Archive pour le Tag 'hôpital'

Hôpital: pour une révolution numérique

Hôpital: pour une révolution numérique

Pour enrayer la crise que traverse le système hospitalier, l’épidémiologiste et rhumatologue Philippe Ravaud propose, dans son dernier ouvrage, de tirer parti des outils numériques et de l’intelligence artificielle, appelant à un « débat éclairé » sur le sujet.( Le Monde)

 

Les nouvelles technologies numériques peuvent-elles venir au secours de l’hôpital public ? Peut-être que dans un autre contexte, ou sous une autre plume, on serait passé plus vite sur ce livre de rentrée, en le réduisant – à tort – à un plaidoyer pour la télémédecine.

Mais l’auteur, Philippe Ravaud, a une expertise à faire valoir : épidémiologiste et rhumatologue, professeur à l’université Paris-Cité, à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris ainsi qu’à la Mailman School of Public Health de Columbia (New York), il est aussi directeur du Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (Inserm, Paris-Cité) et directeur scientifique du partenariat public-privé en santé numérique de l’Hôtel-Dieu. Voilà pour le CV. Quant au contexte, la crise que traverse le système hospitalier – crise que le Covid-19 n’a fait qu’amplifier et qui s’est cristallisée, cet été, sur les services d’urgence – est déjà presque une justification en soi.

Pour trouver une issue à cette crise, et mettre un terme à trente ans de paupérisation de l’hôpital public, Philippe Ravaud défend un « grand bouleversement » adossé aux outils numériques et à l’intelligence artificielle. Mais qu’on ne s’y méprenne pas : dans cette révolution à venir, la technologie n’est qu’un moyen, pas une fin en soi. Un moyen d’améliorer le diagnostic et les soins, explique-t-il, mais aussi de résoudre les inégalités et la désertification médicale, de pallier la pénurie de personnels, de développer la prévention ou encore de renforcer, paradoxalement, le lien soignant-patient : l’argumentaire est étayé, nourri d’études scientifiques et d’exemples concrets, en France comme à l’étranger.

Le néophyte y plonge comme dans un roman d’aventures, voire d’anticipation. Reste à savoir ce que penseront des lecteurs plus avertis, à commencer par les soignants, des « plates-formes régionales de suivi à distance » que l’auteur verrait s’édifier dans le cadre de partenariats public-privé, ou de la « valorisation » des données numériques personnelles qui, en étant vendues, cédées ou utilisées autrement, pourraient constituer des « revenus non conventionnels » en complément de financements plus classiques. Et ainsi renflouer les caisses de l’hôpital public.

« Les obstacles culturels et systémiques sont multiples, écrit Philippe Ravaud, mais il ne fait guère de doute que cette révolution numérique aura lieu. » A l’appui de sa démonstration, il rappelle le « rôle d’accélérateur » qu’a joué le Covid-19, en France et ailleurs : des plates-formes « conçues à partir de rien en quelques jours », et permettant de suivre à distance les malades, ont pu éviter d’innombrables hospitalisations. « Tout était redevenu possible », rappelle l’épidémiologiste, y compris la remise à plat de modes d’organisation qui semblaient figés.

Santé-Hôpital: Un manque structurel d’effectifs

Santé-Hôpital: Un manque structurel d’effectifs

Sur la récente période les effectifs du secteur hospitalier ont progressé cependant il faut tenir compte d’un double phénomène structurel l’évolution de la démographie qui a tendance à peser sur le nombre de patients, d’autre part l’évolution constante de la médecine qui prend en charge aujourd’hui de plus en plus de pathologies nouvelles. Il faut cependant aussi tenir compte de la prise en charge croissante de malades par le secteur privé. Les effectifs salariés du secteur hospitalier ont pourtant progressé de 13 % entre 2003 et 2019, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS). Entre 2015 et 2020, le nombre d’équivalents temps plein dans les hôpitaux a augmenté de 6 % pour les médecins, et de 1 % pour le personnel non médical des services de soins, infirmiers et aides-soignants inclus. Mais là encore, il existe de fortes disparités selon les départements. Sur la même période, la Haute-Garonne a par exemple perdu plus de 6.800 équivalents temps plein au sein de son personnel des services de soin.

« L’hôpital de 2022 n’est plus celui de 2019 », écrivait, en mars, un collectif de soignants dans une tribune publiée par « Le Monde », et selon laquelle les directions doivent désormais « courir après des soignants en désamour hospitalier ». Les infirmiers sont par exemple de plus en plus nombreux à bouder l’hôpital pour se tourner vers le libéral ou vers d’autres employeurs, comme les établissements scolaires, les maisons de retraite, ou la médecine du travail.

Mais le désamour hospitalier n’explique pas tout : le manque de soignants auquel se heurte aujourd’hui la France ne s’arrête pas aux portes de l’hôpital. Tous modes d’exercices confondus, l’Hexagone comptabilise en moyenne 336,5 soignants pour 10.000 habitants, selon une étude parue dans la revue « The Lancet » au mois de mai. A titre de comparaison, la moyenne de l’Europe de l’Ouest est de 407 soignants pour 10.000 habitants.

Par rapport à ses voisins européens, la France fait figure de mauvaise élève quant à la densité d’infirmiers (87,7 pour 10.000 habitants) et de médecins (24,8 pour 10.000 habitants). Loin devant, la Norvège et l’Allemagne affichent par exemple respectivement 211 et 176 infirmiers pour 10.000 habitants.

 

 

Hôpital : un manque d’effectif structurel

 

 

  • Hôpital : un manque d’effectif structurel

  • Sur la récente période les effectifs du secteur hospitalier ont progressé cependant il faut tenir compte d’un double phénomène structurel l’évolution de la démographie qui a tendance à peser sur le nombre de patients, d’autre part l’évolution constante de la médecine qui prend en charge aujourd’hui de plus en plus de pathologies nouvelles. Il faut cependant aussi tenir compte de la prise en charge croissante de malades par le secteur privéLes effectifs salariés du secteur hospitalier ont pourtant progressé de 13 % entre 2003 et 2019, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS). Entre 2015 et 2020, le nombre d’équivalents temps plein dans les hôpitaux a augmenté de 6 % pour les médecins, et de 1 % pour le personnel non médical des services de soins, infirmiers et aides-soignants inclus. Mais là encore, il existe de fortes disparités selon les départements. Sur la même période, la Haute-Garonne a par exemple perdu plus de 6.800 équivalents temps plein au sein de son personnel des services de soin.
  • « L’hôpital de 2022 n’est plus celui de 2019 », écrivait, en mars, un collectif de soignants dans une tribune publiée par « Le Monde », et selon laquelle les directions doivent désormais « courir après des soignants en désamour hospitalier ». Les infirmiers sont par exemple de plus en plus nombreux à bouder l’hôpital pour se tourner vers le libéral ou vers d’autres employeurs, comme les établissements scolaires, les maisons de retraite, ou la médecine du travail.

    Mais le désamour hospitalier n’explique pas tout : le manque de soignants auquel se heurte aujourd’hui la France ne s’arrête pas aux portes de l’hôpital. Tous modes d’exercices confondus, l’Hexagone comptabilise en moyenne 336,5 soignants pour 10.000 habitants, selon une étude parue dans la revue « The Lancet » au mois de mai. A titre de comparaison, la moyenne de l’Europe de l’Ouest est de 407 soignants pour 10.000 habitants.

    Par rapport à ses voisins européens, la France fait figure de mauvaise élève quant à la densité d’infirmiers (87,7 pour 10.000 habitants) et de médecins (24,8 pour 10.000 habitants). Loin devant, la Norvège et l’Allemagne affichent par exemple respectivement 211 et 176 infirmiers pour 10.000 habitants.

Santé Hôpital: 120 services d’urgence menacés

Santé Hôpital: 120 services d’urgence menacés 

 

Généralement on considère que le thème de la réforme des retraites sera le premier obstacle que le gouvernement aura à affronter. Le problème c’est que les dangers économiques sociaux se multiplient par exemple l’envol de l’inflation et que certains sujets pourraient allors devenir la préoccupation numéro un du pays. De ce point de vue l’état de notre système sanitaire est au bord de la rupture. C’est vrai évidemment dans les zones éloignées démographiquement peu denses. Là  pour consulter un cardiologue il faut un an , pour ophtalmologue au moins six mois, pour contacter un kiné  plusieurs semaines, même chose pour obtenir une simple radiographie.

Mais la tension concerne aussi maintenant géographiques très denses et les grands hôpitaux français sont eux-mêmes dans une situation d’urgence qui pourrait rapidement déboucher sur une crise sans précédent .

Fermetures de nuit, «délestages» sur d’autres hôpitaux, accès filtrés par les Samu: faute de soignants, au moins 120 services d’urgence ont été forcés de limiter leur activité ou s’y préparent, selon une liste établie par l’association Samu-Urgences de France (SUdF) que l’AFP s’est procurée.

 

Signe supplémentaire d’une crise inédite, 14 des 32 plus gros hôpitaux français (CHU et CHR) figurent sur cette liste. Parmi les 120 établissements recensés, plus de la moitié ont dû se résoudre à une fermeture, le plus souvent partielle, de leurs urgences. Parfois la nuit, comme à Alkirch (Haut-Rhin), Auch (Gers) ou Voiron (Isère). Ailleurs, en supprimant des équipes mobiles du Smur, comme à Creil (Oise), Grenoble ou Metz.

La «solution» la plus fréquente reste cependant la «régulation d’accès» par les Samu: à Bordeaux, Cherbourg (Manche) ou encore Nevers (Nièvre), à moins d’une urgence vitale, seul un appel préalable au 15 peut permettre une admission à certaines heures. Une dizaine d’hôpitaux sont allés jusqu’au «délestage», renvoyant les malades vers d’autres sites. En clair la situation sanitaire française est explosive.

Hôpital : pour un plan d’urgence de recrutement et de formation

Hôpital : pour un plan d’urgence de recrutement et de formation

 

 

Le Ségur de la santé a acté 9 milliards d’euros d’investissement sur dix ans, mais le retard est tel que cette somme étalée dans le temps ne pourra répondre à l’urgence systémique, s’inquiètent, dans une tribune au « Monde », des leaders syndicaux de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), Luc Farré et Yann Le Baron.

Un appel évidemment justifié mais qui n’est pas forcément contradictoire aussi avec une rationalisation de l’organisation des hôpitaux médicalement très performants mais qui ressemblent souvent des usines sans direction. NDLR

 

Tribune. 

 

Le secteur hospitalier est en crise depuis longtemps, bien avant la crise du Covid. Celle-ci a été un révélateur du malaise des personnels hospitaliers. Le Ségur de la santé, négocié et signé par l’UNSA-Santé et sociaux public et privé et par l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), est une première réponse. La signature de cet accord a permis des améliorations immédiates et importantes des rémunérations. Toucher 183 euros net par mois, soit plus 2 196 euros par an avec une amélioration des grilles de rémunération, est un réel effort de la société.

Alors même que tous les personnels s’impliquent pour être au service des Français usagers dans une période de pandémie sanitaire qui perdure dans le temps, nous ne pouvons que regretter qu’à ce jour certains agents publics de la fonction publique hospitalière ne bénéficient toujours pas du complément de traitement indiciaire, et déplorer que la transposition des mesures salariales ne soit pas effective de façon homogène dans les secteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux du privé.

Conditions de travail

Pourtant, partout, les conditions de travail et le manque d’effectifs se posent cruellement.

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Les revalorisations salariales sont certes un levier nécessaire à l’attractivité des métiers du secteur de la santé, il n’en demeure pas moins qu’elles ne sauraient suffire à répondre, à elles seules, à l’enjeu de la sauvegarde de notre système de santé.

Dans les faits, les conditions de vie au travail sont des axes qu’il faut maintenant rendre prioritaires. Les conditions de travail doivent redevenir décentes dans les hôpitaux et établissements publics et privés, dans l’intérêt tant des personnels que des usagers.

Pour exemple et sans être exhaustif, nous constatons un manque de brancards, un manque de lits, du matériel vieillissant, un immobilier souvent vétuste… Ce sont des réalités qui impactent le travail au quotidien.

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés Politique salariale de la fonction publique : Luc Farré considère que « le compte n’y est pas »

Même si le Ségur de la santé a acté 9 milliards d’euros d’investissement sur dix ans, le retard est tel que nous craignons que cette somme étalée dans le temps ne puisse répondre à l’urgence systémique et se révèle insuffisante.

Fatigue et lassitude

En outre, nos métiers n’attirent plus, et la crise sanitaire aura même provoqué l’accélération de la fuite de trop nombreuses compétences. Le non-respect des congés, les changements d’organisation incessants contribuent à une fatigue et à une lassitude grandissantes des personnels.

Il devient impératif de mettre en œuvre un grand plan Marshall du recrutement et de la formation. Il doit être la source d’un nouvel intérêt durable pour les métiers de la santé et générateur de nouvelles « vocations ».

Hôpital et Covid: la lourdeur des maladies chroniques

Hôpital et Covid: la lourdeur des maladies chroniques 

Le Collectif inter-associatif pour la santé environnementale considère dans une tribune au « Monde » qu’il est urgent de lutter contre les causes des maladies chroniques qui pèsent de plus en plus lourd sur l’hôpital.

 

Tribune. 

 

La crise sanitaire a jeté une lumière crue sur les failles de notre système de santé qui était déjà sous tension avant même l’émergence de la pandémie. Ce système repose en grande partie sur l’abnégation des personnels dont nous soutenons la mobilisation du 4 décembre 2021 pour la défense de l’hôpital public.

Ces difficultés structurelles ont des causes multiples, certaines intrinsèques à l’organisation du soin et au manque de moyens, d’autres sont plus profondes, en lien avec l’épidémie de maladies chroniques qui s’observe depuis ces dernières décennies, dont l’origine environnementale est aujourd’hui scientifiquement établie.

Les victimes du Covid sont prioritairement les personnes atteintes de maladies chroniques (obésité, hypertension, diabète, maladies cardiovasculaires, etc.) et 15 % des décès dus au coronavirus sont par ailleurs liés à la pollution de l’air. En février 2021, Epi-phare (Caisse nationale d’Assurance-maladie-CNAM/Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé-ANSM) a réalisé une analyse des données de l’intégralité de la population française, soit 67 millions de personnes, afin d’identifier les maladies chroniques et les facteurs tels que l’âge ou le genre susceptibles d’induire un sur-risque d’hospitalisation ou de décès pour le Covid-19.

Le doublement des maladies chroniques

Le constat est sans appel. Sur 47 affections chroniques analysées, 46 sont associées à des risques accrus d’hospitalisation et de décès pour le Covid-19. Certes, l’âge et le sexe sont des facteurs importants, mais, après ajustement sur ces deux facteurs, l’augmentation du risque d’hospitalisation et de décès est de 150 % pour l’obésité et l’insuffisance cardiaque, de 100 % pour le diabète ou les maladies respiratoires chroniques… Le risque est doublé chez les populations les plus défavorisées.

Richard Horton, rédacteur en chef du Lancet, a pu parler à ce propos de « syndémie », c’est-à-dire une pandémie dont l’ampleur provient d’autres facteurs que la cause infectieuse. En France, le nombre des malades chroniques a doublé au cours des deux dernières décennies et ce phénomène s’accentuera si rien n’est fait.


Le rapport de la CNAM publié en 2021 donne la réalité de l’épidémie de maladies chroniques en 2018 : 21 millions de personnes atteintes et une projection de 23 millions pour 2023. Entre 2012 et 2018, les maladies cardiovasculaires sont passées de 3,5 millions à 4,9 millions (prévision 2023 : 5,5 millions), et le diabète de 2,9 millions à 3,9 millions (projection 2023 : 4,4 millions).

Hôpital : la crise de la tarification à l’activité

Hôpital : la crise de la tarification à l’activité

 

Les trois économistes de la santé Florence Jusot, Clémence Thébaut et Jérôme Wittwer expliquent, dans une tribune au « Monde », que la crise de l’hôpital public est due à l’encadrement des dépenses d’assurance-maladie dans le cadre de l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie voté chaque année, et à la manière dont il a été choisi d’appliquer la tarification à l’activité.

Un des facteurs explicatifs sans doute mais qui ne saurait dissimulé la grande crise de gestion des hôpitaux devenus des usines balkanisées incontrôlables NDLR

 

 

Tribune. 

La crise de l’hôpital public résulte de nombreux facteurs. Parmi eux, il est utile de revenir sur le rôle de la réforme du financement de l’hôpital en 2004 qui est souvent mis en cause. Les hôpitaux publics sont financés depuis 2004 par un système particulier, la T2A (tarification à l’activité), qui consiste à rémunérer l’hôpital en fonction de la quantité et de la nature des séjours qu’il réalise.

En elle-même, la T2A n’induit pas de pénurie de moyens pour les établissements. Tout au contraire, puisque la T2A consiste à fixer le tarif des séjours hospitaliers en fonction du coût de production.

Une difficulté réelle

Ce coût de production est estimé par l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH), qui évalue, grâce aux données comptables d’un panel d’hôpitaux, l’ensemble des ressources consommées pour produire chacun des séjours en fonction du diagnostic principal du patient : temps passé par les soignants, médicaments, équipements techniques, hôtellerie, immobilier, etc.

Au-delà de la difficulté de l’exercice, il est reproché à la T2A de pénaliser les établissements souffrant de coûts structurellement plus élevés que la moyenne notamment en raison des caractéristiques sanitaires et sociales des patients accueillis. C’est une difficulté réelle de ce mode de tarification, mais qui ne peut expliquer la pénurie actuelle.

Si la T2A a mis en difficulté financière les établissements de santé, c’est parce qu’en France le tarif des séjours n’est pas équivalent à leur coût de production évalué par l’ATIH. En effet, il a été choisi d’ajuster les tarifs des séjours pour respecter les objectifs nationaux de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), votés annuellement par le Parlement.

L’Ondam représente le pourcentage d’augmentation des dépenses de santé financé par l’Assurance-maladie que l’on s’accorde collectivement à viser. Plus l’Ondam est bas, plus les tarifs des séjours hospitaliers diminuent par rapport aux coûts de production. Et les tarifs diminuent plus encore lorsque les volumes augmentent, pour respecter l’Ondam.

Afghanistan : Une attaque meurtrière dans un hôpital par l’ « État islamique »

Afghanistan : Une attaque meurtrière dans un hôpital  par l’ « État islamique »

 

 

De plus en plus invraisemblable, de plus en plus odieux les attaques en Afghanistan conduites par l’État islamique qui vient de viser un établissement hospitalier. Déjà dans un état de misère sociale épouvantable, l’Afghanistan  subit  encore les pires outrances . Les anciens alliés se livrent maintenant une guerre sans merci dont évidemment la population civile est la principale victime.

Avant la revendication de l’EI, le porte-parole des talibans, Zabiullah Mujahid, avait déjà accusé la branche afghane du mouvement islamiste (EI-K), leurs ennemis radicaux qui multiplient les actions violentes contre le pouvoir mais aussi parfois les civils. «Les assaillants de l’EI voulaient viser des civils, des médecins et des patients» de l’hôpital Sardar Mohammad Dawood Khan, le plus grand hôpital militaire du pays, a-t-il ajouté, en assurant que les talibans avaient mis fin à l’attaque en 15 minutes après avoir notamment héliporté des «forces spéciales» sur le toit du bâtiment.

C’est dans cet établissement que mercredi dernier le ministre taliban de la Défense Mohammed Yaqoub, fils du fondateur des talibans, le mollah Omar, avait fait sa première apparition publique, pour demander notamment aux hommes d’affaires afghans d’investir dans les hôpitaux.

«Dix-neuf corps et environ 50 blessés ont été emmenés dans les hôpitaux» de la capitale afghane, a déclaré à l’AFP sous couvert d’anonymat un responsable au ministère de la Santé.

Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays leur priorité après 20 ans de guerre, sont confrontés à une vague d’attentats sanglants menés par l’EI-K, une autre organisation islamiste d’origine sunnite plus radicale qu’eux. Rival et principal adversaire des islamistes au pouvoir, l’EI-K a ciblé ces dernières semaines aussi bien les talibans que la minorité chiite afghane.

 

Hôpital : appel à la grève de Sud contre la vaccination obligatoire

Hôpital : appel à la grève de  Sud contre la vaccination obligatoire

 

Comme tous les syndicats sont à peu près unanime dans la fonction hospitalière pour s’opposer aux sanctions en cas de non vaccination volontaire, Sud en rajoute bien sûr une gauche en appelant à la révolution ! De quoi discréditer encore un peu plus le syndicalisme

Le syndicat, qui a obtenu 8,5 % des voix lors des dernières élections professionnelles dans la Fonction publique hospitalière, entend protester contre le projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire. Celui-ci prévoit notamment la vaccination obligatoire des soignants à partir du 15 septembre et l’extension du pass sanitaire jusqu’au 15 novembre 2021.

D’une manière générale, l’ensemble des organisations syndicales demandent l’abandon des sanctions, en particulier la suspension du contrat de travail sans salaire en cas de non-vaccination.

Santé-Hôpital : pour la démocratie à tous les étages …et la gestion ?

Hôpital : pour  la démocratie à tous les étages …et la gestion ?

 

 

Comme la gauche bien pensante, la sociologue Dominique Méda invite Dans le Monde à se libérer des contraintes quantitatives en les remplaçant par la démocratie. Pas sûr que la gestion y trouve son compte. En effet si certains services sont particulièrement tendus d’autres en revanche mériteraient un sérieux audit. Ce qui manque à l’hôpital c’est surtout la cohérence de gestion. Les hôpitaux qui ont fait d’extraordinaires progrès scientifiques demeurent cependant aujourd’hui des sortes d’usines ingérables précisément du fait de l’autonomie des services

Chronique.

 

Jeudi 3 juin, l’association Notre hôpital, c’est vous a donné le coup d’envoi d’un projet de référendum d’initiative partagée (RIP) sur l’hôpital public. Si 185 parlementaires et 4,7 millions de nos concitoyens soutiennent celui-ci, une proposition de loi « garantissant l’égalité d’accès aux soins sur tout le territoire » serait soumise au vote des Français.

 

Son idée maîtresse est que « le fonctionnement des hôpitaux doit prioritairement être tourné vers la réponse aux besoins en santé ». La formulation est surprenante. N’est-il pas évident que l’hôpital est une institution entièrement organisée pour apporter une réponse adaptée aux besoins de santé de la population ? N’est-ce pas d’ailleurs l’objet des discussions qui ont lieu chaque année depuis 1996 au Parlement, lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le PLFSS ? Et l’Objectif national des dépenses d’assurance-maladie, l’Ondam – le total des sommes consacrées à la prise en charge collective des dépenses de santé, fixé au terme de ces débats –, n’est-il pas censé être le résultat d’une discussion bien informée ? N’est-ce pas au terme de celle-ci que les moyens nécessaires sont affectés aux différents volets de la politique de santé française ?

Alors que les hospitaliers se plaignent depuis plusieurs années de la crise qui affecte l’hôpital et maltraite soignants et patients, plusieurs publications confirment qu’il n’en est rien. Issues tant du monde de la recherche que de hauts fonctionnaires, pourtant d’habitude réticents à s’exprimer, elles dévoilent les logiques à l’œuvre depuis deux décennies.

Dans un article publié par Les Tribunes de la santé juste avant l’irruption de la crise sanitaire, Pierre-Louis Bras, ancien directeur de la Sécurité sociale et membre de l’inspection générale des affaires sociales, décortique le processus qui a conduit au malaise des soignants et au risque de submersion de l’hôpital. Il ouvre la boîte noire de la fabrique de ce chiffre fétiche. « L’Ondam constitue un élément majeur de la régulation des finances publiques, plus que le résultat d’une délibération sur la politique de santé. La démarche est fondamentalement descendante, la politique des finances publiques (objectif visé pour le niveau du déficit public, objectif visé pour le niveau des prélèvements obligatoires…) dicte le niveau de l’Ondam et les hôpitaux publics doivent s’y adapter », écrit-il.

Fixée hors d’une réelle prise en considération des besoins de santé et de l’activité des hôpitaux, imposée à ces derniers, mais aussi à la majorité parlementaire, systématiquement trop faible pour couvrir l’augmentation de l’activité, l’évolution de l’Ondam s’est traduite depuis des années par un rationnement du nombre de lits, des effectifs et des salaires et par un fort accroissement de la productivité des soignants dont l’aggravation des conditions de travail est parfaitement visible dans les enquêtes… et dans la rue.

Hôpital : pour la démocratie à tous les étages …et la gestion ?

Hôpital : pour  la démocratie à tous les étages …et la gestion ?

 

 

Comme la gauche bien pensante, la sociologue Dominique Méda invite Dans le Monde à se libérer des contraintes quantitatives en les remplaçant par la démocratie. Pas sûr que la gestion y trouve son compte. En effet si certains services sont particulièrement tendus d’autres en revanche mériteraient un sérieux audit. Ce qui manque à l’hôpital c’est surtout la cohérence de gestion. Les hôpitaux qui ont fait d’extraordinaires progrès scientifiques demeurent cependant aujourd’hui des sortes d’usines ingérables précisément du fait de l’autonomie des services

Chronique.

 

Jeudi 3 juin, l’association Notre hôpital, c’est vous a donné le coup d’envoi d’un projet de référendum d’initiative partagée (RIP) sur l’hôpital public. Si 185 parlementaires et 4,7 millions de nos concitoyens soutiennent celui-ci, une proposition de loi « garantissant l’égalité d’accès aux soins sur tout le territoire » serait soumise au vote des Français.


Son idée maîtresse est que « le fonctionnement des hôpitaux doit prioritairement être tourné vers la réponse aux besoins en santé ». La formulation est surprenante. N’est-il pas évident que l’hôpital est une institution entièrement organisée pour apporter une réponse adaptée aux besoins de santé de la population ? N’est-ce pas d’ailleurs l’objet des discussions qui ont lieu chaque année depuis 1996 au Parlement, lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le PLFSS ? Et l’Objectif national des dépenses d’assurance-maladie, l’Ondam – le total des sommes consacrées à la prise en charge collective des dépenses de santé, fixé au terme de ces débats –, n’est-il pas censé être le résultat d’une discussion bien informée ? N’est-ce pas au terme de celle-ci que les moyens nécessaires sont affectés aux différents volets de la politique de santé française ?

Alors que les hospitaliers se plaignent depuis plusieurs années de la crise qui affecte l’hôpital et maltraite soignants et patients, plusieurs publications confirment qu’il n’en est rien. Issues tant du monde de la recherche que de hauts fonctionnaires, pourtant d’habitude réticents à s’exprimer, elles dévoilent les logiques à l’œuvre depuis deux décennies.

Dans un article publié par Les Tribunes de la santé juste avant l’irruption de la crise sanitaire, Pierre-Louis Bras, ancien directeur de la Sécurité sociale et membre de l’inspection générale des affaires sociales, décortique le processus qui a conduit au malaise des soignants et au risque de submersion de l’hôpital. Il ouvre la boîte noire de la fabrique de ce chiffre fétiche. « L’Ondam constitue un élément majeur de la régulation des finances publiques, plus que le résultat d’une délibération sur la politique de santé. La démarche est fondamentalement descendante, la politique des finances publiques (objectif visé pour le niveau du déficit public, objectif visé pour le niveau des prélèvements obligatoires…) dicte le niveau de l’Ondam et les hôpitaux publics doivent s’y adapter », écrit-il.

Fixée hors d’une réelle prise en considération des besoins de santé et de l’activité des hôpitaux, imposée à ces derniers, mais aussi à la majorité parlementaire, systématiquement trop faible pour couvrir l’augmentation de l’activité, l’évolution de l’Ondam s’est traduite depuis des années par un rationnement du nombre de lits, des effectifs et des salaires et par un fort accroissement de la productivité des soignants dont l’aggravation des conditions de travail est parfaitement visible dans les enquêtes… et dans la rue.

Hôpital : manif le 16 juin

Hôpital : manif  le 16 juin

Le collectif Inter-Urgences lance un appel à un «rendez-vous dans la rue» le 16 juin.

 «Nous tiendrons le cap de nos revendications. Nous sommes toujours présents et déterminés pour que la voix des personnels de terrain soit entendue et pas seulement celle des mêmes pontes habitués des couloirs du Ministère. Rendez-vous le 16 juin dans la rue !» peut-on lire dans un message posté sur Twitter.

«Nous ferons appel à toute notre imagination pour organiser un ou des rassemblements permettant l’expression collective des soignants et des usagers, adapté aux règles qui seront en vigueur. Merci pour votre soutien !», est-il précisé par le collectif Inter-Urgences dans un autre tweet.

«On souhaite se rassembler dans un lieu où la distanciation sociale sera possible. Par exemple les Champs-Élysées ou le Champ-de-Mars. Nous verrons ça avec la préfecture de Police», explique au Figaro, Candice Lafarge, aide-soignante et membre du collectif Inter-Urgences. «Il y a toujours une colère sur le terrain. Cette colère monte donc ce rassemblement est inévitable. Chez les soignants, plus personne ne croit les promesses de ce gouvernement», poursuit-elle.

«Nous donnerons rendez-vous le 16 juin à tous les citoyens qui soutiennent les soignants, pour une belle mobilisation populaire (dans le respect des mesures barrières) afin d’avoir des hôpitaux qui répondent aux besoins de santé de la population», écrit de son côté le SNPI CFE-CGC (Syndicat national des professionnels infirmiers), sur Twitter également.

 

. Les personnels hospitaliers veulent davantage de matériel, une revalorisation salariale de 300 euros par mois pour les paramédicaux (aides-soignants, infirmiers, ambulanciers…), 10.000 postes supplémentaires à temps plein, l’arrêt des fermetures de lits ou encore la fin de la «logique comptable». Ces revendications ont été exprimées lors de plusieurs manifestations nationales, notamment le 14 novembre 2019 et le 14 février 2020.

Hôpital un plan pour l’été….très partiel

Hôpital un plan pour l’été….très partiel

 

Le ministre de la santé donne l’ impression d’être très volontariste en affirmant qu’il y aura  un plan pour le pour l’été. Un plan qui risque d’être très partiel car il ne pourrait traiter que d’une partie de la problématique à savoir les rémunérations du personnel soignant….. et encore. Dans le cas d’une problématique globale,  il y a évidemment l’organisation et le financement de l’hôpital.

Les hôpitaux sont en effet devenu des usines certes très pointues médicalement mais qui en réalité ne sont guère gérés sauf par une superstructure bureaucratique et beaucoup trop nombreuse. Bizarrement, le Corona aura fait sauter les frontières de l’organisation, des services et des chapelles.

L’hôpital ne se limite pas  aux personnels soignants, il comprend un énorme appareil administratif et de très gros supports logistiques. L’ensemble mériterait d’être audité très sérieusement. Au-delà des questions d’organisation, se posent aussi le problème du financement et des critères objectifs d’évaluation de la performance des hôpitaux.

Concernant la question des salaires, pour le personnel soignant le niveau de rémunération se situe en France au 22e rang sur 27 pays européens. Pas vraiment très glorieux. Et la perspective de ramener cette rémunération à la moyenne européenne ne traduit pas un grand volontarisme. Finalement, on pourrait aboutir à une légère augmentation du salaire mensuel de ceux qui soignent les malades et une incitation à travailler davantage avec notamment le paiement des heures supplémentaires. “Je veux que le plan soit présenté cet été, pour traduire tout ce qui peut l’être dans le prochain budget de la Sécurité sociale”, explique pourtant  Olivier Véran dans l’entretien au JDD.

Ce nouveau plan doit notamment permettre une amélioration des rémunérations pour les salariés, pour beaucoup des femmes, travaillant dans les métiers du soin à la personne.

“La nation va devoir faire un effort important pour reconnaître leur rôle”, déclare Olivier Véran dans l’entretien. “Je souhaite que, rapidement, nous puissions atteindre un niveau de rémunération correspondant au moins à la moyenne européenne”.Outre les salaires, Olivier Véran recense parmi les principaux chantiers la mise au point d’un programme d’investissements, la réorganisation des soins mais aussi la revue du temps de travail.

“Si des salariés de l’hôpital souhaitent travailler davantage et augmenter leur rémunération, il faut que ce soit possible. Pour ça, il faut revoir le cadre d’organisation du temps de travail à l’hôpital”, explique-t-il.Mais les mesures prises jusqu’ici par le gouvernement, dont le versement d’une prime allant de 500 à 1.500 euros pour les soignants, et la remise d’une “médaille de l’engagement” face à l’épidémie, peinent à combler les attentes du personnel hospitalier.

L’hôpital “ne veut pas de médailles, juste des moyens”, avait réagi jeudi le collectif inter-hôpitaux.

Hôpital : distribution de la prime Covid aux soignants .

Hôpital : distribution de  la prime Covid aux soignants

Les personnels hospitaliers de 40 départements recevront le montant maximal de la prime promise par le gouvernement en récompense de leurs efforts durant l’épidémie de coronavirus, soit 1.500 euros net, a indiqué mercredi le ministère de la Santé à l’AFP.

Ces départements sont essentiellement ceux du nord et de l’est du pays, où se situent les régions les plus durement frappées par le Covid-19. Tous ceux d’Île-de-France (8 départements), Grand Est (10), Bourgogne-Franche-Comté (8) et Hauts de France (5) sont ainsi inclus dans la liste. Quatre départements d’Auvergne-Rhône-Alpes (Drôme, Loire, Rhône, Haute-Savoie) y figurent également, ainsi que l’Eure-et-Loir, les Bouches-du-Rhône, les deux départements de Corse et Mayotte.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, avaient annoncé mi-avril une prime de 1.500 euros «net de tout» - sans cotisations ni impôts – pour les personnels des hôpitaux «dans les départements les plus touchés».

En dehors de ces zones, «les agents ayant travaillé dans les services Covid+ des hôpitaux de référence percevront également la prime de 1.500 euros», tandis que ceux «des autres services percevront une prime de 500 euros», rappelle le ministère.

Olivier Véran avait affirmé que ces sommes seraient payées «dès le mois de mai», mais le versement reste suspendu à la parution d’un décret en précisant les modalités Ce texte «est sur le point d’être signé», a assuré mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, évoquant un règlement «sur les paies de mai ou juin». Notons que les syndicats réclament, eux une augmentation de salaire mensuelle substantielle

Hôpital : Macron annonce enfin un plan

Hôpital : Macron annonce enfin un plan

 

Il y a des mois que les hôpitaux sont en crise. Il aura fallu le Coronavirus pour que les pouvoirs publics et Macron en particulier redécouvrent les vertus de l’institution hospitalière. Pour l’instant, Macron  a surtout promis une prime au personnel et il attend la fin de la crise pour envisager un plan massif d’investissement.

“ je prends ce soir l’engagement  qu’à l’issue de cette crise, un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières sera construit pour notre hôpital. C’est ce que nous leur devons, c’est que nous devons à la nation. Cette réponse sera profonde et dans la durée.” On se demande pourquoi il va encore attendre des semaines et peut-être même des mois alors que l’urgence est évidente et que les hôpitaux publics face à une crise majeure comme le Corona virus ont montré de graves carences en matière de matériel de protection, d’appareil respiratoire, de tests et de personnels a déclaré le président de la république.

Le président de la République a quitté de sa visite à Mulhouse et “salué l’ensemble des femmes et des hommes qui sont en deuxième ligne, qui permettent à nos soignants de soigner et au pays de continuer à vivre”, citant “ceux qui transportent, qui hébergent, qui nettoient, qui réparent”, les agriculteurs ou encore les employés des commerces de première nécessité.

“C’est tout ce peuple travailleur de France qui se bat, qui est angoissé mais permet au pays de vivre”, a relevé Emmanuel Macron. “Vendredi, je rassemblerai l’ensemble des partenaires sociaux (…) pour secteur par secteur, (…) organiser le travail, mieux protéger au travail.”

Un hommage sans doute imposé par la crise sanitaire mais aussi par les critiques de plus en plus nombreuses d’une opinion publique qui estime majoritairement que le pouvoir ne sait pas trop où il va.

Hôpital: 300 Médecins démissionnaires

Hôpital: 300 Médecins démissionnaires  

 

Plus de 300 praticiens hospitaliers ont officiellement rendu leur carte d’encadrement aux directions des établissements.

Des médecins chefs de service démissionnent en chaîne depuis une semaine de leurs fonctions administratives pour remettre la pression sur le gouvernement à l’approche d’une nouvelle mobilisation de l’hôpital public le 14 février. En une semaine, plus de 300 praticiens hospitaliers ont officiellement rendu leur carte d’encadrement aux directions des établissements, tout en continuant d’assurer les soins.

Pour faire redescendre la pression, le gouvernement a promis des primes, une rallonge budgétaire et une reprise massive de dette

Pour faire redescendre la pression, le gouvernement a promis des primes, une rallonge budgétaire et une reprise massive de dette. Le sujet est «plus que jamais à l’agenda», assure le cabinet d’Agnès Buzyn, dont «la priorité est à la mise en œuvre des mesures annoncées». Deux nouvelles primes ont d’ailleurs été créées par décret vendredi, pour les soignants de la région parisienne et les aides-soignantes en gériatrie.

 

Hôpital: grève administrative de 1000 médecins

Hôpital:  grève  administrative de 1000 médecins

La grève administrative des médecins hospitaliers prend de l’ampleur et va forcément créer une immense pagaille dans la gestion financière des établissements concernés. En cause évidemment les services d’urgence en pleine crise et d’une façon générale la gestion plus globale des établissements. De façon encore plus générale,  c’est tout le système de santé qu’il convient de revoir. La priorité des priorités est sans doute celle des urgences.

 

 Il est clair que les services d’urgence des hôpitaux sont dans une situation catastrophique. D’une certaine manière, ces services sont le réceptacle d’une bonne partie de la crise du système de santé. En raison des énormes progrès de la médecine, on a surtout développé les innombrables spécialités au détriment des généralistes puisque dans le même temps le numerus clausus bloquait  le nombre global de médecins. En outre,  la fonction de généralistes continue d’être sous-évalue et mal rémunérée. S’y ajoutent des considérations sociétales qui rendent la session profession de généralistes peu attrayantes. La situation n’est pas prête de changer rapidement car même sans numerus clausus il faudra attendre une douzaine d’années pour que les nouveaux étudiants en médecine soit opérationnels. En outre on n’évitera sans doute pas la nécessité de réguler l’ouverture de cabinets médicaux. Notons la contradiction entre les pharmacies dans l’implantation est régulée et les cabinets médicaux. Ajoutons à cela les critères bureaucratiques de la sécurité sociale qui pèse de tout son poids pour réduire la présence médicale locale afin d’espérer hypothétiques économies. La conséquence,  c’est que les patients sont à 90 % orientés vers des services d’urgence qui n’ont pas été conçues pour cela.

Avec une fréquentation qui a doublé en vingt ans, à 21 millions de passages, les urgences sont devenues le lieu de cristallisation des dysfonctionnements du système de santé. «Leurs difficultés ne peuvent être résolues si on se cantonne à des plans “pansements”, sans s’intéresser ni à l’amont ni à l’aval», affirme Frédéric Valletoux, président de la Fédération des hôpitaux de France (FHF). Pour la FHF, il faut un plan d’actions global qui dépasse l’hôpital. D’une part en incitant les médecins de ville libéraux à renforcer la permanence des soins, en clair leur disponibilité, alors que l’obligation de faire des gardes a été supprimée en 2003. D’autre part, la FHF se bat contre les plans d’économies qui ont conduit les pouvoirs publics à imposer des fermetures de lits, «alors que ces lits font gravement défaut pour accueillir les patients et désengorger les urgences». Mais la crise hospitalière est plus globale. En effet il y a une évolution des pathologies notamment du au vieillissement de la population, une extraordinaire avancée des thérapies plus efficaces, plus complexes mais aussi beaucoup plus coûteuse. On ne peut faire non plus l’impasse sur les insuffisances de gestion interne car tout le personnel n’est pas forcément soumis au stress des infirmières des urgences. Les hôpitaux sont devenues des sortes d’usines où cohabitent des services qui collaborent peu entre eux. Des sortes de superstructures s’installent et pour pallier les dérapages financiers , on tente d’instaurer des méthodes de gestion du privé notamment la tarification à l’acte qui conduit à des gaspillages supplémentaires. Sans parler de la bureaucratie qui demande aux médecins autant de temps sinon plus que le travail médical proprement dit. Bref des audits seraient urgent pour  revoir le fonctionnement de nos établissements, les besoins réels de financement mais d’une façon plus générale les conditions de fonctionnement du système de santé. En attendant les médecins hospitaliers ont décidé de faire la grève administrative

La liste des médecins ayant abandonné leurs fonctions administratives est en constante augmentation depuis la publication de la tribune, le 15 décembre, dans Le Journal du dimanche. En moins de dix jours, la pétition est passée de 600 à plus de 1 000 signataires, ce qui représente « environ 10% des chefs de service toutes spécialités et services confondus sur l’ensemble du territoire », confirme André Grimaldi.

Tous se disent déçus jusqu’à présent des réponses de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, face à la crise dans les hôpitaux. « Le plan du gouvernement est très très faible, c’est simplement un plan de communication », analyse le professeur d’endocrinologie, qui avait cru en la ministre lorsqu’elle est arrivée au gouvernement. 

Dans le viseur des chefs de service, les rallonges budgétaires avancées par Agnès Buzyn. « On nous a parlé de 1,5 milliard sur trois ans. Mais en réalité, ces nouvelles dotations correspondent à 200 000 euros de plus par an seulement »,

 

Crise hôpital public : menace de démission 660 médecins

Crise hôpital public : menace  de démission 660 médecins

 

Le feu couve toujours à l’hôpital même si la grève sur les retraites a envoyé ou second rang la question de la crise du système  de santé. Tout ne se résume pas à une question de moyens mais le financement doit bien entendu être à hauteur compte tenu de l’évolution des pathologies, du vieillissement de la population, des formidables progrès des thérapies et de la désertification médicale. C’est l’ensemble du système santé qu’on doit revoir avec une meilleure définition des champs de responsabilité passant notamment par une articulation entre l’hôpital  et la médecine de ville.  Dans ce sens les généralistes ont lancé un cri d’alerte en demandant que le  futur service d’accès aux soins mieux rémunéré.

Le syndicat MG France a lancé un appel à la grève à partir du 14 décembre, tous les samedis matin. Il demande une hausse du budget du futur « service d’accès aux soins ».. Le futur « service d’accès aux soins » (SAS), qui doit être mis en place à l’été 2020 pour aider à désengorger les urgences et qui  provoque la grogne des généralistes libéraux. Pas contre son principe, mais contre les moyens alloués. 

L es médecins demandent, entre autres, une valorisation des actes de maintien à domicile et un élargissement des horaires des gardes (le soir, le week-end et les jours fériés) des libéraux, incluant le samedi matin et les fins de journées à partir de 18 heures, en fonction des besoins pour chaque territoire. « Investir dans ces dispositifs permettrait paradoxalement d’économiser de l’argent par ailleurs, parce qu’une prise en charge aux urgences coûte beaucoup plus cher à l’Etat d’après la profession. De leur côté, les médecins hospitaliers réclament aussi davantage de moyens et considèrent  que les plans successifs de la ministre de la santé ne sont pas à la hauteur des besoins. Globalement une enveloppe supplémentaire de 300 millions est prévue en 2020 de 300 alors que les besoins dépassent le milliard. Quelque 660 médecins hospitaliers menacent de démissionner si le gouvernement « n’ouvre pas de réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l’hôpital public », dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche.  »Les médecins hospitaliers ont eu beau sonner l’alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l’austérité, pénurie », écrivent les signataires du texte, venus de « toutes spécialités, de tous hôpitaux, de toutes régions » et membres du collectif Inter-hôpitaux qui appelle à la mobilisation mardi prochain. 

Les médecins signataires regrettent que « le vrai ministère de la Santé (soit) désormais à Bercy ».  »Comment forcer le gouvernement à ouvrir un Grenelle de l’hôpital public avec un vrai plan financé répondant aux besoins ? », interrogent-ils. 

 

Ils promettent qu’à 1.000 signataires, ils adresseront leur « lettre à la ministre pour lui enjoindre d’ouvrir les négociations avec le collectif Inter-hôpitaux… ou de (les) rejoindre ». Après neuf mois de crise à l’hôpital public, médecins, soignants ou encore internes sont de nouveau appelés à se mobiliser partout en France mardi, par des collectifs Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences rejoints par des organisations de praticiens et les syndicats CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, SUD, Unsa.

Hôpital: grève illimitée à partir de mardi pour les internes

Hôpital: grève  illimitée à partir de mardi pour les internes

Près de neuf mois après le début d’une grève inédite dans les services d’urgences, les médecins en formation seront fortement mobilisés mardi, d’après  le président de l’Intersyndicale nationale des internes, Justin Breysse. 

« On estime le taux de participation à 60%, soit 16.000 internes sur 27.000″, a expliqué cet interne en rhumatologie, se réjouissant du ralliement des internes de biologie médicale et pharmacie (FNSIP-BM) et du soutien des syndicats de praticiens hospitaliers et de jeunes médecins.

Les services hospitaliers « vont être en tension », a prédit Justin Breysse, les internes grévistes ne pouvant être assignés qu’après l’ensemble des médecins séniors. Des manifestations sont en outre prévues à « Marseille et Lyon » ainsi que des rassemblements « dans les halls des hôpitaux entre midi et 14H00″, a-t-il ajouté.

A l’origine du mouvement, le dépérissement de l’hôpital public, « lieu privilégié de formation » des internes.

Comme les collectifs (Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux) et syndicats mobilisés ces dernières semaines pour « sauver l’hôpital », l’Isni n’est pas satisfait du plan présenté fin novembre par le gouvernement, qui prévoit notamment une rallonge budgétaire de 1,5 milliard d’euros sur trois ans.

Doublement du budget alloué à la santé, reprise intégrale de la dette des hôpitaux ou encore meilleures conditions de travail pour les professionnels de santé font ainsi partie de ses revendications. Mais l’Isni exige aussi des mesures propres au « statut de praticien en formation » des internes, qui travaillent « en moyenne 56 heures hebdomadaires », selon Justin Breysse, loin des 48 heures réglementaires.

Parmi ces mesures : un « décompte horaire » et non en demi-journées du temps de travail permettant « un paiement des heures supplémentaires », « une revalorisation des indemnités de garde » ou encore un « investissement de fonds publics » dans la formation.

De son côté, le syndicat d’internes en médecine générale (Isnar-IMG) a annoncé lundi vouloir déposer un « préavis de grève pour le 17 décembre », date choisie par les collectifs et syndicats hospitaliers pour une nouvelle journée d’action nationale.

Leur précédente mobilisation, le 14 novembre, avait rassemblé plusieurs milliers de médecins et soignants à travers la France.

Plan hôpital :  » pas à la hauteur de l’enjeu  » ( urgentistes )

Plan hôpital :  » pas à la hauteur de l’enjeu  » ( urgentistes )

 

Une prime de 66 euros par mois pour le personnel parisien,   c’est la réponse du gouvernement face à la crise des Hôpitaux .  Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et porte-parole de l’association des médecins urgentistes de France, est évidemment très critique.

« on demande quatre milliards, une prime de 800 euros annuels soit 66 euros brut par mois : est-ce à la hauteur de ce qui est réclamé par le personnel ? Absolument pas. »

« Ça ne répond pas aux revendications qui ont été posées sur les effectifs supplémentaires, des augmentations de salaires très significatives pour tout le monde », conteste-il, avant de demander « que l’on arrête de fermer des lits et des hôpitaux ». « Ce que nous réclamons aujourd’hui, ce n’est pas un saupoudrage de mesures spécifiques », poursuit-il. Au nom du personnel, Christophe Prudhomme demande ainsi des « augmentations de salaires générales pour l’ensemble des soignants ».

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé qu’une prime annuelle de 800 euros net serait attribuée de manière « pérenne » à quelque 40.000 infirmiers et aides-soignants vivant à Paris et sa proche banlieue et gagnant moins de 1.900 euros par mois. Mais, pour Christophe Prudhomme, d’autres problèmes doivent être réglés.  »En Île-de-France, on aimerait bien que l’on ait une direction de l’assistance publique qui n’épuise pas le personnel », lance-t-il.

 

Édouard Philippe a également annoncé mercredi que l’État allait reprendre 10 milliards d’euros de la dette des hôpitaux sur trois ans afin d’aider à « restaurer l’équilibre financier des établissements ». Mais pour Christophe Prudhomme, les mesures doivent être plus radicales. (Notons que c’est comme pour la dette SNCF, le budget 2020 n’en parle même pas ! ) « Aujourd’hui, l’hôpital public est en train de mourir. La question que nous posons à monsieur Macron, c’est : est-ce qu’il veut sauver l’hôpital public ou est-ce qu’il veut le tuer ? », s’interroge le médecin urgentiste.  sans compter surtout sur le fait que la crise des hôpitaux ne concerne pas seulement Paris mais la France entière et notamment des services d’urgence complètement débordés.

A noter que  prime et salaire sont deux choses bien différentes. Dans la fonction publique, une augmentation des salaires doit passer par une hausse du point d’indice. Une option non retenue par le gouvernement. Si l’indice a déjà (légèrement) augmenté depuis le début du quinquennat, la hausse de salaire correspondante n’équivaudra qu’à 78,67 euros bruts par mois pour les infirmiers débutants. Les primes annoncées ne rentreront pas non plus dans le calcul des pensions de retraite des fonctionnaires.

Autre point noir, pour les collectifs et syndicats : les nouvelles primes annoncées par le gouvernement ne vont pas être attribuées de manière uniforme. L’une concerne seulement les bas salaires qui travaillent à Paris et en proche banlieue, une autre les aides-soignants en gériatrie, quand une autre est laissée à l’appréciation de chaque établissement. Dans ces conditions, le syndicat national des professionnels infirmiers a annoncé qu’il allait continuer à faire grève.  »Le 5 décembre, on sera là. »

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