Archive pour le Tag 'inégalités'

« La “flat tax” inefficace pour la croissance et pour les inégalités » Louis-Samuel Pilcer

« La “flat tax” inefficace pour la  croissance et pour les inégalités » Louis-Samuel Pilcer 

L’économiste, Louis-Samuel Pilcer, rappelle, dans une tribune au « Monde », que la baisse de la fiscalité sur les dividendes a eu des effets néfastes aux Etats-Unis et pourrait en avoir aussi en France.

 

Tribune.

 

Le ministre du budget Gérard Darmanin expliquait sur BFM, le 14 octobre, en justifiant la « flat tax » de 30 % instituée par le gouvernement sur les dividendes, que « la surfiscalité du capital ne marchait pas ».

Pourtant, les premières évaluations de la mise en place de la « flat tax » suggèrent un effet plutôt néfaste pour l’économie française. Celle-ci devait relancer l’investissement en diminuant de manière conséquente l’imposition des revenus du capital. La science économique n’établit pourtant pas un lien clair entre la fiscalité des dividendes et l’investissement dans les entreprises.

 

Certes, d’un côté, les investisseurs choisissent d’acheter les actions émises par une société pour récupérer, plus tard, des dividendes. Ce premier effet amène certains économistes à prétendre qu’une baisse d’impôts aide les entreprises à investir plus et mieux.

Mais d’un autre côté, les entreprises disposant de fonds propres ont chaque année le choix entre les investir, ou verser des dividendes à leurs actionnaires. Avec les taux en vigueur jusqu’en 2017, les dividendes rapportaient très peu, ce qui incitait les dirigeants à investir dans la croissance de leurs sociétés. Le taux d’imposition ayant diminué, nos entreprises risquent de choisir de moins investir afin de mieux rémunérer leurs actionnaires.

 

Comment faire face aux origines des inégalités

Comment faire face aux origines des inégalités

Un article de Xerfi qui pose la question de la redistribution ( La Tribune)

 

« Face à la montée des inégalités de revenu et de patrimoine, on songe immédiatement à la redistribution. La progressivité de l’impôt d’une part. Tout l’arsenal des transferts sociaux d’autre part, les revenus dits secondaires (prestations sociales en espèce et en nature, les revenus de solidarité). Réduire les inégalités, c’est plus de progressivité de l’impôt d’un côté, et c’est flécher les aides vers ceux qui sont en position de fragilité de l’autre.

De ce point de vue, la France est un cas d’école. Les indicateurs d’inégalité avant et après impôt et transferts montrent que le système fiscalo-social contribue très fortement à la réduction des inégalités primaires. Si l’on se réfère à l’outil standard de mesure des inégalités que constituent l’indice de Gini, les inégalités primaires de revenu avant impôt et transfert sont d’ampleur similaire, voire légèrement supérieure à celles des principales économies développées. Après impôts et transferts, la France figure plutôt en bas de l’échelle. De façon incontestable, l’État providence continue à jouer un rôle décisif en matière de cohésion.

Le débat s’engage alors inévitablement sur les effets collatéraux non désirés des politiques correctrices. Taxer le capital, ponctionner le revenu des plus riche, affecter des revenus de substitutions à ceux qui ne travaillent pas ou peu, revient à punir l’efficacité d’un côté et à récompenser la sous-qualification de l’autre. Une distorsion qui saperait les racines mêmes de l’attractivité et de la productivité et dégraderait la performance d’ensemble de l’économie. Ce dilemme équité / efficacité, on le connaît. C’est un des plus structurants en économie. Et l’accroissement des inégalités primaires ne fait qu’attiser ce conflit d’objectifs. Il faut alors s’interroger sur le risque d’épuisement de la capacité correctrice de nos outils standards de redistribution. Et sur l’acceptabilité de ces politiques quand elles mettent de plus en plus à contribution les classes moyennes supérieures, pour éviter le risque de fuite de l’assiette fiscale des plus riches.

S’attaquer autrement aux inégalités, est-ce possible ? Il faut d’abord être conscient que nos indicateurs monétaires ne donnent qu’une image très partielle des inégalités. Parmi les angles morts, il y a le fait que pour un même niveau de revenu monétaire, dans certains pays, les ménages ont accès à une ample gamme de services collectifs dont le coût est socialisé, en matière de santé et d’éducation de formation de service de l’emploi notamment, et dans d’autres pas. Ces services sont selon les pays de bonne qualité, d’accès homogène ou sont au contraire dégradés. C’est précisément sur ce terrain que se bâtit l’égalité des chances. Et il est clair c’est une des dimensions décisives de la construction de la cohésion sociale. Ce que certains appellent l’investissement social. C’est en enjeu monétaire certes, mais aussi d’organisation, de ressources humaines, qui engage le grand chantier de la réforme de l’État.

Autre angle mort de la mesure des inégalités de revenu. C’est tout ce qui relève des plus-values. Les inégalités de revenu se cristallisent en inégalités de patrimoine, et les revenus du patrimoine créent une dynamique propre d’accroissement de la richesse qui concentre les gains sur les plus riches. Dans nos mesures standards de revenu, il y a bien ce que l’on appelle les revenus de la propriété, loyers, qui peu ou prou évoluent comme l’inflation, les intérêts et les dividendes qui diminuent avec la baisse des taux. Mais ne figurent pas les plus-values, qui sont la source numéro 1 de concentration des effets de richesse depuis trois décennies. On peut certes taxer ces plus-values au risque que les détenteurs aillent rechercher des cieux fiscaux plus cléments. Mais il faut surtout s’interroger sur le métabolisme de la finance, dont la rentabilité est de plus en plus bâtie sur ces plus-values. Avec des acteurs de la gestion d’actifs de plus en plus concentrés, et influents, to big to fail, et des banques centrales dont la mission première est de maintenir en apesanteur le prix des actifs, au risque de provoquer la grande culbute de la planète finance. Il y a là un dérèglement majeur, dont la correction devrait faire appel à la politique de la concurrence, et mobiliser un arsenal réglementaire qui aujourd’hui demeure toujours insuffisant.

Reste enfin le champ de la réglementation des revenus primaires. Revenu minimum … on connaît. Revenu maximum ? Le débat revient régulièrement sur la table quand certains scandales défraient la chronique. Je n’entrerai pas dans ce débat complexe, mais il est clair que là encore, dans le dégradé des solutions possibles, tout n’a pas été fait pour éviter les dérives extrêmes. Il existe surtout, tout un pan sur lequel le législateur fait du surplace : celui du pillage de la data et du travail informel qu’opèrent les plateformes numériques. C’est pourtant là aujourd’hui, avec la finance, que se concentrent les revenus extravagants parmi les 0,1% les plus riches qui s’arrogent le plus gros des fruits de la croissance.

Réforme de l’État, réglementation financière, formalisation de l’économie des plateformes… on ne le dit pas assez, mais ce sont trois chantiers qui s’attaquent aux sources de la machine inégalitaire. »

En Europe : des inégalités scandaleuses

En Europe : des inégalités scandaleuses

Pour résumer Selon la dernière note du laboratoire sur les inégalités mondiales co-dirigé par le célèbre économiste Thomas Piketty, au cours des dernières décennies les 10 % de la population la plus aisée à énormément profité de la mondialisation et c’est l’inverse pour les moins favorisés. D’où ce sentiment un peu partout en Europe d’injustice sociale et fiscale qui nourrit tous les populismes. À noter que les inégalités peuvent observer entre pays tout autant qu’à l’intérieur de chaque pays. En Europe du Nord, le revenu moyen par adulte s’élevait à 46.000 euros contre 38.500 euros en Europe de l’Ouest, 28.500 euros en Europe du Sud et 19.500 euros en Europe de l’Est. La faute à l’Europe qui s’est tenue à l’écart pour l’essentiel de l’harmonisation sociale et de l’harmonisation fiscale et qui finalement pourraient bien faire les frais de la révolte actuelle avec la remise en cause des attributions de la superstructure européenne L’Europe est loin d’être épargnée par les disparités de revenus entre citoyens. Les trois auteurs à l’origine de l’étude, Thomas Blanchet, Lucas Chancel et Amory Gethin, pointent les risques d’un tel phénomène alors que le Vieux continent est déjà miné par la montée des populismes et des divisions qui remettent en cause la construction européenne à l’oeuvre depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Même si les modèles de protection sociale ont pu jouer un rôle d’amortisseur, des écarts considérables demeurent. Dans une récente interview accordée à La Tribune, l’économiste spécialiste des inégalités, Branko Milanovic, expliquait « qu’il est difficile de nier le rôle des inégalités dans la montée des populismes. En tant qu’économiste, il y a une évidence circonstancielle qui semble suggérer que les classes moyennes ont subi une période néfaste. Cette période a créé un malaise économique dans ces catégories. Au fond de ces problèmes, je pense que, au-delà des inégalités, il y a un manque d’augmentation des revenus de certains groupes tandis que les catégories aisées ont pu bénéficier de la mondialisation. » A l’heure où la crise des ‘gilets jaunes » se poursuit depuis plus de quatre mois et que les nationalistes gagnent du terrain à quelques semaines des élections européennes, l’enjeu des inégalités devient crucial. L’accroissement des inégalités en Europe s’explique en grande partie par l’évolution des inégalités à l’intérieur des pays.  »Entre 1980 et 2017, le revenu des 0.001% d’Européens les plus riches haut a cru cinq fois plus rapidement que celui des 80% du bas depuis 1980″ indiquent les auteurs du document. Les revenus des 1% les plus riches ont bondi « deux fois plus rapidement que la moyenne et ont capté une part de la croissance similaire à celle captée par les 50% du bas ».

Si le tableau de l’Europe dressé par les économistes du laboratoire sur les inégalités mondiales peut paraître sombre, la situation est encore plus défavorable aux Etats-Unis. Ainsi, depuis le début des années 80, le revenu moyen avant impôts des revenus modestes sur le Vieux continent a bondi de 37% alors que celui des 50% les plus modestes a stagné outre-Atlantique. « Aux Etats-Unis, les 1% de citoyens les plus aisés perçoivent 20% du revenu national avant impôts, alors que les 50% les plus modestes n’en reçoivent que 12.5%. C’est l’inverse en Europe, où la part du revenu des 50% du bas atteint 18% alors que celle du centile supérieur ne dépasse pas 11%. » 

La TVA augmente les inégalités : une découverte de l’INSEE !

La TVA augmente les inégalités : une découverte de l’INSEE !

 

Les  économistes de l’Insee viennent de faire une grande découverte : l’augmentation de la TVA augmenterait les inégalités. On espère qu’ils n’ont pas trop mobilisé d’énergie publique -payée par l’État-  pour découvrir une telle évidence. On sait en effet depuis longtemps que dans les catégories à bas revenus, on utilise la totalité des salaires et autres allocations qui du coup sont à peu près entièrement soumis à la TVA, donc immédiatement imposés à hauteur de 20 % (sauf pour quelques produits et autres prestations). À l’inverse comme les revenus ne sont que partiellement utilisés par les ménages plus aisés, seule la partie consommée subit la TVA. Du coup proportionnellement les moins favorisés sont proportionnellement davantage taxés par la TVA que les autres. Notons que cette découverte méthodologique vaut aussi pour l’indice des prix de la consommation. Un indice forcément obsolète et pour les mêmes raisons. En effet la structure de consommation entre les ménages défavorisés et les ménages aisés et très différentes et une hausse moyenne des prix n’a pas la même influence selon qu’on gagne par exemple SMIC ou 10 000 € par mois. En outre la structure de consommation ne cesse de se déformer. En août. Les dépenses contraintes ne cessent d’augmenter et prennent une part de plus en plus importante chez les plus défavorisés tandis que les dépenses ajustables, elles,  diminuent (voir la confirmation dans le faible dynamisme constaté dans la grande distribution). L’INSEE a mesuré, à moyen terme, l’effet sur les inégalités d’une hausse de trois points de la TVA, prélèvement fiscal payé par l’ensemble de la population. L’étude des économistes de l’INSEE ne constitue donc pas une grande découverte scientifique mais une simple confirmation.

 L’INSEE constate en effet que, l’ensemble des contribuables s’acquitte de la TVA, qui représente 16% de l’ensemble des prélèvements obligatoires, contre 7% pour l’impôt sur le revenu, acquitté par 45 % des foyers fiscaux. Une hausse de la TVA, touchant la majorité des produits, a donc pour effet direct à court terme d’augmenter les inégalités, le poids de la TVA étant proportionnellement à leur revenu disponible beaucoup plus lourd pour. Les plus défavorisés que pour les ménages aisés.

 

Inégalités : une autre approche ( collectif Stiglitz )

Inégalités : une autre approche ( collectif Stiglitz )

Un collectif, composé notamment du prix Nobel Joseph Stiglitz, de Jean-Paul Fitoussi et de Martine Durand, directrice des statistiques et des données à l’OCDE, appelle à mieux mesurer les effets de la crise et à se pencher sur « la qualité de la croissance. » Ils plaident notamment pour une approche qui va bien au delà de la mesure du PIB en insistant sur la notion de bien-être.  » La crise de 2008 et ses répercussions montrent pourquoi il est nécessaire de changer de perspective. La perte de PIB qui en a résulté n’a pas été l’événement ponctuel et temporaire prédit par les modèles macroéconomiques classiques. Le fait que ses effets perdurent donne à penser que la crise a provoqué la perte définitive de grandes quantités de capital, non seulement sous la forme de machines et de structures, mais aussi de manière déguisée : à travers le recul des formations des personnes en emploi, les séquelles permanentes que les jeunes subissent en entrant sur le marché du travail en période de récession et le discrédit dans lequel le système économique est tombé, car jugé ‘truqué’ au profit de quelques-uns. » Et l’heure est cruciale. Dans un récent sondage réalisé par BVA pour la Tribune, près de trois quart des Français interrogés (72%) se reconnaissent dans les revendications exprimées par les « gilets jaunes ». Le rapport des experts souligne que, en plus de nuire à la sécurité économique, la crise de 2008 a réduit la confiance de la population à l’égard des institutions et de nombreux résultats électoraux ont illustré cette défiance ces dernières années. Face aux lacunes des politiques publiques en matière de pauvreté et d’inégalités, les experts invitent les gouvernements et institutions à prendre en considération des indicateurs plus adaptés pour mesurer l’insécurité économique. D’autres outils « auraient révélé que les conséquences de la récession étaient beaucoup plus lourdes que ne l’indiquaient les statistiques fondées sur le PIB. » Au lieu d’imposer un grand nombre de mesures d’austérité à des pays déjà en souffrance et se focaliser sur les dépenses publiques, les États auraient pu adopter des politiques économiques qui auraient pu favoriser la croissance à plus long terme, soulignent les économistes. « L’inadéquation de la riposte à la crise a été accentuée par le fait qu’une attention excessive a été accordée aux conséquences des dépenses publiques sur la dette des États, alors que ces dépenses auraient pu prendre la forme d’investissements qui auraient ajouté des actifs dans le bilan des administrations.« Les politiques publiques menées par le gouvernement souffrent parfois d’un manque d’évaluation de leur efficacité. Face à ce déficit, le collectif d’experts recommande de dresser un tableau de bord d’indicateurs « qui renseignerait sur la manière dont la population vit les chocs économiques, sur les moyens dont elle dispose pour les amortir et sur l’adéquation du système de protection sociale en place contre les grands risques. » En France, des parlementaires réclament plus de moyens pour évaluer les politiques publiques menées. Dans un rapport parlementaire publié au printemps, les auteurs citaient le professeur d’économie Marc Ferracci à l’université Paris 2 Assas qui expliquait que  »pour réconcilier les citoyens avec l’État, il faut produire de l’information claire, fiable, transparente et indépendante. »

 

Hommes-femmes fin des inégalités : salariales en 2022 ?

Hommes-femmes fin des inégalités : salariales en 2022 ?

On peut évidemment douter de la promesse de la ministre du travail prévoyant e,  2022 la fin des inégalités salariales entre hommes et femmes. La ministre prend soin de préciser à compétence égale. Or tout le problème est la. Nombreux de tâches relativement dévalorisées sont  occupées  par des femmes (parfois par quelques homme). C’est le cas par exemple des caissières dans les grands magasins. En fait dans les métiers très qualifiés, l’égalité des salaires est déjà relativement réalisée. Le vrai problème ce n’est d’ailleurs pas l’égalité salariale mais les obstacles qui sont mis pour l’accès des femmes à des postes de responsabilité. De toute manière le principe de l’égalité salariale est inscrit dans la loi depuis plus de 35 ans. Ce que notait  le sénat pour justifier la loi de 2006 qi prévoyait déjà  la suppression des inégalités salariales en 5 ans.  . Le Parlement n’a adopté en matière de parité professionnelle que deux lois en plus de vingt ans : la loi Roudy de 1983 et la loi Génisson de 2001.  En effet, le marché du travail commence à connaître des tensions démographiques fortes : à partir de 2006, 100 000 actifs partiront chaque année à la retraite. Il faut donc mobiliser des ressources supplémentaires en main-d’œuvre. Ensuite, l’écart salarial entre les hommes et les femmes est encore proche de 25 %, parce que, pour la première fois depuis les années 90, le rythme du rattrapage salarial ralentit. Or, les éléments objectifs justifiant cette inégalité ont disparu, puisque les femmes sont désormais plus diplômées que les hommes. Une fois neutralisés les effets d’âge, de formation, de métier et d’évolution de carrière, une différence de 15 % demeure. Par ailleurs, un chômage féminin majoré persiste et le travail à temps partiel est assuré à 82 % par des femmes, souvent malgré elles. Plus largement, 78 % des emplois non qualifiés sont occupés par des femmes, en général sans réel espoir de progression. Cette précarité a des conséquences lourdes sur leur niveau de vie, en particulier lorsqu’elles sont isolées avec des enfants à charge. Sur les 8,4 millions d’actifs qui perçoivent un salaire inférieur au SMIC, 80 % sont des femmes. Cette proportion est supérieure d’environ dix points à celle constatée au début des années 90..Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a remis mardi des résolutions au gouvernement pour enrayer les inégalités salariales, qui étaient de 24% tous postes confondus en 2014 (derniers chiffres en date), selon le gouvernement, et de 9% “à poste égal”, selon Muriel Pénicaud.

Inégalités : en hausse croissante dans le monde

Inégalités : en hausse croissante dans le monde

Partout les inégalités ne cessent de croître depuis une cinquantaine d’années. Certes le niveau de vie s’élève partout mais la répartition des richesses est de plus en plus inégalitaire. On s’oriente de plus en plus vers un monde constitué de smicards (ou un peu mieux avec par exemple en France un salaire moyen de 1730 euros) d’un côté et de l’autre une caste de milliardaires. Ce que révèle un  rapport collectif, alimenté par les travaux d‘une centaine de chercheurs à travers le monde. Ces inégalités sont encore plus criantes dans les pays en développement où une très petite minorité s’approprie avec la complicité des états la grande partie de la richesse tandis que le salaire moyen des plus pauvres se situe dans des fourchettes de 100 à 300 € par mois. Des inégalités existent aussi en Europe mais dans de moindres proportions compte tenu de la régulation économique et sociale et des plus grandes difficultés à piller les ressources des Etats. Les écarts de revenus sont aussi à corréler aux niveaux démocratiques. De ce point de vue,  dans les Etats de quasi dictature comme en Chine, en Russie ou en Iran le détournement de richesse et d’autant plus facile. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait quand même l’émergence d’une classe moyenne. À noter aussi des écarts de revenus de plus en plus important aux  États-Unis en raison en particulier de l’indigence de la régulation économique et sociale (par exemple en matière d’accès à la santé ou de retraite).  Entre 1980 et 2016, à l’échelle mondiale, les 1% les plus riches ont capté 27% de la croissance totale des revenus, alors que les 50% les plus pauvres de la population mondiale n‘ont absorbé que 12% des richesses créées, soit la moitié. “Nos données montrent que la tendance inégalitaire des trente dernières années a pris des proportions excessives et néfastes”, expliquent les deux chercheurs français dans un entretien publié dans Le Monde. Le creusement des inégalités s‘est effectué à des rythmes très différents selon les pays – y compris pour des pays présentant des niveaux de développement comparables – ce qui souligne selon eux l‘importance des politiques nationales dans cette évolution. Cette tendance s‘est manifestée de façon particulièrement marquée aux Etats-Unis, où la part des revenus perçue par les 1% les plus riches est passée de 22% en 1980 à 39% en 2014. La progression des inégalités a également été importante en Russie et en Chine dans le sillage de la transition de leurs économies vers un modèle plus capitaliste, ont constaté les auteurs de cette étude. Entre 1995 et 2015, la part des richesses nationales allant aux 1% les plus aisés a doublé entre dans ces deux pays, passant de 15% à 30% en Chine et de 22% à 43% en Russie. La progression des inégalités s‘est avérée plus modérée en Europe, région la moins inégalitaire, où les 10% les plus aisés concentraient 37% de la richesse nationale en 2016. D’une façon générale ce ne sont pas les plus inégalités qui sont en cause dans leur principe mais leur écart.  Les auteurs se déclarent convaincus que “si l‘aggravation des inégalités n‘est pas correctement suivie et prise en compte, elle pourrait conduire à toutes sortes de catastrophes politiques, économiques et sociales”.

France : de plus en plus d’inégalités (Secours catholique)

 France : de plus en plus d’inégalités  (Secours catholique)

Un constat sans appel su Secours catholique, si effectivement en moyenne la richesse du pays augmente notamment avec la croissance du PIB,  par contre les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. (Notons que ce phénomène n’est pas spécifique à la France).  Concernant le profil des personnes en situation de pauvreté, les femmes sont les plus touchées. En 2016, 56,3% des personnes rencontrées par le Secours catholique étaient féminines. Cela s’explique par une plus grande vulnérabilité économique (mères isolées, femmes seules âgées ayant une pension de retraite ou des ressources faibles…). Suivent les adultes étrangers, qui représentent 51,7% des personnes rencontrées. Le rapport explique : Si l’âge médian des adultes rencontrés en 2016 est de 40 ans pour les hommes et de 39 ans pour les femmes, les profils les plus touchés sont les seniors isolés (plus de 60 ans) et les jeunes familles (personnes de moins de 25 ans). Mais la précarité n’épargne pas les couples avec enfants. L’étude souligne en effet que la structure des ménages du Secours Catholique accueille un nombre important de familles monoparentales (29,6%) et de couples avec enfants (24,2%). Enfin, la part des ménages sans ressources est en augmentation constante depuis quelques années. Et celle-ci regroupe principalement les hommes seuls, les couples avec enfants et les jeunes. Les étrangers sont également concernés. Concernant les conditions de vie, plus d’un quart des ménages rencontrés par l’association vit dans un logement précaire (logement non fixes et non durables tels que les hôtels, caravanes, mobile home, abri, centre d’hébergement ou encore rue…) et la couverture des aides sociales connaît une baisse.  On notera que, la majorité des personnes rencontrées par le Secours catholique ne sont pas au chômage (62,5%) ; que 40% des accueilli.e.s avaient droit au RSA en 2016 et n’en ont pas fait la demande ; ou encore que le revenu mensuel médian des ménages reçus par l’association était de 548€.

Des inégalités héréditaires

Des inégalités héréditaires

 

 

Selon un rapport de Standard Life Investments, les nations avec les plus grandes inégalités de revenus ont tendance à être des pays dans lesquels la plus grande partie des avantages – mais surtout des désavantages économiques – est transmise par les parents à leurs enfants. Comme si les inégalités devenaient héréditaires. . Comme le démontre la recherche, les travailleurs sont souvent moins motivés et productifs, ce qui, associé aux niveaux d’inégalités très élevés, nuirait à la croissance économique du pays. Les futurs revenus des enfants seraient donc liés au statut social des parents. Cela favoriserait les inégalités dans les pays développés. Tout se jouerait donc dès la loterie des naissances. Ce qu’affirme le rapport publié mercredi par Standard Life Investments : il existerait une corrélation importante entre les revenus des parents et ceux de leurs enfants. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, mais aussi l’Italie et la France détiennent les coefficients  les plus importants. Toutefois, la relation existerait également -dans une moindre mesure – pour les économies scandinaves, en Australie, en Allemagne et au Canada.  Le coefficient d’inégalités se calcule en fonction de deux facteurs : l’inégalité des revenus sur une génération entière d’un pays et la mobilité économique intergénérationnelle – ou la différence de revenus entre des générations différentes On y retrouve également des pays comme la Suède, la Nouvelle-Zélande, ou encore le Japon : les pays les plus développés sont ceux où il existe les plus grandes inégalités. La première puissance mondiale paye cher son déclin industriel. Au pays de l’oncle Sam, les chercheurs se sont intéressés de près à trois décennies où les gains réels de revenus étaient les plus faibles. Ils ont étudié la proportion des trentenaires ayant gagné plus que leurs parents à cet âge, et ils ont constaté une forte tendance à la baisse : seulement 50% des enfants nés dans les années quatre-vingt ont gagné plus que leurs parents au même âge, contre près de 80% pour les enfants des années cinquante. Le Midwest américain reste l’une des zones les plus touchées : seulement 41% des enfants nés en 1984 ont gagné plus que leurs parents, contre 95% pour ceux nés en 1940.Mais le Royaume-Uni reste encore plus rigide socialement. Presque 50% des avantages économiques que les parents aisés détenaient sur les parents pauvres se transmettent à leurs enfants. Une étude de l’OCDE révèle également que la Grande-Bretagne fait partie des pays où les antécédents socio-économiques semblent avoir le plus d’impact sur la performance des élèves et des étudiants.

Inégalités : croissance mondiale trop faible

Inégalités : croissance mondiale trop faible

 

 

Croissance mondiale insuffisante pour réduire les « inégalités persistantes », a prévenu mercredi l’OCDE qui appelle les États à lancer des réformes pour y remédier. « Nous avons besoin d’une mondialisation qui inclut tout le monde, qui soit fondée sur des règles et au service de tous, qui soit axée sur le bien-être des populations », a affirmé le secrétaire général Angel Gurria lors de la présentation des perspectives économiques de l’organisation basée à Paris. L’organisation internationale a relevé de 3,3% à 3,5% ses prévisions pour la croissance mondiale cette année, par rapport à sa dernière publication en février, se félicitant de la reprise du commerce mondial l’année dernière, même s’il reste à des niveaux inférieurs à ceux de la crise. Elle a maintenu sans changement la prévision de croissance pour 2018 à 3,6%. « Cette amélioration cyclique, qui demeure modeste, n’est toujours pas assez robuste pour permettre une amélioration durable de la croissance ou pour réduire les inégalités persistantes », a estimé Catherine Mann, la cheffe économiste de l’OCDE. Le Premier ministre danois, Lars Rasmussen, qui préside cette année la réunion ministérielle de l’OCDE, a également lancé un appel pour que les États prennent en compte les victimes de la mondialisation. « Nous devons nous rendre compte que les défis de la mondialisation ont besoin d’une réponse à l’échelon national, non pas pour faire du protectionnisme, mais pour effectuer des réformes », a-t-il affirmé, plaidant notamment pour une meilleure formation professionnelle. « Il faut lancer des initiatives pour créer des emplois plutôt que de les préserver », a estimé Lars Rasmussen, qui a rappelé que « les entreprises au Danemark peuvent facilement embaucher et licencier des salariés », ce qui permet, à ses yeux, une meilleure adaptation aux besoins de l’économie.

De plus en plus de pauvres (Observatoire des inégalités)

De plus en plus de pauvres (Observatoire des inégalités)

D’après l’Observatoire des inégalités, un organisme totalement privé ne bénéficiant d’aucune subvention publique les écarts se creusent même si la en France permet de limiter les effets négatif. Quelques chiffres: les 10% les plus fortunés détiennent 47% du patrimoine; un actif sur quatre est en situation de mal-emploi; 60% des élèves enfants d’ouvriers non-qualifiés sortent du système scolaire sans diplôme, contre 9% des enfants d’enseignants. Le rapport relativise toutefois ces inégalités : « Notre pays demeure l’un des pays où il fait le meilleur vivre sur la planète. Les autres pays sont loin de faire mieux que la France, y compris dans le domaine de l’emploi. Le chômage mine notre société mais les meilleurs « performances » de nos voisins ont le plus souvent été obtenues au prix d’une montée de la pauvreté laborieuse ou en sortant une partie des actifs du marché du travail. » En revanche, fait majeur, les auteurs soulignent une sorte de retournement historique qui s’est amorcé avec la crise de 2008: l’appauvrissement des plus pauvres: « La lente diminution du niveau de vie des 10% les moins favorisés constitue un retournement historique, un marqueur de notre histoire sociale. Que les riches s’enrichissent, c’est monnaie courante; que les pauvres s’appauvrissent, cela change la donne. Ce choc nourrit une haine envers ceux qui continuent à profiter. » Depuis 2003, le niveau de vie moyen des 10% les plus pauvres diminue, alors que, jusque dans les 2000, la tendance était plutôt à l’augmentation. Au total, le niveau de vie moyen mensuel a diminué d’une trentaine d’euros entre 2003 et 2014, compte tenu de la hausse des prix. A l’inverse, sur la même période, l’évolution du niveau de vie moyen mensuel des 10% les plus aisés a atteint 272 euros. Résultat, l’écart entre le niveau de vie mensuel moyen (après impôts et éventuelles prestations sociales) entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres s’est fortement accru, passant de 3.700 euros par mois en 2003 à 4.400 euros en 2011, pour redescendre à 4.000 euros en 2013. Une baisse due pour partie aux hausses d’impôts qui ont touché les plus aisés. Avec « l’appauvrissement des pauvres », le taux de pauvreté augmente. Ainsi, la France compte maintenant cinq millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50% du niveau de vie médian et 8,8 millions si l’on utilise le seuil à 60%. Dans le premier cas, le taux de pauvreté atteint 8,1% et dans le second 14,1%. En dix ans, le nombre de pauvres a augmenté de 950.000 pour le seuil à 50% et de 1,2 million pour le seuil à 60%. Quel que soit le seuil retenu, le taux de pauvreté s’est élevé de 1,2 point. Encore une fois, l’Observatoire des inégalités insiste sur « ce tournant de notre histoire sociale ». La pauvreté avait de fait fortement régressé des années 1970 au milieu des années 1990. Depuis, c’est l’inverse. On n’assiste pas, certes, à une explosion de la pauvreté mais c’est l’inversion de tendance qui est préoccupante.

*Le rapport a été soutenu par la Macif, le magazine Alternatives Economiques, le cabinet d’études Compas, la Fondation Un monde par tous et la Fondation Abbé Pierre.

 

Inégalités croissantes aux États-Unis et en Europe

Inégalités croissantes  aux États-Unis et en Europe

 

Un rapport de la Banque mondiale dont rend compte la Tribune montre que si globalement la pauvreté a reculé dans le monde par contre des inégalités ce creusent  en particulier dans des pays  développés comme les États-Unis ou.  L’Europe. «Près de 800 millions de gens vivaient avec moins de 1,9 dollar par jour en 2013, c’est 100 millions de moins qu’en 2012», soulignent ses experts, dans leur nouveau rapport annuel intitulé «Poverty and Shared Prosperity» (Pauvreté et prospérité partagée).  Pour la première fois depuis deux siècles et le début de la première révolution industrielle, «les inégalités à l’échelle du monde se sont réduites à partir des années 1990 et cette période constitue une exception, car elles n’avaient cessé de s’élargir de 1820 à 1990». La raison en est bien sûr le redémarrage des pays émergents, et notamment la Chine et l’Inde, les deux plus grosses populations de la planète, qui ont contribué à réduire les inégalités entre l’ensemble des pays. On estime en particulier que 1,1 milliard de gens sont «sortis de l’extrême pauvreté», définie par un revenu individuel quotidien inférieur à 1,9 dollar. Mais les inégalités au sein des pays eux-mêmes sont plus élevées aujourd’hui qu’il y a 25 ans. Ces inégalités se traduisent notamment par la croissance vertigineuse des revenus dans le haut de l’échelle. C’est le fameux «1%» des plus riches dont la part dans le revenu national a doublé depuis les années 1980 aux États-Unis, passant de 9% à 18%. En Europe aussi les inégalités se sont accrues. La Grèce a été la plus durement frappée, avec un recul annuel de 10% en moyenne par tête, la baisse atteignant 2,9% en Italie, 2% au Portugal, 1,3% en Espagne. Et dans tous ces pays, à l’exception du Portugal, les 40% du bas de l’échelle ont subi des reculs de revenus plus importants que la moyenne de la population, ce qui signifie qu’aucun mécanisme de solidarité n’a joué dans la débâcle. Les inégalités se sont creusées par le bas, un phénomène de paupérisation caractérisé. En France, on a observé en effet un creusement relatif des inégalités dans la mesure où les «40%» ont vu leurs revenus progresser moins vite que la moyenne du pays (0,19% contre 0,39% ), alors que c’est l’inverse outre-Rhin (respectivement 1,35% pour les 40% les plus pauvres et 0,4% pour le total de la population). De même le sort des 40% du bas de l’échelle est comparativement meilleur dans l’absolu en Allemagne (28,35 dollars de revenu par jour en moyenne en 2013) qu’en France (26,83 dollars).

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L’école républicaine des inégalités sociales

L’école républicaine des inégalités sociales

 

Le résultat du triomphe du pédagogisme sur la contrainte de l’apprentissage des connaissances de base.  Pas vraiment une surprise cette nouvelle étude Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) qui démontre que l’école est une fabrique d’inégalités sociales. Par la seule fabrique évidemment car l’école s’insère, reflète et reproduit l’environnement socio-économique. Ce conseil évite par ailleurs de parler du niveau moyen qui continue de s’écrouler dans les classements internationaux mesurant notamment les savoirs fondamentaux. Un niveau très faible mais avec des écarts considérables car les enfants des classes sociales élevées progressent tandis que les classes des foyers pauvres s’enfoncent notamment dans certaines zones de banlieue abandonnées où les classes ressemblent davantage à des garderies qu’à des lieux d’enseignement. « Les politiques scolaires menées depuis trois décennies expliquent la dégradation des inégalités sociales dans l’école française », estime le Cnesco en qualifiant l’école française de « lieu de reproduction sociale », sous l’effet d’ »une longue chaîne de processus inégalitaires » qui s’accumulent tout au long de la scolarité. Le Cnesco dresse en particulier le constat d’échec de la politique de l’éducation prioritaire, qui « pourrait progressivement avoir créé de inégalités de traitement en défaveur des élèves défavorisés ». « Nous n’avons pas de discrimination positive dans le cadre de l’éducation prioritaire, nous avons réellement une discrimination qui est négative », a déclaré mardi Nathalie Mons, la présidente du Cnesco, sur France inter. « Les élèves défavorisés sont dans des contextes qui sont beaucoup moins porteurs pour les apprentissages : ils ont des temps d’enseignement qui sont plus courts, ils ont des enseignants qui sont moins expérimentés (…) et ils vivent aussi dans des contextes en termes d’insécurité et d’incivilité qui sont beaucoup moins porteurs », a-t-elle ajouté. Pour le Cnesco, les effets pervers de l’éducation prioritaire, auquel environ 1,3 milliard d’euros sont consacrés tous les ans, dépassent désormais ses effets positifs, notamment parce qu’il avait été conçu pour être temporaire et ciblé et que ces deux critères n’ont pas été respectés. Autre élément mis en avant dans ce rapport, le défaut d’évaluation des différents dispositifs mis en place pour lutter contre les difficultés scolaires. « On essaie surtout de dire que l’on fait quelque chose », plutôt que de se soucier de l’efficacité de l’action publique, a indiqué Nathalie Mons en invitant à « arrêter l’activisme politique ». Entre autres recommandations pour réduire les inégalités à l’école, le Cnesco invite donc notamment le système éducatif français à renoncer aux réformes à répétition. Un avis que partage nombre d’experts. Agrégé de philosophie, normalien et professeur, François-Xavier Bellamy a publié Les Déshérités ou l’urgence de transmettre. Pour lui, la maîtrise de la langue et l’accès à la culture sont les seuls gages d’égalité des chances pour des élèves qui sont, réforme après réforme, privés de l’héritage culturel indispensable pour apprendre à penser et s’exprimer : «  Pierre Bourdieu s’attaquait à la transmission des savoirs, coupable de produire des « héritiers » ; cinquante ans après, j’ai voulu parler des « déshérités » que nous avons suscités en cessant de transmettre. Notre système éducatif est devenu, selon l’enquête PISA, le plus inégalitaire de l’OCDE. D’après le ministère de l’Éducation nationale, 20 % des élèves en fin de 3e ne maîtrisent pas la lecture et l’écriture. Ces jeunes sont aussi intelligents, doués et généreux que les autres générations ; mais sans maîtriser leur propre langue, comment peuvent-ils accomplir leurs talents ? Nous avons accusé la culture générale de favoriser les « héritiers », mais en la condamnant nous avons creusé cette inégalité qui prive les élèves les plus modestes d’un héritage culturel indispensable ».

L’école républicaine des inégalités sociales

L’école républicaine des inégalités sociales

 

Pas vraiment une surprise cette nouvelle étude Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) qui démontre que l’école est une fabrique d’inégalités sociales. Par la seule fabrique évidemment car l’école s’insère, reflète et reproduit l’environnement socio-économique. Ce conseil évite par ailleurs de parler du niveau moyen qui continue de s’écrouler dans les classements internationaux mesurant notamment les savoirs fondamentaux. Un niveau très faible mais avec des écarts considérables car les enfants des classes sociales élevées progressent tandis que les classes des foyers pauvres s’enfoncent notamment dans certaines zones de banlieue abandonnées où les classes ressemblent davantage à des garderies qu’à des lieux d’enseignement. « Les politiques scolaires menées depuis trois décennies expliquent la dégradation des inégalités sociales dans l’école française », estime le Cnesco en qualifiant l’école française de « lieu de reproduction sociale », sous l’effet d’ »une longue chaîne de processus inégalitaires » qui s’accumulent tout au long de la scolarité. Le Cnesco dresse en particulier le constat d’échec de la politique de l’éducation prioritaire, qui « pourrait progressivement avoir créé de inégalités de traitement en défaveur des élèves défavorisés ». « Nous n’avons pas de discrimination positive dans le cadre de l’éducation prioritaire, nous avons réellement une discrimination qui est négative », a déclaré mardi Nathalie Mons, la présidente du Cnesco, sur France inter. « Les élèves défavorisés sont dans des contextes qui sont beaucoup moins porteurs pour les apprentissages : ils ont des temps d’enseignement qui sont plus courts, ils ont des enseignants qui sont moins expérimentés (…) et ils vivent aussi dans des contextes en termes d’insécurité et d’incivilité qui sont beaucoup moins porteurs », a-t-elle ajouté. Pour le Cnesco, les effets pervers de l’éducation prioritaire, auquel environ 1,3 milliard d’euros sont consacrés tous les ans, dépassent désormais ses effets positifs, notamment parce qu’il avait été conçu pour être temporaire et ciblé et que ces deux critères n’ont pas été respectés. Autre élément mis en avant dans ce rapport, le défaut d’évaluation des différents dispositifs mis en place pour lutter contre les difficultés scolaires. « On essaie surtout de dire que l’on fait quelque chose », plutôt que de se soucier de l’efficacité de l’action publique, a indiqué Nathalie Mons en invitant à « arrêter l’activisme politique ». Entre autres recommandations pour réduire les inégalités à l’école, le Cnesco invite donc notamment le système éducatif français à renoncer aux réformes à répétition. Un avis que partage nombre d’experts. Agrégé de philosophie, normalien et professeur, François-Xavier Bellamy a publié Les Déshérités ou l’urgence de transmettre. Pour lui, la maîtrise de la langue et l’accès à la culture sont les seuls gages d’égalité des chances pour des élèves qui sont, réforme après réforme, privés de l’héritage culturel indispensable pour apprendre à penser et s’exprimer : «  Pierre Bourdieu s’attaquait à la transmission des savoirs, coupable de produire des « héritiers » ; cinquante ans après, j’ai voulu parler des « déshérités » que nous avons suscités en cessant de transmettre. Notre système éducatif est devenu, selon l’enquête PISA, le plus inégalitaire de l’OCDE. D’après le ministère de l’Éducation nationale, 20 % des élèves en fin de 3e ne maîtrisent pas la lecture et l’écriture. Ces jeunes sont aussi intelligents, doués et généreux que les autres générations ; mais sans maîtriser leur propre langue, comment peuvent-ils accomplir leurs talents ? Nous avons accusé la culture générale de favoriser les « héritiers », mais en la condamnant nous avons creusé cette inégalité qui prive les élèves les plus modestes d’un héritage culturel indispensable ».

Inégalités : Piketty s’est trompé (FMI)

Inégalités : Piketty  s’est trompé (FMI)

 

D’après le FMI,  Piketty se serait trompé sur sa théorie de la croissance des inégalités. Pas étonnant,  les économistes sont souvent comme les médecins de Molière préconisant des remèdes qui ne font qu’amplifier la gravité des pathologies du malade. Très marqué à gauche Piketty  a un peu trop sollicité les corrélations, ce que font aussi les économistes marqués à droite. Une déviance politique facilitée par le fait que l’économie n’est pas une science exacte. La complexité des interactions systémiques  rend difficile les approches pertinentes. Du coup beaucoup d’économistes procède par des raccourcis un peu simplificateurs  pour conforter leurs thèses. L’objet de cette enquête, pilotée par l’économiste Carlos Goes: tester la thèse de Thomas Piketty sur « les moteurs des inégalités de revenus » en l’appliquant à 19 pays développés durant ces trente dernières années. Avec un objectif affiché: vérifier l’exactitude des hypothèses de Piketty afin de mieux cerner les causes profondes des inégalités. Sa conclusion est sans appel: « Je n’ai trouvé aucune preuve empirique démontrant que la dynamique va dans le sens suggéré par Thomas Piketty », tranche Carlos Goes. Ainsi, « même si son ouvrage est très riche en données, il n’offre aucune formule empirique permettant de vérifier la chaîne de causalité de sa théorie », assène l’économiste. Pour rappel, la thèse de Piketty repose sur le postulat selon lequel les inégalités de revenus ont tendance à augmenter dès lors que les revenus du capital augmentent plus vite que la croissance. Une théorie qui ne se vérifierait pas dans les faits selon l’équipe du FMI ayant planché sur le sujet. En effet, selon les conclusions Carlos Goes, dans 75% des pays étudiés, une croissance des revenus du capital supérieure de 1 point à la croissance économique s’accompagne d’une baisse… de la part des richesses détenue par les 1% des plus riches. Soit l’exact opposé de ce qu’avance l’économiste français. L’auteur du rapport admet tout de même qu’ »il est possible » que la thèse de Thomas Piketty se vérifie « sur le long terme ».

(Avec Challenges)

Inégalités territoriales renforcées

Inégalités territoriales renforcées

D’après France stratégie, organisme de prospective placée auprès du Premier ministre la désertification du territoire doit encore s’amplifier. Pour cette institution de technocrates,  il convient de concentrer l’activité économique autour d’une quinzaine de zones urbaines. Or ces zones concentrent déjà de l’ordre  de 50 % de l’activité économique française (et plus de 50% des emplois). ,  une orientation qui évidemment va tout à fait à l’encontre des préoccupations environnementales et de la qualité de vie. En outre une sorte de paradoxe au moment où le numérique notamment rend possible une plus grande décentralisation. C’est évidemment le mythe de la croissance endogène qui consiste à tasser le plus possible les populations afin de les contraindre à augmenter leur demande marchande. Un contresens écologique mais aussi économique car les investissements en zone  très urbanisée sont beaucoup plus coûteux en raison du coût du foncier mais aussi de leur insertion dans des environnements complexes. Victime de cette politique concentrationnaire les villes moyennes, les petites villes et évidemment les zones rurales dont certaines sont appelées à devenir des territoires d’Indiens. À noter aussi l’évolution sémantique en matière d’aménagement géographique puisqu’on parle maintenant « de territoires intermédiaires » ; en clair des territoires secondaires. Ces toutes la contradictions entre une politique économique qui recherche la croissance à n’importe quelle condition et une politique d’aménagement recherchant un équilibre entre le développement économique, la qualité de vie et la protection de l’environnement. Les 15 aires urbaines de plus de 500.000 habitants concentrent 40% de la population, 55% de la masse salariale, plus de 50% de l’activité économique, deux tiers des étudiants. (Crédits : Camille Stromboni)Les ressorts de la croissance font défaut à beaucoup de villes moyennes et de territoires ruraux et les écarts en matière d’égalité des chances et d’accès aux services ne se résorbent plus, selon un rapport de France Stratégie. Paradoxalement France stratégie, organisme gouvernemental, placé auprès du Premier ministre, plaide cependant pour un renforcement de l’investissement public dans ces métropoles ou sur leur pourtour au nom de l’efficacité économique.

(Avec Reuters)

 

Inégalités : la responsabilité plutôt à la gauche ?

Inégalités : la responsabilité plutôt à la gauche ?

 

 

Dans  une interview dans le journal 20 minutesLouis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités (association privée) reproche d’abord aux médias de parler des inégalités sans véritable compétence, il propose  la refondation de l’école e, propose la fusion de l’impôt sur le revenu et souligne  de la responsabilité de la gauche dans l’accroissement des inégalités. . Bref pas vraiment des problématiques nouvelles et des solutions d’experts plutôt douteuses comme la proposition de noter les élèves sur 5 au lieu de 20 ou encore la fusion IR-CSG. Bref quelques idées intéressantes d’autres qui font trop l’impasse sur la dimension économique française en particulier sur la fiscalité qui tue la croissance, l’emploi en favorisant évidemment les plus grandes inégalités.  « Que faire contre les inégalités ? » C’est la question que pose l’Observatoire des inégalités dans un ouvrage publié ce lundi (1). Et à laquelle il répond très concrètement, à travers les contributions de 30 experts. L’occasion de constater que des solutions, pas forcément coûteuses ni même très compliquées, existent. 20 Minutes fait le point avec Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Pourquoi publier ce rapport maintenant ?

Pour deux raisons. D’abord parce que nous sommes à un an de la présidentielle. C’est donc le bon moment pour relancer le débat sur les inégalités et pour mettre certaines propositions sur la table. Ensuite parce que nous sommes excédés par la place que peuvent prendre certains commentateurs dans l’espace médiatique : ils parlent de tout sans rien dire, car ils ne bénéficient pas de connaissances sérieuses. Nous avons décidé de prendre la direction inverse en demandant des réponses concrètes aux chercheuses et chercheurs qui travaillent au quotidien sur ces questions depuis des années.

Justement, qui sont ces 30 experts à qui vous avez fait appel ?

Nous avons d’abord répertorié les principaux domaines dans lesquels s’exercent les inégalités puis nous avons cherché à sélectionner pour chacun d’entre eux un expert. Le choix n’a pas été facile car ces questions peuvent être traitées par plusieurs chercheurs. En tout cas, nous n’avons pas cherché à respecter une ligne éditoriale, proche de tel ou tel courant, mais à sélectionner les experts qui produisent les travaux les plus intéressants, les plus pertinents, les plus spécifiques dans chaque domaine.

Comment se portent les inégalités aujourd’hui ?

Cela dépend. Dans le champ des revenus, elles se sont accrues. Le partage est de moins en moins équitable depuis le milieu des années 1990 et les plus pauvres se sont même appauvris depuis le milieu des années 2000, ce qui est un phénomène nouveau. A l’inverse, le niveau a progressé dans le domaine de l’éducation y compris pour les plus modestes. L’école française est très loin d’être un modèle idéal mais dire qu’elle accroît les inégalités est absolument faux ! Idem en matière d’égalité hommes-femmes. Il reste encore beaucoup de travail, mais des avancées très importantes ont été réalisées ces 40 dernières années.

Quel est selon vous le domaine où il est le plus urgent d’agir ?

Le soutien aux jeunes démunis. Dès lors qu’une personne est considérée comme majeure d’un point de vue politique, il n’y a aucune raison qu’elle ne le soit pas également d’un point de vue économique. Les moins de 25 ans sont pourtant toujours exclus du RSA… Et ce n’est pas un problème d’argent : verser un minimum social de 500 euros aux 200.000 jeunes reconnus comme extrêmement précaires coûterait à la France 1,2 milliard d’euros. Nous sommes très loin des 46 milliards dont est doté le Pacte de responsabilité !

Quel est selon vous le domaine où il est le plus important d’agir ?

La refondation de l’école. Je ne parle pas de mettre en place de nouveaux dispositifs de soutien ou d’ajuster les effectifs dans les quartiers dits prioritaires. Car ces mesures ne servent à rien sauf à masquer le problème de fond qui réside dans la manière dont la France fait l’école. Ce qu’il faut réformer, c’est la relation maître-élèves, beaucoup trop hiérarchique, la façon d’enseigner, bien trop académique, ou encore le système de notation, qui favorise la compétition et l’échec. La France note encore sur 20 quand les autres pays notent sur 5, et elle note les enfants dès l’âge de 6 ans, quand d’autres Etats comme la Finlande n’introduisent le système de notation qu’à partir de 14 ans. Le système français est extrêmement violent pour tous ceux qui n’ont pas les meilleures notes et les études internationales prouvent que les jeunes Français sont ceux qui montrent la plus faible autonomie et la plus forte anxiété. Ne nous leurrons pas : l’objectif de ces notes est de distinguer les meilleurs élèves pour leur permettre d’intégrer les classes prépas, mais ce n’est pas de cette manière que l’on améliore le niveau de qualification d’une génération dans son ensemble. C’est donc tout une logique qui est à revoir, mais nous en sommes très loin car ceux qui tiennent le système – les professeurs mais également les catégories les plus diplômées en général – n’ont aucun intérêt à le voir changer.

Pouvez-vous nous présenter la proposition la plus innovante du rapport ?

Fusionner la CSG et l’impôt sur le revenu. C’est une évolution que nous attendons depuis longtemps et c’était une promesse du candidat François Hollande… Ce serait une belle innovation qu’elle soit enfin mise en œuvre.

Qu’allez-vous faire de ce rapport ?

Le diffuser le plus largement possible. Nous allons également le transmettre aux candidats à la présidentielle.

Justement, croyez-vous encore à la politique, aux politiques pour changer la France ?

Oui, je reste optimiste. Et puis, nous ne pouvons pas dire qu’en matière de lutte contre les inégalités, les bilans des derniers mandats, que ce soit celui de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande, soient nuls. Des actions ont été mises en œuvre mais il est vrai qu’elles ne sont pas à la hauteur des enjeux. Si tous les courants politiques affirment vouloir lutter contre les inégalités, ils ne veulent pas les combattre de la même manière. En schématisant, la droite pense qu’il faut avant tout favoriser la liberté et que de celle-ci découlera l’égalité. La gauche pense quant à elle qu’il faut directement favoriser l’égalité entre les citoyens. Or, force est de constater que l’hypocrisie se situe plutôt à gauche. Car c’est chez elle que l’écart entre les paroles et les actes est le plus considérable. Cette hypocrisie n’est toutefois pas seulement le fait des politiques. Les classes aisées de gauche, qui se disent facilement altermondialistes, n’acceptent-elles pas, par exemple, notre système scolaire ultralibéral, qui favorise la compétition entre nos enfants ?

Immobilier accès à la propriété : des inégalités

Immobilier accès à la propriété : des inégalités

 

Une récente étude démontrée que les jeunes considéraient qu’ils vivaient moins bien que leurs parents. Un sentiment contestable au regard des chiffres car en moyenne sur longue période les revenus n’ont cessé d’augmenter même s’il faut prendre en compte la question dramatique du chômage. Par contre certaines inégalités ont effectivement progressé notamment en ce qui concerne l’accès à la propriété pour les ménages les ménages modestes. En cause pas tellement l’évolution des revenus qui ont augmenté en moyenne sur longue période mais surtout la flambée des prix, flambée des prix qui a pratiquement fait doubler le prix des logements. Du coup nombre de foyers modestes ne présentent  pas les critères de solvabilité nécessaires pour emprunter. La bulle immobilière est donc surtout subie par les ménages les moins favorisés. Les inégalités s’accroissent donc depuis quarante ans dans l’accès à la propriété, constate une étude, soulignant que la part de propriétaires a été divisée par deux de 1988 à 2013 parmi les 25 à 44 ans les plus modestes.  »Alors que l’accès à la propriété des plus modestes s’est détérioré depuis la fin des années 1980, il s’améliore depuis quarante ans pour les plus aisés », observe la Direction de la recherche, des études, évaluations et statistiques (Drees) dans une note mise en ligne vendredi dernier. En 1973, parmi les « jeunes ménages » (25 à 44 ans) les plus modestes, environ un sur trois (34%) était propriétaire. Quarante ans plus tard, ils n’étaient plus que 16%. En parallèle, la part des propriétaires s’est accrue au sein des jeunes ménages les plus aisés: ils étaient 66%, soit les deux tiers en 2013, contre 43% en 1973. Et si l’on prend la période allant de 1988 à 2013, la part de propriétaires a été divisée par deux parmi les 25 à 44 ans les plus modestes. Ainsi, « la stabilité globale du taux moyen de jeunes propriétaires depuis les années 1990, autour de 45% de la classe d’âge, masque une tendance de long terme fortement inégalitaire », souligne la Drees.

(Avec AFP)

ONU : un nouveau plan contre les inégalités, pour quels résultats?

ONU : un nouveau plan contre les inégalités, pour quels  résultats? 

 

Nouveau plan de pour le développement vient d’être adopté par l’ONU. L’objectif est de lutter contre la pauvreté et contre le réchauffement climatique. Un plan qui succède à celui qui avait été adopté en 2000. On peut espérer que ce nouveau plan sera plus efficace que le précédent. La réalité c’est que 20 % de la population possèdent 80 % de la richesse mondiale. Par ailleurs on s’oriente de plus en plus vers la marchandisation de toutes les ressources y compris dans le domaine alimentaire qui fait l’objet d’une spéculation éhontée sans parler de l’appropriation des terres, donc l’expulsion des petits paysans, par des fonds spéculatifs. La question du statut de l’eau n’est pas non plus réglée. Pour autant on compte sur ce nouveau plan pour avancer vers un développement cohérent d’ici 2030,1 plan qui vise à éradiquer la faim et l’extrême pauvreté, à réduire les inégalités au sein des Etats et entre Etats, atteindre l’égalité entre hommes et femmes, améliorer la gestion de l’eau et de l’énergie et à agir vite contre le changement climatique, sera supervisée et évaluée à partir d’un ensemble d’indicateurs qui doivent être adoptés d’ici mars 2016.  Jamais sans doute trente petites pages n’auront suscité autant d’espoirs. Trois ans de travail et de négociations menées pour l’ONU par le Kenya et l’Irlande ont abouti à ce plan inédit de survie pour l’Humanité. « Transformer notre monde, programme de développement durable d’ici 2030 » titre le document paraphé par les 193 chefs d’État composant l’assemblée générale des Nations unies pour remplacer les huit objectifs du millénaire adoptés en 2000. Huit objectifs qui passent à dix-sept, plus ambitieux, mieux ciblés par 169 plans d’actions, davantage universels aussi. Il s’agit d’abord d’éradiquer l’extrême pauvreté dans le monde d’ici à 2030 tout en maîtrisant le réchauffement climatique. D’autres suivent, comme éliminer la faim, vivre en bonne santé, avoir accès à l’eau, à l’éducation pour tous, à l’énergie, parvenir à l’égalité des sexes etc. Plus d’un milliard de personnes ont échappé à l’extrême pauvreté depuis 1990, date à partir de laquelle a été réduit de plus de moitié le taux de mortalité infantile. L’objectif visant à réduire de moitié la proportion de personnes vivant sans accès à des sources d’eau potable a pour sa part été atteint avec cinq ans d’avance. On sait que près de 800 millions d’êtres humains sont encore sous-alimentés dans une Humanité qui passera de 7,2 à 8,5 milliards d’individus en 2030, mais depuis 1990, le monde a été capable de réduire de moitié la proportion de la population mondiale dont le revenu est inférieur à 1,25 dollar par jour. Certes, en Afrique noire et en Asie, un milliard de personnes vivent encore sous cette barre symbolique. Oui, l’écart de revenus par tête établit toujours un rapport de un à cinq entre les pays riches occidentaux et les pays plus pauvres dits « émergents ». C’est la question du siècle : comment faire en sorte que la mondialisation des échanges profite réellement à tous ? Vœu pieux ? Moins de 20 % de la population détient 80 % des richesses planétaires, nombre de multinationales ne s’embarrassent pas de protection des droits sociaux ou environnementaux, les individus les plus riches font souvent peu de cas des projets de bien-être collectifs.  À l’ONU de fixer un cadre éthique pour la sécurité alimentaire, le climat, les ressources naturelles, l’accès à l’eau, à l’assainissement, aux droits des femmes et des enfants, à la santé et à l’éducation. Vaste programme ! Le plan de survie du monde nécessitera entre 3 500 et 5 000 milliards de dollars par an pendant quinze ans pour en finir avec l’extrême pauvreté, la faim et le risque climatique. À comparer aux 17 700 milliards de dollars du produit intérieur brut américain ou aux 3 000 milliards français… L’effort à fournir porterait environ sur 5 % de la production intérieure brute mondiale (PIB, richesses produites).  Jean Ziegler (ONU), Premier rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation, vice-président actuel du comité consultatif des droits de l’homme à l’ONU exprime ses doute sur les résultats :

 « En 2000, les huit objectifs du millénaire ont abouti à un échec. Ici, prenant leur suite, ceux qui consistent à mettre fin aux 17 tragédies de l’Humanité n’ont pas été seulement réalisés par des groupes d’experts, mais avec les ONG, la société civile. C’est bien plus motivant et il est nécessaire de rappeler l’état du monde aux peuples et à leurs dirigeants. Oui, redire qu’un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes et que ce massacre pourrait être évité. L’agenda va créer de la confiance et nourrir la réflexion des ONG. C’est bon pour le réveil des consciences mais c’est voué à l’échec si on ne donne pas les instruments pour anéantir les causes des 17 tragédies.  On ne peut qu’être d’accord avec l’objectif d’éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes et partout. Mais il faudrait donner les moyens d’agir pour interdire la spéculation boursière sur les aliments de base (riz, blé, maïs). Ou pour interdire le vol des terres fertiles par les fonds étrangers, 51 millions d’hectares en 2014 surtout en Asie du Sud et en Afrique noire. On y expulse des milliers de paysans pour faire du palmier à huile pour le bioéthanol au Bénin par exemple. Il y a des choses très précises à faire, l’ONU ne les évoque pas, comme le désendettement des 50 pays les plus pauvres pour les aider à investir dans une agriculture plus durable et qui ne profite pas d’abord qu’aux multinationales qui commandent aux politiques étrangères de leurs pays. Il faut énoncer clairement les causes des tragédies. Le néolibéralisme veut nous faire croire qu’il n’y a rien à faire, que le marché libre finira par résoudre les problèmes. Quelle erreur ! On le voit partout. L’ONU va proclamer, c’est bien, mais cela ne changera rien à l’ordre cannibale du monde. 

Inégalités : de plus en plus de riches

Inégalités : de plus en plus de riches

C’est le miracle des statistiques, hier l’INSEE annoncé une diminution des inégalités du fait  d’une pseudo augmentation du pouvoir d’achat de 1 % pour les salaires en 2013. Dans le même temps on apprend aujourd’hui que le nombre de grosses fortunes dépassant 30 millions de dollars a augmenté de 6 % en 2014. En réalité pour atténuer les chiffres des ces inégalités l’INSEE a simplement aggloméré le chiffre des très grosses fortunes avec celui de français aisés qui ont été touchés par la fiscalité. En outre on a tordu les chiffres d’augmentation du pouvoir d’achat des plus modestes. D’après Les experts du cabinet Wealth- En 2014, le nombre détenteurs d’une fortune dépassant les 30 millions de dollars a crû, dans l’Hexagone, de 5,8%. Une croissance supérieure à celle que les auteurs du rapport ont mesuré en Suisse (+4,8%) et au Royaume-Uni (+5,5%), deux pays réputés accueillir nombre d’exilés fiscaux français. La France comptait ainsi l’an passé 4.750 personnes ultra-riches dont la fortune cumulée représentait 565 milliards de dollars, soit en moyenne 110 millions de dollars par personne. Leur patrimoine aura ainsi augmenté de 7,6% en un an, alors que sur la même période l’inflation a atteint tout juste 0,5%.  La France reste ainsi dans le top 10 mondial des pays comptant le plus d’ultra-riches. Au niveau européen, elle se situe en 4ème position, derrière la Suisse (6.635 ultra-riches), le Royaume-Uni (11.510) et l’Allemagne (19.095). Des Allemands qui dominent largement le classement. Ceux dont la fortune dépasse les 30 millions de dollars sont quatre fois plus nombreux qu’en France.  9% des ultra-riches dans le monde sont des citoyens allemands. C’est plus que les Japonais ou que les Chinois. En fait seuls les Etats-Unis comptent davantage d’ultra-riches (69.560). Mais rapporté à leur population respective, Américains et Allemands font quasiment jeu égal. Cela n’a pas empêché l’INSEE de considérer que les j’inégalités étaient en train de se réduire. Un phénomène qui serait dû d’après l’institut à une augmentation de la fiscalité sur les plus riches mais surtout à une augmentation des salaires. Or cette augmentation des salaires est relativement fictive. En effet elle tient compte d’une sous-estimation de l’inflation qui mécaniquement augmente le salaire en francs constants. Or l’indice des prix de la consommation des ménages est largement obsolète du fait de la déformation de la structure de consommation. Les dépenses contraintes augmentent de plus en plus dans le budget des ménages tandis que les économies sur les dépenses ajustables demeurent très théoriques. On peut par ailleurs se demander comment les inégalités et la pauvreté peuvent diminuer avec un chômage en croissance. Ce chiffre d’augmentation du pouvoir d’achat des ménages annoncé par l’INSEE laisse donc perplexe.  Pourtant l’INSEE annonce une  réduction des inégalités, qui a débuté en 2012, s’est poursuivie en 2013.

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