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Terrorisme : ces individus déséquilibrés qui se dopent aveuglement à la foi idéologique

Terrorisme : ces individus déséquilibrés qui se dopent aveuglement à la foi idéologique

Paris ce samedi 2 décembre, Bruxelles le lundi 16 octobre dernier, Arras le vendredi 13 octobre… En quelques semaines, des innocents ont été à plusieurs fois pris pour cibles par des individus se revendiquant du fondamentalisme islamiste sans que nous sachions, pour l’instant, à quel point ils étaient préparés. À la différence de l’assassin de Samuel Paty et de celui de Dominique Bernard, l’auteur des faits, arrêté à Paris et désigné comme Armand R.-M., souffre de pathologies psychiatriques connues. Placé en garde à vue, visé par une « fiche S », il avait déjà été condamné et a déclaré aux policiers qu’il « en avait marre de voir des musulmans mourir », notamment à Gaza, et que la France était « complice » d’Israël.
Le conflit israélo-palestinien déclenché depuis le 7 octobre par le Hamas peut-il contribuer à fragiliser des individus au rapport déjà altéré à la réalité, et à accentuer un sentiment d’impuissance qu’ils pensent résoudre en devenant justiciers ?

par
Laure Westphal
Psychologue clinicienne, Docteure en psychopathologie et psychanalyse, Enseignante, Chercheuse associée, Sciences Po
dans The Conversation

La recherche montre qu’un terroriste noue ses problématiques subjectives à une cause collective, notamment lorsqu’il s’engage dans une action meurtrière.

Les vrais experts ont la parole sur The Conversation.
Des extrémistes peuvent-ils être déterminés à agir par la nouvelle guerre déclenchée en Israël, 50 ans après Kippour ?

Venger le tort fait au prophète est l’un des arguments mis en avant par les terroristes, comme l’ont montré les assauts de Chérif et Saïd Kouachi à la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, ou ceux d’Adoullakh Anzorov au lycée de Conflans-Sainte-Honorine, le 16 octobre 2020.

Ils ont « puni » les façonneurs d’image, complices de l’idolâtrie du peuple souverain, tels que d’éminents idéologues du djihadisme (Maqdidi, Tartusi, Abu Mus’ab al-Suri, Abou Quatada, etc.) les perçoivent.

Les assaillants du Bataclan, eux, voulaient attaquer la « capitale des abominations et de la perversion ». D’autres terroristes semblent avoir des motivations idéologiques moins solides, comme l’a montré Mohamed Lahouiaej Bouhlel à Nice le 14 juillet 2016, ou encore Nathan Chiasson à Villejuif le 3 janvier 2020.

Mais les djihadistes n’ont pas que le prophète à « défendre ». Il y a aussi ce qu’ils considèrent être les souffrances causées à l’Oumma, la communauté musulmane homogène et mythique. Le conflit israélo-palestinien a longtemps été identifié comme le point de fixation des humiliations arabes.

Avec la globalisation de l’islam, les nouvelles générations de terroristes lui ont substitué les conflits en Afghanistan, en Bosnie, en Tchétchénie, en Irak ou en Syrie. L’affaiblissement militaire de l’EI sur les territoires syriens et irakiens n’a pas éteint les velléités d’engagement.

La guerre en Israël peut-elle accélérer le projet de fanatiques de se battre pour une identité commune, prise comme sorte d’unique référentiel politico-religieux ?

Armand R.-M. pourrait sembler l’un de ces « loups solitaires » avec des moyens rudimentaires. Mais il ferait surtout partie de ceux qui souffrent d’affections psychiatriques. S’agit-il d’un « passage à l’acte » résolutif d’une angoisse ou délirant que l’auteur aurait inscrit dans une logique idéologique ?

Rassemblement à Toulouse en hommage aux enseignants assassinés par des fanatiques, Samuel Paty, à Conflans, le 16 octobre 2020 et, Dominique Bernard, le 13 octobre c2023 à Arras.
Un passage à l’acte semble surgir ex nihilo mais il désigne en psychopathologie que son auteur est traversé par une angoisse qu’il cherche à dissiper. S’il est traversé par des angoisses d’anéantissement par exemple, il peut les résoudre en privilégiant l’identification d’une menace externe. C’est ce qu’apporte le sentiment de persécution, qui peut s’accroitre et inciter à se faire justice.

Le sens du passage à l’acte échappe à son auteur, mais pas le sens qu’il donne à son action meurtrière : il exerce cette dernière consciemment au nom d’une logique idéologique. Bien sûr, les enjeux inconscients et conscients peuvent très bien se conjuguer.

Aussi un individu peut-il par exemple se sentir « frère », sur la base d’un obscur sentiment d’injustice qu’il partage avec d’autres et choisir délibérément de renoncer à l’idée de société, ou de contrat social, pour lui préférer l’adhésion à une idéologie communautaire.

Parmi le nombre important de personnes radicalisées, il en existe une proportion – pas nécessairement plus importante que dans la population générale – qui souffre d’affections psychiatriques. L’expérience du Centre de Prévention, Insertion, Citoyenneté, en 2016, l’a confirmé : un seul des bénéficiaires de cette structure pour la prévention de la radicalisation souffrait de troubles relevant de la psychiatrie.

Néanmoins, l’articulation d’une souffrance psychique aiguë avec une idéologie offre à l’individu une perspective d’acte à prendre au sérieux. Il n’est pas rare qu’un individu se canalise avec la religion, au gré de son suivi à la lettre de certains hadiths, ces recueils des actes et paroles de Mahomet. D’autres individus fragiles donnent un sens à leur vision apocalyptique du monde avec des éléments de la réalité leur permettant d’alimenter un délire de persécution, de rédemption, mégalomaniaque ou mystique. Ils peuvent parvenir à une forme d’équilibre instable, jusqu’à ce qu’ils se sentent psychiquement contraints à agir.

L’observation du parcours d’assaillants montre des biographies, des impasses psychiques et des tentatives de résolution proches.

C’est le cas de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, qui s’est fait connaître pour son attentat particulièrement meurtrier sur la Promenade des Anglais à Nice, un soir de 14 juillet. Les investigations firent apparaître un homme perçu par son entourage comme colérique, étrange, violent. Il s’était séparé un an plus tôt de sa femme dont il avait eu trois enfants. Cette dernière déplorait chez lui ce qu’elle vivait comme du « harcèlement psychologique », tandis qu’une amie ne voyait en lui « aucune humanité » et des agissements par « pur sadisme ».

Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait donné à son rapport altéré à l’altérité, notamment le sens de la misogynie. Son médecin reliait ses épisodes dépressifs sévères à des « troubles psychotiques, avec somatisations ». Affecté dans son rapport au corps et au langage, Mohamed Lahouaiej Bouhlel se réfugiait parfois dans la violence. Le terroriste trouvait de l’inspiration en regardant sur la toile des photos de combattants de Daech, de ben Laden, ou encore des scènes de décapitation.

Non inféodé aux principes islamiques, il a radicalisé ses excès au profit de l’idéologie djihadiste.

Les fanatiques revendiquent aussi une attaque du système institutionnel. La façade du ministère de l’Éducation illuminée aux couleurs du drapeau français en hommage à l’enseignant assassiné, Dominique Bernard, le 13 octobre 2023, par un ancien élève du lycée radicalisé.

Chez certains, la foi en Allah prend le relais d’assuétudes, par exemple des addictions ou des passages à l’acte itératifs, comme de voler ou de brûler des voitures. Ils s’acharnent plutôt contre le taghout, l’autorité non fondée sur la foi que l’état incarne dans ses institutions. L’armée et la police sont les plus représentatives.

Pour nombre de terroristes islamistes, venger des caricatures n’est qu’une de leurs actions destinées à faire triompher leur cause.

L’expérience clinique du CPIC de Pontourny, même s’il a été fermé, nous a appris que l’islam radical peut être entendu comme une solution à un sentiment d’injustice. Des individus aux problématiques subjectives toujours singulières trouvent dans l’idéologie politico-religieuse djihadiste de quoi superposer au tort qu’ils pensent leur avoir été fait, celui causé à la communauté musulmane.

Des recherches récentes sur les peines internes en milieu carcéral montrent que des détenus transforment leur frustration en sentiment d’humiliation sous l’effet d’une incarcération ou de conditions d’incarcération qu’ils jugent abusives.

Ils s’enlisent parfois d’autant plus dans des altercations avec le personnel ou d’autres détenus, dans une surenchère qui peine à être endiguée par la coordination des services pénitentiaires et judiciaires. Même des non radicalisés peuvent se réveiller du « mensonge » avec la foi et accentuer leur sentiment d’injustice avec les moyens d’y remédier : par l’islam radical, dont l’enseignement est parfois dispensé par des prédicateurs autoproclamés.

Par ailleurs, il est important de souligner l’occurrence des troubles psychiatriques non détectés en prison, l’accentuation de certains troubles psychiques par le choc carcéral, et le manque de suivi psychiatrique dont certains anciens détenus continuent de manquer, par défaut d’assiduité en service de psychiatrie ambulatoire et/ou par défaut de moyen du personnel soignant.

D’autres adoptent l’islam radical pour assouvir des pulsions meurtrières au nom d’une idéologie qui les sacralisent.

Ils s’identifient au prophète et s’émancipent des lois en prétendant servir sa cause. Tous galvanisés, ils trouvent en Allah un exaltant produit dopant, conjurant les carences et les échecs, et permettant de retrouver leur intégrité. Du latin fanaticus, signifiant « inspiré », « prophétique », « en délire », « fanatique » désigne celui qui se croit transporté d’une fureur divine ou qui s’emporte sous l’effet d’une passion pour un idéal politique ou religieux.

En épousant leur destin d’élus d’Allah, ils veulent inspirer la crainte dont ils obtiendront le sentiment d’être respectés. Ils attendent de la valeur performative de leur acte de soumettre une société tout entière à leur affirmation de soi. Le Hamas offre-t-il à certains la perspective d’être reconnus comme préjudiciés, et de prendre une part héroïque à la guerre ?

Depuis la fermeture du CPIC en 2017, l’accompagnement des personnes radicalisées a été privilégié au niveau local. Un rapport d’information, enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 27 juin 2019 stipule que, selon l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT), au mois d’avril 2019, la prise en charge a été relayée dans 269 communes. Ces mesures semblent insuffisantes, si l’on en croit que chaque année depuis 2015 des attentats sont commis sur notre sol, bien que bon nombre soient déjoués. Parallèlement, on compte en France, en mars 2022, 570 détenus de droit commun radicalisés et 430 détenus pour terrorisme islamiste. Une centaine de détenus radicalisés seraient libérables en 2023.

La DGSI avait rapporté cet été que la menace terroriste était toujours la première en France.

L’attentat de ce samedi montre que derrière des « passages à l’acte », il y a des individus en échec d’intégration et inscrits dans des logiques idéologiques meurtrières.

Armand R.-M. démontre, comme Mohamed Mogouchkov, qu’il convient de rester vigilants et de se doter de moyens de suivre certains individus fragiles. D’autres pourraient s’inspirer du nouveau climat de tension internationale pour agir, galvanisés par la mise en avant de leur cause et l’exacerbation médiatique de leur sentiment d’injustice.

Cette thanato-politique naissant du désespoir d’une jeunesse qui ne parvient pas à imaginer d’autre avenir que le combat pour la foi, engage nos sociétés hypersécularisées à réfléchir à de nouvelles modalités de vivre-ensemble.

Ben Laden : nouveau modèle idéologique !

Ben Laden : nouveau modèle idéologique !


Chez les étudiants gauchistes notamment anglo-saxons Ben Laden devient maintenant un modèle idéologique pour inspirer les luttes. Cela grâce au miracle des réseaux sociaux dont certains ressortent un vieux document du terroriste, sorte de nouvelle cible. Évidemment on fait l’impasse sur les crimes de l’intéressé, du contexte et tout simplement sur l’histoire.

Seul subsiste sur les réseaux sociaux, la mode de l’instant même si cela est contesté historiquement et scientifiquement. Compte tenu de la viralité, de ce document le journal britannique The Guardian a supprimé un lien vers cette lettre attribuée à Oussama Ben Laden, publiée en 2002, qui revendiquait les attentats du 11 septembre 2001, où il dénonçait le soutien américain à Israël et appelait à venger le peuple palestinien. Ce texte aujourd’hui très repris sur les réseaux sociaux et sorti de son contexte, en pleine guerre Hamas-Israël.

«Cette transcription publiée sur notre site internet a été largement partagée sur les réseaux sociaux sans le contexte complet. Nous avons donc décidé de l’enlever et à la place de rediriger nos lecteurs vers l’article qui la contextualisait à l’origine», précise le journal. Dans cette «Lettre à l’Amérique», Oussama Ben Laden, tué en 2011 par une unité d’élite américaine dans le nord du Pakistan, y justifiait les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et menaçait de s’en prendre de nouveau aux intérêts occidentaux.

Cette lettre, qui appelle aussi à venger le peuple palestinien, a ressurgi notamment sur TikTok, dans le contexte du conflit déclenché le 7 octobre par l’attaque meurtrière du Hamas en Israël, qui en représailles a promis d’éradiquer le groupe islamiste et mène des bombardements massifs dans la bande de Gaza. L’origine de la résurgence de la lettre a été associée par plusieurs médias à une vidéo postée mardi sur TikTok par une influenceuse.Le réseau X (anciennement tweet) n’est pas en reste en matière d’intoxication puisque Elon Musk a même approuvé un texte antisémite !

Désindustrialisation: Le résultat d’une décision idéologique

Désindustrialisation: Le résultat d’une décision idéologique

L’économiste, spécialiste des relations économiques internationales, estime que la désindustrialisation a bien été une décision idéologique.

Interview dans la tribune

Le chef de l’Etat a expliqué hier que la désindustrialisation était un choix « presque idéologique ». Les annonces d’hier marquent-elles le retour d’un protectionnisme industriel assumé ?

La désindustrialisation a bien été une décision idéologique. Lorsque les pays en développement sont apparus dans les chaînes de production, les pays développés ont admis que leur industrie ne pourrait pas rivaliser avec des coûts de main-d’œuvre beaucoup plus faibles et serait inévitablement délocalisée, particulièrement en Asie. Le projet économique était de tout miser sur les services, par définition pas délocalisables.

Le choc de compétitivité subi par l’industrie française et européenne ne peut se comprendre qu’à travers cette doctrine, encore très présente chez les économistes. Aujourd’hui, nous en sommes progressivement sortis. En tant qu’économiste, je parle ouvertement d’un retour du protectionnisme car c’est de cela dont il s’agit. Ce mouvement est visible depuis quinze ans. Avant même la crise de 2008, l’Inde, la Chine, la Russie, l’Amérique Latine avaient déjà de plus en plus recours à des barrières non-tarifaires pour défendre leur marché intérieur.

Pourquoi préfère-t-on parler de « souveraineté » que de « protectionnisme » ?

Le terme de « protectionnisme » est politiquement sensible. Certains pays du Nord de l’Europe y sont hostiles. Emmanuel Macron parle donc souveraineté pour ne pas froisser ses partenaires européens. Au fond, l’enjeu reste le même. Les chocs géopolitiques vont être de plus en plus nombreux. Ainsi, il faut être un minimum autosuffisant sur le plan industriel pour réduire ses dépendances à l’extérieur. Aujourd’hui, la géopolitique a pris le dessus sur l’économie, à l’image du conflit qui se profile entre la Chine et les Etats-Unis.

Emmanuel Macron en a pris acte. Néanmoins, ce n’est pas du tout le paradigme de l’Union européenne, construite sur un marché le plus ouvert possible et des prix bas pour les consommateurs. Redonner la priorité à la production industrielle aura pour conséquence une hausse des prix. Cette politique de souveraineté industrielle est inflationniste. Il faut clairement dire qu’acheter un jean à 20 euros produits dans 50 pays ne sera plus possible.

Un crédit d’impôt en faveur des industries vertes, sur le modèle de celui de l’IRA (Inflation Reduction Act, aux Etats-Unis) se prépare. De quels outils utilisés à l’étranger la France doit-elle s’inspirer pour se réindustrialiser ?

Il est d’abord nécessaire de débloquer des subventions industrielles et surtout de les conditionner à l’achat de produits faits localement, à la manière de ce qu’exigent les Etats-Unis. Les aides publiques doivent, en outre, être simples et rapides à toucher, sur le modèle du crédit d’impôt de l’IRA.

Enfin, le dernier levier, peut-être le plus important, est le prix de l’énergie. La France possède un avantage comparatif sur l’Allemagne et l’Italie avec le nucléaire pour fournir aux industriels de l’énergie bon marché. Sur ce point, les Etats-Unis, autosuffisants en hydrocarbures, sont très en avance.

Le plan pour les industries vertes de la France intervient près d’un an après le vote de l’IRA. Le crédit d’impôt annoncé par Emmanuel Macron suppose encore d’attendre que les Européens s’accordent sur les produits concernés. Dans le même temps, les investissements affluent aux Etats-Unis et la Chine a des années d’avance sur les véhicules électriques ou les panneaux solaires. Est-ce que l’industrie française et européenne pourra rattraper son retard ?

Non, on ne rattrapera pas notre retard sur les technologies existantes comme les panneaux solaires ou les batteries actuelles. En revanche, nous sommes au tout début de l’émergence de technologies d’avenir. Les batteries produites dans cinq ans n’auront rien à voir avec les modèles actuels. Elles seront plus puissantes, plus économes, plus rapides à charger. Il nous appartient de nous positionner maintenant comme leader sur ces innovations pour se réindustrialiser dans des secteurs d’avenir.

Economie-« La désindustrialisation a bien été une décision idéologique » (Anne-Sophie Alsif, économiste)

Economie-« La désindustrialisation a bien été une décision idéologique » (Anne-Sophie Alsif, économiste)

L’économiste, spécialiste des relations économiques internationales, estime que la désindustrialisation a bien été une décision idéologique.

Interview dans la tribune

Le chef de l’Etat a expliqué hier que la désindustrialisation était un choix « presque idéologique ». Les annonces d’hier marquent-elles le retour d’un protectionnisme industriel assumé ?

La désindustrialisation a bien été une décision idéologique. Lorsque les pays en développement sont apparus dans les chaînes de production, les pays développés ont admis que leur industrie ne pourrait pas rivaliser avec des coûts de main-d’œuvre beaucoup plus faibles et serait inévitablement délocalisée, particulièrement en Asie. Le projet économique était de tout miser sur les services, par définition pas délocalisables.

Le choc de compétitivité subi par l’industrie française et européenne ne peut se comprendre qu’à travers cette doctrine, encore très présente chez les économistes. Aujourd’hui, nous en sommes progressivement sortis. En tant qu’économiste, je parle ouvertement d’un retour du protectionnisme car c’est de cela dont il s’agit. Ce mouvement est visible depuis quinze ans. Avant même la crise de 2008, l’Inde, la Chine, la Russie, l’Amérique Latine avaient déjà de plus en plus recours à des barrières non-tarifaires pour défendre leur marché intérieur.

Pourquoi préfère-t-on parler de « souveraineté » que de « protectionnisme » ?

Le terme de « protectionnisme » est politiquement sensible. Certains pays du Nord de l’Europe y sont hostiles. Emmanuel Macron parle donc souveraineté pour ne pas froisser ses partenaires européens. Au fond, l’enjeu reste le même. Les chocs géopolitiques vont être de plus en plus nombreux. Ainsi, il faut être un minimum autosuffisant sur le plan industriel pour réduire ses dépendances à l’extérieur. Aujourd’hui, la géopolitique a pris le dessus sur l’économie, à l’image du conflit qui se profile entre la Chine et les Etats-Unis.

Emmanuel Macron en a pris acte. Néanmoins, ce n’est pas du tout le paradigme de l’Union européenne, construite sur un marché le plus ouvert possible et des prix bas pour les consommateurs. Redonner la priorité à la production industrielle aura pour conséquence une hausse des prix. Cette politique de souveraineté industrielle est inflationniste. Il faut clairement dire qu’acheter un jean à 20 euros produits dans 50 pays ne sera plus possible.

Un crédit d’impôt en faveur des industries vertes, sur le modèle de celui de l’IRA (Inflation Reduction Act, aux Etats-Unis) se prépare. De quels outils utilisés à l’étranger la France doit-elle s’inspirer pour se réindustrialiser ?

Il est d’abord nécessaire de débloquer des subventions industrielles et surtout de les conditionner à l’achat de produits faits localement, à la manière de ce qu’exigent les Etats-Unis. Les aides publiques doivent, en outre, être simples et rapides à toucher, sur le modèle du crédit d’impôt de l’IRA.

Enfin, le dernier levier, peut-être le plus important, est le prix de l’énergie. La France possède un avantage comparatif sur l’Allemagne et l’Italie avec le nucléaire pour fournir aux industriels de l’énergie bon marché. Sur ce point, les Etats-Unis, autosuffisants en hydrocarbures, sont très en avance.

Le plan pour les industries vertes de la France intervient près d’un an après le vote de l’IRA. Le crédit d’impôt annoncé par Emmanuel Macron suppose encore d’attendre que les Européens s’accordent sur les produits concernés. Dans le même temps, les investissements affluent aux Etats-Unis et la Chine a des années d’avance sur les véhicules électriques ou les panneaux solaires. Est-ce que l’industrie française et européenne pourra rattraper son retard ?

Non, on ne rattrapera pas notre retard sur les technologies existantes comme les panneaux solaires ou les batteries actuelles. En revanche, nous sommes au tout début de l’émergence de technologies d’avenir. Les batteries produites dans cinq ans n’auront rien à voir avec les modèles actuels. Elles seront plus puissantes, plus économes, plus rapides à charger. Il nous appartient de nous positionner maintenant comme leader sur ces innovations pour se réindustrialiser dans des secteurs d’avenir.

Le patchwork idéologique de Sandrine Rousseau

Le patchwork idéologique de Sandrine Rousseau

 

Pour schématiser, Sandrine Rousseau mélange sans complexe les facteurs explicatifs des crises que seraient le barbecue, la virilité, la viande,  le climat,les boomers,  la domination et l’exploitation. Manque encore la condamnation du capitalisme, de l’économie de marché et de l’impérialisme pour compléter cette peinture gauchiste surréaliste. En tout cas un succès médiatique des sorties anachroniques de Sandrine Rousseau même si elles sont très largement démontées et justement ridiculisées.Bref, Europe écologie les Verts  (EELV) avec Sandrine Rousseau et les maires écolos des grandes villes non pas besoin d’ennemis politiques pour se discréditer, ils s’en chargent eux-mêmes.Témoin la sortie d’un  » livre » très léger- par souci écolo ?- comme le contenu de 60 pages dont rend compte le Monde.

Un an après la primaire des écologistes qui l’a vue émerger, Sandrine Rousseau continue de tracer son sillon écoféministe. Avec les autrices Adélaïde Bon et Sandrine Roudaut, elle publie un manifeste au Seuil, Par-delà l’androcène. Soixante pages, amplement de quoi faire les délices de ses détracteurs conservateurs. De quoi renforcer, aussi, un récit de plus en plus porteur auprès d’une nouvelle génération militante.

C’est donc une histoire de l’« androcène », néologisme qui remplace l’anthropocène pour lier système patriarcal, capitalisme et dérèglement climatique. Assumer que les hommes, plus que les femmes et les classes dominées, portent la responsabilité du désastre. Le lecteur adepte d’un universalisme à l’ancienne, celui de l’homme avec un grand « H » créateur de progrès, arrêtera là sa lecture, le curieux continuera sa virée en écoféminisme.

Dans cette ère, écrivent les autrices, « une poignée d’oppresseurs, différents selon les lieux ou les époques, ont exploité et asservi la multitude pour leurs intérêts propres ». Exploitation de la nature, des femmes, des esclaves puis du prolétariat, c’est le trio qui sous-tend cette définition du capitalisme patriarcal. Un récit riche en raccourcis mais qui a l’avantage d’opposer une fin de non-recevoir claire à l’idée que la technique pourrait, à elle seule, représenter une solution au changement climatique.

Lecture de l’économiste Karl Polanyi (1886-1964) à l’appui, les autrices ne craignent pas de s’en prendre aux sacro-saintes Lumières, de tenir un discours critique des sciences : « Linné, Buffon, Lamarck ou Darwin ont théorisé et rangé la nature dans des cases. Ces recherches ont contribué à ne plus la voir comme un tout, cohérent et équilibré, mais comme une somme, un assemblement de parties. En classifiant, nous avons perdu de vue l’essentiel : les liens, les interactions, les équilibres. »

La démonstration, rapide, valorise des exemples tirés des recherches féministes. Inspiré par une lecture de l’universitaire et militante féministe Silvia Federici, le livre présente les procès contre les sorcières, à la fin du Moyen Age, comme symptôme de ce capitalisme en préparation qui aliène les terres et les femmes.

Conscientes qu’elles se mettront à dos les « boomers », les autrices opposent au « jouissons sans entraves » de Mai 68 une nouvelle « règle cardinale » : « Plus question de jouir aujourd’hui aux dépens d’autrui. » Sans jamais dire « décroissance », elles proposent de « transformer l’illusion du pouvoir d’achat en un droit à vivre dignement, à avoir accès aux biens et services fondamentaux ».

 

 

L’éolien un solide marqueur idéologique !

L’éolien  un solide marqueur idéologique ! 

 

 Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde » estime que l’éolien est devenu un solide marqueur idéologique entre la droite–contre–et la gauche–pour–

Une vision finalement très parisienne et qui se réfère au contenu des programmes mais sans doute pas au positionnement politique des Français. En effet dans les opposants à l’éolien sur le terrain on trouve autant de résidents de sensibilité de gauche que de droite et surtout une majorité sans réelle attachement politique partisan.Par ailleurs, l’analyse économique pour comparer éolien et nucléaire est complètement faussée que l’éolien et sur subventionné. Sans parler de l’immense cout de démolitions des éoliennes complètement ignoré. Le caractère intermittent est en outre passé sous silence. Bref un plaidoyer pro éolien très approximatif. NDLR

Pour la première fois sur le territoire français, un mât blanc de plus de 100 mètres de haut s’est élevé, jeudi 7 avril, au-dessus de la mer au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Une éolienne de 6 mégawatts de puissance, qui sera progressivement rejointe par 80 autres plantées à une quinzaine de kilomètres face aux ports du Croisic et du Pouliguen. Le premier champ éolien maritime français sort enfin la tête de l’eau. A terme, l’installation fournira les besoins en électricité de 700 000 habitants. Un motif de fierté pour les ingénieurs d’EDF, qui travaillent sur le projet depuis dix ans, et pour toute la profession de l’éolien.

Mardi 12 avril, le syndicat qui les représente a expliqué que l’Etat allait récupérer, ou économiser, cette année, près de 14 milliards d’euros grâce à l’énergie éolienne. L’envolée des tarifs de l’électricité conduit les exploitants à verser le trop-perçu par rapport au prix de revient de l’installation.

Cette bonne nouvelle ne convainc pas tout le monde. A tel point que ce sujet est devenu, en quelques années, un solide marqueur idéologique entre la droite (contre) et la gauche (pour). Dans son programme politique, la proposition 12 de Marine Le Pen promet d’« arrêter les projets éoliens et [de] démanteler progressivement les parcs existants ». Face à elle, Emmanuel Macron entend créer 50 nouveaux parcs éoliens en mer, comme celui de Saint-Nazaire, mais il ne parle pas du terrestre.

Pour se passer d’éolien, le Rassemblement national prévoit la construction d’une vingtaine de réacteurs EPR d’ici à 2036, dont dix en 2031. Mais cela dépasse largement les capacités techniques d’EDF, qui serait déjà content s’il parvenait à sortir un seul nouvel exemplaire en 2037.

Bien sûr, les éoliennes consomment beaucoup de béton et affectent le paysage, mais elles sont bien plus simples à construire et à installer, et produisent aujourd’hui à des coûts très compétitifs. Le dernier appel d’offres marin, à Dunkerque (Nord), a été remporté par EDF au prix de 45 euros le mégawattheure, contre un prix de marché de l’électricité qui a atteint les 230 euros au premier trimestre.

Comme le rappelle l’expert Nicolas Goldberg dans une très complète note pour Terra Nova, il n’y a aucune chance de respecter de près ou de loin les objectifs climatiques sans un développement à marche forcée des énergies renouvelables, en plus du nucléaire. C’est le message envoyé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et le Réseau de transport d’électricité dans leurs scénarios 2050. Une réalité qui finira par s’imposer. Mais le temps presse.

Wokisme-Protestation contre la dictature idéologique à Sciences-po Grenoble

Wokisme-Protestation contre la dictature idéologique à Sciences-po Grenoble

 Dans une lettre ouverte, 40 personnalités, pour la plupart issues du monde universitaire, interpellent la ministre de l’Enseignement supérieur pour lui demander d’agir face à ce qu’ils perçoivent comme une censure imposée par le courant gauchiste à Grenoble où un enseignant a été suspendu pour ses opinions.

Klaus Kinzler, enseignant à Sciences Po Grenoble, accusé d’islamophobie, s’est longtemps défendu en alertant les médias sur la dérive de son établissement et la chasse aux sorcières dont il se sentait victime. La direction vient de le suspendre au motif qu’il aurait bafoué son obligation de réserve et de discrétion.

 

Le gauchisme wokiste  triomphe à Grenoble ou celui qui avait dénoncé la dictature idéologique vient d’être suspendu de ses fonctions par la directrice de l’institut d’études politiques.

Professeur d’allemand et de civilisation allemande à l’Institut d’études politiques de Grenoble, Klaus Kinzler est accusé  d’être islamophobe dans une campagne lancée par des étudiants sur les réseaux sociaux, il a vu son nom et celui d’un de ses collègues placardés sur les murs de l’établissement avec la mention : « Des fascistes dans nos amphis. L’islamophobie tue ». Klaus Kinzler s’était expliqué dans le journal l’Opinion.

 

Vous avez été, selon vous, la cible d’une « cabale » instrumentalisée par un syndicat étudiant (l’Union syndicale) de l’IEP de Grenoble, avec le silence complice de la direction et du corps enseignant. Pourquoi les choses se sont-elles envenimées à ce point ?

Tout a commencé par des échanges de mails avec une collègue historienne en décembre 2020. Je contestais le titre d’une journée de débats dans lequel « racisme, antisémitisme et islamophobie » étaient mis sur le même plan. Cela me paraissait un scandale alors qu’existe un vrai débat sur la pertinence du terme islamophobie. La discussion s’est vite envenimée, ma collègue affirmant la « scientificité » du mot. Les ennuis ont débuté. Dès janvier, la campagne s’était déjà déchaînée sur Facebook. On nous accusait d’être « islamophobes » et on exigeait notre démission, tout en lançant des appels à témoignages anonymes contre nous. En mars dernier, mon nom, ainsi que celui d’un collègue politologue, spécialiste de l’islam en France, ont été placardés sur la façade de l’établissement. J’ai été mis sous protection policière pendant un mois.

 

Compte tenu de ses déclarations, directrice de l’IEP Sabine Saurugger a décidé par un arrêté du 14 décembre de suspendre l’enseignant de ses fonctions pour une durée de quatre mois, et fait part de son intention de «saisir le conseil de discipline dans les meilleurs délais». Le professeur, précise la directrice dans son arrêté, conservera son traitement et ses indemnités tout le long de cette suspension.

Lettre ouverte à Madame Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur

Madame la ministre,

La situation à l’IEP de Grenoble et les poursuites engagées contre notre collègue Klaus Kinzler démontrent, s’il en était besoin, que la liberté d’expression des universitaires, de même que leur liberté académique dans le cadre de leur enseignement et de leur recherche, libertés dont vous êtes la première garante, sont en péril dans notre pays.

Depuis quelques années un courant militant -et se revendiquant comme tel- cherche à imposer, dans de nombreux établissements d’enseignement supérieur, en particulier dans le domaine des sciences sociales, un discours exclusif. Or c’est une chose…

 

Protestation contre la dictature idéologique à Sciences-po Grenoble

Protestation contre la dictature idéologique à Sciences-po Grenoble

 Dans une lettre ouverte, 40 personnalités, pour la plupart issues du monde universitaire, interpellent la ministre de l’Enseignement supérieur pour lui demander d’agir face à ce qu’ils perçoivent comme une censure imposée par le courant gauchiste à Grenoble où un enseignant a été suspendu pour ses opinions.

Klaus Kinzler, enseignant à Sciences Po Grenoble, accusé d’islamophobie, s’est longtemps défendu en alertant les médias sur la dérive de son établissement et la chasse aux sorcières dont il se sentait victime. La direction vient de le suspendre au motif qu’il aurait bafoué son obligation de réserve et de discrétion.

 

Le gauchisme wokiste  triomphe à Grenoble ou celui qui avait dénoncé la dictature idéologique vient d’être suspendu de ses fonctions par la directrice de l’institut d’études politiques.

Professeur d’allemand et de civilisation allemande à l’Institut d’études politiques de Grenoble, Klaus Kinzler est accusé  d’être islamophobe dans une campagne lancée par des étudiants sur les réseaux sociaux, il a vu son nom et celui d’un de ses collègues placardés sur les murs de l’établissement avec la mention : « Des fascistes dans nos amphis. L’islamophobie tue ». Klaus Kinzler s’était expliqué dans le journal l’Opinion.

 

Vous avez été, selon vous, la cible d’une « cabale » instrumentalisée par un syndicat étudiant (l’Union syndicale) de l’IEP de Grenoble, avec le silence complice de la direction et du corps enseignant. Pourquoi les choses se sont-elles envenimées à ce point ?

Tout a commencé par des échanges de mails avec une collègue historienne en décembre 2020. Je contestais le titre d’une journée de débats dans lequel « racisme, antisémitisme et islamophobie » étaient mis sur le même plan. Cela me paraissait un scandale alors qu’existe un vrai débat sur la pertinence du terme islamophobie. La discussion s’est vite envenimée, ma collègue affirmant la « scientificité » du mot. Les ennuis ont débuté. Dès janvier, la campagne s’était déjà déchaînée sur Facebook. On nous accusait d’être « islamophobes » et on exigeait notre démission, tout en lançant des appels à témoignages anonymes contre nous. En mars dernier, mon nom, ainsi que celui d’un collègue politologue, spécialiste de l’islam en France, ont été placardés sur la façade de l’établissement. J’ai été mis sous protection policière pendant un mois.

 

Compte tenu de ses déclarations, directrice de l’IEP Sabine Saurugger a décidé par un arrêté du 14 décembre de suspendre l’enseignant de ses fonctions pour une durée de quatre mois, et fait part de son intention de «saisir le conseil de discipline dans les meilleurs délais». Le professeur, précise la directrice dans son arrêté, conservera son traitement et ses indemnités tout le long de cette suspension.


Lettre ouverte à Madame Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur

Madame la ministre,

La situation à l’IEP de Grenoble et les poursuites engagées contre notre collègue Klaus Kinzler démontrent, s’il en était besoin, que la liberté d’expression des universitaires, de même que leur liberté académique dans le cadre de leur enseignement et de leur recherche, libertés dont vous êtes la première garante, sont en péril dans notre pays.

Depuis quelques années un courant militant -et se revendiquant comme tel- cherche à imposer, dans de nombreux établissements d’enseignement supérieur, en particulier dans le domaine des sciences sociales, un discours exclusif. Or c’est une chose…

 

Sciences Po Grenoble: La dictature idéologique continue

Sciences Po Grenoble: La dictature idéologique continue

 

Le gauchisme wokiste  triomphe à Grenoble ou celui qui avait dénoncé la dictature idéologique vient d’être suspendu de ses fonctions par la directrice de l’institut d’études politiques.

Professeur d’allemand et de civilisation allemande à l’Institut d’études politiques de Grenoble, Klaus Kinzler est accusé  d’être islamophobe dans une campagne lancée par des étudiants sur les réseaux sociaux, il a vu son nom et celui d’un de ses collègues placardés sur les murs de l’établissement avec la mention : « Des fascistes dans nos amphis. L’islamophobie tue ». Klaus Kinzler s’était expliqué dans le journal l’Opinion.

 

Vous avez été, selon vous, la cible d’une « cabale » instrumentalisée par un syndicat étudiant (l’Union syndicale) de l’IEP de Grenoble, avec le silence complice de la direction et du corps enseignant. Pourquoi les choses se sont-elles envenimées à ce point ?

Tout a commencé par des échanges de mails avec une collègue historienne en décembre 2020. Je contestais le titre d’une journée de débats dans lequel « racisme, antisémitisme et islamophobie » étaient mis sur le même plan. Cela me paraissait un scandale alors qu’existe un vrai débat sur la pertinence du terme islamophobie. La discussion s’est vite envenimée, ma collègue affirmant la « scientificité » du mot. Les ennuis ont débuté. Dès janvier, la campagne s’était déjà déchaînée sur Facebook. On nous accusait d’être « islamophobes » et on exigeait notre démission, tout en lançant des appels à témoignages anonymes contre nous. En mars dernier, mon nom, ainsi que celui d’un collègue politologue, spécialiste de l’islam en France, ont été placardés sur la façade de l’établissement. J’ai été mis sous protection policière pendant un mois.

 

Compte tenu de ses déclarations, directrice de l’IEP Sabine Saurugger a décidé par un arrêté du 14 décembre de suspendre l’enseignant de ses fonctions pour une durée de quatre mois, et fait part de son intention de «saisir le conseil de discipline dans les meilleurs délais». Le professeur, précise la directrice dans son arrêté, conservera son traitement et ses indemnités tout le long de cette suspension.

Zemmour: Cocktail de culture, de rhétorique et mauvaise foi idéologique

Zemmour:   Cocktail de culture, de  rhétorique et mauvaise foi  idéologique

Le phénomène Zemmour constitue en quelque sorte un révélateur des faiblesses intellectuelles du monde politique actuel. Pour parler vulgairement, le personnel politique actuel est assez peu « sexy ». Ils sont nombreux à vouloir prendre le pouvoir mais bien peu disposent du charisme, de la culture et d’une vision de l’avenir. Pour preuve , à fin de cacher les insuffisances d’analyse et de perspectives, la plupart des candidats jouent aux syndicalistes en proposant des relèvements de salaire comme si c’était le rôle premier du président de la république.

Dans ce domaine,  Macron mène le bal avec sa politique du chéquier. Les autres prétendants à la magistrature suprême le suivent. On voit ainsi Hidalgo proposer le doublement des salaires des enseignants ou encore Sandrine Rousseau, la gauchiste, annoncer une sorte de salaire universel de 850 €. Chaque candidat presque tente donc de satisfaire des revendications très catégorielles faute de pouvoir proposer des orientations structurelles  crédibles.  Zemmour, lui,  s’engouffre sur le terrain sociétale pudiquement ignoré par une sociologie politique qui évidemment ne vit pas les difficultés des couches populaires.

Le succès de Zemmour tient aussi à sa personnalité. D’abord l’intéressé n’est pas sans culture quand la plupart des autres sont complètement imprégnés de l’anti culture de l’ENA : soit qu’ils en proviennent, soit qu’ils l’ imitent. Résultat une espèce de discours pseudo scientifique qui donne l’apparence du sérieux mais ne repose sur aucune pertinence ou presque. Voire à cet égard les évolutions du discours de Macron depuis 2017. Le même reproche peut être fait à nombre de responsables dont le discours évolue en fonction des sondages.

La supériorité relative de ZEMMOUR  provient aussi De l’utilisation d’une sorte de rhétorique marxiste  qui vise en permanence à démonter l’adversaire par une supériorité intellectuelle supposée. On a pu vérifier que les affirmations statistiques de Zemmour lors du débat avec Mélenchon étaient  pour le moins spécieuses. Mais Zemmour les utilise avec une telle assurance qu’il parvient à déstabiliser ses adversaires. Statistiques, citations littéraires et historiques et rhétorique  marxiste donnent ce sentiment de suffisance qui impressionne les adversaires de Zemmour d’autant qu’ils sont très faibles   eux-mêmes en matière de connaissances des réalités sociales, économiques, et sociétales.

Zemmour présente enfin la particularité d’opérer des raccourcis brutaux pour retomber sur ses pieds idéologiques. Bref une caricature d’analyse qui chute inévitablement sur les obsessions du polémiste.

 Cela d’autant plus que certains aspects qui évoquent ne sont pas sans fondement même s’ils sont instrumentalisés et  déformées.

On aura d’ailleurs noté au cours du débat Mélenchon-Zemmour, le leader de l’extrême gauche était un peu noyé dans toutes les notes qu’on lui avait lui préparées. Zemmour par contre ne disposait ni de papier ni de stylo.( Discrètement il consultait quand même les messages de son Smartphone). Le tribun Mélenchon , qui n’est pas lui-même sans culture  s’est trouvé un peu déstabilisé à plusieurs reprises par le polémiste. Pour affronter le polémiste, il faudrait d’abord que les futurs adversaires comprennent la réthoriqu  qu’ utilise Zemmour et disposent d’un socle intellectuel et politique un peu plus consistant.

La grande confusion idéologique de la gauche

La grande confusion idéologique de la gauche

Philippe Corcuff dresse le panorama de l’extrême confusion idéologique actuelle.

Le sociologue et politiste signe un méticuleux travail d’analyse dans lequel il dissèque les manquements, les incohérences et les errements de la gauche, dont la droite et plus encore l’extrême droite font leur miel.

Analyse du Livre de Philippe Corcuff dans le Monde

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Voici un livre important qui, s’exprimant de l’intérieur de ce que l’on appellera par commodité la gauche intellectuelle radicale, met méthodiquement les pieds dans (presque) tous les plats habituellement contournés par celle-ci. Au-delà de ce « camp » spécifique, toujours influent par son rôle de producteur de concepts et de discours pour tout projet politique alternatif, cet ouvrage est susceptible d’intéresser quiconque, y compris parmi les « modérés », tente de retrouver des repères dans l’actuel brouillard du « confusionnisme ».

Le mot appelle une définition. Pour l’auteur, sociologue et politiste, c’est « le nom actuel d’une désagrégation relative des repères politiques antérieurement stabilisés autour du clivage gauche-droite et du développement de passerelles discursives entre extrême droite, droite, gauche modérée et gauche radicale ».

Il ne s’agit donc pas de la figure classique des « extrêmes qui se rejoignent », mais d’un phénomène bien plus large, dont l’effet est de « générer des interférences entre des postures et des thèmes auparavant antagonistes ». Entre, par exemple, internationalisme et souverainisme, accueil des migrants et sacralisation de la frontière, universalisme et culte de l’identité, souci écologique et exaltation des racines terriennes…

Ses composantes, enchevêtrées et mouvantes, sont patiemment décortiquées : l’identitarisme, le « postfascisme » (ainsi défini parce que l’extrême droite, naguère antirépublicaine, se réclame aujourd’hui de l’héritage républicain dans sa forme autoritaire), l’extrême-droitisation (notamment de la droite classique), l’ultraconservatisme et le conspirationnisme qui gagne partout du terrain. Soumise à ces « interférences confusionnistes », la critique de la société et de ses injustices revêt alors les formes dégradées d’un hypercriticisme « antisystème » où se côtoient et se recoupent la transgression et la posture rebelle, la prétention à briser les tabous, la stigmatisation des médias, l’ivresse du simplisme et l’exploitation du ressentiment.

Peu suspect de connivence avec le macronisme, dont il envisage toutes les évolutions possibles y compris les pires, l’auteur observe néanmoins que l’effacement de la frontière symbolique avec l’extrême droite ouvre un « un abîme relativiste relevant du tragicomique » quand le terme de dictature est utilisé pour qualifier l’état politique actuel de la France. Chemin faisant, cet ouvrage apparaît comme une encyclopédie des manquements, des incohérences et des errements de la gauche, dont la droite et plus encore l’extrême droite font leur miel.

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Politique–Le vide idéologique de la majorité face à l’islamisme (Francis Chouat)

 

Politique–Le vide idéologique de la majorité  face à l’islamisme (Francis Chouat)

La  république en marche officiellement s’efforce de déminer le terrain entre ceux  qui s’opposent dans la majorité  à propos de l’Islamo-gauchisme; cela pour préserver le en même temps d’Emmanuel Macron, Le député de l’Essonne (LREM), Francis Chouat,  considère que le peuple français a besoin d’espérance. Une quête de sens qui passera par la confrontation politique, selon lui. Une condamnation sans doute aussi par avance de la stratégie d’attrape tout envisagée par le président de république pour sa campagne présidentielle de 2022.

Proche de l’ex-premier ministre Manuel Valls, Francis Chouat , député de l’Essonne apparenté à La République en marche (LREM) dénonce la mollesse et la duplicité de la majorité face aux phénomènes de l’Islam au gauchisme (interview le Figaro). Il est membre de Territoires de progrès, parti de l’aile gauche de la majorité.

Dans une tribune au Monde, des ministres et députés LREM prennent leurs distances avec la polémique sur l’«islamo-gauchisme», fustigeant un «totem conceptuel». Pourquoi avez-vous jugé ce texte «insupportable» ?

 

Francis CHOUAT. - Parce qu’il est une insulte faite aux députés qui, comme moi, ont fait preuve d’un grand esprit de responsabilité en votant la loi contre le «séparatisme» islamiste. À lire ces responsables macronistes – qui ne disent pas un mot du projet de loi -, lutter contre l’«islamo-gauchisme», avatar de l’islamisme politique, reviendrait à défendre un «totem» étranger à toute réalité, voire s’adonner à un «fétichisme des termes». Leur tribune, aux allures de bouillie intellectuelle, renvoie dos à dos ceux qui combattent l’islamisme politique et ceux qui le supportent.

La majorité sans corpus idéologique face à l’islamisme (Francis Chouat)

 

La  république en marche officiellement s’efforce de déminer le terrain entre ceux  qui s’opposent dans la majorité  à propos de l’Islamo-gauchisme; cela pour préserver le en même temps d’Emmanuel Macron, Le député de l’Essonne (LREM), Francis Chouat,  considère que le peuple français a besoin d’espérance. Une quête de sens qui passera par la confrontation politique, selon lui. Une condamnation sans doute aussi par avance de la stratégie d’attrape tout envisagée par le président de république pour sa campagne présidentielle de 2022.

Proche de l’ex-premier ministre Manuel Valls, Francis Chouat , député de l’Essonne apparenté à La République en marche (LREM) dénonce la mollesse et la duplicité de la majorité face aux phénomènes de l’Islam au gauchisme (interview le Figaro). Il est membre de Territoires de progrès, parti de l’aile gauche de la majorité.

Dans une tribune au Monde, des ministres et députés LREM prennent leurs distances avec la polémique sur l’«islamo-gauchisme», fustigeant un «totem conceptuel». Pourquoi avez-vous jugé ce texte «insupportable» ?

 

Francis CHOUAT. - Parce qu’il est une insulte faite aux députés qui, comme moi, ont fait preuve d’un grand esprit de responsabilité en votant la loi contre le «séparatisme» islamiste. À lire ces responsables macronistes – qui ne disent pas un mot du projet de loi -, lutter contre l’«islamo-gauchisme», avatar de l’islamisme politique, reviendrait à défendre un «totem» étranger à toute réalité, voire s’adonner à un «fétichisme des termes». Leur tribune, aux allures de bouillie intellectuelle, renvoie dos à dos ceux qui combattent l’islamisme politique et ceux qui le supportent.

Durcissement idéologique des États-Unis vis-à-vis de la Chine ?

Durcissement idéologique des États-Unis vis-à-vis de la Chine ?

 

Pour le spécialiste des Etats-Unis Yannick Mireur, Joe Biden pourrait jouer comme son successeur la carte de la défense du « peuple américain » contre la concurrence chinoise en y ajoutant l’argument idéologique, à condition de sortir du conformisme diplomatique (article dans le monde)

 

 

Tribune. S’il est un élément de continuité prévisible de Donald Trump à Joe Biden, c’est la question chinoise. Le ton et la méthode seront évidemment différents du mode d’action chaotique du président sortant, mais son coup de pied dans la fourmilière d’une élite dirigeante américaine trop conciliante avec le rival communiste laissera plus qu’une trace dans les relations futures entre les deux pays.

En pointant ouvertement du doigt les tricheries et le mercantilisme de la Chine communiste, tout en louant à l’occasion son chef autoritaire, Xi Jinping, Donald Trump a libéré la parole et réuni dans une hostilité nouvelle à Pékin démocrates et républicains. Résonnant jusqu’à Bruxelles, où le commissaire Josep Borrell a parlé de naïveté des Européens, son style abrasif a comme sonné l’alarme.

Hongkong, Taïwan

Tirant les leçons du dialogue qu’avait voulu structurer l’équipe de Bush Jr., la présidence Obama avait déjà pivoté vers plus de fermeté, en basculant le centre de gravité militaire américain vers le Pacifique et en y engageant un projet de traité de libre-échange, le Partenariat transpacifique, vecteur d’influence économique et normative.

Mais depuis quatre ans, la rivalité économique, spécialement autour des technologies comme la 5G, s’intensifie. La rivalité stratégique en Asie-Pacifique fait craindre des risques croissant de conflit par défaut de concertation avec les dirigeants chinois. Et comme un naturel qui reviendrait au galop, la confrontation idéologique longtemps ignorée se réinstalle, à la lumière des événements scandaleux de Hongkong, des menaces sur Taïwan, et du resserrement de la surveillance technologique de la société civile à l’occasion de la crise sanitaire.

Pour les démocrates qui prennent les rênes à Washington, l’antagonisme sino-américain sera autant une bataille industrielle et commerciale qu’un affrontement politique. Tout l’enjeu est d’en faire une confrontation maîtrisée pour éviter tout dérapage dramatique.

Fermeté

Une approche idéologique ferme contre le régime d’Etat-parti, mais ouverte au plan économique pour favoriser un commerce aussi loyal que possible à rebours du mode de concurrence chinois, serait pertinente.

Elle viserait à inciter Pékin à des réformes structurelles vers plus de supervision et de transparence de marché – par exemple en matière de propriété intellectuelle –, qui pourraient bénéficier aux opérateurs internationaux présents en Chine, tout en assouplissant les mesures tarifaires imposées sur 360 milliards de biens chinois importés.

Macronistes de gauche ! Une incompatibilité sémantique et idéologique

Macronistes de gauche ! Une incompatibilité sémantique et idéologique

 

Les soldats perdus du parti socialiste se dispersent de plus en plus dans une grande partie de l’échiquier politique, ils côtoient désormais aussi bien la droite que l’extrême gauche. La dernière initiative de reclassement a été prise par l’ancien député l’ancien député PS de la Gironde Gilles Savary qui est aujourd’hui délégué général de Territoires de Progrès dont les effectifs doivent  tenir dans une cabine téléphonique.

En fait, il se rallie à Macron lui aussi. L’ex député avait montré une certaine connaissance dans le domaine des transports avec des analyses et des propositions assez pertinentes. Par contre, sur le plan de la politique générale on constate nettement un glissement vers la droite avec notamment ses chroniques dans le journal l’Opinion. Bref, comme pour d’autres responsables socialistes, le flou du socle idéologique conduit vers toutes les issues y compris l’impasse,  surtout quand on fait de la politique son métier.

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