Archive pour le Tag 'inégalités'

« La pandémie facteur d’aggravation des inégalités »( Thomas Piketty )

« La pandémie facteur d’aggravation des inégalités »( Thomas Piketty )

De nouveaux indicateurs permettent une compréhension à la fois plus fine et plus exhaustive des inégalités au niveau mondial, détaille l’économiste dans sa chronique au Monde.

Grâce aux efforts combinés de 150 chercheurs issus de tous les continents, la World Inequality Database vient de mettre en ligne des données inédites sur la répartition des revenus dans les différents pays du monde. Que nous apprennent-elles sur l’état des inégalités mondiales ?

La principale nouveauté est que ces données couvrent la quasi-totalité des pays. Grâce aux recherches menées en Amérique latine, en Afrique et en Asie, ce sont maintenant 173 pays, représentant 97 % de la population mondiale, qui sont traités. Les nouvelles données permettent, en outre, d’analyser pour chaque pays l’évolution détaillée de l’ensemble de la répartition, des plus pauvres aux plus riches.

Concrètement, on savait déjà que le creusement des inégalités s’est fait par le haut au cours des dernières décennies, avec l’explosion du fameux 1 %. La nouveauté est de proposer une comparaison systématique de la situation des classes populaires dans les différentes parties du monde. On constate ainsi que la part des 50 % les plus pauvres varie considérablement suivant les pays : elle oscille entre 5 % et 25 % du revenu total. Autrement dit, pour un même revenu national, le niveau de vie des 50 % les plus pauvres peut varier d’un facteur allant de 1 à 5. Cela montre à quel point il est urgent d’aller au-delà du PIB et des agrégats macroéconomiques pour privilégier l’étude des répartitions et des groupes sociaux concrets.

Patrimoine et revenu

On notera aussi que les inégalités sont fortes dans tous les pays. La part des 10 % les plus riches représente entre 30 % et 70 % du revenu total. Elle est toujours sensiblement plus élevée que celle des 50 % les plus pauvres. L’écart serait encore plus fort si l’on examinait la répartition du patrimoine (ce que l’on possède) et non du revenu (ce que l’on gagne au cours d’une année). Les 50 % les plus pauvres ne possèdent en effet presque rien (généralement moins de 5 % du total), y compris dans les pays les plus égalitaires (comme la Suède). Les données disponibles sur les patrimoines restent toutefois insuffisantes et feront l’objet d’une mise à jour en 2021.

S’agissant de la répartition des revenus, on constate de très fortes variations entre pays, y compris à l’intérieur d’une région donnée et pour un même niveau de développement. Cela montre que les politiques menées peuvent faire une différence. En Amérique latine, on observe ainsi que le Brésil, le Mexique ou le Chili sont historiquement plus inégalitaires que l’Argentine, l’Equateur ou l’Uruguay (où des politiques sociales plus ambitieuses ont été mises en place depuis plusieurs décennies), et que l’écart entre ces deux groupes de pays s’est accru au cours des vingt dernières années. En Afrique, les inégalités les plus extrêmes se situent dans le sud du continent, où aucune redistribution des terres et de la richesse n’a véritablement eu lieu depuis la fin de l’apartheid.

 

Crise: Lutter contre l’aggravation des inégalités (Laurent Berger )

Crise: Lutter contre l’aggravation des inégalités (Laurent Berger )

Secrétaire général de la CFDT

Pour répondre aux attentes des salariés touchés par la crise, et notamment les plus jeunes, les organisations syndicales doivent revoir leur organisation et leurs modes d’action, estime le secrétaire général de la CFDT dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Plongé dans le bain du révélateur de la crise sanitaire, le monde du travail dévoile une photographie minée par les inégalités. Les salariés qui enchaînent les « petits boulots » pour s’en sortir, les indépendants fragilisés par un statut qui les protège moins que les autres, les jeunes bloqués aux portes du marché de l’emploi par une explosion du nombre de chômeurs, les salariés des petites entreprises peu représentés…

Tous ces travailleurs sont aujourd’hui en grande difficulté. Nombre d’entre eux sont susceptibles de tomber d’un instant à l’autre du fil sur lequel ils se tenaient tant bien que mal. Pour d’autres, la chute s’est déjà produite ces derniers mois. Dix millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont touchés par la pauvreté.

Ce sombre tableau nous interroge. Les travailleurs les plus précaires sont souvent les plus éloignés des combats qui ont fondé le syndicalisme et transformé la valeur créée en bien-être collectif. Les institutions et protections construites tout au long de l’histoire du mouvement ouvrier ne sont pas toujours adaptées à leur réalité. Elles doivent évoluer dans leurs principes pour réduire la fracture qui se creuse entre des travailleurs protégés qui ont des emplois stables, et ceux qui se sentent relégués… et qui malheureusement le sont. Partir du réel pour améliorer le présent : c’est la voie dans laquelle le syndicalisme doit s’engager pour faire la preuve de son utilité.

Par exemple, avant la crise, les contrats à durée déterminée représentaient 80 % des embauches. Un quart d’entre eux ne dépassait pas un jour de travail. Difficile dans ces conditions de croire en l’action collective pour améliorer sa situation. Notre avenir passe par un dialogue social exigeant qui articule critique sociale, propositions, engagement et responsabilité. Depuis des années, nous réclamons justement qu’une action soit menée dans les branches pour éviter des abus qui ne donnent aucune perspective d’avenir pour les travailleurs et plombent les comptes de l’assurance-chômage.

Le patronat n’a jamais été au rendez-vous. Nous n’acceptons pas une situation qui touche en temps de crise les travailleurs les plus fragiles. Nous sommes favorables à une taxation des contrats courts qui responsabiliserait les employeurs et dégagerait l’horizon de millions de salariés, en particulier les plus jeunes d’entre eux. Ces jeunes ont du mal à se retrouver dans le syndicalisme quand le marché du travail ne leur fait pas de cadeau. Ils en sont pourtant l’avenir. Leur implication est indispensable afin de mieux comprendre les changements du monde et imaginer un modèle de développement.

Coronavirus : «les inégalités explosent avec la pandémie» (Vincent Lindon )

Coronavirus : «les inégalités explosent avec la pandémie» (Vincent Lindon )

Dans une lettre lue, le comédien revient de façon critique sur les trois années de présidence Macron et la gestion de la crise sanitaire. Il propose des solutions pour rétablir une certaine équité entre privilégiés et démunis.

«Traversé par le flot incessant des commentaires, désorienté par l’addition d’analyses souvent contradictoires, j’ai tenté de réfléchir à la question la plus banale : mais comment avons-nous pu en arriver là ?», s’interroge Vincent Lindon pour introduire son propos. «Spécialiste en rien, intéressé par tout, il m’a paru pourtant utile de contribuer en faisant entendre une voix simplement citoyenne», souligne-t-il, en admettant que sa légitimité à analyser n’est pas supérieure à celle d’un autre.

Spécialiste en rien, intéressé par tout, il m’a paru pourtant utile de contribuer en faisant entendre une voix simplement citoyenne.

«Comment ce pays si riche, la France, sixième économie du monde, a-t-il pu désosser ses hôpitaux jusqu’à devoir, pour éviter l’engorgement des services de réanimation, se résigner à se voir acculé à cette seule solution, utile certes, mais moyenâgeuse, le confinement ?», questionne-t-il. Une fois ces bases posées, Vincent Lindon commence par résumer les trois premières années du quinquennat d’Emmanuel Macron, en soulevant les controverses et affaires majeures traversées depuis l’élection. Sous couvert d’un constat fixe : «des offrandes pour ceux qui n’ont besoin de rien, des sacrifices pour ceux qui ont besoin de tout». Il met d’ailleurs en avant «le goût du nouveau président pour la pompe et les rites de la monarchie», démontré selon lui dès le début du mandat présidentiel.

D’abord, l’affaire Benalla, qui avait ébranlé l’Élysée à l’été 2018. Puis la crise des gilets jaunes, la réforme des retraites et, enfin, la gestion du virus. Et les contradictions qui vont avec. «Alors que l’épidémie progresse, se faisant pandémie, le pouvoir s’affole, s’agite comme un poulet sans tête. Sur quoi s’interroge l’exécutif aux premiers jours de mars ? Mais sur le maintien des municipales, bien sûr ! La veille du premier tour, le premier ministre joue les contorsionnistes, invitant les Français à rester chez eux, mais, en même temps, à aller voter», s’indigne Vincent Lindon.

Alors que l’épidémie progresse, se faisant pandémie, le pouvoir s’affole, s’agite comme un poulet sans tête.

De la «petite grippette» à l’état d’urgence sanitaire en passant par la «schizophrénie» du discours sur les millions de masques en stock. D’abord «inutiles», puis soudainement indispensables mais «volatilisés». Le comédien s’attarde ensuite sur le cas des établissements scolaires et des garderies à l’issue du confinement. «Acte 1 : réouverture des crèches et des écoles primaires. Curieux puisqu’elles avaient été les premières à être fermées, avant même le début du confinement, au motif qu’elles étaient un lieu hautement favorable à la propagation du virus». Ni plus ni moins qu’un stratagème pour permettre aux parents de retourner travailler et sauver ainsi l’économie du pays.

Vincent Lindon place les inéquations au centre de son discours. «Déjà insupportables, les inégalités ont explosé avec la pandémie. Confinés dans des logements exigus ou contraints d’affronter les périls, les plus fragiles vivent des jours terriblement difficiles. Et leurs lendemains ne chantent pas. Après la crise sanitaire, ils seront sûrement les premières victimes de l’inévitable catastrophe économique et sociale».

Après les remontrances, l’heure est aux solutions. «L’État ne pouvant pas tout, il me paraît impératif d’innover. Comment ? En demandant aux plus grosses fortunes une solidarité envers les plus démunis. Cette idée, juste et légitime, pourrait prendre la forme d’une contribution exceptionnelle, baptisée “Jean Valjean”, conçue comme une forme d’assistance à personnes en danger, financée par les patrimoines français de plus de 10 millions d’euros, sans acrobaties, à travers une taxe progressive de 1 % à 5 %, avec une franchise pour les premiers 10 millions d’euros», propose Vincent Lindon.

«Rendre passible de longues années de prison ferme tout acte de corruption avérée d’un élu»«définir des couloirs judiciaires dédiés, pour éviter qu’on ne juge que des cadavres» et «augmenter fortement la rémunération des hommes et des femmes qui choisiront de servir la collectivité avec compétence, zèle et intégrité», telles sont les réformes «essentielles» imaginées par le comédien pour rétablir une certaine équité entre la population.

«Même si elles ne résolvent pas l’ensemble des problèmes auxquels notre époque est confrontée, elles m’apparaissent nécessaires pour rétablir l’indispensable confiance du peuple en ses représentants, enfin comptables de leurs promesses comme de leur action, et responsables de leurs erreurs», conclut-il.

Environnement-inégalités :Tirer les leçons du coronavirus ( Jean Tyrol)

Environnement-inégalités :Tirer les leçons du coronavirus ( Jean Tyrol)

 

Le Prix Nobel d’économie 2014, dans une tribune au « Monde », appelle à tirer les leçons du Corona virus sur d’autres champs que la santé comme le réchauffement climatique et  les inégalités.

 

Tribune. 

 

Qu’elles soient civiles, interétatiques ou sanitaires, les guerres laissent leur marque dans la société. Les recherches en sciences sociales montrent qu’elles réduisent les tendances individualistes et augmentent l’empathie. Les individus se comportent de manière plus coopérative et altruiste ; ils sont plus enclins à rejoindre des groupes sociaux. Avec des différences selon le type de guerre : contrairement aux guerres civiles, les guerres entre Etats génèrent des intérêts communs qui comblent les écarts entre les groupes.

Bien sûr, une grande partie de ce nouvel altruisme s’exprime envers son propre groupe, l’« endogroupe », comme par exemple les concitoyens dans une guerre contre un ennemi extérieur. Une guerre sanitaire contre le Covid-19 a cet avantage que le groupe s’étend, au-delà de ses concitoyens, à toute l’humanité et qu’il n’y a pas d’« exogroupe » autre que le virus… à condition que l’on n’appelle pas le virus « maladie chinoise », comme l’a fait le président américain, et que ne prévale pas le réflexe « chaque pays pour lui-même ».

Si cette crise génère un tel rapprochement entre nos compatriotes et entre Européens, cela pourrait être une bonne nouvelle, étant donné la tendance récente au populisme, au nationalisme, à l’intolérance ethnique et religieuse. De ce point de vue, la reformulation par le président Macron de la lutte contre le coronavirus comme une « guerre » pourrait avoir été judicieuse.

Si l’on peut être raisonnablement optimiste à cet égard, il est moins probable que l’élaboration des politiques publiques adopte une perspective à plus long terme. Allons-nous enfin apprendre notre leçon ? Nous sous-investissons dans l’éducation et la formation continue ; nous négligeons le combat contre le changement climatique et diverses autres politiques qui limiteraient les dommages causés à la prochaine génération par le climat, l’intelligence artificielle, la dette, l’inégalité et autres défis imminents.

Le Covid-19 nous rappelle notre vulnérabilité globale dans le domaine de la santé. Nous devons investir dans des systèmes de santé efficaces et promouvoir la recherche, qui nous permettra de répondre rapidement aux menaces émergentes. Nous étions déjà conscients du manque de recherche sur les antibiotiques, compte tenu de l’augmentation de l’antibiorésistance. Nous étions préoccupés par la guerre biologique. Nous tremblons de peur face à la fonte du pergélisol qui, en plus d’émettre des volumes importants de gaz à effet de serre, va libérer d’anciens virus et bactéries, avec des conséquences imprévisibles. Nous réalisons maintenant que le problème est encore plus large. Les crises sanitaires mondiales ne sont plus des « événements rares ».

 

Inégalités Royaume-Uni : moins de chômage mais les travailleurs de plus en plus pauvres

Inégalités Royaume-Uni : moins de chômage mais les travailleurs de plus en plus pauvres

 

 

On se félicite souvent du faible  taux de chômage en Grande-Bretagne. Un taux exceptionnellement  bas de l’ordre de  4 % et cela en dépit de l’affaiblissement de l’activité. Une sorte de miracle en quelque sorte mais un miracle qui s’explique par le caractère de plus en plus précaire de certains salariés. En effet, la pauvreté touche 14 millions de personnes au Royaume-Uni et augmente chez les travailleurs, les enfants et les retraités, relève une étude publiée vendredi. Ce constat de la fondation Joseph Rowntree tranche avec les chiffres officiels qui font état d’un taux de chômage sous les 4%, au plus bas en 45 ans malgré le ralentissement de l’activité économique sur fond de Brexit.

Le rapport montre que nombre de travailleurs s’appauvrissent parce que leur rémunération et le nombre d’heures travaillées ne sont pas suffisants pour subsister. Les emplois précaires sont le revers de la médaille d’un taux de chômage au plus bas, comme l’illustre le recours croissant aux contrats précaires tels que les contrats «zéro heure», qui ne garantissent aucun minimum horaire. Au total, la moitié des individus touchés par la pauvreté vivent dans une famille de travailleurs, contre 39% il y a 20 ans.

Quelque 4 millions d’enfants et 2 millions de retraités vivent dans le dénuement, soit une hausse respective de 400.000 et 300.000 personnes au cours des cinq dernières années. Les taux de pauvreté les plus élevés se trouvent à Londres, dans le nord et le centre de l’Angleterre, ainsi qu’au Pays de Galles. Ils sont les plus faibles dans le sud de l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande du Nord. Selon les critères retenus par l’étude, une famille est considérée comme pauvre quand son revenu est inférieur de plus de 60% au revenu médian d’une famille similaire, une fois pris en compte le prix de l’immobilier.

La fondation Joseph Rowntree appelle le gouvernement à agir pour améliorer la sécurité et la qualité de l’emploi. Elle explique que les aides sociales sont absolument essentielles pour lutter contre la pauvreté, tout comme le fait de rendre le logement plus abordable. De son côté, la confédération syndicale TUC a appelé les pouvoirs publics à en finir avec les emplois les plus précaires. «Les contrats zéro heure doivent être interdits et le salaire minimum doit atteindre immédiatement au moins 10 livres de l’heure», selon sa secrétaire générale Frances O’Grady.

Le gouvernement, qui va porter le salaire minimum à 8,72 livres l’heure à partir d’avril, martèle quant à lui que la lutte contre la pauvreté reste une priorité. «Nous savons qu’avoir un emploi est le meilleur moyen de sortir de la pauvreté (…). Les salaires augmentent plus que l’inflation et l’extrême pauvreté est plus faible qu’en 2010», assure un porte-parole du ministère du Travail.

La baisse des prélèvements augmente les inégalités (Gérard Fonouni)

 La baisse des prélèvements augmente les inégalités (Gérard Fonouni)

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Gérard Fonouni, économiste , constate que la baisse des impôts, des cotisations sociales et des dépenses publiques pourrait générer davantage d’inégalités et peser sur l’économie. Un prise de postions intéressante  mais un peu globalisante qui fait l’économie d’ une analyse fine des dépenses utiles et de celles qui participent du gaspillage des ressources publiques.

 

Tribune. 

 

« Après la diminution de la taxe d’habitation et de celle de l’impôt sur les sociétés en 2019, l’Etat a décidé de baisser l’impôt sur le revenu des ménages pour 2020. Et il a décidé aussi de remplacer notre système de retraite par répartition, vieux de quatre-vingts ans, par un système universel à points concernant la génération née après 1975. Ce nouveau système permettra de contenir et d’adapter le niveau des pensions futures sous le seuil des 14 % du produit intérieur brut (PIB) à cause d’une baisse des pensions qui seront désormais calculées sur l’ensemble de la carrière plutôt que sur les vingt-cinq dernières années pour les salariés du privé et sur les six derniers mois pour ceux du public.

Ces réductions fiscales et sociales successives devraient faire baisser en 2020, les prélèvements obligatoires composés des impôts (directs et indirects) et des cotisations sociales. Ils se situeront autour de 44 % du PIB en 2020, contre 45,2 % en 2017.

Cependant, ces diminutions auront peu d’effet sur l’offre des entreprises et sur la demande des ménages puisque l’impôt sur le revenu représente 70 milliards d’euros du montant des prélèvements obligatoires, alors que les cotisations sociales représentent quant à elles 384,5 milliards d’euros.

De plus, afin de ne pas augmenter le déficit public à hauteur de plus de 3 % du PIB, et afin de réduire le déficit de l’assurance-vieillesse lié à la baisse des recettes, qui atteindrait 8 à 17 milliards d’euros en 2025, le gouvernement compresse également les dépenses publiques et les dépenses sociales.

Le choix de baisser en même temps, à la fois les recettes fiscales et les dépenses publiques, fait courir un double risque pour notre économie : un risque social et un risque économique.

Si leur réduction pour relancer l’économie à la fois par l’offre et par la demande, s’impose aux yeux des économistes libéraux, elle n’est toutefois pas sans danger. En effet, malgré l’engagement et l’investissement de ses agents, les services publics auront de plus en plus de mal à exercer leurs missions d’intérêt général, faute de ressources suffisantes. Leur dégradation qui n’a cessé de s’aggraver depuis vingt ans, pourrait ainsi continuer de s’accentuer en 2020 d’une manière plus ou moins forte selon les secteurs publics touchés par les économies budgétaires.

Si on réduit la masse salariale de la fonction publique, et plus particulièrement celle des hôpitaux, celle de l’enseignement et celle de la recherche, il deviendra de plus en plus difficile d’attirer et de recruter des fonctionnaires qualifiés, compétents, bien formés et motivés dans ces trois secteurs clés de note économie. »

Inégalités : 30 % du patrimoine détenu par 5 % des Français

Inégalités : 30 % du patrimoine détenu par 5 % des Français

 

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Il convient toujours de se méfier des moyennes qui peuvent révéler de très grandes dispersions. Par exemple, il y a forcément un léger écart entre la fortune de Pinault, l’un des plus riches du monde qui possède 100 milliards et un smicard qui possède rien du tout, ni même une automobile. En moyenne,  le patrimoine des Français tourne autour de 250 000 €, les plus riches des milliards, les moins riches des millions et au moins 10% des Français ne possède en fait qu’une économie de deux mois de revenus. Sans parler des chômeurs qui ne touchent aucune indemnité.( le halo du chômage). On objectera que les inégalités plus fortes encore dans d’autres pays comme par exemple aux États-Unis ou en Chine. Ainsi nous trouve des milliardaires qui rachètent des entreprises et des patrimoines immobiliers dans le monde entier tandis que le chinois de base devra se contenter de 500 € mensuels par mois. L’existence de ces inégalités ailleurs ne saurait cependant justifier  des écarts encore importants en France. Certes des écarts qui subsisteront toujours mais la question est celle de leur ampleur et de leur cohérence avec l’efficacité économique et la justice sociale. Notons que Les inégalités de patrimoine sont, en France, beaucoup plus importantes que celles des revenus. Ainsi, selon la dernière étude de l’Insee, parue ce jeudi, la moitié des ménages la mieux dotée en patrimoine concentrait 92 % de la masse du patrimoine de l’ensemble des personnes vivant en France en 2018. De la même manière, 5 % des ménages détiennent un tiers du patrimoine et le centième de la population le plus aisé se partage même 16 % de l’ensemble. Ces inégalités apparaissent stables depuis la dernière enquête de l’Insee en 2015. Elles avaient augmenté entre 2004 et 2010 puis décru les cinq ans suivants.

En 2018, le patrimoine net moyen des ménages s’élève à 240.000 euros. Les 10 % les plus aisés détiennent au moins 608.000 euros, tandis que les 10 % les plus modestes possèdent au maximum 3 800 euros chacun, «soit 160 fois moins», insiste l’Insee.

Le patrimoine brut des Français est avant tout constitué de biens immobiliers (à 61 %) et d’actifs financiers (pour 20 %). Quelque 60 % des ménages sont en effet propriétaires de leur résidence principale, qu’ils aient ou non terminé d’en rembourser l’achat.

Le patrimoine résiduel (voiture, équipement de la maison, bijoux, œuvre d’art…) constitue seulement 8 % du patrimoine total. «Cette composante est majeure dans le patrimoine des ménages les plus modestes, note toutefois l’Insee. Elle représente 71 % du patrimoine total des 10 % des ménages les moins dotés. Ceux-ci ne détenant quasiment pas de patrimoine immobilier.»

À l’inverse, les ménages les plus aisés détiennent davantage d’actifs financiers (34 % de leur patrimoine pour le premier centile) et de patrimoine professionnel (28 %). Le patrimoine financier apparaît ainsi particulièrement concentré: 5 % des ménages les mieux dotés en détiennent plus de la moitié.

Inégalités: toujours autant de riches malgré la fiscalité

Inégalités:  toujours autant de riches malgré la fiscalité

 

C’est le résultat de l’étude  annuelle du Crédit Suisse diffusée par Xerfi canal : avec plus de 2 millions de Français millionnaires en dollars, la France est peut-être loin du trio de tête composé des Etats-Unis, du Japon et de la Chine, mais elle est bien installée dans le top 10, aux coudes à coudes avec l’Allemagne. En cause évidemment, une fiscalité qualifiée de confiscatoire mais compensée par l’ingénierie fiscale d’évitement.

 

« En rapportant le contingent de millionnaires à la population pour gommer les effets de taille, la Suisse arrive en tête devant les Etats-Unis et les Pays-Bas. En Europe, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne sont éjectés de ce nouveau classement. Quant à la France avec 3,2% de millionnaires elle glisse simplement du 6e au 9e rang. Et encore la méthodologie n’est pas favorable aux Français car si le patrimoine pris en compte reprend bien les actifs immobiliers et financiers net des dettes, il n’intègre pas les créances de retraites latentes alors que les actifs des fonds de pensions sont inclus. C’est surprenant, mais voici 5 éléments pour comprendre comment un pays qui a, soit disant, un problème avec les riches arrive à en produire autant et à un tel niveau de richesse. Le premier renvoie aux inégalités des revenus primaires. La France est une formidable machine à redistribuer, mais il ne faut pas perdre de vue que c’est sur fond de très grandes inégalités à la base. Si l’on se réfère à l’outil standard de mesure des inégalités, que constitue l’indice de Gini, les inégalités primaires de revenu avant impôt et transfert sont plus élevées en France que dans les pays nordiques comme la Suède ou le Danemark mais aussi que dans les pays anglo-saxons, Allemagne, Royaume-Uni et Etats-Unis. Bien entendu, l’Etat providence réduit ces inégalités mais il ne peut totalement les gommer au plus haut de la pyramide. Deuxième élément à intégrer : l’évolution des prix de l’immobilier.

Partout dans le monde, le taux de propriétaires augmente avec le niveau de richesse et l’immobilier constitue une part importante du patrimoine. Sa valorisation est donc un facteur déterminant pour entrer dans le club des millionnaires. En France, plus qu’ailleurs, les hauts revenus se concentrent sur une petite partie du territoire, dans les meilleurs quartiers des grandes métropoles et les régions stars (Haute-Savoie, Côte d’Azur, Lubéron..). La moyenne nationale des prix de l’immobilier n’a donc pas de sens et c’est Paris qui donne le LA : entre 2005 et le 2ème trimestre 2019, les prix se sont envolés de près de 100% dans la capitale. Il n’y a guère que Londres qui a suivi le rythme. En Belgique, en Allemagne (où le marché national est moins éclaté), la progression a été de 50% environ. Un cran en dessous les Pays-Bas et plus bas encore l’Espagne quasiment à zéro. Troisième élément, l’élitisme social des filières d’excellence qui renforce in fine la concentration des revenus et des patrimoines sur une petite partie de la population. Il y a près de cinquante fois plus d’enfants de cadres supérieurs que d’enfants d’ouvriers à Polytechniques, 20 fois plus dans les Ecoles normales supérieures, près de 16 à l’ENA et jusqu’à 8 environ dans les classes prépas alors qu’ils sont finalement moins nombreux que les fils et filles d’ouvriers.

Or non seulement ces formations sont gratuites (ou presque) mais les élèves sont en plus rémunérés. C’est le jackpot, le capital des parents qui sera transmis plus tard aux enfants n’est pas entamé et les étudiants entreront dans la vie active sans dette et accéderont aux postes les plus rémunérateurs du privé et du public avec de véritables rentes de situation. Et plus généralement, l’éducation gratuite, la santé gratuite, sont deux éléments qui protègent les fortunes contre les grands coûts ou accidents de la vie, contrairement à d’autres pays, et qui préservent par la suite les revenus de la propriété des riches et de leurs descendants. Avant dernier élément une fiscalité peu progressive : sur un total de 1 000 milliards d’euros de prélèvements obligatoires chaque année (y cotisations sociales donc), près de 75% sont payés par tous aux même taux, qu’ils soient riches ou pauvres (si l’on néglige toutefois, les éléments de progressivité des prélèvements sociaux au voisinage du SMIC ou de la CSG). A peine 90 milliards sont finalement issus de prélèvements réellement progressifs : l’impôt sur le revenus, les droits de succession et l’IFI. 5ème et dernier élément, si l’on ajoute à la faible progressivité, l’évitement fiscal, le taux d’imposition s’avère in fine décroissant pour le haut de la distribution des revenus. Cette baisse du taux global d’imposition chez les plus riches est due non seulement au poids décroissant des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu, mais aussi à l’utilisation de nombreuses niches et techniques d’optimisation fiscale. »

 

 

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

 

 

Richard Ferrand, 20 000 euros par mois, mis en examen, militant LREM contre les inégalités !

Richard  Ferrand, 20 000 euros par mois,  mis en examen, militant LREM contre les inégalités !

 

Selon le président de l’assemblée Richard Ferrand  (rémunéré 20 000 euros par mois), la grève qui s’annonce sera donc « une mobilisation pour conserver des inégalités ». Il ajoute que la réforme est indispensable à « la préservation de notre modèle social » et qu’il faudra « travailler plus ». En tout cas Ferrand, lui a déjà travaillé pour enrichir son entourage ( il est mis en examen mais la justice ne semble pas pressée de gérer ce dossier)

 

Rappel de l’affaire:  Richard Ferrand a largement utilisé son double statut de dirigeant des Mutuelles de Bretagne et d’élu pour directement et indirectement se remplir les poches. L’affaire la plus scandaleuse  concerne un contrat de location d’un local par les Mutuelles de Bretagne à la compagne de Ferrand alors  que cette dernière ne possédait pas encore ce local. Grâce à de généreuses conditions de location de ce local, la compagne de Ferrand a pu réaliser un petit profit de l’ordre de 800 000 €. Le détail de ces opérations est rappelé ci-après à partir d’une information tirée de Wikipédia. Toute la famille Ferrand a bénéficié des largesses mutuelles de Bretagne : son ancienne femme, ensuite sa compagne et lui-même. La justice de Brest avait enterré l’affaire considérant qu’il s’agissait d’une affaire privée et que les délais d’instruction étaient dépassés. Comme le dossier a été dépaysé à Lille, les nouveaux juges ont porté un autre regard sur ses affaires en mettant en examen Richard Ferrand. Ces nouveaux juges connaissent évidemment le contexte politique particulièrement délicat qui entoure cette affaire et s’ils ont mis en examen Richard Ferrand c’est qu’il dispose d’éléments nouveaux. Tout cela révèle que les bonnes vieilles pratiques provinciales de la IVe République ne sont pas mortes avec des relations plus ou moins sulfureuses  entre les élus politiques,  le monde économique et la justice.  Bref,  le nouveau monde promis par Macron et bien mort-né surtout si on n’y ajoute les autres affaires concernant par exemple le MoDem et Bayrou, Benalla, de Rugy, le secrétaire de l’Élysée, Macron lui-même avec les conditions de financement de sa campagne. On pourrait ajouter les lenteurs de la justice concernant aussi bien les affaires de Sarkozy que celle de Tapie vis-à-vis desquelles le pouvoir semble manifester une grande bienveillance. Bref, il n’y a pas de Nouveau Monde dans la république en marche mais plutôt la résurgence de pratiques caractérisées par la confusion des intérêts entre le monde politique, le monde économique et l’État.

Le résumé de l’affaire dans Wikipédia :

 

 

En mai 2017, Le Canard enchaînéLe Monde et Mediapart révèlent que les Mutuelles de Bretagne (MDB) ont été subventionnées à hauteur de 55 000 euros par de l’argent public99 lorsque Richard Ferrand les dirigeait dans les années 2010. Selon eux, son ex-femme Françoise Coustal, artiste plasticienne, a facturé aux Mutuelles de Bretagne des travaux d’aménagement d’un Ehpad, situé à Guilers, qui a bénéficié d’une subvention de 1,66 million d’euros100 du Conseil départemental du Finistère, dont Richard Ferrand était alors vice-président. Les Mutuelles de Bretagne ont ensuite fait effectuer d’autres travaux, pour 184 000 euros, dans un local appartenant à l’avocate Sandrine Doucen, sa compagne et mère de sa fille101, qui a par ailleurs facturé régulièrement aux Mutuelles de Bretagne des services de conseil juridique. Plus anecdotiquement, selon ces mêmes médias, Richard Ferrand a, une fois élu député en juin 2012, conservé un poste de chargé de mission des Mutuelles de Bretagne, rémunéré 1 250 euros102 par mois ou 1 547 euros par mois, selon les sources, et embauché comme assistant parlementaire Hervé Clabon, compagnon de son ex-adjointe puis son fils101. Ces révélations ont déclenché une polémique nationale, le Front national demandant sa démission du gouvernement, LR la saisie du Parquet national financier, et le 1er secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis à l’exécutif de s’exprimer103. Le 1er juin 2017, Éric Mathais, procureur de la République de Brest, ouvre une enquête préliminaire, confiée à la police judiciaire de Rennes104.

Richard Ferrand affirmera qu’il n’était « jamais intervenu pour qu’elle obtienne un quelconque contrat » et que « la première fois que les Mutuelles ont fait appel à ses prestations, c’était en 2002, donc 8 ans après notre divorce »105.

Appel d’offres attribué par les Mutuelles de Bretagne à sa compagne[modifier | modifier le code]

Le 23 décembre 2010106, Richard Ferrand signe un compromis de vente avec une clause suspensive en cas de non-location ultérieure par les Mutuelles de Bretagne107, pour un local de 379 m2108, 2 rue George-Sand à Brest109.

Le 25 janvier 2011, le conseil d’administration des Mutuelles de Bretagne choisit à l’unanimité la proposition de la Saca, une SCI qui « n’a pas encore d’existence légale » et « n’est même pas encore propriétaire des surfaces qu’elle propose » comme le rappelle Le Canard enchaîné110. Sur le procès-verbal de la réunion du conseil d’administration à aucun moment n’est mentionné le nom de Sandrine Doucen110.

Sandrine Doucen crée le 28 mars 2011 la Saca, une SCI, dont elle détient 99 % des parts111.

Le 1er juillet 2011110, la SCI la Saca achète 402 000 € frais de notaire inclus108, grâce à un crédit remboursable sur quinze ans du Crédit agricole qui finance intégralement l’achat, sans aucun apport, ayant selon Le Canard enchaîné un « traitement réservé aux acquéreurs qui disposent d’un locataire dont les revenus sont garantis ». Revenus garantis par les 42 000 € de loyers annuels versés par les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand est le directeur général.

Les Mutuelles de Bretagne effectuent peu après, sans contrepartie, pour 184 000 euros de travaux dans le local acheté par Sandrine Doucen. Quelques années plus tard, la SCI de Sandrine Doucen est valorisée, lors d’une transaction, à 3 000 fois le montant du capital initial de 100 € soit 300 000 €112. Selon Le Canard enchaîné, l’avocate Sandrine Doucen a par ailleurs facturé des conseils juridiques aux Mutuelles de Bretagne en matière de gestion des ressources humaines.

Selon la défense de Richard Ferrand, l’opération n’a « rien d’illégal »113,114 : la démarche « respectait la procédure »[réf. nécessaire] et l’entreprise de sa compagne offrait « le meilleur prix » parmi les réponses à l’appel d’offres.

Richard Ferrand, 20 000 euros par mois, mis en examen, contre les inégalités !

Richard  Ferrand, 20 000 euros par mois,  mis en examen, contre les inégalités !

 

Selon le président de l’assemblée Richard Ferrand  (rémunéré 20 000 euros par mois), la grève qui s’annonce sera donc « une mobilisation pour conserver des inégalités ». Il ajoute que la réforme est indispensable à « la préservation de notre modèle social » et qu’il faudra « travailler plus ». En tout cas Ferrand, lui a déjà travaillé pour enrichir son entourage ( il est mis en examen mais la justice ne semble pas pressée de gérer ce dossier)

 

Rappel de l’affaire:  Richard Ferrand a largement utilisé son double statut de dirigeant des Mutuelles de Bretagne et d’élu pour directement et indirectement se remplir les poches. L’affaire la plus scandaleuse  concerne un contrat de location d’un local par les Mutuelles de Bretagne à la compagne de Ferrand alors  que cette dernière ne possédait pas encore ce local. Grâce à de généreuses conditions de location de ce local, la compagne de Ferrand a pu réaliser un petit profit de l’ordre de 800 000 €. Le détail de ces opérations est rappelé ci-après à partir d’une information tirée de Wikipédia. Toute la famille Ferrand a bénéficié des largesses mutuelles de Bretagne : son ancienne femme, ensuite sa compagne et lui-même. La justice de Brest avait enterré l’affaire considérant qu’il s’agissait d’une affaire privée et que les délais d’instruction étaient dépassés. Comme le dossier a été dépaysé à Lille, les nouveaux juges ont porté un autre regard sur ses affaires en mettant en examen Richard Ferrand. Ces nouveaux juges connaissent évidemment le contexte politique particulièrement délicat qui entoure cette affaire et s’ils ont mis en examen Richard Ferrand c’est qu’il dispose d’éléments nouveaux. Tout cela révèle que les bonnes vieilles pratiques provinciales de la IVe République ne sont pas mortes avec des relations plus ou moins sulfureuses  entre les élus politiques,  le monde économique et la justice.  Bref,  le nouveau monde promis par Macron et bien mort-né surtout si on n’y ajoute les autres affaires concernant par exemple le MoDem et Bayrou, Benalla, de Rugy, le secrétaire de l’Élysée, Macron lui-même avec les conditions de financement de sa campagne. On pourrait ajouter les lenteurs de la justice concernant aussi bien les affaires de Sarkozy que celle de Tapie vis-à-vis desquelles le pouvoir semble manifester une grande bienveillance. Bref, il n’y a pas de Nouveau Monde dans la république en marche mais plutôt la résurgence de pratiques caractérisées par la confusion des intérêts entre le monde politique, le monde économique et l’État.

Le résumé de l’affaire dans Wikipédia :

 

 

En mai 2017, Le Canard enchaînéLe Monde et Mediapart révèlent que les Mutuelles de Bretagne (MDB) ont été subventionnées à hauteur de 55 000 euros par de l’argent public99 lorsque Richard Ferrand les dirigeait dans les années 2010. Selon eux, son ex-femme Françoise Coustal, artiste plasticienne, a facturé aux Mutuelles de Bretagne des travaux d’aménagement d’un Ehpad, situé à Guilers, qui a bénéficié d’une subvention de 1,66 million d’euros100 du Conseil départemental du Finistère, dont Richard Ferrand était alors vice-président. Les Mutuelles de Bretagne ont ensuite fait effectuer d’autres travaux, pour 184 000 euros, dans un local appartenant à l’avocate Sandrine Doucen, sa compagne et mère de sa fille101, qui a par ailleurs facturé régulièrement aux Mutuelles de Bretagne des services de conseil juridique. Plus anecdotiquement, selon ces mêmes médias, Richard Ferrand a, une fois élu député en juin 2012, conservé un poste de chargé de mission des Mutuelles de Bretagne, rémunéré 1 250 euros102 par mois ou 1 547 euros par mois, selon les sources, et embauché comme assistant parlementaire Hervé Clabon, compagnon de son ex-adjointe puis son fils101. Ces révélations ont déclenché une polémique nationale, le Front national demandant sa démission du gouvernement, LR la saisie du Parquet national financier, et le 1er secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis à l’exécutif de s’exprimer103. Le 1er juin 2017, Éric Mathais, procureur de la République de Brest, ouvre une enquête préliminaire, confiée à la police judiciaire de Rennes104.

Richard Ferrand affirmera qu’il n’était « jamais intervenu pour qu’elle obtienne un quelconque contrat » et que « la première fois que les Mutuelles ont fait appel à ses prestations, c’était en 2002, donc 8 ans après notre divorce »105.

Appel d’offres attribué par les Mutuelles de Bretagne à sa compagne[modifier | modifier le code]

Le 23 décembre 2010106, Richard Ferrand signe un compromis de vente avec une clause suspensive en cas de non-location ultérieure par les Mutuelles de Bretagne107, pour un local de 379 m2108, 2 rue George-Sand à Brest109.

Le 25 janvier 2011, le conseil d’administration des Mutuelles de Bretagne choisit à l’unanimité la proposition de la Saca, une SCI qui « n’a pas encore d’existence légale » et « n’est même pas encore propriétaire des surfaces qu’elle propose » comme le rappelle Le Canard enchaîné110. Sur le procès-verbal de la réunion du conseil d’administration à aucun moment n’est mentionné le nom de Sandrine Doucen110.

Sandrine Doucen crée le 28 mars 2011 la Saca, une SCI, dont elle détient 99 % des parts111.

Le 1er juillet 2011110, la SCI la Saca achète 402 000 € frais de notaire inclus108, grâce à un crédit remboursable sur quinze ans du Crédit agricole qui finance intégralement l’achat, sans aucun apport, ayant selon Le Canard enchaîné un « traitement réservé aux acquéreurs qui disposent d’un locataire dont les revenus sont garantis ». Revenus garantis par les 42 000 € de loyers annuels versés par les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand est le directeur général.

Les Mutuelles de Bretagne effectuent peu après, sans contrepartie, pour 184 000 euros de travaux dans le local acheté par Sandrine Doucen. Quelques années plus tard, la SCI de Sandrine Doucen est valorisée, lors d’une transaction, à 3 000 fois le montant du capital initial de 100 € soit 300 000 €112. Selon Le Canard enchaîné, l’avocate Sandrine Doucen a par ailleurs facturé des conseils juridiques aux Mutuelles de Bretagne en matière de gestion des ressources humaines.

Selon la défense de Richard Ferrand, l’opération n’a « rien d’illégal »113,114 : la démarche « respectait la procédure »[réf. nécessaire] et l’entreprise de sa compagne offrait « le meilleur prix » parmi les réponses à l’appel d’offres.

« La “flat tax” inefficace pour la croissance et pour les inégalités » Louis-Samuel Pilcer

« La “flat tax” inefficace pour la  croissance et pour les inégalités » Louis-Samuel Pilcer 

L’économiste, Louis-Samuel Pilcer, rappelle, dans une tribune au « Monde », que la baisse de la fiscalité sur les dividendes a eu des effets néfastes aux Etats-Unis et pourrait en avoir aussi en France.

 

Tribune.

 

Le ministre du budget Gérard Darmanin expliquait sur BFM, le 14 octobre, en justifiant la « flat tax » de 30 % instituée par le gouvernement sur les dividendes, que « la surfiscalité du capital ne marchait pas ».

Pourtant, les premières évaluations de la mise en place de la « flat tax » suggèrent un effet plutôt néfaste pour l’économie française. Celle-ci devait relancer l’investissement en diminuant de manière conséquente l’imposition des revenus du capital. La science économique n’établit pourtant pas un lien clair entre la fiscalité des dividendes et l’investissement dans les entreprises.

 

Certes, d’un côté, les investisseurs choisissent d’acheter les actions émises par une société pour récupérer, plus tard, des dividendes. Ce premier effet amène certains économistes à prétendre qu’une baisse d’impôts aide les entreprises à investir plus et mieux.

Mais d’un autre côté, les entreprises disposant de fonds propres ont chaque année le choix entre les investir, ou verser des dividendes à leurs actionnaires. Avec les taux en vigueur jusqu’en 2017, les dividendes rapportaient très peu, ce qui incitait les dirigeants à investir dans la croissance de leurs sociétés. Le taux d’imposition ayant diminué, nos entreprises risquent de choisir de moins investir afin de mieux rémunérer leurs actionnaires.

 

Comment faire face aux origines des inégalités

Comment faire face aux origines des inégalités

Un article de Xerfi qui pose la question de la redistribution ( La Tribune)

 

« Face à la montée des inégalités de revenu et de patrimoine, on songe immédiatement à la redistribution. La progressivité de l’impôt d’une part. Tout l’arsenal des transferts sociaux d’autre part, les revenus dits secondaires (prestations sociales en espèce et en nature, les revenus de solidarité). Réduire les inégalités, c’est plus de progressivité de l’impôt d’un côté, et c’est flécher les aides vers ceux qui sont en position de fragilité de l’autre.

De ce point de vue, la France est un cas d’école. Les indicateurs d’inégalité avant et après impôt et transferts montrent que le système fiscalo-social contribue très fortement à la réduction des inégalités primaires. Si l’on se réfère à l’outil standard de mesure des inégalités que constituent l’indice de Gini, les inégalités primaires de revenu avant impôt et transfert sont d’ampleur similaire, voire légèrement supérieure à celles des principales économies développées. Après impôts et transferts, la France figure plutôt en bas de l’échelle. De façon incontestable, l’État providence continue à jouer un rôle décisif en matière de cohésion.

Le débat s’engage alors inévitablement sur les effets collatéraux non désirés des politiques correctrices. Taxer le capital, ponctionner le revenu des plus riche, affecter des revenus de substitutions à ceux qui ne travaillent pas ou peu, revient à punir l’efficacité d’un côté et à récompenser la sous-qualification de l’autre. Une distorsion qui saperait les racines mêmes de l’attractivité et de la productivité et dégraderait la performance d’ensemble de l’économie. Ce dilemme équité / efficacité, on le connaît. C’est un des plus structurants en économie. Et l’accroissement des inégalités primaires ne fait qu’attiser ce conflit d’objectifs. Il faut alors s’interroger sur le risque d’épuisement de la capacité correctrice de nos outils standards de redistribution. Et sur l’acceptabilité de ces politiques quand elles mettent de plus en plus à contribution les classes moyennes supérieures, pour éviter le risque de fuite de l’assiette fiscale des plus riches.

S’attaquer autrement aux inégalités, est-ce possible ? Il faut d’abord être conscient que nos indicateurs monétaires ne donnent qu’une image très partielle des inégalités. Parmi les angles morts, il y a le fait que pour un même niveau de revenu monétaire, dans certains pays, les ménages ont accès à une ample gamme de services collectifs dont le coût est socialisé, en matière de santé et d’éducation de formation de service de l’emploi notamment, et dans d’autres pas. Ces services sont selon les pays de bonne qualité, d’accès homogène ou sont au contraire dégradés. C’est précisément sur ce terrain que se bâtit l’égalité des chances. Et il est clair c’est une des dimensions décisives de la construction de la cohésion sociale. Ce que certains appellent l’investissement social. C’est en enjeu monétaire certes, mais aussi d’organisation, de ressources humaines, qui engage le grand chantier de la réforme de l’État.

Autre angle mort de la mesure des inégalités de revenu. C’est tout ce qui relève des plus-values. Les inégalités de revenu se cristallisent en inégalités de patrimoine, et les revenus du patrimoine créent une dynamique propre d’accroissement de la richesse qui concentre les gains sur les plus riches. Dans nos mesures standards de revenu, il y a bien ce que l’on appelle les revenus de la propriété, loyers, qui peu ou prou évoluent comme l’inflation, les intérêts et les dividendes qui diminuent avec la baisse des taux. Mais ne figurent pas les plus-values, qui sont la source numéro 1 de concentration des effets de richesse depuis trois décennies. On peut certes taxer ces plus-values au risque que les détenteurs aillent rechercher des cieux fiscaux plus cléments. Mais il faut surtout s’interroger sur le métabolisme de la finance, dont la rentabilité est de plus en plus bâtie sur ces plus-values. Avec des acteurs de la gestion d’actifs de plus en plus concentrés, et influents, to big to fail, et des banques centrales dont la mission première est de maintenir en apesanteur le prix des actifs, au risque de provoquer la grande culbute de la planète finance. Il y a là un dérèglement majeur, dont la correction devrait faire appel à la politique de la concurrence, et mobiliser un arsenal réglementaire qui aujourd’hui demeure toujours insuffisant.

Reste enfin le champ de la réglementation des revenus primaires. Revenu minimum … on connaît. Revenu maximum ? Le débat revient régulièrement sur la table quand certains scandales défraient la chronique. Je n’entrerai pas dans ce débat complexe, mais il est clair que là encore, dans le dégradé des solutions possibles, tout n’a pas été fait pour éviter les dérives extrêmes. Il existe surtout, tout un pan sur lequel le législateur fait du surplace : celui du pillage de la data et du travail informel qu’opèrent les plateformes numériques. C’est pourtant là aujourd’hui, avec la finance, que se concentrent les revenus extravagants parmi les 0,1% les plus riches qui s’arrogent le plus gros des fruits de la croissance.

Réforme de l’État, réglementation financière, formalisation de l’économie des plateformes… on ne le dit pas assez, mais ce sont trois chantiers qui s’attaquent aux sources de la machine inégalitaire. »

En Europe : des inégalités scandaleuses

En Europe : des inégalités scandaleuses

Pour résumer Selon la dernière note du laboratoire sur les inégalités mondiales co-dirigé par le célèbre économiste Thomas Piketty, au cours des dernières décennies les 10 % de la population la plus aisée à énormément profité de la mondialisation et c’est l’inverse pour les moins favorisés. D’où ce sentiment un peu partout en Europe d’injustice sociale et fiscale qui nourrit tous les populismes. À noter que les inégalités peuvent observer entre pays tout autant qu’à l’intérieur de chaque pays. En Europe du Nord, le revenu moyen par adulte s’élevait à 46.000 euros contre 38.500 euros en Europe de l’Ouest, 28.500 euros en Europe du Sud et 19.500 euros en Europe de l’Est. La faute à l’Europe qui s’est tenue à l’écart pour l’essentiel de l’harmonisation sociale et de l’harmonisation fiscale et qui finalement pourraient bien faire les frais de la révolte actuelle avec la remise en cause des attributions de la superstructure européenne L’Europe est loin d’être épargnée par les disparités de revenus entre citoyens. Les trois auteurs à l’origine de l’étude, Thomas Blanchet, Lucas Chancel et Amory Gethin, pointent les risques d’un tel phénomène alors que le Vieux continent est déjà miné par la montée des populismes et des divisions qui remettent en cause la construction européenne à l’oeuvre depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Même si les modèles de protection sociale ont pu jouer un rôle d’amortisseur, des écarts considérables demeurent. Dans une récente interview accordée à La Tribune, l’économiste spécialiste des inégalités, Branko Milanovic, expliquait « qu’il est difficile de nier le rôle des inégalités dans la montée des populismes. En tant qu’économiste, il y a une évidence circonstancielle qui semble suggérer que les classes moyennes ont subi une période néfaste. Cette période a créé un malaise économique dans ces catégories. Au fond de ces problèmes, je pense que, au-delà des inégalités, il y a un manque d’augmentation des revenus de certains groupes tandis que les catégories aisées ont pu bénéficier de la mondialisation. » A l’heure où la crise des ‘gilets jaunes » se poursuit depuis plus de quatre mois et que les nationalistes gagnent du terrain à quelques semaines des élections européennes, l’enjeu des inégalités devient crucial. L’accroissement des inégalités en Europe s’explique en grande partie par l’évolution des inégalités à l’intérieur des pays.  »Entre 1980 et 2017, le revenu des 0.001% d’Européens les plus riches haut a cru cinq fois plus rapidement que celui des 80% du bas depuis 1980″ indiquent les auteurs du document. Les revenus des 1% les plus riches ont bondi « deux fois plus rapidement que la moyenne et ont capté une part de la croissance similaire à celle captée par les 50% du bas ».

Si le tableau de l’Europe dressé par les économistes du laboratoire sur les inégalités mondiales peut paraître sombre, la situation est encore plus défavorable aux Etats-Unis. Ainsi, depuis le début des années 80, le revenu moyen avant impôts des revenus modestes sur le Vieux continent a bondi de 37% alors que celui des 50% les plus modestes a stagné outre-Atlantique. « Aux Etats-Unis, les 1% de citoyens les plus aisés perçoivent 20% du revenu national avant impôts, alors que les 50% les plus modestes n’en reçoivent que 12.5%. C’est l’inverse en Europe, où la part du revenu des 50% du bas atteint 18% alors que celle du centile supérieur ne dépasse pas 11%. » 

La TVA augmente les inégalités : une découverte de l’INSEE !

La TVA augmente les inégalités : une découverte de l’INSEE !

 

Les  économistes de l’Insee viennent de faire une grande découverte : l’augmentation de la TVA augmenterait les inégalités. On espère qu’ils n’ont pas trop mobilisé d’énergie publique -payée par l’État-  pour découvrir une telle évidence. On sait en effet depuis longtemps que dans les catégories à bas revenus, on utilise la totalité des salaires et autres allocations qui du coup sont à peu près entièrement soumis à la TVA, donc immédiatement imposés à hauteur de 20 % (sauf pour quelques produits et autres prestations). À l’inverse comme les revenus ne sont que partiellement utilisés par les ménages plus aisés, seule la partie consommée subit la TVA. Du coup proportionnellement les moins favorisés sont proportionnellement davantage taxés par la TVA que les autres. Notons que cette découverte méthodologique vaut aussi pour l’indice des prix de la consommation. Un indice forcément obsolète et pour les mêmes raisons. En effet la structure de consommation entre les ménages défavorisés et les ménages aisés et très différentes et une hausse moyenne des prix n’a pas la même influence selon qu’on gagne par exemple SMIC ou 10 000 € par mois. En outre la structure de consommation ne cesse de se déformer. En août. Les dépenses contraintes ne cessent d’augmenter et prennent une part de plus en plus importante chez les plus défavorisés tandis que les dépenses ajustables, elles,  diminuent (voir la confirmation dans le faible dynamisme constaté dans la grande distribution). L’INSEE a mesuré, à moyen terme, l’effet sur les inégalités d’une hausse de trois points de la TVA, prélèvement fiscal payé par l’ensemble de la population. L’étude des économistes de l’INSEE ne constitue donc pas une grande découverte scientifique mais une simple confirmation.

 L’INSEE constate en effet que, l’ensemble des contribuables s’acquitte de la TVA, qui représente 16% de l’ensemble des prélèvements obligatoires, contre 7% pour l’impôt sur le revenu, acquitté par 45 % des foyers fiscaux. Une hausse de la TVA, touchant la majorité des produits, a donc pour effet direct à court terme d’augmenter les inégalités, le poids de la TVA étant proportionnellement à leur revenu disponible beaucoup plus lourd pour. Les plus défavorisés que pour les ménages aisés.

 

Inégalités : une autre approche ( collectif Stiglitz )

Inégalités : une autre approche ( collectif Stiglitz )

Un collectif, composé notamment du prix Nobel Joseph Stiglitz, de Jean-Paul Fitoussi et de Martine Durand, directrice des statistiques et des données à l’OCDE, appelle à mieux mesurer les effets de la crise et à se pencher sur « la qualité de la croissance. » Ils plaident notamment pour une approche qui va bien au delà de la mesure du PIB en insistant sur la notion de bien-être.  » La crise de 2008 et ses répercussions montrent pourquoi il est nécessaire de changer de perspective. La perte de PIB qui en a résulté n’a pas été l’événement ponctuel et temporaire prédit par les modèles macroéconomiques classiques. Le fait que ses effets perdurent donne à penser que la crise a provoqué la perte définitive de grandes quantités de capital, non seulement sous la forme de machines et de structures, mais aussi de manière déguisée : à travers le recul des formations des personnes en emploi, les séquelles permanentes que les jeunes subissent en entrant sur le marché du travail en période de récession et le discrédit dans lequel le système économique est tombé, car jugé ‘truqué’ au profit de quelques-uns. » Et l’heure est cruciale. Dans un récent sondage réalisé par BVA pour la Tribune, près de trois quart des Français interrogés (72%) se reconnaissent dans les revendications exprimées par les « gilets jaunes ». Le rapport des experts souligne que, en plus de nuire à la sécurité économique, la crise de 2008 a réduit la confiance de la population à l’égard des institutions et de nombreux résultats électoraux ont illustré cette défiance ces dernières années. Face aux lacunes des politiques publiques en matière de pauvreté et d’inégalités, les experts invitent les gouvernements et institutions à prendre en considération des indicateurs plus adaptés pour mesurer l’insécurité économique. D’autres outils « auraient révélé que les conséquences de la récession étaient beaucoup plus lourdes que ne l’indiquaient les statistiques fondées sur le PIB. » Au lieu d’imposer un grand nombre de mesures d’austérité à des pays déjà en souffrance et se focaliser sur les dépenses publiques, les États auraient pu adopter des politiques économiques qui auraient pu favoriser la croissance à plus long terme, soulignent les économistes. « L’inadéquation de la riposte à la crise a été accentuée par le fait qu’une attention excessive a été accordée aux conséquences des dépenses publiques sur la dette des États, alors que ces dépenses auraient pu prendre la forme d’investissements qui auraient ajouté des actifs dans le bilan des administrations.« Les politiques publiques menées par le gouvernement souffrent parfois d’un manque d’évaluation de leur efficacité. Face à ce déficit, le collectif d’experts recommande de dresser un tableau de bord d’indicateurs « qui renseignerait sur la manière dont la population vit les chocs économiques, sur les moyens dont elle dispose pour les amortir et sur l’adéquation du système de protection sociale en place contre les grands risques. » En France, des parlementaires réclament plus de moyens pour évaluer les politiques publiques menées. Dans un rapport parlementaire publié au printemps, les auteurs citaient le professeur d’économie Marc Ferracci à l’université Paris 2 Assas qui expliquait que  »pour réconcilier les citoyens avec l’État, il faut produire de l’information claire, fiable, transparente et indépendante. »

 

Hommes-femmes fin des inégalités : salariales en 2022 ?

Hommes-femmes fin des inégalités : salariales en 2022 ?

On peut évidemment douter de la promesse de la ministre du travail prévoyant e,  2022 la fin des inégalités salariales entre hommes et femmes. La ministre prend soin de préciser à compétence égale. Or tout le problème est la. Nombreux de tâches relativement dévalorisées sont  occupées  par des femmes (parfois par quelques homme). C’est le cas par exemple des caissières dans les grands magasins. En fait dans les métiers très qualifiés, l’égalité des salaires est déjà relativement réalisée. Le vrai problème ce n’est d’ailleurs pas l’égalité salariale mais les obstacles qui sont mis pour l’accès des femmes à des postes de responsabilité. De toute manière le principe de l’égalité salariale est inscrit dans la loi depuis plus de 35 ans. Ce que notait  le sénat pour justifier la loi de 2006 qi prévoyait déjà  la suppression des inégalités salariales en 5 ans.  . Le Parlement n’a adopté en matière de parité professionnelle que deux lois en plus de vingt ans : la loi Roudy de 1983 et la loi Génisson de 2001.  En effet, le marché du travail commence à connaître des tensions démographiques fortes : à partir de 2006, 100 000 actifs partiront chaque année à la retraite. Il faut donc mobiliser des ressources supplémentaires en main-d’œuvre. Ensuite, l’écart salarial entre les hommes et les femmes est encore proche de 25 %, parce que, pour la première fois depuis les années 90, le rythme du rattrapage salarial ralentit. Or, les éléments objectifs justifiant cette inégalité ont disparu, puisque les femmes sont désormais plus diplômées que les hommes. Une fois neutralisés les effets d’âge, de formation, de métier et d’évolution de carrière, une différence de 15 % demeure. Par ailleurs, un chômage féminin majoré persiste et le travail à temps partiel est assuré à 82 % par des femmes, souvent malgré elles. Plus largement, 78 % des emplois non qualifiés sont occupés par des femmes, en général sans réel espoir de progression. Cette précarité a des conséquences lourdes sur leur niveau de vie, en particulier lorsqu’elles sont isolées avec des enfants à charge. Sur les 8,4 millions d’actifs qui perçoivent un salaire inférieur au SMIC, 80 % sont des femmes. Cette proportion est supérieure d’environ dix points à celle constatée au début des années 90..Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a remis mardi des résolutions au gouvernement pour enrayer les inégalités salariales, qui étaient de 24% tous postes confondus en 2014 (derniers chiffres en date), selon le gouvernement, et de 9% “à poste égal”, selon Muriel Pénicaud.

Inégalités : en hausse croissante dans le monde

Inégalités : en hausse croissante dans le monde

Partout les inégalités ne cessent de croître depuis une cinquantaine d’années. Certes le niveau de vie s’élève partout mais la répartition des richesses est de plus en plus inégalitaire. On s’oriente de plus en plus vers un monde constitué de smicards (ou un peu mieux avec par exemple en France un salaire moyen de 1730 euros) d’un côté et de l’autre une caste de milliardaires. Ce que révèle un  rapport collectif, alimenté par les travaux d‘une centaine de chercheurs à travers le monde. Ces inégalités sont encore plus criantes dans les pays en développement où une très petite minorité s’approprie avec la complicité des états la grande partie de la richesse tandis que le salaire moyen des plus pauvres se situe dans des fourchettes de 100 à 300 € par mois. Des inégalités existent aussi en Europe mais dans de moindres proportions compte tenu de la régulation économique et sociale et des plus grandes difficultés à piller les ressources des Etats. Les écarts de revenus sont aussi à corréler aux niveaux démocratiques. De ce point de vue,  dans les Etats de quasi dictature comme en Chine, en Russie ou en Iran le détournement de richesse et d’autant plus facile. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait quand même l’émergence d’une classe moyenne. À noter aussi des écarts de revenus de plus en plus important aux  États-Unis en raison en particulier de l’indigence de la régulation économique et sociale (par exemple en matière d’accès à la santé ou de retraite).  Entre 1980 et 2016, à l’échelle mondiale, les 1% les plus riches ont capté 27% de la croissance totale des revenus, alors que les 50% les plus pauvres de la population mondiale n‘ont absorbé que 12% des richesses créées, soit la moitié. “Nos données montrent que la tendance inégalitaire des trente dernières années a pris des proportions excessives et néfastes”, expliquent les deux chercheurs français dans un entretien publié dans Le Monde. Le creusement des inégalités s‘est effectué à des rythmes très différents selon les pays – y compris pour des pays présentant des niveaux de développement comparables – ce qui souligne selon eux l‘importance des politiques nationales dans cette évolution. Cette tendance s‘est manifestée de façon particulièrement marquée aux Etats-Unis, où la part des revenus perçue par les 1% les plus riches est passée de 22% en 1980 à 39% en 2014. La progression des inégalités a également été importante en Russie et en Chine dans le sillage de la transition de leurs économies vers un modèle plus capitaliste, ont constaté les auteurs de cette étude. Entre 1995 et 2015, la part des richesses nationales allant aux 1% les plus aisés a doublé entre dans ces deux pays, passant de 15% à 30% en Chine et de 22% à 43% en Russie. La progression des inégalités s‘est avérée plus modérée en Europe, région la moins inégalitaire, où les 10% les plus aisés concentraient 37% de la richesse nationale en 2016. D’une façon générale ce ne sont pas les plus inégalités qui sont en cause dans leur principe mais leur écart.  Les auteurs se déclarent convaincus que “si l‘aggravation des inégalités n‘est pas correctement suivie et prise en compte, elle pourrait conduire à toutes sortes de catastrophes politiques, économiques et sociales”.

France : de plus en plus d’inégalités (Secours catholique)

 France : de plus en plus d’inégalités  (Secours catholique)

Un constat sans appel su Secours catholique, si effectivement en moyenne la richesse du pays augmente notamment avec la croissance du PIB,  par contre les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. (Notons que ce phénomène n’est pas spécifique à la France).  Concernant le profil des personnes en situation de pauvreté, les femmes sont les plus touchées. En 2016, 56,3% des personnes rencontrées par le Secours catholique étaient féminines. Cela s’explique par une plus grande vulnérabilité économique (mères isolées, femmes seules âgées ayant une pension de retraite ou des ressources faibles…). Suivent les adultes étrangers, qui représentent 51,7% des personnes rencontrées. Le rapport explique : Si l’âge médian des adultes rencontrés en 2016 est de 40 ans pour les hommes et de 39 ans pour les femmes, les profils les plus touchés sont les seniors isolés (plus de 60 ans) et les jeunes familles (personnes de moins de 25 ans). Mais la précarité n’épargne pas les couples avec enfants. L’étude souligne en effet que la structure des ménages du Secours Catholique accueille un nombre important de familles monoparentales (29,6%) et de couples avec enfants (24,2%). Enfin, la part des ménages sans ressources est en augmentation constante depuis quelques années. Et celle-ci regroupe principalement les hommes seuls, les couples avec enfants et les jeunes. Les étrangers sont également concernés. Concernant les conditions de vie, plus d’un quart des ménages rencontrés par l’association vit dans un logement précaire (logement non fixes et non durables tels que les hôtels, caravanes, mobile home, abri, centre d’hébergement ou encore rue…) et la couverture des aides sociales connaît une baisse.  On notera que, la majorité des personnes rencontrées par le Secours catholique ne sont pas au chômage (62,5%) ; que 40% des accueilli.e.s avaient droit au RSA en 2016 et n’en ont pas fait la demande ; ou encore que le revenu mensuel médian des ménages reçus par l’association était de 548€.

Des inégalités héréditaires

Des inégalités héréditaires

 

 

Selon un rapport de Standard Life Investments, les nations avec les plus grandes inégalités de revenus ont tendance à être des pays dans lesquels la plus grande partie des avantages – mais surtout des désavantages économiques – est transmise par les parents à leurs enfants. Comme si les inégalités devenaient héréditaires. . Comme le démontre la recherche, les travailleurs sont souvent moins motivés et productifs, ce qui, associé aux niveaux d’inégalités très élevés, nuirait à la croissance économique du pays. Les futurs revenus des enfants seraient donc liés au statut social des parents. Cela favoriserait les inégalités dans les pays développés. Tout se jouerait donc dès la loterie des naissances. Ce qu’affirme le rapport publié mercredi par Standard Life Investments : il existerait une corrélation importante entre les revenus des parents et ceux de leurs enfants. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, mais aussi l’Italie et la France détiennent les coefficients  les plus importants. Toutefois, la relation existerait également -dans une moindre mesure – pour les économies scandinaves, en Australie, en Allemagne et au Canada.  Le coefficient d’inégalités se calcule en fonction de deux facteurs : l’inégalité des revenus sur une génération entière d’un pays et la mobilité économique intergénérationnelle – ou la différence de revenus entre des générations différentes On y retrouve également des pays comme la Suède, la Nouvelle-Zélande, ou encore le Japon : les pays les plus développés sont ceux où il existe les plus grandes inégalités. La première puissance mondiale paye cher son déclin industriel. Au pays de l’oncle Sam, les chercheurs se sont intéressés de près à trois décennies où les gains réels de revenus étaient les plus faibles. Ils ont étudié la proportion des trentenaires ayant gagné plus que leurs parents à cet âge, et ils ont constaté une forte tendance à la baisse : seulement 50% des enfants nés dans les années quatre-vingt ont gagné plus que leurs parents au même âge, contre près de 80% pour les enfants des années cinquante. Le Midwest américain reste l’une des zones les plus touchées : seulement 41% des enfants nés en 1984 ont gagné plus que leurs parents, contre 95% pour ceux nés en 1940.Mais le Royaume-Uni reste encore plus rigide socialement. Presque 50% des avantages économiques que les parents aisés détenaient sur les parents pauvres se transmettent à leurs enfants. Une étude de l’OCDE révèle également que la Grande-Bretagne fait partie des pays où les antécédents socio-économiques semblent avoir le plus d’impact sur la performance des élèves et des étudiants.

Inégalités : croissance mondiale trop faible

Inégalités : croissance mondiale trop faible

 

 

Croissance mondiale insuffisante pour réduire les « inégalités persistantes », a prévenu mercredi l’OCDE qui appelle les États à lancer des réformes pour y remédier. « Nous avons besoin d’une mondialisation qui inclut tout le monde, qui soit fondée sur des règles et au service de tous, qui soit axée sur le bien-être des populations », a affirmé le secrétaire général Angel Gurria lors de la présentation des perspectives économiques de l’organisation basée à Paris. L’organisation internationale a relevé de 3,3% à 3,5% ses prévisions pour la croissance mondiale cette année, par rapport à sa dernière publication en février, se félicitant de la reprise du commerce mondial l’année dernière, même s’il reste à des niveaux inférieurs à ceux de la crise. Elle a maintenu sans changement la prévision de croissance pour 2018 à 3,6%. « Cette amélioration cyclique, qui demeure modeste, n’est toujours pas assez robuste pour permettre une amélioration durable de la croissance ou pour réduire les inégalités persistantes », a estimé Catherine Mann, la cheffe économiste de l’OCDE. Le Premier ministre danois, Lars Rasmussen, qui préside cette année la réunion ministérielle de l’OCDE, a également lancé un appel pour que les États prennent en compte les victimes de la mondialisation. « Nous devons nous rendre compte que les défis de la mondialisation ont besoin d’une réponse à l’échelon national, non pas pour faire du protectionnisme, mais pour effectuer des réformes », a-t-il affirmé, plaidant notamment pour une meilleure formation professionnelle. « Il faut lancer des initiatives pour créer des emplois plutôt que de les préserver », a estimé Lars Rasmussen, qui a rappelé que « les entreprises au Danemark peuvent facilement embaucher et licencier des salariés », ce qui permet, à ses yeux, une meilleure adaptation aux besoins de l’économie.

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