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Agriculture : une crise actuellement ingérable

Agriculture : une crise actuellement ingérable

Le pacte écolo-agricole est à repenser au niveau français et européen, estime, dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

 

La crise agricole qui a éclaté à l’aube de la campagne des élections européennes de juin est un bon indicateur des dynamiques en présence. La rapidité avec laquelle les syndicats agricoles ont obtenu gain de cause sur l’allègement des normes environnementales, la fin de l’indicateur d’usage des pesticides français, le NODU, ou encore la possibilité de déroger aux obligations de jachère est une défaite pour les écologistes. Le revers est pour eux d’autant plus rude que l’opinion publique française, par ailleurs sensibilisée aux enjeux du changement climatique, soutient très majoritairement le mouvement des agriculteurs.


Simultanément, le concept de souveraineté progresse à pas de géant. La crise liée au Covid-19, les tensions géopolitiques nées de la guerre en Ukraine ont changé l’ambiance qui prévalait lors du scrutin européen de 2019, alors marqué par le succès des marches pour le climat. Le retour de la guerre en Europe est venu rappeler que l’alimentation est un enjeu stratégique, au même titre que l’armement ou les matières premières.

La France, pas plus que l’Union européenne (UE), ne peut prendre le risque de tomber sous la dépendance de forces hostiles qui, en contrôlant les cours, exerceraient une pression insupportable sur sa population.

Dès 2022, sous le gouvernement d’Elisabeth Borne, le ministère de l’agriculture et de l’alimentation s’est vu rebaptisé « ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire », alors que le secteur, encore fortement exportateur, souffre d’une perte de compétitivité. La rhétorique, depuis, s’affirme : samedi 24 février, lors de sa visite mouvementée au Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron, accédant à une revendication de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), a indiqué que le futur projet de loi reconnaîtrait « notre agriculture comme un intérêt général majeur de la nation française », ce qui permettra, selon lui, de la protéger « de manière ferme et solide ».
Le résultat le plus tangible de cette évolution est que le consensus sur lequel reposaient la politique agricole commune et le Pacte vert européen n’est plus de mise. Le ministre de l’agriculture, issu du MoDem, Marc Fesneau, le dit de plus en plus ouvertement lorsqu’il proclame qu’il « faut sortir d’une logique qui est explicite ou implicite ou sous-jacente de décroissance ». Emmanuel Macron enfonce le clou, en soulignant dans un entretien au Figaro : « On a sauvé notre politique agricole commune, mais elle a été pensée de manière encore trop décroissante. »

 

Une Crise agricole ingérable

Une Crise agricole  ingérable

 

Le pacte écolo-agricole est à repenser au niveau français et européen, estime, dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

 

La crise agricole qui a éclaté à l’aube de la campagne des élections européennes de juin est un bon indicateur des dynamiques en présence. La rapidité avec laquelle les syndicats agricoles ont obtenu gain de cause sur l’allègement des normes environnementales, la fin de l’indicateur d’usage des pesticides français, le NODU, ou encore la possibilité de déroger aux obligations de jachère est une défaite pour les écologistes. Le revers est pour eux d’autant plus rude que l’opinion publique française, par ailleurs sensibilisée aux enjeux du changement climatique, soutient très majoritairement le mouvement des agriculteurs.

Simultanément, le concept de souveraineté progresse à pas de géant. La crise liée au Covid-19, les tensions géopolitiques nées de la guerre en Ukraine ont changé l’ambiance qui prévalait lors du scrutin européen de 2019, alors marqué par le succès des marches pour le climat. Le retour de la guerre en Europe est venu rappeler que l’alimentation est un enjeu stratégique, au même titre que l’armement ou les matières premières.

La France, pas plus que l’Union européenne (UE), ne peut prendre le risque de tomber sous la dépendance de forces hostiles qui, en contrôlant les cours, exerceraient une pression insupportable sur sa population.

Dès 2022, sous le gouvernement d’Elisabeth Borne, le ministère de l’agriculture et de l’alimentation s’est vu rebaptisé « ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire », alors que le secteur, encore fortement exportateur, souffre d’une perte de compétitivité. La rhétorique, depuis, s’affirme : samedi 24 février, lors de sa visite mouvementée au Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron, accédant à une revendication de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), a indiqué que le futur projet de loi reconnaîtrait « notre agriculture comme un intérêt général majeur de la nation française », ce qui permettra, selon lui, de la protéger « de manière ferme et solide ».

Le résultat le plus tangible de cette évolution est que le consensus sur lequel reposaient la politique agricole commune et le Pacte vert européen n’est plus de mise. Le ministre de l’agriculture, issu du MoDem, Marc Fesneau, le dit de plus en plus ouvertement lorsqu’il proclame qu’il « faut sortir d’une logique qui est explicite ou implicite ou sous-jacente de décroissance ». Emmanuel Macron enfonce le clou, en soulignant dans un entretien au Figaro : « On a sauvé notre politique agricole commune, mais elle a été pensée de manière encore trop décroissante. »

 

France : un pays ingérable ?

France : un pays ingérable ?

Comment voulez-vous qu’on dirige un pays qui produit 1000 fromages ? Cette boutade du général De Gaulle rendait déjà compte des difficultés à gouverner un pays éclaté dans de nombreux domaines. Pays tellement éclaté qu’on peut se demander si la France est réellement gouvernable. Elle est en effet en opposition dans de nombreux champs politiques, économiques, sociaux et sociétaux.

En plus avec la crise, chacun recherche des formes de réassurance existentielle dans sa chapelle. Exemple les fonctionnaires d’un côté, les salariés du privé de l’autre. Les populations des métropoles et les populations un peu éloigné des centres urbains. Les retraités et les actifs. Etc.

Sociologiquement la France est de plus en plus divisée en trois grands pôles. Les moins favorisés dans les fins de mois commencent le 15 ou le 20 et qui sont assommés par les dépenses contraintes de plus en plus fortes ( logement ,transport, services, abonnements). Une couche moyenne qui tend à s’appauvrir et par exemple qui va se trouver rapidement complètement exclue des perspectives d’acquisition d’un logement. Une transformation tout à fait fondamental par rapport au passé. Mais dans le même temps des couches favorisées autour de 10 % de la population: mobile, cultivée, consumériste et qui s’adapte parfaitement au rythme des changements notamment technologiques.

Politiquement, la France est coupée en quatre avec la gauche même éclatée, un centre, et une extrême droite. Aucune de ces forces ne peut gouverner seule. C’est bien le drame de Macron ligoté par son introuvable majorité. Les élections européennes devraient confirmer cet éclatement politique.

Mais la grande déficience de la France et son incapacité à élaborer collectivement une analyse partagée des forces et des faiblesses du pays. De sorte que chacun vit sur des fantasmes de chaque tendance, chaque sensibilité et que les orientations quand elles existent deviennent vite obsolètes face à la réalité.

Ce constat partagé est pourtant urgent car rien ne peut se construire de solide et de durable sur des bases faussées.

Parmi les priorités, il y aurait sans doute à faire un bilan pertinent des couches administratives et politiques nombreuses qui permettent à la classe politique d’exister mais qui paralysent le pays. Sans doute faudrait-il faire le ménage et sérieusement définir les champs d’intervention réellement régaliens y compris en en confiant certains aspects à des délégations de service public ( ce qui se pratique tous les jours par exemple pour le transport scolaire ou le transport urbain). Contrairement l’idée répandue, la décentralisation n’allège en rien le millefeuille administratif. Bien au contraire, on a multiplié les niveaux d’intervention et évidemment d’imposition sans réelle bénéfices supplémentaires pour l’usager citoyen. Un seul exemple on peut constater que des armées de jardiniers, la plupart fonctionnaires, s’occupent des plates-bandes publiques dans le moindre village. Dans cette activité comme dans bien d’autres plus personne ne maîtrise rien : investissements, effectifs, fonctionnement.

On pourrait sans dommage diviser par deux les structures administratives et politiques et cela d’autant plus que pour les grands projets les études sont sous-traitées à des sociétés de conseil qui savent entretenir leur fromage sans que les élus -souvent- ne comprennent grand-chose.

L’autre priorité est évidemment l’économie avec la liquidation de l’industrie et l’idée folle qu’on pourrait exporter des produits fabriqués ailleurs avec des marges substantielles. Résultat, les pays en développement s’approprient les technologies et la maîtrise des processus de vente comme pour l’automobile chinoise. On accuse souvent à raison le poids de la fiscalité qui pénalise la compétitivité mais on parle peu de l’autre facteur concernant la qualité et la compétitivité du travail en France. Pas étonnant , on a découragé tout le monde ou presque de se tourner vers l’industrie au profit des services.

Les facteurs explicatifs du déclin français sont nombreux et ils interagissent entre eux de manière systémique. Par exemple le système scolaire en pleine déconfiture globalement même si comme d’habitude l’élite s’en sort. La France parle d’énergies nouvelles mais elle a été contrainte de recourir le plus souvent à des sociétés étrangères pour les installer et les faire fonctionner. Même à EDF on a recruté des soudeurs américains pour la réfection des centrales nucléaires.

La France a besoin de travailler plus et mieux et les décisions qui ont conduit à la retraite à 60 ans puis à la durée hebdomadaire à 35 heures ont précipité le déclin économique mais aussi moral du pays. La valeur travail devenant désormais accessoire voire condamnable parfois.

La France avec l’Europe d’ailleurs a loupé le virage des grandes nouvelles technologies; les nouvelles plates-formes sont tous étrangères et même l’intelligence artificielle nous échappent alors que c’est un outil révolutionnaire.

Ne parlons pas des questions de sécurité, de violence, de justice ou pire d’adhésion aux valeurs de la république.

Bref avant l’action et les promesses, l’urgence et de comprendre ensemble.
Ce n’est pas tellement la personnalité du dirigeant central qui compte mais le projet collectif partagé. Faute de cela, le prétendant à la magistrature suprême se trouvera rapidement, comme les autres, ficelé par les superstructures de tous poils qui privilégient le corporatisme au détriment de l’intérêt général.

France : un pays ingérable ?

France : un pays ingérable ?

Comment voulez-vous qu’on dirige un pays qui produit 1000 fromages ? Cette boutade du général De Gaulle rendait déjà compte des difficultés à gouverner un pays éclaté dans de nombreux domaines. Pays tellement éclaté qu’on peut se demander si la France est réellement gouvernable. Elle est en effet en opposition dans de nombreux champs politiques, économiques, sociaux et sociétaux.

En plus avec la crise, chacun recherche des formes de réassurance existentielle dans sa chapelle. Exemple les fonctionnaires d’un côté, les salariés du privé de l’autre. Les populations des métropoles et les populations un peu éloigné des centres urbains. Les retraités et les actifs. Etc.

Sociologiquement la France est de plus en plus divisée en trois grands pôles. Les moins favorisés dans les fins de mois commencent le 15 ou le 20 et qui sont assommés par les dépenses contraintes de plus en plus fortes ( logement ,transport, services, abonnements). Une couche moyenne qui tend à s’appauvrir et par exemple qui va se trouver rapidement complètement exclue des perspectives d’acquisition d’un logement. Une transformation tout à fait fondamental par rapport au passé. Mais dans le même temps des couches favorisées autour de 10 % de la population: mobile, cultivée, consumériste et qui s’adapte parfaitement au rythme des changements notamment technologiques.

Politiquement, la France est coupée en quatre avec la gauche même éclatée, un centre, et une extrême droite. Aucune de ces forces ne peut gouverner seule. C’est bien le drame de Macron ligoté par son introuvable majorité. Les élections européennes devraient confirmer cet éclatement politique.

Mais la grande déficience de la France et son incapacité à élaborer collectivement une analyse partagée des forces et des faiblesses du pays. De sorte que chacun vit sur des fantasmes de chaque tendance, chaque sensibilité et que les orientations quand elles existent deviennent vite obsolètes face à la réalité.

Ce constat partagé est pourtant urgent car rien ne peut se construire de solide et de durable sur des bases faussées.

Parmi les priorités, il y aurait sans doute à faire un bilan pertinent des couches administratives et politiques nombreuses qui permettent à la classe politique d’exister mais qui paralysent le pays. Sans doute faudrait-il faire le ménage et sérieusement définir les champs d’intervention réellement régaliens y compris en en confiant certains aspects à des délégations de service public ( ce qui se pratique tous les jours par exemple pour le transport scolaire ou le transport urbain). Contrairement l’idée répandue, la décentralisation n’allège en rien le millefeuille administratif. Bien au contraire, on a multiplié les niveaux d’intervention et évidemment d’imposition sans réelle bénéfices supplémentaires pour l’usager citoyen. Un seul exemple on peut constater que des armées de jardiniers, la plupart fonctionnaires, s’occupent des plates-bandes publiques dans le moindre village. Dans cette activité comme dans bien d’autres plus personne ne maîtrise rien : investissements, effectifs, fonctionnement.

On pourrait sans dommage diviser par deux les structures administratives et politiques et cela d’autant plus que pour les grands projets les études sont sous-traitées à des sociétés de conseil qui savent entretenir leur fromage sans que les élus -souvent- ne comprennent grand-chose.

L’autre priorité est évidemment l’économie avec la liquidation de l’industrie et l’idée folle qu’on pourrait exporter des produits fabriqués ailleurs avec des marges substantielles. Résultat, les pays en développement s’approprient les technologies et la maîtrise des processus de vente comme pour l’automobile chinoise. On accuse souvent à raison le poids de la fiscalité qui pénalise la compétitivité mais on parle peu de l’autre facteur concernant la qualité et la compétitivité du travail en France. Pas étonnant , on a découragé tout le monde ou presque de se tourner vers l’industrie au profit des services.

Les facteurs explicatifs du déclin français sont nombreux et ils interagissent entre eux de manière systémique. Par exemple le système scolaire en pleine déconfiture globalement même si comme d’habitude l’élite s’en sort. La France parle d’énergies nouvelles mais elle a été contrainte de recourir le plus souvent à des sociétés étrangères pour les installer et les faire fonctionner. Même à EDF on a recruté des soudeurs américains pour la réfection des centrales nucléaires.

La France a besoin de travailler plus et mieux et les décisions qui ont conduit à la retraite à 60 ans puis à la durée hebdomadaire à 35 heures ont précipité le déclin économique mais aussi moral du pays. La valeur travail devenant désormais accessoire voire condamnable parfois.

La France avec l’Europe d’ailleurs a loupé le virage des grandes nouvelles technologies; les nouvelles plates-formes sont tous étrangères et même l’intelligence artificielle nous échappent alors que c’est un outil révolutionnaire.

Ne parlons pas des questions de sécurité, de violence, de justice ou pire d’adhésion aux valeurs de la république.

Bref avant l’action et les promesses, l’urgence et de comprendre ensemble.
Ce n’est pas tellement la personnalité du dirigeant central qui compte mais le projet collectif partagé. Faute de cela, le prétendant à la magistrature suprême se trouvera rapidement, comme les autres, ficelé par les superstructures de tous poils qui privilégient le corporatisme au détriment de l’intérêt général.

Société-France : un pays ingérable ?

Société-France : un pays ingérable ?

Comment voulez-vous qu’on dirige un pays qui produit 1000 fromages ? Cette boutade du général De Gaulle rendait déjà compte des difficultés à gouverner un pays éclaté dans de nombreux domaines. Pays tellement éclaté qu’on peut se demander si la France est réellement gouvernable. Elle est en effet en opposition dans de nombreux champs politiques, économiques, sociaux et sociétaux.

En plus avec la crise, chacun recherche des formes de réassurance existentielle dans sa chapelle. Exemple les fonctionnaires d’un côté, les salariés du privé de l’autre. Les populations des métropoles et les populations un peu éloigné des centres urbains. Les retraités et les actifs. Etc.

Sociologiquement la France est de plus en plus divisée en trois grands pôles. Les moins favorisés dans les fins de mois commencent le 15 ou le 20 et qui sont assommés par les dépenses contraintes de plus en plus fortes ( logement ,transport, services, abonnements). Une couche moyenne qui tend à s’appauvrir et par exemple qui va se trouver rapidement complètement exclue des perspectives d’acquisition d’un logement. Une transformation tout à fait fondamental par rapport au passé. Mais dans le même temps des couches favorisées autour de 10 % de la population: mobile, cultivée, consumériste et qui s’adapte parfaitement au rythme des changements notamment technologiques.

Politiquement, la France est coupée en quatre avec la gauche même éclatée, un centre, et une extrême droite. Aucune de ces forces ne peut gouverner seule. C’est bien le drame de Macron ligoté par son introuvable majorité. Les élections européennes devraient confirmer cet éclatement politique.

Mais la grande déficience de la France et son incapacité à élaborer collectivement une analyse partagée des forces et des faiblesses du pays. De sorte que chacun vit sur des fantasmes de chaque tendance, chaque sensibilité et que les orientations quand elles existent deviennent vite obsolètes face à la réalité.

Ce constat partagé est pourtant urgent car rien ne peut se construire de solide et de durable sur des bases faussées.

Parmi les priorités, il y aurait sans doute à faire un bilan pertinent des couches administratives et politiques nombreuses qui permettent à la classe politique d’exister mais qui paralysent le pays. Sans doute faudrait-il faire le ménage et sérieusement définir les champs d’intervention réellement régaliens y compris en en confiant certains aspects à des délégations de service public ( ce qui se pratique tous les jours par exemple pour le transport scolaire ou le transport urbain). Contrairement l’idée répandue, la décentralisation n’allège en rien le millefeuille administratif. Bien au contraire, on a multiplié les niveaux d’intervention et évidemment d’imposition sans réelle bénéfices supplémentaires pour l’usager citoyen. Un seul exemple on peut constater que des armées de jardiniers, la plupart fonctionnaires, s’occupent des plates-bandes publiques dans le moindre village. Dans cette activité comme dans bien d’autres plus personne ne maîtrise rien : investissements, effectifs, fonctionnement.

On pourrait sans dommage diviser par deux les structures administratives et politiques et cela d’autant plus que pour les grands projets les études sont sous-traitées à des sociétés de conseil qui savent entretenir leur fromage sans que les élus -souvent- ne comprennent grand-chose.

L’autre priorité est évidemment l’économie avec la liquidation de l’industrie et l’idée folle qu’on pourrait exporter des produits fabriqués ailleurs avec des marges substantielles. Résultat, les pays en développement s’approprient les technologies et la maîtrise des processus de vente comme pour l’automobile chinoise. On accuse souvent à raison le poids de la fiscalité qui pénalise la compétitivité mais on parle peu de l’autre facteur concernant la qualité et la compétitivité du travail en France. Pas étonnant , on a découragé tout le monde ou presque de se tourner vers l’industrie au profit des services.

Les facteurs explicatifs du déclin français sont nombreux et ils interagissent entre eux de manière systémique. Par exemple le système scolaire en pleine déconfiture globalement même si comme d’habitude l’élite s’en sort. La France parle d’énergies nouvelles mais elle a été contrainte de recourir le plus souvent à des sociétés étrangères pour les installer et les faire fonctionner. Même à EDF on a recruté des soudeurs américains pour la réfection des centrales nucléaires.

La France a besoin de travailler plus et mieux et les décisions qui ont conduit à la retraite à 60 ans puis à la durée hebdomadaire à 35 heures ont précipité le déclin économique mais aussi moral du pays. La valeur travail devenant désormais accessoire voire condamnable parfois.

La France avec l’Europe d’ailleurs a loupé le virage des grandes nouvelles technologies; les nouvelles plates-formes sont tous étrangères et même l’intelligence artificielle nous échappent alors que c’est un outil révolutionnaire.

Ne parlons pas des questions de sécurité, de violence, de justice ou pire d’adhésion aux valeurs de la république.

Bref avant l’action et les promesses, l’urgence et de comprendre ensemble.
Ce n’est pas tellement la personnalité du dirigeant central qui compte mais le projet collectif partagé. Faute de cela, le prétendant à la magistrature suprême se trouvera rapidement, comme les autres, ficelé par les superstructures de tous poils qui privilégient le corporatisme au détriment de l’intérêt général.

France : un pays ingérable ?

France : un pays ingérable ?
Comment voulez-vous qu’on dirige un pays qui produit 1000 fromages ? Cette boutade du général De Gaulle rendait déjà compte des difficultés à gouverner un pays éclaté dans de nombreux domaines. Pays tellement éclaté qu’on peut se demander si la France est réellement gouvernable. Elle est en effet en opposition dans de nombreux champs politiques, économiques, sociaux et sociétaux.

En plus avec la crise, chacun recherche des formes de réassurance existentielle dans sa chapelle. Exemple les fonctionnaires d’un côté, les salariés du privé de l’autre. Les populations des métropoles et les populations un peu éloigné des centres urbains. Les retraités et les actifs. Etc.

Sociologiquement la France est de plus en plus divisée en trois grands pôles. Les moins favorisés dans les fins de mois commencent le 15 ou le 20 et qui sont assommés par les dépenses contraintes de plus en plus fortes ( logement ,transport, services, abonnements). Une couche moyenne qui tend à s’appauvrir et par exemple qui va se trouver rapidement complètement exclue des perspectives d’acquisition d’un logement. Une transformation tout à fait fondamental par rapport au passé. Mais dans le même temps des couches favorisées autour de 10 % de la population: mobile, cultivée, consumériste et qui s’adapte parfaitement au rythme des changements notamment technologiques.

Politiquement, la France est coupée en quatre avec la gauche même éclatée, un centre, et une extrême droite. Aucune de ces forces ne peut gouverner seule. C’est bien le drame de Macron ligoté par son introuvable majorité. Les élections européennes devraient confirmer cet éclatement politique.

Mais la grande déficience de la France et son incapacité à élaborer collectivement une analyse partagée des forces et des faiblesses du pays. De sorte que chacun vit sur des fantasmes de chaque tendance, chaque sensibilité et que les orientations quand elles existent deviennent vite obsolètes face à la réalité.

Ce constat partagé est pourtant urgent car rien ne peut se construire de solide et de durable sur des bases faussées.

Parmi les priorités, il y aurait sans doute à faire un bilan pertinent des couches administratives et politiques nombreuses qui permettent à la classe politique d’exister mais qui paralysent le pays. Sans doute faudrait-il faire le ménage et sérieusement définir les champs d’intervention réellement régaliens y compris en en confiant certains aspects à des délégations de service public ( ce qui se pratique tous les jours par exemple pour le transport scolaire ou le transport urbain). Contrairement l’idée répandue, la décentralisation n’allège en rien le millefeuille administratif. Bien au contraire, on a multiplié les niveaux d’intervention et évidemment d’imposition sans réelle bénéfices supplémentaires pour l’usager citoyen. Un seul exemple on peut constater que des armées de jardiniers, la plupart fonctionnaires, s’occupent des plates-bandes publiques dans le moindre village. Dans cette activité comme dans bien d’autres plus personne ne maîtrise rien : investissements, effectifs, fonctionnement.

On pourrait sans dommage diviser par deux les structures administratives et politiques et cela d’autant plus que pour les grands projets les études sont sous-traitées à des sociétés de conseil qui savent entretenir leur fromage sans que les élus -souvent- ne comprennent grand-chose.

L’autre priorité est évidemment l’économie avec la liquidation de l’industrie et l’idée folle qu’on pourrait exporter des produits fabriqués ailleurs avec des marges substantielles. Résultat, les pays en développement s’approprient les technologies et la maîtrise des processus de vente comme pour l’automobile chinoise. On accuse souvent à raison le poids de la fiscalité qui pénalise la compétitivité mais on parle peu de l’autre facteur concernant la qualité et la compétitivité du travail en France. Pas étonnant , on a découragé tout le monde ou presque de se tourner vers l’industrie au profit des services.

Les facteurs explicatifs du déclin français sont nombreux et ils interagissent entre eux de manière systémique. Par exemple le système scolaire en pleine déconfiture globalement même si comme d’habitude l’élite s’en sort. La France parle d’énergies nouvelles mais elle a été contrainte de recourir le plus souvent à des sociétés étrangères pour les installer et les faire fonctionner. Même à EDF on a recruté des soudeurs américains pour la réfection des centrales nucléaires.

La France a besoin de travailler plus et mieux et les décisions qui ont conduit à la retraite à 60 ans puis à la durée hebdomadaire à 35 heures ont précipité le déclin économique mais aussi moral du pays. La valeur travail devenant désormais accessoire voire condamnable parfois.

La France avec l’Europe d’ailleurs a loupé le virage des grandes nouvelles technologies; les nouvelles plates-formes sont tous étrangères et même l’intelligence artificielle nous échappent alors que c’est un outil révolutionnaire.

Ne parlons pas des questions de sécurité, de violence, de justice ou pire d’adhésion aux valeurs de la république.

Bref avant l’action et les promesses, l’urgence et de comprendre ensemble.
Ce n’est pas tellement la personnalité du dirigeant central qui compte mais le projet collectif partagé. Faute de cela, le prétendant à la magistrature suprême se trouvera rapidement, comme les autres, ficelé par les superstructures de tous poils qui privilégient le corporatisme au détriment de l’intérêt général.

Réforme des retraites : vers une crise politique ingérable ?

Réforme des retraites : vers une crise politique ingérable ?

par
Alessio Motta
Enseignant chercheur en sciences sociales, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (the Conversation)

Nous vivons certainement en ce début 2023 l’une des plus importantes crises politiques des dernières décennies. On retrouve en tout cas la plupart des éléments habituellement observés par les approches scientifiques contemporaines de la construction de ces crises.

Comme l’explique le politiste français Michel Dobry dans son ouvrage fondateur « Sociologie des crises politiques », un des principaux facteurs de construction d’une situation critique est l’émergence nationale de mobilisations multisectorielles, c’est-à-dire d’actions collectives étendues à de nombreux espaces sociaux.

Manifestations, grèves, blocages, émeutes, actions de lobbying, chantage, prises de position publiques… ces mobilisations peuvent prendre des aspects divers. Et sans que ce ne soit forcément le but recherché, elles convergent vers un phénomène important pour comprendre ce qu’est une crise politique : elles affectent les routines des relations entre les secteurs de la société.

Ainsi, des élus font appel au soutien de la rue, des députés viennent contrôler le travail des forces de l’ordre, des responsables policiers interpellent le gouvernement, des maires soutiennent la grève des éboueurs en refusant d’intervenir pour le ramassage, des ministres peuvent être « grillés » pour des tentatives d’influence qui passent inaperçues en temps normal, des organisations très ancrées à droite appellent à cesser les violences policières…

Les événements qui conduisent des mobilisations à former un important mouvement multisectoriel sont très variés et peuvent être le fruit de stratégies décidées par quelques individus ou organisations. Il est donc impossible d’en lister exhaustivement les ressorts. Mais on peut s’arrêter sur quelques phénomènes typiques qui jouent souvent un rôle important.

L’un des principaux points d’appui à l’extension des mobilisations est l’existence, dans plusieurs secteurs de la société, d’entrepreneurs de cause potentiels, de réseaux ou structures « dormantes » composées de personnes prêtes à s’engager. Ces structures ou réseaux peuvent être issus de mobilisations passées ou de groupes de sociabilités constitués dans des lieux aussi divers que le monde du travail, les clubs de sports, la fac ou les réseaux sociaux. Ces liens jouent clairement un rôle déterminant dans la situation actuelle, où la réforme des retraites est présente dans les discussions d’un grand nombre de Français, qui organisent notamment entre collègues leur participation aux journées d’actions prévues.

Un autre élément qui vient renforcer les chances d’extension des mobilisations est la présence sensible des petites actions subversives du quotidien que le sociologue James Scott nomme « arts de la résistance » contre les dominants : ouvriers qui ralentissent la cadence, plaisanteries sur les chefs, caricatures, rumeurs…

Longtemps considérés comme une « soupape » allégeant les envies de révolte, ces arts de la résistance contribuent plutôt à accélérer sa diffusion dans les différents secteurs d’une société, puisqu’ils permettent d’observer que les envies de résister sont partagées.

Dans la situation actuelle, la présence indiscutable de ces microrésistances a un effet d’autant plus fort que des indices plus formels comme les sondages d’opinion permettent à un grand nombre de personnes de mesurer combien leur rejet de la réforme des retraites et des décisions du gouvernement est partagé. Les chiffres montrant que toutes les catégories sociales sont opposées à la réforme et que seuls 7 % des actifs y sont favorables font ainsi partie des plus partagés dans les mobilisations et sur les réseaux sociaux.

Une autre figure typique qui stimule l’extension multisectorielle des mobilisations, parmi les plus documentées dans la recherche, est celle du « surgissement de l’imprévisible ». Celle-ci a été notamment étudiée par Michel Dobry dans le cas des mouvements étudiants : quelques sites universitaires sont bloqués par des étudiants quand soudain, on apprend qu’un nouveau site, une fac de droit réputée « de droite » et donc difficile à mobiliser, rejoint le mouvement.

Les acteurs de la mobilisation et ceux qui aspirent à la rejoindre occupent une large part de leur temps à évaluer, lors d’assemblées générales et réunions, l’avancée du mouvement et les différentes étapes franchies par les lieux de mobilisation. Un tel événement prend donc un retentissement particulier et peut convaincre des groupes encore hésitants que la mobilisation est en train de « prendre » plus que prévu, qu’il est temps de la rejoindre.

Le surgissement de l’imprévisible n’a cependant pas de définition objective. Il n’y a pas de thermomètre ou de mesure officielle permettant de s’accorder sur le fait que les événements viennent de prendre un tournant exceptionnel.

L’un des enjeux pour les acteurs d’une crise est d’imposer leur définition de la situation. Sur l’importance des manifestations, par exemple.

Une partie significative de l’activité des acteurs d’une crise consiste justement à lutter pour imposer des définitions de la situation conformes à leurs lignes stratégiques. Ainsi, les confédérations syndicales assurent, chiffres surévalués en poche, qu’ils ont encore une fois été capables d’emmener 3 millions de personnes dans la rue, pendant que des sources « off » du cabinet de l’Élysée ou des membres du gouvernement relativisent. Sans y parvenir totalement, ces interventions gouvernementales visent à effacer le fait que, d’après les chiffres de la police, les journées de manifestation des 31 janvier et 7 mars 2023 étaient les plus peuplées de toute l’histoire de France.

Luttes de définition et construction de la crise
De façon générale, les escalades d’une crise politique ne peuvent pas être attestées par des indicateurs objectifs consensuels. Elles sont toutes l’objet de luttes de définition. Les uns soulignent l’exceptionnalité de la situation et les autres banalisent les mouvements de rue, affirment que les choses suivent leur « cheminement démocratique » ordinaire ou qu’une motion de censure passée à neuf voix de faire chuter le gouvernement n’est autre qu’une victoire pour ce gouvernement.

« Explosions », « escalades » et « montées aux extrêmes » sont des étiquettes que l’on tente de poser ou d’arracher. Il en va de même pour l’existence même de la crise, que les uns présentent comme allant de soi quand d’autres la nient.

Car quand un politicien ou une politicienne évoque l’escalade, l’émergence ou la non-émergence d’une crise, son objectif n’est pas de fournir une définition juste et technique de ce qui se passe. L’enjeu est plutôt de faire date, de marquer des points dans la compétition pour la définition de la réalité. De souligner, comme ça, en passant, qu’il ou elle est la personne « responsable », « lucide » et que ce sont les membres des autres camps qui sont « irresponsables ».

Avant d’être éventuellement acceptée par tous les acteurs, l’idée d’une crise est surtout un objet de menaces, d’avertissements, d’invectives, de stigmatisations réciproques, de marchandages : « si le gouvernement continue à ignorer les Français, nous entrerons dans une crise politique sans précédent » ; « si la France Insoumise continue ses outrances, nous allons quitter le jeu démocratique et ils en porteront la responsabilité » ; « si la Première ministre recourt au 49.3, elle nous dirige tout droit vers la crise » ; « si les députés LR renient leurs convictions et votent la motion de censure… ».

Enfin, les issues de la crise sont aussi des objets de marchandages. Passage en force et répression, recul sur la loi, changement de gouvernement, dissolution… aucune de ces solutions n’est la bonne par essence. Ce qui contribue le plus au succès d’une stratégie institutionnelle lancée par les dirigeants en place est généralement sa faculté à offrir à différents camps une chance d’y gagner quelque chose et, donc, des raisons de la présenter comme une solution négociée ou « fair-play ». Difficile de dire, au moment où l’on écrit ces lignes, si le camp présidentiel se résoudra à lancer des propositions susceptibles de satisfaire à ces critères, ou s’il continuera à miser sur l’essoufflement des protestations…

Une assemblée représentative mais ingérable

Une assemblée représentative mais ingérable

 

Si la mise en cohérence entre le pays réel et la représentation nationale comporte un risque élevé de blocage, elle place chaque acteur devant ses responsabilités, explique, dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

 

Il y a eu beaucoup de tours de passe-passe durant la longue campagne électorale qui s’est achevée dimanche 19 juin. On a d’abord vu un président de la République croire que tout lui était acquis parce qu’il avait réussi l’exploit de se faire réélire avec 58,55 % des suffrages exprimés le 24 avril. Puis a surgi des rangs de la gauche un prétendu premier ministre, Jean-Luc Mélenchon, qui, parce qu’il avait réussi à réaliser l’union autour de sa personne, allait devenir l’homme fort du nouveau quinquennat.

Pour tous ceux qui s’étaient complus dans cette double illusion, le réveil au soir du second tour des élections législatives a été particulièrement brutal. La France est à droite, très à droite, avec une seule formation qui peut revendiquer la dynamique : le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, qui progresse en voix et en sièges et devient avec 89 députés élus, le premier parti d’opposition.

Depuis le choc de 2002, tout avait été conçu en France pour faire barrage à l’extrême droite : le front républicain d’un côté, le durcissement des règles de qualification électorale de l’autre dans le cadre d’un scrutin majoritaire à deux tours peu favorable aux extrêmes.

C’est cette double barrière qui vient de voler en éclats au terme d’une campagne législative qui a vu la majorité présidentielle perdre son âme dans des consignes peu claires, sans rien obtenir en échange. Sur le terrain, l’anti-macronisme et l’anti-mélenchonisme se sont révélés des moteurs bien plus puissants que l’anti-lepénisme.

Pour la première fois, l’Assemblée nationale reflète assez fidèlement l’état très fragmenté du pays, comme si les électeurs les plus mobilisés étaient parvenus à tordre les règles de la Ve République pour imposer une représentation proportionnelle du pays. Les conséquences sur le mode de fonctionnement politique s’apparentent à un séisme. Le gouvernement est privé de majorité absolue, ce qui ne s’était jamais produit depuis l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral décidées en 2000 et 2001.

Et, contrairement à 1988, il reste loin du compte pour en trouver une. Ce sont 43 voix qui lui font défaut pour être assuré de faire passer ses textes, ce qui l’oblige de facto à négocier en amont soit autour d’un contrat de gouvernement, s’il parvient à trouver un ou plusieurs alliés prêts à s’engager, soit au cas par cas, dans l’hypothèse contraire. On est aux antipodes du mode de fonctionnement très vertical qui avait caractérisé le premier quinquennat d’Emmanuel Macron comme celui de Nicolas Sarkozy.

François Bayrou, l’ingérable

Bayrou, l’ingérable

 

On peut sans doute d’ores et déjà  pronostiquer que Bayrou quittera le  gouvernement avant la fin de la mandature de Macron. En cause, la personnalité de l’intéressé trop indépendant pour se fondre dans un collectif fut-il  gouvernemental. Bayrou ne veut pas de concurrence, pas même de son propre parti où il a fait régulièrement le ménage pour ne pas être encombré d’opposants ou de personnalités trop fortes. Bayrou a toujours cru dans son destin de futur présidentiable, malheureusement les vents ont  contrariée cette vocation. L’appui qu’il a apporté à Macron a joué jouer un rôle très important mais du coup Bayrou se  considère comme le mentor nouveau du président  de la république et veut jouir d’un statut à part dans le gouvernement. L’ennui c’est que lui aussi a  la main dans le sac des turpitudes de financement des partis. L’ennui, c’est qu’il réagit sur cette affaire en oubliant qu’il est aussi le Garde des Sceaux donc garant de l’indépendance de la justice. L’ennui c’est que Bayrou se console difficilement de ne pas avoir été choisi comme Premier ministre et qu’il n’entend pas se soumettre à l’autorité de ce dernier. Bref Bayrou se révélera rapidement ingérable et devra être évincé du gouvernement. En attendant cette séquence le gouvernement fait le dos rond en donnant  l’impression d’une pacification des rapports entre Édouard Philippe et François Bayrou. Le Gouvernement s’est efforcé mercredi de clore la polémique soulevée par le recadrage du ministre de la Justice François Bayrou par le Premier ministre Edouard Philippe, en assurant que la situation était « pacifiée » et semblant exclure tout « lâchage » du garde des Sceaux après les élections législatives. Signe de cette volonté de tourner la page de ce premier couac gouvernemental, les deux hommes ont échangé une longue poignée de mains devant les journalistes, à l’issue d’un conseil des ministres de plus de trois heures, un record. « Aujourd’hui la situation est à mon sens totalement pacifiée, il n’y a pas de tensions particulières à l’heure qu’il est », a déclaré le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner lors du compte rendu du conseil des ministres. François Bayrou ferait bien cependant d’en rabattre un peu quant à son influence vis-à-vis de Macron car elle  se tarit face à l’hégémonie de La République en Marche, qui devrait disposer de la majorité absolue à l’Assemblée dimanche sans l’appoint du MoDem, si l’on en croit les projections en sièges des instituts de sondage.

Bayrou, l’ingérable

Bayrou, l’ingérable

 

On peut sans doute d’ores pronostiquer que Bayrou quittera le  gouvernement avant la fin de la mandature de Macron. En cause, la personnalité de l’intéressé trop indépendant pour se fondre dans un collectif fut-il  gouvernemental. Bayrou ne veut de personnes pas même de son propre parti où il a fait régulièrement le ménage pour ne pas être encombré d’opposants ou de personnalités trop fortes. Bayrou a toujours cru dans son destin de futur présidentiable, malheureusement les vents ont  contrariée cette vocation. L’appui qu’il a apporté à Macron a joué jouer un rôle très important mais du coup Bayrou se  considère comme le mentor nouveau présidant e de la république et veut jouir d’un statut à part dans le gouvernement. L’ennui c’est que lui aussi a  la main dans le sac des turpitudes de financement des partis. L’ennui, c’est qu’il réagit sur cette affaire en oubliant qu’il est aussi le Garde des Sceaux donc garant de l’indépendance de la justice. L’ennui c’est que Bayrou se console difficilement de ne pas avoir été choisi comme Premier ministre et qu’il n’entend pas se soumettre à l’autorité de ce dernier. Bref Bayrou se révélera rapidement ingérable et devra être évincé du gouvernement. En attendant cette séquence le gouvernement fait le dos rond en donnant  l’impression d’une pacification des rapports entre Édouard Philippe et François Bayrou. Le Gouvernement s’est efforcé mercredi de clore la polémique soulevée par le recadrage du ministre de la Justice François Bayrou par le Premier ministre Edouard Philippe, en assurant que la situation était « pacifiée » et semblant exclure tout « lâchage » du garde des Sceaux après les élections législatives. Signe de cette volonté de tourner la page de ce premier couac gouvernemental, les deux hommes ont échangé une longue poignée de mains devant les journalistes, à l’issue d’un conseil des ministres de plus de trois heures, un record. « Aujourd’hui la situation est à mon sens totalement pacifiée, il n’y a pas de tensions particulières à l’heure qu’il est », a déclaré le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner lors du compte rendu du conseil des ministres. François Bayrou ferait bien cependant d’en rabattre un peu quant à son influence vis-à-vis de Macon car elle  se tarit face à l’hégémonie de La République en Marche, qui devrait disposer de la majorité absolue à l’Assemblée dimanche sans l’appoint du MoDem, si l’on en croit les projections en sièges des instituts de sondage.




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