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Le milieu professionnel influence-t-il le choix politique ?

Le milieu professionnel influence-t-il le choix politique ? 

Comment les conditions de travail et les catégories socio-professionnelles jouent-elles sur le vote ? Analyse à partir du scrutin de 2017. Par Tristan Haute, Université de Lille

 

La question de l’influence éventuelle de l’activité et des expériences professionnelles sur les comportements de vote n’est pas nouvelle en analyses électorales. Cependant, le « vote de classes », mis en évidence au cours des années 1970 pour la France se serait érodé.

Peut-on pour autant conclure à la disparition de relations entre conditions de travail et d’emploi et pratiques électorales ? Rien n’est moins sûr.

Ainsi, la participation électorale serait encore en partie dépendante des caractéristiques socioprofessionnelles des électeurs (catégorie socioprofessionnelle, secteur d’activité d’appartenance, type de contrat de travail, autonomie dans le travail…). Ce constat est particulièrement vrai si ces caractéristiques sont saisies finement, en ne se limitant pas à des nomenclatures dichotomiques (ouvriers/employés, outsiders/insiders…) et en tenant compte à la fois de la profession, du statut d’emploi, de l’insécurité éventuelle de l’emploi, du niveau de rémunération, du niveau de satisfaction au travail, du niveau d’éducation, du caractère plus ou moins routinier ou autonome du travail ou encore de la syndicalisation.

Qu’en est-il aujourd’hui en ce qui concerne l’orientation du vote ? Faute de données encore robustes s’agissant du scrutin présidentiel de 2022, nous présenterons quelques résultats obtenus lors du précédent scrutin de 2017.

Loin de la disparition totale de tout « vote de classe », on observe encore des différences importantes en matière d’orientation de vote selon le groupe socioprofessionnel auquel appartiennent les électeurs. Ainsi, en 2017, selon la French Election Study, 27,8 % des cadres ont voté Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle contre respectivement 12,6 % et 12,3 % des employés et des ouvriers (voir tableau 1). De même, seuls 6,5 % des cadres ont voté pour Marine Le Pen contre 24,6 % des employés et 25 % des ouvriers. Ces différences ne sont toutefois pas toujours significatives, notamment si on tient compte du sexe, de l’âge, du niveau de diplôme et des autres caractéristiques socioprofessionnelles des répondants.

 

D’autres clivages apparaissent particulièrement pertinents, par exemple en fonction du secteur d’activité (par exemple entre les salariés du bâtiment et du commerce). Néanmoins, les enquêtes post-électorales étant réalisées auprès d’échantillons de petite taille (rarement supérieurs à 3 000 personnes), elles ne permettent pas d’analyser finement les différences entre secteurs d’activité. Elles permettent toutefois d’observer des divergences entre salariés du secteur public et du secteur privé. En effet, comme l’ont observé Daniel Boy et Nonna Mayer dès le milieu des années 1990, les salariés du public orientent davantage leur vote en faveur de la gauche que les salariés du privé. Ils votent aussi moins que les salariés du privé pour l’extrême droite.

Ainsi, en 2017, 22 % des salariés du public ont voté Jean-Luc Mélenchon contre 18,7 % de ceux du privé. À l’inverse, seuls 16,9 % des salariés du public ont voté pour Marine Le Pen contre 20,4 % de ceux du privé (voir tableau 2). Cela peut s’expliquer par leurs identités professionnelles spécifiques ou encore par la présence syndicale plus importante dans le secteur public. Les écarts relativement réduits tendraient toutefois plutôt à accréditer la thèse d’un brouillage du clivage entre salariés du privé et du public, du fait notamment de la diversification des statuts dans le secteur public, de l’affaiblissement des identités professionnelles ou encore de la moindre conflictualité sociale.

 

Une autre relation a été plus récemment documentée, notamment à l’échelle européenne par Christoph Arndt et Line Rennwald, entre la taille des établissements de travail et l’orientation du vote. Les salariés des petits établissements voteraient davantage que le reste des salariés pour la droite et l’extrême droite. On retrouve ce résultat en France : en 2017, 24,3 % des salariés d’établissements de 10 salariés ou moins et 23,8 % des salariés des établissements de 11 à 24 salariés ont ainsi voté pour Marine Le Pen contre 19,3 % de l’ensemble des salariés (voir tableau 3). Selon ces auteurs, cette relation s’exppiquerait par la plus faible syndicalisation dans les petits établissements, par une satisfaction au travail plus importante, par un climat social moins tendu et par des relations entre employeurs et employés basées sur la proximité et l’informalité.

 

Une importante littérature au niveau international, mobilisant la distinction sur le marché du travail entre les « insiders », bénéficiant d’un emploi stable et contractuellement protégés, et les « outsiders », assignés aux contrats courts et à l’insécurité de l’emploi, conclut que ces derniers orienteraient davantage leur vote à l’extrême droite.

D’autres travaux, comme ceux de Paul Max, font néanmoins plutôt état d’une préférence partisane des salariés précaires davantage orientée vers la gauche radicale, voire écologiste. Dans le cas français, il y a, en 2017, un survote des salariés précaires en faveur de l’extrême droite (+5,7 points par rapport aux salariés stables), mais aussi un léger survote en faveur de Jean-Luc Mélenchon (+2 points), même si là encore les écarts restent peu significatifs (voir tableau 4).

La divergence apparente des travaux scientifiques relatifs aux effets électoraux de la précarité de l’emploi semble s’expliquer par la nécessité d’articuler cette précarité de l’emploi avec d’autres variables.

Nonna Mayer a ainsi montré que, en 2012, le vote FN est plus présent parmi les ouvriers précaires que parmi les ouvriers non précaires, mais aussi plus présent parmi les employés non précaires que parmi les employés précaires : l’influence de la précarité sur l’orientation du vote varierait donc selon le groupe socioprofessionnel d’appartenance. De la même manière, les chercheurs du Collectif Focale, qui ont réalisé une enquête par questionnaire à la sortie des urnes dans deux villes populaires, observent deux relations entre vote et précarité de l’emploi très différentes dans ces deux villes.

À Méricourt, commune du bassin minier, le fait d’être en contrat stable va de pair avec un vote plus affirmé en faveur de Jean-Luc Mélenchon alors que le fait d’être en contrat précaire va de pair avec un vote plus affirmé pour Marine Le Pen. À l’inverse, à Villeneuve-Saint-Georges, le vote pour le FN est plutôt le fait de « petits stables » alors que les salariés précaires se tournent massivement vers Jean-Luc Mélenchon.

Pour comprendre ces filières de vote différentes, les auteurs proposent ainsi de saisir l’impact de la précarité en tenant compte de la féminisation des emplois, des trajectoires migratoires mais aussi des trajectoires résidentielles. Ils montrent ainsi que la précarité de l’emploi, articulée à un moindre niveau de diplôme et à une plus grande exposition à la concurrence internationale, favorise, parmi les immigrés d’Afrique du Nord, un vote pour Jean-Luc Mélenchon alors que, parmi les personnes non racisées, elle favorise le vote FN.

Pour terminer, de récents travaux se sont attachés à dépasser la seule prise en compte du type de contrat de travail en s’intéressant aux conditions objectives et subjectives de travail et notamment à l’autonomie dont disposent les salariés dans leur travail. Cette autonomie est mesurée par l’économiste Thomas Coutrot en observant le caractère répétitif ou non du travail ainsi que la possibilité ou non de déroger à un respect strict des consignes, de faire varier les délais, d’interrompre son travail quand on le souhaite ou encore d’apprendre des choses nouvelles. Or, cette « autonomie » tendrait à décliner depuis plusieurs décennies.

Si plusieurs travaux convergent autour du constat d’un lien entre autonomie au travail et participation électorale, les salariés les moins autonomes dans leur travail ayant tendance à davantage s’abstenir que le reste des salariés, Thomas Coutrot suggère également, à partir de données agrégées, qu’une faible autonomie irait de pair, y compris à catégorie socioprofessionnelle égale, avec un vote davantage en faveur de l’extrême droite et de la gauche radicale et avec un moindre vote pour le centre, la droite et la gauche sociale-démocrate et écologiste.

Un sentiment de résignation, d’humiliation ou d’injustice favorise les votes radicaux

S’il est difficile de reproduire cette analyse à partir d’enquêtes post-électorales, les conditions de travail des répondants n’étant pas toujours finement documentées, on peut toutefois observer que, en 2017, les salariés considérant comme très probable que leur travail puisse un jour être assuré par des robots ou des machines (positions 9 ou 10 sur une échelle de 0 à 10, soit 7,7 % des répondants salariés) sont bien plus nombreux que l’ensemble des salariés à avoir voté pour Marine Le Pen (31,9 % contre 19,3 %) ou même pour Jean-Luc Mélenchon (25,6 % contre 19,7 %) (voir tableau 5).

Dans le cas du vote FN, cette différence apparaît significative y compris lorsqu’on tient compte des caractéristiques sociales et des autres caractéristiques professionnelles des répondants. Selon Thomas Coutrot, la négation du pouvoir d’agir dans le travail créerait un sentiment de résignation, d’humiliation ou d’injustice, vecteur soit d’abstention, soit d’un vote en faveur de l’extrême droite ou de la gauche radicale. Cela ne signifie pas pour autant que les salariés votant pour Jean-Luc Mélenchon et pour Marine Le Pen se ressemblent : s’ils sont plus nombreux à vivre une condition commune de déni de pouvoir d’agir au travail, ils ont toujours des profils sociaux très différents.

 

En France comme dans d’autres pays, il existe encore des relations fortes entre les caractéristiques professionnelles des salariés (catégorie socioprofessionnelle, secteur d’activité, taille des établissements, conditions de travail et d’emploi) et l’orientation de leurs votes aux scrutins politiques.

Dès lors, les mutations du travail et de l’emploi, qu’il s’agisse de la précarisation de l’emploi, de l’atomisation des collectifs de travail, de l’individualisation du rapport salarial ou encore de l’affaiblissement de la capacité de négociation des salariés, produisent des filières de vote. Toutefois, le caractère encore parcellaire et parfois contradictoire des résultats présentés ici pour décrire ces filières de vote ne peut qu’inviter à la prudence et à explorer plus finement ces relations à partir de nouvelles données. Alors que la question du pouvoir d’achat et de manière corollaire celle de la rémunération du travail ont occupé une place centrale dans la campagne présidentielle de 2022 et alors que le paysage électoral s’est structuré, lors du premier tour, autour de 3 principaux candidats, il serait particulièrement intéressant de comprendre en quoi les expériences du travail peuvent expliquer ces segmentations électorales.

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Par Tristan Haute, Maître de conférences, Université de Lille

Cet article a été co-publié dans le cadre du partenariat avec Poliverse qui propose des éclairages sur le fonctionnement et le déroulement de la présidentielle.

Suppression redevance télé : les médias désormais sous influence de la pub ?

Suppression redevance télé : les médias désormais sous influence de la pub ?

La pérennisation du financement de France Télévisions et de Radio France est remise en cause par la proposition d’Emmanuel Macron de supprimer la contribution à l’audiovisuel public, estiment, dans une tribune au « Monde », le sociologue Olivier Alexandre et l’économiste Françoise Benhamou.

 

Tribune. A l’occasion de sa première réunion de campagne présidentielle, lundi 7 mars, Emmanuel Macron a annoncé sa volonté de supprimer la contribution à l’audiovisuel public (CAP), auparavant dénommée redevance TV, dans l’hypothèse de sa réélection. A l’heure où l’information est devenue un enjeu stratégique dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, alors que le récent mandat de Donald Trump a été marqué par le traitement polarisé de la campagne par la chaîne Fox News, et que l’économie de la presse est impactée par le poids grandissant des plates-formes, cette annonce pose la question de l’avenir du service public audiovisuel et au-delà de l’indépendance des médias.


Héritier de l’ORTF, le service public audiovisuel représente un ensemble de 17 000 salariés, travaillant au sein de France Télévisions (France 2, France 3, etc.), Radio France (France Inter, Franceinfo…), Arte, France Médias Monde (France 24, RFI…), l’Institut national de l’audiovisuel et TV5 Monde. Les 138 euros, fixés par le Parlement, payés par 28 millions de Français, avaient rapporté 3,8 milliards d’euros en 2020, permettant de couvrir l’essentiel de son coût de fonctionnement, à l’exception d’un déficit s’élevant à près de 50 millions par an.

Si elle a suscité de nombreuses réactions, cette annonce était pourtant attendue. Dans sa forme actuelle, la redevance est en effet adossée à la taxe d’habitation, qui prendra fin en 2023, conformément à la promesse de campagne du candidat d’En marche ! en 2017. L’annonce de l’actuel président fait entrevoir trois scénarios : la mise sur pied d’un nouveau système de financement dans des proportions égales permettant de garantir l’autonomie du service public ; une réduction à terme de son financement ; ou encore sa privatisation, partielle ou complète, appelée de leurs vœux par les candidats Eric Zemmour et Marine Le Pen.

Ce choix revêt trois dimensions : le périmètre du service, au niveau local, national et international ; le montant du financement ; et le support de collecte. De ce point de vue, plusieurs observations peuvent être faites.

Tout d’abord, l’audiovisuel public est une économie de coûts fixes, avec des dépenses de programmation élevées. Pour des raisons d’indépendance et de structure économique, il requiert un financement pérenne, exempt du risque de coupe annuelle. De plus, le montant de la CAP demeure faible : 138 euros pour la France métropolitaine et 88 euros pour les départements d’outre-mer. A titre de comparaison, en Allemagne, elle s’élève à 220 euros, pour un total de 8 milliards d’euros de recettes publiques bénéficiant aux groupes ARD et ZDF.

Facebook : une influence psychologique toxique

Facebook : une influence psychologique toxique

 

Récemment une ancienne collaboratrice de Facebook a dénoncé le caractère très dangereux des algorithmes de Facebook qui vise à formater le jugement voire les comportements. En outre le concept de réseau d’amitiés est largement discutable. Des réseaux qui demeurent en effet très virtuels et qui ne repose pas sur les critères qui construisent une amitié réciproque réelle. Sans parler évidemment du caractère complètement dérisoire de nombre d’échanges qui repose sur l’addiction à la nullité, au fantasme voire au complotisme. D’après Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste , membre de l’Académie des technologies et du Conseil national du numérique,  »il y a un biais cognitif autour des réseaux sociaux en général et de Facebook en particulier ». Il a expliqué que l’on « perçoit un bénéfice à pouvoir communiquer plus, élargir son réseau et entretenir des amitiés ».

Effectivement, des résultats d’étude peuvent montrer  »que les gens qui l’utilisent sont contents, comme on peut être content de fumer ou boire un verre d’alcool. Mais cela ne veut pas dire que, sur le moyen terme, ce soit toujours très bon de recommencer ».

 Serge Tisseron a alerté sur le fait que « Facebook peut fragiliser tout le monde ». Si les enfants et les adolescents « sont plus émotionnels et s’engagent beaucoup plus dans des échanges », les adultes ne sont pas pour autant « à l’écart ».

Il faut donc « éduquer » les enfants et les adolescents « à la compréhension des logiques de Facebook », prône Serge Tisseron. « Mais Facebook peut mettre des œillères à tout le monde, faire tourner en rond tout le monde. On voit ce que Facebook nous montre, on ne voit pas ce que Facebook nous cache », ajoute le psychanalyste. 

Industrie d’armement: sous influence des polytechniciens

Industrie d’armement: sous influence des polytechniciens 

Les dirigeants des fabricants d’armes sont issus du même corps que les fonctionnaires chargés de la programmation, des commandes et des ventes d’armes, observe l’historien Hervé Joly dans une tribune au « Monde ».

 

(Une influence qui vaut quand même peut-être mieux que celle des énarques ! NDLR)

 

Tribune.

Le corps des ingénieurs de l’armement a été créé en France en 1968 par regroupement de corps militaires beaucoup plus anciens : ingénieurs des poudres, du génie maritime, de l’air, des fabrications d’armement, etc. La loi fondatrice leur donne une mission très large : « Ils participent à la conception et à la définition des programmes d’armement ; ils en préparent, dirigent et contrôlent l’exécution scientifique, technique et industrielle », mission qu’un décret de 2008 résume comme l’exercice des « fonctions de direction, de contrôle, d’inspection et de coordination dans toutes les activités relatives à l’armement ». Ce corps se recrute toujours majoritairement, avec une petite vingtaine de places par an, à la sortie de l’Ecole polytechnique, qui justifie ainsi, pour une faible part de ses élèves, son statut militaire.

Ainsi, les ingénieurs de l’armement conçoivent les programmes d’armement, les mettent en œuvre industriellement et surveillent leur exécution. Ils sont à la tête de la Direction générale de l’armement (DGA), créée en 1961, chargée à la fois de l’équipement des forces armées et de la promotion des exportations d’armement.

Mais ils sont aussi nombreux, à la direction des entreprises industrielles, qui répondent aux commandes de la DGA. Arracher de gros marchés à l’étranger repose moins sur une pression politique exogène que sur une véritable culture commune au milieu. Ce mélange des genres est d’autant plus naturel qu’une grande partie des industries d’armement sont publiques. Les manufactures d’armes, les poudreries, les arsenaux de la marine l’étaient de manière séculaire ; d’autres usines de guerre et les constructeurs aéronautiques s’y sont ajoutés avec les nationalisations du Front populaire en 1936.

L’influence des polytechniciens

Encore aujourd’hui, malgré les politiques de privatisations massives menées depuis trente-cinq ans dans le secteur public, l’industrie d’armement reste en grande partie sous le contrôle de l’Etat. Le groupe Nexter, héritier des manufactures d’armes intégrées ensuite dans GIAT Industries, rassemble pour l’essentiel les fabrications d’armement terrestre (fusils, canons, chars, etc.), ainsi que, depuis la reprise de la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE) en 2013, les usines de munitions ; les effectifs salariés ont considérablement fondu, de plus de 18 000 au début des années 1990 à 3 300 aujourd’hui en France, malgré des activités conservées sur ses sites historiques de Bourges, Tulle ou Roanne. Depuis une fusion avec l’entreprise allemande Krauss-Maffei Wegmann (KMW) en 2015, Nexter dépend d’une société holding de droit néerlandais, dont le capital fait l’objet d’un étonnant partage à égalité entre l’Etat français et la famille propriétaire de KMW ; l’entreprise est dirigée par un polytechnicien ingénieur de l’armement venu d’Airbus, où il pilotait les activités spatiales, après avoir été conseiller du ministre de la défense Charles Millon en 1996.

Notre-Dame-des-Landes: opposants déboutés ou la justice sous influence

 

Un curieux jugement de la cour administrative d’appel de Nantes qui va totalement à l’encontre de l’avis  du rapporteur public  qui avait estimé lundi dernier à l’audience que le réaménagement de l’actuel aéroport de Nantes constituait une « alternative avérée » à son transfert à Notre-Dame-des-Landes. Une décision de justice évidemment sous influence d’autant plus qu’on peut réellement s’interroger sur la compétence de ces juges aussi bien en matière de politique des transports que d’environnement. En fait pour donner une légitimité à ce projet le gouvernement et la justice s’appuien  notamment sur le référendum qui a été organisé dans le département de Loire Atlantique. Il ne s’agit pas d’une évidemment limitée à ce département mais de liaison d’intérêt national et international. La décision est l’éventuel consultation ne peuvent donc être décidée au plan national ou alors c’est la négation de toute planification des les infrastructures et autres équipements. Le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes et devenues un symbole éminemment politique voir politicien pour le gouvernement il s’agit de donner quelques coups de pelle avant l’élection présidentielle pour montrer sa détermination sachant que les vrais travaux ne pourront pas commencer avant 2018. Mais à l’intérieur même du gouvernement certain, Ségolène Royal en particulier s’interroge sur l’entêtement de valse. Notons l’argumentation très j’approximative et contradictoire des juges de la cour d’appel.  Les juges ont tout d’abord validé la déclaration d’utilité publique des aménagements routiers locaux, qui constituent bien selon eux « un programme distinct » du projet d’aéroport. La cour administrative d’appel de Nantes a par ailleurs estimé que l’impact du projet sur la qualité des eaux serait « faible », contrairement aux dires des opposants. « Les risques (…) liés à l’utilisation de produits utilisés lors des opérations hivernales de dégivrage des avions ou de déverglaçage des pistes ne sont pas établis », disent-ils. Le réaménagement de l’actuel aéroport de Nantes ne constitue pas, par ailleurs, une « alternative avérée » à son transfert à Notre-Dame-des-Landes, « compte tenu des travaux très importants devant être effectués en vue de faire face à l’augmentation du trafic et du nombre de passagers ». Les juges nantais considèrent encore que le projet d’aéroport, à la date des arrêtés préfectoraux attaqués, présentait bel et bien un « intérêt public majeur ». « La création de l’aéroport vise à favoriser le développement économique du Grand Ouest, à améliorer l’aménagement du territoire et à développer les liaisons aériennes nationales et internationales, tout en réduisant les nuisances sonores subies par la population de l’agglomération nantaise », estime-t-elle. Lors de l’audience, le 7 septembre, le rapporteur public avait simplement suggéré de valider la déclaration d’utilité publique des aménagements routiers locaux, mais « plus par discipline » avec la jurisprudence du Conseil d’Etat « que par conviction » : ces travaux auraient pourtant dû être intégrés au projet global d’aéroport, selon elle, alors qu’il a été délibérément « saucissonné », d’après les opposants.

Kofi Yamgnane, ex-secrétaire d’Etat PS mis en examen pour trafic d’influence

Kofi Yamgnane, ex-secrétaire d’Etat PS  mis en examen pour trafic d’influence
L’ancien secrétaire d’Etat PS avait été placé en garde à vue ce mercredi matin dans le cadre de cette affaire qui vaut une mise en examen à Christophe Rocancourt. La justice soupçonne ce dernier d’avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser des situations administratives en lien avec des titres de séjour, auprès de la préfecture de police de Paris. Ancien secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Intégration (1991-1992) puis à l’Intégration (1992-1993) dans les gouvernements Cresson et Bérégovoy, Kofi Yamgnane avait ensuite été élu député PS du Finistère de 1997 à 2002.  Christophe Rocancourt, 46 ans, a été mis en examen et écroué le 9 octobre pour escroquerie, trafic d’influence actif, blanchiment de fraude fiscale et exercice illégal de la profession de banquier. Sa compagne, l’un de ses avocats, Me Marcel Ceccaldi, l’ex-patron du GIGN, Christian Prouteau, et un notaire ont également été mis en examen, mais laissés en liberté. Christophe Rocancourt a passé douze ans en prison, essentiellement aux Etats-Unis et au Canada pour avoir arnaqué des célébrités d’Hollywood dans les années 1990 en se faisant passer tour à tour pour un ex-champion de boxe, un producteur de film, le fils de Dino De Laurentiis ou de Sophia Loren. En 2012, il a également été condamné pour abus de faiblesse sur la réalisatrice Catherine Breillat, qui en a tiré un film avec le rappeur Kool Shen dans le rôle-titre. Rocancourt était placé sous bracelet électronique du fait de cette condamnation.

 

Sarkozy : « trafic d’influence «confirmé

Sarkozy : « trafic d’influence «confirmé

On comprend que Sarkozy veuille faire annuler les écoutes téléphoniques (ce qui juridiquement est possible) car le trafic influence est démontré, ce que révèle le rapport officiel des policiers. Finalement Sarkozy ne conteste pas le fond mais la manière dont ces preuves ont été apportées ; Il était à prévoir qu’avec l’annonce de sa candidature Sarkozy verrait nécessairement les affaires déterrées soit par la justice, soit pas les médias voire par le gouvernement. Pas vraiment une bonne chose pour Sarkozy et pour la démocratie.  Selon Libération qui a eu accès à ce  document de synthèse, les policiers chargés d’enquêter sur l’affaire des écoutes, dans laquelle Nicolas Sarkozy est mis en examen, établissent formellement les faits de « trafic d’influence ». Le quotidien publié également des extraits de retranscriptions d’écoutes entre l’ex-Président et son avocat, Thierry Herzog.  Quatre jours après l’annonce de Nicolas Sarkozy de revenir sur le devant de la scène politique, l’affaire dite « des écoutes » émerge à nouveau. Le journal Libération livre mercredi les conclusions du « document de synthèse » des enquêteurs, signé début juillet par la direction de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, qui ont mis en examen à ce moment-là l’ex-Président « pour corruption active, trafic d’influence actif et recel de violation du secret professionnel ». Selon le quotidien, c’est « la première fois que les faits reprochés à Nicolas Sarkozy sont aussi clairement établis ». En cause, « les conversations enregistrées entre (l’avocat) Thierry Herzog, Nicolas Sarkozy et Gilbert Azibert », haut magistrat de la Cour des comptes. Ces discussions « sont claires sur leurs intentions, et leurs propos ne suscitent pas d’interrogation quant à leur volonté et leurs attentes », indique le rapport : « Gilbert Azibert est sollicité pour obtenir des informations (sur une décision de justice concernant l’ex-Président, Ndlr) et démarcher des conseillers à la Cour de cassation. En contrepartie, Nicolas Sarkozy accepte de l’aider à obtenir un poste à Monaco. Ces faits sont constitutifs du trafic d’influence, qui rappelons-le, prévoit l’influence réelle ou supposée. »  Libération publie également des extraits de retranscriptions d’écoutes entre Nicolas Sarkozy et son avocat, dont celles effectuées sur la ligne secrète déclarée sous le nom de Paul Bismuth. Celles-ci ont commencé en septembre 2013, mais les conversations qui intriguent le plus les enquêteurs datent de janvier et février 2014. C’est à ce moment que Thierry Herzog évoque pour la première fois le nom de « Gilbert », qui a selon lui « bien bossé ». Le 30 janvier, l’avocat informe ainsi Nicolas Sarkozy qu’il a « eu accès à l’avis qui ne sera jamais publié du rapporteur destiné à ses collègues » de la Cour de cassation. Un document confidentiel qui n’est pas censé être transmis aux parties. Toujours sur les téléphones non-officiels, Nicolas Sarkozy demande à son conseil le 5 février ce qu’il peut faire en retour à l’égard du haut magistrat. « Il m’a parlé d’un truc sur Monaco », lui répond son interlocuteur, qui évoque « un poste qui se libère au Conseil d’Etat monégasque ». Selon lui, Gilbert Azibert n’ »ose pas demander », mais lui a dit qu’il aimerait « un coup de pouce ». « Non, ben t’inquiète pas, dis-lui. Appelle-le aujourd’hui en disant que je m’en occuperai parce que moi je vais à Monaco et je verrai le Prince », a alors répondu Nicolas Sarkozy.

 

Justice – trafic d’influence : le bal des faux-culs

Justice – trafic d’influence : le bal des faux-culs

Tout le monde s’offusque du trafic d’influence à légard de la justice notamment dans le cas de Sarkozy et de l’affaire Bettencourt. Certes les faits sont graves mais pour les reactions c’est le bal des faux-culs. C’est évidemment naïf de croire que la justice est indépendante. Politique, justice, business couchent dans le même lit même si ici ou là quelques juges d’instruction jouent aux francs-tireurs. Pour preuve l’affaire Tapie : 450 millions accordés dont la bagatelle de 50 millions pour préjudice moral, record du monde ! La gauche comme la droite ne s’est jamais gênée pour influencer les magistrats (au fait on en est où de l’affaire Cahuzac, le ministre exemplaire ! autre exemple la spéculation des banques : aucun patron n’a été inquiété sauf le lampiste kerviel !) ; L’influence s’applique dans les deux sens soit pour enterrer les affaires, soit au contraire pour les susciter. Dernière affaire en date celle de Sarkozy et le dossier Bettancourt.  Une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy et son avocat Me Thierry Herzog est à l’origine d’une enquête judiciaire lancée le 26 février pour violation du secret de l’instruction et trafic d’influence, a indiqué vendredi une source proche du dossier, confirmant une information du Monde. Dans cet échangé, les deux hommes évoquent un haut magistrat du parquet général de la Cour de cassation, Gilbert Azibert. Il y est question de le solliciter pour se renseigner sur une procédure en cours devant la Cour de cassation en lien avec l’affaire Bettencourt. Or, la haute juridiction doit décider mardi prochain si elle valide la procédure Bettencourt, notamment la saisie des agendas de l’ancien président, dont Nicolas Sarkozy a réclamé l’annulation. Le quotidien ajoute que l’ancien chef de l’Etat a été placé sur écoute à la demande des juges enquêtant sur les accusations de financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi. Le parquet s’est refusé à confirmer le placement sur écoutes par les juges de Nicolas Sarkozy et de Claude Guéant et Brice Hortefeux, deux hommes de son premier cercle. « La direction des services judiciaires de la Principauté de Monaco confirme que M. Gilbert Azibert a été candidat à un poste de magistrat à la Cour de révision, équivalent à Monaco de la Cour de cassation », selon un communiqué. Mais « elle indique qu’au terme du processus de recrutement sa candidature n’a pas été retenue » et souligne « qu’aucune intervention extérieure n’est venue interférer dans cette procédure de recrutement ». Ben voyons !

 




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