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Politique-Manif contre la police, défense de l’abaya, etc: Le suicide des « Insoumis »

Politique-Manif contre la police, défense de l’abaya, etc: Le suicide des « Insoumis »


Indiscutablement depuis des mois et des mois, les Insoumis sont engagés dans une sorte de fuite en avant gauchiste qui sans doute va se répercuter de façon significative dans leurs résultats aux élections. Ce radicalisme est en train de faire éclater la NUPES. Chacune des organisations qui la composait va par exemple déposer une liste propre aux élections européennes. La Nupes n’est pas encore morte mais l’écheance se approche et les relations entre les partenaires sont absolument détestables. Ainsi les »insoumis » viennent de traiter Roussel le secrétaire du parti communiste de nazi !

Ce samedi 23 septembre les insoumis et quelques autres organisations gauchistes appellent à manifester contre la police. Beaucoup vont reprendre le slogan : » la police tue. »

Un slogan malvenu et idiot à un moment ou émerge une très forte demande de sécurité et de protection notamment en raison des conséquences dramatiques des violences et de la drogue partout en France.

Politiquement, cette manifestation aura très peu d’échos ; peu de médias y font allusion et la participation devrait être assez anecdotique et surtout contre-productive.

Cet appel, lancé après la mort de Nahel, 17 ans, tué par un policier le 27 juin, émane de partis politiques, comme La France insoumise (LFI) et Europe Ecologie-Les Verts (EELV), mais également d’une centaine d’associations, de syndicats comme la CGT, de divers collectifs ou de mouvements comme Extinction Rebellion. Au contraire, le PCF n’appelle pas à y participer et le Parti socialiste a annoncé qu’il ne serait pas présent.

Manif contre la police, défense de l’abaya, radicalisme gauchiste : Le suicide des Insoumis

Manif contre la police, défense de l’abaya, radicalisme gauchiste : Le suicide des Insoumis


Indiscutablement depuis des mois et des mois, les Insoumis sont engagés dans une sorte de fuite en avant gauchiste qui sans doute va se répercuter de façon significative dans leurs résultats aux élections. Ce radicalisme est en train de faire éclater la NUPES. Chacune des organisations qui la composait va par exemple déposer une liste propre aux élections européennes. La Nupes n’est pas encore morte mais l’écheance se approche et les relations entre les partenaires sont absolument détestables. Ainsi les »insoumi »s viennent de traiter Roussel le secrétaire du parti communiste de nazi !

Ce samedi 23 septembre les insoumis et quelques autres organisations gauchistes appellent à manifester contre la police. Beaucoup vont reprendre le slogan : » la police tue. »

Un slogan malvenu et idiot à un moment ou émerge une très forte demande de sécurité et de protection notamment en raison des conséquences dramatiques des violences et de la drogue partout en France.

Politiquement, cette manifestation aura très peu d’échos ; peu de médias y font allusion et la participation devrait être assez anecdotique et surtout contre-productive.

Cet appel, lancé après la mort de Nahel, 17 ans, tué par un policier le 27 juin, émane de partis politiques, comme La France insoumise (LFI) et Europe Ecologie-Les Verts (EELV), mais également d’une centaine d’associations, de syndicats comme la CGT, de divers collectifs ou de mouvements comme Extinction Rebellion. Au contraire, le PCF n’appelle pas à y participer et le Parti socialiste a annoncé qu’il ne serait pas présent.

Abaya: la dérive gauchiste totale chez les Insoumis et les écolos

Abaya: la dérive gauchiste totale chez les Insoumis et les écolos

Alors que 80 % de la population approuve la suppression de l’abaya à l’école comme symbole religieux, des leaders du parti des « insoumis » et des » écolos » versent dans le gauchisme simplificateur et caricatural en s’opposant aux valeurs républicaines. Tout cela en fait pour draguer les voix des quartiers. Naëm Bestandji, essayiste et auteur de « Le linceul du féminisme. Caresser l’islamisme dans le sens du voile » (Seramis), analyse le tweet de Clémentine Autain ( qui par parenthèse n’as pas inventé la poudre) s’opposant à l’interdiction de l’abaya, à l’école. Pour lui, la députée de la France insoumise est symptomatique de la dérive d’une partie de la gauche. ( dans Marianne)

Une note des services de l’État, dont des extraits ont été diffusés dans la presse en ce mois d’août 2023, tire une énième fois le signal d’alarme. Depuis l’assassinat de Samuel Paty, les signalements d’atteintes à la laïcité au sein des établissements scolaires publics sont en forte hausse. Parmi ces atteintes, la proportion de celles qui concernent « le port de signes et tenues ne respectant pas la loi du 15 mars 2004 » a explosé. Ces hausses se sont accélérées en 2022-2023.

Si Pap Ndiaye s’était montré particulièrement frileux, en laissant les chefs d’établissements se débrouiller, répétant ainsi l’erreur de 1989, son successeur au ministère de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, n’entend pas rester inactif, déclarant dimanche 27 août : « J’ai décidé qu’on ne pourrait plus porter l’abaya à l’école. »

Les associations laïques et les féministes universalistes considèrent que cela va dans le bon sens. Mais les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. La droite et l’extrême droite ont exprimé leur satisfaction. Une partie de la gauche rejoint l’avis des associations laïques et des féministes universalistes, mais préfère se taire pour ne pas être confondue avec l’extrême droite. Une autre partie de la gauche, toujours par renoncement à ses valeurs pour soutenir l’islamisme politique, critique fortement cette décision de Gabriel Attal. Un tweet concentre tout l’aveuglement volontaire et la contorsion de cette frange de la gauche en perdition, celui de Clémentine Autain. Il est donc intéressant de l’analyser pour mesurer l’ampleur de la perte de repères.

« Les raisons sont uniquement sexistes et patriarcales. »
Son tweet, publié quelques minutes après la déclaration du ministre, commence par cette question : « Jusqu’où ira la police du vêtement ? » Parler de « police du vêtement » est une référence directe à la police des mœurs en Iran, Arabie saoudite et Afghanistan où les femmes ont l’obligation légale d’être recouvertes de la tête aux pieds. Est-ce pour des raisons de santé, en rapport par exemple avec le climat ? Pas du tout. Les raisons sont uniquement sexistes et patriarcales : la femme est considérée comme un objet sexuel tentateur dont les hommes seraient les victimes. Les coupables « naturelles » ont donc l’obligation de se dissimuler sous un voile et des vêtements amples pour cacher leurs formes. Pour légitimer cette misogynie, les islamistes au pouvoir font appel à la religion et intègrent cette obligation dans la charia.

Cela peut-il être comparé à la décision du nouveau ministre de l’Éducation nationale en la présentant comme un miroir inversé de ces pays ? Non. D’abord, leur « police du vêtement » sanctionne toute oreille, épaule ou mèche de cheveux visible dans l’espace public en général. La loi de mars 2004 en France interdit « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse », uniquement dans les écoles, les collèges et les lycées. L’espace public en général n’est pas concerné. De plus, cela concerne uniquement les établissements scolaires publics. Les établissements scolaires privés peuvent donc les autoriser. Ensuite, cette interdiction en France concerne tous les élèves, quel que soit leur sexe.

Dans les pays sous-entendus par Clémentine Autain, l’obligation d’être intégralement couvert ne concerne que les femmes. Là, pointe une autre différence. Les motivations de ces pays sont discriminantes et misogynes. Celles de la France sont la préservation de la liberté de conscience de tous les élèves, citoyens en construction, et d’empêcher toute pénétration de propagandes religieuses et politiques dans les établissements scolaires. Enfin, dans les pays où il existe une « police du vêtement », les sanctions en cas d’infractions vont de l’amende à la prison et parfois à la mort. Les élèves français courent-ils de tels risques ? Non. La sanction encourue la plus extrême est l’exclusion temporaire ou définitive précédée, comme l’indique la loi de mars 2004, d’un dialogue avec l’élève pour éviter l’exclusion.

« La députée LFI se piège elle-même. »
Toutefois, il existe bien une « police du vêtement » en France, incarnée par ceux qui prescrivent le port du voile et des vêtements couvrants dont l’abaya est un avatar. En désignant les « femmes respectueuses et pudiques » qui décident de se dissimuler sous les vêtements qu’ils leur prescrivent, et les « impudiques » qui s’en dispensent, en promettant les flammes de l’enfer pour les récalcitrantes et le paradis pour celles qui consentent à se soumettre, en valorisant la soumission patriarcale par la fierté de l’affichage identitaire et la trahison par les cheveux au vent et/ou des bras nus par exemple, les prédicateurs islamistes sont l’unique « police du vêtement ».

L’entourage des concernées, dont des camarades de classe, constitue les agents de terrain. Car, il faut le rappeler, des jeunes filles identifiées comme « musulmanes » sont sommées d’afficher leur solidarité avec les contrevenantes en s’affublant elles aussi d’un voile et/ou d’une abaya. C’est aussi de cela que le ministre veut protéger les élèves. Mais Clémentine Autain ne dénonce pas la « police du vêtement » islamiste. Comme toute cette frange de la gauche en perdition, elle dénonce uniquement celles et ceux qui s’y opposent.

Pour cela, la députée LFI se piège elle-même. Comment pourrait-il en être autrement quand on veut défendre l’indéfendable ? En effet, elle affirme que « la proposition de Gabriel Attal est anticonstitutionnelle. Contraire aux principes fondateurs de la laïcité. Symptomatique du rejet obsessionnel des musulmans. » Or, cette proposition n’a rien d’anticonstitutionnel puisqu’elle est une application de la loi de mars 2004. Le premier principe fondateur de la laïcité, à travers la séparation des Églises et de l’État, est la liberté de conscience. Cette liberté n’est pas entravée par la loi de 2004. Au contraire, elle en assure la protection en préservant les élèves de toute influence religieuse dans les établissements scolaires publics. Le second principe fondateur est le libre exercice des cultes, qui est toujours encadré par la loi (ici, celle de 2004) comme le précise la loi de 1905.

« Ils considéraient le patriarcat oriental comme une forme de folklore inoffensif. »
Enfin, si l’idée de Clémentine Autain est de faire de l’abaya un vêtement comme un autre qui obséderait le gouvernement et « l’extrême droite », alors pourquoi parler des musulmans ? S’il s’agit d’un vêtement religieux, alors la proposition de Gabriel Attal concerne bien la laïcité.

Le plus choquant est que la députée considère que s’opposer à l’abaya revient à rejeter tous les musulmans. Elle prend une position théologique où elle s’aligne sur une interprétation extrémiste de l’islam qu’elle considère comme l’islam tout court. Elle reprend ainsi un des éléments de langage de l’islamisme qui assigne tous les musulmans à leur frange radicale. Pour caresser l’islamisme dans le sens du voile, elle balaye d’un revers de main tous les musulmans qui ne reconnaissent pas ces vêtements comme religieux. Au-delà du calcul électoral, sa vision stéréotypée, orientaliste, paternaliste de l’islam et des musulmans est un stigmate post-colonial des colons « bienveillants » d’antan. Ils n’imaginaient pas les musulmanes autrement que dissimulées sous un voile et des vêtements amples. Ils considéraient le patriarcat oriental comme une forme de folklore inoffensif.

La dernière phrase du tweet de Clémentine Autain est la cerise sur le gâteau : « À peine rentrée, la macronie tente déjà de prendre le RN par la droite. » Il est vrai que l’extrême droite tente de récupérer la laïcité, moins pour la défendre que pour lutter contre les musulmans associés à « l’immigration massive » et qui porteraient atteinte aux « racines chrétiennes de la France ». C’est exactement la même récupération qu’opère l’islamisme politique qui se présente comme meilleur défenseur de la laïcité que les associations laïques.

Clémentine Autain reprend les éléments de langage de l’islamisme politique pour désigner toute opposition à l’islamisme comme étant « d’extrême droite » et contre les musulmans. On ne combat pas l’extrême droite nationaliste en s’alliant à l’extrême droite musulmane (et à sa vision réactionnaire des rapports entre les femmes et les hommes), sauf à vouloir renforcer les deux, affaiblir celles et ceux qui s’y opposent et ostraciser toujours un peu plus les musulmans qui ne se reconnaissent pas dans l’islamisme.

Pour tous les intégrismes religieux, l’école est une conquête fondamentale. Aucun établissement scolaire ne doit céder le moindre centimètre. Chaque « accommodement » n’est qu’un renoncement qui fait reculer la République. LFI, à rebours des valeurs émancipatrices et laïques de gauche, fait ainsi une nouvelle démonstration de sa contribution à ce recul.

Par Naëm Bestandji

Des socialos bobos, des insoumis gauchos et des écolos dingos: la dégénérescence de la gauche

Des socialos bobos, des insoumis gauchos et des écolos dingos: la dégénérescence de la gauche

Les Français dans leur grande majorité se font une idée assez critique du manque de courage et de crédibilité des partis politiques en général. Et par défaut, le Front National profite du vide à droite comme à gauche. Une gauche en pleine décomposition avec des socialistes de salon supposés défendre les intérêts des plus défavorisés et qui se sont discrédités avec des positions coupées des réalités contribuant ainsi largement au renforcement du Front National. Reste à savoir si les socialistes seront susceptibles de renaître à travers une ligne sociale-démocrate et un parti réellement représentatif de leur électorat potentiel( et non pas des dirigeants qui sortent à peu près tous d’instituts politiques comme la plupart des autres partis).

Côté NUPES, on s’approche de la fin avec des Insoumis entraînés par Mélenchon dans le précipice politique de tous les extrémismes. La correction électorale sera sévère pour ce parti qui petit à petit fait sauter toutes les valeurs républicaines et sociétales.

Quant aux écolos, ils deviennent encore plus dingos en voulant imposer par la force une vision laïcarde et frugale de la société. Pour eux aussi , la principale faiblesse vient de la composition sociologique. Eux aussi des activistes de salon.

Bilan de ces égarements politiques et idéologiques, chaque jour , le front national est le réceptacle de tous les mécontentements . Comme bilan politique en fait mieux !

Politique : Pas de sénateurs pour les insoumis et mort probable de la NUPES

Politique : Pas de sénateurs pour les insoumis et mort probable de la NUPES


Le Parti socialiste a annoncé, mercredi 5 juillet, avoir trouvé un accord pour le scrutin de septembre avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui doit encore le valider jeudi. Après un premier pas en vue de listes communes conclu mi-juin entre le PS et le Parti communiste français (PCF), se dessine ainsi une alliance des gauches sans La France insoumise. Les « insoumis » ont accusé les trois partis, mercredi, d’ »enterrer la Nupes pour les sénatoriales ».

L’alliance promet d’être « historique », se réjouit le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, après que les socialistes ont validé à l’unanimité leur accord avec EELV portant sur 14 départements, soit près d’un tiers des départements concernés en septembre, après l’accord avec le PCF portant sur 15 départements. « La raison l’a emporté, une certaine idée du socialisme et de l’union de la gauche, aussi », se félicite le premier secrétaire délégué du PS, Nicolas Mayer-Rossignol, très critique de la Nupes, la coalition de gauche à l’Assemblée nationale.

La France insoumise, dominante à l’Assemblée avec 75 députés sur les 150 de la Nupes, risque donc de n’avoir aucun sénateur. « Après s’être réunies plusieurs fois sans jamais convier les représentants de La France insoumise, les trois composantes représentées au Sénat se sont accordées pour évincer les insoumis », dénonce LFI.

Les relations entre les « insoumis » et leurs partenaires n’étaient pas au beau fixe depuis plusieurs semaines, s’aggravant même à l’occasion des émeutes dans les banlieues.

Pas de sénateurs pour les insoumis et mort probable de la NUPES

Pas de sénateurs pour les insoumis et mort probable de la NUPES


Le Parti socialiste a annoncé, mercredi 5 juillet, avoir trouvé un accord pour le scrutin de septembre avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui doit encore le valider jeudi. Après un premier pas en vue de listes communes conclu mi-juin entre le PS et le Parti communiste français (PCF), se dessine ainsi une alliance des gauches sans La France insoumise. Les « insoumis » ont accusé les trois partis, mercredi, d’ »enterrer la Nupes pour les sénatoriales ».

L’alliance promet d’être « historique », se réjouit le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, après que les socialistes ont validé à l’unanimité leur accord avec EELV portant sur 14 départements, soit près d’un tiers des départements concernés en septembre, après l’accord avec le PCF portant sur 15 départements. « La raison l’a emporté, une certaine idée du socialisme et de l’union de la gauche, aussi », se félicite le premier secrétaire délégué du PS, Nicolas Mayer-Rossignol, très critique de la Nupes, la coalition de gauche à l’Assemblée nationale.

La France insoumise, dominante à l’Assemblée avec 75 députés sur les 150 de la Nupes, risque donc de n’avoir aucun sénateur. « Après s’être réunies plusieurs fois sans jamais convier les représentants de La France insoumise, les trois composantes représentées au Sénat se sont accordées pour évincer les insoumis », dénonce LFI.

Les relations entre les « insoumis » et leurs partenaires n’étaient pas au beau fixe depuis plusieurs semaines, s’aggravant même à l’occasion des émeutes dans les banlieues.

Avec les Insoumis, la gauche ne reviendra jamais au pouvoir » (Carole Delga)

Avec les Insoumis, la gauche ne reviendra jamais au pouvoir » (Carole Delga)

Laprésidente de la région Occitanie, Carole Delga, se confie à La Tribune sur sa vision politique. Retour à 62 ans pour le départ à la retraite, ISF vert, et accélération de la transition écologique : elle esquisse un programme présidentiel mais rejette l’alliance qu’elle juge impossible avec Jean-Luc Mélenchon.

LA TRIBUNE – Laurent Berger a acté « la fin du match » sur la réforme des retraites en expliquant qu’il « ne faut pas mentir aux gens » et que l’âge de départ à 64 ans sera appliqué. A-t-il raison ?

CAROLE DELGA – Oui, nous sommes arrivés au bout du processus législatif. Pour autant, l’injustice reste, donc le devoir de la gauche est de remettre l’ouvrage sur le métier pour corriger les injustices pour ceux qui ont des métiers pénibles, pour les femmes victimes de carrières fractionnées. Cet exécutif a créé un système profondément injuste. Ce match est peut-être fini mais on doit préparer les victoires de demain tant cette réforme et les années Macron créent un énorme ressentiment. Par conséquent, il ne faut pas relâcher la pression sur le dossier du travail, des salaires et des retraites.

Vous êtes allée manifester à Paris. A quoi cela sert-il quand la loi est déjà promulguée depuis le 14 avril et les premiers décrets d’application publiés ?

Avant d’être une élue, je suis une femme libre et de convictions. Moi, je ne lâche jamais rien. Ma place était donc d’être aux côtés des syndicats, des salariés, des retraités et de tous ces Français qui continuent à dire avec sincérité que cette réforme est juste. Bien sûr que cette loi va hélas s’appliquer. Mais quand on est contre cette réforme, le minimum est d’être avec ceux qui vont devoir donner deux ans de plus de leur de leur vie au travail alors qu’ils exercent des métiers pénibles.

Est-ce bien raisonnable de soutenir la proposition de loi des députés du groupe LIOT alors qu’elle n’a aucune chance d’aboutir à une abrogation de la retraite à 64 ans ? Vous leurrez les Français..
.

Je suis pour le maintien de la retraite à 62 ans donc j’ai soutenu toutes les propositions dans ce sens. La bonne réforme aurait consisté à confier aux partenaires sociaux le soin de définir les priorités comme celle des conditions de pénibilité. Aujourd’hui, un ouvrier a une espérance de vie de sept ans inférieure à celle d’un cadre. Ça, c’est une réalité. C’est ça la vraie vie et c’est parfaitement injuste. Je trouve inadmissible que cela ne soit pas traité dans le cadre d’une loi ou d’un accord social. Ensuite, il y a la question des carrières fractionnées des femmes entre les temps partiels, les congés maternité et, trop souvent, des métiers sous qualifiés.

Mais si la gauche revient au pouvoir, elle ne reviendra pas sur cette réforme, comme elle n’a pas abrogé les 62 ans en 2012 ?

Notre promesse de 2012 était de prendre en compte la pénibilité des métiers, de l’aide-soignante au charpentier et aux ouvriers qui travaillent à la chaîne. Nous étions engagés aussi à prendre en compte les carrières longues. Et ça, nous l’avons fait. Mais Emmanuel Macron s’est précipité pour supprimer ces deux avancées sociales à son arrivée à la présidence de la République. C’est ça la méthode Macron, donner aux plus riches et prendre aux plus modestes…. Il y a une exception sociale française que nous devons défendre comme nous défendons notre exception culturelle. Dans le projet de la gauche, je proposerai de revenir à la retraite à 62 ans et de retravailler la question de la pénibilité, celle des carrières des femmes et de ceux qui ont commencé tôt à travailler.

Pourquoi vous opposez-vous systématiquement aux propositions du gouvernement ? Rien ne trouve grâce à vos yeux ?

Je ne m’oppose pas pour le plaisir de m’opposer. Je m’oppose par convictions et par cohérence. Dans les situations de crise, je soutiens toujours l’unité nationale, sur l’Ukraine, comme lors de la crise COVID. Quand il y a une urgence à agir, il faut faire corps et ne pas jeter de l’huile sur le feu. J’ai soutenu le dédoublement des classes même si j’aurais aimé qu’on maintienne la semaine de quatre jours et demi. Après, je suis de gauche et Emmanuel Macron applique une politique de droite, je ne peux donc pas cautionner.

Et rien d’autre ? Sa politique de réindustrialisation est positive, non ?

Il y a beaucoup d’annonces et de faux semblants. Distinguons les discours des actes. Je pourrais citer la SAM à Decazeville, seule fonderie à l’aluminium de tout le sud de la France et que l’Etat a abandonnée. C’est très bien les ouvertures de gigafactories dans les Hauts-de-France mais il faut penser au reste du pays.

La baisse du chômage autour de 7% avec en perspective le plein emploi, c’est une bonne nouvelle ?

Je m’en réjouis évidemment. Je ne sais que trop ce que le chômage charrie en termes de misère et d’isolement. Je suis d’accord qu’il s’agit d’une priorité absolue. Mais si on est objectif, il faut se souvenir que cette baisse s’est amorcée dès la première année du quinquennat d’Emmanuel Macron. Elle est donc liée aux politiques initiées par François Hollande.

Un récent rapport remis à l’exécutif recommande de financer les conséquences économiques et sociales de la crise climatique par un « ISF vert ». Etes-vous favorable à cette idée que le président et son ministre de l’Economie ont enterré ?

J’étais contre la suppression de l’ISF et je n’ai pas changé d’avis. Je soutiens évidemment cette mesure suggérée par des économistes. Les plus riches doivent contribuer de façon plus forte à la cohésion nationale. L’urgence climatique a besoin de gigantesques investissements pour limiter les effets du réchauffement climatique. On le sait très bien qu’en France on manque d’investissements sur le rail et les énergies renouvelables. Chez nous, le rail représente un investissement de 46 euros par an et par habitant quand en Allemagne c’est 124 euros. Ce gouvernement n’a pas pris la bonne mesure de l’urgence climatique et des actions de transition nécessaires

Le gouvernement a pourtant mis 100 milliards d’euros sur la table pour les transports publics..
.

Oui c’est son annonce mais à cette heure, on a toujours aucun détail sur cette enveloppe. Qui finance : l’Etat seul, l’Etat et les collectivités ? Est-ce que ce sont des crédits pour la seule SNCF ? Quel est le calendrier ? Le gouvernement vient d’annoncer le démarrage en 2024 uniquement de la part transports des contrats qui lient les Régions à l’Etat… C’est un retard fou. Et quid des concessions autoroutières qui se terminent ? Les présidents de région ont signé une tribune commune pour demander des explications au gouvernement : aucune réponse. Pour moi, la question des transports collectifs est fondamentale. En Occitanie, j’ai pris des initiatives comme la gratuité pour les moins de 26 ans et 13 millions de billets à 1 euro par an, pour les salariés et les occasionnels.

Faut-il une nouvelle réforme de l’immigration ?

L’urgence c’est la révolution éducative. C’est renforcer les moyens pour l’école. Cela ne veut pas dire que l’immigration est un sujet tabou, mais j’en ai assez du discours discriminatoire. Ayons le courage de dire la vérité aux Français : nous avons besoin de l’immigration. Et il faut combattre les préjugés et le discours de l’extrême droite, en rappelant les apports de l’immigration au génie et aux victoires françaises, et aussi à notre quotidien. Nombre d’intellectuels, scientifiques, sportifs, artistes sont issus de l’immigration et ils ont fait grandir la France depuis des siècles.

Comment réagissez-vous à la polémique à la suite de vos propos sur France Info ce matin ?

Ce matin, avant d’être coupée dans mes propos, je ne voulais rien dire d’autre que ce que je viens de vous répondre : je défends l’humanisme des Lumières et suis fière des apports de l’immigration en France. C’était peut-être maladroit, mais les personnalités que j’ai citées, qui sont parmi les préférées des Français, sont le fruit de l’immigration. Ce sont bien des enfants d’immigrés par leurs pères respectifs. C’est leur histoire, c’est mon histoire également, et c’est notre histoire. Je dénonce l’instrumentalisation politicienne qui a été faite de mes propos. Vous ne me ferez pas croire que ces gens qui se sont acharnés sur les réseaux sociaux n’ont pas compris le sens de mes mots… Ils se sont fait plaisir en m’attaquant, en jouant avec cynisme sur un sujet trop grave. C’est dangereux et vraiment regrettable.

Vous approuvez le projet de loi de Gérald Darmanin et Olivier Dussopt dont une des dispositions phares consiste à créer une carte de travail pour les métiers en tension ?

Ah non. Le projet de messieurs Darmanin et Dussopt ne correspond absolument pas à ma vision de l’immigration, de l’accueil des demandeurs d’asile etc.

Que répondez-vous à Edouard Philippe quand il déclare qu’on « crève des non-dits » sur l’immigration ?

Qu’il y a bien une différence entre Edouard Philippe et moi. C’est la preuve que la gauche et la droite ce n’est pas pareil contrairement à ce qu’a voulu faire croire Emmanuel Macron avec son « en même temps ». Enfin, cela prouve qu’Edouard Philippe est en train de se rapprocher de la droite la plus dure par pur cynisme électoral. Sur ce sujet comme d’autres, regardons l’intérêt du pays, par son propre intérêt.

En même temps, 70% des Français selon une étude Ipsos/Cevipof jugent qu’il y a trop d’immigration en France… La gauche n’est pas en phase avec le pays ?

Mais il y a moins de 10% d’étrangers en France. Cessons de faire croire que 10% de la population menace les 90% restants ! C’est le fruit des discours de l’extrême droite qui présentent l’immigré comme le bouc-émissaire des maux du pays. Léopold Senghor disait : « les racistes sont des gens qui se trompent de colère ». J’entends la colère, le désespoir et je dis aux Français : l’étranger n’en est pas la cause.

Entre Elisabeth Borne qui qualifie le RN de parti « héritier de Pétain » et Emmanuel Macron qui juge dépassé de lutter contre le RN avec des arguments moraux, de quel côté êtes-vous ?

Je suis doublement du côté de la Première ministre. Je récuse cette idée trop répandue que dénoncer les valeurs de l’extrême droite, ça ne servirait à rien. Ça, c’est le discours d’Emmanuel Macron depuis maintenant six ans et on en voit les effets : le Front national n’a jamais été aussi haut. Il devait être le rempart contre le lepénisme, elle a réussi à monter à 43% au deuxième tour de la présidentielle.

Comment fait-on pour la faire reculer ?

Il faut mener à la fois le combat des valeurs et amener des solutions aux gens. C’est comme ça que j’ai fait passer le Front national en Occitanie entre deux élections régionales de 34 à 24%. Le travail sur le terrain a payé. J’ai proposé des solutions aux gens qui ont du mal à nourrir leurs gosses, qui ne peuvent pas acheter leurs livres ou encore leurs mallettes pour ceux qui choisissent la formation de boucher-charcutier. Et puis, je n’aime pas cette forme d’inhumanité de la part d’Emmanuel Macron. Comment peut-il oublier qu’Elisabeth Borne est orpheline et fille d’un homme broyé par les camps de concentration et donc par la complaisance du régime de Vichy.

Elisabeth Borne incarne-t-elle une forme de macronisme de gauche ?

Le macronisme de gauche n’existe pas, il est de droite. Tout comme le « en même temps » est une illusion qui s’est fracassée sur le réel. À l’épreuve des faits, la fable est tombée et la réalité est cruelle pour les gens de gauche qui entourent Macron. Quant aux électeurs de gauche qui ont voté pour lui en 2017, ils étaient sincères. En 2022, ils ont revoté pour le président sortant juste pour empêcher Le Pen. Mais aux élections législatives trois mois plus tard, ils lui ont fait payer sa politique de droite. C’est pour ça qu’il n’a pas eu de majorité absolue. C’est bien la preuve qu’il n’a pas réussi à convaincre la gauche et le centre gauche sur son projet.

Dans une récente tribune parue dans l’Obs, vous écrivez que le « macronisme est à bout de souffle ». Est-ce que ça veut dire que le président de la République ne terminera pas son mandat ?

Je pense que le mandat ne va pas pouvoir continuer dans la même configuration. Il y a trop de sentiment d’injustice. Les Français sont à cran et l’exécutif est trop indifférent à ce ras-le-bol. Emmanuel Macron doit retomber sur terre. La colère est là, elle est très très forte. On ne peut pas continuer dans ce déni du réel. Il y a un déni d’attention : les Français ne sentent pas aimés, et ont un président insuffisamment attentif.

Écartelé entre pro-Nupes et anti-Nupes, le parti socialiste n’en finit pas de se disperser en courants et sous-chapelles. La gauche sociale-démocrate est-elle fichue ?

Non. Je pense qu’on peut réunir toutes celles et tous ceux qui veulent travailler sur un projet pour la France et qui veulent accéder au pouvoir. La seule union possible, c’est celle qui rassemble ceux qui veulent gouverner et changer la vie des gens. Il faut donc rassembler.

Et Jean-Luc Mélenchon ne fait pas partie de ceux-là ?

Soyons lucides, une gauche pilotée par Jean-Luc Mélenchon ou un Insoumis sur la même ligne politique et les mêmes méthodes qu’aujourd’hui, ne nous permettra jamais de revenir au pouvoir. On l’a vu en juin 2022 ou le résultat électoral a été le score le plus faible de la gauche dans des élections législatives. C’est ça la réalité. Ça a été une victoire pour LFI, mais ça a été une défaite pour la gauche en nombre de voix. Et si aujourd’hui il y a tant de personnes qui s’interrogent chez les écologistes et au PCF, et jusque dans les rangs de la France Insoumise, ce n’est pas pour rien. C’est parce que la stratégie proposée par Jean-Luc Mélenchon n’est pas la bonne.

Que préconisez-vous ?

Il faut tourner le dos à la stratégie du bruit et de la fureur, celle de l’outrance. L’urgence, c’est répondre aux Français, avec apaisement et volontarisme. Parce qu’à force de n’avoir aucun projet de société, à force d’être condamné à des discussions de tambouille électorale sans proposition claire, à force d’être vraiment sur les histoires d’ego et de ne pas parler des solutions à mettre en œuvre pour le peuple, eh bien on désespère les Français. On renforce inlassablement l’extrême droite et Marine Le Pen qui est la grande gagnante depuis un an. La direction du PS, mon propre parti, n’a pas été capable de présenter son projet de réforme des retraites. Formons une équipe et mettons-nous au travail. Ensuite, viendra la question du leadership.

Laurent Berger affirme dans nos colonnes que la gauche a « lâché le monde du travail ». C’est peut-être ça la grande erreur du PS de Lionel Jospin et de François Hollande ?

Le Parti socialiste n’a pas assez réfléchi sur les nouvelles formes de travail. C’est vrai qu’on a commis l’erreur de s’adresser davantage aux classes bourgeoises au détriment du monde ouvrier. On a suivi sans critique les préconisations contenues dans la fameuse note du think tank « Terra Nova » au début des années 2000. Moi je fais de la politique pour les plus modestes et je ne m’en cache pas. Je me bats pour que ce pays soit plus juste avec les salariés, et je travaille avec les chefs d’entreprise pour améliorer leur vie et accompagner la transition climatique.

Beaucoup se positionnent sur ce créneau de la gauche anti-Mélenchon, Bernard Cazeneuve, Nicolas Mayer-Rossignol. On vous prête une ambition présidentielle ?

Je n’aime pas la gauche anti-tout. J’aime la gauche qui est pour. J’aime la gauche positive, celle qui agit pour le peuple et pour le travail. Moi, je veux rendre l’avenir désirable.

François Hollande redevient populaire. N’est-il pas le mieux placé pour porter l’étendard de la gauche anti-Mélenchon ?

Comme tous les anciens présidents de la République, il conserve l’affection des Français. C’est un peu comme Jacques Chirac sorti impopulaire de l’Elysée et redevenu populaire ensuite quand il n’exerçait plus le pouvoir. Après, François a l’expérience d’un ancien président de la République. Ses analyses des affaires internationales sont utiles à la gauche. Il n’a pas tout réussi. Il n’a pas non plus tout raté. Il faut un peu de sens de la mesure et de la nuance. C’est ça la gauche. La gauche, c’est celle qui sait reconnaître ses erreurs qui ne reste pas la rancœur. Je n’aime pas cette gauche des rancœurs, je préfère celle qui a du cœur et n’a pas peur de l’avenir.

Les sondages montrent que la gauche unie peut jouer la victoire mais divisée en listes séparées elle ferait un plus gros score. Quel est votre choix ?

D’abord je suis très étonnée que des hommes politiques chevronnés travestissent autant la vérité. Aux européennes, il n’y a pas de victoire franco-française. Ca ne veut rien dire. L’objectif est d’envoyer le plus d’eurodéputés de gauche français pour grossir nos rangs au Parlement européen. Donc les chiffres qu’on nous montre, ça s’appelle de la manipulation des sondages. Par ailleurs, il faut être cohérent et ne pas mentir aux gens : comment un socialiste ou un écologiste peut-il soutenir le projet européen de Mélenchon ? On a besoin d’une Europe plus forte : l’actualité nous le démontre depuis plus d’un an.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure est pourtant favorable à une liste commune à la Nupes..
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Je soutiendrai une liste sociale-écologiste qui promeut une Europe du progrès et de la paix. Et on sera de nombreux socialistes à faire ça. Raphaël Glucksmann, tête de liste en 2019, ferait une très bonne tête de liste. Il a fait du très bon travail, avec des valeurs fortes.

Quels seraient vos invités (personnages morts ou vivants) dans un dîner parfait ?

Ma grand-mère Fernande, Jacques Brel pour qu’il chante devant moi « La quête », le poète Paul Eluard, l’artiste-peintre Joan Mitchell. J’aimerais aussi avoir autour de la table Jaurès, De Gaulle et la féministe Simone de Beauvoir.

En quoi souhaiteriez-vous vous réincarner ?

Je crois davantage à l’amour qu’à la réincarnation.

Qu’aimeriez-vous sur votre épitaphe ?

Rien.

Et si c’était à refaire, quel métier aimeriez-vous exercer ?

Médecin car j’ai beaucoup d’admiration pour ces professionnels ou bien fleuriste car j’adore les fleurs.

Où aimeriez-vous être en 2027 ?

A fêter la victoire de la gauche !

Adrien Quatennens exclu des Insoumis…. provisoirement ?

Adrien Quatennens exclu des Insoumis…. provisoirement ?

Finalement Mélenchon, qui jusque-là avait toujours soutenu Adrien Quatennens, a été contraint d’exclure l’intéressé de son parti, les « Insoumis ». Le problème est que cette exclusion pourrait bien être temporaire et qu’elle a surtout vraisemblablement pour objet de faire taire les frondeurs du parti qui s’agite beaucoup dans la perspective très hypothétique d’une retraite de Mélenchon

Nombre de voix au sein de l’appareil dirigeant s’étaenit élevé notamment celles d’éventuels prétendants à la succession de Mélenchon.

Des voix souvent davantage intéressées par la question de la succession de Mélenchon que par la gifle d’Adrien Quatennens.

C’est aussi une manière pour le leader des insoumis de reprendre en main la cohésion du parti et de faire taire ainsi les voies discordants et même les attaques à son égard.

Condamné en décembre pour violences conjugales et qui a repris son travail parlementaire en janvier, est exclu du Parti de gauche, a annoncé mardi la formation fondée par Jean-Luc Mélenchon et membre fondatrice de La France insoumise. «Le secrétariat exécutif national du PG décide de transformer la suspension d’Adrien Quatennens en exclusion», indique le parti dans un communiqué. Le député du Nord était suspendu depuis le 20 septembre, au début de l’affaire.

Le député Alexis Corbière a notamment évoqué une «clause de revoyure» avant son retour programmé dans le groupe.
Adrien Quatennens a pour sa part d’ores et déjà effectué son retour à l’Assemblée nationale mi-janvier, en tant que non inscrit. Des partenaires de la coalition Nupes ont estimé qu’il devait être définitivement exclu de LFI.

La fragilité de l’union des Insoumis

La fragilité de l’union des Insoumis

 

Prenant l’exemple des différents accords électoraux de la gauche au XXᵉ siècle, l’historien Marc Lazar souligne, dans une tribune au « Monde », la fragilité de l’entente programmatique autour de La France insoumise en vue des législatives des 12 et 19 juin.

Plusieurs dirigeants de La France insoumise (LFI) ont qualifié d’historique l’accord passé avec les socialistes, les Verts et les communistes. Cela incite à revenir sur trois précédentes expériences d’entente programmatique à gauche.

Le 10 janvier 1936, le Parti radical, le Parti communiste (PCF) et la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), le nom du Parti socialiste à l’époque, signent un programme de « Rassemblement populaire » en vue des élections législatives prévues pour le printemps qui se solderont par leur victoire. Le texte prévoyait la réduction du temps de travail, la hausse des salaires, des grands travaux, la création d’un fonds d’aide pour les chômeurs et d’un Office national du blé, autant de mesures inédites.

Les signataires entendaient s’opposer aux menaces fascistes, défendre la démocratie et lutter pour la paix. Ce programme, soutenu par les syndicats et de multiples associations, résultait d’une dynamique unitaire enclenchée depuis presque deux ans, suite, entre autres, aux événements du 6 février 1934 au cours desquels les ligues d’extrême droite avaient tenté par la force de s’emparer de la Chambre des députés. Un événement qui avait été interprété comme une tentative de coup d’Etat fasciste par la gauche.

Néanmoins, une fois au pouvoir, le Front populaire se désagrégea assez rapidement, les divergences entre les trois partis étant profondes.

La signature du programme commun de gouvernement, le 27 juin 1972, entre le PCF, le PS et le Mouvement des radicaux de gauche constitue le deuxième exemple. Ce texte marque l’aboutissement d’une décennie d’échanges et de négociations impulsée, à partir de 1962, par le PCF, avec la SFIO (jusqu’en 1969), puis le Nouveau Parti socialiste, dirigé par Alain Savary de 1969 à 1971, et enfin le PS de François Mitterrand, fondé en 1971. Le PS et le PCF, qui, alors, devançait le premier, espéraient chacun tirer profit de leur alliance.

De facture « marxo-keynésienne », fondé sur un fort taux de croissance, le programme annonçait une vague de nationalisations et apparaissait comme radical. Il voulait lancer d’importantes réformes de démocratisation politique et de société. Mais, dès 1977, il était rompu après l’échec des discussions sur son actualisation demandées par le PCF, inquiet de la progression de son allié socialiste à ses dépens.

Fort de cette expérience, en 1995, le PS adopta une autre méthode. Après sa déroute électorale de 1993 durant la fin du second septennat de François Mitterrand, il s’était un peu repris lors de l’élection présidentielle, son candidat Lionel Jospin obtenant plus de 47 % des suffrages au second tour.

« Accord EELV – insoumis: une escroquerie »

 « Accord EELV – insoumis: une escroquerie »

Les trois anciens députés européens élus sous la bannière Europe Ecologie en 2009 Jean-Paul Besset,  José Bové, Daniel Cohn-Bendit dénoncent, dans une tribune au « Monde », un pacte qu’ils accusent de trahir les valeurs fondatrices du parti Europe Ecologie-Les Verts et de sacrifier le principe démocratique au nom « d’obscures tractations électorales ».

 

N’avez-vous pas honte, camarades d’Europe Ecologie-Les Verts ? Passer un pacte avec les souverainistes de La France insoumise, ouvrant la voie du renoncement à d’autres mouvements de pensée qui ont construit le progrès humain à travers les âges, revient, à nos yeux, à sacrifier l’essentiel : le principe démocratique ; son universalité et son intangibilité. Cette violence politiquement majeure que vous commettez contre le joyau du patrimoine humain conduit à abandonner le meilleur de ce qui nous fait et, malgré les différences, nous tient ensemble, écologistes, sociaux-démocrates, démocrates-chrétiens, libéraux et républicains. Cruelle nuit de 1er mai 2022 qui restera dans les annales, tête-à-queue tragique, où vous avez consacré une infamie sans nom, à rebours du seul horizon viable et désirable de l’humanité : la liberté.

« Historique », dites-vous. Effectivement ! Sous couvert d’un pseudo-« non-alignement », renvoyant dos à dos agresseur et agressés dans le conflit ukrainien, vous avez signé un « accord » avec ceux qui cultivent à dessein l’ambiguïté à l’égard des valeurs démocratiques. Vous vous asseyez à la droite du père Ubu du Kremlin et de ses complices. Vous le faites au moment où le pire se déroule sous vos yeux, étalage cynique de sang, de morts, de massacres, de viols, de destructions, de souffrances.

En évitant soigneusement d’évoquer l’Ukraine, devenue aujourd’hui la patrie des libertés et la dépositaire meurtrie de notre avenir à tous, en mettant volontairement sous le tapis un principe de base de la civilisation, vous consentez un silence assourdissant aux adversaires de la démocratie et de la liberté, autrement dit vous cédez aux ennemis des peuples et du bien commun. C’est une escroquerie.

Savez-vous que c’est une histoire collective que vous immolez ainsi, en même temps qu’une espérance ? Qui vous a donné le droit de disposer de nos consciences, au nom d’obscures tractations électorales ?

L’Europe est la victime collatérale de votre accord avec La France insoumise. Pour justifier votre posture de néoconvertis à l’insoumission, vous accumulez contrevérités et mensonges sur l’Union européenne. On connaissait les pudeurs de gazelle de La France insoumise envers la construction d’une meilleure intégration européenne, on savait sa défiance systémique et son plan B caché de sortir de l’espace commun. Mais, en appelant à la « désobéissance » vis-à-vis des traités, de la mutualisation et de la solidarité, vous engagez la guérilla contre l’Europe au nom du nationalisme. Il est vrai que l’Union européenne est une aventure de paix et de coopération, à l’opposé de la mystique destructrice de Poutine dont vous vous faites, factuellement, le complice.

54 % des électeurs « insoumis « ont voté Macron

54 % des électeurs « insoumis « ont voté Macron

Selon de premières estimations de l’institut OpinionWay pour CNews et Europe 1, 54 % des électeurs insoumis de Mélenchon  se sont tournés vers le président sortant au second tour. Près d’un quart (24 %) ont voté pour Marine Le Pen et 22 % se sont abstenus ou ont glissé un bulletin blanc ou nul. Au total, 57 % des votants ont pris leur décision après le premier tour, selon OpinionWay. Ils sont même 18 % à s’être décidés « il y a quelques jours » et 12 % « aujourd’hui même ».

«Le front républicain, ça suffit» (Insoumis)

 «Le front républicain, ça suffit» (Insoumis)

Nouvelle rupture des insoumis cette fois avec le concept du front républicain. Dans la pratique un concept effectivement de plus en plus discuté. Ce qui est le plus surprenant c’est que officiellement les insoumis le contestent désormais.  Il s’agit d’une position idéologique mais aussi opportuniste car les sondages montrent qu’une grande partie de l’électorat des insoumis voteraient pour le rassemblement national.

Si les dirigeants sont nationalement très marqués à l’extrême gauche par contre sociologiquement les électeurs insoumis sont très proches de ceux du rassemblement national. D’où les explications assez vaseuses d’ Adrien Quatennens quand on lui demande si les insoumis feront le choix du front républicain :

 

«Les gens en ont par-dessus la tête, ça ne marche pas», lâche le député du Nord. Pour lui, ce qui est clair, c’est qu’il faut arrêter de culpabiliser tout le monde, «les premiers responsables de la montée du RN, sont ceux qui votent pour l’extrême droite», assure-t-il. «Qu’on arrête de nous demander des comptes, pour quelque chose dont nous ne sommes pas responsables», insiste-t-il encore, «le front républicain ça suffit».

Elections législatives à Paris : le réflexe républicain… contre les insoumis

Elections législatives à Paris : le réflexe républicain… contre les insoumis

 

 

D’une certaine manière le réflexe a changé de camp dans la mesure où globalement les insoumis font désormais largement aussi peur que l’ancien Front National. Pour preuve, même les communistes n’ont pas voulu se rallier au parti néocommuniste des insoumis. Il est clair aujourd’hui que ce qui avait constitué un atout pour les insoumis à savoir la personnalité de Mélenchon constitue aujourd’hui un véritable handicap.

Ce dernier en effet n’est contrôlé par personne dans le parti d’où la multiplication les sorties de route. L’intéressé ne s’est jamais remis de sa défaite de 2017 et il constate sans doute qu’il risque de faire moitié moins en 2022.

Ce qui explique cette radicalisation classique des désorganisations qui se ratatinent. Le fameux réflexe républicain contre l’extrême droite est en train de voler en éclats. Et cela d’autant plus que les sondages démontrent qu’une partie des électeurs voterait pour le rassemblement national au deuxième tour. Une contradiction de plus pour les insoumis avec des néo révolutionnaires à la tête et beaucoup de populiste parmi les électeurs.

Législative partielle à Paris : nouveau schisme entre anciens communistes et néo-communistes insoumis

Législative partielle à Paris : nouveau schisme entre anciens communistes et néo-communistes insoumis

 

Un schisme de plus au sein des communistes mais de dimension très réduite puisque ce suite dans l’espace de la législative partielle à Paris.

L’élection législative partielle dans la 15e circonscription de Paris acte en effet même un peu plus la rupture entre Insoumis et communistes, après la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle de 2022. L’élue La Fance insoumise Danielle Simonnet, arrivée en deuxième position du premier tour de dimanche, cinq points derrière sa rivale socialiste Lamia El Aaaraje, espérait pouvoir compter sur un report des voix des communistes (plus de 10%). Il n’en sera rien.

Dans un communiqué, le PCF appelle « les électeurs à se rassembler pour faire élire les candidats de gauche les mieux placés à l’issue du premier tour ».

Manif Citoyenne pour le policier tué : écolos et insoumis contre

Manif Citoyenne pour le policier tué : écolos et insoumis contre

La protestation nationale contre le meurtre du policier Eric Masson tué il y a deux semaines à Avignon attise encore un peu plus les divisions à gauche. Si les socialistes et les communistes participeront à ce mouvement par contre les écolos et les insoumis vraisemblablement seront absents, une preuve supplémentaire de l’ambiguïté de ces organisations avec les valeurs républicaines. Des organisations plus promptes à manifester contre le pouvoir en France qu’à soutenir l’État de droit.

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