Archive pour le Tag 'hymne'

Un hymne au marché !

Un hymne au marché !

La dénonciation du centralisme et du bureaucratisme français pour mieux chanter l’hymne au marché. Des évidences, des vérités savamment mélangées à des oublis et des dénis de politique économique  pour vanter les mérites du localisme et de la seule initiative privée. Bref une caricature, en plus  démago.

 
par  Stanislas de Bentzmann et Jean-Marc Daniel dans « l’Opinion »
 Mais pourquoi donc nos politiques adorent-ils tous les idées fausses, reprises régulièrement par tous les partis et qui ont toujours échoué ? Je veux parler des taxes aux frontières, des loyers bloqués, des prix administrés, des plans d’innovations et de relances étatiques, des allocations en tous genres, etc.
 

Toutes ces solutions qui semblent simples et frappées au coin du bon sens : les loyers montent trop vite, qu’à cela ne tienne, bloquons-les. Au lieu de construire plus et de créer ainsi un prix d’équilibre plus bas. Mais relancer la construction est complexe et prend du temps. Alors que bloquer les loyers est simple et populaire, mais crée rapidement la pénurie de logements. Ce qui a amené l’économiste Assar Lindbeck à déclarer « le contrôle des loyers est le moyen le plus efficace de détruire une ville, avec le bombardement ».

 Lorsque les temps sont difficiles et que les enjeux publics complexes comme l’école ou la sécurité sont en souffrance, il est alors tentant d’agir rapidement et prendre des décisions radicales, même si elles sont néfastes à l’économie et au pays.

 

 L’autre panacée est la souveraineté. Voilà un moyen facile de flatter l’ego national en vilipendant l’ouvrier chinois ou marocain et sa concurrence déloyale. Trouver des raisons extérieures à ses difficultés est toujours plus simple, et plus encore en politique où la communication remplace souvent l’action.
 

L’exemple de la loi sur les 35 heures est emblématique de la méthode. Malgré une baisse continue du temps de travail tout au long du XXe siècle, financée par des gains de productivité, l’Etat a décidé de s’en mêler. En réduisant autoritairement le temps de travail des salariés français, au moment même où les Allemands remontaient le leur, nous avons renchéri le coût des produits « made in France » de 11% le 1er janvier 2000.

 

A la suite de quoi, nous avons constaté une chute continue de nos parts de marché dans le commerce international. La conséquence de la loi sur les 35 heures fut l’effondrement de notre compétitivité et un écart croissant de richesse (PIB par habitant) avec celui de nos principaux voisins européens. Mais il est politiquement beaucoup plus difficile de remettre en cause le nombre de jours de congés des salariés, que de proposer d’établir des droits de douane sur les produits étrangers, même si les taxes aux frontières affectent d’abord le pouvoir d’achat des consommateurs.

 

Le dernier plan en date du présent gouvernement n’est que de 54 milliards. Une goutte d’eau ! Y a-t-il eu avant cela une étude quelconque sur les 30 milliards du plan de relance de Sarkozy en 2008 ?

Illusions. L’investissement public est une autre illusion de nos politiques, qu’ils auront essayée et réessayée tant et plus, sans aucune analyse du retour sur investissement. Le dernier plan en date du présent gouvernement n’est que de 54 milliards. Une goutte d’eau ! Y a-t-il eu avant cela une étude quelconque sur les 30 milliards du plan de relance de Sarkozy en 2008 ? 30 milliards, c’est beaucoup d’impôts. Quand une commission d’enquête s’est-elle penchée sur la valeur créée ? Avons-nous compté le nombre de ces plans gouvernementaux, leurs coûts astronomiques et leurs résultats quasi inexistants ? Et pendant que nous nous désolons de n’avoir que trop peu de grandes entreprises technologiques françaises, nous nous souvenons du plan calcul du général de Gaulle qui est à l’origine lointaine d’Atos et de ses difficultés.

 

Non, les innovations ne se développent pas dans les plans étatiques et bureaucratiques. Elles apparaissent au plus près du terrain, portées par un environnement favorable aux aventuriers que sont les entrepreneurs. C’est ce que les Etats-Unis ont bien compris, leur permettant de construire la première économie mondiale et de déployer les technologies dominantes du XXIe siècle.

 
 Le sous-jacent de toutes ces erreurs est l’incapacité à accepter que l’intelligence collective du marché soit (quasi) toujours beaucoup plus efficace que le fonctionnaire tout en haut de son ministère. Son niveau d’information et sa réactivité, aussi intelligent et dévoué soit-il, seront toujours insuffisants pour s’adapter efficacement à la réalité du terrain. En effet, il est impossible à une entité centrale de recueillir et de traiter toutes les informations dispersées et tacites d’une économie. Ce que Friedrich Hayek (Prix Nobel d’économie) appelait « l’illusion synoptique ».
 

Faire confiance, faire confiance aux salariés, aux entreprises, aux consommateurs, à la société civile, chaque fois que nécessaire, voilà l’impossible pour nos politiques, désireux d’être actifs et utiles à tout prix, nourris à l’idéal de l’Etat nounou. L’Etat doit être et rester autant que possible l’acteur en dernier ressort.

Stanislas de Bentzmann est CEO de Devoteam, Jean-Marc Daniel est économiste

Transition énergétique: hymne aux énergies renouvelables !

Transition énergétique: hymne aux énergies renouvelables !

Sous couvert d’énergie propre certains responsables européens militent en fait uniquement pour le développement des éoliennes et du solaire. Deux types d’énergie bien sûr utiles mais qui ont surtout l’inconvénient d’être intermittente et donc d’être suppléés par des centrales classiques y compris nucléaires. Notons par ailleurs que le concept d’énergie propre est discutable car toutes énergie nécessite dans sa phase de construction voire de fonctionnement des externalités négatives. M. Nicolas Schmit Commissaire européen à l’emploi et Mme Kadri Simson, commissaire à l’énergie, soutiennent cependant les seuls éoliennes et solaires.

Notons que cet hymne aux énergies inoubliables et peut-être aussi destinées à racheter l’image de la commissaire à l’énergie; Kadri Simson ayant été ministre au sein d’un gouvernement jugé peu soucieux des problématiques environnementales. Alors chargée de la politique énergétique, elle mise principalement sur le pétrole de schiste et le charbon. Si cette stratégie permet à l’Estonie d’atteindre l’indépendance énergétique, elle fait du pays le deuxième émetteur de dioxyde de carbone par habitant dans l’Union européenne. Le réseau international Les Amis de la Terre a ainsi jugé son discours au Parlement européen « incroyablement faible de la part de la candidate qui est censée conduire la transition énergétique en Europe pour éviter la crise climatique »

La Tribune

L’année dernière, au coude-à-coude avec la Chine et devant les États-Unis, l’UE s’est hissée en tête du classement international en matière de déploiement des énergies renouvelables. Les énergies éolienne et solaire ont généré 22% de l’électricité à l’échelle de l’UE, dépassant pour la première fois le gaz naturel.

Cette position de premier plan dans le domaine des énergies renouvelables ne trouve toutefois pas son pendant dans la production de technologies énergétiques à zéro émission nette. La question de savoir comment doter l’UE d’une base industrielle solide dans ce secteur en pleine croissance et assurer son autonomie stratégique sans créer de nouvelles dépendances est une priorité absolue.

Dans ce débat, un facteur est souvent négligé, à savoir l’importance du capital humain. Le rapport de 2023 sur la compétitivité des énergies propres, qui vient d’être publié par la Commission européenne, nous le rappelle avec force.

L’UE devra créer 3,5 millions de nouveaux emplois de qualité dans le secteur des énergies renouvelables si elle veut atteindre ses objectifs. Cela signifie qu’il lui faudra plus que doubler sa main-d’œuvre actuelle !

Le secteur des énergies renouvelables au sein de l’UE a occupé 1,5 million de personnes en 2021. Le taux de croissance ainsi enregistré, 12% par rapport à 2020, est supérieur à celui enregistré par l’économie globale. Le taux de vacance d’emploi dans le domaine de la production d’énergie propre a cependant doublé entre 2019 et 2023, entraînant dans son sillage une importante pénurie de compétences.

L’énergie et l’industrie manufacturière comptent parmi les secteurs où les besoins en formation sont les plus importants en matière de compétences techniques et spécifiques. Une mise à niveau professionnelle s’avère en effet nécessaire pour plus de la moitié de leurs travailleurs. Il faut agir pour inverser cette tendance.

L’année européenne des compétences a été lancée par l’UE en mai 2023. Cette initiative vise, pendant une année, à favoriser l’instauration d’une culture de la formation continue et à stimuler la mise en œuvre de politiques relatives aux compétences dans l’ensemble de l’UE.

Dans le cadre du pacte européen pour les compétences, l’UE a mis en place plusieurs partenariats public-privé destinés à promouvoir la reconversion et le perfectionnement professionnels de sa main-d’œuvre, en particulier dans les domaines du numérique, de l’écologie et de la technique. Ces partenariats réunissent des employeurs, des organisations syndicales, des services publics de l’emploi, des autorités régionales et d’autres acteurs pour déterminer les compétences recherchées dans différents secteurs de l’économie et prendre des engagements en faveur de la formation. À ce jour, 1.500 organisations ont adhéré au pacte pour les compétences, qui compte 18 partenariats à grande échelle. Jusqu’à présent, ses membres ont investi près de 160 millions d’euros dans des activités de formation, dont 2 millions de personnes ont déjà pu bénéficier.

Les financements de l’UE jouent un rôle central dans la révolution des compétences en Europe. Globalement, les fonds de l’UE permettent d’investir environ 65 milliards d’euros dans des programmes axés sur le développement des compétences. Les plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat constituent en outre pour les États membres un outil précieux pour la planification stratégique des compétences liées à l’énergie.

Plus tôt cette année, la Commission européenne a présenté le plan industriel du pacte vert et le règlement pour une industrie «zéro net». Tous deux visent à stimuler la compétitivité de l’UE en accélérant l’octroi de permis, en facilitant l’accès au financement et en améliorant le développement des compétences au sein de l’Union. Une académie des compétences, créée en 2022 par l’alliance européenne pour les batteries, coordonne déjà les mesures de reconversion professionnelle à l’échelon européen et propose des formations de qualité dans l’ensemble des États membres pour combler les besoins de ce secteur en pleine expansion, demandeur d’environ 800.000 travailleurs qualifiés. Grâce au règlement pour une industrie «zéro net», d’autres secteurs du «zéro net» vont suivre le mouvement.

Les mesures de reconversion et de perfectionnement professionnels devraient tendre à attirer davantage de main-d’œuvre féminine dans les secteurs concernés. En effet, le secteur énergétique de l’UE fait face à un écart persistant entre les hommes et les femmes en matière d’emploi : en 2022, la gent féminine ne représentait que 26,6% de la main-d’œuvre dans la production et la distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné. Par conséquent, il y a lieu d’adapter les investissements dans les compétences des travailleurs pour accroître la part des femmes dans ces nouveaux emplois des technologies propres, en commençant notamment par organiser des campagnes en milieu scolaire afin d’inciter davantage de jeunes filles à s’orienter vers les matières STIM.

La transition vers une énergie propre représente une occasion sans précédent de créer des emplois de qualité. Si nous voulons que nos travailleurs en récoltent les fruits, nous devons investir massivement dans le capital humain. Le moment est venu pour les États membres de l’UE de penser à demain et de mettre en place des politiques du marché du travail actives et durables, pour qu’au cours des années à venir, l’Europe puisse compter sur les scientifiques, ingénieurs, techniciens et l’ensemble des travailleurs qualifiés dont elle a besoin pour construire un avenir énergétique propre.

Notons que la même argumentation pourrait être développée en faveur du nucléaire ! NDLR

Energie propre: hymne à aux énergies renouvelables !

Energie propre: hymne à aux énergies renouvelables !

Sous couvert d’énergie propre certains responsables européens militent en fait uniquement pour le développement des éoliennes et du solaire. Deux types d’énergie bien sûr utiles mais qui ont surtout l’inconvénient d’être intermittente et donc d’être suppléés par des centrales classiques y compris nucléaires. Notons par ailleurs que le concept d’énergie propre est discutable car toutes énergie nécessite dans sa phase de construction voire de fonctionnement des externalités négatives. M. Nicolas Schmit Commissaire européen à l’emploi et Mme Kadri Simson, commissaire à l’énergie, soutiennent cependant les seuls éoliennes et solaires.

Notons que cet hymne aux énergies inoubliables et peut-être aussi destinées à racheter l’image de la commissaire à l’énergie; Kadri Simson ayant été ministre au sein d’un gouvernement jugé peu soucieux des problématiques environnementales. Alors chargée de la politique énergétique, elle mise principalement sur le pétrole de schiste et le charbon. Si cette stratégie permet à l’Estonie d’atteindre l’indépendance énergétique, elle fait du pays le deuxième émetteur de dioxyde de carbone par habitant dans l’Union européenne. Le réseau international Les Amis de la Terre a ainsi jugé son discours au Parlement européen « incroyablement faible de la part de la candidate qui est censée conduire la transition énergétique en Europe pour éviter la crise climatique »

La Tribune

L’année dernière, au coude-à-coude avec la Chine et devant les États-Unis, l’UE s’est hissée en tête du classement international en matière de déploiement des énergies renouvelables. Les énergies éolienne et solaire ont généré 22% de l’électricité à l’échelle de l’UE, dépassant pour la première fois le gaz naturel.

Cette position de premier plan dans le domaine des énergies renouvelables ne trouve toutefois pas son pendant dans la production de technologies énergétiques à zéro émission nette. La question de savoir comment doter l’UE d’une base industrielle solide dans ce secteur en pleine croissance et assurer son autonomie stratégique sans créer de nouvelles dépendances est une priorité absolue.

Dans ce débat, un facteur est souvent négligé, à savoir l’importance du capital humain. Le rapport de 2023 sur la compétitivité des énergies propres, qui vient d’être publié par la Commission européenne, nous le rappelle avec force.

L’UE devra créer 3,5 millions de nouveaux emplois de qualité dans le secteur des énergies renouvelables si elle veut atteindre ses objectifs. Cela signifie qu’il lui faudra plus que doubler sa main-d’œuvre actuelle !

Le secteur des énergies renouvelables au sein de l’UE a occupé 1,5 million de personnes en 2021. Le taux de croissance ainsi enregistré, 12% par rapport à 2020, est supérieur à celui enregistré par l’économie globale. Le taux de vacance d’emploi dans le domaine de la production d’énergie propre a cependant doublé entre 2019 et 2023, entraînant dans son sillage une importante pénurie de compétences.

L’énergie et l’industrie manufacturière comptent parmi les secteurs où les besoins en formation sont les plus importants en matière de compétences techniques et spécifiques. Une mise à niveau professionnelle s’avère en effet nécessaire pour plus de la moitié de leurs travailleurs. Il faut agir pour inverser cette tendance.

L’année européenne des compétences a été lancée par l’UE en mai 2023. Cette initiative vise, pendant une année, à favoriser l’instauration d’une culture de la formation continue et à stimuler la mise en œuvre de politiques relatives aux compétences dans l’ensemble de l’UE.

Dans le cadre du pacte européen pour les compétences, l’UE a mis en place plusieurs partenariats public-privé destinés à promouvoir la reconversion et le perfectionnement professionnels de sa main-d’œuvre, en particulier dans les domaines du numérique, de l’écologie et de la technique. Ces partenariats réunissent des employeurs, des organisations syndicales, des services publics de l’emploi, des autorités régionales et d’autres acteurs pour déterminer les compétences recherchées dans différents secteurs de l’économie et prendre des engagements en faveur de la formation. À ce jour, 1.500 organisations ont adhéré au pacte pour les compétences, qui compte 18 partenariats à grande échelle. Jusqu’à présent, ses membres ont investi près de 160 millions d’euros dans des activités de formation, dont 2 millions de personnes ont déjà pu bénéficier.

Les financements de l’UE jouent un rôle central dans la révolution des compétences en Europe. Globalement, les fonds de l’UE permettent d’investir environ 65 milliards d’euros dans des programmes axés sur le développement des compétences. Les plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat constituent en outre pour les États membres un outil précieux pour la planification stratégique des compétences liées à l’énergie.

Plus tôt cette année, la Commission européenne a présenté le plan industriel du pacte vert et le règlement pour une industrie «zéro net». Tous deux visent à stimuler la compétitivité de l’UE en accélérant l’octroi de permis, en facilitant l’accès au financement et en améliorant le développement des compétences au sein de l’Union. Une académie des compétences, créée en 2022 par l’alliance européenne pour les batteries, coordonne déjà les mesures de reconversion professionnelle à l’échelon européen et propose des formations de qualité dans l’ensemble des États membres pour combler les besoins de ce secteur en pleine expansion, demandeur d’environ 800.000 travailleurs qualifiés. Grâce au règlement pour une industrie «zéro net», d’autres secteurs du «zéro net» vont suivre le mouvement.

Les mesures de reconversion et de perfectionnement professionnels devraient tendre à attirer davantage de main-d’œuvre féminine dans les secteurs concernés. En effet, le secteur énergétique de l’UE fait face à un écart persistant entre les hommes et les femmes en matière d’emploi : en 2022, la gent féminine ne représentait que 26,6% de la main-d’œuvre dans la production et la distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné. Par conséquent, il y a lieu d’adapter les investissements dans les compétences des travailleurs pour accroître la part des femmes dans ces nouveaux emplois des technologies propres, en commençant notamment par organiser des campagnes en milieu scolaire afin d’inciter davantage de jeunes filles à s’orienter vers les matières STIM.

La transition vers une énergie propre représente une occasion sans précédent de créer des emplois de qualité. Si nous voulons que nos travailleurs en récoltent les fruits, nous devons investir massivement dans le capital humain. Le moment est venu pour les États membres de l’UE de penser à demain et de mettre en place des politiques du marché du travail actives et durables, pour qu’au cours des années à venir, l’Europe puisse compter sur les scientifiques, ingénieurs, techniciens et l’ensemble des travailleurs qualifiés dont elle a besoin pour construire un avenir énergétique propre.

Notons que la même argumentation pourrait être développée en faveur du nucléaire ! NDLR

Retraites :Un hymne à la capitalisation !

Retraites :Un hymne à la capitalisation !

Par Yann Coatanlem , du Club Praxis, co-auteur du «Capitalisme contre les inégalités» lance un véritable hymne à la capitalisation comme remède pour les retraites. dans la Tribune.

La petite musique de la capitalisation monte encouragée par l’appétit des 350 milliards que représente le budget des retraites. Avec un calcul de coin de table qui fait abstraction de l’ampleur de la volatilité des marchés voire d’un éventuel krach des actions structurellement surcotées NDLR

«Pour la génération de 1960, la pension d’une personne ayant passé toute sa carrière au niveau du smic aurait pu s’établir à plus de 2 000 euros au lieu de dépasser à peine les 1 000 euros aujourd’hui» affirme l’auteur après des calculs de coin de table et notamment la perspective d’une retraite non garantie. Une petite musique sur la capitalisation totale ou partielle pour les retraites qui manquent progressivement pousser par l’appétit que représente le bateau des 300 milliards de la retraite.

Comment fortement relever la retraite des salariés au smic sans effort supplémentaire, c’est-à-dire sans changer le niveau des cotisations, ni l’âge de départ à la retraite ou le niveau des pensions ? Réclame d’arracheur de dents ? Non, c’est en fait un objectif parfaitement sérieux et atteignable. Pour la génération de 1960, la pension d’une personne ayant passé toute sa carrière au niveau du smic aurait pu s’établir à plus de 2 000 euros au lieu de dépasser à peine les 1 000 euros aujourd’hui. Il aurait suffi d’introduire une petite dose de capitalisation, de l’ordre de 15 % des cotisations. Même en cas de scénarios extrêmes, l’impact d’une telle mesure a de fortes chances d’être positif.
.
Commençons par rappeler quelques éléments de base, issus des analyses du Conseil d’orientation des retraites. Un individu né en 1960 qui commence sa carrière à 18 ans peut prendre sa retraite à 60 ans avec une espérance de vie de 27 ans et en optimisant le rendement de ses cotisations : si son salaire n’a jamais dépassé le smic, le « taux de rendement interne » peut même se situer dans une fourchette de 2 % à 2,5 %, bien au-dessus de celui des cadres. Cela s’explique en partie par des espérances de vie différentes et c’est un des moyens pour le système de répartition de tenir compte de la pénibilité.

Il n’en reste pas moins que le taux de remplacement net pour notre retraité smicard n’est que de 80 %, ce qui limite sa pension à 1080 euros environ, c’est-à-dire pas loin en fait du seuil de pauvreté en France. Dans le même temps, les profits du CAC 40 pendant toute sa vie professionnelle ont pu nourrir de grands fonds de pension américains, mais n’ont certainement en rien contribué à sa qualité de vie. A l’heure du débat sur le « dividende salarié », il est peut-être temps de réaliser que le capital le plus important de l’immense majorité des employés est de loin leur plan de retraite. Il est virtuel dans la mesure où il n’est pas garanti, il n’en est pas moins un actif au moins implicite. Et donc c’est au niveau des retraites que l’on pourrait déployer des mécanismes de participation avec le plus d’efficacité possible.

Simulations. Comment cela peut-il fonctionner en pratique ? Dans notre exemple, le salarié de la génération 1960, employé dans le secteur privé, au lieu de simplement cotiser à 100 % à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), partagerait ses contributions (et celles de son employeur) entre le système actuel de répartition et un pilier de capitalisation, comme en Suède par exemple. Ce n’est pas anodin car si le taux de rendement interne annuel en France ne dépasse pas 2,5 % après inflation, le rendement d’un indice boursier comme le CAC 40 est nettement supérieur : nous prenons dans nos simulations une première hypothèse d’un taux de 7,75 %, correspondant à la performance de l’indice français entre 1988 et 2023 (corrigée de l’inflation).

Dans notre exemple, le montant de cotisation dans le pilier de répartition est cinq fois plus élevé que celui versé au pilier de capitalisation et pourtant, in fine, la part de la pension provenant de la capitalisation est nettement plus élevée (+38 %) que celle issue de la répartition. Au total, le retraité dispose d’une pension très confortable de 2 166 euros, soit le double de sa pension actuelle.

«On peut ainsi imaginer à quel point le financement des entreprises pourrait bénéficier de l’émergence de grands fonds de pension paneuropéens»
Tenons maintenant compte du risque de mauvaise performance des marchés. Pour cela nous considérons d’abord le scénario catastrophique où l’indice boursier perd 60 % au moment même du départ à la retraite : même dans ce cas, la pension de retraite serait toujours en hausse de 30 % par rapport à aujourd’hui. Et au cas où le taux de rendement du marché ne se situerait qu’à deux 2 % au-dessus du taux de rendement de répartition, le gain de pension serait toujours de 17 %.

Cet exercice n’est qu’une illustration, de plus sur un cas particulier, mais il montre le potentiel d’une mesure qui ne doit pas être réservée aux plus riches. Si les assureurs et les réassureurs gèrent leurs risques par une exposition de long terme aux marchés, on voit difficilement comme cette approche ne pourrait pas s’appliquer aussi à l’assurance sociale.
Avantages. Notons d’ailleurs que des solutions ont été élaborées par certains pays pour mieux contrôler la volatilité des marchés. Les Pays-Bas ont ainsi mis en place le système « Collective Defined Contribution », proche des plans existants au Danemark et au Canada. Cette approche a l’avantage de mutualiser les risques (et donc de lisser la performance) à la fois d’un point de vue intergénérationnel et entre membres d’une même génération : le retraité est protégé contre le risque de survivre aux sommes investies dans sa retraite, et dans le même temps contre le risque de mauvaise performance du marché.

Une telle réforme offre aussi de multiples avantages bien au-delà de la seule problématique des retraites. A l’échelle européenne autant que nationale, on peut ainsi imaginer à quel point le financement des entreprises pourrait bénéficier de l’émergence de grands fonds de pension paneuropéens. Ce serait d’autant mieux venu que l’Europe accuse aujourd’hui un fort déficit d’investissement dans la recherche et le développement par rapport à ses concurrents américain et chinois. A terme, on pourrait ainsi remettre sur la bonne voie le chantier de l’Union des marchés de capitaux, et, on peut rêver, rendre plus positive la perception de l’Union européenne par ses concitoyens.

A l’heure où beaucoup d’économistes proposent la capitalisation de manière un peu péremptoire, notre approche a le mérite de s’intéresser de manière concrète aux retraites des plus modestes. On ne peut qu’encourager les pouvoirs publics et les universitaires à se saisir d’une des rares marges de manœuvre face à un problème sociétal sur lequel on butte depuis plus de vingt ans avec des outils dépassés. Il faut aujourd’hui un chiffrage détaillé (surtout pertinent NDLR)et un vrai débat démocratique.

Yann Coatanlem est président du Club Praxis, co-auteur du «Capitalisme contre les inégalités» (PUF).

Un hymne à la logistique …..et au gouvernement

Un hymne à la  logistique …..et au gouvernement 

L’importance des chaines d’approvisionnement et de distribution n’est pas une nouveauté. Dimension déterminante des armées depuis Jules César, la logistique a ensuite accompagné le développement de l’industrie et de la consommation de masse. Elle est devenue une fonction centrale de la société tout en restant largement invisible au quotidien, victime de son efficacité, suivant l’adage selon lequel « l’intendance suit ». Par Thomas Courbe, Directeur général des Entreprises (Ministère de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique) et Thierry Coquil, directeur général des infrastructures, des transports et des mobilités (Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires)

 

Encore une tribune qui célèbre les vertus économiques et environnementales de la logistique moderne. Un hymne à la nouvelle gestion des flux de marchandises…. et au gouvernement ! Cette contribution n’apporte en effet pas grand-chose quant à l’évolution systémique des chaînes de production et ses conséquences sur la distribution. Un article assez intemporel et sans vraie consistance  technique et scientifique NDLR

La crise sanitaire a agi tel un rappel sur le caractère toujours stratégique de la logistique qui a approvisionné les magasins et acheminé des milliards de masques. Le conflit en Ukraine a renforcé ce constat. La logistique est un enjeu public majeur de souveraineté – pour disposer des ressources énergétiques, matières premières et composants essentiels – et de transition écologique. Sans une logistique plus durable, l’atteinte des engagements écologiques semble compromise : malgré des efforts, le niveau d’émission de CO2 des transports de marchandises reste au-dessus de 1990 et représente plus de 10% des émissions totales.

Le secteur logistique rassemble en France près de 2 millions de personnes, il conditionne, entrepose et achemine 320 milliards de tonnes-kilomètres par an dont près de 90% grâce aux 600.000 chauffeurs de véhicules de transport routier de marchandises. Ces métiers de la logistique sont un des premiers gisements d’emploi – plusieurs centaines de milliers de postes à pourvoir d’ici 2030 – certains hautement qualifiés, comme en témoigne le succès d’Exotec, première licorne française spécialisée dans l’aménagement automatisé des entrepôts.

La performance de la logistique française est une condition de succès de la politique de relocalisation lancée par le ministre Bruno Le Maire dès 2017. Plus du tiers des entrepôts logistiques du pays sont en effet destinés à l’industrie hors agroalimentaire. La direction générale des entreprises et la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités ont lancé une première stratégie logistique en 2019 avec les acteurs privés, réunis sous l’égide de l’association France Logistique, pour renforcer sa compétitivité, améliorer sa qualité de service et verdir ses modes de transport. La stratégie nationale de la logistique annoncée par Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie, et Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports, lors du 3e Comité Interministériel de la Logistique (CILOG) du 12 décembre 2022, doit nous permettre d’accélérer encore.




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol