Archive pour le Tag 'inquiétante'

Le marché automobile européen : une chute inquiétante

Le marché automobile européen : une chute inquiétante

Le marché européen  encore enregistré une baisse de 7,3% le mois dernier, pour 1,08 millions nouvelles immatriculations, après une chute de 23,5% enregistrée en septembre avec 1,09 millions de voitures neuves particulières mises en circulation, rapporte, ce jeudi, l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA).   Sur les dix premiers mois de l’année, les immatriculations dans l’Union européenne restent néanmoins en progression de 1,6% par rapport à la même période 2017. Elles ont progressé de 10% en Espagne, de 5,7% en France et de 1,4% en Allemagne. En revanche, elles ont reculé de 3,2% en Italie et de 7,2% au Royaume-Uni. Le plus inquiétant, c’est le recul des exportations allemandes au dernier trimestre qui se traduit notamment par une croissance dans le rouge.

Pouvoir d’achat : baisse inquiétante (Xerfi)

Pouvoir d’achat : baisse inquiétante (Xerfi)

Un article de Xerfi repris par la Tribune qui met le doigt sur le facteur explicatif dominant du tassement de la croissance. (Prévue à 2,3 % et ramenée autour de 1.5%)

 

La claque était attendue, pas sa violence. Au 1er trimestre, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut ajusté par unité de consommation, c’est-à-dire ce dont les ménages disposent réellement pour consommer plus et investir a chuté de 0,5%. C’est son premier recul depuis le deuxième trimestre 2015 et il faut remonter à fin 2012 pour voir une baisse encore plus prononcée, c’était le début du mandat Hollande, marqué par un véritable choc fiscal.

Et, bis repetita c’est l’alourdissement de la barque fiscale qui a fait chavirer le revenu des Français début 2018 : l’augmentation de la CSG, n’a été que partiellement compensée, au niveau global, par la baisse des cotisations sociales. Pour schématiser, en début d’année les retraités ont perdu avec la CSG sans pouvoir se récupérer sur la baisse des cotisations et les actifs ont perdu presque autant avec la hausse de la CSG qu’ils n’ont gagné avec la baisse des cotisations. Le bilan de tous ces mouvements c’est une ponction supplémentaire de 2,5% sur les revenus, soit l’équivalent de 2,5 milliards d’euros.

Par foyer, la facture s’élève à 85 euros. Cette accélération des prélèvements fait d’autant plus mal, qu’elle fait suite à un second semestre 2017 déjà en forte progression. Si bien que depuis la prise de fonction d’Emmanuel Macron, les charges en direction des ménages ont gonflé de 4,5 milliards d’euros et le poids des prélèvements fiscaux et sociaux atteint 22,3% des ressources des Français, record historique.

À cet alourdissement des charges s’est ajouté le retour de l’inflation. Une histoire de circonstance en partie. La faute à pas de chance, avec un cours du brut qui s’est élevé en début d’année à son plus haut niveau depuis le 1er trimestre 2017, en hausse de 4%.

Quand on connait l’impact de l’énergie sur l’inflation c’est évidemment un handicap. Et cela n’a pas manqué, les prix à la consommation ont augmenté de 0,8% au 1er trimestre par rapport aux trois mois précédents, un niveau que la France n’avait plus connu depuis environ 6 ans. Une histoire de circonstance mais pas seulement : les hausses du taux de TVA sur le tabac et des différentes taxes sur les carburants ont sacrément gonflé la note : tabac et produits pétroliers ont représenté la moitié de l’augmentation des prix au 1er trimestre. En face, la hausse des revenus n’a pas été à la hauteur et c’est bien pour cela que le pouvoir d’achat a fini par céder.

Et si l’on devait en resté là, 2018 se terminerait sur une baisse du revenu réel des ménages. Bien entendu, cela serait totalement malhonnête d’arrêter ici le bilan car un rééquilibrage fiscal est en cours avec, au deuxième trimestre et troisième trimestre, des baisses de la fiscalité directe à travers notamment la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière, l’élargissement du crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile pour terminer en trombe au quatrième trimestre par la seconde tranche de baisse des cotisations salariés et la suppression graduelle de la taxe d’habitation.

Bref la barque fiscale va s’alléger et remettre à flot le pouvoir d’achat. Le tout dans un contexte où l’inflation devrait à nouveau se calmer et les revenus continués de s’élever au rythme des créations d’emplois et des petites hausses des salaires. Plombé au 1er trimestre, l’accélération prévue du pouvoir d’achat ne permettra pas néanmoins d’accrocher beaucoup plus que 0,8% cette année. Un chiffre en baisse par rapport à 2016 et 2017. Ce début de quinquennat manqué pour le pouvoir d’achat n’est pas sans risque car il accroît considérablement le risque de déraillement de la reprise en cas de choc externe non anticipé.

 

Croissance : une fin d’année inquiétante pour la zone euro

Croissance : une fin d’année inquiétante pour la zone euro

Après les résultats très satisfaisants du premier trimestre on pensait que la croissance était nettement repartie en zone euro. Mais les résultats décevants annoncés en juillet ont douché les espérances. Cela d’autant plus que n’ont pas encore été intégrées  les conséquences du brexit et alors  que la morosité de l’économie mondiale se confirme en Chine bien sûr, en général dans les émergeant,  mais aussi aux États-Unis ou encore au Japon. Du coup alors qu’on espérait une nette reprise pour 2017 il faut sans doute s’attendre à des résultats en dessous de ceux de 2016. Après 0, 6 % de progression au premier trimestre l’activité économique en zone euro ralentit et enregistre seulement 0,3 % de hausse au second trimestre. À noter que la France enregistre une croissance zéro pour la même période. Pour l’avenir, les incertitudes liées au tassement de l’activité mondiale et au brexit pourrait peser de manière négative sur l’activité du second semestre et au-delà sur 2017 et 2018. L’enquête trimestrielle de la Banque centrale européenne (BCE) auprès des prévisionnistes professionnels publiée vendredi dernier évoque également une croissance plus faible que prévu pour le bloc en 2017 et 2018. « Le troisième trimestre a commencé sur de bonnes bases mais il est probablement trop tôt pour commencer à négliger l’impact négatif potentiel du Brexit sur la croissance de la zone euro », a déclaré Peter Vanden Houte, économiste chez ING Bank. Au delà du Brexit, le fléchissement du commerce international sur fond de ralentissement des émergents et l’affaiblissement des facteurs porteurs avec la remontée des cours des matières premières et l’affaiblissement de l’euro, pourraient encore accentuer le freinage de l’économie de la zone euro dans les prochains mois. « Nous pensons que ce ralentissement de la croissance est un signe précurseur », observe Jack Allen, de Capital Economics, qui s’attend à ce que la croissance du PIB de la zone euro ralentisse encore davantage d’ici à la fin de l’année. L’inflation a progressé un peu plus que prévu en juillet dans la zone euro, à 0,2% contre 0,1% en juin, selon la première estimation publiée vendredi par Eurostat. Malgré cette légère accélération, elle reste largement inférieure à l’objectif de la BCE, qui est d’un tout petit peu moins de 2%. Eurostat a également annoncé que le chômage était juste au-dessus de 10% en juin, à 10,1%, après une légère baisse en mai, donnant un total de chômeurs de 16,3 millions. Le taux de chômage des jeunes a légèrement baissé à 20,8% contre 20,9% en mai.

(Avec Reuters)

Moral ménages : nouvelle baisse inquiétante en juillet

Moral ménages : nouvelle baisse inquiétante en juillet

 

 

Après l’embellie économique du premier trimestre ou le PIB  avait enregistré une croissance de 0,7 %, les  inquiétudes se confirment  concernant les trimestres suivants. Pour le deuxième trimestre la croissance est nulle.  Les Français ne sont pas très optimistes pour la deuxième moitié de l’année puisqu’une nouvelle fois le moral des ménages a baissé en juillet. En cause évidemment le tassement économique et le chômage. Le gouvernement avait prévu une croissance de l’activité économique de 1,5 % pour l’année mais le fonds monétaire international dans visage plus que 1,2 %. Mécaniquement l’emploi devrait donc se dégrader. L’indicateur mesurant le moral des ménages en France a encore baissé d’un point en juillet pour s’établir à 96 points, a annoncé l’Insee, qui souligne que les ménages sont plus négatifs sur leur situation financière personnelle passée et affichent plus de craintes sur le chômage.  Cet indicateur, qui avait déjà reculé d’un point en juin, est établi par l’Insee à partir de soldes d’opinion (différences entre les proportions de réponses positives et négatives) divisés en deux grandes catégories: l’une portant sur la situation personnelle des ménages, l’autre sur leur perception de l’évolution économique en général. « En juillet, l’opinion des ménages sur leur situation financière personnelle passée baisse: le solde correspondant perd 4 points et retombe ainsi à son niveau le plus bas depuis août 2015″, indique l’Insee. Le solde sur l’évolution de leur situation personnelle future a en revanche gagné un point, après en avoir perdu 6 en juin. Les ménages sont plus nombreux en juillet à estimer qu’il est opportun de faire des achats importants, le solde regagnant 4 points. Le solde sur leur capacité d’épargne actuelle est stable tandis que celui sur leur capacité future est en baisse d’un point. Par ailleurs, « après avoir atteint en mai leur plus bas niveau depuis 2008, les craintes liées au chômage augmentent en juillet pour le deuxième mois consécutif (+3 points après +2 points en juin) », même si elles restent inférieures à leur moyenne de longue période, explique l’Insee.  Le moral des ménages est un élément-clé pour évaluer le niveau à venir de la consommation, moteur important de la croissance en France.

Etats–Unis : une baisse de croissance inquiétante

Etats–Unis : une baisse de croissance inquiétante

 

Le tassement de la croissance des États-Unis au quatrième trimestre va sans doute constituer l’événement majeur de la conjoncture internationale.  Les États-Unis affichent en effet une petite progression de 0,2 % au quatrième trimestre par rapport au troisième soit en rythme annualisé 0,7 % sur le dernier trimestre. Un ralentissement qui a surpris et qui suit aussi un trimestre précédent également assez décevant. Certes pour l’ensemble de l’année 2015 les États-Unis pourront afficher une croissance confortable de 2,4 %, comme l’année précédente. Mais ce qui est inquiétant c’est la tendance à la baisse de la croissance depuis deux trimestres. Du coup, il se pourrait bien que l’activité américaine ne progresse pas autant qu’en 2015 et qu’elle se limite à 2 %. En cause évidemment, le ralentissement de la croissance mondiale dont les États-Unis ne peuvent plus être à l’abri. En outre la hausse du dollar commence à handicaper l’activité d’autant que dans les autres zones économiques on s’engage dans une véritable guerre des monnaies incluant y compris des taux négatifs ;  il y a aussi des signes d’inquiétude purement intérieure comme les dépenses les dépenses de consommation, qui représentent les deux tiers de l’activité elles ont ralenti sur le dernier trimestre 2015, avec une croissance de 2,2%, contre 3% au trimestre précédent. Ce ralentissement est cependant moins marqué que prévu. Du coup la perspective d’un nouveau relèvement des taux par la Fed pourraient bien s’éloigner et il est peu probable que la Banque centrale américaine modifie en mars les taux actuels. La banque centrale américaine a relevé ses taux en décembre, pour la première fois depuis près de 10 ans. Elle n’a pas formellement exclu un nouveau relèvement dès le mois de mars mais la volatilité qui règne sur les marchés financiers pourrait l’amener à patienter jusqu’en juin voire bien plus tard, beaucoup plus tard !

 

Économie mondiale : baisse de confiance inquiétante des chefs d’entreprise :

Économie mondiale : baisse de confiance inquiétante des chefs d’entreprise :

On attendait la reprise mondiale, mais  ce début d’année 2016 débute très mal avec la chute notamment des marchés financiers mais surtout la très nette baisse de moral des chefs d’entreprise partout dans le monde. La confiance des dirigeants d’entreprise dans l’économie mondiale » a chuté de 10 points entre des 2015 et 2016, selon l’étude annuelle mondiale de PwC. Il faut remonter à l’année 2010 pour retrouver de tels niveaux d’inquiétude. En cause plusieurs facteurs, d’abord les menaces résultant de la situation géopolitique de plus en plus instable. Ensuite l’action des banques centrales qui favorisent la guerre des monnaies et crée donc une grande instabilité sur les taux de change. Les chefs  d’entreprise craignent aussi les mesures réglementaires protectionnistes de pays qui pensent que l’isolement économique constitue le meilleur rempart pour résister à la crise mondiale.

(avec Le Figaro)

Progression du FN : inquiétante pour 57 % des Français

Progression du FN : inquiétante pour 57 % des Français

 

Dans un sondage Ipsos pour France Info on apprend que 57 % des Français sont inquiets de la progression du FN. Pour 47% des personnes interrogées, les conséquences d’une victoire du FN dans une région sont   »une très mauvaise chose », alors qu’elles ne sont que 22% à le penser pour la gauche et 11% pour la droite.  De manière générale, les Français font surtout confiance à la droite (41%) pour gouverner le pays, avant la gauche (39%) et le Front National (20%). Ce sondage démontre à l’évidence l’écart qu’il y a entre la confiance qu’on fait au Front National pour gouverner le pays (20 % des interrogés) et entre le score obtenu au régional ,  ce qui démontre à l’évidence que plus de la moitié  des électeurs du FN vote contre les partis classiques de droite et de gauche mais sans pour autant adhérer au contenu programmatique du FN qu’ils ignorent d’ailleurs souvent.  Malgré l’inquiétude exprimée par les électeurs, c’est bien la présidente du FN qui sort renforcée du premier tour. 73% des personnes interrogées le pensent. Les autres leaders politiques arrivent loin derrière. 60% des sondés estiment ainsi que Nicolas Sarkozy est sorti « plutôt affaibli » de l’entre-deux-tours. Sa doctrine du « ni-ni » (ni fusion, ni retrait des listes pour faire barrage au FN) est sans doute l’une des causes : 54% des Français la désapprouvent, selon Ipsos.    François Hollande est l’autre grand perdant du premier tour : 64 % des électeurs pensent qu’il en est, lui aussi, sorti « plutôt affaibli ». Seuls 6% d’entre eux pensent le contraire.

Chine: baisse des prix inquiétante pour l’économie mondiale

Chine  baisse des prix inquiétante  pour l’économie mondiale

L’indicateur le plus inquiétant pour l’économie mondiale c’est la baisses des prix industriels chinois en effet cette baisse atteint de l’ordre de 6 % sur un an. Un plongeon qui témoigne bien de la faiblesse de la demande mondiale. Le déséquilibre s’effectue en défaveur de l’offre qui se trouve en surcapacité. Au plan intérieur cependant la baisse des prix industriels est compensée par la hausse de produits de consommation et de services. Au total l’inflation recule cependant encore en septembre. Ce qui démontre que la consommation intérieure ne compense pas et de loin la baisse des exportations. D’ailleurs parallèlement les importations sont aussi en nette régression. Les importations de la Chine ont nettement chuté au mois de septembre sur un an, à près de 18%, ont annoncé ce mardi les douanes chinoises, dernier chiffre traduisant le tassement de l’activité dans la deuxième économie mondiale. En valeur, les importations sont tombées à 924 milliards de yuan (environ 128 milliards d’euros), ont indiqué les douanes dans un communiqué. La Chine a également été affectée par l’affaiblissement de la demande sur certains marchés pour ses biens manufacturés, à l’origine de la baisse de ses exportations, qui ont reculé de 1,1% à 1.300 milliards de yuan (180 milliards d’euros), de même source.  L’ensemble de ses les éléments explique la baisse de l’inflation qui s’est établie à 1,6% le mois dernier, en net recul par rapport au mois d’août où elle avait connu une accélération à 2%, son plus haut niveau depuis un an, a annoncé le Bureau national des statistiques

Croissance : pourquoi la dépression économique française est inquiétante ?

Croissance : pourquoi la dépression économique française est inquiétante ?

En dépit de l’optimisme de façade du ministre des finances Michel Sapin et de quelques experts l’absence de croissance au second trimestre et inquiétante. La  croissance a été de zéro au second trimestre. Les experts patentés s’attendaient pourtant à une augmentation de leur de 03 % et non à une stagnation. Il faut d’abord constater la dépression de la consommation, plus 0,1 % après plus 0,9 % pour le premier trimestre mais cette de croissance de la consommation au premier trimestre doit être relativisée. Elle provenait en effet essentiellement de l’augmentation de la consommation d’énergie liée au climat. Deuxième élément d’explication, l’évolution décevante des stocks. Les entreprises devant les inquiétudes relatives à leur carnet de commandes ont préféré puiser dans leurs réserves plutôt que d’augmenter les stocks. Du coup la production industrielle baisse de 07 %. Seule petite satisfaction une très légère augmentation des investissements + 0,2 %. Également l’amélioration du commerce extérieur, une amélioration qui provient surtout de la baisse des prix des matières premières et surtout du pétrole. Les  optimistes font observer qu’il y a cependant une amélioration de l’emploi salarié dans le privé. Mais il s’agit essentiellement  des emplois précaires surtout de  l’intérim. La preuve évidente d’un manque de confiance quant à l’avenir. On voit bien que le contexte financier favorable au développement a des limites : taux faible,  euros bas, prix du pétrole en recul. En effet cet environnement bénéficie aussi à la plupart des pays concurrents en Europe. Aux difficultés internes toujours caractérisées par le manque  de compétitivité s’ajoute un environnement international qui se dégrade. Ainsi les grands pays exportateurs notamment la Chine, le Japon aussi l’Allemagne voient leurs commandes extérieures diminuées. La preuve du ralentissement mondial de la croissance. Il faudra donc surtout compter sur une éventuelle reprise de la consommation. Mais cette consommation va être hypothéquée dans les prochains mois par les dépenses contraintes incontournables notamment la fiscalité locale, la rentrée des classes, les charges de chauffage.  D’ores et déjà, le ministre de l’Economie Michel Sapin s’est défendu en soulignant que cette stagnation du PIB « conforte » l’objectif de croissance objectif de 1% pour l’année 2015. Disons plutôt que pour l’instant elle ne le remet pas en cause, puisque d’ores et déjà, mécaniquement, la croissance française déjà acquise au mitan de l’année atteint 0,8%. Mais le discours de Michel sapin a du mal à convaincre de la réalité de la reprise promise par Hollande cela d’autant plus qu’il faut s’attendre à la rentrée a quelques mouvements sociaux et professionnels dans plusieurs professions.

Retraites : une situation financière inquiétante (Touzé, OFCE)

Retraites : une situation financière inquiétante (Touzé, OFCE)

 

« Le dernier rapport du COR sur les évolutions et les perspectives des retraites en France publié en décembre 2012 s’intitulait « Retraites : perspectives 2020, 2040 et 2060″. Ce rapport a joué un rôle majeur puisqu’il a servi de point de référence pour la commission Moreau (rapport publié en juin 2013) puis pour des mesures correctives adoptées par le parlement fin 2013 (réforme Touraine). La réforme Touraine a principalement abouti à une hausse des cotisations (impact négatif pour les salariés), à une hausse de la durée d’activité (impact négatif pour les salariés), à une fiscalisation des majorations de retraite (impact négatif pour les retraités) et à un report de l’indexation des pensions (perte de pouvoir d’achat pour les retraités). Le nouveau rapport est, donc, particulièrement attendu puisqu’il va enfin fournir une estimation (indépendante) des mesures prises par le gouvernement Ayrault. Le moins qu’on puisse attendre d’un tel rapport est une évaluation précise de l’évolution des soldes financiers des différents régimes de retraite selon plusieurs scénarios, en général trois du type pessimiste, intermédiaire et optimiste. Si le rapport ne fournit pas ces estimations, on n’est en droit d’être très inquiet car la question de la solvabilité est essentielle pour envisager l’avenir et comprendre nos choix passés. En aucun cas, elle ne peut être éludée. Au contraire, c’est un devoir démocratique d’information car les citoyens ont le droit d’être informé, surtout que le COR a tous les moyens (techniques et humains) pour réaliser une telle évaluation. Le COR avoue un secret de polichinelle : les réformes passées bien qu’elles aient eu des effets bénéfiques, ne sont pas suffisantes. Le problème est que les réformes sont trop souvent prises avec retard et surtout elles sont évaluées à partir d’hypothèses extrêmement favorables à savoir pour le scénario de base : un taux de croissance de la productivité de 1,5% et un taux de chômage de 4,5% à long terme. Ces hypothèses pour un compte central ne sont pas réalistes car elles ne reproduisent pas les tendances de long terme. Elles correspondent seulement à des objectifs, mais faudrait-il encore se donner les moyens d’y arriver avec des politiques structurelles effectives. A défaut de vraie réforme, on annonce aujourd’hui aux jeunes générations : « ne vous inquiétez pas car à long terme, il y aura de la croissance et peu de chômage ; tous les problèmes seront donc résolus ». De plus, les scénarios optimistes sur le taux de chômage sont très favorables à l’amélioration du solde financier de la CNAV car dès lors que l’UNEDIC fait des excédents, il y a un transfert vers l’assurance vieillesse. En dessous d’un certain seuil, un bas niveau de chômage provoque un double dividende. Au contraire, un pilotage prudent des systèmes de retraite par répartition devrait se construire à partir d’hypothèses pas vraiment optimistes afin d’éviter les fausses promesses en garantissant une adéquation durable entre recettes et dépenses. Les seules surprises seraient des bonnes surprises car dès lors qu’on fait mieux que le scénario, il est toujours possible d’être plus généreux. Les scénarios trop optimistes sont un leurre (les français sont mal informé) et contribuent à une désinformation économique nuisible à la prise de décision. Par le passé, une bonne gestion aurait nécessité de réaliser d’importants excédents accumulés dans un fonds de réserve dès les années 1980. Aux Etats-Unis, l’accumulation d’un tel fonds permet au régime de retraite par répartition de tenir sans réforme jusqu’en 2033. La Suède accumule un fonds de réserve depuis les années 70. En France, aujourd’hui, on finance globalement le système de retraite avec de la dette… Le « mauvais » pilotage du système de retraite provient de la nature « craintive » des décideurs politiques qui craignent de subir un lourd échec électoral si jamais ils s’engageaient dans une vraie réforme d’envergure. Pour sortir d’une insolvabilité permanente des retraites, il faudrait faire comme les Suédois avec une grande réforme qui garantirait une justice fiscale entre les générations en figeant le taux de cotisation, une plus grande transparence en créant des comptes notionnels et surtout une solvabilité en adoptant des mécanismes d’ajustements automatiques qui permettraient au système de retraite de réévaluer les pensions (à la hausse comme à la baisse) en fonction de l’évolution de la croissance économique. Un système de retraite par répartition ne peut pas promettre de façon permanente un rendement des cotisations versées supérieur au taux de croissance économique (masse salariale), car un tel objectif nécessiterait d’augmenter (à l’infini) les taux de cotisation, ce qui n’est pas possible.




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