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Déforestation importée : l’Europe responsable

Déforestation importée : l’Europe responsable

 

 

Pour des raisons environnementales mais aussi économiques, les pays développés ont pris l’habitude d’externaliser les contraintes nuisibles des systèmes de production. On externalise les usines dans les pays émergents en et on y encourage la déforestation pendant par exemple qu’en France on replante partout peupliers et conifères. En cause,  le mode production, les conditions économiques mais aussi les modes de consommation. L’exemple le plus caricatural est sans doute cette autorisation donnée à Total- avec la bénédiction de Nicolas Hulot- d’apporter d’huile de palme ou de soja pour la transformer en carburant ! C’est sans doute Une situation dénoncée par Par Cécile Barbière, d’Euractiv .

« La lutte contre la déforestation importée, première responsable du déboisement dans les pays en développement, peine à s’organiser en Europe.

Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les consommateurs européens ont été responsables d’un tiers de la déforestation dans le monde entre 1990 et 2015, soit l’équivalent de 43 millions d’hectares de forêts détruits en Afrique, en Amérique latine et en Asie.

Les importations de produits tels que l’huile de palme, le soja ou encore le cacao sont les principaux responsables de la déforestation dans les pays du Sud.

« Nous, Européens, nous sommes de grands consommateurs de cacao et de chocolat. Donc nous avons une responsabilité particulière dans la chaîne logistique de ces produits », a détaillé Linda McAvan la présidente de la commission développement au Parlement européen.

Le Parlement européen a organisé mi-juillet une audition sur la filière cacao et son impact sur les forêts tropicales. Premier consommateur de chocolat au monde, le continent européen est indirectement responsable de la déforestation alarmante en Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux principaux pays exportateurs de fèves.

« L’Union européenne doit relever le défi, en tant que premier importateur, transformateur et consommateur de chocolat au monde, et siège des plus grandes compagnies chocolatières au monde », a déclaré Julia Christian de l’ONG Fern.

Le continent importe à lui seul 60 % de la production mondiale de fève pour satisfaire sa demande intérieur en chocolat.

Mises en oeuvre ces dernières années, les initiatives de certification mises en place au sein de la filière cacao n’ont pas eu l’effet escompté sur la protection des forêts tropicales.  « Il y a eu des initiatives dans la filière cacao en matière de lutte contre la déforestation, mais elles n’ont pas été très fructueuses », a constaté Linda McAvan. Aujourd’hui, pour répondre à la demande européenne, les pays producteurs comme la Côte d’Ivoire se sont mis produire massivement, quitte à empiéter sur les forêts protégées.

« Au Ghana, la culture de cacao génère un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dollars, et pèse pour 9% du PIB du pays en 2017… mais entraine aussi 80% de la déforestation dans le pays. En 20 ans, la production de cacao est passée de 300 000 tonnes à 900 000 tonnes, soit une hausse de 200% », rappelle Obed Owusu-Addai, de l’association EcoCare Ghana.

« Et aujourd’hui, on estime qu’environ 20% de cette production provient de zones protégées », assène-t-il.

Pour endiguer le fléau, la question de la mise en oeuvre d’une législation contraignante sur les produits responsables de la déforestation tels que le cacao, le soja ou l’huile de palme est à l’étude.

« L’UE est le premier marché d’exportation, et a un poids certain qui lui permettrait d’imposer des critères d’importation, comme cela existe déjà pour la pêche ou les minéraux ! », explique Obed Owusu-Addai.

« Une approche européenne pour lutter contre la déforestation importée nous faciliterait grandement la tâche. Le problème c’est qu’il y a des initiatives nationales », a expliqué  Francesco Tramontin, directeur des  affaires publiques Europe du chocolatier Mondelez International.

Mais la création d’une législation européenne pour lutter contre la déforestation importée à l’approche des élections européennes de mai 2018 semble compromise.

« Concernant la création d’un instrument contraignant, il y a une étude de faisabilité sur la lutte contre la déforestation qui vient d’être publiée, où l’on envisage différentes alternatives. Mais la mise en œuvre serait très difficile », a reconnu le représentant de la Commission, Leonard Mizzi.

« Le bloc européen est prêt à mettre sur la table la question de la déforestation importée partout où cela sera nécessaire. Mais la question est : est-ce que les consommateurs sont prêts payer davantage pour des produits plus éthiques ? », a-t-il interrogé.

Côté français, la question de la lutte contre la déforestation importée est également au menu du gouvernement, qui a mené une consultation publique destinée dessiner les grandes lignes  d’une stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI).

La stratégie française vise entre autres à « encourager les dynamiques européennes et internationales pour lutter contre la déforestation importée », soulignent les ministères en charge de la question. Parmi les pistes évoquées, Paris envisage que l’UE inclut des clauses de non-déforestation dans les accords commerciaux futurs.

« La mise en œuvre d’une stratégie européenne contraignante va déprendre de la pression que vont mettre les États membres sur Bruxelles », explique Clément Sénéchal de Greenpeace. « Mais le calendrier politique devient serré. Et pour l’heure, la France se refuse à interdire purement et simplement la déforestation importée. »

Autre ambiguïté du gouvernement français, l’autorisation délivrée à Total pour la raffinerie de la Mède, qui va importer des huiles de soja et de palme, principalement produits en Amérique du Sud et en Asie. Prévu à l’été 2018, la bioraffinerie pourrait faire doubler la consommation française d’huile de palme, selon les ONG. Un mettre à mal l’ambition française de lutter contre la déforestation. »

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Par Cécile Barbière, Euractiv.fr

 

Total fait le dos rond pour fabriquer du carburant avec de l ‘huile de palme importée

Total fait le dos rond pour fabriquer du carburant avec de l ‘huile de palme importée

 

Face aux protestations contre  l’usage d’huile de palme dans les biocarburants, Total annonce s’engager pour une diversification responsable des approvisionnements de sa bioraffinerie de La Mède.  En calait on va diversifier l’origine des huile mais sans supprimer l’huile de palme.  Avec son projet de biocarburant, la raffinerie de Total, près de Marseille, consommerait chaque année, 550.000 tonnes d’huiles de palme. De quoi faire bondir les importations françaises de cette huile végétale tant décriée. De quoi faire bondir aussi les ONG.  Pour Greenpeace et les Amis de la Terre, cette huile produite en Malaisie et en Indonésie entraîne une déforestation et fragilise l’écosystème. Ce qui menace les populations de rhinocéros, d’orangs-outans et de tigres et affecte des populations locales.  Face aux critiques, Total s’engage à se fournir en huiles de palme « labellisées ». Ces systèmes de certification sont toutefois jugée insuffisants par des ONG et des industriels.  Total a dit auparavant vouloir utiliser 60 à 70% d’huiles végétales, de l’huile de palme mais aussi de colza, de soja ou encore de tournesol et de 30 à 40% d’huiles alimentaires usagées et d’huiles résiduelles. La bioraffinerie de Total à la Mède (Bouches-du-Rhône) doit ouvrir à l’été 2018 pour produire 500000 tonnes par an de biodiesel En 2015, cela paraissait une bonne idée pour Total de reconvertir la raffinerie de La Mède dans les Bouches-du-Rhône, en bioraffinerie. Dans un contexte de surcapacité du raffinage pétrolier en Europe, Total décidait donc d’investir 275 millions d’euros sur le site, au lieu de le fermer, pour y produire jusqu’à 500 000 tonnes de HVO (Hydrotreated Vegetable Oil) à partir de 650 000 tonnes de matières premières végétales. Le HVO est ce biodiesel incorporé à hauteur de 5 à 10% dans le diesel d’origine pétrolier pour le verdir un peu. A la clé, le maintien de 250 emplois sur le site, qui accueille aussi une centrale photovoltaïque de 8MW, un centre de formation, un dépôt pétrolier et une unité de fabrication d’un additif réduisant les émissions d’oxyde d’azote des poids lourds.

 




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