Archive pour le Tag 'incohérente'

Une politique de rénovation thermique incohérente

Une politique de rénovation thermique incohérente

 

Le financier François Meunier souligne, dans une tribune au « Monde », les travers de la loi Climat et résilience du 22 août 2021 qui définit les « passoires thermiques » sur la base d’un diagnostic de performance énergétique biaisé, ce qui ne résout aucun problème.

 

Tribune. 

 

Malgré l’unanimité en faveur d’une rénovation thermique rapide et massive des logements, les mesures prises en août 2021, qui fixent les règles pour les années à venir pour les bailleurs, sont inadaptées. Basées sur le diagnostic de performance énergétique sans en corriger les biais, elles ratent une partie de leurs objectifs.

Entrepris en 2017, les travaux du plan de rénovation énergétique ont abouti à la loi Climat et résilience, promulguée le 22 août 2021, qui produit des effets pour tous les logements dont la classe, calculée par le diagnostic de performance énergétique (DPE), est jugée mauvaise. Pour les 12 millions de logements du parc locatif, les classes de DPE, exprimées en kWh/m2 et en CO2/m2, déterminent désormais un critère de « décence » qui conduira, pour les classes E à G, à les interdire à la location entre 2025 et 2035.

Effets sur les prix

La loi fixe les règles pour les treize années qui viennent pour environ 7 millions de logements locatifs jugés peu performants. L’impact économique, sensible, est en réalité instantané, avec une décote immédiate de l’appréciation, sur le long terme, de leur valeur (prix, rendement, etc.). Si la performance énergétique n’avait jusqu’alors que peu d’incidence sur les transactions comme sur les baux, elle a – et aura – désormais des effets sur les prix.

L’intérêt d’un texte général avec des échéances précises est évident. Toutefois, des problèmes de méthode contrecarrent l’ensemble du dispositif et en atténuent l’efficacité. Le changement de mode de calcul des classes du DPE, effectif depuis le 1er juillet 2021, a permis de mettre fin à une distorsion significative, qui subsistait depuis sa création il y a quinze ans, en neutralisant le facteur d’occupation du logement. Mais le DPE revu et corrigé comporte encore des biais méthodologiques majeurs.

Etabli exclusivement sur la base des paramètres physiques des logements, le « nouveau DPE » recèle encore deux vices essentiels ayant un impact substantiel. Le premier vice est autant politique que méthodologique : pour tous les logements chauffés à l’électricité, le classement est très majoritairement effectué sur la base du ratio kWh/m2, sans que le CO2/m2 ait une réelle influence sur le critère, désormais discriminant, de « décence ».

Pour l’électricité, on peut ainsi avoir une mauvaise classe énergétique F ou G, associée à une classe climatique favorable C voire B. Des « passoires thermiques » électriques donc peu émettrices en CO2, qui subiront des mesures d’interdiction à la location, avec toutes leurs conséquences économiques (valorisation, travaux à réaliser, rendement, etc.), selon un critère énergétique qui supplante le climatique.

 

Société- « L’écriture “inclusive”: Linguistiquement incohérente et socialement excluante

Société- « L’écriture “inclusive”: Linguistiquement  incohérente et socialement excluante

 

Le linguiste Bernard Cerquiglini explique dans le monde que l’écriture “inclusive” ne correspond pas à une féminisation de la langue française, et que son usage et son extension promettent de se révéler socialement excluants.

 

Tribune.

 

 On promeut d’ordinaire l’écriture « inclusive » en affirmant qu’elle prolonge une lutte récemment victorieuse : la féminisation des noms de métier. Comme cette dernière, elle contribuerait à la nécessaire présentation égalitaire des femmes et des hommes dans les énoncés, obtenue par un progrès de la langue. Leur différence profonde montre cependant combien l’écriture « inclusive », empreinte d’une louable intention, est une fâcheuse erreur.

La féminisation concerne une personne singulière. Le sexe de Mme Martin, traduit par le genre grammatical, détermine la forme féminine, aisément construite, de la profession qu’elle exerce. Durant des siècles, Mme Martin était boutonnière, estuveresse, marchande, comme elle fut écrivaine ou ambassadrice jusqu’au XVIIIe siècle.

Les professions ou fonctions « éminentes » ayant été fermées aux femmes, les formes féminines tombèrent en désuétude ou reçurent un emploi conjugal. Le mot « ambassadrice » est défini par la première édition (1694) du dictionnaire de l’Académie française comme « dame envoyée en ambassade » ; par la deuxième (1718) comme « la femme d’un ambassadeur ».

Quand les femmes obtinrent (tardivement) l’accès à ces professions, le féminin étant conjugalisé, on eut d’abord recours au masculin, au risque du barbarisme (« Mme l’ambassadeur » ; « L’ambassadeur est sortie ») ou de l’incongruité (« L’ambassadeur est enceinte »).

Des cas où expliciter la mixité est inutile voire inconvenant

En deux générations (tout de même ; et les polémiques furent violentes), l’affaire était réglée : le mouvement de féminisation, issu du Québec, était généralisé, le féminin devenu la norme pour des professions et fonctions occupées par des femmes (« L’ambassadrice représente son pays »), l’Académie française enfin convaincue, la langue rendue à son libre fonctionnement.

Cette lutte féministe avait servi et illustré la langue française. Tout autre est la question du pluriel. Quand un groupe humain est fait de femmes et d’hommes, il n’est point nécessaire, en général, d’en signaler la composition sexuelle : « Les Hollandais surveillent leurs digues » vaut pour toutes les personnes habitant les Pays-Bas.


Dans ce cas, expliciter la mixité est inutile, surprenant, voire inconvenant : « Les Hollandais et les Hollandaises surveillent leurs digues » laisse entendre que ce soin féminin n’était pas attendu. Que l’expression de la mixité soit requise ou souhaitée est à l’appréciation du locuteur (« Les Hollandais et les Hollandaises sont des adeptes de la musculation et partagent les tâches domestiques ») ; elle s’exprime avec les moyens de la langue, principalement par réduplication.

« L’écriture “inclusive”: Linguistiquement incohérente et socialement excluante

« L’écriture “inclusive”: Linguistiquement  incohérente et socialement excluante

 

Le linguiste Bernard Cerquiglini explique dans le monde que l’écriture “inclusive” ne correspond pas à une féminisation de la langue française, et que son usage et son extension promettent de se révéler socialement excluants.

 

Tribune.

 

 On promeut d’ordinaire l’écriture « inclusive » en affirmant qu’elle prolonge une lutte récemment victorieuse : la féminisation des noms de métier. Comme cette dernière, elle contribuerait à la nécessaire présentation égalitaire des femmes et des hommes dans les énoncés, obtenue par un progrès de la langue. Leur différence profonde montre cependant combien l’écriture « inclusive », empreinte d’une louable intention, est une fâcheuse erreur.

La féminisation concerne une personne singulière. Le sexe de Mme Martin, traduit par le genre grammatical, détermine la forme féminine, aisément construite, de la profession qu’elle exerce. Durant des siècles, Mme Martin était boutonnière, estuveresse, marchande, comme elle fut écrivaine ou ambassadrice jusqu’au XVIIIe siècle.

Les professions ou fonctions « éminentes » ayant été fermées aux femmes, les formes féminines tombèrent en désuétude ou reçurent un emploi conjugal. Le mot « ambassadrice » est défini par la première édition (1694) du dictionnaire de l’Académie française comme « dame envoyée en ambassade » ; par la deuxième (1718) comme « la femme d’un ambassadeur ».

Quand les femmes obtinrent (tardivement) l’accès à ces professions, le féminin étant conjugalisé, on eut d’abord recours au masculin, au risque du barbarisme (« Mme l’ambassadeur » ; « L’ambassadeur est sortie ») ou de l’incongruité (« L’ambassadeur est enceinte »).

Des cas où expliciter la mixité est inutile voire inconvenant

En deux générations (tout de même ; et les polémiques furent violentes), l’affaire était réglée : le mouvement de féminisation, issu du Québec, était généralisé, le féminin devenu la norme pour des professions et fonctions occupées par des femmes (« L’ambassadrice représente son pays »), l’Académie française enfin convaincue, la langue rendue à son libre fonctionnement.

Cette lutte féministe avait servi et illustré la langue française. Tout autre est la question du pluriel. Quand un groupe humain est fait de femmes et d’hommes, il n’est point nécessaire, en général, d’en signaler la composition sexuelle : « Les Hollandais surveillent leurs digues » vaut pour toutes les personnes habitant les Pays-Bas.


Dans ce cas, expliciter la mixité est inutile, surprenant, voire inconvenant : « Les Hollandais et les Hollandaises surveillent leurs digues » laisse entendre que ce soin féminin n’était pas attendu. Que l’expression de la mixité soit requise ou souhaitée est à l’appréciation du locuteur (« Les Hollandais et les Hollandaises sont des adeptes de la musculation et partagent les tâches domestiques ») ; elle s’exprime avec les moyens de la langue, principalement par réduplication.

Dépistage du Covid-19 : une stratégie incohérente

Dépistage du Covid-19 : une stratégie incohérente

Pour contrôler l’épidémie, il faut chercher systématiquement les porteurs du virus en testant massivement la population, plutôt que cibler les « clusters » comme le font les autorités françaises, explique l’épidémiologiste Catherine Hill dans une tribune au Monde.

Tribune.

 

Les autorités françaises ont enfin compris que le port du masque est utile, mais l’essentiel, à savoir l’identification rapide et généralisée des porteurs du virus par test PCR, n’est toujours pas à l’ordre du jour. La plupart des personnes infectées ne sont contagieuses que pendant une dizaine de jours ; pour réduire la transmission du virus, il faut donc les trouver dans cette période et les isoler.

Au lieu de chercher systématiquement les porteurs de virus, les autorités sont actuellement concentrées sur les foyers. Un foyer (ou cluster) est défini comme « la survenue d’au moins trois cas confirmés ou probables, dans une période de sept jours, et qui appartiennent à une même communauté ou ont participé à un même rassemblement de personnes, qu’ils se connaissent ou non ».

On voit bien qu’une partie de la circulation du virus échappe à cette surveillance : une personne contagieuse qui se déplace peut contaminer d’autres personnes ici où là, sans que ces contaminations correspondent à un foyer identifiable. C’est d’ailleurs pour cela que les foyers identifiés rassemblent des personnes repérables par leur appartenance à un groupe : rassemblements familiaux, entreprises privées et publiques, établissements de santé…

Le nombre de cas connus, la proportion de tests positifs, le taux d’incidence de la maladie et le nombre de reproduction effectif du virus sont des indicateurs calculés à partir du nombre de tests PCR positifs. Ils dépendent donc de la stratégie de test : si on teste plus largement la population, le nombre de cas cliniques connus et le nombre de tests positifs augmentent, mais la proportion de tests positifs diminue. Au début de l’épidémie en France, environ un tiers des tests étaient positifs, alors qu’aujourd’hui 2,5 % des tests sont positifs. Pour contrôler l’épidémie, il faut tester suffisamment pour que la proportion de tests positifs devienne très faible.

Le taux d’incidence, défini comme le nombre de personnes testées positives rapporté au nombre d’habitants, dépend aussi beaucoup de la proportion de la population testée. Cet indicateur n’estime l’incidence de la maladie, c’est-à-dire la fréquence des nouveaux cas dans la population, que si on teste un échantillon représentatif de la population. En dehors de cette situation, il n’est pas vraiment utile.

Enfin, le nombre de reproduction du moment est estimé à partir d’un modèle mathématique sur la base du nombre de tests positifs par semaine, il dépend donc lui aussi de l’intensité du dépistage par test PCR. Pour mesurer directement l’intensité du dépistage, on peut calculer la proportion de la population testée par PCR. Du 6 au 12 août, on a testé 610 000 personnes, donc moins de 1 habitant sur 100.

 

 




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