à des réformes du marché du travail que Paris peine à conduire. Entre le début 2014 et la fin 2015, la France a créé près de 200.000 emplois dont un peu moins de 60.000 dans le secteur privé, contre plus de 330.000 en Italie et près d’un million en Espagne. Mais si les pays du Sud font mieux, c’est aussi parce qu’ils ont massivement détruit des emplois pendant la crise. Et, en Espagne comme en Italie, l’emploi total reste inférieur au point haut d’avant la crise, de plus de 2,6 millions de postes en Espagne et de plus de 530.000 en Italie. En France, il est en revanche en hausse de près de 240.000 postes, ce qui a pu peser sur la dynamique de la productivité. Le rebond des créations d’emploi dans le secteur privé l’année dernière a été largement alimenté par la progression du travail temporaire, qui s’est accélérée avec un quatrième trimestre plus dynamique que le troisième. L’intérim, indicateur avancé de un à deux mois des variations du chômage, a toutefois fléchi en début d’année, sa croissance en glissement annuel s’établissant à +5,6% en janvier après +9,7% en décembre, selon les données publiées par Prism’emploi, la fédération des entreprises de l’intérim. L’emploi dans l’intérim aurait donc reculé entre décembre et janvier de près de 17.000, de quoi fragiliser l’amélioration enregistrée sur le front du chômage au mois de janvier, relève Alexandre Mirlicourtois de Xerfi. Pour Hélène Baudchon, économiste de BNP Paribas, il est possible que la baisse du chômage s’amorce véritablement en 2016 à la faveur d’un peu plus de croissance et du nouveau plan d’urgence pour l’emploi présenté en janvier, qui s’appuie sur de nouvelles facilités d’accès à l’apprentissage, une nouvelle prime à l’embauche dans les PME et un plan de formation de 500.000 chômeurs. « La baisse du taux de chômage resterait toutefois d’ampleur limitée, -0,1 point, faute d’une croissance plus forte et du fait du renforcement attendu des gains de productivité », prévient-elle dans une note publiée la semaine dernière.

(Avec Reuters)

Standard & Poor’s : fonds propres des banques françaises insuffisants

Standard & Poor’s : fonds propres des banques françaises insuffisants

 

 

« Nous continuons à considérer les fonds propres comme une faiblesse pour les grandes banques françaises, à l’exception du Crédit Mutuel, en matière de notation », indique S&P.  L’agence relève toutefois que des améliorations sont visibles depuis deux ans et demi, les banques ayant dû se préparer à l’entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire dit « Bâle III », plus exigeant en la matière.   »Si ces progrès devenaient plus substantiels encore, nous pourrions réviser notre jugement sur ce facteur de notation », souligne Standard & Poor’s.  Les notes des cinq grandes banques françaises, à savoir BNP Paribas (A+), BPCE (A), Crédit Mutuel (A+), Crédit Agricole (A) et Société Générale (A), sont toutes assorties d’une perspective négative, ce qui signifie que l’agence n’exclut pas de les abaisser à l’avenir.   »Cette perspective négative est liée à des points de vigilance au cas où certains scénarios se matérialiseraient. Ca donne le ton d’une vision selon laquelle les banques restent dans un environnement difficile », a expliqué lors d’une conférence de presse Elisabeth Grandin, analyste crédit chez S&P.  Si le scénario central de l’agence reste une économie en stagnation dans la zone euro, selon Mme Grandin, d’autres cas de figure plus sombres ne sont pas exclus pour autant comme « une récession plus marquée » ou « le retour des perturbations sur le marchés financiers ».  La présence en Europe du sud, en Italie plus particulièrement, est aussi un élément d’appréciation défavorable pour S&P.   »Quand vous êtes en Italie, et le risque économique de l’Italie s’est beaucoup dégradé dans notre approche depuis trois ans, cela pèse sur la vision des fonds propres qu’on a des banques italiennes et des banques françaises qui sont engagées dans ce pays », a expliqué Mme Grandin.  Plusieurs établissements français ont en effet des filiales en Italie, à l’image de BNP Paribas avec BNL ou Crédit Agricole avec Cariparma.  Interrogée sur les conséquences du projet de loi bancaire du gouvernement, examiné par l’Assemblée nationale, l’analyste crédit a souligné qu’il allait ajouter « des contraintes » aux banques mais qu’il n’avait « pas d’impact en termes de note ».  L’agence américaine prévient en outre que les revenus tirés des activités récurrentes des plus grandes banques françaises pourraient accuser un « léger repli » en 2013, suivant ainsi la tendance attendue pour 2012.

 

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