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Inflation : impossible à combattre ?

Inflation : impossible à combattre ?

 

Dans un papier de l‘Opinion, Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane donne son avis sur la possibilité de combattre l’inflation. Pour lui il apparaît clairement qu’on ne peut totalement la compenser mais l’amortir un peu surtout pour les plus défavorisés.( Par parenthèse pas vraiment l’orientation retenue par le gouvernement concernant l’importante dépense de carburant dont les ristournes profiteront à tous).Bref pour résumer l’inflation ne peut pas être compensée totalement loin s’en faut et ce sont les ménages qui vont l’amortir avec une baisse de pouvoir d’achat

L’inflation, principalement portée par les prix de l’énergie et de l’alimentation, a accéléré en juin de 5,8 % sur un an, selon l’Insee, qui s’attend à une progression d’«un peu moins de 7 % en septembre».

« L’impact direct de tout ce qui est prix de l’alimentation et prix de l’énergie, ça représente 70 à 80 % de l’inflation qu’on a sur un an, analyse Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane. Ça c’est l’impact direct, et en plus, on a un impact indirect. C’est-à-dire que l’on sait que quand il y a des chocs sur les prix des matières premières, de l’énergie, ça va se diffuser sur d’autres secteurs, en particulier, par exemple, sur les prix des billets d’avion. On sait que quand les prix agricoles montent, ça va se diffuser dans les prix des restaurants. »

Les tensions sur les chaînes d’approvisionnement dues à la crise de la Covid-19 se sont accentuées avec la guerre en Ukraine, tirant un peu plus les prix à la hausse. La dépréciation de l’euro face au dollar augmente le coût des importations et participe également à cette hausse généralisée des prix.

« L‘euro a baissé d’à peu près 10 % par rapport au dollar, donc on va dire que ça représente 0,5 point d’inflation en plus, commente Frédéric Pretet. Donc c’est plutôt marginal dans le +8 % d’inflation qu’on a en Europe mais ça contribue aussi à cette inflation qui surprend à la hausse mois après mois. »

Ces augmentations des prix devraient se poursuivre dans les mois à venir. Frédéric Pretet : « On s’attend à ce que sur l’été, on ait encore des chiffres de l’inflation qui grimpent. C’est aussi, par exemple, les estimations de l’Insee pour la France. Donc on a une inflation qui devrait, normalement, toucher son pic sur le mois de septembre. Donc sur l’Europe, on est à 8,6 %, on sera peut-être plutôt au-dessus de 9 %. Sur la France, ça va aussi continuer de se tendre. Mais ça dépend évidemment beaucoup de l’environnement sur les matières premières puisque comme je vous le disais, c’est quand même le facteur qui est le plus important sur la dynamique de l’inflation, au moins à court terme. »

Pour y faire face, le gouvernement souhaite adopter une série de mesures pour protéger le pouvoir d’achat des Français : création d’une «indemnité carburant travailleur», chèque alimentation, augmentation des minima sociaux, des retraites de base…

Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane : « Pour compenser complètement, il faudrait, en gros, geler toutes les hausses de prix dans tous les secteurs. Ce n’est pas, évidemment, le but du gouvernement dans son paquet pouvoir d’achat d’aller jusque-là. On a eu quand même, dans certains secteurs, un gel des prix. Par exemple, sur la France, c’est les prix du gaz. On a eu des hausses l’été dernier jusqu’au mois de septembre, et à partir du mois d’octobre, le gouvernement a décidé de geler les prix du gaz. Donc là-dessus, on peut dire que c’est efficace.

Mais on le voit sur les prix à la pompe, on est plutôt dans une logique d’amortir la hausse plutôt que de complètement compenser la hausse des prix de l’énergie. Sur l’alimentation c’est pareil, on envoie des chèques qui sont très importants, en particulier pour protéger les classes les plus défavorisées, celles qui ont les plus petits salaires et donc du coup qui sont les plus exposées au risque inflation et donc c’est très ciblé pour essayer de compenser au maximum sur ces catégories sociales. Mais d’un point de vue macroéconomique, pour l’ensemble des ménages, évidemment, on ne compense pas complètement cette hausse des prix, on essaie de l’amortir mais ce n’est pas une compensation totale.

Par contre, on voit quand même que la France est dans les pays qui font le plus. Si je regarde par exemple les prix de l’énergie en France, ils ont fortement progressé, autour de 30 % de hausse au mois de juin par rapport à ce qu’ils étaient l’année d’avant. Mais sur l’Europe on est plutôt au-dessus de 40 %. Donc il y a un écart, il y a un amortissement qui s’est fait par la politique du gouvernement français. Cet amortissement, cet écart entre 30 et 40 %, c’est l’équivalent d’un point d’inflation. Parce que l’inflation française, qui est autour de 6,5 % (Eurostat), serait plutôt à 7,5 %. Donc finalement beaucoup plus proche de l’inflation européenne à 8,6 % que ce qu’elle est aujourd’hui si le gouvernement n’avait pas mis en place toutes ces mesures pour, en tout cas, amortir ce choc énergétique, ce choc inflationniste. »

De son côté, la Banque centrale européenne a annoncé qu’elle allait durcir sa politique monétaire pour tenter de contenir l’inflation. Mais cette hausse des taux ne serait pas sans risque pour les finances publiques de la France.

Frédéric Pretet : « A partir du moment où les taux d’intérêt remontent, la charge de la dette va commencer à s’amplifier donc ça va être un facteur qu’il va falloir prendre en compte. Alors l’impact n’est pas immédiat, il se trouve que la France est un pays qui emprunte sur des maturités autour de 7 ans. Donc vous voyez que c’est plutôt dans 7 ans qu’on subira complètement l’impact des taux. Donc il y a une espèce d’inertie dans la charge d’intérêt qui est plutôt progressive.

Donc ça veut dire qu’il faut faire attention, il n’y a pas un risque immédiat sur les finances publiques de la France, mais il y a un risque qui, peut-être, s’amplifie. Et donc c’est pour ça que le gouvernement est dans une stratégie avec moins de «quoi qu’il en coûte», on essaie de cibler sa politique, en particulier pour amortir le choc énergétique et c’est pour ça qu’on le cible sur les catégories sociales les plus fragiles, et qu’on ne peut pas complètement compenser parce qu’on n’a plus les moyens de compenser complètement ce genre de choc. »

Après les législatives, un pays impossible à gouverner ( Jérôme Fourquet)

Après les législatives, un pays impossible à gouverner ( Jérôme Fourquet)

 Poussée de l’extrême gauche, anti-macronisme, hausse des prix… Quand il ne choisit pas l’abstention, l’électeur vote majoritairement pour les partis qui garantissent une dépense publique élevée et transforment l’État en guichet d’aides en tout genre, décrypte l’essayiste.

Avec L’Archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée (Seuil), publié en 2019, puis La France sous nos yeux. Économie, paysages, nouveaux modes de vie (Le Seuil), coécrit avec Jean-Laurent Cassely et publié l’année dernière, Jérôme Fourquet est devenu le plus lu des analystes contemporains de la dissolution du lien politique. Le directeur du département Opinion de l’Ifop regarde la carte de France des élections, scrutin après scrutin. Elle confirme à chaque fois la fragmentation des forces politiques et la montée de l’abstention. Même les blocs auxquels chacun se réfère par commodité ne sont que des coalitions fragiles autour d’un chef plus que d’un parti.

 

 

Un réaménagement impossible de dettes des pays en développement ?

Un  réaménagement impossible de dettes des pays en développement 

 

Pierre Cailleteau et Thomas Lambert, associés de Lazard Frères, analysent, dans une tribune au « Monde », les défis de la restructuration de la dette souveraine, en se concentrant sur la question de la comparabilité du traitement entre les différents créanciers, les autres gouvernements et les créanciers commerciaux.

 

Un papier intéressant d’autant que la montée de l’inflation risque de plonger de nouveaux pays dans une dette ingérable. Et pour ces pays s’ajoutera le risque de dérive démocratique au risque de défaut. La grande question et celle de la soutenabilité financière bien sûr mais aussi sociale et économique de la gestion de l’endettement NDLR

 

La prolifération des situations de détresse financière parmi les pays en développement a mis à l’épreuve le système collectif d’allègement des dettes publiques. Un meilleur équilibre doit être trouvé entre trois objectifs concurrents : accélérer les renégociations de dette, alléger substantiellement le fardeau des Etats, et assurer un traitement équitable de tous les créanciers. Ce traitement équitable, appelé « comparabilité de traitement », doit être rendu plus clair et explicite.

La succession de crises depuis la grande crise financière de 2007-2008 a fait augmenter les dettes publiques d’une manière inédite hors temps de guerre. Les pays avancés, qui bénéficient de banques centrales crédibles, ont pu éviter, à ce jour, les symptômes alarmants de la détresse financière : affectation d’une part considérable du budget à la charge d’intérêts ; incapacité à refinancer la dette à des conditions abordables…

Les pays en développement n’ont pas eu cette chance. Les signes de détresse se multiplient depuis deux ans, et s’accélèrent depuis quelques mois. L’Argentine, l’Equateur, le Liban, le Tchad, l’Ethiopie, le Suriname, la Zambie… et maintenant le Sri Lanka ont dû se résigner à négocier avec leurs créanciers pour alléger le fardeau de leur dette.

Ce processus de réaménagement de dettes repose sur un équilibre délicat : il faut que les dettes soient aisément renégociables pour ne pas condamner des Etats à une cruelle agonie financière ; mais pas trop aisément pour ne pas encourager des réductions de dette « capricieuses » qui rendraient le financement futur de ces économies inutilement onéreux.

La communauté internationale, sous l’égide du G20, a pris en 2020 une initiative très importante : le « cadre commun pour les traitements de dette », s’appuyant sur l’infrastructure analytique et logistique du Club de Paris, ce groupe informel de pays, occidentaux pour l’essentiel, qui orchestrent depuis plus de soixante ans les négociations de dette des pays en développement.

Les nouveaux créanciers publics majeurs que sont la Chine et, dans une moindre mesure, l’Inde et l’Arabie saoudite y participent également. Le « cadre commun » était censé rendre possible et accélérer les processus de renégociation de dettes, après deux décennies durant lesquelles ces nouvelles puissances émergentes ont massivement prêté aux pays en développement, particulièrement en Afrique.

En 2022, ce processus est mis en échec. Aucun cas avéré de succès de restructurations selon le « cadre commun » n’est répertorié à ce jour. Le processus est long et tortueux, malgré l’énergie déployée par le Trésor français qui préside le Club de Paris depuis son origine.

Retraites: une réforme impossible ?

 

Pascale Coton, vice-présidente de la CFTC, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, ainsi que l’économiste Patrick Artus et le politologue Jérôme Fourquet ont confronté leurs points de vue dans « le Monde », alors que la bataille contre la réforme voulue par Emmanuel Macron est déjà engagée.

 

Geoffroy Roux de Bézieux : Le président de la République a eu raison d’annoncer la couleur pendant la campagne présidentielle : il va falloir travailler plus longtemps, jusqu’à 64 ans ou 65 ans. J’ai toujours pensé que la réforme précédente avait échoué parce qu’elle n’avait pas été détaillée pendant la campagne de 2007. Là, les choses sont dites : le président de la République a, selon moi, la légitimité pour faire aboutir ce chantier.

Jérôme Fourquet : Je serais moins affirmatif que Geoffroy Roux de Bézieux. Depuis vingt ans, les Français sont très réticents à l’idée d’allonger la durée de la vie active. La seule catégorie de la population massivement acquise au report de l’âge du départ à la retraite, ce sont les retraités, qui traditionnellement votent à droite. Le basculement d’une partie de l’électorat de droite vers Emmanuel Macron est vraisemblablement lié à son annonce sur les retraites. Mais ce sera très compliqué de faire passer la pilule auprès du reste des électeurs, même si le sujet du financement de la dépendance engendre une réelle angoisse.

Pascale Coton : La façon dont le sujet est posé est très irritante. A chaque fois qu’un problème budgétaire se présente, on nous explique qu’il va falloir travailler plus longtemps. Les salariés ne veulent plus entendre cela. Ce qu’ils demandent, c’est de pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Ils veulent également que les inégalités existantes soient corrigées. Par exemple, est-il normal que les femmes à bas salaires doivent travailler jusqu’à 67 ans pour bénéficier d’une retraite complète ? Une réforme des retraites digne de ce nom doit prendre en compte tous ces aspects.

G.R.B : Un pays qui dépense beaucoup a besoin de beaucoup de travail pour financer son modèle. L’idéal serait d’augmenter notre taux d’emploi pour nous rapprocher de celui de l’Allemagne, mais cela prendra du temps. En attendant, le plus efficace est d’allonger la durée de la vie active.

Patrick Artus : Aucune économie n’est possible en France, sauf sur les retraites. Quand on compare l’écart de la dépense publique avec l’Allemagne, on trouve ceci : 1,5 point de produit intérieur brut (PIB) au titre des d’aides de l’Etat aux entreprises, 1 point de PIB pour financer la politique familiale, 1 point de PIB pour les dépenses militaires, 0,5 point de PIB pour la culture. Tous ces postes sont intouchables. Il reste quatre points de PIB sur les retraites, qui constituent la seule marge de manœuvre.

J.F. : Un leitmotiv revient dans toutes les enquêtes que nous menons : qu’est-ce qui garantit que l’employeur gardera les salariés jusqu’à 63 ou 64 ans, étant donné que c’est souvent la chasse aux seniors et la placardisation dans les entreprises ?

G.R.B. : Il faut regarder ce qui se passe dans les pays d’Europe du Nord, qui ont mis en place des systèmes de retraite progressive. Il faut que les salariés acceptent de se dire que les deux dernières années seront moins bien payées, avec moins de responsabilités qu’en pleine carrière.

P.C. : Après trente ans de travail dans une entreprise, si on demande à un salarié de régresser de cadre à salarié moyen, ce n’est pas très sympathique. C’est très déstabilisant !

G.R.B. : Du point de vue managérial, je ne vois pas comment on peut garder des gens plus longtemps aux mêmes fonctions et responsabilités. Le salaire est un autre sujet. Une partie peut être prise en charge par le système de retraite. Je parle de l’aspect hiérarchique et du management des postes. Si tout le monde reste à son poste éternellement, il y a un problème.

Retraites : la réforme impossible ?

Retraites : la réforme impossible ?

Pascale Coton, vice-présidente de la CFTC, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, ainsi que l’économiste Patrick Artus et le politologue Jérôme Fourquet ont confronté leurs points de vue dans « le Monde », alors que la bataille contre la réforme voulue par Emmanuel Macron est déjà engagée.

 

 

Geoffroy Roux de Bézieux : Le président de la République a eu raison d’annoncer la couleur pendant la campagne présidentielle : il va falloir travailler plus longtemps, jusqu’à 64 ans ou 65 ans. J’ai toujours pensé que la réforme précédente avait échoué parce qu’elle n’avait pas été détaillée pendant la campagne de 2007. Là, les choses sont dites : le président de la République a, selon moi, la légitimité pour faire aboutir ce chantier.

Jérôme Fourquet : Je serais moins affirmatif que Geoffroy Roux de Bézieux. Depuis vingt ans, les Français sont très réticents à l’idée d’allonger la durée de la vie active. La seule catégorie de la population massivement acquise au report de l’âge du départ à la retraite, ce sont les retraités, qui traditionnellement votent à droite. Le basculement d’une partie de l’électorat de droite vers Emmanuel Macron est vraisemblablement lié à son annonce sur les retraites. Mais ce sera très compliqué de faire passer la pilule auprès du reste des électeurs, même si le sujet du financement de la dépendance engendre une réelle angoisse.

Pascale Coton : La façon dont le sujet est posé est très irritante. A chaque fois qu’un problème budgétaire se présente, on nous explique qu’il va falloir travailler plus longtemps. Les salariés ne veulent plus entendre cela. Ce qu’ils demandent, c’est de pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Ils veulent également que les inégalités existantes soient corrigées. Par exemple, est-il normal que les femmes à bas salaires doivent travailler jusqu’à 67 ans pour bénéficier d’une retraite complète ? Une réforme des retraites digne de ce nom doit prendre en compte tous ces aspects.

G.R.B : Un pays qui dépense beaucoup a besoin de beaucoup de travail pour financer son modèle. L’idéal serait d’augmenter notre taux d’emploi pour nous rapprocher de celui de l’Allemagne, mais cela prendra du temps. En attendant, le plus efficace est d’allonger la durée de la vie active.

Patrick Artus : Aucune économie n’est possible en France, sauf sur les retraites. Quand on compare l’écart de la dépense publique avec l’Allemagne, on trouve ceci : 1,5 point de produit intérieur brut (PIB) au titre des d’aides de l’Etat aux entreprises, 1 point de PIB pour financer la politique familiale, 1 point de PIB pour les dépenses militaires, 0,5 point de PIB pour la culture. Tous ces postes sont intouchables. Il reste quatre points de PIB sur les retraites, qui constituent la seule marge de manœuvre.

J.F. : Un leitmotiv revient dans toutes les enquêtes que nous menons : qu’est-ce qui garantit que l’employeur gardera les salariés jusqu’à 63 ou 64 ans, étant donné que c’est souvent la chasse aux seniors et la placardisation dans les entreprises ?

G.R.B. : Il faut regarder ce qui se passe dans les pays d’Europe du Nord, qui ont mis en place des systèmes de retraite progressive. Il faut que les salariés acceptent de se dire que les deux dernières années seront moins bien payées, avec moins de responsabilités qu’en pleine carrière.

P.C. : Après trente ans de travail dans une entreprise, si on demande à un salarié de régresser de cadre à salarié moyen, ce n’est pas très sympathique. C’est très déstabilisant !

G.R.B. : Du point de vue managérial, je ne vois pas comment on peut garder des gens plus longtemps aux mêmes fonctions et responsabilités. Le salaire est un autre sujet. Une partie peut être prise en charge par le système de retraite. Je parle de l’aspect hiérarchique et du management des postes. Si tout le monde reste à son poste éternellement, il y a un problème.

« L’union des gauches est impossible » ( Manuel Valls)

« L’union des gauches est impossible » ( Manuel Walls)

L’ancien premier ministre Manuel Valls considère que les différents courants de la gauche sont complètement irréconciliables et qu’ils sont en pleine impasse politique. Une impasse historique tellement les points de vue sont différents mais aussi souvent complètement opposés.

Manuel Valls condamne aussi la candidature de Christiane Taubira qui ne fait qu’ajouter de la confusion à la confusion. Une démarche qualifiée de ridicule par l’ancien premier ministre.

Pour Manuel Valls, les propositions des candidats de gauche sont «tellement éloignées les unes des autres», que «l’union est factice et impossible». Pour lui, toutes les tentatives de rapprochement sont illusoires, hypocrites et contre-productives. Les contradictions les plus fortes concernent le champ sociétal car

la gauche «s’est fourvoyée sur la question identitaire», car «elle a pensé que cette question était taboue, qu’il ne fallait pas la traiter», et n’aurait donc pas compris que «la question de l’islam, de l’islamisme dans nos quartiers, était une question tout à fait fondamentale». La gauche aurait également échoué selon lui à se saisir de la question de «l’inégale répartition des richesses». Pour Manuel Valls, «elle a perdu toute crédibilité [...] à la fois sur les questions sociales et sur les questions identitaires».

Des PME fortes comme en Allemagne : modèle impossible?

Des PME fortes comme en Allemagne : modèle impossible?

 

Le vaste réseau de PME allemandes est un concept entrepreneurial spécifique, inséré dans le modèle économique et sociétal de l’Allemagne. S’en inspirer dans le but d’égaler ses performances économiques semble illusoire, estime l’économiste Petra Bleuel dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

 

Dans un contexte de crise et de difficultés économiques, la tentation est grande de vouloir imiter les modèles des pays les plus compétitifs. L’Allemagne paraît s’en sortir mieux que la France en termes de produit intérieur brut, de déficit public, de taux de chômage et de performances à l’exportation. En effet, la colonne vertébrale de l’industrie allemande est formée par les grandes entreprises et un réseau très vaste de petites et moyennes entreprises, le Mittelstand, régulièrement présenté comme la force et la spécificité de l’économie allemande. Ainsi, selon les préconisations récurrentes de certains commentateurs économiques, il suffirait de s’inspirer du modèle allemand et du Mittelstand pour créer un tissu d’entreprises comparable à celui des entreprises allemandes et afficher les mêmes performances économiques qu’outre-Rhin. Si la solution proposée paraît simple de prime abord, sa mise en œuvre semble beaucoup plus compliquée, voire irréalisable.

Un acteur majeur du marché mondial

Le Mittelstand est majoritairement composé d’entreprises de moins de 500 salariés. On lui confère un rôle important dans le processus d’innovation, dans la création et la stabilité de l’emploi, mais il est également vu comme un acteur majeur sur le marché mondial. A titre de comparaison, en 2019, on répertorie en Allemagne 479 596 entreprises moyennes (de 50 à 249 employés) et 19 360 « grandes » entreprises (plus de 249 employés), contre respectivement 148 078 et 6 003 en France. Au total, les entreprises allemandes affichent un chiffre d’affaires plus important, emploient plus de salariés et ont de meilleurs résultats à l’export que les entreprises françaises.


Forte est alors la tentation de vouloir créer un Mittelstand français, qui serait composé de PME plus grandes et plus internationales. L’ennui est que le Mittelstand est un concept entrepreneurial spécifiquement allemand, inséré dans le modèle économique et sociétal de la société allemande, et pas seulement une catégorie d’entreprises statistiquement identifiable. La direction de l’entreprise, l’indépendance économique, la propriété détenue par la famille, un fort attachement au territoire ainsi qu’une culture entrepreneuriale forgée historiquement par la société allemande en sont les caractéristiques essentielles.

Soutien du gouvernement et des Länder

Ces entreprises placent l’individu au cœur de leurs préoccupations. Les décisions sont toujours collectives, les hiérarchies plates accordant une large place au partage des responsabilités. La responsabilité sociale des entreprises est une réalité appliquée et non un produit marketing. Elles mettent en place des stratégies de long terme, puisque les lois allemandes facilitent la transmission aux générations suivantes ; elles ont l’international et la coopération interentreprises dans le « sang ». C’est pour cela qu’on trouve dans le contingent du Mittelstand des PME, mais également des sociétés comme Kärcher – bien connue du consommateur français – ou Stihl.

Fraude sociale: impossible de la quantifier ?

Fraude sociale: impossible de la quantifier ?

 

Lors du débat avec Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour a affirmé que la fraude sociale atteignait 50 milliards par an. Des chiffres impossibles à vérifier ; par définition, la fraude s’intégre difficilement dans une démarche statistique officielle.

Ce qui est certain par contre c’est que toute la protection sociale représente bien environ 750 milliards. Restent les plus grandes incertitudes vis-à-vis des malversations concernant le chômage, la sécurité sociale, les autres aides par exemple au handicap. La Cour des Comptes avait chiffré cette fraude sociale un peu au doigt mouillé en indiquant un coup de l’ordre de 1 milliard. M

ais on peut tout aussi bien avancer le chiffre de 20 ou de 50 milliards. Les parlementaires Nathalie Goulet et Carole Grandjean ont déploré en 2019 que « si le chiffrage de la fraude aux prestations sociales est difficile à estimer, chacun s’accordera à partager qu’elle est largement sous-estimée du fait de son caractère dissimulé ». 

 

« Le débat entre Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV jeudi soir a donné lieu à un vif échange sur l’ampleur de la fraude aux prestations sociales. “Il faudrait que la solidarité nationale soit de nouveau nationale, et que nous ne donnions plus les allocations logements, les allocations familiales, le RSA aux étrangers. Il faut le limiter aux Français, ça nous réduira considérablement nos charges sociales. Sans compter la fraude sociale, qui est évaluée vous savez par le magistrat Charles Prats à 50 milliards d’euros”, a affirmé le polémiste Eric Zemmour, candidat hypothétique à l’élection présidentielle de 2022. Le problème c’est sans doute que la fraude aux prestations sociales ne concerne pas seulement certains étrangers mais une partie non négligeable de la société.

 

Afghanistan : mission impossible

Afghanistan : mission impossible

L’historien de la gauche américaine Michael Kazin estime, dans un entretien au « Monde », que le retrait américain d’Afghanistan devrait être l’occasion de mettre fin à l’illusion impériale aux Etats-Unis.

 

Michael Kazin est professeur d’histoire à l’université Georgetown, à Washington. Il est également rédacteur en chef émérite de Dissent, revue de la gauche critique. Il est généralement reconnu comme l’un des plus grands historiens de la gauche américaine. En mars 2022, il publiera aux Etats-Unis What It Took to Win : A History of the Democratic Party (« ce qu’il a fallu pour l’emporter : une histoire du parti démocrate », Farrar, Straus and Giroux), dans lequel il revient sur près de deux cents ans d’histoire du parti aujourd’hui dirigé par Joe Biden. Auteur de nombreux ouvrages, Michael Kazin a notamment dirigé The Princeton Encyclopedia of American Political History (Princeton University Press, 2010). Il collabore régulièrement avec The New York Times, The Washington Post et Foreign Affairs.

Que pensez-vous de la façon dont se déroule le retrait des troupes américaines d’Afghanistan ?

Le chaos s’est emparé de cette opération. L’attentat-suicide du 26 août, commis par l’organisation Etat islamique à l’aéroport de Kaboul, coûtant la vie à près de 100 personnes dont 13 soldats américains, a été un soudain et douloureux rappel pour nombre de mes concitoyens qui croyaient que ce genre d’attaque était chose du passé.

Mais, au-delà de cet événement sanglant, Joe Biden devrait s’excuser d’avoir aussi mal préparé le retrait de nos troupes et l’évacuation plutôt que de rester sur la défensive. Au cours de la conférence de presse qu’il a accordée jeudi, après l’attaque, le président américain a exprimé autant sa peine que sa colère. Mais il s’est abstenu d’en dire davantage, ce qui était peut-être prévisible étant donné le contexte. Il était sans doute trop tôt après un événement qui a choqué l’opinion. Ce type d’action terroriste était néanmoins prévisible. Le public n’y avait pas été préparé. Là aussi, il s’agit d’une erreur.

 

C’est pourquoi je crois que M. Biden ferait bien de reconnaître que la conduite générale du retrait de nos troupes n’était pas à la hauteur. Les Américains seront sensibles à ce geste. Bill Clinton s’est excusé en 1998 lorsqu’il a admis qu’il avait eu une relation avec Monica Lewinsky. En 1961, John F. Kennedy a également cherché à faire amende honorable après le débarquement raté dans la baie des Cochons à Cuba [des exilés cubains soutenus par les Américains avaient alors tenté d’envahir l’île, mais l’opération a tourné au fiasco]. JFK regarda les choses en face et concéda ouvertement qu’il s’agissait d’un échec. Je crois que s’excuser est une bonne chose, tant sur le plan moral que politique.

COVID-19: L’IMMUNITÉ COLLECTIVE IMPOSSIBLE EN 2021

COVID-19: L’IMMUNITÉ COLLECTIVE IMPOSSIBLE EN 2021

Compte tenu de l’arrivée de nouveaux variants, l’ immunité collectives visée par les experts sera sans doute impossible à atteindre la fin de l’année en France. Fixé à 60% à la fin 2020, ce taux a grimpé jusqu’à 80% pour être de nouveau relevé à 90% ces dernières semaines.

Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, qui évoquait début août la possibilité d’atteindre ces fameux 90% d’ici le début de l’automne, ne cache d’ailleurs plus ses doutes quant à notre capacité d’atteindre ce cap:

« La vision que l’on peut avoir de l’immunité de groupe aujourd’hui n’est malheureusement pas celle d’il y a dix-huit ou même six mois » a estimé le « Monsieur Vaccin » du gouvernement dans les colonnes du Journal du dimanche.

Passe sanitaire : débat surréaliste car le contrôle est impossible

Passe sanitaire : débat surréaliste car le contrôle est impossible

 

 

Le débat en France sur le problème du pass sanitaire prend de plus en plus un caractère surréaliste. En effet on ne cesse de multiplier les conditions d’application selon les lieux, le nombre de personnes, la nature de l’activité de sorte qu’il est difficile comprendre quelque chose.

Mais la principale faiblesse du pass c’est pratiquement l’impossibilité dans de nombreux cas de le contrôler sérieusement. Certes il sera difficile de présenter des pass trafiqués par contre on pourra aisément présenter un pass appartenant à une autre personne puisque l’identité elle-même ne sera pas contrôlée. On voit mal comment il pourrait en être autrement en particulier dans les manifestations de masse notamment sportive ou de loisirs. Tout ce cirque en fait  pour n’avoir pas à déclarer officiellement la vaccination obligatoire pour tous avec évidemment un délai qui imposerait par exemple la vaccination d’ici la fin de l’année. Bref un débat de sophiste, d’incompétents qui caractérise aussi la lâcheté des pouvoirs publics.

2022 : « équation compliquée pour Marine Le Pen mais pas impossible ( Jean-Yves Camus)

2022 :  » équation compliquée pour Marine Le Pen mais pas impossible ( Jean-Yves Camus)

Jean-Yves Camus, co-directeur de l’Observatoire des radicalités politiques, estime que Marine Le Pen devra « convaincre les électeurs qui sont restés chez eux » à voter pour l’élection présidentielle.(Interview France Info)

 

 

franceinfo : Marine Le Pen dit qu’elle ne reviendra pas au Front national. Mais y-a-t-il une véritable évolution alors qu’elle aborde toujours les mêmes thèmes ?

Jean-Yves Camus : On ne change pas une formule qui gagne. Il y a plusieurs manières de formuler ces thèmes et c’est vrai qu’il y a des différences notables entre la façon qu’utilisait Jean-Marie Le Pen et celle que, dès 2011, Marine Le Pen a entendu mettre en œuvre au sein de sa formation. Par exemple, ce refus des provocations répétées qui avaient rendu impossible tout élargissement du Front national, même si aux élections législatives de 1986, Jean-Marie Le Pen avait réussi à faire venir un certain nombre de transfuges de la droite d’alors qui se sont éloignés très très vite avec, en 1987, sa fameuse déclaration comparant la Shoah à un détail de l’Histoire. Toujours est-il que Marine Le Pen a reparlé d’immigration, dans des termes extrêmement clairs en annonçant ce référendum dont elle entend faire la priorité des débuts de son quinquennat, en rappelant aussi que « nous ne mettrons jamais un genou à terre » – référence aux manifestations qui ont suivi le mouvement Black Lives Matter, y compris en France – c’est l’expression du refus de toute repentance. Marine Le Pen, en mettant le sujet de l’immigration en avant, essaie de le faire sans outrance, de façon à ne pas dresser contre elle autant de monde que son père avait contre lui.

Le Rassemblement national poursuit donc sa dédiabolisation. Comment qualifier ce parti aujourd’hui ?

Il y a une chose qui est intéressante, c’est cette charte que le RN a signé vendredi avec le parti de Viktor Orbán, Premier ministre hongrois, et celui au pouvoir en Pologne représenté par Jaroslaw Kaczynski. Tous les deux se réclament de la démocratie libérale. Ces partis acceptent le jeu de la démocratie, ils entendent bien arriver au pouvoir par les urnes, pas par une forme de révolution violente ni par la pression de la rue. Mais pour autant cette démocratie n’est pas la démocratie libérale traditionnelle. Les conceptions du peuple, de la Nation, des libertés publiques, diffèrent de celles qui sont en vigueur actuellement en Europe. Je crois qu’on doit réfléchir à l’utilisation du terme « extrême droite » parce qu’il renvoie inévitablement à ce qu’étaient ces partis il y a 30 ou 40 ans, à l’extrême droite traditionnelle avec évidemment en point d’orgue le fascisme et le national-socialisme. A l’époque de Jean-Marie Le Pen, beaucoup de gens parmi les opposants au FN n’hésitaient pas à dire que ce parti était fasciste, voire nazi, or, c’est évidemment une ligne qui est intenable aujourd’hui. Cela n’empêche que sur un certain nombre de points, que ce soit la question du droit du sol versus le droit du sang, la question de l’immigration, les questions sur la société multiculturelle, il y a des oppositions qui sont frontales entre l’immense majorité du spectre politique, de gauche comme de droite et le Rassemblement national. C’est une autre sorte de clivage.

Comment le RN va-t-il séduire un nouvel électorat pour la présidentielle, tout en conservant sa base traditionnelle ?

Il va d’abord falloir qu’il retrouve sa base traditionnelle parce que le taux d’abstention aux élections régionales et départementales a gravement affecté les résultats du parti qui se retrouve avec 130 conseillers régionaux en moins et moitié moins de conseillers départementaux, ce qui aura évidemment une incidence dans beaucoup de domaines y compris financiers. Donc il va falloir convaincre les électeurs qui sont restés chez eux que l’élection présidentielle, c’est autre chose, que c’est là que tout se joue. Est-ce que ça va marcher ? Ça dépendra de beaucoup de choses. D’abord, on ne sait absolument pas dans quelles conditions se tiendra la présidentielle de 2022 du point de vue de la pandémie. Aussi, il y a une question de remobilisation. Malgré tout, ces régionales – même si Marine Le Pen aujourd’hui a donné l’impression de passer par-dessus l’obstacle – donnent quand même un coup au moral. Et puis, il y aura la question de la concurrence. Eric Zemmour ou pas Eric Zemmour ? Et un candidat Les Républicains qui devra de toute façon se couvrir sur son flanc droit, surtout si c’est Xavier Bertrand, et qui reviendra sur le régalien, sur l’identité, et donc qui naturellement pourra peut-être garder un petit mieux les voix LR qu’on pouvait le prévoir il y a quelques semaines ou quelques mois. C’est une équation très compliquée pour Marine Le Pen mais pas complètement perdue.

Covid: une gestion impossible en avril du taux d’hospitalisation( Vittoria Colizza)

Covid: une gestion impossible en avril du taux d’hospitalisation( Vittoria Colizza) 

La directrice de recherche à l’Inserm,* Vittoria Colizza, estime que la gestion sera impossible en avril en raison de l’explosion du taux d’hospitalisation. (Interview)

Où en est l’épidémie?
Les vacances ont ralenti la circulation des souches présentes, notamment la souche historique, encore plus fortement que le couvre-feu. Ça a permis aux hospitalisations de rester sur un plateau. Aujourd’hui, l’épidémie est en hausse avec de fortes disparités régionales, une circulation très élevée dans les Hauts-de-France ou en Île-de-France par exemple, avec une augmentation lente mais constante du nombre d’hospitalisations depuis plusieurs semaines. L’inquiétude est forte vis-à-vis de la croissance des passages en réanimation. Cette situation est vraisemblablement liée à la présence du variant britannique. Santé publique France a apporté des preuves préliminaires d’un lien entre la hausse de l’incidence et le pourcentage de variants présents.

 

Pourquoi les entrées dans les services de réanimation augmentent-elles plus vite que les hospitalisations conventionnelles?
Plusieurs hypothèses. Selon des études menées au Royaume-Uni et au Danemark, le taux de sévérité associé au variant britannique est plus élevé de 64% par rapport à la souche historique. À un moment, cela se traduit par une hausse des entrées en hospitalisation, selon l’étude danoise, ou par une hausse des admissions en réanimation, selon des études préliminaires britanniques. Les données de terrain le montrent, mais nous attendons des travaux portant sur un plus grand nombre de patients pour le confirmer avec la puissance statistique nécessaire. Nos modèles indiquent que le taux d’hospitalisation accru associé au mutant anglais va rendre encore plus difficile la gestion sanitaire en avril. Le pic attendu est plus élevé qu’avec la souche historique.

En réanimation, les malades sont trois ans plus jeunes en moyenne que lors de la première vague. Le variant britannique est-il en cause?
On ne peut pas encore répondre de façon définitive. Les chercheurs danois ont analysé les entrées à l’hôpital par tranche d’âge et il n’y a pour l’instant pas d’indicateur qui confirmerait des variations du fait de ce mutant. Même si nous avons de forts soupçons concernant l’impact sur les réanimations, il n’existe pas encore d’étude le démontrant. D’autres facteurs peuvent aussi intervenir : la vaccination des personnes les plus âgées, même si celle-ci n’a pas encore d’impact sur la courbe épidémique ; peut-être des effets liés au comportement des seniors, qui se protègent mieux ; enfin, la circulation virale étant très élevée, un grand nombre d’adultes peuvent arriver en hospitalisation.

À quel moment la vaccination infléchira-t-elle les courbes?
Nous avons modélisé son effet possible dans l’hypothèse d’un maintien du couvre-feu actuel [voir courbes ci-dessous]. Nous avons comparé nos projections avec le rythme de vaccination précédent, soit 100.000 doses injectées par jour, le rythme accéléré actuel mis en place depuis le week-end dernier, 200.000, et un rythme plus optimiste de 300.000 par jour. Dans tous les cas, il faut attendre le début avril pour que les scénarios se séparent et qu’on observe un début d’impact. Mais ce rythme ne serait pas suffisant pour inverser la tendance croissante sur cette période.

 

Que donneraient ces trois scénarios s’ils étaient associés à un confinement « souple » ?
Un confinement semblable à celui observé dans la première phase en novembre, avec une forte adhésion de la population et un recours massif au télétravail, suffirait en Île-de-France à contenir l’épidémie à la hauteur du pic de la deuxième vague. Mais notre projection tablait sur l’adoption de telles restrictions dès la semaine dernière, c’était optimiste! L’objectif était de montrer la marge de manœuvre dont on dispose.

Quel est l’impact des confinements localisés et le week-end?
Il est trop tôt pour le savoir. Mais on estime qu’un confinement « souple  »est 15 % plus efficace qu’un couvre-feu sur le nombre d’hospitalisations. Celui du week-end se situe entre ces deux extrémités.

Est-il possible de freiner l’épidémie sans confiner?
C’est très peu probable. On a vraiment besoin de mesures de distanciation sociale, sans doute différenciées selon les territoires. Éviter un confinement présente des avantages sociétaux et économiques. Mais cela induit beaucoup d’infections, d’hospitalisations, de Covid longs, sans parler des décès… D’un point de vue épidémiologique, le but est aussi de limiter les niveaux d’incidence pour empêcher le Sars-CoV-2 d’évoluer. Aujourd’hui, une partie des Français ont déjà été infectés. Cela va accroître la pression de sélection sur le virus. La clé est donc de vacciner très vite, pour protéger la population mais aussi éviter de donner trop de temps au virus de réussir à échapper aux vaccins.

Vos projections ne prennent en compte ni les vacances de Pâques, ni la saisonnalité, pourquoi?
Les vacances ont joué un rôle à la Toussaint et en février, on peut espérer ça à Pâques. En Italie, le nombre de cas a bondi de 75% depuis deux semaines, du fait d’une dynamique complexe de conjugaison de souches. Parmi les facteurs qui peuvent l’expliquer, il y a le fait qu’il n’a pas eu de vacances scolaires en février, ainsi que le passage de certaines régions à un niveau plus faible de contrôle, avec la réouverture de bars et de restaurants. Concernant la météo, il faut faire attention : les beaux jours et la hausse des températures, ça aide à contrôler l’épidémie si la circulation virale est peu élevée, comme au premier déconfinement. Mais aux États-Unis, plusieurs États aux conditions climatiques clémentes ont subi une deuxième vague très forte pendant l’été car ils ont rouvert les commerces et les activités trop vite, avant d’avoir supprimé la circulation virale après la première vague.

 

* Directrice de recherche à la tête du laboratoire EPIcx à l’Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique, chapeauté par l’Inserm et Sorbonne Université.

Climat : « À ce rythme, la « neutralité carbone en 2050 impossible » (Corinne Le Quéré)

Climat : « À ce rythme, la « neutralité carbone en 2050 impossible » (Corinne Le Quéré)

 

Corinne Le Quéré, climatologue franco-canadienne, professeure de sciences du changement climatique et de la politique à l’université d’East Anglia, directrice du Tyndall Centre for Climate Change Research et présidente du Haut conseil pour le Climat estime qu’au rythme actuel la neutralité carbone en 2050 est impossible.

Cinq ans après son adoption lors de la COP21, où en est l’accord de Paris sur la lutte contre le changement climatique ? Est-ce que la trajectoire fixée est respectée par la communauté internationale ?

Corinne Le Quéré - L’ambition de l’Accord de Paris est de limiter le réchauffement climatique bien au-dessous de 2°C et de poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5° C.  Mais en parallèle, les engagements pris par les pays étaient alignés sur une trajectoire insuffisante, qui nous amenait à un réchauffement de 3°C. C’est cette trajectoire qui a été suivie au cours des dernières années jusqu’en 2019. Depuis 2015, on a ainsi constaté une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 0,9% par an en moyenne. Ces émissions ont continué à augmenter, mais elles ont augmenté moins rapidement que la décennie précédente où elles augmentaient en moyenne de 3% chaque année.

Réconciliation France-Algérie: une mission impossible

Réconciliation France-Algérie: une mission impossible

 

 

Le rapport de l’historien, Benjamin Stora,  sur le sujet devrait être remis au président français, Emmanuel Macron, d’ici au 15 décembre

 

Benjamin Stora.

Spécialiste reconnu de l’Algérie, le professeur Benjamin Stora a prévu de remettre son rapport à Emmanuel Macron au plus tard, le 15 décembre. Le chef de l’Etat français lui a confié, en juillet, une mission sur « la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie ». L’historien formulera des recommandations afin de favoriser « la réconciliation entre les peuples français et algérien ».

Benjamin Stora parviendra-t-il à réconcilier les mémoires blessées de la colonisation et de la guerre d’Algérie ? C’est le défi lancé en juillet par Emmanuel Macron à cet historien qui fait partie des spécialistes les plus réputés de l’histoire du Maghreb, en particulier de cette période qui déboucha sur l’indépendance algérienne.

Né en 1950 dans une famille juive à Constantine, Benjamin Stora a quitté le territoire algérien en 1962. Depuis plus de quarante, il travaille sur ces questions. D’un président français à l’autre, il est toujours aussi consulté. Il a rencontré pour la première fois François Mitterrand à ce sujet en 1990. Il le reverra à deux autres reprises les années suivantes. Puis sera sondé par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, et encore François Hollande à maintes reprises.

Il a aidé ce dernier à préparer son premier déplacement en Algérie, en décembre 2012, et l’y a accompagné. Il était proche de l’ancien conseiller diplomatique du président socialiste, Paul Jean-Ortiz, avec lequel il a souvent discuté de l’Algérie. Pour Benjamin Stora, le travail de réconciliation consiste surtout à rétablir la vérité des faits dans un contexte où cette période sert à la fabrique du nationalisme. L’historien français regrettait d’ailleurs à l’époque le manque d’ouverture des archives algériennes depuis l’indépendance, dommageable pour le travail des historiens des deux rives.

Il a croisé une première fois Emmanuel Macron à l’Elysée lorsque ce dernier était secrétaire général adjoint de la présidence, sous Hollande. Pour le disciple du philosophe Paul Ricœur, le « fait algérien » est un impensé en France. Il contamine la jeunesse issue de l’immigration et les autres mémoires africaines, d’où le besoin d’accélérer le travail des historiens afin de favoriser aussi bien la réconciliation nationale que celle entre les peuples de deux rives.

Archives. Benjamin Stora n’effacera d’un coup d’éponge magique les traumatismes de la colonisation. Il est conscient des limites de son travail mais il loue la volonté politique des présidents Tebboune et Macron. « On ne peut jamais définitivement réconcilier des mémoires, confiait l’historien à RFI en juillet. Mais je crois qu’il faut avancer vers une relative paix des mémoires pour précisément affronter les défis de l’avenir, pour ne pas rester prisonniers tout le temps du passé, parce que l’Algérie et la France ont besoin l’une de l’autre ».

Du côté algérien, les attentes sont importantes. Alger demande l’accès à toutes les archives françaises durant la colonisation. Pour l’instant, la France a rendu les archives ottomanes et courantes (concernant notamment l’état civil), mais refuse de fournir celles dites de « souveraineté » qui comprennent des notes internes du gouvernement général au préfet d’Alger et des services secrets, ainsi que des télex diplomatiques. Certains microfilms ont déjà été transmis au partenaire algérien mais on est loin de la totalité des documents disponibles.

La partie algérienne a exprimé d’autres requêtes, comme la restitution des tous les restes mortuaires, et le retour d’objets comme le canon Baba Merzoug, pièce de 12 tonnes consacrée à la défense du port d’Alger, symbole de la résistance du pays aux attaques du colonisateur depuis le XVIIe siècle.

« Des crimes méritent d’être racontés, comme la prise de l’oasis de Zaatcha où les troupes françaises du général Emile Herbillon ont massacré les combattants du cheikh Bouziane, réclamait le président algérien dans une interview à l’Opinion, en juillet. Le maréchal de Saint-Arnaud a aussi perpétré de nombreux massacres, qui ont fait plus de victimes qu’à Oradour-sur-Glane. »

 

Homologue algérien de Stora, Abdelmadjid Chikhi a accusé Paris de livrer une lutte acharnée contre les composantes de l’identité nationale algérienne. Certaines de ses déclarations laissent pantois les historiens français

Le chef de l’Etat algérien a bien accueilli la nomination de Benjamin Stora, qualifié de « sincère » et « connaisseur » de la période d’occupation française. On ne peut pas dire que la nomination de son homologue algérien, Abdelmadjid Chikhi, a suscité le même enthousiasme en France. Cet ancien moudjahid, indétrônable directeur des archives nationales, est considéré comme un gardien de l’orthodoxie.

Abdelmadjid Tebboune l’a appelé à ses côtés à la présidence, en avril, comme conseiller en charge des archives nationales et de la mémoire nationale. Neuf jours plus tard, Abdelmadjid Chikhi a accusé la France de livrer une lutte acharnée contre les composantes de l’identité nationale algérienne. Fin octobre, il a fait une autre sortie remarquée : « Après les massacres perpétrés en Algérie, la France a transféré les ossements des Algériens à Marseille pour les utiliser dans la fabrication du savon et le raffinage du sucre ».

Cette déclaration laisse pantois plusieurs historiens français consultés par l’Opinion. « Cette affirmation n’a jamais été étayée, confie l’un d’eux. Je n’ai jamais rien vu qui s’y rapporte dans toutes les archives que j’ai consultées. » D’autres fins connaisseurs de l’Algérie ont des explications plus rationnelles. Ces propos ont été rendus publics juste avant la commémoration du 1er novembre 1954, date de l’appel à la révolte adressé par le Front de libération nationale (FLN).

Repentance. « Abdelmadjid Chikhi est très politique, comme d’habitude, s’amuse une source proche de la présidence algérienne. Cela fait partie du récit national. Il n’y a pas à avoir d’inquiétude. Si le président Tebboune lui demande d’avancer sur les questions mémorielles, il le fera ! »

En lançant ce travail avec son homologue, le président Macron souhaite réduire ce genre de saillies qui sonnent comme une instrumentalisation de la mémoire à des fins politiques. Pas toujours facile. En accédant à l’indépendance, l’Algérie a intensifié son nationalisme, en même temps qu’il faiblissait régulièrement du côté français.

Dans la pratique, Benjamin Stora et Abdelmadjid Chikhi vont surtout travailler chacun de son côté. Une fois leurs copies respectives remises, des rencontres d’historiens entre les deux rives devraient être organisées pour un travail de d’échanges et de restitution.

« Ces questions mémorielles vont devenir de plus en plus sensibles à l’approche de la présidentielle de 2022 en France, alors que la droite et l’extrême droite et même certains proches de Macron ne souhaitent pas être dans la repentance », confie un diplomate français. Et puis, ce dossier pourrait être pollué par d’autres liés à l’immigration et à la sécurité. « C’est comme lorsqu’on joue au mikado, conclut le diplomate. C’est difficile d’extirper une baguette sans toucher les autres ».

Affaires Fillon : pression du parquet en France ? Impossible !

Affaires Fillon : pression  du parquet en France ? Impossible !

 

Devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale consacrée à «l’indépendance du pouvoir judiciaire», le 10 juin, Éliane Houlette a révélé avoir subi «la pression du parquet général» au début de l’affaire Fillon, en février 2017, selon des propos rapportés par Le Point. Aussitôt l’article paru, mardi dernier, François Fillon l’a envoyé par SMS à plusieurs soutiens, voyant là, «la confirmation des accusations qu’il avait portées à l’époque contre le pouvoir mais qu’il n’avait pas pu prouver», explique un proche. Des pressions du parquet sur des affaires politico-financières en France  mais quelle mauvaise foi ! ( certaines durent depuis 25 ans!)

Confinement impossible dans les territoires perdus de la République

Confinement impossible dans les territoires perdus de la République

ce que révèle Linda Kebbab (Unité SGP Police-FO) dans une interview au Figaro.

 


-Certains «territoires perdus» sont d’ordinaire peu enclins à respecter l’Etat de droit. Dans certains de ces quartiers, les réseaux sociaux rapportent des images de heurts avec les forces de l’ordre, qui tentent d’intervenir pour faire appliquer les règles de confinement. Les mesures d’urgence y sont-elles moins observées qu’ailleurs?

Linda KEBBAB. - Malheureusement, dans certains quartiers une partie des habitants ne prend pas la mesure de la situation, alors qu’il en va de la santé de leurs proches. Quotidiennement, les policiers sont confrontés à des refus de confinement de bandes habituées à agresser les forces de l’ordre. Maintien du trafic de stupéfiants, activités crapuleuses qui augmentent sur la voie publique, ou tout simplement rejet de l’autorité de l’État… Plusieurs guet-apens (des voitures sont mises à feu, des commerces dévalisés…) ont été enregistrés avec à chaque fois des agressions contre les pompiers et les policiers qui interviennent. À l’heure où nous parlons, je suis avisée d’un énorme caillassage contre mes collègues à Clichy-sous-Bois. Intenable!

À Clichy-sous-Bois, un policier a été mordu pour avoir demandé à un habitant de respecter le confinement.

Les policiers et gendarmes se retrouvent alors au contact de populations qui risquent de les infecter?

Évidemment, plus le contact est inévitable, plus le risque augmente. À Clichy-sous-Bois, un policier a été mordu pour avoir demandé à un habitant de respecter le confinement, près de Lyon d’autres en surnombre ont approché les policiers – dépourvus de masques – et les ont obligés à quitter les lieux au risque de se faire cracher dessus…

L’état-major du 93 a transmis la consigne suivante aux agents déployés sur le terrain: en cas de refus d’une personne de respecter le confinement et si elle est verbalisée plusieurs fois, ordre est donné de l’interpeller pour «mise en danger de la vie d’autrui». Nous le devons pour assurer la protection de la population, mais évidemment cela nous obligera à être encore plus au contact d’un potentiel porteur du virus. Plusieurs interpellations ont déjà eu lieu, d’ailleurs non sans difficulté, parfois sous les outrages de certains habitants depuis leurs fenêtres.

Le déploiement des forces de l’ordre pour faire respecter le confinement conduit-il à démobiliser certains effectifs en charge de la sécurité quotidienne des Français, rendant certaines portions du territoire moins sûres qu’avant?

Le ministère ne semblait pas avoir anticipé, nous avons donc dès dimanche, alors que l’annonce d’un confinement était une évidence à venir, saisi le ministre par courrier et lui avons demandé d’adapter l’organisation des services vers le plus urgent. Les tribunaux tournant désormais au ralenti, c’était une mesure nécessaire. Néanmoins il est vrai qu’il y ait déjà une perception de hausse des délits sur la voie publique tels que les vols ou dégradations de voitures, mais aussi les cambriolages des résidences principales délaissées par leurs propriétaires pour les secondaires. Il est beaucoup trop tôt pour dire si ce phénomène va s’inscrire dans la durée ou sera détectable sur les futures statistiques.

Les policiers se concentrent sur le secours aux personnes.

Lassés de ne pas pouvoir accomplir leurs missions dans des quartiers où l’insécurité chronique exige une attention de tous les instants, les policiers qui connaissent très bien leurs interlocuteurs, se concentrent sur le secours aux personnes – car le confinement est un facteur d’augmentation des violences ou conflits intrafamiliaux – et trouvent progressivement des solutions pour concilier lutte contre la criminalité et confinement à faire respecter. C’est aussi dans ce but que l’état-major du 93 a pu prendre cette initiative compréhensible

Comment savoir que si c’est fabriqué en France ? Impossible

Comment savoir que si c’est  fabriqué en France ? Impossible

 Un grand média  indique Comment on peut s’assurer qu’on achète un produit vraiment français. Et de citer « Origine France Garantie »  « le label le plus connu, mais aussi le plus fiable ». « Et pour cause, c’est celui qui possède le cahier des charges le plus rigoureux ». « Les produits doivent satisfaire à deux critères simples : être totalement fabriqués en France, et qu’au moins 50% de la valeur des composants du produit doit être acquise en France », précise le créateur du label, Yves Jégo, samedi matin sur Europe 1. « Ce label s’applique à toutes sortes de produits : des voitures, des produits alimentaires, un train, etc », explique-t-il. « On a 600 entreprises qui ont déjà fait la démarche pour obtenir le label. Quelque 3.000 gammes de produits sont aujourd’hui garanties. » D’abord il y a ce concept « fabriquer en France » qui peut se limiter à la phase de seul  montage même réduit à sa plus simple expression. Ensuite et surtout le fait d’acheter des composants dont 50 % de la valeur doit être acquise en France ne prouvent rien. En effet ces produits auront pu au moins en partie être eux-mêmes importés de l’étranger puis transformés ou montés en France. Les autres appellations «Made in France »« Fabriqué en France »« Produit Français »… n’ont guère davantage de sens. Un seul exemple celui de la motoculture fabriquée en France mais avec des moteurs et autres composants asiatiques notamment chinois. Finalement un peu comme les maillots de l’équipe de France où là on atteint le summum de l’escroquerie financière quand les maillots sont vendus autour de 100 € alors qu’ils ont été fabriqués en Thaïlande pour trois euros.

Aide aux transports : « impossible » (Hervé Morin)

Aide aux transports : « impossible » (Hervé Morin)

 

Hervé Morin, Le président de l’association des Régions de France, a expliqué sur Europe 1 que « les collectivités sont incapables de financer » une aide suffisante pour compenser la hausse du prix du carburant.

«  Pour Hervé Morin, président de l’association et de la région Normandie, « cette équation financière est absolument impossible ». « Les collectivités sont incapables de financer une compensation suffisante représentant des volumes absolument gigantesques », estime-t-il. Un tel dispositif « est absolument hors de proportion dans des budgets régionaux où trouver un ou deux millions d’euros représente déjà une gageure », s’emporte Hervé Morin. Il préconise donc que les « recettes de TVA supplémentaires, liées à l’augmentation des taxes et du prix du baril » que le gouvernement va percevoir, « soient affectées à nos compatriotes les plus modestes ». Christian Estrosi, de son coté,  ne veut pas que l’Etat se décharge à chaque fois sur les collectivités ».  »Christian Estrosi, président de la Métropole Nice Côte d’Azur, estime de son côté que « cette idée de défiscaliser cette contribution est un constat d’échec par rapport à ce qu’Emmanuel Macron a initié avec le gouvernement, c’est-à-dire faire monter le coût du diesel et de l’essence ». « Je ne veux pas que l’Etat se décharge à chaque fois sur les collectivités », dénonce-t-il, également sur Europe 1. Le rôle des régions « n’est pas de compenser les mesures fiscales nationales », complète par ailleurs l’association de Régions de France dans son communiqué.

Unedic : la réforme impossible de Macron

Unedic : la réforme impossible de Macron

 

La réforme souhaitée par Emmanuel Macon vise à faire bénéficier des allocations Unedic les travailleurs indépendants mais aussi les salariés qui démissionnent. Une réforme d’ampleur qui nécessitera non seulement une réforme quant à la gestion de l’Unedic (qu’en faite Macron souhaite étatiser) mais aussi et surtout des moyens financiers nouveaux. Or la situation financière de l’Unedic est particulièrement calamiteuse puisqu’elle enregistre un déficit annuel de l’ordre de 4 milliards et une dette de plus de 30 milliards. Il faudrait donc augmenter les cotisations, ce que ne veut pas le gouvernement  qui veut au contraire alléger les charges sociales au bénéfice des entreprises mais aussi des salariés. L’autre solution envisagée est celle de l’augmentation de la CSG, une augmentation déjà prévue et qui ne peut qui ne peut servir à toutes les sauces sans entamer de manière significative le pouvoir d’achat des ménages. En clair, la réforme de l’Unedic voulue par Macon ce n’est pas pour demain. Il y a encore du travail. L’Unedic s’inquiète d’ailleurs de la refonte de l’assurance-chômage. L’organisme, chargé de la gestion de cette assurance avec Pôle emploi, s’interroge sur la mise en place et les possibles conséquences de cette réforme souhaitée par le gouvernement dans une série de documents transmis aux partenaires sociaux, le 12 juillet, et consultés par l’AFP.  Au cours de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a proposé l’ouverture des droits à l’assurance-chômage aux indépendants, ainsi qu’aux salariés qui démissionnent une fois tous les cinq ans. Cette refonte du système doit être discutée à l’automne. Elle devrait être progressivement mise en œuvre à partir de l’été 2018, selon Le Figaro.  Définition incertaine, incertitude sur le financement et craintes d’abus : l’Unedic émet des réserves quant à la pertinence de cette réforme de l’assurance-chômage. France info fait le point sur ses interrogations.  On s’inquiète notamment de « l’absence de définition unique de la notion d’indépendant » dans cette réforme. Les quelque 2,8 millions de travailleurs non-salariés, selon l’Insee, pourront-ils vraiment tous avoir accès à l’assurance-chômage ? A l’heure actuelle, les indépendants peuvent bénéficier de cette assurance uniquement « s’ils justifient d’un contrat de travail et sous certaines conditions », rapporte le site Service-Public.fr.  Dans ses notes, l’Unedic se préoccupe notamment du sort des« indépendants ‘économiquement dépendants’ » des plateformes collaboratives, telles qu’Uber, Foodora ou Deliveroo. Pourront-ils eux aussi avoir accès à ces droits avec cette réforme ? L’organisme se pose la même question pour les « loueurs de locaux d’habitation meublés », les « conjoints collaborateurs du chef d’entreprise » ou encore les « micro-entrepreneurs déclarant un chiffre d’affaires nul ». Pour l’organisme, la définition des indépendants qui pourront bénéficier de l’assurance-chômage reste encore floue.  L’autre inquiétude de l’Unedic concerne l’ouverture des droits à l’assurance-chômage aux salariés démissionnaires, une fois tous les cinq ans. Aujourd’hui, seules les personnes dont la démission est jugée « légitime » par Pôle emploi peuvent prétendre à des allocations-chômage. Le site Service-Public.fr évoque, par exemple, une démission due à la mutation d’un conjoint, ou au non-versement du salaire par l’employeur.  Si l’assurance-chômage est désormais ouverte à tous les démissionnaires, l’Unedic craint une  »augmentation » de la « durée entre la démission et la reprise d’un nouvel emploi », voire la hausse du « nombre de démissions » en France. L’organisme cible notamment les démissions « à l’approche du départ en retraite ». Autant d’effets pervers qui feraient, selon l’organisme, « courir un risque financier à l’assurance-chômage ».  Selon l’Unedic, moins de 55 000 démissionnaires ont reçu des allocations-chômage en 2016. Le nombre de démissions, chaque année, est largement supérieur : il oscille entre 900 000 et 1,1 million, selon le think tank libéral Institut Montaigne.

 

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